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7 décembre 2006 4 07 /12 /décembre /2006 01:03

Poppée, la femme de Néron, avait cinq cents ânesses qui lui fournissaient le lait dans lequel elle se lavait. L'élégant Brummel, alors qu'il était en prison pour dettes à Caen, se faisait apporter dans sa cellule du lait qui servait à ses abblutions. Quant à madame Tallien, elle affectionnait particulièrement les bains aux fraises écrasées, mélangées à des framboises très mûres. Law, le financier de papier, ajoutait des jaunes de cent oeufs à son bain. Parfois il se servait de bouillon de veau et ce fut lui qui lança la mode des escalopes appliquées sur la peau.

Au XVIIIe les femmes de cour firent fréquemment usage des bains de vin. Un marchand de vin, adepte du marketing de l'offre, recommandait pour ce faire son fameux vin de Malvoisie. Son annonce ajoutait " le même vin peut être employé au moins cent fois si l'on a le soin de le remettre, après chaque bain dans le tonneau " Encore une étrange histoire de vin dans le bois, et de c..(à vous de compléter) dans le vin, le débat du être rude entre les marchands de vin et les prudes, les purs, pas vrai Perrico !

Pour rassurer ceux d'entre vous qui m'ont cru déprimé, en plein blues, alors que j'exprimais un peu de lassitude face à votre attente plon plon de joyeux consommateurs, imaginez que pour les assises de la convivialité nous remettions à la mode les bains de vin, unisexe cette fois-ci, du vin de France, du blanc frizzante, en jaccusi, sur l'esplanade des Invalides, avec des palmiers en pot, ça ferait terriblement tendance, la balnaothérapie of wine, le must waouh ! Nous pourrions avec nos amis éleveurs d'ânesses, producteurs de fraises et de framboises proposer une palette extraordinaire de bains de jouvence aux pauvres urbains gris et désinvestis.

 

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6 décembre 2006 3 06 /12 /décembre /2006 00:04

 

Qu'est-ce que l'histoire ? Où se joue-t-elle ?
Quand on lit une de ces relations historiques classiques dont on oublie trop souvent qu'elles contiennent le contour des choses et non les choses elles-mêmes, on est tenté de croire que l'histoire se joue entre quelques douzaines de personnes, qui "gouvernent les destins des peuples", et dont les décisions et les actes produisent de qu'on appelle ensuite "l'Histoire". L'histoire de la décénie présente apparaît alors comme une sorte de tournoi d'échecs entre Hitler, Mussolini, Tchang Kaï-chek, Roosvelt, Chamberlain, Daladier, et quelques douzaines d'autres hommes dont les noms sont plus ou moins dans toutes les bouches. Nous autres, les anonymes, sommes tout au plus les objets de l'histoire, les pions que les joueurs d'échecs poussent, laissent en plan, sacrifient et massacrent, et dont la vie, en admettant qu'ils en aient une, se déroule sans la moindre relation avec ce qu'il advient d'eux sur l'échiquier où ils se trouvent sans le savoir.

Un fait indubitable, même s'il semble paradoxal, c'est que les évènements et les décisions historiques qui comptent vraiment se jouent entre nous, entre les anonymes, dans le coeur de chaque individu placé là par le hasard, et qu'en regard de toutes ces décisions simultanées, qui échappent même souvent à ceux qui les prennent, les dictateurs, les ministres et les généraux les plus puissants sont totalement désarmés. Et c'est une caractéristque de ces évènements décisifs qu'ils ne sont jamais visibles en tant que phénomène de masse, en tant que démonstration de masse - sitôt que la masse se présente en masse, elle est incapable de fonctionner -, mais toujours comme le vécu apparemment privé de milliers et de millions d'individus (...)

Dans l'histoire de la naissance du Troisième Reich, il existe une énigme non résolue, plus intéressante me semble-t-il que la question de savoir qui a mis le feu au Reichstag. Et cette question, la voici : où sont donc passés les Allemands ? Le 5 mars 1933, la majorité se prononçait encore contre Hitler. Qu'est-il advenu de cette majorité ? Est-elle morte ? A-t-elle disparu de la surface du sol ? S'est-elle convertie au nazisme sur le tard ? Comment se fait-il qu'elle n'ait eu aucune réaction visible ?

