Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
26 novembre 2007 1 26 /11 /novembre /2007 00:04


Selon les experts es-tendance, les trentenaires minces et branchés, sitôt rentrés at home troquent leurs fripes chicos Paul Smith pour le tablier bleu de leur mère et, en leur cuisine mieux équipée qu'un laboratoire high-tech, ces nouveaux adorateurs de la bouffe - pas la mal mais la bonne bien sûr - vont "créer" derrière leurs fourneaux rutilants, pour régaler leurs copains de la salle des marchés ou épater les nanas qui ne savent même plus faire un oeuf sur le plat, des petites choses toutes simples du genre filets de saint-pierre au beurre d'orange pour commencer er une crème brûlée à la lavande du plateau de Valensol pour terminer. 
Ben oui, c'est un scoop, il est devenu valorisant pour les gars de savoir cuisiner me dit-on ! 
Nos grand-mères, outre assurer le frichti quotidien, brodaient quand elles ne reprisaient pas des chaussettes. 
Nos mères mijotaient elles aussi des petits plats pour la maisonnée. 
Nos soeurs, perverties par l'esprit de libération, ont jeté par-dessus bord les aiguilles et les écumoires pour bosser comme les mecs. 
Et voilà que nos fils se passionnent pour la cuisine -  pas la bonne chère de papa bien sûr, trop lourde, trop coupée de ses racines, non de l'authentique de chez authentique mon cher, du pur extrait de terroir, sable des carottes de Créance compris, de la nature à l'état brut "oui, oui, je t'assure, l'eau sur la feuille de la laitue c'est de la rosée du potager..." 
C'est le monde à l'envers Simone - pas le château mais de Beauvoir bien sûr -  et, pis encore, cette nouvelle folie culinaire qui s'est emparée de la jeune génération mâle, n'est pas, me dit-on chère Simone - elle n'aurait pas aimé cette familiarité - qu'une mode, c'est un mouvement mondialisé et, comme vous vous en doutez ma pauvre Simone, comme tout mouvement mondialisé qui se respecte ça a un nom anglais : c'est le Fooding et, comme de bien entendu, chère Gisèle - Halimi bien sûr - comme tout mouvement mondialisé bardé d'un nom anglais qui se respecte, ça se fait sa petite semaine médiatique du 26 novembre au 8 décembre
www.lefooding.com .

Elodie Lepage du Nouvel Obs nous donne la clé. Certains journalistes, surtout ceux qui chroniquent sur l'air du temps, et ceux de l'Obs tout particulièrement, adorent les raccourcis psychologico-sociologiques car c'est chic et choc, ça ne mange pas de pain et surtout, sitôt l'article en boîte ça laisse le loisir d'aller vite butiner sur d'autres sujets apportés par le vent des agences de communicants. Bref, pour elle, ce retournement de jurisprudence de nos jeunes mâles pourrait être, je la cite : " La revanche des enfants du supermarché ? Elevés au poisson pané et aux surgelés, ils sont avides, aujourd'hui, des produits frais et du terroir..." A l'en croire, c'est la ruée sur les cours, les ateliers pour apprendre à mitonner des petits plats simples et nature, le rush sur les bouquins de cuisine - pas ceux des recettes de Françoise Bernard mais des trucs du style Jérôme Byron et son livre Cantines * - et le triomphe de la nouvelle bible sur papier glacé : le magazine Régal (90 000 abonnés et 30 000 ventes en kiosques). Enfin, comme toute lame de fond le mouvement à ses chapelles écrit-elle : Fooding, Omnivore ou Slow Food... " La demande est là " enchérit Luc Dubanchet le rédac-chef de la revue omnivore, disponible sur le net depuis 2003, qui va être disponible en kiosque en janvier. Une vraie "révolution" quoi, une longue marche entreprise depuis 1990 pour que le ludique, le plaisir et la simplicité triomphe dans la cuisine de tous les jours.  (cf photo) " A cette époque, la gastronomie était larguée. Il se passait des choses dans tous les secteurs de l'art et de la culture, sauf dans ce domaine. En jouant "l'agit popot", le Fooding a contribué à libérer les chefs des codes dépassés qui régissaient le milieu " dixit Alexandre Camas, l'un des fondateurs du Fooding. Don't act ! Que des artistes et des mecs qui causent riche... Les figures emblématiques, selon miss Elodie, étant en restauration Yves Camdeborde et Inaki Aizpitarte avec leurs bistrots chics et simples. 

* "Cantines" Jérôme Byron 2006 éditions Perrin-Agnès Viernot.
Dindon-066.jpg

J'ironise mais j'en ai le droit car :

1° je n'ai pas de four à micro-ondes ;
2° je n'achète jamais de surgelés ou de plats préparés ;
3° j'épluche mes carottes et mes navets achetés au marché ;
4° je lis Régal ;
5° je cuis à la vapeur depuis des lustres ;
6° j'ai dîné chez Camdeborde, sur le trottoir bien sûr ;
7° je fais ma pâte à tarte sans peser les ingrédients ;
8° je n'ai de toute ma jeunesse touché une casserole ;
9° je n'ai jamais pris un seul cours de cuisine ;
10° j'adore manger à mon gré, où je veux comme je veux, sans être honteux, sans consultation préalable de l'air du temps ni références aux nouveaux codes, aux chapelles et autres prescripteurs de naturalité ;
11° je ne suis pas sectaire : ma porte est grande ouverte à toutes les influences du grand large et je ne demande à personne de partager mes goûts et mes coups de coeur.
12° je dois boire beaucoup des vins qu'ils aiment...

