Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
16 octobre 2008 4 16 /10 /octobre /2008 00:08

Jean Yanne, dans son célèbre sketch du permis de conduire, éructait : « je hais les routes départementales » alors que moi j’adore musarder sur le bitume inégal, truffé de nids de poule, des voies vicinales bordées de vignes peuplées de vendangeurs ou de prairies où paissent d’indolentes vaches. Alors, comme l’écolier en blouse grise que j’ai été, j’égrène nos beaux départements en commençant par le A, hier l’Ariège le 09, aujourd’hui l’Ardèche le 07, chef-lieu Privas sous-préfectures Largentière et Tournon-sur-Rhône. Voilà quelques mois, l’une de mes chroniques sur ce beau département : « Masturbateur de dindons en Ardèche » a connu un beau succès d’audience : http://www.berthomeau.com/article-13322829.html mais je me devais d’en consacrer une autre aux vignerons ardéchois emmené par l’ami Denis Roume de l’Uvica.  Ceux d’entre vous qui aiment l’histoire peuvent lire l’excellent livre, truffé d’anecdotes savoureuses sur le quotidien professionnel du secteur vitivinicole, de Guy Boyer et Jacky Reyne : « le renouveau du vignoble en Ardèche »* autour des grappes de la renaissance, aux éditions La Mirandole.

Ma passion pour les ânes (chronique du 23 août 2006 « Adieu Modestine » http://www.berthomeau.com/article-3598608.html aurait pu me pousser à broder sur la cuvée « Modestine », cette dernière étant la compagne de l’écrivain Robert Louis Stevenson « voyage avec un âne dans les Cévennes » publié en 1879. Le jeudi 26 septembre 1878, il écrit « Au lieu nommé La Bastide, on me dit qu’il fallait quitter la rivière et suivre une route qui montait à gauche parmi les montagnes du Vivarais, l’Ardèche moderne. Ainsi j’étais maintenant arrivé à peu de distance de mon étrange destination, le monastère trappiste de Notre-Dame des Neiges. » L’écossais laïque, qui a reçu une éducation protestante, note « leurs plats sont peu fournis ; encore n’y touchent-ils qu’avec une extrême sobriété ; et bien qu’il leur soit permis d’avoir une petite carafe de vin, beaucoup se refusent cette douceur. » Jusqu’en 2006 l’abbaye avait un site de vinification dans le Gard (les moines achetaient des raisins), depuis cette date, comme l’indique son site http://ndneiges.free.fr/  « la communauté se consacre uniquement à la vente de produits dans sa boutique monastique. La marque de vin Notre Dame des Neiges (vins, liqueurs et spiritueux) perdure. Tous les produits sont en vente au monastère ». Ils sont un peu rétros à mon goût les moines, membres de l'Ordre Cistercien de la Stricte Observance (dit Trappiste), mais mon espace de liberté à l’esprit plus large que celui de Benoît XVI.

 

Mais revenons aux Vignerons Ardéchois de l’UVICA, et plus particulièrement à leur belle ligne de produits : Terre d’Ardèche… Cade, Mûrier, Frigoule, Chêne, Figuier, et bien sûr les deux must : Terre d’Amandier c’est un Chardonnay et Terre d’Églantier c’est un Viognier. En effet, du côté des vins dit de cépages les ardéchois ont été des précurseurs (en dépit du sieur Guibé du Ministère de l’Agriculture, dit l’intransigeant, si je n’adorais pas les ânes j’ajouterais plus buté qu’eux : « les îlots minimum de 2 ha d’un seul tenant… », par bonheur notre bon Bernard Auberger lui comprendra les ardéchois.  Jacques Guibé se scratchera comme président BNIC lors de la dernière crise, enterrant ainsi un beau fromage de la République. Je digresse, je digresse, je reviens d’abord au Chardonnay : « nous voyons arriver un été, fin des années 70, un jeune homme, parmi la clientèle touristique, sérieux, à lunettes, qui demande à rencontrer un technicien. Georges Champetier le reçoit très longuement. Lui qui avait fait l’école d’œnologie de Beaune, a tout de suite réagi lorsque le visiteur a décliné l’identité de la maison, Louis Latour.

À dire vrai, à cette époque on repérait mal les grands noms de la Bourgogne, tant cette grande région viticole nous paraissait inaccessible en terme de relations. On ignorait tout des grands vins blancs. On émergeait à peine au cœur du réencépagement vers les cépages rhodaniens Grenache et Syrah, et bordelais Cabernet et Merlot. On ignorait totalement que les cépages blancs feraient un jour notre notoriété » * Eh oui, l’équivalent du Grand Ardèche de Louis Latour est toujours attendu dans le Grand Oc !

 

Mais, à tout seigneur tout honneur, comme je suis un Viognier addict http://www.berthomeau.com/article-19738570.html je l’ai gardé pour la fin. C’est encore une histoire de rencontre avec le fondateur du Savour-Club qui un jour dit à Guy Boyer : « avec son accent chaleureux et inimitable du Beaujolais : il faut qu’on fasse quelque chose sur un cépage avec l’Ardèche. J’en ai parlé à mon beau-frère Georges Duboeuf, il est intéressé par le principe. »* et, ce fut l’implantation du Viognier. Commençons par Terre d’églantier. J’adore l’églantine pour sa fine et élégante simplicité, son arome délicat et son goût de rose en confiture. Pour le vin lui-même, je vais vous faire une confidence : je ne comprends pas que ces messieurs des guides divers et variés n’aient pas encore inscrit en lettres d’or ce Viognier dans leurs palmarès et n’aient pas daigné lui décerner un grand coup de cœur. Il a pourtant tout pour leur plaire : beau terroir, terrasses, petits rendements 35hl/ha, vendanges manuelles… mais c’est un vin de coopé alors ce n’est pas « politiquement correct » pour les adeptes des vins de propriétaires… Entre nous soit dit, en termes de rapport qualité/prix le Viognier de mes ardéchois cœur fidèle est imbattable : 5,90 euros la bouteille. Ça vaut largement des Viognier de certaines stars du coin alors ruez-vous sur le site d’Uvica www.uvica.fr ou pour les franciliens vous pouvez demander à uvica@orange.fr les points de vente de ce nectar dans la région parisienne.

