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7 avril 2016 4 07 /04 /avril /2016 06:00
Moi consommateur pourquoi CAVB voulez-vous me former à la dégustation, n’est-ce pas me faire perdre mon identité ?

J’ai reçu une réponse * à mon courrier adressé à madame la directrice de Siqocert du 1er avril. Elle n'est pas signée par elle.

 

Datée du 5 avril elle émane du CAVB, qui est le Soviet Suprême des vins bourguignons, et c’est une lettre-type comme le montre la formule « Pour ceux d’entre vous qui valideront cette formation »

 

J’eusse préférer un chouïa de personnalisation du style « Si votre formation est validée. » mais passons sur ce détail de forme pour aborder le fond de cette proposition.

 

Tous les dégustateurs doivent donc faire la preuve qu’ils sont aptes à entrer dans le moule en étant évalués par je ne sais qui d’ailleurs.

 

J’imagine que si Louis-Fabrice Latour, négociant de son état, Claude Chevallier, vigneron émérite, tous deux présidant à, tour de rôle le BIVB, Michel Bettane, énorme dégustateur, Hubert de Bouärd de Laforest le génial wine-maker que le monde entier nous envie et qui rêve de vendre ses éminents services à de beaux Clos bourguignons, postulaient à cette tâche ils devraient se plier à cette forme de figures imposées vu leur absence d’expérience en ce domaine.

 

Mais au-delà de cette remarque, non dénuée de causticité et de réalité, je ne comprends pas bien pourquoi le consommateur que je suis devrait se faire formater ?

 

En effet, ça me semble contraire à la position même du consommateur qui n'est pas un professionnel de la profession, c'est sa singularité au sein de vos commissions. Selon le parours du combattant que vous me proposez je dois perdre ma singularité, m'insérer dans votre univers bien bordé, être des vôtres.  

 

Quel intérêt y-a-t-il à se transformer en clônes ?

 

Naïvement je croyais que cette dégustation avait pour but de mettre sur le marché des vins qui, dans leur diversité, seront aptes à satisfaire le large éventail des goûts des consommateurs. Nous sommes si divers. Au final, ces vins seront vendus pour être achetés et bus par nous, les humbles du bout de la chaîne, ceux qui entrouvrent leur porte-monnaie avant d’entrer dans les statistiques du BIVB si bien commentées autrefois par Louis-Fabrice Latour dans la glaciaire salle des Pôvres le matin de la vente des Hospices de Beaune.

 

Pourquoi diable voulez-vous me faire subir cet entraînement à une technique dégustative ? C’est, hormis le côté « humiliant » pour un vieux cheval de retour blanchi sous le harnois comme moi, vidé cet exercice de sa substance humaine avec un côté je ne veux voir qu’une seule tête.

 

De plus, petit détail d’intendance, vu mon positionnement parisien, je me devrais de payer 4 aller-retour SNCF pour subir vos formations. En clair, de facto, ça rabougri votre échantillon de consommateurs aux seuls Bourguignons. Une forme bien étrange d'autarcie peu conforme au rayonnement international des vins de Bourgogne.

 

Bel entre-soi bien peu conforme à la réalité du marché des vins de la Haute et Basse-Bourgogne.

 

Mais je crois que là je m’aventure dans l’univers des mots qui fâchent, si j'étais admis comme un électron libre mon petit vote original risquerait de troubler les affaires de famille, perturberait l'ordre des choses, ferait peut-être pencher le plateau de la balance du mauvais côté, celui des vins fait pour être déchus de l’identité bourguignonne.

 

Et pourtant, chaque jour que Dieu fait, ou presque, je me fais l’ambassadeur de vos vins, mais est-ce là votre principale préoccupation ?

 

Permettez-moi d’en douter sans pour autant vous faire un quelconque procès d’intention car, comme diraient ceux qui veulent se dédouaner, c’est le système qui eut ça !

 

Mais qui pilote donc ce dit système ?

 

Ceux qui l’ont construit et, que vous le vouliez ou non, en jargonnant comme les économistes : c’est l’aval qui au final pilote le système. Pas vous !

 

Ce n’est pas à vous de décider de soi-disant trier le bon grain de l’ivraie. Ce faisant vous êtes à côté de la plaque, à contre-courant des évolutions de fond qui exigent de la diversité et non de l’uniformité.

 

En prenant cette position ne croyez-pas que je me défile ; ce n’est pas le cas, en effet je ne me vois pas cautionner une mécanique purement technicienne qui me semble contraire à ce que devraient être les fondamentaux d’une appellation d’origine.

 

Je reste donc candidat si je suis pris tel que je suis et non tel que vous voudriez que je sois.

 

J’attends avec impatience la réponse du duo de charme : Louis-Fabrice Latour&Claude Chevallier, les tauliers du BIVB.

 

Qu’ils reçoivent en attendant l’expression de mes salutations les plus bourguignonnes.

 

Jacques Berthomeau

 

 

 

 

Bonjour M.Berthomeau,

 

Un planning des futures formations à la dégustation a été établi. Il s’agit de formations proposées aux dégustateurs pour l’évaluation des vins lors des commissions d’examens organoleptiques dans le cadre de la production des vins d’AOC de Bourgogne (SAQ, SIQOCERT, UPECB).

 

Les formations se composent de 4 séances de 3 heures et demi. Il a été décidé de rapprocher les programmes de formation à la dégustation CAVB (pour dégustation SIQOCERT), Suivi Aval qualité du BIVB et l’UPECB (pour les Crémants) afin de créer un collège unique et de donner accès à tous les professionnels formés aux 3 types de dégustation ensuite. Cette formation fera l’objet d’une évaluation en dernière séance.

 

Pour ceux d’entre vous qui valideront cette formation, nous transmettrons votre dossier à SIQOCERT, au BIVB (service SAQ) et à l’UPECB (Crémant) qui vous convoqueront pour leurs dégustations.

 

Ces formations sont proposées :

 

- A tout nouveau dégustateur qui souhaite participer aux jurys de dégustation UPECB, SIQOCERT et SAQ.

 

Département de formation Dates/horaires Lieu de formation

 

COTE D’OR Groupe 2 Jeudi 7 avril 2016 :

 

8h30-12 et 13h30-17h CITVB, 6 rue du 16e chasseur

21200 BEAUNE

 

Vendredi 8 avril 2016 :

8h30-12 et 13h30-17h

 

Contact à la CAVB pour les inscriptions : Eva Navarro Diego e.navarro@cavb.fr

 

Je reste à votre disposition pour tout renseignement complémentaire.

 

Cordialement,

 

Eva Navarro Diego

Technicienne - Oenologue CAVB-UPECB

132 route de Dijon 21200 Beaune.

Tel: 03.80.25.00.21 - Fax: 03.80.25.00.27

e.navarro@cavb.fr

www.cavb.fr

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4 avril 2016 1 04 /04 /avril /2016 06:00
Avis aux parigos-bobos L’Innomintato de Coletti c'est aussi pour les prolos® qui ont gagné au Loto !

