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30 avril 2016 6 30 /04 /avril /2016 06:00
Le terroir de Limoux a beaucoup d’atouts, pourquoi les gaspiller ?

À Limoux, pour faire court, le territoire viticole se partage très majoritairement entre 2 coopératives : Sieur d'Arques et Anne de Joyeuse, les blancs d’un côté, les rouges de l’autre, ce n’est pas une imagerie facile mais le fruit d’une histoire où la césure politique était sous-jacente.

 

Bien évidemment Limoux c’est d’abord la Blanquette : les bulles de Sieur d’Arques, puis vint le Crémant, le Chardonnay de Toques et Clochers, enfin une AOC limoux rouge… Les seigneurs, quoi, mais sans doute trop, à vouloir trop embrasser, la vieille maison n’a pas pu ou pas su tirer profit de l’explosion du marché de la bulle.

 

À côté, le challenger, Anne de Joyeuse, je la citais à titre d’exemple pour sa politique de pilotage du vignoble par l’aval.

 

Le bulletin de liaison des adhérents de la cave Anne de Joyeuse : L’Edit des Joyeuses écrivait sous le titre : la maîtrise des rendements : nouveau paiement différencié pour les cépages :

 

« La mondialisation nous fait connaître aujourd’hui les premiers effets d’une concurrence sévère sur le marché des vins.

 

La production mondiale du vin est en phase d’être excédentaire par rapport à la consommation. Nos futurs concurrents ne sont plus l’Espagne, l’Italie mais les pays de nouveaux producteurs (USA, Australie, Chili, Argentine, Nouvelle Zélande). Une concurrence se dessine : l’Europe viticole contre les pays du nouveau monde : celle-ci est d’autant plus facilité que les moyens de communication et de circulation ne sont plus un frein au développement. Ces nouveaux pays bénéficient d’un phénomène de mode sur le marché anglo-saxon et présentent des standards qualitatifs souvent supérieurs à nos vins de pays.

 

Nous nous devons de résister à cette concurrence. Pour cela la Cave Anne de Joyeuse doit produire des vins à très bonne typicité variétale avec des caractères plus « concentrés » et plus « complexes ». Cet objectif qualitatif nous permettra de maintenir l’accès au marché (la problématique commerciale des vins se pose en termes de prix et d’écoulement, il n’y a plus de place pour les vins moyens). »

 

Bref deux politiques, non pas antinomiques mais complémentaires. Elles le sont d’autant plus que bon nombre de vignerons coopérateurs limouxins (150 sur 227 à Sieur d'Arques) amènent leurs récoltes dans les deux établissements.

 

Mes liens avec les deux structures m’avaient amené à réfléchir sur leurs synergies, c’est-à-dire les étapes du chemin à parcourir pour qu’elles s’unissent. Les pesanteurs limouxines sur lesquelles je n’ai pas à revenir, ont empêché que les équipes dirigeantes s’engagent sur ce chemin. On ne réécrit pas l’histoire mais il n’est jamais trop tard pour renouer les fils et tirer parti d’une situation qui entrave la prospérité du terroir de Limoux.

 

Mon propos n’ira pas au-delà de ce questionnement, je n’ai pas et je n’ai jamais pour vocation de m’immiscer dans les affaires des vignerons de Limoux. Tout ce que je puis vous confier c’est que la situation actuelle m’attriste, me navre, comme une impression de gâchis.

 

À Sieur d’Arques la contestation qui couvait depuis de longs mois a débouché lors d'une assemblée générale extraordinaire sur un vote de défiance sur les 206 viticulteurs présents, 111 se sont prononcé contre l’équipe dirigeante.

 

Hormis le projet d’un nouveau caveau à 2 millions d'euros jugé trop onéreux au regard de la santé financière précaire de la coopérative, le deuxième sujet d'achoppement la rémunération des vignerons jugée beaucoup trop faible et c'est certainement là le nœud du problème. Aujourd'hui les vignerons de la cave voudraient voir le fruit de leur travail mieux rémunéré et selon l'opinion d'un vigneron au discours très imagé mais discret (les élections du prochain président se préparent activement) :

 

«Dorénavant il faudra faire pisser la vigne, maintenant on s'en fout des niches comme l'appellation d'origine protégée avec ses vendanges manuelles qui nous coûtent cher, et qui est mal commercialisée. Les Toques et Clochers qui ne font vibrer que des étoiles lointaines, il faut vendre notre récolte en indication géographique protégée avec moins de contraintes à la cueillette et faire du chiffre un point c'est tout

 

Discours choc d'un coopérateur, très Limouxin, un des bastions du rugby à XIII qui, sous ses excès de langage recouvre des problèmes bien concrets et pose la vraie question du retour pour les vignerons, le revenant bon, d’une politique aux ambitions qualitatives réelles mais dont les coûts commerciaux n’ont pas été générateur de ce retour.

 

« Difficile de comprendre pourquoi d'un côté les rémunérations sont au beau fixe et même en progression, pour leurs rouges chez ADJ, et frileuses et maigres pour leurs bulles à Sieur d'Arques, alors que les crémants alsaciens, par exemple, battent en ce moment tous les records de vente. »

 

La réaction de Rémy Fort, président de la cave Anne de Joyeuse à cette situation doit être décodée au regard de la vulgate limouxine.

 

« Le terroir de Limoux possède une richesse exceptionnelle, avec une diversité unique. Sur un même territoire on peut élaborer des vins effervescents de qualité, des chardonnays de réputation internationale et des vins rouges qui ont conquis le cœur d'opérateurs prestigieux et internationaux.

 

Dans un monde concurrentiel il ne faut pas voir l'avenir de cette petite région que par la bulle, ce serait une grave erreur économique. Les vins tranquilles sont également un atout indéniable pour demain. Cette diversité est un élément différenciant qui sera la richesse de notre avenir.

 

La vision scolaire d'un vignoble industriel, qui berce le vigneron dans la facilité, n'est pas concevable sur les terres du limouxin. Seul 15% du vignoble pourrait répondre à cette demande. On ne peut pas bâtir un développement sur une superficie marginale, ce n'est pas la politique des vignerons d'Anne de Joyeuse. »

 

À toute chose malheur est bon dit l’adage populaire, il est sans doute temps à Limoux de s’asseoir autour d’une table pour reparler avec pragmatisme d’Union entre les deux coopératives afin d’étudier les complémentarités, les doublons, les surinvestissements, les synergies.

