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30 mars 2006 4 30 /03 /mars /2006 10:13

Lorsque je débarquai, mi-86, au siège de la SVF sise route principale du port à Gennevilliers - sur le dit port, sinistre, dépourvu de transport en commun, notre usine ressemblait à un grand navire en cale sèche dernier témoin d'une époque glorieuse - le bras de fer avec le n°2 du secteur, Castel, était à son apogée et, le fer de lance de ce combat, les fantassins en bandes molletières, étaient les vins de bataille (les premiers prix). Sur les flancs des deux grandes armées, une poignée de francs tireurs jouaient aussi à moins que moins : le plus acharné et sans vergogne étant sans conteste Trilles filiale du Val d'Orbieu...

 

On se battait donc, détruisant le peu de valeur qui restait à ces pauvres vins de table, choc des litres 6 étoiles, Bienvenu contre Castelvin, on attendait que le challenger mette le genou à terre, on se trompait de bataille, on s'épuisait sur le champ de bataille français qui s'amenuisait inexorablement, on ignorait les nouveaux terrains de compétition, on pensait sans vouloir l'avouer que la partie était perdue : seules les AOC perdureraient, on raillait Robert Skalli et ses vins de cépage, les deux grands groupes héritiers de la saga du vin de table rataient le grand tournant des années 90 où, à l'image de Ricard et de Pernod, au lieu de se combattre, ils eussent du s'allier, faire cause commune, être le creuset du grand groupe généraliste qui nous fait aujourd'hui défaut.

 

Nous étions une filiale du groupe Pernod-Ricard. Très vite je mesurai l'ampleur du mal. Je postulai à la direction du site. Comme c'était un baton m... on me dit oui. Deux années de combat, j'ai dirigé une usine de 600 salariés, une flotte de 120 camions de livraison, travaillé en osmose avec une équipe commerciale de 100 personnes, subi les élucubrations d'un PDG arrogant et incompétent, les petites manoeuvres d'un directeur industriel buveur de bière, affronté une CGT inoxydable, eut le bonheur d'être entouré d'une équipe dévouée et efficace : les Morant, Leraître, Guinchard..., reçu le soutien indéfectible des responsables commerciaux  : Bernard Ollivier&Co, rongé mon frein face au désastre qui se programmait.

 

Ce passage m'a beaucoup appris sur les hommes, ceux du bas et ceux du haut, en perdant beaucoup de mes illusions sur leur capacité à voir le monde tel qu'il est, à comprendre que nos grands affrontements ne débouchaient que sur l'immobilisme. Ces deux années de semelles de crèpe au contact des gens de peu, le cambouis des hommes, la vie tout court, la tournée du matin, les poignées de main, le respect, tenir bon, ne pas plier face à la versatilité, négocier, expliquer, choisir, assumer ses contradictions et ses choix m'ont fait grandir. 

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29 mars 2006 3 29 /03 /mars /2006 10:35

En France selon la formule éculée : on n'a pas de pétrole mais on a... des gisements fiscaux&assimilés. Les esprits fertiles, autrefois de Rivoli émigrés ensuite à Bercy, ont su flairer, dans le terroir tout particulièrement, les petits gisements, ces sources minuscules qui font les grandes rivières. Ainsi sont nées les Taxes Parafiscales, monuments de l'hypocrisie à la française, ce bel argent pompé subrepticement dans la poche de milliers de producteurs pour aller alimenter des fonds divers et variés. Ainsi ont été financé les premières interprofessions : CIVDN, CIVC ou bureaux : BNIC, BNIA, BNICE... Comme les volumes étaient importants, le matelas l'était aussi, quant aux résultats sur le développement du produit : il suffit de consulter les statistiques pour constater que les résultats, hors Champagne et dans une moindre mesure Cognac ( pour ces produits ce sont les marques qui ont tiré le marché), sont en demi-teinte...

Comme du côté de Bruxelles notre para-fiscalité était un peu voyante nos têtes d'oeuf pondirent un concept encore plus élaboré : la Cotisation Volontaire Obligatoire, ou comment faire payer tout le monde en disant que tout le monde est d'accord pour le faire mais qu'il faut tout de même le gros baton de l'Etat pour que tout le monde mette la main à la poche. Je caricature à peine, et je vous assure que pour un nordique normalement constitué c'est plus difficile à comprendre que la hiérarchie de nos appellations, c'est dire. Bien, j'entends déjà certains ricaner : voila que le Berthomeau il fait du poujadisme, il flatte la base. Pour quelqu'un qui a été pendant 5 ans Président d'une Interprofession ce serait de mauvais goût et, comme je suis coquet, j'ai horreur du mauvais goût.

