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9 novembre 2016 3 09 /11 /novembre /2016 06:00
Renverser la table ou changer le couvert sous les pavés du cochon tout n’est pas bon : le débat de Lyon sur les vins à poils ferment de la Révolution !
Renverser la table ou changer le couvert sous les pavés du cochon tout n’est pas bon : le débat de Lyon sur les vins à poils ferment de la Révolution !

Au bon vieux temps du rideau de fer, des affrontements entre les bonzes du PCF et la myriade des groupuscules gauchistes, le slogan valise « la rupture avec le capitalisme » constituait le marqueur ADN des encartés.

 

Samedi dernier, au premier étage du Palais de la BOURSE de Lyon reconverti en lieu de salon, nous avons gentiment débattu sur la capacité des vignerons produisant des vins nature à changer la donne de l’ensemble de l’agriculture française.

 

Vaste programme aurait dit le Grand Charles !

 

La salle était bien garnie, très attentive, trop à mon gré.

 

Je m’explique.

 

Avant d’accepter l’invitation d’Antonin l’organisateur du salon Sous les Pavés la vigne à Lyon j’ai dû surmonter mon allergie aux estrades du haut  desquelles ceux qui savent dispensent leurs savantes analyses aux ignorants. D'ailleurs il y a une constante : les places des premiers rangs sont les moins occupées, preuve d'une forme de réserve à être proche des sachants.

 

Comme je l’ai déjà écrit je préfère  le débat en cercle ou demi-cercle à la même hauteur avec la capacité de vraiment échanger avec l’ensemble des participants.

 

À Lyon nous étions donc juchés. L’assistance jeune était bien sûr composée de convaincus, on ne vient pas à un salon de vins nus, et à un débat de surcroît, si on n’a pas déjà contracté le virus naturiste.

 

Ce fut bon enfant et je ne suis pas apte à juger du ressenti des auditeurs. Ce que j’ai tenté d’expliquer c’est que le modèle agricole dit productiviste, élevage et productions végétales, ne s’infléchirait que sous la pression des consommateurs. Demander aux producteurs d’être vertueux en notre lieu et place est trop facile. Nous devons faire des choix et les assumer dans notre quotidien.

 

Ce matin en commençant cette chronique j’ai découvert cette dépêche AFP :

 

Alimentation: les Français voudraient consommer plus "durable"

 

(AFP) - Les Français, inquiets de la qualité des produits alimentaires -en particulier sur la présence pesticides- souhaitent consommer plus "durable" mais craignent une augmentation des prix, selon un sondage Ipsos pour la fondation Daniel et Nina Carasso rendu public lundi.

 

Au cours des deux dernières années, une majorité de Français affirment avoir de plus en plus adopté des comportements dits "durables", c'est-à-dire qui permettent de réduire l'impact social et environnemental de leur alimentation.

 

Ainsi 71% disent consommer des produits bons pour la santé, 70% privilégient les produits régionaux ou issus de circuits courts, 67% essaient de réduire la quantité de nourriture qu'ils jettent et 62% passent plus de temps à cuisiner eux-mêmes.

 

Près d'une personne interrogée sur deux déclare consommer de plus en plus de produits ayant un faible impact sur l'environnement (47%), ou garantissant un juste revenu au producteur (44%).

 

Réponses paradoxales car les Français continuent majoritairement de se décider en fonction du goût et du plaisir pour leurs achats alimentaires (56%) et du prix (55%).

 

Le prix constitue ainsi le frein de loin le plus important à l'achat de produits issus d'une agriculture responsable (83% des personnes).

 

Une grosse majorité se disent prêts à aller beaucoup plus loin dans un grand nombre de domaines, en particulier dans le "consommer local", réponse à la crise de confiance dans les produits alimentaires.

 

75% se déclarent prêts à consommer au maximum des aliments produits à côté de chez eux, 68% à boycotter des marques montrées du doigt par des associations auxquelles ils font confiance et 68% à acheter plus souvent des fruits et légumes présentant des défauts ou abimés, afin de réduire le gaspillage alimentaire.

 

53% seraient prêts à réduire leur consommation de viande à une ou deux fois par semaine (contre 29% de non, et 18% qui le font déjà).

 

A la suite de différents scandales alimentaires, les Français sont une majorité (57%) à s'inquiéter de la qualité des produits alimentaires qu'ils consomment, contre 43% qui se disent confiants.

 

La principale préoccupation des consommateurs porte sur les pesticides, cités par 43% des répondants. La hausse des prix arrive en deuxième position (27%) devant l'utilisation des arômes artificiels et édulcorants (26%) et l'épuisement et la dégradation des ressources naturelles (26%).

 

Le sondage a été réalisé par internet auprès de 1.022 personnes représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus entre le 30 septembre et le 4 octobre.

 

Daniel Carosso est fondateur de Danone en France. La fondation se dit "indépendante du groupe agro-alimentaire".

 

Comme vous pouvez le constater entre les bonnes intentions et la réalité des choix il y a encore un large fossé à combler.

 

Pour enfoncer mon petit clou je vais me contenter de rebondir sur l’interrogation d’un jeune homme du premier rang :

 

« Qu’est-il possible de faire pour que ça change ? »

 

Et pour ce faire je vais m’appuyer, non sur la production de vin mais sur celle du cochon en vous branchant sur un débat qui s’est déroulé aux  22EMES CONTROVERSES EUROPEENNES DE MARCIAC, les vendredi 29 et samedi 30 juillet 2016, dans le cadre du festival Jazz In Marciac (Gers)

 

Avec quoi nous faut-il rompre pour réinventer l’avenir ?

 

Faut-il rompre avec l’élevage industriel ?

 

Avec Danielle Even, éleveuse et présidente de la Chambre d’agriculture des Côtes d’Armor, et Jocelyne Porcher, sociologue Inra, auteure de nombreux ouvrages "Vivre avec les animaux" et « Une vie de cochon » (Ed. La Découverte) et "Cochons d'or" (Quae).

 

Sujet polémique par excellence, la rupture avec l’élevage industriel cristallise entre deux conceptions du monde. Danielle Even, productrice de porcs dans les Côtes d’Armor et présidente de la Chambre d’agriculture du département, témoigne des évolutions en cours dans la production porcine classique. Jocelyne Porcher, ancienne éleveuse devenue sociologue (INRA), réclame une rupture radicale et un retour à l’élevage en lieu et place des productions animales actuelles.

 

  • Yann Kerveno, journaliste. Danielle Even, pouvez-vous nous raconter rapidement l’histoire de votre exploitation ?

 

  • Danielle Even. Je suis installée en production porcine avec mon mari et deux salariés. Nous avons un élevage de trois cents truies. Parler d’histoire familiale, c’est une chose à laquelle nous tenons particulièrement, parce que l’histoire de la famille, notamment celle de mon mari, explique aussi pourquoi nous faisons les choses. Mon mari est fils d’agriculteurs d’une petite commune des Côtes d’Armor. Il vient d’une famille de sept enfants, dont quatre souhaitaient être agriculteurs. Dans les années 80, pour avoir la possibilité de s’installer en agriculture, il y avait cette option de devenir éleveur de porcs. Ce qu’il a choisi de faire. Dans une exploitation somme toute classique, en Bretagne, avec très peu de terres. Mes beaux-parents avaient une petite exploitation laitière de trente hectares, qui a été reprise par mon jeune beau-frère. Avant je travaillais dans le social, mais il y a 15 ans maintenant, j’ai rejoint mon mari sur l’exploitation.

 

  • Y. Kerveno. Jocelyne Porcher, une question un peu personnelle également. Qu’est-ce qui vous a conduit à travailler sur ces thématiques, et notamment celle de la souffrance au travail dans les élevages ?

 

  • Jocelyne Porcher. En fait, j’ai été éleveuse de brebis, puis j’ai repris une formation agricole en Bretagne. J’ai été amenée à travailler en porcherie industrielle. Comme j’avais été éleveuse de brebis, dans ce que j’appelle l’élevage, je me suis trouvée plongée dans un système que j’appelle production animale - et non pas élevage,  même pas élevage industriel-, dont le but est de produire de la matière animale. Et non pas d’élever les animaux. Voilà, le cœur de mon sujet est de différencier l’élevage et les productions animales. Et je pense que ce dont parle ma voisine relève de la production animale et non pas de l’élevage.

 

  • Y. Kerveno. On le voit vous parlez deux langues presque différentes. Nous allons donc essayer, sinon de vous faire vous rejoindre, au moins de pouvoir discuter. Danielle, quelle rupture peut-on opérer aujourd’hui dans la production porcine et pourquoi ?

 

 

C’est très instructif et ça met en perspective l’extrême difficulté d’opérer une rupture rapide avec le modèle hyper-productif aussi bien dans les productions animales très intégrées hors-sol ou lourdement  dépendantes d’intrants ou les grandes cultures.

 

Pour la vigne et le vin, si l’on veut bien tenir compte d’une réalité qui dérange : l’hyper-dépendance de la masse des vins produits au marché domestique et à un système de distribution qui privilégie les volumes et pèse lourdement sur les prix, le virage est entamé et la tendance est de plus en plus lourde pour qu’il débouche sur une viticulture propre, plus respectueuse de son environnement.