Vin&Cie est un espace de liberté et le prouve chaque jour. Venez vous y exprimer, apporter la contradiction, donner de la respiration au débat. Dans les jours qui viennent de nouvelles pièces seront versées au dossier de la bouffe avec, dès demain, notre cher nectar en première ligne...  
    

 

Partager cet article
Repost0
25 novembre 2007 7 25 /11 /novembre /2007 00:07


Les politiques pétaient de trouille face à ce groupuscule sans adhérents revendiqués, cultivant la Révolution en serre comme une plante en pot, étrange cercle d'initiés cooptés, forme vide où, entre la périphérie et le centre va et vient une fluence insaisissable, floue, pas de chef connu, rien d'interprétable, de la bouillie de chiots enragés. A la GP tout semble provisoire, intérimaire, inorganisé au nom de la primauté des masses - des larges masses aussi maigres qu'improbables comme le vocabulaire de leurs tracts était lui aussi boursouflé que prévisible - cette volonté maladive de s'effacer, de laisser les manettes aux prolétaires lorsqu'ils prendraient les armes. Comme l'aurait dit mémé Marie, pour tout ce beau monde calamistré de la place Beauvau, ça n'avait ni queue ni tête car dans les usines les plus dures, en dehors des poches connues et circonscrites d'anarcho-syndicalistes, d'agitateurs de l'extrême-gauche non communiste, toujours les mêmes, aucun élément identifié ne permettait d'accréditer que le couvercle de la marmite allait sauter sous la pression de la base. La base jardinait, piccolait, forniquait sans porter grande attention à ces gamins aux mains blanches faisant le pied de grue aux grilles de l'usine pour leur fourrer des tracts baveux d'encre, illisibles et déconnectés de leur saloperie de vie. En bons flics opportunistes qu'ils étaient, les tenanciers de la Place Beauvau, face à ce nid de frelons qui bourdonnaient dans un creux de mur, calmaient les angoisses de leur Ministre et de son cabinet avec l'opération foireuse baptisée pompeusement : double chevron.

Tout leur bel édifice reposait sur mes improbables épaules. Mes commanditaires, je le sentais, étaient partagés, tiraillés par des sentiments contradictoires. Côté positif, mon profil allait comme un gant à la mission d'agent dormant, ils ne pouvaient pas trouver mieux. J'étais plus que crédible pour me fondre sans éveiller de soupçons dans la mouvance de la GP, pour soutenir des discussions théoriques avec les têtes pensantes, apporter une contribution significative à la logistique merdique de ces intellos et accéder ainsi rapidement au "Comité exécutif", là où étaient censées se prendre les décisions capitales. Ce qui les inquiétait, c'était mon profil psychologique, mon côté je n'espère rien de rien, la facilité avec laquelle j'avais accepté de trahir mes anciens camarades, mon goût pour les femmes aussi, déjà responsable d'une grosse bavure, et surtout cette façon funambulesque de me complaire dans le border line. Ces messieurs cherchaient à avoir prise sur moi et, tout ce qu'ils avaient trouvé pour me tenir, c'était de me fabriquer une nouvelle identité. L'ancienne se retrouvait tout au fond d'un dossier bien pourri au cas où il me viendrait à l'esprit de leur faire un enfant dans le dos. Leur service après-vente de Marc Krank, ma doublure, besognait face à mon attention soutenue qui se voulait bienveillante. Pour détendre l'atmosphère je fis l'intéressant : " Soyez sans inquiétude messieurs je vais dépiauter le moineau...". Leur haut le corps imperceptible me confortait dans ma supériorité : à Beauvau on ignorait tout du langage imagé du Président Mao. 

Partager cet article
Repost0
24 novembre 2007 6 24 /11 /novembre /2007 00:08

C'est de la littérature, certes, mais bien trempée dans la réalité d'une période étrange...

406482113-7f3b3ba6db-t-copie-1.jpgDindon-copie-2.jpg

 

" Une fois, tu te souviens que vous aviez fait une grande réunion, un comité central ou quelque chose comme ça, dans une maison appartenant à une branche de la famille Rothchild. Carrément. La fille, étudiante à Vincennes, était sympathisante de la Cause. C'était du côté de Saint-Cloud, on voyait des golfeurs passer au loin sous des ombrages bleutés, des êtres irréels au fin fond de pelouses avec des massifs de fleurs comme des îles tropicales. Quand il n'est pas haineux, le petit bourgeois est craintif : vous étiez plutôt épatés, impressionnés, craignant de casser quelque chose. Dans vos petits souliers. Mais pas les prolos. Il y avait là Pombalière, Momo Mange-Serrures, Reureu l'Hirsute, la bande d'Issy. Très à l'aise, eux. A leur affaire. Ils avaient fracturé la porte de la cave (Momo tirait son surnom de ses dispositions dans ce domaine) et fauché des dizaines de bouteilles. Des mouton-rothchild, des pétrus, des haut-brion, rien que des bordeaux hors de prix, mais ils n'avaient pas la moindre idée des trésors que c'était. Ils trouvaient que les bouteilles, toutes poussiéreuses, étaient "mal entretenues". Elles leur salissaient les doigts, à ces délicats... Des richards pareils, ils auraient quand même pu payer quelqu'un pour les épousseter, à leur avis... Ils se doutaient que pour arroser le calendos du matin, ce serait mieux que le Gévéor (ou le Kiravi) en litres étoilés qu'ils s'envoyaient d'habitude, c'est tout."