 

Certes c’est une « affaire d’hommes » mais nul à Limoux, et Anne de Joyeuse en premier, n’a intérêt à ce que Sieur d’Arques s’enfonce ou s’engage dans une politique de sauve-qui peut. Avec autant d’atouts dans son jeu le terroir de Limoux doit jouer collectif, coopés et indépendants, pacifier le débat, revenir à l’essentiel.

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26 avril 2016 2 26 /04 /avril /2016 06:00
L’e-cuisine du Taulier : c’est un régal à domicile

Mon « collègue » J π tout à la fin de son bouquin rêve de faire son vin.

 

Ce n’est pas mon cas, ma seule expérience de vinification fut d’abord celle naturelle, du noah, du pépé Louis puis celle d’Alcide Robert, le winemaker du Frère Bécot à l’école d’agriculture de la Mothe-Achard.

 

En revanche je mets la main à la pâte depuis toujours et, déçu par le conformisme des magazines de cuisine, qui nous bassinent avec des recettes alambiquées, j’ai décidé de vous proposer de l’e-cuisine. Ça fera saliver les gourmets et les gourmands qui m’accusent de sadisme avec les photos de mes agapes ici ou là.

 

Aujourd’hui ce sera necci et millet

 

Dans l’e-cuisine on ne cause pas ce sera donc minimaliste :  

 

- Necci

L’e-cuisine du Taulier : c’est un régal à domicile
L’e-cuisine du Taulier : c’est un régal à domicile
L’e-cuisine du Taulier : c’est un régal à domicile
L’e-cuisine du Taulier : c’est un régal à domicile
L’e-cuisine du Taulier : c’est un régal à domicile
L’e-cuisine du Taulier : c’est un régal à domicile
L’e-cuisine du Taulier : c’est un régal à domicile

Je signale à mes amis corses qu’il est quasiment impossible de s’approvisionner en farine de châtaignes insulaire en notre bonne ville de Paris.

 

Les necci se consomment chauds agrémentés de miel, de sucre, de confiture de figues ou du filet d’huile d’olive, de beurre salée, d’une fine tranche de lard de colonnata, de coppa, de lonzu… d’oignons confits… etc.

 

Vous pouvez boire corse bien sûr…

 

L’e-cuisine du Taulier : c’est un régal à domicile
L’e-cuisine du Taulier : c’est un régal à domicile
L’e-cuisine du Taulier : c’est un régal à domicile
L’e-cuisine du Taulier : c’est un régal à domicile
L’e-cuisine du Taulier : c’est un régal à domicile
L’e-cuisine du Taulier : c’est un régal à domicile
L’e-cuisine du Taulier : c’est un régal à domicile
L’e-cuisine du Taulier : c’est un régal à domicile
L’e-cuisine du Taulier : c’est un régal à domicile

Deux points très important : le sucrage final et le blocage de la cuisson.

 

Soyez modérés avec le sucre, je vous conseille le sucre vanillé bio ou le sucre no-raffiné bio.

 

L’onctuosité de votre millet est conditionnée par l’aspersion immédiate avec du lait glacé de votre millet bouillant.

 

Du côté jaja c’est du blanc : du chenin de Jo Pithon, du chardonnay de la maison Perraud ou le Je suis Viré de l’ami Valette (interdit par la police des mœurs )

L’e-cuisine du Taulier : c’est un régal à domicile
L’e-cuisine du Taulier : c’est un régal à domicile
L’e-cuisine du Taulier : c’est un régal à domicile
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24 avril 2016 7 24 /04 /avril /2016 06:00
Carol ô Carole, de Chuck Berry à une pâtisserie en passant par le chef de gare de La Tour de Carol

C’est une belle histoire comme je les aime.

 

1 belle histoire de gourmandise.

 

Au risque de me faire gourmander par le haut-clergé, j’affirme comme le fit Lionel Poilâne, que la gourmandise n’est pas un péché mais une vertu car l’aliment nourri le corps et l’esprit.

 

En 2002, celui-ci avait créé l'association « De la question gourmande ». Avec ses amis, il avait pris la décision de s'adresser au pape afin de lui demander de requalifier le péché de gourmandise (en péché de gloutonnerie ou d'intempérance). Selon lui, pécher ne consiste pas à aimer la bonne chère, mais bien à trop manger.

 

Mon histoire est donc celle d’une gourmande fort bien placée pour, chaque jour que Dieu fait, aimer la bonne chère, qui fondait face à une génoise légère que façonnait sa pâtissière aux doigts de fée. Elle n’en pouvait mais, son addiction était totale, aucune barrière ne pouvait l’empêcher, non de pécher, mais de célébrer ce chiffon-cake adoré par nos amis japonais.

 

Elle n’a rien de très originale mon histoire me direz-vous, sauf que le jeune oiseau Yukiko la pâtissière un jour quitta le nid pour voler de ses propres ailes vers des contrées moins huppées. D’une Rive à l’autre, de la gauche vers la droite, du 7e vers le 11e, de Rachida à l’habitat de notre Manuel, ce fut Nanan.

 

Tout cela se passa sous l’œil attendri de notre gourmande qui fondit plus encore, son coeur bondit, battit la chamade, lorsqu’elle découvrit le nom de baptême de ce chiffon cake, sans beurre, spécialité nippone, Carole !

 

Bien plus qu’un simple clin d’œil c’était un vrai hommage, une marque sincère d'amitié, de reconnaissance, à celle qui fut sa patronne.

 

Touchée mais pas coulée mais qui donc est cette Carole ?

 

Mystère !

 

Je vous laisse mariner en vous proposant d’écouter 2 chansons cultes.

 

Lettre A Monsieur Le Chef De Gare De La Tour De Carol de Brigitte Fontaine

Carol de Chuck Berry

Lever le voile, pas encore !

 

Comme vous le savez nous vivons sous l’état d’urgence et le cycliste émérite que je suis n’en croise pas pour autant des hirondelles en pèlerine chevauchant d’antiques bicyclettes, mais plein de jeunes gens munis de mitraillettes.

 

 

 

 

Nanan se situant rue Keller je m’étonnais d’une forte présence militaire dans cette petite rue paisible. Je fis mon enquête auprès des milieux bien informés pour m’entendre dire que le locataire de Matignon, qu’aime tant le petit Macron, y possédait un pied-à-terre.

 

 

Carole me fuyait !

 

En effet, à chaque fois que je passais chez Nanan c’était pour m’entendre dire plus de Carole !

 

Tenace je suis et enfin jeudi j’embarquais Carole sur mon beau vélo.

 

Il me fallait être précautionneux car Carole est fragile. Pensez donc cette génoise légère, parfumée à la vanille, est couronnée d’une aérienne Chantilly.

 

Nous arrivâmes à bon port.

