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10 novembre 2005 4 10 /11 /novembre /2005 00:00

Les maires d'Ile-de-France veulent mettre fin à l'inquiétante diminution des boulangeries, boucheries et autres épiceries dans leur centre-ville.Pour ce faire ils ont créé une commission ad hoc dont le président est le maire UDF de Vanves B.Gauducheau.

L'édile n'y va pas par quatre chemins, après avoir déclaré que les petits commerces " remplissent une fonction sociale et doivent être considéré comme un service public "pour lui une des solutions serait une loi " interdisant aux grandes surfaces de vendre du pain, de la pâtisserie, du poisson, de la viande à la découpe, ou encore des montres, de l'optique, etc.." 

En face de chez moi il y a une petite épicerie florissante, deux frères venus du Magrheb, l'échoppe est ouverte de 12h à 1 heure du matin, les fruits et légumes sont de qualité, frais, variés, l'achalandement est en phase avec la clientèle du quartier : viande operculée Charal, baguette de chez Moisan, boissons fraîches... On peut payer avec sa carte bleue. Le service est souriant et les prix raisonnables.

Un seul regret, le rayon vin qui occupe une large place dans l'épicerie, même s'il est bien achalandé, est triste et banal, comme au Franprix d'en face. Et pourtant je me dis qu'étant donné les horaires d'ouverture, il serait intéressant de conseiller mon épicier pour qu'il puisse mettre en avant le vin du mois, le vin pour celui qui ne veut pas arriver les mains vides chez ses amis, le vin découverte pour le jeune couple qui veut se faire une dînette... 

Les urbains mènent une drôle de vie, alors il faut coller au plus près de leurs contraintes. A Paris, le Crédit Agricole s'est développé car ses agences étaient ouvertes le samedi...

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9 novembre 2005 3 09 /11 /novembre /2005 00:00

A propos de ma chronique " Dégage ! " un abonné me fait remarquer qu'étant donné la situation du marché du vin : "on ne peut  pas faire autrement " en clair on subit la fatalité des hauts et des bas, que le court terme prévaut sur le moyen terme, éteindre le feu avant que la maison soit détruite...

Fort bien, cependant comme j'ai des cheveux blancs, rue de Varenne j'ai "géré" des crises de tout acabit, dans les fruits et légumes surtout, des violentes, des prévisibles, avec une constante : en période de hauts prix tout le monde oublie les bonnes résolutions d'organisation de temps de crise : les producteurs de porc étant très doués dans cet exercice.

Pour notre beau secteur du vin, lorsque avec mes acolytes du groupe stratégique nous avions fixé le cap sur 2010 nous pensions que c'était un horizon peut être lointain et pourtant nous venons de consommer 5 années, avec 2 petites récoltes, en restant les bras ballants, à subir. " Il n'est pas de problème que le temps et l'absence de solution ne contribuent à résoudre" disait le "bon docteur " Queuille.

Aujourd'hui on agite les amulettes : partenariat, contractualisation, bassin de production et certains déclarent se résoudre à l'arrachage. En fin 1999 on avait eu l'imprudence de m'inviter à un conclave des chefs du Languedoc au chateau de Lastour. C'était top top avec animation par Ernst et Young, vidéo, groupes de réflexion, grande table pour contenir les grands manitous. Ma seule déclaration fut et elle choqua comme dab : y a-t-il un pilote dans l'avion ? 

Le groupe stratégique avait modestement proposé une note d'orientation stratégique, il eut suffit de se servir de la méthode utilisée pour sa rédaction pour accoucher de principes d'actions. Rappelez-vous, pour ceux qui ont pris la peine de la lire, : " Agir plutôt que réagir... " Bien sûr c'est plus excitant de peindre sur des cuves " Non à Cap 2010"  que de s'attaquer aux vrais problèmes...  

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8 novembre 2005 2 08 /11 /novembre /2005 00:00

Mon petit détour chez nos amis les boulangers je le dois à une exposition à la Fondation Cartier " Pain Couture by Jean Paul Gaultier " c'était en septembre 2004. Organisé sous l'égide de la Chambre Syndicale de la Boulangerie c'était dans le domaine du tout est possible lorsqu'on se laisse aller à la créativité : entre chouquettes, pain et croissant, le célèbre kilt de JPG en pâte à pain et autres scultures, ça sentait bon et ça donnait envie...