Tous mes lecteurs, ou presque, auront connu tel ou tel Allemand, et la plupart trouveront que leurs amis allemands sont des gens normaux, aimables, civilisés, des hommes comme les autres - mis à part quelques particularités nationales comme chacun en possède. Presque tous, en entendant les discours prononcés aujourd'hui en Allemagne (et en voyant les actes qui y sont perpétrés), penseront à ces Allemands qu'ils connaisent et se demanderont avec stupéfaction : Que sont-ils devenus ? Font-ils vraiment partie de cette maison de fous ? Ne voient-ils pas ce qu'on fait d'eux et ce que l'on fait en leur nom ? Vont-ils jusqu'à l'approuver ? Qu'est-ce que c'est que ces gens là ? Que faut-il penser d'eux "

Extrait de Histoire d'un Allemand souvenirs 1914-1933 Sebastian Haffner Actes Sud collection un endroit où aller

 

 

 

 

 

 

Je vous conseille vivement la lecture de ce témoignage d'un homme ordinaire

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5 décembre 2006 2 05 /12 /décembre /2006 00:02

 

Dans les travées de Vinitech il se murmurait que monsieur rapport, vous savez l'animateur d'un groupe stratégique pour horizon lointain et maintenant incertain, oui le chroniqueur un peu zinzin des petits matins sur la Toile, un type qui se dit le créateur d'un machin au nom américain, un truc imprononçable, un ThinksTank à l'appellation incontrolée " Sans Interdit ", serait la plume de... Oui de... C'est pas possible... Mais si on me l'a dit... Vous en êtes sûr ? Puisque je vous le dis qu'on me l'a dit... Des gens bien informés me l'ont assuré : il prêterait sa plume pour que notre divin nectar soit enfin reconnu à sa juste valeur là où il faut..

L'intéressé, informé comme il se doit par un journaliste, se contenta de sourire. On ne prête qu'aux riches, se dit-il dans sa petite Ford intérieure. Par bonheur, au lieu d'arborer la casaque (voir photo) dont il s'était vêtu à Vinisud, et qui avait fait jaser, plus sagement il s'était revêtu de son costume Kennedy bleu, bleu de l'encre bleue de notre enfance. Sur le grand écran du débat de l'après-midi, le coquet, bobo pour les uns, industrialo pour les autres, sans se soucier des rumeurs sur le fait qu'il serait la plume de..., animait. Il animait avec le brio qu'on lui connait un savant débat sur la réforme de l'OCM Vin. Désolé mais faut bien vanter la camelote pour qu'elle se vende, chers lecteurs.

Tout ça serait resté une petite brise de mer dans les branches de safafras si, revenant à la charge, un journaliste, prenant la chose très au sérieux lui déclara, quelques jours après, qu'il allait publier un écho sur cette importante nouvelle. Diantre, se dit-il, calfatons. Que faire ? Allait-il monter sur un tonneau pour démentir : " non je ne suis pas la plume de... " ? C'eut été stupide. Alors que fit-il, le bougre ? Très simplement, il rappela au journaliste son pedigree chargé, insista sur la couleur de sa casaque qui ne faisait pas de lui le leader du Giro, pointa son index sur son étiquette contenant toutes les mentions obligatoires qui lui avaient valu quelques déboires, même la splendeur d'un placard doré... Bref, qu'il ne fallait tout de même pas pousser le bouchon trop loin, que tout ceci était une affaire privée, que monsieur rapport avant d'être un écrivain public était un citoyen.

