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18 août 2016 4 18 /08 /août /2016 06:00
La cigale et la fourmi : de la conception de l’autoroute en France et en Suisse… gardez la gauche ! Je roulais vers un paradis…

Es-tu un jour allé à Zug ?

 

Cette question plongeait mes interlocuteurs dans un abîme de perplexité.

 

Étais-je donc le seul à savoir situer Zug sur une carte ?

 

Je n’étais pas loin de le penser alors que je préparais mon voyage pour me rendre à Zug.

 

Suis parti de Genève en auto, à la frontière sans douaniers j’ai acheté à la station BP la vignette autoroute 2016, 40 FCH, à coller à gauche en haut ou en bas sur mon pare-brise afin de pouvoir circuler toute l’année. Pas de péages en Suisse.

 

Sur ces autoroutes il faut inverser les couleurs des panneaux : l’autoroute c’est du vert, la nationale c’est du bleu, mais nos voisins helvètes sont avares de panneaux et c’est bien agréable.

 

En effet les autoroutes au pays du gruyère sont très rurales, deux voies sans équipements superfétatoires, rurales, qui ne masquent pas le paysage. On y roule à 120km/h et c’est respecté. Le dépassement est aisé, les grosses cylindrées, nombreuses en ce pays pauvre, ne vous font aucun appel de phares pour vous intimer de dégager la voie de droite.

 

Les aires de repos sont aussi d’une extrême simplicité mais sont dotés de toilettes bien tenues. Elles vont des chiottes à la turque à des installations très sophistiquées. Comme le dirait l’ami Stéphane c’est propre !

 

Du côté bouffe c’est aussi dégueulasse que chez les François.

 

Du côté zones commerciales bordant les voies c’est du même tonneau, la laideur ordinaire.

 

La première morale de mon histoire c’est que nos beaux et coûteux ingénieurs des Ponts&Chaussées nous ont fabriqués des autoroutes de luxe, vendues par la suite à des entreprises privées par ce cher, très cher de Villepin qui fait la morale à la terre entière en bon consultant international qu'il est devenu, et que nous sommes un pays qui vit au-dessus de ses moyens, à crédit bien sûr !

 

Du côté accidentologie, je ne possède pas les chiffres, mais je ne suis pas sûr que nos belles autoroutes soient aussi si sûres que les petits rubans suisses ( à ne pas confondre avec les petits rubans des petits suisses.)

 

Dans mon périple vers Zug je n’étais pas seul, on avait doté ma petite auto d’un GPS qui prenait la parole à tout bout de champ.

 

Et, comme le dit une de mes amies, la petite dame, tout au long de mon trajet n’a cessé de me dire : Tenez la gauche !

 

Et je pensais à ce qu’il reste de la gauche en pays François. En charpie la gauche, en haillons après 2017, comment pourrais-je la tenir à bout de bras ? J’ai plutôt envie de baisser les bras, de laisser tomber toute cette engeance née de la Mitterrandie. Y’en a pas une pour racheter l’autre alors qu’elles aillent se faire une bonne cure d’opposition avant de prétendre tenir à nouveau les manettes. Mon seul souci du jour c’est talonnettes !

 

Bref, je filais sur l’autoroute en laissant sur ma droite GlandJacques Perrin l’homme de CAVE

 

Chers Amis du CAVE,

 

L'été est là et quoi de mieux pour en profiter que de siroter un verre de délicieux chasselas de soif signé Mermetus, la propriété de la famille Chollet, aujourd'hui au sommet de son art ?

 

Il paraît même que désormais, Neuchâtel n'a plus le monopole du "non filtré" et que les vaudois peuvent s'essayer aux joies de ce vin spontané, rapicolant, fringant et carrément désoiffant !

 

Et pour ne rien gâcher, Henri Collet, dont le premier métier fût d'être dessinateur, signe pour l'occasion une étiquette collector, qui rappellera des souvenirs à bien d'entre vous. Tandis que son fils Vincent a embouteillé avec un minimum de sulfites un jus d'un éclat - et d'une gourmandise - total.

 

Nous vous donnons donc la possibilité d'acquérir le millésime 2015 avec un rabais Club de 10% dès 6 bt. L'offre est valable dans la limite des stocks disponibles et ce jusqu'au 31.08.16 inclus.

 

Nous vous souhaitons une excellente découverte et un bel été !

 

Le CAVE S.A.

 


Domaine Mermetus

 

Villette, Blanc sans filtre, Mermetus - Chollet

 

2015 : Fr. 15.30 la bt. dès 6 bts (au lieu de Fr. 17.-)

 

Chasselas

 

Vin primeur, non filtré, mis en bouteille au début de l'année qui suit la vendange.

 

Ce chasselas primeur que les Chollet ont nommé «Blanc sans filtre», avec un habillage inspiré de l’antique paquet de cigarettes Gauloises sans filtre, est le blanc de soif idéal. Issu d’une fermentation spontanée, il offre de jolis arômes de raisin frais ainsi qu'une touche florale. Et comme le rappelle son étiquette : « tout excès de modération peut nuire gravement à votre santé... ». C’est dit !

 

A boire pour lui-même, en apéritif, sur quelques filets de perches ou même un jeune Etivaz au goût de noisette.

 

 

Lausanne, Bern, juste avant Zürich direction Luzern et je tenais toujours la gauche pour enfin arriver à Zug sous un très beau soleil !

 

Tient à ma droite à l’entrée de la cité une imposante concession Maserati.

 

Un petit détour par la ville moderne sans grand intérêt et cap sur les bords du lac. Je trouvais sitôt une chambre d’hôtel au bord du lac et une place dans un parking public.

 

 

À mon retour pédestre vers la vieille ville je croisais à un feu deux Ferrari, une rouge et une noire, suivi d’un Porsche Cayenne qui est en Suisse la bagnole de ceux qui n’ont pas les moyens de faire mieux. Je dois à la vérité qu’en Corse c’est la tire la plus prisée d’une certaine catégorie de la population.

 

Le vieux Zug est charmant, sans autos, plein de beaux vélos de bobos, de belles maisons, de beaux magasins, c’est nickel chrome, une belle de la Belle Epoque endormie. Je visitai deux cavistes, dont l’un ne vend que peu de vins suisse mais des gros lourdeaux internationaux, premier indice de ce que je suis venu chercher à Zug, l'odeur du blé...

 

 

Mais avant d'entrer à Zug j'avais noté que le panneau de la ville était orné d'une belle poignée de cerises bien rouges. Alors j'ai cherché leur trace.

 

 

« La culture des « Chriesi » (cerises) joue depuis longtemps un rôle important dans le canton de Zoug : d’abord branche importante de l’économie agricole, elle devient au 20e siècle le symbole identitaire d’une région en plein développement.

 

Les premières mentions de cultures de cerises à large échelle datent du 17e siècle. En 1627, un marché aux cerises se tient dans la ville de Zoug. On trouve des recettes de plats et de boissons à la cerise dès le 18e siècle.

 

 

La fabrication d’eau-de-vie de cerise, le kirsch, notamment, a une longue tradition. La « Kirschwasser-Gesellschaft in Zug », fondée en 1870, commercialise avec beaucoup de succès dans le monde entier le kirsch zougois jusqu’à la fin du 19e siècle. Vers 1915, le pâtissier Heinrich Höhen invente la tarte à la cerise de Zoug. Aujourd’hui, quelques distilleries industrielles et de nombreuses distilleries artisanales produisent plus de 60 000 litres de kirsch par an, dont 15 000 rien que pour la tarte aux cerises de Zoug.

 

L’essor des zones construites et le recul de l’agriculture ont entraîné une diminution des vergers de cerises au 20e siècle. Un groupement d’intérêts a été fondé en 2008 qui vise à contrebalancer ce mouvement en plantant des cerisiers. Sur les plus de 400 exploitations agricoles du canton, près des trois quarts cultivent des cerises. »

 

 

 

 

 

 

Au cours de ma déambulation tranquille je croisais des touristes, peu nombreux, pas que des vieux et je me laissais aller à quelques notations : le hipster suisse est semblable au hipster parisien ; le motard Harley-Davidson suisse est identique à son clone français ; les jeunes filles de Zug ressemblent à celles de Paris sauf qu’elles parlent allemand ; les terrasses de la belle petite place de Zoug sont des nids de malbouffe comme dans toutes les villes où rodent des touristes ; les «zouguiens» jouent à la pétanque comme dans le monde entier et j'ai entendu dire que les Marseillais plaidaient pour qu'elle devienne sport olympique ; des filles buvaient du Spritz sur un banc public ; des couples assis dans un petit amphithéâtre face au lac mangeaient des pizzas... 

 

La fin de journée approchant il me fallait quitter cette enclave paisible afin de ne  pas oublier les raisons de ma venue à Zoug.

 

Pédestrement je rejoignais le quartier de la gare.

 

 

À l'exception d'une première tour de 18 étages, dont la silhouette en biseau domine la ville, Zoug - 25 000 habitants -, catholique et de langue allemande, garde un charme d'avant-hier. Avec ses demeures du XIVe siècle, sa Zytturm (tour de l'Horloge), et ses rues étroites et tortueuses donnant sur un lac paisible. Mais en se glissant dans le hall des maisons bourgeoises, sous la plaque des avocats et des notaires s'alignent quelque 200 000 noms d'entreprises du monde entier.

 

« La spécialité de Zoug, c'est moins son lac, son marché aux taureaux et son alcool de cerises que ses privilèges fiscaux aux sociétés holdings. Leur capital n'y est taxé qu'à 0,02 pour mille. "Quant à l'impôt sur les bénéfices, les sociétés ne le payent que sur le chiffre d'affaires réalisé en Suisse. Comme elles gagnent essentiellement leur argent à l'étranger, elles ne payent rien, ou presque, à Zoug", constate Josef Lang. Historien de renom, il n'a curieusement pas trouvé de travail à Zoug, et doit enseigner à Zurich.