Olivier Rolin in Tigre en Papier au Seuil

 

Partager cet article
Repost0
23 novembre 2007 5 23 /11 /novembre /2007 00:11


Aujourd'hui j'ai décidé de faire court car je me suis dit hier, puisque Chamarré est maintenant une société cotée sur le marché boursier libre d'Euronext Paris et que Pascal Renaudat son fondateur souligne que le plan d'expansion de ce qui n'était jusqu'ici qu'une "marque ombrelle" de vin français associe les 10 plus grandes unions de caves coopératives françaises, soit à travers elles, 13 000 viticulteurs
, j'invite ceux-ci à se connecter sur le site d'Euronext :
www.euronext.com


Qu'ils aillent ensuite sur le compte 3535 : Distillateurs et viticulteurs et ils  y retrouveront, outre leur bébé Chamarré tout juste sorti de sa chrysalide, l'évolution de la cotation de Belvédère, Cottin frères, Diageo, Grand Marnier, Henri Maire, Jeanjean, Laroche, Remy-Cointreau, Pernod-Ricard, Vranken... S'ils le souhaitent il leur suffit d'un petit clic sur le nom d'une de ces sociétés et ils pourront ainsi consulter les informations que doivent fournir celles-ci à Euronext. 
Allez, bon courage chers vignerons coopérateurs, bienvenus dans le monde formidable des actions... 

Partager cet article
Repost0
22 novembre 2007 4 22 /11 /novembre /2007 00:03


Alors que je m'apprêtais à utiliser ce titre, inspiré du célèbre et débile slogan des pacifistes qui s'opposaient au SS20 américains tournés vers l'Est, pour illustrer une chronique humoristique, grâce à Google je suis tombé sur cette chronique détonante comme les américains osent en écrire. Elle a été publiée dans les Echos du 3 octobre 2007 par un professeur à l'Université de Harvard, Kenneth Rogoff, ancien économiste en chef du FMI. Même si le sujet semble hors de nos préoccupations mercantiles directes je la livre à votre réflexion car elle ose des questions dérangeantes.  

 
 
Cliquez ici
 

La hausse inexorable des dépenses de santé dans le monde pourrait bien être un enjeu majeur pour le capitalisme contemporain. Je suis d'avis que, dans un avenir relativement proche, le soutien moral, social et politique dont bénéficie le capitalisme sera sérieusement mis à l'épreuve par l'augmentation constante des coûts de systèmes de santé qui se veulent égalitaires.

La hausse des revenus, le vieillissement de la population et les nouvelles technologies ont permis de prolonger la vie et d'en améliorer la qualité. Ce phénomène a entraîné une hausse des dépenses de santé supérieure de 3,5 % à celle de l'ensemble des revenus aux Etats-Unis depuis plusieurs dizaines d'années. Certains économistes de premier plan prévoient que ces dépenses, qui représentent déjà 16 % de l'économie américaine, atteindront 30 % du PIB vers 2030, voire 50 % un peu plus tard. D'autres pays à revenus élevés ou intermédiaires connaissent le même type d'évolution et ne tarderont pas à se retrouver dans la même situation.

Le début du XXIe siècle a sonné la fin de toutes les idéologies qui menaçaient le capitalisme. Mais ce qui se passe en matière de santé pourrait bien changer la donne. Dans beaucoup de sociétés, les soins sont perçus comme un droit. Il y a cinquante ans, lorsque les dépenses de santé ne représentaient qu'un faible pourcentage des revenus, la conception égalitaire de la santé était un luxe abordable. Elle entraînait des coûts directs et indirects relativement modestes. A partir du moment où les dépenses de santé représentent un tiers du revenu national, le socialisme de la santé tourne au marxisme : à chacun selon ses besoins. Même le capitalisme autoritaire de la Chine finira par souffrir de ce phénomène. Cela se produira lorsque ses populations rurales, dont l'accès à des médecins et à des hôpitaux est aujourd'hui limité, manifesteront leur mécontentement.

On entend souvent dire que les soins aux personnes âgées représenteront une part majeure de l'augmentation des dépenses dans les années à venir. Mais, si l'on examine attentivement les prévisions du Congrès américain par exemple, il apparaît que le vieillissement de nos sociétés n'est pas le problème principal. La vraie question est de savoir si nous sommes prêts à offrir aux personnes l'égalité d'accès à des techniques médicales toujours plus modernes et plus perfectionnées.

Les tensions actuelles vont se trouver exacerbées par une tendance qui se profile à l'horizon : l'importance croissante des soins personnalisés. Le temps est en effet révolu où l'allongement de l'espérance de vie résultait de précautions collectives relativement peu onéreuses, telles que la fourniture d'eau potable ou le développement des campagnes de vaccinations. Désormais, beaucoup dépend des nouvelles techniques médicales. Dans nombre de pays riches, la chirurgie cardiaque contribue fortement à allonger la durée de vie. Des techniques sophistiquées de diagnostic comme la tomodensitométrie permettent de dépister de nombreux cancers à un stade suffisamment précoce. Certains chercheurs pensent que, grâce à une meilleure compréhension du génome humain, les médecins pourront un jour prévoir l'apparition des pathologies quinze ou vingt ans en avance et prescrire immédiatement un traitement préventif. Certains experts estiment même que vers la moitié du XXIe siècle nous vivrons facilement jusqu'à 110 ou 115 ans, ce qui laisse présager d'énormes bouleversements dans les comportements sociaux.

