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25 novembre 2016 5 25 /11 /novembre /2016 06:00
Bruno Verjus sacrifie sur sa Table 1 coq vierge de Barbezieux  « ce bel adolescent qui n’est pas encore adulte » géant de l’espèce galline…

« Mon petit gars va donner du  grain aux poules ! »

 

Après avoir englouti mon goûter fait de tartines beurrées et de carreaux de chocolat la mémé Marie me confiait le soin de nourrir la nuée de poules et de poulets qui picorait dans l’aire. À mon arrivée c’était la ruée des gallinacées et, tel un fier semeur, je lançais dans les airs des poignées de grains. Ce n’était là qu’une de mes fonctions de basse-cour, j’étais aussi chargé de localiser les nids de ses dames qui n’en faisaient qu’à leur petite tête pour aller pondre dans les lieux les plus improbables. J’allais aussi à la nuit tombée fermer la porte du poulailler.

 

La poule ça me connaît même si je l’ai toujours plus aimé au riz ! Quant aux poulets j’ai toujours préféré la cuisse et l’avant-cuisse avec la peau bien craquante.

 

Du côté du coq dont j'ignorais, eu égard au fait qu'en ce temps-là pour moi les enfants naissaient dans les choux, longtemps la fonction, mes relations avec lui furent toujours emprunte d’une réelle aversion : à part s’égosiller tôt le matin du haut du tas de fumier cet emplumé arrogant passait son temps à chercher querelle.

 

Bref (je le suis rarement) vous l’avez compris les gallinacés je les préfère plutôt cuit que cru et le poulet rôti est à la maison très souvent au menu.

 

Mais la grande question pour tout amateur est : où trouver une bête à la hauteur ?

 

Zoom arrière :

 

L’auteur de « Défense et illustration des incomparables races de poules françaises » Louis Serre, dans le style incantatoire que nous affectionnons exhortait les éleveurs de poules :

 

« Jadis nous avons sacrifié les races de Barbezieux, La Flèche, Le Mans, Crève-cœur, qui ont fait la gloire de la cuisine, de la bonne chère française, mondialement réputée, pour sourire aux nouvelles venues d’Amérique. Nous avons eu le tort de laisser péricliter ces races incomparables, au point qu’il n’en reste que de rares représentants et sans doute dégénérés. Allons-nous aujourd’hui sacrifier nos Bresse, Gâtinaises, Faverolles, Marans, Gournay, Bourbonnaises, Bourbourg, Caussades, Gélines de Touraine, Caumont et tant d’autres sur l’autel consacré au culte des races anglo-saxonnes ? Non, vous dis-je, non.  Notre sottise a des bornes et la masse de nos aviculteurs de bonne foi viendra à résipiscence. »

 

Certes c’était sous Pétain mais au-delà du corporatisme cher au vieux Maréchal l’auteur tirait à juste raison la sonnette d’alarme.

 

Lire ICI  Défense et illustration des incomparables races de poules françaises et les clients se rappellent la qualité longtemps après avoir oublié les prix.

 

Zoom avant

 

Bruno Verjus, grand inventeur au sens d’érecteur de trésors, prend le relais, pour nous expliquer que Fred Ménager « lorsqu’il devient champion de France 2000 en … Gauloise dorée – le coq symbole de la France, cité par Jules César, et pourtant en voie d’extinction… il n’a qu’une idée en tête : organiser un concours d’un autre genre de beauté, une dégustation de volailles anciennes dont 45 races perdurent en France sur les 50 jadis existantes. »

 

« La première dégustation réunit, entre autres, Jacques Lameloise, Pierre Troisgros, Henri Jayer… Vingt volailles passent à la rôtissoire, notées selon des critères objectifs et subjectifs. Barbezieux, la Flèche et la Gauloise avec ses chairs rouges et sauvages impressionnent les chefs. »

 

Si vous voulez tout savoir sur l’histoire d’Eva et de Fred Ménager à la ferme de la Ruchotte avec son élevage de races de volailles oubliées c’est dans Volailles en voie de réapparition ICI.

 

Mais disciple du Dr Rolland Dams qui travaillait à la re-création de la race Barbezieux, Frédéric Ménager tombe sous le charme de ces volailles de jais à reflets verts.

 

« Tout est grand chez le Barbezieux. Sa tête forte et longue avec un bec de couleur de corne foncée. L’œil grand et bordé de paupières brunes. Un iris roux foncé et une pupille noire. La tête surmontée d’une crête droite et dentelée d’un rouge volcanique. Barbillons ovales et grand d’un rouge tout aussi cinglant. Oreillons en forme d’amande, d’un blanc lisse. Jambes hautes et cuisses fortes. Corps volumineux et d’attitude presque verticale. » explique-t-il au sieur Verjus.

 

Comme un dimanche de primaire

 

La nuit fut fort venteuse mais j’avais échappé à la violente ondée lorsque j’étais rentré au petit matin juché sur mon fidèle destrier qui connaît le chemin du paddock aussi bien que moi. C’est à pied, alors que la grand-messe déversait ses paroissiens que je suis allé  faire mon devoir dans un isoloir. Y’avait foule. À l’heure du déjeuner je suis allé me restaurer en terre connue et c’est là que mon voisin de table, Bruno Verjus, m’a vanté toutes les qualités du coq vierge de Barbezieux.

 

Vous me connaissez, il n’en fallut pas plus pour que mardi dernier, à l’heure du déjeuner, je m’attable à Table. Je dois à la vérité de préciser que je posais mes fesses sur un haut tabouret au bord du bar.

 

J’aime cette position élevée, en retrait, qui me permet à la fois de m’isoler tout en étant pleinement partie prenante du cérémoniel du repas au restaurant. En effet, je vais au restaurant pour me restaurer ce qui n’a rien de tautologique car je ne m’y rends pas que pour manger.

 

L’émotion visuelle tout d’abord, olfactive ensuite, à laquelle fait suite une plongée dans ma petite bibliothèque personnelle où je stocke précieusement mes souvenirs de table. Pour le coq vierge de Barbezieux qui se trouvait face à moi les références ne manquaient pas. Je prenais le temps de les laisser m’envahir sans me submerger. Entre les morceaux composant l’assiette j’hésitais : par lequel allais-je commencer ? Mais tout au fond de moi je savais que j’allais graduer mon plaisir, garder pour la fin ceux qui le porterait à des sommets. C‘est ce que je fis en me saisissant de l’aile avec mes doigts pour la dépiauter avec mes dents, garder les chairs en bouche pour laisser les sucs s’exhaler. Et bien sûr, sucer mes doigts imbibés de gras.

 

Je n’en dirai pas plus, sauf un grand merci à tous ceux qui ont contribué à ce plaisir simple, Bruno dernier maillon de la chaîne en tête.

 

Dis par Bruno ça donne ça : « un incroyable gélatineux des chairs pour les cuisses et gras de cuisses, des suprêmes offrant une texture presque soufflée, délicate, d'un blanc  lactescent, délicieux. Très peu de gras, des arômes nets et francs, pour une peau fine et très croustillante. Plus étonnant encore, une gélification presque instantanée du jus de découpe, preuve de la qualité du collagène que contiennent ces poulets. »

 

D'autres renseignements :

 

« Originaire de Charente, dans la région de Barbezieux, la Barbezieux est une race fière, imposante, aux attitudes prétentieuses mais aux formes harmonieuses. C'est une race qui a failli disparaître en raison de la difficulté et de la lenteur de son élevage.  Il faut sélectionner les animaux les plus grands à oreillons blancs. Sa chair est excellente. »

 

Elle est la plus grande de toutes les races françaises. Sa chair est d'une  grande finesse. - poule : 3,5 kg - coq : 4,5 kg.

