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22 novembre 2017 3 22 /11 /novembre /2017 06:00
Joachim Larralde/Talkie Walkie pour M Le magazine du Monde

Joachim Larralde/Talkie Walkie pour M Le magazine du Monde

On aura tout vu, de nos jours il ne faut s’étonner de rien, voilà-t’y-pas que Saverot, oui le Denis, un brasseur d'idées révolutionnaires, toujours à la pointe des tendances qui décoiffent, se porte en tête d'une nouvelle croisade avec ses Templiers de La Revue du Vin de France, de Vin & Société, le voilà qui  lance un laboratoire d’idées « La Génération Y et le vin ».

 

Si j’étais rosse je dirais comme Mac Arthur « trop tard ! »  c'est rappé, fallait sortir du bois y'a quelques années, mais en étant plus sérieux je vais me permettre de montrer que la génération Y n’existe pas.

 

C’est du bourrage de mou, du remplissage pour apprentis marketeurs, c’est une illusion qui est le signal qu’il faut se défaire des générations « slogan » pour comprendre un monde autrement plus complexe, aux frontières plus floues et subtiles et donc autrement plus passionnantes aussi.

 

Alors je vous laisse le soin de découvrir les stupéfiantes avancées conceptuelles de l’étude du CREDOC, j’en suis tout bouleversifié.

 

Vous avez dit laboratoire d’idées ?

 

Il va vous falloir vous secouer un peu plus les méninges pour sortir des mots valises, des constats éculés, des naïvetés qui font plaisir, du recyclage des représentants du vieux monde, pour aborder la complexité, la subtilité, la diversité des nouvelles couches de consommateurs.

 

Va falloir que vous vous adressiez à Audrey Bourolleau pour qu’elle vous briefe sur « l’effet Macron »

 

Sortez des sentiers battus, des autoroutes des concepts marketing usés jusqu’à la corde, inventez !

 

Moi qui ne suis qu'un vieux con qui, depuis quelques années s’est immergé dans la fréquentation de cette soi-disant « génération Y » j’y ai retrouvé les fondamentaux des générations précédentes avec de la diversité sociale, mais aussi des traits spécifiques liés au statut social, mais pas une masse de « jeunes » qui pensent, vivent, consomment tous de la même façon.

 

C'est totalement inepte : quoi de commun dans cette fameuse génération, pour prendre des extrêmes, entre un grelu ou une greluche de la NAP et un p'tit mec ou une jeune nana qui enfilent des petits boulots ?

 

Pas grand chose, alors de grâce cessez de dépenser le bel argent de Vin&Société pour accoucher de niaiseries. L'extension du domaine du vin demande un peu plus d'esprit de finesse, d'investissement intellectuel et d'appréhension de la réalité.

 

Revenons à la question de base : 

 

Pourquoi la génération Y n'existe pas par Anthony Gutman, co-fondateur du Remix Coworking

 

Qu’est-ce qu’une génération ?

 

C’est un segment de population vivant ou ayant vécu à une même période historique et partageant un certain nombre de représentations et de pratiques liées. Par contraste, cela veut dire que les phénomènes qui se déroulent sur de longues périodes ne sont plus générationnels puisque l’on ne peut plus les lier à une période.

 

Comment les Y sont-ils décrits ?

 

Si l’on synthétise la littérature au sujet des Y, l’on voit qu’ils sont nés dans un monde technologique dont ils appréhendent parfaitement les codes, ils sont immunisés contre le marketing et le mass media, ils sont super adaptatifs et en même temps, ne se laissent pas dicter leur comportement (notamment vis-à-vis des employeurs corporate) du fait qu’ils n’ont connu que la crise et ne donnent aucune crédibilité au « monde de l’entreprise ». Voilà.

 

Le digital est-il un des fondements de la génération Y ?

 

Les quatre grands traits censés structurer cette génération (la crise, le digital, la rébellion face à l’autorité, le segment temporel) entrent en contradiction avec la définition même de ce qui définit une génération. Le digital est l’un des faits fondateurs de la génération Y (les fameux « digital natives »). Sauf qu'il l'est aussi pour la génération X (plus de 40 ans) et pour la génération Z (âgée de 20 ans en moyenne). Le digital traverse le temps comme une tendance de fond, bien plus que comme un fait lié à une génération.

 

Les Y sont-ils les enfants des crises ?

 

Les Y ont grandi dans la crise dit-on. N’était-ce pas le cas de leurs prédécesseurs ? Depuis les chocs pétroliers de 1973 et 1979, le taux de croissance du PIB français croît moins vite que lors des Trente Glorieuses. La crise accompagne donc déjà plusieurs générations, et n’est donc pas en tant que tel un fait générationnel particulier.

 

La mentalité des Y dans l'entreprise est-elle différente de celle des autres générations ?

 

Les Y en entreprise correspondent au middle-management (environ 35 ans). Ils entendent accéder aux postes de senior et top managers, mais ont du mal à percer ce « plafond gris » ( grey ceiling) car les chefs d'entreprises cinquantenaires et soixantenaires  s'accrochent à leur place. En aval, ils sont obligés de protéger leur poste face aux assauts des jeunes générations qui souhaitent intégrer l’entreprise. Bref, les Y sont une génération tout aussi contrainte et conservatrice que la précédente. Et si l'on dit que les Y se rebellent, cela se traduit plutôt par la vétusté des modes de management qui n’ont jamais vraiment été remis en question.

 

Réalité sociologique ou concept marketing ?

 

C’est le magazine Ad Age, qui a créé le concept de génération Y en 1993, tandis que la génération X est issue du travail de deux journalistes : Charles Hamblett et Jane Deverson (Generation, Fawcett Publications, 1964). La génération Y est donc un concept marketing destiné à appréhender une nouvelle génération de consommateurs à priori réfractaires aux messages publicitaires là où la génération X est issue d’une réflexion sociologique et journalistique. Quel paradoxe que de se retrouver cloîtrés dans un concept marketing, alors que le marketing « à la papa » fait justement partie de ces choses que beaucoup d’entre nous rejettent. Cette illusion est le signal qu’il faut se défaire des générations « slogan » pour comprendre un monde autrement plus complexe, aux frontières plus floues et subtiles et donc autrement plus passionnantes aussi.

 

La génération Y n’existe pas, la preuve par Gaston par Aline Jaccottet

 

« Réputés capricieux, accros aux nouvelles technologies et désinvestis, les «Y» (âgés de 20 à 35 ans) auraient le même rapport au travail que leurs aînés, selon des travaux inédits de l’Université de Genève. »

 

Cela fait aujourd’hui vingt-quatre ans que le concept de génération Y existe. Apparu pour la première fois dans le magazine américain Advertising Age en référence à la forme des écouteurs sur le torse ou la question «Pourquoi» (la lettre Y se prononçant «why» en anglais), il fait l’objet d’innombrables pubs et articles. Celles et ceux qui en font partie auraient quelques qualités et… pas mal de défauts. Agiles et innovants, mais instables et individualistes, ces jeunes adultes entre 20 et 35 ans donneraient du fil à retordre à qui ose les engager.

 

En réalité, rien ne les distingue de leurs aînés âgés de 35 à 50 ans (les «X») dans le sens qu’ils donnent au travail. C’est la conclusion d’une étude inédite réalisée par Max Lovey, un étudiant de master, sous la direction du professeur Jean-Michel Bonvin de l’Institut de démographie et socio-économie de l’Université de Genève. Elle a consisté à mesurer le sens accordé au travail par différentes générations: les «Z» (moins de 20 ans), les fameux X et Y, et les baby-boomers (50 ans et plus).

 

Lire la suite ICI 

 

Denis Saverot de la RVF le nouveau gourou de la remontada du vin auprès des jeunes de la Génération Y…
Denis Saverot de la RVF le nouveau gourou de la remontada du vin auprès des jeunes de la Génération Y…
Denis Saverot de la RVF le nouveau gourou de la remontada du vin auprès des jeunes de la Génération Y…
Denis Saverot de la RVF le nouveau gourou de la remontada du vin auprès des jeunes de la Génération Y…
Denis Saverot de la RVF le nouveau gourou de la remontada du vin auprès des jeunes de la Génération Y…
Denis Saverot de la RVF le nouveau gourou de la remontada du vin auprès des jeunes de la Génération Y…
Denis Saverot de la RVF le nouveau gourou de la remontada du vin auprès des jeunes de la Génération Y…
Denis Saverot de la RVF le nouveau gourou de la remontada du vin auprès des jeunes de la Génération Y…

Joachim Larralde/Talkie Walkie pour M Le magazine du Monde
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/04/11/generation-y-les-empecheurs-de-travailler-en-rond_3158117_3224.html#LhAHMBiBIPzslCYi.99

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21 novembre 2017 2 21 /11 /novembre /2017 06:00
Enfin 1 nouveau rapport d’1 comité Théodule l’IREF préconise de libérer « l’industrie gauloise du vin » de ses entraves bureaucratiques !

Comme je suis un ignorant jusqu’à ce jour j’ignorais ce qu’était l’IREF, pour la liberté économique et la concurrence fiscale, des libéraux pur sucre.

 

Plus encore j’ignorais qu’un grand expert de l’industrie du vin se nichait dans cet institut, un certain Laurent Pahpy qui a mis en ligne le 15 novembre 2017 Comment rétablir la compétitivité de la viticulture française Les propositions de l’IREF

 

Il prévient que la lecture dure 40 min et prévient que « Ce rapport n’a pas pour ambition de déterminer quelles sont les stratégies que les entrepreneurs de la vigne et du vin devraient suivre pour maintenir et augmenter leurs avantages compétitifs, mais bien d’analyser et d’essayer de montrer que l’interventionnisme constitue un véritable frein compétitif. Nous nous attacherons donc à faire un tour d’horizon de certains verrous réglementaires qui peuvent expliquer la prise de retard de la filière française. Dans chacun des cas, l’IREF fait des propositions de réformes ambitieuses et nécessaires. Cette analyse est déclinée selon trois grands axes : la réglementation sur la quantité et les prix, la réglementation sur la qualité et le commerce international.

