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14 avril 2019 7 14 /04 /avril /2019 06:00
J"ai toujours rêvé d être un gangster - Arno-Bashung

J"ai toujours rêvé d être un gangster - Arno-Bashung

Depuis quelque temps le dimanche c’est ainsi, je tire sur les fils de l’écheveau  de mes souvenirs sans trop savoir où ça me mènera, d’ailleurs peu importe où ça me mènera, l’important c’est que je puisse tisser une chronique avec une queue et une tête.

 

« Voilà comme je suis fait, ce n'est pas être bien fait sans doute, mais que voulez-vous? La faute en est aux dieux, et non à moi pauvre diable qui n'en peux mais ; je n'ai pas besoin de réclamer ton indulgence , mon cher Silvio , elle m'est acquise d'avance, et tu as la bonté de lire jusqu'au bout mes indéchiffrables barbouillages, mes rêvasseries sans queue ni tête ; si décousues et si absurdes qu'elles soient, elles t'offrent toujours de l'intérêt , parce qu'elles viennent de moi, et tout ce qui est moi, même quand cela est mauvais, n'est pas sans quelque prix pour toi. »

 

Théophile Gautier - Mademoiselle de Maupin : double amour – 1837

 

Ça me vient souvent sur mon vélo, alors je m’arrête, pose pied à terre, me gare dans le caniveau, sors de mon sac mon petit carnet et griffonne l’idée qui m’est passée dans la tête ; à nos âges la mémoire parfois est bien volage.

 

Arno, Bashung, Cohen c’est A, B, C… les 3 premières lettres de l’alphabet.

 

Eurêka j’ai trouvé…

 

Me reste plus qu’à broder avec mes bobinettes de fil…

 

A

 

Arno, est toujours vivant toujours doté de son humour ravageur « Ce qui est bien avec les strings, c’est que quand tu en mets un à l’envers, tu t’en rends même pas compte. »

 

  • Bashung, auquel on vous compare souvent ici, a chanté Ostende, votre ville natale. Et vous, seriezvous prêt à rendre hommage en chanson à la sienne, Strasbourg ?

 

« Pourquoi pas, si on met le prix, je suis ouvert comme une vieille pute, je fais tout du moment qu’on me paye. C’est le lot des chanteurs de charme ratés… »

 

Le voilà mon fil rouge baiser Ostende

 

Arno Comme à Ostende signé par Jean-Roger Caussimon et Léo Ferré, superbe chanson.

 

Arno au festival des Nuits secrètes.

B

Et bien sûr je noue mon fil rouge baiser avec un fil rouge garance :

 

Alain Bashung – Ostende

 

« A Ostende, je tire au stand ». Il ne retient d’une plage de Belgique qu’une fête foraine fictive. C’est le pouvoir des toponymes. On n’est pas loin des vers équivoqués d’Alphonse Allais ou de Victor Hugo : « Gal, amant de la reine, alla, tour magnanime, galamment de l’arène à la tour Magne, à Nîmes ». D’ailleurs on est sûr que la référence à Allais plairait beaucoup à Jean Fauque... « A Ostende » reprend le thème dylanien de « Stuck Inside of Mobile with the Memphis Blues Again » : on n’est jamais bien là où l’on est (naît), l’herbe est toujours plus verte de l’autre côté de la vallée : « A Ostende, j’aime Gibraltar, à Ostende, j’aime, Epinal, à Oslo, j’aime Agadir ». Quand on est en Suède, on regrette le Maroc, et réciproquement. « A Java, j’aime la Villette ». En Russie, on voudrait le Portugal : « En Ukraine, j’aime le fado ». Des jeux de mots basés sur des glissements phonétiques : « Et je pleure mon collyre, ma colère »

 

Mine de rien, ce lyrisme emprunte à Alfred de Musset : « Flottes hippocampes, droits comme des i », cela rappelle la fameuse « Ballade à la lune » : « C’était dans la nuit brune, sur le clocher jauni, la lune, comme un point sur un i »

.

Les souvenirs sentimentaux restent lapidaires. Cette retenue dit la pudeur : « A Ostende j’ai la hantise de l’écharpe qui s’effiloche à ton coup ». On a l’impression que le texte est né d’un souvenir raconté, qu’on n’en a gardé qu’un tout petit détail, on n’a pas voulu laisser émerger le reste.

 

Publié le 26 octobre 2009 par Johnny Mitchell BASHUNG DANDY FULIGINEUX ICI 

C

Avec Leonard je brode ma chute avec du fil noir…

 

« Je suis traducteur de profession. Quand je ne traduis pas, je suis aussi un fan un peu obsessionnel de Leonard Cohen. Donc je traduis parfois des textes de Leonard Cohen, juste pour moi, juste comme ça, pour sentir leur musicalité, pour me plonger plus profond dans leur langue à la fois cryptique et lumineuse, pour me trouver plus heureux encore de ne rien faire de ces traductions quand je comprends à quel point elles sont bancales, lourdes et impuissantes face aux images fabriquées par Cohen. J’écris cette chronique dans le train entre La Souterraine et Paris, Leonard Cohen est mort et j’écoute «Suzanne» par Alain Bashung, en français. Je crois que c’est la dernière reprise qu’il avait enregistrée avant sa disparition et je pense à Bashung et Cohen en faisant résonner dans ma tête l’entêtante mélodie circulaire de ma phrase préférée: «Maintenant tu n’as plus peur de voyager». Un vers de Graeme Allwright pour un autre qui disait «And you want to travel blind», un vers comme le cœur battant de la célèbre adaptation d’une des chansons de langue anglaise préférées des Français, un vers comme un miroir d’une œuvre polymorphe et fuyante. »

 

Felix de Montety — 14 novembre 2016

Arno avait accepté de reprendre la version française de "The Partisan", célèbre titre de Leonard Cohen pour un docu-fiction de 2x90 minutes diffusé sur France 2 en prime time, et en série documentaire historique de 4x52 minutes pour France 5, "La Résistance"

 

Malheureusement je n’ai pu retrouver une vidéo de ce moment.

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13 avril 2019 6 13 /04 /avril /2019 06:00
La bulle Internet du vin se dégonfle : les petits bourreurs de mou de l’e-commerce nous ont fait prendre des vessies pour des lanternes.

La bulle Internet du vin se dégonfle : les petits bourreurs de mou de l’e-commerce nous ont fait prendre des vessies pour des lanternes.

Ce devait être l’Eldorado, les start-ups de l’e-commerce du vin allaient, tels les Huns, tout brûler sur leur passage, ce serait un véritable carnage. Les louloutes et les loulous de Vinocamp, petit pince-fesses financé par les interpros et Vin&Société, se pâmaient devant leurs écrans, vendre du vin le cul sur sa chaise c’est tout de même moins chiant que d’attendre le chaland dans une boutique au coin de la rue.

 

Et moi, pendant ce temps-là, je fermais ma grande gueule de peur de me faire, une fois encore traiter, de vieux con ramenard.

 

Vive les box, les abonnements pour génération Y, les soi-disant superbes découvertes pour béotiens émerveillés, tu tapes sur ton clavier, tu payes et t’es livré…

 

Simple comme un clic quoi !

