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22 février 2018 4 22 /02 /février /2018 08:05
Selon radio Hervé Bizeul les grandes allées de Vinisud c’était le désert de Gobi à l’heure de pointe

« De l’art de tuer un salon magnifique en deux ans... bravo ! Et on est lundi... »

 

Hervé Bizeul 19 février, 13:28 sur Face de Bouc…

 

Votre serviteur sur sa couche jetait de temps à autre un coup d’œil sur le fil des réseaux sociaux et constatait que toutes les photos étaient prises en plan serré.

 

Bref, y’avait pas foule sauf peut-être le jour de l’inauguration où les officiels eux se pressaient en rangs serrés environnés par ceux qui aiment être sur la photo.

 

On va me rétorquer que ce n’est pas le nombre qui compte mais la qualité des visiteurs, les vrais acheteurs. J’en conviens aisément mais alors pourquoi continuer tous ces grands stands en carton-pâte, ces allées genre boulevards extérieurs, qui me rappellent les foires expositions des années 50.

 

Un acheteur il vient acheter pas s’extasier par le nombre de m2. Certes mais les m2 c’est ce qui intéresse les organisateurs, c’est là qu’ils font leur blé surtout lorsqu’ils sont organisateurs de salons en tout genre.

 

Les seuls chiffres, les seules appréciations émanent d’eux et, bien sûr, le salon tartempion, qu’il vente, neige ou pleuve, c’est toujours un succès.

 

C’est un peu, toute proportion gardée, la même chanson que le nombre de manifestants comptés par la police ou les organisateurs.

 

Pour couronner le tout, les exposants sont toujours contents, déclarer qu’on a dépensé autant de blé pour pas grand-chose n’est pas très bon pour la communication.

 

J’ai donc décidé ce matin de vous offrir le communiqué de madame Bourguignon de Comexposium. C’est un monument de novlangue, c’est long comme un jour sans pain, touffu : trop de mots ne peuvent cacher la réalité.

 

Y'a un côté maréchal soviétique bardé de médailles dans ce communiqué où le moment SUCCÈS revient en leitmotiv. 

 

VINISUD 2018 ferme ses portes sur un nouveau succès

 

 La quatorzième édition du salon Vinisud, qui s’est tenue du 18 au 20 février 2018 au Parc des Expositions de Montpellier, a fermé ses portes sur un triple succès : succès en termes de qualité du visitorat, succès des animations et succès d’intégration dans une semaine complète dédiée aux professionnels du vin du monde entier, après VinoVision Paris et les Word Wine Meetings Global Paris. Les 25 500 professionnels qui ont fréquenté le salon, dont 28% d’acheteurs internationaux venant de 76 pays, et les 1 420 exposants de 16 pays, ont salué la qualité de cette édition renouvelée.

 

SUCCÈS DES ÉCHANGES À L’INTERNATIONAL

 

Le Mondial des Vins Méditerranéens a tenu ses promesses pour cette édition 2018. Les acheteurs internationaux ont pu déguster les nouveaux millésimes à une période idéale, et avoir accès à toute la richesse des vins méditerranéens : belle représentativité des vins du Sud de la France, participation pour la première fois de l’ICE avec des domaines du sud de l’Italie, présence d’importantes bodegas espagnoles en partie réunies sur l’espace Espagne par l’ICEX, mais aussi de Wines of Portugal, des vins d’Algérie, de Croatie, de Turquie, de Grèce, du Liban... Les exposants ont quant à eux rencontré un visitorat international particulièrement qualifié grâce au minutieux travail de recrutement réalisé par l’équipe des World Wine Meetings et celle du Forum International d’Affaires de Sud de France, organisé pour la seconde fois au sein même de Vinisud avec le soutien de la région Occitanie. Plus de 400 acheteurs VIP étaient ainsi réunis. Pour Raquel Fernandez, Export Area Manager au sein de la Bodega Cuatro Rayas, cette édition a été l’occasion de « rencontrer de nombreux importateurs internationaux, ce qui est capital. Ils sont très professionnels, et nous prenons le temps de parler avec eux, de leur faire déguster les vins et découvrir le domaine. »

 

Les différents espaces thématiques proposés par le salon pour découvrir les nouvelles tendances et leviers de croissance ont de nouveau été plébiscités : le Palais Méditerranéen animé par l’Union des Œnologues de France du Languedoc Roussillon pour les vins tranquilles, la Sparkling Zone pour les effervescents, avec 60% d’échantillons en plus par rapport à 2017, l’espace Wine Mosaic pour les cépages patrimoniaux, ou encore la Nouvelle Vague qui réunit les acteurs de demain et enregistre une hausse de 50% de ses participants par rapport à sa première édition en 2017. Jocelyn Raoux, propriétaire du Domaine éponyme et exposant au sein de l’espace Nouvelle Vague le confirme : «Grâce à la Nouvelle Vague de Vinisud, j’ai pu commencer à avoir des marchés, c’est donc vraiment intéressant. Pour le départ, ça nous permet de nous lancer le plus facilement possible.»

 

 SUCCÈS DES CONTENUS

 

Avec un programme d’animations diversifié et une thématique forte définie chaque année, Vinisud propose une offre complète, à la fois commerciale et informative, sur le monde du vin. Un positionnement salué notamment par Johan Larsson, acheteur suédois pour Systembolaget AB : «J’ai besoin d’être à Vinisud pour mieux suivre ce qu’il se passe en terme de tendances, de qualité et de volumes.»

 

En proposant cette année en fil rouge une réflexion sur les démarches durables et responsables, Vinisud a marqué les esprits et prouvé une fois de plus que le salon est au cœur des tendances de demain. Recensement des initiatives responsables des producteurs, exposition didactique des démarches durables, publication des résultats de deux études exclusives menées à l’international («État des lieux de la consommation de vin responsable en France et dans le monde», conduite avec Graines de Changement, et «Tendances de consommation à New York vs Paris», avec SOWINE, portant un focus particulier sur les choix des consommateurs en matière de consommation responsable) : autant d’initiatives qui ont alimenté les discussions, nourri les réflexions, et renforcé l’intérêt de venir sur le salon.

 

 SUCCÈS POUR L’AVENIR

 

L’édition 2018 de Vinisud fut la première édition du salon organisée sous l’égide de Comexposium, main dans la main avec VinoVision Paris, le salon dédié aux vins septentrionaux qui a ouvert le bal de cette « Wine Week » française. Une semaine complète d’échanges et de découvertes qui laisse augurer du succès de l’édition 2019 des salons qui sera organisée conjointement à Paris, et de la suivante en 2020 se tenant de nouveau à Montpellier.

