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9 octobre 2017 1 09 /10 /octobre /2017 06:00
Antonin je suis à 100 % Claire Naudin vigneronne des Hautes Côtes  de Beaune « imaginer un modèle de vignes sans traitement, ce n’est pas si farfelu que ça. »

Dans le tout petit buzz, provoqué par une vidéo d’Antonin Iommi–Amunategui sur le site de l’Obs.,  qui a agité le minuscule marigot des qui croient qu’il n’y a que le vin dans la vie, j’ai particulièrement aimé le leitmotiv de certains : « C’est un crime contre le vin ! »

 

Les mecs, faut pas pousser pépé dans les chiottes quand on sait qu’à peine 5% de nos concitoyens acheteurs de vin déclarent  s’y connaître et s’y intéresser, tout le reste, plutôt « pousseur de caddie » comme dirait l’expat. de Barcelone, se tamponne largement de cette bataille picrocholine.

 

Antonin est très mitterrandien, il cultive avec soin l’ambiguïté, en ne traçant pas très clairement une ligne entre ce que certains balancent dans leurs vignes et ce que l’on peut rajouter comme additifs pour faire le vin.

 

Et pourtant dans le premier cas, les fameux pesticides, on touche à des questions de santé publique qui intéressent de plus en plus les consommateurs et qui impactent ceux qui travaillent dans les vignes. Le choix du propre, surtout pour un produit comme le vin, est inéluctable et toutes les arguties des défenseurs des pesticides tombent les unes après les autres.

 

Dès 2001, dans mon rapport, j’avais placé la défense de l’environnement comme étant la priorité numéro 1 de la vigne France, et  pas que pour des raisons de santé publique. On ne peut pas dire qu’à cette époque les soi-disant critiques, experts, dégustateurs se soient rués pour en promouvoir le combat. Depuis, les ouvriers de la 25e heure en rajoutent.

 

En revanche, les additifs pour faire le vin ne constituent pas un problème de santé publique mais une question d’information du consommateur qui est en droit de savoir ce que ce jus de raisin fermenté a été  fabriqué. Tous les produits alimentaires affichent la couleur alors pourquoi pas le vin. Le débat de l’étiquetage informatif est ouvert.

 

Reste le goût du vin, il est assez étonnant que les grands défenseurs du terroir ne s’offusquent pas des multiples béquilles proposées par les marchands de produits, à la fois conseils et vendeurs de poudre de perlimpinpin. Leur goût il a été formaté par des années de soi-disant critiques dégustatives. Ils sont de plus en plus hors-sol et très clairement tout le monde se fiche, à part les soi-disant grands amateurs, de leur avis.

 

Dernier point, en écrivant ce que j’écris je ne suis en rien « un allié objectif »  de l’un ou l’autre camp et ce n’est pas aujourd’hui que je me plierai à la bonne vieille menace qui faisait florès au temps du PCF triomphants « si tu n’es pas avec nous, tu es contre nous… »

 

Tout ça pour vous dire que les minorités agissantes ou les minorités déclinantes qui s’expriment en lieu et place des intéressés je n’en rien à cirer. Elles défendent becs et ongles leur fonds de commerce, c’est leur droit mais ça ne me touche pas plus qu’un pet sur une toile cirée.

 

Je préfère redonner la parole à une vigneronne : Claire Naudin qui s’exprimait ainsi dans l’excellent livre de Guillaume Laroche « Entre les Vignes » :

 

J’adore le parler net de Claire : « Pour moi, il y a vraiment deux vinificateurs : celui qui a peur des bestioles et celui qui n’en a pas peur. Même ce qu’on appelle les levures bactéries de contamination, que ce soit de Brettanomises pour les levures ou de Prédiocoques pour les bactéries, il y a des équilibres à trouver qui font que l’on peut tout à fait cohabiter avec. Les Bretts, il faut sans doute les maîtriser, mais elles ne produisent pas toutes des phénols volatils. Il y a encore plein de choses à découvrir pour comprendre pourquoi elles se mettent à fabriquer ça, qui est effectivement dégueulasse. En attendant, bombarder les vins au soufre parce que l’on ne veut pas de Bretts, ça n’a pas de sens, avec de très petites quantités, on pilote ça très bien. »

 

Ça me change des empaillages convenus Bio or not bio sur les réseaux sociaux entre les tenanciers de divers fonds de commerce, les vendeurs de poudre de perlimpinpin tout comme les « gentils » défenseurs du bio.

 

Ça ne sent pas le soufre mais le petit huis-clos entre gens du vin qui se regardent le nombril en feuilletant le papier glacé d’un truc qu’eux seuls lisent. Ce conformisme satisfait, buté, avec des œillères, m’étonnera toujours. « Passe-moi le sel, je te passe la moutarde… » « Nous sommes sur le même bateau alors renvoyons-nous l’ascenseur ! »

 

C’est beau comme le commerce !

 

Pour ne rien vous cacher je trouve ces pseudos-batailles tellement dérisoires que je n’en mêle pas car elles sont le fait de protagonistes qui ne font que défendre leur petite boutique.

 

Comme l’écrivait un humoriste méconnu Vincent Rocca « On peut se torcher avec un vin, avec un livre aussi. »

 

Si ces docteurs de la loi daignaient laisser la parole aux intéressés serait-ce trop leur demander ?

 

Revenons à Claire qui n’a pas sa langue dans sa poche :

 

« L’agriculture  biologique qui est faite actuellement, c’est de la bio d’assurance qui n’a de bio que le nom, et ça, ça ne m’intéresse pas. Dans la biodynamie, je suis gênée par le côté gourou, et ce que je ne je ne supporte pas, c’est le côté : « Ne cherchez pas à comprendre, faites juste ce que je vous dis. » Moi ça, je ne peux pas. Comme je fréquente beaucoup ce milieu-là, ça me choque de voir ça chez des potes. Il n’y a jamais de parcelle témoin, on leur amène une nouvelle poudre en leur disant : « Mets ça, tu vas voir, ça va aller mieux. » Ils le mettent, ça va mieux, mais il n’y a pas de témoin. Le gourou a dit que ça allait aller mieux, donc c’est mieux  (rires) et, au passage, il t’a facturé ça 500 euros. Je suis quand même près de mes sous par obligation, donc j’ai du mal avec cet aspect-là (elle réfléchit)  Je suis peut-être trop cartésienne pour plonger là-dedans en fait.

 

En revanche, j’ai un pote à Bergerac qui a créé sa propre méthode et c’est assez intéressant. Le gars, c’est une tronche, il a passé des nuits et des nuits à potasser sur toutes ces notions. Si je devais m’y mettre, je pense que je ferais comme lui. Je veux comprendre ce qui se passe, comme j’ai pu le faire par rapport au soufre et aux bestioles. »

 

Que ça fait du bien à la tête de lire cela !

