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10 juillet 2017 1 10 /07 /juillet /2017 06:00
Se conduire en gentlemen ça fait vieux jeu mais «La politesse est une vertu nécessaire dans notre monde nombriliste»

Certains commentaires de mecs sur Face de Bouc sous ma chronique « Lettre ouverte aux gastro-couillards de toute origine et condition… halte aux blagues graveleuses, aux mains aux fesses et au « droit » de cuissage ! » ICI sous couvert d’un humour, qui se voulait soft, sont la démonstration qu’il reste bien du chemin à faire pour que, ces porteurs de calbars, prennent vraiment conscience, comme le faisait remarquer Vincent Mareschal, que les fesses des femmes ne sont pas des aimants.

 

La 31e chambre du tribunal de Grande Instance de Paris a rendu son jugement le 6 juillet dans l’affaire Marc Sibard. Le caviste parisien était poursuivi pour harcèlement sexuel, moral et agression sexuelle.

 

Ce dernier a été condamné à un an de prison avec sursis, assorti d’une mise à l’épreuve de 24 mois qui comprend l’obligation de suivis de soins en matière d’alcoolisme, le versement de dommages et intérêts aux parties civiles (montant global 24 000 euros hors frais de justice) et l'acquittement d’une amende de 5 000 euros. Par ailleurs, la peine de prison s’appliquera en cas de récidive sur les cinq prochaines années. Le jugement est beaucoup plus sévère que le réquisitoire du procureur. Celui-ci avait plaidé pour trois mois de prison avec sursis et 10 000 euros d’amendes.

 

Les trois victimes voient donc leurs requêtes pour harcèlement moral et sexuel reconnues. « Je suis immensément soulagée. Le dossier a duré cinq années difficiles à vivre » commente Emma Bentley, qui vit désormais en Italie. Pour leur avocate, Maître Laure Tric : « c’est une bonne décision. Il est assez rare de voir au pénal la reconnaissance de harcèlement moral et sexuel reconnu. Cela montre que même dans le milieu du vin, les règles s’appliquent comme ailleurs ». Une partie de la défense de Marc Sibard consistait en effet, selon Maître Laure Tric, à expliquer que le milieu du vin se prêtait à des agissements et des paroles grivois et grossiers.

 

Piètre plaidoirie, le milieu du vin ne détient pas le monopole de la goujaterie et autres saloperies, c’est une affaire largement partagée dans nos sociétés qui se disent civilisées. L’excès, le débordement, le défaut de maîtrise de soi ne sont en rien des circonstances atténuantes. L'alcoolisme n'est pas l'apanage du monde du vin même si certains dans ce petit milieu semblent ignorer qu'ils les ont.

 

Alors, même si les gens polis ne sont pas tous honnêtes, je plaide, comme Frédéric Rouvillois, pour un retour à la politesse afin de faire barrage aux comportements grivois et aux débordements qui y font souvent suite.

 

On m’objectera que la politesse est une forme d'hypocrisie, mais il s'agit – comme le note Rouvillois – d'une forme d'hypocrisie vertueuse. « Ce n'est pas nouveau et nous en avons toujours eu conscience. Molière nous a tout appris sur la nature humaine dans le Misanthrope. Il nous décrit bien les limites de la politesse, de la bienséance et du savoir-vivre quand ceux-ci tombent trop évidemment dans l'hypocrisie, mais il montre également que si nous voulons être comme Alceste dans la transparence totale, nous finirons seul, loin des autres, y compris dans notre vie amoureuse. Cette hypocrisie vertueuse permet tout simplement de mettre un peu d'huile dans les rouages sociaux. Il faut savoir ne pas tout dire, sinon c'est la guerre. »

 

Dans l’affaire Sibard, comme dans bien d’autres, c’est l’illustration du rapport du faible au fort, la domination, l’intrusion même, toutes les digues sont donc bonnes pour dresser des barrages, cantonner certains instincts. Bien évidemment je n’affirme pas que certains harceleurs ne le fassent pas avec les formes, en étant polis mais, même si parfois la frontière entre faire la cour et le harcèlement peut-être difficile à tracer, lorsque le caractère unilatéral est avéré il n'y a pas photo et ça doit mettre un terme à toute forme de pression.

 

Oui je reste très vieux jeu, je continue d’ouvrir les portes et d’y laisser passer les femmes, de les précéder dans les escaliers, de penser qu’en amour ce sont toujours elles qui décident.

 

Mais comme l’écrit Rouvillois la politesse n’est pas vraiment un don gratuit. Elle génère une forme de contre-don, même implicite, « qui est le remerciement de celui envers qui l'on est poli. Il existe un autre contre-don, plus subtil, qui est simplement le plaisir que l'on éprouve soi-même à tenir la porte à quelqu'un. Mais dans un système où le seul but est d'aller au plus simple, au plus utile et au plus rentable, cette idée de gratuité compensée seulement par le remerciement ou le plaisir d'être poli devient illusoire. La première caractéristique de la politesse est en effet que l'on accepte de donner du temps à autrui.

    

« Est poli celui qui ne se met pas systématiquement en avant, celui qui ne veut pas faire son malin, celui qui est fréquemment dans l'understatement. Se prendre pour l'illustre Gaudissart de Balzac, c'est un peu le contraire de la politesse. Je remarque que, de nos jours, la vie n'est plus qu'un immense entretien d'embauche! Voilà pourquoi, dans notre monde prosaïque et nombriliste, obsédé par l'utilité et par la vitesse, la politesse est plus que jamais nécessaire. Elle demeure l'une de ces petites vertus qui permettent de tenir debout. »

 

Pour le philosophe Emmanuel Lévinas, la formule de politesse «après vous», devrait être la plus belle définition de notre civilisation…

 

Je ne sais si je vous ai convaincu mais, sans prendre une posture de gentlemen, je plaide pour que le bien-vivre ensemble, dans le monde du travail, dans les heures de fête, y compris dans les moments d’excès, se donne des règles où la politesse, le respect de l’autre et de soi-même, ne soient jamais transgressées.

 

Et, de grâce que certains bas du plafond ne lancent pas la pudibonderie à la gueule !

 

J'attends encore un article sur l'affaire Sibard dans la RVF de Denis Saverot... 

Se conduire en gentlemen ça fait vieux jeu mais «La politesse est une vertu nécessaire dans notre monde nombriliste»
Et la politesse bordel !

 

Au travail, un simple « merci » ou un « s’il te plaît » suffiront à déterminer si vous avez affaire à un ­interlocuteur recommandable ou à un morveux égocentrique.

 

LE MONDE |  | Par 

 

Nécessaire reconnaissance témoignée à son interlocuteur, la civilité, en sa qualité de respiration humaniste, se révèle également le meilleur moyen de ne pas se réduire soi-même à l’état de rouage hystérique. Elle doit donc être envisagée comme un élément central de qualité de vie et de la motivation au travail.

 

 

Interaction chaleureuse

 

De nos jours, qui voudrait s’investir pour un rustre ? ­Selon deux études menées en 2014 et 2015 par le cabinet de conseils en risques psychosociaux Eléas, le manquement aux règles élémentaires du savoir-vivre affecterait la productivité dans 77 % des cas. Confrontés à une incivilité, les salariés ralentiraient volontairement leur rythme d’exécution des tâches et feraient preuve de capacités logiques amoindries par ce climat hostile. Il est à noter que les 20-34 ans sont beaucoup plus sensibles à cette situation, car ils ­seraient 34 % à avoir pleuré après avoir été victimes d’un manque de considération, contre seulement 21 % pour les salariés de plus de 55 ans.

 

 

Les tourments d’Uber, qui vient d’annoncer 2,6 milliards d’euros de perte pour 2016 et dont le patron a récemment été filmé par la caméra d’un véhicule alors qu’il insultait copieusement un de ses chauffeurs, illustrent parfaitement les dégâts de la muflerie. En vertu d’un théorème émergent nommé « la symétrie des ressentis », il est en effet peu probable qu’un employé produise avec le client une interaction chaleureuse si son supérieur lui parle comme à un chien. En ­conséquence, on peut avancer qu’une boîte structurellement malpolie a autant de chances de réussir que le patron d’Uber de passer pour un sympathique hippie collaboratif.


 

Je ne serais pas arrivée là si… Virginie Despentes

 

Si je n’avais pas arrêté de boire à 30 ans. Je me sens formidablement chanceuse de l’avoir décidé assez tôt. Et d’avoir vite compris que ça n’allait pas avec tout ce que j’avais alors envie de faire. L’alcool a probablement été une des défonces les plus intéressantes et les plus importantes de ma vie. Mais il m’aurait été impossible d’écrire King Kong théorie et tous mes derniers livres si je n’avais pas arrêté. Et si je me sens aussi bien aujourd’hui, à 48 ans, disons, beaucoup plus en harmonie, et dans quelque chose de plus doux, de plus calme, de très agréable à vivre – ce que j’appelle l’embourgeoisement – je sais que c’est lié à cette décision.

 

La vie, c’est comme traverser plusieurs pays. Et ce pays dans lequel je vis depuis plusieurs années, il n’a été accessible que par une réflexion, une discipline et un effort par rapport à la dépendance envers les drogues douces, et particulièrement l’alcool. Je suis favorable à la légalisation de toutes les drogues. Mais ce n’est pas parce que c’est légal que c’est anodin. Les gens ne s’en rendent pas compte et n’ont aucune idée de la difficulté à arrêter. J’ai donc l’intention de m’attaquer à ce sujet pour mon prochain livre.

 

Quand avez-vous commencé à boire ?

 

La première fois, j’avais 12 ans, je m’en souviens parfaitement. C’était à un mariage à Nancy, en 1982. J’ai bu un verre et je suis tombée en arrière en pensant : « Waouh ! Quel truc ! Ça s’ouvre à moi ! » Et je suis tombée amoureuse de l’alcool. Vraiment amoureuse.

 

Pour la griserie qu’il procure ?

