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5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 10:00

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À Vino Bravo samedi dernier Philippe Meyer a regretté, à juste raison, que l’interprétation des chansons à boire dans les temps anciens étaient grivoises et qu’il serait de bon ton de leur donner une nouvelle chance en les confiant à de vrais chanteurs.


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Votre Taulier, toujours prompt à fouiner, alors qu’il tombait sur les propos louangeurs * de son entraîneur à propos de Mikaël Landreau, l’ancien gardien de mon cher FC Nantes, avec une affirmation à mettre sous le nez des hygiénistes « Il a très bien géré son corps tout au long de sa carrière. C’est un bon vivant, capable de s’amuser, mais il est toujours dans le contrôle de ses émotions et de son corps », s’est mis à gamberger dans sa petite tête de bon vivant : Nantes capitale de la Bretagne… le château d’Anne de Bretagne… et son vin de Clisson chanté par Tri Yann


Je confie à Jacques Dupont le soin de faire passer ce message à Philippe Meyer de France Inter «  écoutez donc les bretons de Tri Yann chanter le Vin de Clisson pour la plus grande gloire des chansons à boire ! »


Buvons buvons vin de Clisson

De la treille jus vermeille qui remplit les flacons

Mangeions, jusques à nous faire jouir

Nous esclater le bidon et s'il faut le redire

Buvons mangeions amons et chantons

Mais que la route tire, tire aux jambons

 

Chantons chantons à pleins poulmons

De merveilles saintes et belles ou coasseries de souillons

Amons jusques à nous faire jouir

Nous esclater le bourgeon et s'il faut le redire

Buvons mangeions amons et chantons

Mais que nous viesnent rires, rires à foison

 

Tri Yann


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« Formé en 1971 et toujours actif depuis, Tri Yann détient le record de longévité d'un groupe français. Passant d'une musique traditionnelle, à un mélange de rock et de world music plus ou moins folklorique, jusqu'à de récents spectacles sur le thème de la mer (« symphonies » hautes en costumes et en couleurs), les « Trois Jean » de Nantes continuent leur chemin avec leur bonne humeur caractéristique. Ils font partie de ces groupes, artistes et personnalités, comme Alan Stivell ou Dan Ar Braz, qui ont fait beaucoup pour la reconnaissance de la culture celtique. Try Yann fête ses 40 ans de scène de belle manière en 2011, tout d'abord avec l'album conceptuel Rummadou, puis par une tournée évènement. Mi nouvel album, mi compilation, Chansons de Marins sort en décembre 2012. »


Mikaël Landreau


« Clairvoyance, engagement et talent. Dans la lecture de ce qu’est un club, une équipe, un groupe, il est peut-être le joueur que j’ai pu entraîner qui a la plus grande clairvoyance. Rien ne lui échappe. Pour moi, il est entraîneur, dirigeant, supporter. Engagement, parce que sous ses côtés nantais –on dirait qu’il est toujours dans l’analyse– il s’engage. Il réfléchit beaucoup avant de prendre une décision, mais une fois qu’il a tout pesé, il y va à fond. Et talent : depuis qu’il est à Bastia, ce qui m’a le plus surpris, c’est son talent individuel. Je savais qu’il avait beaucoup de charisme, une grande expérience.


Bien qu’il ait commencé sa carrière à dix-sept ans, il n’est donc pas usé...


Non, et c’est lié à sa clairvoyance. Il a très bien géré son corps tout au long de sa carrière. C’est un bon vivant, capable de s’amuser, mais il est toujours dans le contrôle de ses émotions et de son corps. Il est en fin de contrat au mois de juin, mais il peut jouer au haut niveau pendant encore deux, trois, voire quatre ans.

 

Mickaël Landreau va dépasser le record de Jean-Luc Ettori de 602 matchs de Ligue 1 mais il avoue dans France Football qu'il aurait aimé le battre sous le maillot nantais. "Je suis satisfait, même fier de ma carrièreMais j’aurais adoré, comme Jean-Luc Ettori, battre le record sous un seul maillot, celui de Nantes."


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5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 00:09

Afin de ne pas écrire d’imbécillité, avec deux L bien sûr, pas deux ailes comme les mouches, pour ne pas nuire à ma tranquillité, toujours cette histoire de doublement d’L, pas d’elle de celles qui ensorcèlent les pauvres gros bourdons des dégustations, d’accord j’arrête de décoconner (ce mot n’est pas français mais du dialecte sicilien) pour en venir au fait.


Lundi dernier je dînais en un haut lieu de la gastronomie en la compagnie très relevée des plus beaux nez de la cité. Moi j’étais enrhumé jusqu’aux oreilles. Ce fut un dîner tout en anglais, of course nous étions entre happy few (bien que j’ai repéré dans le lot des qui, à mon avis, en dépit de leur brillante gestuelle avec leur verre auraient quelques soucis à se faire si on leur bandait les yeux). Les mets d’excellence, l’ambiance feutrée, la distance : je pouvais de ma place embrasser d’un seul coup d’œil la tablée en U, ont fait que je me suis pris à chroniquer dans ma tête pendant que l’un de mes brillants confrères de la blogosphère s’échinait à prendre des notes sur son calepin couverture molesquine.


Alors, allez savoir pourquoi, dans ma pauvre tête folâtre allait et venait « élevé sous bois », « élevé sous bois » et je pensais sous-bois, sous-bois en me remémorant le temps où j’habitais dans les bois (rassurez-vous c’était sous le toit d’une vieille bicoque sous les fenêtres de laquelle le cerf en rut venait bramer.)


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Je pensais aussi à Michel Smith. Sans conteste il eut été bien mieux à ma place et, comme il aime beaucoup le poireau, que je devrais m’occuper de son cas. Je batifolais, je baguenaudais, je brodais, je buvais aussi en psalmodiant en moi « sous bois, sous bois… » que ça en devenait gênant pour ma concentration et mon attention.

 

Je me souvenais de ce qu’avait écrit dans Vinifera Jacques Perrin « L’aboutissement d’un grand vin, c’est l’élevage, cette forme d’ascension symbolique, lente montée en puissance à travers laquelle le vin va, au fil des mois, s’affiner et se préciser, parachever sa forme, gagner en complexité à travers toute une série d’échanges. Élever un vin, élever un enfant. La comparaison permet de préciser l’enjeu. On peut penser que son enfant, parce qu’il est beau, bien né et naturel, révèlera naturellement toutes ses vertus sans intervention extérieure, sans éducation. Que trouvera-t-on à l’âge adulte ? Un être émouvant, sensible et équilibré ou un individu fragile, instable, peu enclin à voyager, tiraillé entre l’état de nature et la culture, réticent à l’inconnu ? »


Là je perdais un peu pied : l’inné et l’acquis, élevage et éducation, le vice et la vertu, le physique et le mental, l’état naturel et l’état sauvage, la culture… Tout ça sous bois, bien sûr ! Pour moi élevage sonne aussi comme dressage, voire débourrage comme pour les chevaux et qu’éduquer ce n’est pas élever. Il est tout à fait possible d’être bien né d’avoir été bien élevé et d’être mal éduqué et lycée de Versailles comme l’aurait dit Pierre Dac.


Et pourquoi tout ça sous bois ?


Du bois neuf ou du vieux bois ?


Je sais que les grands œnologues-consultants ricanent déjà, cherchent dans leur poche un carton rouge, disqualifié le  Taulier, radié à vie du terrain des grands vins.


Moi je veux bien admettre que je n’y connais rien mais dans le secret des chais pourrait-on me montrer tout ce qui se fait ? Comment donc cet enfant a-t-il été fait ? Fabriqué quoi avant d’être élevé… Est-ce de l’alchimie ? Sans aucun doute au sens premier de la chimie puisque le vin est « exclusivement la boisson résultant de la fermentation alcoolique complète ou partielle du raisin frais, foulé ou non, ou du moût de raisin. » Que je sache les marchands de produits œnologiques ne travaillent pas pour les beaux yeux des princesses mais pour que leurs ingrédients soient achetés par le plus grands nombre de clients. Ça aide à mettre sur pied un costaud qui traversera les mers sans bobo.


Reste dit-on, du moins c’est le privilège des grands vins m’affirme-t-on, d’être élevé sous bois. Bien évidemment il y a élevage et élevage entre le laxisme soixante-huitard et la schlague des prytanées militaires le fossé est très large. En clair entre ne rien faire et ne faire que faire le choix est souvent plus complexe. Le sous bois s’apparenterait-il au bon vieux internat de ma jeunesse : un bon petit coup d’éducation chez les Jésuites de Ginette  (lycée privé Sainte-Geneviève situé à Versailles, l’un des lycées de classes préparatoires les plus réputés de France en raison de son exceptionnelle réussite aux concours des grandes écoles d'ingénieurs et de commerce) ça vous forme la jeunesse !


En résumé on élève plutôt les animaux domestiques et l’on éduque plutôt les humains mais, dans les deux cas, il est important d’établir entre l’éleveur et l’élevé, l’éducateur et l’éduqué, un échange permettant la transmission. Cherche-t-on pour les vins en les élevant à les domestiquer, à les rendre sociables c’est-à-dire adaptés  au goût de la classe cultivée ? N’étant moi-même qu’un ignare, un rustaud mal dégrossi, je ne puis vous apporter les réponses à  ces questions.


Mettre le vin dans le bois ou le bois dans le vin fut un des grands sujets de fâcheries du début de la décennie. Le mérite de ce débat fut de mettre en lumière l’apport aromatique du bois au vin. Aromatisation : enfer et damnation, péché mortel impardonnable, insulte inqualifiable, le vin n’est dans la barrique neuve que pour « affiner son esthétique à travers la notion d’élevage. » Passe ton chemin maraud va faire du vélo, tes réflexions à la con garde-les pour toi ça nous suffira.


