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30 avril 2017 7 30 /04 /avril /2017 06:00
Lettre ouverte aux hommes politiques, dit les politichiens par de Gaulle.

40 ans déjà, cette lettre est de la plume de Pierre Viansson-Ponté du Monde et c’était publié chez Albin Michel en janvier 1976.

 

La Ve République avait alors 18 ans, elle n’avait pas encore connue l’alternance. Elle a aujourd’hui 59 ans et ce texte est donc quadragénaire, la force de l’âge avec peut-être quelques rondeurs dues à l’embourgeoisement.

 

Ce deuxième tour a vu s’écrouler les 2 piliers du modèle de la Ve République, ils seront absents laissant la place à un représentant, de ce que l’on appelait la 3e Force, jeune, jamais élu, pur produit de la méritocratie à la Française, banquier d’affaires, conseiller du Prince et un avatar de la France rance, relooké mais toujours ancrée dans un nationalisme autoritaire et dévastateur.

 

Ce texte a son âge bien sûr mais ses rides ne sont pas aussi marquées que les jeunes écervelés ou les vieux chevaux de retour d’une extrême-gauche ripolinée qui jouent du ni-ni voudraient nous faire accroire.

 

Choisir est toujours une douleur, une forme de renoncement, se réfugier dans un anti-système hors-sol est preuve soit d’immaturité pour les plus jeunes et de calculs électoraux pour ceux qui ont oubliés qu’au Congrès de Tours le PS français a choisi majoritairement de se transformer en PC, avec les dérives que vous connaissez.

 

Nul ne peut s’exonérer de son passé, surtout les leaders politiques, «La démocratie est le pire des systèmes, à l'exclusion de tous les autres.» signé Winston Churchill, cet aphorisme est un des plus inusables du débat politique.

 

Les révolutionnaires en chaise longue s’étripant le cul posé sur leur fauteuil face à leur écran devraient méditer, nul n’a volé la victoire à leur poulain, avant de vouer aux gémonies les autres qu’ils se posent la question du pourquoi certains électeurs n’ont pas franchis le pas ?

 

Sinon, qu’ils renversent la table, sortent de leur confort et prennent le pouvoir par la rue !

 

Revenons à la lettre ouverte aux hommes politiques :

 

Pierre Viansson-Ponté écrivait nommément à 9 personnalités, deux sont toujours vivantes : Valéry Giscard d’Estaing qui était Président de la République en 1976, Jacques Chirac qui allait le devenir après trois tentatives infructueuses.

 

Pour les disparus, le dernier en date, Michel Rocard, s’était toujours outsider se contentera d’être le 1er Ministre de son adversaire au sein du PS, Pierre Mendès-France qui ne gouverna que quelques mois, François Mitterrand deux septennats, Michel Debré le père de la Constitution et des Debré actuels, Georges Marchais qui renaît avec l’insoumis hâbleur Mélenchon « Qu’ils dégagent !» et le Prince des Ténèbres Michel Poniatowski l’homme de main de Giscard que tout le monde a oublié.

 

L’extrait que je vous propose s’adressait aux autres...

 

« En France, la politique a mauvaise réputation. Quand à la réputation de ceux que de Gaulle aimait à nommer « les politichiens », elle est tout simplement effroyable. Il n’est guère de pays qui aient aussi peu de considération, autant de mépris même, pour ceux qui les gouvernent, ou les représentent.

 

S’il est à droite, l’homme politique français est considéré comme un raté de la finance, de l’industrie, du commerce ou du moins l’un de leurs employés subalternes. Sa seule idée que rien ne change.

 

À gauche, il passe pour un bureaucrate, un apparatchik guidé moins par la conviction que par l’ambition ou plus prosaïquement l’appétit. Son espoir : que tout change, c’est-à-dire que la queue de la poêle passe dans ses mains.

 

Entre les deux, c’est le marais où s’embourbent ceux qui ne savent pas exactement de quel côté soufflera demain le vent et donc dans quelle direction ils doivent prendre. Et qu’on nous montre sur les bancs des assemblées et les états-majors des partis les grands intellectuels, les vrais savants, les champions de leur spécialité : ils se gardent bien d’aller perdre le temps dans ce monde de l’illusion et de la combine. Non, non : tous les mêmes, tous des médiocres, au mieux incompétents et inutiles, au pire véreux et pourris, qui ne sont là que pour se remplir les poches. Voilà, en gros, l’image que beaucoup trop de vos concitoyens ont de vous, les hommes politiques. Et c’est bien dommage.

 

C’est dommage d’abord parce que c’est faux. Vous n’êtes pas tous honnêtes, je le sais bien et il existe parmi vous des concussionnaires, des prévaricateurs, des arnaqueurs, les uns prêts à se vendre et les autres à se louer à la journée et même à l’heure. Mais ceux-là, chacun les connaît et on pourrait aisément les nommer. Et dans tout le personnel du régime et de l’opposition, dans toute la classe politique, on pourrait les compter sur les doigts d’une seule main – enfin disons par prudence deux.

 

Car le parlementaire et le technocrate de base sont dans l’ensemble honnêtes et désintéressés, contrairement à ce qu’un vain peuple pense. Seulement il faut reconnaître qu’une carrière politique pose tant de problèmes personnels, matériels et moraux, de système de vie et de travail, de relations et d’appartenance, d’opportunité, de tactique et de hasard que parfois tout se mêle dans un brouillard où il est aisé de se perdre.

 

Je n’ai jamais rencontré un député, un seul, qui n’ait pas l’ambition d’être un jour ministre, et c’est normal : la finalité de son entreprise, c’est le pouvoir ou son apparence.

 

Je n’ai jamais vu un ministre, un seul, qui ne soit soucieux de le rester ou à défaut, par une démission bien calculée ou un effacement provisoire bien orchestré, de le redevenir aussitôt que possible.

 

Je ne connais guère de hauts fonctionnaires qui, un jour d’exaspération contre les tergiversations, l’ignorance ou l’indifférence de leur ministre ou des élus, n’aient souhaité une fois au moins entrer au Parlement, voire au gouvernement, pour apprendre leur métier à tous ces incapables.

 

Et parmi les militants, j’en sais peu qui aient refus de se dévouer en posant leur candidature à quelque mandat plus ou moins prestigieux, en acceptant quelque désignation flatteuse.

 

S’il existe des hommes politiques heureux, combien me sont apparus tenaillés par la peur : peur des « patrons » dispensateurs d’investiture et de responsabilités, crainte cyclique des chers électeurs, souci lancinant de leur personnage public, incertitude dans l’action, angoisse jusqu’au plus haut niveau parce qu’il leur faut, comme l’a dit l’un d’eux et non des moindres, en permanence « gérer l’imprévisible ».

 

Matériellement, ce n’est pas un métier et il en va du député comme du journaliste, auquel on dit volontiers « Ah ! c’est bien intéressant votre travail, vous avez de la chance. Mais, à part cela, comme métier, qu’est-ce que vous faites ? » Rien de pire que l’élu qui n’a pas d’autres sources de revenus, pas de position de repli en cas d’échec. Alors il est tentant de composer avec la déontologie non écrite et d’ailleurs plutôt laxiste du milieu.