 

J’avais hâte !

 

Je réfrénais mon envie.

 

Je me posais l’habituelle question : que boire avec Carole ?

 

 

Et soudain la lumière vint : j’allais le demander à Carole du restaurant Les Climats.

 

Ainsi dit fut fait samedi, Carole se délecta du Carole de Yukiko tout en me confiant son dilemne, en effet avec ce dessert ses papilles rêvaient d'un poiré d'Eric Bordelet, était-ce bien raisonnable dans ce temple Bourguignon que d'avouer sa flamme pour un poiré roturier. Je la rassurai, ce choix me plaisait puisque je fus pendant 5 ans, non pas une bonne poire, mais le président des AOC pommes et poires sans les scoubidous mais le poiré de Domfront. 

 

Mais, comme je suis un fieffé politique, je ne pouvais quitter les Climats sans jouer la partition chère à mes collègues : l'accord mets-vin !

 

Ainsi comme ainsi Carole choisit aussi la cuvée Agnès un Crémant de Bourgogne qui est un assemblage d'une stricte sélection de Chardonnay provenant de la Côte Chalonnaise et de la Côte de Beaune : 100 % chardonnay.    

 

Voilà, si vous passez rue Keller allez chez Yukiko goûter ses gâteaux... Ils font fondre Carole qui elle vous accueillera à bras ouverts rue de Lille aux Climats.

 

Je la trouve belle cette histoire, pleine d'attention et de chaleur humaine,  " un peu de douceur, de convivialité, de plaisir partagé, dans ce monde de brutes ... " 

 

 

Poiré Grand cru est une cuvée gastronomique de bonne garde, d'assemblage d'une vingtaine de variétés de petites poires au goût sauvage.

Poiré Grand cru est une cuvée gastronomique de bonne garde, d'assemblage d'une vingtaine de variétés de petites poires au goût sauvage.

Carol ô Carole, de Chuck Berry à une pâtisserie en passant par le chef de gare de La Tour de Carol
Carol ô Carole, de Chuck Berry à une pâtisserie en passant par le chef de gare de La Tour de Carol
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23 avril 2016 6 23 /04 /avril /2016 06:00
Éloge du trouble par un meneur de vie en bâton de chaise onolâtre compulsif…

N’en déplaise aux derviches tourneurs des cercles fermés : Oui j’aime le trouble, y compris dans le vin ! Oui mais je l’aime comme je peux aimer aussi les taches de rousseur, les nez en trompette, les rondeurs, les défauts comme ils disent, car sur le lisse tout glisse. Les aspérités, la résistance aux canons de la beauté, cette perfection froide sur papier glacé.

 

Mes goûts, mes choix sont éclectiques et je ne formate pas mes sentiments, mes coups de cœur, mes passions, mes engagements, l’ennui naît toujours de l’uniformité des codes, de l’impératif des académies.

 

La monoculture vinique me gonfle absolument !

 

Le côté collectionneur, encyclopédie vivante sur un seul sujet, l’entre soi réducteur m’ont toujours paru être une source d’appauvrissement.

 

Toujours ouvrir le champ des possibles, être curieux de tout !

 

En peinture je suis addict de Gaston Chaissac, natif d'Avallon, vendéen d’adoption, qui se définissait comme un enlumineur d’ordures et qui étaient présenté sous l’appellation « comme un quasi-éliminé et comme l’illuminé »

 

Il écrivait beaucoup aussi « Dès 1944, Raymond Queneau puis Jean Paulhan, Gaston Gallimard, et plus tard Benjamin Perret et Gerashim Luca le stimulent au point qu’il engage une activité épistolaire qui va outrepasser le temps consacré à la peinture. Les lettres qu’il sait être lues et échangées vont devenir des outils de communication pour décrire son travail artistique et franchir les limites imposées par des cercles de connaissances exigus et son manque d’assurance dans le contact direct. Grâce à ses lettres, sa démarche devient explicite et corrobore avec les recherches de ses contemporains artistes et hommes de lettres. »

 

Les carcans, les espaces exigus, les limites artificielles, pour un artiste comme Gaston Chaissac, c’étaient autant d’entrave à sa créativité inquiète. Certains le citent en corrigeant ses fautes d’orthographe, ça n’enlève aucune force à ses écrits mais gâte un peu leur saveur, leur relief.

 

 

« J’avais pensé aussi à m’établir marchands de baignoires dans une des localités où personne n’en fait usage puisque de toute façon je suis pour échouer dans toutes les entreprises. Je tenterai peut-être la chose si un jour je suis assez en fonds pour avoir quelques baignoires en magasin. Quoique embarrassants ces objets ce serait tout de même mieux d’en avoir quelques-unes en magasin que de les faire choisir sur catalogue. Il faudra que je demande à Cattiaux le sorcier s’il me voit dans le marc de café vendant des baignoires à Chavagnes-en-Paillers. Ça pourrait d’ailleurs ‘être très bon d’être dans ce Chavagnes à cause des pères de ce nom qui y ont leur maison mère et qui sont dans le monde entier et pour peu qu’ils parleraient un peu de moi un peu partout s’ils me connaissaient ça me donnerait des chances de trouver le placement sinon de baignoires du moins de quelques dessin (à R.G., juin 1948)

 

Il n’empêche que je jouis de la même émotion esthétique en parcourant la galerie des Offices à Florence, le Musée d’Orsay ou le MOMA…

 

« Un peintre c’est quelqu’un qui essuie la vitre entre le monde et nous avec de la lumière, avec un chiffon de lumière imbibé de silence. » Christian Bobin L’inespérée

 

Idem pour la musique où je pleure en me gavant de Verdi dans les arènes de Caracalla tout en étant électrisé au Badaboum par le suraiguë d’Oiseaux Tempête mélange détonnant de free jazz, d’expérimentation Boulézienne au service d’un rock expérimental.

 

Bref, je fuis les figés, les installés dans des convictions inébranlables, les qui décrètent de ce qui est grand ou qui ne l’est pas, les frustrés des GCC, les qui m’habillent pour l’hiver en cataloguant en amateur de bistrouille.

 

Peu me chaut mais qu’ils sachent que je ne leur lâcherai pas la grappe, je continuerai de railler leur côté monomaniaque à la Bouvard et Pécuchet.

 

« En même temps que l'aloyau, on servit du bourgogne. Il était trouble. Bouvard, attribuant cet accident au rinçage de la bouteille, en fit goûter trois autres sans plus de succès. »

 

C’est ma liberté.