 

Sauf que tout ça ce n’était pas donné, le plus c’était dans le porte-monnaie qu’on le trouvait.

 

Bref, les petites start-ups vibrionnantes se sont cassé les dents sur les grosses cylindrées : Vente Privée et Cdiscount écoulant les surstocks, à prix cassé, des châteaux, des négociants ou autres stars pour acheteurs d’étiquettes.  

  

Concentration, disparition, nettoyage au karcher de la piétaille, place aux gros commerçants.

 

Se leurrer c’est dommage, mais nous faire prendre des vessies pour des lanternes c’est nous prendre pour des cons.

 

Voilà, c’est dit, mais ne faites pas dire que l’e-commerce est mort et enterré, ce serait verser dans l’excès inverse, simplement je crois qu’il doit, pour se développer, être l’un des vecteurs essentiels de la reprise en mains par les vignerons de la commercialisation de leurs vins.

 

D'après une étude menée par Xerfi, le e-commerce de vin change de rythme.

 

Longtemps habitué à des taux de croissance record (ventes en hausse de plus de 30% par an en moyenne sur Internet entre 2008 et 2015), le marché s’est peu à peu essoufflé. La faute à l’atténuation de l’effet nouveauté, à la banalisation de modèles de vente (box, ventes privées) et aux moindres créations d’entreprises.

 

Les ventes de vin en ligne progresseront ainsi de seulement 6% par an en moyenne d’ici 2022 pour atteindre 1,9 milliard d’euros (à comparer à 1,5 milliard en 2018, soit 10% du marché total tous canaux confondus), selon le scénario des experts de Xerfi.

 

La suite ICI 

 

Le e-commerce de vin à l'horizon 2022

 

E-cavistes, marketplaces, ventes privées, box, circuits courts, GSA : quels facteurs de succès et perspectives de croissance ?

 

LES POINTS FORTS DE L'ÉTUDE :

 

Le scénario prévisionnel de Xerfi sur les ventes en ligne de vin et la dynamique des circuits d'ici 2022

 

Le décryptage des leviers de croissance des acteurs et des grandes évolutions de l'offre au travers d'études de cas.

 

L'analyse des 7 profils d'acteurs présents dans la vente en ligne de vin, de leur modèle économique et de leur positionnement.

 

Toutes les clés pour comprendre les mutations de la demande et des pratiques d'achat en ligne

 

Parue le 26/03/2019  157 pages Réf : 9DIS79 / XR 1 800 € HT

 

ICI 

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12 avril 2019 5 12 /04 /avril /2019 06:00
Ne dites pas à ma mère, qui est au ciel, que je suis bootlegger de vin nu elle croît que je suis, comme Me Morain, avocat pénaliste…

Quand à 70 ans tu n’as pas publié un livre sur le vin nu tu as raté sa vie…

Michel Houellebecq La possibilité d’une vigne.

 

C’est mon cas, j’aurais dû faire avocat pénaliste comme Me Morain qui vient de vinifier sans soufre et sans poudre de perlin pinpin un Plaidoyer pour le vin naturel.

 

 

Ha ! les Plaideurs de ce cher Jean Racine star du Lagarde et Guichard de ma jeunesse studieuse ! (ne pas confondre avec Butane et Degaz)

 

PETIT JEAN, traînant un gros sac de procès.

 

Je lui disais parfois : « Monsieur Perrin Dandin,

Tout franc, vous vous levez tous les jours trop matin.

Qui veut voyager loin, ménage sa monture ;

Buvez, mangez, dormez, et faisons feu qui dure. »

Il n'en a tenu compte. Il a si bien veillé,

Et si bien fait, qu'on dit que son timbre est brouillé.

Il nous veut tous juger les uns après les autres.

Il marmotte toujours certaines patenôtres

Où je ne comprends rien. Il veut bon gré, mal gré,

Ne se coucher qu'en robe, et qu'en bonnet carré. 

Il fit couper la tête à son coq de colère,

Pour l'avoir éveillé plus tard qu'à l'ordinaire :

Il disait qu'un plaideur, dont l'affaire allait mal,

Avait graissé la patte à ce pauvre animal.

 

Avant de transgresser comme tout addict de vin nu, je digresse ce qui est une bonne façon de progresser dans ma « plaidoirie »

 

Oui, tel le Laboureur et ses enfants de Jean de La Fontaine, au crépuscule de ma vie, je bats ma coulpe, en effet même si j’ai eu droit au doyen Bouzat, horreur, malheur, je me suis vautré avec délice dans les grands arrêts de la jurisprudence administrative, ce droit public qui attire des sourires ironiques sur les lèvres des civilistes.

 

Certes, j’étais un véritable Paganini du commentaire d’arrêt et le doyen Yves Prats, frère de Bruno alors propriétaire du château Cos d’Estournel et du château Petit Village m’accompagna dans l’écriture d’une thèse sur le cochon qui fit de moi un docteur.

 

Ironie de l’Histoire les propriétés des Prats furent vendues à l’inventeur d’Aoste, de Cochonou, de Justin Bridou, l’exécrable Michel Reybier (je l’ai reçu au 78 rue de Varenne)  ICI

 

Ha ! les Grands Arrêts de ma jeunesse folle de 68 hard non révisé !

 

  • Tribunal des conflits - 8 février 1873 – arrêt Blanco

 

  • 30 mars 1916 – arrêt Compagnie générale d'éclairage de Bordeaux

 

  • 28 mai 1954 – arrêt Barel

 

Je digresse encore, mais je transgresse aussi :

 

Avant de croiser le sémillant Me Morain, j’imaginais l’avocat pénaliste tel qu’une déjantée du barreau, pénaliste elle-même, Hannelore Cayre, l’avait décrit dans ses petits polars jubilatoires d'avant son best-seller La Daronne.

 

En effet, son personnage fétiche, Christophe Leibowitz-Berthier, était un avocat cynique et pétochard, alcoolo, un pervers polymorphe que la gente judiciaire surnommait « l'étron », qui défendait la lie ordinaire des prétoires : proxo, dealers, détrousseurs de matos électronique, souvent commis d'office... et en profitait, c'est lui qui mène le récit, pour tirer des scuds sur ces chers collègues et porter un regard sans concession sur le quotidien de la justice ordinaire.