 

Avocat et parlementaire, on plaidera peu mais on conseillera beaucoup, et de gros clients ; des clients, bien entendu, qui font toute confiance à votre science juridique et auxquels il ne serait jamais venu à l’idée de vous engager avec de si confortables honoraires parce qu’ils ont tout simplement besoin d’un porte-parole au Palais-Bourbon et d’un commissionnaire pour leurs démarches.

 

Industriel, commerçant, on traitera de ce qu’on connaît bien et c’est évidemment un effet du hasard si des thèses qu’on défend au nom de l’intérêt général se trouvent coïncider avec quelques intérêts particuliers.

 

Homme de la ville, on sera tout prêt à couper dans les subventions agricoles, beaucoup trop généreuses ; élu de la campagne, on sera peu enclin à voter des milliards de crédits que réclament les cités, et en particulier Paris, cette capitale du vice c’est-à-dire de la pornographie, de l’administration et du Coca-Cola. Fonctionnaire, on soignera son avancement en faisant jouer utilement les relations nouées dans la profession, ce qui crée un lien autrement puissant que des idées communes, puisque après tout il est logique que des années passées à servir la collectivité ne freinent pas une carrière administrative qui eût à coup sûr été brillante sans l’entracte du mandat.

 

Tout cela est évidemment plus aisé si on appartient à cette majorité que le soleil du pouvoir réchauffe de ses rayons. Mais qu’on ne s’y trompe pas : l’opposition, sauf communiste, n’est quand même pas cette banquise où l’on grelotte, comme certains le croient. »

 

En bonus : le lobbying

 

« Il est impossible de tout savoir et un élu consciencieux trouve très vite ses limites. Comment pourrait-il, la même semaine, avoir à la fois un avis tranché et motivé sur une réforme de l’enseignement supérieur, une position sur la politique pétrolière, une conviction sur le choix de la meilleure filière nucléaire, un jugement sur l’aménagement de la région lyonnaise, une idée sur la fiscalité des cultivateurs de tabac ou des magasins de grande surface, et une opinion ferme sur la conduite monétaire du Japon, Et pourtant, sur tous ces sujets et bien d’autres, il faudra se prononcer, voter et décider. Le bon sens ne fait rien à l’affaire, surtout quand on n’a ni les possibilités intellectuelles, ni le temps, ni le goût d’étudier des dossiers qui, de surplus, ne sont pas à votre disposition.

 

Ces dossiers précisément, quelques-uns les détiennent. Les uns, ministres, rapporteurs, experts officiels sont censés les connaître. Les autres les possèdent sur le bout du doigt : ce sont eux qui les ont constitués, eux qui le plus souvent les ont fournis, tout préparés, aux ministres et hauts fonctionnaires et sous une forme édulcorée, orientée, aux quelques parlementaires utiles. Comme il est tentant de s’en remettre à ceux qui savent et s’offrent ainsi à vous éclairer. Ainsi les décisions sont-elles souvent arrachées à la faveur d’une savante mise en condition assortie de quelques facilités à la simple flatterie en passant par un bon déjeuner ou un menu service.

 

Après cela, on trouvera des naïfs pour s’étonner et même admirer que les groupes de pression, les lobbies, si bruyants et indiscrets sous la IVe République où l’on voyait certains jours leurs représentants s’abattre comme les hirondelles en vols serrés dans les couloirs du Palais-Bourbon et les antichambres des ministères, aient presque disparu sous la Ve. Parbleu ! C’est qu’ils sont passés de l’antichambre au cabinet, voire au bureau du ministre et des couloirs dans l’hémicycle. Installés au cœur du dispositif exécutif, parlementaire et administratif c’est à peine s’ils ont besoin désormais de respecter les apparences. Au lieu de manipuler les pouvoirs, ils les contrôlent, les partagent et parfois les détiennent, se confondant largement avec eux... »

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29 avril 2017 6 29 /04 /avril /2017 06:00
F… Aisne jusqu'où progressera le FN dans l'Aisne ?  1 cas d'école…

Plus de 35% dans l'Aisne

 

C'est dans l'Aisne que Marine Le Pen fait son plus gros score : 35,7%. C'est presque 10 points de plus que lors du 1er tour de la présidentielle de 2012 où elle avait obtenu 26,33% des voix. Le taux de participation est pourtant en baisse dans ce département par rapport à 2012 : dimanche 23 avril 2017, 78,7% des Axonais ont voté contre 80,61% pour le 1er tour de 2012.

 

Loin derrière, Emmanuel Macron avec 17,9% des suffrages exprimés. Jean-Luc Mélenchon et François Fillon sont au coude-à-coude comme au niveau national mais dans l'Aisne c'est le candidat de la France Insoumise qui l'emporte.

 

L’Aisne c’est tout près de Paris, lorsque j’étais au 78 rue de Varenne deux dirigeants agricoles d’envergure nationale qui faisaient partie de mes interlocuteurs étaient issus de ce département : le président des céréaliers et celui de l’enseignement agricole privé : Henri de Benoist et Gérard de Caffarelli. J’ai habité pendant quelques années à quelques encablures de Villers-Cotterêts devenu depuis un fief du FN. Enfin, avec mon amie Claire je suis allé à Saint-Quentin la ville où elle est née et où elle a grandi fief d’un baron des Républicains, ministre et maintenant patron d’une région grâce aux voix d’une gauche dont c’était l’un des bastions.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce département rural, qui s'estime négligé par Paris et même Amiens, au chômage record 14% - et à la démographie stagnante - autour de 500.000 habitants depuis un siècle-, est un cas d'école.

 

« Le taux de RSA est l'un des plus importants, le niveau d'éducation l'un des plus faibles », note M. Lehingue.

 

Le département souffre d'un manque d'homogénéité, des franges périurbaines du grand Paris, autour de Château-Thierry, au sud, à La Thiérache, terre d'élevage particulièrement pauvre, à la frontière belge au nord, en passant par la grande agriculture du Laonnois et du Soissonnais.

 

Sa plus grosse agglomération, Saint-Quentin, --65.000 habitants-- est frappée de plein fouet par la désindustrialisation, comme le reste du département.

 

«Dans la continuité des élections départementales et régionales de 2015, Marine Le Pen progresse encore dans le département rural de l’Aisne.

 

Elle vire en tête au premier tour de la présidentielle dans la majorité des 804 communes.

 

Dans le Vermandois par exemple, elle fait 50,85 % des voix à Villeret, 37,50 % à Trefcon et 29,45 % à Maissemy.

 

Au nord du département, la candidate FN réalise 46,15 % à Fontaine-Uterte et même 51 % à Vénérolles en Thiérache. Elle culmine aussi à 50,84 % à Guny, commune proche de Coucy-le-Château.

 

Dans un village comme Itancourt qui a pourtant pour maire le député des Républicains, Julien Dive, proche de Xavier Bertrand, Marine Le Pen est là encore bien en tête, totalisant 220 voix, devant Emmanuel Macron (167 voix) et François Fillon (142). « Le 7 mai, c’est un choix de société qui s’impose à tous les Français et moi je combats l’idéologie du FN et je voterai pour le candidat républicain », réagit Julien Dive.

