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28 novembre 2006 2 28 /11 /novembre /2006 00:02
Le jeudi 23 novembre 17 h 45 une dépêche AFP en provenance de Rome s'affiche à la Une de Yahoo ! France Actualités :
Italie : un Brunello di Montalcino élu meilleur vin 2006 au monde.

C'est le n°1 du TOP 100 de Wine Spectator,
- un 2001 Casanova di Neri (4830 caisses) 70$
suivent
- n° 2 Quileceda Creek cabernet sauvignon Washington 2003 (3400 caisses) 85$
- n° 3 Château Léoville-Barton St Julien 2003 (18330 caisses) 75$
- n° 4 Concha y Toro Cabernet Sauvignon Puente Alto Don Melchior 2003 (10500 caisses) 47$
- n° 5 Domaine du Pégaü Châteauneuf-du-Pape Cuvée Réservée 2003 (5830 caisses) 70$.

Quelques remarques en vrac :
- le meilleur score 98 est obtenu par deux vins français le Léoville-Barton et un Krug 1995,
- la France classe 3 vins dans les 10 premiers à égalité avec les USA, 15 vins dans les 50 premiers à égalité avec les USA,
- dans les challengers le Chili et la Nouvelle-Zélande classent 1 vin dans les 10 premiers,
- le premier vin australien est 43 ième,
- l'Espagne ne classe aucun vin dans les 50 premiers et propose la bouteille la moins chère en 67 ième position : 12$,
- les trois bouteilles les plus chères sont françaises : le Krug 224$, un Clos de Tart Mommessin 2003 200$, un Hermitage La Chapelle 2003 Paul Jaboulet 155$,
- dans les 100 : la France et les USA placent 28 vins chacun, l'Italie 11, l'Australie 10, le Chili, la Nouvelle-Zélande et le Portugal  4 chacun, l'Espagne et l'Argentine 3 chacun, Afrique du Sud et la Hongrie 1 chacun.
- Au total des places/nombre de bouteilles : les USA l'emportent d'une courte tête sur la France : 48,45 contre 48,85
- par grande région française Bordeaux place 10 bouteilles, la vallée du Rhône : 9, la Bourgogne la Champagne et la Loire 2, la Provence et l'Alsace 1 chacune.
- le chouchou français est incontestablement Châteauneuf-du-Pape avec 5 représentants.

Quelques petits commentaires :
- c'est sur Yahoo, c'est bien présenté, ça émane des USA, on tient notre rang mais on laisse la main à nos chers collègues américains, c'est vrai que ce sont eux qui achètent, donnent la tendance et font le marché,
- même si je ne suis pas friand de classements celui-ci donne la tendance et nous aurions tort de jouer les pas concernés,
- ce classement est très politique, redoutable car il met dans le même panier des vins qui ne font pas dans le même registre, un peu comme si on mettait dans le même hit parade une interprétation des concertos de Mozart pour violon et orchestre sous la baguette de Nikolaus Harnoncourt et le dernier tube de Robbie Williams,
- mais surtout expliquez-moi pourquoi, avec tous nos grands dégustateurs, tous nos faiseurs d'élégances,  n'avons-nous pas été capable de créer notre propre classement et de l'imposer comme référence incontestable ?

www.winespectator.com pour plus de détails




 

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27 novembre 2006 1 27 /11 /novembre /2006 00:04

" Oublié, les limousines, manteaux de fourrure et diamants gros comme le Ritz aux doigts de leurs épouses. Le dernier "joujou" à la mode lorsqu'on est une (très) grande fortune, c'est le vignoble. Un peu de terre dépassant de la semelle, ça a plus de chic qu'un de ces gadgets tape-à-l'oeil(...)
Pourquoi un tel engouement ? Bien sûr, les grands crus sont un symbole de luxe, de prestige, de la "fameuse exception française" (...)
Evidemment, le vignoble réunit toutes les "bonnes" valeurs de l'époque : la culture, le retour à la terre, l'amour de la simplicité (apparente), l'humilité face aux éléments, le goût de l'exception d'autant plus chérie qu'elle n'est à savourer qu'avec parcimonie. L'abus de grands crus, comme de bibine, nuisant gravement à la santé, voilà qui met tout le monde à égalité (...)