Outre la réduction de la mortalité, les nouvelles techniques médicales ont des répercussions importantes sur la qualité de vie. Environ 250.000 arthroplasties de la hanche sont effectuées chaque année aux Etats-Unis. Les patients de moins de 60 ans prennent de l'importance dans ce contexte, car les nouvelles prothèses sont compatibles avec un style de vie plus actif.

En principe, l'usage des mécanismes du marché pour les soins de santé peut ralentir ou même inverser temporairement l'augmentation des dépenses. Mais l'amélioration de l'efficacité a ses limites. En dernière analyse, on constate que les sociétés qui s'enrichissent dépensent une part toujours plus importante de leurs revenus pour les soins de santé, contrairement à ce qui se produit sur la nourriture par exemple. Les pressions financières stimulent aussi l'innovation, ce qui améliore le bien-être de tous à long terme, mais accentue en même temps les inégalités et les tensions à court terme.

Je ne suis pas opposé au capitalisme dans le domaine de la santé publique, mais je pense que ce système sera remis en question, bien plus radicalement que ne l'est aujourd'hui la mondialisation. La plupart des pays n'incitent pas suffisamment les patients et les prestataires à faire eux-mêmes des choix efficaces. Les pressions que subissent actuellement les systèmes de santé risquent d'inverser la tendance qui conduit aujourd'hui à une économie de marché toujours plus libre. Autrement dit, certaines sociétés pourraient bien décider d'être « plutôt rouges que mortes » en choisissant de confier une part de leur économie à un système plus socialiste.

KENNETH ROGOFF est professeur à l'université Harvard et ancien économiste en chef du FMI.
 
 
Partager cet article
Repost0
21 novembre 2007 3 21 /11 /novembre /2007 00:05

* cette lettre est une réponse légère au commentaire de Gus à propos de ma chronique de vendredi dernier : Zoé http://www.berthomeau.com/article-13652470-6.html#anchorComment

Cher Gus,

Rêver pour le compte d'autrui 
n'est pas envie 
mais pour moi inventer la vie 
de ceux qu'on aime, 
pas pour de vrai mais pour de rire, 
au détour d'une phrase 
ou d'une petite pensée cultivée dans mon petit jardin d'intérieur...

Quand j'étais petit et enfant de choeur en soutane rouge et surplis empesé maman rêvait, elle me l'a dit, que je devinsse curé doyen d'une belle paroisse et, pour parodier un autre Jacques - Séguéla - ne dites pas à ma mère que je suis dans la fonction publique elle me croît, du ciel où elle est, 
marchand à la sauvette sur la toile... 

Mon père, lui, qui officiellement ne pouvait être un rêveur vu, qu'en ce temps-là, pour un homme de la terre ça ne se faisait pas, quand il écoutait dans un silence absolu les "attendez-vous à savoir..." de Geneviève Tabouis sur Radio-Luxembourg, secrètement rêvait de voir son petit dernier faire de la politique. Alors ne lui dites pas que je suis dans la fonction publique, il croît, lui aussi de là haut,
que j'ai été un peu "Vice-Ministre" * sur les bords. 

Et moi, pendant ce temps-là, rêveur précoce en culotte courte je nourrissais le secret espoir de devenir reporter sportif à la radio, comme Georges Briquet, alors
ne me dites pas que je suis dans la fonction publique parce je crois, faites-moi cette confiance, que je suis un curé sans paroissiens.

Plus sérieusement, mon cher Gus, dans ma Vendée natale, au cours des années baptisées par les économistes les 30 Glorieuses - même si pour la plupart des Français elles n'ont été ni plus ni moins que des années d'efforts où, après les privations de l'occupation, ils espéraient que la vie serait meilleure pour leurs enfants - les fils de paysans surtout, les filles, elles, continuaient de se gager comme bonnes ou de se trouver un mari qui ne soit pas paysan, pour échapper à leur rude condition mal payée : aide familial qu'on disait, s'en furent massivement vers les chemins de fer, les postes ou l'ed ou autres services publics. Pas vraiment des fonctionnaires car pour accéder au statut de la Fonction Publique il fallait passer un concours et souvent l'instruction manquait. Au pays, lorsqu'ils revenaient, ceux qui étaient restés les considéraient comme des privilégiés. Ils avaient une bonne place : l'emploi à vie et la perspective d'une retraite. Certes les temps ont changé mais il n'en reste pas moins vrai que, dans notre pays, chez nos voisins aussi, l'emploi public, parce qu'il est rémunéré par l'impot, n'a pas très bonne presse, même si beaucoup de nos concitoyens, quoi de plus normal en ce temps de chomage des jeunes, en rêvent pour leurs enfants.