 

Les villages les plus isolés du département ne sont pas les seuls à porter en tête la leader FN. Des électeurs de villes ont également fait ce choix et notamment la cité préfectorale, Laon, dirigée par le sénateur maire des Républicains, Antoine Lefèvre. Marine Le Pen est, en effet, créditée de 28,84 % des suffrages exprimés avec plus de sept points d’avance sur Emmanuel Macron (21,66 %). Affront supplémentaire pour les Républicains dans la ville de Laon, Jean-Luc Mélenchon, 3e avec 19,49 % des voix, devance Fillon (15,68 %).

 

Après 97,24 % des résultats dans l’Aisne, Le Pen totalise 35,91 % des voix, loin devant Macron (17,88), Mélenchon (16,87), Fillon (16,22), Dupont-Aignan (5,12) et Hamon (4,22).

 

«Les Français en ont marre du duel traditionnel droite-gauche », analyse le député PRG Jacques Krabal, un des premiers élus de l’Aisne à avoir soutenu Emmanuel Macron. Le parlementaire de Château-Thierry salue son champion « qui donne de l’espoir et de la confiance » quand son adversaire, Marine Le Pen, « ne fait qu’agiter les peurs ». Dès hier soir, le FN a commencé à pilonner le candidat « mondialiste » et « du système »

 

J'aimerais que ceux qui ont fait fonds de commerce de l'abandon des zones rurales par le pouvoir central aillent au plus près de ce cas d'école pour affiner des analyses sans grandes nuances. 

 

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28 avril 2017 5 28 /04 /avril /2017 06:00
Le dernier ¼ d’heure de retard des vins de Bordeaux se traduit encore par 1 plan stratégique « Bordeaux, ambitions 2025 !

Les expressions «valise » font florès, il en est ainsi du fameux «Bordeaux bashing» qui par construction laisse entendre que les vins de Bordeaux font l’objet d’une sauvage agression, d’un dénigrement systématique, qu’ils sont des victimes ?

 

Des victimes de qui ?

 

D’un sombre « cabinet noir » ?

 

Je plaisante, alors d’une action concertée de leurs concurrents gaulois ou mondialisés ?

 

La réponse est sans contestation est non !

 

Les vins de Bordeaux, plus précisément ceux qui sont « mandatés » pour les promouvoir, les dirigeants du CIVB n’ont pas su analyser les causes du désamour des nouveaux consommateurs et en tirer les conséquences. Ils se sont laissés ringardiser.

 

Parodiant le slogan qui était celui de Carrefour en ses beaux jours « son fameux ¼ heure d’avance sur la concurrence » j’affirme que par suffisance, une certaine forme d’arrogance, depuis les années 2000, accrochés qu’ils étaient à leur certitude de garder, contre vents et marées, leur leadership, les dirigeants du CIVB se sont plantés, n’ont pas pris les bons trains en marche, faute de faire des choix stratégiques courageux et clairs.

 

Souvenir ancien de ma participation au Journal inattendu de RTL sur mon fameux rapport, en duplex avec les dirigeants du CIVB restés à Bordeaux, je fus accusé par eux de mettre sur la table des propositions félonnes visant à déstabiliser les vins de Bordeaux au profit des roturiers du Languedoc.

 

Bordeaux régnait sans partage sur le royaume des AOC, oser affirmer qu’ils pourraient, un jour, tomber de leur piédestal était un crime de lèse-majesté, à l'INAO personne ne mouftait face à l'expansionnisme des vins de Bordeaux.

 

Mais 

 

« Sous les grandes ombrelles que sont nos appellations d’origine contrôlée, surtout sous celles qui jouissent de la plus grande notoriété, s’abritent des vins moyens voire indignes de l’appellation. Succès aidant ou pression d’une demande momentanée une grande part de nos vins de pays, petits nouveaux dans la cour, se sont laissés aller, comme certains de leurs grands frères AOC, à confondre rendement administré, moyenne arithmétique, et qualité du produit. On optimisait la déclaration de récolte. Nous étions sur notre petit nuage, grisés, insoucieux telle la cigale de la fable, alors qu’il eût fallu capitaliser les dividendes de cette embellie en investissements commerciaux, en un pilotage fin de chacun de nos vignobles - quel que soit son statut juridique, sa notoriété, - par les metteurs en marché. »

 

La suite vous la connaissez, je n’ai nul besoin de vous faire un dessin.

 

Face à cette situation le CIVB aligne des plans stratégiques à la queue leu leu :  ce fut en 2010, « Bordeaux demain » et en 2017 ce ne sera pas « Bordeaux après-demain » mais « Bordeaux, ambitions 2025 ».

 

L’enjeu ?

 

Redonner à Bordeaux la place de leader aux AOC de la filière.

 

« Bordeaux continue de souffrir sur les marchés français et européens »

 

Urgence.

 

En 2016 la commercialisation en France et à l’export des vins de Bordeaux a atteint 4,73 millions d’hectolitres. En volume comme en valeur la baisse est de 3%. En France et en grandes et moyennes surfaces, les ventes sont en baisse de 3% en volume et de 1% en valeur.

 

Allan Sichel, le président du CVB a donné le ton le 24 avril, en assemblée générale, martelant que «si la situation s’est améliorée, des défis importants demeurent ». D’où l’enjeu qui consiste à « redonner leur place de leader aux vins de Bordeaux en formalisant un plan ambitieux ».

 

Le CIVB sera accompagné dans sa réflexion, associant tous les acteurs de la filière, par le cabinet Kea. Le plan en question sera finalisé d'ici la fin de l'année.

 

« Il tracera des perspectives, proposera des outils, détaille Allan Sichel. Son objectif central sera d'identifier tous les leviers d'actions permettant de créer de la valeur, pour les opérateurs, viticulteurs, les distributeurs, les négociants... mais aussi pour le consommateur. »

 

« La reconquête des ventes passera notamment par l'Europe, où les vins de Bordeaux sont chahutés. La Chine, « un gros marché dont nous ne devons pas être trop dépendants », les USA « où les perspectives de gain de parts de marchés sont intéressantes », ne seront pas oubliées. Allan Sichel voit aussi plus loin et ambitionne « de se projeter plus loin, à l'horizon 10, 20, 30 ans. Quelle sera alors la consommation en Afrique, en Inde, que peuvent y espérer les vins de Bordeaux ? »

 

Fédérer ! Une gouvernance en Cercles

 

« Pour ce faire un dispositif en cercles concentriques devrait permettre de mobiliser l’ensemble du CIVB. Un premier cercle réunira une douzaine de personnes. Un deuxième cercle sera constitué de 50 à 80 représentants du CIVB, puis le troisième cercle avec le reste des adhérents. Pour la réussite de ce plan : trois conditions pour le cabinet Kea : « une dynamique collective, une vision inspirée et un dialogue stratégique «. Ni plus ni moins. D’ici la fin de l’année, l’ossature du plan sera présentée. Il abordera la marque avec ses forces et ses faiblesses, le couple produits-marchés, les actifs immatériels, le retour d’expérience du précédent plan, la création de valeurs, la RSE. »

 

Le cabinet Kea c’est 40 consultants en France, 123 bureaux en Europe, 50% du chiffre d’affaires réalisé en grande distribution et consommation sera chargé de concocter une partition permettant de reconquérir des parts de marchés.

 

Ha ! la sous-traitance, imaginez un instant l’état-major d’Eisenhower déléguer l’intendance du Jour le plus long à des consultants.