 

Ce travail s’appuie sur des études statistiques, réglementaires et académiques ainsi que sur des entretiens réalisés auprès d’acteurs et d’experts de la filière vigne-vin-vente ou auprès de régulateurs. Nous ne traiterons pas le cas des vins de luxe dont les mécanismes de marché et de compétitivité obéissent à des règles très différentes. Ces vins sont vendus de plusieurs dizaines d’euros la bouteille à plusieurs centaines, voire millier d’euros. On y trouve les vins les plus célèbres tels que le Domaine de la Romanée-Conti en Bourgogne ou le fameux Petrus dans le Bordelais. Nous nous concentrons sur les vins d’entrée et de moyenne gammes, avec des prix variant de 1 à 2 €/bouteille pour les vins basiques jusqu’à une vingtaine d’euros pour les consommations plus occasionnelles. Ce large segment représente plus de 90 % du marché en volume et la concurrence internationale y est très marquée. »

 

En tant qu’ancien petit rapporteur marqué du sceau de l’infamie pour ces libéraux, car rémunéré par l’État, cette lecture m’a fait énormément sourire pour une bonne et simple raison: je n’ai jamais rencontré de toute ma vie des représentants de l’industrie du vin gaulois. Et Dieu sait que, contrairement au sieur Pahpy j’ai travaillé dans un grand groupe : Pernod-Ricard et bourlingué dans le monde du vin, et même qu’étant partisan de l’abandon des droits de plantation je me suis retrouvé face à l’opposition des grandes maisons de Champagne et de Cognac.  

 

Alors, sieur Pahpy c’est bien joli, depuis son petit bureau et les statistiques publiques, d’analyser et de pondre une batterie de propositions mais lorsqu’on n’a pas la queue d’une idée sur ceux qui vont porter ces réformes libérales autant pisser dans un violon et attendre de voir si ma mayonnaise prend.

 

Vous faites ça avec qui ?

 

Avec Pierre Castel, Joseph Helfrich, LVMH, Boisset et Cie…

 

Pas sûr que vous fassiez auprès d’eux un grand succès, sauf d’estime m’sieur Pahpy. Pour tout vous dire ils n’ont nulle envie d’affronter certains lobbies. C’est regrettable mais ce n’est pas en agitant des chiffons rouges comme les vôtres que l’on fera bouger les lignes.

 

Vous manquez de modestie dans votre faisons table rase du passé, cependant je vous rassure dans quelques jours vos propositions prendront gentiment la poussière dans les étagères où finissent tous les rapports.

 

J’admets être vulgaire mais votre comité Théodule, qui s’érige en donneur d’ordres pour tout un secteur, sans être hors sujet, ne présentent aucune utilité ni économique, ni sociale, ni politique.

 

J’en reste là et je vous invite à lire ce rapport ICI

 

Enfin, pour ceux qui ne veulent pas se taper 40 mn de consultation je leur livre la CONCLUSION

 

Même si les producteurs français sont leaders sur de nombreux marchés à l’international, l’évolution des parts de marché à l’export par rapport aux autres pays européens et à ceux du Nouveau Monde est préoccupante. Les acteurs de la filière vitivinicole ne peuvent plus se reposer sur les lauriers du « Made in France » et sur une réglementation particulièrement protectionniste et corporatiste. À trop vouloir bien faire, celle-ci impose trop souvent une stratégie viticole homogène, centralisée, obéissant à des coalitions d’intérêts majoritaires. Il est alors impossible de répondre aux innovations technologiques et aux attentes atomisées et changeantes des consommateurs du monde entier. Les pays du Nouveau Monde démontrent par leurs modèles que l’on peut être plus innovant et plus compétitif à qualité équivalente si le marché est débarrassé d’un système institutionnel interventionniste.

 

Dans cette étude, nous avons traité des échecs des politiques de contrôle des prix et de l’offre, du système monopolisé des indications géographiques et des appellations d’origine et des politiques libre-échangistes très en retard par rapport à celles du Nouveau Monde. Certains éléments n’ont pas été abordés dans ce rapport et mériteraient une analyse approfondie tant il est probable qu’ils aient une influence non négligeable sur la compétitivité des vins français. On peut citer les coûts de main-d’œuvre et la fiscalité, les barrières non tarifaires, certains organismes d’accompagnement dont l’utilité reste à démontrer, les syndicats agricoles, les normes environnementales très restrictives édictées sous le fameux « principe de précaution », les droits de préemption des sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural (SAFER), système unique au monde souvent critiqué pour son principe, ses dysfonctionnements et la mainmise des syndicats.

 

L’IREF n’a pas pour prétention de définir la stratégie optimale des entrepreneurs de la filière vigne-vin-vente. Il est d’ailleurs impossible d’en définir une unique et centralisée : c’est à l’entrepreneur, en fonction des spécificités de son système productif et de la clientèle visée qu’il appartient de maximiser ses avantages compétitifs par rapport aux concurrents. Pour ce faire, la filière doit se libérer de l’interventionnisme public, tant des subventions, des réglementations que des monopoles intellectuels. L’IREF fait donc les propositions suivantes :

 

•                                                            Les autorisations de plantation doivent être libéralisées et les subventions, quelles qu’en soient les formes, stoppées.

 

•                                                            Les pratiques viticulturales et œnologiques obligatoires doivent être supprimées et la réglementation devrait se cantonner aux aspects strictement sanitaires.

 

•                                                            Les monopoles intellectuels associés aux appellations AOC/IGP permettant le développement du corporatisme et des rentes peuvent être abolis au profit d’une industrie de la certification privée, associative, transparente, mise en concurrence et responsabilisant le consommateur.

 

•                                                            Les certificateurs institutionnels et les structures d’accompagnement devraient-ils aussi être mis en concurrence et financés uniquement par des contributions volontaires de leurs membres.

 

•                                                            Les institutions européennes devraient s’efforcer de multiplier les accords de libre-échange et d’abolir les barrières tarifaires et non tarifaires, notamment dans le cas du Brexit.

 

 

Face à la perte de compétitivité des vins français et aux nouveaux défis du monde vitivinicole tels que l’adaptation au changement climatique, l’évolution des modes de consommation, les coûts de main-d’œuvre ou les exigences environnementales, la tâche n’est pas aisée pour les vignerons français. S’arc-bouter derrière un lobbyisme réglementaire ou des protections corporatistes ne fera que retarder et rendre plus violente une inévitable adaptation aux réalités du marché mondial. Bien qu’il subsiste une demande historique pour un vin de terroir et d’amateurs éclairés, la viticulture française ne peut que s’engager dans la voie de la compétitivité et de la concurrence si elle veut survivre. Ces réformes ne se feront certainement pas sans dégâts, mais les producteurs pourront désormais se concentrer sur l’innovation et l’optimisation du rapport qualité-prix au bénéfice de leurs consommateurs plutôt que de perdre une énergie considérable à lire des règlements inadaptés ou à remplir des dossiers de subventions ou d’autorisations administratives. Pour que des succès entrepreneuriaux tels que le groupe Castel ou le Domaine du Tariquet se multiplient et pour enfin concurrencer les plus grandes marques mondiales parmi lesquelles aucun français n’est aujourd’hui présent[60], la viticulture française devra compter sur ses talents et sur elle-même plutôt que d’arracher, souvent par la force, des privilèges ou des subventions.

 

Les entrepreneurs de la vigne et du vin méritent bien mieux qu’une viticulture administrée et corporatiste. Laissons les développer leur savoir-faire et leur innovation pour produire un vin toujours meilleur et toujours plus accessible pour exporter ce que « l’art de vivre à la française » fait de mieux.

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20 novembre 2017 1 20 /11 /novembre /2017 06:00
Jeff Coutelou et Paco Mora dans leurs œuvres

Jeff Coutelou et Paco Mora dans leurs œuvres

Ce titre de Vitisphère : Le beaujolais renoue avec les jeunes, un papier signé le vendredi 17 novembre 2017 par Bertrand Collard que je connais bien, il officiait à la France Agricole au temps où j’usais mes pantalons au 78 rue de Varenne, m'a fait réagir.

 

Alors j'écris !

 

Les jeunes, tous dans le même grand sac, comme les vieux, les femmes, les ménagères de plus de 50 ans…

 

Sans vouloir faire injure à ce cher Bertrand Collard,  je puis affirmer qu’il ne doit pas beaucoup fréquenter les bars à vins où le Beaujolo nouvo et ses petits frères coule à flots.

 

Alors, pour ne pas prendre de risque il enfourche sans barguigner  les éléments de langage interprofessionnel d’InterBeaujolais.

 

Au temps de la crise du Beaujolais, lorsque l’immense statue du nouveau se fracassa la gueule, au milieu des ricanements de ses détracteurs, le fameux goût de banane, j’avais commis plusieurs chroniques pour, disais-je, sauver le Grand Corps Malade.

 

Je ne vais pas ici revenir sur les causes de cette chute de ce qui fut, et reste encore, la plus belle opération de communication dans le monde du vin.

 

Fiers et dominateurs, sous la houlette ferme de Georges Duboeuf, les vignerons du Beaujolais imposaient même à l’INAO que seuls leurs vins pourraient se voir attribuer le qualificatif de nouveau. Les autres, la piétaille, à l’époque le Touraine, le côtes-du-rhône, le Gaillac, se contenteraient de Primeurs, ce qui dans le langage populaire sent plutôt le choux fleur.

 

C’était la grosse fiesta dans les caboulots, toute une génération célèbre de morts de soif levait le coude sans retenue. Oui, on ne pouvait échapper au Bojolo Nouvo.

 

Tout le cérémonial lié à la date, ce 3e jeudi du mois de novembre, les gros porteurs en bout de piste pour aller le déverser chez les japonais, les people qui se faisaient rincer chez Duboeuf, les croisières, le Bojolo nouvo surfait sur la vague insoucieux du ver qui commençait à le ronger de l'intérieur.

 

Mais, comme le renard de la fable, par l’odeur du pognon facile alléché la GD se jetait sur le Bojolo Nouvo comme la vérole sur le bas-clergé.

 

Fallait voir les montagnes de Bojolo Nouvo chez les gars de la marge arrière, quand je travaillais à la SVF j’en ai brassé des hectos de Bojolo Nouvo à prix canon.

 

Et puis, patatras, après l’excès d’amour, le désamour, que faire ?

