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9 septembre 2013 1 09 /09 /septembre /2013 00:09

C’est l’histoire d’un mec qui, de retour de brèves vacances, pointe son nez tout bronzé, dans sa boîte aux lettres. Bien sûr il y trouve les habituelles belles feuilles de la rentrée fiscale : l’impôt sur les revenus 2012, les taxes foncières, la taxe d’habitation, la redevance audiovisuelle, l’appel de fonds de la copropriété, mais par bonheur pas d’autres horreurs diverses et avariées. Mais, ô surprise, toute cette piétaille ploie sous le poids de 4 paquets qui ont la gueule d’envoi de livres. Comme c’est étrange me dis-je, même si c’est la rentrée littéraire votre Taulier n’est point membre d’une quelconque académie.


Je prends l’ordre chronologique d’envoi : les tampons de la Poste faisant foi :


Margot 037

 

Le plus lourd : 1,350 kg Le Guide Bettane&Desseauve des Vins de France sélection 2014  éditions de la Martinière 24,90 € 1023 pages.


Le plus beau : Recettes  de ma vigne Catherine Bernard Anne-Sophie Thérond éditions Rouergue 18 € 94 pages.


Le plus sobre : Le Vin petit traité de dégustation Jacques Vivet éditions Bartillat  20 € 378 pages dédicacé par l’auteur.


Le plus rigolo : Le Vin c’est pas sorcier Ophélie Neiman illustrations de Yannis Varoutsikos éditions Marabout 19,90 € 215 pages


Faites le compte les poteaux : 1710 pages, c’est du lourd. Votre Taulier n’est pas à la hauteur de l’« incontournable » (j’adore l’incontournabilité) duo B&D qui s’est liché avec leurs petites mains 50 000 vins de l’année. Encore heureux que Jésus s’en soit retourné auprès de Dieu son père sinon avec le coup de Cana, le Michel et le Thierry  devrait faire appel au Saint-Esprit pour boucler leur opus.


Bien sûr, pour être le premier sur la Toile, je pourrais comme une bonne part de la concurrence arranger à ma sauce la fiche du bouquin pondue par l’éditeur. Sans être mauvaise langue, ce que je suis, ça ressemblerait, à une queue de micro-ondes près, à ces restos où en une minute chrono depuis la commande votre assiette arrive sur la table illico. Je vais prendre le temps de lire, de feuilleter, de fouiner, de trouver l’angle d’attaque pour les tailler en pièces, faire du petit bois, passer le tout au presse-purée et déclencher le buzz sur Face de Bouc via Twitter.


Je force le trait à dessein,  quand je n’aime pas : je n’écris pas, exception faite de quelques malotrus type Uncle CHO et ses frères. Si je le fais c’est que j’en ai ras la coupe sur les réseaux sociaux de lire de la part d’obscurs qui, pour attirer la lumière sur leur petite personne odieusement méconnue du grand public, ne pratiquent qu’une forme d’ironie, qui se veut saillante mais qui est le plus souvent blessante. Il baptise ça humour, sauf que leur soi-disant verve ne s’exerce qu’à l’encontre des autres. Eux bien-sûr sont au-dessus la mêlée, porteur des bons messages sur bons vins propres, même si leurs idées, elles ne le sont pas toujours. L’enfer reste toujours les autres. Bien évidemment, une petite bande de ricaneurs like comme on dit. Moi je n’aime pas ces j’aime d’ignorants et je le dis ce qui me vaut l’ire de l’auteur de la saillie vénéneuse.


Le « On peut rire de tout mais pas avec n’importe qui… » de Pierre Desproges au Tribunal des Flagrants délires qui recevait Jean-Marie Le Pen s’applique en priorité aux réseaux sociaux où sévissent des ayatollahs, des purificateurs, toute une engeance qui passe son temps à tancer ceux qui n’appartiennent pas à leur chapelle avec des mots de fiel. Il possible de débattre vivement, rudement, être en complet désaccord, à la seule condition que la personne mise en cause puisse se défendre, ce qui malheureusement n’est pas souvent le cas.


Citons Desproges.


« Premièrement, peut-on rire de tout ?

Deuxièmement, peut-on rire avec tout le monde ?


À la première question, je répondrai oui sans hésiter, et je répondrai même oui, sans les avoir consultés, pour mes coreligionnaires en subversions radiophoniques, Luis Rego et Claude Villers.


S'il est vrai que l'humour est la politesse du désespoir, s'il est vrai que le rire, sacrilège blasphématoire que les bigots de toutes les chapelles taxent de vulgarité et de mauvais goût, s'il est vrai que ce rire-là peut parfois désacraliser la bêtise, exorciser les chagrins véritables et fustiger les angoisses mortelles, alors, oui, on peut rire de tout, on doit rire de tout. De la guerre, de la misère et de la mort. [...]


Deuxième question : peut-on rire avec tout le monde ?


C'est dur… Personnellement, il m'arrive de renâcler à l'idée d'inciter mes zygomatiques à la tétanisation crispée. C'est quelquefois au-dessus de mes forces, dans certains environnements humains : la compagnie d'un stalinien pratiquant me met rarement en joie. Près d'un terroriste hystérique, je pouffe à peine et, la présence, à mes côtés, d'un militant d'extrême droite assombrit couramment la jovialité monacale de cette mine réjouie dont je déplore en passant, mesdames et messieurs les jurés, de vous imposer quotidiennement la présence inopportune au-dessus de la robe austère de la justice sous laquelle je ne vous raconte pas. »


Pour ne rien vous cacher je vais commencer par le livre de Catherine la vigneronne de Saint-Drézéry car dès la page 8 elle écrit ceci « La vigne est une plante à nulle autre pareille, sauvage et domestiquée, terrienne et céleste, temporelle et spirituelle. On sème du blé et chaque année est un nouveau départ. On plante des arbres, mais très vite ils n’ont plus besoin de la main de l’homme pour atteindre le ciel. On greffe des rosiers, des cerisiers, on les taille, ils fleurissent, fructifient, mais d’une année sur l’autre on oublie le goût de leurs fruits, le parfum de leurs fleurs. La vigne répond aux gestes de l’homme, les mémorise et les restitue dans le vin dont l’espérance de vie est potentiellement aussi longue que celle du cep dont il vient. Avec constance, d’Orient en Occident, la vigne prête à la cuisine ses feuilles, ses fleurs, ses sarments, ses fruits, même les vrilles, et transforme des frichtis de de pauvres en plats de riches… »


A suivre donc sur mes lignes….