 

Glencore, le numéro un mondial des matières premières, entré en Bourse l'année dernière, qui emploie plus de 50 000 salariés dans le monde, est ainsi domicilié à Baar, une bourgade à côté de Zoug. Apparemment, les managers ne se réunissent pas très souvent au siège social : Baar ne compte qu'un modeste hôtel deux étoiles, donnant sur la gare... Même la Fraternité Saint-Pie X, fondée par monseigneur Marcel Lefebvre, n'est pas restée insensible à ce paradis fiscal. Elle a établi sa "maison généralice" à Menzingen, un autre village du canton de Zoug. Les offrandes peuvent être déposées à la Zuger Kantonalbank (la banque cantonale de Zoug). »

 

 

Au 19e siècle, Zoug, canton presque exclusivement agricole, était l’une des régions les plus pauvres de Suisse. En 1960 encore, le canton présentait la dette par tête la plus élevée du pays et un rendement bien en dessous de la moyenne nationale.

 

C’est grâce à l’initiative d’entrepreneurs que Zoug a progressivement relevé la tête. En 1834, Wolfgang Henggeler construit la première fabrique du canton, une filature de coton à Unteraegeri, et en 1866, l’Américain George Ham Page implante à Cham la première usine de lait condensé en Europe. A la même époque Zoug est relié au réseau de chemins de fer, permettant au canton de se développer.

 

C’est cependant à partir des années 1950 que la région commence véritablement à prendre son envol. En 1956, dix ans après l’adoption d’une nouvelle loi fiscale, l’opérateur financier Philipp Brothers s’installe à Zoug. Un établissement qui est le premier d’une longue série; un taux d’imposition favorable ainsi que la proximité de l’aéroport de Zurich transforment alors Zoug en un centre financier et de courtage.

 

 

De nos jours, Zoug est le canton le plus riche de Suisse avec un taux de chômage d’à peine 1,9% et un produit intérieur brut que l’institut de recherches conjoncturelles BAK estimait à 117'000 francs par tête à la fin 2010.

 

Situé à 30 minutes du centre des affaires de Zurich et du pôle touristique que représente Lucerne, Zoug est depuis de nombreuses années stable, tant au niveau économique que politique, social et financier. Ses habitants ont en moyenne moins de 40 ans et plus de 10% sont au bénéfice d’un titre universitaire, un record suisse selon l’Office fédéral de la statistique.

 

Des prix qui flambent

 

Mais tout n’est pas parfait à Zoug. Certains résidents estiment que le lieu est trop lent, trop propre, trop mignon, déclare David Court. Et tout le monde se plaint du coût de la vie élévé.

 

Les prix de l’immobilier, en particulier, ont flambé au cours des dernières années. Par exemple, une villa de six pièces au bord du lac d’Aegeri peut atteindre 5 millions de francs, selon le portail immobilier Homegate.

 

«Les prix des appartements sont exorbitants, confirme Petra Fetting, une citoyenne suisse qui a vécu plusieurs années dans la région. Beaucoup de Suisses ne peuvent pas se permettre les prix pratiqués à Zoug et sont contraints d’aller vers les villes et les cantons des alentours.»

 

Fiscalité des entreprises

 

La fiscalité des entreprises est l’un des dossiers «chauds» entre la Suisse et l’Union européenne.

 

Depuis des années, Bruxelles critique les régimes d’impositions spéciaux accordés par certains cantons – dont Zoug – aux holdings, aux sociétés de gestion et aux sociétés mixtes.

 

Selon l’UE, ces régimes fiscaux sont assimilables à des aides publiques qui faussent la concurrence, ce qui contrevient aux accords de libre-échange.

 

Le gouvernement suisse juge ces critiques infondées. Il s’est toutefois dit ouvert au dialogue avec Bruxelles.

 

En Suisse également, différentes voix demandent une égalité de traitement entre les entreprises suisses et étrangères en matière fiscale.

 

Mais la belle image a le revers de sa médaille « On s'ennuie tellement dans ce minuscule canton que les mauvaises langues prétendent que, pour passer le temps, certains attendent de voir bouger l'aiguille de la Zytturm indiquant les années bissextiles... »

 

Lire Zoug est un petit bout de paradis (fiscal) par La Fougère 19 octobre, 2015

La cigale et la fourmi : de la conception de l’autoroute en France et en Suisse… gardez la gauche ! Je roulais vers un paradis…
La cigale et la fourmi : de la conception de l’autoroute en France et en Suisse… gardez la gauche ! Je roulais vers un paradis…
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La cigale et la fourmi : de la conception de l’autoroute en France et en Suisse… gardez la gauche ! Je roulais vers un paradis…

De retour de mon petit tour dans la ville des coursives où sont plaquées les panneaux de raisons sociales connues ou ésotériques, où les sociétés de conseil fourmillent, j’avais faim. Mon choix du restaurant fut panoramique, je souhaitais dîner en contemplant le coucher de soleil sur le lac : ce fut un italien Ana Capri (j’y allé à Ana Capri sur l’île chère à Hervé Villard).

 

 

 

Je qualifierai la nourriture de sympathique, un risotto au vino rosso sans grande originalité mais la grande déception fut la carte des vins italiens : la caricature de ce que l’on peut faire en la matière, du lourd, du lourdingue, même si ça déplaît au conteur de philosophie normand, au palais blindé, je pleurais les vins nature de la péninsule. Le service était sympa, attentionné, j’ai passé une bonne soirée en prenant des croquis des couples voisins.

 

Comme Zoug n’est pas Saint-Tropez ni le Ferret je suis allé ensuite me coucher.

 

Le lendemain matin, sur la petite place sur laquelle donnait mon hôtel un charmant marché campagnard me rappelait que le canton de Zoug recèle encore beaucoup de paysans.

 

Maintenant la question à laquelle je ne vais pas couper est : mais qu’es-tu donc allé faire à Zoug ?

 

Pour ne pas y répondre j’ai décidé de répondre : m’y exiler au cas où talonnettes reviendrait tenir le manche en pays François et y ouvrir un bar à vins nus…

 

Et sur le chemin du retour la dame du GPS m'a toujours conseillé de garder la gauche ! Il doit y avoir urgence...

La cigale et la fourmi : de la conception de l’autoroute en France et en Suisse… gardez la gauche ! Je roulais vers un paradis…
La cigale et la fourmi : de la conception de l’autoroute en France et en Suisse… gardez la gauche ! Je roulais vers un paradis…
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17 août 2016 3 17 /08 /août /2016 06:00
Michel Onfray : "Tant que la France restera un pays judéo-chrétien, le vin sera libre".

Michel Onfray : "Tant que la France restera un pays judéo-chrétien, le vin sera libre".

L’avantage de causer de vins sur France-Culture c’est que les auditeurs, tout cultivés qu’ils fussent, ne sont pas de grands experts ni en culture de la vigne, ni en œnologie. Il est donc possible d’en rester à de larges approximations qui feraient sourire un élève de BTS viti-œno.

 

Et quand c’est notre grand conteur de philosophie normand qui cause dans le poste pour mettre les théories de Rudolf Steiner en pièces toute parole de lui est consommée comme du pain béni.

 

Sauf que ce cher Onfray idole des retraités et des zappeurs de Face de Bouc pour introduire sa déconstruction de la biodynamie commence par nous affirmer qu’en matière de vins il est un empirique qui a abordé ce nectar sans l’once d’une idéologie. Un gars comme Thierry Desseauve qui ne consomme pas de l'idéologie. On voudrait bien le croire sur parole ce cher Michel qui, avec son palais de normand, comme tout un chacun a appris le vin dans le cadre des codes du vin de son époque. Pour qui, comme moi, a lu, les écrits de notre conteur de philosophie consacré au vin, il est facile de qualifier les goûts de l’éminent Michel de bourgeois, même de petit bourgeois.

 

C’est son droit, tout comme il a celui de démonter les théories de Steiner qui, comme le dit l’ami Lilian Bauchet, l’a bien cherché.

 

Mais là où notre Onfray dérape dans la bouillie pour les chats c'est à propos de l’œnologie où ’il fait le procès des vins biodynamiques en taillant en pièces les vins dit nature dont les raisins ne sont pas forcément issus de la culture biodynamique certifiée. De même beaucoup de vins issus de la biodynamie ne sont pas nature.

 

Il faudra que le Michel fasse a minima un BTS viti-œno ou mieux passe par la Fac pour se faire inculquer les principes du Pr Peynaud afin de faire la différence entre des raisins bio, des vins bios, des raisins biodynamique et les vins qui en sont issus, et les vins dit nature qui puent et finissent dans l'évier du tout rond bas de plafond de Barcelone. En plus je lui conseil un stage chez les vendeurs des fameux intrants qui rendent tous les vins beaux et brillants comme il les aime.

 

Si la modestie l’effleurait une seconde il arrêterait de pontifier sur des gestes techniques qu’il ne maîtrise pas et se garderait de nous sortir des réflexions de fin de banquet sur le savoir-faire du vin. Il aime ça notre Onfray les belles invitations dans les beaux endroits où l'on fait des vins droit.

 

Le Michel nous dit avoir beaucoup dégusté, je ne suis pas en mesure de le contester mais s’il se trouvait en face de moi je lui ferais déguster à l’aveugle des vins dont certains sont issus de la biodynamie, tels Pontet-Canet, château Palmer, les vins de Lalou Bize-Leroy, la DRC, et je lui demanderais de les reconnaître. Pas sûr que sa haute science de la dégustation ne serait pas mise à mal.

 

Quand on ne sait pas, on dit je ne sais pas et on se contente de dire qu’on n’aime pas les vins natures à la condition d’en avoir dégusté une large palette pour étalonner son jugement.

 

Que notre Onfray aima les vins dit classiques, bien bourgeois, c’est son droit le plus strict mais de grâce qu’il ne profite pas des tribunes qui lui sont offertes du fait de son statut de conteur de philosophie officiel pour raconter aux cultureux n’importe quoi sur l’œnologie.