 

Chez moi la maison à les portes et les fenêtres sont grandes ouvertes, nul besoin de faire partie du club pour s’exprimer, critiquer, me rouler dans la farine, dire que je fais l’âne pour avoir du foin, que je nage en eaux troubles sous le pont-aux-ânes de mes détracteurs…

 

Le sieur Voltaire n’y allait pas avec le dos de la cuillère pour traîner plus bas que terre ceux qui l’attaquaient.

 

L’autre jour au fond d’un vallon

Un serpent piqua …

Que croyez-vous qui arriva ?

Ce fut le serpent qui creva.

 

Je vous laisse le soin d’étaler votre culture générale en plaçant le nom de l’intéressé en lieu et place des 3 points de suspension. Ce doit être dans les cordes d’un En Éducation Nationale.

 

Si tel n’était pas le cas je me propose de lui faire un chouïa de soutien scolaire : l’égratigneur de Voltaire publiait dans L’Année littéraire, rebaptisé par le polémiste L’âne littéraire.

 

J’eusse aimé être ainsi traité par l’innommé car je suis onolâtre.

 

L’onolâtrie est le culte de l’âne.

 

J’adore les ânes. Je leur voue un culte sans concession.

 

L’homonymie avec l’œnolâtrie me va comme un gant pour jouer sur les mots : ha, le trouble !

 

Le 4 décembre 1985, Laurent Fabius, le plus jeune Premier Ministre que Tonton ait donné à la France, clame son « trouble » devant l’Assemblée nationale face à la décision du Président de la République de recevoir le général Jaruzelski chef d’Etat polonais, l’homme aux lunettes noires qui a décrété l’état de guerre et qui réprime le combat de Lech Walesa pour la démocratie.

 

 

Y’avait de quoi.

 

Étrange état que ce trouble, il perturbe le calme intérieur, rend perplexe, embarrasse, inquiète, altère le jugement, proche du dérèglement des sentiments qui fait naître une émotion amoureuse, un désir charnel.

 

« Ta mère... comme elle était belle! (...) La nudité de son cou, de ses bras et de ses mains me troublait » François Mauriac, Nœud de vipères.

 

Le trouble fend l’armure, « Heureux sont les fêlés car ils laisseront passer la lumière » c’est signé Michel Audiard.

 

Cinglé, insensé, sonné, timbré, toqué, avoir un grain de folie, être légèrement ou totalement à l’Ouest, aimer les filles du bord de mer avec leur teint si clair : chauffe Arno, citer Louis Scutenaire «J’écris pour des raisons qui poussent les autres à dévaliser un bureau de poste, abattre un gendarme ou son maître, détruire un ordre social. »

 

Mon espace de liberté, maintenant que je suis retiré des voitures, c’est mon oxygène, ma manière à moi de mener une vie de bâton de chaise* , nul est obligé de me lire, je ne fais de tort à personne, je mène les combats que je peux, alors ceux que j’irrite, indispose, n’ont qu’à passer leur chemin ou venir vraiment débattre : comme les mémés j’aime la castagne. Mais en ce domaine c’est courage fuyons, chacun dans son pré et les vaches seront bien gardées.

 

Le vin est pris en otage, instrumentalisé, il n’est plus un objet de plaisir ou de désir mais un simple véhicule de je ne sais quelle ambition, du paraître, d’une forme de compétition dégustative. C’est triste, ennuyeux, chiant, entre mecs bien évidemment, la gente féminine s’occupe de l’intendance. Ils ont le vin triste. Le poids des mots n’efface pas le choc des photos sur les réseaux sociaux…

 

Chacun sa route, chacun son chemin, chacun son rêve, chacun son destin… après tout ce n’est que du vin, un peu de douceur dans ce monde de brutes…

 

*du côté des bâtons de chaise rappelez-vous Plantu à propos de Balladur : sa chaise à porteurs munie de 2 grands bâtons en permanence manipulés, soulevés, posés, tirés pour dégager la porte de la chaise, remis en place... ils avaient une existence très peu reposante, ce qui explique l'expression dans laquelle l'idée d' « activité excessive » a peu à peu fait place à l'idée de « vie désordonnée ».

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22 avril 2016 5 22 /04 /avril /2016 06:00
Gare aux morilles ! « Faut pas confondre copulation et ramassage de champignons… »

Lorsque mercredi après-midi je me suis dit que, après un passage à Terroir d’avenir, puisque c’était la saison des Morilles, je me devais de plancher sur cet étrange champignon, un titre a jailli dans ma cervelle éruptive, en hommage à la chanson du Georges de Sète : gare aux morilles !

 

 

Je l’ai inscrit sur mon petit carnet. Me restait plus qu’à trouver le bon lieu pour déguster des morilles de compétition.

 

Mon GPS, sans hésitation, m’indiquait TABLE.

 

Illico, allo Bruno, t’en as, oui, alors j’y va !

 

Direction la rive droite en sautant la Seine sur le pont d’Austerlitz !

 

Table d’hôte, deux couples m’y rejoignent, l’un en face et l’autre à ma droite, normal nul ne peut être plus à gauche que moi.

 

Bruno décréta : que la fête commence !

 

Je ne fis, connaissant la maison, aucune objection.

 

Au cœur du dîner, lorsque le plat de morilles, ne pas confondre avec celui de lentilles cher à Esaü, fut déposé sous mon nez je fus envié par la tablée. J’adorai ! Je suis ainsi fait, j’adore les privilèges.

 

Les morilles étaient auvergnates, loin des clichés éculés sur cette belle région pleine de Puy, étaient généreuses, girondes, elles exhalaient des fragrances puissantes. Je chavirai. Me laissait aller à des pensées sauvages, tel un Giscard priapique face à Lady Di. Extase ! Épectase ! Je jouissais sans entrave.

 

Je carburais aux Bigotes pour expier mes pensées impies.

 

 

Bref, frais comme un gardon, jeudi matin je me colletais à ma tâche quotidienne : m’épandre, vous écrire. Ce que je fis comme vous le constaterez ci-dessous.

 

Mais je ne sais ce qui me pris j’interrogeai l’ogre GOOGLE : Gare aux morilles !

 

Surprise totale !

 

La vidéo ci-dessous vous étonnera tout comme moi.

 

Bonne dégustation.

 

 

Survivant de l’économie de cueillette le champignon sauvage est un produit de saison. Bien sûr il n’est pas possible de fixer des dates d’apparition immuables et générales pour les diverses espèces de champignons, mais il est possible de donner un calendrier de la cueillette des champignons.

 

Le premier qui pointe son nez vers la mi-avril, parfois avant, c’est la morille.