 

Restera ensuite la boîte noire du chai, du mode de fabrication du vin, et là les vins nature constituent le « petit caillou dans les grosses grolles des gros faiseurs opportunistes. »

 

Vive les emmerdeurs !

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7 novembre 2016 1 07 /11 /novembre /2016 06:00
Chronique pour une monstrueuse poussée d’ego : merci Alain Weill pour vos beaux cadavres exquis… dont un Pape Noir…

Ma sainte mère rêvait de me voir endosser la soutane pour des raisons complexes sur lesquelles je ne m’étendrai pas.

 

Face à ses tendres assauts appuyés par le curé-doyen de la paroisse Saint Jacques au tout début, étant déjà doté d’un bel ego, je lui répliquais que pourquoi pas si je devenais un jour pape.

 

Puis, la montée de sève aidant ma réplique jetant ma pauvre mère dans l’affliction : « J’aime trop les filles. »

 

Ça n’a pas changé depuis.

 

Mais revenant de mon camp de naturistes, après avoir fait le job au mieux de ma forme  lors du débat d’Antonin, je baguenaudais devant mes plus chers amours d’aujourd’hui : les livres. Dès le matin j’avais repéré un petit opus au titre noir : Cadavres exquis d’Alain Weill

 

Ne pas confondre avec l’Alain Weill le patron de Next-radio dont fait partie BFM.

 

Donc j’achètai l’opuscule que je glisse dans mon sac à dos.

 

Il pleuvait sur Lyon.

 

Je marchais vers l’horrible gare Perrache stigmate de la grande époque Louis Pradel.

 

La dualité des gares à Lyon fait que vous ne savez jamais vraiment où terminer votre voyage.

 

J’avais choisi la Part-Dieu mais le matin j’avais opté pour Perrache pour rejoindre à pied le camp des naturistes au Palais de la Bourse. Trajet plus intéressant.

 

À l’aller je dû changer de rame à la Part-Dieu sinon j’aurais filé vers la ville honnie des Lyonnais : Saint-Etienne.

 

Le soir idem, j’étais abonné aux Verts.

 

Donc, suite à ces je monte, je descends, bien calé dans mon fauteuil de 1er je réalisais une première photo d’un flacon de haute extraction.

Chronique pour une monstrueuse poussée d’ego : merci Alain Weill pour vos beaux cadavres exquis… dont un Pape Noir…

Puis, alors que la rame s’ébranlait je feuilletais Cadavres Exquis.

 

Soudain  je tombais sur le Pape Noir.

 

Et ça donnait ceci :

Chronique pour une monstrueuse poussée d’ego : merci Alain Weill pour vos beaux cadavres exquis… dont un Pape Noir…
Chronique pour une monstrueuse poussée d’ego : merci Alain Weill pour vos beaux cadavres exquis… dont un Pape Noir…

Hé oui, toujours à la pointe de l’info j’avais commis le 24 octobre 2011

 

Le Pape Noir est un blanc qui crèche de l’autre côté du pont d’Avignon : le taulier est allé au Verre Volé pour le vérifier sans être excommunié!

 

ICI 

 

Vous vous doutez bien que mon ego prenait 4 ou 5 degrés sur l’échelle de Richter de l’orgueil. Je bichais. Je réchauffais dans ma petite Ford d’intérieur mon moi.

 

Il faut dire que dans le camp retranché des naturistes je croisais beaucoup de fans qui venaient me serrer la pince et tailler une petite bavette.

 

Même que l’Olivier Horiot poussait loin le bouchon.

 

Et sur Twitter la belle Isabelle Perraud du Beaujolo écrivait :

 

isabelle perraud ‏@cotedelamoliere  19 hil y a 19 heures

Merci @letaulierN1, tu as posé le débat et tu es 100% dans le juste #salonrue89lyon

 

Belle journée pour votre Taulier avec cerise sur le gâteau la réception d'un petit SMS venu d’une contrée bien ventée mais c’est une autre histoire...

 

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5 novembre 2016 6 05 /11 /novembre /2016 06:00
Ne dites pas à ma mère que je suis dans 1 camp naturiste, elle me croît à la grand-messe du Primat des Gaules.

Ces derniers temps je me suis installé dans la peau d’un faussaire sur Face de Bouc, tel un César de la compression je récupère des citations pour les tordre et les attribuer à des signataires aussi divers que parfois avariés.

 

Les plus prisées :

 

« C’est plus de l’amour c’est de la rage. » Pasteur

 

« Attention ! Y’a une marche.» Chopin

 

« Courage, Fillon. » Sarkozy

 

« La place de la femme est au foyer. » Landru

 

Celle de mon titre est empruntée au roi de la Rolex  à plus de 50 ans qui en avait un livre, réécrite bien sûr pour cadrer ce qui m’arrive ce samedi.

 

Et qu’est-ce qui m’arrive ce samedi ?

 

Je prends le TGV pour Lyon où je vais me donner en spectacle sur une estrade dans un camp de naturiste place de la Bourse.

 

- Que diable allait-il faire dans cette galère ? s’interroge le Géronte bas-bourguignon Jacques Dupont.

 

Tout pour le zizi ! renchérit Pierre Perret.

 

- Il vient fomenter une  Révolution souriante proclame l’Antoine Gerbelle en descendant de son canasson.

 

Voilà, comme disent les attachées de presse chères au cœur de Jacques  Dupont, j’ai bien placé mon produit : mes 3 dernières chroniques de la semaine.

 

Maintenant un petit mot sur le Primat des Gaules

 

« Le primat des Gaules est un titre conféré depuis 1079 à l'archevêque de Lyon, ancienne capitale des Trois Gaules alors terre d'Empire, en vertu de l'ancienneté de son siège (remontant à l'époque gallo-romaine), et de l'autorité qu'il a exercée par le passé sur les autres évêques de France. Le titre de primat conféré à un archevêque lui garantit une juridiction théorique sur plusieurs provinces ecclésiastiques. En France, seuls les titres de primat des Gaules et de primat de Normandie, attribués respectivement aux archevêques de Lyon et de Rouen, sont encore utilisés (auxquels il faut ajouter le titre honorifique de primat de Lorraine porté par l'évêque de Nancy et de Toul). »

 

Donc départ pour Lyon à la gare de Lyon ce qui est logique sauf que la gare d’Austerlitz ne permet pas de se rendre à Austerlitz.

 

Plus délicat cette question de grand-messe que j’ai si longtemps servi au temps de mes culottes courtes : la soutane, le surplis, les burettes, l’odeur fade de la sacristie… Ma sainte mère pensait alors que je marquais des points pour aller, en aller-simple, au paradis.

 

Las, tout est allé de mal en pis. Tout d’abord mécréant me voilà maintenant en route pour l’enfer. C’est la faute des filles naturistes, tentatrices, enjôleuses, persuasives, elles m’ont jeté dans des bains de plaisir, des jacuzzis jouissives, les diablesses dont je ne donnerai pas les noms, elles se reconnaîtront.

 

Oui je jouis et je le sais je suis damné.  

 

N’attendez-pas de moi que je batte ma coulpe j’ai définitivement opté pour l’indignité et ça me plaît. Comme je ne fais de tort à personne libre à moi de faire ce qui me plaît n’en déplaise aux constipés, aux « ça ne se fait pas », aux bas de plafonds et tout autre engeance tendance culs bénis.

 

Vous allez me dire que tout ça est bien joli mais que vais-je faire un samedi à Lyon ?

 

Je vais faire salon avec les louloutes et les loulous qui font des vins qui ont des poils aux pattes. Plus précisément, à 14 heures je monterai sur une estrade, fier comme un petit banc, pour participer à un débat animé par l’Antonin belle gueule.

 

Bien évidemment j’ai organisé ma claque avec mes nombreux fans, fortement féminisés, afin de gagner à l’applaudimètre sur mes compagnons de chaîne : Antoine Gerbelle l’hyper-médiatique, Dominique Piron le boss du Bojo et Vincent Wallard le globe-trotter.

 

Ce que je regrette c’est que ça manque de femmes, même chez les naturistes on reste entre mâles ! Et pourtant, je connais des vigneronnes qui ont la langue bien pendue, si elles sont dans le public je leur refilerai le micro.

 

L’Antonin pour lustrer mon ego déjà surdimensionné m’a dit que j’étais là pour donner du sens. Sans doute du « Sans Interdit ». J’ai consulté Onfray afin d’être à la bonne hauteur face au défi.

 

Le thème du débat ★ un débat crépitant : «Et si le vin sauvait l'agriculture ? »

 

Et moi, au lieu de faire le vieux beau chez les naturistes, ne devrais-je pas plutôt songer à sauver ma pauvre âme en charpie ?

 

Lorsque vous lirez cette lamentable chronique je serai dans le TGV à me souvenir que l’un de mes tout premier discours, comme plume, fut pour le président de l’AN, maire de Vienne, sur l’inauguration du premier TGV Paris-Lyon, le 22 septembre 1981 par François Mitterrand fraîchement élu Président de la République.

