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14 février 2006 2 14 /02 /février /2006 00:00

Je vous prie d'agréer mes excuses pour l'incident d'hier qui a encombré votre messagerie...

En dépit de mon peu de goût pour les célébrations à date fixe ou les journées de... face à l'AMOUR je craque, sous le rose je me laisse submerger, devant les zamoureux de Peynet ou le baiser de Doisneau je ne résiste pas au plaisir de blogger sur la StValentin. Mais j'entends déjà une de mes bonnes amies, grande experte en ce domaine où dit-on le coeur donne sa pleine mesure, me dire " ne t'illusionnes pas trop, tu sais il en est de l'Amour comme du Terroir, sous ces mots magiques se cachent le pire et le meilleur, ce sont des fourre-tout commodes comme les sacs de femmes..."

En fait, je l'avoue, ce qui me plaît dans ces occasions festives c'est qu'elles sont un prétexte supplémentaire pour offrir, faire plaisir, aux êtres aimés. Et ce matin j'ai décidé de vous offrir une belle bouteille de Mas Cristine, un Rivesaltes blanc que Bernard Dauré m'a fait découvrir au temps où je faisais le médiateur dans le département des Pyrénées-Orientales. C'est un produit élégant, avec un je ne sais quoi de simplicité, agréable, le genre ouvert aux transgressions : les glaçons, le schweppes, une rondelle d'orange... pour faire court c'est le genre tong orange kivabien avec un jean Diesel et un débardeur CK .

Mais le Mas Cristine, en dehors de ses mérites propres, est aussi un cas d'école. Inventé par Pierre Torres, à la station de Tresserres, il consiste à ajouter dans un Rivesaltes blanc du Muscat (entre 10 et 15 %) et à l'élever en vieilles barriques(ayant contenues trois vins) pendant 3 à 5 ans selon que l'on veuille un produit plus ou moins oxydé. C'est simple et facile. Et surtout, au temps où les caves regorgeaient de VDN blancs, mais que le CIVDN "tenait les prix" et regardait "sombrer les ventes", cette innovation peu coûteuse, qui correspondait au goût du consommateur, est restée ignorée des tenants du vin doux naturel de pépé. La stratégie du bunker : vous connaissez la suite !

 

 

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13 février 2006 1 13 /02 /février /2006 10:52

Madame la pédégère de l'Institut National de la Recherche Agronomique,

Par la présente, comme on l'écrivait au temps où l'on s'écrivait, permettez-moi, et je sais que je le peux au nom de parcours professionnels qui se sont croisés et appréciés au sein du Ministère de l'Agriculture, de solliciter votre aide et votre appui, auprès de la communauté scientifique dont l'INRA fait partie, pour venir en aide à la réflexion dont nous avons besoin dans notre secteur du vin.

Cherchons chercheurs ! tel pourrait-être l'objet de ma requête. C'est un peu provocateur, mais vous me connaissez, chère Marion, j'ai toujours été un disciple du parler vrai, même si cela dérange les conformismes, les conservatismes de tout poils, l'important est d'aborder sans tabou les questions difficiles, de tenter d'y répondre, de donner les éléments de choix porteurs d'avenir. Alors sur beaucoup de sujets, qu'ils soient techniques : les pesticides entre autres; économiques : les modes de régulation du marché par exemple; sociaux : le modèle vigneron, la coopérative... les chercheurs, je me suis bien gardé d'écrire vos chercheurs, devraient pouvoir se joindre à nous pour apporter leur éclairage sur la grande mutation que nous vivons.

Quand j'écris nous, il s'agit de notre club " Sans Interdit " qui ambitionne d'être un incubateur de projets susceptibles de donner à notre viticulture les outils de son renouveau. Vaste programme aurait dit le Général ! Certes, mais le désarroi et une certaine forme de désespérance, d'une partie de nos viticulteurs, ne doivent pas nous empêcher d'avoir une ambition de reconquête et de la matérialiser en ouvrant les chantiers qui n'ont que trop attendu.

A partir de ce blog j'ai déjà essayé des approches, tentant d'abonner certains chercheurs connus de votre belle institution, afin de créer des liens avec eux, mais en pure perte. Ces liens, nous les souhaitons et, ma démarche de ce lundi matin va dans ce sens. C'est une demande sociale que je porte : celle d'une communauté d'hommes et de femmes qui ne veut pas baisser les bras et s'adonner au "déclinisme". 