Une troisième raison, moins avouable, pourrait être...le régime fiscal. En effet, quand le fisc considère le vignoble comme un outil de travail, il peut exonérer son propriétaire de l'ISF, et le faire bénéficier d'abattements en cas de succession ou de donation (...)

Extrait de : Comment vendangent...les grandes fortunes signé Hélène Piot dans Challenges n°56 du 16 Novembre 2006.

C'est beau comme la futilité française, tout y est, une pincée de people de luxe, une dose de lieux communs, quelques gouttes de vraie foutage de gueule vis à vis du petit peuple, un kilo de mépris du vin de monsieur et madame tout le monde, un fumet d'une France rentière,  ce texte est a méditer par ceux qui se disent les porte-paroles de notre secteur. Nous avons bonne mine avec nos équivalents Airbus. Tout le monde s'en tamponne la coquillette. Que notre secteur soit à la veille d'une mutation aussi douloureuse que celle de la sidérurgie n'intéresse absolument pas nos "journalistes économiques". Il faudra attendre que ça saigne pour qu'ils viennent se pencher avec une commisération feinte sur les brancards...

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26 novembre 2006 7 26 /11 /novembre /2006 00:25

Le Comité de grève, réuni dans la salle des professeurs, recevait le Doyen, Claude Dupond-Pronborgne, flanqué de quelques professeurs, ceux qui ne s'étaient pas tirés, d'un paquet de maîtres-assistants et d'assistants penchant vers nous. Nous avions convoqué le Doyen - avec la dose de grossièreté qui sied à une assemblée dont c'était le seul ciment -  pour vingt heures, afin qu'il prenne acte de nos exigences. Pas question de négocier avec lui, même si nous n'étions d'accord sur rien, sauf de maintenir la mobilisation, il devait bouffer sa cravate. Sans protester, le Doyen et son dernier carré avait tout avalé. Tous arboraient le col ouvert, le tableau était pathétique. Tous à plat ventre, même Salin, l'un des futurs thuriféraires des papes de l'Ecole de Chicago nous donnait du cher collègue. Mais si eux étaient pathétiques nous, nous étions lamentables. Nous pratiquions une forme très primaire de langue de béton brut mal décoffré, grisâtre, granuleuse, du genre de celle qu'on utilise pour se lester avant de se jeter à la baille un jour de désespoir sans fond. " Sous les pavés, la plage..." Nous étions à cent lieux de la poésie de nos grafittis.


Vers onze heures, face à l'enlisement, je pris deux initiatives majeures : ouvrir en grand les fenêtres - le nuage de notre tabagie atteignant la cote d'alerte - et proposer une pause casse-croûte. Pervenche, avec son sens inné de l'organisation, à moins que ce fusse son atavisme de fille de chef, nous avait fait porter par le chauffeur de son père - sans doute était-ce là une application directe de l'indispensable liaison entre la bourgeoisie éclairée et le prolétariat qu'elle appelait de ses voeux - deux grands cabas emplis de charcuteries, de fromages, de pain et de beurre, de moutarde et de cornichons, de bouteilles poussiéreuses de Bordeaux prélevées dans la cave de l'hôtel particulier de la place Mellinet. Rien que de bons produits du terroir issus de la sueur des fermiers des Anguerand de Tanguy du Coët, nom patronymique de mon indispensable Pervenche. Quand au Bordeaux, le prélèvement révolutionnaire s'était porté sur un échantillon représentatif de flacons issus de la classification de 1855. Face à cette abondance, la tranche la plus radicale du Comité hésitait sur la conduite à tenir : allions-nous nous bâfrer en laissant nos interlocuteurs au régime sec ou partager avec eux notre pitance ? Ces rétrécis du bocal exigeaient un vote à bulletins secrets. A dessein je les laissais s'enferrer dans leur sectarisme.


