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19 janvier 2018 5 19 /01 /janvier /2018 06:00
Vitisphère-La Vigne brandit un carton rouge à Audrey Bourolleau : la main de la FNSEA !

C’est dans l’air du temps, les rédactions des médias du vin se la jouent les Oscars d’Hollywood ou les Césars françois, sauf que dans ces deux cas le corps électoral est constitué par les professionnels du cinéma.

 

« Rédigés par les journalistes de Vitisphere et La Vigne et réalisé par les équipes techniques de Vitisphere, les 20 du vin réunit les hommes et femmes qui ont fait l'actualité de la filière viti-vinicole hexagonale en 2017. Cette liste compte aussi bien des stars établies que des personnalités émergentes, des techniciens comme des entrepreneurs... Tous étant influents sur des questions qui animeront les millésimes à venir. Y compris « la déception de l'année », ayant récompensé la personnalité n'ayant pas tenu ses promesses. »

 

Franchement je me gondole, comme on le dit chez Carrouf, quelle prétention de leur part, qui sont-ils donc pour avoir l’arrogance de décerner des trophées, ou pire, dans le cas de Vitisphère-La Vigne un carton rouge à la personnalité n'ayant pas tenu ses promesses. »

 

En l’occurrence Audrey Bourolleau venue tout droit de Vin&Société pour murmurer dans l’oreille du Président.

 

Triomphe absolu d’un lobbyisme de 4 sous, bien à la hauteur de gens appartenant à un groupe de presse contrôlé par la profession agricole.

 

« Le Groupe France Agricole est racheté en 2011 par le groupe d'informatique agricole Isagri et son partenaire le groupe Avril (nouvelle dénomination de Sofiprotéol). En juin 2014, Isagri reprend le capital du Groupe France Agricole à hauteur de 95 %. »

 

C’est vraiment faire injure à Audrey Bourolleau que de réduire son engagement politique à la défense des intérêts du monde du vin. Par ailleurs, je ne vois pas au nom de quoi elle aurait retourné sa veste car l’histoire du tire-bouchon de madame Buzyn n’excite que les grands chefs du vin. Ça leur permet de masquer leur incapacité à définir ensemble une ligne stratégique claire.

 

Pour les nominés positifs je me garderai bien de commenter mais parler d’influence pour certains c’est drôle. Enfin, ils font ce qu’ils peuvent à  Vitisphère-La Vigne mais ils peuvent peu… il y a chez eux un côté Chapron, l'arbitre ayant brandit le rouge à la face de Diego Carlos, joueur du FC. Nantes après lui avoir fait un croche-pied. Petit et mesquin...

 

Les élus 

ICI

 

 

 

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17 janvier 2018 3 17 /01 /janvier /2018 06:00
Poulet * très confidentiel à mon Hercule Poirot gaulois…

Est-ce que j’eusse dû l’écrire à l’encre sympathique ce poulet ?

 

Nul besoin, mon Hercule Poirot est unique, il est mien et se reconnaîtra sans peine même si j'eus aimé que son patronyme chutât du côté d’un légume cher à mon cœur de Commandeur du Mérite Agricole.

 

En revanche l’emploi du « Plus-que-parfait » du subjonctif pour mon interrogation lui sied parfaitement, c’est un as, un peu maniaque, de la concordance des temps.

 

Cet amour immodéré le rapproche de la belgitude de l’Hercule Poirot d’Agatha Christie qui se serait inspirée d'un gendarme belge, Jacques Hornais, réfugié au Royaume-Uni pendant la Première guerre mondiale pour lui donner naissance.

 

Mon Poirot à moi a sucé le lait du Grevisse.

 

 

Rappelons aux petites louves et petits loups ignares que le Grevisse, Le Bon usage est une grammaire descriptive et prescriptive du français, publiée pour la première fois en 1936 par Maurice Grevisse.

 

Belge comme Poirot, né à : Rulles, le 07/10/1895 et mort à : La Louvière, le 04/07/1980

 

Biographie :

 

« Maurice Grevisse naît d’un père forgeron et d’une mère couturière. En obtenant son diplôme d’instituteur, il s’écarte de la voie professionnelle paternelle.

 

Il devient alors successivement régent littéraire, professeur et, enfin, accède en 1925 au titre de docteur en philosophie et lettres à l’Université de Liège.

 

Ayant accepté de refondre une grammaire scolaire existante, il rédige une œuvre originale, Le Bon Usage, qui paraît en 1936 et deviendra le centre de toute une vie.

 

Les plus grands grammairiens et écrivains de l’époque, dont André Gide, vont saluer ce travail minutieux. Il publie également une série de manuels reconnus pour l’enseignement secondaire.

 

Plusieurs distinctions viendront ponctuer une carrière admirable, comme le prix De Keyn de l’Académie royale de Belgique en 1939 et la médaille d’or de l’Académie française en 1946.

 

Maurice Grevisse disparaît le 4 juillet 1980 après avoir confié les rênes du Bon Usage à son gendre, André Goosse. »

 

J'ai moi aussi tété le Bon Usage mais, avec l'âge, je me laisse aller cher monsieur Poirot et c'est la Bérézina.

 

Alors, lorsque je vous croise, cher lecteur, vous ne manquez jamais, avec une délectation gourmande, de me cribler de flèches, je suis votre Saint-Sébastien, à l’encre rouge vous soulignez tous mes manquements au Bon Usage.

 

J’en conviens aisément mais, comme il est difficile d’en placer une avec vous, je n’irai pas jusqu’à dire que je m’en tamponne car ça offenserait ma défunte mère très soucieuse de la bonne orthographe et mademoiselle Brye mon institutrice qui aimait tant mes zéro fautes en dictée.

 

 

Tout fout le camp mon bon monsieur Poirot, tout décline, je ne suis qu'un vieillard indigne qui ne relit jamais ses chroniques. La gratuité a un coût cher Poireau et je suis tout disposé à vous accueillir comme correcteur en appliquant le même principe.

 

Mon image d’Hercule Poirot est celle de Peter Ustinov dans le  film Mort sur le Nil film britannique de John Guillermin, sorti en 1978.

 

 

La moustache en plus et la calvitie en moins j’y retrouve un peu  de vos rondeurs, un peu de vous qui, tel un Giscard face à un Mitterrand, aimez tant me poser des colles sur lesquelles je sèche sans honte puisque je n’ai nulle envie de répondre.

 

Ma devise « Sur mon lisse, tout glisse...» m'a permis de sortir indemne du marigot politique, je suis blindé.

 

Je vais vous faire un aveu, ou plus exactement je vous lance un défi : venez donc, sur un sujet de votre choix, exercer vos talents de plume – je ne suis pas ironique – et votre orthographe impeccable sur mon espace de liberté. J’en serais ravi.

 

Bien évidemment j’accueillerai, avec plaisir, toutes vos corrections à ce poulet.

 

Pour la chute j’ai opté pour la dernière dictée de Bernard Pivot Les bienfaits de la gymnastique.

 

Comme je suis toujours à l'extrême pointe de la tendance j'enfourche celle du renouveau de la dictée sous le règne du jeune Macron et de son Ministre Blanquer.

 

«Il s'agissait d'une dictée difficile, d'un niveau qui n'a probablement jamais été aussi élevé », estimait Bernard Pivot qui signait là la dernière émission des Dicos d'Or, lancés en 1985 avec le soutien du Crédit Agricole, France 3, Larousse et Lire. « C'est une décision que nous avons prise ensemble avec nos partenaires. Il faut savoir arrêter une belle émission… Je préfère laisser des regrets plutôt que d'être poussé vers la sortie»

 

187 finalistes étaient réunis, dont le Ministre de la Culture de l’époque Renaud Donnedieu de Vabres,  sous le chapiteau en dur de l'académie Fratellini, centre de formation aux arts du cirque près du Stade de France

 

Seuls trois finalistes, un professeur de lettres classiques, un informaticien et un typographe retraité parvinrent au « zéro faute », sur un texte mêlant calembours, termes liés à l'exercice physique, mais pas seulement.