Ce qui est en cause ici n'est pas le principe de l'Interprofession mais à la fois la représentativité économique de ceux qui prétendent la diriger et la quasi-irresponsablité de la technostructure qui prétend la faire fonctionner. Entendons-nous bien, ma réflexion est générale, il existe des Interprofessions qui correspondent assez bien à leur objet social. En revanche, je suis stupéfait par le côté " les présidents passent les directeurs restent " de certaines et la dérive " on fait de la communication pour faire plaisir aux viticulteurs ".

Dans la mécanique actuelle des Bassins, où comme d'habitude on commence par un mécano structurel sans trop savoir qui fait quoi, en empilant les machins, si les Interprofessions étaient au coeur du débat, elles travailleraient à répondre à la seule question qui compte : comment faire en sorte de faire du vin qui se vend là où il se vend ? Mais le sujet n'est pas à l'ordre du jour car la plupart des personnes qui sont autour de la table n'ont jamais vendu une bouteille de vin. Pour gérer il faut être en prise avec la réalité sinon on se fait plaisir et nos consommateurs vont chercher leur plaisir ailleurs les bougres...    

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28 mars 2006 2 28 /03 /mars /2006 00:00

Rassurez-vous ce n'est pas du président du Comité Vins de l'INAO dont il s'agit ; l'abbé en question Pierre Renou était curé de Vix au temps où Gaston CHAISSAC habitait dans le Marais Poitevin après avoir vécu à Boulogne-en-Vendée "au bord de la Boulogne qui est la Volga du lac de Grand-Lieu..." Fort bien me direz-vous mais qui donc est Gaston Chaissac ? 

Bonne question ! C'est un de mes peintres préférés et un grand épistolier dont un choix de lettres a été publié dans Les Cahiers de la Pléiade (hiver 1948) et dont Jean Paulhan, à l'instigation de Jean Dubuffet, fera paraître une compilation sous le titre Hippobosque du Bocage (Gallimard 1951). Quel rapport avec le vin ? Aucun, sauf que pour moi Gaston Chaissac qui a écrit " en Vendée on a un faible très marqué pour ce qui est inauthentique et le Vendéen n'est d'ailleurs jamais un novateur mais toujours un suiveur " est l'exemple de l'homme seul qui, en dépit de l'hostilité, il ne "travaille pas" et Camille son épouse est institutrice laïque, des moqueries : il peint sur les portes des cabinets, d'une santé flageolante, est un homme hors du commun. En 1973, dix ans après son enterrement civil - un scandale de plus - lui qui avait écrit en 1948 " vous y croyez vous que je puisse avoir un jour une cruxifiction au musée d'art moderne" est le héros d'une grande rétrospective au Musée d'Art Moderne.

Alors ce matin, et ça m'arrivera sans doute de temps en temps, j'offre à votre réflexion un morceau choisi du fada du bocage envoyé fin 1962 à son ami Pierre Renou le curé de Vix " Ce n'est certes pas les gens de bonne foi qui manquent ici-bas. Dans Don Quichotte, Sancho est persuadé être le gouverneur d'une île quoique n'ayant pas passé sur de l'eau pour s'y rendre. A Vix, lorsqu'ils passent dans la rue, le curé et le directeur de l'école laïque ont cette même attitude de chevalier de la certitude. Mais c'est un fait que dans ses fonctions Sancho donna de réelles preuves de sagesse. On rigolait bien sûr dans les coulisses. Il y a toujours des rigoleurs par son chemin mais la belle affaire : il y en a certes des tas parmi les observateurs du présent concile. Il en a toujours été ainsi. Quand on n'est pas sûr de soi, on est perdu, la terre craque sous ses pas. On ne va pas loin. A la première averse on est ratiboisé..."   

Si vous passez aux Sables d'Olonne allez donc au Musée voir du CHAISSAC....

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27 mars 2006 1 27 /03 /mars /2006 00:00

Ce qui suit est un extrait d'un entretien avec Abdelatif BENNAZI réalisé par Michel Henochsberg pour une nouvelle publication AZYMUT azymut@laser.fr

Vous êtes en colère à cause de l'état actuel de la France ?