 

Oui. J’avais trouvé ma substance. Et très vite, adolescente, j’ai eu une pratique de l’alcool très sociale, dans les bars, les fêtes, les bandes de copains. En fait, tout ce que je faisais à l’extérieur de chez moi, j’ai appris à le faire avec l’alcool et, entre 13 et 28 ans, avec un vrai plaisir, un vrai enthousiasme, une vraie férocité. Dans mes lectures, j’ai trouvé beaucoup d’amis buveurs. Des tas d’écrivains ont une histoire d’amour avec l’alcool et truffent leurs livres de beuveries épiques. J’ai donc été une jeune personne qui a bu de façon totalement assumée et heureuse très longtemps.

 

Et puis à 28 ans, j’ai eu un déclic. Ça ne collait pas avec le fait de devenir auteur. Ces déjeuners dont je ressortais incapable de faire quelque chose du reste de la journée. Ou ces inconnus avec lesquels je créais soudainement des rapports intimes, et déplacés, parce que j’étais complètement bourrée…

 

Vous n’aviez plus le contrôle.

 

Non. Et je me rendais compte que j’étais incapable de confronter une situation sociale sans boire. Et comme il y a de l’alcool partout en France… Alors, aidée par mes agendas où je note tout, j’ai commencé à me demander si les beuveries de la dernière année avaient valu le coup. Deux ans avant, j’aurais répondu : oui, c’était génial. Mais là, j’étais bien obligée de répondre que non. Que la plupart du temps, j’avais fait ou dit des choses qui m’avaient mise mal à l’aise le lendemain. Et que le nombre de fois où je m’étais réveillée en me disant « pfffttt… » était considérable.

 

Je devais faire quelque chose. Mais c’est très compliqué ! C’est pas « boire ou ne pas boire ». C’est un mode de vie qui est en jeu. Et un personnage, jusqu’alors défini par l’alcool, qu’il faut complètement réinventer. J’ai découvert à 30 ans que j’étais timide par exemple. Je ne le savais pas.

 

Lire le tout ICI

 

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8 juillet 2017 6 08 /07 /juillet /2017 06:00
Est-ce que certains bacheliers de la cuvée 2017 auraient eu le certif ?

Sur Face de Bouc, pères et mères s’extasient à qui mieux mieux du succès de leurs mouflons au baccalauréat.

 

Mais que vaut en 2017 le baccalauréat qui, depuis l’origine, est tout à la fois un certificat de fin d’études secondaires et un premier grade universitaire ?

 

«Nous formons très bien les très bons, mais nous creusons les inégalités» a regretté le nouveau premier ministre dans son discours. Chaque année, «nous conduisons 60% de bacheliers à l’échec en première année de licence» a-t-il poursuivi, dénonçant un «système rigide» construit autour du baccalauréat.

 

Sans jouer au vieux grincheux, dire que c’était mieux avant, je puis affirmer que le baccalauréat est un diplôme dévalué, une passoire aux trous de plus en plus grands qui, pour l’immense majorité des bénéficiaires, ouvre les portes d’Université sans avenir.

 

Augustin d'Humières, professeur de latin-grec dans une banlieue d'Ile-de-France, dénonce le mensonge de l'égalité scolaire dans son livre Un petit fonctionnaire, éditions Grasset, Lire ICI 

 

 

« Les élèves apprennent ce que nous leur disons d'apprendre, et beaucoup suivent assez docilement les consignes que nous leur donnons. Aujourd'hui une majorité d'élèves, un bac en poche, est-elle capable de rédiger deux pages dans un français correct ? A-t-elle une maîtrise convenable, ne serait-ce que d'une seule langue vivante ? A-t-elle une culture historique et scientifique minimale ? Beaucoup d'enquêtes sérieuses démontrent que ce n'est pas le cas. Et ce n'est pas être "décliniste" que de le dire, cela ne signifie pas nécessairement que l'on pense que "c'était mieux avant". C'est juste un constat.

 

Il est souvent question des "150.000 décrocheurs", de ceux qui quittent l'école sans formation ni diplôme, mais qu'en est-il de ceux qui s'accrochent, de ceux qui y croient, de ceux qui obtiennent le bac ? Je suis examinateur au bac français depuis une vingtaine d'années et donc assez bien placé pour voir ce que les élèves retiennent de dix années d'étude de la langue française, de ses auteurs, de ses textes. Pour une bonne partie d'entre eux, la réponse est : rien. »

 

Alors je réponds oui beaucoup de nos nouveaux bacheliers échoueraient au certif !

 

En 1866, Victor Duruy créa un diplôme sanctionnant la fin de l’instruction obligatoire et l’entrée dans la vie active : le certificat d’études primaires. Par l’arrêté du 18 janvier 1887, ce diplôme donnait droit à l’entrée dans le cours supérieur des écoles primaires élémentaires ; il était exigé des élèves des écoles primaires supérieures ou des cours complémentaires et des candidats aux bourses d’enseignement primaire supérieur.

 

Avant 1789

 

Avant 1789, l’Église catholique occupe une situation de quasi-monopole de l’instruction. Les « petites écoles », réservées à une minorité de garçons, car elles sont uniquement financées par les familles, se développent dans les grandes villes. Elles donnent une instruction de base aux enfants : lire, écrire compter. Après la Révolution, une loi de 1793 rend l’enseignement primaire laïc, gratuit et obligatoire pour tous les enfants de 6 à 9 ans. Elle fut diversement appliquée selon les régions.

 

La loi Guizot du 28 juin 1833 constitue la première charte complète et détaillée de l’École en France. Elle établit la liberté de l’enseignement primaire privé ou public. Elle oblige chaque commune de plus de 500 habitants à ouvrir et à entretenir une école de garçons ; l’école n’est pas encore obligatoire, mais elle doit être gratuite pour les plus pauvres. La loi Guizot est lentement mise en œuvre et ses résultats sont fort inégaux selon les départements.

 

La loi Falloux du 15 mars 1850 distingue les écoles publiques fondées et entretenues par l’État et les écoles libres créées et gérées par des particuliers, laïcs ou congrégations religieuses.

 

L’ouverture de classes enfantines pour les élèves de moins de 7 ans est rendue possible par une loi du 8 octobre 1880.

 

Les lois Ferry de 1881 et 1882 rendent l’école publique gratuite et laïque. L’instruction religieuse est remplacée par l’instruction morale et civique. Les écoles vaquent un jour par semaine afin de permettre aux enfants de suivre un enseignement religieux hors de l’enceinte scolaire. Au fur et à mesure des années, la laïcité de l’enseignement est approfondie (laïcisation des personnels de l’enseignement en 1886) et élargie (laïcisation de l’enseignement secondaire). Avec les lois Ferry, l’instruction est obligatoire pour les garçons et désormais les filles âgés de 6 à 13 ans, sauf si l’élève a obtenu son certificat d’études primaires entre 11 et 13 ans révolus. Elle s’allonge d’un an en 1936 et sera prolongée jusqu’à 16 ans par la loi Berthoin du 6 janvier 1959.

 

L’enseignement primaire supérieur : 1833 – 1941

 

La loi Guizot de 1833 institue l’enseignement primaire supérieur. Cet enseignement, qui relevait des écoles primaires, était suivi par les élèves à la suite de l’école primaire élémentaire proprement dite. Il était donné, soit sur deux ans dans les écoles primaires sous forme de cours complémentaires, soit dans des établissements scolaires spécifiques appelés écoles primaires supérieures (EPS) dont la scolarité durait trois ans. Une école primaire supérieure devait être instaurée dans toutes les préfectures et dans les autres villes de plus de 6 000 habitants.

 

La loi Gobelet du 30 octobre 1886 distingue, au sein de l’enseignement primaire, les écoles maternelles, les classes enfantines, les écoles primaires élémentaires, les cours complémentaires et les écoles manuelles d’apprentissage.

 

Par ailleurs, dans le cadre de l’enseignement primaire supérieur, cette loi organise les examens du brevet élémentaire (BE) et du brevet supérieur (BS). Le brevet supérieur devient l’examen terminal non seulement des EPS et des écoles normales d’instituteurs, mais aussi des lycées de jeunes filles, lesquelles n’auront pas officiellement le droit de préparer le baccalauréat jusqu’en 1924.

 

L’enseignement primaire supérieur est supprimé par la loi du 15 août 1941. Les cours complémentaires sont en revanche maintenus jusqu’au décret du 6 janvier 1959 qui les transforme en collèges d’enseignement général (CEG), devenus par la loi du 11 juillet 1975 les collèges d’enseignement secondaire (CES).

 

Le 8 mai 2007

 

Qui se souvient des cours complémentaires ?

 

On a oublié les cours complémentaires. Le légendaire républicain s'est focalisé sur l'école primaire de Jules Ferry. L'école du peuple se complétait pourtant, après le certificat d'études, par un enseignement primaire supérieur dont les écoles primaires supérieures déjà prévues par la loi Guizot (1833), constituaient la forme achevée. Ces écoles primaires supérieures, très sélectives, refusaient dans les années 1930 plus d'élèves qu'elles n'en acceptaient. Elles assuraient quatre années de formation après le certificat d'études et conduisaient au brevet. Leurs élèves trouvaient facilement des places de commis aux écritures, de comptable, et même, pour les filles, d'institutrice.

 

La suite ICI 

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6 juillet 2017 4 06 /07 /juillet /2017 06:00
«L’imposture mathématique» appliquée aux notes des critiques de vin : le Global Wine Score, j’en appelle à Villani et Bernard Maris pour sauver Jacques Dupont.

Lundi sur Twitter Jacques Perrin, le Suisse pas l’acteur-réalisateur, posta un article : “Who are the wine critics with the closest ratings to the Global Wine Score?” by @GlobalWineScore

 

Jacques Perrin @1000plateaux 

 

Le classement des critiques de vins pour les Primeurs de Bordeaux selon Global Wine Score

 

Qu’est-ce-donc que le Global Wine Score (GWS) ?

