Nicolas Sarkozy - Un an après son élection, quel bilan pour la viticulture ?
Publié le 06/05/2008
Il y a un an tout juste, le 6 mai 2007, Nicolas Sarkozy devenait Président de la République. Quelles sont les avancées pour la filière viticole depuis cette élection
? Les promesses ont-elles été tenues ? Eléments de réponse dans ce bilan intermédiaire.
Nicolas Sarkozy va t-il finir par autoriser la publicité sur le vin et l'alccol sur internet, comme le demandent de nombreux parlementaires et acteurs de la filière ?(© Service photo
Elysée)
« Depuis un an, l'armada contre le vin a cessé » s'enthousiasme Yves d'Amécourt, vigneron, conseiller général UMP de Sauveterre-de-Guyenne, qui animait pendant la campagne un groupe de «
Viticulteurs avec Sarkozy ». S'il a avoué à titre personnel ne jamais boire de vin, le candidat Sarkozy s'était cependant engagé durant la campagne électorale à « ouvrir la publicité sur la
consommation de vin, dans la mesure où celle-ci est raisonnable et modérée ».
Pour Yves d'Amécourt, si des aménagements des lois et règlements sont encore attendus, le climat général a déjà changé. Il en veut pour preuve l'intervention du Premier Ministre qui, en
déplacement dans l'Aube le 7 avril dernier, faisait clairement référence au vin : « l'excellence française, elle est là, dans l'univers des sensations qui s'élèvent d'un fruit mûr ou d'un bon
verre de vin » avait indiqué François Fillon.
« Vous, viticulteurs, devez vous rassembler plus fortement »
Depuis l'arrivée de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, une décision de la Cour d'Appel de Paris a cependant durci l'interprétation de la loi Evin en interdisant toute
publicité sur le vin et l'alcool sur internet, et des parlementaires de l'Association nationale des élus du vin (Anev) attendent que le gouvernement inscrive à l'ordre du jour leurs propositions
de loi visant à assouplir cet aspect de la loi.
Outre l'assouplissement des règles concernant la publicité, le candidat Sarkozy, au cours d'une émission télévisée sur TF1, avait fait une autre promesse aux vignerons : « Je veux un meilleur
partage de la richesse avec la distribution. Il faut que vous les viticulteurs vous vous organisiez et vous vous rassembliez plus fortement parce que la création de valeur est trop prise par la
grande distribution par rapport aux viticulteurs ». Un an plus tard, plusieurs organisations professionnelles, dont la Fnsea et les coopératives, dénoncent pourtant le projet de loi de
modernisation de l'économie comme un texte qui « donne les clés de nos entreprises à la grande distribution, déjà toute puissante ». Pour Yves d'Amécourt, « la viticulture n'est pas la branche de
l'agriculture la plus concernée par ces questions de partage de la richesse. Nicolas Sarkozy avait raison d'évoquer l'organisation de la filière. Il y a souvent trop d'intermédiaires. Il faut que
nous apprenions à mieux travailler avec la distribution, par exemple en intégrant les acheteurs de GMS dans nos interprofessions ».
Dans l'attente du plan de modernisation de la viticulture...
Mais il est sans doute prématuré de dresser le bilan de l'action de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement au regard de la viticulture, avant l'annonce du plan de
modernisation sur 5 ans de la viticulture française qui devrait être présenté dans les semaines à venir. 2 ans après le rapport que le préfet Bernard Pomel avait remis au ministère de
l'agriculture, il devrait proposer un nouveau mode d'organisation de la filière. « Il faut avancer sur la gouvernance de la filière viticole » estime Yves d'Amécourt. « Plutôt que d'un Yalta
entre syndicalisme viticole et syndicalisme général, nous avons besoin d'un Grenelle de la viticulture ».
Guillaume Lapaque
Source : Ligérienne de presse
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