 

Les rames étaient Orange alors va pour l’orange comme pour les vins !

 

À bientôt les courageux qui viendront se farcir le débat juste après le déjeuner. Dans la patrie d’adoption de Raymond Barre je pense que  ce sera excellent pour entamer un petit roupillon…

 

 

 

 

 

 

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4 novembre 2016 5 04 /11 /novembre /2016 06:00
Le réveillon du millénaire chez Pierre Perret avec Alain Decaux, José Artur et Michel Rocard la Romanée-Conti 1900 offerte par Lalou Bize-Leroy…

Lorsque mon service de presse m’a informé que Pierre Perret venait de publier « Ma vie en vin » au cherche midi je me suis souvenu d’une confidence de Michel Rocard à propos de son initiation au vin et je me suis dit que le facétieux Pierrot en ferait état dans ses souvenirs.

 

Bingo ! J’avais tout bon !

 

Ce fut lors du réveillon du millénium dans la maison de Pierre Perret à la sortie de Nangis, en Seine-et-Marne, devant laquelle je suis passé si souvent en allant rendre visite à la grand-mère d’Elisa à Villeneuve-les-Bordes.

 

Ce soir-là, raconte Pierre Perret, une épouvantable tempête déracinait un pin qui en tombant libérait une centaine de poulets de leur poulailler. Les trois chiens de la maison, croyant que c’était un nouveau jeu en ont occis une soixantaine en 20 mn.

 

Panne d’électricité généralisée, radiateurs glacés, invités grelottants qui réclamaient des pulls, chapons aux truffes en rade faute de four… le changement de millénaire se présentait fort mal. Mais le karma inversa la vapeur, le ying l’emportait sur le yang et le « réveillon du 31 décembre 1999, prolongé jusqu’à pas d’heure de l’année 2000, fut sans aucun doute, le plus original et le plus rare réveillon de ma vie » écrit Pierre Perret.

 

Les invités José Artur, Alain et Micheline Decaux, ainsi que « Michel Rocard si heureux et si en verve ce soir-là. »

 

« De ce réveillon mythique, TOUT, ce soir-là, s’avéra extraordinaire.

 

Alain Decaux avait eu auparavant une alerte de santé, et la perspective de se retrouver en compagnie de tant d’amis avait illuminé ses yeux si rieurs.

 

Il avait précisé « Tu demanderas à Pierre si je puis me permettre, pour une fois, d’amener mon vin ? »

 

Rébecca, interloquée, lui avait rétorqué en souriant :

 

- Tu sais bien que tu peux amener ce qu’il te plaît, Alain, mais tu n’as pas oublié tout de même que Pierre a une cave bien pourvue, de ce côté-là. Et que…

 

Alain Decaux lui rétorqua que ce vin-là il ne l’a pas. Avant d’ajouter « si je tiens à partager avec vous c’est qu’elles (ces bouteilles) sont uniques, tout comme l’amitié. Et que la vie est courte. »

 

Le Pierrot fait alors une petite erreur sur le maroquin d’Alain Decaux, en lui attribuant la Culture alors qu’il fut Ministre de la Francophonie de Michel Rocard. Donc, à cette période-là, « madame Bize-Leroy elle-même eut la gentillesse de m’offrir trois de ses plus prestigieuses bouteilles de Romanée-Conti 1900. Nous en dégusterons deux ensemble, j’ai réservé la troisième pour notre fils, Jean-Laurent, qui adore le vin. »

 

Grande flambée dans la cheminée, buissons entiers de bougies allumées aux quatre coins de la grande table de la salle à manger « donnaient un petit parfum de XVIIIe siècle ».

 

Prémices du dîner : « des petits pains grillés sur la braise, abondamment tapissées de foie gras » qui « disparaissaient littéralement sous une épaisse rondelle de truffe fraîche et odorante.

 

Magnum de champagne Cuvée Louise 1982.

 

« Puis ce furent deux bouteilles de château Pétrus 1982 qui « aggravèrent » les mines étonnées de ceux qui prirent le temps de s’attarder sur ces fragrances. Ses senteurs étonnantes de truffe et de sous-bois étaient en parfaite symbiose avec les saveurs vanillées que libérait le vin de Pomerol unique au monde. »

 

NDLR : c'est Pétrus tout court cher Pierre...

 

Pierre Perret s’interrogeait : « les 2 flacons de Romanée-Conti 1900 – si prestigieux soient-ils (mais cependant centenaires) – auraient bien du mal à s’aligner aux côtés de ces deux prix d’excellence que venaient de remporter nos étonnantes demoiselles Pétrus 1982 qui avaient fait sans peine l’unanimité. »

 

L’atmosphère avait baissée d’un ton.

 

Le bouchon était en très bon état et le Pierrot, en grand amateur, note que les bouchons des années mythiques de la DRC sont changés tous les 10 ans par le maître de chai.

 

Le silence total s’était fait autour de la table, tout le monde admira sa robe pourpre vif pendant que le Pierre carafait la première bouteille dans un beau flacon de cristal puis, « versant trois bons centimètres au fond de mon grand verre ballon, je le fis tournoyer sous mon nez, attentif à la moindre fragrance suspecte. Lui aussi (comme la poularde) exhalait un parfum vanillé et comme truffé à la fois. Tout le monde attendait la sentence. »

 

- Il n’est pas bouchonné, dis-je soulagé. « La finesse de ses arômes égale même son grand panache. » Puis, en dégustant une gorgée que je fis délicatement aller-venir entre mes joues avant de l’avaler, j’ajoutai :

 

« Il a encore du jarret, sans brutalité, et n’a besoin de personne pour vous câliner les muqueuses. Savourez-le bien, les amis, ce vin est tout bonnement unique, ajoutai-je en les servant à tour de rôle. Je n’ai jamais eu de telles saveurs entre les cloisons. »

 

- Oui, renchérit Alain après l’avoir dégusté, j’aimerais bien posséder sa jeunesse jusqu’à mes cent ans.

 

La seconde bouteille, s’avéra encore meilleure que la première, à l’appréciation de tous « Je l’avais carafé tout de suite après la première, elle avait eu le temps de s’oxygéner. Elle dégageait à présent un bouquet plus musqué de champignon et de sous-bois… »

 

Pierre Perret en conclusion que s’achève ici le cortège des amis disparus depuis cette mythique soirée de réveillon chez lui à Nangis.

 

J’ai gardé pour la bonne bouche ce qu’il écrit sur l’homme qui reposa aujourd’hui sur les hauts de Monticello.

 

« Tu étais, Michel, un intarissable bavard sur mille sujets qui ne laissaient jamais personne indifférent. Tu adorais que je t’emmène cueillir les cèpes au bois. Sans être un très grand connaisseur, tu aimais bien le vin… mais tu préférais le whisky ! Je ne répèterai pas ici les généreuses digressions que tu fis ou que tu écrivis, même à propos de certaines de mes chansons, mais elles me touchèrent infiniment. La finesse de tes analyses me fit découvrir l’extrême sensibilité qui t’habitait.

 

Oui, l’ami que tu étais nous manquera éternellement, mon cher Michel. »

 

Merci, cher Pierre Perret, de l’écrire…

 

Je n’ai pas encore pris le temps  de découvrir le restant de ton livre mais je partage avec toi ceci :

 

« Je ne connais rien aux femmes : je les aime. Je ne connais rien au vin : je l’aime.

 

Je les ai découverts tous les jours un peu plus.

 

Tout au long de ma vie… »

Le réveillon du millénaire chez Pierre Perret avec Alain Decaux, José Artur et Michel Rocard la Romanée-Conti 1900 offerte par Lalou Bize-Leroy…
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3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 06:50
Ceci n’est pas une chronique car ceci « Soif d’aujourd’hui » d’Augereau & Gerbelle n’est pas un guide !

En ce moment je n’ai guère l’âme chroniqueuse, allez savoir pourquoi ? C’est un secret d’État !

 

Alors quand j’ai reçu de l’Antoine Gerbelle, un ex de la RVF qui m’aime tant depuis que j’ai osé  brocarder les agissements de son président, même si j’ai reçu en son temps les excuses de madame Prouvost, et d’une fraîche chroniqueuse de cette même RVF, Sylvie Augereau, je me suis toi mon coco t’es verni.

 

Et oui, cette compil des vins au naturel, concept adroit, ces 250 vignerons, ces 300 vins, 100% jus de raisin, c’est du pain béni pour un ancien petit rapporteur qui, en son temps, fut brocardé pour avoir mis le doigt là où il ne faut pas le mettre.

 

Comme je le confiais dans ma chronique sur le dernier opus de Jacques Dupont, avant de pondre mon rapport j’ignorais jusqu’à l’existence de la RVF et j’aurais été bien incapable de  vous dire qui était Michel Bettane.

 

Je ne faisais pas parti de la famille des gens du vin, le vin j’y suis entré par la porte du politique, au temps où il fallut, avec Michel Rocard, tourner la page du gros rouge qui tache des coopé du midi et des négociants de place, avec sa cohorte de subventions communautaires qui le maintenait en état de survie. Ce fut sportif, la mèche lente et les cagoulés des CAV ne faisaient pas dans la dentelles.