Par avance, chère Marion, merci de ce que vous pourrez faire pour que se nouent ces liens entre la communauté de recherche et les membres de " Sans Interdit". Dans cette attente, je vous prie d'agréer l'expression de mon amical souvenir.

Jacques BERTHOMEAU    

18, rue d'Aguesseau 75008 PARIS 01 42 68 82 46 et jberthomeau@hotmail.com  

  

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10 février 2006 5 10 /02 /février /2006 10:27

Après à peine un mois d'existence le club "Sans Interdit" né de la volonté de 20 membres fondateurs issus du même biotope de la vigne et du vin de se retrouver, d'afficher leurs différences, de cultiver leur diversité, pour constituer un pôle de veille et d'influence sur les décideurs.

Notre diversité est notre richesse et nous la cultivons en travaillant sur ce qui nous rassemble : une même analyse de l'état de notre viticulture, de l'évolution des marchés et de la nécessité de consolider nos points forts et d'agir rapidement sur le mauvais positionnement d'une grande part de notre offre. Nous l'assumons aussi en acceptant d'aborder les questions qui fâchent dans un cadre où, aucune forme de réflexion ne nous est interdite et où, bien sûr, nous nous fixons comme objectif prioritaire de faire bouger les lignes , d'agir.

Notre diversité est représentative de la réalité économique de notre biotope économique, nous estimons qu'elle doit être assumée, prise en compte, afin d'en tirer le meilleur parti afin de cesser de mettre en avant des oppositions stériles, des protections illusoires et de pouvoir enfin jouer pleinement sur tout le clavier des produits issus de nos vignobles, le vin en priorité bien sûr, mais aussi tout ceux qui permettront à notre potentiel de s'exprimer, d'occuper tous les segments du marché.

Nous sommes conscients de l'urgence et de la gravité de la situation mais nous sommes aussi des gens d'expérience et nous savons bien que l'inertie et l'immobilisme ne se combattent pas avec de bonnes intentions et de bons sentiments. Nous sommes ambitieux donc nous ne partirons pas à la bataille sans nous y être préparés.

Notre objectif est donc ambitieux et clair : identifier et faire sauter les verrous règlementaires de toutes natures qui entravent notre capacité d'adaptation et de création pour initier des actions secouant notre biotope afin de le faire passer d'une culture de citadelle assiégée à celle d'un secteur fort de ses traditions mais ouvert aux modes de vie de ses consommateurs présents et à venir.

Notre méthode de travail c'est la pollinisation croisée l'ouverture aux analyses et aux points de vue de ceux qui font ou influencent les grandes tendances. En clair sortir de notre nombrilisme dévastateur pour nous assumer comme une "grande industrie " génératrice de richesses, d'emplois et de dynamisme : la France qui retrouve l'envie.

Notre volonté c'est de faire émerger un réseau sur l'internet , de l'animer, de reprendre en main la bataille de l'intelligence économique, de redevenir prescripteur de tendance, de cesser d'apparaître comme un vieux pays endormi sur ses merveilles et incapable de régénérer son formidable potentiel.

Alors chers lecteurs, bougez-vous, faites inscrire ceux qui ont cette ambition sur mon blog www.berthomeau.com c'est la tête de pont du réseau, plongez dans vos carnets d'adresses e-mail, envoyez les moi sur jberthomeau@hotmail.com , utilisez tous les moyens de la presse locale et régionale, créez des liens, c'est ainsi que nous pourrons toucher le plus grand nombre...

MERCI D'AVANCE !

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9 février 2006 4 09 /02 /février /2006 09:13

La petite histoire qui suit, dont il vaut mieux rire que pleurer, est illustrative et, sans en tirer de conclusions générales, surtout dans le registre : tous les mêmes, elle doit pour tout ceux qui, dans cette situation de grandes difficultés, souhaitent travailler efficacement au redressement, les inciter à plus de dicernement et surtout à essayer de retrouver le chemin de l'intérêt général.

La scène se passe sur Canal +, à la fin de l'émission le Grand Journal de Michel Denisot, les téléspectateurs posent des questions loufoques aux invités. En l'occurence un ancien Ministre de la Culture, dont beaucoup de français pensent d'ailleurs qu'il l'est à vie, s'y collait. On le titillait sur une éventuelle biture au salon de l'Agriculture et bien évidemment la question du liquide vint. La réponse, naturelle, fut : la bière bien évidemment, une bonne bière du Pas-de-Calais... Et moi de sourire au souvenir de la pugnacité du cher homme au temps où le Cheverny ambitionnait d'accéder au saint des saints de l'AOC et de ses protestations d'amour pour le précieux liquide issu des vignobles entourant le chateau de Cheverny, milles sabords...