 

En 2019, Vinisud + VinoVision Paris auront lieu ensemble du 10 au 12 février 2019 au Parc des Expositions de la Porte de Versailles, à la suite des WWM Global Paris qui se tiendront du 6 au 9 février 2019. Un événement très attendu soutenu par l’ensemble des interprofessions françaises, avec des visiteurs internationaux de premier plan ainsi que les cavistes et les représentants du CHR parisien. Une mission claire : deux salons conservant leur identité propre tout en étant parfaitement complémentaires, qui représentent pour la première fois l'ensemble des vignobles français, organisés par et pour les producteurs, pour toujours plus d’opportunités commerciales, à l’échelle française et internationale. Efficacité, esprit collectif et convivialité : Vinisud + VinoVision Paris partagent un même état d’esprit. Rendez-vous donc en 2019 à Paris pour retrouver « le meilleur des vins septentrionaux et le meilleur des vins du Sud lors d’un événement totalement immanquable », comme le résume Fabrice Rieu, Président de Vinisud !

 

 

Vitisphère, via l’omniprésente  Marion Sepeau Ivaldi fait dans la statistique. Faut pas fâcher avec des commentaires ou des appréciations.

 

25 500 visiteurs sont venus rencontrer les 1420 exposants. Tel est le bilan chiffré de l’édition 2018. A noter également, la part de l’international. 28 % de visiteurs sont venus de l’étranger à Montpellier en provenance de 76 pays. Côté exposants, 16 pays étaient représentés.

 

Le ratio visiteur/exposant de 2018 est donc de 17.95, contre 22.5 l’an passé (2017 avait attiré 900 exposants). A titre de comparaison, à Prowein, le ratio est de 8.87.

 

La fréquentation est en hausse par rapport à l’an dernier. Selon les chiffres des organisateurs, 20 775 visiteurs avaient parcouru les allées du salon. Le taux de visiteurs étrangers était de 32 %, en provenance de 70 pays. En revanche, le nombre de visiteurs est en baisse par rapport à 2016 qui avait vu venir 31 500 visiteurs pour 1650 exposants.

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21 février 2018 3 21 /02 /février /2018 07:00
Avis aux piapiapas du Digital Hub à Vinisud « On ne refuse pas le tracteur. Par contre, dans la musique, on déteste les ordinateurs. C’est comme mettre de la sauce sur le foie gras ». The Inspector Cluzo les rockers de la terre

Sur ma couche de convalescent du changement de cardan je jette de temps en temps un œil sur le fil Twitter et, avec l’ouverture du salon Vinisud je me régale du convenu des intervenants du Digital Hub. Ce sont de jeunes gens qui viennent donner des conseils à ces pauvres vignerons qui ne savent pas exploiter les trésors des réseaux sociaux. Ils sont des sachants de fraîche date mais peu importe ils dévident leur pelote de lieux communs copié-collé de leur savoir scolaire.

 

Ce qui me plaît aussi ce sont les clichés  en plan resserré du public, ça semble aussi maigre que le corpus de leurs interventions.

 

Mais ils sont où les vignerons ?

 

Le contenu, le contenu… nous disent-ils, mais lequel ? Soyez-vous-mêmes ? Sous-entendu avec nous ! 

 

Les bras m’en tombent, ce n’est que la resucée de vieilles recettes d’un marketing usé jusqu’à la corde.

 

C’est du béton, du lourd dans le pire sens du terme, c’est bien loin des chemins de traverse qui mènent à la conquête de nouveaux consommateurs.

 

Ces gens-là sont jeunes mais Dieu qu’ils sont déjà vieux, l’imagination n’est pas au pouvoir !

 

Qu’ils aillent glaner des idées du côtés des zigotos The Inspector Cluzo

 

The Inspector Cluzo, rock et rillettes faits maison Jean-Baptiste Roch  Publié le 01/07/2016

 

« L’espace d’un week-end, The Inspector Cluzo va devoir délaisser sa ferme et ses 200 oies. Le voisin, comme toujours en leur absence, sera chargé de prendre le relais, pendant que le duo blues rock fera danser le public des Eurockéennes. Pour le groupe, accueilli en chouchou, le programme est chargé : concert à la prison de Belfort ce vendredi 1er juillet, sur la scène de la plage le lendemain, ainsi qu’au camping du festival, avec projection du documentaire Rockfarmers qui leur est consacré, puis rencontre avec le public. Mais les planning overbookés, Inspector Cluzo connaît bien.

 

Depuis 2013 et l’acquisition de leur ferme à Eyres-Moncube dans les Landes, Laurent Lacrouts (chant, guitare) et Mathieu Jourdain (batterie), tous deux 40 ans au compteur, jonglent tout au long de l’année entre leur activité de fermier, et celle de rockeur. Le groupe, inconnu du grand public en France, effectue pourtant cent concerts par an, en grande partie à l’étranger et ce depuis ses débuts, il y a huit ans. Pour tenir le rythme, leur emploi du temps est cadré au millimètre. « On a réussi à installer un cycle annuel basé sur nos oies, que l’on nourrit au maïs bio et au blé, comme dans le temps », nous explique Laurent par téléphone il y a quelques jours, en plein tri de matériel agricole. D’octobre à janvier, le groupe refuse tous les concerts qu’on lui propose, et se consacre uniquement au gavage des oies, pour produire confit, foie gras et rillettes. Entre deux fournées de blé dans le gosier et le stand au marché de Mont-de-Marsan, les deux comparses trouvent le temps de composer dans le studio qu’ils se sont aménagé, au milieu des bocaux. « Fin janvier, pour le dernier album, on disposait d’environ 60 chansons ». Chez Inspector Cluzo, la musique, comme les rillettes, sont entièrement faites maison »

 

La suite ICI 

 

THE INSPECTOR CLUZO

 

La ferme célébrités

 

  • PLUTÔT QUE TOUT DILAPIDER DANS L’ALCOOL OU UN MONSTER TRUCK POUR LES TOURNÉES, POURQUOI AVOIR PRÉFÉRÉ UNE FERME ?

 

Nous avons la chance de beaucoup tourner à l’étranger, et ce, en complète autonomie. Nous sommes nos propres managers, notre propre label [avec FuckTheBassPlayer Records, NDR], notre propre éditeur. Bref, on contrôle tout… comme des fermiers d’ailleurs ! Lors de nos voyages, qui se sont faits durant la massive régularisation du monde de ces 10 dernières années – et que nos politiques appellent (de Gauche comme de Droite) « la croissance mondiale » –, nous avons vu et subi, dans certains pays, la mainmise de l’alimentation mondiale par de grandes multinationales. Que l’on soit à Manille, à Johannesburg, à New York ou à Paris, on mange les même merdes industrielles multi-pesticidées, voire « OGMisés » dans les pays où c’est autorisé. Le tout : rendu comestible par des façons de cuisiner de plus en plus sophistiquées (Maïté, notre grand-mère landaise, doit se retourner de voir autant de sophistication sur des produits de  merde). Nous sommes gascons-landais ! Une grosse partie de notre culture, c’est de manger de bons produits purs comme le canard, l’oie, les poulets, les ortolans, les palombes les petits oiseaux et tout le maraîcher tout au long de l’année. On a donc vu rouge et on a décidé de revenir à ce que nos aïeux faisaient : se faire à manger. Le tout lié à nos traditions historiques d’entraide (la fameuse « ayudère » des paysans locaux).