Partager cet article
Repost0
15 octobre 2008 3 15 /10 /octobre /2008 00:20

  

Mes amis, en ces temps de gros temps où nos banquiers nous font danser la gigue : même l’écureuil s’y est mis, pour nous redonner envie, relever notre moral national en berne, je m’écrie « MONT-JOYE-SAINT-DENIS » mot fameux qui a été longtemps le cri de guerre de la nation, c'était alors crier, suivez, ou marchez, ou ralliez-vous à la bannière de Saint-Denis, celle du roi de France ou, en traduction Royale du Poitou : « Tous ensemble, tous ensemble… » (gestes à l’appui) derrière le nouveau défi de la gastronomie française : son inscription au patrimoine de l’Humanité par l’Unesco. On va me dire que c’est du réchauffé. Certes mais je me dois de vous signaler la mobilisation de nos élus autour de cette nouvelle cause nationale. Le Sénat a confié en juin une mission d’information sur cette candidature à la sénatrice de Paris, Catherine Dumas. Fort bien me direz-vous, pas de quoi réveiller un sénateur qui dort. J’en conviens mais comme je suis un obstiné je porte à votre connaissance l’existence d’un banquet le 16 octobre à l’Hôtel de Lassay, la résidence du Président de l’Assemblée Nationale.

Dans une gazette parisienne bien informée je lis que pour le lancement de la campagne pour l’inscription va démarrer par un banquet de 130 happy few à la résidence du président de l’Assemblée Nationale et que le menu sera concocté par Dalloyau et Christian Millau. L’échotier écrit « Hors la recette d’entrée « pensée en virtuel » par Marc Veyrat, un de ces succès, son yaourt aux herbes de montagne mêlé de foie gras liquide, il a été fait appel aux vieux de la vieille : Guy Savoy pour ses fameuses huîtres en nage glacée ; Joël Robuchon pour son réputé turban de langoustines ; Michel Guérard pour son irrésistible tourte pigeon, foie gras et truffes. Les desserts étant entre les mains des pâtissiers de la présidence. Cuvées Grand Siècle et Rosé Laurent Perrier, Château Monbousquet, Château Pavie dans les verres… » Sans être mauvaise langue j’espère que la Mission qui doit élaborer le dossier de candidature, ainsi qu'un « plan de gestion » visant à assumer la préservation du patrimoine concerné et son délégué, Francis Chevrier, par ailleurs directeur de l'Institut européen d'histoire et des cultures de l'alimentation (IEHCCA), qui a lancé un appel aux industriels de l'agroalimentaire et à la grande distribution française pour qu'ils contribuent financièrement, soit plus performante que le « trop célèbre comité pour la candidature de Paris aux JO ».

Faut que je vous dise que l’affaire est assez mal emmanchée. En effet, Chérif Khaznadar, président de l'Assemblée générale des Etats membres de la convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l'Unesco a été on ne peut plus clair: «Il n'y a pas de catégorie à l'Unesco pour la gastronomie», a t-il déclaré lors d'une table ronde organisée dans le cadre du premier festival gastronomique «Gastronomy by the Seine». «La convention, ni dans l'esprit, ni dans la lettre, ne peut inclure la gastronomie», a-t-il poursuivi. Le sieur Khaznadar a ensuite souligné que seuls des «éléments» précisément identifiés pourraient figurer sur une liste du patrimoine immatériel. « Je crains beaucoup qu'une présentation d'un dossier de gastronomie n'aille pas plus loin», a-t-il conclu. Bien évidemment l’éminent président de la Mission, le professeur Jean-Robert Pitte, avec beaucoup de doigté et d’à propos, a répliqué que pour convaincre M. Khaznadar, «il faut être du Sud et avoir une petite bourrée, une petite danse» à faire inscrire. Moi ça me rappelle la réaction du PDG d’Arcelor lors de l’OPA de l’indien Mittal sur son groupe, tout le monde sait quel fut le dénouement de l’affaire. Le mépris et l’ironie sont très certainement de bons ingrédients pour démontrer l’étendue de notre suffisance nationale. Après tout Chérif Khaznadar ne faisait que confirmer la définition du patrimoine immatériel, tel qu'il est défini dans une convention de 2003, comprend notamment les «pratiques sociales, rituels et événements festifs» et les «savoir-faire liés à l'artisanat traditionnel». Lui clouer le bec en affirmant qu’il «n'est pas le seul à décider» me semble une excellente entrée en matière.

Renseignement pris, la petite sauterie de l’Hôtel de Lassay est organisée pour la sortie du « Dictionnaire amoureux de la Gastronomie » de Christian Millau qui invite une brochette de célébrités « à célébrer la candidature de la gastronomie française au Patrimoine Mondial immatériel de l’Unesco » Dieu que nous aimons dans notre beau pays les célébrations, dans le cas présent je devrais écrire autocélébration, en effet « les convives grands crus » sont quasiment tous français, à l’exception des ambassadeurs des USA et du Japon. Comme l’écrivent les communicants : « en attendant ce classement, comme l’écrit Anthelme Brillat-Savarin « le sujet matériel de la gastronomie est tout ce qui peut être mangé » alors célébrons notre belle gastronomie et comme Beckett, « En attendant Godot », espérons en notre pouvoir de conviction. Des comédiens, des chanteurs, des écrivains, des historiens, rien que des jeunes pousses : Aznavour, Arditi, Brasseur, Pivot, Decaux, Labro… et bien sûr la fine fleur de la profession : Alléno, Bardet, Blanc, Bras, Eléna, Fréchon, Jung, Dominique Loiseau, Marx, Piège, Roellinger, Roth, Trama, Troisgros, Vigato, Girardet… Entendez-moi bien, que Christian Millau s’entoure de ses amis pour une forme de jubilé, je n’ai rien contre, mais je ne suis pas sûr qu’en ce qui concerne la candidature ce soit la meilleure façon de procéder. Notre propension à nous positionner comme une forteresse assiégée, à défendre nos exceptions, au lieu de vivre sereinement nos différences, de séduire le monde avec notre art de vivre, nous agaçons et comme le souligne Ezra Suleiman, professeur à Princeton, qui critique les deux exceptions françaises, l’agriculture et la culture, « les élites françaises ne choisiront pas le réalisme ; c’est le réalisme qui va s’imposer, car la conjoncture actuelle fait baisser le niveau de vie. » À mon sens, notre art de vivre à la française, dont la gastronomie est un élément important, n’a nul besoin d’embaumement, d’un label international, mais plutôt de retrouver, en abandonnant son élitisme hautain, le sens de la convivialité : « un peu de joie de vivre, de douceur dans ce monde de brutes… »

Bon appétit au 130 de l’Hôtel de Lassay, « MONT-JOYE-SAINT-DENIS » pour que triomphe des barbares du Nouveau Monde notre belle gastronomie pleine d’étoiles…et très chers lecteurs il ne vous est pas interdit de commenter... Bonne journée.

