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Cette semaine à Bordeaux : les dégustations Primeur (03/04/2009)
Chaque année, début avril, le grand bal des primeurs s’ouvre aux dégustateurs du monde entier, venus jauger la qualité d’un
millésime à peine né. Un exercice à la fois craint et attendu, qui place le curseur prix là où ça fait mal, mais pas toujours. Tout dépend du verdict des pros. Et ils ne sont pas dupes
non plus de cette petite comédie humaine qui se joue à huis clos à l’abri des chais. Journal de bord de notre envoyée spéciale.
Malgré les
craintes des professionnels de Bordeaux, ils sont bien là. Qui ? Les grands dégustateurs, les journalistes et … les acheteurs. Au total, 4500 inscrits (à peine moins que l’année
dernière), issus de 36 pays. Une mécanique parfaitement rôdée, organisée au détail près par l’Union des Grands Crus*. Pourtant, à bien y regarder, tout le monde n’est pas logé à la même
enseigne. Il existe en effet deux cas de figure ; si vous êtes négociant, courtier ou distributeur, vous dégustez sur trois jours dans les sept châteaux ouverts pour l’occasion,
regroupant les vins d’une même appellation. Un service courtois, qui a le mérite de permettre aux intervenants de mesurer rapidement la qualité globale du millésime sur une palette de
grands crus. Un procédé parfaitement huilé, qui permet aux plus endurants – et il en existe chez iDealwine ! - de faire le tour de l’ensemble des appellations en une seule journée.
Les journalistes … et les autres
Si vous êtes journaliste, en revanche, vous avez droit aux faveurs et aux soins des châtelains, déjeunant avec untel, soupant
avec un deuxième, nuitant avec votre hôte de la semaine dans l’une des belles demeures du Médoc ou de Saint-Emilion. Tables rondes (de dégustation), nappes blanches et service impeccable à la demande. C’est diablement bien rodé, mené tambour battant, avec chauffeur ad hoc, mon
capitaine, et champagne au bout de l’effort. On en oublierait presque que l’on est à Bordeaux…
Car le journaliste étant un animal apprivoisable, on le ménage et on le meut avec déférence et amabilité, par petits
groupes.
Exemple : le groupe 1. On y trouve pêle-mêle du Japonais, du
Britannique, de l'Allemand, du Flamand, du Hong-Kongais et la french touch représentée par Michel Bettane et quelques acolytes. Le lundi, top départ à 14h00, plein sud,
Sauternes et Barsac. Une trentaine d’échantillons
où se mêlent crus classés et breuvages moins appétant. Puis on file vers le saint des saints : Yquem nous attend ! Château de princesse, créneaux et pelouse impeccable. Les ors et la
majesté sont à la hauteur du mythe, sublime de perfection encore une fois. Le soir, somptueux dîner au château Pontet
Canet, à Pauillac. Discours de circonstance de la présidente de l’UGC, Sylvie Cazes, qui nous dit que tout va très
bien, Madame … etc. On reconnaît l’air, on fait mine d’acquiescer. Le lendemain matin, rebelote pour Moulis, Listrac, Margaux et quelques médocs, dans la fraîcheur du cuvier du château
Poujeaux. Deux petites heures de dégustation consciencieuse et l’affaire est réglée. On déjeune en petit comité avec Philippe Cuvelier (propriétaire de Poujeaux et de Clos
Fourtet), mais aussi Nicolas Thienpont (Pavie-Macquin, Berliquet) et Jean Philippon (Fourcas Dupré). Tout cela est
bien urbain, extrêmement sympathique même, puisque l’on peut échanger librement avec les heureux propriétaires (et pour les plus acharnés, boucler quelques interviews). Et cela continue
comme cela toute la semaine ; les après-midi offrant l’opportunité de goûter chaque cru de son choix, surtout les premiers, mais sur rendez-vous… Jeudi après-midi, relâche pour tout le
monde, on pose son palais et on est tout ouïe pour la conférence de Denis Dubourdieu, un des temps fort de la semaine. Ce fin connaisseur du terroir bordelais y détaille les conditions
climatiques qui ont prévalu à la naissance du millésime. Un grand moment. Enfin vendredi 15h00, fin des hostilités, après le déjeuner de clôture. Chacun se disperse, rejoint son port
d’attache. Le networking a bien fonctionné, on repart content et on se dit à l’année prochaine….