J’adore les bulles quand elles sont du vin, c’est mon côté simplet. Comme j’ai de bons amis du côté du vin de pays de champagne, qui m’oublient un peu depuis qu’ils sont devenus des stars, et du côté des roturiers du crémant, je peux donc écrire que j’ai en ai un peu ras la coupe du marketing bétonné des maisons champenoises de toute obédience.

 

Arrogance qui pourrait se révéler à terme préjudiciable à leur beau modèle économique. Le coup de semonce de la crise de 2008 ne semble pas les avoir vaccinés, produit normalisé, lissé, sans aspérité proposé sur les murs de la GD à des prix qui me laissent rêveurs.

 

Même si la recette est éprouvée depuis des décennies comme le disait mon grand-père « ça durera moins longtemps que les contributions indirectes », car les temps changent et sous le long fleuve tranquille des effervescents de luxe se glissent des petites bulles naturistes bien agréables.

 

S’ils veulent camper sur leurs certitudes après tout c’est leur problème pas le mien.

 

Je pratique allègrement l’extension du domaine des bulles en allant fouiner du côté de l’Italie où je suis tombé amoureux fou de Coletti.

 

Tout ça c’est la faute des cantinières d’altitude du Lapin Blanc qui se fournissent en doses de Coletti auprès du dealer de vin, un certain Antoine Gruner sis dans les marches de l’Est.

 

Ce gars-là y fait tout pour que je succombe à la tentation en flattant mes bas instincts de traître à la classe ouvrière de nos pères.

 

Son dernier coup en date c’est de mettre sous le nez son Innomintato de Coletti dont il me certifie qu'il est aussi bon pour les prolos®

 

 

Vous aurez remarqué que ce dealer, vu mon addiction, a sitôt déposé la marque «L’Innomintato de Coletti c'est aussi pour les prolos® »

 

Savent compter les vino-alternos alors que, pauvre de moi, je ne sais que conter et enfourcher mon vélo pour combler mon manque en filant chez le grand aveyronnais du Lieu du Vin acheter ma dose d’ Innomintato de Coletti.

 

Arrivé à bon port je tombe sur deux jolies jeunes femmes qui tiennent en lieu et place du grand Philippe la machine à dealer les doses d’Innomintato.

 

Pour vous mettre au parfum de qui est Massimo Coletti je n’ai pas trouvé mieux que le sieur Patrick Böttcher maître-es-vin nature d’Italie.

 

« Un œnologue, vrai de vrai, que ce Massimo, italien de surcroit, et un œnologue qui tient un Wine Bar, ce n’est déjà pas commun, mais là où la chose devient plus palpitante, c’est quand, dès la première visite, le bonhomme dégoupille quelques bouteilles de Prosecco en susurrant… voilà, ceci est mon vin.

 

D’autant encore plus palpitante que le liquide dans les verres ressemble à tout sauf à l’idée que nous avons tous du Prosecco… celui-ci est trouble, enfin légèrement trouble, et surtout il est sec, très sec.

 

Et là Massimo, reprend la parole : « Ça vous étonne, n’est-ce-pas ? Pourtant c’est ainsi que faisaient nos ancêtres avant l’internationalisation des vins. Et chez nous, chez Coletti, on veut retrouver cette tradition par tous les moyens ».

 

Et même si le domaine, vu sa jeunesse, ne fait pas encore partie de ces mouvements des Vini Naturali d’Italia, même si aucun certificat bio ou autre n’est actuellement revendiqué, cette seule volonté de retrouver les vins artisanaux du passé, ce goût naturellement original, cela suffit largement à capter toute mon attention et la vôtre j’espère. »

 

La suite ICI 

Avis aux parigos-bobos L’Innomintato de Coletti c'est aussi pour les prolos® qui ont gagné au Loto !

L’INNOMINATO 2014

 

Rosé refermented in bottle sparkling

 

Grape:

 

80% Manzoni 13.0.25 (cross between Raboso and Muscat of Hamburg )

20% Manzoni 6.0.13 (cross between Riesling and Pinot blanc)

 

Areas of origin of the grapes :

 

Old cru Martinon, San Fior ( TV )

 

Height of the grape :

 

57 m above sea level

 

Soil type:

 

Mix of clay soil with peebles

 

Climate:

 

tempered with cold winters and hot as well as humid summers

 

Average rainfall :

 

1000 millimeters with heaviest fall in June and November, lightest in January and August

 

Growing and pruning method:

 

Guyot

 

Density:

 

3600 plants/hectare

 

Production:

 

maximum 7000kg /hectare

 

Harvest:

 

from 20 to 30 september

 

Winemaking :

 

selection in the vineyard and manual harvest , de-stemming and soft pressing for the white

 

Manzoni for a period of 4 hours, while the Manzoni Rosé is macerated with the skins for

 

5/6 days . Fermentation occurs naturally with indigenous yeasts in stainless steel tanks,

 

without the addition of chemical additives. Ageing with surlies until the end of March.

Second fermentation takes place in the bottle and at least 18 months of aging in bottle.

 

No degorgement

 

Analytical data:

 

Alcohol 12% vol

Sugar 0 gr/lt

Total Acidity 9 gr/lt

Pressure 4 bar

Sensory characteristics:

 

Aspect :

 

Raspberry pink color with deep red reflections, fine perlage with slight turbidity given by naturally occurring deposit in the bottom of the bottle

 

Perfumes

 

Elegant scent of yellow peach, carmin rose, red berries and pink grapefruit peel

 

Taste

 

Dry, creamy bubbles with structure. Good fullness and length, closely mirroring the scent

 

Serving suggestions:

 

Excellent as an aperitif, and is best accompanied with dishes based on fish and shellfish, even raw. Great with a risotto with scallops and a hint of saffron.

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1 avril 2016 5 01 /04 /avril /2016 19:00
Madame la directrice de Siqocert Armelle Lesaint suis-je digne de faire partie de vos commissions de dégustation ?

Ce n’est pas un poisson d’avril.

 

Ma candidature à l’une de vos commissions de dégustation, va sans doute vous paraître incongrue, outrecuidante, inappropriée comme le disent certaines hautes personnalités, mais j’ose vous la présenter.

 

Que suis-je donc pour me mettre ainsi en avant ?

 

Rien qu’un simple buveur de vin, en l’occurrence ici ceux de la Basse et de la Haute Bourgogne fruit du labeur de vos ouailles donc, un client versant son écu pour chaque flacon bu.

 

Je ne possède aucune autre qualification que celle-ci n’étant adhérent à aucun cercle, forum, club d’amateurs, petits ou grands ; pire encore, quoique chroniquant depuis une décennie pour l’extension du domaine du vin, je ne me suis jamais risqué à noter ou à commenter un vin sur mon espace de liberté.

 

En résumé je ne fais pas partie de la famille, même pas une branche rapportée même si je compte beaucoup d’amis tant parmi les vignerons bourguignons que du côté du négoce.

 

Il y a fort longtemps j’ai fait profession de marchand de vin dans une grande maison, un embouteilleur de place disait-on, et comme pour vendre il faut d’abord acheter je me suis donc soumis à la dégustation d’échantillons.