 

Aveu de faiblesse de la définition même d’une stratégie qui intègre le faire. On en reste à des objectifs si généraux, si flous, pour que tout le monde semble y retrouver son compte, preuve qu’il n’y a aucun stratège à la barre.

 

Tant qu’à Bordeaux il ne sera pas admis que l’ancien système recèle un gap systémique, une distorsion entre le grand luxe des GCC à l’international et la ramasse du vrac à quelques euros sur le marché domestique de Baron de Lestac (mais où sont au CIVB les Pierre Castel et les Joseph Helfrich, les volumiques ?) la stratégie ne sera qu’un exercice cosmétique, de pure politique.

 

Si le Bordeaux ordinaire veut retrouver de la notoriété, là où se gagne aujourd’hui la notoriété, il faudra faire de vrais choix sur la ressource, trier, admettre l’espace de liberté des vins de France, cesser de tergiverser sur le respect réel de l’environnement.

 

Convaincre, quoi !

 

Et ce n’est pas avec les vieilles recettes d’un cabinet conseil en grande consommation que viendra la lumière, aussi bien sur le marché domestique qu’à l’international, bien au contraire c’est par une réelle remise en cause du modèle de base que la grande maison de Bordeaux peut retrouver les bases de son prestige écorné.

 

Moi ce que j’en dis c’est pour causer puisque je suis retiré des voitures mais en cochon de payant, vous savez le consommateur de plus de 65 ans qui traîne plutôt ses guêtres dans les bars à vin de Paris et d’ailleurs, plutôt que de se faire rincer à la table des grands châteaux, je continue d’affirmer que sans un diagnostic clair et courageux il n’y a pas de stratégie gagnante.

 

Se leurrer c’est commode mais de grâce cessez de nous saouler avec votre prétendu Bordeaux bashing !

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27 avril 2017 4 27 /04 /avril /2017 06:00
e-cuisine du Taulier : j’ai toujours aimé recevoir ceux que j’aime à la maison ce qui ne m’empêche pas d’être furibard face à ceux qui ont des vapeurs…

En ces temps où certains, qui se disent militants du vivre ensemble, nous saoulent à coup de postures intransigeantes, sans concessions, les militants paresseux de la Toile ICI  je cultive le bonheur de recevoir à la maison.

 

L’ancien combattu de mai 68, lacrymogène et pavé d’artilleur, 3 semaines de grève générale dans ce que Yannick Guin a nommé La Commune de Nantes 1968, où paysans-ouvriers-étudiants unis souhaitaient renverser la table  ICI, contemple avec une pointe d’ironie tous ces « révolutionnaires assis ». Bien sûr nous avons échoués va-t-on me rétorquer. Et alors, nous n’étions pas bien au chaud le cul sur notre chaise à poser des libelles révolutionnaires.

 

Donc camembert les révolutionnaires en chaise longue (1), revenons au sujet du jour bien recevoir ceux qu’on aime !

 

(1) Les intellectuels en chaise longue Georges Suffert

 

Tout commence par « ils viennent déjeuner mercredi… »

 

Alors débute la réflexion sur : qu’est-ce-que je pourrais bien faire pour leur faire plaisir ?

 

L’objectif est de ne pas passer l’essentiel de son temps dans la cuisine à concocter des plats compliqués mais d’allier le bien manger avec la convivialité de la conversation à table.

 

Une fois le schéma de menu esquissé il faut faire ses courses.

 

Vélo, direction rue du Nil, avec une liste en tête : mesclun, asperges, petits pois, agneau, fromages…

 

Tout est là sauf les fameux petits pois.

 

Achats, retour chargé comme un mulet, déchargement puis re-départ cette fois-ci rue Daguerre. Mas petits pois sont là, made in France.

 

Pour le dessert je pataugeais mais soudain illumination, direction Geronimi tout près de l’église Saint-Sulpice chère au cœur de Jean-Paul Kauffmann.

 

Je pédale de bon cœur et je trouve mon bonheur.

 

De retour at home : écossage des petits pois, épluchage des navets, des carottes, des patates, des petits oignons. Cuisson à la vapeur en même temps que mes asperges violettes et d’Argenteuil.

 

Ce sera tout pour ce soir.

 

Au lever je prépare mes assiettes, couverts, verres et plats…

 

Ensuite lavage et tri du mesclun, réchauffage de mes pointes d’asperges.

 

Mise en chauffe du four pour le roulé d’agneau.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Préparation des assiettes pour l’entrée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Enfournage du roulée d’agneau.

 

 

Réchauffage de mes petits légumes.

 

 

J’ouvre la bouteille de Myosotis arvensis 2014 de Claire Naudin.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tout va bien…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Suis assez content du résultat, la tablée est ravie…

 

 

 

Un beau plateau de fromages, il adorent ça…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous finissons sur les glaces de Geronimi : au choix châtaigne, fruit de la passion, chocolat et pistache…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Même que le petit Loulou du haut de ses presque 1 ans a liché de la glace au chocolat…

 

 

Du bonheur simple avec les enfants qui ont tracé leur route et Dieu sait qu’ils ne sont pas nés avec une petite cuillère en argent entre les dents.

 

 

Et après cela vous voudriez que j’aie de la considération pour des gens qui ont des vapeurs lors du 2e tour pour botter le cul de l’héritière de ceux qui ont trahi la France à l’heure où il fallait résister.

 

 

Seuls les communistes ont eu une attitude digne ! Et Dieu sait que je ne partage pas leur analyse mais j’ai travaillé avec des Ministres communistes : Anicet Le Pors, Jack Ralite, Charles Fiterman et c’étaient de bons ministres compétents et loyaux.

 

 

Comme je suis presque au bout de la route je ne veux pas prendre le plus petit risque d’ouvrir la porte à cette porteuse de haine.

 

 

Lui signifier sèchement son congé et ensuite voter aux législatives pour ses convictions.

 

 

Bordel, c’est simple, pas besoin de prendre de gants !

 

 

Quelque fut le candidat face à la haine j’aurais eu la même attitude alors de grâce épargnez moi vos vapeurs de chochottes déçues…

 

 

Me reste plus ce soir à manger les restes, y’en a pas beaucoup mais un peu de légèreté dans ce monde de calculateurs ne peut qu’être bénéfique…

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26 avril 2017 3 26 /04 /avril /2017 06:00
Léon Blum 1932: « Entre Hitler et le pouvoir une barrière infranchissable est dressée » Sebastian Haffner, Histoire d'un allemand, souvenirs 1914-1933

J’avoue que dimanche soir j’ai été sidéré en écoutant le discours de Jean-Luc Mélenchon. Je comprends son immense déception et celle de tous ceux estampillés insoumis qui ont voté pour lui mais, tout de même, j’attendais de lui, avec son panache habituel, un discours de mobilisation contre le danger mortifère que constituent le FN et sa nouvelle gravure.

 

 

Leurs idées sont souvent aussi courtes que leurs cheveux et je vous épargne toute forme de comparaison animale car j’ai trop de respect pour mes amies les bêtes. De même je n’affirmerai pas qu’ils sont bêtes comme leurs pieds, Prévert et Montand vous expliquerons pourquoi, mais me contenterai de constater qu’ils pensent avec leur bras et que cette geste mène toujours au même endroit.