 

D’ailleurs, je ne sais toujours pas si j’y suis entré dans cette vaste famille mais au gré d’un blog né dans un placard j’y ai beaucoup baguenaudé et me suis petit à petit familiarisé avec ses us et ses coutumes.

 

Ma culture du vin est celle d’un buveur assis à une bonne table et c’est là que mon goût du vin s’est doucement et simplement façonné. Pour autant, le Vendéen que je suis, né dans un pays où la férule des maîtres et des teneurs de goupillon nous tenait en laisse, n’est pas entré en religion et le prosélytisme  lui fait peur.

 

Ce que je défends, c’est la démarche de ceux qui quittent les autoroutes pour réemprunter les chemins de traverse, non par passéisme ou pour un je ne sais quel « c’était mieux avant » mais parce qu’ils font une large place au doute, à la complexité, à l’observation, loin des « assurances tous risques », à l’intelligence de la main.

 

Alors vous comprendrez aisément que, dans ce qui n’est pas un guide mais un « catalogue (même si je n’aime guère ce mot) de belles personnes aux usages vertueux (là aussi je tique un peu, je préfèrerais respectueux) qui vous ouvriront à un autre monde » je retrouve une flopée de vigneronnes et de vignerons amis.

 

Pour autant, je ne suis pas naïf, je reste dubitatif sur la démarche révolutionnaire de ces divers nids, ces tribus. Comme l’ami Gilles Azzoni j’appelle de mes vœux depuis longtemps que s’instaure entre eux une réelle solidarité. Mais pour l’heure, tel sœur Anne, je ne l’ai guère vu venir.

 

Ayant, dans ma vie professionnelle, accompagné un éternel minoritaire, reposant aujourd’hui sur les hauts de Monticello, j’aime beaucoup ces Indiens fonctionnant par nid mais j’ai du mal à percevoir comment ils renverseront un jour la table. Ce sont des lanceurs d’alerte, des petits cailloux dans les grosses grolles, des emmerdeurs, des passeurs, et c’est très bien dans un monde si convenu et c’est pour ça que je les aime et, à mon niveau de vacancier éternel, je les accompagne dans leur combat.

 

Alors, c’est en Alsace Jean-Pierre Ritch…

 

C’est Karim Vionnet en Beaujolais…

 

C’est Olivier Tescher le fils de mes amis Claire Laval et Dominique Tescher compagnons de combat et de discussions, à Pomerol…

 

C’est le Dominique Derain en Bourgogne…

 

C’est Alice et Olivier de Moor à Chablis…

 

C’est Claire Naudin sur les hautes-côtes-de-beaune…

 

C’est Thomas Pico à Chablis…

 

C’est Pascal Agrapart, Francis Boulard, Olivier Horiot, Bertrand Gautherot, Jacques Selosse en Champagne…

 

C’est la famille Arena, Nicolas Mariotti-Bindi et Muriel Giudicelli en Corse…

 

C’est Jean-François Ganevat dans le Jura sans oublier Pierre Overnoy et emmanuel Houillon...

 

Jeff Coutelou, Gilles Azam... en Languedoc.

 

Alexandre Bain, Christine et Éric Nicolas, Gérard Marula, Noëlla Morentin, Thierry Michon mon voisin vendéen, au long de la Loire…

 

Éric Pfifferling,  Gilles Azzoni, Marcel Richaud, le long du Rhône…

 

Jean-François Nicq, les frères Parcé, en Roussillon …

 

En Savoie c’est Dominique Belluard, Jacques Maillet…

 

Dans le sud-Ouest Mathias et Camille Marquet, Cathy et Jean-Marie Le Bihan, Sylviane et Michel Issaly…

 

Et bien d’autres présents dans « les élucubrations d’Antoine » (désolé je n’ai pas pu m’en empêcher ) ou absents de ce non guide.

 

« Je n’aime pas les patrimonio de chasseurs… » Muriel Giudicelli

 

Pascal Agrapart aime « les jus qui mouillent les dents, mordent le bout de la langue. »

 

« Le chablis c’est du champagne sans bulles » Olivier de Moor

 

Explication par les auteurs :

 

« C’est vrai qu’à Chablis, il faut des lunettes de ski  pour résister à la réverbération du calcaire cimenté. »

 

A propos de sa Levée 2014 Alexandre Bain note « En 2012, je pensais avoir fait ma plus grande bouteille… »

 

Ses pairs n’en n’ont pas voulu alors que tout était vendu. Nous on préfère ces sauvignons plus minéraux que variétaux, plus exotique que pipi de chat…

 

Bon y’a plein d’articles tel celui sur le grand retour du cheval de trait dans les vignes… et un répertoire : La groupie du caviste des vendeurs de vins à poils… France entière comme quoi les bobos parisiens ont bon dos… les vins nus envahissent tout le territoire…

 

 

 

 

 

 

 

 

Ceci n’est pas une chronique car ceci « Soif d’aujourd’hui » d’Augereau & Gerbelle n’est pas un guide !
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2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 06:00
Le vin et moi, Jacques Dupont ne travaille pas au Bigarreau Madame…

Le Jacques Dupont, bas-bourguignon, « qui à 10 ans a fui l’école catholique et refusé de faire sa communion », a fait sienne le célèbre texte de Blaise Pascal « Le Moi est haïssable » (1) en titrant Le Vin et moi, laissant à celui-ci la première place en une forme de révérence sans génuflexion, d’amitié entre La Boétie et Montaigne « Si l’on me presse de dire pourquoi je l’aimais, je sens que cela ne se peut exprimer qu’en répondant : « Parce que c’était lui, parce que c’était moi ».

 

Si ç’avait été moi j’aurais titré : Les vins émois…  car, hormis, le double jeu des mots, l’érection d’Évin le honnis, cher Jacques, et tes émotions, le pluriel pour le vin s’impose car, ce n’est qu’un constat, non un reproche, tu goûtes à l’aveugle des vins d’une région bien identifiée et non du vin.

 

Dans ma vie professionnelle, au temps de la SVF, sur le Port de Gennevilliers, chaque matin à 11 heures j’allais goûter du vin. Des échantillons de ce qui  se dénommait alors le Vin de Table, des vins sans origine même s’ils en avaient une, des vins que jamais les critiques ne dégustaient, c’était normal ils n’avaient pas grand intérêt même s’ils constituaient l’essentiel  de la consommation  de l’époque.

 

Aujourd’hui, la règle des 80/20 en tirant large sur le 20 est toujours en vigueur. Les vins dégustés par la critique, sans les fourrer tous dans le haut du panier, ne se retrouvent guère installés dans les rayons de la GD, hormis lors de ses foires aux Vins, qui trustent le commerce de la grande masse des vins.

 

Tu t’adresses aux amateurs, à la manière des critiques littéraires qui ne vont pas se fendre d’un papier sur le dernier bouquin sorti chez Harlequin. Pour autant tu ne goûtes pas que des vins  « prout-prout ma chère » très chers, ta palette est large et, sans te cirer les pompes, tu es vraiment une exception dans ce métier.

 

Ce livre, ton livre, je l’ai lu avec des lunettes, c’est l’âge, mais sans œillères, car je n’ai jamais en matière de vins, au pluriel bien sûr, éprouvé le besoin de me faire guider. Ça peut vous paraître prétentieux, chers lecteurs, mais c’est ainsi, mon goût pour le vin n’est qu’une question de circonstances. En effet, avant le numéro Spécial  Vins du Point où tu avais pris le temps, cher Jacques, de lire mon fichu Rapport, j’ignorais jusqu’à l’existence de la RVF, je n’avais jamais consulté un guide et bien sûr pour moi le nom de Michel Bettane n’évoquait rien.

 

Depuis ce jour, qui ne peut être assimilé à la chute de cheval de St Paul sur le chemin de Damas, je suis entré sur la pointe des pieds dans un univers dont j’ignorais les codes. Et puis, ma placardisation vint et j’ouvrais mon espace de liberté, ce blog où aujourd’hui je m’exprime.

 

Comme le disait je ne sais plus qui : « je suis venu, j’ai vu et j’ai compris… » ce qu’était l’étroit marigot de ceux qui se disent « journalistes » de vin. Ton chapitre sur le voyage de presse – je n’en ai fait qu’un qui ne concernait pas le vin mais la viande et le fromage du côté de Laguiole – met l’exercice dans sa juste perspective : faire cracher un beau papier par les transportés qui flatte l’ego de celui qui les a invités et, « surtout il draine vers le journal qui le publie une manne non négligeable… » En l’occurrence le Bigarreau Madame.

 

Plus que toi, cher Jacques, j’ai pratiqué aux premières années de mon blog, un autre exercice, le déjeuner de presse, moins coûteux pour la puissance invitante mais tout aussi édifiant sur les mœurs de pique-assiette. En effet, j’ai noté une forte corrélation entre le standing du restaurant et le statut des dégustateurs. La piétaille pour les bistrots et la crème pour les étoilés. Maintenant que j’ai cessé ce genre  de sport dépourvu d’intérêt je suis avec délice sur Face de Bouc les agapes des maîtres de la dégustation.

