Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 00:06
L’hommage posthume nouveau marqueur égotique de certains accrocs des réseaux sociaux…

Même avec la mort c’était mieux avant, je veux dire par là que selon les accrocs des réseaux les gens connus, les stars, les chanteurs, passaient moins l’arme à gauche qu’avant…

 

Plaisanterie mise-à-part, dès qu’une mort est annoncée, parfois faussement, c’est la ruée, non pas vers l’Ouest mais sur la citation qui vous pose un homme.

 

C’est simple comme Wikipédia ou Google : tu tapes citations de… et tu peux, comme la confiture, étaler ta science aux yeux de tes amis.

 

Les journalistes officiels sur Twitter sacrifient à la vitesse de la lumière à ce petit jeu. Grand bien leur fasse ce n’est pas ainsi qu’ils regagneront de la crédibilité tout comme la volaille politique qui, souvent par le truchement de community-manager plus ou moins inculte, fait de même.

 

Laissons-là ces « beaux cas », comme disait le vétérinaire de mon grand-père lorsqu’une vache vêlait en siège, pour redescendre au niveau du vulgum pecus.

 

Là, lors du décès de Michel Déon, un blogueur s’est surpassé en torchant vite fait bien fait une chronique sur le gaz Mort d'un immortel consistant à affirmer dans un maigre paragraphe que « Comme certains savent jouer au piano, d'autres jongler avec les chiffres, d'autres encore découper la viande, Michel Déon avait un métier, mais un métier qui ne s'apprend pas: écrire. Très vite, comme un hommage à cet immortel (bien au-delà de la Coupole) de la Littérature, j'ai attrapé sur le web un texte extrait d'un des romans qui lui survivront, Les gens de la nuit.

 

Lisons. »

 

C’est beau comme une bavette bien découpée.

 

Et toc un copié-collé et c’est emballé…

 

Michel Déon ne fait pas partie de ma bibliothèque pour des raisons qui sont miennes et qui, en l’occurrence, n’ont rien à voir avec les raisons qui ont poussé l’auteur de ces lignes à les publier.

 

Au temps où il vantait les mains calleuses de vignerons d’un village trou-du-cul du monde, avant de les vouer aux gémonies car en fait elles votaient Font National, j’ai écrit « lui se vivait comme un « hussard » à la Roger Nimier.

 

Ça lui avait plu car c’est ainsi qu’il se reconnaissait dans cette droite réactionnaire…

 

Alors cette chronique torchée n’est que le miroir qui reflète l’image qu’il veut donner de lui-même : un pourfendeur des bonnes consciences, un solitaire « talentueux » et mal aimé.

 

C’est beau comme l’antique.

 

Les Hussards désignent un courant littéraire français qui, dans les années 1950 et 60, s'opposa aux existentialistes et à la figure de l'intellectuel engagé qu'incarnait Jean-Paul Sartre. Le roman de Roger Nimier Le Hussard bleu a donné son nom au mouvement.

 

Michel Déon : un Hussard et un mousquetaire par Jean des Cars Le Figaro.  ICI 

 

« On sait qu'il avait rejoint le mouvement littéraire dit des Hussards, galopant aux côtés de Roger Nimier et d'Antoine Blondin et autres talentueux pourfendeurs des bonnes consciences «intellectuelles» et de l'esprit de gauche qu'on respirait alors du côté de Saint-Germain-des-Prés. Anarchiste de droite, Michel Déon n'était pas réellement ni seulement un nostalgique. Il était, comme les Hussards, différent d'auteurs ayant droit aux honneurs. Et pourtant, comblé de grands prix, dont celui du roman de l'Académie française pour le fameux «Taxi mauve» en 1973, il n'arrêtait pas d'écrire en voyageant et de voyager en écrivant, suivi par un public de plus en plus vaste. Il rejoignait Paul Morand quand il m'expliqua, d'une manière lumineuse, comment Londres est une ville exotique. Il savait voir, raconter, décrire la nature, les sentiments. Beaucoup de ses admirateurs et lecteurs furent surpris qu'il se présente à l' Académie française. N'était-ce pas une concession au conformisme qu'il avait combattu et qu'il avait fui? Il fut élu au fauteuil de Jean Rostand. Michel Déon passait pour un pessimiste. En réalité, il était lucide et plein d'humour. A Spetsai, alors que nous buvions un inévitable ouzo sur le port, voyant des pêcheurs qui, dangereusement, étaient tous sur le même côté d'une barque vacillante, il me dit: «Vous voyez, contrairement à ce qu'on croit, les Grecs ne sont pas un peuple de marins!».

 

L'illustration titre est tirée de Causeur feuille de chou de la droite dites décomplexée, il s'agit de Roger Nimier amateur de grosses cylindrées

On aurait tort d’avoir tort avec Sartre

Pour le cinquantenaire de la mort de Nimier, plusieurs livres font revivre « l’esprit hussard »

 

Le 28 septembre 1962, Roger Nimier meurt dans un accident de voiture, avec la blonde romancière Sunsiaré de Larcône, alors qu’ils se rendaient dans la maison de campagne des Gallimard. En plus de la photo de son cadavre dans Paris Match, Nimier aura droit à quelques nécrologies fielleuses : il a eu ce qu’il méritait. Pour certains, les « hussards » ne sont qu’une invention de Bernard Frank qui, dans Les Temps modernes, a sonné la charge contre une poignée d’écrivains : Roger Nimier, Jacques Laurent et Antoine Blondin − Michel Déon venant s’ajouter plus tard à la fine équipe. Leurs torts sont multiples : ils aiment la vitesse, l’alcool et les jeunes filles. Ils n’écrivent que pour divertir. Ils ont un certain succès. Ils sont de droite. Si Frank se moque, en dilettante, de cet art de vivre qui est pourtant le sien, Sartre, lui, a des comptes à régler. Jacques Laurent l’épingle dans Paul et Jean-Paul, un pamphlet qui fait mouche et qui fait rire, car assimiler le penseur révolutionnaire à Paul Bourget, incarnation XIXe de la bien-pensance bourgeoise, il fallait oser !