Je suis tout à fait d’accord, même si poser des questions ça n’a pas d’autres buts que de recevoir des réponses plutôt que des coups de pied au cul. Bien sûr je ne suis pas assez savant pour faire mienne ce qu’affirme Claude Lévi-Strauss « Le savant n'est pas l'homme qui fournit de vraies réponses ; c'est celui qui pose les vraies questions. » mais que vous le vouliez ou non messieurs les éleveurs « l'ignorance précède la connaissance qui ne s'acquiert que par la recherche de réponse trouvées en se posant de bonnes questions. »


Donnez m’en et je serai content car je n’ai rien contre l’élevage des vins mais ce que je n’aime pas c’est le goût de bois !


Comme un malheur n’arrive jamais seuls ô grands éleveurs ce matin 3 décembre j’ai reçu ce courrier qui devait vous être adressé : « Tonneaux ou bois alternatifs? » D’accord ce genre de littérature c’est pour les vins des vilains pas pour l’élevage de nos princes héritiers de la longue lignée des grands vins de France.


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Désolé d’avoir aligné autant d’imbécilités avec un seul L car c’est la graphie recommandée par l’Académie française (orthographe rectifiée de 1990), avec un seul L. Elle rompt avec l’étymologie, mais réintroduit la cohérence avec l’orthographe d’imbécile (écrit avec un seul L depuis l’édition de 1798 du dictionnaire de l’Académie française).


J’adore la tranquillité lors des dégustations ça me permet de rêver en un monde où comme le note le sage bourguignon Jacky Rigaud « face aux impasses de la viticulture chimique et de l’œnologie correctrice, la voie ouverte par la biodynamie » serait « l’avenir  du vrai vin, du vin sincère, du vin fruit du mariage heureux de l’homme et de la nature, un homme qui a compris que la nature fonctionnait avant qu’il n’en comprenne les mécanismes, et qui pense qu’il est toujours important de se demander si ce qu’il fait sur la nature est bonne pour elle ? »


Élevage, vous avez dit élevage… 

 

Quand j'aurai un peu de temps je chroniquerai sur

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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 00:09

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Ma chronique du jour cadre bien avec mon choix.

 

Choisir !

 

Après plusieurs va-et-vient entre 3 présentations je reviens à mon choix initial.

 

Pourquoi ?

 

Tout simplement parce que mon hébergeur ne m’offre qu’un choix très limité dans la présentation épurée que je souhaitais donner à mon blog : noir, un violet tirant sur le rose et un bleu bien pâlichon. Rien qui ne me satisfaisait vraiment.


Mes chroniques comme les livres et les journaux seront donc en noir et blanc pour quelque temps. Le temps de bâtir un site original dégagé des contraintes graphiques que m’impose Overblog mon hébergeur.

 

J’y travaille.

 

Ce sera pour le début de l’année 2014.


En attendant je m’en tiendrai à mon choix dominical, certes un peu strict, privilégiant votre confort de lecture.


Pour les abonnés, hormis ma tronche de cake, c’est la chronique en prise directe : titre puis texte.


Pour ceux qui entrent par www.berthomeau.com c’est le même portail qu’auparavant en allégé.


Reste les photos de ma tronche de cake, 3 photos de Ludovic Carème, un grand photographe www.ludoviccareme.com, qui font un tabac sur Facebook. Je les ai exhumées d’un carton dimanche après-midi et j’ai eu envie de les mettre en ligne. Photos d’auteur, deux heures de shooting, vous faites ce que l’on vous dit de faire. Je les trouve intéressantes, presque dix ans déjà. Elles seront là elles aussi pour un temps. Combien de temps ? Je ne sais. Et qu’on ne vienne pas me reprocher de ne pas aimer les couleurs ou je sors mes chèches 


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Avis aux petites louves et petits loups de partout, mais surtout les parigotes et goths affublés du doux nom de bobos, le charbon dont vous n’avez pas connu les poêles dans les salles de vos écoles maternelles ce n’était pas que dans le Nord-Pas-de-Calais.


Y’en avait même dans l’Aveyron : allez sur Google Maps voir où c’est. Les Houillères et Fonderies de l'Aveyron, créées en 1826 par le duc Decazes (1780-1860), qui avait hérité des mines, allait faire d’un village-rue un grand centre métallurgique qui prit le nom, au début de la Monarchie de Juillet en 1835, de Decazeville. Au début du XXe siècle 9000 travailleurs y produisaient 1 million de tonne de fonte. Le déclin des industries minières, commencé dans les années 70,  frappa Decazeville qui vit sa dernière mine fermer en juin 2001. Ce bassin minier connu une grande grève qui vit 1 500 mineurs rester 66 jours au fond de la mine entre le 23 décembre 1961 et le 26 février 1962. C’était au temps du Général et ne venez pas dire que ce temps c’était le bon temps.


Si vous voulez tout savoir sur Decazes, ce qui m’étonnerait mais sait-on jamais, son portrait se trouve dans le livre Decazeville, Promenade historique de Jean Costumero.link Je soutiens le petit commerce, moi…


Ça commence ainsi :


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« A tout seigneur tout honneur ! Decazes (Élie, Duc) naquit à St-Martin de-Laye (Gironde) le 28 septembre 1780 et décède le 24 octobre 1860 à l’âge de 80 ans. Fils du lieutenant particulier de la sénéchaussée et présidial de Libourne (Gironde), Élie Decazes commence des études à l’école militaire de Vendôme de 1790 à 1799.


Après ses études militaires, il entame des études de droit, et deviendra en 1805, après son mariage avec la seconde fille du comte Muraire, juge au tribunal civil de la Seine. A 22 ans il est avocat à Libourne, juge au tribunal de la Seine en 1806, puis devient  secrétaire principal de la mère  de Napoléon Bonaparte, la Princesse Letizia Ramolino.


Mais les Reines n’ont-elles pas le droit d’accoucher avant terme ? Il est nommé ensuite conseiller de Louis Bonaparte en 1807, et devient avocat-conseil à la cour  d’appel de Paris en 1811. Il fut en même temps attaché comme conseil au jeune roi de Hollande, Louis, et à l’impératrice mère. Blessé et malade après la mort prématurée de sa première  femme, il part panser ses plaies à Cauterets, dans les Pyrénées. Que  s’est-il passé ici ? Les ragots ne manquent pas (est-il le père d’un empereur ?). Il rencontre en effet sur place la Reine de Hollande, Hortense de Beauharnais, épouse de Louis Bonaparte. Elle fait de lui son secrétaire particulier. Le 6 juillet, cette jeune femme romantique, mariée par raison d’État, se trouve seule à Cauterets…. »


Si vous passez dans le nord Aveyron sur votre vélo ou votre camping-car, si le cœur vous en dit consultez ci-dessous la fiche du syndicat d’initiative de Decazeville :


« Commune de 6302 habitants, située à une altitude 220 m, jumelée avec Coazze (Italie) et Utrillas (Espagne).


Située à quatre kilomètres du Lot, une des plus belles rivières de France, au Nord-Ouest du département de l’Aveyron, entre Quercy et Auvergne, Decazeville vous accueille.


Fondée au XIXe siècle par le Duc DECAZES pour l’exploitation du charbon et le développement de la sidérurgie, Decazeville abritait la plus grande « Découverte » de France.


Etape sur le chemin de St Jacques de Compostelle (GR65), entre Conques et Figeac, vous y découvrirez des paysages variés, une architecture diversifiée et profiterez de nombreuses distractions.


Sur le plan de la gastronomie, ce terroir est riche de multiples saveurs.situé dans la Mecanic Vallée.


Vous allez me dire que je me transforme en agence de voyage, que je fais de la retape pour l’Aveyron.  Y’a du vrai mais ce n’est que le résultat de l’irruption d’un grand aveyronnais dans le paysage parisien du vin. Philippe Cuq officie au « Lieu du Vin » au 3 avenue Gambetta dans le 20elink


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Ce Cuq-là est un gars de Decazeville. Avant de m’attaquer à lui, si je puis me permettre cette expression qui se veut sportive, je vous propose de bien observer une photo des conscrits de Decazeville datant d’avant la Grande Guerre. Bien sûr Philippe n’y est pas présent mais vous pourrez noter 3 références vineuses sur cette photo. Si vous les trouvez je vous offre un flacon de l’Aveyron en provenance du Lieu du Vin.


 

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En effet, chez lui vous trouverez ce que vous ne trouverez nulle part ailleurs : les trésors les plus recherchés de l’Aveyron.


Des exclusivités mondiales : des fioles introuvables, de quoi épater le syndicat des naturistes révérant les vins nus  et agacer les dents de leurs opposants.


Comme son échoppe est à quelques encablures du Lapin Blanc, lieu de perdition du Taulier, l’autre soir j’y suis passé pour bavasser, mâchonner et se mettre derrière la cravate des gorgeons du nouveau de Chermette.


Mais vous commencez à me connaître faut toujours que je fouine partout, c’est mon côté Hercule Poirot, et je suis tombé nez à nez face à une fiole baptisée Vin d’Autrefois avec sur l’étiquette un chevalement de mine.


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Dans l'industrie minière, le chevalement est la structure qui sert à descendre et remonter les mineurs, ainsi que le minerai, via une cage d'ascenseur.


Faut tout expliquer à la jeunesse !


Ses racines et sa couleur

Nos racines et nos valeurs

De sang et de charbon

Ce terroir de coteaux de Cransac Aubin

Donne  à ce vin puissance et douceur

… depuis 4 générations.


Cransac c’est à deux pas de Decazeville la patrie du Philippe qui la défend et la promeut dans son lieu du vin.