Pour autant, moi qui ne suis pas vraiment fonctionnaire, lorsque je rêve que la Zoé, qui aime tant les poupées, puisse un jour choisir le métier de vigneronne c'est parce je sais que c'est un beau métier avec ses joies, ses peines, ses incertitudes, ses difficultés mais aussi ses satisfactions. Alors, cher Gus, laissons de côté l'opposition facile entre le pauvre paysan versus Fernand Reynaud et le fonctionnaire héritier de messieurs les ronds de cuir cher à Courteline pour en venir à la seule chose qui vaille : réussir sa vie personnelle et professionnelle. Je ne suis pas le meilleur juge pour la mienne mais, pour ce qui de mon travail, j'ai eu la chance de choisir, d'exercer des métiers différents, de mettre mes convictions à ce j'estimais être le bien commun, bref je suis un privilégié qui ne trouve pas que l'herbe soit plus verte dans le pré de ses voisins même si en l'occurence, s'agissant des vignes de mon ami Marc, pour quelques arpents je ne dirais pas non.

Merci, cher Gus, de votre fidélité de lecteur et si un jour nous nous croisons nous trinquerons à la convivialité et ferons un petit bout de conversation. Avec mes sentiments les meilleurs.

Jacques Berthomeau

 * Pièces jointes : lire le surlignage en jaune 

  Dindon-004-copie-4.jpg 

 

 

  Dindon-003-copie-3.jpg

Partager cet article
Repost0
20 novembre 2007 2 20 /11 /novembre /2007 00:00

Dindon-002-copie-4.jpgDindon-001-copie-3.jpg
 

C'est le titre d'un article de Paris-Match paru en 2006 signé Marie-Pierre Gröndahl.
" Pascal Renaudat, avec sa marque Chamarré a réussi à fédérer 15000 viticulteurs. Objectif ? Résister aux offensives des vins du Nouveau Monde.


"On est en train de construire l'Airbus du vin". Ancien champion de moto et spécialiste de l'agro-alimentaire, Pascal Renaudat, 52 ans, veut redonner le moral à la filière vinicole française, passablement déprimée depuis plusieurs années : "Seuls les plus grands vins et les tout petits s'en sortent à l'export. Résultat, tous nos concurrents étrangers se sont engouffrés dans la brèche des crus de milieu de gamme." Son idée ? Utiliser les armes du marketing pour convaincre les consommateurs dans le monde entier d'acheter un vin français, dans les grandes surfaces et les distributeurs spécialisés, eux-même de plus en plus concentrés." Je me suis inspiré de la stratégie de géants étrangers, comme les Australiens. Ils ont créé des marques mondiales, telle Jacob's Creek, qui réalise à elle seule des ventes plus importantes en Grande-Bretagne que tout le Bordelais réuni !" Pour cela, il lui fallait du volume, donc avoir l'appui d'un grand nombre de viticulteurs.


" C'est un monde très individualiste, mais la crise nous a permis d'agir", se félicite Pascal Renaudat, qui a fédéré 12 000 vignerons sous une marque unique : Chamarré." Tous les vins du Nouveau Monde ont compris qu'il fallait un label, un prix modéré et une qualité constante. Mais ça manquait en France. Chamarré s'est lancé au bon moment", dit un acheteur d'une grande surface. La start-up est en train de s'imposer, grâce à 5 milions d'euros d'investissements de départ, avant les 40 millions que le PDG compte lever cette année. Avec des bordeaux, du beaujolais, des vins de Loire et du Rhône, du Gers et de la Corse, Chamarré vend déjà 1 million de bouteilles entre 3,50 euros et 4,99 euros, alors que ses premières livraisons ne datent que de février dernier. Et a eu les honneurs de la une du "New York Times", du "Herald Tribune" et du "Financial Times"... " Nous sommes déjà dans plus de la moitié des hyper et supermarchés britanniques, un marché crucial" révèle Pascal Renaudat, qui vise sérieusement la place de troisième exportateur européen d'ici à 2009"

Chamarré vient de lever 7,2 Millions d'euros sur le second marché de la Bourse de Paris (cf fiche publiée par Euronext) et dans son communiqué précise qu'il va " investir massivement au Royaume-Uni et aux USA pour s'imposer comme une marque leader sur ces deux marchés à l'horizon 2009/2010 "... 

Pour mes lecteurs, je reprécise que la marque Jacob's Creek est la propriété du groupe Pernod-Ricard et l'on peut se demander pourquoi ce groupe mondial, présent en Champagne (Mumm, Perrier-Jouet) et à Cognac (Martell et Bisquit) n'a pas validé son modèle de développement sur le marché des vins tranquilles français ? De ce pas je vais proposer à Patrick Ricard de répondre à un Trois questions à... sur Jacob's Creek et, si Pascal Renaudat veut bien faire la même chose, je lui demanderai où il en ait, tant sur le marché français qu'à l'export ? A vos commentaires. Merci. Dernière précision les vignerons auxquels fait référence Pascal Renaudat sont des coopérateurs du Val d'Orbieu, du Cellier des Dauphins, d'Alliance Loire, de Producta, Vivadour dont les groupes sont sur les marchés des concurrents de Chamarré.