 

 

 
En 2017, je m’autocélèbre sur Twitter

 

Grâce au retweet, les orgueilleux peuvent s’exprimer en toute liberté, via leurs admirateurs. Une pratique courante pour assurer sa communication.

 

LE MONDE |  • Mis à jour le  | Par 

 

Le message est apparu sur le fil Twitter du prochain président des Etats-Unis, après sa victoire : « Félicitations à Donald Trump élu par le collège des grands électeurs ». Non content d’avoir remporté l’élection présidentielle, Donald Trump a besoin de retweeter l’hommage de son numéro deux, Mike Pence. Il fut longtemps d’usage de répondre à un compliment par un excès de modestie invraisemblable (« C’est rien, j’ai juste eu de la chance »), voire par un simple merci. Les réseaux sociaux permettent de crier à tous ceux qui nous entourent : « Vous avez entendu ce qu’on vient de me dire ? » Le retweet a mis l’autocélébration à portée de tous les ego.

 

Voilà des gens habitués au succès se comportant sur les réseaux sociaux comme des blogueuses de mode étourdies par le succès. C’est Marc Levy qui retweete l’avis d’un lecteur inconnu sur son dix-septième roman : « Je viens de finir L’Horizon à l’envers, magnifique. » « Brillantissime Raphaël Enthoven ce matin », retweete le professeur de philosophie, animateur sur Europe 1, en toute simplicité. « Nagui et Michel Cymes animateurs préférés des Français », retweete Nagui. « Criant de profondeur ce poème de Frédéric Lefebvre », recrie Frédéric Lefebvre, député (LR) des Français de l’étranger, ancien ministre de Nicolas Sarkozy« Votre livre, Joan Sfarr, est bouleversant. Merci. », retweete Joan Sfarr, bouleversé. Le compliment retweeté, c’est le selfie de l’écrivain.

 

La suite ICI


 
 

 

Partager cet article
Repost0
6 janvier 2017 5 06 /01 /janvier /2017 06:00
Les pépites Clos Rougeard/ Bonneau du Martray et les scories des vins AOC : le début de la fin de l’illusion de l’exploitation familiale…

De tous les coins de l’hexagone, qui sait encore combien il y en a, montent des cris d’horreur, la peur s’emparent des chroniqueurs, pensez-donc deux pépites de nos belles AOC blindées de typicité le Clos Rougeard 11 ha à Saumur et Bonneau du Martray 11 ha en Bourgogne, vont quitter les braves mains de l’exploitation familiale(les frères Foucault et la famille Le Bault de La Morinière depuis 200 ans) pour tomber dans l’escarcelle, comme l’aurait dit feu Georges Marchais, entre les mains du grand capital : Martin Bouygues béton&téléphon pour le premier, et Stanley Kroenke, riche homme d'affaires américain qui a construit une partie de sa fortune dans l'agriculture et qui possède des participations dans plusieurs équipes de la NBA, principal actionnaire du club de football d'Arsenal au Royaume-Uni. « Il possède surtout, en Californie, l'un des plus grands vins de la Napa, Screaming Eagle, dont chaque millésime est délivré au compte-gouttes à des clients priés de réserver leur allocation des mois à l'avance. Il possède également en Californie les domaines Jonata et The Hilt. »

 

Pourquoi ?

 

À priori pour régler ou anticiper des problèmes de succession… je ne connais pas le fond des deux transactions sauf que dans le cas de Bonneau du Martray il s’agit d’une prise de participation majoritaire dans le capital et pour Clos Rougeard d’une vente de propriété pure et simple.

 

J’entends à nouveau monter les lamentations et surtout la fureur des chroniqueurs : tout ça c’est la faute au grand prédateur fiscal qu’est l’État français.

 

Je suis tout prêt à en convenir, les droits de succession obligent souvent les familles à vendre pour satisfaire le financement des parts des héritiers non exploitants.

 

Cependant, je me permets de faire remarquer que les choses ne sont pas aussi simples :

 

  • Dans une vente il y a bien sûr deux parties, ce qui a pour conséquence que le ou les vendeurs cherchent à valoriser au mieux leur bien et qu’ils se tournent vers ceux qui peuvent satisfaire leurs exigences. Les bons sentiments et le reste n’ont guère de prise sur cette dure réalité.

 

  • Et là, en fonction de la notoriété commerciale du cru, intervient la valeur foncière, gros mot par excellence mais qui, si je puis l’écrire, n’est qu’un plancher, l’acheteur, et dans les 2 cas c’est le cas, est prêt à aller bien au-delà pour emporter l’affaire.

 

  • Alors, le transfert ne se fera plus de famille à famille, il y a belle lurette que c’est le cas à Bordeaux, mais en direction de mains capitalistiques pour qui, rapporté à leurs moyens financiers, cet achat représente l’épaisseur du trait.

 

  • N’oublions pas, qu’à St Emilion, le classement à la mode d’Hubert avait pour objectif principal de booster la valeur du foncier des propriétés du haut du panier. Là, c’est un peu le pompier pyromane…

 

  • Rappelons aussi comment Bernard Arnault a exfiltré Mr de Lurs Saluces d’Yquem avec la complicité des nombreux ayants-droits et plus modestement comment François Des Ligneris dû baisser pavillon face aux exigences de ses sœurs.

 

  • Y’ a aussi les SAFER, mais que peuvent-elles ou que veulent-elles vraiment ? Aux professionnels qui les dirigent de nous le dire.

 

  • Quantitativement ces quelques hectares ou ouvrées ne vont pas changer la face du monde du vin en France et il faut savoir raison garder. Les acquéreurs ne vont pas tuer la poule aux oeufs d'or.

 

Mais, même si tout ne fout pas le camp, il est tout à fait légitime de se poser la question : Que faire donc face à cette règle d’airain de la concentration entre quelques mains des plus belles pépites, qui prévaut depuis toujours et partout dans le monde des affaires ?

 

À l’époque où j’occupais un fauteuil sous les ors de la République, alors que les prix des terres n’avaient pas encore été saisi par la folie des grandeurs, j’avais demandé à la CNAOC et à son président de l’époque : Mr de Lambert, propriétaire du château de Sales le plus étendu de Pomerol, d’entamer une réflexion sur ce sujet.