 

En confirmation, Blanchon et Delamarre de Monchaux dans Toutes les Poules et leurs variétés, nous donnent des mensurations dont nous transcrivons les plus caractéristiques :

 

Hauteur totale de la poule : 62 cm, hauteur du coq dans l'attitude de marche : 65 cm, dans l'attitude fière :

 

70, dans l'attitude redressée : 76. Longueur de la crête : 14 cm, hauteur de la crête : 8, épaisseur de la crête : 4 cm 1/2. Longueur de la cuisse : 20 cm. Circonférence du corps : 50

 

Henri Voitellier, éminent aviculteur a écrit à son sujet dans une oeuvre parue en 1931 intitulée Toute la Basse-Cour :

 

« La plus grande, la plus forte de toutes les races françaises, on pourrait même dire de toutes les races occidentales.

 

Le beau Barbezieux rivalise facilement comme prestance et comme poids avec les meilleurs Langshan, et ce n'est assurément que par cette tendance inhérente au caractère français de trouver tout ce qui est étranger supérieur à ce que nous possédons, que les Langshan jouissent ici d'une faveur que les Barbezieux, les La Flèche et les Crèvecœur n'auraient jamais dû leur laisser prendre. Les Barbezieux n'ont qu'un défaut, c'est de n'être pas originaires d'Angleterre. On les couvrirait d'or en France et on voudrait en élever partout, en luttant centimètre à centimètre, à qui obtiendrait le coq le plus haut, et personne ne se plaindrait de leur délicatesse à l'élevage.

 

Aucune race ne réunit au même degré le volume à la qualité ; une chair blanche, abondante et fine, une aptitude remarquable à l'engraissement.

 

On lui reproche d'être un peu délicat à l'élevage, de ne pas se développer avec une grande rapidité.

 

Le reproche est fondé dans une certaine mesure.

 

Le poussin Barbezieux s'emplume assez difficilement et manque de vigueur par les temps humides et froids.

 

S'il est né à une saison un peu avancée, il reste petit, chétif, sans rien avoir de l'apparence de force qui lui appartient naturellement.

 

Tout, dans le Barbezieux a de l'ampleur : la crête, les barbillons, les pattes ; on le croirait l'intermédiaire entre la poule et le dindon ; c'est le géant de l'espèce galline.»

 

Le tout ICI

Bruno Verjus sacrifie sur sa Table 1 coq vierge de Barbezieux  « ce bel adolescent qui n’est pas encore adulte » géant de l’espèce galline…
Bruno Verjus sacrifie sur sa Table 1 coq vierge de Barbezieux  « ce bel adolescent qui n’est pas encore adulte » géant de l’espèce galline…
Bruno Verjus sacrifie sur sa Table 1 coq vierge de Barbezieux  « ce bel adolescent qui n’est pas encore adulte » géant de l’espèce galline…
Bruno Verjus sacrifie sur sa Table 1 coq vierge de Barbezieux  « ce bel adolescent qui n’est pas encore adulte » géant de l’espèce galline…
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24 novembre 2016 4 24 /11 /novembre /2016 06:00
Au temps où il fallait une demi- journée pour faire en train Nantes-Nice le citron chez nous c’était pour les huîtres…

Et il y avait débat entre les deux plus gros mangeurs d’huîtres de la maison : mon père résolument naturiste et mon frère adepte du citron. Moi je préférais les palourdes…

 

Le citron j’en ai fait un usage intensif en mai 68 pour lutter contre le gaz lacrymogène de nos potes les CRS et les Gardes Mobiles.

 

En terrasse sur le remblai des Sables d’Olonne c’était Perrier/tranche de citron bien sûr.

 

Et puis il y eu Boby Lapointe avec sa chanson Aragon & Castille

 

Au pays daga d'Aragon

 

Il y'avait

 

Tugud' une fill' qui aimait les glac's au citron et vanille...

 

Au pays degue de Castill'

 

Il y'avait tegued' un garçon qui vendait des glaces vanill' et citron.

Mais enfin vint notre Génoise de Paris, Alessandra Pierini, qui n’oublie pas que le comté de Nice fut partie intégrante du Royaume Piémont-Sardaigne jusqu’à son annexion par la France en  1860 sous Napoléon III et le traité de Nice.

 

Que nous dit-elle à propos du choix des citrons :

 

« Le choix du citron est fondamental, il déterminera toutes les étapes suivantes de la recette. Frottez bien sa peau avant de l’acheter, une bouffée fruitée et gourmande et une senteur revigorante doivent s’en dégager.

 

Choisissez-le lourd et ferme avec une écorce brillante d’un jaune éclatant. C’est son jus et sa pulpe qui vous intéressent ? Privilégiez, donc, ceux avec la peau plus fine, ils seront plus succulents.

 

Du mois de décembre à mai, optez plutôt pour les citrons à feuilles de Menton ou de Nice. Après cette période, il faut rechercher ceux de la côte amalfitaine, de Sicile et de Calabre, au parfum subtil mais persistant, encore cueillis à la main et non traités. »

 

Maintenant vous savez ce qu’il vous reste à faire pour sortir vos citrons du Perrier/tranche ou des huîtres : achetez le citron dix façons de le préparer :

 

ICI

 

ou ICI

 

Lors de la séance de dédicace Alessandra nous avait préparé son Pain-Brioche au miel, huile d’olive et citron confit le N°8.

 

Mariage réussi avec la ricotta, la faisselle artisanale ou d’une confiture…

 

Et ce jour-là j’ai bu ça.

 

En tant que grand expérimentateur culinaire je  vais me lancer dans la N°6 : boulettes de veau aux feuilles de citron. Vous devrez attendre un peu car je ne peux être en même temps au four et au moulin. Traduire au clavier et au piano…

 

Pour la chute de cette chronique Alessandra ne m’en voudra pas de compléter ses connaissances sur l’utilisation du citron en l’entraînant au stade, chez elle à Gênes la Sampdoria et le Genoa se partagent le cœur des tifosis.

 

Les citrons

 

Mi-temps d’un match. Cet emploi rappelle que, longtemps, l’usage voulait que les joueurs – mordissent dans des morceaux de citrons pour recouvrer leurs forces durant la pause du match.

 

« J’ai quelque chose pour toi (il lui tendit un morceau de ciitron, plutôt boueux.) Je ne m’en suis pas servi à la mi-temps »

 

Henri de Montherlant Les Olympiques 1924

 

Aux citrons

 

Période correspondant au repos entre deux mi-temps. Emploi attesté en 1928.

 

Coupeur de citrons

 

Membre d’une équipe chargé de couper les citrons par ses camarades et, par extension, joueur remplaçant.

 

Le dico du parler sport par Baptiste  Blanchet et Jean-Damien Lesay

Travaux pratiques de Sabine boss des éditions de l’Epure : boulettes de veau aux feuilles de citron. Très bonne appréciation de la grande chef !
Travaux pratiques de Sabine boss des éditions de l’Epure : boulettes de veau aux feuilles de citron. Très bonne appréciation de la grande chef !
Travaux pratiques de Sabine boss des éditions de l’Epure : boulettes de veau aux feuilles de citron. Très bonne appréciation de la grande chef !

Travaux pratiques de Sabine boss des éditions de l’Epure : boulettes de veau aux feuilles de citron. Très bonne appréciation de la grande chef !

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23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 06:00
Mes lecteurs sont sympas ! Louis & Charlotte Perot L’Ostal – Philippe Gervoson château Larrivet Haut-Brion

Les routiers, les mecs avec de gros camions et leurs calendriers, au temps des nationales, avant qu’on cause pollution, avaient leur émission.

 

Lancée par Max Meynier au début des années 70 sur RTL l’émission « Les routiers sont sympas » et diffusée de 20 H 30 à minuit, connue un très vif succès.

 

L’émission et son animateur vécurent une première en France, un évènement qui aurait pu avoir un dénouement dramatique : leur prise en otages.

 

« À RTL, dans la nuit du 8 au 9 février 1974, un homme parvient à entrer dans le studio de Max Meynier alors qu’il présente en direct son émission "Les routiers sont sympas".

 

Armé d’un 7,65 et d’une grenade, Jacques Robert, un déséquilibré multirécidiviste va retenir en otage l’animateur, sa scripte et le technicien-réalisateur présents dans le studio pendant plus de cinq heures. Il réclamait une demi-heure d'antenne sur les trois chaînes de l'ORTF le lendemain soir, menaçant de faire exploser sa grenade dans le studio si sa demande n'était pas satisfaite.