 

La dictée lue ICI 

 

Allez, cher Poirot, soyez sport, jetez-vous à l’eau, empoignez votre porte-plume doté d'une plume sergent major, trempez-la dans l’encre violette et tapez-vous cette dictée.

 

Bonne journée et large soif comme le proclame le Roger Feuilly !

 

*Poulet : Familier. Lettre galante ; billet doux.

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13 janvier 2018 6 13 /01 /janvier /2018 06:00
En champagne le modèle dit des grandes maisons reproduit par la grande coopérative Nicolas Feuillatte est-il encore pertinent ?

Cette question me turlupine depuis un moment, en effet le modèle traditionnel, qui a fait le succès et la longévité de l’appellation par l’incorporation massive de marketing dans les bouteilles des grandes marques, donc dans leur prix, résistera-t-elle à un double phénomène : l’offensive de manants effervescents type Prosecco et l’émergence des champagnes de vignerons qui redonnent au champagne des lettres de noblesse plus proche de son origine, la parcelle, plus soucieux de l’environnement, de l’authenticité que d’un process bien maîtrisé par les chefs de cave des grandes maisons ?

 

Poser la question ne signifie pas que ce modèle soit devenu obsolète, loin de là, mais il s’essouffle en termes d’image auprès des nouveaux consommateurs comme d’une part des anciens, qui sur le base de l’échelle des prix : pour les plus bas ils se disent, qu’au même prix, d’autres effervescents sont bien meilleurs ; pour les plus hauts le doute s’instaure face à une offre de champagnes plus authentiques le différentiel de prix apparaît injustifié.

 

Pour l’heure, la notoriété de l’appellation champagne lui permet de résister, mais se contenter de résister peut-il constituer une stratégie à long terme pour une appellation qui va étendre son aire ?

 

Qu’on ne me reproche pas de remettre en question un modèle qui gagne ce n’est pas mon but mais je suis en droit de douter que le côté rouleau compresseur du : je produis des kilos de raisins dans les conditions économiques optimales  sans me préoccuper des nouvelles attentes des consommateurs en termes d’environnement et de goût soit une vision d’avenir. Cette attitude me semble assez  proche de de celle, à une certaine époque, des vins de Bordeaux, ceux du bas comme du haut qui a entretenu l’ambiguïté entre la grande masse et les GCC.

   

Reste à aborder la place des grosses coopératives en Champagne qui, ont adopté le modèle des grandes maisons.

 

Le petit milieu des grandes maisons, de plus en plus petit depuis que le petit Bernard a compacté des marques, longtemps a chuchoté que ces gueux de la coopé, fleurant bon à l’origine le rouge, mordrait la poussière, serait tout juste bon à écouler leurs roteuses dans la grande distribution ; ce qui ne les empêchait pas de s’approvisionner à la coopé.

 

La plus emblématique des grosses coopé est le Centre vinicole-Champagne Nicolas Feuillatte.

 

Dans le journal le Monde le journaliste s’extasie :

 

« La plus grande coopérative de champagne, troisième marque la plus vendue au monde, rivalise avec les maisons de renom. »

 

« Aujourd’hui, Feuillatte, union de 82 caves ­coopératives et de quelque 5 000 vignerons, peut revendiquer la première place sur le ­marché ­national du champagne et la troisième au monde. Les chiffres et les volumes claquent comme dans une superproduction américaine : 10,4 millions de bouteilles vendues en 2016 dont 80 % de brut sans année, 45 % des volumes vendus à l’international, 70 à 80 millions de cols en stock, 2 250 hectares d’approvisionnement ­­­­­ – 40 % en ­pinot meunier, 35 % en pinot noir et 25 % en ­chardonnay –, 202 millions d’euros de chiffre ­d’affaires… « Aujourd’hui, dans nos ­cuves, on a la possibilité de vinifier l’équivalent de toute la production de la Champagne dans les années 1950, soit une trentaine de millions de bouteilles », annonce Laurent Panigai, directeur ­général adjoint du CV-CNF. »

 

Il s’interroge aussi :

 

« La question brûle les lèvres. Quelle peut être l’identité d’un tel mastodonte ? Les plus réservés ne manquent pas de souligner la trop grande ­diversité des cuvées, près de vingt. « Ça part dans tous les sens, on ne sait pas ce qu’est Feuillatte », ­disent les plus critiques. Réponse de la présidente de la ­maison, Véronique Blin, qui a pris cette charge en juin 2012, quarante ans après que son père a créé avec d’autres le centre vinicole. « Notre identité repose d’abord sur des valeurs collectives, sur ­l’assemblage de ­savoir-faire et de terroirs, sur les compétences d’hommes qui se sont unis », avance cette ­viticultrice qui produit aussi son propre ­champagne à ­Brugny-Vaudancourt, village de 500 habitants, au sud d’Epernay. Et de mettre en avant le ­nouveau slogan : « Une marque accessible qui ­reflète un luxe émotionnel. »

 

Le titre de son article est révélateur de l’état d’esprit du mastodonte :

 

Champagne Feuillatte, association de bienfaiteurs

 

D’abord satisfaire ses adhérents

 

« Première union de producteurs de la région, Feuillatte se doit d’abord de rendre service à ses adhérents et, accessoirement, de leur faire ­gagner de l’argent. Sur les 20 millions de bénéfices ­enregistrés en 2016, 5 leur ont été redistribués. Le projet est explicite : « Une rémunération optimale et immédiate des raisins par rapport au marché », des prestations de qualité à un coût compétitif, le développement de la marque et le relationnel avec les adhérents. »

 

La réponse du Président aux questions que je me pose est sans ambigüité

 

« Difficile aussi, devant l’étendue des approvisionnements, d’évoquer les parcelles, si célébrées aujourd’hui par les vignerons ou ­grandes maisons. « Dans la Champagne ­moderne, celle qui se crée au début du XIXe siècle, on ne parle pas de parcelles ni même de ­lieux-dits. L’identité repose sur le village, le cru. On assemble des cépages et des ­années, c’est ça l’identité champenoise, répond ­Laurent Panigai. La Champagne, son authenticité historique, c’est un territoire de 150 km d’est en ouest et du nord au sud. Le parcellaire, c’est pour la Bourgogne. » Derrière la puissance de la marque Feuillatte, ce dernier rappelle qu’il n’y a pas de ­cotation en Bourse et que le lien avec la ­vigne reste la priorité : « Nous sommes condamnés à réussir avec les adhérents sur leur territoire. »

 

Voilà, c’est dit mais comme au temps de mon rapport où j’avais rencontré, suite à sa publication, le Président de Nicolas Feuillatte, je ne suis pas sûr que les dirigeants des grandes coop, comme ceux des grandes maisons soient disposés à entamer un débat…

 

« Sûr d’eux-mêmes et dominateurs… » comme le disait le général sur un tout autre sujet.

 

 

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12 janvier 2018 5 12 /01 /janvier /2018 06:00
Rassurez-moi monsieur l’abbé, embrasser le métier de vigneron n’est pas un sacerdoce.

Ma sainte mère voulait faire de moi un prêtre, je fus donc soumis à un pilonnage en règle de la part du haut clergé : chaque année celui que l’on surnommait « le grand inséminateur » nous visitait à l’école Sainte Marie pour susciter des vocations. À la fin de son prêche il nous faisait remplir un petit papier sur lequel nous devions indiquer ce que nous souhaitions faire dans la vie.