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20 février 2018 2 20 /02 /février /2018 07:00
Dédié à un certain Wauquiez : 2 lectures pour sa culture À quoi servent les écoles de commerce ? Matthew Stewart J’ai fait HEC et je m’en excuse Florence Noiville

Inutile de faire les présentations « Le fou du Puy » a fait dans la pédagogie lors d’un cours (sic) d’une vague école de commerce de Lyon dont le directeur général Bernard Belletante s’indigne « Enregistrer une personnalité sans l’en informer n’est pas une valeur early maker (sic). Je note que cette absence d’éthique est par ailleurs un comportement illégal, contraire à notre règlement intérieur s’il s’agit d’un participant. La liberté exige une responsabilité collective. Si nos intervenants extérieurs ne sont plus sûrs de la confidentialité de leur propos, ils pourront ne plus venir ce qui se fera au détriment de la diversité des personnalités qui viennent sur le campus. »

 

 

  • J’ai fait HEC et je m’en excuse Florence Noiville chez Stock

 

 

« Pendant les sept années qu'a duré ma carrière de consultant en management, j'ai consacré l'essentiel de mon temps à m'efforcer de paraître plus vieux que je n'étais. J'étais devenu expert dans l'art de plisser le front et d'adopter une expression sombre et sérieuse. Mon public devait songer que bien que très jeune j'avais acquis une extraordinaire formation de manager. Il n'en était rien. Je ne suis titulaire d'aucun diplôme de gestion. J'ai juste un doctorat de philosophie allemande du XIXe siècle, pour être précis. Avant d'accepter un travail consistant à expliquer aux dirigeants des grandes entreprises des choses qu'ils sont censés savoir, mon expérience professionnelle se limitait à des petits boulots de précepteur à mi-temps enseignant Hegel et Nietzsche à des étudiants distraits, auxquels s'ajoutaient quelques emplois saisonniers encore moins reluisants, principalement dans l'industrie de la restauration rapide.

 

 

Le plus étrange est que ma carence de formation n'a jamais vraiment posé problème. En tant qu'associé fondateur d'une entreprise de conseil qui finit par employer six cents personnes, j'ai interviewé, embauché et côtoyé des centaines de diplômés d'écoles de gestion. L’impression que je me faisais des diplômés de MBA était qu'ils se résument à vous ôter deux ans de votre vie et à vous faire contracter de lourdes dettes et ce à seule fin de garder votre sérieux lorsque vous prononcez des phrases telles que « situation gagnant-gagnant », « compétences clés » ou buiseness process reengineering. Quand le moment venait de choisir un collaborateur, je penchais généralement pour ceux qui avaient consacré leurs années d'université à étudier autre chose que la gestion.

 

 

Lorsque j'ai quitté le métier, j'ai décidé, par une inversion de l'ordre naturel des choses, de me pencher de plus près sur la littérature spécialisée. D'un côté, je voulais mesurer ce que j'avais raté. De l'autre, j'avais du temps devant moi. En parcourant péniblement les volumes consacrés à la « stratégie compétitive », à la redéfinition du buiseness process. Et à d'autres douceurs de ce genre, pas une fois je ne me suis dit : « Bon sang ! Si seulement j'avais su ça plus tôt ! » Au lieu de quoi, je me suis surpris à penser des choses inavouables, comme : «  Je ferais mieux de lire Heidegger ! » Ce fut une expérience déroutante, qui ne fit qu'épaissir le mystère entourant la question qui ne cessait de me hanter depuis mes premiers pas dans le monde des affaires : à quoi servent les écoles de commerce ? »

 

 

J’ai fait HEC et je m’en excuse Florence Noiville chez Stock

 

Elle-même diplômée d’HEC Florence Noiville constate : « Il existe un malaise profond chez nombre de diplômés d’HEC de ma génération. Beaucoup sont désabusés. Ils font le constat que le modèle économique que nous avons été formés pour mettre en œuvre a cruellement montré ses limites. Que le marketing a produit des montagnes de faux besoins et de frustration. Que la finance a complètement déraillé en nous menant à la crise des subprimes et aux scandales des bonus. Les uns, les plus cyniques, continuent sans se poser de questions. Les autres cherchent à combattre la vacuité et même l’absurdité de ce qui fait l’essentiel de leur vie professionnelle. Souvent, ils mènent une double vie : avocat d’affaires le jour, psychanalyste le soir… Ils se bricolent du sens. Mais dans tous les cas, ce qui me frappe, c’est leur sentiment d’impuissance. Ils disent, « ça dysfonctionne, mais c’est le système, je n’y peux rien ». Or qui mieux qu’eux pourrait faire changer les choses ? Ils sont au faîte de leur carrière, ils ont les réseaux, l’intelligence, la connaissance du système de l’intérieur… Mais, souvent, ils n’osent pas les utiliser dans le sens d’une plus grande utilité sociale ou de l’intérêt général. La devise de l’école n’est-elle pas pourtant «apprendre à oser»

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17 février 2018 6 17 /02 /février /2018 07:00
Dans les clubs anglais du XIXe les jeunes gens désargentés en jouant au whist buvaient de la fine à l’eau. En 2017, le cognac pète les compteurs à l’export.

Étonnant non, dans l’imaginaire du gaulois du XXIe siècle, devenu après la seconde guerre grand buveur de whisky, du plutôt mauvais, un anglais ne boit, hormis de la bière dans les pubs, que ce fameux whisky.

 

Et bien non, dans la haute société de Londres du XIXe, si j’en crois l’une de mes dernières lectures, les jeunes gens désargentés en jouant au whist buvaient de la fine à l’eau.

 

Brandy ou Cognac, je ne sais car je m’en tiens à la traduction française.