CORPORATE EVENT NOTICE:
CHAMARRÉ
PLACE: Paris
AVIS Nº : PAR_20071019_9397_MLI
DATE: 19/10/2007
MARCHÉ: Marché Libre
 
A l'initiative du membre du marché ARKEON FINANCE et pour le compte de la société, la première cession sur le Marché Libre des actions de la Société CHAMARRÉ s’effectuera le 24/10/2007 sous la forme d’une cotation directe. Il est précisé que cette inscription sur le Marché Libre se fait dans le cadre des dispositions des articles 211-1 à 211-4 du livre II du Règlement Général de l’Autorité des marchés financiers hors du champ de l’appel public à l’épargne, il n’y a donc pas de document d’information ayant reçu le visa de l‘AMF. Elle a été précédée d'une augmentation de capital par placement privé auprès d'investisseurs qualifiés, pour un montant global de 7,2 M€.
 
Informations sur la société
 
Siège social 1 rue Méhul -75002 Paris
Capital social 5 726 681,00 EUR divisé en 5 726 681 actions ordinaires d'une valeur nominale de 1,00 EUR
Date de création 04/03/2005
Cession des actions Les actions sont librement cessibles
Exercice social Du 1er janvier au 31 décembre
Numéro RCS PARIS 481 539 526
 
Objet social (extrait)
 
La société a pour objet, par tous moyens, en France et à l'étranger:
-le négoce de produits alimentaires et en particulier des produits viticoles du terroir français,
- la prise de participation ou la constitution de toutes filiales ayant cet objet,
- la gestion et l'animation des filiales ainsi que la réalisation d'opération de trésorerie avec elles et l'octroi de garanties en leur faveur,
- et plus généralement, toutes opérations industrielles, commerciales ou financières mobilières ou immobilières, pouvant se rattacher directement ou indirectement à l'objet social ou susceptibles d'en faciliter l'extension ou le développement.
 
Procédure et transmission des ordres
 
Cédant RENAUDAT et Associés SAS
Nombre de titres cédés 1 500 actions
Prix de cession 3,00 EUR
Le 24/10/2007 avant 10h, les membres du marché devront introduire leurs ordres directement sur le système SHIVA en groupe de valeur 98.
Euronext n'acceptera que des ordres à cours limité à 3,00 EUR. Ces ordres seront irrévocables et leur validité sera limitée à la journée du 24/10/2007.
Il est précisé que le jour de la première cession, soit le 24/10/2007, les ordres de vente autres que celui du cédant, RENAUDAT et Associés SAS, portant sur une quantité de 1 500 titres ne seront pas acceptés.
Les opérations de règlement-livraison seront admises dans le système RELIT dès le 24/10/2007.
 
Admission aux négociations des actions émises par CHAMARRÉ
 
Euronext Paris fait connaître qu'à partir du 24/10/2007, les actions ci-dessous émises par CHAMARRÉ seront admises sur le Marché Libre. Les négociations sur le NSC débuteront le 25/10/2007.
 
Principales caractéristiques des titres admis:
 
Nb Titres à admettre: 5 726 681
Valeur nominale: 1 EUR
Jouissance: 01/01/2007
Forme des titres: au nominatif ou au porteur
Banque introductrice: ARKEON FINANCE
Service financier: NATIXIS 61
Secteur ICB: 3535 Distillers & Vintners
 
Cotation:
 
Grpe Cotation: 10 (à partir du 25/10/2007)
Cotation: Fixing
Quotité: 1 Devise: EUR
Unit / %: Unit SRD: No
Guarantie R/L: Yes
Dépositaire local: Euroclear France
Libellé: CHAMARRÉ
ISIN: FR0010518985 Code Euronext: FR0010518985
Mnémonique: MLCHA

Inscription sur le Marché Libre

Partager cet article
Repost0
19 novembre 2007 1 19 /11 /novembre /2007 00:02


A la suite des Trois questions à Michel Bettane les commentaires, pour mon plus grand plaisir, ont éclos comme les Cent Fleurs * chères au président Mao Tsé Doung mais, dans un long lamento, chacun y est allé de son "Que Faire ?" qui, comme chacun sait ou ne sait pas, est l'oeuvre majeure de Lénine, le fondement de ce qu'on appellera le marxisme-léninisme, c'est-à-dire la stucturation d'une avant-garde d'élite, laquelle importera, injectera des idées justes à l'intérieur du prolétariat. On sait où même ce charmant discours...

Et là, la moutarde me monte au nez ! Pas pour Lénine le père du goulag, ni pour Mao qui aimait tant les petites filles, mais pour le bal des hypocrites ou des faux naïfs qui, au temps où il fallait choisir, soit chantaient leurs ritournelles bien rodées, soit attendaient que ça se passe pour que rien ne change. La coupe est pleine, déborde, s'épand en un long fleuve bourbeux où se rejoignent ceux qui, lorsqu'Hervé Gaymard à mis la note stratégique Cap 2010, le défi des vins français, sur le chantier des dirigeants professionnels, se sont drapés dans des postures quasi-léninistes, voulant guider la masse de la base vers des lendemains qui chantent, leur imposer du bonheur malgré eux, élitistes hautains, réformateurs à leur strict profit : réformons les AOC et tout ira bien chantaient-ils dans tous les micros tendus et ceux qui, goguenards, bien calés dans leurs fauteuils directoriaux, tapis dans leurs forteresses inexpugnables, perfusés de CVO, machiavels au petit pied tiraient les ficelles, jouaient des contradictions, alimentaient les rapports de forces entre régions, pour que la main leur revienne et pour que ce soit plus parlant, collaient mon nom sur tout ça, à Bordeaux je roulais pour les pouilleux du Languedoc, dans le Languedoc profond j'étais un stipendié du grand négoce prédateur, à Paris mes origines déplaisaient. Dérisoire !