 

La première partie de l’émission (voir ci-dessous le synopsis) vaut son pesant de «science œnologique» à la sauce Onfray, même qu’avec une pointe de second degré l’on peut trouver ça très drôle ce qui, pour ce cher Michel, est une offense faite à son savoir universel. Il pourrait facilement avec un tel bagage se lancer sur les traces des winemaker à la mode du type de ce cher Hubert. Je plaisante bien sûr mais sauf qu’ici il tape à bras raccourci sur des vins qui n’ont rien à voir avec la biodynamie.

 

Comme l’aurait dit Ginette Cocu, la coiffeuse de ma mère : «faut le faire tout de même!». C'est comme si votre boucher confondait l’aloyau et le rumsteack et si votre fromager vous affirmait que le Roquefort est fait avec du lait de chèvre.

 

À ce degré de science une telle ignorance vaut un carton rouge, une disqualification immédiate sous les ricanements de la foule des amateurs.

 

Pour ma part j’ai toujours trouvé Onfray « vieux » dans sa vie à lui, je ne fais pas ici allusion à ses écrits, chantre d’un hédonisme triste, le type avec qui tu n’as pas envie de partager le pain et le sel, de rire, de boire, c’est un chiant, et la façon dont il parle du vin dans cette émission en est le signe le plus parlant.

 

Je le répète pour être bien compris : je ne conteste pas à Michel Onfray le droit de jeter aux orties les théories de Steiner, je ne conteste pas non plus son droit d’aimer les vins classiques dont il semble ignorer comment l’œnologie moderne les traite, et jamais au grand jamais je ne critiquerai son aversion pour les vins nature.

 

Mais de grâce qu’il cesse de donner des leçons magistrales, du haut de sa chaire de l’Université Populaire de Caen, sur l’œnologie et la manière de faire le vin. J’ose l’écrire c’est un ignorant, tout en soulignant que ça n’est pas une tare pour un buveur de vin mais pour un conteur de philosophie, oui.

 

Ceci étant écrit je vous invite à auditionner son émission Théorie du fumier spirituel. Critique de la raison biodynamique ICI 14.08.2016

 

« Nietzsche disait qu’il n’y a pas d’objet philosophique à proprement parler, mais des traitements philosophiques de tous les objets possibles et imaginables. Nous allons traiter philosophiquement du fumier. Séance consacrée à l’anthroposophie, à Rudolph Steiner, à la biodynamie. »

 

UNIVERSITÉ POPULAIRE DE CAEN – Michel Onfray

Brève encyclopédie du monde.

2015-2016 C

ONFERENCE DU 23 MAI 2016

THEORIE DU FUMIER SPIRITUEL

CRITIQUE DE LA RAISON BIODYNAMIQUE

 

1/ DU VIN BIODYNAMIQUE

 

  1. Mauvaises expériences :

• Vin pâteux : pas collé

• Consistance d’un jus de fruits, microparticules : pas filtré

• Râpeux, pas de longueur en bouche

• Arômes négatifs : vieille cave, fût malpropre, vinaigre, terre

 

  1. Explications :

• Palais formaté par le scientisme

• Intoxication par le discours œnologique dominant

• Transport, conservation, manipulation

• Date, heure, lieu, jour de la dégustation

Extrait du livre : Cosmos Spirituel, Ed. Flammarion.

Chapitre 4 : Théorie du fumier spirituel

J’aime le vin et si j’avais pu boire une seule fois dans ma vie un bon flacon conçu selon les principes de l’agriculture biodynamique, je ne me serais pas interdit la philosophie de Rudolf Steiner, car sa pensée aurait été validée par ses produits. Hélas, je n’ai jamais bu de vin issu de la biodynamie qui ne soit une exécrable piquette. Quand je m’en ouvrais à tel ou tel qui voulait conquérir mon esprit par mes papilles (et il y en eut plus qu’à son tour), j’avais droit à deux types de réaction.

Premier argument : mon palais était formaté par des années de scientisme qui me faisaient prendre pour bon ce qui était mauvais, il était donc normal que je prenne pour mauvais ce qui était bon. Mon jugement de goût était intoxiqué par la chimie, les sulfates, les engrais, mais aussi par le discours oenologique présenté comme idéologique. J’eus droit parfois à des discours qui faisaient d’Yquem, de Pétrus, de Margaux d’authentiques poisons qu’il fallait s’abstenir de boire, sous peine de cancer, qu’on devait s’empresser de verser dans le trou de l’évier !

Le deuxième argument provenait de militants moins installés dans la dénégation et plus aptes à concevoir que le réel avait bel et bien eu lieu : ils concevaient que, peut-être, les critères n’étant pas les mêmes, j’aie du mal à juger sainement. Mais ils trouvaient une raison extérieure au vin pour justifier qu’il ne fût pas aussi bon en bouche que ce qu’annonçait la théorie biodynamique. Le transport de la bouteille, sa conservation, sa manipulation, mais aussi, et surtout, la date, le lieu, l’heure, le jour de la consommation qui ne pouvaient être n’importe lesquels mais qu’il aurait fallu choisir en fonction des mouvements de la lune. Présenté comme un organisme vivant sensible aux mouvements lunaires (et pourquoi pas… mais les autres vins également), le vin n’aurait pas dû être bu au moment où il l’a été sous prétexte qu’il entretenait avec les astres une relation intime lui interdisant de révéler sa vérité dans la bouche du goûteur.

Quoi qu’il en soit, le vin n’était pas bon et s’avérait pâteux, épais, trouble, pas collé (même à l’oeuf) ; il avait la consistance d’un jus de fruit avec microparticules en suspension ; il s’avérait râpeux en bouche, sans longueur aucune ; il révélait des arômes inédits pour un vin, aucun d’entre eux n’étant flatteur – vieille cave, fût malpropre, arrière-goût de vinaigre ou de terre ; il ne ressemblait à rien de connu, mais à rien qu’on ait envie de connaître non plus.

Je compris que ce vin avait moins à voir avec le raisin qu’avec l’idéologie et qu’il procédait d’une croyance qui lui donnait sa loi. La biodynamie est une pensée magique qui, comme toute pensée magique, dont la psychanalyse, produit des effets chez ceux qui y croient. Ce vin imbuvable par un amateur de vin devient le nectar le plus fameux pour un palais qui a renoncé à ses papilles au profit du catéchisme formulé en 1924 par l’ésotériste Rudolf Steiner dans un ouvrage intitulé Agriculture. Fondements spirituels de la méthode biodynamique. Le vin biodynamique est un genre de vin de messe : il ne donne d’extase qu’aux croyants. Rudolf Steiner (1861-1925) est un pur produit de l’idéalisme allemand qui débouche clairement dans l’occultisme, l’ésotérisme.

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15 août 2016 1 15 /08 /août /2016 06:00
Qui sont les bars de la Côte des Bars, des loups voraces, des barbeaux… qu’en pense Olivier Horiot des Riceys en l’Aube champenoise ?
Qui sont les bars de la Côte des Bars, des loups voraces, des barbeaux… qu’en pense Olivier Horiot des Riceys en l’Aube champenoise ?
Qui sont les bars de la Côte des Bars, des loups voraces, des barbeaux… qu’en pense Olivier Horiot des Riceys en l’Aube champenoise ?

Le bar, qui est une unité de mesure de pression, pourrait faire accroire aux ignorants que l’extrême-sud de la Champagne viticole, longtemps méprisé par les gens du Nord, se dénomme côte des bars pour cette raison. Ça semble lui aller comme un gant.

 

Que nenni !

 

Mais alors de quel bar s’agit-il ?

 

Si on se réfère à l’origine du mot, c’est en référence à la langue gauloise : barr signifiant « sommet ».

 

Mais, ce qui est étrange c’est que les armories, les blasons de villes avec le préfixe bar : Bar-le-Duc en Lorraine, Bar-sur-Aube, Bar-sur-Seine en Champagne, et Montbard en Bourgogne sont ornées de poissons dénommés bars en héraldique.

 

 

 

 

Mais ces poissons sont-ils des bars ?

 

Ces villes sont fort éloignées de la mer ou de l’océan. En réalité il est tout à fait possible que le nom de bar soit utilisé ici dans un sens élargi, pour désigner une perche de rivière et non pas la perche de mer qu’est le bar.

 

Mais là où l’appellation se complique c’est qu’il y a déjà deux noms pour le même poisson. En effet ce poisson est abondant dans l’Atlantique et dans la Méditerranée, c’est donc bar au nord et loup au sud.

 

J’aime bien cette dernière dénomination car le nom du bar en grec ancien est labrax, dérivé de l’adjectif, labros « vorace »

 

N’y voyez aucune malice de ma part à l’égard de mes amis vignerons champenois, je ne fais qu’éclairer la lanterne des jeunes générations qui n’aiment rien tant que twitter.

 

Mais ce n’est pas tout dans ma patiente quête des mots, en effet il faut que vous sachiez que chez moi, sur la côte vendéenne, le bar est aussi désigné par d’anciens noms dérivés du latin lupus, comme lubin, lubine, loubine… qui ont des équivalents en espagnol lubina et en catalan llobina.

 

Dans ma jeunesse, oui je sais vous bassine avec mes souvenirs, lorsque ma mère voulait faire plaisir à mon père elle lui cuisinait de la loubine. C’était son poisson roi, alors que maman était très sole. Dans son livre D’Yeu que c’est bon ! Bruno Verjus, qui n’aime rien tant que les îles et tout particulièrement l’insula Oya son anti-ville, jamais vile, de cœur et de pied à terre, parle de la loubine du plateau de Rochebonne.

 

La loubine fait partie intégrante de ma jeunesse : les adeptes de la pêche à la ligne, en mer, la plaçait tout en haut de leur hit-parade des prises et, les braconniers, ceux qui la nuit allaient « senner » au Marais Girard, se vantaient d'en ramener de pleins sacs de jute... Normal, la loubine est un petit bar et le bar, le loup en Méditerranée, est l'un des poissons les plus appréciés des amateurs.

 

À la maison nous n'en mangions que très rarement, sauf lorsque mon frère Alain se laissait entraîner par la bande de malandrins pour tirer nuitamment la senne (ou seine, filet disposé en nappe et formant un demi-cercle, en l'occurrence tirés à main d'hommes qui s'immergeaient jusqu'au cou dans l'océan à partir de la grève).