 

« C’est une note mondiale qui évalue les vins avec un score unique, fournissant des informations complètes et comparables pour tous les acteurs de l'industrie. C'est un score moyen ajusté qui regroupe les principaux critiques de vin. Il tient compte de leurs méthodes de notation et de leurs échelles respectives pour fournir un indicateur réduisant au minimum la subjectivité des experts ».

 

Ses concepteurs s’expliquant sur leurs méthodes écrivent... « Nous sommes des mathématiciens. Notre message est clair.  Nous agrégeons de la donnée. Nous ne proférons pas de vérité. Juste une agrégation des subjectivités de chacun des wine critics. »

 

Wine experts

 

Robert Parker

Neal Martin

Wine Spectator

Jancis Robinson

James Suckling

Vinous Media

Decanter

La RVF

Bettane & Desseauve

Jacques Dupont

Wine Enthusiast

Tim Atkin

Jeff Leve

JM Quarin

R. Gabriel

Yves Beck

Jeannie Cho Lee

Jacques Perrin

Chris Kissack

Matthew Jukes

 

Je fus très surpris de ne pas y voir l’immense et incontournable critique Yohan Castaing.

 

Les résultats

 

L’étude concerne les vins rouges Primeurs de Bordeaux sur les 5 derniers millésimes (de 2012 à 2016) classés par au moins 3 journalistes.

 

Le tableau ICI présente les journalistes qui ont les notes les plus proches au GWS à gauche et les plus lointaines à droite. Il montre que le critique de vin ayant les notes les plus proches du Global Wine Score est Jeff Leve, suivi de Jacques Perrin et de Decanter ; que les journalistes les plus éloignés des évaluations de GWS sont Tim Atkin, Jancis Robinson et Jacques Dupont.

 

Dans l'ensemble, tous les critiques du vin sont très proches du Global Wine Score, l'écart varie de 1,21 pour Jeff Leve à 1,80 pour Jacques Dupont.

 

Conclusion

 

Les scores sont globalement très proches avec de légères différences par rapport à chaque journaliste.

 

Jeff Leve semble être le critique le plus consensuel suivi par Jacques Perrin et Decanter. Tim Atkin, Jancis Robinson et Jacques Dupont ont des notes les plus différentes et semblent être plus singuliers. Yves Beck et James Suckling sont proches du GWS.

 

Tout ça pour ça me direz-vous !

 

Oui, nous dire qu’en gros, les critiques sont consensuels, à quelques exceptions près dont celle de Jacques Dupont, mais avec la caution des mathématiques, science dure par excellence.

 

Comme le dit, avec sa classe habituelle, à propos de Cédric Villani, nouvel élu du peuple, les matheux ne comprennent rien aux problèmes du peuple, ils vivent dans une bulle alors que le Jean-Luc lui crèche à Marseille.

 

Mais dans le  cas présent les maths n’y sont pour rien, elles ne sont là que pour impressionner le populo car, comme l’écrivait Bernard Maris, « les maths sont devenues un instrument de terreur. »

 

 

Selon Maris, le fait « que l’économie soit un peu, ou beaucoup mathématisée, n’a  évidemment rien à voir avec son caractère scientifique » puisque la mathématique « formalise un discours logique qui  peut recouvrir un délire total ». Les mathématiques « éliminent les littéraires, les sociologues, psychologues, les penseurs un peu sceptiques, les géographes, les doux, les philosophes… Elle créent une langue noble (formalisée), supérieure, dominante, et des patois que l’on laisse aux gens de la rue, aux incultes paysans ». Les maths sont « un instrument de terreur », un  « procédé d’exclusion de la populace ». Ce qui laisse le choix suivant de l’enseignement de l’économie : soit passionner ses élèves en leur donnant à lire les textes des grands auteurs, soit « les étouffer » sous des tonnes d’équations »

 

Gilles Raveaud Bernard Maris expliqué à ceux qui ne comprennent rien à l’économie.

 

Nos classeurs-agrégateurs du GWS mélangent des choux et des navets dans leur pseudo-analyse scientifique. Nos éminents critiques, qui ne sont pas des rats de laboratoire, dans leur tâche de Stakhanov de la dégustation, n’ont pas tous la même approche.

 

Tout d’abord, déguster à l’aveugle ou non, le Dupont, à qui on ne la fait pas, vit pendant des mois entourés de bouteilles encapuchonnées comme des loubards du neuf3, « ne pas déguster à l’aveugle impose qu’on le veuille ou non un certain respect des hiérarchies. »

 

Puis il y a les pressions financières. Quand tel propriétaire de plusieurs crus classés, dont un célèbre de pessac léognan place 600 000 € de pub dans un grand quotidien national et offre une belle récompense à tous ceux qui racontent son ascension sociale en forme de conte de fées, on peut doute de la qualité des notes.

 

Enfin, dans le beau panel des wine critics combien de ces «journalistes» paient leur déplacement, leur hôtel, leur hébergement lors des primeurs ou autres ?

 

Comme dirait l’autre, y’a que Jacques Dupont et sont compère Bompas qui roule à mobylette biplace, avalent des sandwiches le cul posé sur des sièges de moissonneuses-lieuses et qui couchent dans les Formule 1 du coin et ceux qui roulent carrosse. Même qu’ils n’ont aucune honte à poster sur Face de Bouc ou sur Twitter des vidéos de leur condition de stipendiés.

 

Enfin, je signale à mes chers lecteurs, que le 13 mai 2016, à mon réveil une nouvelle était tombée dans ma boîte électronique.

 

Dans le monde impitoyable de la notation du vin, orphelin du grand Bob, on m’annonçait qu’un nouveau-né allait ramasser son héritage.

 

C’était le couple Bettane+Desseauve qui se disait est fier de m’annoncer le lancement officiel de Wine Lister, le tout nouveau standard de notation, avec lequel nos équipes collaborent.

 

 Vous vous doutez bien que j’en fus bouleversé.

 

Comme vous le savez je suis très friand de notation, je m’en délecte sans retenue et là loin de l’antique artisanat on ne me proposait rien moins qu’un standard.

 

Ça me rappelait l’aura et le prestige des désormais célèbres agences de notation qui se sont illustrés sur notre belle planète mondialisée. : Standard & Poor's, Moody's et Fitch.

 

Les géniteurs de Wine Lister, comme de bien entendu, soulignait que ce standard était attendu, tel l’enfant Jésus, pour mettre de la rationalité dans le grand foutoir de la notation du vin.

 

La suite de La notation du roi Parker est « morte » vive les algorithmes impartiaux et complexes de Wine Lister concocté par Bettane+Desseauve and Co ! ICI 

 

Mais où est donc passée la Wine Lister ?

 

Tombée dans les oubliettes de l’Histoire des algorithmes !

 

Même le bedeau de B&D, qui se prend pour le rédacteur en chef d’une plaquette publicitaire : En Magnum, n’en fait pas la promotion dans le cadre de son cirage de pompes. Il préfère sur son compte Twitter déverser sa bile d’adulateur de Zemmour et de Ciotti, prononcez chiotti…

 

 

 

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5 juillet 2017 3 05 /07 /juillet /2017 06:00
Édouard Philippe outragé ! brisé ! martyrisé ! Michel Rocard doit bien se marrer…

Édouard Philippe est-il réduit au rang de «marionnette» d'Emmanuel Macron?

 

Collaborateur, répétiteur ou marionnette?

 

Au point de faire disparaître cette fonction, comme le réclame Jack Lang ou Benoît Hamon ces jours-ci? Au point d'en faire un simple «collaborateur», comme Nicolas Sarkozy avait qualifié un jour François Fillon?

 

 « Non, il n'est qu'un répétiteur », juge le patron du groupe PS Olivier Faure.

 

« Dans l'humiliation d'un premier ministre, personne n'est allé si loin", assurait Jean-Luc Mélenchon dans Le JDD.

 

« C'est une marionnette », dit carrément un député Les Républicains quand on lui demande à quoi lui fait penser le premier ministre qui prononce le mardi 4 juillet son discours de politique générale.

 

De la gueule de qui se fout-on ?

 

Tout ce petit monde blablate, les commentateurs, éditorialistes brodent à qui mieux mieux, oublieux de l’Histoire, ignorants de ce que fut le lot et le sort des premiers Ministres de la Ve République : Michel Debré viré pour laisser la place à un inconnu banquier chez Rothschild : Georges Pompidou, ce dernier lui aussi viré au profit du docile Maurice Couve de Murville. Quant au sémillant Chaban-Delmas, tonitruant érecteur de la nouvelle société, répudié par Pompidou sous la pression du couple infernal Juillet-Garaud au profit d’un Messmer doigt sur la couture de son pantalon. Puis, sous VGE, Chirac démissionnant avec pertes et fracas afin de ne pas subir le joug du déplumé de Chamalières. Raymond Barre inaugura le modèle du premier Ministre résistant usé jusqu’à la corde, imité par un Pierre Mauroy indestructible puis plus tard par Fillon le taciturne qui couvait sa revanche. Mais le fin du fin du florentin Mitterrand fut la séquence : Rocard, Cresson, Bérégovoy : virer sans raison un des rares premiers ministres populaire après 2 ans  de mandat pour le remplacer par une courtisane, rincée au bout de moins d’un an, Bérégovoy n’y survivra pas. Juppé s’est autodétruit. Le bonasse Raffarin exfiltré par Chirac au bénéfice du flamboyant Villepin. Dernier de la liste : le transparent Jean-Marc Ayrault jeté au bénéfice de son ennemi le plus cher Manuel Valls.

 

Et puis, dans l’indifférence générale, dimanche dernier :

Pierre Le Texier @pierre_lt

Il y a un an jour pour jour (déjà !) Michel Rocard nous quittait. Tristesse encore.

 

J’étais présent à la cérémonie d’hommage aux Invalides. À la sortie, sous le porche, pour la première fois j’ai croisé Emmanuel Macron accompagné de son épouse Brigitte, tout près d’eux : François Hollande très entouré, de Manuel Valls et d’Anne Gravoin son épouse très entourés, un peu loin Benoît Hamon, le en chef des frondeurs, plastronnait.

