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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 06:00
"Fou d'amour", par Wolinski (p. 56).  (©Wolinski / Cherche-Midi)

"Fou d'amour", par Wolinski (p. 56). (©Wolinski / Cherche-Midi)

J’ai lu sur le blog du mec qui sait tout, avec un intérêt ironique, que dans vin nature il y avait vin.

Comme s’exclamait le commissaire Bourrel dans les 5 Dernières Minutes : « Bon Dieu ! Mais c'est… Bien sûr ! »

Allez définissons d’abord le vin !

 

Pour la qualification nature c’est une autre paire de manches qui s’apparentent à la définition du sexe des anges puisqu’il s’agit d’une transformation du raisin en vin…

 

En France la définition légale du vin remonte à la loi Griffe du 14 août 1889 : « produit exclusif de la fermentation du raisin frais ou du jus de raisin frais ».

 

Cette définition fut établie dans une période de fraude générale, où le vin manquait et où des boissons frelatées inondaient le marché.

 

La définition du vin à l’échelon de l’UE résulte d’une nouvelle codification élaborée lors du conseil du 17 mai 1999 :

 

Le vin est « le produit obtenu exclusivement par la fermentation alcoolique, totale, ou partielle, de raisins frais, foulés ou non, ou de moûts de raisins. »

 

Cette définition ne donne pas d’indications sur le titre alcoométrique, l’acidité, les pratiques œnologiques autorisées… Ces indications sont précisées au niveau des différentes catégories de vin.

 

Au plan mondial l’office international de la vigne et du vin (OIV) 4 ans après sa création en 1924, a adopté une résolution qui stipule « nul autre produit que celui qui provient de la fermentation alcoolique du jus de raisin frais ne puisse recevoir l’appellation de vin ». Ce texte fut complétée en 1929, par une recommandation aux états adhérents pour que ne puisse être vendu « sous le nom de vin la boisson provenant de raisins secs ou de la fermentation de fruits et de légumes ».

En 1973, l’OIV a adopté la définition suivante « le vin est exclusivement la boisson résultant de la fermentation alcoolique complète ou partielle du raisin frais foulé ou non ou du moût de raisin ». Il est précisé que son titre alcoométrique ne pourra être inférieur à 8,5 % en volume ».

 

La France ainsi que 45 États est membre de l’OIV.

 

EN 2001 les USA ont quitté l’OIV et ont créé le Word Wine Trade Group, groupe informel de gouvernements et de représentants des pays producteurs de vin de l'Argentine, l'Australie, le Canada, le Chili, la Géorgie, la Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud.

 

La définition du vin de l’OIV n’a aucun caractère obligatoire, chaque État ou groupe d’États peut en adopter une autre. Reste que dans les traités de libre-échange ce n’est pas un sujet de petite importance.

 

Cependant les divergences, tout particulièrement les pays producteurs du Nouveau Monde, portent sur les pratiques œnologiques.

 

En cela nous rejoignons le débat sur une définition légale du vin nature car celui-ci revendique la naturalité de sa vinification.

 

Qui a demandé à l’INAO de se pencher sur ce sujet ?

 

Très clairement les représentants de l’agriculture biologique qui, selon un bon connaisseur du dossier, se sentent doublés « à gauche » par la notoriété naissante et de plus en plus constante des vins nature.

 

Je ne vais pas vous retracer la longue de marche du bio mais rappeler que pendant fort longtemps le logo AB certifiait que les raisins ayant servis à élaborer le vin étaient issus de l’agriculture biologique avec certification à l’appui.

 

Ce n'est qu'en 2012 que le vin biologique a été défini par la Commission Européenne par le règlement R(UE) 203/2012 adopté par le Conseil des Ministres qui est entré en application à compter du 1er août 2012. Il fait l’objet d’un logo européen.

 

Comme vous vous en doutez ce vin bio à la sauce européenne n’a guère été prisé des purs et durs du bio des origines.

Le vin bio sent le soufre 

 

Alors me direz-vous pourquoi diable les représentants officiels de la viticulture biologique souhaitent-ils faire définir le vin nature ?

 

Je ne suis pas bien évidemment dans le secret de leurs intentions mais il me semble qu’ils digèrent mal que beaucoup de vignerons pratiquant le naturisme ne sont pas certifiés bio. Les faire rentrer dans le rang de celle-ci apparaît comme leur objectif prioritaire.

 

Fort bien mais dans cette affaire sont oubliés les biodynamistes certifiés Demeter ou Nature&Progrès.

 

Et bien sûr de la certification US 100% OrganicOrganicMade with Organic Ingredients et Some Organic Ingredients

 

Les seuls vignerons nature sollicités par l’INAO pour débattre sont ceux de l’AVN association pionnière des vins nature comme son acronyme l’indique.

 

Que veut l’AVN ?

 

Faire le ménage Vincent Riffault de l’AVN est clair : « dans le film de Nossiter, quand on regarde les viticulteurs qui se disent produire des vins nature, on s’aperçoit qu’ils sont plus intéressés par l’opportunité de business que par la philosophie des vins nature ».

 

« Pour les émissaires de l’AVN, l’objectif est de permettre aux vignerons concernés et qui le souhaitent d’inscrire « vin naturel » sur leurs étiquettes.

 

Mais aussi d’interdire aux vignerons qui ne respectent pas la définition de promouvoir leur « faux » vin naturel. On sait en effet que l’industrie agro-alimentaire s’intéresse de plus en plus au phénomène, notamment en surfant sur la confusion entre « sans soufre » et « naturel ».

 

Il s’agit donc de protéger les vignerons… mais aussi les consommateurs. »

 

Lilian Bauchet est plus direct :

 

« Tempête dans un verre de vin ! On veut juste pouvoir écrire sur les bouteilles "issu d'une vinification naturelle" quand le vin est produit à partir de raisins bios et réalisé sans intrant ni technique agressive.

 

On comprend que cela gêne certains, qui s'autorisent un pesticide quand la pression mildiou est trop importante, une flash pasteurisation pour les brett, un coup de lisosyme pour la volatile, qui achètent du raisin non bio via leur négoce qu'ils commercialisent en vin de France non pas parce qu'ils ne veulent pas s'emmerder avec les AOC mais parce que la limite de rendement est plus haute, ce qui permet à leurs sous-traitants d'optimiser leur rendement hectare, à grand renfort de phytos, comme me l'a expliqué récemment une icône du vin naturel, à mes oreilles ébahies.

 

Et cette histoire de récupération par les gros faiseurs, qu'est-ce que cela peut faire ? Il est de bon ton de critiquer Gérard Bertrand, sauf qu'une grande partie de son vignoble est en bio, tout le monde ne peut pas en dire autant, j'ai autour de chez moi des tas de petits "vignerons artisans" qui ont scrupuleusement suivi leur calendrier de traitement phytos cette année quand bien même il n'était pas tombé une goutte de pluie depuis des mois.

 

Et en quoi cette mention sur nos bouteilles va-t-elle faire de nous des petits soldats de l'Inao ? Le consommateur a le droit de savoir ce qu'il boit, nos prescripteurs ont le droit de savoir ce qu'ils vendent. Après libre à eux de porter intérêt ou non à cette mention. Je lis « seul le goût compte », mais la perception individuelle de ce goût est fortement influencée par notre adhésion à son mode de production. Il est donc essentiel d'apporter toute la clarté nécessaire là-dessus. »

 

En résumé, les représentants de la viticulture biologique veulent encadrer les vins nature mais il n’est pas sûr qu’ils aient la même approche que les représentants de l’AVN même si une part de leur approche est commune.

 

Pour ma part j’ai et je reste partisan des fondamentaux de ce qui a distingué pendant longtemps le vin d’origine des autres produits alimentaires avec « j’écris ce que je fais et je fais ce que je dis… »

 

Alors tous à vos plumes les avec comme les sans béquilles… dites-nous comment et avec quoi vous faites vos vins et nous ferons notre choix… Nul besoin de l’écrire en lettres microscopiques sur une étiquette longue comme un jour sans pain. Il existe via les petits joujoux, dit applications, la faculté de le faire et de permettre ainsi au consommateur de se renseigner s’il le souhaite.