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Vin de France 2012 avec en son sein 3 cépages : Mouyssaguès (cépage recommandé en Aveyron, je crois, mais je n’ai pas mon Galet me dit Philippe...) du Couderc et du 54/55.


Au seul énoncé de cépage à numéro mon cœur bat la chamade : le 54/55 était le cépage fétiche de mon maître vigneron le frère Bécot.


Il est fort ce Philippe, capable de déstabiliser votre Taulier, il ira loin ça c’est sur même que N de R a fait de sa cave sa cave de référence, dit-il.


J’achète : 9,20€.


Les vignerons ce sont Geneviève er Didier Bouscal à Cransac 12110.


Je n’ai pas encore bu le nectar : affaire à suivre sur mes lignes…

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24 novembre 2013 7 24 /11 /novembre /2013 00:09

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Où vais-je vous emmener ce matin ? Au pays du vin, des vins de Savoie bien sûr, mais comme j’adore faire des tours et des détours il va vous falloir me suivre. Vous ne serez pas déçu du voyage car il y a dans cette chronique à boire et à manger.

 

L'histoire est en 3 temps, 3 mouvements...


1-      Mercredi 13 novembre Café Salle Pleyel dégustation des vins de Savoie à l’invitation de l’Interprofession de cette région « riche de 3 AOC, 20 crus, et 23 cépages dont 7 uniques au monde ! Ces vins issus de vignes situées essentiellement sur des pentes adossées aux massifs montagnards de Savoie, Haute Savoie, Isère, Ain, et jusqu’à 500 m d’altitude, offrent une diversité remarquable : noblesse de l’Altesse, finesse de la Jacquère, structure de la Mondeuse.... »


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Avec le chef invité du jour : Jean Sulpice **, de Val Thorens et en prime Franck Merloz le Candeloro des vins de Savoie.


Bonne pioche !


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2-      Dimanche dernier 17 novembre j’aurais pu aller présenter mes civilités à Clotilde Courau, devenue par son mariage avec Emmanuel-Philibert de Savoie Son Altesse royale la princesse Clotilde de Savoie, princesse de Venise et de Piémont, puisqu’elle présidait la 153e Vente des vins des Hospices de Beaune.


Si je ne l’ai pas fait c’est que les marteaux frappeurs de Christie’s nous avaient confinés au poulailler. Je le regrette car comme l’écrivait récemment Paris-Match « La plus culottée de ses aventures fut aussi la plus déculottée, quand elle accepta, en 2010, de prendre la suite d’Arielle Dombasle sur l’estrade du Crazy Horse. Gouailleuse, canaille, coquine et aussi déjantée que le voulait la mise en scène de Decouflé, elle ne craignit pas de mimer le sexe dans tous ses états, y compris lesbien, sans aucune faute de goût. Même lorsqu’elle se mit, tentatrice en diable, à susurrer la sulfureuse romance de Colette Renard : « J’me fais sucer la friandise, j’me fais caresser le gardon, […] ramoner l’abricot… » Et ça marcha : le public fut conquis. »link

 

 

3-      Enfin, lundi 18 novembre je me suis rendu à Ménilmuche, à la Boulangerie qui n’en est plus une mais fait resto, à l’invitation des Pétavins et plus particulièrement de Raphaël Saint-Germain, pour déguster les vins de Savoie tendance bio.


Mais ce n’était pas tout, mon flirt savoyard, en ce lieu bien nommé la Boulangerie, prenait une tournure plus personnelle et sensuelle avec l’irruption du gâteau de Savoie, dénommé aussi biscuit de Savoie, sur l’écran de mes souvenirs d’enfance. Ma madeleine de Proust, « le Savoie de maman » aérien et léger comme une plume en bouche, par la grâce de mes amis savoyards me tendait les bras si je puis m’exprimer ainsi.


Telle est la belle vie que vit votre Taulier qui, loin des ronchons, des cons tout court qui sont légion dans les dégustations, s’offrait le luxe d’opérer le plus bel accord entre vin de Savoie et gâteau de Savoie. Celui  qui dit mieux lève le doigt.


 

Pour les petites louves et les petits loups au bagage culinaire anémique je signale que le gâteau de Savoie est originaire la ville de Yenne en Savoie où il a été réalisé pour la première fois en 1350. Il s'agit d'une génoise nature ou parfumée qui peut se déguster seule agrémentée de fruits, Inventé en 1358 à Chambéry par le chef pâtissier du comte de Savoie Amédée VI afin d'amadouer Charles IV de Luxembourg, le gâteau de Savoie s'est affiné depuis sa première fabrication.


Ce gâteau vous pouvez le déguster nature ou fourré à la confiture, chocolat, ou autres… Ma sainte mère le tranchait parfois en deux pour y incorporer de la confiture d’abricot. J'emprunte la photo à papilles&pupilleslink


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J’étais donc à pied d’œuvre face à un réel défi : choisir !


En effet, nos Pétavins y font tout pour m’embêter car ils font bon et de plus en plus bon année après année. Je ne dis pas ça pour faire plaisir au Patriarche Michel Grisard qui aime les feuilles de vigne et les cépages oubliés mais parce que c’est la stricte vérité. Alors pour me tirer d’affaire ne me restait plus qu’à me replier sur l’accord classique : gâteau de Savoie + bulles de Savoie ça retreignait le champ de mon choix.


Ben oui, les bulles ils connaissent mes amis vignerons savoyards, ils n’ont pas attendu de recevoir l’onction Crémant de Savoie par l’INAO pour se faire mousser. En fin 2009 chez les gars de la Contre-Etiquette qui se la pétait Ochato j’avais découvert le Mont Blanc 2005 de Dominique Belluard ce qui avait valu à mes chers lecteurs une chronique voisinant les sommets «  Le Gringet : un quasi-monopole savoyard de Dominique Belluard vigneron d’Ayze »link 


L’an dernier lors des Pétavins j’avais beaucoup aimé le Giac vin pétillant bio, le Giac’Bulles qui est une exclusivité du domaine Giachino www.domaine-giachino.fr . Boisson tendrement enivrante, voici « enfin le concurrent direct du Red Bull ! » Cépage : Jacquère  Rendement : variable... Degré : 7,5° Vinification : refermentation naturelle en bouteille et pour le Zéro 2011 cépage chardonnay; effervescent méthode traditionnelle Domaine de Soleyane, Marie-Eliane et Olivier Lelièvre www.domaine-soleyane.free.fr  (ils sont dans le Bugey) « Les vignerons savoyards en bon montagnards poursuivent leur ascension, même que le Wine Spectator en a placé un dans son top 100… »link 


Comme vous le savez peut-être je suis un fondu de la méthode ancestrale alors la gâteau de Savoie aidant je ne pouvais que m’orienter vers celui par qui la Savoie était arrivée jusqu’à moi. Qu’écrivais-je fin 2008  « La Savoie ça m’inspire quoi ? Dans l’ordre : le gâteau de Savoie de maman, léger, mousseux, où parfois elle glissait de la confiture d’abricot ; mon seul et unique séjour en colonie de vacances à St Jean de Maurienne avec les enfants de marins de l’Ile d’Yeu ; l’escalade de la Dent d’Oche où je me suis offert (sic)  la plus belle de mes rages de dents ; la chanson niaise d’Hughes Auffray « va doucement c’est tout bon » ; le festival du film fantastique d'Avoriaz l'année où de Niro était président du jury ; un roman de Patrick Modiano « Villa Triste » au bord du lac Leman ; le Reblochon et les cloches des vaches des alpages ; Alain Berger qui a été directeur de l’INAO ; Hervé Gaymard qui a été le locataire du 78 rue de Varenne à qui j’ai remis « Cap 2010 » et qui m’a donné du monsieur le Président avant de m’abandonner en rase campagne ; notre ministre actuel Michel Barnier qui est venu s’exprimer sur mon espace de liberté… Mais j’avoue, en me couvrant la tête de cendres, en battant ma coulpe, que je suis bien incapable de situer le vignoble de Savoie sur une carte de cette belle province.


Alors, lorsque j’ai reçu, via mon blog, une invitation de Raphaël Saint-Germain le message suivant «  Plutôt jeunes - ou toujours jeune ? -, nos vins nous ressemblent et nous rassemblent. Tant dans la démarche que dans le niveau de qualité produite. Et du caractère, c’est vrai ! Chacun de nous vinifie avec sa propre sensibilité, sa propre patte des Vins qui se veulent authentiques, des vins de vignerons, mais tous savoyards !


Alors…


Rencontrons nous ce lundi 24 novembre de 10h à 19h autour d'une dégustation de Savoielink


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La boucle était bouclée et « Le Petit Coquelicot » de Raphaël me tendait les bras. C’est une méthode ancestrale que la cuvée Coquelicot du domaine Saint Germain à St-Pierre d’Albigny, étonnante de fraîcheur.


Méthode | Ancestrale - Vins mousseux produits par fermentation spontanée


« Cette méthode, très délicate à maîtriser.


Elle est vraisemblablement la méthode originelle des effervescents.

1re phase :


Élaboration d'un vin de base

Technique classique de vinification blanc tranquille à demi fermenté.

2e phase :


Transformation de vin de base (vin tranquille avec sucre résiduel) en vin effervescent.


La prise de mousse s'effectue en bouteille (sucres et levures naturels du raisin s'occupent de la fermentation) sans addition de liqueur de tirage ni de liqueur d'expédition.

 

La prise de mousse s'arrête seule par épuisement des levures. Le dépôt est d'un volume insignifiant, il n'est pas éjecté. Il n'y a donc pas de dégorgement.


Dans cette méthode, le travail des levures naturelles ou sélectionnées est régulé ou stoppé par :


L'épuisement du milieu ou éléments nutritifs, le froid.


L'épuisement du milieu ou la filtration.