Berthomeau on s'en fout ! Son rapport n'était qu'un pied de cuve, le point de départ d'une réflexion collective. Il n'y a pas eu de rapport Berthomeau 2 mais une oeuvre collective : la note stratégique Cap 2010. Ce qui importait c'était la méthode de travail pour aboutir à des choix clairs débouchant sur des décisions : la réflexion stratégique ne peut se faire qu'avec ceux qui, de la vigne au rayon de vente en passant par la cave, font le produit et le vendent. Des gens qui savent de quoi ils parlent, même si parfois ce qu'ils expriment est moins léché qu'une belle note d'un cabinet conseil, qui en confrontant leurs points de vue apprennent à se connaître, à s'écouter, à se comprendre. Du chaos initial, des yaka et des faukon, des idées reçues, des postures syndicales, des intérêts contradictoires, des vieilles querelles, petit à petit naissent des compromis acceptables et acceptés, les lignes bougent, ce qui paraissait impensable au départ devient une réalité envisageable. On avance. Bien sûr il y a des résistances, des combats d'arrière-garde, des gens qui ne peuvent suivre le mouvement mais le paysage change, on s'adapte, on relève les défis et lorsqu'on porte un regard en arrière on s'étonne du chemin parcouru, on se demande pourquoi la mise en mouvement ne s'est pas opérée plus vite et plus tôt. Comme le notait Viginie Raisson (chronique du 15 novembre) " le seul déterminisme qui existe, c'est l'action qu'on ne tente pas, les choix que l'on n'ose pas. C'est bien pourquoi une fois encore, l'avenir appartient aux décideurs et aux acteurs que nous sommes, pas aux prophètes."

Alors, que faire ? Ma réponse est connue : faire ! Mais comment le faire ? La réponse est simple : cultiver les proximités entre des gens différents, aux intérêts parfois divergents, mais mus par une volonté commune, comme nous le faisons discrètement au sein du club "Sans Interdit". Nous ne sommes pas une société secrète mais un réseau d'hommes et de femmes qui, chacun à notre place, sans monter sur le tonneau, sans jouer de la grosse caisse ni bénéficier des faveurs médiatiques tentons de faire avancer des dossiers qui nous paraissent essentiels pour le devenir de notre secteur. Nous ne détenons aucune vérité révélée mais l'évolution des choses nous donne raison, prouve que même si notre ouvrage n'était pas parfaite elle avait au moins le mérite d'exister, de proposer aux uns et aux autres des voies en phase avec les réalités. Nos sociétés complexes ne se réformeront pas par décret, à coups de solutions simples et rapides, mais en s'inscrivant dans des processus voulus et assumés. Nous ne sommes pas assis sur un champ de ruines mais si nous voulons, n'en déplaise à certains, assumer notre double statut de vignoble de masse et d'excellence, en acceptant les voies et moyens qui le permettront nous gardeons le rang qui est le nôtre. Car nous savons le faire. Et nous pouvons le faire.

* la campagne des Cent Fleurs
(百花运动/百花運動) est une politique menée en Chine de février à juin 1957. Mao, pour rétablir son autorité affaiblie sur le Parti depuis le VIIIe congrès du Parti communiste et améliorer les relations entre celui-ci et la population dans un contexte international périlleux, appelle à une campagne de rectification. Celle-ci a pour principe de « lâcher la bride » à la population, et plus particulièrement aux intellectuels, qui peuvent critiquer le Parti afin que celui-ci s'améliore.

Partager cet article
Repost0
18 novembre 2007 7 18 /11 /novembre /2007 00:06

 

" Le pouvoir au bout du fusil ! " ça claque, non, et ça fout les pétoches au rentier de Neuilly, hein ! Et pourtant, sous l'héroïsme de pacotille du slogan, rien qu'une poignée de minoritaires, farouchement minoritaires, quelques retranchés solitaires persuadés que leur solitude est l'essence même de la force irrépressible qui les meut : aller au contact de la réalité des masses, foin des programmes éculés des syndicats officiels, seule la parole des prolos compte... C'est beau, dur et caricatural, une esthétique réaliste, ouvriers du soviet de Petrograd et marins du Cronstadt unis, comme sur une fresque d'Octobre 17 ! Pour eux, l'urgence est à la formation de groupes armés car le reflux qui a suivi le raz de marée gaullien n'a qu'enterré la violence, elle est toujours là sous le dépit des opprimés, nichée dans les ateliers de Sochaux ou des Batignolles, elle affleure prête à gicler le moment venu. La rage du sous-prolétariat exploité est le levain de l'insurrection générale où les comités de grève, cette fois-ci, ne se laisseront pas rouler dans la farine par des apparatchicks syndicaux. Rien que des traîtres à la cause du peuple ! Dans leur camp retranché de la rue d'Ulm, ce dernier carré de têtes bien faites, ces cousus de diplomes, pense que la reprise en main n'est qu'un trompe-l'oeil, que les prolétaires frustrés de leur victoire par le tour de passe-passe du Général, vont prendre en main leur destin. Alors il faut s'immerger dans la glue des masses, apprendre d'elles en s'inspirant de la Révolution culturelle chinoise. S'ils sont "maoïstes" c'est en référence à l'appel aux masses, à la contre-offensive solitaire de Mao pour faire imploser les intellectuels. Passer à l'acte sur le champ de ruines du marxisme-léninisme, c'est comme plonger dans du beurre, le labour y sera aisé car l'humus révolutionnaire, libéré des révisos, est vierge. Purs combattants, sans états d'âme, quasi asexués, drapés dans leur splendide isolement, aristocrates de la Révolution, ces jeunes hommes de 20 à 25 ans veulent en découdre. 