Le lobby du vin, vu de la fenêtre des anti de toutes obédiences, est un lobby d'élus et, par construction, un élu se préoccupe de sa clientèle électorale, c'est normal, elle est à l'origine de sa bonne fortune et tient entre ses mains son avenir. Et le vin dans tout ça ? Présent certes, mais comme le serait les fraises du Périgord ou les carottes de Créances. La surexposition du vin dans l'hémiclycle est contre-productif, les professionnels du vin doivent se prendre en charge et avoir le courage de s'attaquer aux causes profondes de la crise plutôt que d'envoyer des leurres dans le ciel plombé. Sinon ceux qui reviendront bredouilles de la chasse " au bitard " seront en droit de leur demander des comptes. C'est très médiatique par les temps qui courrent.

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8 février 2006 3 08 /02 /février /2006 10:38

Au temps de mes culottes courtes j'étais un enfant de choeur aux motivations pas très catholiques : le service des mariages et enterrements m'offrait une école buissonnière légale, la soutane et le surplis empesé me seyaient bien, le service des burettes, de la clochette, de l'encensoir, le latin débité, les processions, reluquer les filles pendant la communion, ensemençaient mon imaginaire. Faute avouée est à demi pardonnée.

Dans le calendrier liturgique, outre le lavement des pieds du jeudi saint, la procession des rogations était un must. Pendant les trois jours précédant l'Ascension, nous partions au petit matin avec le curé et nos instruments : croix, chandeliers, aspersoir et goupillon au long des chemins creux, suivis par la petite cohorte des grenouilles de bénitier. L'air vif, le chant des oiseaux, une nature en pleine rennaissance, ce transport agreste me transfusait une légèreté fine et dense. Nous allions gaillardement bénir la terre, le terroir dirait-on de nos jours, pour attirer sur lui la grâce divine afin que les travaux des champs et les récoltes apportent un peu de prospérité à notre communauté paysanne.

L'Eglise dispensatrice d'indulgences pléniaires, tenant bien en mains ses ouailles par l'entremise des femmes, a laissé place à une ONG de la commisération. Que les évêques du Languedoc-Roussillon, et même l'archevêque de Montpellier, appellent à la solidarité avec les vignerons, ne me choque pas bien au contraire, leur texte traduit l'inquiétude et le désarroi de beaucoup de vignerons. Ce qui me trouble c'est que la forme suggérée de cette solidarité est l'organisation de réunions d'information entre viticulteurs et autres membres du village. Thérapie collective : nos liens sociaux sont-ils aussi distendus pour qu'il faille attendre du haut clergé un appel à la rencontre pour compatir aux difficultés des autres ?

Solitude, repli sur soi vont de pair avec l'incapacité des élites à prendre la responsabilité de dire, d'expliquer, ici au peuple vigneron qu'une grande mutation se lève, qu'elle n'est pas forcément un risque majeur pour l'avenir si l'on s'y prépare, bien au contraire car le vin de leurs vignes au lieu de s'en tenir à notre beau pays peut finir ses jours, tel est son meilleur destin, dans un verre anglais, californien ou chinois. J'ajoute, que parfois assemblé avec ses cousins d'autres régions de France, il peut porter haut la bannière France et ainsi nos évêques pourront bénir les bateaux emplis de caisses en partance pour le Nouveau Monde des buveurs de vin...

 

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7 février 2006 2 07 /02 /février /2006 11:03

Il est bien loin le temps du petit vin blanc gaillard des guinguettes de Charonne, ce n'est qu'une page de l'histoire du vin que certains semblent oublier car elle ne cadre pas avec leur vision exclusivement vigneronne du produit. L'occasion fait aussi le vin, la demande n'a pas être jugée à l'aune de quelconques tables de la loi, elle émerge, elle surprend, et ceux qui la sentent, l'amplifient en proposant à ces êtres bizarres que sont les consommateurs un produit qui va avec leurs envies, leurs manières d'être, n'ont pas à être stigmatisés comme étant des barbares qui ne comprennent rien à notre haute civilisation du vin...