 

La réponse basique c’est : faire de la qualité ! Mais qu’est-elle donc cette fameuse qualité pour madame et monsieur tout le monde qui va acheter son vin au supermarché ?

 

Et, bien sûr, reconquérir le terrain perdu chez ces fameux jeunes qui aiment le jaja.

 

Alors, InterBeaujolais a sorti la grosse artillerie en venant faire une tournée à travers Paris en bus à impériale, avec une fanfare, et cinquante vignerons pour la sortie du beaujolais nouveau. Fin de journée avec la presse (laquelle ?)

 

 

Le délégué général d’InterBeaujolais Jean Bourjade tire un bilan positif de sa tournée à travers Paris, il est ravi note Collard. Comme le disait le Georges de la place du colonel Fabien, un bilan globalement positif.

 

« Les jeunes sont venus nombreux le déguster. Les réseaux sociaux ont bruissé de l'affaire. »

 

Ha, les réseaux sociaux qui bruissent tels les branches de sassafras, nouveaux miroirs aux alouettes pour les gogos. C’est du bas bruit sans grand effet sur une population restreinte qui like pour liker.

 

« Les Parisiens et les touristes ont sorti leurs smartphones. Ils nous ont pris en photo et les ont postées sur les réseaux sociaux. Le hashtag #beaujolaisnouveau a été le plus populaire de la journée. »

 

Et le jour d’après ils sont où les adorateurs du Bojolo Nouvo ?

 

Ils ont passé à autre chose.

 

« Les jeunes n'ont pas d'à priori » note Bourjade

 

Toujours  ces fameux jeunes, ici ceux croisés au hasard dans les rues de Paris, ce qui n’en fait un échantillon très représentatif de cette population.

 

« À tous les arrêts nous avons été bien accueillis, indique-t-il. Beaucoup de jeunes de 25 à 30 ans sont volontiers venus déguster. Ils n’ont pas les « à priori » à l’égard du beaujolais nouveau qu’ont les gens plus âgés. Sur le Pont Neuf, une farandole s’est spontanément formée au son de notre fanfare. »

 

« Tout au long du parcours, armé de son porte-voix, il a rappelé aux Parisiens que la sortie du beaujolais nouveau était un moment de fête. Il les a invités le déguster au restaurant ou chez eux. » note Collard.

 

Fort bien les bateleurs mais ils étaient où ces fameux jeunes que vouliez appâter ?

 

En grande majorité dans des bars à vin ou des caves, à s’envoyer derrière la cravate du nouveau qui n’était pas forcément du bojolo.

 

Je prends un exemple, hors Paris, à Ivry, bastion rouge, où officie dans sa cave le célèbre et ténébreux Paco Mora. Voici son compte-rendu de la soirée de jeudi :

 

« Mesdames, messieurs, la direction de la cave d'Ivry, son personnel, son service communication, la Direction des Ressources Humaines, son service logistique se joignent à moi pour vous faire part de la disparition des vins primeurs 2017, que soient ici remerciés Jean Claude Lapalu, Rémi Dufaitre, pour leurs Bojos, Julien Bresteau, Marc Houtin pour leurs Anjous, Jean François Nicq des Foulards rouges pour son Octobre, rouge, cela va de soi, et évidement sans oublier Jeff Coutelou et sa barrique de Languedoc, Go Fast , cinsault merveilleux... nous tenons à remercier chaleureusement les nombreux et nombreuses buveurs et euses, gai lurons et ronnes qui à l'heure actuelle ont dû picoler et pisser les prés de 800 quilles, tout en restant dignes, dans la joie et le partage, deux bouteilles ont été sauvés de cette horde de joyeux et euses drilles, elles seront bues, n'ayez crainte demain matin dans les studios de Sud Radio, à l'occasion de l'émission " au bistrot du marché" en présence de Gilles Vérot, charcutier émérite , à l'invitation de Philippe Toinard du Jajazine 12.5°, laissons donc reposer, les 2017 restants, en cuves , amphores, muids, fûts , les nouveaux ont ouvert la danse... notre bonheur sera à la hauteur de notre patience, ainsi , va le vin... »

 

Hé oui, c’est là qu’ils étaient les jeunes, et les moins jeunes, cher monsieur Bourjade, c’est là qu’il faut aller pour retrouver le goût du vin nouveau qu’il soit du Beaujolais ou d’ailleurs. Sont pas « racistes » ces fameux jeunes ils font la fête avec des vins qu’on ne trouve pas dans la GD.

 

Cette GD qui tente de surfer sur la tendance nature en proposant des sans soufre, des non-filtrés à 2 balles ou même presque donné.

 

Toujours le Paco qui monte sur ses grands chevaux :

 

 

COUP DE GUEULE ,vu dans un magasin un Beaujolais nouveau avec l'inscription "sans souffre" avec 2 f , du verbe souffrir sans doute, inscription en diagonale sur l’étiquette, calligraphie plus grosse que le nom du domaine et de l'appellation, si ça c'est pas du marketing...renseignements pris, c'est un domaine de 33 hectares travaillant en culture raisonnée , pour être clair, pas bio, mais se faisant passer pour un vin nature,ce qui est drôle pour ne pas dire burlesque , les efforts déployés par certains pour taper sur le bio et à fortiori sur le nature et les mêmes efforts pour leur ressembler sur le linéaire, attention, je ne critique pas systématiquement un vigneron non bio, mais là, on sent le foutage de gueule énorme, la faute en partie à la profession, à force de se contenter de communiquer que sur le soufre, comme étant le diable, non seulement on oublie le reste, thermovinification, flash pasteurisation, etc...mais l'agroalimentaire s'engouffre dans a brèche ,alors oui, vivement un cahier des charges reconnu par les pouvoirs publics , non seulement pour informer le consommateur mais également pour protéger les vigneron(ne)s de plus en plus nombreux et nombreuses à s'engager ne serait-ce que timidement vers cette voie là...les travaux de l’association des vins naturels ou de Seve devraient servir de référents. »

 

Car ces bien là que les athéniens s’atteignirent, comme le note Collard « Reste que les chiffres sont un peu moins brillants. David Ratignier, vice-président d’Inter Beaujolais, les a rappelés le soir même durant la conférence de presse qui s'est tenue au Point Ephémère, une usine désaffectée qui accueille un bar branché et des salles de spectacle. Un lieu choisi par l’interprofession pour montrer les beaujolais « restent des vins contemporains, qui intéressent les jeunes ».

 

Côté chiffres, le marché du vrac accuse une nouvelle baisse en volume. Il devrait s’élever à 150000 hl contre 153000 hl l’an dernier. Les exportations vers le Japon sont en recul. Le marché français continue de s’éroder. »

 

Et là, patatras, on touche là où ça fait mal « Il faut que la GD s'engage un peu plus »

 

« En fin d’année, il y a plein d’opérations commerciales dans la grande distribution, constate David Ratignier. Les rayons des chocolats ont pris une place énorme. Il est difficile pour nous de s’en faire une. La GD a aussi peur de ne pas vendre le beaujolais nouveau. Beaucoup de magasins n’en référencent même pas. Des clients ne trouvent pas de produit. Il faudrait que la GD s’engage un peu plus dans la mise en avant des beaujolais nouveaux. »

 

Ben oui, c’est ainsi, chez Paco on compte en flacons alors que du côté de l’Interprofession on chiffre en hecto, ce fameux vrac dont une néo-journaliste du Monde, jusqu’à ces derniers mois ignorait l’existence.

 

Je comprends parfaitement que les dirigeants interprofessionnels veuillent relancer la mécanique pour tenter de retrouver des jours meilleurs mais je ne suis pas persuadé que c’est en faisant du ramdam dans les rues de Paris avec flonflons et haut-parleur.

 

Le travail de fond est un travail de longue haleine, la bonne image du Beaujolais nouveau se situe dans ces petits lieux conviviaux et non dans les allées grises et froides de la GD.

 

Moi ce que j’en dis c’est pour causer, ce ne sont pas mes sous mais ceux des vignerons cotisants par obligation, ça mérite tout de même réflexion.

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18 novembre 2017 6 18 /11 /novembre /2017 06:00
Dans 1 feuille de chou papier glacé ils se sont mis à 5 pour choisir les champagnes de fête : service minimal garanti

Le bouzin appartient à une filiale du Crédit Agricole ce qui explique le pourquoi que je le reçusse tous les mois dans ma boîte aux lettres ; ça booste la diffusion.

 

Dans mon diaporama, comme je ne connais aucun des vignerons cités, et que les grandes marques n’ont pas besoin de publicité puisqu’ils la payent déjà à la feuille de chou papier glacé 9 pages et demi.

 

5, 3 filles et 2 garçons, pour ça :

 

 Montagne de Reims  

Cuvée de vignerons

  • Epanoui et complexe 15,40€
  • Puissant et profond 18,50€
  • Souple et gourmand 21€
  • Sapide et fruité 22,50€
  • Alerte et aérien 35€

 

- Blancs de noirs

  • Vif et franc 36€
  • Energique et croquant 38€
  • Intense et profond 42€
  • Longueur et caractère 45€
  • Vif et fringant 49€

Reims

- Fleurons rémois

  • Souple et parfumé 32€
  • Convivial et facile 34€
  • Elégant et parfumé 35€
  • Long et patiné 40€
  • Vineux et tendre 44€
  • Epanoui et vineux 55€

Vallée de la Marne

- Aÿ : haut-lieu de la Marne

  • Tendre et frais 38€
  • Fin et sapide 40,50€
  • Tendre et frais 30€
  • Puissant et structuré 46,90€
  • Intense et raffiné 39€

 

- Vignerons marnais

  • Tendre et frais 17,80€
  • Intense et complexe 20€
  • Classe et tempérament 19,50€
  • Harmonieux et élégant 19,50€
  • Plénitude et fraîcheur 16,30€

 

Épernay

- Maisons sparnaciennes

  • Soyeux et parfumé 35€
  • Onctueux et intense 44€
  • Souple et savoureux 48€
  • Structuré et minéral 48€
  • Finesse et longueur 60€

Côte des blancs

- Cuvées de vignerons

  • Charme et souplesse 13,50€
  • Ciselé et délicat 24€
  • Fin et citronné 25€
  • Structuré et intense 26€
  • Précis et parfumé 26€

 

- Objectif blancs de blancs

  • Vif et ferme 30€
  • Velouté et aérien 38€
  • Tendre et parfumé 39€
  • Fringant et droit 39,50€
  • Epanoui et vineux 45,40€
  • Rond et énergique 56€
  • Intense et éclatant 64,50€

Côte des Bars

- Vignerons barrois

  • Intense et énergique 20€
  • Gourmand et tonique 14,10€
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Lorsque les généreux donateurs n’ont pas la chance de voir un de leur champagne nominé ils ont droit à un petit encadré, faut bien de le directeur du marketing et de la communication serve à quelque chose.

