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18 novembre 2006 6 18 /11 /novembre /2006 00:28

Hier, pédalant avec entrain sous un soleil câlin, comme tous les matins j'ai passé la Seine sur le pont Royal, puis j'ai acheté mon journal au kiosquier de la place du Palais Royal. Quand ça été l'heure du déjeuner l'épicier m'a proposé des Royal Gala, craquantes a-t-il ajouté. J'en ai profité pour acheter, à Baldwin le chien d'une copine et pour Rintintin le matou d'un copain des boîboîtes de Royal Canin. Ensuite, je suis revenu par la rue de Rivoli et j'ai vu, sur le flanc d'un bus de la RATP, que sortait au ciné un remake de Casino Royale. Avant de remonter au bureau je suis passé au café du coin acheter des timbres et à côté de moi ya un gars qui commandait un paquet de Royale Menthol. Dans l'aprème ya mon cousin Saturnin, qui descendait d'un avion de Royal Air Maroc,  qui m'a bigofoné pour me dire qu'il était descendu au Royal-Montceau. Et puis quand vint le soir, où comme chaque soir, pour retrouver mon quatorzième, j'ai emprunté le boulevard du Port-Royal. Et puis quand, dans mon petit intérieur de bobo, j'ai eu mis mes charentaises, dans mon fors intérieur, en pensant au temps où j'habitais près de l'hôtel du Mont Royal, dans la forêt de la Chapelle en Serval, je me suis dis " faisons un rêve : et si notre Perrico national y nous foutait une enfin une paix Royale..." Alors je me suis servi un Kir Royal et puis j'ai regardé " Rude journée pour la reine " de René Allio...

Note à mes lecteurs : la primeur de l'actualité m'a fait différer à demain dimanche et, exceptionnellement, lundi la suite des folles aventures de Benoît. Bonne lecture à tous. Bon week-end. Merci de votre fidélité

 

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17 novembre 2006 5 17 /11 /novembre /2006 00:05

L'oreille collée au transistor, dans ma jeunesse, le dimanche soir, dans mon lit, j'écoutais le Masque et la Plume animé par Michel Polac puis François-Régis Bastide. Les joutes entre Jean-Louis Bory de l'Obs et Georges Charensol de France-Soir, me fascinaient.

 

L'intello et le populo, l'art de la critique, avec juste ce qu'il faut de mauvaise foi, de mise en boîte et de légèreté, tout ce qu'il faut pour durer 50 ans. Dans les Cahiers du Cinéma, François Truffaut, avec son article " Une certaine tendance du cinéma français " où il attaquait frontalement les représentants du cinéma à la française, les bonzes : Delannoy, Christian-Jaque, Allégret, Cayatte est pour moi un des maîtres de la critique. Avec les " hitchcoko-hawksiens " des Cahiers : Rivette, Rohmer et les "cousins" Chabrol et Godard, avec fantaisie, mauvaise foi, désinvolture, parfois avec arrogance, il va dynamiter l'ordre établi.

 

Mon message est clair : la critique est indispensable, vitale, un signe de bonne santé, une forme de respiration. Au cinéma c'est simple : ce qui est projeté sur l'écran ce sont toujours les mêmes images, la même bande-son, même si chacun voit ce qu'il veut, entend ce qu'il veut entendre. Le 7e Art, est un Art, car l'oeuvre est une pièce unique reproductible en bobines identiques. Les critiques peuvent choisir de ne pas parler du film, de l'éreinter, de l'encenser, de le snober, libre à eux. La palette des publications, écrites ou audio-visuelles, est un gage de diversité. Le public fait ce qu'il veut : le succès ou l'échec d'un petit film porté au nue par la critique ou d'un gros budget voué aux gémonies par les plumitifs.

 

Pour notre divin nectar il n'y a jamais de pièce unique. Le vigneron est un artisan, le vinificateur un homme qui fait le vin avec plus ou moins de génie ou de moyens. Humblement ce que je demande à la cohorte des chroniqueurs c'est de juger des produits marchands, à l'aveugle si possible, mieux encore sans savoir d'où vient la bouteille, et d'écrire ce que bon leur semble. En écrivant ces quelques lignes je n'ai pas le sentiment de jeter l’opprobre sur une profession.