 

Des solutions pour éviter de vendre la propriété en cas de succession il en existe dans le droit actuel, je ne vais entrer dans le détail du droit des sociétés (Bonneau du Martray en est une), mais si l’on souhaite innover en matière d’exploitation familiale on se heurte très vite à la réalité de ce qu’elle est, car les biens servant à l’exploitation sont des biens personnels.

 

C’est donc la quadrature du cercle, chacun reste sur des positions de principe, car étant donné l’hétérogénéité économique des exploitations familiales, une petite minorité assise sur un tas d’or potentiel, et le reste qui n’a rien à envier aux autres exploitations agricoles, au nom de l’égalité de traitement cher au Conseil Constitutionnel, je ne vois pas de solutions juridiquement applicables.

 

Que faire alors face à un tel blocage ?

 

Sortir de l’illusion, regarder la réalité bien en face, arrêter de se bercer d’illusions, de se raconter de belles histoires, pour aborder ce que sont réellement nos fameuses AOC-IGP, les viticulteurs et les vignerons qui en constituent la pâte humaine, et réfléchir, anticiper, sur la nouvelle donne économique, commerciale et sociale.

 

Les deux ventes évoquées, qui ne touchent qu’une poignée d’hectares survalorisés, ne sont que les symptômes de l’accélération de changements profonds. D’un côté les pépites, de l’autre les scories de nos AOP-IGP bradées à deux balles dans la GD, avec certes entre les deux des vignerons qui s’en sortiront et avec qui il serait urgent d’élaborer un droit adapté à leur situation.

 

Choisir !

 

Ce n’est qu’un vœu de ma part, c’est l’époque, je ne suis plus qu’un observateur engagé, qui a, en son temps subi la loi des yaka et des faukon, l’inertie des dirigeants et des gens de pouvoir, mais qui, au travers de son petit espace de liberté, perçoit des signaux à bas bruit qu’il faudrait cesser de traiter par le mépris.

 

Partager cet article
Repost0
4 janvier 2017 3 04 /01 /janvier /2017 09:00
Appel à François Audouze : cherche absolument 1 flacon d’Alrokan grand vin moelleux, Bordeaux…

C’est une bouteille à la mer, une bouteille de vin ancien, que je jette dans le flot ininterrompu de la Toile, en espérant que, sur le flamboyant paquebot de l’Académie des Vins Anciens, son pacha François Audouze, me déniche un flacon introuvable.

 

Je m’explique :

 

 

  • un lecteur attentif me pose la question à propos des vins accompagnant les mets de ce repas cérémoniel : l’Alrokan c’est quoi ?

 

  • ignorant je me précipite sur la Toile et là c’est la diète, sauf qu’en fouinant je découvre ce texte de François Audouze :

 

Académie des vins anciens

 

mardi, 8 août 2006

 

Jean-Philippe Durand, invité à passer quelques jours dans notre maison du Sud, décide de prendre en mains le dîner de ce soir. Ma femme a dû regarnir la maison d’une tonne de nouveaux matériels sophistiqués pour mixer, mélanger, hacher, concasser. Entre deux séances de tennis, Jean-Philippe prépare ses sauces, hume les évolutions. La cuisine d’été est envahie d’assiettes diverses garnies d’ingrédients qui auront, à l’heure prévue, leur utilité. Mon gendre prépare le barbecue qu’il va faire fonctionner au petit bois, sans autre apport.

 

« Dans les grands dîners, j’aime toujours ajouter des vins inconnus. Plus inconnu que celui-là, je ne vois pas, car imaginez ce nom : Alrokan grand vin moelleux, Bordeaux 1964, Mr Bossetti à La Rochelle. La bouteille est belle, avec une étiquette sobre passe-partout. Le liquide est joliment doré d’un jaune discret. Le nez est calme. La bouche est prudente. Je ne m’attendais évidemment pas à trouver un goût d’Yquem. Mais sur un roquefort artisanal, le vin s’ébroue avec intelligence, et sur une poêlée de mangues au gingembre, le vin devient charmant. Mission accomplie. »

 

Rien d’autre !

 

C’est frustrant, pas de photo, et bien sûr pas de possibilité de trouver un flacon de cet Alrokan qui manifestement n’est plus sur le marché.

 

Après une nuit de réflexion je me suis dit : puisqu’en 1960, vu ton âge : 12 ans, tu n’as pu goûter cet Alrokan, alors si tu veux tremper tes lèvres dans ce nectar il ne te reste plus qu’une seule solution, te tourner vers le sieur Audouze afin qu’il te le déniche.

 

Comme je me doute bien que, chaque matin, Françoise Audouze, avant son petit déjeuner, ne se précipite pas sur son ordinateur pour « déguster » mes chroniques, c’est pour cela que je lance cette chronique sur la Toile.

 

Bien évidemment, si l’une ou l’autre de mes fidèles lecteurs peut me dénicher une bouteille d’Alrokan grand vin moelleux, Bordeaux… je suis preneur.

 

Merci par avance… à tous…

Partager cet article
Repost0
3 janvier 2017 2 03 /01 /janvier /2017 06:00
Le menu de ma Communion solennelle le 5 juin 1960 à la Mothe-Achard

Même si je suis un mécréant, je suis bardé de tous les certificats de l’Église de Rome : le baptême, la petite communion dites privée, la grande communion dite solennelle et j’ai été confirmé par Mgr Cazaux évêque de Luçon, l’ex de Richelieu dit le plus crotté de France.

 

Enfant de chœur, même boss des enfants de chœur : porter la croix, balancer l’encensoir, porter le seau du goupillon, poser la chape sur le dos du curé pendant les Vêpres, baptême, mariage, enterrement, messe du matin, grand-messe du dimanche, chemin de croix du Carême, périple à travers champs pour les Rogations, Fête-Dieu avec pétales de fleurs… J’en passe et des meilleures.

 

La Totale.

 

Pour couronner le tout depuis la Maternelle au Secondaire en passant par le Primaire, je suis un pur produit de l’enseignement catholique : les petites sœurs de Mormaison et les Frères de St Louis Grignon de Montfort.

 

Parcours sans faute qui me permet de crier camembert à l’engeance qui nous gonfle avec sa France aux racines chrétiennes.