 

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5 septembre 2013 4 05 /09 /septembre /2013 00:09

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La rentrée à toutes les sauces, même les sauces au vin, la Cave de la Grande Épicerie du Bon Marché y va de son couplet pour se distinguer de la piétaille des foires aux vins en se mettant, dit-elle au diapason de la rentrée littéraire. 4 écrivains, Amélie Nothomb, Philippe Claudel, Thierry Richard et Sacha Sperling ont joué aux chefs de cave et partagé (sic) « leur goût pour le travail de la vigne. » Ces gens de plume, me dit-on, « ont chacun sélectionné des flacons évocateurs, empreints d’émotions, de moments partagés er de souvenirs gourmands. » Fort bien, j’en accepte l’augure et je me précipiterai dès l’ouverture le 29 septembre pour vérifier « comment le plaisir de la lecture accompagne celui de la dégustation ». Étant un énorme lecteur et un little dégustateur j’avoue humblement que le rapport ne me saute ni aux yeux, ni aux papilles.


Donc du 29 septembre au 19 octobre, dans la cave à la Grande Épicerie du Bon Marché, les bouteilles cohabiteront avec les livres. La froideur chic du lieu ne me semble pas être le meilleur cadre pour flâner autour des livres, mais attendons.


En avant-première je vais vous révéler le choix d’Amélie Nothomb qui bien évidemment participe à la fameuse rentrée littéraire avec son nouveau roman la Nostalgie Heureuse.


 Les-soeurs-Nothomb-une-affaire-de-gout_article_landscape_pm.jpg

Photo Jacques Lange

 

Pour les ignares :


Amélie Nothomb est belge (y’en a que pour eux en ce moment voir ICI link 

 

2° « Une image d'excentrique la précède. Sur photo, elle apparaît pourtant assez sage, banale même, à part pour ces chapeaux extravagants qui sont l'une de ses marques de commerce. En personne, Amélie Nothomb déstabilise. Il y a les Doc Martens bleus. Les gants rouges rayés noirs. Les habits noirs très «Foufounes électriques, circa 1991». Les lèvres rouges, les yeux charbonneux. Et une prestance d'aristo-gothique à la répartie vive, qui ne craint ni critique ni questions personnelles, mais qui dénigre son apparence physique à la moindre occasion. 

Et un haut-de-forme à plumes. Sa signature. »

SYLVIE ST-JACQUES La Presse 26 février 2010

 

3° « La cuisine est une affaire de cœur, de tradition, de famille et souvent de femmes. Rien d’étonnant donc que ­Juliette Nothomb publie un recueil des petits plats qui font craquer Amélie, sa cadette. Pour savoir ce qu’elles ont dans le ventre, nous les avons invitées à déjeuner. Au ­moment de passer la commande, elles détaillent devant les serveurs du Diane, le restaurant gastronomique de l’hôtel Fouquet’s Barrière, les mélanges les plus détestables qu’elles aient inventées. Fromage de chèvre très affiné et coulant arrosé de Coca Light pour Juliette. Camembert mandarine pour Amélie. Il y a de quoi tourner de l’œil !

 

Heureusement, on passe rapidement aux choses sérieuses. « Mes aliments préférés sont les trois C : « Cornichon, chocolat et champagne », lâche Amélie. Pour le reste, je ne sais rien cuisiner, tout le contraire de ma sœur ! » Il n’est pas rare que celle-ci se lève à 4 heures du matin pour tester une nouvelle recette, s’assurer qu’un mélange répond à ses attentes. Les endives – les Belges disent chicons – sont l’un de ses légumes préférés. Elle les prépare de multiples façons. Presque autant que les banana split qui se déclinent en une douzaine de versions ! De son adolescence au Japon, Juliette Nothomb garde une passion pour le riz blanc. « Il n’a aucun goût et est le plus fade de tous les riz, mais je l’aime. Comme le poisson de l’archipel », annonce-t-elle.

FRANÇOIS BOURBOULON Paris-Match le 06 novembre 2008

 

Dans « Biographie de la faim », Amélie Nothomb raconte la boulimie - cette « surfaim », « une faim que rien ne comble, une faim plus grande que soi, désir inapaisable » - et sa décision irrévocable d'arrêter de manger à l'âge de 13 ans - anorexie qui durera 2 ans.


Amélie Nothomb ne se cache pas du fait qu'elle ait souffert d'anorexie mentale, qu'elle nomme son « ennemi intérieur ».


 La disparition de la maladie coïncidant avec sa venue à l'écriture, au travers de ce que l'on pourrait appeler une « sublimation » par les mots.


Elle consacre d'ailleurs quatre heures par jour à l'écriture, sans quoi elle est incapable de fonctionner, incapable de s'arrêter d'écrire, ne serait-ce qu'un jour, elle serait en somme devenue une boulimique d'écriture.

 

Elle a depuis gardé des goûts alimentaires particuliers : aliments très pimentés, thé très infusé, la plupart des fruits pourris (dont le goût se rapproche de l'alcool, Amélie N. ayant connu un alcoolisme infantile). »


Enfin, ci-dessous la sélection d’Amélie Nothomb


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29 août 2013 4 29 /08 /août /2013 00:09

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Comme vous le savez les Auvergnats savent compter, pour preuve leur gaperon [prononcer gapron], qui n’est pas un chapeau rond, mais un fromage fabriqué en Basse-Auvergne avec du lait cru de vache qui tire son nom de «la Gaspe ou Gape» en patois, babeurre en occitan, extrait du petit-lait. Les paysans auvergnats, très démunis et donc très économes utilisaient cette « Gape » fortement assaisonnée de sel et  de poivre, puis pétrie avec des épices et de l’ail  rose de Billom. (La capitale de l’Ail d’Auvergne). Le bas beurre étant maigre, on pouvait manger le  Gaperon  pendant le « Carême » alors que la fourme par exemple était trop grasse.


 

Le 07 juillet 2013 David dEquainville écrivait dans les Échos une tribune « Les filles à fromages contre la crise économique »link

 

LE CERCLE. Il existe une relation ignorée jusqu’alors, mais pourtant bien réelle, entre la capacité d’un pays à faire mentir les mauvaises nouvelles des experts en économie et la présence active de filles à fromages dans une société.