 

Je ne suis pas de ceux qui crient " tous pourris ! " Ce tout le monde dans le même sac c'est la porte ouverte au populisme. Je demande simplement un minimum d'ouverture, de diversité, d'honnêteté intellectuelle pour que le lecteur consommateur puisse être informé. Que voulez-vous je cherche désespérément le François Truffaut du vin pour faire contre-feux à la pensée unique... 

 

 

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16 novembre 2006 4 16 /11 /novembre /2006 00:04

Après les amours clandestins d'un viticulteur français Outre-Channel hier, le titre d'aujourd'hui se rajoutant aux désordres de Benoît et de Chantal, mes héros du week-end, vont laisser à penser que mes chroniques virent aux batifolages. Cigarettes et Whiskies et Petites Pépées... Va-t-on me poursuivre pour raccolage ? Déjà en butte aux foudres conjuguées de la confrérie des défenseurs de la pureté de notre divin nectar, de la corporation des hygiénistes, du syndicat des faiseurs de guides, du collectif des collecteurs de CVO, et de diverses autres associations de défense, je me retrouverais cloué au pilori par les Ligues de Vertu...

N'en déplaise à certains, je vais m'en sortir. Ce questionnement osé est le titre d'un charmant livre de René Fallet que j'ai lu dans ma tendre jeunesse. Dimanche dernier j'ai eu l'idée d'en faire le titre de ma chronique de jeudi. Ni une, ni deux j'ai commandé l'opus sur e-Bay. Pourquoi cette hâte ? Un peu de patience car l'affaire se corse. En effet la livraison se fait par Colissimo. Très bien ! Sauf que, entre-temps, Olivier la belle gueule, avec ses amis de la Poste, se fait une petite grève pour défendre le Service Public. Moi j'ai rien contre mais j'ai toujours trouvé étrange que pour défendre le SP on fait un truc qui prive l'usager de ce service. Pourquoi pas une opération sourire, grève du zèle, on améliore le service, ce serait plus productif. Conséquence de quoi : pas de Colissimo.       

Bon vous allez me dire que vous vous en tamponnez la coquillette de mes histoires postales. Vous avez tort chers lecteurs car, en plus de " Comment fais-tu l'amour cerise ? " j'avais commandé un autre petit livre de René la grosse moustache, un livre au nom prédestiné pour ce 16 novembre : " Le beaujolais nouveau est arrivé ". Si j'étais mauvaise langue je dirais que le Besencenot l'a fait exprès car il n'aime pas le Beaujolais nouveau de cette année parce qu'il aurait un goût de cerise, mais comme je ne veux pas me mettre à dos un candidat à la fonction la plus élevée de notre République, je me contenterai d'aller lever le coude pour fêter l'arrivée de ce Beaujolais Nouveau qu'est pas la boisson préférée de Périco... 

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15 novembre 2006 3 15 /11 /novembre /2006 00:05

" Ralph aimait passer de temps en temps le week-end avec sa mère. Il préfèrait descendre dans un bed and breakfast plutôt que dormir sur le sofa de son atelier, et s'abstenait d'aller chez elle le matin quand elle travaillait. Ils déjeunaient dans un café, se promenaient longuement sur la plage, puis retournaient à Marsh Cottage pour manger un plat de poissons en buvant du bordeaux. ( Des années auparavant, un des amants de Rosie, un viticulteur français, lui avait offert cinq caisses de douze bouteilles en cadeau de rupture. "
In " Invitation to the married life " de Angela Huth 1991 publié par Quai Voltaire en 1998 sous le titre " L'invitation à la vie conjugale " disponible en Folio n°3337

L'auteur, Angela Huth, qui vit à Oxford avec son mari recteur de l'Université, qui bien sûr ne manque pas d'humour comme le montre ce gentil morceau sur l'excellence de la gastronomie anglaise : " Il fut remplacé - il s'agit du poisson - par une assiette avec quelquechose de bossu au milieu - d'après la forme, on ne pouvait dire si c'était de la viande ou du gibier. La vue de la sauce rougâtre obligea Rachel à entamer son vin rouge - dont, normalement, elle ne buvait jamais - pour se donner du courage " devrait être invitée à la prochaine fête de la Fleur : elle ne connaît que le Bordeaux.