Et les prix dans tout ça ? Officiellement, on n’est pas là pour en parler. Pas encore.
Vous pourrez retrouver les interviews de Michel Bettane, Thierry Desseauve et de propriétaires sur le site www.bettanedesseauve.com (accès réservé).
Toutes les notes de dégustation des primeurs 2008 sont dans TAST, la lettre de Bettane&Desseauve (sur abonnement). Pour vous abonner : bb@bettanedesseauve.com.
* L’Union des Grands Crus est une association créée en 1973 qui regroupe 131 châteaux, soit une production de près de 32
millions de bouteilles.
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De tout et de rien, même pour les buveurs d'eau, les végétariens et les zwinglistes de gauche. Du vin en général, de la gastronomie
souvent, et du reste quand cela semble nécessaire. Mais toujours dans l'esprit de l'éthique internet, dans le respect d'autrui, sans haine, ni racisme, ni crétinerie avancée.
Bordeaux Primeurs 2008 :
jour 2
Lundi 30 Mars 2009, 19:29 GMT+2Par GjeCet article a été lu 495 fois
Belle journée ensoleillée avec un départ sur les chapeaux de roue à La Mission Haut-Brion pour tous les vins du Domaine Clarence
Dillon. Puis Pape-Clément, puis Mouton, Lafitte, Ulysse Cazabonne et Margaux.
Pas de possibilité ce jour à Latour, mais comme mes zozos vont y passer, pas de souci : on aura des commentaires
circonstanciés.
D'abord à LMHB : pour une fois, c'est simplissime : à titre perso, j'ai simplement envie - c'est bien la première fois - d'encaver
chacun des crus du Domaine. Partout une belle matière soyeuse, ronde à souhait, sans mièvrerie, droite dans ses bottes, avec des bottes un peu plus hautes pour La Mission que pour
Haut-Brion.
Les vins sont somptueux, parfaitement équilibrés, avec des tanins fins, et des longueurs, je ne vous dis que ça ! La Chapelle est un
pur plaisir immédiat tandis que Le Clarence donne l'impression d'une structure plus affirmée. Si mes zozos ont préféré le Laville, j'ai mieux aimé la rondeur voluptueuse du Haut-Brion blanc. Le
petit "plus" ? On est vraiment à Pessac-Léognan où les grands vins ont un costume parfaitement taillé sur mesure pour y intégrer plus tard - on en sent les prémices - ces arômes enivrants de fumé
qui me fascinent tant. On est parti sur du grand, pas de doute possible. Là encore, comme hier à Ausone et à Cheval-Blanc, on a l'impression d'une fusion assez singulière entre le dégustateur et
le cru : tout semble naturel, facile à comprendre, sans aucun besoin de technique ou d'analyse jésuitique des assemblages ou des durées des vinifications. Le plaisir est là, réel, sensible, et de
si haute tenue ! Du grand art. Je sais, je suis généreux de nature : aussi je confirme et signe : Haut-Brion à 98 points et 97 à La Mission Haut-Brion. Mais lisez les notes des autres, je ne
devrai pas en être très loin !
Pour rester dans les premiers : inouï à quel point Mouton et Lafitte semblent la définition parfaite de ce qu'on attend d'un grand
Pauillac. Stupéfiant. Si l'ossature de Mouton est plus affirmée, la queue de paon de Lafite est proprement stupéfiante. Ces deux domaines ont réussi à garder leur identité en offrant à l'amateur
ces pauillacs qui associent si bien puissance et finesse. Un point de plus pour Lafite (98) qui m'a séduit par sa matière si onctueuse et soyeuse à la fois, le tout tenu par des tanins
incroyablement fins : du grand art. Immense respect pour Mouton (97) qui portera loin dans le temps les qualités du travail fait depuis des années par Dalhuin et Berland. Ils ont mis au monde un
bébé dont ils peuvent être fiers.