 

Dans ma vieille tête ça fait tilt, ça s’enchaîne car en même temps tombent les excellents résultats du commerce extérieur des vins et spiritueux pour 2017 présentés par le président de la FEVS Antoine Leccia (un symbole ce corse dirige la maison languedocienne Jeanjean)

 

« Le chiffre d'affaires des vins et spiritueux français à l'export a bondi de 8,5 % à 12,9 milliards d'euros en 2017. De beaux scores et de très fortes progressions. Deux marchés ont servi de locomotives, les Etats-Unis et la Chine, qui ont généré 1 milliard de chiffre d'affaires de plus à eux deux. La croissance a été tirée pour plus de moitié par les vins, pour 23 % par les champagnes et pour 25 % par les spiritueux. Les vins et spiritueux dégagent le deuxième excédent commercial français derrière l'aéronautique et devant les parfums. »

 

La dominante cognac

 

Apprécié pour son dynamisme et sa rentabilité, le marché américain est la première destination des vins et  spiritueux français. Ils y ont réalisé un chiffre d'affaires en hausse de 9,5 % à 3 milliards d'euros en 2017. Les exportations vers les Etats-Unis ont augmenté de 50 % en 3 ans. Avec 40 % des ventes, le cognac pèse toujours très lourd.

 

Hennessy revisite les classiques

 

Publié le 11 décembre 2014 par la blogueuse Elodie

 

Il y a des évènements que nous ne manquerions pour rien au monde. Une invitation au « Blogger Lunch LVMH », et nous voilà avenue de la Grande Armée à Paris, pour une présentation 2.0 des marques de vins et spiritueux du groupe LVMH (Veuve Cliquot, Terrazas de los Andes…) C’était, pour nous, l’occasion de retrouver l’équipe Hennessy et de découvrir leurs nouveautés de fin d’année!

 

Une fois de plus, la Maison Hennessy innove, tout en restant fidèle à ses valeurs, pour le plus grand plaisir des amateurs de Cognac et des collectionneurs

 

En dehors de ses partenariats artistiques, la Maison cognaçaise s’inscrit dans la tradition en remettant la « fine à l’eau » au goût du jour. Pendant plus d’un siècle, cette coutume populaire a fait de l’eau l’exhausteur de goût incontournable des « fines » (Cognac, Armagnac ou encore Calvados).

 

Garçon, une fine à l'eau ! publié en 2012 par un blogueur

 

« Qui n'a entendu dans tel film ancien un personnage à la terrasse d'un café réclamer d'une voix gouailleuse une fine à l'eau, que le taulier s'empresse de lui servir sans s'étonner.

 

Combien parmi nous savent de quelle boisson il s'agit ?

 

Bien peu, surtout parmi les plus jeunes. Et pourtant, c'est bien l'une des productions les plus prestigieuse de notre pays qui est ainsi désignée, additionnée d'aqua simplex : J'ai nommé le cognac. Oui, oui, vous lisez bien, j'entends consacrer ce billet à un sujet aussi futile que le cognac !

 

Parmi les merveilles que notre sol et le travail de nos producteurs ont dû engendrer, l'eau de vie de Charente est aujourd'hui bien oubliée des français. Nous avons tous une bouteille poussiéreuse au fond de notre bar que nous ne sortons guère que pour faire la cuisine, ou pour la proposer au cousin de passage qui s'empresse de refuser. Dix ans après son ouverture, elle encombre encore, à peine entamée.

 

La faute à quoi, à qui ?

 

Sans doute à l'attrait sans nuance de l'exotisme alcoolique : le whisky lui a taillé des croupières, à mon sens sans raison objective valable. Sans doute aussi à la rigidité traditionnelle des idées mal reçues qui veut que le cognac ne peut dignement s'apprécier qu'en digestif. Or, par les temps qui courent, se boire un Dijo après apéritifs, et vins, c'est le retour en taxi, si taxi il y a...donc, pas de dijo, et pas de cognac.

 

Le résultat, c'est que la reine des eaux de vie est bue à 97  % à l'étranger, et que les français en viennent à l'ignorer totalement.

 

Voilà, je vous ai livré là où je voulais en venir suite à ma lecture d’un monument de la littérature anglais Quelle époque ! Anthony Trollope (1815-1882)

 

 

Ces derniers temps, pour cause de repos suite à mon changement de cardan, j’ai beaucoup lu.

 

Télérama nous dit :

 

« Henry James, son contemporain capital, l'admirait infiniment. Quelques décennies plus tard, c'est Chesterton, guère enclin pourtant à la complaisance, qui chanta ses louanges, plaçant son oeuvre au sommet, plus haut même que celle du génial Thackeray (La Foire aux vanités). Anthony Trollope (1815-1882) continue aujourd'hui de bénéficier, en Angleterre, des faveurs conjointes des fins lettrés et du grand public. Prophète en son pays, donc, mais guère en France, où ne sont traduits qu'une quinzaine des quelque quarante romans qu'il a écrits - notons cependant que, dans le cas des auteurs victoriens en général, et de Trollope en particulier, quinze romans, cela représente environ dix mille pages, de quoi voir venir... »

 

Excellemment traduit par Alain Jumeau Quelle époque ! est peut-être le chef-d’œuvre de Trollope. Assurément, le roman le plus caustique et ironique de cet auteur dont l'oeuvre tout entière brosse le tableau d'une société anglaise dont la finance est venue, en ce XIXe siècle, bousculer les mœurs et les règles de vie traditionnelles.

 

Au centre de Quelle époque ! est Augustus Melmotte, capitaliste à la morale douteuse. Autour de lui, assistant à sa gloire et à sa chute annoncée, une galaxie de personnages savoureux, guère moins ambitieux, guère plus nobles et plus droits. A cette fresque, Trollope instille vigueur, sagacité, précision du détail, intelligence, humour - tout cela, à haute dose. Alors, pour changer un peu, pourquoi ne pas passer l'été en compagnie du plus victorien des Victoriens ? »

 

 

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15 février 2018 4 15 /02 /février /2018 07:00
Dame Buzyn nous ne sommes pas des rats de laboratoire mais des animaux sociaux qui partageons le pain, le vin et tous ces petits riens qui font la vie.

Madame la Ministre,

 

Ce titre je l’avais griffonné avant que vous modériez vos propos  ICI sur le fameux premier verre, confirmant par la même que vous nous preniez pour des rats de labo.

 

Je vous cite « L’alcool contenu dans tous les spiritueux, que ce soit la bière, le vin ou le whisky c’est la même molécule d’alcool. [Je parlais] pour le foie. »

 

Fort bien, vous vous préoccupez, c’est dans vos attributions, de Santé Publique, mais ça ne vous autorise pas d’être aussi péremptoire surtout de la part de quelqu’un qui a prêté le serment d’Hippocrate.

 

Affirmer que, celle ou celui qui trempe, ses lèvres dans un premier verre d’une boisson alcoolisée, et le vin en est une, est un alcoolique en puissance, c’est nous prendre pour des cons.