Pour ce qui concerne notre ami le viticulteur français - vous noterez qu'il ne s'agit pas d'un négociant - je tiens à saluer son panache même s'il n'est pas précisé la nature des cinq caisses offertes. De son vin ? Ce serait un peu mesquin. Un grand cru prestigieux ? Ce serait la French Touch ! Ou peut-être une marque ? Là ça m'étonnerait car un viticulteur ne peut offrir un vin de négociant. Bref, sans vouloir être mauvaise langue, exporter son vin de Bordeaux a aussi de bons côtés. Désolé si je trouble la paix des ménages, mais rassurez-vous, messieurs les viticulteurs bordelais, même si mes chers lecteurs ou lectrices du cru déploient tout leur charme pour m'interroger par le biais de contact, au bas du blog, ce sera peine perdue, jamais je ne livrerai de nom...

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14 novembre 2006 2 14 /11 /novembre /2006 00:15
Dans le cadre de ses causeries au coin du feu, à la veillée, en sirotant un verre de vin chaud à la cannelle, Vin&Cie est heureux de vous offrir ce petit morceau d'histoire...

Le dirigisme - né en France des nécessités de la guerre et auquel les difficultés de l'après-guerre ont accordé un délai de grâce - a, depuis près de dix ans, tout sacrifié à la politique de quantité, s'acharnant à faire du producteur le matricule anonyme d'un groupe ou d'une classe sociale, lui retirant toute personnalité et toute initiative.
Pour un pays de vieille civilisation comme la France, riche de son passé et de sa variété de produits profondément originaux, poursuivre semblable politique alors que, peu à peu notre production retrouve son importance d'avant-guerre, serait un véritable suicide national.
Qui pourrait, en effet, soutenir que notre Pays est capable de lutter avec chances réelles de succès sur le terrain de la production standard, sur le terrain du produit de grosse consommation ?
Qui ne comprend, au contraire, que la force de la France a toujours été - et qu'elle le restera - dans la production de haute qualité que la variété de ses terroirs, la diversité de ses climats, l'intelligence, l'ingéniosité, les soins de ses producteurs ont fait naître sur notre sol en une gamme de reichesse inégalée ?
Mais cette richesse est, à l'heure présente, très largement compromise et c'est contre cette dangereuse tendance qu'a voulu réagir le Syndicat de la Marque d'Origine " Pays d'Auge " en décidant, au cours de son Assemblée Générale du 3 avril 1948, de sonner le ralliement de tous les producteurs d'élite pour la défense de la personnalité des produits d'origine portant le nom de nos terroirs.
Au cours de cette Assemblée Générale fut décidée la tenue d'un Congrès de l'Origine.
De là, l'idée immédiatement lancée dans tous les milieux, professionnels et administratifs, à travers toutes nos régions de France, allait, dès les premières semaines, y rencontrer l'accueil le plus favorable.
L'Etranger également, toujours très intéressé par toutes les initiatives françaises dans le domaine de la qualité, manifestait le désir de suivre les travaux de ce Congrès.
Moins de trois mois après, le Premier Congrès de l'Origine allait se tenir à Deauville du 25 au 27 Juin 1948 et soulever à travers tout le Pays le plus vif intérêt.
 

Etait présent à ce 1er Congrès de l'Origine M. le Baron LE ROY, Président de l'Institut National des Appellations d'Origine et lors d'une prochaine causerie au coin du feu - entre le style FD Roosvelt et la pédagogie Pierre Mendès-France inventeurs de la formule - je vous livrerai ses propos sur " Comment naquit l'Institut National des Appellations d'Origine ? "

Enfin, ayant participé à la création de l'Interprofession des Appellations Cidricoles, puis l'avoir présidé pendant quelques années, je suggère à Philippe Augier, maire de Deauville, d'organiser en juin 2008, dans sa belle cité, le 60 ième anniversaire du 1er Congrès de l'Origine, car je ne doute pas qu'à cette époque nous aurons refondé tout notre système et que nous aurons mis de nouveau le cap sur le grand large... Merci de transmettre ce message à l'intéressé...