 

 

Bravo la rédaction pour le travail intense sur le vocabulaire sans contestation vous œuvrez efficacement pour l'extension du domaine du vin !

 

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17 novembre 2017 5 17 /11 /novembre /2017 06:00
Politique à l’ancienne au 78 rue de Varenne : la « fiertitude » de Le Maire, la « bravitude » de Le Foll, la « crétinitude » de Travert.

Hormis la particule Le, qui n’est pas un signe de noblesse mais un sobriquet ou une origine, leur haute taille 1,90 m pour le premier et 1,89 m pour le second, la durée de leur bail au 78 rue de Varenne presque 3 ans pour le premier et un quinquennat pour le second, leur goût pour se trimballer en manches de chemise au milieu des dirigeants agricoles, tout différencie Le Maire et le Foll, quoi de commun entre le brillant énarque normalien qui publie dans la collection blanche de Gallimard et le besogneux petit prof de lycée agricole qui publie chez Calmann-Lévy ?

 

Hé bien si, il y a entre eux un facteur commun : la continuité de la politique de cogestion avec la FNSEA.

 

Leur successeur, le bien nommé Travert, a, lui aussi, chaussé les mêmes godillots mais avec la légèreté d’une bufflonne dans un magasin de statuettes de Sainte Thérèse de l'enfant Jésus à Lisieux.

 

L’ironie de mon emploi de la syntaxe en « ude » de la madone du Poitou est justifiée par un faisceau de raisons : Stéphane Le Foll ne peut pas piffer Ségolène, celle-ci fut Ministre de l’environnement et le Ministre de l’environnement est la bête noire des locataires du 78 rue de Varenne : Le Maire ne pouvait piffer NKM et ce pauvre Travert à l’air d’un gros nain, genre Simplet, face à la star des sondages Nicolas Hulot.

 

Petit retour en arrière, j’avais oublié un autre trait commun entre Bruno et Stéphane : « Tout en étant le cul dans leur fauteuil de Ministre de l’Agriculture ils rêvaient d’un autre poste ». Le Bruno se voyait à Bercy mais, sous Sarkozy, Baroin lui souffla la place, toujours pugnace Le Maire a fini par décrocher la timbale sous Macron ce qui explique son actuelle jubilation jouissive ; le Stéphane, lui, rêvait de Solférino, le capitaine pédalo, pour calmer son ennui, lui confia le micro de porte-parole, tâche qu’il assura avec un certain brio, puis revenu à la vie civile, têtu comme un breton, il bat la campagne pour sauver de la ruine un PS en voie de liquidation.

 

Et, pendant ce temps-là, l’autre Stéphane, rame !

 

Tout le monde s’en fout, même que certains pensent que c’est toujours Le Foll le ministre de l’agriculture parce qu’on le voit partout dans les médias faire la promotion de l’agroécologie.

 

Ça c’est le truc de Le Foll, dès qu’il est dans l’opposition il retrouve son goût de la proposition. Tant qu’il est en poste : il gère ; redevenu député par la grâce de Macron il chausse à nouveau ses bottes de paysan. C’est ainsi que l’on fait de la politique à l’ancienne.

 

Travert devrait prendre des cours auprès de Stéphane c’est un bon pédagogue !

 

Dans la galerie Sully, là où maintenant sont accrochés aux murs les portraits des Ministres de l’Agriculture et des Secrétaires d’Etat, celui du père Travert venant à la suite de ceux de Le Maire et de Le Foll, dont on peut sans risque prédire un destin national, ira rejoindre la jachère des « on se demande ce qu’ils sont venus faire là ».

 

Par charité chrétienne je ne donnerai pas de noms mais, en revanche, je soupçonne le jeune Macron de s’être souvenu que le 78 rue de Varenne constituait un beau tremplin pour accéder à la notoriété des postes élevés et qu’il a préféré y mettre un gros « crétin » qui ne voit pas plus loin que le bout de ses carottes de Créances.

 

N’est pas Edgard Faure ou Pisani, Jacques Chirac ou Michel Rocard qui veut…

 

 

Pour vous prouver que je ne suis pas si mauvaise langue :

 

Petit test : combien de ministres connaissez-vous? Visiblement pas beaucoup, répondent les Français. Le renouvellement a pour effet premier de promouvoir un gouvernement d'inconnus. Portrait en main, France 2 a tenté l'expérience ce vendredi 10 novembre dans les rues de Paris : sauriez-vous identifier Jacques Mézard (ministre de la Cohésion des territoires), Stéphane Travert (ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation), ou Florence Parly (ministre des Armées) ? « Je ne pourrais pas dire son nom, mais je l'ai déjà vu à la télé, c'est sûr », répond une femme.

 

Ministres : les inconnus de la République? Sondage Odoxa

 

Sans surprise, le plus célèbre des ministres est Nicolas Hulot : l'ancien animateur télé, est plus connu qu'Édouard Philippe, Premier ministre. Bruno Le Maire arrive en troisième position.

 

Trêve d’amabilité, tout ça est bel et beau mais, comme le disait le véto de mon grand-père à propos d’un vêlage difficile, le « beau cas » c’est sans contestation le Bruno.

 

Ce gars-là qui, après avoir été candidat à la présidence de son parti Les Républicains, se tire sous un beau prétexte, passe avec armes et bagages à l’ennemi d’hier, accède enfin à Bercy, en fait des tonnes, et se voit gratifier par ses nouveaux « amis » je cite :

 

« Bruno Le Maire, c'est un cynisme absolu »

 

« Bruno Le Maire est atteint d'une maladie rare : une villepinite avancée doublée d'une sarkozyte aiguë. »

 

« Bruno Le Maire, quadragénaire de la politique issu du vieux monde, n'a visiblement pas saisi ce qu'impliquait la révolution Macron. » signé de Bruno Roger-Petit porte-voix du Président dans une soupente du château.

 

Moi, pour avoir lu, Jours de Pouvoir, et tous ses autres livres, du sieur Le Maire, pour l’avoir vu à l’œuvre lors de la crise laitière, je ne suis pas étonné, en effet, Le Maire est encombré de son moi. C’est ce qui fait son charme, il est aussi pressé en plus cultivé que Sarkozy et plus ambitieux que son ancien mentor de Villepin.

 

Bruno Le Maire ne se renie jamais, il saute dans le bon wagon au bon moment et se rend indispensable, de par sa compétence, auprès de son nouveau maître.

 

Avant d’aller plus avant dans ma démonstration, une dernière amabilité à l’attention de mes anciens collègues du 78 rue de Varenne pour qui, selon la célèbre formule de Lampedusa, « il faut que tout change pour que rien ne change ». Je voudrais bien être une petite souris pour voir leur à plat ventrisme, lors des grandes réunions dans l’ex grande salle jaune, devant « monsieur le Ministre ».

 

 

Et pourtant la culture de l’encens ne fait pas l’objet d’une politique commune à Bruxelles.

 

Bruxelles, les Conseil des Ministres, c’est le plus de tous les Ministres de l’Agriculture qui peuvent y laisser leur marque. Ainsi Bruno Le Maire, alors grand libéral, vota la fin des droits de plantation, avant de retourner sa veste sous la pression  des professionnels. Ayant tenu la plume de madame Vautrin, alors député de la Marne, je fus sommé de le sortir de ce merdier et, comme à l’ordinaire, j’en pris plein la gueule pour avoir osé dire que soit il y avait des droits, soit il n’y en avait pas, la recette miracle n’existait pas. Le directeur de cabinet de Bruno, le sieur Pascal Viné me mis au piquet.

 

Ma vie au « gagatorium » ne fut pas un long fleuve tranquille même si, face au merdier du lait dans le Grand Sud-Ouest, le cabinet de Bruno ne trouva rien de mieux que de me confier le « bâton merdeux ».

 

Pragmatique le Bruno, mais revenons à l’actualité l’analyse publiée dans le JDD de ce Week-end sur le « beau cas » Le Maire est, à ce titre, fort intéressante.

 

 

« Désormais, à Matignon, on ne dit plus (presque) plus de mal de Bruno Le Maire. La récente série d'articles émaillés de petites phrases censées attester que le ministre de l'Économie est « sur la sellette » aura sans doute eu cette vertu. « Bruno est bon. Il a un peu de mal à se départir de son côté mouche du coche et de ses méthodes de politique à l'ancienne, mais il apprend. On a décidé de le défendre », affirme un collaborateur d'Édouard Philippe. Voilà qui est nouveau!

 

Le Maire dit avoir trouvé un « équilibre » avec Macron et Philippe

 

La rivalité Philippe-Le Maire a été mise au jour au début de l'été. L'histoire est connue, mais pas les sous-titres. Le 4 juillet, à l'occasion de son discours de politique générale – dûment validé par Emmanuel Macron –, le Premier ministre reporte la mise en œuvre de deux engagements présidentiels : les réformes de la taxe d'habitation et de l'ISF. Le 9, Le Maire charge les siens de faire savoir que le Président a in extremis « contre-­arbitré », comme ils disent. Le 10, nombre de journaux racontent que Le Maire a convaincu Macron d'écouter les milieux économiques. Représailles le lendemain dans Les Échos : « N'est pas recadré celui qu'on croit », écrit l'éditorialiste politique qui explique en citant « plusieurs sources » que Macron « n'aurait pas apprécié la volonté de son ministre de mettre un coin entre Philippe et lui ». À l'époque, l'entourage de Le Maire soupire : « C'est Ismaël Emelien [le conseiller spécial du Président] qui a nourri ce papier parce qu'il fallait donner des gages à Édouard. »

 

Les proches du chef du gouvernement estiment que Le Maire a perdu la partie : « Bruno a eu un rôle dans la volte-face du Président, mais il a eu tort de se mettre en avant comme l'ayant influencé. » Le 12 juillet, c'est un autre éditorialiste qui accable le ministre, un certain Bruno Roger-Petit, aujourd'hui… porte-parole de l'Élysée. « Pourquoi Le Maire est un boulet pour Macron et Philippe » : ainsi s'intitule sa chronique sur le site de Challenges, où il lui prédit « un destin ministériel compliqué ». Et encore : « Bruno Le Maire, quadragénaire de la politique issu du vieux monde, n'a visiblement pas saisi ce qu'impliquait la révolution Macron. » De là à penser que Roger-Petit n'est pas l'allié du ministre…

 

Edouard a une distance et une sagesse qui ne sont pas les miennes. Moi, je pousse toujours à la roue. J'ai la volonté toujours d'en remettre dans la balance et parfois c'est trop.