 

Exercice difficile car il fallait que je m’efforce de me glisser dans la peau de mes clients.

 

Ha, le client ! Drôle d’oiseau que ce monsieur et madame tout le monde qui, tout au bout de la chaîne de distribution, semble trop souvent être considéré par les professionnels du vin comme le chaînon manquant.

 

Simple consommateur, et fier de l’être, j’ai, j’en conviens, une tendance très prononcée à emprunter des chemins de traverse qui risquent de déplaire dans vos cercles qui me semblent, vu de chez moi, assez fermés.

 

Ouvrir les portes et les fenêtres, laisser entrer un léger zéphyr dans ce relatif confinement m’apparaîtrait porteur d’une anticipation propre à prendre en compte les attentes des nouveaux consommateurs.

 

Je n’en suis pas un, j’en conviens, mais depuis que je bourlingue sur la toile et que je fais des travaux pratiques dans les lieux où ces nouvelles pousses découvrent et apprécient le vin, j’ai élargi ma culture du vin.

 

D’ailleurs ma candidature n’est que symbolique je suis tout prêt à céder la place que vous m’accorderiez à l’une de ces jeunes pousses.

 

Bref, comme je me doute que vous fussiez fort occupée madame la directrice, j’en resterai là tout en vous avouant que je suis fort marri de voir recaler des vins que je retrouve sur les plus belles tables de Paris ou d’ailleurs.

 

« L'ennui naquit un jour de l'uniformité. »

 

Pourquoi cet entre soi ?

 

Vous allez me rétorquer que vous n’êtes que l’exécutante patentée des fameuses ODG.

 

Je le sais mais au-delà de la lettre il y a l’esprit et je suis persuadé qu’en sortant un peu de vos rigidités vous pourriez faire évoluer un système qui amène beaucoup des vins d’AOC à leur perte.

 

Par avance je vous remercie d’avoir pris la peine de me lire même si je n’ai que peu d’espoir de voir ma requête prise en considération.

 

Bien à vous.

 

Avec l’expression de mes salutations les meilleures.

 

Un chroniqueur buveur de vin.

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27 mars 2016 7 27 /03 /mars /2016 06:00
Reprendre la conversation Jean-Michel Alberola

Reprendre la conversation Jean-Michel Alberola

Les petits maux qui me cloîtrent ces derniers temps dans mon appartement sont bien dérisoires à côté du malheur qui s’abat sur notre foutu monde que l’on dit civilisé.

 

Pas envie d’écrire, tiens pas en place, tourne en rond, pioche dans ma pile de livres, en commence un puis un autre, me disperse, dépiaute une mandarine, me rassied, me saoule d’opéra, rien ne va, rien ne me va où que ce soit…

 

Le Chagrin des Belges, Het verdriet van België est un célèbre roman d’Hugo Claus, publié en 1983.

 

 

Certains vont me reprocher mon chagrin de proximité alors que des morts, par fournées, chaque jour, dans le monde entier, sont passés sous silence, même pas oubliés car même pas nommés.

 

J’en conviens mais il faut que vous sachiez que la Belgique a beaucoup contribuée à ma culture picturale.

 

Dans les années 90 ce fut la boulimie, les galeries, les expositions, une immersion totale, une passion, rien ne m’arrêtait. Je chinais des toiles partout, une addiction, une faim inextinguible.

 

Et ce fut un jour Marcel Broodthears au musée du jeu de Paume en 1992.

 

 

« Moi aussi, je me suis demandé si je ne pouvais pas vendre quelque chose et réussir dans la vie. Cela fait un moment déjà que je ne suis bon à rien. Je suis âgé de 40 ans.»

 

Moi je roulais vers mes 44 ans.

 

Dans son journal, le mardi 8 octobre 1822, Eugène Delacroix, cher au cœur de JPK, écrivait en maugréant dans son journal :

 

« Quand j’ai fait un beau tableau, je n’ai pas écrit une pensée. C’est ce qu’ils disent. Qu’ils sont simples ! Ils ôtent à la peinture tous ces avantages. L’écrivain dit presque tout pour être compris. Dans la peinture, il s’établit comme un pont mystérieux entre l’âme des personnages et celle du spectateur […] Ainsi les esprits grossiers sont plus émus des écrivains que des musiciens ou des peintres. »

 

Broodthears fut comme Delacroix un plasticien qui aurait aimé être écrivain.

 

« De toutes les façons de se procurer des livres, la plus glorieuse est de les écrire soi-même » écrivait-il.

 

 

 

De peinture j’en parlais aussi, à Gordes, sous les charmilles, avec Michel Henochsberg.

 

Mais qui donc est Michel Henochsberg me direz-vous ?

 

Un ami perdu de vue alors que nous habitions tous deux dans le XIVe, j’écris habitions car lui l’a quitté en janvier de cette année pour rejoindre le cimetière Montmartre.

 

Tristesse, en des temps difficiles pour lui je fus l’un de ses rares amis à ne pas lui tourner le dos, nous correspondions épisodiquement mais je ne le savais pas malade.

 

Je m’en veux de ne pas avoir pu l’accompagner mais les regrets ne servent à rien et c’est pour cela que j’ai décidé d’écrire cette chronique.

 

Nous nous sommes connu par le cheval, le pur-sang, pendant tout mon séjour au 78 rue de Varenne le dossier des courses et du PMU fut pour moi un dossier réservé.

 

« Professeur d’économie de métier, il a exercé à l’université Paris X-Nanterre, Michel Henochsberg a été très présent dans les institutions du galop ces 25 dernières années. Entre 1989 et 1996, il fut président du Syndicat des éleveurs des chevaux de sang et, en parallèle, président de l’Association des éleveurs européens de chevaux de 1992 à 1996. Très proche de Jean-Luc Lagardère, il en fut même le vice-président à France-Galop en 1995. Il connut de grands succès dans l’élevage avec des poulinières comme Allegretta (mère d’Urban Sea et de King’s Best) ou encore Caretta qui a donné Kingsalsa et Al Nasr. Très impliqué aussi dans le monde des médias, il est entre autre à l’origine de la création de Jour de Galop. »

 

Mais pour moi Michel c’était surtout la revue Dérèglements de Comptes avec Jean-Michel Alberola le peintre.

 

« Entraînée, contre ses inclinaisons, dans le tourbillon de l'économie mondiale, la France n'en finit pas de désespérer ses dirigeants actuels. Ils la dessinent moderne, dynamique, agressive, totalement plongée dans cette nouvelle compétition où les premiers sont ceux qui vendent le plus.

 

Hélas, le français n'est pas commerçant, il n'est que producteur : depuis longtemps, entre l'Economie et la France s'est installé un grand malentendu.

 

Dès le carolingien et le capétien, l'espace français est d'abord celui d'un Etat : aussi, tout est en place aux premiers frémissements de la modernité économique pour que la France manque l'économie. Car il faut répéter que la nature de la verticalité étatique s'oppose fondamentalement à une fluence économique qu'elle s'emploie, vaille que vaille, à canaliser, à baliser, à circonscrire.