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13 novembre 2006 1 13 /11 /novembre /2006 00:20

Vin&Cie est heureux de s'associer à la semaine du jeu de société qui se déroule du 11 au 16 novembre (à propos si vous avez des échos de Vinplissime informez votre pauvre chroniqueur...) en vous proposant un jeu : le Ki ka dit ça. Les initiateurs de cette manifestation, des fabricants de jeux de société cienbur, déclarent " la famille à 82% (étude IPSOS 2004) est le sujet qui préoccupe le plus les français malgré un quotidien de plus en plus individualiste. Plus que jamais la qualité de la relation familiale (grands-parents/parents/enfants) est au coeur des aspirations. Et pourtant, combien de temps passons-nous par jour avec nos enfants et petits-enfants, à nous amuser ensemble spontanément ? "
Comme vous le constatez c'est assez en phase avec les assises de la convivialité : on pourrait faire un concours de petits chevaux ou de nain jaune pendant le pique-nique sur l'esplanade des Invalides. Bien sûr on fera boire de la limonade aux gamins mais avec pépé, mémé et les jeunes urbains désinvestis, les bobos, les seniors, tous les garçons et les filles (pas de mon âge), les voisins, les copains et tout le saint frusquin on carburera o vino de la casa...

Je reviens à mes moutons. Mon jeu de société : Ki ka dit ça est simplissime : je vous pose la question vous la diffusez à vos voisins ki la filent à leurs copains et ainsi de suite... Et moi, bon prince je vous file la réponse selon la procédure qui a bien fonctionné, et qui fonctionne encore, pour les 4 énigmes franco-américaines. Pour les distraits je rappelle :
- vous allez tout en bas du blog
- c'est écrit en tout petit sur le fond gris du papier peint contact et c'est coincé entre blog humour sur over blog et CGU
- clicquez et dans la fenêtre vous m'écrivez un mot doux...

" Je réagis très vigoureusement contre le catastrophisme ambiant, contre ce scénario noir proposé à la viticulture française, à la fois par les partisans de l'immobilisme et par ceux de la fuite en avant vers des prétendus modèles internationaux dont le caractère conquérant pourait bien être provisoire.
Je l'ai affirmé à diverses reprises ces derniers temps, je le redis à nouveau : Bordeaux est une grande marque collective internationale. Celle-ci est et demeurera un des acteurs essentiels du marché mondial du vin. Ceci vaut également pour le champagne et le cognac. Ce n'est pas tant que produits de France mais en fonction de leur singularité, qu'ils garderont sur le marché mondial une place que nous devons nous attacher à renforcer encore en fonction de cette identité propre. Là doit être l'ambition collective autour de laquelle nous devons nous rassembler. Ne nous laissons pas déstabiliser ! "

Ki ka dit ça ? chers lecteurs, à vos clics et vos claques !

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12 novembre 2006 7 12 /11 /novembre /2006 00:20

Tout près de la frontière, aux confins de mon univers connu, j'attendais le jour où la vraie vie commencerait. J'étais le clone de Giovanni Drogo, ce jeune ambitieux pour qui " tous ces jours qui lui avaient parus odieux, étaient désormais finis pour toujours et formaient des mois et des années qui jamais plus ne reviendraient..." Aux yeux du clan des femmes je croissais, en âge et en sagesse, dans l'étroit périmètre de notre bocage cernée de hautes haies, alors que je ne poussais vraiment que dans l'obscurité du Rex et du Modern. Perfusé par les yeux verts et le nombril de Debra Paget dans le Tigre du Bengale et par les bas de soie glissant sur les cuisses diaphanes de Catherine Deneuve dans Belle de Jour, je me lignifiais en silence. Jour après jour j'accumulais la chlorophylle des belles étendues sur le papier glacé des magasines de mode de ma mère. Je thésaurisais de la beauté pour gagner les centimètres qui me placeraient au-dessus du commun. C'était le bonheur de jours passés à regarder filer les heures, hors des limites du réel, avec pour seule ligne d'horizon la belle destinée qu'allait m'offrir la vie, au plus haut, à l'étage des seigneurs. Quand parfois le doute m'effleurait - allais-je pouvoir m'extraire de ce monde contraint ? - je me parais des oripeaux d'Edmond Dantès, le trahi, le paria surgi de nulle part accomplissant son implacable vengeance ; les yeux topaze d'Yvonne Furneau m'irrisaient...