 

L’empilement des réglementations, des logos, n’empêche en rien les fraudeurs de frauder, les opportunistes de surfer sur les tendances, recréer le lien de confiance entre le producteur, ici le vigneron, et le consommateur passe par des chemins de traverse et non par les autoroutes balisées par l’Administration.

 

C’est simple comme un verre de vin…

 

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12 février 2016 5 12 /02 /février /2016 06:00
Tentative de hold-up de l'INAO sur le vin nature « Une chose est sûre, le mot (nature) est extrêmement valorisant. Il a un fort impact sur les consommateurs. »

Suite au comité national des vins d’AOC du 10 février, Éric Rosaz l’homme-orchestre des vins à l’INAO, qui connaît bien le terrain puisqu’il a tenu pendant des années les rennes des VIF puis a fait un passage à FranceAgrimer, a déclaré :

 

« Il y a une forte demande de la part des professionnels pour engager une réflexion pour encadrer l’utilisation du mot nature »

 

Bon prince l’Inao a donc engagé la discussion sur le sujet en invitant à la table l’Association des vins naturels (AVN), pour son expertise en la matière.

 

« Pour l’instant, la discussion reste générale. La demande émane surtout des viticulteurs bio qui craignent une utilisation galvaudée du mot. »

 

Alors faut-il ou non donner un cadre strict à cette mention « nature » ?

 

« Une chose est sûre, le mot est extrêmement valorisant. Il a un fort impact sur les consommateurs

 

Nous y voilà, les va-nu-pieds, les réprouvés, les moqués, les qui font des vins pour bobo-parigot, les exclus de l’agrément, toute cette engeance qui n’a pas accès aux hautes instances, inquiète : pensez-donc ils séduisent les consommateurs.

 

Tout est dit ou presque : l’objectif est de mettre tout ce petit monde dans les clous, jugulaire-jugulaire, réglementons et tout ira bien dans le meilleur des monde. Bien sûr tout ça pour mieux protéger les consommateurs.

 

Il suffit de constater la jouissance d’un des plus farouches contempteurs de ces vins d’évier, par ailleurs grand chasseur de fonctionnaires, pour mieux saisir la grossièreté du piège.

 

Thierry Puzelat vigneron le dit clairement :

 

« Regardons ce qu'est devenu le cahier des charges vinif bio, malgré les bonnes volontés pour qu'il ressemble à quelque chose. Il suffit d'invoquer des règles pour que les plus mercantiles s'y engouffrent. Comme la plupart des associations de ce type, l'AVN ne pense qu'à communiquer sur ses pratiques, plutôt que de soutenir ses adhérents en les aidant à être toujours plus exigeants. C'est oublier qu'à la fin, les consommateurs sont seuls juges. Un vin sans âme avec le logo AVN sera-t-il plus crédible, qu'avec le logo AB, Demeter, lutte raisonnée ou Sains ??? Tous revendiquent des pratiques vertueuses. Partisans de la méthode mais pas toujours du résultat. »

 

Que l’on débatte, j’en suis un farouche partisan, mais en posant sur la table un dossier non biaisé, comme nous l’avions fait lors de la réflexion stratégique Cap 2010, avec toutes les parties prenantes et non les caciques habituels et une association en mal de reconnaissance officielle.

 

En son temps je me suis expliqué ICI

 

« Revendiquer une définition officielle du vin nature équivaut à demander d'autoriser les mobylettes à circuler sur les autoroutes… »

 

Éric Rosaz qui connaît bien son petit monde n’est pas tout à fait dupe de la démarche engagée : « Le problème est cela ne veut pas forcément dire la même chose pour le consommateur et pour le viticulteur ». Il relève également l’inquiétude de la filière : « On peut se demander s’il n’est pas dangereux de segmenter encore plus les vins bios en ajoutant une mention supplémentaire. Quelle sera perception des consommateurs à ce sujet ? »

 

Georges Clemenceau ou La Fontaine ?

 

« Quand on veut enterrer une décision, on crée une commission. »

 

« Maître Corbeau, sur un arbre perché,

 

Tenait en son bec un fromage.

 

Maître Renard, par l'odeur alléché,

 

Lui tint à peu près ce langage :

 

Et bonjour, Monsieur du Corbeau,

 

Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !

 

Sans mentir, si votre ramage

 

Se rapporte à votre plumage,

 

Vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois. »

 

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11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 06:00
Face au vin de France à la mode de Nicolas les cavistes « alterno-bobo-parigot »* se fâchent « Lâchez-nous les grumes ! »

Je pédalais pénard sous un petit cagnard d’hiver lorsque mon regard chopait à la volée une pub pour le pinard placardé sur les arrêts de car.

 

Arrêt illico : photo !

 

 

Qu’en faire ?

 

Le pied de cuve d’une chronique mais qu’en dire ?

 

Fallait-il que je le dégustasse ou que nous le dégustassions ?

 

Notez la haute maîtrise de la conjugaison.

 

Exercice à haut risque car la seule vue de l’étiquette : Sélection Nicolas risquait de fausser le résultat.

 

À l’aveugle alors ?

 

J’hésitais lorsque sur l’écran neigeux de mes nuits blanches apparut à nouveau le message :

 

3 vins, 3 couleurs, 3€ la bouteilleLes Grumes

 

J’ouvrais.

 

 

Du marketing pur sucre, sans génie particulier mais sans doute efficace auprès de la clientèle traditionnelle de la vieille maison.

 

Donc pas grand-chose à se mettre sous la dent sauf qu’à nouveau sur l’écran neigeux de mes nuits blanches apparu sur les réseaux sociaux le lamento des cavistes «alterno-bobo-parigot »

 

Afin de ne pas me faire remonter les bretelles je signale que l’appellation « alterno-bobo-parigot » souvent accolée à Mélanchoniens est une marque déposée par le Phoenix d’au-delà des Pyrénées.

 

Philippe Cuq a partagé la photo de Damien Demichel. (de source sûre dans les milieux bien informés, Philippe Cuq du Lieu du Vin est le Président du Présidium du Soviet Suprême des cavistes alternatifs.)

6 février, 12:50 · Paris ·

 

3 fois plus de mal de tête et de mal de ventre.

30 fois plus de pesticides.

300 fois moins de plaisir...

 

Mes vieux neurones se sont alors mis en branle pour éclairer la lanterne du consommateur de vin à 3€.

 

Ces 3 couleurs sont des Vin de France.

 

- Grumes rouges : « ce vin rouge issu des meilleurs terroirs de France a fait l’objet d’une sélection rigoureuse de Nicolas. » 12°5 

 

Cépage principal carignan.

 

-  Grumes blanches « ce vin blanc issu des meilleurs terroirs de France a fait l’objet d’une sélection rigoureuse de Nicolas. » 12°5 

Cépage principal grenache Blanc et aussi melon de Bourgogne.

 

Grumes rosées « ce vin rosé issu des meilleurs terroirs de France a fait l’objet d’une sélection rigoureuse de Nicolas. » 12°5 

 

Cépage principal : cabernet franc, et aussi négrette.

 

Pourquoi diable Nicolas n’indique-t-il pas sur son étiquette le ou les cépages et le millésime comme il le pourrait ?

 

Tout bêtement parce qu’ainsi il se laisse toute latitude d’en changer en fonction des opportunités du marché du vrac. En effet, n’en déplaise aux sélectionneurs de Nicolas, c’est d’abord le prix d’achat qui prime. Chez Castel, en bon pinardier, on achète au ras des pâquerettes.

 

Autre raison, cette gamme de vins basiques ne doit pas faire concurrence à la marque La Roche-Mazet qui affiche les cépages.

 

Nos 3 Grumes affichent le même degré 12°5

 

Conclusion du Taulier : ce Vin de France de 3 couleurs est tout simplement l’héritier du bon vieux Vin de Table de France.

 

C’est sans nul doute du vin de coopé en majorité, sourcé dans South of France principalement, avec une prédilection du côté du blanc à une région où la ressource est bon marché. Le prix toujours le prix.