 

Qu’en savez-vous ?

 

Sur quelles études vous appuyez-vous ?

 

Quelle expérience en avez-vous ?

 

Ça sent bon la propagande d’un hygiénisme militant, ignorant de la vie sociale, ce vieux fond prohibitionniste s’appuyant sur la fumeuse loi de Sully Ledermann.

 

En 1956, Sully Ledermann, publiait un ouvrage en deux volumes intitulé « Alcool, alcoolisme, alcoolisation ». Dans son chapitre V : « Mesures du degré d'alcoolisation alcoolique d'une population » l'auteur expose une hypothèse. Il entend démontrer que la consommation moyenne d'alcool d'une population en détermine la proportion de buveurs excessifs.

 

Notre démographe formule donc une théorie entendant démontrer que la consommation moyenne d'alcool d'une population détermine le nombre de buveurs excessifs (la proportion de buveurs excessifs augmentant selon le carré de la consommation moyenne en suivant une distribution log gaussienne).

 

La lutte contre le fléau qu’est l’alcoolisme, lutte où vos services et leurs alliés : ANPAA, médecins alcoologues, en ciblant, grâce à la loi Évin, essentiellement la promotion, ont fait faillite, exige bien autre chose que des postures, des effets sur des plateaux de télévision.

 

Ce genre de chiffons rouges provoquent dans le camp d’en face, se sentant agressé, d’autres postures outragées qui aboutissent à ce que rien ne change.

 

J’ai en son temps, tenté, au nom du Ministre de l’Agriculture de l’époque, sans grand appui des professionnels du vin de l’époque, de faire que la loi dites Evin ne soit pas une machine de guerre contre le vin. Si nous avons échoué ce n’est pas du fait de Claude Evin, encore moins de Cahuzac simple sous-fifre, mais des 4 grands professeurs de médecine drivé par Claude Got.

 

Le 31 mars 2008, j’ai commis une chronique : La stratégie du Go de Claude GOT ICI qui éclaire bien ce qui s’est passé en ce temps-là.

 

C’est de l’histoire ancienne m’objecterez-vous. J’en conviens mais depuis les lignes n’ont guère bougé, tout est figé, chacun se tient dans sa casemate.

 

Et pourtant, les vins, autrefois dit fins et de consommation courante, ces derniers ayant alimenté un alcoolisme de masse, ont laissé la place à des vins consommés différemment.

 

Les gens du vin, lorsqu’ils parlent de culture du vin, mettent en avant les vins du dessus du panier, les vins des guides, des grands amateurs, sans trop s'apesentir sur la grande masse écoulée à deux balles dans la GD.

 

Par la grâce de l’œnologie moderne, presque tous les vins sont dit de qualité – je n’aborde pas ici le grand débat qui agite le monde du vin autour du bio, des vins natures – mais ce faisant ces vins se rangent de plus en plus dans la catégorie des boissons fabriquées qui appartiennent à l’univers de l’agro-alimentaire.

 

En faire des objets de culture, pourquoi pas, mais il s’agit sans aucun doute d’une autre culture, celle qui a enseveli le goût sous le marketing et la communication.

 

Y réfléchir pour le monde du vin est indispensable et souhaitable si on souhaite mettre du corps au discours sur la culture du vin.

 

Les hommes, écrit Claude Lévi-Strauss, ont dû surmonter deux grands périls de leur existence alimentaire, « l’insuffisance de la nourriture et sa fadeur. Car il ne suffit pas de manger assez. Il faut, comme le proverbe français le dit excellemment, ne pas perdre le « goût du pain ».

 

J’ajoute et celui du vin, son compagnon…

 

 

« Bien manger, c’est bien vivre… » écrit Corine Pelluchon  dans les Nourritures, et bien manger s’est aussi bien boire, «  et il faut de l’art pour y parvenir, c’est ce qu’on appelle le savoir-vivre. »

 

« Savoir vivre, c’est avoir envie de vivre, savoir comment vivre, vivre en trouvant du plaisir à vivre, sans que l’accès à la jouissance soit empêché ni part l’indigence, ni par une sorte d’amputation des sens les rivant aux fonctions vitales qui assurent la survie ou le ordonnent à un ordre factice, réglementé par l’impératif de minceur, le travail ou les multiples obligations d’une vie où l’on n’a jamais le temps.

 

Le bien vivre se reflète assurément dans le bien manger. »

 

Et pour ceux qui le désirent, dans le bien boire.

 

Partager un bon repas, une belle bouteille, chez soi, au restaurant c’est la preuve d’une vie bonne, équilibrée, conviviale, loin des diktats de ceux qui se disent les protecteurs de nos vies.

 

Du haut de mes presque 70 ans, madame la Ministre, je vous conseille vivement de sortir de vos schémas, ou de ceux qui vous sont dictés par votre administration, pour aller au-devant de la réalité, pour que les choses et les pratiques changent.

 

De leur côté les gens du vin, qui se disent préoccupés eux aussi par notre santé, avec le concept normatif de la modération, devront aller au bout du bout de leur raisonnement, soit dès le pied de vigne et à l’intérieur des chais.

 

Bien à vous…

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13 février 2018 2 13 /02 /février /2018 07:00
N’en déplaise à un sombre crétin en mai 68 n’importe quel pékin pouvait avoir 1 laguiole dans sa poche

Dans la bonne tradition des délateurs anonymes ayant sévis sous l’Occupation depuis que je chronique un commentateur anonyme me poursuit de sa vindicte fielleuse.

 

D’ordinaire je tire la chasse d’eau sur ses étrons puants.

 

Ça l’énerve de vomir dans le vide ce qui ne l’empêche pas de temps à autre de récidiver.

 

Aujourd’hui je fais exception à la règle pour moucher ce morveux.

 

Sous ma chronique :

 

La résistible ascension de Benoît H Nous pratiquions une forme très primaire de langue de béton brut mal décoffré, grisâtre, granuleuse, du genre de celle qu'on utilise pour se lester avant de se jeter à la baille un jour de désespoir sans fond (13)

 

Il a posté ce commentaire :

 

« un laguiole en 1968, décidément vous nous prenez vraiment pour des cons, mais bon c'est comme tout le reste........ »

 

En oui gros crétin prétentieux le laguiole, le couteau, même s’il n’était plus fabriqué à Laguiole en 1968, était en vente dans les coutelleries de France et de Navarre sous ce nom et en toute légalité.

 

La dénomination laguiole pour un couteau n’est pas protégée, il peut être fabriqué en tout lieu et, en l’occurrence en mai 68 les laguioles étaient fabriqués à Thiers capitale mondiale de la coutellerie.