 

Certes le pays se révèle d'emblée grand lieu de production. Campée sur un sol fertile tramé d'innombrables villages (le concept de base de la réalité française) parvenus rapidement à l'autoconsommation, la France est une matrice féconde. Prodigalité laborieuse liée à la pression constante d'un pouvoir, à nourrir dans tous les sens du terme. »

 

Extrait de la revue Dérèglements de Comptes 8ème partie 1990 Jean-Michel Alberola et Michel Henochsberg (le texte intégral peut vous être transmis à la demande).

 

J’ai donc voulu tardivement saluer Michel au travers de l’une de ses multiples facettes, son compagnonnage de longue date avec Jean-Michel Alberola qui expose en ce moment au Palais de Tokyo du 19 février au 16 mai

 

L’AVENTURE DES DÉTAILS

 

« Je ne fais que des détails, je ne fais que ça. Je compte simplement sur l’addition des détails. » 

 

« L’exposition personnelle de Jean-Michel Alberola au Palais de Tokyo cartographie la diversité méconnue de son travail. Mettant en scène de nombreuses œuvres inédites en dialogue avec de précédentes créations, elle convoque les figures de penseurs majeurs, de Robert Louis Stevenson à Guy Debord, de Franz Kafka à Karl Marx, en passant par Simone Weil et le cinéma, et forme le point de départ d’une réflexion plus large sur l’histoire et l’état du monde, sur le temps ou sur les déplacements, des plus infimes aux plus actuels.

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23 mars 2016 3 23 /03 /mars /2016 06:00
Mon coeur est à Bruxelles de Joann Sfar

Mon coeur est à Bruxelles de Joann Sfar

Bien sûr ce n’était qu’une contribution bien modeste à l’édification d’un Marché dit Commun, rien que des vaches, des cochons, des couvées, du blé et aussi du vin. Une petite pierre, une motte de terre dans le jardin d’une Europe sans guerre, paisible, fraternelle.

 

Nous allions donc, jeunes et joyeux, à Bruxelles dans le TEE qui ressemblait tôt le matin à une annexe de notre grande et belle administration française. En ce temps-là nous étions fiers de servir l’État, d’être des petits rouages d’une construction commune née de la volonté du plus jamais ça.

 

Jean Monnet, Robert Schuman, Alcide De Gasperi, Paul-Henri Spaak, les pères de l’Europe disait-on.

 

Sicco Mansholt

 

Elle était bien petite : l’Italie, la RFA, le Benelux et nous les Français, les 6. Puis elle s’est élargie, pour moi jusqu’à 12.

 

Dans le train nous profitions des derniers ors des TEE, petit-déjeunions, nous nous chamaillions entre les bouseux de l’Agriculture et les petits marquis des Finances sous les regards narquois de ces messieurs du Quai. Presque que des mâles, des Français quoi.

 

Nous refaisions le monde.

 

Il ne pouvait qu’être beau et prospère, surtout sur notre nouvel îlôt !

 

Rassure-toi je ne vais pas retracer toute l’histoire de cette Union dont Bruxelles est la capitale, ce n’est ni le jour ni l’heure, en ce moment de douleur, de recueillement cher Arno.

 

Ce n’est pas le moment de faire des phrases ou des petits dessins mais d’être présent, discret, solidaire.

 

Si je prends la plume ce matin c’est pour te dire toute mon affection, celle que je te dois cher voisin de Bruxelles pour celles et ceux touchés dans leur chair, leur âme. Vie brisée, ravagée, victimes toujours innocentes.

 

Comme chez toi je me sens un peu chez moi, à l’aise sans rouler des mécaniques comme nous savons si bien le faire nous les Français, tout ce qui te touche me touche alors je te le dis tout simplement.

 

Je suis triste, très triste, impuissant...

 

J’aime Bruxelles pour un paquet de raisons cher Arno et je puis t’assurer que dès que je le pourrai j’y remonterai comme si de rien n’était.

 

Bon courage cher Arno, merci de te faire mon interprète auprès de tes concitoyens.

 

Je t’embrasse.

 

À bientôt, en mai, au Trianon.

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21 mars 2016 1 21 /03 /mars /2016 06:00
Si t’as jamais bu du coco dans ta vie alors va vite mon coco goûter le soufflé réglisse des Climats…

Je plante le décor : jeudi de la semaine passée suite à un long épisode de claustration, une dizaine de jours, dû aux miasmes d’un hiver mou, au cours duquel mon régime alimentaire fut, très frugal, et à l’eau bien sûr, je décidais à nouveau bon pied bon d’œil de rompre cette forme d’ascèse obligée.

 

À vélo, direction la rue de Lille sous la véranda du restaurant Les Climats avec mon ami Claire, fraîche comme une rose. J’y suis comme à la maison sauf que du côté mets c’est une autre paire de manche : Julien Boscus est aux manettes avec sa belle brigade et, dans le secteur liquide, je laisse libre-cours au maître sommelier Franck-Emmanuel Mondésir ou à la belle Johanna. Tout ça sous l’œil attendri de Carole la Taulière et de tous nos amis du service.

 

L’heure était donc venue de porter à nouveau la coupe aux lèvres et pour ce type de rupture rien ne vaut les fines bulles d’un Crémant de Bourgogne.

Si t’as jamais bu du coco dans ta vie alors va vite mon coco goûter le soufflé réglisse des Climats…

Un de mes plus beaux repas aux Climats ; qu’il est doux de passer du jeûne radical à une cuisine inspirée, précise, attentionnée, où le talent est mis au service du produit, et si le diable se niche d’ordinaire dans les détails, en cuisine ce sont eux, leur maîtrise, qui font la différence.

Si t’as jamais bu du coco dans ta vie alors va vite mon coco goûter le soufflé réglisse des Climats…
Si t’as jamais bu du coco dans ta vie alors va vite mon coco goûter le soufflé réglisse des Climats…

LANGOUSTINES EN DÉCLINAISON,

 

En tartare rafraîchi d’une gelée pomme verte-verveine, mascarpone au citron ; croustillante relevée d’un condiment avocat - passion ; en raviole parfumée de combawa, bisque au Crémant rosé.

Si t’as jamais bu du coco dans ta vie alors va vite mon coco goûter le soufflé réglisse des Climats…
Si t’as jamais bu du coco dans ta vie alors va vite mon coco goûter le soufflé réglisse des Climats…
Si t’as jamais bu du coco dans ta vie alors va vite mon coco goûter le soufflé réglisse des Climats…

BARBUE DE L'ÎLE D'YEU,

 

Cuite à four doux et voilée d’une chapelure croustillante aux crevettes grises. Asperges blanches du Vaucluse, jambon noir de Bigorre, olives Taggiasche et bisque d’oursins.

Si t’as jamais bu du coco dans ta vie alors va vite mon coco goûter le soufflé réglisse des Climats…

SOUFFLE REGLISSE,

 

Biscuit soufflé chaud parfumé à la réglisse. Pomme Granny Smith (en sorbet, au sirop et en cristalline).

Si t’as jamais bu du coco dans ta vie alors va vite mon coco goûter le soufflé réglisse des Climats…

 

Je suis reparti sur mon vélo le cœur léger comme une plume et, comme je suis assez classique du côté dessert j’ai décidé de chroniquer sur la ou le réglisse.