 

Las de ces sollicitations un jour je répondis « vidangeur » ce qui me valut de me faire tirer les oreilles.

 

Tout ça pour que vous compreniez que lorsque j’entends ou je lis, le plus souvent sous la plume du petit monde qui volette autour des vignerons, que le métier de vigneron relèverait d’un sacerdoce, je sors ma sulfateuse et je pulvérise.

 

De plus c’est un sacerdoce tendance silice qui, je le rappelle, pour les petites louves et les petits loups, est une tunique, une ceinture de crin ou d'étoffe rude, garnie éventuellement de clous ou de pointes de fer à l'intérieur et portée sur la chair par mortification. À ne pas confondre avec la Silice de corne (501) qui est une préparation essentielle pour l'agriculture biodynamique, elle est complémentaire et agit en polarité avec la bouse de corne (500). Elle ne s’adresse pas au sol mais à la partie aérienne des plantes durant leur période végétative.

 

S’ajoute à ce don absolu et désintéressé de soi, pour la plus haute sanctification du vin, un léger relent du : « seul le terroir ne ment pas », trime, donne-toi de la peine, courbe l’échine, contente-toi de peu, vis chichement, mais donne-nous ou presque, le fruit de ton labeur désintéressé puisque tu ne vis que pour l’élévation de ton sacerdoce et que ton bonheur sera dans un autre monde.

 

J’exagère ?

 

À peine, car je ne vois pas au nom de quoi le métier de vigneron relèverait de la forme la plus élevée des métiers de la terre.

 

Je suis né dans un pays où le froment comptait plus pour la vie des gens de peu que le vin qui, affreuse piquette à base de Noa fabriquait beaucoup d’alcooliques.

 

Le pain c’était sacré. Avant de l’entamer on traçait une croix sur sa face plane et le dimanche le curé distribuait pendant la messe du pain béni.

 

Alors je ne vois pas pourquoi le cep conférerait à celui qui le bichonne un statut sacré haut dessus de la piétaille.

 

Vigneronne et vigneron c’est un métier ; un métier difficile soumis aux aléas du climat, aux maladies, qui, certes peut s’exercer avec passion, mais qui reste comme on dit « un gagne-pain ».

 

Entendez-moi, ou lisez-moi bien, ce qui confère au métier de vigneronne et de vigneron une supériorité, c’est la capacité qu’ils ont, s’ils l’ont choisi, d’être les artisans d’un produit fini, le vin. Par rapport à leurs consœurs ou confrères  agriculteurs ou éleveurs, trop souvent producteurs de minerai broyé dans la chaîne agro-alimentaire (confère le lait infantile Lactalis), elles et ils peuvent rester maîtres de la naturalité de leur produit.

 

Mais là encore il faut tracer des lignes de partage, le statut d’artisan n’est pas un sésame, beaucoup de vigneronnes et vignerons, dit indépendants, sous les conseils de ceux qui gravitent autour d’eux, reproduisent des schémas cousins germains de ceux utilisés par la grande cavalerie.

 

Bourlinguant depuis des années dans le milieu du vin je suis de plus en plus excédé par celles et ceux, y compris certains néo-vignerons, qui entonnent ces psaumes ridicules qui alimentent une littérature qui relève de la Terre qui meurt de René Bazin, dégoulinant de bons sentiments vécus sur le dos des autres.

 

Compatissant ils sont, dégoulinant  de compassion !

 

L’intégrale de la Terre qui meurt ICI 

 

 

 

« L’irritation qu’il avait ressentie des menaces du garde s’atténuait. Il n’avait qu’à se souvenir, pour ne rien craindre du marquis de la Fromentière. N’étaient-ils pas tous deux de noblesse, et ne le savaient-ils pas l’un et l’autre ? Car le métayer descendait d’un Lumineau de la Grand’Guerre.

 

Et, bien qu’il ne parlât jamais de ces aventures anciennes, à cause des temps qui avaient changé, ni les nobles ni les paysans n’ignoraient que l’aïeul, un géant surnommé Brind’Amour, avait conduit jadis dans sa yole, à travers les marais de Vendée, les généraux de l’insurrection, et fait des coups d’éclat, et reçu un sabre d’honneur, qu’à présent la rouille rongeait, derrière une armoire de la ferme. Sa famille était une des plus profondément enracinées dans le pays. Il cousinait avec trente fermes, répandues dans le territoire qui s’étend de Saint-Gilles à l’île de Bouin, et qui forme le Marais. Ni lui, ni personne n’aurait pu dire à quelle époque ses pères avaient commencé à cultiver les champs de la Fromentière. On était là sur parole, depuis des siècles, marquis d’un côté, Lumineau de l’autre, liés par l’habitude, comprenant la campagne et l’aimant de la même façon, buvant ensemble le vin du terroir, quand on se rencontrait, n’ayant, ni les uns ni les autres, la pensée qu’on pût quitter les deux maisons voisines, le château et la ferme, qui portaient le même nom. Et certes, l’étonnement avait été grand, lorsque le dernier marquis, monsieur Henri, un homme de quarante ans, plus chasseur, plus buveur, plus rustre qu’aucun de ses ancêtres, avait dit à Toussaint Lumineau, voilà huit ans, un matin de Noël qu’il tombait du grésil : « Mon Toussaint, je m’en vas habiter Paris : ma femme ne peut pas s’habituer ici. C’est trop triste pour elle, et trop froid. Mais ne te mets en peine ; sois tranquille : je reviendrai. » Il n’était plus revenu qu’à de rares occasions, pour une journée ou deux. Mais il n’avait pas oublié le passé, n’est-ce pas ? Il était demeuré le maître bourru et serviable qu’on avait connu, et le garde mentait, en parlant de renvoi. »

 

 

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11 janvier 2018 4 11 /01 /janvier /2018 06:00
 États généraux de l’alimentation : Docteur Jekyll et M. Hyde/Philippe Mauguin, PDG de l’INRA/Olivier Mével, enseignant-chercheur à l’université de Bretagne-Loire

Souvenir du gagatorium lors du règne de Nicolas Sarkozy, en langue officielle c’est le CGAER : conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux regroupant la fine fleur des hauts fonctionnaires du Ministère de l’Agriculture : Ingénieurs Généraux, Vétérinaires-Inspecteurs, Inspecteurs Généraux…

 

Je signale à tous, à Hervé BIZEUL tout particulièrement, que je n’ai jamais été ni haut, ni fonctionnaire, car un fonctionnaire est un individu des 2 sexes ayant passé avec succès un concours et qui accède au statut de la Fonction Publique, grand sac qui regroupe aussi bien les gars et les filles du haut et qui donne droit au régime des pensions de l’État.

 

Ma pomme ayant passé 40% de son temps dans le privé et 60 % dans le public bénéficie d’une retraite émanant de 5 caisses : MSA, CNAV, Agirc-Arcco et Ircantec.

 

On m’avait rattaché au gagatorium pour que je puisse mettre mes neurones au service de ce cénacle où, en dépit de mon statut de manant, mes collègues ne me prenaient pas de haut car j’étais le seul à avoir été Directeur de cabinet du Ministre (à l’époque celui qui actait leur tableau d’avancement).

 

Je m’enorgueillis, oui, oui, d’être une bizarrerie sous la Ve République où les titulaires de ce poste non fonctionnaire se comptent sur les doigts d’une main.  

 

Donc, au gagatorium, au temps du Petit Nicolas, nos chefs et une bonne partie de mes collègues  commençaient quasi-systématiquement leurs interventions lors de nos réunions mensuelles par « Comme l’a dit le Président… » et renouvelaient la référence dans le fil de leur propos.