 

Sur le plan économique c’est, de la part des acheteurs Nicolas-Castel, de l’économie de cueillette au gré des opportunités du marché, la bonne vieille pratique des marchands de vin. Surtout pas de partenariat trop contraignant, ne pas se lier les mains, mieux vaut s’en tenir à un panier de prix pour tenir les coûts de la sauce.

 

Reste une vraie question à se poser du côté des cavistes « alterno-bobo-parigot » : leur est-il possible de satisfaire une demande de vin populaire à 3€ ?

 

Est-ce le même défi à relever que pour l’alimentaire, sauf que bien sûr l’achat du vin quotidien est de moins en moins de mise ? Hier matin, le chroniqueur économique de France Inter, relevait qu’un litre de lait UHT valait le prix d’une seule cigarette.

 

Pour le vin je ne le pense pas, le modèle Vin de France à haut rendement facteur d’une matière première pas chère n’est pas compatible avec celui du Vin de France dit naturel qui exige des prix de vente élevés.

 

Ce sont deux mondes incompatibles et c’est se leurrer que de penser que la large part des consommateurs, et pas seulement pour des raisons budgétaires, qui achète des prix va changer ses habitudes d’achat.

 

On peut le regretter mais les bons sentiments affichés sont vite oubliés par les consommateurs lorsqu’ils poussent leurs caddies dans les allées de la GD. L’exploitation médiatique outrancière des difficultés des agriculteurs et des éleveurs par les politiques, les donneurs de leçons, en est la plus efficace des démonstrations.

 

Que faire alors ?

 

Baisser les bras, subir, laisser le fameux marché tout régler, se contenter de slogans, de petites batailles de chapelles…

 

Je ne le pense pas.

 

Pour le vin commençons donc par l’essentiel pour un produit qui se revendique festif, lié à son terroir, à son histoire, à ses valeurs de convivialité : revenir à des pratiques culturales respectant l’environnement physique et humain… Le déni en la matière a, et va avoir, des effets de plus en plus dévastateurs sur l’image du vin.

 

La bataille d’Hernani autour des vins nature est d’une toute autre nature, un conflit de nature esthétique que je ne tiens pas, comme vous le savez, pour négligeable, mais qui ne touche que l’avant-garde, la minorité agissante, le ferment de la contestation sociale chère à Nossiter. Le populo cher à mes amis « alterno-bobo-parigot » ça lui passe largement au-dessus de la casquette…

 

Grumes : vieux, notamment en Bourgogne et en Beaujolais Grain de raisin. « [Eux qui travaillent la vigne,] les vignerons ont ben le droit d'écraser une grume « (La Petite lune, 1878-79.

 

« Un grain de raisin. Ce substantif féminin connu depuis 1552 s'est maintenu encore aujourd'hui dans la langue technique de quelques régions viticoles francophones. Il met probablement l'accent à l'origine sur l'épaisse peau emprisonnant la chair sucrée du raisin. »

 

Bois de grume, en grume, Tronc coupé, ébranché et revêtu de son écorce. Débiter des grumes.

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10 février 2016 3 10 /02 /février /2016 06:00
J’suis snob j'ne fréquente que des baronnes aux noms comme des trombones j’bois de l’Ausone en mangeant du camembert à la petite cuillère…

Halte au feu, ne criez pas au sacrilège, jamais au grand jamais je n’ai bu de l’Ausone en mangeant du camembert à la petite cuillère car je ne mange jamais le camembert à la petite cuillère. Pardonnez-moi, c’est mon côté taquin, j’aime les rimes en R, le genre Hubert Bonnisseur de la Bath notre OSS117 versus Jean Dujardin grand admirateur de René Cotyqui m’a poussé à parodier les paroles d’une chanson d’un provocateur germanopratin Boris Vian, dont l’une des chansons, Le Déserteur, fut censurée pendant les années où nous faisions la guerre sans la faire (levée en 1962).

 

Foin de ma tendance coupable à la provocation de potache qui me vaut l’ire des maîtres de la dégustation – y’a de l’eau dans le gaz entre eux et mon immodeste et vulgaire personne – et passons à ma petite chronique sur un beau moment de partage.

 

Rien à voir avec ceux qui vendraient père et mère pour disposer d’un tabouret en bout de table pour la Fête de la Fleur ; avec d’autres qui entrent en quasi-lévitation au seul son de l’Angélus ; avec d’autres enfin qui pensent faire partie du peuple élu parce qu’ils ont été reçu « au château » * pour mettre leur nez au-dessus des Primeurs.

 

Pour alimenter votre culture du côté du « château » je narre en fin de chronique 2 petites histoires le concernant, la bouillie bordelaise de Bernard Ginestet et les socialos version 1981 et les châteaux de Bordeaux.

 

Je plante le décor :

 

  • dans un lieu tenu secret, une antre souterraine, 2 flacons d’Ausone : un 2003 et un 2005 que, sur son fidèle destrier, votre serviteur avaient porté la veille de la rencontre car le 2005, encore très jeune, avait besoin d’être carafé.

  • 3 amis, Jacques Dupont du Point, nul besoin de le présenter, Laurent Bazin journaliste à Itélé, blogueur, un peu intermittent ces derniers temps, sur le vin de mes amis et chroniqueur au Point et bien sûr ma pomme.

 

 

Ce fut un très beau et bon moment de partage entre l'un des Big Four* de la Première League, un bon pensionnaire de la Ligue 1, et un habitué de la DRH capable de temps à autre de réaliser un exploit en Coupe de France.

 

Pour les non footeux : le Big Four est un terme anglais donné au groupe de quatre grandes équipes de football du championnat d'Angleterre qui sont Arsenal, Chelsea, Liverpool et Manchester United ; la Ligue 1 c’est le truc où y’a plus que le Paris Saint-Germain ; la DRH étant la division régionale d’honneur chère à mon cœur.

 

 

 

Jacques Dupont

 

« En avril 2004, quand j’avais dégusté en primeur ce 2003, j’avais noté « L’élevage devrait adoucir le côté fauve. » Effectivement, le vin s’est adouci. Il conserve les caractères du millésime marqué on s’en souvient par une période caniculaire. Je n’ai jamais été un grand fan de ce millésime. Toujours en avril 2004 dans ce même numéro du Point j’écrivais : « peu de vins de grande garde. La faible acidité n’est pas toujours compensée par des tanins solides. Les années de grande garde, à Bordeaux, sont celles des maturités progressives, sans grands heurts climatiques. Ici, les grands vins sont d’abord des vins d’équilibre. » Je n’ai pas changé d’avis malgré les commentaires laudatifs de certains dégustateurs d’outre-Atlantique, si tu vois ce que je veux dire. Mais Ausone c’est d’abord un grand terroir capable de résister à ce genre d’accident météo et il le prouve dans le verre. Certes, il possède un côté solaire, riche un peu exubérant et nettement moins en finesse que 2005 mais quand même c’est d’une gourmandise ! »

 

Pour le 2005

 

« Là, on est vraiment en compagnie d’un très grand millésime, (peut-être le plus grand depuis ce nouveau millénaire) et particulièrement à Ausone. Dans le numéro consacré eux primeurs en avril 2006, j’écrivais à propos de ce vin : « beaucoup d’intensité autant dans l’expression du fruit que dans le toucher, structure dense mais douce, un fort caractère contenu. » On retrouve onze ans après ce caractère intense mais pas démonstratif. La retenue des très grands vins qui n’ont pas besoin de tee-shirt moulant pour montrer qu’ils sont bien bâtis (#jesuiscirconflexe). Ce n’est pas un monstre, juste un vin magnifique, étiré, suave qui te fait découvrir de nouvelles saveurs à chaque gorgée, qui ne se livre pas d’un coup à grands renforts de vanille et de pruneau mais par petites touches. Et s’il ne faut pas trop attendre pour se régaler du 2003, on sent que dans 20 ans, ce 2005 sera encore là avec d’autres histoires à raconter. »

 

Laurent Bazin

 