 

Partager cet article
Repost0
14 octobre 2008 2 14 /10 /octobre /2008 00:01

Le titre de ma chronique, volontairement provocateur, est extrait d'un "Abécédaire gourmand", où, à la lettre V : "Vin de Champagne" Michèle Gazier, née à Béziers, ancienne critique littéraire à Libération puis à Télérama, nous conte une expérience enfantine. C'est publié chez NiL éditions dans la collection Exquis d'écrivains. C'est un beau petit livre. J'adore les petits livres que l'on peut glisser dans sa poche pour pouvoir les lire à tout moment en tout lieu : banc public, terrasse de café, métro, file d'attente... J'en fais une moisson à l'humeur, à l'odeur, au coup de coeur... comme pour les vins je suis un peu folâtre, insoucieux des conseilleurs, picoreur, découvreur, simple amateur... j'avoue préférer me tromper que d'être moutonnier... plaisir suprême et orgueilleux que de croire être le premier... en amour c'est l'extrême rareté mais l'imaginaire a ce privilège de pouvoir s'inventer des mondes...

Je dédie ce beau texte aux ayatollahs de l'ANPAA et à la cohorte des "n'y touchez jamais..."

" Lorsque je vois ma petite fille (deux ans) tremper son doigt menu dans tous les verres de champagne, puis le sucer avec délices, je ne m'interroge plus sur les mille et une facéties de l'hérédité. J'ai pris ma première cuite à cinq ans, au champagne, en finissant les verres de mes voisins de table indifférents à ma soif et à mes cris à boire de moins en moins convaincus. Au fil des heures, boire n'était plus mon problème, j'avais trouvé d'autres sources que l'eau ferrugineuse à laquelle on m'avait vouée.
Ce déjeuner de fête se célébrait au champagne, j'étais la seule enfant à table, mes parents étaient loin de moi et la jeune femme qui devait me surveiller s'occupait plus des messieurs qui lui faisaient les yeux doux que de ma sage petite personne. Plus je buvais, plus j'avais soif et plus je me sentais des ailes. J'avais conscience de m'enivrer et ce sentiment de l'ivresse me rendait follement joyeuse. Soudain, dominant le brouhaha des conversations, j'ai crié très fort et non sans fierté : " Maman, maman, je suis soûle, je suis soûle." Rouge de honte, ma mère est venue m'arracher à la table, aux convives rigolards et surpris pour me porter dans mon lit où je me suis endormie dans un formidable éclat de rire.
Il n'est pas de déraison sans raison, et ce jour-là, j'ai brûlé les étapes et atteint cet âge dit de raison deux ans avant la date conventionnelle de sept printemps. Le champagne m'avait fait vieillir prématurément.
A la suite de cette brève aventure, j'ai longtemps été interdite de dîner de fête et de vin blanc. Mais, pour lutter contre une anémie qu'on croyait déceler dans ma pâleur native, ma grand-mère versait parfois deux doigts de rouge dans un verre qu'elle additionnait d'eau et de sucre. J'avais le droit, voire le devoir, d'y tremper un boudoir que l'on appelait...champagne.

J'ai toujours détesté ce biscuit pour le sucre cristallisé qui le recouvre et agace les dents, et pour le mensonge d'un nom qui ne tient pas ses promesses. Les champagnes au vin rouge étaient une sorte de punition infligée à la fillette frêle qui un jour avait bu sans modération.
Je continue à aimer le champagne. J'aime la finesse des bulles, le contact délicat du vin qui pétille doucement sur la langue. La légèreté et l'euphorie très douce qui suivent deux ou trois coupes. J'aime le champagne des fêtes mais surtout celui de l'intimité.
Avoir toujours une bouteille de champagne au frais était un rêve d'étudiante sans le sou. L'achat d'un bouchon hermétique et un travail salarié correct on fait le lien entre rêve et réalité. Boire une coupe avec l'être aimé, pour fêter le simple plaisir de se retrouver chez soi au terme d'une journée bien pleine en écoutant de la musique sans paroles demeure un bonheur jamais éventé."

 

Achetez ce petit opus, comme moi, adorateur des pâtes - la lettre N décline le grand bonheur des Nouilles en l'occurence les coquillettes, vous y trouverez de quoi raviver vos souvenirs d'enfants. Bonne lecture...

Partager cet article
Repost0
13 octobre 2008 1 13 /10 /octobre /2008 00:05



















Vendredi dernier, en sortant de la ligne 14 à la Madeleine, juste à l’à pic de chez Fauchon qui a envahi le trottoir pour régaler le chaland, je me suis dit que je n’avais jamais mis les pieds dans ce haut lieu de la consommation populaire et comme la veille on m’avait dit que les dirigeants de chez Fauchon voulaient revoir de fond en comble la façon d’appréhender les vins qu’ils signent, ni une ni deux, j’ai plongé. Normal la cave est en sous-sol. C’est hyper-design, très « luxe contemporain » - c’est ainsi que le site Fauchon
www.fauchon.fr/ se définit – pas vraiment ma tasse de thé. Au beau milieu de l’espace trône un double fer à cheval où les clients peuvent manger sur des tablettes type TGV face à ceux qui les servent. C’est un peu glacé, figé, pas très convivial, mais ça doit sans doute plaire aux urbains pressés. Pour la cave à vins, elle est classique avec la triplette dominante Bourgogne-Bordeaux-Champagne, une vaste armoire vitrée à température pour les GCC, des spiritueux et un coin coffrets de luxe. Le personnel est avenant, sympathique, pas obséquieux pour deux sous et surtout il ne vous tombe pas dessus. J’ai pu prendre des photos. J’ai acquis un Cairanne de Marcel Richaud à 12 euros et le K d’Ampélidae 2005  www.ampelidae.com qui est un vin de pays de la Vienne, dit vin contemporain, cépage cabernet, signé Frédéric Brochet, 20 euros. Comme le vélo m’est toujours proscrit je regagnai en métro mon home avec mon sac Fauchon au bout des bras et je ne pouvais m’empêcher de penser au pillage de Fauchon en 1970.