 

Au sujet de cet épisode de tensions avec Philippe, Le Maire assure à présent au JDD : « Ça, c'est du calage. C'est des moments où on n'a pas toujours les bons réflexes. On a appris à se connaître. Dans l'équation à trois - Édouard Philippe, le Président et moi -, on a trouvé un équilibre. » Vendredi soir, alors qu'une nuit glacée est tombée derrière les vitres de son bureau, il parait fatigué mais tranquille. « J'assume la différence de tempérament avec Édouard : il a une distance et une sagesse qui ne sont pas les miennes. Moi, je pousse toujours à la roue. J'ai la volonté toujours d'en remettre dans la balance et parfois c'est trop. Chez Emmanuel Macron, il y a les deux. Il peut vous donner des injonctions dans les deux sens. »

 

« Bruno Le Maire, c'est un cynisme absolu »

 

Est-ce ce qui s'est passé au ­moment de la dénonciation par Le Maire du « scandale » à 10 milliards d'euros de la taxe sur les dividendes ? Le ministre a commandé un rapport à l'Inspection générale des finances – qui doit être publié demain – pour « faire toute la lumière sur les responsabilités des uns et des autres dans cette affaire », a-t-il tonné dans Le Figaro du 23 octobre. Hic : en 2012, Macron était secrétaire général adjoint de l'Élysée en charge des questions économiques. À Matignon, on précise – décidément très en défense de Le Maire : « Cette interview, elle a été relue par nous et par l'Élysée ! » Comme le furent toutes celles où l'équipe de Philippe a dû rajouter des « sous l'autorité du Premier ministre » par-ci par-là. Le Maire avait tendance à omettre de le citer, tout à son credo : « Je veux aller plus vite, plus fort, plus loin. » De quoi rendre le cabinet de Philippe « hystérique » - dixit un lemairiste.

 

Bruno Le Maire est atteint d'une maladie rare : une villepinite avancée doublée d'une sarkozyte aiguë.

 

Ce n'est pas que ces deux-là s'entendent mal, mais leurs univers s'entrechoquent. Les points communs – l'âge, les belles écoles, la grande taille, l'écriture, l'appartenance à la bande du Bellota-Bellota – n'y font rien. Quand l'un - Le Maire, le 2 septembre, depuis Cernobbio, sur le lac de Côme - tonitrue : « Nous allons privatiser certaines entreprises », le lendemain, l'autre modère sur France Inter : « Des cessions de participations interviendront. » Un ami de Philippe théorisait il y a quelques semaines : « Le Maire est imbibé des années 2000. Il est atteint d'une maladie rare : une villepinite avancée doublée d'une sarkozyte aiguë. Comme Villepin, il est obsédé par la métaphysique de l'audace : ce qui n'est pas flamboyant ne mérite pas d'exister. Comme Sarkozy il croit que dire, c'est faire. Édouard est beaucoup plus rationnel, plus prudent, moins cynique. Le Maire, c'est un cynisme absolu. Et il est incapable d'autodérision, alors que l'ADN des philippistes, c'est l'humour. Le Maire est encombré de son moi. Ça amuse Édouard de voir que Bruno ne peut pas rentrer dans son bureau sans se demander comment il le redécorera. C'est devenu une petite blague entre nous. »

 

Le Maire ne veut pas Matignon : « Finir à 2,4% alors que vous étiez à 17%, ça vous transforme »

 

Aucun d'eux ne croit Le Maire quand il hurle qu'il ne veut pas du job - ce qu'il a refait devant nous : « Mon ambition, c'est de durer à Bercy. Si j'ai pu marquer les paysans, c'est parce que je suis resté trois ans au ministère de l'Agriculture. Je veux faire la même chose. Finir à 2,4% au soir du premier tour de la primaire alors que vous étiez à 17% vingt et un jours avant, ça vous transforme. Après un tel échec, pour que l'engagement politique retrouve du sens, il faut de l'action et des résultats. Ici, j'avance sur tout, c'est totalement enthousiasmant. Et on délivre! On a fait voter une grande transformation fiscale ; on a lancé la taxation des Gafa ; on a sorti la Grèce de la difficulté. » Aurait-il appris à ne plus dire seulement « je » ?

 

Son pari, il l'expose en petit comité : « C'est sur l'économie que Macron est attendu. S'il réussit, il sera la matrice d'une génération politique pour les vingt-cinq prochaines années. » Dit autrement : Le Maire rêve de devenir le meilleur avatar du macronisme. « Il est un des rares ministres qui fait de la politique, relève un haut responsable de la majorité qui pourtant ne l'aime guère. Castaner fait de la com'; Le Drian ne nous fait plus profiter de son sens politique ; Collomb a beaucoup de métier, mais plus l'énergie de se projeter ; Darmanin a beau avoir tout compris, il est encore dans la case 'jeunes'. Cela fait de Le Maire une cible. »

 

Devant ses lieutenants, l'intéressé a trouvé des raisons supplémentaires : « Je suis un homme venu de la droite classique alors que Macron et ceux qui travaillent avec lui sont issus de la gauche. Forcément, ça attire la foudre et les critiques. Et puis je suis le seul de ce gouvernement à avoir voulu me présenter à la présidentielle. Forcément, il y a un soupçon qui pèse sur moi. » Peut-être aussi ne fait-il pas assez de déclarations d'admiration à Macron devant les micros. Autant, en off, il dit que le chef de l'État est « extraordinaire », autant il s'interdit pareilles louanges en public. « Je ne veux pas être lèche-bottes, moi », confiait-il il y a peu. – Vendredi, il nous a certifié : « Le Président connaît mon goût de la ­liberté. » Et si c'était ça le ­problème, justement ?

 

 

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14 novembre 2017 2 14 /11 /novembre /2017 06:00
Mon filleul Vincent Berthomeau, chef de l’Abélia, aimait la boursette en langage nantais la mâche qui poussait auprès des murs de vignes de Muscadet.

Vincent, le fils aîné de mon frère Alain, est un bon vivant. Il a commencé son parcours de gâte-sauce chez Cabanétos à l’hôtel du Stade à la Mothe-Achard. C’est aussi un courageux qui n’a pas hésiter à s’expatrier de sa Vendée pour faire la saison alpine, puis de monter à Paris pour faire ses classes au Laurent d'abord, puis chez Guy Savoy qui lui a confié un de ses bistros du côté des Ternes. Mais l'air du pays était trop fort, et les logements parisiens bien étroits, avec Pascale ils se sont installés à Nantes, près de la Cathédrale, se sont fait une belle notoriété puis ouvert une grande maison dans une maison de ville l’Abélia ICI  

 

De plus, grâce à Pascale et Vincent, le nom des Berthomeau du Bourg-Pailler pourra se perpétuer grâce à Jules.

 

Vincent a passé sa jeunesse au Bourg-Pailler et, comme moi il a connu le jardin qui, à son époque, était cultivée par le cousin André Neau, et il a connu la boursette, comme il le rappelle dans la vidéo ci-dessous.

 

« Que m'importait de savoir le nom scientifique de toutes ces jolies herbes des prés, auxquelles les paysans et les pâtres ont donné des noms souvent plus poétiques et toujours plus significatifs : le thym de bergère, la bourse à berger, la patience, le pied de chat, le baume, la nappe, la mignonnette, la boursette, la repousse, le danse-toujours, la pâquerette, l'herbe aux gredots, etc. » G. Sand, Histoire de ma vie, t. 2, 1855, p. 446.

 

Alors, quoi de plus normal que, chef d’un restaurant nantais, Vincent nous livre ses préparations avec la fameuse mâche nantaise.

 

Marie-France Thierry  écrit le 26 Mars 2017

 

La mâche, toute une histoire

 

« On pourrait la croire toute jeunotte, et pourtant ses feuilles fragiles et légères comme des pétales de fleurs étaient déjà vantés par Ronsard, au XVIème siècle, qui chantait la mâche comme « la petite salade des champs et des prés ». Elle brillera plus tard sous les lumières du Second Empire lorsqu’un restaurateur parisien créera la salade Victor-Emmanuel, aux couleurs du drapeau italien, en mêlant mâche, céleri rave et betterave rouge dans une même assiette. »

 

La suite ICI 

 

« MÂCHE NANTAISE » IGP

 

Petite plante à végétation rapide de la famille des Valérianacées, genre Valerianella, espèce olitoria, désignée sous le nom de mâche commune, à feuilles radicales, allongées, spatulées, à nervures assez marquées, naissant par paires, superposées en croix les unes au-dessus des autres et formant une rosette assez fournie. Le groupement sélectionne les variétés utilisées pour l’IGP : de type verte ou coquille, avec un phénotype permettant de récolter et conditionner la mâche en plante entière, inscrites au catalogue officiel français ou communautaire, et répondant à des normes professionnelles phytosanitaires et de pouvoir germinatif.

 

La mâche, non commercialisable à l’état brut sortie du champ, doit subir une élaboration spécifique en produit fini : mâche plateau, mâche barquette et mâche prête à l’emploi, qui sont les 3 types de conditionnement sont concernés par l’IGP.

 

5.1. Spécificité de l’aire géographique

 

Facteurs naturels

 

Le climat océanique tempéré est parfaitement adapté à la production de mâche. Il permet des températures hivernales froides, idéales pour la Mâche nantaise, sans pour autant maintenir des périodes de gelée trop longues.