 

Mais Claire va plus loin et c’est l’objet de ma chronique d’aujourd’hui :

 

« Mais les maladies, c’est compliqué. Le mildiou, on le connaît par cœur, mais l’oïdium, franchement, on ne le maîtrise pas. C’est pourtant un champignon qui est présent presque tout le temps, mais on a tous la trouille. Il y a plein de trucs que l’on ne comprend pas, alors forcément on bombarde en masse. Malgré tous les modèles que l’on nous propose, je vois bien que l’on n’y arrive pas, mais je ne connais pas certainement pas assez mes vignes et mes sols. C’est donc mon défit pour les 50 prochaines années. (Rires)

 

Mais mon projet, ce n’est pas d’être bio dans 20 ans, c’est de ne plus traiter. La vigne de demain sera sans traitement ou elle ne sera pas. La société va nous l’imposer de toute façon, on n’aura pas le choix. Actuellement, nous sommes des pollueurs ! Je l’ai vu au moment de l’affaire de la flavescence (Emmanuel Giboulot), il ne fallait pas aller chercher beaucoup sur Internet. En gros, lorsqu’on expliquait que c’était soit le traitement, soit la disparition des vignerons, la réponse du grand public c’était : « Mais qu’ils crèvent ces salauds de pollueurs ! »

 

Le vin ce n’est quand même pas un aliment essentiel, on est dans le facultatif. Pendant combien de temps la population va-t-elle accepter que l’on pollue pour un truc qui n’est pas indispensable ? Avec Jean-Yves on participe à des groupes de prospective, on essaie de se poser aujourd’hui les questions qui vont apparaître dans 20 ou 30 ans et d’imaginer un modèle de vignes sans traitement, ce n’est pas si farfelu que ça. On ne sait pas encore comment on fera, ni à quel niveau de rendement on pourra espérer arriver, mais, objectivement, on ne peut pas continuer à bombarder de la cochonnerie, même si on en met le moins possible et même si elle est bio. »

 

Moi ça me va, ça correspond à ma philosophie de la vie, douter, réfléchir, écouter, entendre, avancer même s’il faut se battre contre les idées reçues et les marchands du temple quels qu’ils soient. Dieu sait qu’ils sont nombreux à papillonner autour des vignerons…

 

L'intégrale de la chronique ICI   

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6 octobre 2017 5 06 /10 /octobre /2017 06:00
« Si les pommes de terre étaient rares chez nous, manger de la purée relèverait du snobisme. » Biographie de la faim - Amélie Nothomb

Pour ceux qui sont dans la purée, la mouise quoi, plutôt que de céder aux sirènes de Michel-Édouard Leclerc, le défenseur auto-proclamé de votre pouvoir d’achat, alors qu’il n’est qu’un tueur de valeur qui fabrique des pauvres, faites comme moi qui suis un privilégié, mangez de la purée !

 

Les insoumis qui fréquentent les mêmes tables que moi et qui vendent des litrons nature à plus de 20 euros vont crier au mépris !

 

Comme toujours lorsqu’on aborde ce genre de sujet il est plus facile de caricaturer, mon propos n’est pas ici de donner des leçons, d’affirmer que les pauvres doivent se contenter d’une nourriture de pauvres, mais seulement de réhabiliter les plats simples fait à la maison.

 

C’est un peu d’huile de coude dans la cuisine, prendre le temps de faire son marché, bien manger a peu de frais.

 

Avant d’aller plus avant, afin de me dédouaner auprès des insoumis héritiers d’un Marx qu’ils n’ont jamais lu, je le cite dans Le 18 brumaire de L. Bonaparte

 

« Ainsi, la grande masse de la nation française est constituée par une simple addition de grandeurs de même nom, à peu près de la même façon qu'un sac rempli de pommes de terre forme un sac de pommes de terre. Dans la mesure où des millions de familles paysannes vivent dans des conditions économiques qui les séparent les unes des autres et opposent leur genre de vie, leurs intérêts et leur culture à ceux des autres classes de la société, elles constituent une classe. Mais elles ne constituent pas une classe dans la mesure où il n'existe entre les paysans parcellaires qu'un lien local et où la similitude de leurs intérêts ne crée entre eux aucune communauté, aucune liaison nationale ni aucune organisation politique. C'est pourquoi ils sont incapables de défendre leurs intérêts de classe en leur propre nom, soit par l'intermédiaire d'un Parlement, soit par l'intermédiaire d'une Assemblée. Ils ne peuvent se représenter eux-mêmes, ils doivent être représentés. Leurs représentants doivent en même temps leur apparaître comme leurs maîtres, comme une autorité supérieure, comme une puissance gouvernementale absolue, qui les protège contre les autres classes et leur envoie d'en haut la pluie et le beau temps. L'influence politique des paysans parcellaires trouve, par conséquent, son ultime expression dans la subordination de la société au pouvoir exécutif. »

 

Je reviens à des considérations plus terre à terre ce qui est le propre des pommes de terre.

 

Ma purée est simple comme 1 ou plusieurs grosses Bintje cuites à l’eau salée, écrasée à la fourchette, embeurrée  et, si on la souhaite lisse, un peu de lait.

 

Accompagnée d’une saucisse c’est un plat qui réjouit le cœur, régale à peu de frais.

 

Les enfants aiment la purée mais si on les gave avec de la purée déshydratée on passe à côté en tant que parents de l’éducation, en l’espèce celle du goût.

 

Démonstration

 

Maggi – Mousline

  1. Purée mousline

 

La boîte de 4 sachets de 130g, 520g : ,49 € soit 4,79 euros le kg

 

  1. Purée de pomme de terre, sachets individuels, avec doseur

             

             Les 4 sachets de 31,25 g, 125 g 1,28 € soit 10,24 euros le kg

 

  1. Purée de pommes de terre en flocons avec crème et noix de muscade, saveur à l'ancienne

 

                Les 4 sachets de 125g 1,71 €  soit 13,68 € /KG    

 

La ferme :

  • Sac de 25 kg 9 euros soit 0,36 euros le kg ICI 

 

  • Combien ça coûte net :

En moyenne, pour acquérir 1000g de pommes de terre en France il en coûte 1.41 €. Ce montant peut diminuer jusqu'à 0.99 € et augmenter jusqu'à 2.01 € selon les villes. En savoir plus sur ICI  

 

Donc le rapport est 1 à 5 pour le gros sachet pour 4

 

Et de 1 à 10 pour les portions individuelles.

 

Et pour le à l’ancienne : 1 à 13

 

C’est cher payé pour le gain de temps passé.

 

Avec ma patate bouillie, certes il faut la déposer dans une casserole d’eau salée, consommer de l’énergie, l’éplucher (facile lorsqu’elle est cuite) puis l’écraser la fourchette.

 

Les épluchures peuvent faire du compost alors que le sachet alu et la boîte carton de Mouline font des déchets.

 

De l’huile de coude mais sans contestation ma purée nature est bien meilleure que celle en flocons…

 

Alors avec une bonne saucisse, le porc, même bio, ce n’est pas cher ou un bon jambon de Paris non perfusé au nitrite de sodium E 250, tout le monde sera content.

 

 

Bon appétit !

 

Et si l’on est buveur et non dégustateur on peut s’en jeter un derrière la cravate !

 

 

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5 octobre 2017 4 05 /10 /octobre /2017 06:00
« Qu’est-ce que boire ? » le livre de François Caribassa me va bien comme un gant de chirurgien !

Que voulez-vous, un mec qui affirme en ouverture de son livre « Les dégustations m’ennuient », bénéficie auprès de moi d’un beau capital de sympathie.