 

La morille champignon de printemps, juste avant les Mousserons de la Saint-Georges, est une star, drôle de star que ce mystérieux champignon tapi dans des lieux improbables, inattendus, peut atteindre le prix du caviar ou flirter avec celui des GCC.

 

Alors, tel notre Hubert de Laforest, chaussons nos bottes blanches, pour nous promener dans les bois Pendant que le loup n'y est pas, Si le loup y était, Il nous mangerait…

 

Mais attention mes petits loups, les petites louves aussi, la morille contient des substances toxiques qui sont thermolabiles, c’est-à-dire qui disparaissent à la cuisson. Faites-donc bien cuire vos morilles pendant au moins 15 minutes avant de les consommer !

 

 

Rassurerez-vous je ne suis pas mycologue et je ne vais pas vous la jouer connaisseur donneur de conseil. Comme mes potes de la LPV, J π en tête, je ne suis qu’un amateur qui n’a jamais mis les pieds dans les lieux secrets où, lorsque les premiers bourgeons pointent leur nez sur les frênes ou noisetiers, que la fleuraison des prunelliers sauvages s’épanouit, nos belles morilles pointent, elles, leur étrange chapeau pointu. Le point culminant de la poussée des morilles étant la floraison de la jacinthe des bois.

 

En effet, « comme presque tout champignon, la morille présente un pied et un chapeau, tous deux creux. Le pied est généralement blanc ou beige, lisse mais pas forcément cylindrique. Les gros spécimens on en effet besoin d’un enracinement important pour soutenir le poids de leur chapeau, d’où un pied large à la base et qui s’affine vers le chapeau. Ce dernier est arrondi ou pointu et présente des alvéoles/circonvolutions creuses mais peu profondes renfermant les spores. Elle présente donc une morphologie typique et vraiment particulière. La taille moyenne de la morille est de 10 cm mais des « spécimens » bien plus impressionnants et inratables sont ramassés chaque année. »

 

Comme je n’y connais queue de chique c’est bien sur une citation. Dans la même veine je ne vous infligerai pas la liste les noms latins des différentes « sortes » de morilles. Pour votre culture mycologique c’est ICI

 

 

Mais je ne résiste pas au plaisir d’évoquer la morille élevée, la blonde et la ronde, et bien sûr la délicieuse… selon un spécialiste de la cueillette « les premières à sortir sont généralement des petites grises pointues, suivies par des noires, un peu plus grandes. La saison se termine souvent avec les morilles jaunes ou blondes: rondes, brun clair, grisâtres parfois (selon l’environnement), et généralement plus grosses. Ces dernières sont souvent accompagnées de morillons.

 

Les morillons ressemblent aux morilles noires mais leur chapeau est beaucoup plus petit soutenu par un pied relativement long. Malheureusement, ils ressemblent également aux gyromitres qui sont des champignons toxiques. On les reconnaît à leurs circonvolutions qui ne sont pas creuses, ressemblant à un cerveau. On peut également trouver des verpes qui ressemblent à la Morille. »

 

Bientôt ce sera le 1er mai avec son lot de cueilleurs de muguet sauvage, ayant habité en forêt je les ai vu débarquer, et tout comme à eux je supplie les cueilleurs novices de respecter les terroirs à morilles si, par un hasard heureux, ils en découvrent un.

 

« Lors de vos cueillettes, faites attention à ne pas trop piétiner les « spots » de récoltes car en écrasant les jeunes individus vous pouvez entraîner la régression du nombre de morilles d’année en année.

 

Si vous tombez sur un beau gisement, pensez à en laisser quelques-unes matures et bien cachées pour assurer la pérennité de l’espèce et vos prochaines récoltes !

 

Il sera aussi judicieux de couper en morceaux les chapeaux de quelques individus matures et de les enterrer en de multiples endroits sur le site de récolte. Cela permettra d’assurer la dissémination des spores, et favoriser ainsi l’apparition de nouvelles morilles l’année suivante. »

 

Merci Bruno Verjus et à son équipe de TABLE pour cette belle soirée improvisée. Je commence à faire partie des meubles.

 

Un salut aussi à mes voisins de table à TABLE, à la revoyure autour d’un verre de vin nu de chez Patrick Bouju

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15 avril 2016 5 15 /04 /avril /2016 10:00
Catherine Bernard de Saint-Drézéry ma vigneronne de l’année : comme les GCC elle a érigé son chai à tous vents.

Loin du classement à la con de la RVF, avec un Jérôme Despey n°1 qui passe plus de temps à Paris que dans ses vignes, des titres de vigneron de l’année des tresseurs de lauriers du type Butane&Degaz plus intéressés par le revenant-bon que par le mérite, je me suis réuni avec moi-même, dans la plus absolue subjectivité, bardé de mon amitié pour la récipiendaire, et j’ai décidé de hisser Catherine Bernard, vigneronne de Saint-Drézéry, dans la lumière de la notoriété.

 

Ça va la faire beaucoup rire, de ce grand rire qu’elle délivre pour surmonter difficultés et embûches de la vie, et je puis vous assurer qu’elle n’a guère été épargnée.

 

En 2011 dans son livre « Dans les Vignes » Chroniques d’une reconversion, Catherine nous narrait son passage de la plume au sécateur dans une grande solitude et un environnement peu amène.

 

 

Deux citations pour mettre en exergue sa philosophie :

 

« Le raisin ne peut pas se transformer en bon vin s’il est ramassé dans l’indifférence de l’autre. Le vin est ce breuvage particulier qui naît de la solitude de la terre, grandit dans un tête à tête, et s’épanouit partagé, produit de l’imaginaire, du symbolique et de la réalité, formant un tout inextricable. C’est aux vendanges, plus qu’à aucune étape du processus, que l’imaginaire percute la réalité. »

 

« Il me semble que ma vie entière n’y suffira pas. Au mieux, au plus, je vendangerai quinze, vingt, trente fois, tandis que j’ai écrit des articles par centaines, peut-être par milliers, que les médecins rédigent des ordonnances par centaines de milliers, que les boulangers pétrissent des baguettes par millions. À y regarder de près, une vie de vigneron se résume à peu de vins. Ni l’avion, ni Internet, ni le téléphone ne peuvent raccourcir la distance qui sépare un millésime d’un autre. Le temps se défie du temps, fait des pieds de nez à l’obsolescence. »

 

5 ans déjà, pugnace, tenace, volontaire, déterminée, notre vigneronne – ce nous n’a rien de possessif mais est une marque de notre affection – peut être fière de son parcours et moi je le suis d’être son ami.