Je me doute que certains d'entre vous vont encore me reprocher que mon histoire de ce matin est aussi claire que du jus de boudin, codée grave, pleine de références aux gens d'en haut. J'en conviens volontiers mais je pense que vous comprendrez que si je nommais celle à qui je suis sensé prêter ma plume ce serait à la fois désobligeant pour elle, et trop flatteur pour moi. Comme le chante l'impayable Florent Pagny nul n'attentera à ma liberté de pensée mais sachons raison garder, tout plumitif que je fusse, je ne prêterai jamais ma plume. Je la donnerai, et comme le dit la contine donner c'est donner, reprendre c'est voler. A chacun sa plume, seules les idées comptent. Et là, je suis tout disposé à ce que mes vieilles idées, une fois recyclées - c'est mon côté faut pas gâcher - deviennent des idées neuves

   

 

 

 

 

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4 décembre 2006 1 04 /12 /décembre /2006 14:30

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J'aimais beaucoup Claude Jade, je n'ose pas écrire comme François Truffaut, mais presque, car moi c'était Christine Darbon, la fiancée d'Antoine Doinel dans Baisers Volés, que j'aimais. La " petite fiancée du cinéma français " est morte d'un cancer. Elle avait mon âge, 58 ans. A la télé pas un mot de la Béatrice, mais un long sujet sur les décérébrés supporters du PSG, de beaux jeunes gens, xénophobes, racistes, qui comme tous les bons français qui veulent exprimer leur réprobation défilait dimanche à Paris.


Bons Baisers Claude, à bientôt, la prochaine fois que je regarderai Baisers Volés je te demanderai, comme le fait Jeff Daniels dans la Rose Pourpre du Caire, de quitter l'écran et nous irons prendre un verre. Tu me confieras, sans te départir de ton incomparable petit sourire rieur, que la première fois où François te rencontra il dit que tu avais l'air d'être dans un salon, ça l'avait beaucoup amusé parce que tu répondais : " Oui Monsieur, bien Monsieur." Tu avais dix-neuf ans et, quittant Dijon, tu venais de monter à Paris où tu tenais un rôle dans la pièce de Pirandello, Henri IV, montée par Sacha Pitoëff... Bon je m'arrête car je serais fichu de pleurer.

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4 décembre 2006 1 04 /12 /décembre /2006 00:04

Chers lecteurs, je n'abandonne pas, comme certains on crut le lire, je continue différemment(lire le texte qui suit), en élargissant mon angle de vision, sans me restreindre au seul combat du vin, et bien sûr je reste disponible pour ceux d'entre vous qui voudront contribuer à faire des Assises de la convivialité, l'évènement des amoureux du vin. Encore faudrait-il que vous m'aidiez à élargir le cercle : par exemple en diffusant l'adresse de ce blog, ou en me faisant parvenir des adresses e-mail, ce que peu d'entre vous on fait... 


Quelques coups de pagaie et je m'aperçus que nous allions donner droit sur un vaste entonnoir, creux d'un bon mètre en son centre. J'eus une seconde d'hésitation : barrer à droite, à gauche ? Ma tête me dit de barrer à droite, pour écarter la pointe de cette cible où nous allions nous planter.


Mais c'était aussi offrir le flanc à la force d'attraction croissante, qui nous happa par le travers. Toutes les têtes se tournèrent vers moi. J'allais perdre le contrôle de l'embarcation et nous basculerions inexorablement au fond de l'entonnoir dans un tête-à-queue.


La voix du capitaine lança un ordre bref, cinglant, courroucé, et ma pagaie se redressa, visant le tourbillon ; nous l'effleurâmes de la pointe et il nous lança au loin comme une flèche en tangente, de toute sa force devenue centrifuge
.
C'était cela qu'il fallait faire, aller dans le sens du danger, le toucher du bout du doigt de telle façon que sa force elle-même nous rejette après nous avoir attirés.


Eussé-je écouté le corps de la pirogue, accepté spontanément que mon propre corps en fût partie intégrante, je n'aurais pas fait cette faute. Au lieu de quoi, placé dans une situation nouvelle, je m'étais précipatemment réfugié dans ma tête close, et ses raisonnements abstraits, et nous avions failli naufrager. Six mois à l'école des Indiens n'avaient donc pas suffi : j'étais encore indécrottablement rationnel, prétentieux, timoré et avare dans ce dedans de ma tête de Blanc qui croit détenir le pouvoir de commander au mouvement en s'opposant à lui, au lieu d'aller avec lui, de se fondre en lui, d'abord, et d'obéir ensuite à ce que décide le corps.
 