 

Mes premières années d'Université furent insouciantes et légères. Loin de mes terres originelles, libéré de ses entraves, je papillonnais. Mes amours duraient le temps que durent les fleurs coupées. Moisson facile, il me suffisait de promener ma grande carcasse dans l'amphi 2 de la Fac de Droit pour cueillir, sur ce vaste parterre, les plus belles pousses de l'opulente bourgeoisie nantaise. Le premier rang, celui des beaux genoux pour ce vieux satyre de doyen Bouzat, celui du gros bouquin de droit pénal, exhalait les effluves lourds de parfums mythiques. Pure économie de cueillette, pour le seul plaisir de les sortir, de m'afficher à leur bras, de jouer le chevalier servant attentionné au bar Cintra de la place Graslin, de petit déjeuner au Molière, de les sentir s'abandonner sous mes effleurements dans le noir du Katorza. Même si vous avez du mal à me croire je résistais à l'attrait de leur riche couche. Mon refus obstiné s'appuyait sur une froide analyse. Me vautrer dans le luxe et la luxure me paraissait prématuré. C'était le privilège des grands prédateurs. Mais plus encore, je craignais la chaîne dorée. Ces colliers de perle de culture sur chemisier immaculé et sac Hermès sur kilt épinglé chassaient le mari. La modestie de mes origines constituait, certes, un handicap largement compensé par mon fort potentiel. J'attirais les lucioles ambitieuses. J'étais un beau parti. Afin de ne pas céder à la tentation ou aux guets-apens des fins de soirée arrosée je coupais court. Au lieu de rompre, je m'esquivais.

 

Immature et cultivé, sur la route de l'ENA, j'observais avec un sentiment mêlé d'étonnement et d'intérêt, les premiers plissements, sous l'impact d'une poignée de trublions, du vieil habit universitaire, trop étroit, empesé par les mandarins, si poussiéreux qu'on avait le sentiment d'être confiné, enfermé dans un monde mort. Né dans l'eau bénite j'exécrais les chapelles et, comme le petit monde des enragés vivait en vase clos, avec des codes ésotériques, rabachant la vulgate marxiste, pire encore, pour moi,les rares filles présentes dans leurs cercles cultivaient le dépenaillement et les cheveux gras, alors je me tenais à l'écart. Dans le camp des officiels, les bourrins du PC et les fachos de la Corpo se foutaient sur la gueule, bourraient les urnes et nous inondaient de tracts lourdingues. Mes belles plantes, à de rares exceptions - les filles d'avocats et de pontes du CHU compagnons de route des rouges - m'attiraient en des salons où, même un socialiste - objet difficilement identifiable en ces temps par la faute de Guy Mollet - prenait des allures de buveur de sang des filles et des compagnes, de bouffeur de curé sournois capable de piquer l'argenterie. Dans ces lieux cossus j'affichais le détachement d'un dandy, courtois avec le petit personnel, caustique et arrogant en présence de monsieur le Procureur de la République. Les mères frissonnaient. Les pères haussaient le sourcils. Les filles en redemandaient. On me tolérait. Sous l'ennui apparent de la France vu par Viansson-Ponté la tempête se levait.  

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11 novembre 2006 6 11 /11 /novembre /2006 00:34
Pour le nouveaux arrivants, ceci est la suite de mes écrits du samedi et du dimanche qui ont commencé le 7 octobre... Pour eux machine arrière toute... Pour les autres merci de votre fidélité...

Moi la belle gueule, grand ramier indifférent, j'avais bonne mine avec mes conneries sur le potentiel d'amour des laids. Bourré de sommeil je me sentais sale de l'intérieur, infect, rien qu'un pourri-gâté. Comme je déteste les petits matins blafards, ils me glacent, me donnent envie d'un bol de café au lait à la cuisine, coude sur le formica, les pieds dans des charentaises, face à bobonne en robe de chambre ; m'enfouir dans la douce chaleur du foyer. M'offrir l'hôtel me sembla le seul antidote à mon état de minable lamentable. Pas n'importe lequel hôtel, la gamme au-dessus du bouge pour VRP en costume tergal, le genre un poil vieillot avec baignoire à gros robinets qui pissent drus. Le Terminus St Lazare m'allait bien. Vu ma dégaine crasseuse je me l'offris, en anglais, avec une poignée de dollars et juste ce qu'il faut de mépris. Le loufiat de la réception me traita avec les égards du au duc de Windsor ; dans les taules de luxe ça marche à tout coup le mépris.