« L’existence même de Fauchon est un scandale » lançait Sartre au micro de RTL, en mai 1970 après l’attaque de Fauchon par un commando d’une cinquantaine de gus, armés de barre de fer, dirigé par un responsable de la Gauche Prolétarienne répondant au pseudo suggestif de Tarzan. Ce cher Jean-Paul, toujours aussi faux-cul, adorait les bons restaurants bourgeois et déjeunait tous les jours à la Coupole. Pierre Overney, qui sera assassiné par le gros bras du service de sécurité de la Régie Renault Tramoni aux portes de l’île Seguin, y participait. Antoine de Gaudemar, futur complice de Serge July à Libération faisait le guet. Le 8 mai 1970 le commando va rafler champagne, caviar, truffes, saumon, marrons glacés tenant le personnel en respect sous la menace de leurs barres de fer puis tous s’enfuir par le métro, sauf Frédérique Delange, fille de haut-fonctionnaire, qui s’est fait rattraper par « un cuistot à toque et tablier blanc qui, armé d’une broche à gigot, les avait pris en chasse ». Le 19 mai, la 24e cour correctionnelle de Paris la condamne à 13 mois de prison ferme. En ce temps-là la justice était rapide et l’on ne badinait pas avec l’atteinte au « symbole de l’arrogance du fric ». Les « vivres » seront distribués dans les quartiers populaires par les militants de la GP.

La presse « bourgeoise de gauche », Le Nouvel Observateur et L’Express (celui de JJSS et F.Giroud) prend fait et cause pour ces nouveaux « Robin des Bois ». À Jacques Foccart, l’homme du SAC, qui s’inquiète auprès de lui « l’opinion publique semble considérer avec indulgence l’histoire Fauchon. » le président Pompidou répond : « Pour Fauchon, c’est vrai, mais qui puis-je ? Même mon fils, ma belle-fille et une cousine avec qui j’en ai parlé trouvent ça sympathique et j’ai dû les rabrouer pour leur faire sentir que cette affaire était ridicule ». Dans la Cause du Peuple les normaliens, un peu fâchés avec les tables de multiplication, s’en donnent à cœur joie « Nous ne sommes pas des voleurs, nous sommes des maoïstes. Salaire moyen d’un OS : 3,50 francs de l’heure. Un kilo de foie gras : 200 francs soit soixante heures de travail. Un kilo de cake : 18,50 francs, soit 6 heures de travail. Un kilo de marrons glacés : 49 francs, soit 8 heures de travail. Alors, qui sont les voleurs ? » Par bonheur, notre champagne est épargné mais notre bel Olivier de la Poste pourrait, en ces temps où le libéralisme pur et dur dévisse, s’y essayer car c’est tout à fait dans ses cordes. Il pourrait aussi, après l’avoir relifté, faire des gammes à la télé qu’il aime tant sur : « Si vous voulez manger en hiver des fraises du Japon(sic), allez chez Fauchon ; si vous voulez douze prunes pour 80 francs, allez chez Fauchon ; si vous habitez l’Elysée et que vous voulez remplir votre Rolls Royce de victuailles, allez encore chez Fauchon ; si vous vous appelez Kossyguine et que vous voulez commander quarante bouteilles millésimées à l’année de votre naissance, allez toujours chez Fauchon… »

Plus de trente ans sont passés. Nous sommes au temps des golden parachutes, des nouveaux hiérarques venus de l’Est ou d’Asie, des fortunes météoriques et l’inversion des discours me stupéfient. Le mot honni de « nationalisation » - en 81 je me suis battu contre tout en rappelant à certains que la sidérurgie l’avait été de fait pour échapper à la faillite, et que des boutiques comme Péchiney ou Rhône-Poulenc étaient à la ramasse – retrouve des couleurs au Royaume-Uni, en Allemagne et même chez nous. On sauve les meubles et l’ultragauche se rue sur le libéralisme comme la vérole sur le bas clergé. Comme toujours, les réformateurs, pris en sandwiche entre les nouveaux convertis de la régulation et les anticapitalistes, ne tireront pas parti de la nouvelle donne. C’est ainsi depuis plus de 30 ans, avoir raison avant tout le monde ne sert à rien. Bref, n’ayant aucune prise sur ce qui ramènerait la confiance sur les « foutus marchés » qui sont la somme de comportements individuels de gestionnaires de capitaux ne l’oublions pas, je me posais une question qui va vous paraître incongrue : la maison Hugel&Fils titre à propos de Cora, qui a utilisé des moyens déloyaux pour proposer ses vins lors d’une foire aux vins  «  Vade Retro, nos vins ne seront pas en GD ! » : « pourquoi priver le populo qui pousse le caddie de l’accès à certains vins – étant entendu que beaucoup d’entre eux n’iront jamais s’approvisionner dans les réseaux traditionnels – alors que se retrouver dans le temple du « luxe contemporain » semble naturel ? » La distribution sélective est un choix commercial sur lequel je n’ai rien à dire, sauf qu’il est par nature élitiste, mais « diaboliser » la distribution moderne me semble un peu démagogique. Que les vignerons indépendants s’organisent face à elle me semblerait de bien meilleure politique pour que le vin regagne des parts de marché auprès du plus grand nombre (80% des vins passent par la GD).