 

Après de longues négociations entre le preneur d'otage, Max Meynier, le président de la radio Jean Farran et le directeur de l'ORTF Marceau Long, Jacques Robert libère les personnes retenues dans le studio.

 

Il n'en était pas à son premier coup d'éclat puisqu'il avait été arrêté en 1953 pour le meurtre de son père, avant d'être acquitté. Quelques années plus tard, il avait enlevé Fernand Raynaud, mais également menacé de mort et réclamé une rançon à Louis de Funès

 

Les Routiers ont aussi un Guide :

 

« Des bons restaurants pas chers et pour tous. Le Guide des Relais Routiers continue avec détermination la route qu’il trace depuis 1934. Il vous conduira le long des nationales et autres départements de la France profonde, là où l’on mange bien, où l’on boit de bons petits vins régionaux à prix sympa.

 

Grâce à ses adresses de restaurants classées par département, par région, par qualité de réception et, bien entendu, par niveau de restauration avec ses fameux Relais Casserole, vous pourrez faire des haltes régionales gastronomiques. »

 

404 pages en couleurs

 

Tout ça pour vous dire que moi, petit artisan du net, avec ma régularité métronomique, j’ai des lecteurs sympas.

 

Lors du dernier salon des vins nus de Lyon certains sont venus me saluer et nous avons papoté mais ce qui m’a poussé à écrire cette chronique ce sont deux petits évènements survenus ces derniers jours.

 

Le 8 NOVEMBRE 08:49 je reçois sur Face de Bouc un message

 

Cher Monsieur,

 

Bravo et merci de célébrer, Jean Follain, Robert Morel et Héros-Limite, un magnifique éditeur suisse avec qui nous ferons une petite cuvée l'an prochain (lui l'étiquette et nous le vin..). Permettez-moi de vous signaler une autre Célébration parue dans cette merveilleuse collection de Robert Morel, celle de la barrique par le fantastique Pierre Bouju, tonnelier à Jarnac, poète et animateur d'une revue poétique célèbre en son temps : La Tour de Feu.  (Il fit même une apparition chez Pivot à l'occasion de la parution de son autobiographie (Arléa). On peut encore trouver cette Célébration de la Barrique aux Editions du Lérot, j'en ai une pile en réserve et si vous voulez je vous en envoie un exemplaire illico, en guise de remerciement pour le plaisir que me procurent vos textes. Bien respectueusement.

Louis Pérot. L'Ostal

 

Je remercie le lecteur en lui indiquant que j’ai déjà l’opus et que j’ai chroniqué  ICI 

 

« Ah ! Bravo ! Je ne vous lisais pas encore à l'époque... j'y trouve avec plaisir le nom de Fernand Tourret. Je vous adresse quand même l'édition du Lérot qui contient quelques photos prises dans l'atelier dudit Boujut (malheureusement on y voit pas l'affiche célèbre accrochée dans son bureau "Ni Dieu, Ni Maître, mais Simone" (Simone vit toujours, je crois) et j'ajoute quelques flacons pour faire plus ample connaissance. Bien à vous. »

 

Et un colis est arrivé avec ceci. Merci voir ICI 

Mes lecteurs sont sympas ! Louis & Charlotte Perot L’Ostal – Philippe Gervoson château Larrivet Haut-Brion
Mes lecteurs sont sympas ! Louis & Charlotte Perot L’Ostal – Philippe Gervoson château Larrivet Haut-Brion
Mes lecteurs sont sympas ! Louis & Charlotte Perot L’Ostal – Philippe Gervoson château Larrivet Haut-Brion
Mes lecteurs sont sympas ! Louis & Charlotte Perot L’Ostal – Philippe Gervoson château Larrivet Haut-Brion

Dimanche dernier je suis allé déjeuner chez Amarante où mon amie Maréva assure depuis quelques jours le service en salle.

 

Bien installé j’attendais paisiblement. En face de moi sur la droite une table de 4 : 3 jeunes gens et un monsieur que je vois de dos. Je remarque que le vin est aussi invité à cette table. Et puis, alors que ma fraise de veau arrive sur ma table le monsieur de dos se retourne et son visage s’illumine d’un grand  sourire. Il se lève et vient me saluer. Lecteur assidu, c’est un bordelais (d’adoption je m’en apercevrais plus tard) il est à Paris pour le salon des outsiders de JM Quarin. Nous échangeons brièvement et le monsieur se rassied. Je savoure ma fraise de veau lorsque le monsieur se relève et vient m’offrir une bouteille de son château : Larrivet Haut-Brion Pessac-Léognan 2012.

Mes lecteurs sont sympas ! Louis & Charlotte Perot L’Ostal – Philippe Gervoson château Larrivet Haut-Brion
Mes lecteurs sont sympas ! Louis & Charlotte Perot L’Ostal – Philippe Gervoson château Larrivet Haut-Brion
Mes lecteurs sont sympas ! Louis & Charlotte Perot L’Ostal – Philippe Gervoson château Larrivet Haut-Brion

Confus je remercie chaleureusement mais comme je ne suis pas Jacques Dupont je ne connecte pas le nom du château avec son propriétaire. Pire encore j’omets de regarder la contre-étiquette qui me l’indique. Je suis au-dessous du niveau de la mer mais j’ai l’excuse d’une soirée bien arrosée la veille.

 

Alors, cher Philippe Gervoson sachez que si j’avais pris cette peine mes neurones auraient reconnectés et votre patronyme m’est bien connu puisque dans mes anciennes fonctions j’ai eu l’occasion de rencontrer Frédéric Gervoson pour discuter avec lui de problèmes laitiers normands liés à l’usine flambant neuve d’Auneau en Eure-et-Loir.

 

Mais ceci est de l’histoire ancienne, merci de vos mots gentils, de votre simplicité et je ne manquerai pas de faire goûter votre flacon à mes jeunes amis.

 

« Larrivet Haut-Brion est une chartreuse du XIXe siècle. Réputé à l’époque, le château a longuement décliné jusqu’à son rachat en 1987 par Philippe Gervoson (groupe Andros). Il a d’abord entrepris un travail de fond pour reconstituer la propriété telle qu’elle était du temps de sa splendeur […]

 

Par rachats et replantation, le vignoble est ainsi passé de 17 à plus de 70 hectares, disposés sur deux belles croupes de graves. Le foncier reconstitué, il restait à bien s‘entourer. Au détour d’un dîner, il convainc l’ami de longue date, Bruno Lemoine, de le rejoindre. Il devient la pierre qui manquait au nouvel édifice. Ingénieur agronome, passé par la Chine puis par plusieurs châteaux du Médoc, Bruno Lemoine prend ses fonctions en 2007. Le duo peut compter sur d’autres talents, dont le réputé Michel Rolland, qui prête son palais aux assemblages depuis 1995, et désormais la nouvelle génération, celle des filles de Philippe Gervoson, de plus en plus impliquées dans le domaine. »

 

Lire ICI

 

Et puis, si vous voulez vous gondolez comme une tête de gondole chez Carrouf lisez la prose du sieur Dupont extraite de son Guide des Vins de Bordeaux. Ça pourrait même dérider un chouïa le père Fillon grand amateur de vroum-vroum et que je verrais bien faire le rallye Andros.

 

Je signale au bas-bourguignon qu'il est réconfortant de voir un propriétaire bordelais attablé dans un lieu de très bonne cuisine française avec une carte de vins 100% nature... qui fait honneur au liquide et au solide...

Mes lecteurs sont sympas ! Louis & Charlotte Perot L’Ostal – Philippe Gervoson château Larrivet Haut-Brion
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21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 06:00
Si t’as pas goûté plus souvent que tu ne l’as voulu du Château Latour, pauillac 1961c’est que t’as raté ta vie…

Je savoure avec une délectation gourmande la prose d'un heureux élu, au sens biblique du mot, que dis-je du maître, extrême pointe de la crème des goûteurs de nectars rares, lorsqu’elle dresse le palmarès des dix chefs d’œuvre éternels du dieu cabernet-sauvignon.