 

 

Je vous invite à lire ou à relire un livre qui m’a ouvert les yeux, un livre magnifique de Sebastian Haffner, « Histoire d'un allemand, souvenirs 1914-1933 » où l’auteur, un magistrat protestant, qui n'essaie pas de se donner un beau rôle, décrit comment la société allemande policée et cultivée bascule petit à petit dans l'acceptation du nazisme.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comparaison n’est pas raison, je n’écris pas que nous en sommes là me contentant de constater que ceux qui menaient la danse contre la faible République de Weimar «pensaient avec leurs bras comme un seul homme…»

 

 

J’exècre toute forme de geste collective pratiquée en horde au nom d’une soi-disant lutte antisystème alors qu’elle n’est qu’un signe de ralliement à tous les partisans de la haine de l’autre.

 

 

Suivez-les, approuvez-les en silence, accordez leur plein de bonnes raisons, osez même dans l’isoloir pencher de leur côté, mais ne venez pas me dire lorsque vous récolterez ce qu’ils ont semé : « on ne savait pas ! »

 

 

 

« Peu de choses sont aussi comiques que le calme souverain et détaché avec lequel mes semblables et moi-même contemplâmes, comme d'une loge de théâtre, les débuts de la révolution nazie en Allemagne - processus qui ne visait pourtant à rien d'autre qu'à nous exterminer. La seule chose qui soit peut-être plus comique encore, c'est que des années plus tard, avec notre exemple sous les yeux, l'Europe entière se soit offert la même attitude supérieure de spectateur passif et amusé, alors que les nazis étaient depuis longtemps occupés à lui bouter le feu aux quatre coins. »

 

 

« Il est probable que les révolutions, et l'histoire dans son ensemble, se dérouleraient bien différemment si les hommes étaient aujourd'hui encore ce qu'ils étaient peut-être dans l'antique cité d'Athènes : des êtres autonomes avec une relation à l'ensemble, au lieu d'être livrés pieds et poings liés à leur profession et à leur emploi du temps, dépendant d'une foule de choses qui les dépassent, éléments d'un mécanisme qu'ils ne contrôlent pas, marchant pour ainsi dire sur des rails et désemparés quand ils déraillent. La sécurité, la durée, ne se retrouvent que dans la routine quotidienne. A côté c'est tout de suite la jungle. Tout européen du XXe siècle le ressent confusément avec angoisse. C'est pourquoi il hésite à entreprendre quoi que ce soit qui pourrait le faire dérailler - une action hardie, inhabituelle, dont lui seul aurait pris l'initiative. D'où la possibilité de ces immenses catastrophes affectant la civilisation telle que la domination nazie en Allemagne. »

 

 

« La situation des allemands non nazis en été 1933 était certainement une des plus difficiles dans lesquelles peuvent se trouver des hommes : un état d'impuissance totale et sans issue, combiné avec les séquelles du choc causé par une attaque -surprise. Les nazis nous tenaient à leur merci. Toutes les forteresses étaient tombées, toute résistance collective était devenue impossible, la résistance individuelle n'était plus qu'une forme de suicide. Nous étions traqués jusque dans les recoins de notre vie privée, la déroute régnait dans tous les recoins de notre existence, une débandade dont on ne savait où elle finirait. En même temps, on était exhorté chaque jour non à se rendre, mais à trahir. Un petit pacte avec le diable, et on ne ferait plus partie des prisonniers et des poursuivis, mais des vainqueurs et des poursuivants »

 

Voilà ce qu’écrivait Haffner qui n’avait rien d’une révolutionnaire

 

 

Et puis je jouais avec mes pieds

C’est très intelligent les pieds

Ils vous emmènent très loin

Quand vous voulez aller très loin

Et puis quand vous ne voulez pas sortir

Ils restent là ils vous tiennent compagnie

Et quand il y a de la musique ils dansent

On ne peut pas danser sans eux

Faut être bête comme l’homme l’est si souvent

Pour dire des choses aussi bêtes

 

Prévert

 

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24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 07:40
Un dimanche ordinaire hier ?

Cette chronique est écrite en direct au fil de ce dimanche de votation sous haute tension.

 

Lever 7 h 30.

 

Déjeuner ordinaire en compagnie du chat du voisin qui râle pour avoir sa pitance.

 

Je me vêts sans passer par la douche, je vote dans mon jus. Dress code : vieux bobo assumé, jean gris, polo parme, veste bleue roi, richelieu sur socquettes fuchsia…

 

Au dehors 6° au compteur, 8 h 02 la contre-allée du boulevard Saint-Jacques baignée d’une douce lumière est paisible.

 

Bureau de vote n°26 boulevard Arago, 9 personnes déjà, je patiente dans la file car les opérations de vérification me semblent plus serrées que d’ordinaire. En effet, un jeune homme vérifie sur une liste avant de délivrer un numéro.

 

Je prends mon enveloppe.

 

Comme j’ai une procuration même procédure puis vérification sur le bordereau des procurations. Je signe en tant que mandataire.

 

Je prends une seconde enveloppe.

 

J’ai les mains bien encombrée lorsque je pioche dans les bulletins de vote. Précautionneux je pioche dans 3 piles, respectueux de la loi en cela : il faut prendre 2 bulletins différents au moins.

 

L’isoloir.

 

J’emplis avec soin mes 2 enveloppes.

 

Direction l’urne.

 

Nouvelles vérifications puis je glisse mon enveloppe dans l’urne et j’émarge dans le petit rectangle prévu à cet effet.

 

Je remets ça pour la procuration.

 

Je salue les assesseurs :

 

En sortant je croise mon voisin du 7e que je salue. La file d’attente s’est allongée.

 

Il est 8 h 16

 

Retour par la place de l’île de Sein : photo.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

À la maison je poste ma citation fausse du jour :

 

Citations fausses N°4 bis

 

«Un vent de fronde a soufflé ce matin»

 

Goliath

 

Ma chronique le militantisme sur internet c’est le “militantisme paresseux” qui pisse dans un violon… me vaut l’assentiment de 2 amies de Face de Bouc Isabelle et Laurence. Je like.

 

Il est 9 h 28

 

Douche.

 

Petits travaux ménagers de ménagère de plus de 65 ans.

 

Petite faim.

 

Il est 10 h 16 il fait 10°

 

Par bonheur j’ai fait du riz au lait hier au soir, pause sur le balcon.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Yves-Marie Cann @yvesmariecann

 

Pour rappel : aucun "sondage sortie des urnes" n'est réalisé dans la journée. Tout prétendu chiffre s'y référant serait donc faux !

 

Retweeted Ministère Intérieur (@Place_Beauvau) :

 

#ElectionPrésidentielle2017 28,54 % : taux de participation à 12h pour le 1er tour en 🇫🇷 métropolitaine (28,29 % en 2012 et 31,21 % en 2007)

 

12° je pars déjeuner à 12 H40.

 

Je passe devant plusieurs bureaux de vote, du monde, tout est calme.

 

Arrivée à Amarante rue Biscornet, j’arrime mon vélo à son poteau.

 

Maréva est enrhumée, je m’assois à ma table habituelle. Le restaurant est plein.