 

Au tout début de mon parcours de blogueur amateur je me suis astreint à pratiquer la dégustation au beau milieu de dégustateurs patentés ou présumés tel, même des retraités qui s’accrochaient désespérément à cet exercice. Si je puis l’écrire j’en ai vu de toutes les couleurs, je donnais le change, en prenant, à l’instar de mes collègues, des airs inspirés. Cependant je n’ai jamais su faire tourbillonner le vin dans mon verre tenu par la base du pied. Avec le temps j’ai petit à petit appris à cracher sans tacher mon écharpe blanche. En dépit de tous mes efforts je n’ai jamais pu prendre une quelconque note sur les petits carnets qu’on nous distribuait. Très vite je me suis aperçu que les agences de com. organisatrices des dégustations pratiquaient la politique du chiffre et je me suis dit mais qu’est-ce-que tu fais là ?

 

Tu es un dégustateur imposteur.

 

Le Tartuffe de Molière était sous-titré l’Imposteur «L’imposture» est le masque de la vérité ; la fausseté, une imposture naturelle ; la dissimulation, une imposture réfléchie ; la fourberie, une imposture qui peut nuire ; la duplicité, une imposture à deux fins. » Vauvenargues, De l’esprit Humain.

 

Pour me réconforter, résister à la pression des grands chefs de la dégustation, je me repliais sur ce que je savais mieux faire : bavasser avec les vignerons. Très vite je me suis aperçu que ça les distrayaient car beaucoup d’entre eux en avaient ras la casquette de jouer les distributeurs de verres face à des mecs qui se la pétaient grave. Ce dévoiement du cérémonial me valait des remontrances des adeptes du nez dans le verre.

 

Et puis, j'ai envoyé balader les agences de com. et me suis éloigné du troupeau, plus de dégustations de masse, de déjeuner de presse...

 

Revenons au sieur Caribassa qui enfonce le clou : « Sérieuses ou ludiques, elles revêtent un aspect monotone qui tient autant au rituel lui-même qu’à la perception routinière qu’elles finissent par donner du vin. S’y mêlent une méthode scolaire au point d’engendrer la torpeur et un bachotage stérile qui voisine avec l’esprit de compétition le plus mesquin. »

 

« Depuis quelques années, cet exercice austère est devenu la manière normale de boire, d’un grand nombre de femmes et d’hommes, en France et à l’étranger. »

 

On jargonne le jargon « d’une corporation qui s’est évertuée à professionnaliser son savoir, et l’honnête homme s’est u dépouiller progressivement, dans la deuxième moitié du XXe siècle, du privilège de choisir comme il l’entendit les mots dont il userait pour s’exprimer. »

 

Étant  un buveur mutique, j’écoute d’une oreille distraite « la langue froide et sèche » des maîtres de la dégustation.

 

Chiants !

 

Ça vaut aussi bien pour les Lpviens que pour certains licheurs de vins nu adeptes du je te dis que c’est de la Syrah !

 

Pour ces gens-là, « Déguster n’est  pas s’envoyer un verre au travers du gosier, c’est un exercice intellectuel difficile qui rationalise la perception en mobilisant les sens. Autant que possible, on ne boit pas le vin. On le crache, après l’avoir fait rouler longuement contre la langue et les joues. »

 

Comme l’avait lancé à la télé Maurice Clavel « Messieurs les censeurs, bonsoir ! », en effet ces éminents dégustateurs traquent les défauts du vin, « les déviances minutieusement cataloguées reçoivent des noms infamants, on y associe certaines molécules, certains états de la matière, et cette liste insatisfaisante, jamais achevée, s’allonge régulièrement. »

 

Des pédants, des précieux ridicules, des poseurs, des qui génèrent des générations de consommateurs qui s’excusent de ne pas y connaître grand-chose, soit plus de 90 % de la population des consommateurs de vin.

 

Comme François Caribassa, je pense que la dégustation fabrique une croyance « elle amène à juger supérieurs des vins que l’on n’a en fait peu de plaisir à boire. Autrement dit, il y a les vins qu’on boit et ceux qu’on déguste. Pour les premiers, aucun discours n’est prévu. »

 

L’échelle de soumission aux experts

 

Maniant la complexité, le langage d’experts, les œnologues-conseils, les winemaker, ont petit à petit étendue leur emprise jusqu’à  polluer les  vignerons eux-mêmes, ils les ont éduqué, « dépossédés de la valeur artisanale de leur savoir. »

 

« ... j'étais encore indécrottablement rationnel, prétentieux, timoré et avare dans ce dedans de ma tête de Blanc qui croit détenir le pouvoir de commander au mouvement en s'opposant à lui, au lieu d'aller avec lui, de se fondre en lui, d'abord, et d'obéir ensuite à ce que décide le corps. » (1)

 

Ces rationnels, ces qui maîtrisent tout, ont la prétention de nous faire accroire que « les vins modernes sont meilleurs que les vins des époques passées. »

 

« La transformation progressive du buveur en dégustateur est une véritable aliénation. Là où s’établissait un rapport libre au corps et au monde, là où l’alimentation rencontrait l’ivresse et la commensalité, ne règne plus que la contrainte. »

 

À ce stade de son dézingage le sieur Caribassa place l’estoc qui me ravi en dénonçant la lubie moderne des accords mets&vins.

 

Et puis, le grand dégustateur méprise le buveur car celui-ci peut atteindre l’ivresse, et il « révèle son plus triste visage, celui d’un moraliste à la solde des pouvoirs publics. »

 

Tristes et chiants !

 

Je m’en tiens-là car le mérite du livre de François Caribassa c’est qu’il pose la question : « Qu’est-ce que boire ? » pour ensuite y répondre.

 

Alors, achetez-le, lisez-le !

 

Pour le commander c’est ICI 

Face à tant de prétention comme l’écrivait Alain Gheerbrant dans La Transversale los Racionales y los Pelados  (1)

 

 

« Quelques coups de pagaie et je m'aperçus que nous allions donner droit sur un vaste entonnoir, creux d'un bon mètre en son centre. J'eus une seconde d'hésitation : barrer à droite, à gauche ? Ma tête me dit de barrer à droite, pour écarter la pointe de cette cible où nous allions nous planter.

 

 

Mais c'était aussi offrir le flanc à la force d'attraction croissante, qui nous happa par le travers. Toutes les têtes se tournèrent vers moi. J'allais perdre le contrôle de l'embarcation et nous basculerions inexorablement au fond de l'entonnoir dans un tête-à-queue.

 

 

La voix du capitaine lança un ordre bref, cinglant, courroucé, et ma pagaie se redressa, visant le tourbillon ; nous l'effleurâmes de la pointe et il nous lança au loin comme une flèche en tangente, de toute sa force devenue centrifuge. C'était cela qu'il fallait faire, aller dans le sens du danger, le toucher du bout du doigt de telle façon que sa force elle-même nous rejette après nous avoir attirés.

 

 

Eussé-je écouté le corps de la pirogue, accepté spontanément que mon propre corps en fût partie intégrante, je n'aurais pas fait cette faute. Au lieu de quoi, placé dans une situation nouvelle, je m'étais précipitamment réfugié dans ma tête close, et ses raisonnements abstraits, et nous avions failli naufrager. Six mois à l'école des Indiens n'avaient donc pas suffi : j'étais encore indécrottablement rationnel, prétentieux, timoré et avare dans ce dedans de ma tête de Blanc qui croit détenir le pouvoir de commander au mouvement en s'opposant à lui, au lieu d'aller avec lui, de se fondre en lui, d'abord, et d'obéir ensuite à ce que décide le corps. »

 

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4 octobre 2017 3 04 /10 /octobre /2017 06:00
Vin propre/vin sale : c'est en buvant n'importe quoi, que l'on devient n'importe qui… boire bon rend-il moins Con ?