 

Alors, nous les mangions fricassées au beurre salé. Par, je ne sais quel décret interne, chez nous, seule la sardine avait droit, et à la fricassée si elle était petite, et à la grillade si elle était grosse.

 

Confidence d’un pêcheur :

 

« Il m'est arrivé, sur des fonds connus de m'avancer en péchant jusqu'au moment du retournement du jusant : presqu'immédiatement les touches reprennent et dans les petits fonds on aperçoit les hordes de loubines comme chevauchant la vague en direction du rivage... Tout juste si elles ne cognent pas mes bottes ... »

 

Le plateau de Rochebonne « se situe à plus de trois heures de mer des côtes d’Yeu. Vaste comme deux fois la surface de l’île, il offre un site rocheux unique pour la pêche au homard, langouste, thon germon et loubine.

 

En juillet, la loubine se pêche à la canne avec des lançons. En août elle musarde et modifie son régime alimentaire. Elle ne résiste pas aux ballardes, lignes de fond garnies de chancres-ballants, petits crabes blancs. »

 

Avec vos petites loubines vous levez des filets que vous faites cuire sur peau dans une grande poêle avec un peu de gros sel au fond pendant 5 à 6 minutes. Lorsque le dessus de la chair est encore translucide couper le feu.

 

1 jet de citron ou des pépites de beurre salé suffisent à vos petites loubines que vous pouvez accompagner d’une ratatouille tiède…

 

Ratatouille, comme à Mougins… ICI 

 

« Et tout d'abord la liste des courses. Aubergines et courgettes, « de petite taille et bien fermes », oignon blanc, poivron doux « bien épais de chair », tomates bien mûres, une pincée de thym, de l'ail, du basilic frais, un peu de persil, de l'huile d'olive, sel et poivre. Les aubergines doivent être entièrement épluchées, et les courgettes en laissant des bandes de peau, de façon à obtenir un zébrage vert et blanc. Les tomates sont coupées en gros dés, les oignons en fines rondelles, et les poivrons en petites lamelles. Tous les légumes sont sautés séparément dans l'huile d'olive, les tomates avec le thym, puis mélangés au dernier moment pour être réchauffés avec l'ail, le basilic, le persil hachés. Roger Vergé précise : « Habituellement, la ratatouille se compose en cuisant doucement et longuement pendant 2 à 3 heures. Mais la recette que je vous donne a l'avantage de préserver la fraîcheur et la texture des légumes. »

 

Et avec ça vous servez au choix les Coteaux Champenois du milieu :

 

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9 août 2016 2 09 /08 /août /2016 06:00
La bataille de la vraie tomate goûteuse de saison cultivée en pleine terre va-t-elle être gagnée par nous consommateurs-citoyens ?

Depuis des années j’étais fâché avec la tomate Daniela, apparue au début des années 1990, issue de sélections génétiques, qui pouvait rester ferme et rouge pendant trois semaines, mais sans goût.

 

Tout était faux dans la tomate : les tomates grappes, les tomates dits anciennes, la cœur de bœuf, tout au long de l’année, partout sur les étals y compris chez les petits marchands de fruits et légumes. Même les bio étaient inodores et sans saveur.

 

Pourquoi le goût de la tomate a-t-il quasiment disparu ?

 

« En France, on vend 900 000 tonnes de tomates par an, dont 85 % en grande distribution, et le pays en produit plus de 500 000. Pour répondre aux contraintes de la distribution, les semenciers ont sorti des graines d'hybrides dites « long life », faites pour l'exportation et supporter de longs voyages en bateau. Au début des années 1990, la tomate Daniela, issue de ces sélections génétiques, pouvait rester ferme et rouge pendant trois semaines, mais sans goût.

 

Deuxième facteur néfaste : en Espagne, au Maroc ou aux Pays-Bas, on récolte les tomates à des stades de maturité très clairs. Sur un code de coloration qui va de 1 à 10, on les cueille souvent à 2, alors qu'il faudrait être à 6 ou 7 en lumière naturelle.

 

Troisième facteur : en conservant les tomates en chambre froide ou en réfrigérateur, le distributeur ou le consommateur tue le développement des arômes et des parfums et casse le processus de maturité. La tomate ne supporte pas les températures inférieures à 12 degrés, or toute la logistique alimentaire en France se fait en dessous de 8 degrés ! »

 

Le vent vient de tourner, sous l’impulsion d’une poignée de résistants à « la tomate mondialisée », il est à nouveau possible de consommer en saison des tomates de plein champ goûteuses et savoureuses.

 

Dans sa préface à l’opus Tomate publié par les éditions de l’Épure, Isabelle Larignon, donne deux dates :

 

 

2005 – Porte de Versailles – Hors-sol : c’est parti pour le Salon le plus vachard. Ça ne rigole plus à la manut’. Noud voilà au cul du camion à transporter des plants de tomates s’étirant comme des lianes. Moi exposant, moi gêne. Moi tout savoir ou presque sur la culture hors-sol et expliquer pourquoi toi ne plus avoir de goût : rock and roll.

 

2010 – Paris – Rouge : ronde, oblongue, verte, safranée, noire, zébrée, elle s’épanouit arlequine dans le semis d’un potager où elle reçoit les rouges baisers d’un jardinier qui lui demande en secret « Me dire-vous un jour la saveur de vos lèvres ? Me direz-vous un jour le goût de vos baisers ? »

 

« Une tomate en serre, c'est bien pour avoir de la tomate en décembre et des fruits bon marché. Mais une tomate en pleine terre de plein champ, c'est 100 fois mieux. C'est comme un steak sous vide, à un moment c'est pas pareil », juge Clotilde Jacoulot, primeur à Morteau (Doubs) auréolée du titre de meilleure ouvrière de France (Mof).

 

La plus belle alliée de la tomate goûteuse de saison cultivée en pleine terre est la mozzarella di bufala DOP

 

 

Au-delà de la haute-gastronomie, la bataille du goût dépasse largement le petit cercle des fines gueules, elle est emblématique d’une vraie reconquête par les consommateurs de leur pouvoir d’influer sur le cours implacable et normalisateur de ce monde mondialisé.

 

Certes, le coût du panier dit de la ménagère, de son caddie, est un point important mais sa composition l’est aussi. L’excès de produits transformés, emballés, normalisés, à coût au kilo très élevé, peut largement laisser la place à un retour à des produits bruts de bonne qualité à transformer soi-même.

 

La question du temps est un faux argument cachant nos choix et nos renoncements.

 

La réduction de l’emprunte carbone des tomates, des fraises allant et venant sur les autoroutes d’Europe, le choix d’une agriculture moins intensive, plus respectueuse de l’environnement, de la santé, passent par nos choix de consommateurs-citoyens.

 

Cessons de toujours rejeter sur les autres la dégradation de notre nourriture, de notre environnement, commençons par nous prendre en main, par balayer devant notre porte, par donner des signaux, même faibles, aux hydres qui nous entraînent dans un monde qui broie notre mode de vie.

 

Bien sûr, il ne faut pas rêver la haute-technologie, telle que décrite ci-dessous, exploitera ce flux montant, mais à force de grappiller il est possible de tailler des croupières aux monstres, prenons exemple sur « Les paludiers de Guérande ou la volonté d’une poignée d’hommes peut inverser l’histoire d’un produit millénaire » lire ICI 

 

Retour au goût de la tomate :

La bataille de la vraie tomate goûteuse de saison cultivée en pleine terre va-t-elle être gagnée par nous consommateurs-citoyens ?
La bataille de la vraie tomate goûteuse de saison cultivée en pleine terre va-t-elle être gagnée par nous consommateurs-citoyens ?

Lire Bretagne contre Sud-Est : la guerre de la tomate fait rage 

 

« On est loin de la « serre à pépé »

 

Désormais, les Bretons, bien organisés dans leurs groupements de producteurs, sont devenus les champions des rendements. Il n'y a qu'à voir la serre expérimentale de Savéol, leader de la tomate en France (80 000 tonnes/an), pour mesurer combien on est loin, aujourd'hui, de la « serre à pépé ».

 

Située à Guipavas, près de Brest, cette serre de 5 000 m2 est entièrement pilotée par informatique (température, humidité, arrosage…). Quelque 260 variétés différentes de tomates y sont testées. Et 99 % des plants sont cultivés en hydroponie, où la terre est remplacée par un substrat stérile : ici de la fibre de noix de coco du Sri Lanka.

 

En 30 ans, la coopérative a développé 30 variétés. « Le marché est très concurrentiel en France et nous, depuis le temps qu'on cultive la tomate, on sait que la meilleure solution pour répondre aux attentes du marché c'est de proposer des choses nouvelles », explique Pierre-Yves Jestin, président de Savéol.

 

La palette s'est incroyablement élargie. « Nous étions tombés au fond du trou il y a une quinzaine d'années, avec la Daniela en Bretagne. Elle était rouge, ronde et ferme, mais n'avait aucun goût. Depuis, nous avons fait beaucoup de chemin pour la diversification et le goût », veut croire Gérard Roche, vice-président du syndicat Légumes de France.

La bataille de la vraie tomate goûteuse de saison cultivée en pleine terre va-t-elle être gagnée par nous consommateurs-citoyens ?
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8 août 2016 1 08 /08 /août /2016 06:00
Yeu à la bouche John Paul Carmona le Joe Louis de la cuisine enchante patagos&mogettes avec l’huile d’immortelles  d’Insula Oya

Juin 68 :

 

« Aussi bizarre que ça puisse paraître, moi qui suis né à quelques kilomètres de la mer je n'avais jamais quitté la terre ferme sur un quelconque bateau. L'avion, n'en parlons pas, en ces années-là voyager était un luxe. À l'embarcadère de Fromentine, face à l'île de Noirmoutier, je découvrais notre navire propret, tout blanc, « la Vendée ». Les marins y embarquaient victuailles et fournitures entassées sur des palettes. Ils chargeaient aussi quelques voitures. Sur la jetée de bois, tout un petit monde de vacanciers, d'îliens, de passagers d'un jour se pressaient.