 

J’aime et admire les gens qui font, entreprennent ce qui semble impossible, soulèvent des montagnes, s’écorchent les genoux, se relèvent, fidèles à leurs principes de vie, laissant les sceptiques à leur scepticisme, les railleurs à leur impuissance.

 

Catherine la vaillante va enfin faire son vin chez elle, dans son chais. Un chai dont l’érection fut bien douloureuse, les dieux du ciel n’y ont guère mis du leur. Contre vents et fureurs du ciel, dans la boue, les crevasses, le drakkar indomptable à tenu le Cap (Cap 2016, Catherine) et le voilà amarré au quai sur lequel le raisin transitera pour nous donner le vin de Catherine dans des flacons habillés a minima, pas besoin de fla-fla. La séduction est dans la bouteille pas dans le chichi des habits.

Catherine Bernard de Saint-Drézéry ma vigneronne de l’année : comme les GCC elle a érigé son chai à tous vents.
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13 avril 2016 3 13 /04 /avril /2016 06:00
Dois-je faire amande honorable pour mon refus d’encenser le haut-clergé du vin au risque que l’amende soit amère…

Plongé dans la lecture d’un petit opus Bistros écrit par la petite-fille d’Alexandre Millerand, qui fut Président de la République de 1920 à 1924, page 51, dans le chapitre La Palette rue de Seine, je tombais sur une pépite :

 

« Il s’appelait Roland Castro. J’ai revu Roland dans les premiers jours de mai à l’occasion d’un meeting à Nanterre. Assis à la tribune, avec sa tête de pâtre grec mâtiné judéo-espagnol, il était venu faire amande honorable au nom de l’UJCML, lente à rejoindre le mouvement, pas assez prolétarien dans ses fondements selon ses dirigeants. »

 

 

Le matin-même sur Face de Bouc un jeune homme proclamait à propos du futur livre de Jérôme Pérez gourou de la LPV qui trouble le monde du vin : « j'aime la contreverse ! »

 

Nous nagions donc dans la voyelle incongrue là un a pour un e, ici le i pour un o, quel méli-mélo comme chantait Bobby Lapointe cité par le Jacquot en dégustation aveuglée à Bordeaux. 

 

Dis, là-dedans, où est la mini ?

Où est la mini de Mélanie ?...

- Malin la mini élimée

Mélanie l'a éliminée

Ah la la la la ! Quel méli-mélo, dis ! »

 

1- L’amande est le fruit de l’amandier mais l’amendier donne lui des amendes :

 

Amendier, subst. masculin, Régisseur de théâtre qui inflige les amendes.

 

« L’amendier fleuri, comme disent les acteurs en parlant du généreux distributeur d'amendes qui surveille la scène. » Vie parisienne, 1869

 

2- L’Amende honorable était une peine infamante sous l'Ancien Régime qui obligeait le coupable à reconnaître publiquement son crime et en demander pardon. Faire amende honorable ;

 

À distinguer :

 

a) l'amende honorable sèche ou simple, moins infamante que l'amende honorable ordinaire, faite à l'audience ou à la Chambre du Conseil;

 

b) l'amende honorable in figuris ou publique, infligée devant le tribunal en présence du public.

 

« Fille bohème, le jour qu'il plaira au roi notre sire, à l'heure de midi, vous serez menée dans un tombereau, en chemise, pieds nus, la corde au cou, devant le grand portail de Notre-Dame, et y ferez amende honorable avec une torche de cire du poids de deux livres à la main, et de là serez menée en place de Grève, où vous serez pendue et étranglée au gibet de la ville... »

Victor Hugo, Notre-Dame de Paris, 1832.

 

L’amande ne boit plus de petit-lait 

 

« L’amande devient amère. En particulier pour les producteurs californiens. Après avoir tutoyé les sommets, le cours du fruit sec se trouve broyé. Il a perdu près de la moitié de sa valeur en six mois. En août 2015, la livre d’amandes standard s’arrachait à 4,70 dollars (4,30 euros). Elle ne vaut plus que 2,60 dollars aujourd’hui. Une véritable douche froide pour les exploitants agricoles, alors que les pluies diluviennes, et même la neige, ont interrompu une longue phase de sécheresse dans cet Etat de l’Ouest américain.

 

Le manque d’eau a d’ailleurs mis l’amande californienne sur le gril. Les critiques se sont élevées pour dénoncer la culture trop gourmande d’un arbre qui n’a rien d’un chameau. Un seul de ses fruits absorbe 3,80 litres d’eau avant d’arriver à maturité. Et les 400 000 hectares de vergers engloutissent 10 % du précieux liquide consommé par l’agriculture dans cette partie des Etats-Unis.

 

À quelques miles de la Silicon Valley, dans la Central Valley, vergers, champs de coton ou maraîchages se déploient sur l’horizon. Une véritable ruée vers l’or vert.

 

Dans cette corne d’abondance agricole, l’amande tient une place à part. À elle seule, elle pèse plus de 4,1 milliards de dollars dans la balance des exportations américaines. Soit trois fois plus que les vins californiens. Et pour cause. Ce seul Etat américain concentre, à lui seul, 83 % de la production mondiale de ce fruit à coques. Le deuxième producteur étant l’Australie (7 %), suivie de l’Europe (5 %).

 

Amandier, Prunus amygdalus, Prunus dulcis, arbre de la famille des Rosacées, genre Amygdalacées (de son nom latin, Amygdalis), ou Prunus.

 

 

L'amande est un fruit à coque de forme ovoïde. Le fruit est une drupe ovale, verte et veloutée. La partie charnue (la chair du fruit) n'est pas consommable. Elle entoure une coque ligneuse et criblée de trous, dure ou fragile, à l'intérieur de laquelle sont logées une ou plusieurs graines comestibles, enveloppées dans un fin tégument couleur cannelle. Cette graine oléagineuse possède une chair charnue, sèche et ne devient jamais juteuse. Elle est entourée d'une fine peau marron, et sa coque, d'une couleur vert tendre, est douce au touché comme le velours.

 

Originaire d'Asie centrale, et plus précisément du plateau irano-afghan. Dès le Vème siècle avant J.C., l'amandier est introduit progressivement vers la Grèce et de là les Grecs le diffusent dans le reste de l'Europe méridionale (en Italie dès le IIIème siècle). Son introduction dans le midi de la France remonterait aux alentours de 1548. En Espagne il aurait été introduit par les Phéniciens, en Afrique du Nord par les Arabes. Ce fruit sec était très apprécié des Pharaons égyptiens, notamment incorporé dans des pains. Les Romains, eux, considéraient l'amande comme le fruit de la fertilité. Ainsi, ils lançaient des amandes sur les mariés lors de la cérémonie ; d'où aujourd'hui la tradition des dragées lors d'un mariage. L'amande arrive en France au Ve siècle. Durant le Moyen-âge, elle tient une place importante dans les repas, elle s'introduit dans des soupes ou encore entremets sucrés. Ce n'est qu'au XVIe siècle que la France se met sérieusement à cultiver l'amande, uniquement dans le Sud du pays car cet arbuste ne supporte que les climats chauds.