 

« Dans un contexte de compétition exacerbée entre les modèles économiques, où chacun tente d’imposer ses atouts comme des exemples à suivre, ce n’est pas rien de le constater. L’appétence des femmes pour ces productions laitières originales et diversifiées est une dynamique à ne pas brader au nom d’une uniformisation marchande dont le pays ne tirera pas un cent. C'est un capital à forte valeur ajoutée, bien au-delà de la simple notion patrimoniale. L’exception culturelle française est aussi une exception fromagère. Et il serait dommageable de l’ignorer.

 

Si la France dispose aujourd’hui d’une culture, au sens d’un art de vivre reconnu et apprécié, incluant la mode, la gastronomie, toutes sortes d'expression d’indépendance, ce n’est pas pour la défendre comme un village d’assiégés rétrogrades, et oublier de promouvoir et exporter ses propositions. Pour cela, les grandes villes disposées à célébrer leur singularité, New York, Rio de Janeiro, Pékin, ne manquent pas. Elles se feraient un plaisir de découvrir les coutumes de leurs filles à fromages, ambassadrices spontanées d’une autre manière de consommer.

 

En effet, la mondialisation n’est pas seulement celle des amateurs d’une marchandise standardisée, assujettie à un libre-échange piloté par les chiffres d’une finance toute puissante, elle est aussi l’expression d’une volonté de choisir la civilisation qui sera la nôtre demain. Si possible, une civilisation aux goûts variés. »


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Je partage ce point de vue qui remplira d’aise le Pousson qui ne peut qu’être amateur du gaperon, originaire de la plaine de Limagne, dont la forme, selon la légende locale a été inspiré par le Puy de Dôme. Dénommé aussi « Nichon de belle-mère !» mais ce n’est pas le genre de Vincent Pousson. À l’origine, il était fabriqué par les fermiers pauvres de Maringues et de ses environs. Son affinage de plusieurs semaines à plusieurs mois, se faisait à l’air libre sur une planche recouverte de paille de seigle, ou dans un torchon de chanvre, pendu en tresses à la poutre maîtresse de la cuisine près de la cheminée. Si l’on en voyait beaucoup c’était alors un signe apparent de « richesse » du paysan (d’où dit-on l’expression : faire son beurre). Ainsi, autrefois, on pouvait évaluer la dot de la mariée selon le nombre de Gaperon suspendus au plafond. Pour juger de leur maturité, les fermiers prenaient un gaperon, le posaient à terre et laissaient tomber leur couteau de la hauteur des yeux. S'il traversait le fromage de part en part, celui-ci était mûr. Sinon, on le reposait sur la planche garnie de paille de seigle très humide, favorable à la fermentation.


 

Des Gaperons y’en a pas que des bons. Un puriste écrit « On trouve de nos jours, des hérésies appelées « gaperon », et qui n'ont rien de l'original. Déguster un gaperon sans sentir les morceaux d'ail ou le poivre concassé, est hélas, devenu courant. Le gaperon, jeune, peut être plâtreux, mais il est au maximum de son goût quand une croûte molle enveloppe un "noyau" un peu plus dur, et qu'une crème existe entre les deux. »

 

Moi j’ai acheté le mien chez Alleosse link 


Conservation : entre 2 et 5°C éventuellement enveloppé dans un papier pour éviter sa dessiccation, ou bien dans une bonne cave entre 8 et 10°C.

Dégustation : le Gaperon doit être à température ambiante.


Sur place Gaperon fermier : Patricia Ribier Montgacon 63350 LUZILLAT

Tel. : 04 73 68 63 33 link

 

 

Reste la surprise du Taulier le Gaperon sur gratin de macaronis et côte d’Auvergne (David Martin au Château d’Ygrande en a un à sa carte.link


Le Château d'Ygrande Le Mont 03 160 Ygrande +33 (0)4 70 66 33 11 www.chateauygrande

 

LA RECETTE

• 500 gr de Macaroni

• 1 fromage Gaperon crémeux

• ½ litre de crème crue

• 3 gousses d’ail

• Sel, poivre du moulin


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-          Porter à ébullition la crème avec les gousses d’ail et la branche de thym, une fois la crème réduite de moitié, incorporer le gaperon  épluché de sa croûte, le laisser fondre dans la crème maintenue au chaud au bain marie.

-          Dans une grande casserole d’eau bouillante salée, cuire les macaronis, puis les égoutter sans les rincer.

-          Dresser sur le dessus la crème de gaperon et passer au four quelques minutes pour le gratiner correctement.


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 photo (99)

 

Pour le vin c’est sans contestation possible Le Trésaille 2012 (90% Trésailler et 10% Chardonnay) du Domaine des Bérioles  mené de main de maître par le jeune et talentueux Jean Tessèdre link


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photo de Jim BUDD ©

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28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 00:09
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Depuis des années, tout ce que compte de beaux esprits notre petit monde du vin, nous rebat les oreilles, nous bassine, en proclamant sur tous les tons que, par la grâce de la haute expression de nos belles et nombreuses appellations, le sémillant vin plaisir a chassé le vil vin boisson. Avant, à de rares exceptions, les buveurs buvaient ; maintenant ils goûtent. Acceptons-en l'augure et gardons-nous de trop philosopher. Tenons-nous en aux faits, à la réalité.

Contentement, volupté, satisfaction, délices, régal, jubilation… jouissance, orgasme... profusion de synonymes...

Nos 5 sens, le plaisir alimentaire d'abord et, plus encore, celui du sexe. Moins prisé, car plus cérébral, le plaisir intellectuel est pourtant un grand allié des deux précédents.

Prendre du plaisir, en donner, s'en donner, faire durer le plaisir, mourir de plaisir, s'offrir du ou des plaisirs... encore faut-il pour ce faire susciter du désir, en avoir car le plaisir a toujours pour origine le désir. 

Comme les désirs sont propres à chaque individu il est donc malaisé de dresser une sorte d'échelle de Richter du désir en fonction de son intensité. Nul ne peut être juge et partie, sauf dans les dégustations d'agrément de vin mais là nous ne sommes plus dans le plaisir mais le pensum.

Ces petites mises au point posées, en faisant foin de la fameuse modération, a-t-on jamais vu conseiller de faire l'amour avec modération, je me pose la question que tous les professionnels du vin devrait se poser : comment susciter, exacerber le désir pour que ce fameux plaisir que l'on met en avant à tout bout de champ pour le vin s'exprime vraiment ?