Partager cet article
Repost0
12 octobre 2008 7 12 /10 /octobre /2008 00:05

Lorsque nous partîmes en Corse sur un ferry de la SNCM, le Pascal Paoli je crois, notre nouveau président, en guise de retraite postélectorale, voguait sur les mêmes eaux sur le yacht d’un de ses amis. L’équipage raillait sur la séquence : sauterie au Fouquet’s, nuit dans un palace des Champs, croisière au soleil, en concentrant ses lazzis sur les atermoiements de l’épouse. Celle qui avait volé la place de la fille du pharmacien de Vico en quittant le lit de Jacques Martin en prenait pour son grade dans le plus pur style macho méditerranéen. Son plus grand crime, hormis la répudiation de l’enfant du pays, était d’avoir snobé le « peuple corse ». La solidarité masculine jouait à plein, l’escapade newyorkaise, la photo de Paris-Match, le retour triomphant, l’abstention au deuxième tour, conférait au nouveau locataire de l’Elysée une auréole de martyr victime de la traîtrise des femmes modernes. La mère, pivot inamovible, roc indestructible, noyau dur de la cellule familiale, ne pouvait se comporter comme un mec, s’afficher, afficher sa liberté, prendre son homme en otage, l’humilier, le mener par le bout du nez. Insupportable outrage que, tôt ou tard, elle allait payer cash. Au bar, où je m’enfilais des bières, ma gueule d’ancien flic dévoyé devait leur inspirer confiance car très vite ils m’associèrent à leur entreprise de démolition. Bien évidemment, je ne privais pas du plaisir d’apporter de l’eau à leur moulin en leur distillant des infos de première main. Mes bons vieux réseaux chez les fouilles-merde, même pendant ma période de réclusion pour cause d’écriture, via les nouveaux tuyaux de l’Internet, m’alimentaient en rumeurs plus vérolées les unes que les autres. Mon auditoire, scotché, se délectait de mes révélations faisandées.

 

Cette courte traversée prenait vraiment l’allure d’une césure, d’un sas de décompression. Les 12 années du palefrenier gominé de la Corrèze, ultime rejeton dévoyé de la maison aux variations en R, cette République révérée par les piliers du SAC, les porteurs du toast fameux : « à nos femmes, à nos chevaux et à ceux qui les montent… » m’avaient dégoûté de la politique. Il faut dire que la fin des années Mitterrand, putrides, préfiguraient l’embourbement de notre vieux pays. L’irruption sur le devant de la scène de deux vraies bêtes de scènes relookées en chevau-légers, paradoxalement, me réinsufflait l’envie. Ils semblaient vivants. Je n’étais pas dupe mais je voulais y croire. Les arcanes de la rue de Solferino ne recélaient pour moi aucun secret. Ancien « Transcourant », sans être homme d’appareil, je décryptais sans peine la nébuleuse du Premier Secrétaire. Sa compagne, toute en angles, si peu amène, coincée, qui avait entamée sa mue lors de son irruption dans Paris-Match pour exhiber son accouchement, m’intriguait. La nouveauté c’est qu’elle faisait fantasmer les mecs. En dépit de sa démarche de dinde, de sa voie de crécelle, sa nouvelle allure de vierge effarouchée la propulsait au zénith des sondages. Méfiant, la sachant avide de reconnaissance, je m’étais replongé dans la marmite socialiste. Le plus chaud lapin des éléphants, l’inconnu de Yasmina Reza, inquiet de l’envolée de la gazelle, un jour de grande déprime, autour d’un verre, me confiait : « le cul est son point faible, elle n’a jamais connu les feux de l’amour et les désordres de l’extase. Elle va faire le hold-up parfait en jouant les madones et nous conduire au trou lorsque, poussé dans ses derniers retranchements, elle montrera son vrai visage… »

 

L’ambiance délétère me plaisait assez mais ce qui me fit lâcher prise fut une rencontre inopinée, chez Thoumieux, un soir, de la fine fleur de la garde rapprochée de la candidate. Je retrouvais de vieux amis. Nous devisions gaiement en picolant sans aucune espèce de modération lorsque déboula, flanqué de jeunes porte-flingues, une vieille raclure de socalio-sectaire, une caricature du molletisme, homme de tous les râteliers. Parmi nous, au milieu de nous devrais-je écrire, un sémillant homme de pouvoir attirait son regard. Il fondait sur lui tel un taon sur la rondelle humide d’une jument, en piqué, nous ignorant comme si nous n’étions que des étrons desséchés. Confus, pitoyable, excité, il déversa sa bouillie pour chat comme du vomi, émaillant ses propos d’étranges considérations sur ce qu’il qualifiait de désordre créatif, forme d’interactivité régénératrice de la démocratie directe, énumérant, pour convaincre son interlocuteur, la liste des experts qui travaillaient avec lui. Dans le lot, deux noms me plongèrent dans l’affliction. Pas eux, pas ce bouffi d’orgueil, champion du monde des rubans à la boutonnière, gras et rougissant, pétochard et lécheur de cul ; pas elle, une adepte de la méchanceté gratuite, moche et sèche, pointue, vipérine, version française des punaises grises de la Stasi. J’exagère un peu, mon taux d’alcoolémie aidant, las d’entendre le déluge d’insanités de celui qui se voyait déjà rouler carrosse de Ministre, à haute voix, je le frappais au-dessous de la ceinture. Quelques mots sur la charmante et nouvelle compagne du premier secrétaire stoppaient net sa diarrhée verbale. S’il avait pu m’étrangler de ses blanches mains de technocrate, sans hésitation il l’aurait fait. Amicalement je lui rivais le clou en ajoutant « si ça te chante camarade je peux te faire une copie de la note blanche qui circule… »

Partager cet article
Repost0
11 octobre 2008 6 11 /10 /octobre /2008 00:01

Quand vient l’automne, et cette année les dieux du ciel nous ont offerts des amuses-bouches pour ce qui est des turbulences, le corps éprouve un besoin de cocon douillet, de belles flambées et de nourritures roboratives. La ligne, préoccupation balnéaire, peut se glisser sous d’amples vêtements. Alors, c’est le temps béni du pot-au-feu, plat simple et généreux. L’art d’accommoder les bas-morceaux : paleron, gîte, culotte, queue, plat de côtes, jarret, macreuse, n’en déplaise aux génies des têtes de gondole, est sans contestation une bonne façon d’augmenter son pouvoir d’achat. Ce matin je ne vais pas vous donner la recette du pot-au-feu, ce qui serait une forme de soufflet (pas de soufflé) à mes chers lecteurs qui sont tous cordon bleu patenté. Non je vais vous livrer un grand classique : l’art d’accommoder les restes. J’accommode beaucoup ce matin, qui a dit que je n’étais pas accommodant !

