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20 décembre 2005 2 20 /12 /décembre /2005 11:08

L'autre soir à la veillée sur le plateau des Claparèdes j'ai revu sur Arte, en VF, Vingt milles lieues sous les mers avec James Mason en capitaine Némo et Kirk Douglas en harponneur mauvaise tête qui pour se sortir du Nautilus, appeler à l'aide, ne trouve d'autre solution que de jeter des bouteilles à la mer; et bien sûr il réussit...

C'est du cinémascope, comme au REX de la Mothe-Achard où j'ai vu ce film pour la première fois, et je me dis que plutôt que d'épandre mes écrits sur la toile, si je souhaite être efficace, ne vaudrait-il pas mieux que je jetasse des bouteilles à la mer...

Des bouteilles de vin bien sûr, avec message de santé publique incorporé bien sûr, avec idées vivaces sous le bouchon bien sûr, avec mon meilleur souvenir juste avant la Noël...

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16 décembre 2005 5 16 /12 /décembre /2005 09:30

Au petit matin me voilà de nouveau face à un écran, je ne peux vraiment pas me passer de vous, la réciproque est-elle aussi forte ? L'air est vif, la gelée blanche argente le paysage, le Mont Ventoux porte son bonnet immaculé et le soir face à une belle flambée je lis. Alors pourquoi ne pas vous faire partager mon bonheur en vous livrant mes notes de lecture.

" Maurice des Ombiaux a été, en 1928, un des six membres fondateurs de l'Académie des Gastronomes... (celle de Curnonsky) Et c'est fort de ce titre qu'il a eu un jour l'idée saugrenue de se rendre au Vatican afin de demander au pape que la gourmandise soit purement et simplement radiée des sept péchés capitaux...

Dans son Petit bréviaire de la gourmandise 1921, il a du reste eu des paroles plus explicites : " La  gourmandise doit être remplacée parmi les sept péchés capitaux, que ce soit par la tristesse ou par tout autre vice qu'il ne nous appartient pas de rechercher ici. Se bien nourrir n'a jamais été un péché; N.S. Jésus-Christ n'a-t-il pas fait la multiplication des pains, la pêche miraculeuse et n'a-t-il pas changé l'eau en vin pour répandre la joie dans un festin? Si celui qui est le principe de toutes choses nous a par son exemple prouvé que le vin est préférable à l'eau claire, nous aurions bien tort de nous muer en grenouilles pour suivre les observations de quelques esprits mal tournés et des ennemis du genre humain parlant au nom d'on ne sait quelle science illusoire."

Extrait d'un merveilleux petit livre La légende du Vin Petit essai d'oenophilie sentimentale de Jean-Baptiste Baronian chez l'éditeur  Le Temps Qu'il Fait à Cognac. Achetez-le, offrez-le pour les fêtes c'est un bijou d'humour et d'érudition non pédante. J'y reviendrai en vous parlant des oeuvres de notre "Sot d'eau" ce cher et médiatique Chabalier.

 

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14 décembre 2005 3 14 /12 /décembre /2005 00:00

suite de la chronique Champagne déjà mise en ligne le 31 mai 2005

" Les fraudeurs fabriquaient du Champagne avec n'importe quoi, des rebuts d'Anjou ou de Meuse, des piquettes achetées au comptant sur le quai des gares à des intermédiaires sans visage, et avec du cidre s'il le fallait. L'argent rentrait.

Les vignerons doutaient de tout, et même du ciel. Qu'est-ce qui leur restait ? Le front bas, la hargne, les hymnes provisoires, les drapeaux rouges qu'ils pendaient aux frontons des mairies. La fraude leur donnait le tournis. L'agitation seule arrivait à calmer leur souffrance du travail nié et insulté..."

 

C'est extrait d'un beau roman de Daniel RONDEAU " Dans la marche du temps " pages 126-127 chez Grasset.

 

Et alors me direz-vous ?

Ressasser le passé ? Non, en tirer des enseignements pour bâtir la prospérité sur le contrat, sur des rapports de force économiques maîtrisés, générer de la valeur pour que le travail du viticulteur soit reconnu et valorisé, pour que le produit trouve son consommateur... Comparaison n'est pas raison, beaucoup aujourd'hui ignorent que la Champagne a eu son lot de misère, on la cite en exemple, on l'envie, mais en ces temps difficiles, plutôt que de lancer les viticulteurs sur les routes départementales ou autres chemins de traverse sans issue, ne vaudrait-il pas le coup pour ceux estampillés " responsables professionnels " de faire de responsabilité...