Sans attendre la fin de leur délire je sortais un couteau suisse de ma poche, choisissais la plus belle lame et tranchais le pain. Face à ce geste symbolique le silence se fit. De nouveau je venais de prendre l'avantage sur les verbeux, leur clouant le bec par la simple possession de cet instrument que tout prolo a dans sa poche. Eux, l'avant-garde de la classe ouvrière, à une ou deux exceptions près, en étaient dépourvus. Dupond-Pronborgne étalait sur sa face suffisante un sourire réjoui : il exhibait un Laguiole. Je lui lançais " au boulot Doyen, le populo a faim ! " Spectacle ubuesque que de voir notre altier agrégé de Droit Public ambeurrer des tartines, couper des rondelles de saucisson, fendre des cornichons, façonner des jambons beurre avant de les tendre à des coincés du PCMLR ou des chtarbés situationnistes. Nous mâchions. Restait le liquide et là, faute de la verroterie ad hoc, nous séchions. Se torchonner un Haut-Brion au goulot relevait de la pire hérésie transgressive dans laquelle, même les plus enragés d'entre nous, ne voulait pas tomber. Que faire ? Face à cette question éminemment léniniste, nous dûmes recourir à l'économie de guerre, c'est-à-dire réquisitionner les seuls récipients à notre disposition soit : trois tasses à café ébréchées, oubliées là depuis des lustres ; deux timballes en fer blanc propriété de deux communistes de stricte obédience qui les trimballaient dans leur cartable, un petit vase en verre soufflé et quelques gobelets en carton gisant dans une poubelle.  

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25 novembre 2006 6 25 /11 /novembre /2006 00:05
Pour ceux d'entre vous qui ont perdu le fil ou pour ceux qui débarquent sur ce blog, depuis le samedi 7 octobre il vous est proposé de découvrir, le samedi et le dimanche, une fiction écrite, au jour le jour, en direct. Alors pour les plus courageux reportez-vous au : 7-8-14-15-22-28-29 octobre 4-5-11-12-19- 20 novembre. Bonne lecture au coin du feu.

Sur l'estrade la foire d'empoigne, entre la nébuleuse, pileuse et hirsute, des multiples groupuscules politico-syndicaux, pour prendre la direction du mouvement faisait rage. Contraste étonnant entre le joyeux bordel de la base et la teigne des apparatchiks, image saisissante de ce que ce mouvement véhiculera d'images contradictoires. Les émeutes du Quartier Latin, relayées par les radios périphériques, l'ORTF étant muette, nous avaient électrisés, la bonde était ouverte et plus rien ne semblait pouvoir arrêter le flot de nos délires. Pour ma part, même si je restais encore en retrait, sous l'action conjuguée de Pervenche l'insurgée et du grand Boulineau, j'appréciais l'irruption dans ma vie de coq en pâte d'une forte dose d'extraordinaire. Sans que je puisse l'expliquer, ce chaos naissant m'apparaissait comme une chance à saisir,un temps où tout devenait possible, un moment d'histoire dont j'allais être acteur.

Tout est allé très vite. Lors d'une brève accalmie sur l'estrade, je me levais pour me saisir du micro et, face à l'amphi bruissant, au lieu de brailler comme mes prédécesseurs, de servir des tonnes de camarades, de proclamer ma foi en la révolution prolétarienne, de faire allégeance à une bannière, sur le ton de la confidence je me suis entendu me présenter comme le porte-parole de ceux qui n'avaient jamais eu la parole. Très vite le silence se fit. Etonnés, pris de court, les chefs de meutes ne purent que me laisser faire. Alors, sans trémolo ni grosse caisse, j'ai parlé des gens de peu de mon pays crotté, de notre servitude séculaire, de toutes ces années de génuflexion et de tête baissée. Des milliers de paires d'yeux me soutenaient. J'enchaînais sans élever la voix, en disant que le temps du silence, de la frustration et de l'obéissance venait de prendre de fin. On m'applaudissait. Je levais la main et l'amphi refaisait silence. J'osais. Oui cette parole arrachée à ceux qui nous en privaient nous n'allions pas nous la faire confisquer par d'autres. Les nouveau chefs conscients du danger voulaient me jeter. L'amphi grondait. Ils reculaient. Alors, avec un aplomb que je ne soupçonnais pas, je proposais l'élection d'un Comité de grève. L'amphi m'ovationnait. Immédiatement je me portais candidat en tant que représentant des étudiants salariés. A mains levées il m'élisait. Tout étourdi de mon audace je rendais le micro à Dieulangard, leader de la tendance dure des Maos Spontex, qui me toisait.