 

Découvrir ce palmarès un peu plus bas !

 

C’est beau comme l’antique, sauf que cet exercice d’une vanité rare, si l’on prend la peine de lire le commentaire sous chaque nectar choisi, est d’abord un monument érigé à la gloire de celui qui le pratique. 

 

Bienheureux les privilégiés qui sont invités aux saintes tables !

 

Je m’explique : dans le domaine des arts, jusqu’au 7e, les chefs d’œuvre éternels marquent notre histoire, intemporels, permanents, visibles de tous, et s’il est possible d’en dresser un palmarès, exercice bien sûr purement subjectif, l’accès à ces pièces uniques est libre : n’importe qui peut vérifier du bien-fondé ou non du choix de l’autorité classifiante.

 

Dernier en date de ce genre d’exercice, d’accès facile pour le plus grand nombre, Les 100 meilleurs films de l'histoire selon Télérama.

 

Lire ICI 

 

Explications des ex de la Bonne Presse de mon enfance :

 

« Un top 100 qui, pour les journalistes votants, a viré au casse-tête, comme Pierre Murat vous le raconte ici. Quand on adore un réalisateur, on voudrait citer tous ses films. C’était évidemment impossible – mais alors, lequel choisir ? Pour que la liste soit la plus pertinente possible, il ne fallait pas se limiter aux films hollywoodiens et français – vous verrez que l’Italie, le Japon, et la Russie autres grandes terres de cinéma, mais aussi la Turquie ou Hong-Kong sont également représentés. Nous devions aussi couvrir le plus possible les cent vingt ans de création du 7e art : impossible d’établir un top 100 sans au moins un classique du muet, ni un film réalisé au cours des cinq dernières années. Il ne fallait pas négliger les documentaires, ni le cinéma d’animation. Et ne pas oublier que cinéaste s’écrit aussi au féminin. Un casse-tête, on vous dit ! »

 

Contestable, critiquable, mais c’est une œuvre collective, reflétant, dans la limite du microcosme de Télérama, la diversité d’une ligne éditoriale. À chaque cinéphile de le contester, de l’approuver, de le rectifier.

 

1 – Sueurs froides  réalisé par Alfred Hitchcock (1958)

 

« Le chignon de Kim Novak s'enroule en une spirale hypnotique. James Stewart le traque dans les rues de San Francisco. Bouleversant film d'amour, authentique chef-d'œuvre. »

 

Un vin, aussi grand fut-il, n’est pas une pièce unique, même le classificateur concède, pour l’un d’eux, le premier  « je peux affirmer qu’il varie hélas trop de bouteille à bouteille », il est même amené à disparaître physiquement, et pour y accéder, faute d’être un invité privilégié, il faut disposer de moyens confortables.

 

Un vin peut être considéré comme une œuvre au sens de la main de l’artisan et je ne conteste pas qu’il puisse exister des chefs d’œuvre même si je me sens bien incapable de les identifier par moi-même.

 

Dans le cas présent, et ce n’est pas un reproche, le palmarès est l’œuvre d’un seul homme qui, c’est incontestable, a pu tout au long de sa vie de goûteur professionnel se constituer l’une des plus belles bibliothèques de la mémoire de ce cépage : le cabernet-sauvignon.

 

Il est donc possible de considérer que ce palmarès est, d’une certaine manière, un legs aux jeunes générations, sauf que celles-ci doivent le prendre pour argent comptant.

 

Alors me dis-je pourquoi cette érection de chefs d’œuvres quasiment inaccessibles ?

 

Quel est le but poursuivi par l’auteur ?

 

Faire rêver me rétorquera-t-on !

 

Rêver à l’inaccessible étoile je veux bien mais je ne vois pas en quoi l’exaltation de ces monuments contribue à l’éducation des générations futures et participe à l’extension du domaine du vin.

 

Dans un temps où l’élitisme est brocardé, parce que certaines élites ont largement prêté le flanc, la presse du vin, ou du moins ce qu’il en reste, ne trouve rien de mieux à faire que de nous mettre sous le nez des vins inaccessibles ou presque.

 

Moi ça ne me fait pas rêver même si j’en ai bu beaucoup lors de mon parcours professionnel.

 

De grâce parlez-nous du monde des vivants et non que de mausolées abritant sans doute des Géants !

 

Entendez-moi bien, lisez-moi bien, qu’un grand érudit du Vin qui, sur le long chemin lui ayant permis, lui ayant donné l’extrême privilège, de se constituer une imposante bibliothèque de « grands vins », à l’image de Georges Pompidou en 1961, pour la Poésie française, nous écrive une Anthologie des « chefs d’œuvre » du vin du Monde Entier.

 

Je suis pour, dit sans aucune ironie...

 

Ce florilège de morceaux choisis, relié plein cuir, je plaisante bien sûr, pourrait ainsi trôner dans les bibliothèques des grands comme des jeunes amateurs alors que ses 10 chefs d’œuvre du Cabernet-Sauvignon, reçus via la Toile, s’envoleront aussi vite que les aigrettes de la Fleur du Pissenlit sans féconder le terreau des jeunes œnophiles.

 

Château Latour, pauillac 1961

 

« Ce millésime est une légende à Latour ou ailleurs en Médoc, car une toute petite récolte due à un terrible gel tardif a concentré les raisins comme jamais depuis. Mais, pour l’avoir goûté plus souvent que je ne l’aurais voulu (pour conserver une mémoire de l’exceptionnel), je peux affirmer qu’il varie hélas trop de bouteille à bouteille et que ce n’est pas au château qu’il s’est montré le plus mémorable. Sans doute mis en bouteilles par petits lots de barrique, il m’est vraiment apparu incomparable en Médoc, dans un lot ayant appartenu à un ancien directeur du château, avec une intensité de constitution, une noblesse et une pureté aromatique qui défient tout commentaire. Il y a, en plus des arômes truffés, cassissés et épicés classiques des très grands vieux cabernets, une sorte de minéralité ferreuse (je n’ai pas d’autres mots pour la qualifier) qui lui donne une tension comme aucune autre dans ma mémoire de dégustateur. Il semble bâti pour l’éternité. »

 

La suite ICI

 

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19 novembre 2016 6 19 /11 /novembre /2016 06:00
La parabole de la table de tri …

1ière épître de Saint Jacques le Majeur retrouvée dans une amphore dans une grotte de Saint-Émilion…

 

« En ce temps-là, le dénommé Jésus, fils d’un charpentier-tonnelier, accompagné de ses 12 apôtres, Judas compris, venait tout juste de boucler son miracle des Noces de Cana  et profitant du buzz  il se mit à haranguer la foule de ses amis de Face de Bouc :

 

« En vérité je vous le dis, après avoir potassé Émile Peynaud et consulté Michel  Rolland, lorsque le vin est tiré il faut le boire. La vérité est au fond des verres mes amis, mes frères n’oubliez jamais qu’avant le vin il y a le raisin qu’il vaut mieux vendanger mûr et sain.

 

Alors, je vous le dit, sans relâche trions !

 

Écartons les grains pourris avant qu’ils ne gâtent notre divin nectar !

 

Oui, mes amis, mon père, Dieu le père, grand amateur de GCC, m’a enseigné que dans la Gaule moderne, celle de vos ancêtres les Gaulois, blonds et ripailleurs, un Général, grand par la taille, nommé de Gaulle, revenu d’un lieu où il y avait 2 églises, proclama dans une drôle de lucarne : « Pour faire marcher droit les Gaulois j’ai décidé de mettre sous le boisseau à la fois ceux que je dénomme mes godillots et ceux qui vous promettent le paradis sur terre.

 

Ce furent les Tables de notre LOI !

 

Mais le temps passant, comme souvent dans la vie des hommes, ses héritiers dilapidèrent son héritage jusqu’à en arriver à se bouffer le nez sur des plateaux de télé pour récupérer le fromage de Hollande.