Alors, chers amis du vin, à quand notre exposition à la Fondation Cartier haut lieu de rayonnement culturel international ? Problème : où est la Chambre Syndicale des "faiseurs de vin" ? Chacun dans son terroir et les bastilles seront bien gardées... Bon j'ai lancé l'idée à vous de me dire ce que vous en pensez... Quand même ça aurait plus de gueule que de continuer à se présenter comme un secteur assiégé par les barbares de l'extérieur ou les pisses froid de l'intérieur...

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7 novembre 2005 1 07 /11 /novembre /2005 00:00

Aéroport de Séville, j'achète le Monde. Dans le supplément Livres, en première page : « Séville ! »  Quel à propos... C'est du foot qu'il s'agit : le  8 juillet 1982  à 23 heures, France-Allemagne, le match du siècle écrit Pierre-Louis Basse dans un livre accompagné d'un DVD du match commenté par Roland et Larqué. Une dramaturgie absolue : l'agression de Schumacher sur Battiston, l'épreuve des tirs aux buts où mon poulain le grand Max Bossis qui avait tout donné échouait... 


180650_bigportrait.jpg

 

Max Bossis a été mon élève au lycée agricole de la Roche sur Yon. C'était un grand joueur, intelligent, infatigable, courtois, discret, un exemple... Fils de paysans de St André Treize Voies, une grande famille qui aurait pu former une équipe capable de jouer au plus haut niveau, il est pour moi le bon exemple de ce qu'était l'ascenseur social du sport avant la période fric...

 

Et le vin dans tout ça me direz-vous ? J'y viens. Le Journal du Dimanche de ce week-end titrait en page économie « Darmon : ballon, pognon... Lanson ? » Pour les non-initiés Jean-Claude Darmon a été le grand argentier du foot français avec les panneaux publicitaires sur les stades et voilà que ce cher homme, allié dit-on à Robert Louis-Dreyfus (un héritier) propriétaire de l'OM et à Roman Abramovitch (un milliardaire russe de fraîche date) propriétaire de Chelsea, il serait sur les rangs pour reprendre Lanson...


Sur le fond de l'affaire je n'ai rien à dire mais sur « l'argent facile » du football je ne peux m'empêcher d'écrire : mais où est passé le Stade de Reims d'antan avec ses Kopa...sinsky, Piantoni, le FC Nantes et ses Bossis, Suaudeau et Budzinsky fidèles à leur club... Je vieillis sans doute mais la qualité des dirigeants, des élites, leur hauteur de vue, leur exemplarité, font cruellement défaut dans notre société déboussolée...    

 

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4 novembre 2005 5 04 /11 /novembre /2005 00:00

Grandes écoles : Polytechnique, Normale Sup, les Mines, les Ponts et Chaussées, Centrale, l'Agro, les Vétos etc... Question : faut-il être Polytechnicien pour gérer les primes à la vache allaitante à la DDAF de la Creuse ? Un concours aussi sélectif que celui des écoles vétérinaires est-il judicieux pour former des docteurs vétérinaires qui vont soigner des chiens et des chats ou contrôler l'abattoir de Guéméné Penfao ?

Grands corps : Inspection des Finances, Conseil d'Etat, Cour des Comptes, Ponts et Chaussées, Génie Rural et Eaux et Forêts... Deux issues pour ces brillants sujets : entrer en politique ou sortir dans le monde des affaires, ça motive ceux qui restent...

Grands crus classés : des grandes et belles choses mais qui s'occupe des Populars ?

Ce matin j'ai du vague à l'âme, je repense à un Premier Ministre qui avait eu le mauvais goût d'évoquer l'intérêt qu'il portait aux cages d'escaliers et aux boîtes aux lettres... Le cambouis ça sali les mains mais c'est le seul moyen de remettre la mécanique en mouvement... Dans ma famille de pensée certains devraient méditer sur les vertus de l'exemplarité...

Bonne fin de semaine chers abonnés...

 

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3 novembre 2005 4 03 /11 /novembre /2005 00:00

Ce matin, comme convenu, je vous livre ce qui m'a interressé dans la saga de Francis Holder. Pour ce faire je pioche dans le livre de Kaplan cité hier.

" Le plus gros défi était sans doute du côté artisanal..."

" Il constate que bien de ses collègues boulangers un peu partout, en optant pour le pain ultra-blanc et un travail accéléré, mal servis par des agriculteurs encore plus productivistes qu'eux et des meuniers pas encore conscients des risques de ce glissando moderniste, n'avaient plus l'exigence de la qualité..."