" T'es qui toi ? "
- Un mec qui va te marquer à la culotte...
- Faudra d'abord ôter tes couches branleur !
- Et toi compter sur les doigts d'une main tes clampins décervelés...
- Tu nous cherches ?
- Non camarade je t'explique que le rapport de force est en ma faveur et faudra que tu en tiennes compte...
- Que tu dis...
- C'est pas ce que je dis bouffeur du petit Livre Rouge. C'est ! Regarde bien cet amphi. Ta Révolution, versus longue marche, ils s'en branlent. Ce qu'ils veulent c'est que ça change même s'ils ne savent pas ce qu'ils veulent changer...
- T'es qu'un petit bourgeois vérolé ! Tu n'as aucune perspective historique...
- Coupes ton magnéto petit Mao je connais par coeur tes sourates...
- On t'écrasera comme une punaise !
- Avec tes potes staliniens versus Budapest...
" Libérez nos camarades...Libérez nos camarades..." L'amphi
tonnait.
 

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24 novembre 2006 5 24 /11 /novembre /2006 00:03

Françoise Giroud, qui avait le sens de la formule assassine, écrivit à propos de la campagne calamiteuse de Chaban en 1974 "on ne tire pas sur une ambulance". Comme elle j'ai le même souci de commisération à propos du quasi-flop de l'opération Vinplissime. Je ne joindrai pas ma voix aux ouvriers de la dernière heure qui crient haro sur le baudet puisque, dès la première heure, j'ai fait part ici de mes doutes. J'ai même été jusqu'à brûler des cierges pour qu'elle soit un succès. Force est de constater que ce qui était prévisible a été la triste réalité d'un produit incolore, inodore et sans saveur, ce qui, comme chacun sait est la définition de l'eau.

Devant les vignerons de la Cave de Tain, le président d'une grande interprofession a déclaré que c'était un accord historique que de voir Vins d'AOC et Vins de Pays faire campagne de conserve. J'en conviens aisément mais, pour autant, ces grandes retrouvailles parisiennes entre les présidents Saliès et Moreno méritaient mieux qu'un petit brief d'agence concocté par un quarteron de permanents, trop préoccupés de faire plaisir à l'ensemble de leurs mandants. Comme le disait Antoine Verdale, expert en la matière, le revenant-bon, sorte de pluie fine arrosant au plus large les contribuables de la CVO, n'est pas ce qui se fait de mieux dans le domaine de l'efficacité. Etrange calcul de ceux qui, comptables des deniers prélevés sur l'ensemble, au lieu de viser la cible, les jeunes urbains désinvestis, se font plaisir en pensant faire plaisir au plus grand nombre de viticulteurs.

Choisir ! Vouloir séduire des jeunes urbains désinvestis en leur disant que le vin c'est Vinplissime c'est accepter le message simple. Au lieu de cela on leur a servi la tambouille habituelle sur les vins de France. Bien sûr mettre en avant les vins simples, les vins bien dans leurs baskets, ceux qui ne se prennent pas au sérieux c'était choisir, déplaire à certains, mais sommes toutes se donner les moyens de séduire. Quand on drague, ce qui n'est plus le privilège des mecs, quand on fait dans le registre de la séduction, on évite de faire dans le pédago lourdo, dans le style je vais vous expliquer, je vais vous éduquer... Pour séduire il faut savoir faire rire et, n'en déplaise aux hygiéno, ya pas mieux que le vin pour dérider les plus pincées ou pincés. Alors privilégions le B.A-BA du dragueur versus Dutronc chantant " le dragueur des supermarchés"
Il est sympa et attirant,
Mais méfiez-vous c'est un truand,
C'est le dragueur des supermarchés,
Celui qui porte les paniers,
Et qui s'occupe de vos bébés,
Le Dom Juan des ménagères,
Avec son coeur de camembert...