 

C’était la chienlit. Une chatte n’y retrouvait même plus ses petits. C’était patin couffin. Le peuple y perdait ce qui lui restait de latin de cuisine, même si les grands oracles modernes sondaient sans cesse leurs cœurs et leurs âmes.

 

Et puis, un matin, venue de terres lointaines au-delà des mers, une nouvelle jeta plus encore le trouble, un grand Diable rouquin, déjouant tous les oracles, venait d’être porté sur le pavois par le peuple.

 

Les oracles françois désarçonnés se mirent, pour défendre leur petit commerce, à proclamer :

 

« Y aurait-il des Judas qui masqueraient leurs intention de votes pour porter en loucedé sur le pavois celui qu’on n’attendait plus ? »

 

Mais en vérité je vous le dit puisque les maîtres du jeu ont grandes ouvertes les portes, ne vous demandant que 2 deniers et de signer sans vous renier un morceau de papier, pour accéder à la grande table de tri, je vous en conjure allez-y !

 

C’est le moment ou jamais de trier le bon grain de l’ivraie.

 

Oui, en vérité je vous le dis, allez donc dimanche passer quelques minutes à la table de tri de votre quartier ça vous évitera de vous retrouver à choisir entre une petite peste et un gros choléra. 

 

Bienheureux ceux qui prennent une table de tri pour ce qu’elle est : un lieu où l’on trie, rien ne les empêchera à l’heure du grand choix de proclamer « bon choix madame, bon choix monsieur… », désolé mes amis je n’ai pu m’en empêcher, et de déposer l’élu de leur cœur ou de leur raison dans le récipient prévu à cet effet. »

 

Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé est purement fortuite…

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17 novembre 2016 4 17 /11 /novembre /2016 06:00
Être « un jaune » qui boit un vin sous voile est-ce de nos jours politiquement correct ?

Dans notre beau pays réputé pour cultiver une forme de syndicalisme révolutionnaire, « un jaune » c’est un non-gréviste, donc un « traître » à la cause de la classe ouvrière.

 

Pour plus de détail je suis allé sur le site d’un bastion du syndicalisme à l’ancienne : le web du rail.

 

Le « syndicalisme jaune » (connu également sous les noms de : Mouvement jaune, Syndicats jaunes, les Jaunes ou « Droite prolétarienne », selon l'expression de Zeev Sternhell) est un mouvement syndicaliste français, mais connu sous cette dénomination dans d'autres pays, comme les pays francophones, mais aussi anglophones (yellow unions). Cette forme de syndicalisme (constitué en opposition aux syndicats « rouges », c'est-à-dire socialistes ou communistes) refuse certains modes d'action comme la grève et l'affrontement contre le patronat. Ce terme vient du mouvement créé par Pierre Biétry le 1er avril 1902, la « Fédération nationale des Jaunes de France ». Pour les grévistes, les jaunes étaient les non-grévistes. Ce qualificatif s'est généralisé et a pris un sens péjoratif, désignant les « traîtres ».

 

La suite ICI

 

Michel Pastoureau, grand spécialiste des couleurs présente le tableau suivant de la signification de la couleur jaune dans la culture occidentale.

 

  1. Couleur de la lumière et de la chaleur :

 

  • La plus lumineuse des couleurs ; on peint de jaune ce qui doit bien se voir les balles de tennis ;

 

  • Les enfants sur leurs dessins font toujours la lumière de couleur jaune : portes ou fenêtres éclairées.

 

  • Couleur du soleil, des vacances…

 

  1. Couleur de la prospérité et de la richesse :

 

  • Autrefois les épis de blé symbole de la richesse ;

 

  • L’or, les trésors, les pièces de monnaie ;

 

  • Couleur des riches et des puissants : couleur de l’empereur de Chine ;

 

  • Maillot jaune du premier du Tour de France.

 

  1. Couleur de la joie et de l’énergie

 

  • Goût des enfants pour la couleur jaune ;

 

  • Médicaments toniques de couleur jaune ou orangé.

 

  1. Couleur de la maladie ou de la folie :

 

  • Couleur de la bile, du mal au cœur, de l’acidité : jaune-vert ;

 

  • Couleur du soufre : mauvaise réputation (sic)

 

  • Couleur de la folie associée au vert depuis le XIIIe siècle ;

 

  • Couleur de l’extravagance et du déguisement.

 

  1. Couleur du mensonge et de la trahison :

 

  • Couleur de Judas et de la Synagogue Moyen Âge ;

 

  • Couleur imposé aux Juifs étoile jaune et aux exclus et aux réprouvés ;

 

  • Couleur des traîtres, des chevaliers félons, des faux-monnayeurs : on peint leur maison en jaune au XIVe siècle.

 

  1. Couleur du déclin, de la mélancolie, de l’automne :

 

  • Tout ce qui est «jauni »

 

Le jaune c’est aussi dans le plus grand désordre :

 

-           La couleur  du Ricard : le petit jaune

 

-           La couleur du maillot des Canaris du FC Nantes…

 

-           La couleur du bouton d’or

 

-           La couleur de l’or

 

-           La couleur du tournesol de Van Gogh

 

-           La couleur du citron

 

-           La couleur du beurre

 

-           La couleur du curry

 

-           La couleur de Renault et de la Poste

 

-           La poubelle jaune

 

-           Le jaune d’œuf

 

-           2 maladies : la jaunisse et la fièvre jaune

 

-           La couleur des ajoncs, des jonquilles et du mimosa

 

-           La couleur des bananes mures.

 

-           L’ocre jaune

 

-           La Chartreuse jaune

 

-           La marque jaune de Blake et Mortimer

 

-           La croisière jaune

 

-           Le carton du même nom

 

-           La couleur du sous-marin des Beatles : Yellow Submarine

 

Et puis c’est aussi un drôle de vin qui est élevé sous un voile dans le Jura : le vin jaune.

 

Et, comme de bien entendu, le sieur Olif natif de Pontarlier, s’est fendu d’un opus sur ce fameux vin jaune.

 

Comme je suis un ramier et que ma bourse contribue grandement au maintien de nos libraires dans nos quartiers je pourrais me contenter de vous renvoyer  au sieur Jacky Durand qui a déjà encensé l’œuvre le 26 octobre de cette année.

 

VIN JAUNE : IL JOUE DU CLAVELIN DEBOUT

 

 

« Gros plan sur le fleuron du vignoble jurassien et sa bouteille singulière à l'occasion de la sortie d'un opuscule signé par un «terroiriste hédoniste naturiste jurassique».

 

C’est un morceau de bravoure : « Résumé des épisodes précédents : on aime le vin jaune, que dis-je, on en raffole, on en est raide dingue, marteau, épris, on l’a dans la peau. Alors pour un flirt avec lui, on s’est offert le nouveau livret couleur d’or que viennent de lui consacrer les éditions de l’Epure (1). Et en découpant les pages avec notre Opinel, on est vert de jalousie contre son auteur Olivier Grosjean, le créateur-ciseleur de ce bijou dédié au pinuche qu’est leblogdolif (2). C’est vrai quoi, voilà un gonze élevé au vin d’Arbois et à la cancoillote qui soigne autant les corps que les âmes puisqu’il est tout à la fois médecin et «terroiriste hédoniste naturiste jurassique»

 

Je pourrais en rester là mais comme je suis un bon garçon sous mes grands airs et que je n’y connais rien je me  suis pointé sur mon fidèle destrier au 25, rue de la Sablière pour acquérir l’opus jaune.

 

La Sablière, il ne fait pourtant pas un temps de légionnaire qui aime tant le sable chaud. Je fais mes emplettes.

 

Première remarque le jaune d’or de l’opus me rappelle une belle amie qui parsemait ses pommettes, et parfois sa gorge, de paillettes d’or. Ça me ravi !

 

- Savagnin ?

 

- Non ça va pas !

 

Désolé mais je suis en pleine période de fausses citations.

 

Revenons à la raison :

 

  • Durée de la gestation sous voile en fût sans ouillage a minima 6 ans 3 mois. Bien mieux que l’éléphant.