 

« Doué en rien et bon à tout, je m'étais inscrit après le bac sur les conseils de mon père dans ce qui était d'abord une fac de droite avant d'être une fac de droit. »

 

ICI 

 

Ne vous méprenez pas, n’y voyez aucune ironie, j’ai radicalement changé d’avis avec notre Me Morain qui, même s’il liche des vins nu chez ce déjanté de Seb Demorand, adore la bonne chère de Table, de Passerini et autres omnivoristes, fait ses courses à Terroirs d’Avenir, s’encanaille à la Bellevilloise avec Antonin, est lui du genre BCBG, tendance Arnys, dans un polar à la Giancarlo De Cataldo (juge auprès de la cour d’assises de Rome) on l’aurait surnommé « l’élégant »

 

J’ai écrit sur cet espace de liberté : « L’élégance est imperceptible, intangible. La vraie, loin de n’être qu’un signe extérieur, exprime souvent une façon d’être, une forme discrète d’alliance de beauté physique et morale. Ma mère couturière avait coutume de dire, face à un beau modèle, bien porté : quelle allure ! François Baudot, dans son livre L’allure des Hommes, écrit « Mélange de magnétisme et de mouvement, l’allure ne tient ni aux moyens des individualités qui l’expriment, ni au milieu dont celles-ci sont issues. » Le vêtement porte en lui des signes qui ne trompent pas. Seconde peau, « à peine moins sensible, moins éruptive, moins vulnérable que la nudité, son enveloppe en dit souvent plus long. »

 

Attention, il n'est pas écrit sur mon front : critique, alors ne vous attendez pas que, comme Bob l'enclume, je notasse sur 100 la régalade d'Eric Morain, je vais me contenter de gambader dans les prés verts (pas mal, non) où paissent de paisibles vaches normandes aux yeux tendres qui, le soir venu, iront donner leur lait cru à la fermière pour qu'elle fasse un camembert sincère comme les aime tant notre adorateur des vins à poils durs.

 

Trêve de digression oiseuse passons au brillant plaidoyer de Me Morain pour les vins qui puent.

 

Si j’avais été son éditeur, par bonheur pour lui ce que je ne suis pas, comme je suis un nostalgique des films de Claude Sautet… j’aurais donné comme titre à son opus :

affiche du film Vincent, François, Paul et les autres

Sébastien, Dominique, Olivier, David, Alexandre et les autres…

En sous-titre : ode au vin nu

 

Depuis Alice Feiring je suis résolument vin nu. 

 

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Comme Sébastien Lapaque, l’érudit préfacier, je sais gré à Éric Morain de n’être pas tombé dans l’ornière de la définition du vin naturel, d'avoir avec élégance toujours, évité de distribuer des bons et des mauvais points, de se laisser aller à tracer des lignes de démarcation.

 

Moi, le vieux blanchi sous le harnois des AOC du baron Le Roy je ne peux pas piffer les cahiers des charges, les ODG, les dégustateurs de défauts, les organismes de contrôle, les fossoyeurs de l’esprit des origines.

 

17 juin 2010

1ière Déclaration de l’Origine : un acte fondateur à relire avec attention

 

« Le 25 juin 1948, à Deauville, à l’initiative du Syndicat de la marque d’origine « Pays d’Auge » se tenait, sous la présidence du baron Le Roy président de l’INAO, le 1ier Congrès de l’Origine. A la fin du dîner de clôture, auquel le Ministre de l’Agriculture de l’époque n’assistait pas, le baron Le Roy « qui a présidé tous les travaux de la journée avec infiniment d’autorité et d’entrain » soumettait à l’assemblée un projet de DÉCLARATION. Mise aux voix, elle fut adoptée à l’unanimité. Pour les congressistes elle devait devenir « la charte des produits d’origine en créant l’unité de doctrine ».

 

ICI

 

Le vin nu est l’expression ultime de l’espace de liberté que nous appelions de nos vœux dans Cap 2010, alors, de grâce, ne l’enserrez pas dans des chaînes, ne lui flanquez pas des boulets aux ceps !

 

Je m’enflamme comme Me Morain qui rive le clou aux procureurs « ceux qui nous traitaient de bio-cons il y a déjà 20 ans… » ceux qui ont « raté le vent de l’histoire » à qui il ne reste plus que « l’ambition de la girouette »

 

Souvenir du zozotant Edgard Faure. À moins de 21 ans, il s’installe comme avocat après avoir été élu 2ième secrétaire de la conférence du stage, pépinière des futures élites de la « République des avocats » « ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent ».

 

Notre brillant avocat agite ses manches, il pourfend, il raille, il joue comme le chat avec sa pelote, il harangue « Mon client est désormais partout, il drague la jeunesse et séduit les rues de la soif, il bouscule le déjeuner du dimanche chez belle-maman, il ne se déguste pas, il se partage, c’est là sa seule raisin d’être, raison d’être pardon. On dit qu’il a goût de sueur, c’est sans doute qu’il a replacé le soufre par la souffrance ; on l’accuse de puer la serpillère mal essorée, c’est qu’il préfère le risque au confort ; on dit qu’il sent la bouse de vache, c’est qu’il a délaissé le laboratoire pour la terre. »

 

J’imagine la tronche de Vincent Pousson le pourfendeur des vins d’évier, pardon des vins déviés, et celle de Nicolas de Rien, le bedeau de Butane et Degaz, à la lecture de cette plaidoirie.

 

C’est du pur jus d’avocat, avec jusque ce qu’il faut de parti pris et d’une once de mauvaise foi.

 

Viennent ensuite 5 histoires : celle de Sébastien Riffault, de Dominique Derain, d’Olivier Cousin, David Léclapart et d’Alexandre Bain…

 

Les choses de la vie, du Sautet toujours…

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Arrivé à ce stade de ma chronique je ne sais plus où j’en suis, j'ai perdu les pédales, je suis épuisé, j'ai l'impression d'entendre Ange Poli, alors président de la Chambre d’Agriculture de Haute-Corse, me dire, en mon bureau de la galerie Sully, lassé par mes remarques sur la calamiteuse gestion de sa chambre consulaire :  « Monsieur Berthomeau, vous me fatiguez… »

 

Alors, afin de me sortir du guêpier dans lequel Éric Morain m’a fourré en me dédicaçant, avec une trop abondante brassée de fleurs, sa plaidoirie pour le vin nu, pour conclure cette chronique, totalement à côté de la plaque, j’ai convoqué Gérard Miller, la plus belle langue de pute de Paris, grand adorateur du Président Mao qui déclarait que « La Révolution n’est pas un dîner de gala... », pour qu’il accouche d’une critique digne de ce nom.

 

Je vous la livre brute de cuve :

 

« Sans contestation possible, le petit livre d’Éric Morain, sera le Petit Livre Rouge du XXIe siècle, car il marque le début de la Longue Marche qui conduira les larges masses assoiffées de nature au Pays des 100 fleurs de vignes centenaires, comme Mao le proclamait « La bouse de la vache est plus utile que les dogmes : on peut en faire de l'engrais. » et « C'est quand la merde et le pet sont sortis que le ventre est soulagé ! »

 

Grâce à lui les hipsters tatoués, les bobos des villes et des champs, les foodistas en tongs Giucci, les chefs de bouiboui où 2 carottes et un navet anémique se battent en duel aux côtés de lichettes de bœuf Wagyu, les sommeliers déjantés, les cavistes branchés sur courant alternatif, et bien sûr les vignerons naturistes, en une nouvelle Révolution Culturelle terrasseront les tigres de papier en graffant sur les murs de l’INAO des dazibaos vengeurs, iront bécher pendant leur week-end ou leurs RTT le terroir anémié pour terrasser la glyphosate et ressusciter les vers de terre.