En ce moment sur Face de Bouc, dans le petit marigot des gens qui, du matin au soir, sont 100% vin, ça s’écharpe dur à propos d’une vidéo qui, dans un joyeux méli-mélo, mélange les vignes propres, bio ou biodynamiques, et les vins « propres » que seraient les vins nature. Je ne l’ai pas visionnée, j’ai mieux à faire et je connais par cœur le discours de l’intéressé mais, au hasard de l’ouverture de face de bouc, je vois défiler les insultes qui pleuvent comme à Gravelotte…

 

Ça ne vole pas très haut, je préférais de loin les propos de café du commerce ou la verve des murs de mai 68. Sans doute ai-je atteint le stade de vieux con mais je trouve que la provocation bien juteuse n’est plus de saison. L’indigence règne !

 

Alors, ce matin, je m’interroge, comme aimait à le dire le cardinal Marty ancien archevêque de Paris : « Ben moi parfois je me dis : c’est en buvant n'importe quoi, que l'on devient n'importe qui » 

 

Terrible interrogation : est-ce que la nature de la boisson, sa qualité, même plus encore – je pousse la logique à l’extrême – son authenticité, transforme les hommes ?

 

Bien évidemment, j’exclus de mon champ d’investigation à la fois les boissons non alcoolisées afin d’éviter la facilité du « Coca rend con ! » et les enfileurs de degrés, les grands avaleurs, les adeptes du shoot, qui boivent souvent n’importe quoi. Pour autant, même si ça déplaît aux prohibitionnistes, je n’utiliserai pas à l’appui de mon exclusion le célèbre adage « Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse » car il y a ivresse et ivresse.

 

Mon buveur à moi, c’est monsieur et madame tout le monde, pas un pilier de bistrot ni une alcoolique mondaine, pour qui boire un verre fait partie des petits plaisirs de la vie. Au risque de les froisser je fourre dans mon grand sac les grands amateurs de vins qui, après tout, eux aussi, même s’ils sont passés maîtres dans les figures imposées de la dégustation, boivent parfois.

 

 La population de mon étude étant cernée, il ne me reste plus qu’à circonscrire son rayon d’action. Pour faire bref, pour ne pas vous prendre la tête, je vais laisser de côté la bière et tous les alcools TGV (Tequila-Gin-Vodka) pour m’en tenir qu’au Vin.

 

Me voilà donc au pied du mur et, pour tout vous dire, bien embarrassé par l’extrême flou des concepts utilisés : c’est quoi le n’importe quoi et c’est qui le n’importe qui ?

 

Croyez-vous qu’avec un tel vocabulaire je pourrais postuler pour une chaire au Collège de France ?

 

Comme le disait Sartre qui avait un œil qui disait merde à l’autre et qui ne suçait pas de la glace «C’est dur, hein, de se sentir n’importe qui ? »

 

Comme pour le con, le n’importe qui c’est toujours l’autre… et toujours selon ce cher Jean-Paul « l’enfer c’est les autres »

 

Mon concept étant à point comme le dit mon fromager de son Pont-l’Evêque et de son Livarot je vais soumettre 5 cas pratiques à votre réflexion pour que vous puissiez insérer le produit et ceux qui vont le consommer dans la bonne catégorie :

 

1° Marcel et sa Ginette sortent de leur supérette avec leur pack de « Vieux Papes », du « Listel » et quelques bouteilles de « Kriter » dans leur cabas, y z’ont aussi tout ce qu’il faut pour leur barbecue du dimanche dans le jardin du pavillon. Y sont contents car, pour une fois, la météo annonce du beau.

 

Paul-Henri et son épouse Hildegarde achètent leur GCC de Bordeaux en primeurs, ça les excite, c’est vraiment bien mieux que la Bourse avec ses produits toxiques ou pourris, ils s’en donnent à cœur joie même que pour le millésime 2009 c’est de la folie. Vont-ils être obligés de vendre l’un de leur Dufy ou de céder la moitié de leur pur-sang à l’Aga Khan ?

 

 3° Chico et Pâquerette, lui est dans la pub, elle dans la mode, sont dans tous leurs états, ils viennent de jeter leur dévolu – acheter est vulgaire pour des alter – sur une superbe petite ligne de vins natures que leur a déniché, chez un petit caviste insoumis, Paul-Louis un ancien trader reconverti en courtier de vins non-sulfités. Ils bichent, au prochain croque carottes avec leurs potes ceux-ci seront verts...

 

 4° Marin et César sortent du salon des VIF de la Porte de Versailles, ils ont fait une belle moisson de petites bouteilles de petits vignerons de petites appellations et ils sont vraiment contents de leur virée. Leur chien Médor frétille lui aussi. Bonne pioche de vins sulfités encore cette année.

 

 5° Dumichon qui vit seul sort de chez Lidl avec son BIB de vin de pays d'Oc. C'est un monsieur bien propre, discret, qui lit le Parisien et écoute les Grosses Têtes sur RTL. Son petit verre lui égaie un ordinaire bien ordinaire. Moumousse son gros Persan, lui, il lui offre du Sheba. Et dire que ses enfants ne l'appellent même pas.

 

 Donc, chers lecteurs, que des gens heureux, ou presque !

 

 Tous sont persuadés de boire bon !

 

Alors question aux excités du mulot : croyez-vous vraiment que c’est en vous insultant, en vous contemplant le nombril que vous allez les amener vers ce que vous dénommer les vins propres ?

 

La réponse est NON !

 

Votre petite agitation est stérile, contre-productive, et pour tout dire un peu con…

 

Si vous souhaitez changer le monde, puisque vous proclamez que le vin est politique, allez donc au contact des « larges masses » pour les évangéliser.

 

Soyez convaincant !

 

Ce n’est pas en vous congratulant entre convaincus que vous ferez bouger les lignes…

 

Vous vous dites prescripteur alors que vous n’êtes trop souvent que des défenseurs de vos petits fonds de commerce.

 

Je ne pense pas qu’en buvant n'importe quoi l'on devient n'importe qui et que boire bon rende moins Con mais comme le notait François Mauriac à propos du choix des livres : « Dis-moi ce que tu lis, je te dirai qui tu es… il est vrai… mais je te connaîtrai mieux si tu me dis ce que tu relis »

 

 

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2 octobre 2017 1 02 /10 /octobre /2017 06:00
Jim Harrison estimait que « la bécasse et la grouse, au même titre que la truite et la perche, appartiennent tout naturellement à la vie que je mène… » moi je me contente de les manger aux Climats

Je ne suis ni chasseur, ni pêcheur (sauf si on change l’accent) mais comme je suis amateur de gibier à plumes, et le poisson d’eau douce et de mer je dois donc assumer la chasse et la pêche, cette forme de prédation  qui déplaît tant, bien sûr aux vegan, mais plus largement aux défenseurs des animaux.