« Je ne suis pas Bordeaux, mais Ausone ça n’est pas du Bordeaux. Ça n’est pas du Saint Emilion. C’est du Ausone. C’est de la magie pure! Le petit côté fumé du 2003, année casse-tête pour tous les vignerons... la fraicheur inouïe du 2005, sa finesse, son côté légèrement mentholé… Sa longueur… Sa magie, oui j’y reviens. Ausone ça n’est pas une oeuvre de vigneron, c’est un vin d’alchimiste. »

 

Et moi

 

« Me voilà au pied du mur, que c’est dur ! Je ne sais mettre des mots sur un vin, sans doute parce que j’en aligne trop sur tout et rien. Alors Ausone ! Lui accoler des qualificatifs étant hors de ma portée, trop grandiloquents, pas assez pertinents, je vais faire bondir certains. Ausone c’est le luxe ! le vrai, rare, le dernier, loin de l’ostentation, du paraître, discret celui que l’on s’offre entre amis quitte à manger des nouilles pendant un mois entier. Sans honte je revendique le droit à ce luxe qui n’a rien à voir avec des images fabriquées par des petits génies du marketing. J’aime la matière, son toucher, son odeur, les belles étoffes, les beaux pulls, les chemises anglaises, les godasses cousues mains, même si aujourd’hui je vis en jeans et en confection Monop. Ce temps passé avec Ausone fut de même nature, un voyage au pays de la belle matière, du cousu main, un temps où j’ai lâché la bride à mes sens, un petit caillou blanc sur mes chemins de traverse. »

 

Je signale aux mauvais coucheurs, que ces 2 flacons d’Ausone m’ont été expédiés par Alain Vauthier, fidèle lecteur de mon blog, sans autre contrepartie que notre estime mutuelle et notre amitié.

 

 

« J’ai déjà eu l’occasion de dire qu’à Bordeaux il existe plus de château qu’en Espagne ; des milliers et des milliers de Châteaux qui noient le consommateur dans un océan de marques sans signification. Cette constante multiplication est une escalade impossible et absurde. Elle conduit la production à morceler sa commercialisation en micro-unités de vente. Certes, elles permettent au négociant d’éviter un affrontement direct avec la concurrence, mais en bloquant par là même toute tentative de regroupement des produits pour une meilleure exploitation viticole, et pour une plus large et plus efficace couverture des marchés par des marques.

 

Mais l’Univers bordelais est fait de galaxies dont les experts eux-mêmes ont grand-peine à démontrer qu’elles ne sont pas des nébuleuses... Et nous exigeons de l’observateur amateur le don prodigieux de percevoir et de reconnaître dans cette voie lactée chacune des unités qui la composent !

 

Bien sûr, nous possédons à Bordeaux des étoiles de toute première grandeur. Elles seules suffisent sans doute par leur éclat incomparable au rayonnement lointain et prestigieux de notre cosmos bordelais depuis des siècles de millésimes-lumière. Elles ont été cataloguées, classées. Mais selon qu’elles se lèvent sous le signe du Médoc, de Saint-Emilion, des Graves ou de Sauternes, elles appartiennent à des hiérarchies différentes sans équivalence des grades.

 

Pour le consommateur, le vin de Bordeaux c’est « du vin de Château » et l’on s’est efforcé depuis plus d’un siècle de lui faire comprendre que le meilleur était celui du cru classé. »

 

  • Profitant de la vague rose qui submergea le Palais Bourbon, en juin 1981, Catherine Lalumière, fut élue député de la Gironde et nommée, le 23 juin 1983, Ministre de la Consommation du second gouvernement Mauroy (elle finira sa carrière comme parlementaire européenne par la grâce de l’inénarrable Nanard qui, avec sa liste aux européennes de juin 1994 « Energie Radicale », où se trouvait aussi Noël Mamère, dézingua en plein vol celle de Michel Rocard où Rachida Dati se trouvait placée en 54e position et Bernard Kouchner en 3e : ambigüité vous avez dit ambigüité). 

Bref, la toute fraîche Ministre, sise au Louvre rue de Rivoli, avec un Jacques Delors Ministre de l’Économie et des Finances ne lui laissant guère d’espace, mais ayant les Fraudes mise à sa disposition – en ce temps-là elles étaient sous la tutelle du Ministre de l’Agriculture – et voulant imprimer sa marque jusque dans la 3ième circonscription de la Gironde, déclara vouloir mettre à plat l’épineux dossier des noms de châteaux.

 

En 1981, les nouveaux arrivants avaient la mise à plat facile car c’était la version soft de « du passé faisons table rase ». Les hauts fonctionnaires des Finances, goguenards face à cette piétaille pépiante, eux, par leur silence hautain, jouaient « cause toujours tu m’intéresses. » Et moi dans tout ça je découvrais, pour parodier le nouveau slogan du CIVB : qu’on pouvait s’offrir un château de Bordeaux pour quelques euros. L’initiative de Lalumière fit long feu. Et moi, ayant la haute main sur la cave de la Présidence de l’Assemblée Nationale – fort bordelaise puisque nous succédions à Chaban-Delmas – je découvrais les « délices » des GCC avec Bruno Prats comme mentor.

 

Snobisme

 

- Ambition qui consiste à désirer fréquenter certains milieux sociaux jugés supérieurs et à se faire adopter par eux.

 

« M. de Charlus, qui jusque-là n'eût pas consenti à dîner avec Mme de Saint-Euverte, la saluait maintenant jusqu'à terre. Recevoir l'hommage de M. de Charlus, pour elle c'était tout le snobisme. » Proust Temps retrouvé, 1922.

 

« À leur propos [des solennités mondaines], il [Montesquiou] partage l'humanité en deux camps, les élus et les exclus, deux termes à quoi il faut d'abord songer lorsque l'on cherche à définir le snobisme» Mauriac, Écrits intimes, 1932.

 

- Affectation qui consiste à priser ou à mépriser quelqu'un ou quelque chose non en raison de sa valeur ou de sa qualité mais en fonction du choix des gens que l'on veut imiter.

 

« Pure de tout snobisme esthétique, elle [la reine Victoria] était incapable de feindre un plaisir qu'elle n'éprouvait pas. » Maurois, Édouard VII, 1933

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5 février 2016 5 05 /02 /février /2016 09:23
« Alors là, j'en reste baba les gnaces ! Exactement comme une paire de ronds de flan. » me disait une tronche de vin répondant au nom de Nicolas-Brion.

Guillaume Nicolas-Brion a du Morgon dans les veines et il me pardonnera de le mettre dans la peau du célèbre commissaire San-Antonio cher à Frédéric Dard.

 

La répartie est tirée de « Fais gaffe à tes os » le 18e volume de la série des San-Antonio publié en 1956.

 

 

« Le Commissaire San-Antonio est sur les traces de criminels nazis. Secondé par l'ineffable Bérurier, dit l’enflure, spécialiste des filatures il doit retrouver et abattre Luebig, ex-bras droit d'Himmler qu’un certain Lefranc a reconnu aux actualités cinématographiques assistant au meeting d'aviation du Bourget… Aucun autre indice, à part ce film… C'est maigre… Quelques pistes semblent mener en Espagne... En route pour Barcelone où Bérurier disparaîtra et sera retrouvé piteux état dans un cul-de-basse-fosse.

 

« Fais gaffe à tes os, San-Antonio, me dit-il… cette histoire est à la c… comme un esquimau est à la vanille. »

 

Comme le disait dans les temps anciens les présentateurs à la télé sans transition passons de l’esquimau à la vanille au flan du même parfum cher aux papilles de Guillaume Nicolas-Brion qui dans une chronique du 2 février affirme que « Le flan de l'artisan Bruno Solques surpasse (et de loin) celui de Cyril Lignac »

 

 

Je n’en suis pas resté comme 2 ronds de flan, ni sur le cul pour faire vulgaire, car Bruno Solques je connais, sa boutique est au 243 Rue Saint-Jacques, près de l’hôpital du Val de Grâce à quelques encablures de chez moi où toutes les voies sont estampillées Saint-Jacques…

 

Mais, vous commencez à me connaître, je me suis dit que je ne pouvais en rester à ce simple duel entre une star pour bobo trentenaire et un bon artisan. Alors j’ai décidé de prendre mon petit vélo pour aller acheter 3 flans :

 

  • Celui de Poilâne rue du Cherche-Midi, (3) 

La numérotation est fonction de l’éloignement des boutiques de mon home.