Après la prise de mousse (en bouteille et en cave) on vidange les bouteilles à froid pour effectuer une filtration des levures, comme avec la méthode traditionnelle, mais sans ajout de liqueur de dosage. Entretemps les bouteilles ont été rincées et sont prêtes à recevoir à nouveau leur contenu, qui a été filtré entre deux cuves iso-barométriques qui maintiennent le vin à la pression initiale. Nous avons choisi un prestataire agréé vin biologique. »


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Recette du gâteau de Savoie


Ingrédients:

- 6 blancs d'œufs

- 3 jaunes d'œufs

- 135 g de sucre

- 75 g de farine tamisée

- 30 g de fécule

- 2 gousses de vanille


Ustensiles:

Moule à gâteau de Savoie ou moule à manquer


Temps:

Préparation : 10 min – Cuisson : 20 min

Préchauffer le four à 180°C.


1°/ Beurrer et sucrer le moule

2°/ Séparer les blancs des jaunes

3°/ Blanchir le jaune d'oeuf avec le sucre, gratter les gousses de vanille puis y incorporer la farine et la fécule.

4°/ Monter les blancs d'œufs en neige

5°/ Mélanger délicatement les bancs d'œufs à la préparation précédente

6°/ Cuire à 180°c pendant 20 min (vérifiez la cuisson avec un couteau pointu).


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Petite sélection pétavinesque du Taulier


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COLETTE RENARD LA NUIT D'UNE DEMOISELLE par ESTETTE

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23 novembre 2013 6 23 /11 /novembre /2013 00:09

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Avant-hier les loups ne sont pas entrés dans Paris avec leurs gros tracteurs, ils s’en sont repartis la queue basse vers leurs mornes plaines lourdement primées. Faisait un temps à se taper une choucroute généreusement garnie et à suivre le conseil de l’ami Jean-Mimi l’exilé de Paris «  Comme la choucroute est un plat léger, je suggère de lui faire la trace avec une tartine de rillettes de Tours, puis, une fois la choucroute ingurgitée, de la pousser avec une rigotte de Condrieu. Ces deux gourmandises viennent en effet d'obtenir l'IGP. Tant mieux. Avec les rillettes, un sauvignon ou un gamay (de Touraine of course) feront l'affaire. Quant à la rigotte condriote, je ne vous fais pas un dessin ? Appétit ! »


Faisait donc un temps de nez gelé, il fallait se réchauffer, mettre des calories dans le carburateur avec les primeurs. Seul le vieil Empereur issu du Gamay du Beaujolais, revenu de son Sainte-Hélène médiatique, a le droit de se parer de la couronne de vin nouveau, les autres, pauvres manants se contentant de se glisser dans son sillage pour espérer se faire boire en ce troisième jeudi du mois de novembre.


« Libérez, nos camarades ! » braillions nous en un mois de mai plus riant. C’est une revendication radicale je la reprends pour le compte de tous ces jeunes vins pour animer cette soirée en pente douce dans un Paris où les pavés ne sont plus qu’un lointain souvenir.


Comment Lilian Bauchet, vigneron en Beaujolais «  Je suis un peu nostalgique de cette époque où le Beaujolais Nouveau se consommait « à même » le fût, c'est bien comme ça qu'il est le meilleur, les vignerons peuvent en témoigner et il est bien dommage qu'il faille maintenant contenir la fougue de sa jeunesse dans ce carcan de verre qu'est la bouteille. Sans compter qu'il faut le soumettre aux agréments où le gaz, le sucre, l'absence de fermentation malolactique, la présence de lie sont sanctionnées comme autant de défaut quand il ne faudrait y voir que l'expression  de sa jeunesse qui fait tout le charme des vins de primeurs... »


Au cul de la barrique, à la pipette, dans des verres en Duralex bien culottés, sous la lumière jaunasse d’une ampoule où se croisent les filandres des toiles d’araignée. Ça c’était la Vendée crottée et profonde où le vin nouveau collectionnait les déviances. De nos jours, le vin nouveau ça se boit chez les cavistes. Alors quand sonna l’heure de la fin de journée de labeur votre serviteur se couvrit en oignon et enfila sa canadienne cuir de pilote d’avion pour affronter son parcours du combattant de la juste cause du vin nouveau. Pédestrement d’abord pour joindre la rue Daguerre, la cave des Papilles link, puis dans les boyaux du métro, pas de vélo car il est en ce moment chez le mécano, pour rejoindre le 20e où le camarade Philippe Cuq, le nouvel ami de N de R, qui vient d’ouvrir son « Lieu du vin »link rue Gambetta. Dernière station de mon chemin en pente douce le Lapin Blanc link en haut de Ménilmontant pour  savourer le risotto forestier de notre très chère Claire aux doigts de fée.


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Mettre des mots sur ma pente douce serait de trop, vous vous contenterez de mes photos. Tout ce que je puis vous concéder c’est que j’ai bu bon, même du très bon. Bien sûr je pourrais accorder des mentions à certains des vins mais comme ce n’est pas écrit Wine Spectator sur mon front je préfère ni voter blanc, y’avait un muscadet primeur, ni m’abstenir. Une double exception le côtes-du-rhône primeur de Marcel Richaud et le Beaujolais Villages Primeur de Raphaël Champier. Pour plus de renseignements je vous conseille de vous adresser à Jean-Christophe Clément linkqui lui est un excellent dégustateur.


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Au Lapin Blanc, denier repaire ou repère de la soirée, voilà t’y pas que notre Eva link, tout de bleu vêtue, se pointa avec Jean-Christophe Clément, Philippe Cuq et Stéphane Couturier link, alors qu’avec Renaud Vuillermet link nous nous délections de l’excellent Beaujolais Nouveau l’Ancien de l’ami Jean-Paul Brun. Belle fin de cette soirée en pente douce où les solides : le saucisson, le Saint-Nectaire et le Bleu d'Auvergne de Stéphane Couturier chez Philippe Cuq  puis le risotto forestier de Claire comme les liquides furent à la hauteur de notre excellente descente.


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Mais comme les meilleures choses ont une fin, et que le dernier métro n’attend pas, Eva et moi dévalions la rue de Ménilmontant pour l’attraper. À Nation séparation et pour moi la ligne 6 se fermait devant mon nez. Suis rentré en taxi heureux comme un ravi.


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22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 00:09

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Le classement du  WS a 25 ans et selon les rédacteurs un nouveau facteur a été pris en considération par eux le «facteur X», l’excitation.


Qu’était-ce donc ?


J’écrivais le 13 novembre, avant que le Top 100 2013 ne fût dévoilé :


« Sortir des « sentiers battus » disent-ils ?

Verrons-nous des vins nature apparaître dans le Top 100 ? »


Tout juste et bien sûr le sieur Pousson est monté sur son petit canasson pour pourfendre les affreux ricains : « L’Amérique se met au naturisme »link


« Pardon, promis, je ne le referai plus. Je sais, ce titre est un rien "survendeur". Michel B., pas de panique! Que les gardiens de l'orthodoxie se rendorment, Uncle Bob, votre poteau, ne s'est pas déchiré la tête hier soir en sniffant cinq bouteilles d'On s'en bat les couilles, histoire de se mettre en jambes avant le beaujolais nouveau. Non, non, rassurez-vous, New-York, ce n'est pas l'Amérique. Et encore, New-York, c'est vaste…


N'empêche, c'est tout un symbole (je connais quelques naturistes qui vont déboucher un pet'nat'), le Wine Spectator a fait entrer un vigneron alternatif dans son classement annuel, annoncé ce soir dans son intégralité. Oh, pas en pole position, ni même dans le Top Ten que je commentais vendredi, juste en 76e place (mais quand même huit places devant le rosé Miraval de Brad Pitt et Angelina Jolie…). Et le vin dont il est question, c'est le morgon de Lapierre, sans qu'il soit précisé de quelle cuvée il s'agit. »


Pas de chance pour notre chantre des terroirs profonds car la presse n’a retenu que « LE VIN PRODUIT PAR BRAD PITT ET ANGELINA JOLIE ÉLU « MEILLEUR ROSÉ DU MONDE » Le people c’est plus vendeur que les étiquettes couillues de Siné. Toute la sainte journée de mercredi y’en a eu que pour le vin d’Angelina Jolie. Encore un coup de Tapie pour plaire aux Provençaux.


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Tout ça pour dire que les gars du Wine Spectator, comme depuis l’origine, surfent sur la tendance pour drainer des petits lecteurs vers leur papier glacé. Depuis 2007 je suis le classement du Wine Spectator’s link link link link link non pour sa valeur intrinsèque, car il mélange des choux et des navets mais pour la tendance qu’il révèle de la vision du marché mondial des vins qu’ont nos collègues américains.


En 2010 je titrais : un bel exemple de l’isolationnisme américain en temps de crise et 2011 l’impérialisme américain persiste et signe. Le classement de 2012 fait un large retour  sur les tendances et les équilibres anciens. Il confirme la déflation des prix. En 2013 c’est la consolidation de ces tendances.


Entre le Vieux Monde et le Nouveau Monde la balance penche toujours très légèrement en faveur du premier 52 vins/48 contre 54/46 en 2012.


Entre les USA et la France le fléau penche toujours du côté des premiers malgré un léger repli des 2 compétiteurs : 34 vins/18 contre 31/22  en 2012.