 

Comme me le rappelait mon petit camarade Philippe Sollers, lui aussi maoïste, « Le Grand Timonier variqueux, dans son petit livre rouge, avait déclaré pour stimuler les larges masses : « Mourir, c’est toujours grave ; mais mourir pour le peuple, c’est léger comme une plume… »

 

Oui, votre plume est légère cher Eric Morain et avec vous je m’écrie : « Feu sur le quartier général ! Un slogan fantastique »

 

 

En librairie le 2 mai éditions Nouriturfu 6 bis rue du Repos, 75020 Paris 14 euros

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11 avril 2019 4 11 /04 /avril /2019 06:00
photo des conscrits de Decazeville datant d’avant la Grande Guerre.

photo des conscrits de Decazeville datant d’avant la Grande Guerre.

J’ai horreur des critiques de film, de livres, qui détricotent l’histoire comme s’il n’avait pas mieux à faire ; pour les polars où l’auteur s’ingénie à nous balader c’est pire.

 

J’ai donc choisi de prendre le dernier Olivier Norek, Surface, par le petit bout de la lorgnette, la mission très gilets jaunes, le maintien des services publics dans le fin fond de la France, en l’occurrence dans ce polar : Decazeville département de l’Aveyron.

 

SURFACE

 

L’Aveyron je connais ! Roquefort, Laguiole, l’aligot, Raymond Lacombe, Marcel Bruel, André Valadier le fondateur de Jeune Montagne...

 

Decazeville j’ai chroniqué voir plus bas.

 

Norek j’achète les yeux fermés !  C’est du bon.

 

Revenons au titre de ma chronique : pourquoi expédier une  brillante capitaine de la PJ, ex-36 quai des Orfèvres, aujourd’hui sis au 36, rue du Bastion depuis juillet 2017 au fin fond de l’Aveyron profond ?

 

Nous sommes dans le bureau du DCPJ, dernier étage du Bastion : le directeur central de la Police Judicaire.

 

« Du béton et des tours, du gris et de la fumée lourde de pots d’échappement, à quelques mètres seulement du périphérique. »

 

Face à lu Noémie Chastain, capitaine en PJ parisienne chef de groupe brigade des stups.

 

Dialogue « a minima »:

 

  • Je crois que vous avez besoin de repos. De campagne.

 

[…]

 

  • La campagne ? répéta Noémie en haussant involontairement le ton…

 

[…]

 

  • … Vous connaissez Decazeville ?

 

Elle eut envie de lui enfoncer son Decazeville au fond de la gorge, où que ce trouve ce foutu village.

 

  • J’ai vu avec les ressources humaines, nous avons besoin d’un effectif de confiance sur place, pour une mission d’une durée d’un mois.

 

  • Et on fait en un mois ? s’étonna Noémie.

 

  • On ferme un commissariat (…) allez là-bas, regardez-les bosser, faites un point de l’activité criminelle et dites-nous si leur service doit fermer ou non. On est en pleine restrictions budgétaires au ministère, et puisqu’il y a aussi une gendarmerie sur place, l’Intérieur aimerait qu’elle prenne la main. Alors est-ce le village le plus tranquille de France ou sont-ce les flics les plus incompétents du pays ? Ce sera à vous de nous le dire.

 

Vous avez la réponse à la question posée.

 

Gare de Viviez – Decazeville Aveyron.

un cul-de-sac ferroviaire ICI 

 

Résultat de recherche d'images pour "Gare de Viviez – Decazeville Aveyron."

 

« Seules deux autres personnes descendirent du train. Après sept heures de voyage, elle quitta enfin le tortillard qui avait fait mille détours pour desservir des villages dont elle n’avait jusque-là jamais entendu le nom. Et dont elle ne se souviendrait certainement jamais. Il faut dire qu’entre Laroque-Bouillac, Boisse-Penchot et Lacapelle-Marival, il fallait avoir de la mémoire ou y être tombé en panne. »

 

« Elle se retrouva seule devant la gare, sur un parking noyé de soleil. Face à elle, un restaurant désert subtilement nommé « la Gare ». Dans son dos, des collines lépreuses au pelage de verdure rase, épuisées par plus d’un siècle de pollution aux métaux lourds issus de la fabrication du zinc, avec à leur pied des centaines d’entrepôts en tôle grise. Pas loin, une usine désaffectée sur un bon millier de mètres carrés, labyrinthe de tuyaux métalliques rouillés et entrelacs de vieux tapis roulants, immobiles depuis les années 1960. »

 

Voilà, vous savez tout.

 

Une précision l’auteur, Olivier Norek est un produit du cru « Oui, j'ai grandi dans un village comme celui d'Avalone. Le mien s'appelle Aubin. Malgré cela, ce n'est pas un retour aux sources, puisque je ne me suis jamais senti heureux en ville. Le 93 et Paris sont comme mon bureau. Je commence à respirer un peu mieux quand je m'installe dans le 19 h 38, gare d'Austerlitz, et que je me pose sur ma couchette, sachant que je me réveillerai en Aveyron le lendemain matin et que la vieille bagnole de mon père m'attendra à la gare déserte, un thermos de café sur le tableau de bord. »

 

Deux détails qui ne vous mèneront pas sur la piste de l’intrigue :

 

  • Y’a un Boscus de l’agence AVRIL, l’agence de vidage, de réfection et d’inspection des lacs (sacré Julien l’étoilé des Climats)

 

  • Les urgences de l’hôpital de Decazeville est un acteur important dans l’histoire trépidant de l’exilée de la PJ.

 

Decazeville

 

Les Houillères et Fonderies de l'Aveyron, créées en 1826 par le duc Decazes (1780-1860), qui avait hérité des mines, allait faire d’un village-rue un grand centre métallurgique qui prit le nom, au début de la Monarchie de Juillet en 1835, de Decazeville. Au début du XXe siècle 9000 travailleurs y produisaient 1 million de tonne de fonte. Le déclin des industries minières, commencé dans les années 70,  frappa Decazeville qui vit sa dernière mine fermer en juin 2001. Ce bassin minier connu une grande grève qui vit 1 500 mineurs rester 66 jours au fond de la mine entre le 23 décembre 1961 et le 26 février 1962. C’était au temps du Général et ne venez pas dire que ce temps c’était le bon temps.

 

La suite ICI 

 

Si vous souhaitez en savoir plus sur Olivier Norek et son nouveau livre c’est ICI Polar : Olivier Norek refait « Surface » dans la peau d'une femme

 

Deux semaines avant la parution de son nouveau roman très attendu, le flic passé à l'écriture Olivier Norek passe aussi aux aveux pour « Le Point ». Entretien. Par Julie Malaure

Publié le 26/03/2019

 

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10 avril 2019 3 10 /04 /avril /2019 10:35
T’as raison José Bové, avec Lactalis le ver est dans le fruit du « Roi des fromages »  Roquefort Société

Souvenir de la vente chahuté de Roquefort Société à Besnier rebaptisé Lactalis.

ICI

 

J’étais aux manettes, ce fut une rude bataille perdue d’avance sur laquelle je ne reviendrai pas. Je ne citerai pas de noms car deux des protagonistes majeurs sont passés de vie à trépas.