Les esthètes de la perfide Albion apprécient toujours et restent de fidèles consommateurs de nos vins de tradition qui vont bien au-delà de nos châteaux prestigieux, de nos grandes appellations, des vins de vignerons artisans. Les fameuses niches dont on se gargarise sont des lieux de rencontre entre un vin et son consommateur mais de grâce cessons de faire croire aux vignerons dans la difficulté que c'est l'unique voie à emprunter pour sortir de la crise.

Le fait nouveau, celui qui effarre nos "bassineurs patentés" de la défense de l'exception française, c'est que nous n'avons pas su ou pu avec nos vins "ni, ni ", ni terroir, ni identité,  défricher le terrain des nouveaux consommateurs, les ex-buveurs et buveuses de bière des pub de Londres, Birmingam ou Newcastle, les Chardonnay girls, des héritières de nos guinguettes que nous avons ignorées avec la suffisance des parisiens vis à vis des péquenots qui viennent au Salon de l'Agriculture, parlent fort dans le métro et vont au restaurant à 20 heures pétantes...

Pour ceux qui ont pris la peine de lire "Cap 2010" la trilogie d'une ressource vin : Aoc respectant leurs fondamentaux, vins provenant d'une région déterminée aux règles plus souples, plus adaptables et enfin vins assemblés dans un espace de liberté, en phase avec la demande des néo-consommateurs des marchés en développement, fondés sur une gestion transparente de la mixité, tant au niveau de l'exploitation que du bassin de production, ancrés dans nos vignobles par un partenariat d'entreprise négocié, gagnant-gagnant, où chaque partie fait son métier : faire le vin pour les uns, le marketer et le vendre pour les autres(on peut faire les 2 à condition de faire les arbitrages internes sur la valeur à répartir entre le producteur et le produit). Les Champenois ont su le faire, sans verser dans le modèle à suivre, pourrions-nous un instant nous arrêter de prendre nos désirs pour la réalité et avec notre génie propre construire ce nouvel espace où nous pourrions reprendre la conquête...

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6 février 2006 1 06 /02 /février /2006 09:39

En 1978, lorsque j'ai déménagé pour habiter dans le 13ième, j'ai découvert le parc Montsouris créé à l'initiative du baron Haussman. Dans sa partie qui borde le Bd Jourdan, près de la Cité Universitaire, la profonde tranchée de la voie de chemin de fer de la Petite Ceinture m'a de suite fascinée. Un dimanche matin, c'était en juin je crois, sac au dos, à l'aurore, je m'y suis introduit par les entrepôts de la place de Rungis et j'ai marché jusqu'à la Seine, le pont National. Etrange mélange de paix, de résidents improbables, de bouts de jardin, d'un monde enfoui, immobile. Bel exemple aussi de l'inertie des édiles. Bref, le chemin de fer de la petite ceinture qui, hormis les voyageurs, véhiculait vers Paris-bestiaux les grands boeufs blancs, embarqués à la gare de la Mothe-Achard, pour être sacrifiés à la Villette ou ailleurs.

Pendant longtemps j'ai rêvé de faire le tour complet, mais je n'ai jamais pris le temps. Nicolas Chaudun, lui, l'a fait, à bicyclette (pas sur la voie), un hollandais comme le mien, en 5 jours et il en a tiré un récit de voyage Le Promeneur de la Petite Ceinture édité par Actes Sud. C'est une mine, pleine d'humour, d'érudition, d'histoire vivante, un vrai bijou. Alors, en ce lundi matin, je ne résiste pas au plaisir de vous offrir un morceau choisi de ce périple loufoque et jubilatoire.

"Ces villages(ceux de Belleville) offraient à d'autres Parisiens(le petit peuple) un but d'excursion très prisé. Pressé dans une turgotine, on venait pour la journée s'étreindre et rimailler sous la tonnelle d'une guinguette. Etablissement sans façons, mais fleuris et chantants, les guinguettes avaient fait leur apparition au début du XVIIIième, pour proliférer quand Louis XVI et la Ferme Générale ceignirent Paris d'un mur d'octroi. Exemptées d'un impot qui ne frappait que la capitale, elles abreuvaient leur clientèle d'un blanc verdelet qui fit leur nom et leur renom, le guinguet, dont la fraîcheur aigrelette et la furtive coquetterie poussaient les dames aux abois. le vin, pour autant, n'était pas en ces parages affaire de maquerelle.