Cependant la France marque le pas dans la qualité du classement de ses vins :


-          1 seul vin dans le Top 5 même s’il est second contre 3 en 2012

-          3 vins dans le Top 10 contre 4 en 2012

-          4 vins dans le top 20 contre 6 en 2012

-          8 vins dans le Top 50 contre 13 en 2012

-          5 vins entre la 88e place et la 99e


Les USA s’en tirent beaucoup mieux :


-          3 vins dans le Top 5 contre 1 en 2012

-          5 dans le Top 10 contre 3 en 2012

-          8 dans le Top 20 contre 9 en 2012

-          18 dans le Top 50 contre 15 en 2012

 

Le vin le plus cher est Français Château d'Yquem Bordeaux White Y 2011           94           $n150 mais la catégorie des + de 100 $ ne regroupe que 11 vins donc la déflation des prix se confirme : 4 vins français, 4 USA, 2 Italiens et 1 argentin.


Le gros du peloton 53 vins se situe entre 20 et 50 $ : 13 US, 10 France, 9 Italiens, 5 Espagne…


A noter que l’Espagne qui occupe pour la première fois la plus haute marche avec Cune Rioja Imperial Gran Reserva 2004                95           $63 est la championne des prix bas avec le reste de ses vins classés : 4 dans la catégorie des 10 à 20 $.


Le vin le moins cher est Italien et se classe bon dernier 100e    Badia a Coltibuono Toscana Cancelli 2011            90           $10. En 2012 le plancher des 10$ avait été franchi avec Folorani Chianti 2010 à 9$.


La France place ses vins dans toutes les catégories :


-          10 à 19 $   1 Château du Retout Haut-Médoc 2010           91           $18

-          20 à 49 $  10 vins

-          50 à 99 $  3 vins

-          Plus de 100 $ 4 vins

 

La Vallée du Rhône avec 2 vins dans le Top 10

n° 7         Domaine du Pégaü Châteauneuf-du-Pape Cuvée Réservée 2010                97           $ 120 

et le n° 8       Château de Beaucastel Châteauneuf-du-Pape 2010      96           $120 $

est tout de même en net retrait par rapport à 2012 avec 4 vins classés contre 7 en 2012.


Le replacement de Bordeaux se confirme avec 6 vins comme l’an dernier dont le second sur le podium Château Canon-La Gaffelière St.-Emilion 2010     96           $103 déjà présent l’an passé en n°23 Château Canon-La Gaffelière St Emilion 2009 95$.

 

Stéphane Derenoncourt avec  la 28e place de son Domaine de l'A Castillon Côtes de Bordeaux 2010  n°93           $34 touche les dividendes de son passage à l’acte.

 

1 liquoreux en n° 45              Château Doisy Daëne Barsac 2010           94                $58

 

et le n° 98   du petit blanc de Château d'Yquem Bordeaux White Y 2011          94           $150


Le champagne fait pavillon bas avec le n°88 de Pierre Paillard Brut Champagne NV        92           $48 et le  n° 97  de Louis Roederer Brut Champagne 2006              94           $78


La Bourgogne fait de même avec 2 représentants le n° 78          J.J. Vincent & Fils Pouilly-Fuissé Marie-Antoinette 2011                90           $25      

 

et   le n° 99 Pierre-Yves Colin-Morey St.-Aubin La Chatenière 2011 92           $48  

      

Le beaujolais pointe son nez avec le N°76          M. Lapierre Morgon 2011            91           $30

 

ainsi que le Jura avec le N° 75                du Domaine Overnoy-Crinquand Arbois Pupillin Vieilles Vignes 2009     93           $49 


La Provence se fait de la pub à pas cher avec le n° 84     de Jolie-Pitt & Perrin Côtes de Provence Rosé Miraval 2012       90                $28


Cahors avec le n° 40       du Château de Haute-Serre Malbec Cahors White Label 2010   92           $24 se place bien.


Exit la Loire, l’Alsace, le Languedoc-Roussillon.

 

1             Cune Rioja Imperial Gran Reserva 2004                95           $63         Sp


2             Château Canon-La Gaffelière St.-Emilion 2010  96           $103      Fr


3             Domaine Serene Pinot Noir Willamette Valley Evenstad Reserve 2010 95           $65         USA


4             Hewitt Cabernet Sauvignon Rutherford 2010    95           $92         USA


5             Kongsgaard Chardonnay Napa Valley 2010         95           $75         USA


6             Giuseppe Mascarello & Figlio Barolo Monprivato 2008  95           $110      It


7             Domaine du Pégaü Châteauneuf-du-Pape Cuvée Réservée 2010           97           $120 Fr  

              

8             Château de Beaucastel Châteauneuf-du-Pape 2010      96           $120      Fr


9             Lewis Cabernet Sauvignon Napa Valley Reserve 2010   96           $135      USA


10           Quilceda Creek Cabernet Sauvignon Columbia Valley 2010         95           $135      USA


11           Reynvaan Syrah Walla Walla Valley Stonessence 2010   98           $70         USA


12           Turley Zinfandel Paso Robles Dusi Vineyard 2011            95           $42 USA 

             

13           Croft Vintage Port 2011                97           $93         Port


14           Bedrock The Bedrock Heritage Sonoma Valley 2011       95           $37         USA


15           Olivier Ravoire Gigondas 2011   94           $33 Fr


16           G.D. Vajra Barolo Albe 2008       94           $42         It


17           Alexana Pinot Noir Dundee Hills Revana Vineyard 2010                94           $42        USA


18           Poggerino Chianti Classico 2010                93           $25         It


19           Hamilton Russell Chardonnay Hemel-en-Aarde Valley 2012       93           $33         RSA


20           Chateau Dereszla Tokaji Aszú 5 Puttonyos 2007               95           $40 Hongrie       

   

21           Le Macchiole Bolgheri 2011        93           $30         It


22           La Rioja Alta Rioja Viña Ardanza Reserva 2004   94           $35         Esp


23           Seghesio Zinfandel Dry Creek Valley Cortina 2010           94           $38         USA


24           Livio Sassetti Brunello di Montalcino Pertimali 2008        94           $55   It


25           Epoch Estate Blend Paderewski Vineyard Paso Robles 2010       93           $40         USA


26           Álvaro Palacios Priorat Les Terrasses Velles Vinyes 2011              93           $40 Esp


27           Spring Valley Uriah Walla Walla Valley 2010        94           $50         USA


28           Domaine de l'A Castillon Côtes de Bordeaux 2010           93           $34         Fr


29           R. López de Heredia Viña Tondonia Rioja White Viña Gravonia Crianza 2003 93 $36 Esp


30           Lagier Meredith Syrah Mount Veeder 2010        94           $48         USA 


31           Patz & Hall Pinot Noir Carneros Hyde Vineyard 2010      95           $65         USA 


32           Bodegas Hidalgo Gitana Manzanilla Jerez La Gitana NV 91           $19         Esp 


33           Ravines Riesling Finger Lakes Dry 2012  91           $17         USA


34           Bodegas Valdemar Rioja Inspiración Selección 2010       91           $20         Esp


35           Château du Retout Haut-Médoc 2010   91           $18         Fr


36           Bodega Norton Malbec Mendoza Reserva 2011               92           $20         Argentine


37           Quinta do Passadouro Douro 2010          91           $25         Port


38           Mollydooker Two Left Feet McLaren Vale 2011                92           $25         USA


39           Viña Herminia Rioja Excelsus 2009           93           $18         Esp


40           Château de Haute-Serre Malbec Cahors White Label 2010          92           $24 Fr


41           Red Heads Studio Shiraz McLaren Vale Barrel Monkeys 2011     91           $20         Australie


42           Altos Las Hormigas Malbec Uco Valley Reserve2011       91           $24         Argentine


43           Godelia Godello Bierzo Selección 2010  91           $14 Esp


44           Viña Koyle Carmenère Colchagua Valley Royale 2010    91           $26         Chili


45           Château Doisy Daëne Barsac 2010           94           $58         Fr


46           Beringer Cabernet Sauvignon Knights Valley Reserve 2010         94           $60         USA


47           Viña Santa Rita Triple C Maipo Valley 2008          93           $40         Chili 


48           Greywacke Pinot Noir Marlborough 2011            93           $39         NZ


49           Failla Chardonnay Sonoma Coast 2011  92           $34         USA 


50           COS Cerasuolo di Vittoria Classico 2010 92           $35         It


51           Charles Smith Riesling Columbia Valley Kung Fu Girl Evergreen 2012      90           $12 USA 


52           Paringa Shiraz South Australia 2010        90           $11         Australie


53           Domäne Wachau Riesling Federspiel Trocken Wachau Terrassen 2011  90           $13         All


54           Honig Cabernet Sauvignon Napa Valley 2010     93           $45         USA


55           A to Z Wineworks Pinot Noir Oregon 2011          90           $18         USA


56           Robert Eymael (Mönchhof) Riesling QbA Mosel 2011    90           $17         All


57           L'Ecole No. 41 Syrah Columbia Valley 2010          91           $25         USA


58           Avignonesi Vino Nobile di Montepulciano 2010                91           $29         It


59           Donum Pinot Noir Carneros 2010            95           $72         USA


60           Astrolabe Pinot Noir Marlborough Province 2010            92           $28         NZ


61           Produttori del Barbaresco Barbaresco 2007        92           $38         It


62           Concha y Toro Syrah Buin Marqués de Casa Concha 2010            91           $22         Chili


63           Hourglass Merlot Napa Valley Blueline Vineyard 2010   94           $75         USA


64           Rodney Strong Cabernet Sauvignon Alexander Valley Rockaway Single Vineyard 2010 94           $75         USA


65           Joh. Jos. Prüm Riesling Spätlese Mosel Graacher Himmelreich 2011       93           $42         All


66           Macarico Aglianico del Vulture Macari'2007        92           $25         It


67           Natacha Chave Crozes-Hermitage Aléofane 2010            92           $35 Fr


68           Chateau Ste. Michelle Sauvignon Blanc Horse Heaven Hills Horse Heaven Vineyard 2012 USA 90           $15   

     

69           Boutari Naoussa 2009    90           $18 GRECE  

       