Je me suis éveillé sur les coups de cinq heures de l'après-midi. J'étais près. C'est par Chantal que j'ai commencé. Après elle je m'étais laissé glissé en pente douce dans l'indifférence. Sans effort apparent, ni frustration, j'adoptais une abstinence sereine, rangeant les filles dans la catégorie des plantes d'ornements. Face à ce retrait, certains garçons de mon entourage en déduire, à tort, que leur heure était venu. Trop de poils, trop de muscles, trop facile, je les éconduisais en soupirant. De cette période de chasteté non contrainte je garde un souvenir de force contenue, forme la plus accomplie de la maîtrise de ce que mes frères de chaîne, les mecs, qualifient de besoins physiologiques. Chantal m'avait lavé des hantises sexuelles propres aux garçons de mon âge. Ma réclusion n'avait pourtant rien de monacale, j'occupais l'essentiel de mon temps à l'observation des femmes mariées. Dans mon bestiaire féminin, l'épouse, la jeune épousée surtout, présentait la supériorité d'être potentiellement pécheresse. Son serment de fidélité, tel celui de chasteté des prêtres, la plaçait en première ligne de la tentation : la chair est si faible et le plaisir si fort.

Le clan des femmes, en choeur, chantait mes louanges : j'étais en avance, j'apprenais tout ce que je voulais... et moi de soupirer dans mon fors intérieur que j'échangerais tous les prix d'excellence du monde pour le corps d'une de ces femmes mariées qui ne peuplaient que mes rêves. Du haut de mes seize ans elles m'étaient inacessibles. Pour une fois, mon avance ne me servait à rien, ces dames allaient chercher dans des bras plus puissants le plaisir défendu. Comment auraient-elles pu imaginer que ce grand gamin, même s'il était dépourvu d'acnée, lorsqu'il pointait son regard noir sur elles, c'était pour les déshabiller avec une volupté dont les privaient leurs rustres amants ? Elles m'ignoraient. Ne pouvant pousser plus avant les feux de mon désir, et comme je ne pouvais user de ma plume, je restais encalminé. Sur mes cahiers secrets je brocardais leur mol abandon dans des bras si semblables à ceux de leur époux légitime. Quel manque d'imagination ! J'enrageais.

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10 novembre 2006 5 10 /11 /novembre /2006 00:05

La création de valeur est le concept à la mode avancé par les prédateurs lors d'une OPA inamicale pour séduire les actionnaires de la proie et emporter le contrôle du capital. Ainsi, en dépit de sa compétence reconnue et de sa communication tout azymut, Guy Dollé le PDG d'Arcelor, a été prié d'aller jouer ailleurs et les Indiens qu'il avait pris de haut se sont retrouvés aux commandes.

Le " groupe vin de France " depuis l'an 2000, à l'exception trompeuse de 2004, se caractérise par le concept de destruction de valeur. On peut en effet constater, qu'à potentiel constant, au cours de cette période, la valeur de la production s'est situé en moyenne à 500 millions d'euros au-dessous du chiffre d'affaires lui permettant de générer de la valeur. Il ne faut donc pas s'étonner que la moyenne du résultat par actif, déflatée par l'indice su prix du PIB, a été en chute libre de façon constante en atteignant des pourcentages à deux chiffres en 2002-2003 : - 25,2% et - 36,5% en 2004-2005 pour les vins d'AOC. La conclusion du rapport annuel d'activité 2005 de Viniflhor est sans appel " Avec un résultat agricole en chute - 36,5% le secteur viticole se retrouve à 50% au-dessous de son niveau des années 1998-1999." 

Dans tout autre secteur la conjonction de volumes abondants et de qualité avec une baisse des prix à la production devrait permettre sur les marchés extérieurs une reconquête des parts de marché perdues. Ce phénomène, même si on peut le constater sur certaines destinations, n'a pas - faute d'une force commerciale suffisante et de rigidités savamment entretenues par les tenants de l'immobilisme - pris une ampleur suffisante pour freiner l'érosion de la valeur. Sur notre marché domestique, où l'inélasticité de la demande est telle, la chute des prix n'apporte aucun consommateur supplémentaire et surtout continue  à dévaloriser l'image du produit. On peut continuer à gloser sur les efforts de promotion, l'éducation ou sur les ennemis du vin, le galvaudage de la valeur à des effets bien plus ravageurs.