 

Présent sur la totalité du bassin, il limite les variations de température excessives ou brutales et permet d’obtenir une qualité optimale et spécifique en toute saison.

 

Historiquement les terres les plus appropriées pour la culture de légumes primeurs, dont la mâche, sont faites d'alluvions sableuses et donc perméables. Elles se trouvent proches de la ville de Nantes qui offrait alors des débouchés pour les produits, et proche de la Loire, qui fournissait l’eau et de grandes quantités de sable utilisé dans la profession.

 

Pendant plusieurs générations, le sable utilisé pour la culture de mâche provenait du gisement naturel de la Loire.

 

En 1994, les pouvoirs publics décident d’interdire l’extraction du sable en Loire du fait des dégradations causées à de nombreux ouvrages ligériens (ponts, berges…). Les maraîchers se sont tournés vers d’autres types d’approvisionnement en sable présentant les mêmes caractéristiques.

 

Facteurs humains

 

Le maraîchage nantais débuta au milieu du XIXème siècle à l'Ouest de Nantes, produisant des légumes destinés à l'alimentation de la région et à l'approvisionnement des navires. La culture maraîchère nantaise n'a véritablement pris son essor qu'à partir de 1919-1920, où la plupart des grands maraîchers abandonnèrent les marchés locaux pour expédier directement leurs productions sur Paris et les grandes villes de province.

 

C'est également entre les deux guerres que se poursuivit et se concrétisa une organisation professionnelle des maraîchers qui avait débuté à la du fin siècle. Celle-ci fut un des moteurs du développement avec par exemple la création le 7 juillet 1928, de la Fédération des Groupements de Producteurs Maraîchers Nantais.

 

Au début du siècle sont nés les châssis nantais, et au cours de l’entre-deux guerres se sont généralisées les cultures sous châssis. Les parcelles furent subdivisées en planches correspondant à la largeur des châssis et séparées par des “passe-pieds” d’environ 40 centimètres de large. Les planches étaient buttées afin de favoriser le ressuyage des sols, facteur déterminant pour la précocité et la qualité de la Mâche nantaise. La disposition en planches permettait, du fait de la stabilisation naturelle des passe-pieds durant l’été, de semer et récolter sans abîmer le sol en automne et en hiver.

 

Ce point est fondamental pour comprendre le développement de la mâche dans la région nantaise. Combinée à l’usage possible du sable et au climat favorable, la culture en planche sous châssis permettait d’obtenir un produit précoce et de très bonne qualité qu’aucune autre région n’était capable de fournir à cette période de l’année.

 

Dès les années 1950, Nantes s’imposa progressivement sur les marchés de France et d’Europe. A partir des années 1960 et surtout dans les années 1970, le châssis traditionnel est remplacé par de petits tunnels plastiques, mais la culture en planches est maintenue.

 

De 3 000 tonnes produites par an entre 1975 et 1983, à aujourd’hui 12 000 tonnes pour la seule région nantaise, l’essor de la mâche nantaise a été permis grâce à la mécanisation de la récolte et aux nouvelles formes de conditionnement (barquette, sachet…).

 

Lors de la campagne 2007-2008 (de septembre à mai), le Bassin Nantais a produit 26 000 tonnes de mâche, confortant ainsi son leadership national et européen. Environ la moitié est destinée à l’export, notamment en Allemagne.

 

Les trois types de conditionnement possibles sont :

 

Mâche plateau : Mâche à grandes feuilles (poids de 100 pieds > à 200g), sélectionnée, rangée, dessablée puis mise en plateau.

 

Mâche barquette : Mâche sélectionnée, dessablée, lavée, triée, mise en barquette filmée ou assimilée.

 

Mâche prête à l’emploi : Mâche sélectionnée, dessablée, lavée, triée, mise en sachet ou en emballage hermétique, prête à l’emploi et bénéficiant de la chaîne du froid.

 

4. Délimitation de l’aire géographique

 

Département de la Loire-Atlantique (excepté 13 cantons situés au Nord-est du département) :

 

Aigrefeuille sur Maine – Ancenis – Bouaye – Bourgneuf en Retz – Carquefou – La Chapelle sur Erdre – Clisson – Le Croisic – La Baule Escoublac – Guérande – Herbignac – Legé – Ligné – Le Loroux-Bottereau – Machecoul – Montoir de Bretagne – Nantes – Nort sur Erdre – Orvault – Paimboeuf – Le Pellerin – Pontchateau – Pornic – Rezé – Saint Étienne de Montluc – Saint Herblain – Saint Nazaire – Saint Père en Retz – Saint Philbert de Grand Lieu – Savenay – Vallet – Vertou – Vertou Vignoble

 

8 cantons de la Vendée (dont 6 limitrophes de la Loire-Atlantique) :

Beauvoir sur Mer – Challans – Le Poiré sur Vie – Montaigu – Palluau – Rocheservière – Saint Gilles Croix de Vie – Saint Jean de Monts

 

2 cantons du Maine et Loire (limitrophes de la Loire-Atlantique) :

Champtoceaux - Montrevault

 

 

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10 novembre 2017 5 10 /11 /novembre /2017 06:00
Il fait enfin un temps de pot-au-feu : vive les bas-morceaux ! Paleron, gîte, carotte, plat de côte, macreuse, basse côte, joue, queue, crosse, os à moelle…

Suivez le bœuf ! proclamait François Missoffe Ministre du général, celui même qui conseilla à Dany le Rouge, juste avant mai 68, lors de l’inauguration de la piscine de Nanterre, de s’y plonger pour calmer ses ardeurs sexuelles parce qu’il réclamait la mixité dans les cités universitaires.

 

 

Le peuple de râleurs que nous sommes n’en finit pas de se plaindre au bord des bars qu’il fasse froid. 3° ce n’est pas la Sibérie du goulag et, bordel  de merde, heureusement qu’il fait froid en novembre.

 

Sur mon vélo j’adopte la vêture oignon, Jean-Louis Etienne, l’homme des pôles, m’a appris qu’il fallait conserver sa chaleur interne. Je me couvre la tête avec mon miki breton ICI , mes moufles, une écharpe et c’est parti sur le bitume.

 

Pour moi, c’est un temps de pot-au-feu !

 

Le pot-au-feu ça tient au corps et c’est un plat peu onéreux puisqu’il ne se compose que de bas-morceaux boudés par la gaulois qui croient que le bœuf se résume aux 4 classiques : Faux-filet, Entrecôte, Rumsteak, Bavette d’aloyau.

 

Le pot-au-feu c’est un patchwork qu’énumère Hugo Desnoyer dans l’une de ses 8 recettes fondamentales pour les amoureux de la viande. Je vous les énumère, tout en soulignant que pour ma part, le pot-au-feu c’est du bœuf et rien que du bœuf. Si je suis ainsi c’est la faute de mon père qui, à chaque fois que Ratier le boucher – le camionneur marchand de charbon se dénommait Lebœuf – achetait un bœuf gras au pépé Louis il gratifiait mon père, grand-amateur de pot-au-feu avec une prédilection pour la queue de bœuf, de tous les morceaux ad-hoc. Donc, contrairement à maître Desnoyer point de veau dans notre pot-au-feu. Du pur bœuf !

 

-    Paleron de bœuf

-    Gîte de bœuf

-    Carotte de bœuf

-    Plat de côte

-    Macreuse

-    Basse côte

-    Jarret de veau

-    Joue de bœuf

-    Queue de bœuf

-    Crosse de veau

-    Crosse de bœuf

-    Os à moelle

 

 

 

Du côté des légumes je suis aussi puriste : carottes, navets des 2 couleurs violet et jaune, poireaux, oignons piqués de clou de girofle et surtout pas de pommes de terre.

 

Donc, ce mercredi j’ai fait du pot-au-feu en me limitant à deux morceaux du paleron et du plat de côte avec un os à moelle.

 

Hormis la pluche des légumes, y’ a pas beaucoup de boulot donc de temps à passer dans la cuisine. Le seul temps qui compte c’est celui de la cuisson. Au début faut un peu écumer.

 

 

Bref, bande de féniasses comme dit notre Président ce n’est pas ça qui va vous fatiguer ou vous empêcher de regarder vos conneries à la télé.

 

Tout à la fin, pour accompagner ma pitance bouchère je fais cuire du riz dans le bouillon que je nappe de crème fraîche crue.

 

Voilà c’est du chaud de la calorie économique, bon appétit et large soif !

 

 

le Pot-au-feu de Dodin-Bouffant de Marcel Rouff La Vie et la passion de Dodin-Bouffant, gourmet, Société littéraire de France, 1920

 


« Il arriva enfin, ce redoutable pot-au-feu, honni, méprisé, insulte au prince et à toute la gastronomie, le pot-au-feu Dodin-Bouffant, prodigieusement imposant, porté par Adèle sur un immense plat long et que le cordon-bleu tenait si haut au bout de ses bras tendus que les convives, anxieux, n’en aperçurent rien tout d’abord. Mais quand il fut posé avec effort et précaution sur la table, il y eut plusieurs minutes de réel ahurissement. Le retour au sang-froid de chacun des convives se manifesta suivant des réactions et des rythmes personnels. Rabaz et Margot, mentalement, se morigénaient d’avoir douté du Maître ; Trifouille était pris d’un saisissement panique devant tant de génie ; Beaubois tremblait d’émotion ; quant au prince d’Eurasie, son sentiment oscillait entre le noble désir de faire duc Dodin-Bouffant, comme Napoléon voulait faire duc Corneille, une envie furieuse de proposer au gastronome la moitié de sa fortune et de son trône pour qu’il consentit à prendre la direction de ses fêtes, l’énervement de recevoir une leçon qui était cette fois parfaitement limpide, et la hâte d’entamer la merveille qui étalait devant lui ses promesses et ses enivrements.