Oui en quelque sorte. Acceptons-nous comme nous sommes. arrêtons de nous regrader sous un angle critique, défaitiste et finalement paralysant. Et puisque vous me parliez de mondialité, de cette ouverture si nécessaire sur l'ailleurs, on devrait tous aller faire un tour en Chine, comme je viens de le faire récemment, et ça nous guérirait à jamais des débats stériles et théoriques de l'hexagone : à l'image des réalisations de ce pays, soyons pragmatiques et avançons, comme nous le montre la Chine époustouflante de vigueur.

En sommes, vous traduisez les difficultés françaises comme un cap à franchir ?

Exactement. Et nous avons les moyens de franchir ce seuil à condition de s'y lancer avec détermination, laissant au vestiaire les petites querelles et la propension française à l'introspection critique.

Mais tout le monde est prêt à dire la même chose.

Peut-être, certains le préconisent mais on ne le fait pas actuellement ! Je le répète : prenons le train en marche. La réalité de tous les jours est une réalité mondiale, c'est ce que chacun peut observer. Faisons avec et avançons, avec nos moyens, avec nos cultures, avec nos particularités, avec nos atouts, avec nos faiblesses. J'ai très mal vécu la défaite de la bataille pour les Jeux Olympiques 2012. J'ai constaté à Singapour que nous devenions isolés sur l'échiquier mondial, que le rayonnement de notre pays était vacillant. Ce qui se passe n'est pas conforme à l'idée que je me fais de la France. Forgeons-nous un nouveau moral et repartons de l'avant...

Pour l'entretien en entier reportez-vous à AZYMUT azymut@laser.fr  Bonne lecture...

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24 mars 2006 5 24 /03 /mars /2006 09:31

Pour ceux qui débarquent sur ce blog cette chronique est la suite de CV sans photo et Encore un bout de ma vie...

 

En 1983, au grand tournant du réalisme, Rocard est sorti de son placard du Plan pour occuper le 78 rue de Varenne : il faut mettre de l'huile dans les rouages entre le pouvoir et la grande maison FNSEA, exit Edith et ses pulls mohair. A la tête du cabinet le rond Huchon que j'ai croisé à l'ONIVIT, il était chef du bureau agricole du Budget (avant lui Emmanuel Rodochanachi, après lui Daniel Bouton, l'agriculture attirait les énarques du top 10). Les dorures de l'Hôtel de Lassay me pèsent et lorsque Huchon me demande de rejoindre l'équipe Rocard pour être le conseiller technique en charge des productions végétales, plus particulièrement le vin et les fruits et légumes, je n'hésite pas, c'est oui.

 

Et pourtant ça chauffe, nous sommes dans la phase ultime des négociations d'élargissement de l'Europe à l'Espagne et au Portugal et bien sûr les deux produits sont au coeur du compromis. Sur le vin la vieille garde professionnelle (ya des jeunes de cette période qui sont déjà vieux et qui aujourd'hui sévissent encore) ressort les vieilles lunes des quantum. Avec l'équipe de la Direction de la Production / A.Lachaux, Jean Nestor, Yves Van Haecke nous proposons d'en finir avec la machinerie infernale des aides qui favorisent ceux qui surproduisent pour la chaudière. Nous déposons un mémorandum à la Commission. Les démagogues de tout poils braillent.

Dans les colonnes du Midi-Libre, Laurent Thieule, s'en donne à coeur joie (des pages spéciales, le débat est ouvert, ce n'est pas comme aujourd'hui où le ML ne donne la parole qu'à ceux qui entonnent le même refrain). Il m'a baptisé le "bras droit du Ministre" et, à chaque fois que l'occasion se présente sur le terrain, je vais aux charbons face à la base. A Bruxelles nous ferraillons avec nos collégues italiens, nous avons la main. Des souvenirs toujours : la salle de presse au petit matin pour le débrief, avec en particulier Françoise Laborde la Gersoise qui pige pour les Echos (elle présente le Journal de la 2 maintenant), les passes d'armes entre Roland Dumas et Giulio Andréotti au Conseil Affaires Générales, les petits restau italiens, les séances Ministres seuls, le Conseiller du Président silencieux... 