 

« Le coco, boisson favorite du promeneur économe, fit sa première apparition en place publique vers la fin du dix-huitième siècle. Un grand gaillard, vêtu d'un habit écarlate galonné sur toutes les coutures et garni de grelots, vint établir, par une chaude journée de juin, sa fontaine ambulante sur la place de Grève, et se mit à débiter une tisane sucrée moyennant un liard le verre.

 

Or, cette boisson était si limpide, si fraîche, si écumeuse, et le pompeux limonadier servait les pratiques avec une telle célérité que tout Paris accourut sur la place de Grève pour lui voir d'un coup de main ouvrir ses trois robinets à la fois et servir trois verres du même coup. Il fit en moins de quelques années une fort belle fortune. Tels furent les brillants débuts du Coco. »

 

André Pasquet, article publié dans le Siècle

Le monde merveilleux de la réglisse ICI
Si t’as jamais bu du coco dans ta vie alors va vite mon coco goûter le soufflé réglisse des Climats…
Si t’as jamais bu du coco dans ta vie alors va vite mon coco goûter le soufflé réglisse des Climats…

Vendue comme boisson rafraîchissante dans les rues et sur toute la ligne des boulevards elle coûtait d’abord un liard, puis deux liards, puis un sou, tout le monde en voulait.

 

Le plus illustre des marchands de coco, de 1830 à 1848, fut le père La Rose, ainsi nommé parce qu'il portait une rose au-dessus de sa fontaine. C'était, sur les boulevards de Paris, un personnage populaire.

 

Il donnait à boire gratis aux gamins qui n'avaient pas d'argent.

 

Coco, Coco, Coco frais ! nouvelle de Guy de Maupassant, parue en 1878.

Si t’as jamais bu du coco dans ta vie alors va vite mon coco goûter le soufflé réglisse des Climats…

La RÉGLISSE Glycyrrhiza glabra de la famille des fabacées, en anglais : licorice, en espagnol : regaliz. Le mot « réglisse » est apparu par déformations successives du latin « licorece », qui a donné aussi le mot « liqueur ». Son nom scientifique, Glycyrrhiza, vient du grec glucus (sucré) et rhiza (racine).

 

Notez que le nom réglisse est féminin quand il désigne la plante et masculin quand il désigne le rhizome séché destiné à la consommation.

 

C’est un arbrisseau rustique buissonnant, d’une hauteur adulte de 1,20 m, d'une couleur vert tendre, comportant une dizaine de folioles oblongues et de petites fleurs mauves ou bleues. Sous terre, la racine pivotante et les stolons horizontaux de la réglisse peuvent s'étendre sur 1 m de long qui produisent chacun des tiges aériennes. On peut récolter en automne les racines et les stolons pour obtenir les bâtons de réglisse dès la 4ème année.

Le monde merveilleux de la réglisse ICI
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17 mars 2016 4 17 /03 /mars /2016 06:00
Je suis en quête d’un critique littéraire pour une chronique sur « Le vin, entre business et passion » de Jérôme Pérez le « Besancenot » de la LPV

J’ai reçu hier matin au courrier ce livre par les bons soins de Jean-Paul Barriolade des éditions Libre & Solidaire qui le publie.

 

Je l’ai lu dans la foulée, avec intérêt.

 

Je l’ai refermé.

 

Je me suis roulé une petite cigarette.

 

Je l’ai fumée.

 

En clopant j’ai réfléchi, ça m’arrive.

 

Que faire ?

 

Écrire une chronique ?

 

Il y a matière, l’opus est sincère, c'est un plaidoyé très personnel, touchant même à l'évocation du père, irritant aussi avec le côté entre soi de la LPV, très autocentré, intéressant dans la première motié, moins par la suite où certains comptes veulent être réglés et où l'analyse sur les vins de luxe part un peu dans tous les sens dans un doux mélange de morale et de dirigisme.

 

Ce livre mérite qu’on lui consacrât du temps.

 

Et pourtant, en dépit de cet intérêt, je ne me sentais pas motivé pour coucher une chronique sur mon espace de liberté.

 

La raison en est simple : le monde de la dégustation, et plus encore celui des dégustateurs passionnés du vin, m’est étranger. Même si je l’ai côtoyé, parfois même fréquenté, ce n’est pas mon monde. Il y a chez moi, à son égard, une forme d’incompréhension qui me met mal à l’aise. Ça me dépasse. Je n’arrive pas à entrer dans ce type de démarche. Me mettre dans la peau d'un dégustateur passionné est au-dessus de mes possibilités, ça tourne trop en rond.

 

Dans le doute abstiens-toi me suis-je dis, t'es pas du Cercle, du GJE, de feu Davos du vin, les grands vins ce n'est pas ton truc, tes mots risqueraient d’être mal compris.

 

Que faire alors ?

 

M'abstenir !

 

Ne rien faire, ne rien écrire, c’eut été de ma part une solution de facilité qui ne me convenait guère.

 

Alors j’ai à nouveau réfléchi et j’en suis très vite arrivé à la conclusion qu’il fallait que je vous sollicite, chers lecteurs, pour que vous fassiez le job à ma place.

 

Beaucoup d’entre vous êtes, en effet, des passionnés du vin, des amateurs éclairés, et je suis persuadé que vous saurez, bien mieux que moi, faire œuvre de critique littéraire.

 

Je vous propose donc de candidater via les commentaires ou le formulaire contact.

 

Si ça vous tente je vous ferai parvenir l’opus par la Poste pour lecture et critique en retour.

 

Merci par avance.

 

1 extrait pour la mise en bouche

 

« Et que dire de cette nouvelle façon d’apprécier le vin sans soufre ? Certains disent que ce sont des vins vivants sans que je puisse comprendre ce que cela revêt de réalité. Dans cette mouvance, on arrive même à se persuader que certaines déviances sont bonnes et source de plaisir. Je ne veux pas juger ici cette mode (car c’en est bien une), mais elle prouve que finalement les goûts, c’est-à-dire le faisceau de saveurs que l’on apprécie plus que d’autres, sont tout à fait changeants et qu’ils ne relèvent pas seulement de cet aspect sensitif, cela est bien plus intellectuel qu’il n’y paraît. Le goût n’appartiendrait pas à l’individu de façon innée, mais plutôt au « groupe », dont d’ailleurs il n’est pas facile de s’émanciper. De ce point de vue, je suis tout à fait certain – même si je les raille parfois –, que les adorateurs des déviances des mauvais vins natures sont tout à fait sincères. Ils sont victimes du phénomène de groupe auquel ils veulent appartenir, jusqu’à en accepter et apprécier les errances. Et il se peut que ce que j’appelle leur errance, ils en aient fait leur classicisme, reléguant et qualifiant le mien au rang de désuet, ridicule, artificiel, même si ce qu’ils apprécient sont des défauts œnologiques. »

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10 mars 2016 4 10 /03 /mars /2016 06:00
Quand l’après-midi Bruno Verjus de Table rêve sur son divan il nous fait un Paris-Prague succulent… Alexandre Dubcek... Jan Palach…le Printemps de Prague.

