Ci après les cartes situant la quarantaine de nouvelles communes qui pourraient
intégrer l'aire de l'appellation Champagne après validation du Comité National Vins et eaux-de-vie de l'INAO.

Soulanges prêt à troquer son blé contre des plants de vigne
Cyrille Louis
14/03/2008 | Mise à jour : 09:58 |
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Grâce à l'appellation, cette commune espère récupérer de nouvelles rentrées financières.
De notre envoyé spécial à Soulanges (Marne)
Ses terres, qui s'allongent sur une centaine d'hectares à la sortie de Soulanges, sont encore grises et pelées en cette fin d'hiver. Comme chaque année
depuis qu'il a repris l'exploitation familiale, Fabrice (*), 34 ans, y sèmera bientôt le blé, l'orge, le colza et la luzerne. Pourtant, depuis peu, l'agriculteur rêve en secret de tout
autres cultures. En lisant le journal local, il a appris voilà quelques mois que son village pourrait un jour bénéficier d'une extension de l'appellation vin de Champagne. Or une partie de son
terrain, exposé plein sud à flanc de coteau, semble à première vue idéalement configurée pour accueillir des vignes.
Des emplois à la clé
« Pour l'heure, je refuse de m'enflammer, car la décision d'étendre l'AOC à Soulanges n'est qu'une première étape, précise toutefois cet exploitant
discret. Dans un second temps, un comité d'experts se chargera de sélectionner les terres à vigne. Ensuite, seulement, d'heureux élus pourront planter. » Pour chacun d'entre eux, la vigne
pourrait un jour constituer une véritable manne. Mais rares sont à ce jour les bénéficiaires potentiels qui acceptent d'évoquer publiquement leur intérêt pour la production de raisin. « Le
champagne, c'est un petit monde fermé, et l'enthousiasme trop affiché des nouveaux venus risquerait de braquer les viticulteurs installés », croit savoir Fabrice.
Niché entre deux communes qui bénéficient depuis plusieurs années de l'AOC champagne Couvrot à l'est, Saint-Amand-sur-Fion à l'ouest , le village de
Soulanges, situé à une dizaine de kilomètres de Vitry-le-François, pleure depuis une trentaine d'années les nombreuses parcelles de vigne qui disparurent, au milieu des années 1920, à cause du
phylloxéra. « À l'époque, personne n'avait souhaité replanter, car on ne tirait pas grand-chose du petit vin de pays produit ici, raconte Michel Gérard, un exploitant qui fut maire de la
ville entre 1965 et 1983. Et puis, lorsque au milieu des années 1970 des agriculteurs de la commune ont commencé à rêver de produire du champagne, ils se sont aperçus que ça allait être
difficile. »
Deux fois, en 1975 et 2002, le village de Soulanges a manifesté son souhait de planter des vignes sur ses terres agricoles, en vain. « Pour nous, ce
serait intéressant à plusieurs titres, résume le maire, Danièle Finucci. Bien sûr, les terres à vigne représentent des sommes folles, mais il y a plus : d'expérience, on sait que les
villages situés en AOC sont très valorisés. On y restaure les vieilles maisons champenoises, de l'emploi s'y crée, des touristes affluent… »
Dans ce paisible village de 460 âmes, tous semblent pourtant hésiter, comme par pudeur, à se poser en futurs concurrents de sites aussi prestigieux
qu'Épernay. « De toute façon, le champagne, c'est comme le pétrole, lâche Fabrice, décidément philosophe. Aujourd'hui il flambe, car la demande est forte. Demain, peut-être, il
s'effondrera, et ceux qui auront beaucoup misé dessus le regretteront. »
Les cuvées de prestige font pétiller les ventes de champagne. LA
TRIBUNE
du 18/03/2008
en page 6 Pernod-Ricard lance sous la marque Perrier-Jouët, une cuvée de prestige à plus de 4 000 € la bouteille de
champagne. Un prix record comparé à ceux de Dom Pérignon, Roederer et Krug. Pour acquérir douze bouteilles présentées dans un coffret en bois laqué de cette cuvée Belle Epoque Blanc de Blancs, il
faudra débourser 50 000 €.
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