Là, vous vous dites, le Berthomo fait une poussée de déliro. Mais non, mais non, c'était juste une transition pour poser la question : les galeries marchandes sont-elles les lieux idéaux pour draguer les jeunes urbains désinvestis ? En attendant la réponse messieurs les présidents permettez-moi de vous interpeler : et si l'année prochaine vous investissiez trois sous dans les Assises de la Convivialité, ça vous coûterait pas cher et ça pourrait vous rapporter gros...

Pour ceux qui s'ennuient le dimanche, et qui ont le sens de l'humour, je leur conseille d'aller visiter : le Vignoble du Bourg Royal www.vignoblebourgroyal.com    

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23 novembre 2006 4 23 /11 /novembre /2006 10:25

Il est arrivé jeudi dernier. Moi, comme j'ai été soumis aux fantaisies de la Postale, " Le Beaujolais nouveau est arrivé " samedi. Bref, avec une semaine de retard, je cède la plume à René Fallet. Je vous offre quelques extraits. C'est gentiment désuet mais ça fait plus de bien que les pauvres mots lourdauds de Perrico...

Et le Beaujolais nouveau arriva.
Et du Nord au Midi, comme tous les 15 novembre, un printemps d'affichettes bleu ciel, rouges, orange, vertes, fleurit aux vitrines des débits de boissons, pour annoncer aux passants mornes que le petit Jésus du vin était né. Et les passants mornes s'éclairaient à la vue de ces papillons, et une goutte de rubis tombait sur leur vie grise, leur demeurait à la lèvre en confetti de sang...
LE BEAUJOLAIS NOUVEAU EST ARRIVE !!! Ce Te D
eum éclatait sur Paris, sur toutes les grandes villes, roulait dans leurs artères, chantait Montmartre et Contrescarpe, défilait dans la rue StDenis, tintait louis d'or sur tous les zincs où se pressait le peuple pour voir et toucher le divin enfant de l'année (...)
Le Beaujolais nouveau est arrivé, la fête est revenue pour quelques jours, fête tuée par l'armée des pisse-vinaigre mais ressucitée en cachette par les chante-la-joie increvables comme elle (
...)
Le Beaujolais nouveau est arrivé ! Coquinet de la cuisse, un poil canaille, sans soutien-gorge, un rien pute, léger et court vêtu, un brin muguet, un brin de fille, un doigt de Dieu, un doigt de cour. Il coulait source dans les hommes, il ne repartirait qu'en leur laissant au coeur le plus clair de la vie, la vertu d'un sourire (...)
Il voyageait aussi, ce doux cul-terreux de la Saône, ce joli voyou de la Guillotière, que les anciens paraient du nom superbe et royal de " Fils de l'amour ". Il prenait l'avion, ce fils de la terre, et s'en allait à l'autre bout, fils du soleil, porter la bonne parole, la bonne aventure aux quatre coins, chez les Anglais, les Canadiens et les Américains. New Beaujolais is here ! En Allemagne et en Belgique, ce fafardet soufflait la mousse de la bière, le temps d'une embellie. En Suisse, sonvoisin et son premier client, il prenait l'accent de Lausannne pour crier "coucou!" dans le fond des bouteilles.
" Me voilà, je suis arrivé ! ", commençait-il partout. Et puis il pérorait avec les mains, bousculait l'éventail politique, perdait le fil, le retrouvait, touchait une paire de fesses par-ci, une paire de seins par-là, tendrement dingue, si gentiment zin-zin qu'on lui pardonnait tout ainsi qu'à un enfant gâté.

La suite à l'avenant, ça fleure bon la gaudriole à la Bérurier, qui carburait au Juliénas, ça sonne comme du Brassens paillard, ça ne se prend pas le chou, c'est gentiment déconnant, un autre temps. Le temps de la France des années 75, tristounette, post-pompidolienne avec sa voie sur berge et ses tours, celle des éboueurs à Elysée et de la majorité à 18 ans...