Qui de nos grands dégustateurs patentés, conseilleurs de tout poils, qui pratiquent généralement le coïtus interruptus, va nous délivrer l'ordonnance sur laquelle ils coucheront les moyens permettant d'augmenter la libido des buveurs de vin ?

Pourrait-on imaginer le désir sur ordonnance ? Du côté de Libération c'est oui, il en faisait sa UNE samedi dernier : Viagra féminin, désir sur ordonnance... Testés aux USA, des médicaments pourraient dès 2016, venir au secours des femmes souffrant d'un manque de libido...

Tout est dans les préliminaires. Peut-on imaginer l'équivalent du Viagra pour venir au secours de ceux ou de celles qui souffrent d'un manque de libido pour le vin ?

Plus sérieusement, et que les hygiénistes se rassurent, mes propos ne visent pas la quantité mais l'intensité, la force du plaisir. Hors de question d'assimiler ma quête à celle des " 76% des célibataires, en particulier, qui profitent de la saison estivale pour succomber sans relâche à l'appel des plaisirs sexuels. Et que même 5% d'entre eux se livreraient au jeu - stupide - de battre leur record de rapports sexuels,  d'année en année." C'est écrit dans le journal local.

Ceci n'est plus du plaisir mais de l'abattage... pour des célibataires qui semblent dans ce texte s'apparenter à des mâles, des coqs de compétition, des prédateurs se jetant sur toute femme esseulée, célibataire ou mariée. 

Paroles, paroles, dans ce domaine les hommes se payent souvent de mots et le vocabulaire du vin n'y a pas échappé. Jusque dans les années 60 celui-ci, qui n'avaient pas le raffinement de celui de nos grands dégustateurs contemporains, se référait souvent à la femme, dans un sens qui se voulait positif,  flatteur  " ce vin qui a du corps, de la cuisse, est bien en chair, je dirais même plus qu'il a du corsage, de la race, du feu, qu'il n'est point flasque. Belle robe qui laisse entrevoir du ferme, du rond et du soyeux..." alors que le recours au mâle s'avérait dépréciateur " C'est un gringalet étriqué, mal bâti, dégingandé, un rustre anémique, mal habillé, pointu et qui a le chapeau sur l'oreille..." Voir chronique ICI link

L'irruption des femmes dans l'univers du vin, et bien sûr aussi celui des oenologues ou autres techniciens, ont rejeté dans les ténèbres extérieures ce langage un peu lourdingue. Pour autant, le nouveau vocabulaire se référant essentiellement aux senteurs et couleurs de petites fleurs et aux flaveurs de fruits est-il pour autant un accélérateur de désir ?

Je n'en suis pas vraiment sûr, le goût de pamplemousse ou de petits fruits rouges ça n'a vraiment rien d'excitant. Bref, morne plaine que celle de la libido du vin où la montée du désir pour se donner du plaisir tient plus du Golgotha que du jardin de l'Eden. Qu'importe, seul l'acte compte m'objectera-t-on ! J'en conviens, mais alors pourquoi tant de thérapeutes passent-ils autant de temps à se préoccuper du plaisir que nous procure le vin s'ils se révèlent incapables d'en susciter le désir ? Tant de guides, de classements, de commentaires, cette profusion ne masquerait-elle pas l'impuissance de nos docteurs en vin à agir sur la montée de ce fameux désir?

Je trouve que nous avons le vin triste ! bavard ! pontifiant ! chiant!

Seul l'ami Jacques D, qui boucle en ce moment son spécial vin en Basse-Bourgogne, nous a sauvé du désastre avec ses bouches tendues et la tension qui est la première marche du désir... qui mène au plaisir link

Ce contre-feu salutaire nous a préservé, tout particulièrement du côté de Bordeaux, de la seule novation linguistique de ces 20 dernières années se référant au corps  les vins bodybuildés. Même si elle présente l'avantage de s'appliquer indifféremment aux deux sexes cette qualification ne me semble pas de nature à nous faire pâmer de plaisir, sauf bien sûr pour les adeptes de la gonflette.

Reste aussi le non-dit, la trace d'un passé que certains regrettent, qui ne remonte pas à la surface bridé par le politiquement correct. En effet, il plane toujours dans la tête des buveurs, en dépit des évolutions sociétales, la référence au sexe puisque ces dernières années certains beaux esprits ont avancé, sans doute pour aller dans le sens de la tendance, le concept de vin féminin qui est du même niveau de pertinence que la référence au sexe des anges.

Et puis, je reste persuadé qu'une partie de la vieille garde des amateurs de vin garde bien fiché dans son cerveau reptilien qu'il est des vins virils, des vins d'hommes quoi, sévèrement burnés, des vins de chasseurs comme disait François Mauss, et j'imagine qu'un jour, des filles d'aujourd'hui, une de celles qui n'ont pas leur langue dans leur poche, leur balance sans que ça fasse vulgaire, " il est couillu ce vin ! Très bandant ! ". Je vous fiche mon billet que ces baroudeurs de la belle étiquette atteindront alors l'extase et même l'épectase... 

Au plaisir disait-on chez moi lorsqu'un visiteur prenait congé...  
Le summun de la fausse connaissance du vin sur le site masculin.com, à quand les positions du buveur de vin ?
10 mots pour devenir incollable sur le vin

Quand l’homme amateur de vin se mue en apprenti oenologue  link 

 

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24 août 2013 6 24 /08 /août /2013 00:09

Bolduc 8387

 

Votre Taulier qui est, sans contestation possible, le mieux informé de la Toile, vous relatait hier les tribulations, non d'un chinois en Chine, mais celle des hauts dirigeants de la coopé d’Embres&Castelmaure.link


Pour dire la vérité, en fin limier, sentant qu’il y avait anguille sous roche, j’ai prêché le faux pour savoir le vrai afin de lever le lièvre. Vous pouvez admirer la richesse de mes images très chasse, pêche, nature.

 

En effet, feuilletant négligemment la sélection, dites Foire aux Vins, du superbe et génial magazine papier glacé Régal qui tombe par l’opération du Saint-Esprit dans ma boîte aux lettres, mon regard acéré est tombé sur « la cuvée des pépés » Corbières rouge 2012 cave de Castelmaure en vente chez Auchan. (Voir la photo d'hier).