Bruno, grand amoureux de l’Ile d’Yeu, ne le sait pas mais c’est sur cette île, à la Ferme des 3 moulins sise sur la route qui relie Port-Joinville au port de la Meule, qu’au matin du 21 août 1968, sur mon transistor, alors que je préparais le petit déjeuner que j’ai appris que les troupes du Pacte de Varsovie venaient d’envahir Prague pour étouffer le Printemps de Prague.

 

 

Dans cet après mai 68, je restaurais et je vendais des antiquailles sur l'Ile avec un Taulier Jean Neveu-Derotrie. Les marins nous nommaient les marchands de vermoulu. Je tenais aussi la caisse et faisais la cuisine.

 

 

La Tchécoslovaquie, était sous la botte soviétique depuis 1948, Alexandre Dubcek le premier secrétaire du PC entend donner au socialisme « un visage humain ». Le «Printemps de Prague», commence en janvier 1968 et trouve un grand écho au sein de la population. En témoigne le « Manifeste des 2000 mots », en juin 1968, signé par 70 personnalités qui réclament la liquidation de l'ancien régime. Alexandre Dubcek supprime la censure, autorise les voyages à l'étranger et fait même arrêter le chef de la police.

 

Les gérontes du Kremlin craignent que l'aventure tchèque du « socialisme à visage humain » fasse tache d’huile et corrompe les autres « républiques démocratiques » du bloc soviétique. Dès le mois de juillet, Brejnev exige le rétablissement de l'ordre et surtout l'abolition du pluralisme politique tout juste restauré.

 

Au matin du 21 août 1968, les Européens se réveillent en état de choc. Des troupes blindées d'un total de 300.000 hommes ont envahi dans la nuit la Tchécoslovaquie sur décision de l'autocrate soviétique Leonid Brejnev. Des dizaines de milliers de parachutistes ont aussi atterri sur l'aéroport de Prague.

 

Les agresseurs appartiennent à cinq pays du pacte de Varsovie, dont fait partie la Tchécoslovaquie elle-même (URSS, Pologne, Bulgarie, Allemagne de l'Est, Hongrie). Ils prétendent intervenir à l'appel de responsables locaux en vue de sauver le socialisme dans ce pays d'Europe centrale où il a été imposé vingt ans plus tôt par l'Union soviétique à la faveur du «coup de Prague».

 

Dans la nuit du 20 au 21 août afin d'écraser le mouvement tchécoslovaque il envoie les troupes du Pacte de Varsovie afin d'écraser le mouvement tchécoslovaque. Le PC tchécoslovaque tient un congrès extraordinaire clandestin dans les usines CKD, près de Prague, et reconduit Alexandre Dubcek dans ses fonctions. Pendant ce temps, celui-ci a été jeté manu militari dans un avion et transféré en Union soviétique. Le 23 août, il est fermement convié par ses hôtes soviétiques à signer un texte de capitulation. Après trois jours de pressions et de brutalités, il se résigne enfin.

 

Le 27 août, de retour à Prague, abattu et défait, il présente ce texte à ses concitoyens. Il y est question pour la première fois de «normalisation». C'en est brutalement fini du «Printemps de Prague» et de l'illusion d'un «socialisme à visage humain». Devenus inutiles à l'occupant, Alexandre Dubcek et les autres responsables du pays sont rapidement isolés et remplacés.

 

Les premiers jours, la population décide de résister pacifiquement à l'intervention soviétique. Les manifestations sont nombreuses, notamment à Prague. Les manifestants, surtout des étudiants, assiègent les chars. Les forces du Pacte de Varsovie ont l'ordre de réprimer la contestation. En quelques jours, les affrontements font un peu plus d'une centaine de morts et des milliers de blessés dans tout le pays. À l'automne, ce sont les ouvriers qui se mobilisent. La répression fait toutefois faiblir le mouvement, jusqu'à son épuisement en janvier 1969.

 

Désespéré, un étudiant, Jan Palach, s'immole par le feu le 16 janvier 1969 sur la place Wenceslas, à Prague. Des centaines de milliers de personnes assisteront aux funérailles de celui qui est devenu la figure légendaire de la contestation étudiante en Tchécoslovaquie.

 

Croyez-moi Jan Palach je ne l’ai pas oublié et si vous visionnez la vidéo ci-dessous  (désactivez le son pour lire la chronique) vous comprendrez ce que liberté veut dire.

Alexandre Dubcek  pendant des années vécut dans un faubourg de Bratislava comme agent technique des eaux et forêts. Dans une longue lettre qu'il adressa le 28 octobre 1974 au Parlement tchécoslovaque figure une esquisse d'autoportrait : « Le bouleau, bien qu'il soit un arbre délicat, fait montre d'une grande résistance et d'une capacité de vivre dans des conditions difficiles

 

Mais revenons à Bruno à son Paris-Prague.

 

C’est simple comme un gâteau revisité : le Paris-Brest

 

Je m’explique :

 

Le sieur Verjus a établi sa TABLE rue de Prague, au 3 et, un après-midi il lui est venu l’idée d’accoler à Paris, Prague en remplaçant la crème au beurre pralinée par une crème de betterave hibiscus pistaches.

 

Le résultat était là sur Face de Bouc sous mes yeux envieux…

Quand l’après-midi Bruno Verjus de Table rêve sur son divan il nous fait un Paris-Prague succulent… Alexandre Dubcek... Jan Palach…le Printemps de Prague.

Ni une, ni deux, direction la rue de Prague et il était là dans mon assiette :

 

Conquis, c’est aussi beau que bon, la betterave enjolivé par l’hibiscus est d’une douceur qui flatte le palais sans l’empâter. Bravo Bruno ça c’est du dessert comme nulle part ailleurs.

Quand l’après-midi Bruno Verjus de Table rêve sur son divan il nous fait un Paris-Prague succulent… Alexandre Dubcek... Jan Palach…le Printemps de Prague.

Et avec ça j’ai bu ça.

Quand l’après-midi Bruno Verjus de Table rêve sur son divan il nous fait un Paris-Prague succulent… Alexandre Dubcek... Jan Palach…le Printemps de Prague.
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9 mars 2016 3 09 /03 /mars /2016 08:40
Simple contribution à la journée d’action contre la loi El Khomri, Wal-Mart créateur de pauvres, qui d’entre nous peut se dire indemne de contribuer à la perversité du système ?

Cette chronique est une simple et modeste contribution et non une prise de position. Le chômage est qualifié, à juste raison, de cancer, mais pour tenter d’éradiquer, de faire reculer un tel fléau multiforme il indispensable d’aller au-delà des symptômes, de seulement faire chuter la fièvre, pour rechercher où se situent ses racines profondes.