 

Bien évidemment je n'ai pas, comme tout le monde, anticipé la résistible ascension de ce jeune homme mais, sa singularité, m’intrigua. Je décidai donc de mieux le cerner, d’aller au-delà des images plaquées de ses détracteurs, de me renseigner sur les étapes de son parcours de premier de la classe à qui tout réussi. La pâte de cet homme était loin d’être celle d’un soufflé.

 

Bref, dès qu’il se déclara En Marche j’ai suivi son parcours, sans le partager, j’ai fait mon temps, mais je vis en lui, surtout après la défaite de Juppé à la Primaire de la Droite, le meilleur rempart à la MLP, mais aussi le seul capable de faire imploser l’ambiguïté du PS de Mitterrand.

 

Mission accomplie, et au risque de passer pour un provocateur je suis persuadé que, contrairement au discours ultra-majoritaire, le couple que forme Emmanuel Macron avec Édouard Philippe est l’un des plus conforme à l’esprit de la Ve République.

 

Pour moi, et je ne fais partie des adulateurs de Macron, celui-ci a réalisé ce que le Rocard Premier Ministre d’une France Unie, qui ne le fut pas, une fois chassé par le Prince : faire imploser le PS, le transformer en grand parti démocrate assumant à la fois l’héritage du Congrès de Tours et les enseignements de la social-démocratie des pays du Nord. Il ne l’a pas fait car son passé de militant, d’abord  à la SFIO, puis au PSU, et enfin de rallié au PS dans le cadre des Assises du Socialisme. La deuxième gauche a échouée, Macron et sa garde rapprochée en ont fait leur miel, jusqu’où ira la recomposition du paysage politique, nul ne le sait et surtout les professionnels de la profession du journalisme qui devraient comprendre que le dégagisme, cher au Jean-Luc, qui détestait Rocard, s’applique aussi à eux.

 

Dans son livre Si ça vous amuse Chroniques de mes faits et méfaits, Michel Rocard évoque au chapitre XII sa nomination à Matignon : Mieux que Président, Premier Ministre :

 

 

 

« Beaucoup se sont étonnés que j’accepte de devenir Premier Ministre de François Mitterrand alors que nos relations sont exécrables depuis plus de vingt ans.

 

La raison première est qu’avec une certaine immodestie je me considère comme porteur d’une vision un peu rénovée du socialisme démocratique, plus adapté au marché, plus innovante sur le plan social. Un second élément entre en jeu : ma religion est faite sur les attitudes politiques et financières, non seulement du président lui-même mais aussi de l’essentiel de son entourage proche. En acceptant d’être nommé à Matignon, je sais que la tâche ne sera pas facile, mais j’aurai aussi une fonction de protection de mon pays devant certaines orientations aux dérives possibles.

 

Enfin, même s’il est partiel, voilà un formidable poste d’autorité. On y fait des choses et j’en ferai beaucoup : certaines avec le président et son accord, quelques-unes dans le silence et sans son approbation, parce que relevant d’une compétence primo-ministérielle. D’autre carrément contre lui à force de ténacité. Quelquefois, nous allons jusqu’au conflit. J’en gagne beaucoup, mais il m’arrive aussi d’en perdre […] Au milieu de ces tensions permanentes, je peux néanmoins discuter ou chercher à infléchir ses ordres tout en tenant, par loyauté, à ne jamais lui désobéir formellement. »

 

C’est sur l’un de ces désaccords, le mode de scrutin des élections régionales qu’il a licencié, congédié Rocard…

 

« Ma relation avec Mitterrand, comme probablement en temps de vraie cohabitation politique, fait partie des plus mauvais rapports président/Premier Ministre de l’histoire. Il faut le savoir. »

 

Alors vous comprendrez que, là où il se trouve, Michel Rocard se marre  lorsqu’il lit les conneries à propos du couple Macron/Philippe.

 

« Un discours ? Non, une révolution »

 

Dans sa chronique, Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde », estime que l’objectif du président, lundi à Versailles, n’était pas d’effacer son premier ministre mais de confirmer l’ampleur de la révolution qu’il entend conduire dans le pays.

 

LE MONDE | 04.07.2017 par Françoise Fressoz

 

CHRONIQUE. Tous ceux qui avaient accusé Emmanuel Macron de vouloir faire de l’ombre à son premier ministre en parlant avant lui se sont fourvoyés. Leur champ de vision était trop court. Ils se sont trompés sur la nature du discours au Congrès, prononcé lundi 3 juillet à Versailles par le chef de l’État.

 

L’objectif de M. Macron n’était pas d’effacer son chef de gouvernement auquel échoit au contraire la lourde tâche de dérouler le contenu précis des réformes et d’en assurer l’exécution. Sa visée était de confirmer l’ampleur de la révolution qu’il entend conduire dans le pays depuis que, le 6 avril 2016, lui, l’ancien ministre de l’économie de François Hollande, s’est mis en marche pour tout changer.

 

La nouvelle société que tente de faire émerger le nouvel élu est fondamentalement libérale. Elle mise sur l’autonomie de l’individu, son dynamisme, sa capacité à saisir sa chance dans un environnement économique et social qui aura été profondément transformé pour le lui permettre.

 

De cette mise en mouvement, le chef de l’État attend tout : un changement de mentalité, un sursaut d’optimisme, un surcroît de citoyenneté, la victoire sur le populisme. Dans son discours, le mot « liberté » domine tous les autres, c’est pourquoi les castes, quelle que soit leur nature, sont dans le collimateur. A commencer par celle des élus qui ont failli.

 

Logiciel idéologique

 

En s’appuyant sur « le mandat du peuple », M. Macron poursuit avec détermination le dynamitage du vieux monde politique qu’il avait entamé pendant sa campagne. Devenu le garant des institutions, il les redessine à sa façon. Après avoir réinvesti symboliquement la charge présidentielle, il refaçonne le Parlement en annonçant qu’il veut couper d’un tiers le nombre des élus, instiller une dose de proportionnelle dans le scrutin législatif, refondre la procédure parlementaire et réformer de fond en comble le Conseil économique social et environnemental (CESE).

 

Partout, un maître mot, « l’effectivité », par opposition au déni de réalité, au manque de résultats, aux discours qui tournent à vide. Il y a quelque chose de vertigineux, dans un pays démocratique, à voir un seul homme conduire le changement avec une telle détermination. « C’est Louis-Philippe et Louis Napoléon à la fois ! », s’était indigné François Mitterrand lorsque de Gaulle avait, en septembre 1958, accouché de la Ve République mais il avait, ensuite, fallu vingt-trois ans au leader socialiste pour transformer son combat en victoire, accéder au pouvoir et finalement se couler dans les habits du monarque.

 

On mesure à cette aune le chemin que devront parcourir les opposants à M. Macron qui, pour l’heure, se divisent en deux camps : les « irréductibles » tendance Jean-Luc Mélenchon – le chef de file de La France insoumise – qui, au nom de la VIe République, mènent un double combat, institutionnel et social, contre le nouveau locataire de l’Elysée auquel ils dénient, en raison de l’ampleur de l’abstention, toute légitimité démocratique. Et puis les autres, sonnés par la défaite, qui préfèrent minimiser la portée du discours présidentiel, « creux », « vide » assènent-ils, parce que, pour répondre, il faudrait que leur logiciel idéologique soit à jour. Et cela prendra des mois, si ce n’est des années.

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4 juillet 2017 2 04 /07 /juillet /2017 06:00
Gros dégueulasse de Reiser

Gros dégueulasse de Reiser

Dans le petit monde parisien du vin et du bien-manger certains mâles ironisent sur le fait que je sois un homme qui aime les femmes, sous-entendu elles sont ma pâture, mon tableau de chasse, celles qui, bien sûr, passent par le mitant de mon lit.

 

Ça fait bien sourire mes nombreuses amies ; oui elles savent que depuis toujours je préfère la compagnie des femmes mais, n’en déplaisent à ceux qui les draguent, les harcellent parfois, ce n’est pas pour collectionner les aventures et les maîtresses.

 

Mon jardin secret nul ne le connaît, c’est ma part d’intime qui n’intéresse que moi.

 

Mais alors pourquoi diable mettre sur la table ce qui peut passer pour un coming out que nul ne me demande ?

 

Pour deux raisons :

 

La publication hier d’un article sur le Tour de France des hôtesses et une affaire judiciaire qui secoue le petit monde des vins nature :

 

  • Jet d'urine, blagues graveleuses et mains aux fesses... L'éprouvant Tour de France des hôtesses

 

La Grande Boucle est aussi une épreuve physique pour les dizaines d'hôtesses chargées de distribuer des produits publicitaires aux spectateurs. France info leur a demandé de raconter les coulisses de leur travail.

 

ICI

 

  • Marc Sibard jugé pour harcèlement ICI 

 

Sur cette affaire, respectant la présomption d’innocence, n’ayant pas assisté à l’audience, mais connaissant bien le sérieux d’une des plaignantes : Emma Bentley et l’omerta qui règne dans le petit monde des gastro-couillards, je me place résolument dans le camp des femmes.

 

Je vous livre donc le CR d’un garçon sérieux Arnaud Septime qui a assisté à l’audience au Tribunal de Grande Instance.

 

9 juin, 19:14 · Paris ·

 

« Tout le monde savait mais les victimes préféraient se taire. Si Marc Sibard peut ruiner une carrière et appelle donc ses victimes au silence, c'est aussi difficile pour les autres de rouvrir des plaies au cours des procédures judiciaires.

 

Il aura fallu le courage de trois femmes dont deux anglo-saxonnes pour venir réclamer justice. Les autres préfèrent se taire. Violence physique, violence verbale, harcèlement, agression sexuelle, attouchement, le tableau est bien noir et le bureau de 5m2 des caves Augé au cœur de bien des débats.