 

  • Le clavelin 62 cl (mon correcteur affiche clavecin)

 

  • L’éthanal et le sotolon : consulter le vieux blog d’Olif.

 

  • 1 seule AOP jurassienne exclusivement dédié au divin jaune (ne pas confondre avec le petit jaune) mais il peut être produit sur l’ensemble de l’aire Jura.

 

Grande question qui me dépasse : vin populaire ou vin d’initié ?  

 

En revanche pour les compagnons de route du grand blond sans chaussure noire le camarade Olivier balance entre le chic : morilles, foie gras, homard et le populaire : comté, grenouilles rousses, cancoillotte avec un zeste d’exotisme thaï.

 

Mais, ce cher vieux blogueur qu’est Olif connaît mon goût immodéré pour une forme de snobisme parisien et il termine son opus sur le vin jaune avec rien.

 

Moi ça me va bien mais cher Jurassien pourquoi restreindre le champ d’application de la buvaison du vin jaune en terrasse « au bord d’un lac jurassien » ?

 

Ma terrasse au  9e étage sent-elle le gaz ?

 

Les hauts de Ménilmontant au Lapin Blanc sont-ils zone interdite ?

 

Ok Olivier je suis raccord : buvons le vin jaune seul mais pas tout seul !

 

Avec Houellebecq je suis partisan de l’extension du domaine du vin jaune !

 

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16 novembre 2016 3 16 /11 /novembre /2016 06:00
L’arrivée du  beaujolais nouveau le troisième jeudi de novembre est-il encore une fête populaire ?

La réponse est non, parole de vieux con !

 

Je vais vous épargner d’égrener les souvenirs des grands anciens : Fallet, Carmet, Brassens and Co…

L’arrivée du  beaujolais nouveau le troisième jeudi de novembre est-il encore une fête populaire ?

Regretter tout de même un chouïa les grosses fiestas dans les cafés enfumés avec petit tonneau et parigots. Nous refaisions le monde et on ne peut pas dire que ce soit une grande réussite.

 

Je pourrais vanner la GD qui, après l’avoir surexploité, bousillé, le vend aujourd’hui presqu’avec des pincettes.

 

Me lamenter  de ne plus pouvoir charrier Borloo car il est retiré des autos ?

L’arrivée du  beaujolais nouveau le troisième jeudi de novembre est-il encore une fête populaire ?

Pleurer la disparition des dégustations du sieur Dupont dans les anciens locaux de la rédaction du Point, à Montparnasse…

 

M’exhiber nu comme en 2012. Oui, oui, vous pouvez aller voir ICI  

 

Acheter quelques arpents de vigne en Beaujolais pour me lancer dans le naturisme pour faire de la concurrence aux Perraud et à Lilian Bauchet avant de fomenter la Révolution chère à Nossiter.

 

Non, je vais me contenter de pondre une chronique de vieux con qui aimerait faire à nouveau la fête.

 

Résumons la situation :

 

Ivre de son succès international le Nouveau Bojolo s’est cassé durement la gueule et la fête populaire avec lui. Nous ne buvions pas que du bon mais c’était joyeux, bon enfant, sans façon.

 

Je ne dis pas que c’est complètement cuit, il y a encore quelques îlots de résistance dans certains bars à vins ou chez certains cavistes, et bien sûr au chemin des Vignes à Issy-les-Moulineaux chez le camarade résistant Yves Legrand, mais ailleurs ça sent la tribu, le cercle d’initiés, place aux dégustateurs qui, pour une fois, ne nous feront pas chier à nous demander, avec l’air supérieur : « tu reconnais le cépage ?» puisque le Bojolo c’est que du Gamay.

 

Y’a maintenant une forme de course à l’échalote : faut se taper un max de dégustations dans le tout Paris du wine qui compte, pour pouvoir briller en société. « T’as pas dégusté le sitôt bu sitôt pissé de Bérurier c’est du super glou… une tuerie… je te dis pas… t’es vraiment à la ramasse avec ton Bojolo Lisse moi les roustons des frères Couston… Et ne me dis pas que le gaz part de Yamatochi Yamamoto ramassé en tongs est à tomber, je le trouve surfait, trop glouton...»

 

Ça me gonfle un peu vu que, même bien fait, naturliche, le Bojolo Nouvo reste tout de même un vin fait vite fait bien fait sur le gaz pour désoiffer les gosiers pas pour faire une Master Class animé par Butane&Degaz ou consorts.

 

Faut se lâcher camarades !

 

Enlevez les cale-pieds !

 

Desserrez les freins !

 

Buvez !

 

Murgez-vous gentiment entre camarades car, par les temps qui courent, si maussades, si déprimants, ça ne peut que vous faire du bien au cœur et à l’âme.

 

Je ne vous demande même pas de chanter mais seulement de vous laisser-aller à faire la fête.

 

Ne me prenez pas pour un rabat-joie que je ne suis pas, je ne demande qu’à être contredit en ce mercredi.

 

Soyez sans crainte, j’irai sur le terrain, comme disent les politiques qui n’y mettent jamais les pieds, sauf le temps d’une élection dans des visites guidées, voir ce mercredi de Bojolo Nouvo est un jour de fête.

 

 

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15 novembre 2016 2 15 /11 /novembre /2016 06:00
Magnifique andouillette à la fraise de veau ! – à Le Baratin. par Didier Feuillet
Magnifique andouillette à la fraise de veau ! – à Le Baratin. par Didier Feuillet

Magnifique andouillette à la fraise de veau ! – à Le Baratin. par Didier Feuillet

Rassurez-vous je ne vais pas vous entraîner dans les arrière-cuisines politiques dans lesquelles les fumets ne sont pas toujours très ragoûtants, ça sent l’huile de friture en ce moment…

 

Ma citation est liée à mon récent passage dans la ville de Lyon pour le congrès annuel  des naturistes. Édouard Herriot, grande figure du Parti Radical et de la IIIe République, en fut le maire de 1905 à 1940, puis de 1945 à sa mort, en 1957. 

 

Dans son Bloc-notes, François Mauriac a tracé de ce politicien lettré le portrait suivant : « En vérité, Édouard Herriot était un gros homme charmant. Son charme naissait de ce contraste entre la culture, tous les dons d’une intelligence royale et la ruse, disons la finesse, politicienne ».

 

Et puis mardi matin j’ai reçu en message privé, à propos de ma chronique sur le petit livre « célébration de la pomme de terre » un commentaire fort sympathique qui évoquait les éditions Robert Morel. Mes neurones se reconnectaient et je me souvenais qu’au temps où je chinais j’avais acquis plusieurs opus de cet éditeur dont « célébration de l’andouille ».

 

Dans mon foutoir je retrouvai l’ouvrage que je feuilletais pour en arriver à « comment démêler la question de l’Andouille et de l’andouillette. »

 

Je cite :

 

« À Lyon, où l’on ne parle jamais d’andouille mais seulement d’andouillette, l’on m’a assuré que ce problème se réduisait à une histoire de mots. Au pays  de la bonne chère et de la bonne société, si fidèlement dépeinte par Jean Dufour, où l’on ne se prive de rien en sauvegardant les apparences, la chose n’aurait rien que de plausible. « Puisque le mot d’andouille fait penser à des sots, nous réservons celui d’andouillette pour désigner la chose succulente dont il n’est pas question de se priver, m’écrit une Lyonnaise qui a de l’esprit à revendre, et le tour est joué. Il ne viendrait à aucun de mes compatriotes l’idée de déprécier quelqu’un en le traitant d’andouillette : le terme ne suggère que le souvenir  d’un délice. »

 

Le Littré la définit « Petite andouille faite avec de la chair de veau. »

 

La Grande Encyclopédie de Diderot … devient soudain lyrique quand elle aborde l’andouillette « Connue de toute l’antiquité, chez les Hébreux et les Musulmans, la robe de l’andouillette est prise dans les intestins d’un bœuf sain et sans tare. De nos jours, elle est fort appréciée et figure honorablement dans un menu de déjeuner. Les andouillettes de France sont les plus recherchées. Les plus renommées : Cambrai, Nancy, Troyes. Chaque fabricant a son secret. »

 

« L’andouille est de vile qualité mais l’andouillette reçoit des Encyclopédistes ses quartiers de noblesse ! Ils affirment sans vergogne que les andouilles de veau sont plus délicates que celle de porc, qu’elles soient faites de fraise de veau cuite et fourrée dans le boyau de cochon, ou de la même fraise fourrée dans un boyau de mouton. »

 

Mais revenons à Lyon où François Mailhes dans la Tribune de Lyon le 02 septembre 2015 écrivait :

 

 « En matière d’andouillette, il y a autant d’écoles et de points de vue définitifs que de chauvinismes de clocher. Mais les vrais Lyonnais, ceux qui ont des soyeux et des patrons de bouchons dans leur arbre généalogique, savent bien que la meilleure andouillette, entre toutes, c’est la lyonnaise. Pourquoi ? Parce qu’elle est à base de veau et non de cochon, ce qui est loin d’être une nuance.