 

Assumer l’acte de tuer lui-même et, je dois l’avouer, la mort d’un animal sauvage par le fait du tir d’un chasseur me paraît plus belle, plus noble, avec une chance, certes inégale, d’y échapper, que celle de l’animal domestique mené et tué dans un abattoir, car là la mort est programmée, inéluctable, et le caractère massif de cette mise à mort à quelque chose de difficilement supportable. Bien évidemment, je ne fais pas entrer dans cette approche les malheureux animaux d’élevage lâchés quelques heures avant la chasse dans la nature pour se faire dézinguer par des chasseurs d’abattage et j’ai peu d’intérêt, et même une forme de mépris, pour ceux qui vont chasser des grands animaux en Afrique ou ailleurs.  De plus, je n’aime pas beaucoup ceux qui considèrent la chasse comme une forme de sport de compétition où la performance semble n’être que la seule motivation. La chasse à courre n’est pas non plus ma tasse de thé. Mon image d’Épinal du vrai chasseur le représente en cueilleur, en préleveur précautionneux des équilibres, en marcheur heureux même lorsqu’il rendre bredouille.

 

Jim Harrison pour qui pêche et chasse « constituent le summum en matière de nourriture » car depuis l’époque où, gamin il courrait dans les bois, il adore « manger les poissons et les oiseaux que j’ai réussi à capturer. » et aime aussi « ramasser des baies et des morilles. » Alors quand il écrit que « la bécasse et la grouse, au même titre que la truite et la perche, appartiennent tout naturellement à la vie qu’il mène » je ne le vois qu’en compagnon de son setter Rose avec qui il entretient « une magnifique relation basée sur un langage secret. » Ça me rappelle Justine ma chienne épagneul breton qui avait chassé dans sa prime jeunesse et qui retrouvait tous ses instincts dès que nous nous promenions en plaine. Harrison retrouve en chassant et en pêchant sa condition de « bipède pléistocène » car tout simplement il accommode ce qu’il a tué ou pêché. Alors quand il parle d’une tourte à la grouse, j’en sens presque le fumet qui s’échappera lorsqu’il en fera sauter le chapeau.

 

Gérard Oberlé peut exprimer mon goût pour les oiseaux sauvages comme il le fait dans une lettre du 4 novembre 1999 à Jim Harrison :

 

« Il y a très longtemps que je ne touche plus à un fusil, mais je n’ai jamais renoncé à la saveur des oiseaux sauvages. Le gibier à poil n’est pas mon ragoût et s’il existe, comme dans les contes romantiques allemands, un tribunal des bêtes, ce n’est pas moi qu’on accusera d’avoir orpheliné Bambi. Je laisse à d’autres les puissantes venaisons, les lièvres à la royale, les hures de sanglier à la Saint-Hubert, les selles de chevreuil et les sauces Grand-Veneur. Mais dans mon livre de l’amitié, je dédie le premier chapitre aux potes chasseurs et cuisiniers qui m’ont régalé de perdreau, de gélinottes, de colverts, de bécasses et de cailles, d’ortolans, de faisans et de ramiers, de bartavelles et de becfigues. »

 

La proposition de Gérard Oberlé :

 

 « Si un jour on décidait de modifier quelque peu la constitution de la République française et si les législateurs s’avisaient de ma demander conseil, j’imposerais aux candidats à la présidence un examen de passage avec épreuve culinaire : confection d’une blanquette ou d’un mironton, d’une terrine de lapin ou d’une tarte aux pommes. Je me suis toujours méfié des citoyens qui n’étaient pas capables de se coller un tablier pour traiter leurs amis. L’amphitryon qui me gâte en ses pénates avec ses propres sauces et qui, comme l’exige la belle tradition, prépare et sert lui-même le café et les cigares, m’enchante bien plus que le cossu cossard qui me traite à grands frais, chez un rôtisseur étoilé. » 

 Lettre à Jim Harrison du 25 février 2000

 

 

Depuis quelques jours, notre Chef Julien a démarré le gibier à la Carte des Climats avec un oiseau qu’il aime tout particulièrement : la #Grouse

 

La Grouse est le gibier emblématique de l’Écosse et du nord de l'Angleterre. Il est totalement sauvage et vit caché dans des landes de bruyère entre 300 et 600 mètres d'altitude. Aucun élevage possible !

 

La période de chasse de ce petit coq de bruyère de la famille des lagopèdes démarre en Écosse depuis des temps immémoriaux le 12 août (« The Glorious Twelfth ») et s’étend jusqu’au 10 décembre.

 

La grouse est essentiellement herbivore. Elle se nourrit de jeunes pousses de bruyère, de mûres, de graines d'oseille sauvage et d’insecte. Sa chair est délicate avec des arômes puissants qui peuvent aller jusqu'à l'amertume quand arrive la fermeture de la chasse, en décembre…

 

Notre Chef Julien travaille ses suprêmes, rôtis aux raisins Chasselas, et accompagnés de ventrèche de porc noir de Bigorre, d’une fricassée de trompettes de la mort/ blettes/ endives, d’une fine purée de céleri rave et d’un jus tourbé.

 

Avis aux amateurs!!!!

Jim Harrison estimait que « la bécasse et la grouse, au même titre que la truite et la perche, appartiennent tout naturellement à la vie que je mène… » moi je me contente de les manger aux Climats
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29 septembre 2017 5 29 /09 /septembre /2017 06:00
C'est l'histoire d’1 méchant espace « dit vert » du collège Mendes-France dans le 20e transformé en ferme urbaine grâce à la ténacité de Nadine Lahoud : ça vaut bien de le coup de casser sa tirelire !

Dans la vie que nous vivons y’a ceux qui causent en alignant les y’a ka et les faut k’on et y’a ceux qui font !

 

Nadine Lahoud est de cette seconde espèce, à la puissance 1000 !

 

« Les enfants sont les adultes de demain », forte de ce constat, Nadine Lahoud a créé l’association Veni Verdi en 2010 pour rapprocher les citadins de la terre qui les nourrit. L'association installe des potagers, majoritairement au sein d'établissements scolaires pour montrer aux enfants comment produire en ville ce qu'ils mangent. Transmettre et créer du lien autour d’une activité qui agit concrètement sur notre notre environnement, tel est le credo de Veni Verdi.

 

Aujourd’hui, Veni Verdi c’est :

 

À Paris, 4 sites de production à vocation pédagogique dont 3 établissements scolaires : collège Pierre Mendès France et collège Henri Matisse (20e), école Tanger (19e) et sur le toit des bureaux d'Enedis  (2e)

 

Des centaines d'animation en milieu scolaire, dans les collectivités

 

1200 élèves et 500 adultes (bénévoles, enseignants, etc.) impliqués dans les actions

 

5 salariés (+2 en 2018), 2 volontaires service civique

 

Des projets à foison: 3 nouveaux sites à aménager et animer pour fin 2017/2018 suite à l'appel à projets Parisculteurs.

 

Votre serviteur, en vacances éternelles, compte parmi les bénévoles.

 

Mes premiers pas comme bénévole le furent sur le « terroir » pelé du lointain collège Pierre Mendes-France dans le 20e, à deux pas du périphérique Porte de Bagnolet. De l’huile de coude et de la bonne volonté boostés par Nadine « madame 100 000 volts ».

 

Clin d’œil à mon histoire : P.M.F fut l'homme politique qui m'éveilla au bien public.

 

Nadine a toujours un projet d’avance et le dernier en date : l’érection d’une ferme urbaine sur le site du collège Pierre Mendes-France me plaît énormément moi le dernier rejeton d’une famille de paysan.