De suite je sentais qu’il y avait un blème, comme un léger malaise :


1° ce que j’entrevoyais de l’étiquette n’avait rien de Poussonnien,

2° que Pousson roi de la communication eut omis de m’annoncer la naissance de cette nouvelle cuvée relevait de l’inconcevable.


En revanche qu’une cuvée de la coopé d’Embres&Castelmaure se retrouva dans une foire aux vins de la GD me paraissait dans l’ordre des choses. Mais pourquoi diable cette cuvée sortie de nulle part affublée d’une étiquette marronnasse ?


Ni une ni deux je sommais les hautes autorités de la coopé de m’éclairer !


Y tombèrent de très haut du tonneau.


Quant au sieur Pousson outragé, plagié, il se murait dans un silence hautain. Ruminant au fin fond d'une cave profonde ligérienne il pensait " et puis, j'ai ce coup de téléphone que j'aimerais donner, tirer au clair cette histoire qui me turlupine, une histoire d'aujourd'hui qui pue le tergal et le vin sans idées." 


Pourtant l'affaire dont le Taulier avait levé le voile était bien plus claire que du jus de boudin. Le coup de Jarnac venait du côté du groupe Advini, de Jeanjean précisément, qui pour son offre Foire aux vins, tsouin-tsouin, voulant plaire au beau Pierre Chanau, se parait des appâts gouleyants des gars de la coopé en « plagiant », pour faire genre innovant, le Pousson des Corbières. Bien évidemment le jus venait d’Embres&Castelmaure, en vrac embouteillé par le négociant.


Morale de l’histoire : « C’est bien la première fois que je vois un négociant mettre en avant une coopé pour capter sa notoriété. D’ordinaire, les dites coopés, elles se planquent, font comme si elles étaient des petits vignerons embouteillant à la propriété, se font châtelaines parfois, bref cachez-moi donc ce vin de coopé que je ne saurais boire. »


À toute chose malheur est bon, la cuvée des pépés, même avec une étiquette relou, est un coup de chapeau incontesté au marketing paysan cher au trio étincelant d’Embres&Castelmaure. 


Reste à courir à Auchan lors de sa Foire aux Vins pour se procurer cette bouteille collector que, bien évidemment,     les dégustateurs blanchis sous le harnois s’empresseront de noter et de commenter.

 

Merci par avance de leur future contribution.

 

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23 août 2013 5 23 /08 /août /2013 00:09

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Quand je des, ce n’est en l’occurrence qu’un seul mais pour moi c’est exemplaire de certains comportements d’éternels mauvais coucheurs.


Je m’explique.


Mon hébergeur offre la possibilité de s’abonner à mes chroniques.


Sur le bandeau de mon blog j’ai écrit « Si vous souhaitez recevoir mes chroniques chaque matin abonnez-vous à la newsletter, colonne de droite (c'est gratuit) et surtout ne décochez-pas la case chroniques (sinon vous ne recevrez rien) ou placez www.berthomeau.com  dans vos favoris. Merci pour votre fidélité et n'hésitez pas à faire des commentaires. »


Fort bien, 1130 d’entre vous ont donc choisi ce mode de réception qui fait qu’un message annonce mes chroniques dans leur boîte e-mails lors de la mise en ligne. Soit ces derniers temps 2 par jour : 00 : 09 et 11 : 00.


Comme je ne suis ni le Point, ni l’Express, ni le Nouvel-Obs. je ne fais aucun racolage, avec cadeau à l’appui, pour qu’on s’abonne, et donc tous mes abonnés sont des abonnés spontanés, libres. Libres d’ailleurs de se désabonner à leur guise.


Tel n’est pas le cas de beaucoup de feuilles de choux qui se déversent dans ma boîte e-mail sans que j’y sois pour quelque chose. Dans ce cas je peux parfaitement comprendre l’irritation surtout lorsque le désabonnement s’avère une partie de cache-cache.


Et là la semaine dernière je reçois sur le ton pincé d’un constipé :


Cher Monsieur,

 

Je me suis abonné à votre newsletter mais à chaque fois que j’ouvre ma boîte, je reçois des nouvelles de votre blog.

Je suis au regret de vous dire que chaque bonne chose se consomme avec modération et donc : « enough is enough »

Avec regret, je vais devoir me désabonner.

Respectueusement.


Pourquoi m’écrire, ça encombre ma boîte e-mail (je plaisante) ? Que je sache ce cher homme ne m’a pas écrit pour m’informer qu’il s’abonnait.


Si 2 messages par jour sont de trop pour lui je peux comprendre sauf que ceux-ci ne le mettent pas dans l’obligation de lire. Un clic et c’est la poubelle. Plus écologique que les prospectus.


Sans doute a-t-il voulu me tancer en me donnant la leçon « chaque bonne chose se consomme avec modération » ?


J’ai en sainte horreur la modération, je l’ai écris link les un tout petit peu me gonflent.


Lorsqu’on subit une indigestion, une overdose, on n’exprime pas, comme mon interlocuteur, par deux fois des regrets.


Enfin j’adore le recours à l’anglais : « enough is enough » ça fait très chic, très cadre supérieur qui bosse dans une multinationale. On sent poindre l’exaspération contenue « assez c’est assez… »


Pourquoi se faire tant de mal avec mes chroniques ? Vraiment je ne comprends pas ce masochisme et cette manie de me tancer par courrier.


Pour dire le vrai je n’en ai rien à péter. Si recevoir 2 messages par jour est au-dessus des capacités de ce monsieur je comprends parfaitement qu’il se désabonne. Je l’approuve. Je le souhaite.


Deux chroniques par jour c’est beaucoup pour moi qui les écrit et chaque jour que Dieu fait je me dis que je vais, non pas ralentir le rythme, mais m’arrêter. Si je me livre à cet exercice, qui ne me prend pas autant de temps que vous pouvez le croire, c’est pour cultiver l’agilité de mes neurones. Quand on prend de l’âge c’est aussi utile que de faire du vélo. Je fais les deux, et je ne vois pas en quoi ça indispose même les mauvais coucheurs. Nul n’est tenu de me lire. Par bonheur, il y a ceux qui s’inquiètent dès qu’ils ne reçoivent pas les dits messages. Merci à eux.