Extrait de La Transversale d'Alain Gheerbrant Babel n°320

en Amazonie le titre de cette rubrique : los Racionales y los Pelados

 

 

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3 décembre 2006 7 03 /12 /décembre /2006 00:05

Muni de cette vaisselle vinaire hétéroclite, après avoir donné un peu d'air aux grands crus, je procédai d'autorité à une distribution équitable. Le doyen, toujours aussi ramenard, délivrait de doctes appréciations, faisant étalage de sa science de la dégustation. A ma grande stupéfaction, un panel représentatif de l'orthodoxie prolétarienne, fit cercle autour de lui pour gober ses lieux communs. Magie du vin, la perfusion des nectars de haute extraction dans de jeunes veines révolutionnaires et, dans celles plus obstruées, des mandarins, déliait les langues, attisait l'esprit, donnait de la légèreté aux mots. Ils fusaient. L'euphorie montait. Le professeur Salin abandonnait Milton Friedmann en rase campagne pour raconter des histoires salaces. Ma Pervenche, seule femme dans ce marigot de mâles ennivrés, subissait les assauts conjugués de Dieulangard, le Spontex, et du doyen que j'avais surpris, quelques minutes auparavant, en train de siffler les fonds de bouteille. Nous étions tous pétés. A la reprise de la séance, sur proposition de Jean-Claude Hévin, un assistant famélique, spécialiste du droit de la Sécurité Sociale, le principe du passage automatique en année supérieure fut voté à l'unanimité. A la suite de ce vote historique, le doyen se levait pesamment pour porter un toast, en dépit de son verre vide, " au succès du plus grand mouvement populaire du siècle..."

 

Ce soir-là, Pervenche et moi, rentrâmes à pied. Nous devions distiller nos excédents avant d'aller dormir. Le ciel de mai était pur, l'air tendre et nous fîmes une longue pause sur les pelouses bordant l'hippodrome du Petit-Port. Couchés sur l'herbe, le nez dans les étoiles, Pervenche ayant posé sa tête sur mon ventre, nous étions restés un long moment silencieux. Même si mon alcoolémie voguait encore sur des sommets, ma lucidité restait intacte, vive, et je pressentais que ma compagne, qui ne quémandait que des caresses tendres, attendait de moi autrechose que l'expression animale de ma virilité. Ayant grandi dans les jupons des femmes j'ai développé un sentiment, dont on dit qu'elles sont supérieurement dotée, l'intuition. Ce sont des ondes fines, une faisceau sensible, comme une petite musique intérieure qui vous rend réceptif, prêt à accueillir et comprendre même l'indicible. L'autre le sent, s'ouvre, se confie et j'entendais Pervenche me dire " Benoît, j'aime les filles..."

" Tu en aimes une en particulier ? "
- Oui.
- Elle le sait ?
- Non.
- Alors, dis-lui...
- Non !
- Tu crois que ce n'est pas réciproque ?
- Oui...
- Tu en es sûre ?
- Oui !
- D'où tires-tu cette certitude ?
- Parce que c'est Anne Sautejeu...
- Non !
- Si !
- Mais c'est la reine des fafs de la Corpo...
- Je sais Benoît mais je l'aime...
L'irruption brutale dans ma petite tête bien pleine, de l'absolue irrationnalité de l'amour avec un grand A, me propulsait dans une abyssale attrition.
 