Pour moi ce n'est juste qu'une piqure de rappel pour que vous cessiez de penser que le Beaujolais n'existe plus une fois passée cette belle journée. On peut en boire toute l'année. Je vous préviens que, lors des Assises de la Convivialité, Bernard Pivot, qui est très à cheval sur le sujet, vous fera réciter la litanie des crus du Beaujolais, du plus corsé au plus fruité : Moulin-à-Vent, Juliénas, Morgon, Chenas, Fleurie, St Amour, Régnié, Brouilly et Chiroubles...

 

 

 

 

 

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22 novembre 2006 3 22 /11 /novembre /2006 00:33


PROVERBE AFRICAIN

Tous les matins, en Afrique, une gazelle se réveille.
Elle sait qu'elle doit courir plus vite que le plus rapide des lions,
sans quoi elle sera dévorée.
Tous les matin, un lion se réveille.
Il sait qu'il doit rattraper la moins rapide des gazelles,
sans quoi il mourra de faim.
Peu importe que vous soyez un lion ou une gazelle.
Quand le soleil se lève, il est temps de courir.

Dans notre doulce France nous venons de vivre l'épisode avec la gazelle et les deux éléphants, mais c'était dans une petite réserve ... Le prochain épisode, sur un terrain plus large, verra la gazelle et le jeune lion, entourés d'animaux de tout poils, des chevaux de retour, des chiens de garde, des qui se pareront de plumes, d'autres qui n'auront de cesse de donner des coups de griffes à ceux des concurrents dont ils veulent accaparer l'écuelle, peut-être qu'yora un chasseur, dont on se demande bien ce qu'il fiche dans cette affaire, sur qu'yora des amis des animaux, y'aura aussi des pêcheurs en eau trouble et, le jour dit, y'aura sans doute des pêcheurs à la ligne, mais eux, toujours spectateurs, se contenteront du yaka fokon et du onvoulavaibiendi...

Le Général avait, dit-on, traité les français de veaux, lui qui était entouré de godillots, mais de nos jours dans notre beau pays on croise beaucoup d'autruches dont on sait qu'elles sont le plus grand volatile actuel, incapable de voler, mais capable de courir vite et de se mettre la tête dans le sable face au péril. Alors n'en déplaise aux pourfendeurs de la génération baby-boom, je reprends un grafiti de 68 qui me semble ne pas avoir pris une ride " Cours camarade, le vieux monde est derrière toi..."  sauf que pour le relifter je grafiterais aujourd'hui au choix " Cours bobo (altermondialo, écolo, libero, socialo...) , le vieux monde est derrière toi..."

Note de bas page : sous son dessin Chaval  avait écrit Pac !!!   lui qui ne mettait presque jamais de légende. Comme c'est étrange ne trouvez-vous pas...

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21 novembre 2006 2 21 /11 /novembre /2006 00:45


  Questions :

1° Pouvez-vous traduire l'inscription écrite en alphabet cyrillique ?

2° Cet objet copie quoi ?

3° Est-ce-que ça se boit ?

4° Si oui c'est quoi comme breuvage?

Note du chroniqueur qui lui n'a pas bu : c'est du marketing russe, hard, l'ensemble est un racourci saisissant entre l'ex-URSS et la nouvelle Russie...

A vos clics mes chers lecteurs...

Initialement cette chronique était prévue pour lundi dernier et comme ça devait être la première illustrée d'une photo je l'avais, avec ma pertinence habituelle (chevilles enflées) titrée : la nouveauté du lundi. L'actualité de vendredi ayant bouleversé mes savants plans je vous sers aujourd'hui la nouveauté en réchauffé. D'où le titre : la nouveauté éventée du lundi publiée le mardi. Désolé de tant de complexité mais que ça ne vous empêche pas de répondre à mes questions ou de me demander les réponses...