Passant par Charonne, on touche au grand vignoble parisien qui, depuis Belleville jusqu'au Perreux, s'étirait sur plus de huit kilomètres. Tandis que la production d'Ile de FRance atteignait son sommet, vers 1788, Charonne consacrait les trois quarts de son terroir à la vigne. L'ancienne folie Regnault que s'était offerte ce bon La Chaise, cet enclos de dix-sept hectares était alors entièrement couverte de vigne. Mieux orientées que celles de Belleville et de Ménilmontant, les pentes de Charonne produisaient un vin de réputation suffisamment flatteuse pour concurrencer les vins de Loire, ceux de l'Orléanais notamment, encore très en faveur sous la Révolution. Sur ces versants, la vigne résista plus longtemps; les derniers échalas durent en être arrachés peu après l'annexion. Les guinguettes décampèrent à leur tour, dévoyées, sinon chassées par le trop-plein de la Ville Lumière "

A demain pour vous parler des "vins libres", bon salon aux vins de Loire et bonne semaine à tous...

 

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3 février 2006 5 03 /02 /février /2006 10:01

Les caricatures du prophète Mahomet enflamment les foules de l'Islam. Les Eglises se solidarisent : blasphèmes ! Pour ma part, je réserve mon indignation pour les innocents morts sous les bombes des kamikazes se réclamant du prophète, pour les otages sacrifiés sous l'oeil froid d'une caméra vidéo et pour la cohorte des braves gens sacrifiés par l'Inquisition ou toute forme d'intolérance religieuse. Nous avons la chance de vivre dans un Etat de Droit et lorsque la satire dépasse la ligne jaune en touchant à la dignité de la personne humaine elle est susceptible d'être condamnée. Les grandes institutions, religieuses ou autres, ne sont que des personnes morales qui ont traversé les siècles et les caricaturer ne porte pas atteinte à leur pérennité.

En 1623, Franscico de Quievedo, le plus grand poète espagnol du siècle d'or, homme de cour sous Philippe II, après avoir multiplié les provocations et tourné en dérision les travers de ses contemporains, est exilé. Il en profite pour écrire " Heurs et Malheurs du trou du cul ", opus d'inspiration rabelaisienne, dans une langue inventive, c'est un texte blasphématoire et scatologique. Ce n'est pas mon livre de chevet. Il me choque comme sans doute le titre de Charlie-Hebdo " Bal tragique à Colombey : un mort..." a choqué beaucoup de nos compatriotes. La démangeaison est utile, elle est symptomatique d'un état, comme la fièvre, elle est révélatrice...

Bon pour atterrir après tout ça, un conseil, chers amis du vin, si la copine de votre fils demande un Rivesaltes du domaine Sarda-Mallet avec une pièce de Salers grillée, ne tirez pas la gueule, c'est une petite transgression des grands principes édictés par les "marieurs de vin et de mets", rien de plus, la face du monde n'en sera pas changée et l'important c'est que cette très chère enfant entre dans le cercle très fermé des buveurs de vin... 

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2 février 2006 4 02 /02 /février /2006 10:03

Chez moi, lorsqu'on voulait souligner qu'un évènement ou une chose étaient indestructibles, les gens disaient " ça durera aussi longtemps que les foires de Mothe... " En effet, le gros bourg de la Mothe-Achard, chaque vendredi était le siège d'un marché et, le premier jeudi du mois d'une foire aux bestiaux. On y venait de tout le canton. Pour un millier d'habitants il y avait plus d'une cinquantaine de buvettes. Physiquement le marché aux volailles se tenait place du vieux château (un château de Barbe Bleue dont il ne restait plus une pierre) ; le marché beurre et oeufs, on ne fabriquait pas de fromage, place de l'église sous les tilleuls ; le marché aux cochons près de chez Morrisset le marchand de limonade ; le marché aux bestiaux sur le foirail place de la mairie. Au centre du bourg, autour d'une halles qui existe toujours, le marché de la bouffe et des frusques.