 

Et alors, c'est 1 grande part de notre Histoire mais pas que !

 

J’en reviens à mes communions. Pour vous en parler rien de mieux que le journal La Croix. ICI

 

En dépit de mon parcours sous la protection de l’Église j’ai toujours été très désinvolte avec la pratique, surtout avec la confession avec la question rituelle du curé sur le péché de chair « seul ou avec d’autres… »

 

Je vais donc à partir de 2 photos faire quelques commentaires :

Le menu de ma Communion solennelle le 5 juin 1960 à la Mothe-Achard

Sur la première, celle de ma petite communion, prise devant la maison du Bourg-Pailler, je porte un blazer bleu marine sur culottes courtes, œuvre de ma couturière de mère, un nœud papillon tenu par une élastique (très Pax quoi), des gants blancs symbole de ma pureté. À l’avant-bras gauche je porte mon chapelet de communion. Dans ma main droite je tiens une couronne de fleurs naturelles car aux Vêpres nous chantions :

 

Prends ma couronne, je te la donne.

 

Au ciel n'est-ce pas, tu me la rendras (bis)

Le menu de ma Communion solennelle le 5 juin 1960 à la Mothe-Achard

Sur la seconde, celle de ma communion solennelle, prise à l’entrée du jardin, je porte une aube blanche, une croix en bois et je tiens le missel que l’on m’a offert avec mon nom gravé à l’or sur la couverture. Aux pieds ma mère avait poussé le détail jusqu’à m’acheter des chaussures blanches. À ma gauche, Berthe ma mère puis ma marraine Gaby épouse du frère de maman Philbert Gravouil. À ma gauche, la tante Jeanne, sœur de maman et surtout ma cousine Maryse qui m’a beaucoup appris des choses de la vie. Que des femmes !

 

Enfin, le menu :

 

Je vous laisse le découvrir mais vous pourrez constater qu’à la maison on ne lésinait pas sur le nombre de plats et des vins.

Le menu de ma Communion solennelle le 5 juin 1960 à la Mothe-Achard
Partager cet article
Repost0
31 décembre 2016 6 31 /12 /décembre /2016 06:00
Le Comité Interprofessionnel de l’An neuf communique : le millésime 2017 sera comme à l’accoutumé exceptionnel.

Aujourd’hui, 31 décembre, nous allons vivre les dernières heures du millésime 2016 et à midi pile l’enterrer en nous souhaitant une bonne année 2017. Sur Face de Bouc la tendance sera Happy New Year, ça fait plus chic… Les SMS vont enrichir les opérateurs.

 

J’avoue que j’ai toujours eu du mal avec ce moment de l’année, et cette année plus encore.

 

Sans jouer les rabat-joie je n’ai pas vraiment le cœur à faire la fête et banqueter avec confettis et serpentins.

 

Alors je me suis dit mon gars mets-toi dans la peau des gus payés à la ligne pour vanter un millésime de vin qui n’a pas très bonne mine.

 

Ça donne ça :

 

Chanter les louanges du millésime ça fait des années que nous nous échinons, qu’il vente, gèle ou pleuve, à faire de belles phrases qui donnent envie, à aligner des jolis mots qui vous plaisent, à élaborer du prêt-à-porter singeant le cousu-main, à vanter, à enjoliver, à coucher le tout, pour les seniors, sur du beau papier glacé, pour les adeptes de Face de Bouc sur notre Page, liker braves gens, pour Twitter on fait plus court, pour Instagram avec seelfies de nos belles vignes sans un brin d’herbe. Nous garantissons même l’utilisation des fautes d’orthographe, des expressions à la mode, des hashtags et autres émoticônes.

 

Comme nos collègues des autres comités interprofessionnels qui sévissent dans le monde du vin nous sommes, par notre cahier des charges, astreints à l’extraordinaire, à l’exceptionnel, aux superlatifs, en un mot comme en cent, à vous vendre un millésime à nul autre pareil.

 

Alors, de grâce, en ce début d’année, nous vous prions de ne pas nous enguirlander à propos de nos communiqués passés, nous vous implorons de ne pas nous demandez de battre notre coulpe parce que vous qualifiez les millésimes 2015 et 2016 de pourris, et que vous jugez que nous nous sommes trompés, que nous vous avons trompés.

 

Sachez, comme le disait le père Chirac, qui vous balancé une flopée de vœux à la Télé, que les promesses n’engagent que ceux qui les entendent.

 

Comprenez-nous, comme le notait avec pertinence un éminent dégustateur français qui enrage d’être si peu connu : « Certains vins sentent le vinaigre, certains écrits le nègre. »

 

Il va falloir une bonne fois pour toute que vous vous fourriez dans votre petite tête que nous vivons dans le temps des éléments de langage, du toc, du faux, de l’ersatz, des community-manager, du copié-collé, de l’insincérité, du foutage de gueule promu au rang de succédané à la propagande, et pire encore de la propagation de fausses nouvelles.

 

Je reprends la main pour vous dire que les seules balises qui surnagent dans cette médiocrité, qui sont les derniers à dire les choses sans fard, en quelques traits avec peu de mots, ce sont les dessinateurs de presse…

 

J’ai toujours été sensible à la force du dessin de presse mais j’ai découvert la jeune génération suite à l’horreur de Charlie-Hebdo.

 

Alors la fournée de disparus de 2016 qui mêle les deux générations : Gotlib, Chimulus, Hervé Baudry, Mix & Remix… m’a touché au cœur et je me sens orphelin comme je l’avais été à la disparition de Coluche et Desproges.

 

À l’année prochaine…

Le Comité Interprofessionnel de l’An neuf communique : le millésime 2017 sera comme à l’accoutumé exceptionnel.
Le Comité Interprofessionnel de l’An neuf communique : le millésime 2017 sera comme à l’accoutumé exceptionnel.
Le Comité Interprofessionnel de l’An neuf communique : le millésime 2017 sera comme à l’accoutumé exceptionnel.
Partager cet article
Repost0
29 décembre 2016 4 29 /12 /décembre /2016 06:00
Je n’ai pas attendu Jésus pour me poser la question la bouffe est-elle de droite ?