 

Dans la Grèce Antique, on servait en dessert des amandes trempées dans du miel.

 

En France, c'est à Verdun, en 1220, qu'un apothicaire invente la dragée, amande enrobée de sucre et de miel durcis à la cuisson, pour faciliter la conservation et le transport des amandes. A cette date, les dragées sont vendues aux femmes enceintes par les apothicaires, comme bienfaisantes pour leur grossesse.

 

Les dragées symbolisent l'Amour éternel et la fécondité.

 

Le dicton : Pour la Sainte-Berthe (4 juillet),

 

Se cueille l'amande verte,

Si elle n'est pleine que de lait,

Il faut laisser mûrir le blé.

 

Utilisation : on distingue la variété sativa qui produit l'amande douce consommable et la variété amara. L'amande douce est riche en acides gras, protéines, calcium, fer, magnésium, phosphore, potassium, vitamines B1, B2 et E. L'amande douce est consommée fraîche, séchée ou sous forme de pâte, et fournit une huile très fine de couleur claire, qui est utilisée en cosmétique et en pharmacie. Ses propriétés sont anti-inflammatoires, adoucissantes, émollientes, expectorantes, hydratantes et tonifiantes pour traiter les peaux sèches et certaines affections dermiques (psoriasis, érythèmes fessiers), buccales (dartres) ou oculaires.

 

L'amande amère renferme de l'amygdaloside, engendrant au broyage de l'acide cyanhydrique, produit particulièrement toxique, mais utilisé en médecine.

 

Les amandes sont associées à l'amour : Un jeune homme, qui devait épouser la femme qu'il aimait, dut retourner à Athènes juste avant le mariage car son père venait de mourir. Il promit à sa fiancée de revenir pour la date du mariage, mais les transports étant aléatoire, il ne revint que trois mois plus tard. Entre temps, le jeune femme, persuadée que son amour ne reviendrait pas, se donna la mort par pendaison. Les Dieux, touchés par cette preuve d'amour si intense, la transformèrent en amandier, arbre qui se met à fleurir lorsque le jeune homme lui offre son amour éternel…

 

Quelques observations biologiques sur l'Amandier [article] V. A. Evreinoff 

 

Revue internationale de botanique appliquée et d'agriculture tropicale Année 1952 Volume 32 Numéro 359 pp. 442-459

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12 avril 2016 2 12 /04 /avril /2016 06:00
Extension du domaine du terroir aux IGP : dernière station avant la confusion…

Les Vignerons indépendants de France, les VIF, ont le sens de la mise en scène, leur prochaine Rencontres nationales, des 13 et jeudi 14 avril, la 9e édition, est exemple remarquable de storytelling.

 

L’accroche tout d’abord : ce grand rassemblement aura lieu cette année en Côte d'Or, en Bourgogne. Et qui dit « Bourgogne » dit évidemment « terroir » souligne Thomas Montagne, le président de ce syndicat commerçant.

 

« Ce sujet est au cœur de tous les vignerons indépendants. Nous avons chacun nos terroirs, ils font partie de l'histoire que l'on vend ».

 

Parfaite homothétie entre le lieu et le thème, en l'enjeu des Rencontres 2016 sera donc de montrer « comment chaque vigneron peut valoriser son terroir pour en faire une terre d’exception ».

 

Et tout naturellement, le cérémoniel atteindra son apogée lors de la table-ronde du jeudi après-midi, où les deux grand-prêtres de l’INAO, les deux présidents des comités nationaux IGP et AOP de l'INAO, Christian Paly et Jacques Gravegeal, croiseront le fer, en une controverse à fleurets mouchetés.

 

En effet, « La question sera posée de savoir si seule l'AOP est synonyme de terroir... Les vignerons indépendants qui produisent des vins sans indication géographique parce qu'ils ne sont pas dans les règles de l'AOP ne produisent-ils pas pour autant des vins de terroir ? Une appellation régionale est-elle réellement basée sur le terroir ? »

 

Ironie de l’Histoire, c’est un coopérateur, Christian Paly (Tavel) qui défendra le pré-carré des AOP, alors que les IGP auront comme porte-parole Jacques Gravegeal qui a bâti les vins de pays d’Oc contre la coopération régionale. Les temps changent et, après tout, c’est heureux.

 

Le mérite de la question posée par les VIF c’est qu’en effet, les AOP et les IGP sont géolocalisés tout comme l’étaient nos AOC, nos VDQS et nos vins de pays.

 

Tout cep de vigne plonge ses racines dans un sol, un lieu-dit, alors pourquoi ne pas terroiriser ces vins délimités géographiquement.

 

Oui mais alors pourquoi pas étendre cette conception au Vin de France qui, eux aussi, ont des limites qui sont les frontières de notre beau pays.

 

Cette extension aurait d’autant plus de sens que beaucoup de vignerons borderline, les producteurs de vins nus honnis par les dégustateurs assermentés, sis dans des AOP prestigieuses, choisissent ou sont contraint de classer leurs vins excentriques en Vin de France.

 

Mais comme les piles Wonder qui ne s’usent que lorsque l’on s’en sert, l’extension du domaine du terroir à quasiment tous les vins de France l’usera jusqu’à la corde pour le transformer en un discours redondant qui se noiera dans le grand lac des vins sans personnalité qui peuplent les rayonnages de la GD.

 

Et si un jour dans les congrès syndicaux, même ripolinés en débat entre grands chefs, on abordait vraiment les questions de fond, celles qui engagent l’avenir, en invitant des intervenants qui ne font pas partie de la grande maison INAO, nous éviterions des lendemains qui déchantent pour beaucoup de vignerons qui pratiquent la vente directe. Le monde change, les consommateurs aussi, comme le disait les 68-hard le vieux monde est derrière nous.

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11 avril 2016 1 11 /04 /avril /2016 11:10
Le jour où j’ai connu Étienne Hugel nous avons évoqué l’histoire de sa famille qui se confond avec celle de l’Alsace.

Face à la mort les mots me manquent, je suis un taiseux préférant le silence et le recueillement face à la peine et la douleur de ceux qui restent.