Que faire, me direz-vous ? Sortir du tête à tête classique de l'économie de cueillette, destructrice de valeur, où à moyen terme tout le monde est perdant y compris ceux qui conjoncturellement empochent des marges. Comment voulez-vous bâtir des marques sur un tel système fondé sur le perdant-perdant ? Qui peut penser que la France du vin puisse retrouver de la vitalité en détruisant de la valeur dans le coeur de son propre marché ? Seuls les démagogues traditionnels, qui n'ont jamais vendu une bouteille de vin, en tirereront parti en pointant le doigt sur les habituels boucs émissaires. Le temps perdu ne se rattrappe jamais dit le bon sens populaire mais de grâce que le syndicat des bras croisés et des verbeux ait la décence de s'auto-dissoudre et de laisser les vrais opérateurs se mettre en position d'enclencher le cercle vertueux de la valeur... 

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9 novembre 2006 4 09 /11 /novembre /2006 00:05

- Les critiques gastronomiques sont-ils vendus ?
Disons qu'il y en a de moins honnêtes que d'autres. Ceux qui ne paient pas les additions et ceux qui ne les demandent même pas (rires). Tous les journalistes culinaires le savent. Quand ils s'annoncent sous leur véritable identité dans un restaurant, ils sont sûrs d'être traités comme des VIP. Avec trois cuistots autour de leur assiette. Et les meilleurs produits dedans. Forcément, cela fausse le jugement.
-
Dans votre livre, vous mettez également en cause la fiabilité des guides. Pourtant certains d'entre eux comme le Lebey indiquent le jour de leur venue dans le restaurant critiqué. N'est-ce pas un gage d'honnêteté?
- J'ai comparé les dates indiquées avec un calendrier. Certains jours, ils sont allés dix fois au restaurant. Mais le plus drôle, c'est que le jour qu'ils indiquent tombe parfois un dimanche, quand le restaurant est fermé... S'ils payaient et visitaient tous les restaurants dont ils parlent, cela leur reviendrait à 40 000 euros de notes de frais. Beaucoup trop cher pour des ventes assez limitées.
-
Vous n'êtes pas tendre avec la jeune génération, non plus ?
Autant la vieille garde est ronde, hédoniste, jouisseuse, autant les jeunes journalistes sont souvent maigrelets, tristes comme un jour sans pain, déjà blasés. Savez-vous que certaines critiques femmes se font vomir après un repas trop copieux ? Pour renouveler la critique et l'approche de la gastronomie, la génération a lancé le Fooding contre les institutions comme le Michelin ou le Gault-Millau. Très bien. Mais en multipliant les grandes manifestations un peu partout, ce mouvement a eu besoin de moyens, donc de sponsors. Souvent des grands groupes alimentaires. Résultat : ils ont été vite pris dans les rets d'un système qu'ils dénoncent par ailleurs.

Extraits d'un livre de Thierry Wolton publié chez Grasset "Bon Appétit, messieurs!". Celui-ci a été pendant quinze ans, alias Léon Fourneau, le critique gastro de "Elle". Il met les pieds dans le plat sans pour autant se décerner le titre de chevalier blanc de la profession.

Pour en rajouter une couche, je cite François Simon, critique du Figaro, unanimement reconnu comme respectant la déontologie de la critique, " La critique gastronomique est devenue une littérature courtisane, courtoise et lâche. Avec un niveau déontologie assez bas..." Vous allez me dire que je radote ou que je fais une fixation sur les critiques. Absolument pas, le critique et la critique sont indispensables au débat, mais c'est un art difficile qui exige de s'élever au-dessus des contingences matérielles et de ne pas se faire prendre les doigts dans la confiture. Alors, je me marre quand je vois certaines signatures au bas de Manifeste de défense de la pureté de notre divin nectar. Comment voulez-vous qu'un gugusse qui passe son temps à faire le "beau" à la TV puisse ensuite nous faire accroire que sa venue dans les restaurants passe inaperçue ? Rires ! Pour ce qui est de sa venue chez les vignerons c'est du même tonneau. Monsieur à droit aux égards dus à son rang, il ne boit que dans son verre à la con le Bibendum arrogant.

 

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