 

Je choisis de la cervelle, une sole de petit bateau avec des panisses et une glace à la poire. Je bois ça.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La sole est superbe et la glace comme je les aime…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J’accompagne ensuite Maréva qui va voter rue de Charonne, puis nous filons jusqu’au Châteaubriant pour une dégustation. Boulevard Parmentier une file d’attente très longue devant un bureau de vote.

 

C’est plein de bobos.

 

Mon choix :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est l’heure de revenir à la maison.

 

J’allume mon écran.

 

Nos amis belges rejouent via Le Soir # Radio Londres avec peu de succès car la fermeture des bureaux de vote à 19 heures les prive de grain à moudre. Pourtant dès 19 heures ils pronostiquent Macron en tête.

 

La suite vous la connaissez.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les fameux sondages avaient vu justes.

 

Macron en tête suivi par la fille du borgne.

 

Exit Fillon et Mélenchon.

 

Bérézina pour Hamon.

 

Fidèle à ma cure de désintoxication je ne ferai aucun commentaire et j’avoue que ça m’arrange lorsque je lis et j’entends les réactions de certains.

 

Les petits calculs sont toujours d’actualité.

 

Mon seul bonheur c’est la défaite de Sens Commun et l’espoir de renvoyer dans 15 jours l’autre à ses désirs déçus.

 

Ensuite nous rentrerons dans le carnage des élections législatives.

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22 avril 2017 6 22 /04 /avril /2017 06:00
Voter peut nuire gravement aux idées graves *...

J'ai recueilli ce titre, en avril 2007, veille d’un autre scrutin présidentiel, sur un mur de Paris, je lui trouve des accents 68 huitard.

 

Ceux qui me suivent sur mon espace de liberté savent que j'avais 20 ans en mai 1968 et que, contrairement à Paul Nizan dans Aden Arabie, aujourd'hui je n'écrirai pas « J'avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c'est le plus bel âge de la vie ».

 

De ce temps je ne suis ni fier, ni repentant, il reste pour moi le moment où la société française, sa jeunesse tout particulièrement, dans l'un de ses spasmes violents dont elle a le secret, explosaient les coutures d'un habit trop étroit. Nous pensions sincèrement faire la Révolution, renverser la table alors qu’en fait la société de consommation avait besoin qu'on brise des tabous pour prospérer, et nous lui avons grande ouverte les portes.

 

Ne me dites pas qu’il faut que jeunesse se passe, nous étions dans un monde dur et dangereux, la guerre du Vietnam, la guerre froide, les répressions sociales et sociétales… nos copines avortaient clandestinement, la peine de mort existait, et nous osions écrire « nous ne voulons pas d'un monde où la certitude de ne pas mourir de faim s'échange contre le risque de mourir d'ennui. »

 

C'est vrai que nous n'étions guère préoccupés par nos retraites, nous étions des enfants de la Paix et, tout au fond de nous, sous notre épaisse couche de connerie verbale, la certitude d'un monde meilleur ne souffrait d'aucun doute.

 

Bravaches nous proclamions « élections, piège à cons » mais nous votions.

 

Ce matin, sans faire de longs discours, le vieil homme indigne que je suis qui, oui a vécu une très belle vie, contemple avec effroi le triste spectacle de spectres resurgi des poubelles de l’Histoire.

 

Face à eux, puisque nos démocraties permettent à ceux qui les gangrènent de s’exprimer en toute légalité, il nous reste pour leur faire obstacle, les confiner dans leurs outrances, notre bulletin de vote.

 

S’abstenir ou même voter blanc c’est favoriser l’extension de leurs idées graves, c’est mettre le doigt dans un engrenage fatal.

 

L’offre politique de cette présidentielle n’est pas aussi calamiteuse que beaucoup le proclament, même morcelées toutes les sensibilités y sont représentées et il est possible de choisir en fonction de ses convictions en excluant je l’espère les idées de haine et d’exclusion.

 

Il n’y a ni vote utile ou inutile, mais certains candidats du premier tour devraient peser leurs mots s’ils veulent rassembler au second.

 

2002 plus jamais !

 

Allez voter pour faire barrage aux idées graves !

 

Le Larousse

 

* Qui peut avoir des conséquences fâcheuses, qui peut entraîner des suites dangereuses : Commettre une faute grave.

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21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 06:00
La France de pépé, le mythe gaulliste, la dévotion gaullienne, Malraux  le gaullisme à ses yeux, ne saurait être victime que de l’apocalypse, le PSU de Rocard…

Rassurez-vous je n’ai pas repiqué à ma drogue préférée, j’ai simplement retrouvé une pile de Nouvel Observateur datant de mai-juin68.

 

Je les ai feuilleté, Dieu qu’ils étaient austères, le nombre de signes des articles abondant, et très vite j’ai retrouvé le parfum du mois de mai, sulfureux, bien loin des interprétations qui fleuriront par la suite, soit pour minorer le mouvement, soit pour en faire une révolution d’opérette.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le personnage central, de Gaulle, longtemps ébranlé puis ressuscité, tel Lazare (titre La résurrection de Lazare) « Je ne serai ni Pflimlin, ni Daladier, ni Louis XVI… » a-t-il laissé tomber « mercredi 29 mai, avant de quitter l’Élysée pour l’aérodrome de Saint-Dizier où l’attendait la Caravelle présidentielle. »

 

Pompidou lui avait dit « Partez ! » afin de mettre sur pied une sorte de « gouvernement de salut public » pour « défendre la République contre l’insurrection communiste ». « Le bateau ne doit pas couler avec de Gaulle » tel était le sentiment qu’exprimait le Premier Ministre. Il le paiera d’une éviction.

 

« Pas de sang sur mes mains, à la fin de ma vie » aurait murmuré le vieux Général devant des fidèles, alors comme à Londres, il va faire bouger « le parti de la trouille » en direct à la radio. La vieille garde qui « en a marre de rester les fesses sur des chaises alors que la rue est livrée aux révolutionnaires… » va mobiliser « une manifestation place de la Concorde… »

 

Ce sera un raz-de-marée, une Chambre bleue horizon, le début de la fin pour le vieux Général malgré le débarquement de « la couleuvre Pompidou » au bénéfice du martial Messmer.

 

Pendant cette campagne il a été fait beaucoup référence à de Gaulle pour évoquer des questions d’intendance d’un de ses lointains héritiers, des sujets qui se devaient de rester subalternes mais qui ont pris du relief dans une atmosphère délétère de dégagisme, rejet des élites et montée des démagogues.

 

Quelques morceaux choisis de l’époque qui le remette à sa place, celle d’un chef d’Etat obligé de s’appuyer sur le jeu parlementaire des partis politiques honnis pour sauver les meubles du pouvoir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jamais tant d’imprévoyance, tant de légèreté, tant d’impéritie n’ont été plébiscités si massivement.

 

« Écorné par l’élection présidentielle en 1965, et mis à miettes en 1967 par le second tour des législatives, voici le mythe gaulliste paradoxalement retrouvé. Ces dernières années, l’homme était redevenu un candidat comme les autres, soumis au ballotage, menacé par les motions de censure. Le voici à nouveau symbole national. Et, malgré la maladroite concurrence du parti communiste, il s’est adjugé le drapeau tricolore. C’est qu’il faut à de Gaulle un théâtre tragique. La guerre mondiale, puis la guerre coloniale lui ont fourni deux scènes à sa taille. Manquait la guerre civile. Ce troisième acte, dont la révolte étudiante et les grèves ouvrières ont fourni le livret, s’est révélé providentiel. Il importe peu, dès lors, que la tragédie soit en réalité une farce et qu’à l’Étoile, « la Marseillaise » de ministres convulsionnaires ait paru sortir de Marat-Sade plus que d’un drame patriotique.