 

Retour en arrière :

 

« C'est l'histoire du méchant espace vert transformé en ferme urbaine : en avril 2014, Nadine persuade la mairie de Paris et le directeur du collège Pierre Mendès France de lui laisser mettre en culture les 4500 m2 de friches. Aujourd’hui on compte 6 zones de maraîchage, des arbres fruitiers, des parterres de fleurs, une mare, une serre et même un poulailler ! »

 

Simon, Camille et Agathe sont maintenant en charge du fonctionnement : ils animeront de nombreux ateliers (200 heures) en temps scolaire ou périscolaire, dont des projets transversaux avec les cours de SVT (Sciences de la Vie et de la Terre), notamment la forêt comestible...

 

Le projet :

 

Une forêt comestible au collège Pierre Mendès France qui sera implantée sur le talus au milieu de la cours de récréation, en image ci-dessous :

 

 

Mais pour ça faut des sous et Veni Verdi n’en a pas…

 

C’est pour cette raison que je me tourne vers vous pour que, comme moi, vous mettiez la main à la poche pour verser quelques petits sous via une opération de crowdfunding.

 

Tous les détails de l’opération sont ICI  allez-y voir je suis sûr que vous serez intéressés où que vous soyez !

 

À quoi servira l'argent récolté ?

 

 

Avec 4 500€, on pourra acheter les arbres fruitiers et des plants

 

Avec 6 000€, on ajoutera le compost (nécessaire pour que ça pousse !) et les matériaux (planches de bois pour tenir la terre, tuteurs pour les arbres...)

 

Avec 7 000€, la forêt peut enfin démarrer !

 

Avec 10 000€, on s'achète en plus un vélo triporteur pour aller livrer la récolte de façon écolo aux restaurants et épiceries du quartier.

 

Ce n’est pas la charité qui vous est demandée par Veni Verdi mais un engagement citoyen à la mesure de vos moyens.

 

Par avance MERCI !

 

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28 septembre 2017 4 28 /09 /septembre /2017 06:00
Bien avant DLC et Me Morain, le défenseur des vignerons affligés, Marie de Saint-Drézéry avait mis  en valeur le terroir de l’île de Patiras

La cuvée du Domaine Léandre-Chevalier, DLC,  Monopole du Bord'eaux inférieur, étiqueté en vin de France provient des vignes de l'île de Patiras, au milieu de l'estuaire de la Gironde, entre Blaye et Pauillac.

 

Cette dénomination très ollé, ollé, a beaucoup fâché les défenseurs du Bordeaux et du Bordeaux Sup :

 

« Il y a tromperie du consommateur puisqu'il y avait bien la mention Bordeaux et c'est un vin sans indication géographique, donc il n'a pas le droit de faire état de la mention Bordeaux »

 

Selon le directeur de l’ODG ça « enduit » le consommateur en erreur, ça dénigre ces 2 appellations.

 

Et, bien sûr, le gendarme de Saint Tropez, l’INAO, a demandé mi-septembre l'intervention de la répression des fraudes pour constater l'infraction et retirer les bouteilles.

 

Et pourtant, cette cuvée, issue de 5 cépages avec 90% de merlot, a été sélectionnée par le duo le plus sexy de France, B&D, pour le compte du petit caviste de quartier Monoprix qui l'a référencé pour sa foire aux vins en septembre dans la rubrique « vins rebelles »

 

Et ce qui devait arriver arriva, dès qu’il s’agit de défendre des rebelles, des terroiristes à poils, des vignerons qui jettent l’INAO avant l’eau du Bain, le Zorro du barreau, enveloppé dans sa cape noire de chez Arnys, joliment agrémenté d’un superbe bavoir blanc en organza, est arrivé, juste après avoir fait ses courses rue du Nil à Terroirs d’avenir, avec sa petite anglaise (ndlr. sa petite auto), et déjeuné sur le pouce au Bel Ordinaire, d'un caviar d'aubergines sur tartine.

 

Vous l’avez tous reconnu, Me Éric Morain a donc déboulé sur le pré bordelais pour ferrailler, pourfendre une réglementation tellement absurde, dénoncer la confiscation par les appellations de tous les mots et adjectifs valorisants.

 

 

 

Et, dans un magnifique mouvement de manche, après avoir souligné que les vignes sont au bord de l’eau, qu’il ne s’agit que d’un gentil jeu de mots pour se faire remarquer, non tromper, Me Morain a lancé : « Ils prennent une masse pour écraser une mouche. C’est de l’intimidation, ce n’est pas fondé en droit ».

 

Et d’ajouter qu’il n’envisageait « pas de répondre favorablement » à cette mise en demeure du 14 septembre.

 

C’est noté cher Maître mais, permettez-moi, sans endosser le vilain costume de l’oiseau de mauvaise augure, de douter de l’issue favorable qui sera donné à ce beau dossier. La protection du nom des appellations c’est du « dur », les champenois sont passés maître en la matière, jusqu’à même faire chier un petit village du Jura suisse nommé Champagne ICI 

 

Mais, rassurez-vous, mon propos matinal est plus léger, plus égocentré, je veux profiter de votre immense surface médiatique, cher Maître, pour me faire mousser, me passer la brosse à reluire rien que pour énerver l'une des moitiés de B&D.

 

En effet, en août 2011, j’ai commis un roman d’été qui a fait grand bruit sur la place de Bordeaux L’Ouragan sur les Primeurs se prénomme Marie.

 

L'extrait ci-dessous démontre que j’y avais mis le terroir de l’île de Patiras en lumière (j’espère que ce cher Me Morain en appréciera la chute) :

 

 

« La nouvelle se répandit comme une traînée de poudre dans Bordeaux et sur les deux rives, dans les châteaux l’angoisse était à son comble, tout ça c’était, d’après eux, l’effet « hérisson ». Le surnom de Marie était descendu de Paris jusqu’à Bordeaux via l’acheteur vins de Monoprix qui l’a connaissait car elle l’avait un jour dépanné pour une animation de foire aux vins.

 

Tous les propriétaires des GCC avaient reçu le carton d’invitation du « hérisson » au « Bal des Vampires » sur le refuge de l’île de Patiras au cœur de l’Estuaire de la Gironde au pied du phare.

 

L’illustration du carton était de Christophe Blain le co-auteur avec Abel Lanzac de la bande dessinée culte Quai d’Orsay : chroniques diplomatiques mettant en scène le grand agité dont Jacques Chirac avait fait un 1er Ministre. En en tête une citation d’Héraclite « La sagesse : dire le vrai et agir selon la nature » suivaient les réjouissances : 

 

 

- accueil des invités : coupe de Cerdon Bartucci ou de Mont Blanc du domaine Belluard

 

 

 

- les petites annonces de la patronne

 

 

 

- souper fin (costume de ville et pas de chichi pour les dames)

 

 

 

- un pot-pourri des Rita Mitsouko par Catherine Ringer

 

 

 

- la pochette-surprise sur le bateau du retour

 

 

 

Des deux rives, et Marie l’avait manuscrit de sa main, partiraient des bateaux afin que cette soirée sur cette île, atypique et mystérieuse, mais hospitalière, marque un réel trait d’union et devienne le symbole du renouveau de Bordeaux.

 

 

 

Que faire ?