Supposons donc que, recevant belle-maman dimanche à déjeuner, pour faire monter votre cote de femme très occupée, vous avez préparé de vos blanches mains un pot-au-feu des familles. Votre moitié masculine étant préposé aux pluches. Croulant sous les félicitations vous avez rosit de plaisir. Le soir venu, pensant à la semaine des enfants, plutôt que de leur proposer des filets de merlans panés vous vous êtes dit que sur votre lancée vous alliez leur concocter un truc qui allait les étonner. Comme chacun sait, nos gamins et gamines adorent les pâtes. Les satisfaire en les surprenant est assurément un bon plan. Donc, avec les restes de viande, surtout les morceaux aux fibres longues, vous les effilochez pour les faire revenir dans du beurre mousseux avec des petits oignons frais tranchés. Lorsque le tout a blondi pendant que vous faisiez cuire des nouilles, des vraies, toutes les grandes marques en font, al dente, vous beurrez un plat allant au four. Puis vous étendez une couche de nouilles, puis une couche de viande, pour terminer par une couche de nouilles. La particularité de ce gratin est de ne pas utiliser d’emmenthal râpé mais si ça fait plaisir à vos mouflons vous pouvez modérément recouvrir la préparation. Passage à four modéré pour que l’ensemble soit craquant. Je signale à mes chers lecteurs que le meilleur gratin de nouilles que je n’ai jamais mangé c’est chez Philippine de Rothschild.

 

 

 

Bien évidemment il n’est pas interdit aux grands de déguster mon gratin de nouilles à l’émincé de pot au feu. Dans ce cas, si ça vous chante, vous pouvez faire couler la miette avec Les Silex du domaine de la Barbinière 2007 www.domainedelabarbiniere.com c’est un assemblage de Cabernet Franc, de Cabernet Sauvignon, de Pinot noir et de Gamay ou avec L’Anjou Villages du sémillant Patrick Beaudouin www.patrick-beaudouin-layon.com ou la cuvée Zoé de Marc Parcé  www.la-rectorie.com/ ou des vins choisis dans ma foire aux vins
http://www.berthomeau.com/article-22881267.html http://www.berthomeau.com/article-22881498.html


Partager cet article
Repost0
10 octobre 2008 5 10 /10 /octobre /2008 00:07

Nous allons entrer dans le temps des beaux livres pour les petits souliers. L’album  « Une cuisine contemporaine » d’Olivier Roellinger est un enfant de Nicolas de Staël, lignes épurées d’une goélette prenant le vent, palette de couleurs originelles, simplicité érigée au rang de canon de la beauté, tout pour satisfaire mon goût immodéré pour les choses rares. Mais, comme si ce coup de cœur ne suffisait pas, ce corsaire m’a éperonné par le tribord, page 154, en me surprenant avec une arme fatale : le Calva coffee. Pour ceux d’entre vous qui me suivent depuis les origines, le 4 janvier 2007 j’ai commis une chronique « Normandy coffee what’s this ? » à l’adresse de mes anciens mandants des Calvados réunis (je fus président de l’interprofession de toutes les AOC issues de la pomme et de la poire en Normandie&Bretagne)  mais comme je n’ai pas le talent d’Olivier Roellinger je m’en remet à lui pour promouvoir ce délice.

 

Le cap d’abord « Dans tous les bistrots bretons et normands ouverts de bon matin, les hommes de la terre et ceux de la mer puisaient souvent leur courage avec, au fond de leur tasse à café, une eau-de-vie de pomme rude et bien corsée. Cette odeur de café-calva, que, pour une raison qui m’échappe, on appelle ici mic, reste gravée au fond de ma mémoire, tout imprégnée de celle, plus âcre et râpeuse du tabac gris à rouler. Quels récits, quels voyages, quelles aventures partageaient-ils ?

 

J’ai tenté de comprendre dans mes rêves à quel moment cette rencontre entre le café du lointain port de Moka et l’eau-de-vie de pomme du pays a pu se faire. Cette histoire est probablement proche de l’Irish coffee… »

 

Ne pinaillons pas, la petite eau-de-vie de pays des souvenirs d’Olivier Roellinger est une belle AOC répondant au nom de Calvados, Calvados Pays d’Auge, Calvados Domfrontais, qui s’est adoucie avec l’âge et le savoir-faire des producteurs.

 

Ce Calva coffee : boisson du 29 juin 2004. Vent de sud, Force 2. Bonne visibilité, mer calme, dans la terminologie maritime d’Olivier Roellinger c’est :

 

Equipage : 4 personnes

 

Accastillage : 8 verres  à digestif / Petit mixeur plongeant/Machine à glace pilée/Bocal à stériliser/4 carrés de gaze.

 

Route : 24 heures

 

Vivres : Cale_1 et Cale_2 (détails se reporter à l’ouvrage page 154 et 155)

 

Premier Bord, Deuxième Bord, Troisième Bord : c’est le mode de préparation voir page 155)

 

Destination : c’est le service, l’envoi, toujours page 155.

 

La photo qui suit, pages 156&157  est superbe. C’est chez Flammarion 45 euros.

Pour conclure ce bel estoc je dis à mon cher successeur et ami à l’IDAC  www.idac-aoc.fr/  et si nous allions un jour  au Relais Gourmand d’Olivier Roellinger 1, rue Duguesclin, 


35260 CANCALE  Tél : 02 99 89 64 76 déguster un Calva coffee à la suite d'un beau repas… J'en profite pour donner un grand bonjour amical à Anne et à la petite équipe de l’IDAC.