" Le génie de Holder a été de savoir résister au tout-marketing. Le succès durable, et contagieux, ne pouvait se fonder que sur l'excellence des produits..."

" Toute la filière semblait oublier le consommateur final..."

" D'abord, en amont, F.Holder a cherché à changer la relation entre les boulangers et les agriculteurs..."

" Anticipant les pratiques dites aujourd'hui d'agriculture raisonnée, sensible à la protection de l'environnement et aux impératifs de la traçabilité, il impose des règles et des contrôles concernant les engrais, les produits autorisés pour traiter les grains, le calendrier de la moisson etc..."

" Il voulait amener ses meuniers à ne plus "cuire le blé", à ne plus le réchauffer. Meuniers-agriculteurs, même erreur : un productivisme aveugle..."

" Très tôt, par rapport aux autres artisans, F.Holder rejetait des additifs à sa farine, encore une décision osée, car l'absence de ces "aides" ou "améliorants" rendait le travail plus difficile, dans un milieu où l'on avait déjà du mal à recruter des ouvriers boulangers motivés et fiables..."

" Ce Paul est à l'écoute de ses clients qui sont, eux, de plus en plus exigeants, il sait "sentir leurs goûts"

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2 novembre 2005 3 02 /11 /novembre /2005 00:00

" Pour les artisans, Francis Holder est l'ennemi non seulement parce que c'est un industriel, fournissant des GMS et des terminaux de cuisson, mais parce que c'est un artisan très doué qui opère comme personne d'autre sur une échelle industrielle et ultramoderne, brouillant ainsi la frontière séparant les deux catégories. Comme toute anomalie par transgression taxinomique, il est particulièrement craint et honni. Il étonne par son audace de businessman, mais également par l'excellence de ses produits qui sont omniprésents dans une large partie de l'hexagone.

Il est dommage de réduire, en code journalistique, ce parcours tout à fait exceptionnel - sans doute la plus belle histoire de réussite dans la boulangerie française avec celle de L.Poilâne - à un chiffre d'affaires, même si un milliard et demi de francs, peu ou prou, est fort impressionnant. C'est un vrai self-made man, itinéraire socialement plus valorisant aux Etats-Unis qu'en France (il est le petit-fils d'un immigré polono-ukrainien du côté paternel, et son ascension aurait pu démarer dans le lower east side de New York, au début du XXième siècle, mais pas du côté du fournil) fils de pâtissier-boulanger, petit-fils et arrière-petit-fils de boulanger du côté maternel, Francis Holder, homme du Nord, grande pépinière de l'entreprise entreprenante en France, préside le groupe Holder, employant plus de 4000 personnes. Celui-ci regroupe l'enseigne Paul (67% du CA), joyau de l'affaire, avec 22 boutiques dans 43 départements en France en 2000 et plus d'une vingtaine à l'étranger; le Moulin Bleu, la division industrielle (24% du CA); la nouvelle chaîne en franchise Saint-Preux (2%); Ladurée (7%), élégants pâtisseries-salons de thé-restaurants, reprise habile d'une enseigne prestigieuse, un peu comme Paul d'ailleurs, "maison de qualité fondée en 1889"; et Panétude, un bureau ingeneering chargé de concevoir et d'entretenir les magasins..."

in " Le retour du bon pain " Steven L. Kaplan page 220 publié chez Perrin

Pourquoi parler du pain sur un bloc-notes dédié au vin ? Vous le saurez demain si vous voulez bien me lire. Suspense insoutenable chers lecteurs ! 

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31 octobre 2005 1 31 /10 /octobre /2005 00:00

Dans mon charmant village de Vendée, la Mothe-Achard, le basket ball, la Vaillante Mothaise, était sous la férule du curé et le football, le FCM, entre les mains des laïcs. Mes copains jouaient au foot, moi j'étais le capitaine de la Vaillante, et comme au basket nous jouions souvent le dimanche matin, j'allais voir jouer les footeux l'après-midi.

 

Le capitaine du FCM, le gros Arnaud, qui jouait demi-centre, était surnommé : "dégage !" car pour lui, même s'il était maçon, son seul souci était se débarasser du ballon et non de construire du jeu. Alors le cuir s'envolait, se perdait parfois dans le champ de choux voisin, mais ça plaisait aux supporters car le gros Arnaud mouillait le maillot. Les plus experts disaient que le FCM jouait à l'anglaise. Moi, admirateur du FC Nantes et de son jeu léché, je m'en donnais à coeur joie dans les lazzis vachards...