 

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12 décembre 2005 1 12 /12 /décembre /2005 00:00

Chronique déjà mise en ligne le 31mai 2005

Samedi matin sur France Inter, JP Coffe et ses invités dissertaient doctement sur la crise phyloxérique du début du 20ième siècle. J'apporte ma contribution, non pour brasser de l'histoire, mais pour éclairer les débats actuels (si tant est qu'il y ai débat) sur le devenir de notre viticulture.

 

" Révolution dans le secteur, oui. Détonations, chant de refus, les vieux airs de carmagnoles paysannes. Pas compliqué à comprendre : le vigneron crevait de faim. La fin du siècle avait été atroce. La maladie gagnait, une lèpre. Le phyloxéra qui prenait la vigne à la racine, jusqu'à la mort du cep. Il avait fallu arracher les souches, défoncer à la pioche les terrains sinistrés, replanter. Travail de fossoyeur, de forçat, non rémunéré. Les vignes restaient sans rapport. Et pour finir, pendant quatre ans, pas une seule récolte pour se mettre le moral d'aplomb.

 

1907 : le raisin ne valait rien. 1908 : vendanges de nains. 1909 : la pourriture partout, des fumées grises, infectes, planaient sur les plateaux des pressoirs. 1910 : rien ne manqua, orages, gel, grêle, mildiou. On n'aurait pas fait une tarte avec tous les raisins de Champagne, tant la vendange était transparente. Il suffisait que la maladie entre dans un ménage pour que la ruine soit complète. Des terres qu'on se disputait autrefois comme on se dispute la vie ne trouvaient plus d'acquéreurs. Des vignerons quittaient leurs maisons, laissaient leurs terres aux friches. Mais le négoce se sucrait sur cette misère. "

à suivre 

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9 décembre 2005 5 09 /12 /décembre /2005 10:17

Avant d'aller poser mon sac aux confins du Luberon pour une semaine d'ermitage, lecture, marche et écriture, ce matin je ne peux m'empêcher de penser que pour beaucoup, ceux qui déclarent n'avoir jamais le temps, ceux pour qui le mouvement tient lieu d'action, ceux qui s'agitent dans les antichambres, petit déjeune, en résumé tout ceux qui sont importants, réfléchir est un luxe.

Et pourtant, même les sportifs que très souvent l'on raille pour leur bagage intellectuel léger, à titre individuel ou fondu dans un collectif, ne se contentent pas de courir ou de pédaler ou de sauter, ils s'efforcent d'appliquer une stratégie, quite à en changer si les conditions de jeu ou climatique évoluent. La différence se fait souvent grâce au mental. Bien sûr le talent individuel est important, et dans notre viticulture nous n'en manquons pas, mais la force du collectif est seule capable de donner l'élan, de remotiver face au doute, de tirer l'ensemble vers le haut.

Telle était la volonté des rédacteurs de Cap 2010, citant Bergson " j'ai toujours voulu que l'avenir ne soit plus ce qui va arriver mais ce que nous allons faire" en se fixant comme ligne stratégique " d'agir plutôt que de réagir" et en fondant cette action sur des principes clairs. Etaient-ils des naïfs, des rêveurs ou de dangeureux agitateurs ou des traîtres à la cause vigneronne? Non, des hommes d'action qui avaient accepté de prendre le temps de réfléchir, d'investir dans l'intelligence, d'aider au pilotage de la nécessaire évolution de notre viticulture face aux nouveaux défis du monde.

Le concensus mou des immobilistes a prévalu. Que faire ? Murer le CIVB, ouvrir les vannes des cuves du négoce, dégager le marché à grand coup de casse de prix... Non ! Même dans la tourmente il faut prendre le temps de répondre à la question : " voulons-nous être présents sur tous les marchés avec toute la gamme des produits issus du raisin ? " Si la réponse est oui " comment adaptons-nous notre ressource pour répondre à cet objectif dans des conditions économiques et sociales qui permettent aux viticulteurs de vivre et à ceux qui vendent le produit d'investir ? "

La semaine prochaine je vous proposerai la lecture de chroniques publiées au tout début de mon blog. Bien à vous, et prenez le temps de temps en temps. A plus de chez plus...