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2 décembre 2006 6 02 /12 /décembre /2006 00:23

L'état de droit, pour ceux qui n'ont jamais vécu dans un pays totalitaire où l'arbitraire des pouvoirs d'Etat est absolu peut paraître une évidence, un concept juridique sans contenu, un acquis. Les récentes affaires, Outreau entre autres, où des vies ont été fracassé par l'obstination et la cécité imbécile d'un petit juge ambitieux, par l'indifférence de ceux en charge de le contrôler, devraient nous amener non à réagir, mais à réfléchir et surtout à éviter d'entrer tête baissée dans la mécanique infernale du sensationnalisme des médias et au venin d'il n'y a pas de fumée sans feu. La présomption d'innocence est un bien trop précieux, l'expression la plus forte de notre état de droit, pour que face à certaines dérives, en tant que citoyen, nous restions les bras croisés.

Ce matin j'apporte à Julie Campos et Amaury Cornut-Chauvinc mon amitié et mon soutien dans l'épreuve qu'ils subissent. Je leur dis tenez bon, gardez la tête haute, ceux et celles qui ont de l'estime et de la considération pour ce que vous êtes et ce que vous faites vous gardent leur confiance. La justice des hommes doit s'exercer loin des passions, de la foule versatile et surtout respecter ses propres règles en évitant de jeter en pâture des citoyens présumés innocents. C'est l'honneur et la grandeur des démocraties que de tenir bon face aux dérives d'une société avide de sensationnel confortée en cela par des médias violant le secret de l'instruction.

Pour ma part, ayant dans l'affaire du Crédit Agricole de la Corse été entendu comme témoin - j'étais chargé du dossier Corse au cabinet du Ministre entre 1988 et 1990 - j'ai eu la désagréable surprise de découvrir sur l'internet, de la part d'un ragotier en mal de sensationnel, des insinuations et des sous-entendus basés sur une réthorique imparable : toute personne qui entre dans le cabinet d'un juge d'instruction est un coupable potentiel. C'est très grave car le juge instruit à charge et à décharge, il fallait donc que ce magistrat puisse remettre les faits dans leur contexte en auditionnant toute personne en capacité de nourrir son dossier. Des directeurs du Ministère eux aussi avaient été entendus, mais ce n'était que du menu fretin pour les délateurs, un ex-dir cab ça fait saliver dans les chaumières. Dans cette affaire, j'ai eu droit, à une pleine page dans un journal local : le Monde avec même un encadré où mon témoignage transcrit dans le PV était soumis à un autre témoin mineur : Pierre Joxe, Ministre de l'Intérieur à l'époque, et Premier Président de la Cour des Comptes lors de sa déposition. Témoin j'étais entré, témoin je suis sorti et ma vérité valait celle d'un plus puissant que moi...Tout ça pour quoi ? Pour alimenter le populisme des tous pourris. Comme si le témoin d'un accident par le fait même de sa présence sur les lieux puisse en être jugé responsable.

Dans la vie que l'on vit, seuls les bras croisés, les yaka, les fokon, s'exonèrent à bon compte, lapident ceux qui agissent, qui prennent des risques, le risque de croiser des escrocs, de travailler avec des gens sans parole, le risque de faire dans le cambouis du quotidien, le risque parfois - et je l'écris - de sa vie comme Lucien Tirroloni le président de la Chambre d'Agriculture de Corse du Sud, qui était mon ami, et qui a été lâchement abattu par des soi-disant "purs". La santé d'une démocratie se mesure à la capacité des médias d'informer les citoyens sur la face cachée des "grands de ce monde" mais à la condition de tirer ses informations non dans les poubelles, les rumeurs d'officines, mais dans l'enquête sérieuse et vérifiée. Souiller, bafouer l'honneur d'hommes et de femmes innocents est trop souvent une marque indélébile, un sceau d'infâmie intolérable. 


 

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1 décembre 2006 5 01 /12 /décembre /2006 00:32

Aphasie, alexie, agraphie, apathie, aboulie, ataraxie... à quoi bon continuer de ramer avec une petite pagaie dans ma coque de noix sur une mer d'huile, vide, sans horizon ? Je ne suis pas Bombard dans son canot, je n'ai rien à prouver, ni à vendre. Alors, décembre aidant, sans tambour ni trompette, sur la pointe des pieds, je vais me retirer sur l'aventin. Me mettre en jachère. Bien sûr, comme je suis soucieux de l'environnement, je vais maintenir un couvert scriptural sur mon blog. Vous allez enfin pouvoir respirer, vous occuper plus encore de vos affaires, ne pas distraire ces quelques minutes matinales de votre précieux emploi du temps. Tout compte fait j'ai mieux à faire que de continuer à secouer un cocotier qui ne porte pas de fruit.