Deux belles années galerie Sully à souquer ferme, les accords de Dublin, les matches de foot du WE de la Pentecôte en Normandie, la démission de Rocard en pleine nuit sur la question de l'introduction de la proportionnelle, j'ai envie de changer d'air. Le temps me semble venu de sauter le pas, de me mettre les mains dans un autre cambouis : celui de l'entreprise. Comme je ne suis ni haut, ni fonctionnaire, le pantouflage n'est pas pour moi. Ma décision est prise...

A suivre... 

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23 mars 2006 4 23 /03 /mars /2006 10:13

Gérard, qui a usé ses fonds de culotte avec moi à l'école d'agriculture, me transmet le ressenti de certains de ses collègues à la suite de mon intervention devant la Fédération des Coops d'Aquitaine : un Berthomeau en petite forme, mou du genou et pas visionnaire pour un sou... Y zorait du me le dire ça m'aurait permis de leur faire la réponse suivante.

A aucun moment de ma vie je n'ai eu l'ambition d'être juge ou missionnaire. La robe ou la soutane, l'instruction à charge et à décharge, la conversion des peuplades arriérées, le réquisitoire, le prêche du haut de la chaire, la sentence, le repentez-vous mécréants... sont étrangers à mon univers. Et pourtant, ma chère maman, aurait tant aimé que j'embrasse la fonction sacerdotale, et Dieu sait que dans ma Vendée natale où les séminaires étaient plus nombreux que les salles de théâtre, on nous mettait la pression. Ma réponse fut sans appel : j'aime les filles. Alors, mes chers présidents, faut jamais rentrer chez soi avec une question rentrée, j'aime trop le débat pour me dérober. 

Cependant si vous dire que les coopératives doivent se recentrer sur leur métier de base : faire le vin, être de vrais winner en capacité de décrypter les tendances des marchés de masse c'est mou et d'ajouter que faute de choix clairs la coopération viticole connaîtra le sort de la coopération laitière, le déclin et la marginilisation, c'est gentil, moi je veux bien mais moi je trouvais déjà que j'y allais un peu fort. Enfin, dire que pour les coops je ne voyais que 2 modèles commerciaux, puisés dans d'autres secteurs, Ia Coop d'Isigny : positionnement marché de valeur ou AGRIAL avec sa marque Florette (salade en sachets) : positionnement marché de masse en concurrence avec des poids lourds type Bonduelle, me semblait donner une perspective claire.

Bon, peut-être qu'il va falloir que je me recycle dans l'animation de Centres Commerciaux comme les ex qui ont connu leur heure de gloire à la télé et qui cherchent à faire un come-back...  

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22 mars 2006 3 22 /03 /mars /2006 00:00

Hier, je vous ai laissé du côté du Palais Bourbon et, comme j'ai l'esprit d'escalier, de ma mémoire remonte l'appellation donnée aux huissiers : les petits gris, en référence à leur uniforme de l'époque d'un gris nullache. Il faudrait écrire l'histoire des petits gris, présents à tous les étages, témoins de la vie intérieure de cette grande maison que peu de citoyens connaissent...

Ce n'est pas moi qui m'y collerai même si j'en sais des choses mes amis... Mon propos du jour est plus terre à terre, et en cela j'ai bien un esprit d'escalier,  en effet j'ai envie de vous parler des escargots, les lumas, les cagouilles. Pourquoi ? Pour rien, sauf que, quand j'étais petit, deux fumets me faisaient fuir les fourneaux : la fraise de veau et la sauce aux lumas. Pour cette dernière il s'agissait de lier le roux blond avec le jus de cuisson des lumas : une pestilensce. Longtemps j'ai snobé le luma baveux.

J'en parle aussi parce qu'en ce moment la cagouille, appellation picto-charentaise de l'escargot, est très tendance (si vous ne me suivez pas dans mes digressions consultez les sondages)...

J'en parle enfin car mon blog est à la gloire du vin et que j'ai découvert un dicton catalan qui dit joliment et savoureusement " Les escargots sont des aiguilles pour enfiler le vin

Je rêve d'une bonne cargolade du côté de Banyuls, le ciel, le soleil, la mer et...  