 

Le 2 juin 2009 dans une chronique j’écrivais :

 

« En ce temps de récession, donc de chômage partiel, de perte d’emplois, de non accès massif des jeunes à l’emploi, l’accélération de l’appauvrissement d’une partie de la population devrait nous inciter à réfléchir sur les effets économiques et sociaux du modèle de distribution discount, c’est-à-dire la recherche continuelle et obsessionnelle du prix bas. Ne serait-ce pas une fuite en avant, une spirale mortifère qui fabrique des pauvres en prétendant leur apporter une réponse à la faiblesse de leur pouvoir d’achat ? L’examen du cas Wal-Mart, la plus grande entreprise de distribution du monde me semble du plus grand intérêt. »

 

Le 27 mars 2014 je récidivais :

 

« L’alimentaire devient secondaire, les vêtements de tout prix ne sont plus fabriqués ici, le logement est hors de prix dans les métropoles, les dépenses des technologies de la nouvelle économie s’enflent et leurs produits viennent des BRICS, on délocalise, nous nous appauvrissons lentement et sûrement…

 

Nous ne sommes pas, ou pas encore un pays pauvre mais que, nous l’acceptions ou non, nous vivons au-dessus de nos moyens. Notre goût immodéré pour la victimisation, la faute des autres, a fait prospérer une classe dirigeante molle, ne vivant que pour elle-même, qui se contente de brosser les corporatismes dans le sens du poil, de promettre, d’attiser nos contradictions, de ne pas être exemplaire. L’impopularité n’est pas un bien grand mal si elle est la contrepartie de choix douloureux mais salutaires. Ce n’est qu’un mal nécessaire dans les temps difficiles et ce serait la preuve que la politique pourrait transcender les égoïsmes et les calculs à courte-vue. »

 

Qui est Wal-Mart ?

 

« Créée il y a moins de 50 ans par Sam Walton et son frère Bud, cette compagnie originaire de Bentonville, Arkansas, est aujourd’hui l’entreprise du monde la plus rentable. Avec un chiffre d’affaires supérieur à 300 milliards de dollars par an, Wal-Mart a des revenus plus élevés que ceux de la Suisse. Elle a ouvert plus de 6000 énormes supermarchés dans le monde, dont 80% sur le seul territoire américain. Dans le domaine de la Grande Distribution, Wal-Mart n’a pas de rival sérieux […] Elle fait travailler plus de 1,9 million de personnes dans le monde, et est le plus grand employeur privé du Mexique, du Canada et des Etats-Unis. Elle importe plus de produits manufacturés chinois que le Royaume-Uni ou la Russie. Elle a prévu que son chiffre d’affaires augmenterait s’un milliard de dollars par an au cours de la prochaine décennie […]

 

La Philosophie de Wal-Mart

 

Wal-Mart prétend « que la pression qu’il exerce sur les prix contribue à l’élévation du niveau de vie de toute la population américaine, faisant économiser chaque année 100 milliards de dollars aux consommateurs, quelque chose comme 600 dollars par an pour une famille moyenne »

 

« Ces économies sont vitales pour des millions de familles aux revenus faibles ou moyens qui ont du mal à boucler les fins de mois » affirme le PDG de Wal-Mart H. Lee Scott. » Concrètement, c’est comme si elles recevaient de l’argent chaque fois qu’elles viennent faire leurs courses chez nous. »

 

Air connu, chanté chez nous par les laudateurs des prix bas. Démonstration tirée d’un petit ouvrage : WAL-MART L’ENTREPRISE MONDE Nelson Lichtenstein &Susan Strasser (universitaires américains) éditions les Prairies Ordinaires datant de 2006 et publié en France en mars 2009.

 

 

Wal-Mart un géant de la production

 

« Wal-Mart n’est donc pas seulement un énorme détaillant, mais aussi, et de plus en plus, un géant de la production qui en a toutes les caractéristiques sauf le nom.

 

La firme a installé son proconsul asiatique à Shenzhen, épicentre chinois de l’exportation de produits manufacturés. Une «équipe de 400 personnes y coordonne l’achat de quelques 20 milliards de dollars de produits fabriqués en Asie du Sud. Grâce à sa connaissance intime du processus de production et à son immense pouvoir d’achat et de négociation, Wal-Mart a transformé ses 3000 fournisseurs chinois en simples « preneurs de prix » (price takers), plutôt qu’en partenaires, en vendeurs ou en décisionnaires oligopolistiques. Bien que la majorité de ces fournisseurs restent petits et sous-capitalisés, un nombre croissant d’entre eux président aux destinées d’entreprises d’une taille prodigieuse. Par exemple, Tue Yen Industrial, un fabricant de chaussures basé à Hong-Kong, emploie plus de 150 000 personnes à travers le monde, la dans des usines fabriquant des produits bon marché dans le sud de la Chine. À Dongguan, le complexe industriel regroupe plus de 40 000 ouvriers, et l’usine géante de Huyen Binh Chanh, au Vietnam, en fait travailler 65 000, ce qui en fera bientôt le plus grand lieu de rassemblement de travailleurs au monde. »

 

Wal-Mart créateur de pauvres

 

« Le marché du discount repose sur une attention continuelle et quasi-obsessionnelle aux salaires et au coût du travail. Les discounters doivent avoir un turnover deux ou trois fois supérieur à celui des enseignes traditionnelles […] pour atteindre un profit équivalent. Quant à la vitesse de rotation des stocks, elle s’explique par des marges étroites, lesquelles exigent en retour que la part du coût de la main-d’œuvre ne dépasse pas 15% du total des ventes ; c’est-à-dire environ la moitié de ce que ce coût représente dans les supermarchés traditionnels. Et c’est Wal-Mart qui est aux avant-postes de ce marché du discount, avec des dépenses liées aux ventes et à l’administration générale – principalement des salaires – environ 25% moins élevées que (les autres géants de la distribution). En 1958, quand les emplois industriels étaient trois fois plus nombreux que ceux de la distribution, l’impact de cette pression à la baisse sur les salaires serait sans doute resté limité. Aujourd’hui, alors que le nombre d’employés de la grande distribution dépasse celui des travailleurs de l’industrie, ce sont des dizaines de millions de salariés qui sont touchés par la baisse des revenus. »

 

Une tromperie caractérisée

 

Les mots les plus durs proviennent de la FNIL (Fédération nationale de l'industrie laitière) qui ne s'embarrasse pas du politiquement correct. Selon elle, les distributeurs se targuent d'avoir maintenu les prix sur le lait de consommation de marques nationales, qui ne représente que 2,9 % du lait collecté en France. En déduire que le prix du lait payé aux éleveurs laitiers français va se maintenir en 2016 est « une tromperie caractérisée », avertit-elle. En cause : des baisses de prix importantes demandées aux marques de distributeurs (21 % du lait français) et sur les autres produits laitiers : fromages, beurre et ultra-frais. « Sous couvert d'une prétendue solidarité avec les producteurs français, les distributeurs profitent pleinement des excédents considérables de lait sur le marché européen pour faire baisser les prix des produits laitiers de grande consommation », conclut la fédération. D'autant que 35 % du lait collecté en France est transformé en poudres et beurre industriel dont les prix de marché continuent de baisser (23 centimes par litre de lait en 2015).

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7 mars 2016 1 07 /03 /mars /2016 06:00
1 Alsace grand cru Mambourg à 8,49€ prix conso, les vignerons alsaciens doivent-ils dire merci à Aldi ?