Ce que j'aimais c'était accompagner la mémé Marie au marché de la volaille. La place était en pente douce. On amenait les poulets et les canards dans une petite cariole montée sur des pneus pleins. L'été la grand-mère mettait sa quichenotte. Les marchands de volailles se tenaient en haut du marché et, selon la tendance, soit ils commençaient à baguenauder pour jauger la marchandise avant le roulement de tambour du garde-champêtre qui ouvrait les hostilités, soit ostensiblement ils restaient à bavarder entre eux, pire certains jours ils campaient au bistro. Mémé Marie était totalement insensible à cette action psychologique, elle avait son prix dans la tête et elle n'en démordrait pas. Mon plaisir était immense les jours où les marchands se ruaient comme des morts de faim vers nos poulets effarrouchés, tendant des petits billets griffonnés au crayon de papier à la grand-mère, les jetant, les réécrivant, tempêtant, menaçant que le jour où les vaches seraient maigres, tentant de rappeler je ne sais quelle fidélité. La mémé gagnait. Ils capitulaient. Ils savaient que les jours sans, la Marie, ramenerait ses bestioles engraissées aux grains à la mue...

C'était le marché dans toute sa splendeur. Un jour je vous parlerai de Louis, mon grand-père, de ses grands boeufs blancs et de son mépris pour les marchands de bestiaux. Mais dans ma petite tête, la stratégie de mémé Marie, moins flamboyante, plus pragmatique, me semblait bien plus efficace que celle du pépé Louis. Elle gérait mieux le rapport de force et surtout, à son niveau, elle utilisait les mêmes armes que ses acheteurs. De toute façon, qu'elle ait vendu ou non, elle glissait dans ma poche une pièce pour que j'aille m'acheter un petit cake à la boulangerie Remaud.

Les foires de Mothe ont disparu et pourtant lorsque je lis la prose de certains j'ai le sentiment d'être aux côtés de la mémé Marie sur la place du vieux château à attendre le roulement de tambour du garde-champêtre. Elle aurait du donner des cours de commerce la mémé Marie ou écrire un rapport plutôt que d'égrener son chapelet noir...

  

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1 février 2006 3 01 /02 /février /2006 10:23

Paris est célèbre pour ses défilés de haute couture, même si Milan lui fait un peu d'ombre. Notre belle capitale est aussi le plus grand réceptacle de défilés de toutes natures, nos amis étrangers, résidents permanents ou touristes, sont fascinés par notre capacité à défiler derrière des banderolles. Certains parcours sont mythiques : ceux qui convergent vers la Nation ou République ; d'autres, avec la montée des manifestations d'enseignants, s'installent dans le paysage : Denfert-Rochereau vers Raspail ; d'autres encore nés de l'air du temps : Gay Pride, Techno Parade... Une grande constante : on défile sur une rive, la gauche ou la droite, mais on ne traverse pas la Seine (le souvenir sans doute des Ligues de février 1934). Enfin, le défilé qui, draine les provinciaux et banlieusards dans nos rues, est un marché intéressant pour les compagnies d'autobus et la SNCF.

Pour ma part, étant cycliste, le défilé perturbe à peine mes déplacements, mais pour l'homo automobilicus coincé dans son 4-4, ou le passager solitaire d'un taxi, ou bien encore l'usager entassé dans un bus, c'est comme on dit la galère. En plus des bus qu'il faut garer ya le matériel de la police, ils bouchent nos artères provoquant thromboses et crises de nerfs. Dernier détail, aussi bizarre que cela puisse paraître, le pire jour de manifestation est le dimanche car c'est le seul jour où notre Paris est fluide, alors se retrouver bloqué dans une manif un dimanche après-midi, ça m'est arrivé avec une manif du corps médical, on adore.

Pourquoi ce matin je planche sur ce beau sujet ? Parce que sur mon télescripteur je viens de lire que le Syndicat des vins de Bordeaux proposait aux confréries bacchiques et vineuses de notre belle France viticole un défilé solennel du Ministère de l'Agriculture vers le Ministère de la Culture, soit de la rue de Varenne, rive gauche, à le rue de Valois, rive droite. Faudra passer la Seine au Pont Royal et traverser la rue de Rivoli. Quel jour ? Avec quel message ? S'adressant à qui ? Moi qui suit un grand supporter de Bordeaux fête le vin je souhaiterais que l'énergie que pourraient dépenser les organisateurs de cet éventuel défilé solennel soit dépensée pour un Paris fête le vin de ses belles et grandes régions viticoles. L'image positive de notre beau produit y serait plus grande que celle véhiculée par un énième défilé qui laisserait accroire que le vin est un chef d'oeuvre en péril...

  

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