Bien sûr, pour les chevaux de trait, les bourriques des RG, avec leur vue basse, leurs oeuillères et leur QI de pois chiches, plus fouille-merde patentés que fins analystes des derniers écrits du Grand Timonier, cette loghorée vindicative et délirante, prise au premier degré, ne peut que déboucher sur une forme inédite de guérilla larvée difficile à maîtriser. Compréhensible leur angoisse, ces normaliens survitaminés du stylo ne font pas partie du cheptel relevant d'ordinaire de leur paroisse. Totalement dans le bleu les pauvres se replient sur les bonnes vieilles méthodes. Les infiltrer c'est déjà fait mais leurs informateurs bitent rien au délire, ne font que de la figuration inefficace. D'où l'idée géniale de leur chef  d'un agent dormant, au profil homothétique, capable de décrypter le sabir de la GP. Sur cette initiative, ces obsédés de la menace soviétique, ces paganinis de l'instrumentalisation de la guerre froide, ces couleurs de muraille que sont les délirants de la DST opinent même si, pour eux, cette agitation va se dissoudre dans la maladie infantile du gauchisme : l'inorganisation, et que les risques de passage à l'action sont mineurs car ces intellos sont des amateurs qui vont s'enliser dans les scissions et les exclusions. S'ils participent à l'opération c'est pour parer l'infiltration de ces illuminés par l'Internationale terroriste des poseurs de bombes et des coups de mains sanglants. Depuis le feu vert de leurs chefs, les trois hommes pensaient tout haut sans se soucier de ma présence. Je percevais leur désarroi moi le petit inspecteur de la banlieue rouge qui en savait bien plus qu'eux.  

Partager cet article
Repost0
17 novembre 2007 6 17 /11 /novembre /2007 00:01

21r4SOF2ayL.-AA115-.jpg
C'est le titre d'un essai percutant de l'historienne Amandine Regamey qui montre comment l'humour sous les dictatures : Flüsterwitze (blagues chuchotées) en Allemagne nazie ou anekdoty (histoires drôles) au pays des Soviets soudait clandestinement la population muselée et servait d'exorcisme collectif : humour noir contre tyrannie rouge ou inversement... Je vous en livre un petit florilège...
temps-fort-4977.jpg

 

Staline fait un discours. tout à coup, dans la salle, quelqu'un éternue.

"Qui a éternué ?" demande Staline.

 

Silence.

 
"Qu'on fusille le premier rang !", ordonne Staline.

 
Des applaudissements nourris saluent l'exécution. Staline réitère sa question, sans obtenir plus de réponse, et le deuxième rang est fusillé sous des ovations prolongées.

 
Quand Staline pose la question pour la troisième fois, un homme tremblant se lève et avoue.

 

"C'est moi camarade Staline, c'est moi qui est éternué.

 
- Eh bien, à tes souhaits, camarade ! "

 

Discussion dans un camp :


" Pourquoi es-tu là toi ?


- J'ai dit du mal de Boukharine.
 

 

- Ah. Moi j'ai dit du bien de Boukharine."

 

Ils se tournent vers le troisième :

 

"Et toi ?

 
- Moi ? Je suis Boukharine."

 

" Comment apprenons-nous ce qui se passe dans le monde ?

- Grâce aux démentis de l'Agence Tass."

 

Tito rencontre un paysan. Il fait arrêter sa voiture et, apprenant que l'homme va à Zagreb lui demande ce qu'il va y faire :

 
" Pas grand-chose, juste quelques courses : deux ou trois complets, des chaussures et une nouvelle voiture. Et puis ma femme m'a demandé de lui ramener des bricoles, un réfrigérateur, une machine pour le linge, une pour la vaisselle, une nouvelle télévision.


" C'est fantastique, s'écrie Tito, tu dois avoir beaucoup d'argent.


- C'est normal, nous vivons dans le socialisme.


- Tu as raison. Sais-tu qui je suis ? C'est à moi que tu dois tout ça : je suis Tito !


- Oh ! Camarade président... Excusez-moi... c'est à cause de la voiture, je vous avais pris pour un journaliste américain."

 



" Est-ce qu'il y a des pauvres en URSS ?


- Oui, ce sont ceux qui n'ont rien à eux. leur appartement est un appartement d'Etat, leur maison de campagne - une datcha d'Etat, leur voiture - une voiture d'Etat."


derso-et-k--len-Molochb.jpg

 

" - Qui est ton père ?


- Le Führer.


- Qui est ta mère ?


- La Grande Allemagne.


- Et qui veux-tu être quand tu seras grand ?


- Orphelin. "

Partager cet article
Repost0

  • : Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • : Espace d'échanges sur le monde de la vigne et du vin
  • Contact

www.berthomeau.com

 

Vin & Co ...  en bonne compagnie et en toute Liberté pour l'extension du domaine du vin ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

Articles Récents