 

Comme j’ai mauvais esprit je ne pouvais m’empêcher de penser au fils de Tonton, Jean-Christophe, lorsqu’il était le « monsieur Afrique » surnommé « Papa m’a dit… »

 

Ce qui suit, sous la plume du fort sympathique et médiatique, Philippe Mauguin, ex-directeur de cabinet de Stéphane Le Foll, propulsé comme PDG de l’INRA, est une version moderne du « Comme l’a dit le Président… » à propos des États généraux de l’alimentation de notre sémillant Président Macron.

 

En face de lui, un enseignant-chercheur Olivier Mével, de l’université de Bretagne-Loire, donc un emmerdeur qui n’a nul besoin de se livrer à la génuflexion face à la statue présidentielle.

 

Avant de leur donner la parole,  encore un petit insert personnel, dans la tradition des haut-fonctionnaires un Directeur de Cabinet suit ensuite une voie royale, celle des désignés en Conseil des Ministres, à la discrétion du gouvernement. Votre serviteur s’est toujours refusé à accepter ce type de proposition, non par vertu, mais tout bêtement parce que je n’avais nulle envie de me faire virer à la première alternance. De même être intégré à un Grand Corps, un jour François Villeroy de Galhau, alors Directeur de cabinet de DSK, aujourd’hui Gouverneur de la Banque de France, me proposa l’Inspection des Finances, lieu hautement prestigieux. Je ne l’ai pas accepté, sans en tirer aucune gloire, pour garder ma liberté et je n’ai aucun regret.

 

Philippe Mauguin, Président-directeur général de l’INRA, membre de l’Académie d’agriculture de France

 

Innover collectivement pour transformer notre agriculture et notre alimentation

 

Pendant 6 mois, les Etats généraux de l’alimentation lancés par le Président de la République ont permis un dialogue franc, riche et fructueux entre tous les acteurs de l’amont à l’aval et la société pour dessiner les contours d’un nouveau contrat social et productif pour notre pays.

 

Des systèmes agricoles et alimentaires plus durables et adaptés aux défis du monde, de nouvelles voies pour créer de la valeur et mieux la répartir, des producteurs valorisant mieux leurs savoir-faire et leurs pratiques sont désormais des objectifs partagés par l’ensemble des acteurs des filières et de la société.

 

Ce nouveau contrat social et productif dont nous avons collectivement tracé les contours passera par une mutation à grande échelle de nos systèmes de production et de consommation vers l'agroécologie et la multi-performance. Tout cela est non seulement souhaitable mais c’est surtout possible à grande échelle.

 

Au cœur de ces nouveaux systèmes de production et de consommation se pose très naturellement la question centrale de la baisse des intrants et en particulier des produits phytosanitaires ce qui nécessite une véritable transformation des systèmes et des modèles de production mais aussi bien sûr une agriculture plus intensive en savoir, en connaissances et donc en recherche. Nous devrons collectivement innover pour transformer notre agriculture et notre alimentation.

 

Naturellement la recherche jouera tout son rôle pour accompagner cette transformation et permettre une accélération du transfert des connaissances mais il nous faudra aussi innover en repensant les modes d’organisation traditionnels de la production et de la commercialisation.

 

Avec les Etats généraux la voie est tracée, les bases solides, les atouts nombreux et les acteurs volontaires et exigeants : le temps est désormais celui d’un changement profond. Dans cette période qui s’ouvre, il faudra être volontaire et optimiste, tout en étant conscient que le chemin de la transition sera long et pourra sembler difficile à certains.

 

Mais les leviers sont là pour obtenir des résultats concrets et regagner la confiance dans un environnement compétitif, qui doit redevenir une force de progrès pour tous.

 

États généraux de l'alimentation

 

OLIVIER MÉVEL : CES ÉTATS GÉNÉRAUX SONT « UNE PRIME À LA VIOLENCE COMMERCIALE »

PAR PIERRE-YVES BULTEAU - LUNDI 08 JANVIER 2018

 

Suppression du seuil de revente à perte, révision en profondeur de la loi dite de modernisation de l’économie ou responsabilisation des distributeurs et des industriels, pour Olivier Mével, enseignant-chercheur à l’université de Bretagne-Loire et spécialiste des filières agroalimentaires voilà quelques-uns des défis à côté desquels sont passés les États généraux de l’alimentation.

 

  • L’une des promesses phares de ces États généraux était de trouver des solutions pour  payer au prix juste les agriculteurs. A-t-elle été tenue ?

 

  • Clairement non. Et ce n’est pas avec la hausse de 10 % du seuil de revente à perte sur les produits alimentaires que la guerre des prix va s’arrêter. Avec cette annonce, on nous fait croire que les distributeurs vont automatiquement acheter 10 % plus cher leurs produits aux industriels qui, eux-mêmes, vont proposer une revalorisation de 10 % à leurs producteurs… Dire cela, c’est nier la fonction même de la grande distribution qui est de dégager un maximum de profit, en jouant sur les marges. Même un étudiant en première année d’économie comprendrait que ce schéma ne tient pas. Pour assurer un rééquilibrage financier aux producteurs, l’État aurait dû affirmer qu’il jouerait à plein son rôle de régulateur et donc de protecteur des quinze filières alimentaires françaises en souffrance. Au lieu de cela, cette réforme du code du commerce renforce davantage l’emprise des grandes et moyennes surfaces (GMS) sur les agriculteurs. C’est une prime donnée à la violence commerciale.

 

  • La loi de modernisation de l’économie (LME) de 2008 était pourtant censée corriger les travers de la loi Galland de 1996 sur « la loyauté et l’équilibre des relations commerciales ». Elle n’est rien d’autre que « la loi du plus fort » dîtes-vous. En laissant de côté la LME, les États généraux ont-ils évité de s’attaquer à la concentration des centrales de distribution ?

 

  • Pour répondre à votre question, il faut faire appel à la mémoire de vos lecteurs. Et se souvenir qu’Emmanuel Macron n’était autre que le rapporteur de la Commission Attali mise en place en 2007 par Nicolas Sarkozy, à la demande de Michel-Edouard Leclerc. Et que disait ce rapport ? « Qu’il fallait instaurer le principe de liberté tarifaire dans la distribution et le commerce de détail, en levant les interdictions de revente à perte et de discrimination tarifaire. » Une application qui, depuis 2008 et le vote de la LME, a pillé comme jamais le travail des paysans français…

 

… Un principe de « liberté tarifaire » sur lequel sont revenus les États généraux en annonçant, par exemple, la limitation des promotions à 34 % sur la valeur des produits alimentaires (de type trois produits pour le prix de deux) et à 25 % en volume annuel. Deux mesures qui vont être mises en place, à titre expérimental et sur deux ans, pour donner de meilleurs repères de prix aux consommateurs…

 

Bien, mais cela n’atténue en rien la puissance des GMS. Elle reste la même, avant et après les États généraux. Cela parce que ces derniers n’ont rien opposé au principe de « liberté contractuelle », établi en 2008 par la LME, qui a permis et permet toujours aux fournisseurs de vendre à des prix différents à chaque distributeur. Or, tant que les GMS pourront dire : « Je n’ai pas besoin de vous acheter, mais vous avez besoin de me vendre », le rapport de force sera prédominant et le partage de la valeur ajoutée, déséquilibré. C’est cela que les États généraux auraient dû réformer. Au lieu de quoi, ils ont sacralisé la domination du prix sur la qualité des produits.