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8 décembre 2005 4 08 /12 /décembre /2005 08:35

Hier matin j'étais triste, Charly Gaul "l'archange de la montagne" venait de mourir. L'idole de ma jeunesse, une belle gueule, un homme qui aimait les femmes, du panache, de l'élégance et beaucoup de fantaisie. Au temps de ses duels avec "l'aigle de Tolède" Frédérico Bahamontès dans les cols les deux hommes portaient les maillots de marques d'alcool : Carpano et Margnat, de quoi rendre notre Chabalier national neurasthénique.

Par bonheur, le soir venu, à l'hôtel de Rohan, après avoir dégusté du Grand Siècle, du Krug et du Bollinger, papoté avec les uns et les autres, une onde de lumière s'est épandu sur moi lorsque j'ai découvert la chronique de Patrick Besson, page 137 du Point,  baptisée le " Sot d'eau " où ce le nouveau chevalier Chabalier se fait remettre à sa place avec brio et panache. Une belle page d'écriture que j'aurais aimé commettre. Achetez le POINT, lisez Besson, encadrez Besson, diffusez Besson ça vous fera du bien après l'overdose médiatique du rapporteur patenté.

Je cite la chute de la chronique pour vous mettre en bouche " Les gens qui boivent de l'eau vivent plus vieux que les gens qui boivent du vin, mais moi je ne veux pas vivre vieux dans un pays où les anciens alcooliques exigent que tout le monde boive de l'eau. Il y adu génie dans le vin et il est mauvais, comme tous les génies. Dans l'eau, il n'y a rien de mauvais, car il n'y a rien "

Alors sur mon vélo ce matin en passant près de l'Elysées deux factionnaires féminines nées dans les îles riaient, elles m'ont dit un bonjour frais, et je me suis dit que j'allais créer la confrérie du panache, à l'instar de celles des gens du vin, mais avec deux grandes novations : autant de femmes que d'hommes et nous ferons la fête sur les lieux de consommation sans discours ni pompe, pour de rire et pour de boire gaiement...

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7 décembre 2005 3 07 /12 /décembre /2005 09:27

En 1988, au cabinet du Ministre, je pilotais le dossier des courses suivi par le Service des Haras Nationaux. Un dimanche soir de novembre, je crois, en écoutant les infos sur une radio périphérique j'entends qu'un incident cocasse s'était produit sur l'hippodrome de St Cloud lors du prix de Strasbourg support du tiercé dominical : les juges à l'arrivée s'étaient trompés dans la constatation de l'ordre des chevaux gagnants.

A priori pas de quoi empêcher un technocrate de dormir. Cependant, à la première heure le lendemain j'appelai François Clos le chef du service qui me confia qu'il se retrouvait dans un sac de noeuds dont il avait du mal à se dépétrer. Explication : sur un champ de courses lorsque les juges à l'arrivée considèrent que l'ordre des places est définitif le rouge est mis (un signal lumineux s'affiche) et c'est le résultat officiel de la course. Sauf qu'en l'occurence les juges en pré-sieste s'était trompé, que la photo affichée le démontrait et que l'on se retrouvait face à un résultat faux mais officiel et un vrai sans valeur.

La plaisanterie portait sur 30 millions de francs, les médias s'emparaient de l'affaire, Matignon me donnait comme consigne : démerde toi ! Un jour à la veillée je vous raconterai le dénouement de l'affaire mais si se matin j'aborde ce lointain souvenir c'est, qu'une fois la solution trouvée, je convoquai le bureau de la société gestionnaire de StCloud - que des vieux messieurs sympathiques et dépassés - pour leur remonter les bretelles. A mon grand étonnement je constatai que tout ce petit monde bien né tenait pour quantité négligeable les pauvres bougres qui les faisaient vivre : les parieurs.