Dès le 1er Juillet 2011 : la gastronomie est-elle de gauche ou de droite ?

 

Dans un livre récent : Dans les cuisines de la République chez Flammarion Pascale Tournier et Stéphane Reynaud écrivent dans leur prologue « La gastronomie, telle est pratiquée par nos sénateurs, députés et ministres, a le verbe haut. Définissons-là comme un ensemble de recettes élaborées, codifiées, mariées à des vins, et à un discours. La gastronomie s’associe à un message tantôt politique, tantôt diplomatique. Aux sonorités parfois identitaires »

 

Notre Président de la République, au Salon de l’Agriculture 2008 a déclaré « Nous avons la meilleure gastronomie du monde ; enfin, de mon point de vue.» Alors faut-il, comme la sémillante Isabelle Giordano sur France Inter, se poser la question la gastronomie est-elle de gauche ou de droite ou y a-t-il des plats de gauche et des plats de droite?

 

Si l’on réduit le champ aux seuls politiques la réponse est bien évidemment, non. Nos deux auteurs le soulignent : « François Hollande embrasse Jacques Chirac qu’il croise dans un restaurant hors de prix situé près de l’Elysée. Olivier Besancenot, Dominique de Villepin et Martine Aubry goûtent aux mêmes raffinements italiens à Saint-Germain-des-Prés. À chacun ses caprices. Nicolas Sarkozy exige ses truffes, en macaronis, en soupe ou en sandwich. Xavier Bertrand se dit prêt à se prostituer pour un cassoulet. ». Nos élus sont du côté de l’élite et non du peuple. En revanche, sans faire de la sociologie bistronomique, il est clair que c’est le montant de l’addition qui constitue le bon indice de clivage et que, d’une manière générale, hormis la gauche dites caviar, les citoyens les plus aisés votent plutôt à droite et ce sont ceux qui constituent la chalandise des restaurants gastronomiques et qui par ailleurs achètent les vins les plus couteux. »

 

La suite ICI 

 

Mais :

 

« Loué soit Jésus en cette période de Noël. Non, on ne vous parle pas ici de celui qui va gigoter dans la crèche. Mais de la revue créée par l’agence de publicité Jésus et Gabriel  délicieusement blasphématoire avec sa couverture glacée où Andréa Ferréol dans la Grande Bouffe torture une grappe de raisins nichons à l’air. Le credo de ce Jésus-là, c’est «la grande aventure de la bouffe».

 

C’est Jacky Durand qui le dit dans Libé.

 

Dans son troisième numéro, Jésus explore de savoureuses questions sur la bouffe, la politique et le messie.

 

Mais au fait, que mangeait Jésus le fils de ?

 

«On ne connaît pas son régime alimentaire», répond Odon Vallet, spécialiste des religions, dans la revue. En revanche, il est affirmatif : «Dans l’Ancien Testament, on fait en gros 900 fois l’amour. Dans le Nouveau Testament, on ne fait jamais l’amour. Mais la bonne chère est omniprésente.»

 

Aussi bizarre que ça puisse paraître je n’ai pas encore réussi à trouver la revue chez les kiosquiers aussi bien à St Germain-des-Prés que dans mon quartier mais j’y arriverai.

 

Avant de feuilleter cette revue « délicieusement blasphématoire » je peux répondre en quelques mots, c’est rare chez moi, à la question posée par Jésus : «La bouffe est-elle de droite ?»

 

Oui, elle l’est par destination lorsqu’on la qualifie de gastronomique…

 

Affaire à suivre !

Partager cet article
Repost0
26 décembre 2016 1 26 /12 /décembre /2016 06:00
Juteux !

Dans le petit monde du vin pullulent des qui se haussent du col, s’agitent sur Face de Bouc, tentent de se la jouer Parker en des dégustations sponsorisées, s’auto-promeuvent, tentent de faire de leur job un truc juteux sans pour autant accéder à la lumière ardemment désirée.

 

Je ne résiste pas à vous citer un spécimen de cette engeance qui gravite dans le petit monde du vin.

 

« Qu'il est complexe, lorsque l'on déguste près de 3000 à 4000 vins par an, de choisir dix noms, dix références qui nous ont particulièrement marqués. Même si les 4000 vins dégustés ne sont pas tous inscrits dans notre mémoire, nombre d'entre eux font désormais partie de notre « base de connaissance », de notre ADN vin à tout jamais.

Extraire, c'est trahir. Qu'il en soit ainsi. »

 

AMEN

 

Comme on n'est jamais mieux servi que par soi-même, sans avoir recours à une mesure indépendante, type OJD, voilà ce qu'écrit notre homme sur Face de Bouc avec un nous de majesté  :

 

Merci pour votre fidélité et votre soutien. Anthocyanes, média digital indépendant français, et toujours sans aucune publicité, a connu une année 2016 dynamique. Transformation du site, explosion du nombre d'abonnés, découvertes, rencontres, dégustations.... Nous sommes heureux et fiers de l'adhésion à notre modèle indépendant. 


Nous espérons 2017 encore plus dynamique, encore plus soutenu, encore plus "vin". Avec et pour vous ! 


Bonnes fêtes à tous !!!


(Je retire "seul" pour ne pas froisser les autres médias indépendants, qui il est vrai, pouvez se sentir mis en exergue. Désolé.

 

L'indépendance se prouve par la transparence de ses ressources, toutes, et non par des déclarations d'intention...

 

Bon prince, je me suis astreint à lire sa prose pour me faire une idée sur le niveau atteint par son extraction.

 

6 des 10 vins choisis sont qualifiés de juteux.

 

Mon pépé Louis qu’avait fait 3 ans de régiment puis 4 années de 14-18, un gros trou dans son CV de paysan de Vendée, ironisait sur les cons de juteux.

 

« Le juteux du ravitaillement, gardien des haines du régiment, pour l'instant le maître du monde. »

 

Louis-Ferdinand Céline, Voyage au bout de la nuit, 1932.

 

« Dès le deuxième litre, il entama les souvenirs du régiment; il passa la revue de tous les camarades de chambrée et de tous les chefs, du colon au dernier des cabots, en passant par le capiston, le yeutenant, le juteux, le doublard et le piédeban; […].»