 


Le pot-au-feu proprement dit, légèrement frotté de salpêtre et passé au sel, était coupé en tranches et la chair en était si fine que le bouche à l’avance la devinait délicieusement brisante et friable. Le parfum qui en émanait était fait non seulement de suc de bœuf fumant comme un encens, mais de l’odeur énergique de l’estragon dont il était imprégné et de quelques cubes, peu nombreux, d’ailleurs, de lard transparent immaculé, dont il était piqué. Le tranches assez épaisses et dont les lèvres pressentaient la velouté, s’appuyaient mollement sur un oreiller fait d’un large rond de saucisson, haché gros, où le porc était escorté de la chair plus fine du veau, d’herbes de thym et de cerfeuil hachés. Mais cette délicate charcuterie cuite dans le même bouillon que le bœuf, était elle-même soutenue par une ample découpade, à même les filets et les ailes, de blanc de poularde, bouillie en son jus avec un jarret de veau, flottée de menthe et de serpolet. Et pour étayer cette triple et magique superposition, on avait glissé audacieusement derrière la chair blanche de la volaille, nourrie uniquement de pain trempée de lait, le gras et robuste appui d’une confortable couche de foie d’oie frais simplement cuit au chambertin. L’ordonnance reprenait ensuite avec la même alternance, formant des parts nettement marqués chacune, par un enveloppement de légumes assortis cuits dans le bouillon et passés au beurre ; chaque convive devait puiser d’un coup  entre la fourchette et la cuiller le quadruple enchantement qui lui était dévolu, puis le transporter dans son assiette.

 


Subtilement, Dodin avait réservé au Chambertin l’honneur d’escorter ce plat délite. Un vin uni aurait juré avec quelqu’une des parties qui le composaient ; le Chambolle nuancé, complexe et complet, recelait dans son sang d’or rose assez de ressources pour que le palais y pût trouver à temps, suivant la chair dont il s’imprégnait, le ton nécessaire, la note indispensable… »

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8 novembre 2017 3 08 /11 /novembre /2017 06:00
« Le bio a-t-il tout faux ? » très bonne question du 1 d’Éric Fottorino, mais seul les urbains y répondent.

Dans la vie que je vis depuis que je suis en vacances éternelles je n’ai jamais de temps à perdre puisque j’ai tout mon temps.

 

Avec l’été indien que nous venons de connaître j’ai passé beaucoup de temps à la terrasse de café à lire.

 

Lire le 1 d’Éric Fottorino en terrasse exige de l’espace car une fois déployé – c’est aussi compliqué qu’une notice d’Ikea – c’est un peu comme si vous veniez de hisser le spi de votre trimaran.

 

Mais, lorsqu’on est né comme moi à quelques encablures des Sables d’Olonne c’est jouable…

 

En buvant une Parisienne j’ai donc épluché ce 1 comme un oignon.

 

Je n’ai pas pleuré mais je dois avouer que j’ai trouvé l’ensemble bien léger, c’est le bio vu par des urbains, des experts certes, avec jusque ce qu’il faut de people avec l’ami Passard qui, j’en conviens, avec ses jardins à raison d’insister sur la saisonnalité.

 

Ce qui me gêne c’est que le 1 ne se soit pas adressé à un des derniers maraîchers de la ceinture parisienne, ou d’une grande ville, un Bérurier (voir ci-dessous) par exemple, un gars qui a les mains dans la terre, qui s’est accroché pour défendre les derniers îlots maraîchers.

 

ICI 

 

et ICI 

 

Depuis toujours je fais mes courses et j’ai toujours privilégié un approvisionnement, à la fois de proximité, et respectant au plus près l’environnement et la santé des paysans.

 

Je fréquente donc, pour certains produits, pas les fruits et légumes car je préfère Terroir d’avenir, Biocoop, je souscris donc à ce que déclare Claude Gruffat, président du réseau Biocoop :

 

« Si les enseignes bio se développent rapidement en France, si les consommateurs sont de plus en plus nombreux à plébisciter les produits bio, le risque d’un bio industriel, hors-sol, de faible qualité nutritive, est bien réel. »

 

« Pour lui, la Bio est un projet de société qui porte une cohérence globale sur toute la chaîne de valeurs. Elle garantit « une vision de la place de l’humain et de son empreinte sur la planète, une vision du lien entre les acteurs de la filière de la fourche à la fourchette, une vision de la consommation responsable. »

 

« Si le bio, porté par un règlement, un label et des obligations de moyens, se doit de respecter un cahier des charges, il ne se préoccupe pas de la relation homme-animal, ni des conditions de travail du paysan, ni de la santé des sols. « C’est une approche règlementaire et non systémique ».

 

Je souscris des deux mains mais s’en remettre à la seule distribution, aussi vertueuse soit-elle, pour imprimer une nouvelle révolution verte c’est maintenir les paysans dans une forme de servitude. Les bons samaritains, ceux qui veulent faire le bonheur des autres en leur lieu et place, les exemples dans le monde agricole sont lourds : le mutualisme, la coopération ont été confisqués par la technostructure, n’emportent pas mon adhésion.

 

Ma remarque initiale prend ici tout son sens, cette nouvelle révolution verte si elle n’est que le fait des experts, de ceux qui constituent la chaîne de distribution, produira les mêmes effets que celle née de la Révolution silencieuse chère à Michel Debatisse petit paysan du Massif Central.

 

Pour l’avoir vécu dans ma famille, en cette Vendée bocagère, crottée, pauvre, massacrée par le remembrement, je suis d’une sensibilité extrême sur les causes simplistes mis en avant par nos sachants urbains.

 

Lire ICI Le glyphosate, la tomate et la forêt, Catherine Bernard vigneronne reprend la plume pour nous donner du grain à moudre afin de comprendre l’enjeu de cet herbicide 

 

Bref, je m’enflamme sans pour autant affirmer que ce numéro du 1 est dépourvu d’intérêt. Loin de là, mais ça me rappelle la commission agricole du PS d’avant 1981, peuplée d’experts, où les paysans se comptaient sur les doigts d’une main. Sitôt au pouvoir, les deux de l’Ouest : Bernard Thareau producteur de cochons puis Georges Garot producteur de lait (son fils sera vaguement Ministre délégué avec Ayrault) devinrent députés européens.

 

Je ronchonne, je ronchonne mais le 1 c’est tout de même mieux que le rien qui règne dans la presse généraliste.

 

Merci Éric Fottorino, encore un effort et j’applaudirai des deux mains.

 

Et puis, rien que pour la Salade de Pierre de Ronsard mes 2,80 euros sont un bel investissement.

 

 

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7 novembre 2017 2 07 /11 /novembre /2017 06:00
Je choisis les vins comme les livres : avec amour ! Alors chaque 7 du mois je vous confierai mes émois amoureux…

« L'amour est un remède à tous les maux »

 

« L'amour est le remède à tous les mots. »

 

Mazouz Hacène, réflexion

 

Comme je suis en vacances éternelles alors je glande en des lieux où je tombe amoureux avec mes yeux, on tombe toujours amoureux avec ses yeux, alors je touche, je caresse, parfois même je sens, j’effleure, j’effeuille page à page, je goûte des morceaux choisis, je choisis.

 

Je n’achète pas, j’épouse, avec les livres je suis un polygame fidèle, mes élans se cumulent, m’enchaînent, ma bibliothèque est un harem d’aimés un peu, beaucoup, passionnément, à la folie ou pas du tout…

 

L’amour, même lorsqu’il est déçu, comme l’écrit Jean Echenoz, dans Les Grandes Blondes : « L'amour, tu vois, lui a-t-il expliqué, c'est vraiment comme la neige à Paris. C'est bien joli quand ça vous tombe dessus mais ça ne tient pas. Et ensuite c'est foutu, soit que ça vire à la boue, soit que ça vire à la glace, très vite c'est plus d'ennuis que d'émois. », reste un bel élan vers, un grand saut dans l’inconnu, une échappée belle, une bouffée d’oxygène…

 

L’après c’est après mais, aussi bref que soit le temps de l’amour, c’est si merveilleux de tomber amoureux, des livres, bien sûr.

 

À propos de l’amour entre humains je suis très Paul Valéry :

 

« L'amour consiste à pouvoir être bêtes ensemble. »

 

Acheter avec amour des livres, comme des bouteilles de vin, qui sont des objets inanimés, fruits de l’imagination d’un(e) auteur(e) pour les uns, du concubinage de la nature et de l’homme pour les autres, n’exige nul élan de leur part, c’est moi qui les choisis, même si le plus souvent je choisis un livre pour son auteur, un vin pour le vigneron ou la vigneronne.

 

Le talent est le dénominateur commun...

 

Mais, pour le vin il y a mais…

 

Je m’explique.

 

Au risque de décevoir mes nombreux et inconditionnels admirateurs, même si je choisis mes bouteilles avec amour, je ne suis pas un amoureux du vin, je n’éprouve aucune passion dévorante pour lui mais, paradoxalement j’aime qu’on me le fasse aimer.

 

C’est un sentiment très récent.

 

Pendant très longtemps mes relations avec le vin ne furent que sociales, sans affect, j’achetais peu de vin, je buvais le plus souvent en société.

 

Et puis vint le temps où je troquai mes costumes, mes chemises, mes cravates, mes Richelieu pour des jeans, des sweet-shirt et des Veja ; je coupai sans regret les cordons avec ma vie d’avant ; je me dévergondais.   

 

Le vin, doucement mais sûrement, quitta ses oripeaux sociaux pour s’orner des attributs de la fête et du plaisir.

 

Mes amies, oui avec un e, prirent mon destin en mains, je plongeai dans le naturisme avec passion, les vins nu bien sûr, tel un roi fainéant sur son char à bancs je découvrais le plaisir de ne pas choisir.

 

Oui, ça va surprendre mes détracteurs, j’adore me faire guider dans mes choix, qu’elle me prenne par la main, qu’elle me fasse partager des découvertes, qu’elle me surprenne…

 

Voilà, c’est écrit, et comme je suis un partageux, chaque 7 du mois, très chers lecteurs, je vous ferai part de mes émois en vous proposant son vin du mois.

 

Novembre est un mois triste, peuplé le 1er de chrysanthèmes aux portes des cimetières à la Toussaint, d’une fête des morts le 2 dont tout le monde se fout, d’un 11 novembre point final à la première grande tuerie du XXe siècle ; le gris s’installe sur Paris, faut passer ses moufles pour faire du vélo.  C’est le temps où la végétation se repose, c’est un temps de pot-au-feu, de vin chaud et de bûches dans la cheminée…

 

C’est ce que je lui dis.

 

Pour toute réponse elle me mit dans les bras un Pinot noir Weingarten de Julien Albertus au domaine Kumpf-Meyer à Rosheim.