70           Marcassin Pinot Noir Sonoma Coast Marcassin Vineyard 2007   96           $125      USA


71           Ashbourne Sandstone Hemel-en-Aarde Valley 2008     93           $25         RSA


72           Shafer Relentless Napa Valley 2010        95           $72         USA


73           Achával-Ferrer Malbec Mendoza Finca Mirador 2011    96           $125      Argentine


74           Lucia Pinot Noir Santa Lucia Highlands Garys' Vineyard 2011       93           $55         USA


75           Domaine Overnoy-Crinquand Arbois Pupillin Vieilles Vignes 2009           93           $49  Fr


76           M. Lapierre Morgon 2011            91           $30         Fr.


77           Dehlinger Syrah Russian River Valley Goldridge 2010     92           $40 USA     

         

78           J.J. Vincent & Fils Pouilly-Fuissé Marie-Antoinette 2011               90           $25         Fr


79           Ken Wright Pinot Noir Yamhill-Carlton District Savoya Vineyard 2010     93           $55 USA   

           

80           Querciabella Maremma Toscana Mongrana 2010            90           $22         It


81           Quinta do Crasto Douro Reserva Old Vines 2010              93           $47         Port


82           Mamete Prevostini Valtellina Superiore Sassella 2009   91           $30         It


83           Caymus Cabernet Sauvignon Napa Valley Special Selection 2010             96           $130      USA


84           Jolie-Pitt & Perrin Côtes de Provence Rosé Miraval 2012             90           $28         Fr


85           Wynns Coonawarra Estate Cabernet Sauvignon Coonawarra Black Label 2010  91           $35 Australie


86           Fontanafredda Barolo La Rosa 2008        95           $96         It


87           Graham Tawny Port 20 Year Old NV       93           $60         Port


88           Pierre Paillard Brut Champagne NV        92           $48         Fr


89           Raymond Cabernet Sauvignon Napa Valley Generations 2009  95           $100      USA


90           Carlisle Zinfandel Napa Valley Hayne Vineyard 2011       93           $48         USA


91           Mastroberardino Taurasi Radici Riserva 2006     94           $75         It


92           Château Larcis Ducasse St.-Emilion 2010              94           $90         FR


93           A.A. Badenhorst Family Swartland 2009               92           $42         RSA


94           Schiavenza Barolo Prapò 2009   94           $60         It


95           Bodegas Alto Moncayo Garnacha Campo de Borja 2010               92           $45         Esp


96           Altesino Brunello di Montalcino Montosoli 2008              95           $120      It


97           Louis Roederer Brut Champagne 2006  94           $78         Fr


98           Château d'Yquem Bordeaux White Y 2011          94           $150      Fr


99           Pierre-Yves Colin-Morey St.-Aubin La Chatenière 2011 92           $48         Fr


100         Badia a Coltibuono Toscana Cancelli 2011            90           $10  It

 

USA 34

France 18

Italie 16

Espagne 9

Portugal 4

Australie 3

Allemagne 3

Chili 3

Argentine 3

RSA 3

NZ 2

Grèce 1

Hongrie 1



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21 novembre 2013 4 21 /11 /novembre /2013 00:09

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En notre vieux pays cocardier et ronchon, on adore brûler ce que l’on a beaucoup aimé ou passer en l’espace d’une soirée du désamour à l’adulation : Shako était ivre de bonheur titrait la presse, un revenant héros de la soirée ce petit parigot exilé par un PSG plein de blé. En 90mn les bleus aux pieds carrés, vilipendés, passaient de l’opprobre à la lumière, Marseillaise entonnée et Champs Elysées bloqués par les supporters de trois pays qualifiés : Algérie, Portugal, France. Fraternité des supporters agitant leurs drapeaux, un coup de pied au cul de la Marine. Je n’ai pas regardé le match mais pourquoi bouder cette ferveur populaire. Bien sûr, la foule est versatile, elle vole au secours de la victoire comme elle piétine les vaincus. Paris, en des temps bien plus lourds, ceux de l’Occupation, à quelques mois d’intervalle, voyait des foules identiques battre le pavé pour le vieux Maréchal puis pour le Général libérateur.


Certes comparaison n’est pas raison mais le désamour dont a souffert ces dernières années le Beaujolais Nouveau, longtemps érigé en réussite économique absolue, donné en exemple, relève du même penchant national à s’emballer dans un sens ou dans un autre et d’effectuer des virages à 180°. Ce qui est sûr c’est que lorsqu’on se laisse emporter par le succès, qu’on se laisse aller à la facilité, le risque est grand de recevoir en retour le désamour des consommateurs. Pour autant, mettre tout le monde dans le même sac, cracher sur les succès passés, jeter au ruisseau tout le Beaujolais Nouveau participe d’une forme de masochisme collectif qui nuit à ceux des vignerons qui travaillent bien et qui sont ceux qui sont à l’origine de la renaissance de cette sympathique appellation. En son temps, en mars 2010 précisément, lorsque les difficultés s’amoncelaient, j’avais lancé l’opération « Grand Corps Malade » pour soutenir le moral en berne des vignerons du Beaujolais.


J’écrivais :

 

« Au tout début de février j’ai reçu dans ma boîte aux lettres ce message d’un de mes lecteurs : « Je suis fils de viticulteurs, petit viticulteur du Beaujolais, métayer, donc loin des grandes dynasties Bourguignonnes. Malgré tout, je suis un amoureux de ce terroir, mais pour être franc je ne vois pas comment le sortir de cette crise qu'il connait. Mon père n'a de cesse de me dire chaque jour que le Beaujolais est perdu et qu'il vaut mieux vendre du Bourgogne ou du Champagne, et je trouve cela très triste. » Et de conclure :


« Je viens vers vous aujourd'hui pour avoir votre avis d'amoureux du vin et surtout de professionnel du vin sur l'avenir de ce Beaujolais, quel est votre point de vue sur sa situation ? » link 


Mais en ce jour de libération du Beaujolais Nouveau laissons de côté les problèmes et intéressons-nous à ce qui fut à la base de son succès planétaire : LA FÊTE. Se retrouver, rigoler, trinquer, refaire le monde, et Dieu sait qu’il en a besoin, arrêter de broyer du noir, lever le coude, sans chichis, boire quoi ! Les bonnes ondes reviennent, même si les temps sont durs, pour le Beaujolais Nouveau c’est le grand retour aux origines, à chaque coin de rue de Paris ce sera aujourd’hui un petit coin de paradis.


Pour donner du champ à mes petites histoires, afin de ne pas ignorer l’Histoire tout court, je vous propose de lire le témoignage de pépés flingueurs du Beaujolais, des pépés du vignoble qui portaient beau leurs 80 balais dans les années 90. Ils sont aujourd’hui disparus mais leur vie perfusée au jus de Gamay porte témoignage de ce que fut le beaujolais au temps héroïques.


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Louis Savoye


« Chez nous, on est vigneron sur la côte de Py à Villié-Morgon depuis  1852. Finalement je suis passé du vigneronnage à la propriété et j’ai toujours fait du morgon. Encore qu’à mes débuts c’était plutôt du primeur de morgon, le primeur de la Toussaint plus bourru  que primeur. Avec Aucœur, un voisin sis aux Rochots, mon cadet qui dépasse à peine les 80 ans, on portait de toute urgence aux cafetiers de Lyon, nos barriques encore en fermentation. Le vin toujours sur ses lies, on le touillait an chemin pour chasser le CO2, le gaz carbonique. À l’arrivée, le vin déposait un rien, bousculé par un cafetier pressé de remplir des pots que la clientèle altérée se dépêchait de vider.


Ce primeur avait de la personnalité, il morgonnait du bout des lèvres, il nous donnait regret, les bonnes années, de ne pas le garder à vieillir confortablement. Mais l’image de marque du beaujolais, invendable autrement qu’en vin de café à boire sitôt fait, a longtemps coupé court à nos velléités d’abandonner le style primeur pour passer au style cru. Cela pouvait se tenter au Moulin-à-Vent historiquement reconnu comme le rival du bourgogne, ou bien dans quelques domaines de Juliénas, Chenas, Fleurie… et encore. Mais pour nous, c’eut été un risque financier que nous ne pouvions assumer à l’époque. Heureusement, d’autres mieux nantis ou simplement plus audacieux l’ont tenté et réussi. Grâce leur soit rendue, nous leur devons, au moment des AOC, en septembre 1937, notre rang de cru beaujolais. Je me souviens qu’à l’époque, on nous avait octroyé 40 hl à l’ha de production, nous pensions ne jamais les atteindre. 30, 32 hl/ha nous paraissaient le bout du monde, l’opulence ! Entre nous vignerons, on se disait : - y sont fous dans les bureaux, mais laisse donc, avec ça on sera tranquille ! Maintenant à moins de 50, 60 hl/ha on pleure misère. Il faudrait que les jeunes se raisonnent, mieux vaut pour garder son âme, 50 hl/ha bons et bien faits plutôt que 65 médiocres bon an mal an. De mon temps, le problème du bon vigneron n’était pas de produire à tout va, mais de vendre à juste prix des vins soignés. »


Jean Desmures (80 ans 5,5 ha de vignes émiettés en 24 parcelles)