 

Louis Pergaud, Un renseignement précis, 1921

 

Redevenons sérieux et citons notre expert en jutosité :

 

« Juteux avec de beaux tanins veloutés, le toucher de bouche est plein de fond, de suavité dont l'ensemble est rehaussé par une belle amertume. »

 

« Le grain est juteux, la matière parfaitement équilibrée avec des amers finaux particulièrement adaptés à la gastronomie. »

 

« La fraicheur et la pureté au nez emballent par leur dimension complexe, la bouche est juteuse à souhait, le boisé élégant, le toucher de bouche suave. »

 

« … il produit des vins d'une fraicheur, d'une suavité proche du juteux, que je peine à retrouver sur d'autres vins de l'appellation »

 

« Je vous parle, plutôt, de muscadet suave, juteux, presque crémeux, sans aucune aspérité acide, dans un volume de bouche impensable »

 

« La bouche, quant à elle, impressionne pour son juteux (assez rare sur ce cépage, ndlr l’aligoté) et sa bienveillance. »

 

Fort bien me suis-je dit mais qu’est-ce donc qu’un vin juteux ou, mieux, comment qualifier un vin qui ne l’est pas ?

 

Ça éclairerait ma faible lanterne de buveur de vin.

 

Faute de réponse je suis allé consulter les experts de la langue française :

 

1. Qui a beaucoup de jus.

 

« Monsieur haletait, bavait, comme s'il eût mangé une poire trop grosse et trop juteuse. »

 

Mirbeau, Journal femme chambre, 1900

 

« Il y aura tout à l'heure sous la roseraie une jonchée de surgeons tendres, rouges d'aurore au sommet, verts et juteux à la base. »

 

Colette, Maison de Claudine, 1922

 

− En particulier. Antonyme de sec.

 

« Depuis 1939, l'évolution de la production fruitière française est surtout dominée (...) par le développement de la production des fruits juteux au détriment de celle des fruits secs. »

 

Boulay, Arboriculture et produits. Fruitiers, 1961

 

b) [Correspond à jus]

 

« Les canards étaient supérieurs à nos meilleures espèces d'oiseaux sauvages, − excessivement tendres, juteux, et d'une saveur exquise. »

 

Baudelaire, 1858

 

« Il m'a donné le sens des palombes, cuites à point, flambées, juteuses, et celui de l'ancienne magistrature ; »

 

Jammes, 1922

 

2. Imbibé d'eau. Sol, pré juteux. [

« Les premiers entrés ont marqué leur pas juteux sur le parquet, de la barrière aux patères et des patères aux bancs; bientôt, un chemin de boue s'est dessiné dans le préau »

 

Frapié, Maternelle, 1904.

 

B. − Familier. Qui rapporte beaucoup d'argent. Synonyme : fructueux, lucratif, rentable. Un emploi juteux.

 

Me voilà bien avancé puisque par construction un jus est juteux, reste à le qualifier de sucré, d’acide, d’astringent, d’amer… etc.

 

Voilà c’est dit, moi je veux bien qu’on se paye de mots, même si ce n’est pas forcément très juteux, mais de grâce merci de ne plus aligner des phrases ronflantes avec l’âge du vigneron, le toucher de bouche (moi j’adorais le toucher de balle d’Ilie Nastase), les exhalaisons du terroir, l’esprit du lieu… et bien sûr la jutosité du jus.

 

Ce que j’en dis c’est pour causer mais ça ne donne guère envie de s’abonner à la prose de ce stakhanoviste de la dégustation en mal de notoriété.

 

Partager cet article
Repost0
21 décembre 2016 3 21 /12 /décembre /2016 06:00
J’en ai assez des mariages arrangés, je suis pour l’union libre entre la côte-rôtie et le rôti de veau…

Le dernier mariage arrangé qui m’est passé sous le nez consistait à trouver le bon conjoint aux poissons fumés. Exercice de haute voltige certes un peu moins compliqué que d’apparier une boulette d’Avesnes avec un GCC.

 

À l’approche des réveillons de fin d’année, les grands classiques ressortent des tiroirs : les incontournables comme disent les marieurs : le foie gras, les huîtres, la volaille…  C’est simple, les accordeurs ne prennent guère de risques puisque lorsque le mariage sera consommé ni la séparation de  corps, ni le divorce ne seront à l’ordre du jour.

 

Un chroniqueur notait à propos de cette profession qui fut remplacé par les agences matrimoniales puis par les sites de rencontres sur le Net :

 

« Tout concourt à faire de la marieuse un personnage ambivalent : elle vit de son commerce mais pour ce faire doit prendre grand soin à faire oublier cette dimension mercantile de son activité. De la même façon les rencontres qui se tiennent chez elles sont tendues d’ambiguïté. »

 

Celle-ci, l’ambiguïté, est bien évidemment la marque de fabrique des marieuses et marieurs modernes. Les accordailles permettent de faire de la promotion, parfois désintéressée, pour une appellation, un vigneron, un domaine, un château…

 

Lisez-moi bien, je ne jette point l’opprobre sur ces unions de circonstance, elles ne sont que la marque d’une époque où les conseilleurs, les qui bourdonnent autour, les qui patronnent les foires aux vins de la GD, s’évertuent à démontrer leur utilité.

 

Là encore ne prenez pas mon ironie à la lettre, demander conseil lorsque l’on se trouve à table au restaurant ou chez un caviste me va bien. Tout simplement parce c’est naturel et non une forme d’obligation au nom de ce qui se fait ou de ce qui ne se fait pas.

 

Ce qui me chagrine ce sont les figures imposées, l’impératif  du sachant, comme si mon marchand de cravate, au temps où j’en portais, m’avait déconseillé d’apparier une cravate à motifs avec une chemise à rayures ou que je devais nouer mes cravates club avec un col blanc sur une chemise bleu ciel.

 

Ce que je revendique c’est la liberté de choisir, de choisir de se faire conseiller ou  de choisir en fonction de son humeur, des convives, de l’air du temps. Le monde du vin, avec ses codes, ses initiés, son vocabulaire fleuri mais abscons, dresse des obstacles qui rebutent le commun des mortels.