Et pourtant, je n'ai pas à me plaindre. Vous me lisez fidèlement. Le lectorat augmente. Alors pourquoi ce retrait ? Parce que, à quelques exceptions près, vous êtes de bons consommateurs mais vous restez amorphes, sans réaction. Ce blog ne créé pas de liens, ces fils qui nous permettraient d'aller au-delà de la simple protestation. Nous encorder pour remonter la pente. Chacun vaque à ses occupations. Les miennes vont être autres car je n'ai pas vocation à prècher dans le désert. D'ailleurs personne ne me le demande, personne n'attend de moi que je soulève la pâte. Dans la vie il faut savoir prendre du champ, attendre que le temps soit venu, faire comme les opportunistes, les ouvriers de la dernière heure, récolter les fruits des autres. Se les attribuer.

Ce blog ne va pas s'auto-dissoudre pour autant, je vais mettre le vin entre-parenthèses, continuer de batifoler, d'écrire des chroniques quand ça me chantera, quand l'envie m'en prendra, tous les jours, plusieurs fois par jour, ou pas du tout, sans vous envoyer, pour ceux qui sont abonnés, le petit message matinal. Vous irez me lire, ou pas, si vous le voulez, quand vous aussi l'envie vous en prendra. Ce blog fut pour moi une belle expérience. Il m'a fait rencontrer des gens sympathiques. M'a fait aussi prendre conscience de la vanité de vouloir, par la simple force des idées, changer le monde. Les forces d'inertie sont les plus fortes. La France adore les réformateurs quand ils sont à la retraite ou au cimetière. Pour autant ne pensez pas que j'abandonne le combat. Je vais le mener ailleurs, autrement.

Merci de leur fidélité à tous ceux qui m'ont soutenu, encouragé, engueulé ou moqué. Par avance je remercie ceux qui continueront de lire ce blog dans sa nouvelle formule. Ne croyez pas que je sois triste ou amer. Bien au contraire, je me suis lancé de nouveaux défis et l'avenir nous dira si, cette fois-ci, le papy Berthomeau, si Dieu lui prête vie, a réussi.

  

  

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30 novembre 2006 4 30 /11 /novembre /2006 00:04

Comme promis je vous propose la première partie du rapport du Baron LE ROY, Président de l'INAO au 1er Congrès de l'Origine à Deauville juin 1948, la lecture en est instructive appliquée au temps présent 

Cette création, contrairement à ce qu'on pourrait croire, n'a pas été une simple conception de l'esprit transformée ensuite en texte législatif. Elle est le fruit d'une longue entreprise de persuasion des Associations viticoles de producteurs de vins fins, conseillées et guidées, à partir de 1930, par mon regretté et éminent prédécesseur, le Président Capus, qui fut, en outre, leur interprète convaincant auprès du Parlement et du Gouvernement.
Quelle fut la genèse de cette institution ?
Elle prit naissance lorsque fut établie la solidarité de tous les producteurs de vins fins de France.
C'est à Alphonse Perrin, l'apôtre Champenois, que revient le mérite d'avoir songé à convoquer à Paris, en 1923, les présidents des syndicats de protection des appellations les plus agissantes. Il y avait là, autour de Perrin : d'Angerville, Laligan, Doyard, Checq, un ou deux autres dont j'ai oublié les noms, et votre serviteur, tout frais élu président du syndicat de Châteauneuf-du-Pape qu'il venait de créer. Le but principal de la réunion était de dégager les principes généraux du droit de l'appellation qui permettraient de trancher le conflit champenois opposant la Marne(Perrin) à l'Aube(Checq). C'est dire qu'il y fut longuement question des cépages et que la discussion y fut vive. En dépit de l'opposition de l'Aube, le rôle capital du cépage fut retenu. On peut affirmer que c'est là que naquit la loi du 22 juillet 1927 et l'arbitrage du président Barthe sur le problème champenois.
Mais il y eut un autre résultat constructif. Les présidents décidèrent d'adhérer à la Fédération des Associations Viticoles de France et d'Algérie et de s'y grouper en une section spéciale qu'ils dénommèrent plus ou moins heureusement : la section des Grands Crus. Pourquoi en ai-je été désigné le Secrétaire général, fonctions que j'ai exercées pendant douze ans ? Je me le demande encore.
En tout cas, la solidarité était née. Tous les syndicats de défense des appellations se firent inscrire à la Section des Grands Crus dans les deux années qui suivirent. Elle ne tarda pas à arrêter unanimement les grands principes indispensables et à élaborer une doctrine commune.
Mais, une fois ce résultat obtenu, il fallait encore arriver à convaincre les viticulteurs de la nécessité d'un effort de discipline et d'un effort financier, convaincre le Gouvernement qu'une organisation nouvelle était indispensable pour maintenir la qualité et la réputation mondiale des Grands Vins de France. Cinq autres années furent nécessaires..."