 

Lorsque celle-ci est brutale, frappant un homme dans la force de l’âge, la stupeur et l’incompréhension prévaut et le seul antidote que je trouve c’est d’évoquer le disparu au présent.

 

Adieu donc Étienne Hugel, que ta famille, tes proches, tes amis, tous ceux qui t’étaient chers, sachent que ce lundi est un jour où j’aurais envie de t’entendre conter avec passion l’histoire de ta famille, l’histoire de vos vins d’Alsace.

 

Amitiés et sincères condoléances à vous.

 

 

C’était le jeudi 21 octobre 2010, je poussais la porte d’un restaurant de la rue de Verneuil, chère à Gainsbarre. Accueilli par un Étienne Hugel « dont l’adolescence baba-cool avait inquiété son père » primesautier et avenant je cherchais la place favorite des cancres : bien au chaud près du radiateur.

 

Notre hôte fut disert, très disert, appuyant ses propos sur la saga des Hugel par de magnifiques photos familiales que vous pourrez découvrir sur le site de la maison Hugel&fils 

 

« À l’image de leur « Sainte-Catherine » - foudre de 8800 litres affichant 294 millésimes au compteur -, la dynastie Hugel affiche une résistance à toute épreuve. Fondée en 1637 par Hans Ulrich Hugelin, elle a traversé la guerre de Trente ans, survécu aux famines, à la peste, aux épidémies, aux batailles napoléoniennes comme à celle de 1870 et est sortie miraculeusement des guerres de 1914-18 et 1939-45. Tantôt française, tantôt allemande, toujours debout : l’histoire de la famille se confond avec celle de l’Alsace. »

 

La suite ICI 

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11 avril 2016 1 11 /04 /avril /2016 06:00
Mode d’emploi pour virer 1 directeur de l’INAO : toute ressemblance avec des personnes existants ou ayant existé est volontaire

Nos amis du LeRouge&leBlanc dans leur épais dossier « Appellations, la qualité en danger », où je suis abondamment cité (ça va déplaire à mes amis de la LPV), ce sont gentiment pris les pieds dans la hiérarchie de l’INAO, en rappelant le vidage d’Alain Berger en 1995, ils lui ont accolé le titre de Président alors qu’il n’était que directeur ; et feu René Renou est lui affublé du titre de « dynamique directeur »

 

Pas grave, sauf à faire remarquer qu’à l’INAO le directeur porte la serviette du Président.

 

Une colle à deux balles : qui est Président, qui est directeur de l’INAO en ce moment ?

 

Retour sur images.

 

Le sieur Berger Alain avait à propos d’uen dégustation comparative de vins français d’AOC et de vins étrangers destinés à étayer un article de Que Choisir avait déclaré « On peut trouver sur le marché des produits scandaleux auréolés de l’AOC. »

 

Scandale !

 

Du rififi dans la vieille maison de l’avenue des Champs Elysées.

 

Le Président de l’époque, l’inamovible Jean Pinchon, était bien emmerdé car Alain Berger était son poulain, il l’avait fait nommer directeur après que celui-ci eut fait un séjour de conseiller-technique au cabinet d’Henri Nallet (où il fit le bonheur de Chablis) dont j’étais le directeur adjoint.

 

Alain Berger connaissait bien la maison car, le même Pinchon, l’avait déjà recruté avant sa nommination au cabinet, en provenance de l’INRA, pour mettre un peu de réflexion économique dans la boutique.

 

Le Ministre de l’époque était l’Aveyronnais, Jean Puech qui se tamponnait le coquillard des histoires de vin. Son directeur de cabinet était Pierre-Olivier Dregge IGREF de service plus porté sur le blé que le cep.

 

Bref, moi je coulais des jours paisibles de PDG de la SIDO sise avenue Victor Hugo tout près de la boucherie maintenant gérée par Yves-Marie Le Bourdonnec. Un soir, Jean Pinchon débarquait dans mon bureau pour m’exposer ses états d’âme : il lui fallait exfiltrer Alain Berger en douceur pour calmer la vieille garde des professionnels menée par Hubert Bouteiller le bordelais du château Lanessan.

 

Le madré normand me proposa d’emblée de candidater. Ma réponse, qu’il connaissait, fut simple comme un refus. Qu’irais-je faire dans cette galère ! Sous-entendu, vraiment pas envie de me farcir les vieilles barbes de l’INAO.

 

Pinchon, il était venu tester sa manœuvre, m’exposait alors son jeu de chaises musicales.

 

Point 1 : le cabinet du Ministre cherche à caser l’un de ses conseillers techniques (j’ai oublié son nom) à l’ONILAIT.

 

Point 2 : le titulaire du poste à l’ONILAIT, Jean-Daniel Bénard, plutôt bien vu des professionnels, ne pouvait être débarqué, alors pourquoi pas le proposer à l’INAO puisque les produits laitiers faisaient partie de la maison depuis la réforme des AOC conduite par ma pomme.

 

Point 3 : on recase Alain Berger au FIOM Fond d’Intervention et d’organisation des marchés des produits de la pêche Maritime et de la Conchyliculture dont le directeur Michel Laneret, serait expédié à l'Office national interprofessionnel des fruits, des légumes et de l'horticulture (Oniflhor) pour remplacer Guy Geoffroy qui serait, selon la formule consacrée, appelé à de nouvelles fonctions ( je ne me souviens plus lesquelles).

 

Dans le jeu des chaises musicales il y a toujours quelqu’un qui se retrouve le cul par terre, ce fut ce brave Geoffroy.

 

Ainsi va la République et je puis vous assurer qu’aucun des intéressés ne fut ravi de ce tourniquet lié aux humeurs des gardiens du Temple. Manœuvre sans intérêt car, comme je l’ai souligné, le directeur de l’INAO n’est qu’un exécutant supérieur qui n’a que peu de prise sur les orientations de la maison. Les Tauliers sont les membres influents du Comité National.

 

Suivez mon regard, et je ne crains pas de me faire sonner les cloches…

 

Libé avait titré :

LES AOC PERDENT LEUR TUTEUR. ALAIN BERGER QUITTE LA DIRECTION DE L'INSTITUT DES APPELLATIONS D'ORIGINE.

 

Par Vincent Noce

 

— 13 février 1996 à 01:22

 

« Thierry Desseauve, rédacteur en chef de la Revue du vin de France, se demande si «le gouvernement n'a pas cherché à se débarrasser d'un importun qui a lutté sans relâche, et souvent contre les caciques du vignoble, pour revitaliser un système d'appellation largement dévoyé». Il espère que l'Inao ne va pas préférer «un statu quo dramatique à une évolution peut-être douloureuse mais indispensable».

 

 

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