Je craignais un peu pour Margaux, car divers crus de cette AOC dégustés chez Ulysse Cazabonne ne me laissaient point augurer de chef
d'oeuvre. J'y trouvais des vins plus maigres, parfois dissociés et surtout avec une dominante de bois qu'on n'avait pas ailleurs. Mais, encore une fois, la magie de Margaux, la bonne fée penchée
sur le berceau de ce millésime si miraculeux ont produit des effets magnifiques. La finesse est là, la puissance ne manque pas, et surtout l'équilibre est quasi parfait. Là encore, un très beau
cru méritant à l'aise 96 points.
Cette année encore, Pape-Clément fera les gros titres : aucun doute sur l'équilibre puissance-finesse de ce cru de Pessac-Léognan. La
race est là, le terroir aussi et on ne peut que dire : "chapeau bas" devant une réussite si particulière. Je ne doute pas qu'en dégustation à l'aveugle au GJE, il viendra titiller sans aucun
problème les premiers.
Bon, je dois y aller : grande soirée crus bourguignons et alsaciens chez le meilleur chinois du sud de la France : Au Bonheur du
Palais. On sera une bonne vingtaine !
3 - Les vins de Bordeaux testent leur cote
La rédaction avec Karine Vergniol - radiobfm.com, le 03/04/2009









C'est la semaine des dégustations de primeurs de Bordelais : 4 500 professionnels venus du monde entier sont à Bordeaux pour goûter
les différentes appellations. Un test crucial qui va orienter les prix pour la campagne de vente.
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Le dossier de Karine Vergniol sur la semaine des dégustations de primeurs de Bordelais diffusé le 3 avril 2009
sur BFM Radio.
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En une semaine, la tendance du marché est donnée. Si ces vins vendus en primeur ne pèsent que 3 % des volumes, ils génèrent 16 % du
chiffre d'affaires du vignoble bordelais, soit environ 500 millions d'euros.
Une méthode de fixation des prix unique au monde
Les domaines fixent les prix dans le courant du mois de mai, après les dégustations et une analyse du marché avec les négociants.
"Tous les ans il faut trouver le bon prix et notre système de travail avec le négoce est d'ailleurs unique au monde", souligne Sylvie Cazes,
présidente de l'Union des Grands Crus de Bordeaux, qui regroupe les 130 châteaux les plus prestigieux.
"Ce négoce représente pour nous environ 5000 personnes qui commercialisent nos vins dans le monde :
c'est le plus grand réseau de commercialisation dans le monde du vin. S'ils nous disent que les prix doivent être raisonnables, bien sûr nous l'entendrons. Mais chaque château aura lui-même son
prix à définir", précise-t-elle.
Les records de 2005 pèsent toujours sur le marché
Mais aujourd'hui, la pression est forte sur les grands propriétaires pour éviter la spéculation de ces dernières années. Depuis les
records de 2005, en effet, les tarifs ne sont pas redescendus :
"Ce qui se passe, c'est que de part le monde les vins du millésime de 2005
notamment et 2006 aussi ont été achetés chers et on souvent été achetés en spéculation. Donc aujourd'hui ces mêmes spéculateurs remettent ces vins sur le marché pour faire un peu de
trésorerie et cela engorge un peu le marché ça porte préjudice à la bonne commercialisation du millésime 2008", explique François Lévêque, président du syndicat régional des courtiers
en vins de Bordeaux.
Les grands crus bordelais misent eux aussi sur les promos
Dans un contexte économique difficile. Les négociants enregistrent même des annulations de commandes sur le millésime 2007. Du coup,
les châteaux jouent la carte des réductions. "Giscours a commencé en donnant un pourcentage de bouteilles gratuites sur les offres qui ont été faites en 2007. Donc les 2007 ont été vendues à un
prix X et ils nous donnent 13 bouteilles sur 12", raconte Jean-Christophe Calvet, président de la société de négoce Aquitaine Wine.
Des promos dans les grands crus bordelais comme dans les supermarchés ? Oui, confirme ce spécialiste. "Ils se sont trompés sur les prix en 2007 où les prix ont été beaucoup trop élevés. Donc comme les 2008 sont supérieurs en qualité et en image, le 2007 va se retrouver dans une
situation difficile et le seul moyen pour pouvoir arriver à les écouler, c'est de donner un rabais sur les vins qu'on a déjà achetés en 2007", explique-t-il. Autre moyen : mettre fin
à la spéculation et revenir à des tarifs accessibles aux amateurs.
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