Certes comparaison n'est pas raison mais le soi-disant "lobby" du vin mis au ban par les ligues de vertu se pose-t-il la question de l'efficacité de ses revendications ? Moi j'ai le sentiment qu'il cherche avant tout à faire plaisir à sa base et non à répondre aux attentes réelles des consommateurs et des néo-consommateurs. C'est ce que j'ai voulu dire en parlant de vision de rétroviseur dans mon papier sur le pinard... 

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6 décembre 2005 2 06 /12 /décembre /2005 09:51

Prénom : Vincent, mon filleul, le fils aîné de mon frère Alain, profession : chef cuisinier. Un petit gars de la Mothe-Achard, arpète chez Cabanétos à l'hôtel-restaurant du stade, qu'est monté à Paris pour faire ses classes au Laurent d'abord, puis chez Guy Savoy qui lui a confié un de ses bistros du côté des Ternes. Mais l'air du pays était trop fort, et les logements parisiens bien étroits, avec Pascale ils se sont installés à Nantes, près de la Cathédrale, se sont fait une belle notoriété et aujourd'hui ils ouvrent une grande maison.

 

Pour rester objectif je vous cite une critique : « Table de grande maison... Et si ce soir, vous dîniez à la maison, mais... pas chez vous ? Rien de plus simple, direction le pavillon 1900 de Pascale et Vincent Berthomeau, à Nantes. Frappez, entrez et prenez place dans l'un des petits salons aménagés dans les anciennes pièces d'habitation. Et puis, commandez les assiettes finaudes de cet ancien disciple de Guy Savoy : coquillettes du Croisic aux herbes, pigeon rôti en mille-feuille de coppa et betteraves, fondant craquant au chocolat-praliné... Mieux qu'à la maison, non ? »

 

L'Abélia, 125, Bd des Poilus, Nantes 02 40 35 40 00, si vous faites une halte à Nantes ou si vous êtes de la région allez-y, dites leur un bonjour de ma part, pour le vin Vincent est un accro des vins de Loire, essayez de lui faire apprécier les vôtres, bon appétit.

 

Faites suivre l'adresse...

 

...  

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5 décembre 2005 1 05 /12 /décembre /2005 15:45

On me demande le moyen d'avoir accès à :

- " Comment mieux positionner les vins français à l'exportation " août 2001 dit rapport Berthomeau

aller sur le site du Ministère : www.agriculture.gouv.fr  publications officielles puis à la rubrique rapports

- " Cap 2010 le défi des vins français " mai 2002

par le moteur de recherche google en tapant le titre ci-dessus vous aurez accès au site www.vitisphere.com qui le stocke.

Bonne lecture.

Jacques Berthomeau

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5 décembre 2005 1 05 /12 /décembre /2005 09:26

Les faits :

- dans son opuscule, le nouveau Paul sur son chemin de Damas, Hervé Chabalier se dresse au nom de sa nouvelle foi pour faire barrage " aux pinardiers " qui veulent mettre à bas la loi Evin;

- des cagoulés ouvrent le vannes des cuves de Robert Skalli : pour le public ce vin de pays d'oc qui coule dans le caniveau ne saurait être que du pinard, de la vile matière;

- des académiciens du vin, type Alain Senderens qui tient une cantine du côté de la Madeleine, pointent du doigt le coupable, celui qui tue le vrai vin à la française, le vin agro-industriel, le pinard bien sûr ;

- des défenseurs du vin, bourrés de bonnes intentions, regrettant le temps du vin quotidien, en médicalisant le vin ou en parlant de dose, ressuscitent le gros rouge, donnent des armes à ceux qui diabolisent le produit et accréditent l'idée de n'y toucher jamais : " à quand le pinard tue ! "

Que répondre ?

Pour Chabalier, je prends le temps de tout lire, l'alcoolisme est un fléau et l'on ne peut pas se contenter d'ironiser. Cependant, j'ai toujours dit à ceux qui voulaient  démantèler la loi Evin qu'ils leurraient les viticulteurs et qu'ils allaient en retour déclencher les foudres des ligues; pour les cagoulés : l'application de la loi . Pour les académiciens : mais où étaient-ils donc lorsque Cap 2010 a été publié ? Aux abonnés absents ou murés dans leur splendide isolement... Pour le  "lobby" du vin enfin : qu'il cesse de défendre le vin avec une logique de rétroviseur... 

 

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