A suivre...

 

 

 

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29 novembre 2006 3 29 /11 /novembre /2006 00:36

Au temps de la France qui fleurait bon le terroir, celle où le lait se parait encore d'une épaisse peau crémeuse, celle des poules picorant dans l'aire de la ferme, celle où l'on allait à la messe ou au marché en char à bancs, celle où l'on disait aux enfants " si tu manges ta soupe tu deviendras grand..." les hussards noirs de la République, comme les soutanes d'en face, n'avaient de cesse de faire émerger, des bancs rapeux de leurs écoles mal chauffées, de petites pousses afin qu'elles aillent fournir les hautes serres où l'on formatait les élites de notre vieux pays.

" Tu seras bonimenteur mon fils ! " s'écrient une grande majorité de parents scotchés à leur télé en voyant Arthur, avec ses polos en cachemire, et son air de matou patte douce ou patte griffue, encourager, réprimander, consoler les filles et les garçons de son émission prime time : "A prendre ou à laisser" En d'autres temps, ce garçon, avec son bagout, ses plaisanteries à deux balles, aurait fait un franc succès à la foire exposition de Château-Chinon ou à la fête foraine de la Roche-Migennes " Approchez, approchez, braves gens, venez tenter votre chance à la grande loterie où l'on fait tourner la Roue de la fortune (Dechavanne) et Vous gagnerez des Millions (Foucault) de trucs à la con..." Normal, la réussite exemplaire de ces bateleurs télévisés, ceux qui font rentrer le blé, ne peut que susciter l'admiration du bon peuple laborieux.

Quel rapport avec le divin nectar que je suis censé encenser chaque matin ? Aucun ! Sauf que, ségala, avec tout leur blé, sont sûrement de bons clients pour les hautes bouteilles de nectar sacré : des vins de propriété cienbur. Mécépapourça que j'ai commis ce billet. Non j'ai écrit ce papier comme un De profondis, joyeux et ludique, pour les élites défuntes. Personne ne les pleurera, sauf moi qui me sent orphelin des grandes voix, des belles plumes, de celles et ceux qui ont encadré mes jeunes années. Nostalgique ? Pas du tout, atrocement réaliste et, pour vous le prouver, je vous annonce que moizoci je me suis reconverti dans l'animation.

Venez tous jeudi 30 novembre à 15 heures dans le cadre de Vinitech Bordeaux assister au Grand Débat animé par Jacques Berthomeau (voir photo en haut à gauche)
Pour le meilleur et pour le pire : quel avenir nous prépare la nouvelle réforme de l'OCM ?
Avec : Joel Castany président du COPA-COGECA
            Jean Huillet président de la C.N.V.P. *
            Michel Issaly secrétaire-général des VIF
            Bruno Kessler président de l'AFED
            Alain Vironneau président du CIVB

* s'est fait porter pâle

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