Partager cet article
Repost0
9 octobre 2008 4 09 /10 /octobre /2008 00:08

Ceux d’entre vous élevés comme moi à la table de multiplication par cœur et à la déclinaison des départements avec chef-lieu et sous-préfectures, gouteront pleinement le titre de ma chronique du jour. Pour les autres, je rappelle que le chef-lieu du beau département de l’Ariège est la ville de Foix et les 2 sous-préfectures sont Pamiers et Saint-Girons. Bastion des socialistes : 2 députés (un homme&une femme) et 20 conseillers généraux sur 22, tous des mecs, ce beau département n’est pas très connu pour être un département viticole et pourtant !

Le guide Hachette des vins 2009 attribue son Coup de cœur pour la deuxième année consécutive » aux Coteaux d’Engraviès. L’an dernier c’était la cuvée Roc des Maillols  2005 (50% Syrah, 35% Merlot, 15% Cabernet Sauvignon) qui était coup de cœurisé. Moi je l’ai découvert à la foire des vins bio de Montreuil. Cette année c’est la cuvée Fount Cassat 2006 (70% Cabernet Sauvignon, 30% Merlot) qui reçoit le compliment suivant : « Cette cuvée (…) se démarque d’emblée par sa robe profonde cerise burlat. Le nez affirme une présence très fruitée (guignolet, pruneau), bien épicée et accompagnée de quelques volutes de fumée. La bouche est généreuse, douce et dense, soutenue par des tanins fermes et de qualité. Un vin parfaitement maîtrisé. À déguster sur un aligot ou un pot-au-feu ».

 

Pour vous parler de l’aventure des vignerons ariégeois je vous propose de lire un document d’Ariège News TV intitulé : Philippe Babin fait renaître le vignoble ariégeois qui date d’août 2006  http://www.ariegenews.com/news/news-1-17-1235.html c’est très intéressant. Vous pouvez aussi auditionner la vidéo de Philippe Babin l’animateur des Coteaux d’Engraviès. Passionnant ! Pour ceux qui ne prendront pas le temps d’aller sur ce site je vous propose quelques extraits :

 

« Au XIXe siècle sous l’impulsion de Napoléon III qui veut promouvoir l’agriculture, est crée dans chaque département une Ferme-Ecole  où l’on apprend aux «jeunes cultivateurs» entrés sur concours, les progrès techniques de l’agriculture moderne: emploi d’engrais, de matériel, de techniques qui révolutionnent les idées reçues.
En 1848 la ferme de Royat près de Montaut ouvre ses portes et restera dans l’histoire de la viticulture pour avoir inventé une technique de taille de la vigne employée encore aujourd’hui partout dans le monde par 80% des techniciens viticoles: le fameux «cordon Royat» ou «taille de Royat».
La ferme de Royat s’oriente dès le départ vers la viticulture: 60 hectares de vignes plantées, un cépage identifié par parcelle (alors qu’auparavant on plantait plusieurs qualités de raisins), fabrication de palissage, déploiement des vignes et taille particulière pour éviter au maximum le pourrissement des raisins sur le pied. Tout est étudié de manière rationnelle. C’est également à Royat que l’on invente la «vinification bordelaise» (ou vinification par gravité, inventée en Ariège et développée dans le bordelais car après la guerre de 14-18 le vignoble ariégeois disparaît à cause d’un exode rural massif). »

« Passionné par l’Ariège et son histoire, Philippe Babin, installé depuis trente ans dans le département pense lui aussi que la viticulture fait partie intégrante de patrimoine ariégeois et il décide en 1995 après s’être formé à Carcassonne à la viticulture et à l’œnologie, de se consacrer à la vigne et de faire revivre ce patrimoine disparu.

Mais les contraintes financières de son  projet sont lourdes… son ami Jean-Louis Vigneau, directeur des services au Conseil Général, secrétaire général de l’APAJH fait réaliser une étude pour connaître la viabilité de ce séduisant projet.

Dans le même temps, il rencontre Christian Gerber, viticulteur à Beaumont/Lèze, responsable de l’exploitation du Domaine de Ribonnet, soit 50 hectares de vignes et qui lui propose de lui apporter un coup de main technique et ses compétences.

L’ONIVIN (office National, interprofessionnel du vin) est plutôt favorable à la réintroduction des cépages ariégeois même si le syndicat interprofessionnel des viticulteurs du sud-ouest  (SIVSO) regroupant tous les A.O.C (Fronton, Madiran, Gaillac, Jurançon….) est plus nuancé face à une telle initiative alors que se profile déjà la crise viticole  avec la mévente du vin français.

Cependant, en 1998, face à la détermination de Christian Gerber et Philippe Babin, la vigne sera replantée en Ariège.

Au final ce sont 4 viticulteurs confirmés qui la relancent en différents sites créant ainsi 4 domaines distincts, liés par un Groupement d’Intérêts Economique (GIE des Vignerons Ariégeois). »

 

Comme vous pouvez le constater après cette lecture le titre de ma chronique n’était pas qu’un petit jeu de mots, il correspondait à une réalité. À toutes fins utiles je conseille à tous les « hygiénistes » de réfléchir sur le parcours des vignerons d’Engraviès. C’est tout petit mais ça réchauffe plus le cœur que leurs philippiques et leurs oukases. Pour ceux que ça intéresse

Contact: Domaine des Coteaux d’Engraviès

Philippe Babin

«Le Village »

09120 Vira

Tél : 05 61 68  68   68

Fax : 05 61 68 73 97

Mail: earldembayourt@wanadoo.fr
le site Internet de Philippe Babin www.coteauxdengravies.com

  • La conclusion je la laisse à Philippe Babin qui dans la vidéo déclare avec humour : « on a bien réussi à replanter des vignes en Ariège je ne vois pas pourquoi nous ne vendrions pas du vin à New-York. » Ce ne sont pas des paroles en l’air car ils sont une poignée de restaurateurs originaires d’Ercé ou de Saint-Girons à faire un tabac à Manhattan. Le plus célèbre étant le restaurant René Pujol Prix moyen * : 37 € (50 $)
  • Quartier: Times Square/Theater District
  • Adresse: 321 W 51st St, New York 10019
  • Téléphone: (212) 246-3023
Partager cet article
Repost0
8 octobre 2008 3 08 /10 /octobre /2008 00:05

 

Le tonneau, la barrique, le foudre, le fût, le muid,la feuillette, la queue...Ce matin hymne aux "Entonnailles" qui dans le vignoble du Cher était la fête pour la mise en tonneau du vin nouveau.