 

 

 

Ne pas y aller équivalait à une déclaration de guerre. Y aller c’était passer sous les fourches caudines de cette gourgandine. Les partisans du boycott furent vite mis en minorité lors de la réunion de l’UGCC. L’affaire fut pliée dès que l’on sut que Bernard Arnault y enverrait sa fille, François Pinault son fils et que Christian Moueix s’y rendrait en personne.

 

 

Les plus gros courtiers et les grands négociants étaient furax de ne pas être invités au pince-fesses du « hérisson » et ils ruminaient leurs mesures de rétorsion. Quelques-uns, clients de Paul de Candolle, prirent contact avec lui discrètement en son nouveau cabinet pour tenter d’obtenir une invitation en prétextant, pour certains, qu’ils étaient aussi propriétaires de GCC. Ils reçurent pour toute réponse de celui-ci « Mes chéris notre Marie ne veut pas mélanger les torchons et les serviettes, vous êtes ses obligés. Il va falloir vous y faire et je vous suggère de l’inviter à la prochaine réunion de vos syndicats. Je puis vous assurer qu’elle ira... »

 

 

Ça sentait à plein nez les éléments de langage, l’enfumage, les plus outrés se tournèrent sitôt vers Alain Juppé, le maire, pour qu’il veuille bien actionner son compère du Grand Emprunt, Michel Rocard, avec qui il venait même d’écrire un livre au titre très sexy : La politique telle qu’elle meure de ne pas être.

 

Ils furent assez fraîchement accueillis. « Messieurs, revenez à la raison, mademoiselle de Saint-Drézéry, même si elle vous défrise un peu, est libre du choix de ses invités. Je n’ai pas envie de lire dans le Canard Enchaîné que le Ministre des Affaires Etrangères  a joué les messieurs bons offices par l’entremise de Michel Rocard auprès d’une péronnelle qui, vous en conviendrez, sous ses airs de grande nunuche, semble mener sa barque avec détermination et discernement. Et puis, de toute façon, en ce moment Rocard est injoignable, il fait le compte des populations de manchots empereurs dans les terres australes... »

 

 

Déconfits, outrés, ils se replièrent en bon ordre et décidèrent en bureau de leurs syndicats respectifs qu’il était urgent d’attendre. Le jour dit, sur les quais de Bordeaux et sur ceux du port de Blaye, la fine fleur des deux rives se pressait pour embarquer sur les bateaux affrétés par de Candolle pour le compte de Marie.

 

Sur le premier, ils furent accueillis par un Éric Cantonna martial dans une tenue de Grand Amiral de la Flotte Impériale Russe. Lénine, le chat de Marie, se tenait à ses côtés dans un panier d’osier.

 

Sur l’autre rive c’est François des Ligneris, vêtu comme un Cap-hornier, qui tint le rôle flanqué de Tintin au Congo qui débitait quelques jurons cultes du capitaine Haddock. La baronne G, très entourée eu égard à sa présence au fameux déjeuner de l’Envers du décor, racontait à ces messieurs abasourdis entretenir une correspondance régulière avec un certain Luc Charlier, néo-vigneron grand admirateur du Léon à barbichette et pic à glace. En retrait, les dames de ces messieurs soupiraient, s’éventaient, l’une d’elle se risquait même à dire : « j’ai bien peur que nous fuissions sur le Titanic... »  

 

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22 septembre 2017 5 22 /09 /septembre /2017 06:00
Suis-je encore un blogueur Vin ?

À cette question je pourrais répondre par une pirouette : « ai-je été un jour un blogueur vin ? »

 

Ce serait trop facile lorsqu’on a accroché à sa crèmerie l’enseigne Vin&Cie.

 

Mais pourquoi en cette fin de mois d’août, où les travailleurs-travailleuses reprennent le collier alors que moi je n’en fous plus une rame depuis que j’ai quitté la scène, poser cette question ?

 

Tout bêtement parce qu’une amie ayant rencontré récemment un caviste-lecteur m’a rapporté son interrogation « Berthomeau chronique-t-il encore sur le vin ? »

 

Normal, mon petit roman de l’été, qui pourtant patauge dans le marigot de Saint-Émilion, peut jeter le trouble auprès des afficionados du vin.

 

Très vin nature le trouble !

 

Avec ma pomme, depuis le début, s’est instauré un malentendu : je ne suis pas, je n’ai jamais été, ni expert de la dégustation, ni un amateur de vin au sens où le vin n’est pas pour moi une passion. J’en ai d’autres. Ceux qui me suivent depuis un bout de temps les connaissent.

 

Pour vous expliquer permettez-moi un petit retour en arrière : lorsque j’ai ouvert ce blog, il y a 13 ans, pour raison de mise au placard suite à la publication du Rapport, je partais à l’aveuglette en chroniquant sur le sujet qui m’avait valu l’ire des chefs de la vigne du Languedoc et de Bordeaux. Chemin faisant, même si mon analyse sur la vigne et le vin n’a pas radicalement changé, j’ai pris de plus en plus de distance avec le politiquement correct qui sévit dans le monde du vin, même chez les insoumis du vin.

 

Depuis un certain temps, je contemple donc, d’un œil narquois, ce qui s’écrit aussi bien sur les quelques blogs survivants que dans la « pauvre » presse du vin.

 

C’est d’un convenu affligeant. On ressasse, on véhicule les mêmes images éculées, on se contente d’un entre soi dit d’amateurs, ou pis encore de grands amateurs, un côté congrès des Radicaux de gauche dans une cabine téléphonique. L’imagination n’est vraiment pas au pouvoir, les grands maîtres de la dégustation n’ont rien vu venir, confits qu’ils sont dans leurs certitudes.

 

Ces survivants ne vivent plus que de la collecte la manne disponible, soit ils font salons, soit sous-traitant de la presse généraliste, soit conseils en Foire aux Vins, soit même parfois un peu vendeur de vin, pour finir, fourbus, au bout du rouleau dans la sébile du père Dassault comme le célèbre duo.

 

Si on laisse de côté les stipendiés collecteurs d’encart publicitaires, les aigris faisant des piges, les quelques critiques encore en piste, qui s’escriment à se parer du titre de journaliste, sont une espèce en voie de disparition.

 

Faut-il le regretter ?

 

Je ne sais, mais ce que je sais c’est que leur cécité face aux évolutions de la société, de ses goûts, de ses modes de consommation, les a condamnés et que leur extinction n’attristera personne. Le consommateur fait sa pelote sans eux. C’est, là comme ailleurs, la destruction créatrice chère à Schumpeter. Pleurer, geindre, porter des fleurs et des couronnes sur ce si beau terroir d’un monde englouti, c’est cultiver le passéisme du c’était mieux avant.

 

Pour ma part je n’ai jamais voulu mettre les pieds dans leur galère, la seule fois où je m’y suis risqué c’est lorsque j’ai participé à la création des 5 du Vin. J’ai vite jeté l’éponge, ça ne m’allait pas et je dois avouer que je ne les suis plus ces 5, ce qu’ils écrivent est sans doute intéressant pour leurs lecteurs mais que je n’y trouve pas matière à réfléchir. Pour m’informer ou glaner des idées je puise en direct sur la Toile ce qui m’intéresse, je n’ai nul besoin de leur réchauffé bien besogneux.