La gratuité des contenus publiés sur le Net n’a pas éradiqué ce type de comportement d’insatisfait. Je le regrette. Sous sa politesse pincée ce monsieur ne faisait qu’exprimer son incapacité à choisir. Je suis abonné à la version électronique du Monde et je reçois 3 messages par jour : [check List], Que dit le Monde ?, le 12/15 avant la publication intégrale plus les messages d’alerte. Est-ce trop ? Bien sûr que non car nous vivons dans un temps où toute l’information est accessible en temps réel. Bien sûr il faut choisir, trier, c’est la règle. Bien sûr si on préfère ses pantoufles on coupe l’écran.


Merci de votre fidélité, si vous souhaitez vous désabonner c’est simple comme un clic. Il viendra bien un jour où je poserai mon sac mais je ne suis pas tenu de donner mon préavis…


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22 août 2013 4 22 /08 /août /2013 00:09

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J’aurais pu titrer cette chronique « Affreux, sales et méchants / Brutti, sporchi e cattivi » en référence au superbe film d’Ettore Scola, sorti en 1976 avec un remarquable Nino Manfredi, prix de la mise en scène à la 29e édition du Festival de Cannes. Mais c’eut été injuste car mes 3 fromages : le Castelmagnio 24 mois, le Termignon d’alpage, et le vieux Saint Nectaire, ont certes de sales gueules, des affreux mais qui ne sont ni sales, ni méchants.


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Mon titre reste encore un chouïa racoleur car ces 3 bons vieux briscards n’ont guère d’odeur. Bien sûr ce ne sont pas des enfants de chœur ni des chanoines ou des prélats vêtus de brocart (une étoffe de soie rehaussée de dessins brochés d’or et d’argent) mais des marauds, à forte personnalité, venus du plus profond de leur terroir ancestral. Ne voyez aucune malice en leur association avec les vins des 2 Brocard, Jean-Marc le père, Julien le fils, même si, eux aussi savent ce qu’ils veulent  et  font. J’aime les gens qui font sans se soucier du quand dira-t-on.


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J’ai passé une matinée entière avec Jean-Marc Brocard dans ses vignes et il a fait en permanence référence à ceux qui lui ont appris le métier de la vigne Emile Petit, son beau-père, ainsi que de « P’tit Louis », parent éloigné. Ces deux personnes qui lui ont transmis tout leur savoir et leurs connaissances sur le métier de la vigne et du vin. Alliance d’un savoir-faire ancestral (plus de quatre siècles) et le désir d’entreprendre et de créer du jeune homme de Saint-Bris le pays des cerisiers. Jean-Marc, en s’adressant à un vieux briscard comme moi, à propos de l’histoire du Chablis, que j’ai vécu aux côtés d’un certain Henri Nallet, député-maire de Tonnerre, et Ministre de l’Agriculture ayant la haute main sur les fameux droits de plantations permettant une expansion parfois inconsidérée, jouait cartes sur table. Nous nous comprenions. Constater avec lui sur les pentes abruptes les conséquences du non labour entre deux vignes côte à côte, l’une cultivée la sienne, l’autre désherbée. Des rigoles dans cette dernière, la terre qui dégringole tout en bas dans la chaintre et qu’il faut remonter. Et pourtant le propriétaire continue avec un stupide acharnement à ignorer les principes élémentaires de l’agronomie. Quand est-ce que nos plumes vineuses iront jeter un œil dans les vignes pour constater les « ravages » d’une conduite insoucieuse des grands équilibres ?


Je ne sais. Ce que je sais, c’est que Jean-Marc a eu l’intelligence, tout en passant petit à petit la main à son fils Julien qui, diplôme d’ingénieur en poche, revient s’installer auprès de son père par passion du  métier au milieu des années 90, de prendre en compte le regard de celui-ci sur la vigne et son environnement.  Avec lui, les pratiques de la culture en biodynamie sont appliquées au terroir et à la vigne. « Nous restituons la vigne au cœur de son environnement et utilisons des préparations à base de plantes afin de réveiller le système de défense naturelle de la vigne – à la manière du système immunitaire pour les êtres humains – en suivant le cycle lunaire pour les différents travaux de la vigne et du vin. Actuellement, une bonne partie du domaine est cultivée selon les pratiques de l’agriculture biologique et biodynamique. Nous continuons notre travail toujours dans le but d’améliorer la qualité de nos produits.» et de citer Lao Tseu « Produire et faire croître, Produire sans s’approprier, Agir sans rien attendre, Guider sans contraindre »


J’attends l’objection des petits loups et des petites louves adeptes du « petisme » que dénonce Jacques Dupont le régional de l’étape : mais Brocard père&fils ce sont des grands, beaucoup d’hectares ! Oui, ma réponse est celle du très sage Olivier de Moor « Si l’on souhaite vraiment voir se développer une viticulture soucieuse de son environnement, plus propre, ça passe par la conversion des domaines importants. » Elémentaire mon cher Olivier.


Retour sur mes 3 affreux pour vous les présenter :


1-      Le Castelmagno l’italien 24 mois 71,65€ le kg Lire ICI link 


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2-      Le Termignon d’alpage 46,50€ le kg Lire ICI link 


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3-      le Vieux Saint-nectaire 29,75€ le kg ICI link 


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L’histoire du saint Nectaire link 


« Le fromage Saint Nectaire prend la forme d'un disque plat de 20 cm de diamètre, 4 cm d'épaisseur pour un poids de 1,5 kg. L'affinage dure au minimum 6 semaines en cave humide sur lit de paille de seigle, avec raclages de la croûte. L'Appellation d'Origine est consentie aussi bien aux produits de fabrication laitière industrielle ou coopérative qu'aux fromages fermiers. Seul le marquage  du fromage Saint Nectaire diffère. Les fromages fermiers sont revêtus d'une plaque elliptique (72 mm dans le plus grand diamètre, 38 mm dans le petit) portant imprimée en noir, dans des caractères de 8 mm de hauteur, la mention suivante « Saint-Nectaire fermier ». On y trouve également, au milieu de la plaque, sur la ligne de plus grand diamètre, le numéro d'immatriculation de l'atelier de fabrication.» 