Grands toucheux d'boeufs, siffleux d'marlots,
Vieux gas tortins et valetaille,
Journaliers et galop-fricots,
V'nez tertous fair' les entonnailles !

Appuyez-vous sur vos bâtons,
Vieilles commères berlangueuses,
Laissez vos chieuv's et vos moutons,
Les gentes petites fileuses !

Les vielles, du haut des poinçons,
Ronflent comme un essaim d'abeilles...
V'nez tertous mêler vos chansons
Au choc des brocs et des bouteilles.

Par Saint Vincent notre patron,
Avant l'amour ou la bataille,
Faut que le coeur d'un vigneron
S'réchaudisse au long d'ses fûtailles !

La sté réchauffe nos gosiers,
Et nos gosiers sont des étuves...
Chantons la rose et le rosier,
Dansons la ronde autour des cuves !

Holà ! les belles aux fusiaux,
Maîtres beutiers, nous somm's de taille
A vider toutes les futailles
En l'honneur du pays berriaud !


Hugues LAPAIRE ( Les rimouères d'un paysan)

Partager cet article
Repost0
7 octobre 2008 2 07 /10 /octobre /2008 00:30

 

L’occasion est trop belle pour que je n’en profitasse point : la semaine du goût s’ouvre le 13 octobre. Née en 1990 sous l’impulsion de Jean-Luc Petitrenaud, avec l’appui d’Henri Nallet et de Jack Lang, et l’intelligente prise en mains de la collective du sucre, c’est un évènement inscrit dans le calendrier de beaucoup de français, surtout les plus jeunes. Si vous vous rendez sur le site officiel
www.legout.com/ vous pourrez noter que des entreprises du vin sont partenaires. C’est une excellente chose dans le plus parfait respect du caractère éducatif affiché de cette opération. Sollicité par l’un des partenaires :   http://semaine-du-gout-2008.champion.fr/ j’ai accepté que mon blog soit, à son petit niveau, associé à la semaine du goût. Bien évidemment, mes chroniques n’ont ni le fumet, ni la saveur des vraies chroniques gastronomiques, même si parfois je me risque dans l’univers des recettes – ce qui me vaut d’être dans le top 100 des blogs gastronomique de Wikio : 82ième seul blog du vin avec celui d’Olif 84ième  à y figurer – mais j’ai estimé qu’ainsi je pourrais toucher un nouveau public.

 

Ceci étant écrit je profite donc de l’occasion pour chroniquer sur le numéro 10 d’artpress « La gastronomie, le vin, l’art ». Dans son éditorial, le concepteur de ce numéro spécial, Richard Leydier, affirme l’ambition de ce numéro spécial : croiser les domaines. Bien sûr, et je partage son point de vue, il affirme d’emblée que « la cuisine et le vin peuvent être un art, ils ne sont pas de l’art ». Sa recherche de convergences, en ce qui concerne le vin surtout, tombe un peu trop facilement dans la dichotomie en vogue, vins traditionnels et vins naturels. L’article « le pouvoir du goût » en est l’illustration la plus significative. Celui de Sylvie Augereau, « Boire plus que du raisin », étant lui la quintessence de la caricature. Ce qui me fait sourire c’est que tous les vignerons cités ont eux, pour la plupart une ouverture d’esprit bien plus large et une appréhension de la réalité vigneronne beaucoup plus ouverte. Passons, l’air du temps souffle en ce sens, loin d’être une avant-garde chère à artpress, c’est plus une tribu, sympathique et ludique.

 

Plus intéressant à mon sens la mise en lumière du mot-clé : le goût, qui « soude véritablement la gastronomie, le vin et l’art…Pris dans sa double acception de saveur des choses et de somme de préférences esthétiques de l’amateur, il innerve ce numéro. Le goût est cette chose mystérieuse, une sorte de horla, de double inconscient qui se construit en même temps que nous et dirige nos choix, qu’il s’agisse d’art, de gastronomie, de musique, de littérature ou d’attrait à la beauté féminine. » Et, Richard Leydier de citer, Alain Chapel et Jean-François Aubert dans l’introduction à leur ouvrage « La cuisine, c’est beaucoup plus que des recettes chez Robert Laffont : « Il nous a toujours semblé que les plaisirs de la table entretenaient des accointances avec les autres plaisirs de la vie, et que l’amitié, le voyage, la musique, la peinture, entre cent autres exemples, exacerbaient assez joliment notre goût pour l’omble chevalier ou le bâtard-montrachet. C’est ainsi, et nous n’avons pas trop envie de nous refaire : nous aimons assez un concert de l’Academy-of-Saint-Martin-in-the-Fields en apéritif à la truite saumonée ou aux aiguillettes de bœuf. À moins que ce soit l’inverse, le repas en prélude au concert, mais peu importe, nous tenons trop à nos plaisirs pour les figer en une quelconque hiérarchie. »

Monument à la découpe des croskillers (oeuvre unique et transgressive dédiée à Marcel Richaud)

Pour ce matin je m’en tiendrai à cette mise en bouche mais dans ce numéro spécial, l’ambition de croiser les domaines n’est véritablement atteinte, à mon avis d’amateur, par la loufoque et jubilatoire « Dégustation de Nicolas Boulard » un artiste dont je vous avais parlé il y a quelques mois dans mes PAGES (en haut à gauche du blog) N°8 : la diagonale du fou. Comme l’écrit Richard Leydier, le jeu entre les plumes de la gastronomie et du vin et celle de l’art contemporain, atteint là « une savoureuse légèreté, favorisant la digestion intellectuelle… » Patience c’est pour bientôt sur mon blog au goût de liberté.

null

Partager cet article
Repost0

  • : Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • : Espace d'échanges sur le monde de la vigne et du vin
  • Contact

www.berthomeau.com

 

Vin & Co ...  en bonne compagnie et en toute Liberté pour l'extension du domaine du vin ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

Articles Récents