 

  • Dans la deuxième partie du projet de loi, portant sur le code rural, Édouard Philippe a évoqué l’idée de la « contractualisation inversée ». Soit le contrat proposé par le producteur et non plus par l’acheteur…

 

  • Si cette annonce est suivie d’effet, avec la volonté de développer une réelle filière bio française, elle sera l’une des rares avancées de ces États généraux. En réalité, depuis qu’ils ont été annoncés et dès leur mise en route, on a pris les choses du mauvais côté en focalisant uniquement sur la guerre entre distributeurs et fournisseurs et en oubliant totalement les producteurs. C’est une injustice totale. Prenez le lait demi-écrémé UHT. Lactel et Candia, les deux principales marques de lait disponibles dans les linéaires, commercialisent la brique d’un litre à 84 centimes d’euro. Face à eux, le lait équitable Faire France ou la marque « C’est qui le patron ? » propose un lait à 99 centimes. Or, à l’intérieur de la brique, c’est le même lait ! Comment peuvent-elles atteindre ce prix alors que les deux leaders du secteur vendent le litre 15 centimes moins cher ? Par la répartition des marges en défaveur des producteurs.

 

De cette guerre des prix, découle un autre aspect auquel on ne pense pas toujours : l’extension mécanique de l’outil commercial en France. Des milliers de mètres carrés supplémentaires sont créés, chaque année, alors même que le pouvoir d’achat des consommateurs n’augmente pas. Et, même s’il tend à diminuer, le chiffre d’affaires annuel au mètre carré reste tout bonnement intolérable. Entre 12 000 et 15 000 euros pour un simple hypermarché. Avec de tels chiffres, le rapport de force reste, lui aussi, intolérable. Renforçant d’autant la violence des négociations commerciales. Je le redis, les États généraux auraient dû rééquilibrer ce rapport de force et empêcher les GMS de capter aussi facilement la valeur ajoutée.

 

  • Au-delà des conclusions des États généraux de l’alimentation, quel rôle peuvent jouer les consommateurs dans ces relations entre producteurs, fournisseurs et distributeurs ?

 

  • Un rôle immense. Aujourd’hui, le consommateur consacre 10 % de son revenu disponible à son alimentation. Or, la tendance est au « consommer mieux » et à l’alimentation socialement et écologiquement responsable. De plus en plus, il veut de la transparence sur les filières, de l’intégrité concernant les conditions de vie des agriculteurs et de la qualité au niveau des produits qu’il achète. Le consommateur est le premier soutien d’une innovation agricole locale qui voit un grand nombre de marques régionales émerger, jusque dans les rayonnages des supermarchés. Si ce sont encore les GMS qui fixent les prix, au final, c’est au consommateur de choisir ce qu’il veut manger et de les faire évoluer.

 

 

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7 janvier 2018 7 07 /01 /janvier /2018 07:00
Des mielleux, mielleuses, des fielleux, fielleuses… sur les réseaux sociaux.

« Ce fut dit, sous les ors de l’Élysée, avec le sourire carnassier, le regard d’acier mais le ton mielleux du président de la République française : la Turquie du président Erdoğan ne saurait plus avant prétendre rallier l’UE « au vu des évolutions récentes ».

 

C’est signé  ANTOINE PERRAUD dans Médiapart, et je trouve que celui-ci) un ton fielleux.

 

Lincoln disait : « Une vieille et sage maxime nous assure qu’une goutte de miel attrape plus de mouches qu’une pinte de fiel ».

 

Commençons par la goutte de miel des mielleux et des mielleuses :

 

Les premières et les premiers j’en ai rencontré des flopées dans les allées du pouvoir lorsque j’y détenais une bien mince parcelle de ce pouvoir. À noter que le masculin l’emportait largement sur le féminin, peu de femmes occupaient des postes de responsabilité dans les organisations agricoles.

 

Ça mettait en colère l’un de mes Ministres qui me confiait furibard, lorsque ses interlocuteurs venaient tout juste de quitter son bureau, après l’avoir assuré la faridondaine de bordées de « bien sûr monsieur le Ministre… », de « nous sommes d’accord avec vous monsieur le Ministre… », de « vous avez raison monsieur le Ministre… », de « nous vous appuierons monsieur le Ministre… »

 

« Tel que tu les vois, ils vont me chier dessus devant les journalistes qui les attendent dans la cour… »

 

Et c’était très souvent le cas.

 

Un jour je lui répondis, pince-sans-rire, « Tu devrais leur dire et je te fiche mon billet qu’ils te répondraient : « nous sommes d’accord avec vous Monsieur le Ministre… »

 

Ça le fit beaucoup rire, sa tête de turc était le Président de l’APCA, originaire de la même région que lui, qui était un modèle-type de jésuitisme à la sauce centriste.

 

Le CRNTL définit le mielleux :

Qui est doucereux; qui montre, qui affecte une douceur hypocrite.

 

« Cette figure mielleuse, régulière et un peu fausse, ne lui convint pas » Balzac, Annette, t.1, 1824, p.108.

 

Mauvaise pioche je n’apprécie pas particulièrement le sucre… j’apprécie plutôt l’acidité.

 

Mais l’acidité n’a rien à voir avec le fiel, la bile des animaux.

 

Sur les réseaux sociaux, les fielleuses et les fielleux sont légion.

 

Le CNRTL toujours pour fielleux :

  1. Qui est plein de fiel, d'amertume; jaloux, calomnieux.

 

« Un discours, un sourire fielleux; insinuations, paroles fielleuses. Témoignages fielleux de ceux qui auront méconnu Gide, ou l'auront calomnié » Martin du Gard, Notes A. Gide, 1951, p. 1414).

 

 

  1. Qui manifeste de la haine, de la méchanceté, plus ou moins ouvertement.

 

« Une hargne fielleuse. Je ne vois que (...) des bouches fielleuses crispées par la haine » Mirbeau, Journal d’une femme chambre, 1900, p. 62)

 

« ... la physionomie du mauvais prêtre, du prêtre fielleux, du prêtre diabolique et qu'on pourrait opposer à la physionomie bonasse de Renan, dont toute la personne me rappelle le curé aux confitures ... Goncourt, Journal, 1886, p. 532.

 

J’ai très tôt découvert visuellement ce qu’était le fiel en observant ma mémé Marie lorsqu’elle vidait les poulets qu’elle tuait pour le compte de tout le quartier. Tout au bord du foie, la petite poche de fiel, toute verdâtre, elle la désenclavait avec délicatesse afin d’éviter de la crever ce qui aurait gâté le foie en lui donnant un goût très amer.

 

Ce liquide amer, verdâtre est contenu dans la vésicule biliaire.

 

Gamin je ne comprenais pas à quoi pouvait bien servir cette poche contenant ce truc dégueulasse collée au foie et, ignorant que j’étais, j’ignorais  que j’en étais doté d’une comme ce malheureux poulet.

 

À quoi sert la bile, le fiel pour les animaux ?

 

« Au moment du passage du bol alimentaire dans le duodénum elle va se contracter et permettre de fournir un volume de bile important afin de faciliter l'absorption des aliments et particulièrement celle des graisses au sein de l'intestin… »

 

Attention se faire de la bile n’a rien à voir avec les fielleux et les fielleuses.

 

« La théorie antique des 4 humeurs, formalisée en grec par Hippocrate, nous apprend que la bile noire correspond à la mélancolie, la tristesse, le souci, alors que la bile jaune était associée à la colère.

 

Les fielleux sont donc des gens, qui sont toujours très en colère contre la terre entière, qui déversent leur bile jaune dans les tuyaux des réseaux sociaux.

 

Ce sont des amers.

 

Parfois, en parcourant leurs écrits, je ne peux m’empêcher de penser « … ils doivent être bien malheureux dans leur vie pour en être ainsi réduit à déverser ainsi leur fiel sur celles et ceux qui ne pensent pas comme eux…

 

Bel exemple de fiel, celui des Inrocks à l’égard de Manuel Valls :

 

Ce vendredi, le magazine les Inrocks met en avant sur son compte Twitter un article intitulé « L'alcool pourrait causer des dommages génétiques irréversibles ». Et pour illustrer le propos... une photo de Manuel Valls, un verre de vin rouge à la main.