 

DU FAIT MAIN Depuis lundi 24 août, une date historique de la gastronomie locale, le charcutier star de l’andouillette lyonnaise Bobosse a jailli comme un ressort en réutilisant le veau et en reconstituant une filière qui rouillait dans les abattoirs. Le premier à immédiatement l’intégrer dans son menu est le bouchon Le Café des Fédérations. Nous avons donc pu la dévorer après 15 ans d’abstinence. Le constat est net : l’andouillette à la fraise de veau est à la fois d’une saveur beaucoup plus délicate et d’une texture beaucoup plus fondante que la cochonne. Bobosse la fait mariner pendant trois jours dans de la moutarde et du beaujolais, ce qui apporte du caractère et de la douceur en bouche. Attention, elle n’est pas hachée comme les succédanés que l’on vous vend sous blister pour barbecue. Les morceaux de fraise – une partie de l’intestin particulièrement chiffonnée – sont introduits à la main (autrefois à la ficelle). »

 

Lire le tout ICI 

 

La consommation de vin à Lyon : 18 janvier 1964

 

Ce sujet est une enquête sur la consommation de vin à Lyon. Bernard FRANGIN interviewe le Docteur GENETI (?), médecin sportif, sur la consommation de vin et la santé. Selon lui, pour un quidam, 3/4 de litre de vin par jour est une quantité raisonnable. Le régime des sportifs de haut niveau est plus strict, un verre par repas. Pendant les compétitions sportives internationales, il ne leur interdit pas la consommation de vin, bien au contraire. Le Docteur GENETI (?) précise que les sportifs français sélectionnés aux Jeux Olympiques de Londres avaient manqués de vin ce qui avait créé des incidents psychologiques. Donc ceux qui seront sélectionnés aux Jeux Olympiques de Tokyo emmèneront du vin. Dans des débits de boissons, il interviewe deux cafetiers sur les vins préférés des Lyonnais, Beaujolais en tête, et leur consommation. Images d'archive INA

Institut National de l'Audiovisuel

 

- Le journaliste : Docteur Généti êtes-vous pour ou contre le vin ?

 

- Le Docteur Généti : Je suis pour le vin mais on ne doit jamais de toute façon dépasser 3/4 de litre par jour. On peut dire aussi qu'une notion qualitative du vin intervient et les vins frelatés et un peu tourmentés par les uns et par les autres seront des vins plus nocifs.

 

- Le Journaliste : D'autre part vous êtes médecin sportif donc vous devez avoir pour les sportifs des normes encore plus sévères ?

 

- Le Docteur Généti : Les sportifs peuvent boire du vin même en période de grande compétition et même s'ils ont la classe internationale mais du vin en quantité très restreinte pendant les repas seulement. D'ailleurs aux JO de Londres les français avaient manqué de vin et cet incident avait joué sur leur état d'esprit pendant un certain temps.

 

- Le Journaliste : Ça n'avait pas amené des contre-performances tout de même ?

 

- Le Docteur Généti : Non pas de contre-performances tout de même mais des incidents psychologiques. A Tokyo les français emmènent leur vin.

 

 

Faisait suite à cette interview une «Enquête sur la consommation de vin à Lyon.»

 

- Le journaliste s'adressant à un spécialiste du vin : Avez-vous l'impression qu'on boit moins de vin dans la région ?

 

- Le spécialiste : Ha, j'ai l'impression oui, très nette même, très nette, très nette ; d'abord les bonnes maisons de vin sont de plus en plus rares, que les anciens bistrots où on était vraiment recommandé pour le vin ont disparu, et puis d'un autre côté la jeunesse n'en boit pas.

 

- Le patron du bistrot : Il se boit quand même moins de vin que d'habitude. Chez nous nous vendons du vin c'est des vins d'AOC, du Beaujolais, des Mâconnais et des Côtes-du-rhône.

 

- Le journaliste : Quel est le vin qui a la prédilection de vos clients ?

 

- Le patron : C'est le Beaujolais. A Lyon les clients ce sont des connaisseurs, d'abord parce qu'ils habitent prêt du Beaujolais et ils ont l'occasion d'aller souvent le dimanche en voiture s'y promener. C'est une région très agréable.

 

- Le journaliste s'adressant à nouveau au spécialiste : Les amateurs alors penchent pour quel vin ?

 

- Le spécialiste : Ah be en principe les amateurs aiment le Beaujolais, le Mâconnais et tout ça...

 

- Le journaliste : Vous avez l'impression que vos clients sont des connaisseurs ?

 

- le spécialiste : Ah oui oui ! Les miens oui, la preuve vous n'avez qu'à les regarder voyez la bougie qu'ils ont (rires) ah ils ne viennent pas ici pour les 1/4 Vittel eux !

« La politique, c’est comme l’andouillette, il faut que ça sente la merde mais pas trop » Édouard Herriot à Lyon les buveurs de vin ont la bougie…
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13 novembre 2016 7 13 /11 /novembre /2016 06:00
Le Stade de France s'est tu. Ce vendredi 11 novembre, près d'un an jour pour jour après les attentats qui ont notamment visé le Stade de France le 13 novembre 2015, une minute de silence a été observée avant le match France-Suède

Le Stade de France s'est tu. Ce vendredi 11 novembre, près d'un an jour pour jour après les attentats qui ont notamment visé le Stade de France le 13 novembre 2015, une minute de silence a été observée avant le match France-Suède

De mon enfance je garde le souvenir de chacun de ces noms égrenés par le maire chaque 11 novembre où nous répondions « morts pour la France »

 

Nous étions figés face au monument aux morts qui se dressait à l’entrée du cimetière et je ne pouvais m’empêcher de penser que ces braves petits gars de chez nous enrôlés sous notre drapeau avaient peut-être donné leur vie pour des ambitions qui n’étaient pas les leurs. Qu’ils n’avaient été que de la chair à canon.

 

Le grand pacifiste Anatole France écrivait « On croit mourir pour la patrie, on meurt pour les industriels. » 

Novembre et nos morts: 11 et 13 novembre je m’en remets à Léonard Cohen pour les nommer…

De ces jours j’ai gardé une grande prévention pour les commémorations officielles.

 

Se souvenir : oui !

 

Se souvenir que nous sommes des enfants de la paix pour ne pas oublier les ressorts des ambitions des hommes, des démagogues, pour être sourd à ceux qui exploitent nos peurs, pour retisser les liens de notre vivre ensemble.

 

Ne jamais oublier mais ne pas céder aux discours officiels récupérateurs.

 

Ceux du 13 novembre étaient aussi de braves petits gars et petites filles de chez nous et d’ailleurs, de toutes les couleurs.

 

Mais eux  aussi pour qui, pour quoi sont-ils morts ?

 

Innocentes victimes dit-on, mais existe-t-il des victimes qui ne le soient pas ? Ils ont été fauchés, non sur un champ de bataille mais dans des lieux de fête, sans défense, au nom d’une cause absurde fille de l’obscurantisme. Aujourd’hui encore je ne comprends toujours pas pourquoi de jeunes hommes en sont arrivés à venir faucher des frères et des sœurs assemblés au nom d’un Dieu dont ils ignorent tout.