 

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20 novembre 2006 1 20 /11 /novembre /2006 00:05

Après la folle nuit du 10 au 11 mai où la rue Gay Lussac donna aux évènements son vrai parfum de chienlit insurrectionnelle, le grand amphi de la Fac débordait. Au premier rang, très entouré, je donnais des nouvelles fraîches du front. Mon informateur, Armand Boulineau, avec qui j'avais usé mes fonds de culotte à l'école Ste Marie, venait tout juste d'émigrer sur le Boul'Mich pour faire le serveur. " Toi Benoît tu peux comprendre. Même si faire le larbin en terrasse n'est pas toujours très marrant, c'est tout de même mieux que de rester aux culs des vaches à crever la dalle, sans un, sous les horions du vieux Boulineau..." Depuis le début des évènements, il me passait des coups de fils chez ma vieille pour me tenir au courant. L'Armand ça lui donnait une pêche d'enfer que de voir ces petits bourges casqués, masqués de foulards, en baskets donner le tournis aux mobiles. L'avant-veille de la fameuse nuit le grand Boulineau m'annonçait son ralliement à la cause du peuple, enrôlé par Violette, une chouette nana de la Sorbonne, " une tête mon Benoît...et je t'en dis pas plus...mais après la bataille le repos du guerrier c'est pas dans les livres qu'on le trouve..." Vu sa carrure, son double quintal et ses pognes larges comme des battoirs de lavandière, l'Armand Boulineau du Grand Douard en abattait comme dix petits enragés.

Le 10 mai j'étais rentré tard rue Noire. Alors qu'en Lettres les anars tenaient le haut du pavé et commençaient à lupanariser leurs locaux flambants neufs, en Droit, le mouvement pataugeait, les chefs se marquant à la culotte. Moi je frayais dans tous les cercles et je me contentais de siffler des bières tièdes en écoutant les barbus ratiociner sur leurs obsessions programmatiques. Ma vieille baveuse goûtait modérément mes horaires erratiques. Elle bougonnait en glaviotant du dentier sans me prendre de front. La télé officielle apeurait le bon peuple et, comme sous ma tronche de propre sur lui je pouvais planquer un suppôt de la révolution, elle se méfiait. Ce soir là j'étais tombé dans un sommeil lourd et je dormais comme un sonneur de vèze quant, à 7 heures du matin, je fus réveillé en sursaut par une main dure. Emergeant d'un coaltar cotonneux j'eus une vision d'horreur : une bouche sans dent et la réplique hirsute d'un balai de fragonnette me surplombaient. La bouche chuinta.
- Votre ami vous demande au téléphone...
Les yeux globuleux et irrigués de sang me fusillaient. Comme je dormais nu mon lever intempestif extirpa de la bouche molle une bordée de flatulences fétides. D'un geste ample je m'emballai dans ma vieille robe de chambre en grommelant un " je suis désolé..." peu crédible.

Le Léon, à l'autre bout du fil, chuchotait. " T'étonnes pas mon Benoît on se planque, ça fait plus d'une heure qu'on s'est réfugié dans un hôtel. On est dans le noir. Moi je suis au standard. Le gardien est reparti pousser son roupillon. Les autres sont installés dans des chambres aux étages. Faut pas que les bourrins flairent notre présence. Pour l'instant y z'ont pas encore pointé leurs truffes. Tu comprends, vers 6 heures ça devenait difficile de continuer de les ballader dans le quartier alors on a eu l'idée d'ouvrir la porte de cet hôtel. Comme les casqués entraient de force chez les particuliers pour ramasser du manifestant on s'est dit que, cons comme ils sont, y penseraient pas à venir nous chercher là. Les filles mouillaient de trouille de tomber entre leurs pognes. Faut dire qu'y z'y vont de bon coeur les boeufs. On les a tellement fait chier qu'y z'ont le tournis les brutes épaisses. Y font la connerie de leur vie. Les bourgeois du quartier y sont horrifiés de voir pisser le sang de leurs mouflons. Bon va falloir que je te laisse car y faut que nous sortions de cette souricière. Moi, avec ma gueule de péquenot, je peux pointer mon nez dehors sans qui m'emballent. Tu sais Benoît je crois que la mayonnaise prend. Faut que vous vous bougiez le cul en province. Crois-moi si ça part de tous les côtés y sauront plus par quel bout la prendre cette affaire..."  