 

Sur le chapitre des Mots du vin je n’écrirai rien car ce n’est pas ma tasse de thé même si un jour je me suis amusé à te taquiner sur la tension du vin. C’était en 2009. Je le recommande aux grands amateurs et je savoure à sa juste valeur la mise au point sur la « confusion permanente entre les suffixes « -phile » et « -logue », tout comme le dézingage du « passionné » : «dès qu’un gus, ayant fait fortune grâce à quelques supérettes de banlieue où durant sa vie professionnelle il a fliqué des caissières sous-payées, s’offre sur le tard une résidence secondaire entourée de vignes, le voilà décoré de l’ordre de la passion. »

 

Là, je retrouve le Jacques de « Lorraine cœur d’acier » !

 

Mais les deux chapitres le plus passionnants sont ceux consacrés à L’ivresse et à Naturellement (ou pas).

 

Le premier est un petit bijou de belle érudition qui a lui seul est le meilleur argument pour vous faire acheter l’opus. Assembler l’humour destructeur du Prévert de la Crosse en l’air (1936, la guerre d’Espagne) où l’évêque Barnabé bourré ose répondre au pape Pi qui le met à l’index : « Sais-tu où on le met l’index dans la rue de l’Échaudé. », le Carpe Diem d’Horace, l’humour décalé d’un Pierre Desproges « Jésus changeait l’eau en vin et tu t’étonnes que douze mecs le suivaient partout ! » c’est la patte de Jacques Dupont.

 

« Chassez le naturel et il revient au galop ! » et bien non, le Jacques n’instruit pas à charge le procès des naturistes mais il nous fournit un plaidoyer équilibré, sur le soufre en particulier, qui vaut la peine d’être lu.

 

« Le mot lui-même, l’adjectif « naturel », je peux m’en accommoder même si je suis  profondément attaché à l’idée que le vin est un signe de civilisation, parce que comme l’élaboration du pain, il signifie la maîtrise par l’homme d’un des phénomènes les plus complexes : la fermentation… »

 

« … le vin n’est rien d’autre que le pur produit de l’intelligence humaine dans la domestication de la nature et certainement pas un cadeau de celle-ci, encore moins le produit de je ne sais quelle  génération spontanée. »

 

« On me rétorquera que l’homme n’est pas obligé non plus, pour montrer combien il est incontournable dans ce processus d’ajouter toutes sortes de cochonneries pour rendre plus brillant le plumage et plus bavard le ramage. »

 

« Et là, je rejoins Rousseau qui répond à Voltaire : « Recherchons la première source des désordres de la société, nous trouverons que tous les maux des hommes leur viennent de l’erreur bien plus que de l’ignorance, et que ce que nous savons point nous nuit beaucoup plus que ce que nous croyons savoir. »

 

Le débat est ouvert me direz-vous ? Hé ! bien non chaque camp campe sur ses positions et jamais il n’y a de vrai débat sur un sujet qui dépasse largement une bataille de chiffonniers. Mon ancien job, où l’on se retrouve face aux problèmes du monde agricole, humains, économiques, sociaux, m’a toujours évité de verser dans le manichéisme clivant les bons et les méchants. Pour autant il est important de ne pas verser dans l’angélisme et ignorer le poids des lobbies et des intérêts économiques.

 

Et là j’en reviens aux vins au pluriel, la vraie césure elle est là, entre les 80 % produits pour la masse et le reste qui prétend être le nec plus ultra. À lui, à ceux qui font ces vins, d’être à la hauteur des enjeux qui se présentent à eux, à eux de faire des choix clairs. Quand on a les moyens de faire des choix on les fait, le vin est certes un produit de civilisation mais aussi un vecteur de juteux chiffres d’affaires. On se borde, on se protège, on en appelle aux faiseurs de vin…

 

Pour finir cette chronique je vous recommande l’histoire racontée au Jacques par un indigène tendance GCC de Bordeaux (appellation que je préfère à important acteur de la filière bordelaise, trop techno). « Elle ne se déroule pas au XIXe siècle mais au XXIe et je la garantis sur le fond authentique mises à part quelques modifications par moi apportées pour des raisons évidentes. »

 

La chute de l’histoire en dit plus long qu’un long discours. Ça me rappelle mes impressions lors de mes deux participations à la Fête de la Fleur.

 

« Un poète qui boit, ce n’est pas la même chose qu’un ivrogne qui écrit. »

 

Gérard Oberlé, Itinéraire spiritueux

 

(1) « Le moi est haïssable. Ainsi ceux qui ne l’ôtent pas, et qui se contentent seulement de le couvrir, sont toujours haïssables. Point du tout, direz-vous ; car en agissant comme nous faisons obligeamment pour tout le monde, on n’a pas sujet de nous haïr. Cela est vrai, si on ne haïssait dans le moi que le déplaisir qui nous en revient. Mais si je le hais, parce qu’il est injuste, et qu’il se fait centre de tout, je le haïrai toujours. En un mot le moi a deux qualités ; il est injuste en soi, en ce qu’il se fait le centre de tout ; il est incommode aux autres, en ce qu’il le veut asservir ; car chaque moi est l’ennemi, et voudrait être le tyran de tous les autres. Vous en ôtez l’incommodité, mais non pas l’injustice ; et ainsi vous ne le rendez pas aimable à ceux qui en haïssent l’injustice : vous ne le rendez aimable qu’aux injustes, qui n’y trouvent plus leur ennemi ; et ainsi vous demeurez injuste, et ne pouvez plaire qu’aux injustes. »

 

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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 06:00
Nature vous avez dit nature : 4 flacons Carrefour market et Monoprix soumis à la dégustation…

Je ne suis pas comme St Pierre, je ne me renie pas, avant que le coq ne chante 3 fois, mon analyse partagée dans le document stratégique Cap 2010, j’y souscris toujours sans rougir ni battre ma coulpe. Une fois posé notre diagnostic nous demandions aux grands dirigeants de la vigne France de faire des choix clairs qui engagent l’avenir. Ils n’ont pas été fait alors  il ne faut pas s’étonner que la grande masse des vins français naviguent dans la belle ambigüité du « tout origine » AOP-IGP.

 

Le terroir rien que le terroir !

 

Aujourd’hui, en vacances éternelles, je me contente de boire ce qui me plaît sans pour autant stigmatiser ceux qui ne boivent pas comme moi. Ce que je n’admets pas c’est la bonne vieille technique de la fermière sur le pot de yaourt produit à la chaîne.

 

Le vin dit nature, brocardé, moqué, par les dégustateurs patentés mais drainant de nouveaux consommateurs est en passe d’être récupéré par notre chère GD.

 

La dénomination nature n’étant pas définie juridiquement – peut-elle l’être d’ailleurs – donc non protégée car non protégeable, peut être utilisée par tout un chacun avec le seul risque que la DGCCRF face à une telle extension sorte l’arme lourde : l’interdire.

 

Certains petits malins, profitant du marqueur « sans sulfites ajoutés » baptisent joyeusement leur cuvée en y incluant le mot nature. Profitant de la vague bio, ces petits malins, la main sur le cœur, affirment : certifié bio+sans sulfites ajoutés =  vin nature. Sauf que ça n’a rien à voir, le process d’un vin bio ne cadre pas exactement avec celui des vins nature. Il suffit de consulter le cahier des charges UE des vins bio pour s’en convaincre.

 

La boîte noire de la vinification, ce qui se passe dans le chai, nos naturistes d’occasion se gardent bien d’y faire allusion : la flash-pasteurisation ça nettoie bien le vin.

 

La meilleure dénomination du vin nature est sans aucun doute : le vin nu, le pur jus de Fleur Godart, le vin sans aucun intrant.

 

Certains m’ont reproché d’allumer salement Carrefour avec ses « cuvées nature » dans sa foire aux vins 2016. Un ancien acheteur de la GD m’a fait remarquer que ses anciens collègues étaient des gens sérieux. Je n’en  doute pas mais la question n’est pas là : ce qui m’intéresse c’est que le contenu du flacon corresponde à sa dénomination.

 

Moi je veux bien me faire avoiner et je suis tout prêt à reconnaître que mon jugement hâtif et non fondé, mais seulement après avoir mis mon nez dans les rayons pour vérifier.

 

J’ai  donc pris mon beau vélo et j’ai filé au Carrefour Market du 13e près du métro Nationale puis au retour je me suis arrêté au Monoprix du 13e rue Daviel pour acheter des flacons estampillés nature.

 

Dans le premier, où le rayon vins baignait dans un joyeux bordel, j’ai trouvé avec beaucoup de peine, en tête de gondole 3 représentants de ces cuvées dites nature : le Naturae de Gérard Bertrand sous 3 cépages : syrah, merlot, cabernet-sauvignon, le Intact de la coopérative de Buzet et le château Les Vieux Moulins un Blaye Côtes de Bordeaux.