 

Mon arrivée à Port-Joinville, sous un ciel si bleu, un air si tendre empli de bouffées de senteurs de poiscaille, restera pour moi l'un des moments forts de ma vie. Jean Neveu-Derotrie, mon boss, était le sosie de Jacques Tati sans l'imperméable. Sa garde-robe se résumait en trois pantalons de tergal gris, deux chemises nylon blanches et une paire de sandales de plastic blanc. Mèche sur les yeux, pipe éteinte au bec, flanqué de son chien Achille, appuyé aux ridelles d'une camionnette C4 il me tendait une main ferme et chaleureuse.

 

L'homme était merveilleusement loufoque, cultivé. Au bar de la marine il me comptait son histoire de rejeton d'une famille où l'on était médecin ou dentiste. Lui s'était fait visiteur médical. Il sillonnait la France en fourgonnette J7 pour placer des matelas anti-escarres dans les hôpitaux et chiner toutes les vieilleries qui lui tombait sous la main. Militant au PSU, pacifiste, son sens des affaires consistaient à savoir acheter. L'argent ne représentait rien pour lui. Un vieux Rouen, une commode Régence ou un homme debout marqueté, ça lui parlait, ça le faisait bander. Capable des pires manœuvres pour acquérir le meuble ou l'objet sur lequel il avait jeté son dévolu il se fichait pas mal ensuite de revendre. Jean n'aimait rien tant que de voir son magasin empli de belles choses. C'était un esthète, un pur esprit, notre accord fut instinctif, immédiat. Sans parole.

 

Les marins l'appelaient le « marchand de vermoulu » et se faisaient un devoir de lui faire prendre, à chacune de ses sorties, une mufflée. Mon baptême du feu se révéla redoutable. Après les bières nous étions passés au pastis et, sans nous avoir mis une quelconque nourriture sous la dent, l'heure du Cognac sonnait. Je pratiquais, autant que je le pouvais, la politique du verre plein sans toutefois pouvoir éviter d'en descendre quelques-uns. Jean semblait imperturbable. Droit, rallumant ostensiblement sa pipe toujours éteinte, dans le brouhaha, il me narrait sa « guerre d'Algérie » comme infirmier. Achille, le chien, me fixait de ses yeux tendres. Tous les deux nous allions aussi former une belle paire d'amis. On m'observait. Soumis au rite initiatique d'admission dans le cercle restreint des gus capables de marcher droit après une poignée d'heures passées à écluser sec je me devais de triompher de l’épreuve. Aux alentours de minuit, avec la raideur hésitante de ceux qui sont pleins comme des huîtres mais qui veulent encore porter beau, Jean et moi, côte à côte, sans nous porter secours mutuel, quittions le bar en saluant les derniers piliers de bistrot. La C4 nous mena sans encombre jusqu'à la Ferme des 3 Moulins. »

 

 

Telle fut mon arrivé à l’Ile d’Yeu.

 

Mon job d’été consistait à tenir les comptes, faire les courses à Port-Joinville, la cuisine, assurer en gros l'intendance générale du magasin de brocante de la Ferme des 3 Moulins.

 

Vous comprendrez ainsi aisément que je partage l’enthousiasme de John Paul Carmona « De tous les endroits que j’ai eu la chance de découvrir à travers le monde, l’île d’Yeu est l’un des plus beaux, et certainement l’un de mes préférés. J’y suis arrivé pour y travailler un été sans avoir la moindre idée d’où je mettais les pieds. J’en suis tombé instantanément amoureux.

 

Depuis mes premiers pas sur le marché, mes premières balades sur la plage, j’ai été fasciné. En tant que Chef, j’y ai trouvé des produits qui rivalisent avec ce que j’ai vu de meilleur dans les restaurants autour du monde. La fraîcheur des poissons, les incroyables légumes bio, les fromages de chèvre ou les herbes sauvages, tout m’enchante. »

 

Mais qui est donc John Paul Carmona ?

 

 

Bruno Verjus autre fondu de l’Île d’Yeu le compare au boxeur Joe Louis désigné comme le champion du siècle en 1981.

 

« Une identique déambulation de boxeur puncheur – la grâce d’un corps massif, mue d’une légèreté dansante. L’œil félin, le sourire esquissé aux lèvres, une présence de tout instant ; voilà pour le menu.

 

En cuisine, John Paul Carmona rythme ses ingrédients et ses mets à l’égal d’un boxeur. Au palais, les saveurs des plats se lancent dans une savante hypnose, frappent et vous laissent KO à la première bouchée. Le style, la puissance et l’élégance, quelques mots égrainés comme des condiments. Ils valent pour nos enthousiasmes devant une cuisine limpide, franche et sincère. »

 

 

Yeu à la bouche de John Paul Carmona est une production des éditions de l’Épure.

 

Choisir parmi les recettes n’est pas aisé mais puisque j’ai découvert et cuisiné des patagos à l’Ile d’Yeu je n’ai pas hésité une seule seconde. 

Yeu à la bouche John Paul Carmona le Joe Louis de la cuisine enchante patagos&mogettes avec l’huile d’immortelles  d’Insula Oya

Pour le vin qui va avec je me suis adressé à Laure Pradel qui veille, avec un soin d’une nounou suisse, sur les vins des Fiefs Vendéens de Jérémie Mourat.

Yeu à la bouche John Paul Carmona le Joe Louis de la cuisine enchante patagos&mogettes avec l’huile d’immortelles  d’Insula Oya
Yeu à la bouche John Paul Carmona le Joe Louis de la cuisine enchante patagos&mogettes avec l’huile d’immortelles  d’Insula Oya
Yeu à la bouche John Paul Carmona le Joe Louis de la cuisine enchante patagos&mogettes avec l’huile d’immortelles  d’Insula Oya
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1 août 2016 1 01 /08 /août /2016 06:00
L’ultime épreuve d’un vin versus Veritas avec les testeurs testés : la chasse aux défauts est ouverte laissez rouler le croskill !

La semaine passée deux textes m’ont « fasciné » tellement ils sont à l’image de notre temps où dans le maquis des produits de consommation emballés, sur-emballés, issus de mélanges de plus en plus indéterminés, l’heure est à la traçabilité, à la certification extérieure, il faut rassurer le consommateur qui a perdu tout lien avec la terre et les saisons.

 

Face à cette débauche de « rassurez-vous bonnes gens nous veillons sur vous, n’ayez pas peur mangez en toute confiance les produits de l’agro-industrie normés, formatés… » Madame et monsieur tout le monde aurait pu penser que le vin « jus fermenté du raisin » échappait aux trucs et aux machins ajoutés par les gens qui nous veulent que du bien.

 

D’ailleurs, pour l’attester, nos chercheurs de l’INRA, y’en a même qui font de l’économie expérimentale, c’est dire la profondeur où se nichent leurs neurones, qui n’aiment pas leur nouveau directeur qu’est pas docteur, nous sorti de derrière les tonneaux : la typicité.

 

Et comme de bien entendu, ils communiquent, ils savent eux, faut les croire.

 

Les AOC, un air de famille

 

« “Colorés”, “concentrés“, “longs en bouche”, “gras et ronds”, avec des arômes de fruits noirs et rouges : tel est le style des vins de l’AOC Anjou-Villages-Brissac (Vallée de la Loire). Cet air de famille - ou typicité - est un mélange d’originalité, d’authenticité et de qualité qui est lié au terroir. C’est précisément ce lien qui relie le vin au terroir que des chercheurs de l’Inra décortiquent depuis plusieurs années. Difficile à mesurer, ce lien est pourtant un enjeu majeur de la viticulture française, au cœur du système de production des vins d’Appellation d’Origine Contrôlée (AOC). »

 

Je dois dire que ce concept de typicité m’a toujours fait gondoler. La preuve ICI  dans une chronique de février 2006.

 

« Au temps de mes culottes courtes, dans mon bourg, seuls les commerçants partaient en vacances, les plus aventureux passaient même les frontières. Dans le lot il y avait madame Ginette, la coiffeuse de ma mère, qui avec son Francis de mari, entrepreneur en bâtiment, voyageait beaucoup. J'adorais madame Ginette, elle avait un côté star américaine des années 30, avec sa permanente impeccable, son blond oxygéné et ses ongles carminés. Bon, elle n'avait pas inventé l'eau chaude, elle minaudait un peu, mais après chacun de ses périples elle rapportait un petit souvenir et, comme pour s'excuser du côté babiole de la chose, elle croyait bon de dire " vous savez c'est très typique..."

 

Donc ce fut le premier texte : Quand le vin a soif de recherches ICI que j’ai adoré, façon de parler.

 

À peine revenu de mes émotions voilà qu’Internet me met sous le nez l’autopromotion d’un des rois de la certification : le bureau Veritas qui s’est déjà brillamment illustré pour son incompétence dans le dossier du classement de Saint-Émilion.

 

Ils sont contents d’eux, ils roulent des mécaniques, vous ne trouverez pas meilleurs qu’eux sur le marché. Le baron Le Roy doit se retourner dans sa tombe : « ils sont devenus fous ! »

 

La preuve :

 

Les testeurs testés

 

Avant de déguster le vin, le testeur est évalué. Bureau Veritas Certification le fait en vérifiant la cohérence de leurs notations, et en les évaluant eux-mêmes à l’aveugle. « L’an dernier, j’ai fait déguster un « leurre » à l’un de mes jurys : un vin présenté comme un « Corbières » mais avec un cépage non autorisé et un défaut d’acidité, raconte Sandra Rongieras. Test réussi ».

 

Dégustation à l’aveugle

 

Une fois tous les autres « examens de passage » réussis pour le vin, il reste encore l’épreuve ultime : les dégustations à l’aveugle ! Attention, les dégustations se font dans un ordre bien précis ! D’abord le blanc, puis le rosé et enfin le rouge, de plus, ils commencent par les millésimes les plus anciens.

 

Pour que le jury ait le palais « frais », les dégustations ont généralement lieu le matin, et au printemps afin que les vins rosés aient suffisamment maturés en bouteille ou en cuve.