 

Pourtant Marc Sibard nie et accuse : la Police a mal fait son travail lors de l'enquête, le juge d'instruction a fait exprès de ne pas l'interroger sur certains points, les témoignages en sa défaveur sont des faux témoignages, les trois victimes se lient pour lui nuire car sa réussite dérange. Au fur et à mesure dans l'avancement du procès, ses dénies deviennent pitoyables face aux multiples témoignages et aux contradictions relevées par les juges. Avec le verbe facile, il en vient à jouer l'avocat mais qui en fin de journée, lasse plus qu'il ne convainc.

 

Tout le monde savait, mais clients, fournisseurs, hiérarchie ont préféré se taire. La grivoiserie française, le caractère trempé de la restauration sont pourtant anachroniques. Le respect de l'autre est devenu une valeur fondamentale de notre société.

 

Perdu dans les méandres de son esprit, Marc Sibard, dans ses plaidoiries de bas niveau en appel au blanc-seing moral de quelques vignerons. On en vient à citer des noms de vignerons à la barre.

 

Messieurs les vignerons, choisissez bien vos clients, l'argent n'explique pas tout. Il faut savoir garder une certaine éthique. Ne rien dire, ne rien faire, c'est cautionner. »

 

Cette lettre ouverte aux gastro-couillards de toute origine et condition n’a qu’un seul objectif : claquer la gueule à tous ceux qui sous le prétexte de la gaudriole, de la paillardise, de la chaude ambiance d’une soirée bien arrosée, s’arrogent le droit d’être lourd, d’avoir la main baladeuse, de faire chier les filles avec leurs plaisanteries graveleuses et leurs attouchements qui frisent le viol.

 

Je ne plaisante pas, tous ces bas de plafond, qui estiment que le cul des femmes est un morceau de bidoche offert à leurs sales paluches, se trompent d’époque.

 

Il faut les éradiquer de notre monde, leur dire leur fait sans concession, ne pas tergiverser, oui je suis dans le camp des femmes, je n’en tire aucune fierté mais ne venez pas me faire chier si je prends résolument leur partie.

 

C’est un combat, menons-le avec détermination et constance…

 

Oui femmes je vous aime !

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30 juin 2017 5 30 /06 /juin /2017 06:00
Saluons le départ de Raffarin le mandarin « Kempei ! » cul sec des petits verres de shiao shin !

« Je veux me consacrer aux grands sujets de la politique étrangère, notamment de la paix. Je pense que la plus grande des politiques c’est celle qui amène la paix et qui combat les guerres ».

 

Jean-Pierre Raffarin vient d’annoncer dans une tribune publiée par La Nouvelle République, le quotidien de sa région du Poitou, qu’il se retirait de la vie politique pour créer Leaders for Peace, « une ONG internationale pour alerter contre les risques de guerre qui nous menacent »

 

Souvenir de ma mission Cognac sous le gouvernement Jospin, Jean Glavany étant Ministre de l’Agriculture, ce cher Raff., alors Président de la région Poitou-Charentes, rendit visite à son ami Michel Barnier, commissaire européen. Revenu de Bruxelles il fit une déclaration tonitruante à la Charente Libre où il se plaignait de ne pas avoir été informé des risques pris par le gouvernement français à propos d’aides nationales au Cognac.

 

Dès le lendemain, du tac au tac, dans la même Charente Libre, sans prendre de gants je renvoyais le bon Jean-Pierre dans ses 18 mètres en lui indiquant qu’il lui aurait suffi pour s’informer de s’intéresser d’un peu plus près aux débats du Conseil Général de la Charente où le dossier avait été exposé.

 

Croisant mon Ministre dans les couloirs du Sénat le bon Raff., loin de s’offusquer de mon outrecuidance, lui confia « ton missi dominici à Cognac il a du répondant, il faudrait que je le vois pour que je puisse mieux appréhender ce dossier difficile… » Ainsi, je rencontrai au Sénat JP Raffarin et d’autres élus charentais pour lui exposer les subtilités de l’épineux dossier Cognac.

 

Par exemple qu'est-ce donc la Quantité Normalement Vinifié, dites QNV ?

 

Une sorte de liste à la Prévert justifiée par la vigueur exceptionnelle des vignes charentaises, elles carburent à plus de 100 hl de moyenne. De mon temps, y'avait un club des plus de 200 hl/ha. Sans vous assommer je me dois de l'énumérer. C'est très simple, on compte par destinations les produits dans la QNV et ceux hors QNV.

 

Dans la QNV : les moûts destinés au Pineau, les vins aptes, les vins de table, les moûts pour vinification, les moûts pour jus de raisin et pour concentrés, les distillations de l'article 38 et 41, les vins destinés au vinage art.38 et, bien sûr, les vins pour la distillation Cognac.

 

Au-delà de la QNV : les vins et moûts destinés au vinage art.36, la distillation d'alcool, les prestations viniques et la distillation des lies art.35, les vins et moûts autres destinations, vins et moûts exportation pays tiers, les moûts pour jus de raisin, les moûts pour concentrés, les distillations de l'art.36 et 39...

 

Je vous assure que pour expliquer les subtilités et les charmes de la QNV à un futur 1ier  Ministre il me fallut déployer des trésors de pédagogie. Mais le Jean-Pierre, il est ainsi, toujours à la recherche d’un compromis. Et puis, j’avoue, que n’ayant jamais porté Ségolène dans mon cœur, par-delà nos différents politiques, j’ai toujours apprécié le côté « jeune giscardien » de Raffarin.

 

En effet, « Raff » avec « Bubusse », Dominique Bussereau, menait les jeunes turcs giscardiens de Génération Sociale et Libérale, lorsque VSG monta sur la première marche en mai 1974.

 

« Le 19 mai, la France avait un nouveau président. Ce soir-là, sur le trottoir de l’avenue de Messine, trois d’entre nous* se faisaient épingler par un petit groupe de « maos » ; plus que jamais, bien sûr, ils voulaient casser la baraque au nom du marxisme qui, vite fait, bien fait, les aurait conduits au Goulag dans les pays où il est religion d’État.

 

Le 27 mai nous regardions V.G.E se rendant à pied à l’Élysée pour la cérémonie solennelle d’investiture. Il faisait très beau, il souriait. « À dater de ce jour, commence une ère nouvelle pour la politique française. »

 

Dès le 15 juin, Dominique Bussereau nous remettait en piste. «Inspirons le changement, contribuons à lui donner une âme autant que nous en serons capables ; menons le combat pour l’équité, pour les exploités, les exclus, les oubliés, pour affronter les défis lancés à notre génération. Tant pis si certains nous accusent de vouloir aller trop vite !

 

Aujourd’hui nous sommes quarante mille, rats des villes et rats des champs, filles et garçons, d’origines, de professions, de sensibilités aussi dissemblables possible, remuants, mobiles, fonceurs, généreux. Si nous ne le disons pas, qui le dira à notre place ? »

 

Ce petit compliment, du Mélenchon soft à la mode 74, est extrait d’un livre « La vie en jaune » relatant l’épopée de 7 jeunes giscardiens, de Génération Sociale et Libérale, emmenés par Dominique Bussereau, en Chine Populaire.

 

Dans les 7, discret, il y avait notre Jean-Pierre, notre poitevin, qui après force de keimpei lancé en se sifflant de l’alcool de riz, lors de l’étape à Tatsin, à  l’extrême-nord de la Chine, pays de l’or noir, dans le minibus du retour « fredonne quelques mesures d’En passant par la Lorraine. Et notre camarade interprète d’entonner  à tue-tête les paroles de cette vieille mélodie française. Un instant interloqués, nous l’imitons. C’est parti : serrés les uns contre les autres, au fin fond de la Chine, sept Français un peu éméchés accompagnent les accents de camarades locaux capables de tenir une vingtaine de minutes sur les chansons populaires de chez nous. Tout y passera, y compris une tentative bilingue de l’Internationale. Avec quelques fausses notes, quand même ! »

 

Lire ICI

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29 juin 2017 4 29 /06 /juin /2017 06:00
Les codes vestimentaires de la « volaille politique » : en 81 le président de l’assemblée nationale jeta la jaquette aux orties

Mardi fut jour d’élection pour l’attribution du Perchoir de notre Assemblée Nationale, ce qui justifie mon appellation de « volaille politique » à propos des élus de la Nation qui se pressaient dans l’hémicycle.

 

Le sujet du jour pour les médias et les réseaux sociaux fut le refus de porter la cravate par la bande d’insoumis du conducator Mélenchon, les mâles  bien sûr.

 

« Il y avait les sans-culottes, il y aura les sans-cravates » clama  Mélenchon, jamais avare d’enflure, ainsi  lui, Alexis Corbière, François Ruffin se pointèrent en simple chemise ouverte.

 

Scandale ?

 

Non !

 

Le port de la cravate n’est pas vraiment obligatoire, le règlement de l’AN indique que les députés sont seulement obligés « d'avoir en toute circonstance une tenue respectueuse des lieux »

 

D’ailleurs, dès 1985, Jack Lang alors ministre de la culture, s'était présenté dans l'hémicycle avec un costume Thierry Mugler  avec un col Mao et sans cravate.

 

 

En 1981, le premier acte du nouveau président Louis Mermaz fut l’abandon de la jaquette pour la présidence des séances. Il déclara qu’il « fallait vivre avec son temps et porter des vêtements de son époque »

 

Il n’était en rien novateur puisqu’en 1974, le nouveau Président de la République VGE décidait d’abandonner la jaquette et l’habit que ses prédécesseurs portaient dans les cérémonies publiques.

 

À l’époque le président de l’Assemblée nationale, Edgar Faure, fit de la résistance et refusa de se plier à cette simplification.

 

Le troupeau rose de juin 81, majoritairement composé d’enseignants, se pointa au palais Bourbon dans une vêture modeste et souvent dépourvu de cravate. Les huissiers en avaient toujours une stock pour la nouer au cou des trublions. Du côté de la gente féminine le port du pantalon  était proscrit dans l’hémicycle. Rappelez-vous aussi l’épisode de la robe de Cécile Duflot. Ça ne volait pas très haut à l’assemblée autant dire que ce fut au ras de pâquerettes.