 

 

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6 janvier 2018 6 06 /01 /janvier /2018 06:00
Je suis fou des Pousses de Claires… je suis 1 « merivore »

Affinée en Claires ça sonne bien, ça m’enchante, allez savoir pourquoi ?

 

Au Bourg-Pailler, mon frère et mon père étaient accros aux huîtres ce qui n’était pas mon cas, je trouvais que ça ressemblait à des glaviots, je préférais les palourdes que mon ramassions avec un râteau dans le Gois de Noirmoutier ou que nous achetions chez Mousseau le poissonnier.

 

Mon père rêvait d’avoir un parc à huîtres.

 

Aujourd’hui j’aime toujours les palourdes mais je suis friand d’huîtres, tout particulièrement les Pousses de Claires qui sont dotés d’une IGP Label Rouge. 

 

« La claire possède un environnement très minéral, riche en nutriments, qui permet un développement de la nourriture de l’huître, le phytoplancton. Les huîtres profitent efficacement de la ressource nutritive spécifique à la claire et assimilent cette nourriture en quelques heures. L’huître renouvelle ses tissus cellulaires et acquiert à son tour les caractéristiques de ce milieu particulier.

 

Localement, la paroi de certaines claires peut se recouvrir d’une algue appelée « navicule bleue » qui produit naturellement un pigment bleu. L’huître, en filtrant l’eau de la claire pigmente à son tour ses branchies qui se teintent alors en vert (Jaune pâle des branchies plus le bleu de l’algue). »

 

Vous pouvez aussi lire une chronique du 18 mai 2012

 

De la sexualité des huîtres, des vins généreux qui accompagnaient celles de Néron, de l’ostréiculture si bien décrite par Ausone ICI 

 

Mais pourquoi diable affirmer que je suis un « merivore » ?

 

 

La réponse c’est que je suis un héritier de M. Flood qui « depuis presque six décennies, n’a pratiquement rien mangé d’autre que du poisson, des langues de morues frites, des palourdes, du crabe, du poulpe, du homard, de l’anguille et tout ce qui est vendu au marché aux poissons de Fulton Street. » et qui se définit comme un « fruit-de-merivore »

 

Sa principale préoccupation, alors qu’il avait 93 ans, était d’atteindre l’âge de 113 ans.

 

Il logeait au Hartford Hotel et quand un des résidents âgé se plaignait de se sentir pas bien, sa réponse était cinglante :

 

« Oh, taisez-vous. Peste soit votre docteur ! Je vais vous dire quoi ce qu’il faut faire. En sortant d’ici, foncez donc chez Libby’s, le marchand de fruits de mer, et expliquez-lui que vous voulez déguster des plus grosses huîtres. Inutile de vous asseoir. Restez debout devant le comptoir de marbre, comme ça vous pourrez voir l’écailler les ouvrir avec son couteau. Et insistez sur le fait que vous avez bien l’intention de boire le jus ; il les ouvrira par le dessus de façon à ne pas le renverser. Et assurez-vous que ce sont bien des très grosses. Prenez-les tellement grosses que vous serez forcé de faire un pas en arrière pour les déglutir ; il faut qu’elles aient la taille de celles que les restaurateurs font frire ou cuisinent en ragoût. Dieu leur pardonne cette stupidité. Exigez des huîtres de Robbins Island, de Matttituck, de Cape Cod ou de Saddle Rock. Et abstenez-vous de mettre dessus de la sauce rouge, cette sauce de cocktail, cette bouillasse, cette diarrhée. Demandez à l’écailler un demi-citron, faites-le rouler en appuyant dessus une ou deux fois pour libérer le jus, et pressez-le au-dessus des huîtres. Prenez la première qu’il ouvrira et humez-la, comme vous le feriez avec une rose parfumée ou de votre verre de cognac. Cette senteur salée, cette odeur d’algue vous éclaircira l’esprit, elle vous fouettera le sang. Et ne vous contenterez pas d’en manger six. Prenez-en une douzaine, deux douzaines, trois, quatre douzaines. Laissez à l’écailler un pourboire généreux et courez acheter un cigare à cinquante cents, inclinez légèrement votre chapeau vers l’avant et promenez-vous en descendant Bowling Green. Regardez le ciel ! N’est-il pas d’un bleu immaculé ? Et regardez les jeunes filles qui passent avec leurs jolis petits pieds et leurs talons qui claquent sur la chaussée. Ne sont-elles pas les plus adorables créatures que vous ayez jamais rencontrées, les plus souples, les plus cambrées, les plus souriantes ? N’éprouvez-vous pas quelque honte à dépenser votre bel argent pour payer un bon à rien de médecin ? Et surveillez-vous. Vous risquez de vous sentir tellement plein de vigueur que vous ne pourriez bien être tenté de donner une claque dans le dos à des étrangers, de briser une fenêtre d’un coup de pied, de vous battre avec un flic, ou encore de sauter sur la ridelle d’un camion qui passe pour faire un petit tour gratuitement. »

 

Joseph Mitchell New Yorker 1944

 

 

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5 janvier 2018 5 05 /01 /janvier /2018 06:00
en 2015 les 2 taulières entourent votre taulier

en 2015 les 2 taulières entourent votre taulier

Au tout début, le Lapin Blanc, dont je fus l’un des premiers piliers du bar, sans faire injure aux deux taulières Claire et Gaëlle, et au taulier tatoué le Stéphane, le Lapin Blanc tenait plus du bouiboui, certes bien tenu, que des bars à vins tendance qui fleurissaient dans Paris.

 

C’est ce qui faisait son charme même si pour s’y rendre, le cycliste que je suis devait se taper la plus belle côte de Paris, celle de la rue de Ménilmontant. Certes ce n’était pas le Mont Ventoux, il me fallait la monter au train à vélo puisqu’elle culmine à 104 m lorsqu’elle atteint la rue des Pyrénées. Longue de 1,230 km la rue de Ménilmontant est l'une des rues les plus abruptes de Paris. On l’enfile dans la prolongation de la rue Oberkampf, au métro Ménilmontant, où l’altitude est de 54 m, puis on la grimpe sans trop de difficulté jusqu’à la petite place de la rue Sorbier où elle atteint 75 m, ensuite la pente est très rude dans le dernier tronçon où se situe la cantine d’altitude qu’est Le Lapin Blanc.

 

 

Aller au Lapin Blanc ça se mérite, y’a pas de voiturier, il faut avoir du cœur et de bons mollets pour y accéder à pied ou à vélo mais, une fois entré dans le terrier, ce n’est que du bonheur à toute heure du jour et de la nuit, ou presque.

 

J’y ai à peu près tout fait à ce fichu Lapin Blanc, portier videur, essuyeur de vaisselle avec Emilie, danseur de rock avec la Claire, la cuisine pour mon anniversaire, pourvoyeur de vaisselle, coursier avec la Claire et Mr Fall pour l’approvisionnement, accoucheur de Barnabé le premier robot-mixeur, servir les clients, couper le pain, animer deux dégustations l’une sur les vieux GCC de Bordeaux extraits de ma cave, l’autre le soir funeste du Bataclan avec les vins de mes amis Alice et Olivier de Moor, Claire Naudin…, participer à des blind-test mémorables où j'étais lamentable, attirer le très chic et épicurien Pax et madame, et à ceux qui me disait « c’est qui le Lapin Blanc ? » je répondais invariablement « si vous saviez ! »

 

Avec le grand Philippe, pourvoyeur de jaja, d'abord en cubi, nous savions ce qu’était la galère des 2 Taulières mais nous ne pipions mots nous contentant d’être présents même les jours où la maison était désespérément vide.