Mon point de vue de consommateur aisé, qui n’est pas un adepte des vins très chers, n’a ici que peu d’importance mais je suis en droit de m’interroger sur la part qui revient, dans un tel prix de vente consommateur, au vigneron alsacien.

 

Quand a mon passé il est connu de tous et je ne renie rien de mon rapport de 2001 qui défendaient les mêmes idées : chacun boxe dans sa catégorie. Ce n'est pas parce que je donne un point de vue sur une pratique qui ne va pas, toujours tirer les prix vers le bas en badigeonnant le tout de conseils, que je nourris une quelconque aigreur à l'endroit de la profession de sommelier que je respecte. Je ne fréquente pas les beaux châteaux, ni les salons hupés, je bois tout simplement. Pour le buzz ce n'est pas ma tasse de thé, je ne tire aucune profit de ce blog et ça fait 11 ans que je chronique tous les jours en toute liberté, si tel était le cas je ne serais plus là. Quant à l'argument de foutre la paix à ceux qui travaillent, il est à une hauteur que même un petit blogueur comme moi peut apprécier. Enfin, pour débattre je suis toujours partant et c'est ce que je fais dans cette chronique.

 

La question que j'ai posé en entame il revient, en priorité, aux vignerons alsaciens ou à leurs représentants de me répondre. J’en connais beaucoup et il me semblerait de bonne politique qu’ils donnent leur point de vue  sur mon espace de liberté. Les intermédiaires, dont je ne nie pas l'utilité, ne sont que par trop intéressés par la justification de leur rôle dans le chaîne.

 

Repartons de leurs justifications, la  démocratisation du vin, donner accès à de bons vins pas chers. ce n'est pas moi qui dirai le contraire mais que la grande distribution en soit le meilleur vecteur j'en doute. Qu'elle se tailla la part du lion dans la vente du vin n’est vraiment pas un scoop mais je ne vois pas ce qui, à terme, les mêmes causes produisant les mêmes effets, pourquoi ceux des vignerons qui, pour écouler des volumes, se prêtent à des prix cassés, ne se retrouveraient pas dans la même situation que celle des éleveurs actuellement.

 

Il ne s’agit pourtant que de quelques euros de plus mais ceux-ci font la différence dans la poche du vigneron mais aussi pour la notoriété de l’appellation. Quant au fameux consommateur, que dit défendre la GD, je ne suis pas sûr qu'il y retrouve finalement son compte avec des conseils chantournés par une plume de star de la sommellerie. La disparition du petit commerce dans les campagnes produit des effets ravageurs (voir ci-dessous)

 

À cette sauce-là que vaut alors un simple Alsace ?

 

Le prix d'une brique de lait UHT ?

 

Ah oui, on s’en sort avec le volume, une bonne vieille recette qu’a connue le Midi, brader son vin à ce niveau d’appellation ne me semble pas augurer d’un bel avenir car ce qui revient alors au vigneron est un prix de survie et non un prix lui permettant d’assurer la pérennité de son exploitation.

 

Que diable ça mérite mieux que des diatribes à mon propos.

 

À ce rythme-là il ne faudra pas s’étonner qu'une grande part du vignoble français d’AOC français coure à sa perte, lentement et sûrement. La belle image de la viticulture française, seul secteur où tout va bien, n’est qu’un « trompe l’œil » qui ne survivra pas aux réalités économiques.

 

Les bons chiffres des exportations, en valeur, ils viennent de quelles appellations ? Pas les bradeuses, sans aucun doute.

 

La dilution des AOC dans les signes de qualité est un risque mortifère, à force de tirer l’ensemble vers le bas on oblige les vignerons à mettre sous le boisseau ce qui faisait l’originalité et la force des appellations à la française.

 

Réflexion de vieux con mais j'assume.

 

Les foires aux vins pour les grandes enseignes c’est beaucoup de chiffre d’affaires, d’image, et l’argument d’apporter aux consommateurs du bon à des prix imbattables est un boomerang redoutable pour les vignerons. Ne parlons pas de l'ordinaire qu'on y trouve au jour le jour.

 

Ce n’est en aucun cas du gagnant-gagnant vu l’état du rapport de forces. Je ne risque pas d’être contredit car aucun vendeur ne sortira la tête du bois de peur de se voir blacklisté. Les négociations commerciales sont, comme chacun le sait, une partie de plaisir, vin compris.

 

Bref, si Aldi s’offre un sommelier-conseil, c’est de bonne guerre, mais servir de caution à une telle politique ne me va pas et je l’écris. C’est mon droit et ma liberté de consommateur qui ne sirote pas des GCC mais de bons vins à des prix tout à fait raisonnables achetés chez des cavistes.

 

Enfin, ma charge contre le titre de MOF de sommellerie, dont je ne retire rien, ne visait en rien la profession de sommelier tout court que je pratique avec bonheur au restaurant. Merci de le noter et de ne pas extrapoler comme certains l’ont joyeusement fait, sans m’avoir vraiment lu.

 

Je ne sais si les cigognes porteront mon message jusqu’en Alsace mais « Point n'est besoin d'espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer. »

 

Guillaume Ier d'Orange-Nassau

 

LIRE : Les dessous pas très propres d'Aldi DER SPIEGEL – HAMBOURG Publié le 24/05/2012 

 

LIRE : Quand les commerces disparaissent, c'est le FN qui progresse

 

« Évidemment, ces données s’ajoutent à d’autres qui expliquent la puissance ou non du vote FN selon les zones. Elles renseignent cependant sur une réalité: les questions d’aménagement du territoire ont à voir avec l’aménagement commercial. Depuis trente ans, même en tenant compte des rapports de forces (réels) induits par la puissance économique de la grande distribution, toutes les potentialités contenues dans le code du commerce ou celui de l’urbanisme n’ont pas été exploitées et n’ont pas enrayé une mécanique vidant les plus petites communes de leurs commerces.

 

L’aménagement commercial est d’ailleurs très différent selon les régions. Celles de l’Ouest sont moins marquées par la désertification commerciale rurale que les régions du Nord, Nord-Est et Est. Depuis trois décennies, la part belle a été laissée à la grande distribution avec des conséquences économiques, sociales, politiques et électorales que l’on perçoit aujourd’hui. La disparition progressive des petits commerces du centre des petites villes et des villages s’est accélérée à mesure que s’est développé un aménagement commercial calqué sur le mall américain, dont les dernières évolutions du droit semblent indiquer qu’il n’est pas près de s’inverser. A l’entrée des chefs-lieux de canton ou d’arrondissement s’étendent donc des zones commerciales concentrant l’essentiel des commerces, laissant souvent se développer une «France moche», qui va nous accompagner encore pendant quelques décennies… »

 

PS. Lorsque Joël Thiébault, le maraîcher, qui s’est levé toute sa vie à 4 heures, se dit fatigué, à 62 ans, il ne veut pas mourir les pieds dans la terre, veuille terminer sa carrière dans le conseil j’applaudis des deux mains. Pourquoi n’existe-t-il pas un MOF de maraîchage ?

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