« J’ai toujours fait du chiroubles, d’abord comme vigneron à mi-fruits et puis dix ceps par ci, dix ceps par-là, j’ai bâti mon vignoble. Pour le fils, j’aimerais que ça grandisse encore un peu, mais la vigne est chère dans le secteur. De mon temps les enfants naissaient à la maison ou dans les Charités de Beaujeu ou de Belleville. Gamin, je commençais la journée aux aurores, à travailler dans les vignes, puis je filais à l’école. Le vin, aléatoire, ne suffisait pas à nourrir la famille, on faisait la soudure grâce aux vaches… et la culture des gros navets ! Les fameux navets de Chiroubles, plus recherchés alors que notre vin. J’ai passé plus de temps à labourer et traire qu’à tailler. Les choses ont changé quand les enfants ont commencé à naître à Mâcon ou Villefranche dans les hôpitaux et les cliniques spécialisées. Le vin du Beaujolais devenait à la mode. Vers 1967 j’ai vu arriver à l’improviste Georges Duboeuf avec qui je faisais souvent affaire, accompagné d’un M. Lichine… celui-là quel dégustateur, il m’a tout pris. Depuis chez moi, on travaille sinon dans l’opulence, du moins dans la tranquillité, Duboeuf m’embouteille et quand le vin est bon – chez moi c’est toujours bon – il m’en donne un bon prix. »


Louis Desmuls (85 ans habitué à vivoter sur ses 2,5 ha entre Durette de haut et Régnié de bas)


« Autrefois, Lyon et saint6Etienne buvaient tout en primeur, les cafetiers n’étaient pas généreux. Heureusement, on avait les vaches pour la soupe, et le vin, quand ça venait, pour le lard de la soupe. En 1930, j’ai fait en tout sept pièces (de 225 litres) pour vivre, la misère. Pendant quarante ans de mi-février à mi-juillet, c’était les travaux forcés de la taille, de l’échaudage, et tout le reste. Maintenant je ne vois pour ainsi dire personne dans les vignes, les temps ont bien changé ! Pour moi tout a basculé vers 1947, avec l’arrivé du chèque chez le paysan. Ça nous a obligés à l’organisation dans l’exploitation, ce que vous appelez la planification. Le vin s’en est ressenti en mieux. Il le fallait bon pour le vendre aux échéances de la banque… »

Extrait  de Beaujolais vin du citoyen par Henri Elwing chez JC Lattès

 

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18 novembre 2013 1 18 /11 /novembre /2013 00:09

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J’adore cette Brève de comptoir de Jean-Marie Gourio.

 

Ayant reçu le sacrement du baptême dans les fonds baptismaux de l’église Saint-Jacques de la Mothe-Achard mon premier grand voisinage avec l’eau fut avec de « l’eau bénite ». Celle-ci  m’a accompagnée pendant toute ma campagne d’enfant de chœur où j’étais souvent porteur du petit seau dans lequel trempait le fameux goupillon. "ASPERGES ME DOMINE"


Quitte à paraître un affreux impie, mais c’est la faute de mon père qui s’en moquait, et aussi de mon passé d’enfant de chœur jureur, « la grenouille de bénitier » représentait pour moi la quintessence de l’hypocrisie dévote.


Un peu plus tard il y eu, pour désigner les cathos de gauche, une autre expression qu’affectionnait la bourgeoisie rurale « des poissons rouges barbotant dans de l’eau bénite »


L’eau jusqu’à l’irruption de l’eau minérale en bouteille n’avait pas très bonne presse. Même que l’eau avait la réputation de rendre l’homme efféminé, tandis que le vin le viriliserait.

 

Ça ne vous rappelle rien ?


« Les femmes qui préfèrent le vin naturel ont probablement tendance à être plus créatives, que ce soit sexuellement ou intellectuellement » Alice Feiring.


Les plus belles plumes de ce temps n’y allaient pas à coup de périphrases.


Bref florilège :


« L’eau est un liquide si dangereux, qu’une goutte d’absinthe suffit à la troubler » Alfred Jarry.


« J’ai toujours remarqué que les gens faux sont sobres, et leur grande réserve de table annonce assez souvent des mœurs feintes et des âmes troubles » Jean-Jacques Rousseau dans la Nouvelle Héloïse.


Le divorce est total « Le buveur d’eau est souvent un militant antialcool. Son choix se porte sur le rejet des spiritueux ou celui de tous les alcools ; il devient abstinent ou tempérant, un peu comme dans le monde de l’alimentaire coexistent les végétariens et les végétaliens. » Didier Nourrisson.


Bien sûr pendant mes jeunes années j’ai connu dans ma vieille Vendée fortement alcoolisée cet affrontement larvé entre les deux camps alors qu’à la maison on me permettait de mettre beaucoup d’eau dans mon peu de vin. Les pochtrons faisaient partie du paysage et ma génération fut une génération ni-ni, ni sobre, ni grosse buveuse dans une forme d’esthétisme qui déboucherait dans les années 80 vers un goût prononcé pour le bon vin. Génération de jouisseurs dit-on que ces baby-boomers soixante-huitard faisait leur la maxime de Chamfort : « Jouis et fais jouir, sans faire de mal ni à toi, ni à personne, voilà je crois, toute la morale.  »


Revenons au temps présent avec Didier Nourrisson « Le buveur oscille désormais entre le cru et la cuite. À la suite d’une longue fréquentation des boissons, il est devenu gourmet ou glouton, amateur ou ivrogne. Le poète Paul Verlaine, dans Jadis et Naguère, avouait « je bois, non pour boire, mais pour me saouler. » Au XXIe siècle, cette pensée d’excès occupe encore sans doute bien des consciences. Mais le comportement individuel est aujourd’hui condamné pour déviance sociale. Lui succède une attitude collective d’enivrement que François Villon n’aurait peut-être pas désavouée : il faut bien que jeunesse se passe. »


Il est souvent reproché aux réseaux sociaux, à juste titre souvent, de se moquer de tout mais comme l’écrivait Érasme « Rire de tout ce qui se fait ou se dit est sot, ne rire de rien est imbécile. »


Alors ce matin puisque « L’humour renforce notre instinct de survie et sauvegarde notre santé d’esprit. », c’est l’avis d’un expert Charlie Chaplin je vous offre deux grands classiques sur l’eau et le vin :


1-      Bourvil « L'eau ferrugineuse »


2-      « Je suis sous » dans la version d’Arno


Bourvil L'eau ferrugineuse - sketche par lemataf

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16 novembre 2013 6 16 /11 /novembre /2013 00:09

Bon, vous commencer à me connaître, l’autre jour j’ai charrié un chouïa les affiches un peu guindées des Fiefs Vendéens de l’ami Jérémie Mourat link, mais lorsque avec l’autre Jérémie, Huchet du Muscadet, ils me font le coup du lapin de 6 semaines, je fonds comme du bon beurre salé de notre Vendée pour une fricassée de lapin chasseur et la comptine que je chantais, avec les gestes, à ma fille, le soir avant qu’elle ne s’endorme, me tourne dans la tête.


« Dans sa maison, un grand cerf

Regardait par la fenêtre

Un lapin venir à lui

Et frapper ainsi :

« Cerf, cerf, ouvre-moi

Ou le chasseur me tuera ! »

« Lapin, lapin, entre et viens

Me serrer la main ! »


J’éviterai après cette évocation de faire référence au « lapin chasseur » dans le genre accord Mets&Vins. Ce serait une transition trop facile pour vous attirer, non pas dans un terrier ou un clapier mais du côté du Lapin Blanc sur les hauteurs de Ménilmontant.link


En effet, en loucedé, bouteille planquée sous le manteau, j’ai ce jeudi soir, 14 novembre, régalés quelques naturistes survitaminés aux levures indigènes et non sulfités, d’un petit nouveau dans la cour des naturistes : Le Lapin de 6 semaines des Bêtes Curieuses.


Oui, ne tombez pas sur le cul, tenez-vous à la rampe, la Vendée se convertit au vin nature par l’entremise de nos deux galopins géniteurs des Bêtes Curieuses (voir leur CV ICI link )


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Oui, oui, oui, ce Lapin des 6 semaines c’est un Muscadet Nature, du jus de raisin juste récolté, fermenté et mis en bouteille 6 semaines après. Bien sûr c’est du 100% Melon de bourgogne issu de jeunes vignes de la parcelle  « La Garenne ». Ce vin nu répond aux normes de la charte des vins naturels.


Nos deux Jérémie, sans peur et sans reproche, affichent la couleur en prévenant « Attention vin vivant » : sûr que ça va faire jaser dans la Haute-Vendée, c’est presqu’un péché mortel, mais que les deux malandrins se rassurent je leur donne l’absolution.


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En fait c’est moi qui aurais pu me faire embarquer par la patrouille des gabelous puisque ce Muscadet Primeur n’a son bon de sortie que pour le  21 novembre au prix public de 6€. Il faut vivre dangereusement pour porter haut le flambeau du renouveau du Muscadet.


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La notoriété, quand on est « petit » et pas trop de sous ou un peu malmené comme le Muscadet, ça se construit ou reconstruit avec des petits cailloux, des liens qui sont le bouche à oreilles moderne, plutôt qu’avec de la réclame qui demande de gros moyens.


Comme le disait Alfred Capus* « L’humour est une disposition d’esprit qui fait qu’on exprime avec gravité des choses frivoles et avec légèreté des choses sérieuses. »


  •  Ne pas confondre Alfred Capus journaliste, romancier et dramaturge français (25 novembre 1857- 1er novembre 1922) et le sénateur Joseph Capus (18 août 1867- 1er mai 1947) l’idole de Patrick Baudouin.

 

Bien oui on peut faire avec sérieux des vins nature et en parler avec légèreté car la vérité est au fond des verres.


Bravo les 2 Jérémie continuez à nous régaler, tous les goûts sont dans la nature alors pourquoi pas le vin nature !

 

Test probant au Lapin Blanc : le petit nouveau des 2 Jérémie a été plus qu'apprécié, descendu  sans sommation, un vrai régal que ce jeune Muscadet frais, vif et d'une belle tenue pour un gamin de 6 semaines. Un seul cri où trouve-t-on ce lapin à Paris et ailleurs bien sûr ?

 

Sortie officielle le jeudi 21 novembre 2013


Où goûter Le Lapin ?

