Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
22 novembre 2005 2 22 /11 /novembre /2005 09:41

C'était sur Planète, la chaîne thématique, deux émissions avec Pierre-Gilles de Gennes un de nos Nobel. L'homme est séduisant, plein d'humour et de vitalité mais l'on sent l'intervieweur gèné - il n'apparait pas à l'écran - la cause, on le sent si je puis m'exprimer ainsi, c'est que le cher grand homme de science tire consciencieusement sur un petit cigarillo qui n'a de cesse de s'éteindre.

 

Au bout d'une dizaine de minutes l'intervieweur n'y tient plus, il se lance sur le thème " ce n'est pas politiquement correct de s'afficher cigarillo au bec " Notre Nobel s'y attendait et sa réponse, elle aussi politiquement incorrecte, est à méditer par ceux qui veillent avec le soin des comptables sur notre santé.

 

Pierre-Gilles de Gennes raconte que, jeune chercheur, dans le laboratoire où il se trouve, un de ses patrons parti à la retraite, travaillait pour la Défense Nationale et, un jour, une femme de ménage se présente en tenant dans ses bras un obus amorcé qu'elle a découvert dans le fond d'un placard. La réaction des présents est intéressante. La quasi-totalité prend la poudre d'escampette. Reste de Gennes, la femme de ménage et un ou deux collègues qui assument le risque que l'engin leur pète à la gueule.

 

Assumer le risque, ne veut pas dire faire n'importe quoi, en l'occurence se soumettre à la tabagie ou pour nous à l'ivrognerie, mais faire des choix de vie, de sa vie et, n'en déplaise aux grands professeurs ou à ceux qui se sont autoproclamés défenseurs de notre santé, celle-ci ne leur appartient pas et qu'une politique de Santé Publique fondée sur des analyses tronquées ou des actions de pure communication ne peut qu'être inefficace. S'attaquer aux causes profondes, protéger les populations à risque, ne pas instrumentaliser les produits mais voir le monde tel qu'il est permettrait sans doute de progresser sans pour autant mettre au ban de la société des hommes et des femmes qui, même si le mot est désuet, par leur labeur font que notre pays tient encore vivant son territoire. 

Partager cet article
Repost0
21 novembre 2005 1 21 /11 /novembre /2005 08:56

La remise en ligne samedi d'une de mes chroniques : " Mobylette " a déclenché un match classique entre le Languedoc et Bordeaux sur la responsabilité de la crise et surtout sur qui va en supporter les conséquences.

Je ne reviendrai pas sur l'analyse, le rapport que j'ai commis en 2001 reste d'actualité, en revanche ce matin je souhaite couper les pattes à un sale petit canard que certains esprits mal intentionnés ont lâché dans le débat qui a fait suite à la note d'orientation " Cap 2010 ".

La proposition de créer un vin des cépages de France, assemblage issu de cépages produits et agréés, partait du constat que pour reconquérir les parts de marché perdues à l'export il fallait associer trois identifiants forts : France, cépages, marque...

Alors disons le tout net, si " les faiseurs de miracles " ou " les vendeurs de discours " veulent s'engoufrer dans l'élaboration de ce nouveau produit pour faire de la bistrouille, recycler des excédents ou des vins d'AOC déclassés, mieux vaut fermer la boutique tout de suite et faire un autre job.

Pour ceux qui ont pris la peine de lire "Cap 2010 " je rappelle qu'une de ses propositions centrales, en plus du partenariat et de la gestion par bassin était : l'affectation des hectares. Si nous voulons préserver notre potentiel de production il faut être en capacité d'élaborer à partir de nos raisins tous les produits qu'attend le marché. Pour ce faire il faut gérer dans la transparence et l'efficacité économique la mixité de notre vignoble...

Qu'on ne vienne pas me dire, qu'au début du XXI ième siècle, à la condition de simplifier et de clarifier les strucutures administratives publiques mais aussi professionnelles, que ce chantier ne peut être ouvert...

bistrouille : dans le langage populaire parisien du début du XXième c'est du mauvais vin trafiqué...   

Partager cet article
Repost0
19 novembre 2005 6 19 /11 /novembre /2005 09:15

Cette chronique a été mise en ligne le 7 juin 2005

" Ma mob bleue ciel, son siège biplace, son son de meule... rassurez-vous je ne vais pas ce matin vous tartiner un petit morceau de mes souvenirs d'adolescent mais utiliser cet engin mythique des années 60 pour m'interroger sur notre volonté d'assumer notre statut de pays leader mondial des vins.

Tout d'abord est-il bien raisonnable d'en arriver à "brûler" plus d'un million d'hl d'AOC pour produire de l'alcool de carburation pour les mobylettes de Brasilia ou de Pékin ? Ceux qui ont combattu le projet d'assemblage des cépages de France préfèrent sans doute détruire une matière première coûteuse, l'avilir, plutôt que d'envisager d'en faire le support d'un vin adapté, support d'une marque, fer de lance de la reconquête des consommateurs...