 

  1. Poids : 153 g Prix : 2,30€

 

2. ​Poids : 230 g Prix : 2,50€

3. Poids : 222 g Prix : 3,50€

 

J’ai donc dégusté dans l’ordre de la numérotation 1 morceau de chacune des parts achetées hier matin.

 

- Le flan de Laurent Duchêne est sans grand intérêt, peu gouteux, ferme.

 

- Celui de Poilâne le surpasse aisément, il est onctueux, léger, un peu court en bouche.

 

- Enfin, le chouchou de GNB est bien tel que décrit par lui, aérien et très gouteux. Il n’y a pas une goutte de rhum dans ce flan cher Guillaume.

 

Reste son différentiel de prix avec celui de Poilâne : 1 € ce n’est pas rien. Est-ce le surcoût lié au statut de petit artisan ? Je ne sais…

 

Que choisir ?

 

C’est la gourmandise qui l’emporte : je vote Bruno Solques…

 

Si ça vous dit de vous taper une part de flan au dessert vous pouvez faire couler en vous offrant quelques gorgées de Crémant de mon chouchou Jean-Pierre Rietsch.

 

Le flan est une crème sucrée à base d'œufs, de lait et de farine que l'on fait prendre au four.

 

Voir la version vendéenne du flan : La Fiounaïe de mémé Marie 

 

« La femme tenait un large flan acheté chez un pâtissier de la chaussée Clignancourt»

 

Zola, Assommoir, 1877

 

L'expression « en rester comme deux ronds de flan » est apparue au tout début du XXe siècle. Son auteur serait-il alors allé piocher dans le vieux français pour construire cette expression ? Pourquoi pas.

 

Au XVIe siècle le flaon synonyme de la monnaie qu'on frappait et la métaphore tendrait à décrire une personne frappée d'étonnement comme la pièce de monnaie. Le terme rond quant à lui ferait référence à la forme de cette monnaie comme à la forme des yeux qui s'arrondissent suite à un événement qui provoque la stupeur.

 

Une autre explication tendrait à comparer cette expression française avec une autre qui fut l’une de ses variantes affirmant « rester comme du flan » signifiant devenir mou comme la pâtisserie en rapport à la « force d'étonnement ». Il se pourrait aussi que ce dicton ait un lien avec la forme des fesses représentées par les deux ronds de flan.

« Alors là, j'en reste baba les gnaces ! Exactement comme une paire de ronds de flan. » me disait une tronche de vin répondant au nom de Nicolas-Brion.
« Alors là, j'en reste baba les gnaces ! Exactement comme une paire de ronds de flan. » me disait une tronche de vin répondant au nom de Nicolas-Brion.
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31 janvier 2016 7 31 /01 /janvier /2016 06:00
Chronique d’Anaïs Ginori sur la vie d’un homme ordinaire Patrick le kiosquier de Charlie, sa Clio grise, la rue de Meaux, son chien Gabin et la C3 noire des frères Kouachi…

L’ironie du sort, le livre de Paul Guimard m’a toujours fasciné :

 

« Nantes, le 11 septembre 1943, juste avant 23 heures à proximité de la Kommandantur, Antoine Desvrières caché dans une porte cochère guette le passage du « lieutenant Werner » pour l’abattre. Celui-ci, Werner de Rompsay, un descendant de huguenots, est sur le point de terminer son enquête sur le réseau « Cornouaille ». Rue Monselet, Marie-Anne de Hauteclaire, fille du bâtonnier de Nantes, enceinte des œuvres d'Antoine, attend dans l’angoisse. Devant la Kommandantur, place Louis XVI. Le feldgendarm Helmut Eidemann essaie de faire démarrer le camion pour la patrouille de 23 heures Ainsi commence l’Ironie du sort de Paul Guimard : le destin de tous les protagonistes de l’histoire sera changé par le fait qu'Helmut Eidemann allume son moteur quelques secondes plus tôt ou plus tard. »

 

Patrick est kiosquier à Saint-Germain-des-Prés, « il aime la presse », son kiosque longtemps face à la librairie emblématique La Hune, aujourd’hui remplacé par une boutique Louis Vuitton, est sur le chemin des 2 Magots, du café de Flore et de mon grenier de livres l’Écume des Pages. En face il y a LippCabu déjeune parfois à « une table toujours réservée, près de la terrasse mais un peu en retrait du grand aquarium auquel seuls quelques privilégiés ont accès. ». Le kiosque de Patrick « fort de ses deux mille cinq cents titres… est le mieux achalandé de paris avec celui des Champs Élysées. « Georges Wolinski s’y sent chez lui, il habite sur le boulevard. » Grand lecteur de la presse le dessinateur est « l’un des rares clients à avoir son compte chez le marchand de journaux. Il paye tous ses achats en fin de mois. » Puis vient Cabu « Avec Wolinski, ils forment un couple atypique. L’un casanier, sortant peu le soir, l’autre mondain et plus fêtard. » Il paye Patrick puis « va s’asseoir au Flore, près du bar à gauche après de l’entrée. » Il prend son café en lisant son journal. « Il échange quelques mots avec Marc, un des garçons historiques du Flore. » Mais « la conférence de rédaction va commencer. Il paye son café et sort. Le sacristain de Saint-Germain l’aperçoit, courant sur les pavés devant l’église, vêtu de son duffle-coat, sacoche noire à la main. »

 

Comme chaque jour Patrick rentre chez lui, il compte une vingtaine de minutes avec sa vieille Clio grise. Ce jour-là, « au lieu de passer par la rue Bourret et l’avenue Secrétan, il s’engage sur le boulevard de la Villette jusqu’à la place du Colonel-Fabien. La station Esso y est l’une des moins chère de Paris. Au moment de payer, il découvre que le montant indiqué à la caisse est encore plus bas que le prix affiché. Une belle surprise. »

 

Ces lieux me sont familiers, j’y passe souvent à vélo pour aller à la rencontre de mes amies qui habitent le quartier. Ironie du sort !

 

Il écoute Radio Classique la vitre ouverte été comme hiver. « Au feu rouge, il entend soudain un bruit d’accrochage entre deux voitures derrière lui. Dans son rétroviseur, il aperçoit un véhicule noir qui accélère… » Il ne s’inquiète pas c’est si fréquent à Paris. Patrick « veut s’arrêter chez le boucher acheter à déjeuner. »

 

« Vert. Après le rond-point, Patrick prend la rue de Meaux… Il n’a pas encore enclenchée la troisième qu’il freine brusquement. Une C3 noire lui coupe la route… Chérif Kouachi (dont Patrick ignore tout, il n’est même pas au courant de la tuerie de Charlie) s’approche de sa Clio grise. Il n’est pas cagoulé. Il porte sa kalachnikov en bandoulière. La fenêtre de Patrick est ouverte. C’est son habitude, même l’hiver. « Descends, on a besoin de ta voiture. » Le type est calme, professionnel. Pas d’agitation ni d’insultes. La rue de Meaux est presque déserte. »

 

Voilà le début de l’histoire. Comme dans l’Ironie du sort « La vieille Clio vieille de quinze ans fait des caprices. » Elle cale. Patrick « se tient debout au milieu de la rue. Un éclair le traverse. Il n’était pas seul dans sa voiture. » Son chien, il prend le risque, il doit profiter de ce moment d’incertitude. Il ouvre la portière arrière. « Je récupère mon chien », articule-t-il rapidement. »

 

Le soir, avant de s’endormir, il pense à ce scénario ubuesque « Comment le kiosquier de Saint-Germain-des-Prés qui a vendu les journaux aux deux célèbres dessinateurs assassinés quelques heures après, est à son tour braqué par les deux mêmes terroristes. Le tout se déroulant en deux heures dans trois quartiers différents de Paris. Au cinéma, personne n’y aurait cru. »

 

 

L’auteur du livre, « le kiosquier de Charlie » Anaïs Ginori est franco-italienne, correspondante du journal La Repubblica est la petite-fille de Jacques Nobécourt, longtemps correspondant du Monde à Rome « L’Italie était la patrie de cœur de mon grand-père… Il cherchait à ce que l’on prenne l’Italie au sérieux sans pour autant trahir sa complexité. On sait qu’il est toujours plus facile de reproduire des clichés. »

 

« Rigueur, modération, précision, référence... Ces qualificatifs reviennent dans la bouche de ceux qui côtoyèrent Jacques Nobécourt, italianiste et vaticaniste, correspondant du Monde à Rome et au Vatican de 1965 à 1974. » écrivait la Croix en mai 2011 au moment de sa mort. 