 

Dans mon long parcours professionnel l’instant que je redoutais le plus au restaurant c’était le moment où les convives se tournaient vers moi en me confiant la carte des vins en affirmant « Toi qui t’y connais, choisis-nous la bonne boutanche ! » J’avais beau protester du fait que remuer les dossiers du vin auprès du Ministre de l’Agriculture ne faisait pas de moi une référence. Ils n’en démordaient pas et je suais sang et eau pour tenter de satisfaire la tablée.

 

L’irruption du vin au verre, en dépit de son coût prohibitif (un sommelier facétieux me confia un jour qu’il était la machine à cash de la maison), permet à chacun de prendre ses responsabilités quitte à demander conseil.

 

En effet, le conseil c’est au plus près et non le mariage arrangé sur papier glacé qui a pour moi la même valeur que l’horoscope du jour…

 

Le choix du vin qui va avec c’est au bonheur du jour, l’imagination, la transgression parfois, la paresse aussi de confier sa destinée à un sommelier ou un caviste avisé qui vous connaît, vous ressent. C’est aussi un excellent moyen d’engager la conversation avec des amis, de briser la glace avec une belle, d’expérimenter, de découvrir… en un mot la liberté d’emprunter soit un chemin de traverse ou un sentier bien balisé d’un GR ! On peut s’y perdre mais aussi le seul moyen de se donner de vraies émotions !

 

«Mme Subières développe, rue de Prony, son commerce de mariages. Elle y tient salon de littérature et d’art. C’est une façade honorable. Ceux qu’elle a attiré écoutent volontiers M.le docteur René Lierre accuser de pourriture la vieille société/ Sa voix coupante n’est pas sans émouvoir beaucoup Mrs Galdys Corry, de San Fransisco, une milliardaire tout à fait séduisante, qui peut tout acheter. Libre maintenant par un second divorce, elle rêve d’un mari, sous la direction souple, mais très efficace de Mme Subières qui a passé l’âge d’aimer elle-même et se passionne pour le bonheur d’autrui – en artiste – afin de mêler un peu d’idéal à son négoce.  »

 

La Marieuse, p. 158 Charles-Henry Hirsch, 1925.

 

Au hasard du fil Twitter : Quels vins avec un Bleu de Gex ? ICI

Partager cet article
Repost0
20 décembre 2016 2 20 /12 /décembre /2016 06:00
Chaud, chaud, les marrons chauds… mais alors pourquoi donc nous les offrent-on glacés ?

Sur nos trottoirs parisiens, dans les lieux de chalandise, les vendeurs de marrons chauds n’interpellent plus les passants avec le traditionnels « chauds, chauds, les marrons chauds… » Allez savoir pourquoi, je vous conseille d’aller le demander à Éric Zemmour partisan du rejet des marchands de marron dans la mer.

 

Mais les marrons sont aussi des gnons :

 

« Jacques (...) descend un de ses adversaires d'un direct au menton (...) les types protestent. On est pas ici pour recevoir des vrais marrons, ça n'est plus du jeu. »

Queneau, Loin Rueil, 1944, p.164.

 

Les marrons sont aussi dans les prisons :

 

« Un surveillant de ronde, qui inspectait le dortoir d'en bas du bâtiment-neuf, au moment de mettre son marron dans la boîte à marrons, − c'est le moyen qu'on employait pour s'assurer que les surveillants faisaient exactement leur service; toutes les heures un marron devait tomber dans toutes les boîtes clouées aux portes des dortoirs... »

Hugo, les Misérables, t.2, 1862, p.57.

 

Souvent les journalistes font souvent des marronniers quand ils n’ont rien d’autre à glander…

 

Et, certains d’entre eux, opportunistes, ouvriers de la 25e heure, savent tirer les marrons du feu sans se noircir les doigts.

 

Tirer les marrons du feu – locution

 

Travailler et prendre des risques au bénéfice ou pour le profit de quelqu’un d'autre, faire le plus difficile et ne pas en profiter, être lésé.

 

« Les Députés ont ménagé jusqu'à présent le Peuple, parce qu'ils en avoient besoin pour écraser la Noblesse, le Clergé et les Parlemens, mais il n'en profitera pas. Ils se sont servis de lui comme le singe se servoit de la patte du chat, pour ôter les marons du feu. »

1792. Conversation entre un maître d'école, un grenadier, et un paysan 1985

 

« Ce n'est pas toujours celui qui tire les marrons du feu qui les mange, ni celui qui ouvre l'huître que la gobe, ni celui qui fait des enfans qui les berce… »

1832. La Restauration (et : La Légitimité), dans La Révolution, ou confessions d'une girouette

Chaud, chaud, les marrons chauds… mais alors pourquoi donc nous les offrent-on glacés ?

Sachez aussi qu’un avocat est marron lorsqu’il est véreux, comme la chair du fruit lorsqu’il est pourri.

 

Le marron, une grosse châtaigne cultivée :

 

Du point de vue du botaniste, la châtaigne est le fruit du châtaigner (Castanea sativa), un arbre de la même famille que les chênes et les hêtres. Le marron d'Inde, lui, est la graine du seul marronnier existant en France (Aesculus hippocastanum), et il est toxique.

 

Si les fruits se ressemblent, les feuilles, les fleurs et les bourgeons diffèrent. Chez le châtaignier, les fleurs sont unisexuées, tandis que chez le marronnier d'Inde, les fleurs sont hermaphrodites. Une fois fécondées, elles évoluent en un gros fruit épineux, dont la bogue contient un à deux marrons. De son côté, la fleur de châtaignier fécondée se développe en fruit sec, dont la bogue contient en général trois fruits dans sa variété sauvage.

 

Dans le langage courant, le terme « marron » désigne une variété de châtaignes cultivée par les castanéiculteurs. Les bogues ne contiennent qu'un seul fruit. C'est une version modifiée par l'Homme de la châtaigne sauvage.

 

Reste à vous causer des marrons déguisés plus communément dénommés marrons glacés.