 

« Un produit manufacturé ne peut pas être protégé par une AOC. Le couteau de Laguiole n'est donc pas un produit de terroir au sens où le serait un produit alimentaire (vin, fromage...) et sa fabrication à Laguiole ou à Thiers ne préjuge donc en rien de sa qualité.

 

Ainsi les couteaux pliants poinçonnés « Laguiole Origine Garantie » excluent les fabricants thiernois. Cependant, il semble nécessaire de traiter l'Indication Géographique Laguiole en liaison avec le bassin de Thiers, car ce dernier assure à lui seul environ 80 % de la production nationale de Laguiole. Dans le cas contraire, la production nationale risquerait de s'effondrer car le bassin aveyronnais ne serait pas en mesure de satisfaire à lui seul la demande, entraînant certainement un risque accru de fraude à l'étranger. »

 

Couteau Laguiole artisanal

 

« Nos couteaux Laguiole artisanaux sont façonnés en France à l’ancienne par les meilleurs couteliers français de Laguiole ou de Thiers (berceau de la coutellerie française). Fabriqués en France et mondialement reconnus, nos couteaux Laguiole sont d’une rare qualité perfectible. Il faut pour chaque couteau pliant de très nombreuses étapes pour arriver à ce résultat, et ainsi en faire un modèle unique. Ils sont livrés avec un certificat d’authenticité numéroté. Découvrez notre large gamme de couteaux fabriqués en France. Choisissez parmi nos lames de couteau traditionnelles, guillochées (décors de la lame par ciselage réalisé à la main), Damas (dont les lames sont travaillées à chaud par couches successives d’acier et de carbone) ou encore nos modèles de lames noires pour un design plus contemporain. Les amateurs de vin pourront opter pour le couteau sommelier Laguiole fait en France. Découvrez aussi nos modèles de couteaux Laguiole NATURE à cran de sécurité : une ouverture facile et sécurisante avec un système de blocage de lame souple adapté à toutes les mains. Fabrication française garantie. Produits en stock. »

 

Donc mon Benoît mon héros et le doyen pouvaient sortir leur laguiole de leur poche sans encourir les lazzis du crétin de service.

 

Un conseil pour lui, qu’il prenne la peine de lire au moins la fiche Wikipédia du laguiole, si ce n’est pas trop demander à ses neurones racornis.

 

Non je ne prends pas mes lecteurs pour des cons mais je  renvoie l’ascenseur au délateur qui dans ce domaine occupe sans contestation une place éminente.

 

S’il est un pays que je connais bien c’est Laguiole grâce à mon ami André Valadier, l’homme grâce à qui le fromage Laguiole existe encore avec sa coopérative Jeune Montagne et auquel le retour de la fabrication des couteaux à Laguiole doit une fière chandelle.

 

Alors camembert !

 

Lire ICI  D'un côté, la capitale de la coutellerie française ; de l'autre, le berceau de la célèbre marque à l'abeille. Les deux villes entretiennent la passion de l'objet tranchant. Et une solide rivalité...

 

 

Pierre-Jean CALMELS inventeur du couteau Laguiole ICI

 

 

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12 février 2018 1 12 /02 /février /2018 07:00
Ma révision des 70 000 km s’est bien passée : on m’a changé le cardan droit.

Souvenir du jour où, conduisant la 2 CV de mon père – nous disions la 2 pattes – le cardan droit se fit la malle provoquant un raffut infernal dans la petite caisse.

 

Le cardan, ou joint de cardan, inventé par Girolamo Cardan en 1545, permet de transmettre le couple et la puissance moteur aux roues par l'intermédiaire de deux arbres accouplés qui forment un angle variable en fonction des amortisseurs et du braquage des roues (pour les tractions avant).

 

 

Comme vous le savez après une année à tirer la jambe je me suis décidé à passer sur le billard.

 

Le 29 janvier après-midi je m’installe dans la chambre 214. Vérifications d’usage, dîner non gastronomique à 18 h30, je lis 31, allées Damour, Raymond Guérin de Jean-Paul Kauffmann, puis je m’endors comme un bienheureux.

 

 

Le 30 café à 8 h 30, je suis programmé pour 15 heures, douche à la Bétadine, je revêts la tenue ad hoc, très chic, j’attends pénardement en lisant.

 

Un brancardier m’embarque, je suis enveloppé comme une momie.

 

Salle d’attente, une vraie fourmilière, le Dr Schraub l’anesthésiste me visite : tout va bien. Il y a du retard, je rêvasse.

 

Direction la salle d’opération, dernier préparatifs, il fait chaud sous le scialytique, l’anesthésiste me pose le masque et je m’endors.

 

50 mn d’intervention du Dr Lefèvre, je m’éveille dans la salle d’éveil, j’ai l’esprit clair.

 

 

Le brancardier me ramène à la chambre aux environs de 18 heures. Je ne ressens aucune douleur.

 

Vers 18 h 30 le kinésithérapeute me rend visite « Partant pour un petit tour dans le couloir ? » J’acquiesce. J’empoigne mes cannes anglaises et je marche. « C’est bien revenez maintenant, vous avez fait 15 mètres c’est le record. »

 

Dîner non gastronomique, j’ai une perfusion et un drain donc je dois faire mes besoins dans un pistolet. Médicaments, prise de tension, électrocardiogramme, tout est nickel.

 

Nous sommes le mercredi 1er février, normalement je devrais sortir le vendredi, comme j’ai subi avec succès l’épreuve de la montée et descente d’escalier, genre festival de Cannes, je demande à préempter. On me dit oui. Jeudi à 13 heures je m’embarque dans un taxi et regagne le boulevard Saint-Jacques.

 

Je m’installe : musique et livres, le rythme des repas, patience et lenteur. Merci à Élisa. 

 

L’exercice le plus périlleux ce fut la douche mais j’avais installé un dispositif où je la prends assis. Chaque geste doit être réfléchi.

 

Une infirmière puis un infirmier viennent me changer tous les 3 jours mon pansement. Ma cicatrice est impeccable.

 

Lentement mais sûrement je me déplace dans l’appartement et, au bout d’une semaine nul besoin de cannes. Nulle douleur, je prends des antidouleurs, les même qu’avant l’opération. Je revis.

 

Et puis voilà que la neige tombe drue sur Paris me privant de sortie. Je reste patiemment au chaud. Musique, lecture, je commence à me sentir un peu emmuré mais je ne vais pas me plaindre, je pense à mes futurs voisins de la prison de la santé dont le chantier se termine.

 

Samedi 10 dernier soleil, la neige fond, les trottoirs sont encore glissants. Je reste au chaud.

 

Dimanche, après la pintade du dimanche, première sortie : je fais le tour du pâté de maison sans difficulté.