 

35 - Ille et Vilaine

Confidences des vignobles à Rennes

Cave de la madeleine à St Malo

Aux fruits du castel à Chateaugiron

 

44 - Loire Atlantique

Le plan B à Nantes (www.planbnantes.com)

Cavavin (journée Lapin) de Rezé, Thouaré sur Loire

& Saint Herblain

 

49 - Maine et Loire

Mail Restaurant à Angers (dégustation à partir de 19h)

 

72 - Sarthe

Bistrot des Gourmets au Mans

Venezia au Mans

85 - Et bien sûr en Vendée !!!

Le Marché aux vins à la Roche sur Yon

Le Marché aux vins au Château d’Olonne

Cote et Vins à St Gilles Croix de Vie

 

Paris par arrondissement

 

1er

Le Pot de vins www.lepotdevins.com

A la Tête d’Or

Why Paris www.whyparis.fr

 

2e

Le Casse www.lecasse.fr

3ème

Le Bar’Bouille

 

4e

Maria Loca (grande soirée le 21 novembre autour du Lapin ! - www.marialoca.com

Le Drapeau

 

6e

Café Cassette www.cafecassette.com

 Caveau des Augustins

Quai 21

Café Montparnasse

Restaurant les Garçons

 

9e

Les 36 Corneil

 

11e

La carte des vins

po.za.da www.pozada.fr

 

14e

Restaurant Zango

 

15e

Le Commerce Café

Le Bistrot d’en Face

 

17e

Brasserie Royal Villiers



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15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 00:09

 

Je ne suis pas François Simon link, ça se saurait. En revanche, né et élevé au beurre salé baratté par la tante Valentine, aux poulets de grains de mémé Marie, aux légumes du jardin du pépé Louis, à la cuisine de ma sainte mère : ah, le beurre blanc de maman, j’aime par-dessus tout le goût des choses dans leur plus simple et naturelle expression.


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photo M style

 

 

Bruno Verjus est un inventeur de produits de génie – au sens de celui qui a découvert un trésor (article 68-9 du Code minier français). Il cherche et il trouve le produit d’exception à qui il donne toute sa chance en révélant ses saveurs originelles. Bruno et son équipe ne cuisinent pas, ils révèlent le goût des choses.


J’avais, avec ma copine Isa, fait l’ouverture de TABLE link : belles promesses puis j’avais fait un saut, plus tard, pour me faire une Parthenaise – quelle vulgarité ce Taulier – link Mention bien mais j’attendais encore mieux.


Vendredi, je vous l’ai écrit ICI link  j’ai soupé à TABLE, à la table d’hôte face à Bruno et à son équipe aux fourneaux.


À ce propos, une petite incise tirée de  « Manger » roman de Marie-Odile Beauvais :


« On mange quand ? demande la fille d’Édouard à son père.


-          On ne mange pas, on déjeune, on dîne, on soupe, on  grignote, on ripaille, on fait collation ou médianoche, on déguste, on goûte, on dévore et, s’il le faut, on casse la croûte, mais apprends qu’on ne mange pas.


-          Alors ça sert à quoi le verbe « manger » ?


-          Ça sert ailleurs, mais pas à table, ni au salon, c’est très mal élevé.


-          Quand le loup dit au Chaperon rouge, « C’est pour mieux te manger, mon enfant », il est mal élevé ?


-          Très. D’autant que ça ne se fait pas de manger les petites filles. Pas plus que les grands-mères qui sont bien moins tendres. À sa décharge, le loup n’était pas à table, il était au lit.


-          Alors ce soir, on dîne ou on soupe ?


-          Ce soir, on réveillonne. Enfin, quand ta mère sera là. Tiens on sonne, justement, la voilà. »


 

Sitôt assis pour ce souper impromptu je décidai de confier la partition de mes agapes au chef : ça s’appelle Menu Carte sur Table. Même si ce n’est pas dans mes habitudes de confier mes intérêts de bouche à un tiers je fis ce choix sans crainte car c’est Bruno qui tenait la baguette.


 

Puisqu’on appelle piano le plan de travail des cuisiniers, permettez-moi de noter, qu’au-delà de l’excellence des mets, de l’art de ce que fait la main, le rythme du service, le tempo, ajoute une touche de plaisir au déroulement d’un repas. Les silences, les soupirs et les demi-soupirs, permettent de converser entre les mets. Le trop est de trop, ni trop vite, ni trop lent, la bonne cadence c’est celle souhaitée, il faut la sentir, la ressentir.


 

Bruno a eu la main heureuse avec Alice et Ludo. La première vole, traverse le miroir, légère, attentive et souriante : une perle rare ! Le second, homme des vins, avenant et compétent, discret, pratique un sport à haut risque : l’accord Mets&Vins et c’est vous dire que j’étais en confiance car j’ai opté aussi pour que le verre de vin qui accompagnerait chaque plat serait de son choix. Je me retrouvais donc en pilotage automatique ce qui me laissait tout le loisir d’observer le travail  de précision de Bruno et de son équipe. Un côté ruche tranquille où chacun est à sa place, exécutant sa partition avec nuance et soin. Pas si simple dans un si petit espace qui s’apparente à une fosse d’orchestre où rien n’échapperait au public.


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Que fut donc la composition de ce souper ? (mes photos des plats sont foirées donc je ne ferai pas comme mes copines blogueuses qui parfois publient des horreurs)

 

Avant d’entrer dans le vif du sujet je me suis offert une coupe – je plaisante, une flute – de champagne Marie-Courtin Résonance extra brut link


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-          Foie gras des Landes fèves crues de cacao de Sao Tomé et Principe, poivre sauvage voatsiperifery (20/20)


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+ Klevener De Heiligenstein 2012 Rietchlink  


 

-          Coquilles Saint Jacques d’Erquy crues, neige de chou-fleur, sel matcha (le goût de mon océan... un parfum d'enfance)


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+ Bourgogne La combe 2011 Antoine Petitprezlink 

 

 

-          Huîtres plates sauvages 000 de Maldon tiédies à la grille, beurre cru d’agrume&nori (sauvage vous avez dit sauvage...) 


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+ Melon Vin de France La sœur cadettelink  


 

-          Maigre de l’Ile d’Yeu épinards de regain au sautoir, sésame, pommes de terre infusées d’anguille fumée (grand très grand Insula Oya... mes 20 ans à la Ferme des 3 Moulins...)


photo502.JPG+ Pouilly-Fuissé Tradition Domaine Valette 2009 link  


 

-          Poularde infusée à la flouve odorante& rôtie simplement sur l’os, endives de pleine terre, chou d’aigrette (fin, très fin, la quintessence de la volaille...)


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 + Sur la root Vin de France Lilian et Sophie Bauchetlink  


 

-          Vieux Gruyère suisse affiné par Hervé Mons (du fromage enfin sur une belle table !)


photo504.JPG+ Savagnin Vin de France Clos de Trus François Rousset-Martin  


 

-          Coing infusé de vanille grand cru de Tahaa crème glacée caramel au beurre demi-sel (l'enfance toujours l'enfance, le cognassier, je ferme les yeux...)


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+ Champagne fidèle extra brut Vouette et Sorbéelink

 

 

Un sans-faute dans une ambiance conviviale et chaleureuse, à la fin du repas j’ai pu engager la conversation avec le couple de la table voisine. Même si je ne suis pas François Simon je me permets d’écrire que TABLE est une Grande Table digne de beaucoup d’étoilés. Des produits d’excellence, des cuissons respectant les saveurs, un service impeccable, et une addition qui bien sûr n’est pas légère, mais conforme au tarif affiché sur la carte, donc sans surprise. Venir s’asseoir à TABLE c’est un instant de volupté, de belle satiété, une rencontre d’exception au gré de l’instant, des saisons, avec des produits d’artisans, rares, apprêtés avec savoir-faire. Tout cet ensemble justifie que l’on délie les cordons de sa bourse sans pour autant faire des folies. Pour mes verres de vin j’ai réglé 39€ ce qui dans le contexte parisien est aussi très raisonnable eu égard à la qualité des vins servis, parfaitement servis. Aucune fausse note : que du bon !


 

Moi qui ne suis pas un grand amateur des accords mets&vins, je tire mon chapeau à Ludo, il a, à la fois, tiré juste, tout était raccord, et fait grand plaisir en choisissant, sans le savoir, que des vins que j’apprécie. Qui c’est qui a dit que la tendance naturiste nous entrainait vers des déviances insoutenables et intolérables. Qui veut tuer son chien dit qu’il a la rage ou mieux que c’est un sale bobo.


 

Bravo Bruno, tes petits copains de la Toile t’attendait au coin de ta TABLE pour te tailler un sacré costard sur-mesures. Ils en seront quitte à se replier la queue entre les jambes car tu as relevé avec brio et classe le défi. Comme je te l’ai dit vendredi, tu as gravi en peu de mois beaucoup de marches qui place TABLE sur le même plan que beaucoup de Grandes Tables.


 

Moi qui ne suis ni gourmand, ni gourmet, mais rien qu’un flâneur qui aime passer à table, partager le pain et le sel, boire avec délice, bavasser, rêver, TABLE est, à l’image de Bruno, un lieu où tout est mis au service du « goût du bon ». Exigeant, la barre était haute, ambitieux mais généreux, Bruno est un homme qui fait. Il faut le voir œuvrer, concentré, habité même, tout entier voué à une forme de sacerdoce du manger vrai. Ne me dites pas que je l’encense, même si mon passé d’enfant chœur jureur m’y prédisposerait, que je m’enflamme. Non, quand j’aime je ne compte pas, je conte ce qui fut un vrai « Petit bonheur ».


 

Merci à Bruno et à toute son équipe avec une mention spéciale à Alice et Ludo. À bientôt !


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