 

Voici du même coup reparu le caractère bonapartiste de la conjoncture politique française, bien atténué dans les derniers scrutins. Le talent de M. Pompidou a été de camoufler un plébiscite en élections législatives. Car qui, ces dernières semaines, s’est soucié de l’Assemblée nationale ? Ni les étudiants, ni les neuf millions de grévistes, ni le gouvernement. Il a fallu le discours du 30 mai pour que le chef de l’État, en dissolvant l’Assemblée, la rappelle à l’existence. En votant U.D.R, aucun Français n’a vraiment cru élire un représentant au Parlement, mais affirmer la magie d’une étiquette. »

 

François Furet-Jacques Ozouf le 26 juin 1968

 

« Pour les amateurs de « signes », la révolution de mai a été quelque chose de prodigieux et nous aurons failli à notre métier si nous ne sommes pas arrivé à en convaincre nos lecteurs les plus réticents, les plus inquiets et les plus calmement réformistes. Un des rares esprits que le signe de cette révolution n’a pas abêtis, c’est André Malraux, et je suis, à gauche, du petit nombre de ceux que cela n’étonne pas. Sans doute le ministre de notre culture contestée n’a-t-il pu s’empêcher de sacrifier à la dévotion gaullienne, et de triste manière. Pour l’histoire il aura tout de même dit :

 

« La répétition générale de ce drame suspendu annonce la grande crise de la civilisation occidentale […] La rencontre de l’élément jeunesse et de l’élément prolétariat est un phénomène sans précédent […] Une grève capitale est toujours plus qu’une grève. »

 

Il aura ajouté que, tandis que ses « amis » formulaient des affirmations péremptoires, lui, Malraux, s’interrogeait, « fasciné », et qu’il voudrait bien être un sociologue de 25 ans étudiant les transformations vertigineuses de la société occidentale comme on étudie la civilisation maya.

 

[…] Le gaullisme à ses yeux, ne saurait être victime que de l’apocalypse. Pour justifier la fin du gaullisme dit « de gauche », il ne faut rien moins que la fin du monde. »

 

Jean Daniel 26 juin 1968

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un conflit d’avenir

 

La vieille gauche de la FGDS, celle de Mollet, Billères, Defferre, Mitterrand pense que « le pouvoir, en France, n’est pas prête à un gouvernement communiste ou à majorité communiste. Pour installer un régime socialiste, nous avons absolument besoin de l’appui des classes moyennes. Tout ce qui contribue à les effrayer fait donc reculer le socialisme – et c’est pourquoi, nous condamnons si sévèrement l’attitude du PSU, qui, sur le plan électoral, favorise le gaullisme en divisant les voix de gauche – et qui, à long terme, ne débouche que sur un affrontement sanglant. »

 

Michel Rocard n’est pas d’accord, pour lui, il n’y a pas deux moyens de prendre le pouvoir, mais trois :

 

  • la voie légale « qui mène fatalement à des compromissions dont nous ne voulons plus » ;

 

  • l’insurrection « que nous refusons aussi, car nous ne voulons pas gouverner dans la rue » ;

 

  • la pression populaire et pacifique : « c’était le cas, en mai dernier. Il y avait effectivement une situation nouvelle de vacance du pouvoir. Avec dix millions de travailleurs en grève, tout le pays bloqué, il était possible de provoquer une paralysie générale qui aurait amené pacifiquement la chute du régime, et l’avènement d’un gouvernement de gauche. Le parti communiste n’a pas voulu ou pas osé jouer cette carte. Maintenant, il est trop tard, mais l’occasion se représentera… »

 

Josette Alia 26 juin 1968

 

 

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20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 06:00
 Le dégagisme est-il réversible ?

Partout sur les murs de Paris : « Qu’ils dégagent ! »

 

Je trouve l’injonction un peu molle, très petit bras de petits bourgeois, style sortez les sortants du papetier de Saint-Céré qu’a fini dans les soupentes de l’Élysée.

 

Les murs de 68, eux, ne faisaient pas dans la dentelle pour bobos bien au chaud, pas de quartier pour les adversaires !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Dans les cavernes de l’ordre nos mains forgeront les bombes »

 

« Ne prenez plus l’ascenseur, prenez le pouvoir »

 

« L’économie est blessée, qu’elle crève »

 

« Soyez réalistes demandez l’impossible »

 

« Enragez-vous ! »

 

« Embrasse ton amour sans lâcher ton fusil »

 

« Je jouis dans les pavés »

 

« Déculottez vos phrases pour être à la hauteur des sans culottes »

 

Non, non, non, je ne repique pas au truc, je me contente de me gondoler face au spectacle des révolutionnaires de salon.

 

La seule question qui vaille est : pourquoi rendre le pouvoir lorsqu’on l’a pris, légalement bien sûr, aux ennemis de la Révolution ? L’œuvre révolutionnaire prend du temps, et ses adversaires sont puissants.

 

Fidèle à mon sevrage j’en reste là et vous propose une variation bien française :

 

Dégage !

 

Dans mon charmant village de Vendée, la Mothe-Achard, le basket-ball, la Vaillante Mothaise, était sous la férule du curé et le football, le Foot-ball Club Mothais, entre les mains des laïcs. Mes copains jouaient au foot, moi j'étais le capitaine de la Vaillante, et comme au basket nous jouions souvent le dimanche matin, j'allais voir jouer les footeux l'après-midi.

 

Le capitaine du FCM, le gros Arnaud, qui jouait demi-centre, était surnommé : « dégage ! » car pour lui, même s'il était maçon, son seul souci était se débarrasser du ballon et non de construire du jeu. Alors le cuir s'envolait, se perdait parfois dans le champ de choux voisin, mais ça plaisait aux supporters car le gros Arnaud mouillait le maillot. Les plus experts disaient que le FCM jouait à l'anglaise. Moi, admirateur du FC Nantes et de son jeu léché, je m'en donnais à coeur joie dans les lazzis vachards...

 

Du dégagement

 

« Le dégagement, c'est l'âme de toute qualité, c'est la vie de toute perfection, c'est l'élégance en action, c'est la grâce en paroles, c'est ce qui enchante le goût, c'est ce qui flatte l'intelligence - c'est ce qui ne s'explique pas.

 

C'est la touche finale apportée à l'ouvrage - c'est une beauté formelle. Les autres qualités embellissent la nature, mais le dégagement les rehausse encore. Il est la perfection des perfections, une beauté qui les transcende toutes avec une grâce universelle.

 

Il tient à je ne sais quoi d'aérien d'indiciblement élégant dans le dire et le faire, et même dans la façon de penser.

 

Il est en grande partie inné ; le reste, il le tient de l'observation. Et jusqu'à présent, personne ne l'a vu obéir à une quelconque autorité. Il est même supérieur à l'art.