 

Mais les filles n’étaient pas du genre à se lamenter, sur les réseaux sociaux elles inventaient, elles innovaient, reines de la communication la Gaëlle, et petit à petit le joyeux boui-boui est devenu un must parisien, infesté de vins nus, le genre de tripot à donner de l’urticaire au Pousson que nous « adorons » même que, comme dans les pubs anglais, il y a un jeu de fléchettes avec son ego pour cible (je déconne, c’est l’esprit Lapin Blanc).

 

 

Le tripot fermait officiellement à deux heures du mat mais que de fois sommes-nous restés derrière le grand rideau à sucer de la glace ; même qu’un petit matin Emilie voulait que nous allions prendre notre petit déjeuner à Trouville ; nous nous sommes contentés de débarquer à Versailles.

 

Bref, nous avons passé de bons moments au Lapin Blanc, je m’y suis fait une tripotée d’amis, surtout avec un e, mais voilà la roue tourne, les taulières changent de cap, et ce que je savais depuis longtemps arrive : clap de fin pour le Lapin !

 

Fin janvier c’est terminé.

 

Verserons-nous une larme, bien sûr que non, simplement le Vieux Con que je suis voulait dire merci à ces chevalières de l’impossible qui, au tout début, avec des bouts ficelles, un panier de dettes, mais un grand cœur, de l’amour, de la sueur et des éclats de rire, nous donné tout en haut de Ménilmontant des bouffées d’oxygène dans un monde qui en manque fichtrement.

 

Allez les nanas, taillez la route on se retrouvera pour siffler des canons, papoter…

 

Plein de bises sur vos belles joues…et le c'est propre de Stéphane me manquera 

 

Le Lapin Blanc chasseur de beaux vins nus sur les hauts de Ménilmontant : « mais oui madame c'est là que je viens retrouver mon âme, toute ma flamme, tout mon bonheur… » ICI

 

Claire et Gaëlle taulières du Lapin Blanc, ne chalutaient pas dans le Chantal Goya mais plutôt dans le Frank Zappa : Clap de fin !

Le Lapin Blanc et toute son équipe vous souhaite une très belle année 2018 !

 

Pour nous 2018 sera l’année d’un grand tournant : C’est avec un petit pincement au cœur que nous vous annonçons la fermeture prochaine du Lapin Blanc. Nous partons toutes les deux à la découverte de nouveaux horizons.

 

Nous avons passé 5 merveilleuses années à vos cotés : construire cet endroit de nos petites mains et avec tout notre cœur, découvrir un métier passionnant, se dépasser sans cesse, se passionner pour la cuisine, les beaux produits, les vins naturels… rencontrer des gens extraordinaires, VOUS rencontrer ! Devenir un refuge puis une famille.

 

Forcément, nous allons verser une petite larme, mais il nous reste un mois pour célébrer ensemble la fin de cette très belle aventure et nous comptons sur votre présence pour venir faire la fête avec nous, boire tout le stock, jouer au blind test, enflammer le dancefloor ! Le programme ci-dessous :

 

MERCI.

 

Amour à foison.

 

jeudi 4, 11 et 18 janvier, un (copain) chef d’un soir !

On peut déjà vous dire qu’il y aura l’aligot de Philippe Cuq le 18 janvier.

 

vendredi 5, 12 et 19 janvier, la boom !

Le fameux dancefllor du lapin va fumer.

 

samedi 6, 13 et 20 janvier,

Évidement les derniers blind test des titans !

 

---> Closing party le mardi 23 et mercredi 24 janvier <---

Plein d'infos à venir

Claire et Gaëlle taulières du Lapin Blanc, ne chalutaient pas dans le Chantal Goya mais plutôt dans le Frank Zappa : Clap de fin !
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4 janvier 2018 4 04 /01 /janvier /2018 06:00
À propos du grand Monopoly des vignes françaises LeRouge&amp;le Blanc pose-t-il la bonne question ?

Dans son dernier numéro LeRouge&le Blanc, l’édito de Julien Marron, s’interroge sur le devenir des beaux vignobles face à l’appétit des investisseurs extérieurs.

 

En chute de son édito il pose la question de l'avenir de « la philosophie du paysan-vigneron ? »

 

Qu’est-ce donc ce paysan-vigneron qui serait le modèle des vignes françaises ?

 

Est-il majoritaire ?

 

Et ces vignes françaises sont-elles d’une homogénéité telle qu’on puisse s’inquiéter pour leur devenir ?

 

Et les beaux vignobles, ceux qui « suscitent la convoitise », que représentent-ils dans l’océan des vignes françaises ?

 

L’infiniment petit, l’exception, epsilon, le haut d’une pyramide érigée par ce foutu marché qui génère des hauts prix qui font hurler les dit grands amateurs.

 

Faut-il alors faire appel à la vertu vigneronne pour que cette valeur, acquise d’abord par l’appétence des amateurs, puis boosté par le commerce, reste entre des mains vigneronnes ?

 

Sans dénier à la vertu une haute valeur je pense, en foutu juriste que je suis, qu’il vaut mieux s’en remettre à des solutions qui préserve l’avenir, en tenant compte de l’appétit de la parentèle face à un héritage juteux.

 

Ainsi va le monde, et l’image d’Épinal à la française d’une viticulture de petits vignerons artisans ne résiste pas à la réalité de la pauvreté des prix du vin dans les rayons de la GD.

 

Les bons sentiments ne font pas bon ménage avec la réalité économique, si l’on souhaite préserver le noyau dur, ce que je souhaite, d’une viticulture vigneronne, ce que l’on dénommait l’agriculture familiale, il est vital de s’en donner les moyens. Malheureusement, nous vivons dans l’illusion et le grand plan stratégique, qui sera remis à Macron dans le cadre des Assises de l’Alimentation, se gardera bien d’aborder la question.

 

« Quid de la philosophie du paysan-vigneron, de la continuité de son projet, du moment passé en cave avec la pipette, de l’échange sur le vin tiré du fût ? Quid de l’effet millésime, du caractère du vin lorsque les hommes qui étaient aux manettes seront remplacés ? On s’acheminera plutôt vers le désert de la relation commerciale où il faudra probablement même payer d’avance et réserver sur catalogue. Cette tendance est d’autant plus pénalisante que ces rachats sont majoritairement causés par le morcellement du foncier lorsque les ayants droits éloignés, parfois étrangers aux projets du domaine, veulent céder leurs parts aux plus offrants, ou encore l’absence de descendance de certains vignerons. À l’arrivée, c’est la démarche d’approfondissement du terroir de plusieurs générations qui peut partir en fumée, juste par l’appât du gain ou par rancœur tenace du voisinage. Autant les offre sont flatteuses pour le portefeuille, autant elles dépossèdent en réalité les vignerons de ce qu’ils ont de plus précieux : leur identité. »

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1 janvier 2018 1 01 /01 /janvier /2018 06:00
Kiersten Essenpreis NWT

Kiersten Essenpreis NWT

Je suis un homme du milieu, ou presque.

 

1948, à l’aube du milieu du XXe siècle, en juillet, donc juste après le milieu de l’année.

 

 

Baby-boomer je suis chargé de tous les péchés du monde pour avoir dit-on profité outrageusement des soi-disant 30 Glorieuses, d’avoir été cigale, d’avoir gaspillé, jeté l’argent par les fenêtres, dilapidé le capital national…

 

De 1948, je n’ai aucun souvenir.