 

Papa Besnier était à la manœuvre, furieux d’avoir vu lui échapper l’Union Laitière Normande, passé entre les mains de son ennemi héréditaire Jean-Noël Bongrain, il savait que le maillon faible était le Crédit Agricole actionnaire de la Société des Caves à hauteur de 10%. Sans écrire des mots qui fâchent il appliqua le tout s’achète à qui veut se vendre.

 

En dépit d’une offensive de dernière minute de l’Aveyronnais Raymond Lacombe, alors président de la FNSEA, l’ogre entra dans la maison en faisant patte douce. Juré il ne toucherait pas à un seul cheveu du roi des fromages.

 

L’appétit insatiable de l’inventeur de Président, avec un sommet le Président de campagne, pour les AOC fromagères était connu, il se fondait, si je puis dire, sur le constat que la notoriété des AOC était le meilleur socle pour vendre des fromages, comme le proclame José Bové, Canada Dry.

 

Le fils a retenu les leçons du père, en les amplifiant, alors il ne faut pas s’étonner qu’après le camembert il s’attaque avec sa grosse machine Société à un autre monument : le Roquefort.

 

« La commercialisation d’un bleu de brebis estampillé Société par le groupe Lactalis suscite les foudres de José Bové. Il dénonce un « Canada dry » du Roquefort et s’inquiète pour l’avenir de l’AOP du « Roi des fromages » dont la fête est programmée pour le mois de juin.

 

José Bové ne décolère pas. Un échantillon du fameux bleu de brebis entre les mains, il fulmine. La boîte en plastique reprend la forme du Roquefort vendu en grande surface par Société des caves. L’étiquette est verte… « Regardez cette étiquette, un bleu de brebis avec Société en logo. Depuis des années, en France mais aussi en Europe, ce logo veut dire Roquefort. Aujourd’hui, c’est un ersatz. Pour le consommateur ce sera du Roquefort mais qui n’est pas du Roquefort. C’est du Canada dry ». 

 

« Ce n'est plus du lait cru, c'est du lait pasteurisé », explique-t-il à l'occasion de la conférence de presse qu'il organisait, mardi 9 avril 2019. « On n'a aucune garantie sur la zone de ramassage du lait ».

 

José Bové en est sûr : ce fromage à bas prix va faire du tort à l'AOP (appellation d'origine protégée) Roquefort, la plus ancienne de France. « C'est un produit fait par le plus grand industriel de Roquefort. C'est un coup de poignard dans le dos. Jamais on n'aurait pu penser que ça arriverait ».

 

L'interprofession doit réagir, martèle le député européen. Qui se dit résolu si besoin à porter le dossier devant les plus hautes instances juridiques.

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10 avril 2019 3 10 /04 /avril /2019 06:00
Terrasse de l’appartement de la Giudecca. Photo © J. Brunerie.

Terrasse de l’appartement de la Giudecca. Photo © J. Brunerie.

Le petit chroniqueur indépendant que je suis est ravi.

 

Vendredi dernier, sortant de ma sieste, la mariennée de mon pépé Louis au flanc du pailler de Bourg-Pailler, ô surprise dans ma petite boîte électronique s’affiche un courrier de JPK.

 

Un lien : j’ouvre !

 

Avec Jean-Paul Kauffmann, découvrez Venise comme vous ne l’avez jamais vue : ses canaux et ses îlots, ses chemins de traverse et ses églises abandonnées, ses secrets et ses tableaux envoûtants.

 

Et ça commence bien : des portes !

 

« Rien n’est plus beau à Venise que le battant d’une porte d’église. Dans la richesse et la variété de ses nervures colorées et sinueuses, le bois lavé par l’écoulement du temps se présente dans toute sa nudité avec ses cernes et ses rayures gris argent, ses mouchetures pelées, ses dépôts minéraux de couleur blanche laissés par les pluies séculaires. Certaines parties plus exposées à l’air et aux rigueurs atmosphériques, généralement la région inférieure, noircissent, présentant des îlots écorcés avec des nuances cramoisies. »

 

Là où que j’aille traîner mes godillots, chez moi à Paris ou dans des lieux moins connus, je me gave l’œil de portes.

 

Les voici :

 

 

Un peu plus loin :  Porte principale de la Scuola Vecchia della Misericordia. Photo © J. Brunerie.

 

 

Encore : Porte de Sant’Anna. Photo © J.  Brunerie. 

 

Le double tour : Porte de Sant’Anna. Photo © J.  Brunerie.

 

« En revanche, Spirito Santo est un morceau de choix. Je l’aperçois depuis mes fenêtres. J’ai toujours l’impression qu’elle me nargue. Parmi toutes les églises aux portes fermées, elle se révèle la plus impénétrable, avec son tympan en plein cintre orné d’un motif végétal en éventail. »

 

Porte des Terese. Photo © J. Brunerie.

 

L’intégralité du reportage photos c’est ICI

 

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Santa Maria della Visitazione et les Gesuati vus du vaporetto menant à la Giudecca. Photo © J.  Brunerie. image image

Vue de la terrasse de l’appartement de la Giudecca. En face, la Visitazione et les Gesuati. Photo © J. Brunerie.

 

Avec Joëlle dans le jardin d’Eden. Photo © J.  Brunerie. image

 

Cadenas fermant la porte de Santa Maria del Pianto. Photo © J.  Brunerie. image

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9 avril 2019 2 09 /04 /avril /2019 06:00
Bernard Arnault nouveau caviste en vin nature « Un bon vin est un vin vivant » affiche son enseigne

J’eus pu publier cette chronique le 1er avril pour que tous les St Thomas du vin ne me crussent point.

 

Et pourtant, le temple de LVMH, sis dans le 7e arrondissement, l’ancien enseigne d’Aristide et Marguerite Boucicaut, récupérée pour rien dans l’escarcelle de la faillite des frères Willot par Bernard Arnault, en sa cave souterraine, glaciale comme un iceberg, je n’évoque pas ici la température mais la froideur du lieu, après avoir ignoré  les vins qui puent, sentant le vin tourner, à pas de loup, nous fait le coup d’une déclaration enflammée pour les vins vivants.

 

Le père Jancou dans son Diois doit se marrer grave.

 

Bon, les cavistes branchés alternatifs, ceux qui vendent du vin politique, vont m’objecter que les gars du Bon Marché n’ont pas mis en avant un vigneron bien luné qui joue de la corne de vache, vendange ses vignes en tongs, fume des pétards, vinifie à la va que me pousse, ignore le souffre, un pur naturiste quoi.

 

Un chouchou des hipsters, des restaurateurs branchés, des bobos ignares qui selon Pousson ne savent licher que des vins d’évier.

 

En l’occurrence  il s’agit d’une vigneronne : Michèle  Aubery du domaine Gramenon qui a repris le flambeau au décès de son mari Philippe. ICI  

 

Les vins du domaine sont référencés chez Lavinia qui n’est pas un petit caviste donc sa mise en avant par la cave du Bon Marché n’est pas en soi un événement, en revanche ce qu’il est c’est la référence au vin vivant.

 

Ils n’ont pas osé jouer sur la corde nature mais je vous fiche mon billet qu’ils vont y arriver puisqu’il y a un marché.