  

Alors, quand en ce moment, j'entends certains proclamer qu'il faut " dégager le marché du vin de quelques millions d'hectolitres... " je repense à Coco Arnaud et à son" kick and run ". Subir, se défausser, se défendre, surtout ne jamais construire, éviter soigneusement d'anticiper, s'attribuer des victoires qui ne doivent rien à une stratégie, chercher des boucs émissaires pour justifier ses défaites, voilà le spectacle qu'a produit une partie du club France viticole au cours des dernières années.

 

Pour feu le FCM - la Vaillante et le FCM se sont regroupés en l'Union Sportive Mothaise, et ce sont les filles du basket qui ont porté au plus haut le club - ce n'était pas grave, il végétait dans les profondeurs du championnat départemental, pour notre viticulture c'est plus dramatique car elle dit vouloir jouer dans la cour des grands... 

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28 octobre 2005 5 28 /10 /octobre /2005 00:00

Dans ma série des Antoine, j'aurais pu vous parler d'Antoine Doinel le personnage favori de François Truffaut mais je me suis dit que s'eut été de ma part faire le cinéphile pédant. Comme je suis un type sérieux tout de même c'est d'Antoine Riboud que je vais vous causer ce matin.

L'homme était séduisant, audacieux : auteur de la première OPA inamicale de BSN sur StGobain, certes perdue, mais qui allait le pousser à construire un groupe agro-alimentaire : ça a fait à l'époque ricaner beaucoup de ses pairs au CNPF : les nouilles, les gâteaux secs et les petits suisses pour un industriel du verre issu d'une lignée lyonnaise ça ne faisait pas sérieux.

Bref, moi j'ai eu la chance de voir en tête à tête pendant plus d'une heure, Antoine Riboud lors de l'affaire Perrier. Le bougre d'homme voulait Volvic. Je passe sur les détails car le secret est important dans les affaires. Dans son bureau de la rue de Téhéran, où il m'avait demandé de venir le voir, j'ai eu droit en toute simplicité et convivialité à sa vision du devenir de l'univers des eaux minérales. Il était passionné et passionnant et moi je n'étais pas peu fier de me retrouver à un tel niveau de stratégie mondiale.

Tout ça pour vous dire que, pour bâtir des vaisseaux capables d'affronter les grands espaces, il faut des capitaines d'industrie, des aventuriers, des visionnaires et non, comme dans notre beau secteur du vin, des petits féodaux qui ne voient pas plus loin que le bout de leur syndicat de défense et qui brassent des discours d'un autre âge...

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26 octobre 2005 3 26 /10 /octobre /2005 00:00

Antoine, celui de la pub d'ATOLL l'opticien, toujours les mêmes cheveux longs, avec ses chemises à fleurs, sa dégaine de beatniks en 2005, soit 40 ans après Les Elucubrations, une sacrée longévité... Pourquoi ?

Pour répondre à cette question j'ai ouvert ma bible : "Les baby-boomers" une génération 1945-1969 de Jean-François Sirinelli chez Fayard. Qu'y lis-je : en 1965, une nouvelle étoile apparaît au firmament des idoles, le chanteur Antoine avec son porte-harmonica et sa guitare sèche qui renvoient à Bob Dylan et Joan Baez, des contestataires, et une chanson où il est question de vendre la pillule dans les Monoprix...

La charge est d'autant plus révélatrice qu'Antoine est un baby-boomer alors que Françoise Hardy, Eddy Mitchell, Johnny Halliday sont des enfants de la guerre (1940, 42 et 43) ; il appartient lui à la vague montante de l'après-guerre. Il est de surcroît Centralien au moment où le nombre d'étudiants a doublé en une demi-décennie. Et puis "un jour, racontera Antoine, devant la Samaritaine, je suis tombé sur des gens qui grattaient une guitare. Ils revenaient de Suède. Les vacances venues, je suis parti à mon tour..."

Et depuis, ce cher Antoine vit sur son bateau, au soleil,  de ses droits d'auteur, disques et livres, et l'âge venu, comme les baby-boomers ont la vue qui baisse, ATOLL l'opticien, leur sert l'un des symboles du temps de leur âge tendre, un doux contestataire qui a réussi...  " O Yeah ! "

A vous de tirer les conclusions que vous voulez sur mes élucubrations, mais parfois j'ai l'impression que le monde du vin en est resté à une civilisation rurale engloutie...

 

 

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