 

Comme les vins de Gégé on les trouve partout, j’ai acquis les 2 derniers pour la somme de 9,90€ soit 4,95€ le flacon. Le Blaye est bio, le Buzet non. La mention sans sulfites ajoutés est inscrite en gros sur l’étiquette.

 

Nature vous avez dit nature : 4 flacons Carrefour market et Monoprix soumis à la dégustation…
Nature vous avez dit nature : 4 flacons Carrefour market et Monoprix soumis à la dégustation…

Chez Monop les étiquettes affichaient la couleur :

 

  • Esprit Nature by Rauzan Bordeaux
  • Nature Chiroubles
  •  

Le premier est biologique, l’autre non.

 

Le second applique une pastille verte « sans soufre ajouté » et le second rien du tout.

 

J’ai raqué 15,55 soit 4,95€ pour le Bordeaux de la coop de Rauzan et 10,60€ pour le Chiroubles du domaine Didier Desvignes estampillé d’un petit escargot rouge anima vinum 

Nature vous avez dit nature : 4 flacons Carrefour market et Monoprix soumis à la dégustation…
Nature vous avez dit nature : 4 flacons Carrefour market et Monoprix soumis à la dégustation…

À partir de là quoi faire ?

 

Les mettre à déguster chez des naturistes échevelés c’était risquer de les envoyer à l’abattoir, de les voir se faire déchiqueter.

 

Après réflexion j’ai opté pour une dégustation par des gens dont le métier est de guider madame et monsieur tout le monde dans le choix  du vin à boire à table. Des sommeliers donc, à l’esprit ouvert, sans préjugés.

 

La dégustation s’est faite sous chaussette, les dégustateurs ignorant tout de mes intentions.

 

Nous sommes le mardi 25 octobre en fin de journée juste avant l’heure du dîner, dans de beaux verres, sans façon.

 

Mes dégustateurs jouent le jeu. Leurs commentaires sont mesurés mais petit à petit se dégage une opinion commune : ces vins ont la gueule de vin de comptoir, sans défauts ni qualité, chaud, courts en bouche, et conclusion : nulle envie de les acheter.

 

Quand le tour de table des 4 cuvées a été terminé j’ai moi-même goûté. Rappelons qu’il s’agissait de 4 vins d’AOC : 1 Buzet, 1 Bordeaux, 1 Cote de Blaye et un Chiroubles qui est un cru, deux estampillés bio, tous « sans sulfites ajoutés ».

 

Rien à voir avec des vins nature, morne plaine, comme un vieux souvenir des dégustations d’échantillons de vin de table en fin de matinée à Gennevilliers. Même pas déçu, ces vins sont tous passés sous les fourches caudines de la dégustation d’agrément et dans leur créneau de prix : moins de 5€ ils sont bien dans la norme des acheteurs de la GD.

 

Rien à leur reprocher, c’est du tout-venant, sauf que l’on veut les faire passer pour des vins nature alors qu’ils n’ont comme seul dénominateur commun le « sans sulfites ajoutés ».

 

Est-ce si important ?

 

Mon opinion est mitigée.

 

Pour l’heure le consommateur-type de vin nature  est fléché caviste spécialisé alors la concurrence déloyale n’a pas beaucoup d’impact sur l’image de ce type de vin.

 

En revanche, l’utilisation sur l’étiquette du mot NATURE dans les 2 cuvées de Monop : l’une bio issue d’une coopé : Rauzan et l’autre non bio d’un vigneron rattachée à un logo commercial (le petit escargot) est indue et de nature, si je puis l’écrire, à « enduire » le consommateur en erreur.

 

Si vous n’êtes pas d’accord avec moi, faites comme moi, délestez-vous de 25€ et envoyez-moi un petit compte-rendu de votre buvaison.

 

Merci par avance.

Nature vous avez dit nature : 4 flacons Carrefour market et Monoprix soumis à la dégustation…
Nature vous avez dit nature : 4 flacons Carrefour market et Monoprix soumis à la dégustation…
Nature vous avez dit nature : 4 flacons Carrefour market et Monoprix soumis à la dégustation…
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30 octobre 2016 7 30 /10 /octobre /2016 06:00
L’incendie criminel de la Paillotte chez Francis en Corse : entre pieds nickelés et affaire d'Etat : le Préfet Bonnet « C’est l’homme qu’il faut à l’endroit où il faut. » JP. Chevènement

Le 9 février 1998, au palais Lantivy, siège de la préfecture de Corse-du-Sud, devant un parterre de journalistes et d’officiels, le Ministre de l’Intérieur du gouvernement de Lionel Jospin (en cohabitation avec Jacques Chirac Président de la République), Jean-Pierre Chevènement intronise le Préfet Bonnet.

 

« C’est l’homme qu’il faut à l’endroit où il faut. » déclare-t-il.

 

Rappelons que la Corse traverse alors une crise majeure, trois jours avant, le Préfet Érignac a été assassiné en pleine rue à Ajaccio alors qu’il se rendait au théâtre à pied sans escorte. Les Corses sont descendus par milliers dans la rue pour demander au gouvernement de reprendre la situation en main.

 

Le Président Chirac avait déclaré « Nous ne laisserons pas le crime et le non-droit s’installer en Corse. »

 

« Bernard Bonnet déclare ouvertement sa volonté de rétablir l’état de Droit et il a carte blanche de Paris. Il lance un combat contre les nationalistes, utilisant notamment l’article 40 du Code de Procédure Pénale qui lui permet de dénoncer à la justice tous les actes répréhensibles dont il est informé.

 

Le Préfet demande les moyens de sa politique. Le Groupement de Pelotons de Sécurité, Le GPS, voit le jour sous l’autorité du colonel Mazères, grand patron des gendarmes en Corse-du-Sud. Créée le 2 juin 1998, cette unité d’élite de 95 officiers et sous-officiers, rompus aux techniques des commandos, est opérationnelle à partir de septembre.

 

Ses missions : maintien de l’ordre, protection des personnalités,  renseignement, interventions discrètes et lutte antiterroriste. »

L’incendie criminel de la Paillotte chez Francis en Corse : entre pieds nickelés et affaire d'Etat : le Préfet Bonnet « C’est l’homme qu’il faut à l’endroit où il faut. » JP. Chevènement

Le 3 mai 1999, en début de soirée, une foule compacte se presse devant les grilles de la préfecture de Corse-du-Sud, à Ajaccio. Le jeune juge Camberou, chargé de l’instruction de l’incendie criminel de la paillotte Chez Francis, intervenu, la nuit du 19 avril 1999, se prépare à partir perquisitionner les bureaux du Préfet de Région, Bernard Bonnet, et de Gérard Pardini son directeur de cabinet, entouré de ses deux collègues de l’instruction, de leurs greffiers et du procureur Jacques Dallest et de son substitut Philippe Toccanier. Il a décidé de le placer en garde-à-vue.

 

Lorsqu’il ressort de la Préfecture, à 3 heures du matin, en compagnie du Préfet Bonnet, celui-ci la foule furieuse lui hurle dessus. Le juge Camberou a l’impression qu’il est aussi visé. Il s’interroge « je viens de placer en garde à vue le préfet et son directeur de cabinet dans une région qui n’est pas connue pour sa stabilité, où le nationalisme monte en flèche. Et moi, j’arrache à son poste la plus haute autorité de l’État après avoir neutralisé le commandement de la gendarmerie corse. Par ce choix ne vais-je pas contribuer à l’effondrement de la Corse ou contrarier le rétablissement de l’état de Droit ? Comment les Corses vont-ils pouvoir faire confiance en l’État ? »

 

Ayant suivi, pour le compte du Ministre de l’Agriculture, sous le gouvernement de Michel Rocard, le dossier de l’agriculture corse, j’ai effectué des déplacements réguliers, au moins une fois par mois, en Corse. J’étais hébergé par le Préfet au palais Lantivy.

 

Je connaissais bien Claude Érignac, il était préfet du Gers lorsque Michel Rocard était Ministre de l’Agriculture, et nous avions sympathisés un soir en dégustant de beaux Armagnac. Il fut ensuite mon collègue, directeur du cabinet du Ministre de la Coopération sous le gouvernement Rocard.

 

Je n’ai jamais croisé le Préfet Bonnet, mais lors de ma mission de médiation dans les Pyrénées-Orientales, il venait tout juste de quitter son poste à Perpignan où il avait laissé un souvenir plus que mitigé. Un de mes interlocuteurs, grand notable de droite, me dit un jour « C’est un fou furieux ! »

 

La filière PO n’est pas à négliger dans ce dossier où l’on a retenu  les noms du préfet Bonnet, de son directeur de cabinet Pardini, du patron des gendarmes, le colonel Mazères, mais on passe sous silence un maillon essentiel, le lieutenant-colonel Cavalier.

 

J’ai suivi cette affaire de très près et son issue ne m’a du tout surpris.

 

 « Officier atypique, connu pour son franc-parler, le lieutenant-colonel Cavalier est arrivé en Corse « dans les bagages de Bernard Bonnet ». Les deux hommes avaient appris à s'apprécier dans les Pyrénées-Orientales. L'un préfet, l'autre commandant du groupement départemental de la gendarmerie. La hiérarchie parisienne de la gendarmerie n'a pas vu - c'est un euphémisme - d'un très bon oeil l'arrivée de Bertrand Cavalier dans le guêpier corse au lendemain de l'assassinat, le 6 février 1998, du préfet Claude Erignac. Bertrand Cavalier circule dans une voiture aux vitres opaques. Il est en civil et jouit du titre énigmatique de chargé de mission.