 

Leur seul problème sera pour la GD de trouver des vignerons naturistes qui acceptent de se « maquer » avec un fleuron du grand capital.

 

Patience et longueur de temps, ça viendra.

 

Je rappelle aux puristes qu’à une certaine époque, lorsque la cave du Bon Marché n’était pas une vitrine pour touristes friqués, on y trouvait les vins de Marcel Lapierre le pape des vins nus.

 

Ce que j’écris va fâcher mais l’extension du domaine des vins dit nature va, comme pour le bio, s’accélérer et attirer des ouvriers de la 25e heure qui ne seront pas forcément de pâles copieurs du style le Grand Gégé ou autres coopés astucieuses surfant sur le sans soufre.

 

Enfin, ceux qui placent leurs espoirs dans une définition légale des vins nature sont les idiots utiles de la GD. En effet, tous les signes de qualité avec cahiers des charges ont été et sont de plus en plus les meilleurs vecteurs de l’appropriation par la GD de ce qui se présentait à l’origine comme une  différenciation par rapport au tout venant banalisé.

 

Le label bio en est le plus criant exemple comme la multiplication des AOP-IGP a banalisé la masse des vins dit labellisés (l’AOC des origines n’était pas un signe de qualité).

 

 Je pose ça comme ça, sans jouer les ramenards, simplement pour introduire un peu de réflexion dans le petit monde des vins qui n’intéressent que les amateurs, grands ou petits, de grands vins ou de vins nu.

 

Le vin nu n’est ni de gauche, ni de droite et en même temps les lendemains qui chantent d’un côté et le profond conservatisme de l’autre me laissent penser que le petit monde de la vigne et du vin est un excellent miroir de ce qu’est notre vieux pays…

 

 

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8 avril 2019 1 08 /04 /avril /2019 06:00
Elles ont pissé dans 1 bouteille de Romanée-Conti 1969 stockée dans le bunker le plus sécurisé du monde à Hong Kong

Des esthètes…qui ont du goût s’interroge Marwan Cherry le négociateur.

 

  • Des esthètes qui pissent dans des bouteilles à Quatre cents dollars lui rétorque Jackie Chan chef de la brigade.

 

C’est le ton du trépidant roman noir, affûté comme une lame de Céline Minard : Bacchantes

 

"Bacchantes", Céline Minard
(Rivages - 106 pages - 13.50 €)

 

Un ton que je connaissais après avoir lu son Bastard battle

 

11 août 2014

 

« L’eau étant putride, nous fîmes à Gevrey et Chambertin provende de vin… » Denysot-le-clerc ramassé deux mois devant le clos des Riceys…

 

« Bastard Battle » est « jouissif, truculent et grand guignolesque à souhait, qui ne laisse aucun répit au lecteur et n’oublie même pas d’être drôle. Ciselé avec passion et précision, à la manière d’une miniature médiévale. Un livre vivant, qui le reste longtemps après la dernière page tournée… »

 

Empruntant vocabulaire, orthographe et syntaxe au moyen français, elle recrée un parler médiéval émaillé de touches d’anglais, d’espagnol, d’allemand [la majorité des personnages sont des mercenaires venant de tous horizons], un faux vieux français qui sonne juste et étaie la construction d’un imaginaire universel. Fortement évocatrice et curieusement poétique, truculente à souhait, la langue est finalement le personnage principal de Bastard Battle, déstabilisante au premier abord mais - pour peu qu’on se laisse porter - tout à fait compréhensible, notamment grâce au parti pris très visuel de la narration.

 

« … Je portai un muid de Gevrey dont je fis sauter le couvercle et les vapeurs espicées me plongèrent dans un charmement délicieux, il me fallut tenir de sauter dans le vin… »

 

« Enguerrand et le sabreur, tous deux accroupis en tailleur dans un coin de la salle, buvaient en se tendant tour à tour le gobeau, sans parler… »

 

« Lors puisant une fois encore dans le muid de Gevrey, haut les gobeaux, entrechoqués, nous portâmes la plus belle bride de la soirée, à nous aultres nous-mesmes… »

 

« Ainsi fut-il, et ainsi en nos murs, aux aguets, aux manœuvres, passa le mois de septembre mil quatre cent trente-sept et la saison de vendanger.

 

Les raisins du coteau des Poutils, moy et Pierrot Fagotin et mes aultres gens de bonne boyte, nous les avions ramassés pour presser et faire ce que nous disions le premier cru de coste-grillée, eu égard à la poterne grillagée qui nous donnait accès aux vignes. »

 

En lisant Bacchantes j’ai pensé à Jean-Bizot.

 

« ECWC est la cave de garde la plus sécurisée de Hong Kong. Installée dans les anciens bunkers de l’armée anglaise, elle attire les collectionneurs depuis des années. Des chinois, des Européens et des Américains avertis ont confié leurs vins aux bons soins de M. Coetzer, ancien ambassadeur sud-africain reconverti dans la gestion de la vitiviniculture. Ses talents de diplomate sont venus à bout de leurs dernières réticences, essentiellement liées au climat de la baie. Le système de climatisation multizone dont il a équipé les douze bunkers de son entreprise, à hauteur de trente millions de dollars, assure une température constante de 13 à 13,5 degrés Celsius et un taux d’humidité compris entre 65 et 75%. Un éclairage ponctuel par lampes à sodium basse pression et un système de sécurité dérivé du secteur bancaire ont convaincu les connaisseurs les plus sourcilleux. Des bunkers enterrés à plus de vingt mètres de profondeur ne laissent passer ni vibrations ni lumière naturelle. Les bouteilles vieillissent mieux un environnement physique optimal. Physique et fiscal.

 

Grâce aux mouvements de stock rapides et discrets, au club privés et aux soirées à thème réservées aux membres Gold et Platinium, la clientèle d’Ethan Coetzer a très vite dépassé la sphère de ses contacts personnels.

 

En dix ans, il a fait de si belles et fructueuses rencontres que la valeur de son stock est estimée à trois cent cinquante millions de dollars et, jusque-là, il s’en est félicité.

 

Ce sentiment l’a quitté depuis soixante et une heures et a laissé un grand vide dans son esprit »

 

Pourquoi ?

Un mystérieux trio féminin braque une prestigieuse cave-bunker... Pour le vin ? Pour la gloire ? Un trépidant roman noir, affûté comme une lame. ICI 

 

« L’enquête policière et l’épilogue de l’affaire apporteront quelques réponses — pas toutes, bien sûr… —, mais l’attente du dénouement n’est pas ce qui captive, dans ce roman fulgurant, intense et ludique. Un authentique engin (littéraire) explosif…

 

Céline Minard « y met plus que du brio : une énergie hyperbolique, une élégance inouïe, une aptitude époustouflante à construire une phrase qui dans un même mouvement épouse la beauté du monde et en révèle la noirceur. »

 

« Bacchantes », le bon millésime de Céline Minard

 

Céline Minard ne s’embarrasse ni du pourquoi ni du comment ; la narration se mène sans flash-back au présent immédiat d’un braquage peu ordinaire, jusqu’au dernier souffle, celui de l’explosion finale, qui laissera le lecteur sans nouvelles des protagonistes, dont ne restent que les traces subversives, fin de partie. A lui, s’il insiste, d’imaginer les épisodes précédents ou les suivants. Il peut aussi se contenter du spectacle ironique d’une économie ruinée par trois « folles dingues » très organisées – et plus rationnelles que les conseillers en systèmes de sécurité et autres négociateurs de crise.