 

Les vins sont présentés dans des bouteilles neutres et numérotées pour ne pas être reconnus par les jurés, qui ont quelques minutes pour évaluer la qualité du vin à l’œil, au nez et au palais.

 

Les jurés sélectionnés, généralement au nombre de cinq, sont réunis dans une salle à température régulée, répartis dans des box individuels, avec interdiction formelle de se parler. Ils peuvent goûter jusqu’à 30 vins différents en une matinée, divisée en deux séances.

 

Leur rôle est de repérer les différents défauts du vin. Des problèmes de couleur, de nez ou de palais peuvent leur interdire le bénéfice de l’appellation.

 

Ces défauts, les jurés les repèrent en utilisant les 91 défauts de la liste officielle de l’INAO (l’Institut National des Appellations et de l’Origine). Par exemple : sec, terreux, goût de bouchon, d’amande amère, de papier, de géranium, de ciment, de gouache, d’hydrocarbure, de serpillère, de souris, de sueur de cheval, d’entrailles de lapin…

 

En fin de dégustation, le jury se rassemble pour attribuer une note définitive : si c’est A, B, C1, l’appellation est accordée. C2, le vin doit être retravaillé. D1 ou D2, le vin est déclassé en « Vin de France »

 

L’intégrale ICI

 

91 défauts… le vin doit être retravaillé (avec quoi dites-moi ?)… le vin est déclassé…

 

Hé oui, nous voilà sur la bonne voie, celle de l’air de famille à coup de Photoshop, de l’œnologie corrective, des vendeurs de produits qui guérissent, des béquilles qui aident à marcher droit…

 

Alors il ne faut pas s’étonner que certains aillent chercher l’authenticité d’un vin hors la doxa des fameux cahiers des charges. Les naturistes ou leurs frères sont sans doute bardés de défauts mais, à leur manière parfois, un peu excessive, ils mettent le doigt là où ça fait mal.

 

Allez lisez-donc un grand classique du Taulier : Le CAC 51 : le croskill de la qualité des vins AOC

 

- Dis-nous pourquoi t’intéresses-tu soudain au Conseil Agrément et Contrôles, le fameux CAC 51 ?

 

Bon Prince, je leur répondais, qu’à la suite de mon coup de sang contre les PAJ de « Que Choisir ? » à propos de la labellisation foireuse des AOC, une source bien informée m’a confiée que le CAC, une invention de l’Administration, jamais en reste de la création d’un Comité Théodule supplémentaire, c’était quasiment le croskill des vins d’AOC.

 

Mes compères éberlués face à la profondeur de ma culture se récrièrent : « Qu’est-ce que c’est qu’un croskill ? » Je les toisais goguenard. D’une traite je leur balançais :

 

« Mes petits pères ignorants le croskill est un rouleau qui sert à briser les mottes et tasser le sol. Il est composé d'une succession de disques denticulés qui travaillent indépendamment et qui sont généralement en fonte et pèsent entre 25 et 35 kilogrammes pour un diamètre de 30 à 50 centimètres. Certains ont un centre évidé pour permettre des mouvements saccadés. »

 

Face à la beauté de ma métaphore ils tombaient en pamoison. Sans faire preuve de beaucoup d’imagination ils voyaient tous les Marcel Richaud de notre terroir martyrisé, écrasés, nivelés, réduits à n’être plus qu’un seul et même bloc compact, une morne plaine normalisée : la Brie, la Beauce, le triomphe de l’uniformité au nom de la typicité. Le triomphe du CAC 51 : « au nom du Q on ne veut voir qu’une seule tête dans les rangs ! »

 

L’intégrale ICI 

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28 juillet 2016 4 28 /07 /juillet /2016 06:00
e-cuisine : le crabe aux pinces d’or arrosé d’1 nectar, à damner un couvent de nonnes, le choix de Claire du Lapin Blanc et de Pierre Jancou le taulier d’Achille !

Dans le cadre de mes cours pour éduquer les petites louves et les petits loups à l’art de la cuisine de ménage, qui sont très suivis par la famille Perraud, l’Isabelle et Élodie en tête, je vous propose en ces temps caniculaires une préparation à la portée d’un mec qui ne sait pas faire cuire un œuf ou d’une nana qui ne veut pas écailler son vernis à ongles.

 

RECETTE EXPRESS : pour 6 personnes

 

1- Ingrédients :

 

- une boîte ou 2 de tranches d'ananas au jus (560g net égoutté 350g) selon votre appétit ;

- une boîte de crabe Chatka (240g net égoutté 140g) ; 

 

Crabe Chatka 100% pattes 44,20 € 210 g

 
 

 

18,50 €
 

- une boîte de maïs doux (150g) ;

- des tomates-cerises de diverses couleurs à votre convenance ;

- des poivrons verts nains pour la décoration ;

- du piment de Cayenne ;

- poivre moulu ;

- jus de citron et huile végétale ;

- moutarde de Dijon ;

- persil.

 

2- Préparation :

 

- ouvrir les boîtes et égoutter ;

- préparer dans un grand saladier la sauce : monter la moutarde arrosée du jus de citron avec l'huile ;

- verser les tranches d'ananas dans la sauce puis les pimenter et les poivrer ;

- ajouter le maïs doux et les tomates cerises ;

- ajouter la chair de crabe Chatka ;

- mélanger énergiquement et re-pimenter et re-poivrer ;

- disposez avec goût la chair des pattes du crabe Chatka et les poivrons verts nains ;

- parsemez de persil haché ;

- placez votre saladier dans un endroit frais ou au bas de votre réfrigérateur.

 

RECETTE ARTISANALE :

 

Pour celle-ci vous devrez aller chez votre mareyeur, acheter un tourteau dit « dormeur »  ou une araignée, vivants. Les plonger dans une grande marmite remplie d'eau froide salée avec bouquet garni puis les cuire (temps selon le poids à partir de l'ébullition).

 

Les laissez refroidir.

 

Les « épibosser » - appellation vendéenne contrôlée signifiant séparer la chair de la coquille et des pattes - pour obtenir l'équivalent du poids d'une boîte de crabe Chatka.

 

Pour l'ananas l'acheter frais, je vous conseille les petits ananas Victoria de la Réunion, le peler et faire des cubes.

 

Pour le maïs il est vivement déconseillé d'aller ramasser une poupée dans le champ du voisin et ce pour deux raisons : primo vous risquez du plomb dans les fesses, secundo de vous casser les dents puisque le maïs à vache est hard.

 

Pour les tomates vous pouvez, comme moi, en faire pousser sur votre balcon ou pour les provinciaux dans votre jardin.

 

Pour la préparation : sans changement.

 

 

Du côté jus de treille qui va avec mon crabe aux pinces d'or je me suis adressé à 2 stars des vins nus : la nouvelle étoile qui monte, notre Claire la cantinière-sommelière d'altitude au Lapin Blanc et le précurseur Pierre Jancou, le taulier du tout nouveau Achille, par qui les vins vivants ont pris racines dans le terroir de Paris.  

Je vais donc vous la faire compliqué alors que ce fut très simple :

 

1er acte je dîne chez Achille avec 2 amis, au dehors, le temps est lourd, pour le vin je laisse le Pierre à la manœuvre. Notre Jancou est presque 100% auvergnat. Il nous sert de l’Aurélien Lefort. Le premier flacon file dans nos gosiers, tel un fil dans la navette de la Singer de ma couturière de mère. Nous en commandons un second, et là Pierre nous sort une petite merveille de derrière les fagots vite tombée au champ d’honneur.

 

2ième acte je décide de vous proposer ma salade d’été et je la prépare en vrai.

 

3ième acte dans ma petite tête de chroniqueur je secoue le tout : je pense au vin de Pierre et je me dis que la Claire, la madone des hauteurs de Ménilmontant, aux papilles enluminées, serait la plus à même de m’accorder ce plat avec un vin à elle.

 

4ième acte je monte rue Servan chez Pierre pour mieux connaître le vin qu’il nous a servi et là, comme j’ai le cul bordé de nouilles, je tombe sur qui au bar d’Achille ? Je vous le donne en mille : sur Aurélien Lefort. Alors c’est simple comme un petit échange avec le vigneron. Notre Aurélien, vigneron en Auvergne depuis 2011, au sud d’Issoire, a décidé d’élaborer une pièce (220 l) en achetant des raisins de vieilles vignes, cultivées en biodynamie, à Faugères, près de chez Barral. Il transporte le raisin en cagettes jusque chez lui. Le laisse s’adapter au lieu, l’égrappe, l’encuve pour une cuvaison longue de 2 mois.

 

C’est un 100% carignan, un rouge comme je les aime. Top pour ma salade exotique, il tient le coup, se marie sans passer devant le maire. Quel beau couple !

e-cuisine : le crabe aux pinces d’or arrosé d’1 nectar, à damner un couvent de nonnes, le choix de Claire du Lapin Blanc et de Pierre Jancou le taulier d’Achille !
e-cuisine : le crabe aux pinces d’or arrosé d’1 nectar, à damner un couvent de nonnes, le choix de Claire du Lapin Blanc et de Pierre Jancou le taulier d’Achille !

5ième acte je transporte ma salade jusqu’à la cantine d’altitude le fameux Lapin Blanc. Y’a du monde et la Claire va et vient sans relâche. Promis, juré, après le service elle officie. Je rentre at home rassuré.

 

6ième acte le lendemain, sans nouvelles de ma marieuse, je m’inquiète. À juste raison, la madone de Ménilmontant a exploré les premières lueurs de l’aurore et n’a pu officier. Elle implore mon pardon que je lui donne sans absolution.

 

7ième acte le samedi je dîne chez Passerini en bonne compagnie, dont celle de la Claire tout de jaune vêtue. Au cours de nos agapes un sms, photo à l’appui, m’informe que ma salade exotique fait le délice des accros du Lapin. Précision, une part est laissée à la Claire, moins sainte qu’elle n’y paraît.

e-cuisine : le crabe aux pinces d’or arrosé d’1 nectar, à damner un couvent de nonnes, le choix de Claire du Lapin Blanc et de Pierre Jancou le taulier d’Achille !
e-cuisine : le crabe aux pinces d’or arrosé d’1 nectar, à damner un couvent de nonnes, le choix de Claire du Lapin Blanc et de Pierre Jancou le taulier d’Achille !