 

Selon l’écrivain et journaliste Jean-Claude Guillebaud : « c’était quelqu’un d’à la fois très cultivé et un peu sombre. Son retour de Rome a été très difficile pour lui qui n’était plus habitué au journalisme de « desk ». A cette époque, il était l’une des cinq grandes signatures, avec Robert Guillain pour le Japon et Éric Rouleau pour le Proche Orient. Son travail d’historien aussi est à retenir. »

 

Ces grandes signatures j’en faisais mon miel, et Jacques Nobécourt évoque pour moi un temps d’une presse de haute lignée.

 

Comme l’écrivent les Inrocks « Le livre d’Anaïs Ginori détonne. Pas d’explication sociologique, d’enquête sur le profil des terroristes ou de luttes sur l’héritage de Charlie Hebdo ; à travers Patrick le kiosquier, la journaliste a voulu prendre le contre-pied des livres d’ « experts ». Le résultat est probant, juste sans en faire trop, à l’heure où les commémorations se multiplient et où la crainte du sensationnalisme se fait sentir.

 

Surtout, outre les attentats, outre Patrick, Anaïs Ginori nous raconte une belle et émouvante histoire de la presse papier. »

 

« Le Kiosquier de Charlie est également une magnifique déclaration d'amour à la presse papier et à ceux qui la font. De la rédaction de Charlie à l'imprimerie de Dammartin-en-Goële, Anaïs Ginori parle « d'un fil de papier [qui] relie tous ces hommes, toutes ces victimes ». « En Italie, la presse papier souffre moins qu'ici », explique-t-elle après une année 2015 riche en actualité : « On a beaucoup parlé avec les autres correspondants étrangers à Paris et on a fait le constat que la France n'a jamais autant fait la une des journaux dans le monde qu'en 2015.

 

Anaïs Ginori, 40 ans, elle, veut encore croire à l'avenir du papier, même pense-t-elle, "écrire pour la presse est une contradiction : le caractère figé de l'écrit et du papier s'oppose à la précipitation d'un quotidien et au fil toujours plus rapide de l'actualité à l'ère du numérique. C'est une escale en pleine course. »

 

Cyril Petit - leJDD.fr samedi 02 janvier 2016.

 

Et puis bien sûr il y a Patrick, « fils de deux employés de la RATP » qui n’a pas grandi dans une famille d’intellos… à quatorze ans, il avait quitté l’école… il a fait plein de petits boulots… à trente ans Patrick de retrouve au chômage alors qu’il venait de se séparer de sa première femme… et puis un soir alors qu’il dînait chez sa sœur coup de foudre et le début d’une longue histoire… Sa fiancée était fille de kiosquière. Le métier l’intéressait…

 

Voilà, c’est ainsi que je me suis rendu au bar le 61, pas très loin de la rue de Meaux, Anaïs Ginori y dédicaçait son livre et j’ai pu saluer Patrick et son épouse.

 

 

Bien sûr, rentré chez moi, j’ai lu ce livre avec grand intérêt, il est empli d’une humanité simple et sensible, à la bonne distance Anaïs Ginori aime les gens, ceux que chez moi on appelait les gens de peu. Son pas de côté, comme elle dit, son enquête sur des détails moins connus, sa mise en perspective des événements de manière différente, font de ce livre, sobrement écrit, bien construit de la belle ouvrage comme je l’aime.

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29 janvier 2016 5 29 /01 /janvier /2016 06:00
Comme 1 vache normande n’y retrouverait plus son veau je demande à l’INAO de procéder à la louche au classement en Grand Cru des calendos au lait cru de Normandie

Nonobstant :

 

  1. Que j’adore le camembert fermier au lait cru bien coulant ;

2. Que l’INAO aime parrainer les beaux classements avec critères aux petits oignons ;

3. Que le camembert est, avec le kil de rouge et la baguette de pain, l’emblème de notre identité nationale ;

 

4. Que le calendos peut être produit par monts et par vaux de Oulan-Bator jusqu’à Bamako en passant par La Mothe-Beuvron ;

 

5. Que le chevalier blanc Périco Légasse a fait don de son corps à la France et à la cause du lait cru ;

 

6. Que Jean-Luc Thunevin, notre sémillant garagiste de Saint-Émilion, grand amateur de camembert a décidé de les noter sur 100 comme le grand Bob Parker le fait avec ses vins ;

 

Après langoustines et poularde de bresse voilà un vrai camembert noté 100 / 100

 

 

7. Que le cahier des charges pourrait largement s’inspirer de la technique du Sapeur Camember, «… et la terre du trou ?

— Que vous êtes donc plus herméfitiquement bouché qu’une bouteille de limonade, sapeur ! Creusez un autre trou ! — C’est vrai ! » approuve Camember.

 

8. Qu’une vache normande n’y retrouve plus son veau entre les plâtreux de la GD et les mous des rares fermiers ;

 

9. Qu’il est très louche de mentionner « moulé à la louche » alors que c’est R2 D2 qu’y s’y colle pour le plus grand bénéfice de la productivité ;

 

10. Que l’on pourrait inclure dans les critères de classement l’adage populaire « le beurre, l’argent du beurre, et le sourire de la crémière… » en l’adaptant au temps moderne et en veillant bien de moduler le nombre de points en fonction de la longueur de la jupe de la crémière ;

 

11. Que le tribunal administratif de Caen, tout comme celui de Rouen, seraient enfin compétents pour juger de l'extension du domaine des m2 des parkings des usines élément déterminant de la notoriété d'un Grand Cru ;

 

12. Que notre Laurent, qu’a été normand du côté du Grand-Quevilly, pourrait inviter au Quai d’Orsay les membres de la commission pour les initier à la dégustation à l’aveugle des plus belles pièces ;

 

13. Que la commission de classement pourrait être présidée par le célèbre philosophe bas-normand Michel Onfray qu’a des avis sur tout ;

 

14. Que le calendos au Calvados hors d’âge pourrait ainsi accéder à l’appellation Grand Cru classé A ;

 

15. Que le sacristain des célèbres cloches de Corneville pourrait enfin se pacser avec celui du célèbre carillon multilingues de Saint-Émilion ;

16. Que cette classification mettrait en valeur l’auteur du discours de Bayeux qui avait affirmé avant le débarquement en Normandie qu’ « Un pays qui produit plus de 365 sortes de fromages ne peut pas perdre la guerre ! »

17. Que ça ferait plaisir à Michael Steinberger, critique gastronomique pour le New York Times et le Financial Times et auteur de La Cuisine française, un chef-d’œuvre en péril chez Fayard qui a écrit un chapitre entier sur le camembert au lait cru, pour raconter la colère au Japon et aux Etats-Unis quand il a été question de le supprimer.

 

18. Que l’inusable et insubmersible normand Michel Drucker pourrait, avec Mylène Farmer, faire partie de la commission de classement et FOG aussi ;

 

19. Que Gérard Blanchard, pourrait ainsi « revoir sa Normandie » ;

20. Que les mannes de Bouvard et Pécuchet pourraient largement inspirer les auteurs du futur décret de classement ;

21. Que la Rouletabille des classements en tout genre, Isabelle Saporta, me dit-on aimerait se pencher sur ce beau cas ;

 

22. Que l’avenir du petit peuple des BOF en dépend ;

 

Je fais requête express auprès du Ministre de l’Agriculture, tuteur de notre grande et belle patrie des fromages AOC, pour qu’il mette ses plus fins limiers de l’INAO au boulot afin qu’ils nous mijotassent, avec bien sûr le truchement de la plume de L'Association de Défense et de Gestion de l'AOC* Camembert de Normandie un beau cahier des charges de classement en Grand Cru des camemberts au lait cru… fait à cœur bien entendu !