 

D’une écriture vive et acérée, mais non sans en rire, et en s’autorisant aussi une célébration lyrique du divin breuvage : « A partir de ce moment et jusqu’à la fin de la carafe, Coetzer se suspend. Il se contente de goûter le vin (…), il sent la forme des nuages, le cri des bêtes et les plumes, le départ d’un lièvre, la nuit comme une vasque, sans dessus ni dessous, aussi vaste en lui qu’un état de l’âme et du cœur. Il plane. Il absorbe autant qu’il est absorbé. »

 

Braquage loufoque à Hong Kong

 

L’imagination folle de Céline Minard lance une bombe, une brune et une clown à l’assaut d’une cave à vin.

 

Les romans de Céline Minard sont tranchants, coupants, explosifs. Ils vous secouent par leur énergie combative et leur humour. Il est souvent question d’héroïnes armées, impitoyables et drôles. Bacchantes met en scène trois guerrières follement colorées en train de braquer une forteresse plutôt masculine comme l’indique son nom: «bunker alpha».

 

Note du Taulier

 

Céline Minard, boit que du bon, elle a sûrement une bonne descente, lorsque Coetzer réclame une poire pour se remonter le moral, ses ravisseuses déjantées lui rétorquent :

 

« Besoin d’un remontant ?? Envie d’usiner ? Binner, Mayer, Cazottes, Rose Guala ?

 

Spécial vins : passions hongkongaises

 

Idylle. L'ex-colonie britannique devient une plaque tournante des grands crus, surtout français, entreposés dans d'anciens bunkers ultra-sécurisés. Par Margot Clément le 13/09/2016

 

ICI

 

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7 avril 2019 7 07 /04 /avril /2019 07:00
Je veux que l’on interprète la Grande symphonie funèbre et triomphale d’Hector Berlioz sur la place de la Bastille…

Que voulez-vous, je suis accroc de cette symphonie qui pète, pardon, les cuivres, les percussions, caisses claires, timbales, cymbales. J’aimerais qu’on me porte en terre en la jouant mais ce n’est pas très discret et je n’ai pas les moyens de m’offrir plusieurs centaines de  musiciens : instrumentistes et choristes.

 

C’est l’une des œuvres les plus populaires de Berlioz de son vivant, elle n'est aujourd'hui que peu enregistrée et rarement donnée en concert. On dira que l'effectif requis effraie des directeurs musicaux des salles de concerts... Il existe néanmoins deux enregistrements intéressants de cette symphonie, dans deux styles différents.

 

Image associée

 

Je l’ai découverte en achetant il y a fort longtemps un CD de son interprétation sous la baguette de Désiré Dondeyne, par la Musique des Gardiens de la Paix, Chorale populaire de Paris ICI si vous êtes abonnés à Deezer .

 

ICI

 

La Grande Symphonie funèbre et triomphale fut commandée par le ministre de l’intérieur Charles de Rémusat pour célébrer le dixième anniversaire de la révolution de Juillet et inaugurer, place de la Bastille.

 

1re exécution (1re version, H 80A) : Paris, lors du défilé allant de la place de la Concorde à la place de la Bastille, 28 juillet 1840.

 

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« Elle ne possède alors qu'un seul mouvement, le premier, et Berlioz en dirige la création dans les rues de Paris marchant à reculons en dirigeant les vents, les cuivres et les percussions, seuls instruments prévus. C'est un relatif échec, le mouvement est répété de nombreuses fois, perturbée par l'ambiance de la ville, et la marche de la Fanfare. Berlioz complète la symphonie en 1842, ajoutant les cordes, et les deux derniers mouvements, dont le chœur final. Avec son habituelle folie des grandeurs Berlioz recommande environ 400 musiciens (200 instrumentistes et 200 choristes) pour la création de cette nouvelle version. Cette seconde création emporte les faveurs du public et l'admiration des autres compositeurs, dont Wagner enthousiasmé par les thèmes et la dimension de la symphonie.

 

« Berlioz complète la symphonie en 1842, ajoutant les cordes, et les deux derniers mouvements, dont le chœur final. Avec son habituelle folie des grandeurs Berlioz recommande environ 400 musiciens (200 instrumentistes et 200 choristes) pour la création de cette nouvelle version. Cette seconde création emporte les faveurs du public et l'admiration des autres compositeurs, dont Wagner enthousiasmé par les thèmes et la dimension de la symphonie. ».

 

En 1842, Berlioz ajouta des cordes et, pour le finale, un chœur sur des vers d’Antoni Deschamps qui, « sans être obligés, en augmentent néanmoins énormément l’effet » (Mémoires). Seconde partition qu’il titra « symphonie », la Grande Symphonie funèbre et triomphale s’écarte des modèles du genre, plus encore que la Symphonie fantastique de 1830 : les deux premiers mouvements adoptent un tempo lent, la Marche funèbre durant à elle seule près de la moitié de l’œuvre ; l’Oraison funèbre provient du récitatif et air d’Arnold à l’acte III des Francs-Juges, et confie au trombone la partie vocale de l’opéra inachevé ; comme le mouvement central, l’Apothéose se situe en marge des canons de l’époque, surtout dans sa version chorale. Reste que l’ombre de Beethoven n’est pas loin.

 

L'œuvre est assez clairement divisée en deux parties, la première étant représentée par le seul premier mouvement, l'immense marche funèbre, et la seconde par les deux autres mouvements, l'oraison et l'apothéose.

 

« L'imposante et impressionnante marche funèbre est certainement l'une des plus magistrales et des plus belles jamais composées : jouant sur les thèmes de la mort et du destin, dosant subtilement les répétitions et les développements thématiques, les groupes d'instruments et les entrées, elle déroule une véritable machine de guerre broyant toute vie sur son passage. On comprend que le développement lent, progressif, répétitifs, et chargé de cuivres et de percussions plut à Wagner et à Bruckner, qui reprendront tous deux ce type d'effets, de progressions presque statiques vers des horizons immenses. Une nouvelle fois, Berlioz s'illustre par la parfaite maîtrise de la masse orchestrale, des effets théâtraux, et de l'équilibre des forces en présence. Une prouesse sans précédent, qui fera de nombreux émules.

 

Le second mouvement est assez décevant. Hésitant à la fois entre un tempo lent, et une marche un peu rythmée, il déploie des thèmes sans grand intérêt sur une orchestration peu marquante. Le dernier mouvement est bien plus réussi, sa verve héroïque et ses chœurs triomphants, servis par des thèmes tout aussi lumineux, porte le final vers des sommets de gloire. »

Sources : ICI et ICI 

 

Je vous propose la version interprétée par le Central Military Band of the Russian Ministry of Defence.