8ième acte le mariage est consommé, la madone a officié, ce sera « On n’est pas bien là » d’Aurélien Petit de Montpeyroux. C’est un blanc, grenache blanc-clairette. Sans monter en chaire, elle explique « ce vin très aromatique fait bon ménage avec l’exotisme de l’ananas, à la fois vif et dynamique mais pas trop long en bouche ce qui laisse à la chair du crabe le temps de s’exprimer. C’est une bouteille estivale pour buller au soleil ! »

 

Voilà l’histoire, et croyez-moi avec de tels collaborateurs la vie est bien moins triste qu’avec les goûteurs patentés, bardés de leurs certitudes enveloppées de commentaires éculés.

 

Jeu concours de l’été : quel est le seul lien entre les 2 vins ?

 

En cas de bonne réponse une dégustation gratuite offerte en septembre par mes soins au Lapin Blanc.

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27 juillet 2016 3 27 /07 /juillet /2016 06:00
Ils nous refont le coup du premier verre « 1 sur-risque dès le premier verre, au vu de cette nouvelle étude, la recommandation de santé « consommer de l'alcool avec modération » ne tient plus.

C’est reparti pour un tour !

 

Hier Doctissimo santé :

 

« En période estivale, cette étude publiée dans la revue Addiction risque de faire grand bruit auprès des adeptes du petit vin blanc sous la tonnelle. En effet, ces travaux épidémiologiques révèlent des liens de causalité étroits entre consommation d'alcool et cancers. Même les petits consommateurs sont concernés. »

 

Selon Jennie Connor, de l'université d'Otago, en Nouvelle-Zélande, auteure principale de ces travaux, il y a des preuves solides que l'alcool provoque 7 types de cancers, de l'oropharynx, du larynx, de l'œsophage, du foie, du côlon, du rectum et du sein.

 

La mauvaise nouvelle est qu'il y aurait, selon la chercheuse, un lien direct de cause à effet. Autrement dit, plus on boit d'alcool, plus le risque est important. Les buveurs légers à modérés seraient donc concernés par ces risques.

 

Une des études a suivi une cohorte de 1 million de femmes britanniques pendant 7 ans. Elle a montré que les femmes qui ont bu entre 70 et 140 g d'alcool par semaine affichaient une augmentation de 5% de cancer comparé à celles qui avaient consommé moins de 20 g par semaine - soit 2 verres de vin de 12 cl ou 2 bières de 25cl - et une augmentation de 13% du cancer du sein.

 

5,8% des cancers sont liés à l'alcool

 

Selon les estimations de l'étude, ces cancers liés à l'alcool représentent 5,8% du total des décès dus au cancer dans le monde.

 

Ces résultats sont le fruit d'une méta-analyse d'études épidémiologiques menées ces dix dernières années par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), l'agence de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Fonds mondial de recherche sur le cancer.

 

Alcool, tabac... Il est toujours temps d'arrêter

 

Dans une moindre mesure et sans en comprendre les raisons, les observations semblent indiquer que l'alcool est également à l'origine de certains cancers de la peau, de la prostate et du pancréas. Les fumeurs et buveurs multiplient par deux leurs risques, tout type de cancers confondus.

 

En revanche, il est possible d'inverser le risque d'un cancer du foie, du larynx ou du pharynx si le buveur est prêt à s'arrêter, et ce risque est réduit pour toute la durée d'abstinence, selon l'étude. Il équivaudrait même à une consommation nulle après 20 ans d'arrêt.

 

AFP/Relaxnews

 

Je ne vis ni dans le déni des facteurs de risques, ni dans la hantise de porter atteinte à ma santé et je ne souhaite en rien abréger ma vie.

 

Cependant je me refuse à tomber la tête la première dans le panneau simpliste des liens de cause à effet établis par des chiffres statistiques tirés de soi-disant méta-analyses

 

Dans une chronique du 9 janvier 2008 j’écrivais :

 

« Les morts des « suites d’une longue maladie » peuplent notre quotidien. Le cancer, les cancers de tout acabit emportent nos proches, nos amis, nos enfants et l’odieux chancre fait peur. La lutte contre le cancer est donc, à juste raison, une grande cause nationale mais, à trop vouloir agiter des épouvantails, formes modernes des spectres, à trop vouloir prouver, les scientifiques, toujours à la recherche de liens de causalité pour prévenir le mal, se coupent du corps social, lui donnent le sentiment de le priver des plaisirs de la vie, de l’assimiler aux souris de leurs laboratoires, de le réduire à des séries statistiques aussi froides que les murs de leurs hôpitaux.

 

La complexité de la vie, la diversité de nos modes de vie, les écarts qui se creusent à chaque extrémité de l’échelle sociale, l’extrême hétérogénéité des situations économiques et sociales nées de la mondialisation, font que les méta-analyses, chères à nos chercheurs, sont à manier avec bien des précautions. La mise en ligne du rapport « Alcool et risques de cancers » : état des lieux des données scientifiques et recommandations de santé publique est caractéristique de l’effet « tour d’ivoire » caractéristique de ces expertises scientifiques qui font subir au mot risque des glissements sémantiques qui n’ont rien de scientifiques. »

 

Le 23 février 2009 une autre chronique

 

« Quand on veut tuer son chien on dit qu’il a la rage : premier verre et cancer » ICI 

 

La part de risque, celui que tout individu se doit d’assumer aussi bien en tant que personne exerçant sa responsabilité individuelle et en tant que citoyen enserré dans un corps de règles de vie en commun, est toujours difficile à quantifier. L’excès, même s’il prête à interprétation, est assez facile à identifier : l’abus de consommation alcoolique est chiffrable. En revanche, la plage entre l’abstinence et la consommation modérée a des contours difficiles à délimiter. En ce domaine, comme dans tous les autres, le mieux est l’ennemi du bien : prôner, comme le Pr Houssin, la prohibition, relève d’une conception infantilisante de la société. Le n’y touchez jamais est l’équivalent du « cachez-moi ce sein que je ne saurais voir », pure hypocrisie et méconnaissance dramatique des ressorts profonds de l’être humain. Nos politiques de santé publique, si elles ne veulent pas se réduire à de piètres campagnes de communication, doivent se frotter à la société telle quelle est et non, continuer de véhiculer des présupposés idéologiques. L’entre-soi, qui vaut aussi bien pour les hygiénistes que pour ceux d’entre nous qui font semblant d’ignorer les méfaits de l’alcoolisme, n’est plus de mise dans une société démocratique. Même si ça choque les beaux esprits pudibonds, je préfère le modèle politique à l’ancienne, bon vivant, soucieux des libertés publiques, aux tenants d’une société pure et dure, liberticide où le risque de mourir n’est plus assumé.

 

Pour ne pas être en butte aux critiques des « scientifiques » j’ai lu les 60 pages de l’expertise collective et je vous en livre quelques morceaux choisis.

 

Lire la suite ICI

 

Je n’ai rien à ajouter ni à retrancher à mes propos de l’époque.

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26 juillet 2016 2 26 /07 /juillet /2016 06:00
Non messieurs les « dégustateurs patentés » vous ne pouvez juger du niveau global d’une appellation !

Arrêtez de nous faire prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages, messieurs !

 

Y’a peu de dames.

 

Quel part volumique de la production d’une appellation dégustez-vous lorsque vous vous rendez à l’invitation de son interprofession ?

 

Je n’ai pas de % mais je défie quiconque d’entre vous de me démontrer que celui-ci est représentatif du gros de la troupe.

 

Vous ne dégustez que ce qu’on vous propose, une minorité de vins, et je suppose que les interprofessions ne mettent pas en avant la sauce.

 

Alors, comment donc l’un de vos confères, qui gigote dans tous les sens pour se faire reconnaître, quitte à affirmer sur Face de Bouc qu’il est tricard dans certaines appellations pour cause de critique non-conforme à la ligne de communication de leur maison (tout le monde rigole), qui cherche à corps perdu des piges pour exercer son don pour le « journalisme libre » (ça l’empêche pas de dîner dans les châteaux de Bordeaux), peut-il écrire ceci :

 

« À Sancerre, comme dans toutes les appellations françaises, il y a les viticulteurs consciencieux et les autres. Certains réalisent des vins de très grands niveaux, ils sont connus et majoritaires, et d’autres profitent d’une demande élevée pour afficher des prix encore plus élevés. Or, déguster des sancerres c’est aussi s’apercevoir que les vins ne sont pas toujours au niveau qualitatif exigé par de tels prix. Et cette vérité n’est pas toujours bonne à dire. Dès lors, s’attaquer à la sacro-sainte appellation, c’est aussi, un peu, s’attaquer à la poule aux œufs d’or. »

 

C’est clair comme du jus de boudin et surtout ça n’est étayé sur aucun chiffre, aucun pourcentage permettant de juger de la représentativité de l’échantillon que ce grand homme en devenir a dégusté.

 

Que cette part soit ultra-minoritaire c’est consubstantiel au métier de «dégustateur qui fait payer l’accès ses prestations» : notes et commentaires. Il ne va se commettre à déguster des jus qu’achètera madame Michu chez Lidl.

 

Il est donc normal qu’on lui dise camembert lorsqu’il vient du haut de sa haute expertise nous délivrer des bons et des mauvais points sur la qualité générale des sancerres ou des vins de l’IGP Val de Loire.

 

Le monde des amateurs de vin est fort étroit, élitiste, et je comprends parfaitement que la compétition fasse rage pour tenter de gagner leurs faveurs, leur faire ouvrir leur porte-monnaie.

 

Ce que je conteste c’est, qu’au nom d’un accès privilégié à la dégustation, certains s’érigent en journaliste défenseur des consommateurs alors qu’ils ne s’en donnent pas les moyens ou qu’ils ne soient en capacité de se les donner.