 

 

J’écrivais alors le 20 juillet 2012

 

« Les bancs de l’hémicycle du Palais Bourbon je connais. Entre juin 1981 et juin 1983 j’ai passé des heures à veiller au grain pour le compte du Président. Bien sûr, ces messieurs majoritaires, dès que les caméras tournent ils viennent en foule, s’agitent, interpellent, tentent le bon mot au bon endroit, font les paons, le tout à l’attention de la ménagère de plus de 60 ans et de papy Mougeot qui ne manqueraient pour rien au monde les questions au gouvernement du mercredi après-midi sur France3.

 

L’un des meilleurs de mon temps était Robert-André Vivien député-maire de Saint-Mandé célèbre pour ses traits d'esprit, mots d'humour, et calembours (parfois scabreux) et lapsus à l'Assemblée nationale dont le célèbre « Enfin Monsieur le Ministre, durcissez votre sexe, heu pardon, votre texte » à l'occasion d'un débat parlementaire sur la classification des films X en 1975.

 

Cécile Duflot a monopolisé l'actualité de ces dernières 24 heures non parce qu'elle planche sur l'encadrement des loyers qui vampirisent nos salaires ? Pas du tout, tout bêtement parce qu'elle s’est présentée à l'Assemblée nationale vêtue d’une robe-chemise qui lui arrivait juste en dessous des coudes et des genoux. Bronca des mâles et même de quelques gonzesses ! L’artillerie lourde : Balkany, Myard, les meilleurs quoi !

 

« Décidément, Cécile Duflot n'a pas de bol avec ses tenues vestimentaires, ou bien elle est en jeans et suscite alors les réactions indignées pour son "laisser-aller", ou bien elle tente les fleurs d'une robe d'été (soldée, 66 euros, 97% coton, 3% élasthanne et lavable en machine) et là, ce sont les réactions sexistes qui pleuvent. »

 

Pour ma part, dans les fonctions officielles, je m’astreignais au port de la cravate par respect pour ceux que je recevais car beaucoup d’entre eux aurait considéré qu’une tenue vestimentaire polo ou chemise ouverte c’eut été une marque de désinvolture.

 

Ce qui importe c’est le savoir-vivre et non de quelconques postures : que  ce soit faire peuple ou singer les bourgeois. Le vêtement est une seconde peau, celle que l’on a choisie, ce qui est important c’est la sincérité et non un affichage qui laisserait accroire que l’habit fait le moine.

 

« C’est le peuple qui rentre aussi à l'Assemblée nationale » clame Alexis Corbières, ne lui en déplaise, en parodiant VGE face à Mitterrand, les insoumis n’ont pas le monopole du peuple, ils ne sont que des élus du peuple comme les autres.

 

Les « insoumis » ont aussi été victimes de la «grève civique». Dans sa circonscription marseillaise, avec une abstention de 64,22 %, Mélenchon n’a été élu que par 19,96 % des inscrits. En Seine-Saint-Denis, où LFI a conquis sept circonscriptions sur douze, l’abstention s’est envolée : 67,78 % dans la 1re, 70,48 % dans la 2e, 70,38 % dans la 4e, 60,32 % dans la 7e, 68,57 % dans la 11e. Conséquences : Eric Coquerel a été élu par 15,52 % des inscrits, Stéphane Peu par 15,7 %, Marie-George Buffet par 16,28 %, Alexis Corbière par 21,36 %, Clémentine Autain par 17,49 %.

 

Casser les codes, je n’ai rien contre bien au contraire, mais attention à ne pas en imposer d’autres sous le prétexte qu’ils sont soi-disant l’expression d’une révolte, d’une insoumission. Ce qui me semble important c’est le respect du libre-arbitre, du choix personnel, le refus de l’uniforme très en vogue dans les régimes totalitaires.

 

Et si un jour un député insoumis transgressait en nouant un nœud papillon à son col de chemise en hommage aux gens du peuple, aux ouvriers, du temps du Front Populaire qui le portaient lors des manifestations, ce serait un geste qui aurait de la gueule.

 

Détail : je ne porte plus de cravate depuis longtemps mais j’en ai noué une pour aller rendre hommage à Michel Rocard aux Invalides.

 

Les codes vestimentaires de la « volaille politique » : en 81 le président de l’assemblée nationale jeta la jaquette aux orties
Les codes vestimentaires de la « volaille politique » : en 81 le président de l’assemblée nationale jeta la jaquette aux orties

Mélenchon, Ruffin et les Sans-cravates: une menace à prendre au sérieux

Le 28.06.2017

 

Bruno Roger-Petit

 

Pour l'ouverture de la nouvelle législature, les députés de la France insoumise ont choisi la provocation, jouant les Sans-cravates comme les nouveaux Sans-culottes. Sauf que c'est plus qu'une provocation, c'est un message politique lourd de sens et de menace...

 

Un homme seul, en chemise blanche, se tient obstinément assis tandis que les autres, autour de lui, célèbrent l'ascension de leur pair au Perchoir. Nous sommes mardi après-midi, au Palais Bourbon, François de Rugy vient d'être élu président de l'Assemblée et les députés le saluent, ainsi que le dit la tradition républicaine, pour saluer le nouveau Primus. Tous, sauf François Ruffin, qui consulte son iPhone. L'image marque les esprits et c'est logique, puisqu'elle a été pensée dans ce dessein: pour dire une rupture républicaine. Elle fait jaser, mais sans que les commentateurs de l'instant paraissent en avoir perçu la signification profonde.

 

Il est possible de gloser politique durant des heures et des heures sur les chaînes d'information continue et passer à côté de l'essentiel, le politique lui-même. Et c'est bien dommage, tant il y a à dire sur un geste lourd de sens et de conséquences. Car l'image Ruffin, donc le message, n'était pas seulement la manifestation d'une provocation comme les affectionne le personnage (qui a été imité par les autres députés de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon en tête), en vérité, il s'agit bien davantage qu'une renonciation de mal-élevé aux us et coutumes du temple républicain. Oui, elle est bel et bien une rupture. 

 

La suite ICI https://www.challenges.fr/politique/melenchon-ruffin-et-les-sans-cravates-une-menace-a-prendre-au-serieux_483514

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28 juin 2017 3 28 /06 /juin /2017 06:00
Giovanni Passerini avive mes émotions d’enfance avec son granité aux abricots…

L’abri côtier, le vendeur de beignets à l’abricot de la plage des Sables d’Olonne affichait cette raison sociale sur le devant de sa panière en osier.

 

Aller se baigner – sans jeu de mots – sur l’immense plage de sable fin des Sables d’Olonne, surplombée par son élégant remblai bordé, à l’époque, de villas cossues, pour les petits bouseux de la Mothe-Achard que nous étions, c’était accéder au monde des urbains, aux parisiens que nous voyions traverser le bourg dans leurs belles autos, aux estivants en congepés.

 

 

Enfants nous y allions, en prenant le poussif car Citroën venant de Nantes, accompagnées de nos mères qui appliquaient avec rigueur la règle des 3 heures avant que nous puissions aller tremper nos gambettes dans l’océan. La baignade aiguisait notre appétit, nous guettions avec impatience le passage du vendeur de beignets.

 

 

 

 

Celui-ci, trimballait une grande panière pendue à son cou en haranguant les estivants allongés sur le sable ou lovés dans des transats. Le jeune homme devait zigzaguer entre les tentes et nous craignions qu’il nous zappe. Nous nous tenions debout en trépignant pour qu’il puisse nous repérer facilement. Et puis venait l’instant où il fondait sur nous, s’agenouillait sur le sable pour nous vanter la variété de ses beignets. Nous, sans la moindre hésitation, choisissions ceux aux abricots.

 

 

Ils nous les tendaient enveloppés dans une rondelle de papier sulfurisé car ils étaient saupoudrés de sucre. Celui-ci nous faisait des moustaches brillantes. Nos yeux riaient de plaisir lorsque nous croquions à pleine dents dans la pâte frite, la confiture d’abricot giclait dans notre bouche, c’était le délice des délices.

 

Sans nul doute mes souvenirs enjolivent une réalité gustative plus commune, plus modeste et, même si le tenancier de l’abri côtier, pour tenir les prix, ne se prenait pas pour une star de la pâtisserie, ses beignets n’avaient rien à voir avec ceux d’aujourd’hui enfants de l’industrie.

 

Bref, façons de parler, je ne le suis guère, le jour où  Giovanni Passerini décida de remplacer son goûteux et délicieux riz au lait par un granité aux abricots il raviva en moi cette bouffée de souvenir.

 

Son granité aux abricots, glace au fromage blanc et gingembre, chantilly, est une merveille d’équilibre et de fraîcheur vive. J’en suis fou et, madeleine de Proust, il y a glissé une légère rondelle de brioche légèrement toastée.

 

 

Merci Giovanni de me replonger dans mes émotions d’enfance !  

 

      

Revenons à l’abricotier, l’arbre à abricots qui est un  arbre de la famille des Rosacées, genre Prunus (Abricotier, Amandier, Cerisier, Laurier-cerise, Merisier, Pêcher, Prunier), issu d'Arménie. Il était  pour les latins un fruit précoce, praecoquum (la pomme précoce).Les grecs adoptèrent le terme et l'adaptèrent en praikokion. Les arabes importèrent ce fruit qu'ils surent cultiver avec brio. De praikokion  ils en firent barquq, précédé de l'article al : al barquq.

 

Après leur conquête de la péninsule ibérique, les arabes y installèrent d'immenses vergers où ils cultivèrent ce fruit. Les populations formèrent le mot espagnol albaricoque, ce terme passant en français au XVIème siècle et devint abricot.

 

L'abricotier a été ramené d'abord d'Est en Ouest par les caravanes de la route de la soie (comme le pêcher). Les Romains le découvrent en Arménie et l'appellent d'abord Armeniacum malum, pomme d'Arménie.