 

Remonté dans mon 9e étage je décide de renouer le fil avec vous.

 

Mercredi 14 on m’enlèvera les agrafes, ensuite doucement et sûrement j'élargirai mon cercle de promenade. Bien sûr pas de vélo mais le recours aux moyens de transports pour particuliers.

 

Mes prochaines chroniques auront trait à mes lectures et au fil d’actualité que j’ai suivi sur les réseaux sociaux.

 

Merci de votre fidélité, mon petit roman n’a pas fait baisser le lectorat, il continuera de se mettre en ligne en sus de mes chroniques.

 

À bientôt sur mes lignes…


 

 

 

 

 

 

 

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29 janvier 2018 1 29 /01 /janvier /2018 06:00
Mes amis, si Dieu me prête vie, après mardi je sonnerai aux portiques des aéroports.

J’ai pris ma décision avant Noël, mon arthrose de la hanche droite, diagnostiquée en janvier 2017, me faisait trop souffrir et m’handicapait de plus en plus. Le seul endroit où j’étais bien c’était sur mon vélo, mais je ne pouvais vivre en permanence sur mon fier destrier.

 

Donc, opération et pose d’une articulation titane-céramique à la clinique spécialisée Arago au sein de l’hôpital Saint-Joseph dans le 14e tout près de la porte de Vanves.

 

J’entre ce lundi à 15 heures pour une opération le lendemain.

 

Si je vous fais ces confidences c’est pour vous informer que j’abandonnerai pendant quelques jours, une semaine ou deux, je ne sais, ça dépendra de mes facultés de récupération.

 

Je ne ferai pas écran blanc, une reprise de mon petit roman du dimanche l’occupera.

 

Si vous souhaitez correspondre avec moi utilisez le formulaire de correspondance du blog ou mon e-mail berthomeau@gmail.com

 

Je poste pour votre info deux vidéos : une sur l’opération elle-même ; l’autre sur les risques encourus.

 

À bientôt, j’espère, sur mes lignes…

 

PS : c’est le titane qui fera sonner les portiques, mon chirurgien me dotera d’un certificat en français et en anglais.  

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26 janvier 2018 5 26 /01 /janvier /2018 06:00
Photo d’Armand Borlant ®

Photo d’Armand Borlant ®

À Saint-Émilion mon ami François était une institution avec son Envers du décor, enfant du pays, il cassait les codes, bousculait les ego, aubergiste avenant, vigneron original, grand conteur et plume acérée ; j’écris était parce le François s’est fait la malle, il a quitté son Saint-Émilion.

 

Pour ceux d’entre vous qui souhaitent en savoir plus sur François lisez ce que j’écrivais le 21 août 2009François des Ligneris ou L’® de rien qui en dit long sur le vin ICI

 

François vient de nous écrire je vous livre sa lettre qui n’a rien de personnelle :

 

Chers ambassadeurs de mes vins,

 

 

En ce début d’année 2018, permettez-moi de vous présenter mes meilleurs vœux, des vœux aux mains ouvertes et pleines d’espoirs !

 

En ce début d’année 2018, je viens aussi vers vous pour vous transmettre quelques informations…

 

Vous le savez sans doute, en février dernier, j’ai cédé mon restaurant L’Envers du Décor à mes voisins Chantal et Gérard Perse, propriétaires du Château Pavie et du Relais & Châteaux L’Hostellerie de Plaisance aux deux macarons Michelin.

 

J’avais ouvert L’Envers du Décor en Février 1987, trente ans avant de le céder après plus d’un million de personnes servies en ce lieu. Ces trente années furent source de grandes joies, de beaucoup de très belles rencontres, d’innombrables instants de partage… Il demeure en moi des souvenirs que le temps n’effacera pas ! C’est avec passion que je me suis investi dans cette belle aventure. Chantal et Gérard souhaitaient compléter leur offre gastronomique à Saint-Emilion et j’ai donc accepté avec joie qu’ils prennent le relais de mon long et beau parcours en ces lieux.

 

N’étant plus vigneron depuis quelques années déjà et n’étant maintenant plus aubergiste à Saint-Emilion, j’ai décidé de quitter cette cité aux évolutions humaines et touristiques de plus en plus éloignées de mes valeurs personnelles (certains qui me connaissent bien vont dire que je deviens très diplomate avec l’âge. Il y aurait, en effet, d’autres façons moins délicates de dire les choses !...).

 

Je viens de faire l’acquisition d’une petite île avec une maison et des bâtiments industriels sur la Seugne à Pons (Charente-Maritime) et vais essentiellement vivre en ce nouveau lieu. C’est là que je vais travailler pour de nouvelles activités professionnelles (constituer une large famille d’acteurs du monde agricole et alimentaire autour de la notion de respect) et personnelles (mise en place d’un lieu avec ma collection personnelle d’art contemporain : sculptures, dessins, tableaux).

 

Ludovic Migeon, mon assistant pendant vingt ans et avec qui vous étiez en relation directe est maintenant l’assistant de mon ami Pierre Chariol de l’excellent Château de Lescours (Saint-Emilion grand Cru). Du fait de mon départ de Saint-Emilion, de mon amitié avec Pierre et de la présence de Ludovic à ses côtés, nous avons décidé que la diffusion des vins qu’il me reste à commercialiser se fera grâce à une société de négoce de vins que Pierre possède en plus de son domaine viticole.

 

Du fait du travail important qui m’attend pour mes nouvelles activités, je dois prendre toutes les dispositions nécessaires pour pouvoir consacrer mon temps et mon énergie à un nombre relativement limité d’occupations… Garder la diffusion de mes vins ne m’aurait pas permis de pouvoir me consacrer pleinement à mes nouveaux projets. Aussi, sauf avis défavorable de votre part, je me permettrai de transmettre à Pierre et Ludovic votre contact email afin qu’ils puissent vous transmettre les disponibilités et les tarifs en cours pour mes vins. Je souhaiterais que Pierre puisse aussi vous transmettre les propositions pour sa propre gamme de vins. Depuis de nombreuses années, L’Envers du Décor avait toujours un vin du Château de Lescours prêt à être servi au verre aux amateurs. Nous étions, chaque jour et avec bonheur, les ambassadeurs des vins du Château de Lescours à Saint-Emilion. Je ne pouvais alors nullement savoir qu’un jour, Pierre serait au service de mes vins pour les distribuer avec l’aide précieuse de Ludovic. Tout cela est vraiment « Une Affaire de Familles »…

 

Si vous le souhaitez, vous pouvez dès à présent prendre contact avec Ludovic au Château de Lescours :

 

Téléphone : 05-57-24-74-75

 

Email : contact@chateaudelescours.com

 

J’espère que ma proposition recevra votre accord. Je serais très heureux de garder, par mes vins, un lien avec vous et heureux aussi que les vins du Château de Lescours puissent agréablement se joindre aux bouteilles déjà présentes en votre cave !