 

À chacun son job, et je préfère la relation du journaliste du Berry-Républicain de l’affaire des arrachages des vignes IGP, imprégnée de l’esprit du lieu, modeste, factuelle, à l’analyse d’un soi-disant spécialiste qui ne voit pas plus loin que le bout de son verre.

 

L’entame était pourtant alléchante : « Comme Xavier de Maistre en son temps, tout porte à croire que certains ont surtout voyagé dans leur chambre et n’ont pas eu plus de soucis du monde réel qu’un enfant dans un bac à sable. Le monde pour certains de la presse vinique se résume aux dépêches de l’AFP. Ainsi, de l’affaire des plants arrachés à Sancerre, une grande majorité de médias viniques reprennent les écrits de l’agence française sans se soucier d’un quelconque intérêt du réel.

 

Réduisant les frais de piges et l’activité journalistique à son degré le plus faible, il aurait été intéressant de mener un peu l’enquête. Car finalement, derrière ce vandalisme primaire il se cache des choses bien plus complexes. »

 

La complexité du réel : oui je plussoie mais j’avoue que cet esprit supérieur n’a guère éclairé ma lanterne. Sans doute suis-je imperméable à la pertinence de sa pensée.

 

Rester dans le flou, l’ambiguïté, la généralité, sur la base d’une affirmation péremptoire non étayée, ce n’est pas du journalisme mais simplement l’expression d’un point-de-vue, qui peut avoir une certaine valeur mais qui ne peut se prévaloir d’un travail exhaustif d’enquête et de mise en perspective.

 

Bon prince je comprends tout à fait la prudence de ce dégustateur patenté qui fait payer par abonnement ses prestations : il ne va pas risquer de se faire mettre à l’index du côté de sancerre en levant trop haut le voile qui, selon lui, cache plus ou moins bien la réalité.

 

Retournez à vos chères notes, épargnez-nous vos postures de sachant, contentez-vous de votre biseness, vous n’êtes et vous ne serez jamais un vrai journaliste mais bien sûr libre à vous d’exprimer votre point de vue sur le Mondovino mais ce ne sera qu’un point de vue parmi d’autres. Rien de plus, rien de moins.

 

« Sans la liberté de blâmer, il n'est pas d'éloge flatteur. »

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25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 06:00
La fille de la belle-mère de Denis Saverot qui ne boit que du Bordeaux a rendu visite à Robert Parker dans son bourg natal de Monktown Maryland.

« Avant de prendre l’avion, un négociant bordelais nous a prévenus : « Parker a fait trembler pendant plus de trente ans les plus grands châteaux, et de riches propriétaires s’abîmaient en génuflexions comme s’il était le représentant de Dieu sur terre. Mais vous verrez, aux Etats-Unis, le pape des vignobles vit dans un trou paumé. Tout près de la maison de son enfance »

 

D’entrée de jeu ce nous m’interroge * : l’envoyée spéciale du Monde à Monktown Maryland n’est donc pas allé seule jusque dans ce trou paumé du Maryland, a-t-elle été accompagné par sa moitié notre Denis de la RVF ?

 

* Si le nous est ici de modestie il est donc masculin singulier et s’utilise pour un seul locuteur à la place du je pour gommer le côté trop individualiste du je, tout en maintenant un accord sylleptique au singulier. en conséquence prévenu devrait être au singulier. Idem pour le nous de majesté.

 

Je comprends aisément que le grand Bob vaille le déplacement et qu’un journal de référence comme le Monde, que je soutiens financièrement par mon abonnement, ouvre sa tirelire pour que Raphaëlle Bacqué, plutôt branchée politique, aille l’ausculter.

 

Mais il est où ce trou de Monktown Maryland ?

 

 

« Maintenant que l’on traverse les forêts du Maryland et de vastes étendues herbeuses où trônent de grandes laiteries, on comprend mieux. L’autoroute entre Washington et Baltimore est embouteillée, mais Monkton (Maryland), le bourg natal de Robert Parker, à trente minutes de Baltimore, a gardé cette allure de campagne américaine un peu terne. Six mille habitants, une poste, des commerces en bord de route, pas de centre. Une sorte d’opposé esthétique aux beaux villages de Saint-Emilion ou de Châteauneuf-du-Pape, dont Parker aime tant les vins. »

 

Pas de doute ils ont fait le déplacement et Robert Parker leur a donné « rendez-vous pour le déjeuner au Vito’s Café, un restaurant italien posé au bord d’une route, où il a ses habitudes. Il est là, installé tout au fond, près des cuisines. Très grand même assis, massif et bien carré à sa table, le visage barré d’un grand sourire : un genre d’Orson Welles dans Falstaff.

 

Derrière lui, on devine à peine deux béquilles avec lesquelles celui qui arpentait autrefois les vignes se déplace désormais, handicapé par un mal de dos chronique que les années – il court sur ses 70 ans – et l’embonpoint n’ont pas arrangé.

 

Posées sur la nappe blanche, deux bouteilles. L’une de blanc, l’autre de rouge. « Ils font partie de mes préférés », dit négligemment Robert Parker, et les serveurs du restaurant sont venus discrètement examiner les deux élus. »

 

« … Le vin blanc qu’il a apporté vient d’Amérique. « C’est un chardonnay du nord de la Californie, un Aubert », explique-t-il en le faisant servir pendant qu’on apporte du jambon italien. Le rouge, un Saint-Préfert, « un châteauneuf-du-pape racheté par une Parisienne, Isabel Ferrando, une ancienne financière qui s’est reconvertie dans la vigne et fait ce vin superbe ».

 

On le boira en dégustant ces petits crabes à la carapace molle que l’on ramasse à la fin du printemps dans la baie de Chesapeake. Le serveur a eu droit de goûter les breuvages. Aux tables voisines, la plupart des convives déjeunent en buvant des sodas.

 

« Je bois du vin tous les jours. C’est mon plaisir, reconnaît le dégustateur. Même lorsque je dois tester 150 ou 200 vins dans la journée. Jamais je ne m’en suis lassé.»

 

Fort bien me dis-je tout en pensant dans ma petite Ford d’intérieur que les époux n’ont pas fait le déplacement que pour licher deux belles bouteilles choisies par le Robert ?

 

Puisque la cave du Robert est, dit-on, l’une des plus belles des Etats-Unis et qu’il ne la fait que très rarement visiter, notre Raphaëlle Bacqué aurait pu tenter d’obtenir ce privilège au lieu d’interroger au téléphone, son ami Jeffrey Davies, un négociant américain installé à Bordeaux, pour qu’il lui confie : « Je crois qu’il en a deux, protégées comme des abris antiatomiques, contenant près de 40 000 bouteilles… ». Un trésor donc, « Tout juste avoue-t-il conserver « 90 % de vins français, surtout des bordeaux, des vins du Rhône et des alsaces, de grands californiens, des nebbiolo du Piémont, des sangiovese de Toscane, de magnifiques espagnols, des grands vins blancs allemands, des australiens et quelques sud-américains ».

 

Sans être taxé de mauvaise langue je suis en droit de me demander pourquoi l’envoyée spéciale du Monde et son accompagnateur – rappelez-vous le nous initial – a fait ce long déplacement pour rencontrer le grand Bob car, hormis ce que je viens de citer, tout le reste de l’article aurait pu être écrit depuis Paris sur la base de la documentation existante.

 

De même, les 2 photos illustrant l’article sont des photos d’archives, pourquoi ne pas avoir saisi notre cher Parker à la table du Vito’s café avec ses deux bouteilles ? Peut-être que notre Bob ne l’a pas souhaité ? Je ne sais.

 

Ce que je sais en revanche, en tant lecteur abonné du Monde, c’est que je paie pour avoir des nouvelles fraîches, pas du réchauffé : la énième évocation du fameux millésime 1982, du jugement de Paris, sa rencontre avec les époux Rolland, la saga de Valandraud…

 

Que cette histoire constitua la toile de fond du reportage, pourquoi pas, les lecteurs du Monde pour leur plus grande part ne font pas partis du Mondovino, mais tout de même ce déjeuner au Vito’s café aurait dû être l’occasion d’un portrait du Robert Parker en semi-retraite, d’une vraie interview le poussant un peu dans ses retranchements à propos de ceux qui prétendent lui succéder ou du devenir de sa méthode. Bref, faire le job de journaliste.

 

Nos grands médias papier souffrent nous dit-on, leur lectorat payant s’effrite, ils sont en quête d’un nouveau modèle économique pour répondre au défi d’INTERNET, mais ce n’est pas très étonnant au vu de ce cas précis : rien de neuf dans votre papier madame Bacqué !

 

À quoi rime ce déjeuner au Vito’s café de Monktown Maryland ?

 

Simplement à déguster avec Bob deux de ses beaux flacons, tirés de sa fantastique cave, en mangeant des petits crabes à la carapace molle ramassés à la fin du printemps dans la baie de Chesapeake ?

 

Ça fait cher l’emprunte carbone !

 

Mon dernier espoir c’est que le Denis, qui aime tant les déjeuners people, nous ponde un édito flamboyant dans la prochaine RVF où, avec son sens aigu des trémolos, il nous contera par le menu ce déjeuner avec Robert Parker au Vito’s café.

 

J’attends.

 

Je vous donne le lien pour accéder, si vous êtes abonnés, à l’intégralité de l’article de madame Bacqué : ICI 

 

Cet article a aussi été publié dans le numéro papier du samedi 23 Juillet page 20 L’été du Monde, dans la rubrique : ils ont façonné le goût, sous le titre : Robert Parker, palais royal.

 

Là nous avons droit à une photo de Bob, datée du 12 juillet, dans sa fabuleuse cave. Donc madame Bacqué n’a pas tout à fait « fait le voyage pour rien » à Monktown Maryland…

La fille de la belle-mère de Denis Saverot qui ne boit que du Bordeaux a rendu visite à Robert Parker dans son bourg natal de Monktown Maryland.
La fille de la belle-mère de Denis Saverot qui ne boit que du Bordeaux a rendu visite à Robert Parker dans son bourg natal de Monktown Maryland.
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