 

L’abricotier (Prunus armeniaca) poussait déjà à l’état sauvage en Chine du Nord il y a 5 000 ans. Cultivé depuis 2 000 ans, il se diffuse à travers le Moyen puis le Proche-Orient. On relate ainsi la culture de l’abricotier en Iran et en Arménie (d’où son nom savant) à partir du premier siècle avant notre ère.

 

Il parvient ensuite jusqu’aux Grecs et aux Romains par les caravanes de la route de la soie (comme le pêcher). Les Romains le découvrent en Arménie et l'appellent d'abord Armeniacum malum, pomme d'Arménie..

 

L’arbre trouve alors autour de la Méditerranée une terre d’accueil particulièrement favorable, et s’y épanouit. Les Arabes contribuent à sa propagation (notamment en Espagne) lors des guerres de conquête. Rarement évoquée dans les ouvrages anciens, on pense que sa culture en France remonte au début du XVIe siècle : les soldats ramenaient les noyaux des fruits trouvés lors des campagnes militaires et les plantaient une fois de retour chez eux.

 

Mais c’est avec le Roi-Soleil que l’abricot prend réellement son essor en France. Au XVIIe siècle, Jean-Baptiste La Quintinie, jardinier du gourmand Louis XIV, effectue de nombreuses plantations dans le Potager du Roi. Dès le siècle suivant, le développement à grande échelle de la culture des abricots dans l’Hexagone est lancé. Celle-ci ne cessera plus de se développer.

 

Légendes&traditions :

 

L'abricot est associé à Vénus, déesse de l'Amour. C'est un symbole sexuel féminin.

 

Selon une croyance très répandue en Espagne, l'abricot a le pouvoir d'éveiller la passion et le désir charnel. En Andalousie, les femmes qui ont mis des feuilles et des fleurs d'abricotier sous leurs jupes deviennent irrésistibles.

 

 

 

L'abricot est une drupe de couleur orangée à maturité, de 3 à 5 cm de large. C'est un fruit estival consommé depuis longtemps, largement apprécié et répandu.

 

L'abricot doit être récolté bien mûr, car il ne mûrit plus une fois cueilli. Sa chair est alors ferme, juteuse, sucrée et parfumée. C'est un fruit très apprécié frais, mais que l'on consomme également souvent séché. Il rentre également dans la préparation de confitures, de boissons, de pâtisseries et de divers plats salés.

 

Que boire à la plage avec un beignet à l’abricot ? 2 août 2015

 

Après le déjeuner, sur la place des Halles, nous prenions le car Citroën, parti de Nantes, pour aller à la plage des Sables-d’Olonne, il ne s’arrêtait qu’à Saint-Mathurin. Je tenais à la main ma pelle et mon seau. Le long mufle du car, sous lequel le moteur cliquetait, m’impressionnait. En blouse grise et casquette, le chauffeur délivrait, avec une drôle de petite machine à manivelle, les tickets. Nous allions nous asseoir sur la banquette du fond, où, à genoux, le dos tourné au sens de la marche, pendant toute la durée du trajet, notre seule préoccupation consisterait à observer l’impatience des conducteurs qui essayaient de nous doubler. Le double virage de la Cossonnière, marquant le passage à niveau de la ligne de chemin de fer, faisait tanguer la lourde carcasse du car, à la sortie le moteur vrombissait. Le skaï de la banquette collait à nos genoux dénudés. Je portais des va-nu-pieds, un short et sweet-shirt blanc. Afin de ne pas subir l’ire de nos mères nous évitions de crier nous contentant de faire grimaces et gestes pour nous moquer des malheureux qui peinaient à nous doubler. Nous étions en vacances mais nous n’allions pas tous les jours à la plage comme les estivants.

 

Lire la suite ICI il y a de belles photos.

 

Le temps des confitures des fruits d’été : une confiture de vigneron les 2 abricots à la vanille et au Gewurztraminer… ou un autre cru pour du cuit ?

 

Lire ICI 

  

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27 juin 2017 2 27 /06 /juin /2017 06:00
Faut-il refonder, comme le souhaite Me Morain, les appellations d’origine en convoquant des Assises ?

C’est le vœu d’Eric Morain, Cabinet Carbonnier Lamaze Rasle & Associés, « le célèbre avocat naturiste au Barreau de Paris, la diva des chais indemnes des poudres de perlin pinpin, le défenseur inlassable des causes perdues des vignerons rebelles terroiristes, de la lignée des stars du Barreau, tels les Floriot (1), Moro-Giafferi, grand amateur de bonne chère, de jus nus aux fragrances étranges et de barreau de chaise roulés sur les cuisses d'ardentes cubaines… » notice du Who's who

 

Lire ICI 

 

Ce cher Éric Morain souhaite qu’aux Assises on « Invite l'ensemble des acteurs de la filière viticole (et pas seulement ceux qui peuvent payer des stands ou venir en délégation...), les petits comme les grands, les bloggeurs, les cavistes, les associations de consommateurs, les restaurateurs, les mouvements culinaires. Donnons-leur la parole, écoutons-les si possible et prenons les bonnes décisions pour l'avenir. »

 

Le vieux blogueur que je suis, doublé d’un mécano qui a plongé ses mains dans le cambouis des appellations d’origine, s’il trouve méritoire d’en appeler à la refondation, reste perplexe sur la capacité et la volonté des nouveaux arrivants aux manettes du pouvoir à se mettre En Marche pour déconstruire et reconstruire l’appellation d’origine.

 

Trop tard !

 

C’est mon côté Douglas MacArthur.

 

L’affaire est pliée depuis que l'administration française a vendu à la Commission sa conception normative dans le règlement d'application de l'OCM sur les AOP IGP.

 

Et ce n’est pas faute d’avoir tiré en son temps la sonnette d’alarme.

 

Mais foin de regrets, ce matin je vais me contenter de rappeler comment : D’objet juridique non identifié l’INAO a muté en chambre d’enregistrement de signes de qualité…

 

À l’origine de l’appellation d’origine il y eut le protectionnisme : il s’agissait pour les vignerons de se défendre de l’usurpation par d’autres, des négociants principalement, du nom du lieu où étaient produits leurs vins.

 

Pour vous en convaincre je vous propose de lire Comment naquit L'INAO (chronique du 30 novembre 2006), première partie du rapport du Baron LE ROY, Président de l'INAO au 1er Congrès de l'Origine à Deauville juin 1948, la lecture en est instructive appliquée au temps présent :

 

« Cette création, contrairement à ce qu'on pourrait croire, n'a pas été une simple conception de l'esprit transformée ensuite en texte législatif. Elle est le fruit d'une longue entreprise de persuasion des Associations viticoles de producteurs de vins fins, conseillées et guidées, à partir de 1930, par mon regretté et éminent prédécesseur, le Président Capus, qui fut, en outre, leur interprète convaincant auprès du Parlement et du Gouvernement.

 

Quelle fut la genèse de cette institution ?

 

Elle prit naissance lorsque fut établie la solidarité de tous les producteurs de vins fins de France.

 

C'est à Alphonse Perrin, l'apôtre Champenois, que revient le mérite d'avoir songé à convoquer à Paris, en 1923, les présidents des syndicats de protection des appellations les plus agissantes. Il y avait là, autour de Perrin : d'Angerville, Laligan, Doyard, Checq, un ou deux autres dont j'ai oublié les noms, et votre serviteur, tout frais élu président du syndicat de Châteauneuf-du-Pape qu'il venait de créer. Le but principal de la réunion était de dégager les principes généraux du droit de l'appellation qui permettraient de trancher le conflit champenois opposant la Marne(Perrin) à l'Aube(Checq). C'est dire qu'il y fut longuement question des cépages et que la discussion y fut vive. En dépit de l'opposition de l'Aube, le rôle capital du cépage fut retenu. On peut affirmer que c'est là que naquit la loi du 22 juillet 1927 et l'arbitrage du président Barthe sur le problème champenois.

 

Mais il y eut un autre résultat constructif. Les présidents décidèrent d'adhérer à la Fédération des Associations Viticoles de France et d'Algérie et de s'y grouper en une section spéciale qu'ils dénommèrent plus ou moins heureusement : la section des Grands Crus. Pourquoi en ai-je été désigné le Secrétaire général, fonctions que j'ai exercées pendant douze ans ? Je me le demande encore.

 

En tout cas, la solidarité était née. Tous les syndicats de défense des appellations se firent inscrire à la Section des Grands Crus dans les deux années qui suivirent. Elle ne tarda pas à arrêter unanimement les grands principes indispensables et à élaborer une doctrine commune.

 

Mais, une fois ce résultat obtenu, il fallait encore arriver à convaincre les viticulteurs de la nécessité d'un effort de discipline et d'un effort financier, convaincre le Gouvernement qu'une organisation nouvelle était indispensable pour maintenir la qualité et la réputation mondiale des Grands Vins de France. Cinq autres années furent nécessaires... »

 

12 septembre 2007

 

Objet juridique non identifié : O comme INAO...

 

« L’INAO étant un établissement public sui generis, doté d'un personnel sous statut Gaillard (du nom de Félix, l'autre charentais, le plus jeune président du Conseil de la IVe.

 

Tout ça pour dire que l'INAO, en ce temps-là, avait quelque chose d'exotique : un étrange cocktail d'autogestion professionnelle et de gestion publique qui m'a fait le qualifier d'objet juridique non identifié, ce qui pour moi était un compliment.

 

Avec une telle approche, face au goût immodéré des anglo-saxons pour le droit non écrit donnant aux tribunaux et aux lawyers des espaces infinis, nous dressions une muraille immatérielle qui s'opposait à l'uniformisation du monde. Un bel avantage, dix longueurs d'avance, pour parler vulgairement, ils y bitaient que dalle nos petits Paganini des prétoires avec Votre Honneur incorporé comme à la télé. Une grande part de la réussite incontestable de l'AOC tenait à ce mariage heureux du droit privé et du droit public.