 

1 - Chablis 1er Cru MONTÉE DE TONNERRE link 


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2- Chablis 1er Cru Côte de Léchet link 


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Et j'aime beaucoup le Chablis la Boissonneuse link


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19 août 2013 1 19 /08 /août /2013 00:09

Telle est la raison que j’invoque dans le message que je propose sur mon téléphone à ceux qui ne peuvent me joindre. Ça les surprend bien sûr mais ce n’est ni tout à fait vrai, ni tout à fait faux. Je m’explique. En effet, lorsque je chronique chaque jour je suis toujours par la pensée dans les vignes, les vôtres bien sûr. Cependant, même si mes vaches m’éloignent parfois de Paris, je foule plus le macadam que les beaux terroirs de vos vignes. Alors, comme je l’avais annoncé, j’ai décidé de sortir de Paris pour me rendre dans les vignes.


Ainsi, lundi et mardi derniers, avec ma petite auto noire, j’ai mis au petit matin cap au sud pour me retrouver dans les vignes. Et croyez-moi, j’y ai passé les ¾ de mon précieux temps. J’ai beaucoup écouté les amis vignerons qui nous ont reçu, trois générations mais un facteur commun le respect de la terre et l’extrême soin du vin. Bien sûr, selon une tradition bien établie chez moi, je n’ai pris aucune note mais en revanche des photos. Bouffée d’oxygène extraordinaire, un ressourcement indispensable pour votre Taulier qui sent parfois qu’il s’essouffle, se dit que ce qu’il fait est bien vain. Vous ne pouvez pas savoir comme ça m’a fait du bien. Tout le contraire d’un voyage de presse, le programme se bâtissant au fil de la journée sans contraintes de d’horaires, une conversation en continue libre et riche. Et bien sûr, nous avons dégusté mais aussi bien mangé et bien bu. La totale quoi !


N’attendez pas de moi aujourd’hui que je vous dise où j’étais car je n’ai pas encore décanté tout ce que j’ai engrangé. Mes idées sont encore sur lie. Je laisse du temps au temps pour vous faire profiter de cette incursion dans les vignes qui était pendant deux jours mes vignes. Bien évidemment je ne vais pas en resté là et je vais programmer, façon de parler, d’autres incursions du même genre. Mais, comme le dirait N de R « pendant que j’y pense » je me plais à imaginer inviter un jour notre Ministre de l’Agriculture, Stéphane le Foll, à se joindre, pendant une matinée ou un après-midi, à cette plongée dans les vignes. Comptez sur moi pour lui proposer car il me semble que c’est la meilleure manière de comprendre ce que sont et ce que font nos vignerons. Et ce sera si ça se fait : sans casquette de préfet ni nuée de journalistes, une vraie découverte du terrain.


Je m’en tiens là car n’étant pas, contrairement à l’idée que beaucoup de ma production journalière, un stakhanoviste. Je salue au passage Jules Tourmeau. Enfin, je signale à tous ceux qui reconnaîtront, et je crois qu’ils seront nombreux, le lieu de mes vignes éphémères que, libre à eux de le révéler, car ça ne changera rien au fait que pour l’heure votre Taulier restera muet comme une carpe en attendant de cracher le morceau bien sûr (normal pour un dégustateur de sa trempe, pas vrai PSA !)


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16 août 2013 5 16 /08 /août /2013 11:00

« Disons qu’elle s’appelait Mme Anserre, pour qu’on ne découvre point son vrai nom.


C’était une de ses comètes parisiennes qui laissent comme une traînée de feu derrière elles. Elle faisait des vers et des nouvelles, avait le cœur poétique et était belle à ravir. Elle recevait peu, rie, que des gens hors ligne, de ceux qu’on appelle communément les princes de quelque chose. Être reçu chez elle constituait un titre, un vrai titre d’intelligence ; du moins on appréciait ainsi ses invitations.


Son mari jouait le rôle de satellite obscur. Être l’époux d’un astre n’est point chose aisée. Celui-là cependant avait eu une idée forte, celle de créer un État dans l’État, de posséder son mérite à lui, mérite de second ordre, il est vrai ; mais enfin, de cette façon, les jours où sa femme recevait, il recevait aussi ; il avait son public spécial qui l’appréciait, l’écoutait, lui prêtait plus d’attention qu’à son éclatante compagne.


Il s’était adonné à l’agriculture ; à l’agriculture en chambre. Il y a comme cela des généraux en chambre, – tous ceux qui naissent, vivent et meurent sur les ronds de cuir du ministère de la Guerre ne le sont-ils pas ? – des marins en chambre, voire au ministère de la Marine ; – des colonisateurs en chambre, etc., etc. Il avait donc étudié l’agriculture, mais il l’avait étudiée profondément, dans ses rapports avec les autres sciences, avec l’économie politique, avec les arts, – on met les arts à toutes les sauces, puisqu’on appelle bien « travaux d’art » les horribles ponts des chemins de fer. Enfin il était arrivé à ce qu’on dit de lui : « C’est un homme fort. » On le citait dans les Revues techniques ; sa femme avait obtenu qu’il fut nommé membre d’une commission au ministère de l’agriculture.


Cette gloire modeste lui suffisait.


Sous prétexte de diminuer les frais, il invitait ses amis le jour où sa femme recevait les siens, de sorte qu’on se mêlait, ou plutôt non, on formait deux groupes. Madame, avec son escorte d’artistes, d’académiciens, de ministres occupait une sorte de galerie, meublée et décorée dans le style Empire. Monsieur de retirait généralement avec ses laboureurs dans une pièce plus petite, servant de fumoir et que Mme Anserre appelait ironiquement le salon de l’Agriculture.


Les deux camps étaient bien tranchés. Monsieur, sans jalousie, pénétrait quelquefois dans l’Académie, et des poignées de mains cordiales étaient échangées ; mais l’Académie dédaignait infiniment le salon de l’Agriculture, et il était rare qu’un des princes de la science, de la pensée ou d’autre chose se mêlât aux laboureurs.


Ces réception se faisaient sans frais : un thé, une brioche, voilà tout. Monsieur, dans les premiers temps, avait réclamé deux brioches, une pour l’académie, une pour les laboureurs ; mais Madame ayant justement observé que cette manière d’agir semblerait indiquer deux camps, deux réceptions, deux partis. Monsieur n’avait point insisté ; de sorte qu’on ne servait qu’une seule brioche, dont Mme Anserre faisait d’abord les honneurs à l’Académie et qui passait ensuite dans le salon de l’Agriculture.