 

Alors, oui, je chronique moins sur le vin parce qu’il n’y a pas que le vin dans ma vie et qu’une infime minorité de nos concitoyens sont des « connaisseurs » de vin. C’est ce que les gens du vin se refusent à comprendre, ils se prennent pour le nombril du monde alors, qu’en dehors des classiques marronniers : la récolte, les foires aux vins, le château bordelo racheté par les chinois ou le clos bourguignon arraché à la tradition par d’affreux prédateurs friqués…, le sujet vin n’intéresse guère les gros bataillons de consommateurs.

 

Le monde du vin est un fantastique miroir aux alouettes qui attire beaucoup de jeunes gens en mal de reconversion ou du choix d’un métier jugé passionnant, et sur la longue période de mon blog j’ai malheureusement constaté que beaucoup s’y sont cassés les dents.

 

Bref, le vin reste pour moi un sujet de grand intérêt mais enfourcher les mêmes haridelles que mes confrères, très peu pour moi !

 

Alors, étant en vacances éternelles, comme vous je respire, je mange, je bois, je dors, je lis, des livres, la presse, je baguenaude à vélo, je cuisine, je vais de temps en temps au restaurant, on m’invite, je rêvasse, j’aime, je vais au ciné, je nage, je consulte Face de Bouc sans participer aux empoignades des frustrés qui peuplent cet espace, je suis le fil Twitter pour me marrer avec des contributeurs dotés d’humour et pour contempler le bal des journalistes addicts qui se contemplent le nombril et celui plus triste encore des politiques spécialistes des hommages aux chers disparus.

 

Mes chroniques actuelles sont donc à l’image de ce tronçon de ma vie.

 

Je ne chasse pas le lecteur, qui m’aime me suive !

 

Ce qui m’étonne, chaque jour que Dieu fait, c’est que vous continuiez de me lire.

 

Le temps des commentaires sur les blogs est terminé, le bac à sable de Face de Bouc occupe celles et ceux qui veulent soit en découdre, soit faire du prosélytisme, ou pour faire court tenter de se donner l’illusion d’exister.

 

Alors pourquoi continuer ?

 

Parce que j’y trouve encore du plaisir…

 

C’est clair, c’est simple, lorsque la lassitude me gagnera je tirerai le rideau de fer et l’aventure prendra fin…

 

 

 

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16 septembre 2017 6 16 /09 /septembre /2017 07:00
Pour la stèle de Michel Rocard au cimetière de Monticello ce ne sera pas Soulages mais les copains  Pierrot le facteur, Mimi du bar des Platanes et Jojo de la Pastourelle.

L’an dernier, il n’était pas arrivé…

 

Cette année, il est arrivé. En effet, l’urne funéraire de Michel Rocard est arrivée à Monticello, et, qu’à la demande de Sylvie Rocard François Hollande, encore Président de la République, est venu poser à l’ombre d’un olivier, le jeudi 2 mars.

 

Madame Chemin, pour qui la Corse, en dépit de l’omerta, n’a aucun secret, écrit très justement dans le Monde « En Corse, on réserve toujours les plus beaux panoramas aux défunts. Voilà pourquoi les cimetières y sont marins ou tournés vers la mer. Sur les dernières marches de celui de Monticello, joli village perché de Haute-Corse, on embrasse toute la Balagne du regard : le sémaphore de l’Ile-Rousse, le désert des Agriates et, quand il fait beau, les rives du Cap. »

 

« Ce cimetière, j’y jouais enfant, raconte Sylvie Rocard. Un jour qu’on s’y promenait, Michel m’a dit : “Je laisse le caveau du cimetière Montparnasse, je reste avec toi, ici”. » 

 

« Oui sur les hauts de Monticello le panorama vous coupe le souffle, vous sidère : tout en bas la mer d’un bleu d’azur, s’étale, sous le soleil, se confond avec le ciel et, à perte de vue, tout autour, les montagnes en enfilade dessinent leurs crêtes jusqu’au cap Corse. L’Ile-Rousse son fort, son port, et plus près la coupole de l’église Saint-François-Xavier du village originel. »

 

Lire ICI ma chronique de l’an dernier : Ma supplique pour être enterré dans le cimetière sur les hauts de Monticello…

 

 

« Jeune militant du Parti socialiste unifié, il avait passé sur l’île, en 1968, des étés enfiévrés. De là était née sa passion pour le passé de la Corse, des droits de suzeraineté rachetés à Gênes jusqu’au rapatriement des pieds noirs d’Algérie en 1962. « Je n’ai pas une goutte de sang corse mais je n’aime pas qu’on me raconte des histoires, fût-ce au nom de mon pays », disait ce Girondin convaincu. »

Toujours Ariane Chemin.

 

Mais pourquoi diable le François a-t-il posé l’urne à l’ombre d’un olivier alors que je croyais qu’elle devait être déposée dans un édicule confié à Soulages ?

 

Madame Chemin m’explique :

 

« Pierre Soulages a été chargé de sculpter un tombeau par Pierre Encrevé, ancien conseiller « culture » du défunt et auteur du livre Les Peintures (Seuil) du maître de l’outrenoir ; mais l’affaire a pris du retard. La pierre brute coûtait plus de 60 000 euros et elle était si massive qu’il aurait fallu un hélicoptère pour la livrer au cimetière. « Monticello, c’est pas le Père-Lachaise. Il faut rester modeste », sourit Sylvie Rocard. L’œuvre monumentale s’est muée en projet de « livre ouvert », future stèle sculptée dans la pierre blanche qu’est invitée jeudi à imaginer le petit cercle des vrais amis : Pierrot le facteur, Mimi du bar des Platanes et Jojo de la Pastourelle, Edmond Simeoni, le père de l’autonomie corse, son fils Gilles, Jean-Guy Talamoni, président nationaliste de l’Assemblée de Corse… »

 

Pour autant cette année j’ai encore fait la route pour me rendre à nouveau au beau cimetière de Monticello, certes en tirant un peu la jambe mais le ciel était pur et il ne faisait pas trop chaud.

 

Alors, si Dieu me prête vie, je reviendrai à Monticello dès que la stèle sera en place.

 

J’suis un bon chien fidèle…

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12 septembre 2017 2 12 /09 /septembre /2017 08:45
En 2001 le sévère avertissement de René Renou aux AOC : à méditer !

René était un romantique, pas un homme d’affaires, trop de ceux qui aujourd’hui lui érigent une statue sont des hypocrites, et pourtant il avait compris que si l’AOC se laissait emporter par l’inertie de la plus grande pente, celle de la facilité, du ruban  de la reconnaissance pour tous, la vigne France dans sa majorité rejoindrait le modèle agricole dominant dont les plus clairvoyants pressentaient les limites.

 

Nous nous n’avons pas toujours été d’accord sur la stratégie avec René qui croyait renverser les montagnes du conservatisme par son verbe brillant. « Combien de divisions René ? » lui disais-je lorsqu’il me proposait de devenir directeur de l’INAO.

 

Je les connaissais trop bien ses fameux soutiens, porter lezur serviette : jamais !

 

Petite piqure de rappel donc, cette citation est couchée dans mon rapport de 2001.  

 

« Aux syndicats d’AOC, je dis ayez le courage de gérer le potentiel qualitatif collectif de l’AOC et vous assurerez votre avenir. Dans le cas contraire, le marché n’aura aucun état d’âme et vous, syndicats, porterez la responsabilité d’une faillite collective »

 

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