 

Le 29 décembre 2011 j’écrivais :

 

« Comme nous sommes en fin d’année j’ai bien sûr choisi une friandise très courrue : les marrons glacés. Eux aussi sont nés quelques parts, à Privas, en Ardèche, plus précisément dans le Vivarais, par l’entremise d’un entrepreneur Clément Faugier qui « suite à la fameuse crise de la soie qui avait réduit un grand nombre d’ouvriers au chômage en Ardèche, en 1882, fonda son entreprise et redonna un nouvel espoir » au pays. Exporter ! Clément Faugier fit voyager le marron glacé jusqu’à Zanzibar et en rentrant, constatant qu’il avait bien supporté l’épreuve du dépaysement, des fortes variations de climat, pu se lancer dans le commerce hors l’étroit pays. Bien plus tard, la crème de marrons Faugier accompagna Paul-Emile Victor en Terre-Adélie. »

 

La suite ICI 

Chaud, chaud, les marrons chauds… mais alors pourquoi donc nous les offrent-on glacés ?
Partager cet article
Repost0
19 décembre 2016 1 19 /12 /décembre /2016 06:00
icône de Saint Modeste

icône de Saint Modeste

Au temps de mes écritures rapporteuses Bernard Magrez m’avait dans ses petits papiers, pensez-donc il est même venu se poser sur une modeste chaise dans mon modeste bureau du 3e étage à l’Onivins, rue de Rivoli. Un jour il me fit part de son ras-le-bol de Carole Bouquet qui exigeait des bouteilles bleues.

 

Même qu’il m’avait confié son numéro de portable et qu’il m’y répondait. En ce temps-là il rêvait encore de se muer en un Pierre Castel du vin pour atteindre les sommets du vin versus Nouveau Monde.

 

Même que lors d’un Vinexpo il m’embarqua dans la soirée qu’il organisait pour la GD des indépendants : Super U et Intermarché à son château Pape-Clément. Ce fut un grand moment, y’avait même un sous-Ministre, une cantatrice, et aussi des demoiselles à chaque table sauf la mienne. Côtoyer et contempler le comportement des acheteurs de la GD et des directeurs de magasins est fort instructif sur les méthodes utilisées pour acquérir du métrage de linéaire.

 

Il a même répondu à mon questionnaire de Proust en 2009 ICI là aussi un grand moment !

 

Mais ce temps est révolu, Bernard Magrez se délesta de ses marques : Malesan, Sidi Brahim auprès du roi du rouge Pierre Castel pour se hisser vers les sommets des GCC et autres avec son compère Gérard Depardieu.

 

L’homme aime les bœufs mais pas le bio à Bordeaux, cette amusette n’étant bonne que chez les gueux du Languedoc où il possède des arpents de vigne du côté du célèbre village de … Il aime aussi les drones, l’art pompier…

 

En ce moment nos grands esprits de la politique utilisent à tout bout de champ l’expression roman national. En effet, savoir l’écrire serait un moyen de nous séduire, de nous redonner le souffle qui nous fait défaut.

 

Bernard Magrez, lui, sait à merveille fabriquer les lignes de son roman personnel. Pour preuve, parmi bien d’autres, une Préface pleine d’humilité, lui, homme venant d’un autre milieu que celui de la place des vins de Bordeaux, « plus modeste » et qui a « vu vivre et souvent très bien vivre ces grandes familles bordelaises issues de la haute bourgeoisie et de l’aristocratie. »

 

Pas de quartier pour elles « certaines ont subi, sans réagir, les épreuves et les aléas de ce métier de propriétaire (ndlr est-ce un métier que la propriété ?) très valorisant mais jamais facile. »

 

« Accrochées à leurs certitudes… la plupart ont disparu de la scène économique : quelques-unes, grâce à des héritages somptueux, sont encore là. C’est une chance pour elles. Le méritent-elles ? »

 

Notre Bernard, fort diplomate, concède que d’autres « beaucoup plus conquérantes, tant dans le négoce que dans le vignoble, sont toujours devant et ont abandonné les postures qui les auraient empêchées de prospérer. »

 

Un capitaine d’industrie donc qui, selon ses dires restera à la barre de son paquebot jusqu’aux derniers instants. Et ne venez pas me mettre dans les gencives qu’en écrivant ses lignes je me laisse aller à un penchant bien Français : détester ceux qui réussissent. Loin de moi cette mesquine envie, j’aime les bâtisseurs, ceux qui créent, innovent et, dans une certaine mesure, tel fut le cas de Bernard Magrez.

 

Connaissant bien son histoire ce matin, à l’image du rédacteur de Vitisphère ci-après, je trouve que le Bernard surjoue son côté Folies des Grandeurs sa nouvelle cuvée « Modestement baptisée Clos Sanctus Perfectus, la nouvelle acquisition viticole de Bernard Magrez tient de la création d'orfèvre. C’est du moins l’ambition de l’entrepreneur girondin, qui vise une distribution ultra-sélective pour valoriser une production limitée à 3 200 cols/an en appellation Saint-Estèphe. « Beaucoup de grands initiés dans le monde sont désormais en quête d’étiquettes très rares produites en toute petite quantité, qui leur procurent des émotions exceptionnelles » explique Bernard Magrez dans un communiqué des plus succincts (ne donnant aucune précision sur la parcelle achetée, si ce n’est qu’elle est située au lieu-dit La Peyre). »

 

Ça doit plaire aux nouveaux riches mais la nouvelle lubie du Bernard s’apparente à un remake des vins de garages chers à mon ami Jean-Luc Thunevin qui, lui, est vraiment parti de rien pour créer son vin alors que ce n’était pas le cas du père Magrez qui s’est fait sa pelote avec des spiritueux vendus à la GD.

 

Reste enfin que la mainmise de Bernard Magrez sur le château La Peyre marque la disparition d’un cru artisan et c’est bien triste.

Reliques de saint Modeste, corps saint provenant des catacombes romaines, chapelle St-Nicolas

Reliques de saint Modeste, corps saint provenant des catacombes romaines, chapelle St-Nicolas

Partager cet article
Repost0

  • : Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • : Espace d'échanges sur le monde de la vigne et du vin
  • Contact

www.berthomeau.com

 

Vin & Co ...  en bonne compagnie et en toute Liberté pour l'extension du domaine du vin ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

Articles Récents