 

Les professionnels français pilotaient une multitude de chouettes conduites intérieures, gentiment désuètes, indémodables, inimitables et, par une forme prononcée de suffisance, d'inconséquence, ils se sont engouffrés dans des cars pour voyages organisés.

 

Bien évidemment, comme toujours dans ce type de périple, le micro du cicérone était tenu par le commissaire du gouvernement. À partir de là, on ne savait plus qui faisait quoi, ou si, plus exactement, les fonctionnaires se piquaient de faire dans le stratégique, ils pensaient, et les professionnels du Comité National, tout en poussant des cris d'orfraies sur l'insupportable mainmise publique, s'occupaient de l'intendance du quotidien qui plaisait tant à la base et le Ministre disait amen (le mien y compris). Certains ont tenté de ruer dans les brancards, de proposer, de choisir. On leur demanda d'aller exercer leurs talents ailleurs.

 

Face à cette dérive, les nouveaux entrants : produits laitiers et autres, suite à la réforme de 1990, que j'ai défendu au Conseil d'Etat, après un temps d'observation, constatant la cécité des représentants du vin et ne se laissant pas éblouir par leurs faux-semblants, petit à petit ont pris le pouvoir, puis profitant de leur entregent dans les allées du Pouvoir ils ont fait prévaloir une conception normative de l'AOC. En clair, face à une production agro-alimentaire de masse, formatée, incolore, inodore et sans saveur, l'AOC devient la pointe de la pyramide des signes de qualité.

 

Le tour est joué. On se noie dans les logos : rouge, vert et je ne sais quelles autres couleurs. On érige le contrôle extérieur en principe fondateur.

 

Le directeur du CIVB a raison de confier à Jacques Dupont dans le Point : « C'est en quelque sorte une OPA amicale mais ferme, qui donne le sentiment que tout continue comme avant, alors qu'il n'en est rien »

 

Est-ce pour autant une « nationalisation » de l'INAO ?

 

Une mainmise de la machine étatique sur le secteur ?

 

La réponse est clairement non. Il s'agit tout bêtement de la pure insertion du vin dans le grand Meccano de l'agro-alimentaire.

 

Bien plus que les débats récurrents sur l'opposition entre vins artisanaux et vins industriels, les nouveaux tuyaux, si aucun tri n'est fait en amont, vont plus que jamais formater les vins d'AOC.

 

Faut-il le regretter ?

 

Oui, si la nouvelle mécanique confiée à des « experts extérieurs » – l'externalisation ne règle rien si on ne se met pas d'accord sur les règles du tri - exclut les originaux, les non typiques, les francs-tireurs, les inventeurs au profit du gros du peloton et des éternels trainards.

 

Non, si les patrons du gros du peloton assument le statut d'un peloton en acceptant de reconnaître qu'il n'est pas homogène. En clair, avant de mettre le vin dans les tuyaux préoccupons-nous de la vigne et du raisin : la ressource ; laissons la responsabilité première à ceux qui font le vin pour le vendre sous leur signature ou ceux qui le font faire pour le vendre sous leur nom pour traiter ceux qui font leur vin sans souci de ceux qui l'achètent...

 

9 juin 2008

 

Le CAC 51 : le croskill de la qualité des vins AOC

 

« Le pire du pire était peut-être à venir », car dans le règlement d'application de l'OCM sur les AOP IGP, l'administration française a vendu son idée de « vérifier l'appartenance à la famille » et la Commission, bonne fille et elle aussi adoratrice des normes, l'a reprise dans son texte.

 

Ce n’est pas encore plié mais il va falloir batailler sec. Moi qui suis mauvaise langue je ne peux m’empêcher de penser à haute voix, et de l’écrire, que le biseness du contrôle a de beaux jours devant lui et que ça va douiller dans les caveaux. Après le système 100% passoire voilà le système 1000% croskill : où comment écraser les libellules avec un marteau-pilon.

 

Je reste bouche bée d'admiration devant l’expression la plus «raffinée» de notre génie national pour inventer, non des usines à gaz, mais des essaims de tamponneurs en blouse blanche accumulant des liasses sur des paillasses de salles de dégustation high-tech… »

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26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 15:10
Que du bleu : de la trop facile victoire de Nicolas Hulot sur Stéphane Travert à propos de l'interdiction des insecticides de la famille des néonicotinoïdes

Il est incontestable que Nicolas Hulot, et plus encore Stéphane Travert sont des « bleues bites » de l’interministérielle mais j’ai des doutes sur le fait que suite à une fuite, à mon sens bien à propos, un document interministériel prévoyant en effet de revenir sur l'interdiction de l'épandage aérien et l'utilisation de certains pesticides « tueurs d'abeilles », les néonicotinoïdes, le tout nouveau Ministre de l’Agriculture soit monté au créneau, toujours sur RMC, pour affirmer que la porte restait ouverte à des aménagements. La législation française « n'est pas conforme avec le droit européen » qui est plus souple, a déclaré Stéphane Travert sur RMC-BFMTV, le ministre estimant que certains pesticides « n'ont pas de produit de substitution ».

 

Aussitôt sur les réseaux sociaux les « on vous l’avait bien dit », les pourfendeurs patentés ou non des oligarques, du néo-libéralisme, les adorateurs du leader maximo qui, par son simple verbe chasserait tous les pesticides de notre beau terroir, s’en donnèrent à cœur joie.

 

Nicolas Hulot (@N_Hulot) sur Twitter répliquait :

@RMCinfo les interdictions de neonicotinoides & épandage aerien ne seront pas levées, les arbitrages ont été rendus en ce sens

 

12h29 : Le gouvernement ne reviendra pas sur l'interdiction des pesticides néonicotinoïdes à partir de septembre 2018, annonce un communiqué du Premier ministre Edouard Philippe

 

 

 

Fin de la séquence, qui pour moi n’a rien de cacophonique, ne relève pas d’un disfonctionnement, d’un défaut de communication entre Ministres, leurs cabinets, mais relève à mon sens de la méthode Macron.

 

Ce n'est que mon point-de-vue mais je le partage.

 

Le petit soldat Travert selon moi est monté au créneau pour montrer aux dirigeants agricoles officiels, plus particulièrement ceux des grandes cultures, que leur bon Ministre de tutelle n’était pas sourd, qu’il prenait en compte leurs revendications.

 

Le Hulot, lui, campant sur son Olympe ne pouvait que se mettre en travers, si je puis dire, des irresponsables demandes de son collègue de la rue de Varenne.

 

Rappelons au bon peuple que le 9 février, le directeur général de l'ONG environnementale WWF, Pascal Canfin, posait au candidat d'En marche une  question très précise sur les néonicotinoïdes :

 

  • Est-ce que vous revenez sur la règle actuelle, c’est-à-dire l’interdiction en 2020 ?
  • Non, répondait Emmanuel Macron.
  • Est-ce que vous la confirmez ? relançait Pascal Canfin.
  • Oui, assurait le futur président de la République.

 

Sauf à ce que brave Travers eut des intentions suicidaires je ne le vois pas mettre en doute la parole présidentielle, il a simplement joué son rôle de « Ministre des agriculteurs » en marchant sur des œufs.

 

Nos chers journalistes, pour la plupart ignorants du cambouis de l’interministérielle sont tombés dans le panneau. Il va falloir qu’ils se penchent d’un peu plus près sur le pragmatisme macronien.

 

Pour ce faire il leur faudra se faire envoyer par des gorges profondes des bleus de Matignon, qui ne sont pas une variété de patates ou un fromage persillé mais le marbre de la décision interministérielle.

 

Dans le jargon administratif, le bleu de Matignon est le document qui rend compte de l'arbitrage du Premier ministre rendu à l'issue d'une réunion interministérielle. Le bleu est le symbole de l'autorité d'un chef de gouvernement. C'est son sceau. C'est également ce qui marque sa capacité à trancher. Une fois publié, plus rien ne peut le changer. La décision du Premier ministre s'impose à tous: aux ministres, à leurs cabinets, aux directeurs d'administrations centrales. C'est une incarnation du pouvoir.

 

Concrètement, en cas de désaccords, et ils sont fréquents, entre Ministres, le cabinet du Premier Ministre convoque les cabinets des Ministres concernés à une réunion dans une soupente de Matignon. Selon l’importance du sujet, ce sont des conseillers techniques ou le directeur de cabinet en personne, entourés des spécialistes de leur administration qui s’y rendent. Un membre du cabinet du Premier Ministre préside la réunion. Chacun expose son bout de gras, ferraille, défend son point-de-vue, le verbatim de la réunion est tenu par un membre du Secrétariat Général du Gouvernement, instance méconnue, non politique, qui est au cœur du fonctionnement du gouvernement.

 

Suite à cette réunion, le cabinet du Premier Ministre présente à celui-ci, ou à son directeur de cabinet, la proposition d’arbitrage qui, une fois entérinée par le Premier Ministre fera l’objet du fameux bleu de Matignon.

 

Entre les mains du SGG, toujours dans sa relation directe avec le Premier ministre et les membres de son cabinet, figure un instrument déterminant : le monopole du bleu. Ainsi exprimée, l’expression a de quoi surprendre. Elle fait référence à la couleur du papier sur lequel sont présentés et diffusés les relevés de décision. « Bleuir » est donc devenu une expression courante. Elle est celle de l’authentification.

 

 

Rien n’existe, rien n’est définitif, qui n’ait été « bleui ». Même un accord formel et personnel entre des ministres et leur chef ne produira d’effets qu’une fois enregistré sous cette forme. C’est dire le pouvoir qui s’attache à ce monopole que Matignon détient seul, et dont le SGG est le lieu d’exercice.

 

Lire LES NOUVEAUX BLEUS DE MATIGNON

 

Serge Lasvignes , Secrétaire général du Gouvernement ICI

 

 

GUY CARCASSONNE CE QUE FAIT MATIGNON ICI

 

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