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21 mars 2006 2 21 /03 /mars /2006 00:00

1976 : la grande sécheresse, et me voici dans une soupente de la rue Barbet de Jouy, en compagnie d'un jeune et sémillant garçon frais émoulu de l'ENSAE, ce cher Claude qui, lui, savait faire fonctionner un ordinateur : un Wang, chargé par notre directeur de faire des propositions au cabinet pour indemniser les agriculteurs. Un grand moment je vous assure. Deux petits contractuels face aux zingénieurs du Gref et aux politiques, ça valait le déplacement. Mon premier souvenir de la salle à manger de l'hôtel du Ministre où se tenait les réunions. Peut-être qu'un jour je vous raconterai ces jours de canicule...

 

Ensuite, le directeur me demandait de plancher sur une importante question : faut-il, face à la surproduction, instituer des quotas pour le lait et pour le vin.

 

Ma réponse : oui pour le lait, non pour le vin, le rapport a jauni et il fallut attendre 1983 et Michel Rocard Ministre de l'Agriculture pour que la PAC instaure des quotas laitiers. Pour le vin je vous raconterai les  accords de Dublin. Je commençais à m'ennuyer. En 1978, pendant mes week end je suis "monsieur vin du Loir et Cher"et si vous ne me croyez pas demandez au président Coutoux. Ce premier contact de terrain m'amène à postuler à l'Office National des Vins de Table où je deviens le SG. Je découvre les grands chefs : A.Verdale, M.Couret, R.Chandou et ceux qui sont encore là, PML le directeur, bordelais de Caudéran,  qui écrit un rapport sur la chaptalisation, je gratte les PV des conseils : entre opéra bouffe et grand guignol. A cette époque avec Boulet de l'INRA nous lançons la première et grande étude sur la consommation dans l'indifférence générale. J'apprends dans mon petit coin.

  

1981, les chars russes n'arrivent pas jusqu'à la Place de la Concorde ce qui me permet, déjà à vélo, de traverser la Seine pour me rendre au début du mois de juin jusqu'à l'hôtel de Lassay, résidence du Président de l'Assemblée Nationale, puisque je viens d'être nommé Conseiller Technique au cabinet du Président pour suivre la Commission de la Production et des Echanges. La buvette, les séances de nuit, les maccarons, Guy Carcasonne, Philippe Valla, Frédéric Saint Geours, la cave de l'hôtel de Lassay, la salle Colbert, ça chahute dur dans l'hémicycle. Je cotoie les élus, les grands patrons : G.Besse, J.Gandois... des syndicalistes : Krasucky, Maire. Je continue de faire ma petite pelotte...

 

A suivre...

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20 mars 2006 1 20 /03 /mars /2006 00:00

En évoquant dans mon CV mes années rue Barbet de Jouy - la rue de Romy Schneider - l'annexe du 78 rue de Varenne là où se trouve le saint des saints : l'hôtel de Villeroy où loge le Ministre et son cabinet, je me suis souvenu de ma découverte du "Pied de Fouet ", un petit resto : 15 à 16 couverts, rue de Babylone. Le petit provincial que j'étais y trouva le meilleur de Paris.

 

Campons le décor : c'est minuscule, bas de plafond, une cuisine de 4 ou 5 m2 avec le chef et Hamid le plongeur algérien, au bar Martial le patron, placide, souriant, belge, aux commandes Andrée son épouse, petite bonne femme, poitevine, qui régente le client : pas de réservation, on ne fume pas, on prend son café au bar, on se déplace si ça arrange la patronne pour placer son monde. Tout le monde obtempère dans la bonne humeur et certains étrangers en redemandent. La cuisine est familiale, abondante, de qualité et l'addition est légère. On fait la queue sur le trottoir.

 

Dans la galerie de portraits : Jean-Marie Rouart aujourd'hui académicien, normal le PDF fut le restaurant de Gide, des diplomates des ambassades voisines, la fine fleur des Ministères, les gens du quartier avec mention particulière pour la Glue le serrurier gay et le Fiancé un vieux monsieur digne qui y déjeune tous les jours... On se parle. On se fait enguirlander par Andrée. Avec Anne-Cécile et sa mère nous y venions tous les samedis, nous avions nos ronds de serviette, aucun privilège sauf qu'Anne-Cécile aidait Andrée à servir à table et que ma tasse de café m'était portée à table. Le pudding diplomate dont je raffole fut baptisé pudding Berthomeau, entre nous c'est quand même plus chic que rapport.