 

Comme au lendemain de cette sauvage nuit je suis atterré. Nul proche de moi n’a été touché mais je me sens responsable de toutes ces vies perdues ou meurtries.

 

Face à cet anonymat je n’ai qu’à opposer un silence respectueux, mes mots seraient vains, indécents, alors aujourd’hui, loin des commémorations officielles, j’en appelle à la voix d’un poète disparu, Léonard Cohen, pour évoquer le souvenir de toutes ces vies fauchées ou meurtries : une liste de noms qui résonnent dans le cœur de leurs proches, avive leur douleur, leurs pleurs, le souvenir de leur vie d’avant

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10 novembre 2016 4 10 /11 /novembre /2016 06:00
Aux journalistes français glosant sur la victoire de Trump 1 pensée de Coluche « De tous ceux qui n’ont rien à dire, les plus agréables sont ceux qui se taisent »

Mercredi matin je me suis levé de très bonne heure car avant de me coucher j’avais un mauvais pressentiment : avec le système américain des grands électeurs la marge d’erreur des sondeurs, la zone grise, tout était possible, Trump pouvait gagner.

 

J’ai donc assisté en direct à la victoire de celui que l’on qualifie un peu vite dans notre vieux pays du candidat anti-système.

 

Mais mon propos de ce matin s’adresse à certains journalistes français qui sur Twitter ont passé leur temps à gloser sur « tout ça va se passer de la même manière en pays gaulois. », les sondages se plantent tout le temps, la MLP va faire le même hold-up… j'en passe ... affligeant.

 

Je vous propose de lire le point de vue de Guy Sorman, avec qui je n’ai guère d’affinités, mais qui recadre bien ce qu’est un Président US

 

Guy Sorman - Trump ou la revanche de l'homme blanc

 

Les contre-pouvoirs aux États-Unis sont si contraignants que le pouvoir véritable de Trump sera une magistrature d'influence, estime l'essayiste.

 

« Les États-Unis étant le laboratoire de notre avenir, que nous enseigne le scrutin du 8 novembre ? Deux tendances de fond innovent. Tout d'abord, le partage entre droite et gauche, qui semblait universel, sous des appellations diverses, ne fonctionne plus. Il y a quatre ans, la confrontation entre Barack Obama pour les démocrates et Mitt Romney pour les républicains ressemblait à n'importe quelle élection antérieure aux États-Unis comme chez nous, la gauche américaine était seulement moins révolutionnaire que les gauches françaises et la droite américaine plus « conservatrice ».

 

Cette fois-ci, placer Clinton à gauche et Trump à droite n'explique rien. Les candidats à la présidence se sont situés sur un axe nouveau, qui va de la « société ouverte » (Clinton) à la « société fermée » (Trump). Du côté de la société ouverte, on accepte la diversité culturelle, l'immigration, les échanges internationaux. Pour les partisans de la société fermée avec Donald Trump, les traditions, les intérêts nationaux paraissent assiégés par les migrations, le multiculturalisme et la mondialisation. Que l'électorat de Trump soit plutôt blanc, plutôt masculin, plutôt chrétien décrit le malaise de cette population-là face aux métamorphoses de la société moderne, qu'il s'agisse des mœurs ou de l'économie. »

 

La suite ICI 

 

Et 6 idées reçues sur la victoire de Donald Trump à la présidentielle américaine

 

1. Donald Trump n’est pas élu « triomphalement »

 

La victoire de M. Trump est incontestable : le candidat républicain a déjoué les pronostics et dispose d’une avance confortable en termes de grands électeurs sur sa rivale (il pourrait dépasser le seuil des 300 grands électeurs, là où 270 suffisaient à assurer sa victoire). Un succès comptable qui s’explique notamment par sa victoire dans quatre Etats de poids où il partait en outsider : la Floride (29 grands électeurs), la Pennsylvanie (20), la Caroline du Nord (15) et le Wisconsin (10).

 

Paradoxalement, Mme Clinton ne s’en sort pas si mal en termes de nombre de voix. Elle fait même jeu égal voire mieux que M. Trump au niveau national avec 59,20 millions de votes contre 59,06 millions pour son rival, selon le décompte partiel disponible mercredi 9 novembre dans l’après-midi (le dépouillement est encore en cours dans le Minnesota, le New Hampshire, le Michigan et l’Arizona).

 

3. Il n’y a pas un effondrement de la participation

 

Le taux de participation au scrutin s’est élevé à 54,2 %, selon les chiffres de The United States Elections Project. C’est relativement peu, mais pas tant que ça comparé aux scrutins précédents : depuis 1980, la participation a été supérieure à quatre reprises (le meilleur score a été de 57,1 % en 2008) et inférieures cinq fois (avec un plus bas à 49 % en 1996).

 

Si l’on regarde la carte de la participation, on s’aperçoit également qu’elle a été plutôt au rendez-vous dans les Etats qui ont fait basculer l’élection en faveur de M. Trump : la Floride (64 %), la Pennsylvanie (61,4 %), la Caroline du Nord (63,5 %) et le Wisconsin (68,1 %). On ne peut donc résumer la victoire du milliardaire à une désaffection des électeurs pour les urnes.

 

4. Le candidat républicain n’a pas été élu que par le Midwest

 

Comme on pouvait s’y attendre, M. Trump a triomphé dans la majorité des Etats du Midwest comme l’Ohio, le Kansas, le Missouri ou le Nebraska, de même que dans le sud du pays (Texas, Louisiane, Arkansas…).

 

Mais il est aussi majoritaire en Floride, où la communauté hispanique représente un quart de la population, et dans des Etats de l’Est comme la Caroline du Nord ou la Pennsylvanie. Il n’y a finalement guère que la Côte ouest, de l’Etat de Washington à la Californie, ainsi que le nord-est, de la Virginie au Maine, qui lui ont résisté.

 

5. Donald Trump n’est pas élu que par les hommes blancs ouvriers

 

S’il faut toujours les prendre avec précaution, les premiers sondages réalisés à la sortie des urnes montrent un électorat bien moins homogène qu’on peut parfois l’entendre. Le New York Times a recours, comme d’autres médias, à l’institut Edison Research for National Election Pool, qui utilise un questionnaire envoyé à 24 537 personnes, donc un échantillon plutôt fiable.

 

Cette enquête montre bien que M. Trump a eu les faveurs des hommes blancs de plus de 45 ans, nettement plus que son adversaire. Néanmoins, selon cette enquête :

 

Certes l’électorat de Trump est majoritairement composé d’hommes (53 %), mais il est également composé à 42 % de femmes (les autres sondés ne se prononçant pas sur cette question). De même, si 58 % des « blancs » votent pour lui, contre seulement 8 % des Noirs, il obtient les suffrages de 29 % de Latinos, et 37 % d’« autres ethnies ».

 

Sur l’éducation également, si on constate que 51 % des non diplômés ont voté Trump (contre 45 % pour Hillary Clinton), c’est aussi le cas de 45 % des diplômés du supérieur (contre 49 % pour Mme Clinton).

 

Les revenus montrent également un vote moins tranché qu’on peut l’entendre ou le lire : les plus modestes (moins de 30 000 dollars par an) ont voté démocrate (53 % contre 41 %), et les plus riches (plus de 250 000 dollars annuels), républicain (48 % contre 46 %). Mais c’est finalement la « classe moyenne » (de 30 000 à 49 999 dollars par an) qui vote le plus Trump (50 % contre 46 %).

 

Le tout ICI 

 

De retour à la France et à ses échéances électorales :

 

  • Les Primaires de la Droite et du Centre : rien n’est joué, les sondages peuvent se planter eu égard à ce que c’est une première pour un électorat aux contours mouvants, mais extrapoler l’effet Trump c’est aller vite en besogne, d’autant plus que c’est un scrutin à 2 tours.

 

  • L’élection présidentielle elle-même : il serait urgent d’attendre d’avoir la donne avant de se livrer à des scénario improbables.

 

Bonne journée à tous…

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