 

Conductor: Valery Khalilov and Sergei Durygin (chorus)

 

Soloist: Erkin Yusupov (trombone)

 

Tchaikovsky Concert Hall of the Moscow Philharmonic

 

1. Marche funèbre (Funeral march, Похоронный марш)

2. Oraison funèbre (Funeral oration, Похоронная речь)

3. Apothéose (Apotheosis, Апофеоз)

 

Les militaires adorent cette oeuvre qui n’est pas de la musique militaire.

 

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7 avril 2019 7 07 /04 /avril /2019 06:00
1 jésuite qui décoiffe Gaël Giraud: « Considéré comme l’1 des économistes les plus doués de sa génération, le jeune prêtre est passé par les bidonvilles du Tchad et les salles de marché new-yorkaises, avant de rejoindre les Jésuites

Par ces temps d’inepties, entre les gilets jaunes à casquettes et les politiques qui ne savent plus où ils habitent, où le moi je des réseaux sociaux propulse des va de la gueule sur le devant de la scène, il est bon de prendre le temps d’écouter un bardé de diplômes (Normale Sup ULM (Maths), ENSAE, Docteur en Mathématiques appliquées, Ancien Quant chez CPR et CALYON, Jésuite, Chef Economiste de l'AFD (Agence Française de Développement), qui n’étale pas sa science de sachant, qui s’efforce d’expliquer.

 

Un jeune et tout nouveau  jésuite…

 

Dans ma Vendée crottée j’ai découvert les Jésuites, grâce à mes très chers frères du bienheureux Grignon de Montfort, au travers  de la pièce « Das Heilige Experiment » de 1942 (Sur la Terre comme au Ciel en français), écrite en cinq Actes par M. Fritz Hochwälder(1911-1986) traite de la fin des Missions Jésuites du Paraguay au XVIIIème siècle.

 

sur la terre

 

Elle a connu par le passé de légitimes succès au théâtre et a grandement inspiré le scénario du film de Roland Joffé « Missions » (Palme d’Or au festival de Cannes en 1986, César du meilleur film étranger en 1987; avec Robert De Niro, Jeremy Irons, Liam Neeson projeté dans les salles obscures en 1986 pour un succès tout aussi important.

 

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« An de grâce 1767 – Un émissaire du roi d’Espagne arrive au sein du Collège jésuite d’Asunción implanté au Paraguay. La confrérie ignacienne qui y réside depuis le début du XVIIe siècle a fait preuve d’une telle efficacité dans sa mission qu’elle y a constitué un véritable état théocratique: une centaine de pères jésuites règnent spirituellement et matériellement sur cent cinquante mille indiens guaranis!

 

Les guaranis ont été évangélisés pacifiquement et sédentarisés dans des Réductions si bien organisées que ces dernières s’autogèrent en pratiquant la culture du thé et son exportation. Une telle réussite déplait naturellement aux colons espagnols qui accusent les clercs de concurrencer leur commerce et d’exploiter de façon illicite des mines d’argent sans en faire profiter la couronne d’Espagne…

 

Un jugement est donc réclamé auquel prennent part le Père Provincial, les colons ainsi que Don Pedro de Miura, l’envoyé du roi. Malgré le manque de preuves, ce dernier décide de dissoudre définitivement la Compagnie de Jésus : les pères sont expulsés du Paraguay, les Réductions saisies et les indiens misérablement réduits à l’esclavage. Tous les chefs d’accusation sont, bien sûr, injustifiés mais il est de notoriété publique qu’en ce bas-monde l’on ne contrarie pas inopinément les puissants, qu’ils soient temporels ou spirituels : les Grands d’Espagne ne peuvent tolérer la souveraineté de cette « expérience jésuite civilisatrice », quant à Rome, l’autorité papale ne conçoit pas qu’un ordre puisse avoir l’audace d’offrir le bonheur terrestre à ses fidèles: cette mission n’appartient qu’a Dieu en son paradis céleste!

 

Face à une telle incohérence, le Père Provincial se retrouve pris en étau: doit-il se rebeller ou doublement se soumettre au vœu d’obéissance qui lie son ordre au pape et sa personne au roi ? S’il refuse d’obéir à ses supérieurs, cet homme trahit sa foi et sa couronne ; s’il admet ses fautes et laisse les Guaranis aux mains des négriers, il abandonne ses ouailles et récuse toutes les valeurs chrétiennes qui l’ont amené à créer cet incroyable Royaume de Dieu.

 

Cette évocation n’est pas de ma part innocente, Gaël Giraud, lui aussi est pris en tenaille, ce qui n’enlève en rien de la pertinence à ses propos.

 

« Gaël Giraud possède deux vestes bleu marine strictement identiques. À un détail près. Sur l’une d’entre elles est épinglée, discrète mais bien visible, une petite croix argentée. L’une est celle du jeune prêtre ordonné il y a moins d’un an, la seconde, celle du chercheur.

 

Alors qu’il s’apprête à se plier à l’exercice imposé de la photographie de presse, le jeune jésuite demande : « C’est pour qui, déjà ? Ah, La Croix ? Attendez, je vais enfiler l’autre. » Tout Gaël Giraud est là. Dans ce balancement entre deux mondes, a priori inconciliables. D’un côté, l’univers de la finance, des marchés, de la politique et de l’université. Il est, dit-on, la bête noire des banquiers. ».

 

G. Giraud s’accommode fort bien de ce double visage des plus inattendus et P. Gaillardin le note si joliment que je ne résiste pas au plaisir de citer son propos: « Considéré comme l’un des économistes les plus doués de sa génération, le jeune prêtre est passé par les bidonvilles du Tchad et les salles de marché new-yorkaises, avant de rejoindre les Jésuites. […]

 

Je vous invite donc à l’écouter, ça dure 1 heure 36

 

D'abord un tsunami financier, puis un désastre humanitaire ?

 

« L'entretien réalisé par Thinkerview deviendra bientôt un in-con-tour-na-ble :

« Tout honnête homme du XXIème siècle devrait l'avoir visionné, sauf s'il a déjà lu les principaux livres de Gaël GIRAUD.

 

En effet, en moins d'une heure trente, Gaël GIRAUD résume le contenu principal de ses (brillantes) thèses, qui réconcilient, selon le modèle qu'il préconise, l'activité bancaire (telle qu'elle devrait fonctionner à ses yeux), la finance et le rôle des Banques centrales (tels qu'ils devraient être régulés selon lui), et l'organisation d'un développement durable, respectueux de la Planète et de l'Humanité.

 

Un entretien à visionner en famille, un samedi ou un dimanche, en projetant l'entretien sur grand écran, par exemple à la place du film du dimanche soir, ou à la place d'une demi-journée de grève au lycée pour les adolescents, qui en apprendront beaucoup plus en revisionnant plusieurs fois cet entretien très dense que dans la cour de récré en répétant : "yaka, faucon, suffideux". »

Gaël Giraud : « Le lien social est ce qui fait qu’une société tient debout »

Entretien avec l’économiste en chef de l’Agence française de développement, qui s’alarme de la distance croissante entre riches et pauvres.

Propos recueillis par Annie Kahn Publié le 06 décembre 2018 

ICI 

 

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