 

1958 Souvenir de mon père, pas très gaulliste, inquiet de la tournure des évènements et de ma mère espérant que le Général fasse la paix en Algérie, c’est une année de crise pour la France. En avril, le gouvernement Félix Gaillard est mis en minorité. C’est le début de la crise politique, et personne ne souhaite devenir Président du Conseil. Le 13 mai, en réaction à cette instabilité politique - et à l'impuissance de la IVe République face à l'insurrection algérienne depuis 1954 - le général Jacques Massu constitue un Comité de salut public à Alger et exige la création en France d’un gouvernement d’exception. Le général de Gaulle accepte deux semaines plus tard de prendre la tête de l'Etat.

 

Sur le plan économique, la situation est également difficile.  Le Plan Pinay-Rueff d'assainissement financier est mis en oeuvre en décembre. Il s'accompagne d'une dévaluation de 17,5 % - la 7e depuis la Libération - et la création du nouveau franc.

 

J’ai 10 ans lorsque la Constitution de La Ve République entre en vigueur le 4 octobre 58.

 

1968, «  J'avais 20 ans en mai 1968 et que, contrairement à Paul Nizan dans Aden Arabie, aujourd'hui je n'écrirai pas « J'avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c'est le plus bel âge de la vie » De ce temps je ne suis ni fier, ni repentant, il reste pour moi le moment où la société française, sa jeunesse tout particulièrement, dans l'un de ses spasmes violents dont elle a le secret, explosaient les coutures d'un habit trop étroit. La société de consommation avait besoin qu'on brise les tabous pour prospérer, nous l'avons fait. Que voulez-vous, il faut que jeunesse se passe, et la nôtre fut celle qui osait écrire « nous ne voulons pas d'un monde où la certitude de ne pas mourir de faim s'échange contre le risque de mourir d'ennui. » C'est vrai que nous n'étions guère préoccupés par nos retraites, nous étions des enfants de la Paix et, tout au fond de nous, sous notre couche de connerie verbale, la certitude d'un monde meilleur ne souffrait d'aucun doute. »

 

 

En 1968, nous étions dans la rue mais pas dans les urnes. Pour le vidage peu glorieux du Général, l'apport de la France moisie et revancharde a fait la différence. Pas nous ! Enfin, pour l'élection de Pompidou quelques remarques : avec le pâtissier rondouillard et madré de Jacques Duclos les ex-stal du PCF faisaient leur meilleur score - pauvre Marie-Georges - et surtout étaient à deux doigts d'être au 2ème tour. Dans quelle galère s'était fourré PMF avec Gastounet ? C'est la seule fois où Rocard s'est présenté et je n'ai pas pu voter pour lui - heureusement mémé Marie qui prenait ses consignes de vote auprès de son petit fils préféré l'a fait pour moi. Enfin, l'inconnu Ducatel faisait mieux que Krivine : il vrai que les Troskos n'étaient pas alors branché people, polo noir et belle gueule...

 

1978 mes 30 ans, je m’interroge sur mon avenir : privé ou public, où vais-je travailler ?

 

1988

 

4 mai : libération des 3 otages français enlevés au Liban : Marcel Carton, Marcel Fontaine et Jean-Paul Kauffmann, après 1 138 jours de captivité pour les deux premiers, et 1 077 jours de captivité pour le troisième.

 

5 mai : libération des 22 otages retenus prisonniers sur l’île d'Ouvéa par le FLNKS

 

8 mai : second tour de l'élection présidentielle, François Mitterrand est réélu à la présidence avec 54 % des voix contre 46 % à Jacques Chirac.

 

10 mai : Michel Rocard est nommé premier ministre.

 

Je rejoins dès le lendemain le 78 rue de Varenne en tant Directeur–adjoint du cabinet du Ministre.

 

14 mai : dissolution de l'Assemblée nationale.

 

12 juin : élections législatives : très courte victoire de la gauche et stratégie d'« ouverture ». Le parti socialiste n'a pas la majorité absolue et le gouvernement doit composer avec l'opposition.

 

J’ai 40 ans et je vais vivre les 4 années les plus intenses de ma vie.

 

1998

 

C’est la finale de la Coupe du monde de football qui voit la victoire du pays hôte, la France face au Brésil sur le score de 3 à 0 le 12 juillet 1998 au Stade de France à Saint-Denis devant 80 000 spectateurs.

 

C’est le jour de mon anniversaire : 50 ans.

 

2008

 

La crise de 2008 a débuté avec les difficultés rencontrées par les ménages américains à faible revenu pour rembourser les crédits qui leur avaient été consentis pour l’achat de leur logement.

 

Ces crédits étaient destinés à des emprunteurs qui ne présentaient pas les garanties suffisantes pour bénéficier des taux d’intérêt préférentiels (en anglais « prime rate »), mais seulement à des taux moins préférentiels (« subprime »).

 

L’endettement des ménages américains a pu s’appuyer sur les taux d’intérêt extrêmement bas pratiqués pendant des années par la Banque centrale des États-Unis (la « FED ») à partir de 2001 après la crise boursière sur les valeurs « Internet ». En outre, les crédits étaient rechargeables, c’est-à-dire que régulièrement, on prenait en compte la hausse de la valeur du bien, et on autorisait l’emprunteur à se réendetter du montant de la progression de la valeur de son patrimoine. Cela a soutenu la forte croissance des États-Unis.

 

Les crédits « subprime » ont été gagés par une hypothèque sur le logement acheté, l’idée étant que les prix de l’immobilier aux États-Unis ne pouvaient que grimper. Dans ces conditions, une défaillance de l’emprunteur devait être plus que compensée par la vente du bien hypothéqué.

 

Autre caractéristique, ces crédits ont souvent été accordés avec des taux variables. Plus précisément, les charges financières de remboursement étaient au démarrage très allégées pour attirer l’emprunteur. Elles augmentaient au bout de 2 ou 3 ans et le taux d’emprunt était indexé sur le taux directeur de la FED.

 

Ce qui s’est passé est finalement assez facile à comprendre :

 

La Banque Centrale américaine a progressivement relevé ses taux de 1 % en 2004 à plus de 5 % en 2006 pour tenir compte de l’évolution de l’inflation et de la croissance américaine. Les charges financières des emprunts se sont considérablement alourdies. Un nombre croissant de ménages n’a pu faire face.

 

« Les arbres ne sont pas montés jusqu’au ciel » et les prix de l’immobilier ont fini par se retourner à la baisse dans l’ensemble des États-Unis.Résultat : la valeur des habitations est devenue inférieure à la valeur des crédits qu’elles étaient supposées garantir. L’afflux des défaillances des emprunteurs et des reventes de leurs maisons hypothéquées a accéléré la baisse des prix de l’immobilier. Les pertes se sont donc accumulées également du côté des prêteurs. Des établissements de crédit spécialisés se sont, les premiers, retrouvés en difficulté.

 

A l’été 2007 le taux de non remboursement sur les crédits « subprime » dépassait 15 % contre 5 % en moyenne à la même époque pour l’ensemble des crédits hypothécaires aux Etats-Unis, chiffre lui-même record depuis 1986. Certes les défauts de paiement ne conduisent pas tous à la faillite de l’emprunteur et à la vente du bien hypothéqué. Mais on estimait, fin août 2007, que près d’1 million d’emprunteurs avaient perdu leur logement.

 

Sur la base d’un taux de défaillance de 15 %, l’évaluation initiale du coût financier de la crise des « subprime » était de 160 milliards de dollars. Important certes, mais pas de quoi provoquer une crise financière mondiale.

J’ai 60 ans mais je ne prendrai ma retraite qu’à 67 ans.

 

2018 nous y sommes, premier jour, BONNE ANNÉE à vous tous, sera-ce l’année de mes 70 ans, âge canonique, comme on le dit « Dieu seul le sait… », le sait-il d'ailleurs...

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