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22 janvier 2016 5 22 /01 /janvier /2016 10:50
Raphaël Schirmer : si je me mets dans la peau des gros vendeurs de vin-PQ, excusez-moi l’expression, je n’irai pas me faire chier à sourcer dans le pays des black-bérets !

Cher Raphaël Schirmer,

 

Merci de me donner une telle visibilité sur le grand média qu'est le POINT.

 

Mon titre est très FOG mais comme le fait remarquer sa biographe Marion Van Rentergheim FOG Don Juan du pouvoir, c’est la clé de la vente.

 

Oui je sais, vendre, ce n’est pas la tasse de thé des Français, comme l’écrivaient certains alters le vin n’est pas une marchandise.

 

Excusez-donc ma vulgarité Fogienne mais comme l’écrivait un grand amateur de Bordeaux, Jean-Paul Kauffmann dans Le Matin de Paris lors de la sortie du roman de FOG en 1982. « Vaste pot-pourri giesbertien, un roman d’initiation sentimentalo-politique, écrit dans un style hussard à la Nimier […] Le paradoxe de FOG est déjà en place : la politique suscite chez lui une fascination dégoûtée. Il renifle une odeur de purin, mais il aime le purin. »

 

Je sais que FOG coule des jours de bienheureux dans la cité phocéenne mais son ombre tutélaire plane toujours sur le Point qui vient d'émigrer dans le XVe...

 

Vous me reprochez de vous avoir mal lu je pourrais vous renvoyer la balle d’un revers, qui ne serait pas forcément gagnant, en vous répondant que la vôtre est bien partielle.

 

Lire ICI 

"La ferme des mille vignes"… Le débat est ouvert !

Jacques Berthomeau a réagi, sur son blog, à l'article "La fin des droits de plantation ou la ferme des mille vignes". Raphaël Schirmer lui répond.

 

Je ne fais pas partie de la « communauté scientifique », comme me le disaient si souvent les chercheurs de l’INRA lorsque j’étais basé au 78 rue de Varenne, et bien sûr je ne suis pas en possession de la boîte à outils nécessaire aux belles démonstrations macro-économiques, aux analyses bien huilées qui ne débouchent sur aucune décision stratégique.

 

Et, ne vous en déplaise, Raphaël Schirmer, celle d’implanter une vigne sur le modèle «du Nouveau Monde» pour faire court, en est une, aussi bien pour les gros zinzins que pour le vigneron de base.

 

La libéralisation, bien relative, des droits de plantation va-t-elle dans les 30 années à venir modifier radicalement le modèle français, en attirant sur nos beaux terroirs des investisseurs avides de beaux retours sur investissements ?

 

Je ne le pense pas, même si, comme vous le faites remarquer il est bien difficile de se risquer, dans un monde en mutation radicale, à faire des prévisions.

 

Au passage me reprocher de n’avoir qu’une vision franco-française sur le sujet relève un peu de l’arrogance du chercheur en chambre. Sans flagornerie j’ai vendu du vin dans une filiale de Pernod-Ricard ce qui me permet de discuter stratégie mondiale avec celui qui reste encore un conseiller important Pierre Pringuet, et du côté du lait j’ai passé ma fin de carrière à dialoguer avec les nains du secteur : Lactalis, Bongrain, Danone, Sodiaal sur la fin des quotas laitiers et les conséquences sur le paysage laitier français.

 

Je suppose que c’est aussi votre cas Raphaël Schirmer car c’est à ce niveau que se prennent les grandes décisions stratégiques d’investissements tout comme au niveau de chacune des entreprises viticoles ou laitières individuelles ou sociétaires.

 

Bref, ma réponse à votre chronique m’a pris 30 mn chrono car je n’ai ni le temps ni le goût d’aller au-delà de cet effort pour contribuer au débat collectif. Je ne suis qu’un petit chroniqueur de la Toile qui s’intéresse à ceux qui boivent le vin au-delà de l’impérialisme intellectuel des sachants.

 

Lorsque j’écrivais que Mondavi a échoué en France je ne faisais pas référence ni à la bataille ridicule d’Aniane, ni au scandale du pinot noir de Sieur d’Arques destiné à la marque Red Bicycle destinée au seul marché US, mais à son échec commercial cuisant sur notre marché domestique.

 

Hé oui, cher Raphaël Schirmer, le commerce du vin en France et dans le monde ne répond pas toujours aux tables de la loi des 5 P du marketing. Ça peut bien sûr changer, je n’en disconviens pas mais ce dont je suis sûr c'est que miser sur l’océan rouge du vrac mondial nécessitera une révision radicale du sourcing à la française 

 

Quant à mon ironie sur les champs de betteraves à sucre ou de céréales des grandes plaines elle n’était qu’un clin d’œil au géographe qui doit sans doute se souvenir de la dualité de la Champagne chère à Vidal de la Blache. Champagne Céréales et Nicolas Feuillatte même combat !

 

Le pire n’est jamais sûr et loin de moi l’idée qu’une partie de notre vignoble, le Languedocien en priorité, retrouve le modèle qui fut le sien à l’époque glorieuse des VCC. Pour l’heure ce n’est pas le choix qui a été fait pour des raisons qui tiennent pour beaucoup au déni de cette période. Je ne fais que le constater : les ex-vins de pays d’Oc chers à Jacques Gravegeal sont les héritiers de ce temps et le «succès» de Gérard Bertrand s’est construit sur le socle de l’incapacité des coopératives viticoles de vendre leurs vins.

 

Si vous me permettez cette expression Raphaël Schirmer descendez de votre socle macro-économique qui, certes est bien utile à l’analyse des tendances, pour aller à la rencontre du terrain des décideurs économiques tels In Vivo qui veut fédérer les coops du Sud, Pernod-Ricard, Grand Chais de France, LF Latour, Christophe Navarre, les grands d'Espagne, les grands Ricains, les winemakers et des vignerons qui savent vendre leurs vins sur les marchés mondiaux.

 

Je vous cite :

 

« J’ai en ce qui me concerne en tête plutôt Walmart (484 milliards de $ !) ou Costco. Costco dont on se souviendra que l’influente Annette Alvarez-Peters avait déclaré que vendre du vin ou du papier toilette, c’est la même chose. Comme quoi, le parallèle avec la bière n’est peut-être pas si bête que cela, certaines font pire. Et d’ailleurs, Starbuck a lancé avec succès la vente de vin dans ses enseignes américaines ; on peut s’attendre à ce qu’il fasse de même en Europe ou ailleurs. Au bas mot, 19 000 sites dans le monde. Il faudra bien les approvisionner. Et je suis prêt à parier que les fast-foods vont suivre d’ici peu. »

 

Bien d’accord avec vous mais si je me mets dans la peau de ces grands vendeurs de vin-PQ, excusez-moi l’expression, je n’irai pas me faire chier à sourcer dans le pays des black-bérets ! La palette de mes choix est telle, et ce n’est pas à l’un des auteurs de l’Atlas Mondial du vin que je l’apprendrai, que je n’aurai que l’embarras du choix, y compris chez nos voisins ibériques.

 

Pour faire des vins aromatisés ou des rosés à 2 balles, le négoce français a lui-même fait ce choix :

 

« Les importations françaises de vins sans indication géographique (IG) ont affiché de fortes hausses au cours des dix premiers mois de l’année 2015 par rapport à la période précédente. Selon FranceAgrimer, les importations de vins sans IG en vrac sans cépage ont progressé de + 13 %. Ceux mentionnant le cépage affichent, de leur côté, + 34 % d’augmentation. Les importations de vins sans IG en bouteilles enregistrent également une progression de + 34 %, mais ce type de vente reste encore limité au profit du vrac.