 

C'est au Pied de Fouet que j'ai bu les premiers Gamay de Touraine de Marionnet. Ah le poulet au vinaigre d'Andrée, ses gateaux et surtout son coeur immense : on la voyait partir avec un plat garni pour une vieille dame impotente ou une personne malade et, quand elle revenait, nos sourires nous valaient  un " alors on prend racine... " qui nous comblait d'aise. Des beaux jours, de la chaleur humaine, tout le monde traité à la même enseigne, une belle image de la France qui valait au Pied de Fouet d'être connu dans le monde entier.

  

Andrée et Martial ont pris leur retraite. Le Pied de Fouet existe toujours, les successeurs sont sympathiques, si vous passez rue de Babylone, juste derrière le mur d'enceinte de l'hôtel de Matignon, vous pouvez aller vous y restaurer, il y reste encore un léger parfum d'humanité. 

 

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17 mars 2006 5 17 /03 /mars /2006 09:43

à l'attention de ceux qui me lisent sans savoir d'où je sors...

 

Je suis né le 12 juillet 1948 à la Mothe-Achard un gros bourg du bocage vendéen, le bas tout proche de la mer. Mon grand-père paternel était éleveur de grands boeufs blancs charollais, le maternel marchand de tissu et épicier. Mon père était entrepreneur de travaux agricoles et ma mère couturière. Petit dernier arrivé bien après un grand-frère, né en 39, et une grande soeur, née en 42 ,nous vivions en cohabitation avec mes grands-parents paternels. Je suis allé à l'école maternelle sous la férule douce des petites soeurs de Mormaison, puis pour le primaire chez les frères du bienheureux Louis Grignon de Montfort ensuite j'ai migré à 500 mètres de la maison à l'école d'agriculture ND de la forêt jusqu'à mon premier bac, enfin j'ai fait ma philo à l'Instution Amiral Merveilleux du Vignaux des Sables d'Olonne.

 

En 1965, j'ai émigré très loin à la ville, à Nantes à la Faculté de Droit sur les conseils du bon abbé Blanchet qui, à l'instar de son neveu Michel Albert, voulait faire de moi un énarque. Je n'ai pas fait l'ENA mais mai 68, désolé ! J'étais un étudiant salarié puisque je professais à l'école d'agriculture de la Roche s/Yon. Une thèse de 3ième Cycle sous la direction d'Yves Prats, le frère de Bruno de Cos d'Estournel, sur les interventions de l'Etat sur la filière porc. Je dois vous avouer que ça les défrisaient un peu les universitaires de se colleter au monde réel mais moi j'avais envie de garder un pied dans mes origines.

  

Deux années de VSNA à Contantine, de 74 à 75, maître-assistant à l'Université Aïn El Bey construite par Oscar Niemeyer, la dictature de Boumedienne, le fiasco des conseillers français du régime, déjà la montée des islamistes, une grande vitalité surtout chez les jeunes femmes, un grand gachis de potentialités et de richesses. Balades dans les Aurès, Gardhia et le grand sud dans ma petite R4. Retour au pays en 1975, recherche d'emploi, embauche comme contractuel par un jeune et sémillant Inspecteur des Finances, Bernard Auberger, à la Direction de la Production, des Marchés et des Echanges Extérieurs du Ministère de l'Agriculture. Petit salaire : 3000 F mais une première expérience du terrain en liaison directe avec ceux qui bâtissaient le Marché Commun.

 

En effet, Christian Bonnet étant Ministre de l'Agriculture, le cabinet  m'envoya ausculter la Bretagne avicole profonde. Pendant plus de 6 mois je sillonnai les 4 départements : accouveurs, éleveurs, industriels de l'aliment intégrateurs les Guyomard, Sanders&Co, les marchands de poulets, de dindes et autres volatiles les Doux, Tilly&Co, les marchands d'oeufs... etc J'observais, ayant déjà une bonne connaissance via ma thèse sur le cochon, la montée en puissance d'une Bretagne industrieuse, dure, productiviste mais avait-elle d'autres choix, je pondais des notes et pressentais que la machine à faire du poulet export, congelé, gorgé de flotte, expédié dans les pays du Golfe à grand coup de restitution était une machine infernale. Enfin, je constatais que nos petites bestioles consommaient du soja et des PSC importés alors que nos céréales étaient bradées vers l'Empire Soviétique avec le soutien des restitutions. La machine européenne commençait de s'emballer mais en France personne n'osait se risquer à critiquer une mécanique qui rapportait gros au Trésor...  

à suivre...

 

bon week...  

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