 

Vous remerciant de votre confiance et de votre fidèle soutien, je vous prie de croire en l’expression de mes meilleures salutations,

 

François des Ligneris

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21 janvier 2018 7 21 /01 /janvier /2018 07:00
La mort fait vendre, l’art de la nécrologie, les blogueurs vin l’ont bien compris.

Après avoir tourné les dernières pages de La saga des Coughlin, atteint la dernière : 1694, posé le pavé, j’ai consulté sur mon petit crapaud ma boite mail, mes comptes Face de Bouc et Twitter.

 

Gérard Collomb @gerardcollomb

 

Paul Bocuse est mort, la Gastronomie est en deuil.

Monsieur Paul, c’était la France. Simplicité & générosité. Excellence & art de vivre.

Le pape des gastronomes nous quitte. Puissent nos chefs, à Lyon, comme aux quatre coins du monde, longtemps cultiver les fruits de sa passion. »

 

Normal Collomb fut maire de Lyon.

 

bernard pivot @bernardpivot1

Avec la mort de Paul Bocuse, la poularde n'est plus demi-deuil, elle est inconsolable et en grand deuil.

 

Normal Pivot est né dans le Beaujolo qui coula à flot à Lyon

 

C’est le déluge, ça dégouline de partout, et Claude Askolovitch @askolovitchC résume assez bien mon sentiment :

Je ressens, pauvre Bocuse, comme une indigestion de perte, de deuils, d'hommages nationaux et d'odes au meilleur de la France qui nous quitte.

 

Passons puisque les réseaux sociaux sont des tuyaux rien d’étonnant tout un chacun y va de son complet plus ou moins bien tourné.

 

Tout le monde s’y met :

 

In Memoriam Paul Bocuse

 

20/01/2018 par Les 5 du Vin ICI 

 

Il inventa le chef.

20/01/2018 par ideesliquidesetsolides. ICI 

 

Pourquoi donc cet appétit pour la nécrologie ?

 

« Le sujet passionne les Anglo-Saxons. Depuis 1995, l'anthologie annuelle des meilleures nécros, publiée par le Daily Telegraph, figure régulièrement dans les meilleures ventes de livres. Au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis, les grands de ce monde ne sont pas les seuls dont on célèbre la vie. Les personnalités locales - un homme d'affaires, un gangster, une philanthrope - ont droit eux aussi à cet hommage.

 

Les nécros sont même devenues une arme dans la lutte entre quotidiens. «Au milieu des années 1980, quand les quotidiens de qualité se sont lancés dans la course pour accroître leurs parts de marché et trouver un plus éditorial, note The Economist, le potentiel inexploité des nécrologies, source d'histoires passionnantes sur le plan humain, a été découvert.» La mort fait vendre.

 

Tous les grands journaux ont alors recruté des plumes. Jamie Fergusson, un ancien spécialiste des livres anciens, engagé par The Independent, et son collègue du Telegraph, Hugh Massingberd, ont transformé le genre. «Grâce à eux, les nécros ont un style moins ampoulé, elles ont souvent de l'humour, explique Carolyn Gilbert. Et elles reflètent au plus près la vérité sur la vie du défunt.» Au point d'être parfois un peu trop explicites. Un ancien ministre britannique a ainsi été décrit comme «pingre» et comme «un orateur médiocre, dépenaillé». Avantage des nécros: le sujet n'est plus là pour s'offusquer. »

L'art de la nécrologie
 Par Stehli Jean-Sébastien, publié le 

 

Daniel Druet sculpteur

Daniel Druet sculpteur

Première question: qu’est-ce qu’une nécrologie dans un média?

 

C’est un texte qui ne se contente pas d’énoncer des faits (date de naissance et de mort, principales actions notables du défunt, circonstances de son décès), mais qui entreprend un travail complexe d’inscription dans un rapport au passé –qui il a été, pourquoi il a compté, en quoi il a joué un rôle significatif— et au présent –ce qu’il convient d’en garder, en quoi, même mort, il est «toujours là», par ce qu’il laisse et ce qu’il symbolise (voir, sur cet aspect, dans la revue Questions de communication, l'article d'Alain Rabatel et Marie-Laure Florea, «Re-présentations de la mort dans les médias d’information», et, de Marie-Laure Florea seule, «Dire la mort, écrire la vie. Re-présentations de la mort dans les nécrologies de presse»).

 

Contradiction entre nécrologie et critique

 

Deuxième question: dans quelle mesure le rédacteur d’une «nécro» est-il supposé faire part de son opinion personnelle, même quand elle est négative ou mitigée à propos de la personne disparue?

 

La seule réponse honnête est : cette opinion personnelle transparaîtra de toute façon, dès lors précisément que la nécrologie n’est pas un pur exercice mécanique, la rédaction d’une dépêche formatée, mais la construction par un rédacteur d’un lien entre le mort et les vivants.

 

Cette question, qui concerne toutes les personnalités disparues (politiques, savants, grands patrons…) se complique lorsque le mort était connu pour ses  activités dans un domaine qui relève de la critique. Comment un critique, qui a eu l’occasion de dire à de nombreuses reprises le peu d’estime qu’il portait aux œuvres du défunt, se mettrait-il à en rédiger un portrait élogieux? Sauf à affirmer qu’il convient de toujours dire du bien des morts. A cela, il n’y a pas de réponse absolue: une nécrologie réservée ou négative peut être pénible pour les proches ou les admirateurs, mais la raison d’être d’un article dans un média n’est pas de contribuer au travail de deuil des proches.

 

On est là en face d’une véritable contradiction. La nécrologie est un exercice qui a une fonction importante de construction du «commun», elle est une des formes modernes de pratiques archaïques du rapport aux morts –plutôt qu’à «la» mort. Il y a de la pensée magique (formule employée ici sans la moindre ironie) dans l’injonction de ne pas dire du mal des morts, mais au contraire de se réunir autour d’eux.

 

L’écriture critique est, elle, une manifestation de la revendication moderne du moi, de la subjectivité. Cette manifestation n’est pas un acte d’égoïsme ou d’arrogance, contrairement à ce que proclament les contempteurs des journalistes de Télérama et de L’Express, mais la possibilité, à partir du partage de son propre ressenti et de ce qu’on est capable d’en écrire, d’ouvrir à d’autres leurs propres réflexions, leurs propres constructions de sens. Qui a dit qu’il y avait une résolution générale à toutes les contradictions?

 

Jean-Michel Frodon — 22.08.2012

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