Or, cette brioche fut bientôt, pour l’Académie, un sujet d’observations des plus curieuses. Mme Anserre ne la découpait jamais elle-même. Ce rôle revenait toujours à l’un ou l’autre des illustres invités. Cette fonction particulière, spé& Il s’était adonné à l’agriculture ; à l’agriculture en chambre spécialement honorable et recherchée, durait plus ou moins longtemps pour chacun : tantôt trois mois, rarement plus ; et l’on remarqua que le privilège de »découper la brioche » semblait entraîner avec lui une foule d’autres supériorités, une sorte de royauté ou plutôt de vice-royauté très accentuée.


Le découpeur régnant avait le verbe plus haut, un ton de commandement marqué ; et toutes les faveurs de la maîtresse de maison étaient pour lui, toutes.


On appelait ces heureux dans l’intimité, à mi-voix, derrière les portes, les « favoris de la brioche », et chaque changement de favori amenait dans l’Académie une sorte de révolution. Le couteau était un sceptre, la pâtisserie un emblème ; on félicitait les élus. Les laboureurs jamais ne découpaient la brioche. Monsieur lui-même était toujours exclu, bien qu’il en mangeât sa part.


La brioche fut successivement taillée par des poètes, des peintres et des romanciers. Un grand musicien mesura les portions pendant quelque temps, un ambassadeur lui succéda. Quelquefois un homme moins connu, mais élégant et recherché, un de ceux qu’on appelle, suivant les époques, vrai gentleman, ou parfait cavalier, ou dandy, ou autrement, s’assit à son tour devant le gâteau symbolique. Chacun d’eux, pendant son règne éphémère, témoignait à l’époux une considération plus grande ; puis quand l’heure de sa chute était venue, il passait à un autre le couteau et se mêlait de nouveau dans la foule des suivants et des admirateurs de la « belle Mme Anserre ».

 

à suivre...

 

Guy de Maupassant : Le gâteau. Texte publié dans Gil Blas du 19 janvier 1882 sous la signature de Maufrigneuse.

http://youtu.be/N_ITv5-Onqg

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15 août 2013 4 15 /08 /août /2013 00:09

Les grands dégustateurs de la LPV ne reculent devant aucune expérience gustative, ainsi Valéry M le jeudi 1 novembre 2012 posait à ses petits camarades la question qui tue : « bonjour, voici encore un truc impossible, comme le fruit lui-même, que boire avec un durian ? (durion) » Bien sûr il répondait à sa propre question (voir à la fin de cette chronique) mais comme tout va si vite dans notre petit monde mondialisé, la réponse est venu de Singapour : « des scientifiques de Singapour ont eu du succès le mois dernier en créant un vin à base d'un fruit décrit comme très odorant et au goût de chaussettes et d'oignons pourris. Fabriqué avec le durian - connu comme le fruit le plus malodorant au monde - ce vin contient 6 % d'alcool et est épuré de presque toute sa mauvaise odeur. »link


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Mais c’est quoi exactement ce fameux Durian dont raffolent les asiatiques ?


La réponse se trouve ICI link mais je vous conseille de visionner la première vidéo en anglais qui donne une image idyllique de ce fruit et la seconde en français plus pédagogique. Trip Gourmand : Le durian - le fruit qui sent le fromage.


Mon attention sur le durian avait déjà été attirée lors de la lecture du beau livre de Kim Thúy mãn link 


« C’est la dernière fois que Maman a vu son père : sous les durians, que les Vietnamiens appellent sãu riêng. Jusqu’à ce jour, elle n’avait jamais pensé au nom formé par ses deux mots, qui signifie littéralement « tristesses personnelles ». On l’oublie peut-être parce que ces tristesses, comme leur chair, sont scellées dans des compartiments hermétiques, sous une carapace hérissée d’épines. »


Quelques pépites sur le Durian


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« Les durians sont interdits dans l’établissement. » En Asie du Sud-Est, il n’est pas étonnant de voir ce signe à l’entrée des hôtels, agences de voyage et autres…


Son parfum est lourd. Gras. Profond. Entêtant et complexe (…) On a plutôt l’impression d’un mélange qui ne fonctionne pas, comme si on avait mis ensemble plusieurs produits dont les parfums mélangés donnent un résultat proche de l’odeur du pourri. Certains évoquent carrément un cadavre en décomposition. Et il faut l’avouer, ce n’est pas faux.


Ensuite, lorsqu’on le goûte, on n’est pas surpris. En fait, on mange cette odeur. Sa chair est l’expression solide de cette puanteur : douceâtre, complexe, tenace. »


« Le naturaliste Alfred Wallace, qui s’est spécialisé dans l’Asie du Sud-Est, plus particulièrement l’Indonésie et les Philippines, a décrit les arômes du durian de manière très vivace lors de sa visite à Bornéo, au milieu du XIXème siècle. On croirait lire Alice au pays des merveilles et l’absurde description que Lewis Caroll fait de la potion rapetissante. « Une crème riche aux amandes », mais avec des notes de « fromage, sauce aux oignons, et de vin».


« Pourtant, il n’est pas sans danger.

« En ce qui concerne les overdoses, c’est la vérité. Chaque année, plusieurs décès sont reportés par la presse en Thaïlande, en Indonésie et dans le reste de la région. Effectivement, il est fortement déconseillé aux personnes souffrant d’hypertension d’en consommer. Et aussi aux femmes enceintes. Mais le véritable cocktail molotov, c’est le durian associé à l’alcool. Des scientifiques japonais de l’université de Tsukuba ont récemment établi que le durian, sans doute à cause de sa haute teneur en soufre, est capable d’inhiber l’enzyme ALDH, qui est la principale défense de notre foie contre les sous-produits toxiques de l’alcool. »


L’auto-réponse sur la LPV


« En fils ingrat, j'ai servi à mes parents un dessert des plus originaux : un durion. Il faut dire que je les avais déjà régalés de glaces au même fruit et que je les sentais prêts. Mais que boire avec ? Un essai infructueux me fit essayer les restes des Bordeaux du repas. (Je relève au passage que le Château de Francs Cerisiers 2006 s'en est largement mieux sorti que Cambon la Pelouse 2002, peut-être grâce au boisé plus présent)


Puis m'est venue cette bonne idée : du Cognac. Et là l'accord s'est fait. Quelqu'un a-t-il fait une expérience similaire ? Ou testé un liquoreux ? (j'avais aussi testé un fond de Banyuls sans trop y croire et ce n'était effectivement pas terrible). »

 

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