 

 

Elle me l’enveloppa avec du papier soie et me dis avec son joli sourire maintenant « c’est à toi de le présenter à tes chers lecteurs.»

 

Ainsi va la vie que je vis.

 

Commençons par le commencement , comme je ne connais pas Julien je laisse le soin à une référence dans le domaine du vin, Sandrine Goeyvaerts de le présenter :

 

« Julien est un chouette gaillard, avec qui on peut causer: de la place des natures dans le monde du vin, de l’Alsace qui se bouge et progresse, de ses aspirations de vigneron. Je ne bouge pas d’une ligne: il faut le suivre. Certes, il ne dispose pas forcément des plus jolis terroirs, certes y a du taf à faire, certes, certes. Mais l’énergie est là, et les années devant lui.

 

 

2013, Julien est un jeune homme souriant et discret qui veut aller vers le nature, ne sait pas encore bien par quel chemin: ce n’est pas « son » domaine, il y a la clientèle classique à apprivoiser, une autre à conquérir, il faut aussi penser bio à la vigne. Le travail est colossal, l’envie est énorme. Cela se sent, mais avec les défauts d’une entreprise qui débute: les pinots noir sont déjà remarquables de joliesse et de fruit, les blancs manquent encore un poil de précision. De mise en place.

 

2015, Julien est toujours jeune, et toujours souriant mais un poil plus affirmé peut-être. Il a bossé, s’est aguerri, frotté à quelques vignerons plus expérimentés, a échangé avec eux. Là où on le sentait marchant sur des œufs, tâtonnant, il est plus réfléchi, plus apaisé peut-être ? »

 

 

Pour la fiche technique c’est facile :

 

Terroir : argilo calcaire mêlé à des oxydes de fer

 

Rendement : 45hl/ha

 

Macération : 14 jours, 70% égrappé – 30% grappe entière, 1 remontage par jour

 

Élevage : 12 mois en barriques

 

Particularités : Sans sulfite ajouté et non filtré

 

Le domaine Kumpf et Meyer

 

Le domaine Kumpf et Meyer se situe à Rosheim en Alsace sur la route des vins, et s’étend sur 16 hectares, soit près de 70 parcelles sur 6 communes différentes. 2 grands terroirs, le lieu-dit Westerberg « Mont de l’ouest » à Rosheim et le grand cru Bruderthal « Vallée des frères » à Molsheim.

 

 

Vous n’allez tout de même pas me demander de vous livrer mes commentaires après buvaison ; c’est hors de question !

 

Achetez et buvez en confiance !

 

Rendez-vous en décembre, le 7, pour une nouvelle découverte…

 

 

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5 novembre 2017 7 05 /11 /novembre /2017 06:00
Selon l’ex « capitaine de pédalo » il faut introniser Macron et Mélenchon dans la confrérie du melon, je suis pour.

Dur, dur de quitter l’Elysée lorsqu’on est une jeune ex, Valéry ne s’en est jamais remis, Sarkozy s’emmerde et Hollande fait semblant d'inventer l'ancien président normal…

 

La déprime de la défaite post-électorale  « Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés », tel les animaux malades de la peste, même notre Mélenchon national, multirécidiviste, après avoir mal digéré sa 4e place, les fameuses 700 000 voix près, retrouvé le moral avec les ordonnances travail, baisse à nouveau pavillon face à Macron : « Pour l’instant, c’est lui qui a le point. Faut pas chercher à le cacher, parce que si on raconte des histoires, on n’est pas crédible », a-t-il commenté samedi 28 octobre, au micro de France Info alors qu’il était en déplacement à Athènes.

 

« Son propos est doublement intéressant car Jean-Luc Mélenchon ne se contente pas de faire chapeau bas, du moins provisoirement. Il avoue aussi son étonnement face à une situation qui ne pouvait, croyait-il, lui échapper. « Normalement l’avalanche devrait avoir lieu, mais elle n’a pas lieu », s’étonne-t-il en invoquant « l’état surcritique » du pays et « les mécanismes de résistance sociale que la France a toujours développés dans le passé face aux assauts libéraux », le dernier exemple en date remontant à moins de deux ans avec la mobilisation contre le projet de loi El Khomri. »

 

ICI 

 

Et pendant ce temps-là Macron, qui dévisse dans les sondages, en gardant son socle de droite, selon le JDD, qualifie, en privé, le « capitaine de pédalo » de « zigoto » lorsque celui-ci trouve que son ex-poulain martyrise le petit peuple de gauche.

 

Plus cinglant encore, notre Jupiter, excellent tennisman, face aux balles molles de son ex-boss, balance un revers le long de la ligne : « Il serait étrange que l'impossibilité qui a été la sienne de défendre son bilan devant les Français puisse motiver une tentation (...) de le justifier devant les journalistes » (longue interview au Point). Il enfonce le clou sur TF1, le 15 octobre, en critiquant la taxe à 75% et en indiquant ne pas vouloir incarner « une présidence bavarde » - allusion à peine voilée au style de son prédécesseur.

 

Celui-ci, pendant ce temps-là, craint une « synthèse molle » (sic) au futur Congrès d’un PS subclaquant, sans doute pour faire plaisir à son poulain qui lorgne vers le poste de 1er Secrétaire, le grand Le Foll qui se refait une virginité verte avec son bouquin La Première Graine.

 

Sans encore être réduit à inaugurer les chrysanthèmes notre père François a été, pour faire plaisir à son ami et ex-éphémère ministre de l’écologie, le président PS du Conseil départemental du Gers, Philippe Martin, a été intronisé dans la célèbre confrérie du melon de Lectoure dans le Gers. Il faut dire que le Gers n’est pas terra incognita pour François Hollande. Il y séjourne en effet régulièrement dans le château que possèdent les parents de Julie Gayet à Berrac, près de… Lectoure !

 

Je sens, qu’à ce stade de ma chronique, vous allez m’inculper de divagation sur la voie publique : où vais-je ? Où vais-je vous amener ?

 

Tout simplement à m’interroger : être blogueur expose à un risque majeur comme l’écrit un confrère :

 

« Le blog, ça te donne l'impression d'exister et d'être puissant, et de là à te prendre le melon. »

 

Ai-je, le melon ?

 

Pour un confrère, barbotant dans le pinard, la réponse est assurément oui, il me taille un costar  « Le premier témoin appelé à la barre est Jacques Berthomeau. Cet ancien directeur de cabinet ministériel, bloggeur compulsif qui a travaillé auprès de Michel Rocard se présente comme un «témoin privilégié de la vie de l’INAO». Ses détracteurs disent de lui que si l’ego était une énergie fossile, Jacques Berthomeau en serait une source inépuisable. »

 

Je suis très mal placé pour en juger mais, là où j’étais, j’aurais pu faire, plus encore reluire, mon ego en plongeant dans la politique active, tel un Stéphane Le Foll, me faire élire : c’était jouable, briguer comme lui un poste ministériel, c’était possible, bref accéder au Graal de la vraie notoriété.

 

Ça ne m’a jamais tenté pour une raison très simple, en dépit d’une dose d’orgueil raisonnable, je tiens par-dessus tout à ma liberté. N’en déplaise au sieur Bettane, ma mise au placard n’a duré que 6 mois, n'étant pas adepte de la double peine je me suis battu pour que le Ministre Gaymard, en loucedé, me  remette le pied à l’étrier. J’ai même travaillé pour Bruno La Maire. La République ne m’a jamais payé à ne rien faire, j’ai accepté des missions où je remisais mon melon au vestiaire mais je n’ai jamais cédé un pouce de ma liberté.

 

Entrer en politique c’est aliéner sa liberté, c’est se soumettre, ou alors se démettre comme de Gaulle, aux humeurs de la fameuse opinion publique, à la versatilité des électeurs, au poids des lobbies, à l’immobilisme du peuple de gueulards que nous sommes.

 

Alors pour accéder à la plus haute marche il faut de la moelle, une bonne dose d’inconscience, une confiance en soi hors-norme, un ego surdimensionné, tous les grands politiques ont le melon, la palme revenant sous la Ve République à de Gaulle et à Mitterrand qui avaient une certaine idée de la France.

 

Mélenchon et Macron sont de ce bois-là...

 

Je ne suis pas fait de ce bois là, j’aime trop la vie pour aller me fourrer dans un tel merdier.

 

Aujourd’hui ma philosophie, sur Face de Bouc et ailleurs, est simple : « Les amis de l'heure présente ont le naturel du melon ; il faut en essayer cinquante Avant d'en rencontrer un bon. »

 

J’adore le melon et, comme j’ai le melon, j’étale ma culture comme de la confiture, paix aux mannes de Jacques Sauvageot de la bande des 3 de 68 (les 2 autres étant Cohn-Bendit et Geismar, en vous citant ce superbe texte de James Joyce Ulysse 1922 :

 

« Les signes visibles de présatisfaction ? Une approximative érection, une intense attention, une graduelle élévation, un geste d'élévation, une silencieuse contemplation. Ensuite ? Il embrassa les ronds mamelons melliflons de sa croupe, chaque rond et melonneux hémisphère à son tour, et leur sillon minon marron, avec une osculation ténébreuse, prolongée, provocante, melon-odorante. »

 

Mais comme je suis officiellement estampillé blogueur-vin je vous offre en chute une chronique du 27 février 2012

 

J’ai un faible pour les Maisons Familiales Rurales : elles n’ont pas le melon même si certaines en font en Bourgogne…

 

Vous y découvrirai tout un pan de votre Taulier au melon hypertrophié :

 

« Pour le reste rien à dire si ce n’est que ce Melon de Bourgogne est un fieffé coquin puisque d'origine bourguignonne  il est peu utilisé dans sa région d'origine, il très répandu du côté de chez moi sous le nom de Muscadet. Ce sont les hollandais au XVIIe (rires) qui ont poussés à sa culture en ces lieux où il s'est définitivement imposé après l'hiver 1709 par sa résistance relative au terrible froid qui gela la mer. Cette année-là, -23,1 °C fut relevé à Paris les 13 et 14 janvier. »

 

Je propose que cette chronique entre au Guinness des records et si vous me demandez pourquoi je vous répondrai que la réponse est dans ma proposition : melon un jour, melon toujours !

 

 

 

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