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19 novembre 2006 7 19 /11 /novembre /2006 00:06

Je vivais de peu, arrondissant mon petit pécule comme pion à mi-temps dans une boîte de curés, mais je vivais bien de pâtes, d'oeufs au plat et de riz au lait. Sapé comme un prince par ma très chère maman j'étais un privilégié car je logeais en ville. Un rez-de-jardin, rue Noire, dans le pavillon d'une vieille baveuse pour qui j'assurais l'approvisionnement et la maintenance de sa chaudière à charbon. Certains soirs, lorsqu'elle s'ennuyait, je devais me taper un petit sherry avec des gâteaux secs en sa compagnie. C'est dans sa salle à manger Henri III, sur la chaîne unique, que j'ai vu Marcel Barbu, candidat à la première présidentielle au suffrage direct, en 1965, pleurer. Beaucoup de mes copains ou copines, fauchés, vivaient à la Cité U de la Jonelière, loin du centre, dans des piaules de neuf mètres carrés, meublées dans le style fonctionnel des prisons. Passé vingt-deux heures ils étaient coupés de tout, crevaient d'ennui et, pour couronner leur solitude, ils subissaient un réglement intérieur digne d'un internat de jésuites : interdiction de bouger les meubles, d'accrocher des photos aux murs, de manger dans sa piaule. La cerise sur ce gâteau déjà lourd était, bien sûr, l'interdiction faites aux jeunes mâles d'accéder au pavillon des filles.

La revendication de la mixité horrifiait beaucoup des mères dans les salons où je traînais encore mes guêtres. En les écoutant décrire l'effondrement des valeurs morales qui s'ensuivraient, je balançais de leur rétorquer que leurs filles n'avaient de cesse de m'offrir, sous leurs jupes plissées, les mêmes avantages à domicile. Mais, à quoi bon m'offrir ce plaisir, j'étais déjà ailleurs, loin des appats vénéneux de ces oies blanches des beaux quartiers. Lors d'un dîner, le recteur d'Académie, un gros au teint apoplectique, enserré dans un costume trois pièces à rayures tennis, qui le faisait ressembler à un parrain de la Cosa Nostra, en tirant sur son havane, et en sirotant son Armagnac hors d'âge, devant la basse-cour décatie, avait conclu sa brillante analyse de la situation, d'une remarque de haute portée morale " Hier, ils réclamaient des maîtres ; maintenant, ils leurs faut des maîtresses..." Tout le monde s'était esclaffé, sauf Pervenche, la fille de la maison, et moi. Elle m'avait chuchoté dans l'oreille " on monte dans ma chambre sinon je dis à ce vieux satyre qu'il parle en expert puisqu'il se fait maman..."

Notre sortie de table me procura une satisfaction proche de l'extase. Pervenche me tirait à bout de bras. C'était une grande bringue, plate comme une limande, avec de grands yeux de cocker et un casque de cheveux coupés courts. Je souriais bêtement. Ma serviette accrochée à ma ceinture flottait comme un drapeau blanc entre mes cuisses. Le silence s'était fait d'un coup. Anne-Françoise, la mère de Pervenche, pressentant le danger d'une remarque assassine de sa fille unique, fit front avec panache. Elle se leva, souriante, " et si nous laissions ces messieurs à leurs cigares et à leur envie de parler politique entre eux, sans que nos babillages féminins ne les importunent..." Nous étions déjà proche de la sortie. Pervenche se retournait. Pour l'amour et les beaux yeux verts de sa mère, à mon tour, je la tirais vers le hall. Elle trébuchait. Lâchait un " merde alors " sonore. Je la rattrappais au vol. "Tu la boucles sinon je me casse ". Ma nuit avec Pervenche fut ardente et studieuse. Je découvris les condoms. Ma partenaire insasiable pendant que je reprenais des forces, calée dans les oreillers, me parlait de Dany le rouge, le révolutionnaire joyeux qui se méfiait des bolchevo-staliniens, des marxistes à la triste figure, des prophètes sentencieux portant sur leurs chétives épaules tous les malheurs de l'humanité. C'est donc dans un lit douillet d'un hôtel particulier de la place Mellinet que je fis mes premiers pas de révolutionnaire dans les bras d'une adepte du mouvement du 22 mars.  

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