 

On l'apparente au charme pour sa séduction ; à l'allure pour son caractère insaisissable ; au brio pour la fierté qui l'accompagne ; au dégagement, donc, pour son caractère affable ; à l'aplomb, pour ce qu'il révèle de facilité. mais tous ces mots ne traduisent que l'impossible tentation de le définir.

 

Ce serait lui faire injure que de le confondre avec la facilité : il se tient bien au-delà, au-delà même de la hardiesse. Bien qu'il suppose la légèreté, c'est une valeur ajoutée à la perfection... «

 

Baltasar Graciàn (né en 1601 meurt en 1658 prêtre au sein de la Compagnie de Jésus en délicatesse permanente avec sa hiérarchie il sera destitué de sa charge pour manquement au devoir d'obéissance) in Le Héros éditeur Le Promeneur le cabinet des lettres

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19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 06:00
Philippe CARA COSTEA - Peinture - L'orchestre rouge

Philippe CARA COSTEA - Peinture - L'orchestre rouge

Je sature !

 

Trop c’est trop !

 

Quand est-ce qu’ils vont cesser de nous saouler, de nous les briser, avec l’excellence du millésime 2016 dans l’enclave de Bordeaux… Voilà même que le Figaro titre : Le rayonnement du millésime Bordelais dépasse-t-il ses frontières ?

 

Bordeaux, Bordelais, comme si cette vieille ville girondine regroupait tous les ceps de vigne de la Gironde, mais où sont donc passées les appellations !

 

Sans faire un affreux jeu de mots : tous comme une bande de moutons !

 

Ras-la-coupe, je donne la parole à « Edouard Minton [qui] est l’un des plus illustres représentants de cette caste privilégiée de la bourgeoisie bordelaise (le courtier), enracinée depuis des siècles dans le quartier qui porte son nom : les Chartrons. »

 

Vous allez voir, c’est drôlement plus enlevé que la prose pesante d’un pisse-copie de la Toile ICI

 

Dans sa Peugeot, Edouard Minton notre courtier, suit la route du Médoc car il a rendez-vous à Mouton (un Chartronnais ne dit jamais château devant le nom d’un cru et pratique l’abréviation : Las Cases ou Lafite comme le NAP dit Roland pour Roland Garros) avec le baron Philippe de Rothschild. «En fait, les courtiers bordelais se voyaient davantage convoqués qu’invités. Ils n’avaient à choisir ni le jour ni l’heure, fussent-ils déjà pris ou grippés»

 

Sa remontée vers Mouton nous vaut, lorsqu’il passe devant l’entrée du Prieuré-Lichine, à un « Ah, celui-là ! Quel type ! En voilà un autre qui ne manque pas de culot ! Il a débarqué dans le paysage comme un crieur de journaux dans une librairie ancienne. Et ces monstrueux panneaux publicitaires qu’il a plantés un peu partout au bord des vignes... Les grands crus n’ont pas besoin de réclame populaire. Il se croît dans la vallée du Rhône ! « Dégustation-vente à toute heure ». Tout de même, il faut de l’aplomb pour appeler un cru « prieuré-lichine ». Drôle d’œcuménisme. »

 

Pour situer le personnage, c’est un intégriste de l’église réformée qui, «en son for intérieur, n’aimait ni les catholiques ni les juifs ; quoiqu’il supportât leur compagnie avec civilité pour les nécessités du commerce.»

 

Des manières un peu raides, une éducation parfaite, une façon de parler « imitable à cause d’un très léger bégaiement qui pouvait passer pour une recherche du mot juste et à cause de sa prononciation particulière des « t », mouillés à l’anglaise », toujours vêtu avec sobriété, « souvent en costume trois-pièces anthracite et richelieus noirs du meilleur cirage ».

 

Madame « était née, Sluter, issue d’une lignée de marchands flamands dont l’installation à Bordeaux remontait au XVIe siècle » et « En trente-cinq ans de mariage, ils s’étaient tutoyés rarement, à l’occasion de disputes. Le changement de personne tenait lieu de changement de ton. Aucune invective, jamais, ne s’échangeait entre eux. » Bref, un couple uni, « malgré les incartades du courtier » et « quelques aventures passagères de son épouse. »

 

Leurs vacances dans leur villa du Pyla «s’assortissaient d’une tolérance qui convenait surtout au mari» quoique madame se dévouait parfois «pour déniaiser un garçon de bonne naissance». Le charme discret de la bourgeoisie des Chartrons donc !

 

L’auteur brosse avec subtilité, l’art et la manière d’exercer le métier de courtier de GCC.

 

« Le métier de courtier est à la fois lent et rapide. Il faut être à l’écoute du marché et le pressentir autant que possible en attendant l’heure de l’action. Il faut savoir téléphoner pour ne rien dire et se montrer omniprésent mais pas insistant. Il faut pouvoir foncer chez un acheteur en puissance, échantillons en main, muni d’un accréditif verbal mais indestructible de la part du vendeur.

 

Les arguments ne reposent pas tous sur la qualité du vin. Savoir que Bertrand de Plassac a réalisé un joli contrat au Canada, et qu’il est – si tant que faire se peut – heureux en amour et en famille, est un atout dans la manche que les maîtres du jeu utilisent à merveille.

 

Connaître les besoins d’argent d’un propriétaire ambitieux, au moment, où il convient le mieux de les satisfaire, constitue un avantage décisif.

 

Faire traîner l’établissement d’un bordereau, pour des raisons futiles mais réelles, est susceptible de provoquer une émulation bénéfique, à l’achat comme à la vente. C’est une question de dosage du temps. Car l’attente excessive peut se retourner contre vous. De même, la trop grande hâte est préjudiciable à l’image sérieuse de l’intermédiaire.

 

Le courtier est une ombre agissante, qui possède l’art de ne rien faire en donnant l’impression d’être indispensable, ou qui va plus vite que ses partenaires, grâce à un supérieur instinct de chien de chasse, pointer et retriever. »

 

« La Peugeot montait sans effort la petite côte arrivant sur le plateau de Beychevelle. De part et d’autre de la route, les châteaux Beychevelle et Branaire se regardaient en chiens de faïence. On ne sait plus trop comment le lopin de terre qui se trouve devant la grille principale d’entrée de Branaire appartenait à Beychevelle. Pour aller à Branaire, il fallait contourner la vigne et pénétrer par les communs. Les relations entre les deux vis-à-vis s’étant dégradées, Beychevelle mettait son linge à sécher devant la grille de fer forgé de Branaire. Edouard Minton pensa à la légende du duc d’Epernon, selon laquelle les navires passant devant le château devaient baisser leurs voilures en signe de salut. Maintenant, c’était « le duc » qui suspendait ses draps de lit au bord de la route ! »

 

C’était le bon temps !

 

Si vous me dites à qui appartenait cette belle plume je vous mijoterai un bon petit plat.

 

En attendant je vous offre la partition de l'Orchestre rouge, paroles et musique de JACQUES DUPONT ET OLIVIER BOMPAS…

 

« Quel est selon vous votre meilleur millésime ? » demandait un candide.

 

« Celui qui est à vendre », lui fut-il répondu. Histoire bordelaise bien connue. Nous approchions donc ce nouveau-né avec des accents circonspects. Vrai diamant ou verroterie ?

 

ICI

 

 

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