 

Le mouton noir

 

En guise de contre-pouvoir, la direction de la gendarmerie nomme alors le colonel Henri Mazères à la tête de la légion et prie le lieutenant-colonel Cavalier de rejoindre le rang, au poste de chef d'état-major. Le colonel Mazères est un homme du sérail. Informaticien, à la chaleur toute landaise, il remet vite au pas celui qu'il soupçonne d'être un mouton noir. « Malgré la loyauté affichée du lieutenant-colonel Bertrand Cavalier, les relations entre les deux hommes ne cessent de se dégrader », se souvient un gendarme.

 

Et puis, retournement de situation. Selon un fin connaisseur insulaire du dossier, « le préfet et le colonel Mazères, qui se détestaient cordialement lors des premiers mois de leur travail en commun, en sont venus à nouer des relations intimes. Ils se promenaient ensemble en fin de semaine, protégés par leurs escortes respectives. Il leur arrivait même de faire du bateau ensemble. Ils étaient devenus inséparables, d'une complicité inenvisageable. Privé de Cavalier, Bonnet a instrumentalisé Mazères ». A en croire les déclarations de Bertrand Cavalier, les deux hommes, victimes de leur isolement insulaire, étaient dans les dispositions d'esprit propices à monter une opération tordue comme celle de la plage de Cala d'Orzu. »

 

Qui était le juge Patrice Camberou au moment des faits ?

 

Avec son épouse, Danielle Salducci, juge elle aussi, fraîchement diplômés, ils sont nommés en Corse à l’été 1996.

 

Son épouse est nommée juge d’instruction à Ajaccio alors que lui est juge placé : itinérant. Il sillonne donc l’île : Corte, Bastia, Porto-Vecchio… Il multiplie les postes et les fonctions, travaille à Sartène quand le tribunal est visé par un attentat revendiqué par les nationalistes. Il découvre que certains Corses considèrent les magistrats comme des représentants d’une justice coloniale.

 

En avril 1999, il remplace son épouse enceinte.

 

C’est donc un novice, époux d’une Corse, qui va se retrouver à la tête de l’instruction d’un dossier qui va faire vaciller le gouvernement de l’intègre et austère Lionel Jospin. ( deux personnes suivent le dossier Corse à Matignon, Clotilde Valter et Alain Chrisnacht que j’ai côtoyé au temps de Rocard à Matignon)

L’incendie criminel de la Paillotte chez Francis en Corse : entre pieds nickelés et affaire d'Etat : le Préfet Bonnet « C’est l’homme qu’il faut à l’endroit où il faut. » JP. Chevènement

Sous le feu corse. L'enquête du juge des paillotes

 

C’est un document exceptionnel à lire absolument !

 

Récit de Patrice Camberou et François Pottier. Dessins de Daniel Blancou

 

Illustrations de Daniel Blancou

 

Albums, Futuropolis

 

Depuis 2004, après un pourvoi en Cassation, l’affaire est définitivement close, donnant ainsi une vérité judiciaire sur laquelle ce sont basés les auteurs.

 

Le 11 janvier 2002, le tribunal correctionnel d’Ajaccio condamne Bernard Bonnet à 3 ans de prison dont 2 avec sursis et 3 ans de privation de droits civiques. Pour Mazères et Pardini, 30 mois de prison, dont 6 mois ferme.

 

Les 3 font appel et la Cour d’appel de Bastia confirme les peines.

 

Dernier détail pour sourire, Bernard Bonnet a changé souvent d’avocat : il a commencé par Me Kiejman pour finir avec Jacques Vergès.

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28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 06:00
Voici venu le temps des pommes cuites « bonne femme et de celles qui aiment tant le boudin noir…

Qui se souvient que la saison de la pomme commence dans notre pays en septembre-octobre puisque des pommes y’en a toute l’année en magasin, des qui viennent de l’Hémisphère Sud ou qui sont conservées dans une chambre froide, étanche à l'air extérieur (voir plus bas)

 

La pomme arrive en tête des fruits les plus consommés dans l’hexagone, loin devant les oranges et les bananes.

 

La pomme est le fruit du pommier, qui est un arbre appartenant à la famille des rosacées. Son nom vient du latin populaire poma, qui signifie fruit. Ce nom a remplacé l’ancienne appellation latine malum, signifiant mal, mauvais. Elle faisait référence aux mythes qui entourent la pomme, faisant de ce fruit le symbole de la débauche. La pomme d’Ève.

 

« Le pommier de présente à l’état sauvage dans toute l’Europe (à l’exception de l’extrême nord), dans l’Anatolie, le midi du Caucase et la province persane de Ghilan. Près de Trébizonde le botaniste Bourgeau en a vu toute une petite forêt.

 

Si l’on demande dans quel pays on a trouvé le pommier avec l’apparence la plus indigène, c’est la région de Trébizonde au Ghilan qu’il faut citer. La forme qu’on y rencontre sauvage est à feuilles laineuses en dessous, à pédoncule court et fruit doux, qui répond au Malus communis de France décrit par Boreau. »

In A de Candolle Origine des plantes cultivées

 

Elle est consommée depuis le néolithique et les Grecs en décrivaient déjà plusieurs variétés. Les Romains en connaissaient pour leur part une trentaine, qu’ils ont diffusée dans une grande partie de l’Europe. Le nombre de variétés répertoriées s’élevait à une centaine au XVIe siècle pour atteindre aujourd’hui plusieurs centaines. La production mondiale se concentre en revanche à 90 % sur une dizaine d’entre elles.

 

Je suis un adepte de la pomme cuite sous 2 formes :

 

-          Les pommes « bonne femme » 

Voici venu le temps des pommes cuites « bonne femme et de celles qui aiment tant le boudin noir…
Voici venu le temps des pommes cuites « bonne femme et de celles qui aiment tant le boudin noir…

C’est simple, vous prenez des grosses pommes, vous les évider avec le petit outil ad hoc, en enlevant d’un coup d’un seul la queue et le trognon. Ensuite vous les logez dans un plat allant au four. Pour éviter qu’elles collent au fond au début de la cuisson ajoutez un peu d’eau ou du jus de pomme ou du cidre ou du calvados.

 

Vous pouvez aussi combler le trou de la pomme avec du miel, du beurre, de la gelée de fruits ou de la confiture.

 

Surtout ne pelez pas vos pommes, à la cuisson la peau va se détacher et prendre une belle teinte pain d’épices. Si vous souhaitez la caramélisée saupoudrez vos pommes de cassonade ou de sucre roux.

 

Four à 175° 30 mn environ

 

Mangez-les chaudes à la sortie du four nature ou avec mon bon riz au lait que tout Paris m’envie.

 

Vous pouvez aussi si vous êtes addict les faire flamber au Calvados.

 

Froides elles sont aussi excellentes.

Voici venu le temps des pommes cuites « bonne femme et de celles qui aiment tant le boudin noir…
Voici venu le temps des pommes cuites « bonne femme et de celles qui aiment tant le boudin noir…
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-          Le boudin noir aux pommes

 

Du côté des pommes même opération que pour les pommes cuites sauf qu’ici on les pèle mais on les laisse entières.

 

Dans une cocotte mettre le boudin que vous aurez piqueté avec une fourchette puis entourez-le de vos pommes avec une noix de beurre. Couvrez et faites cuire à feu doux. De temps à autre vous retournez les pommes pour qu’elles cuisent de façon uniforme. Lorsque vos pommes sont moussues vous servez le boudin entouré de ses pommes. Un délice !

Voici venu le temps des pommes cuites « bonne femme et de celles qui aiment tant le boudin noir…
Voici venu le temps des pommes cuites « bonne femme et de celles qui aiment tant le boudin noir…
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La conservation des pommes :

 

Selon les variétés, elles sont conservées à une température de 1 à 3°C.

 

Afin de préserver toutes leurs qualités organoleptiques, leur fermeté et leurs parfums, les pommes sont stockées en atmosphère contrôlée.

  • En effet, dans l'obscurité de la chambre  froide, la pomme absorbe l'oxygène et  rejette du dioxyde de carbone (CO2) qu'il faut extraire de la chambre étanche. Le CO2 en excédent est alors filtré et  l'air purifié est réintroduit dans la chambre.
  • L'abaissement du taux d'oxygène s'effectue progressivement. Il passe  de 21%  (air que nous respirons) à 3%.

L'équilibre recommandé pour ralentir le métabolisme respiratoire de la pomme est de 2 à 4% d'oxygène  avec  un très faible taux de CO2 (2à 3 %).

  • Un appareil analyseur d'air effectue, très fréquemment, des analyses de l'atmosphère afin de réguler cet équilibre.