 

Au total, les vins sans IG, dont la majorité provient d’Espagne, représentent 66 % des importations françaises de vins. Une proportion en hausse de deux points par rapport à 2014. Année au cours de laquelle de nombreuses marques de vins sans IG tricolores ont choisi de s’approvisionner en Europe plutôt qu’en France. »

 

Pour terminer cette discussion bien inégale, si j’ai qualifié de phantasme la crainte d’une ferme des mille vignes ce n’est pas pour affirmer que ce risque n’existe pas, loin de moi cette affirmation, mais pour dire qu’à moyen terme la Vigne France, face aux défis mondiaux, à d’autres sujets de préoccupations bien plus vitaux à affronter. Rien de plus rien de moins, la capacité des dirigeants du monde du vin à exhiber des leurres pour les masquer est un grand classique du genre.

 

Enfin Raphaël Schirmer votre conclusion m’étonne, puisqu’elle évoque les stigmates sur les paysages de notre politique viticole dites régulée par les droits de plantation et autres mesures de gestion.

 

« La « ferme des mille vignes » n’est qu’une image, à ne pas prendre au pied de la lettre. Il est pourtant des secteurs du Bordelais, de la Loire ou de Champagne qui sont complètement banalisés. Grandes parcelles monotones, absence de toute autre végétation que la vigne, et rectitude des horizons. Hélas si, je suis déjà bien « inquiet pour nos chers paysages viticoles ».

 

Je n’ai pas pris votre image au pied de la lettre puisque j’ai écrit que la fameuse ferme des 1000 vaches n’était qu’un cache grossier masquant le choix de beaucoup de fermes laitières du Grand-Ouest toutes tournées vers l’hyper-productivité sourcing des grandes tours de séchage alimentant le marché chinois.

 

Pendant que j’y pense, les soucis du porc breton, face à la concurrence allemande, devraient amener à réfléchir sur le concept de rentabilité d’une exploitation face à la mondialisation.

 

Merci de m’avoir lu attentivement... Mon blog un espace de liberté ouvert à tous les contributeurs qui souhaitent s'y exprimer pour faire avancer les idées... Je forme le voeu que la communauté scientifique s'ouvre elle aussi au grand large plutôt que de rester confinée dans des colloques accadémiques et ennuyeux....

 

PS. Pourriez-vous m'expliquer pourquoi mon rapport tardif de 2001 ait émané d'un type comme moi et non de la communauté scientifique du vin ? 

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21 janvier 2016 4 21 /01 /janvier /2016 06:00
Marc Hélalie de la Revue des Gros Vins de France fait un carton sur le spécialiste de l’imprécation et de l’exécration…

C’est un homme du sérail, il taille, souvent avec une belle pertinence, de beaux costards à l’engeance qui se la pète sur Internet.

 

Dès qu’il est entré en scène beaucoup m’ont interrogé : qui c’est ?

 

Je ne sais et peu me chaut de savoir qui se cache derrière cette plume acérée qui fait rire jaune les accros du buzz sur tout, le contraire de tout et tout et son contraire. Tout est bon pour que la petite confrérie des adulateurs de Face de Bouc puisse frétiller, poster des commentaires qui se veulent à un degré d’humour qu’une échelle de Richter de l’humour rance ne peut mesurer.

 

Comme l’écrit Marc Hélalie dans sa dernière chronique « s'attaquer « au vin nature. » Je pense que je peux faire au moins 10 000 clics sur ce sujet. Dans un premier temps, je vais prendre des photos de bouteilles très connues dans ce milieu que je vais vider dans mon évier. Par la suite, je pense affirmer que le vin nature n'existe pas et que c'est une escroquerie. En mesurant les sulfites dans les vins dits « sans ».

 

J'avais le choix, soit je partais sur le combo Bordeaux boisé-pesticides-Mouton Cadet-Gérard Bertrand, soit le combo Biodysorciers-vins natures qui puent- bobos. J'ai pris la seconde voie, c'est un choix clairement assumé, et si c'était à refaire, je referais la même chose. Aujourd'hui je me suis fait beaucoup d'amis dans le monde du vin, et je ne pourrais plus faire machine arrière. Je comprends qu'il est parfois dur de prendre une voie, mais maintenant je travaille pour devenir Blog de l'année de la Revue des Vins de France. ( Média confrère qui malheureusement puise nombre de ses sujets dans nos publications, avis aux lecteurs, qui sauront reconnaître l'original à la copie, ndlr) »

 

La Toile permet au plus grand spécialiste de l’exécration, du fond de son exil, de passer ses frustrations sur les cavistes alterno-parigo-mélanchoniens, les fonctionnaires et tous ceux qui ne trouvent pas grâce à ses yeux.

 

Dernière en date de ce redresseur de torts petits bras la Pamela Anderson venue plaider la cause animale devant l’Assemblée Nationale en demandant l’interdiction du gavage pour faire le foie gras.

 

Je mange du foie gras et j’ai peu de goût pour les poitrines siliconées, j’aime le naturel, mais je ne vois pas en quoi les seins boostés de Madame Anderson constituent un argument décisif pour dénigrer sa cause en se vautrant dans une vulgarité qui pue le machisme.

 

« Quand une dinde défend les canards…

 

La politique ne déplace plus les foules, mais on a la recette : pour remplir l’assemblée nationale il faut du nichon ! Quelle honte ! Pourquoi se permet-on d’inviter une actrice de second plan pour militer contre le foie gras ? »

 

Brutalité, vulgarité, mépris hautain teinté d’une bonne dose de couardise, transforment les réseaux sociaux en caniveaux.

 

Je ne suis pas vegan mais je respecte l’expression de ses représentants, y compris une Bimbo, lorsqu’elle s’exprime de façon pacifique. Le bien-vivre c’est aussi le savoir-vivre… En étant mauvaise langue je soupçonne fort, une bonne partie ces railleurs, d’être aussi de grands amateurs de films où les femmes ne sont que des bouts de viande.

 

Les obsédés du clic à n’importe quel prix sont du niveau de la presse de caniveau, celle tout juste bonne à emballer la poiscaille ou à servir dans les feuillets chers à Abel Tiffauges.

 

« Toute cette terre noire et grasse qu’il remuait jour après jour y était peut-être pour quelque chose : depuis son arrivée au camp, et malgré la nourriture chiche et médiocre, il vivait dans une béatitude fécale. Chaque couvre-feu – définitif celui-là – il se rendait aux feuillées pour un temps aussi prolongée que possible qui était peut-être le meilleur moment de la journée et qui le ramenait fortement à ses années beauvaisiennes. Parenthèse de solitude, de calme et de recueillement dans l’acte défécatoire, accompli généreusement et sans effort excessif, par un glissement régulier de l’étron dans le fourreau lubrifié des muqueuses. »

 

Le Roi des Aulnes Michel Tournier

 

Comme l’écrivait avec pertinence et impertinence Bill Watterson peintre, scénariste et dessinateur de bande dessinée américain.

 

« La preuve irréfutable qu’il existe une vie intelligent sur une autre planète, c’est qu’ils n’ont jamais cherché à nous contacter. »

 

 

Marc Hélalie de la Revue des Gros Vins de France fait un carton sur le spécialiste de l’imprécation et de l’exécration…
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20 janvier 2016 3 20 /01 /janvier /2016 09:35
Ce n’est qu’un début continuons le combat : ils n’ont pas touché à mon Derain !

Le 16 décembre 2015 je publiais une suite d’attendus pour défendre la juste cause de Dominique Derain.

 

« Aujourd’hui je le fais parce que, par-delà le cas d’espèce de Dominique Derain, se pose un problème de fonds : le droit protège-t-il un métayer face à un propriétaire qui désapprouve ses choix ? »

 

Lire la chronique ICI 

 

Et ce matin dans ma boîte électronique une bonne nouvelle :

 

Salut Jacques,

 

« Les causes sont entendues. Pour faire suite à ta lettre sur ton blog, on annonce toujours les problèmes sans donner les résultats. Aujourd'hui le tribunal a reconnu la sincérité de notre démarche par son jugement. »

 

Il n'empêche que la parcelle est toujours en suspens. Parallèlement nous avons fait un recours au tribunal administratif pour l'attribution de cette parcelle. Nous connaissons la lenteur de l'administration donc la récolte 2016 semble compromise. »

 

Le combat continue, que les juges administratifs accélèrent la cadence sinon nous serons privé du Gevrey-Chambertin « En Vosne » 2016 de Dominique Derain…

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