 

« Dans les allées d'un verger, Pierre Clos a trouvé une nouvelle variété à commercialiser, la rouge glamour. Pour garantir un succès, il faut que ces pommes puissent se vendre pendant dix mois après la récolte. Pour cela, il utilise un étonnant traitement. "C'est un produit de conservation qui s'appelle SmartFresh, qui permet d'optimiser la durée de vie des pommes en atmosphère contrôlée", explique-t-il.

 

La chimie contre le vieillissement

 

Le technicien de la société qui commercialise le produit est à la manœuvre. Dans le frigo où les pommes sont stockées, il jette deux sachets d'un conservateur très puissant dans un simple seau d'eau. Un gaz invisible à l'œil nu se forme alors pour se déposer sur les pommes. Seulement quelques secondes d'opération pour un résultat à long terme. « À partir de maintenant, on peut les conserver 12 mois sans aucun problème », explique Pierre Clos.

 

Dans le frigo, la pomme rouge glamour subit en fait un traitement hormonal. L'éthylène qu'elle fabrique naturellement entraîne le vieillissement du fruit. En se fixant sur les récepteurs de l'éthylène, le SmartFresh bloque le processus. Résultat : la pomme ne vieillit plus et peut être vendue toute l'année. »

Après ça je ne vous dit pas ce qui reste, hormis l’aspect, de la saveur et des bienfaits nutritifs de la pomme.

La pomme s’achète en saison, on peut même aller la cueillir soi-même, et il est possible de la conserver dans un endroit frais à l’abri de la lumière vous pourrez les garder au-delà de Noël, parfois jusqu’au printemps:

Faire la sélection des pommes qui se conserveront le mieux

Étaler les pommes sans qu’elles ne se touchent pour éviter une éventuelle contamination

Observer ensuite les pommes durant quelques jours

Éliminer les pommes qui montrent des signes de faiblesse (noircissement, coloration, brunissement, tâches, etc…)

Isoler les plus belles pommes, celles qui paraissent les plus saines

S’assurer que l’air circule bien tout autour des pommes

Entreposer les cagettes à l’abri de la lumière, de l’humidité et idéalement à une température autour de 10°

Inspecter régulièrement vos pommes pour retirer au plus vite ce qui s’abîment en premier.

Voici venu le temps des pommes cuites « bonne femme et de celles qui aiment tant le boudin noir…

La pomme est le fruit le plus consommé dans de nombreux pays, dont la France, les Etats-Unis, l’Angleterre et l’Allemagne. En France, la Golden, aisément reconnaissable à sa couleur jaune, est l’espèce la plus consommée.

 

Il existe un grand nombre de variétés de pommes. Voici les quelques-unes des variétés les plus connues, leur saveur et les différentes façons de les consommer :

 

- la Golden delicious : sucrée, croquante et juteuse, vous pouvez la consommer crue ou la cuisiner. Elle est récoltée toute l'année.

 

- la Gala : très sucrée, elle se consomme crue ou en préparation culinaire. Vous la trouverez sur les étalages de février à août.

 

- La Reine des Reinettes : acidulée et peu sucrée, vous pouvez la déguster crue ou la cuisiner. On la récolte d'août à octobre.

 

- la Braeburn : croquante, juteuse et acidulée, vous pouvez la consommer crue ou en préparation culinaire. Elle est récoltée de septembre à mars.

 

- la Jonagold : sucrée, vous pouvez la consommer crue ou la cuisiner. Vous la trouverez de de novembre à juin.

 

- la Idared : acidulée, elle se consomme crue, en la croquant. Elle est disponible de janvier à juin.

 

- la Red delicious : sucrée et peu acidulée, c'est en la croquant que vous la dégusterez le mieux. On la récolte d'octobre à avril.

 

- la Reinette grise (du Canada) : acidulée et croquante, vous pouvez la déguster en la croquant ou en la préparant au four. Elle est disponible de novembre à mars.

 

- la Belle de Boskoop : acidulée, vous pouvez la croquer ou la préparer en tarte. Vous la trouverez de novembre à février.

 

- la Elstar : acidulée et un peu sucrée, vous pouvez la consommer crue ou la cuisiner. Elle est commercialisée de septembre à mars.

 

- la Fuji : sucrée et juteuse, la meilleure façon de la consommer est de la croquer. Elle est récoltée de novembre à avril.

 

- la Granny Smith : très acidulée, croquante et rafraichissante, elle ne se consomme que crue, en la croquant. Elle est récoltée d'octobre à avril.

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26 octobre 2016 3 26 /10 /octobre /2016 06:00
La Suisse pays du chasselas : j’ai consulté en vain les oracles François du vin pour qu’ils éclairassent ma lanterne sur la différence entre le fendant et le perlan !

J’ai un goût particulier pour les érecteurs de dénominations tombées dans l’oubli, pour l’imparfait du subjonctif et la Suisse.

 

Démonstration !

 

Pour nous François de l'hexagone, il n’est de chasselas que de Moissac, un raisin de table AOP qui orne nos tables à l’automne  de ses belles grappes dorées.

 

Ignorant que nous sommes le Chasselas par le biais de son fendant du Valais participe pour une grande part à l’image, l’identité suisse dans son acception la plus large. À un degré moindre comme le gruyère sans trou dont  nous avions piqué l’appellation en y mettant des trous. C’est une autre histoire, nos amis suisses ont récupéré leur bien seul leur gruyère  est une AOP.

 

En effet, les plus anciens actes parlant du vin blanc dans le Bassin Lémanique datent de 1202. On retrouve des traces du Chasselas, quant à lui, dès le XIVe siècle. A partir de 1848, le Fendant devient le moteur du développement commercial des caves valaisannes et fait l'objet d'une promotion active, au point de supplanter les anciens cépages autochtones. Dès 1936, les Valaisans se battent pour protéger cette appellation convoitée par les producteurs genevois et vaudois. Le Fendant du Valais obtient son appellation protégée en 1966.

 

Le Fendant doit son nom à une particularité de la baie mûre dont la peau et la pulpe se fendent sous la pression du doigt, sans que le jus ne s’écoule. Contrairement au type nommé Giclet, dont la pulpe des baies gicle.

 

Le Fendant est cultivé partout en Valais, où il représente plus de 20% de l’encépagement total. Au cours des 10 dernières années, la récolte moyenne de Chasselas en Valais est de 13.2 millions de kg pour une production de 10.6 millions de litres de Fendant.

 

Tous les oracles François ou assimilés dignes de ce nom de miss Glou-Glou la classique à l’immense Bettane en passant par l’impertinente Sand sont intarissables sur le fendant tout en notant que ce n’est qu’un petit jaja tout juste bon pour l’apéro ou la raclette.

 

Mais du côté du délicieusement ringard qu’est le perlan c’est un silence gêné qui accueille ma question. Nulle trace dans leurs écrits.

 

Et pourtant le perlan genevois est de retour. Renaissance discrète, « Elle figure dans le nouveau règlement sur la vigne et les vins que vient d’édicter le Conseil d’Etat. On y lit, à l’article 59A: «La mention «Perlan» peut être indiquée sur l’étiquette d’un vin tranquille AOC Genève issu du chasselas.» C’est tout. Pas de cérémonie inaugurale, pas de fanfare. »

 

Faut dire que « Pendant plus de vingt ans, le perlan a été voué aux gémonies. Il était l’incarnation du petit vin genevois, produit en masse par une coopérative peu soucieuse de qualité. Quand on l’évoque, les anciens ont un rictus: «Vous parlez de ce produit pour les vitres?» C’est dire. Depuis la fin des années 80, les viticulteurs ont développé de nombreux cépages, nettement relevé la qualité et se sont distancés de ce label maudit. Mais la roue tourne. »

 

« Quoi qu’il en soit, le perlan n’a jamais été complètement oublié. On en trouve de discrètes réminiscences. Au café Remor, à Plainpalais, il figure encore sur l’ardoise des vins accrochée au mur. Chez Oscar, à Vernier-Village, la machine enregistreuse est d’un autre âge: elle imprime encore «perlan» à la commande d’un chasselas. Le plus bel hommage vient de Zurich. Cet été, un lecteur du Tages-Anzeiger écrivait la chose suivante: «Dans les années 80, j’étais cuisinier dans les wagons-restaurants. Je me réjouissais toujours d’arriver à Genève pour commander mes trois de perlan. Pourquoi a-t-il disparu?»

 

« C’est Daniel Brenner, vigneron à Saconnex-d’Arve, qui a demandé la réintroduction du perlan: «J’ai envie de remettre en valeur ce nom. Il est sympathique, facile à dire et communique bien. C’est vrai qu’il a traîné une mauvaise réputation, mais cela ne touche pas les jeunes. Les vins genevois se sont beaucoup améliorés et les consommateurs recherchent des produits du terroir. Le perlan est réservé à des vins AOC. Cela garantit la qualité.»

 

La suite ICI

 

Le chasselas dans le canton de Vaud est dénommé le Dorin.

 

LIRE ICI 

Vendre du perlan, signe de confiance

La Suisse pays du chasselas : j’ai consulté en vain les oracles François du vin pour qu’ils éclairassent ma lanterne sur la différence entre le fendant et le perlan !
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