Ensuite, ceux qui appellent aujourd'hui de leurs voeux l'émergence de groupes en capacité d'exporter des volumes importants doivent comprendre que seule la gestion de grands bassins de production assortie d'une politique contractuelle pour générer une ressource stable est le socle d'investissements à moyen terme : le pilotage par l'aval ne peut se concevoir dans un amaont nébuleux qui fait du vin et attend l'acheteur. Pour les produits de consommation de masse en rester à l'imagerie du vigneron à mobylette conduit une grande part de notre vignoble à l'arrachage...

C'est un choix, encore faudrait-il avoir le courage d'en poser clairement les termes. 

Partager cet article
Repost0
18 novembre 2005 5 18 /11 /novembre /2005 11:03

Nos voisins belges sont de grands amateurs de vin, de vins français tout particulièrement. Alors ce matin pour leur donner un petit coup de chapeau j'ai détourné une histoire belge qui se promène sur l'internet en la cuisinant en sauce avec du vin français.

" Nos parts de marchés à l'exportation ont encore chutée cette année... Déclaration officielle du porte-parole de la French Wine Industry : " y'en a marre de ces pirates qui téléchargent du vin français sur l'Internet ! Nous allons contre-attaquer devant les tribunaux... "

Comme le disait la marionnette deMichel Denisot aux Guignols de l'Info sur Canal + :  Désolé !  

Partager cet article
Repost0
17 novembre 2005 4 17 /11 /novembre /2005 11:01

Il est de bon ton dans les cercles d'esthètes détenteurs du bon goût de brocarder le Beaujolais nouveau. Dans notre beau pays la réussite est toujours un peu suspecte, surtout celle des autres. Moi je dis chapeau à ceux qui, pionniers, ont bâti avec ténacité et professionnalisme ce succès.

Bien sûr ce Beaujolais nouveau, en jean et chemise ouverte, manque pour les maîtres des étages élevés de quartiers de noblesse, il est trop gouailleur, il hume l'air du temps, certes parfois il s'égare un peu sur des chemins de traverse, mais plein de vitalité il retrouve vite son style canaille, sans prétention, c'est un teufeur, un bon ambassadeur du vin de France pas collet monté pour un sou.

Et puis, avant d'aller chez l'ami Jacques Dupont fêter le nouveau venu, je voudrais dire à ceux qui vivent de leur plume -j'en suis- que l'art de la critique ne s'apparente pas à une entreprise de démolition... Dites nous ce que vous aimez, ça suffira largement à notre pti bonheur de buveurs de canons. Pour le reste, accordez-nous cette confiance, nous sommes assez grands pour faire le tri entre le bon grain et l'ivraie...

Partager cet article
Repost0
16 novembre 2005 3 16 /11 /novembre /2005 10:07

Je suis heureux d'accueillir parmi les abonnés de "Vin&Cie", un bon ami, un ami du vin, Bourguignon et fier de l'être, François, Fanfan pour les intimes. Comme cadeau de bienvenue je lui offre ce passage du " Tour de la France par Deux Enfants " Cour Moyen par G.Bruno.

"On quitta Mâcon de grand matin, et nos trois amis, de la voiture même, assistèrent aux travaux de vendange. Sur le flanc des collines on ne voyait que des vendangeurs et vendangeuses allant et venant, la hotte pleine de raisin.

Ailleurs, on apercevait des vignerons qui, à l'ancienne manière, piétinaient le raisin qu'on venait de cueillir. Ils foulaient gaiemant du pied les grappes mûres.

- Voyez-vous ces hommes ? dit M.Gertal : ils sont en train de faire le foulage des raisins. Ils laisseront ensuite tout ce jus fermenter pendant plusieurs jours. Puis on le tirera par le fond des cuves pour le faire couler dans les tonneaux. Alors il sera devenu clair. Ce sera le vin doux.

- Monsieur Gertal, est-ce que partout on écrase ainsi le raisin avec les pieds pour faire le vin ?

- Non, mon ami ; il y a beaucoup plus d'endroits où on se sert d'un fouloir, ce qui vaut mieux.

- Monsieur Gertal, à l'école de Phalsbourg, on m'a dit que la France produit les meilleurs vins du monde et que la Bourgogne est une des plus riches provinces de France..."

Bonne journée à tous.

Partager cet article
Repost0
15 novembre 2005 2 15 /11 /novembre /2005 00:00

Ce matin il fait un frisquet léger, la lumière est fine, j'ai mis mes gants. J'aime ce temps et je pédale dans la bonne humeur. Que vous écrire ce matin ? Une petite idée me trotte dans la tête depuis plusieurs jours mais la météo molle et doucereuse m'en faisait différer l'accouchement.

Aux premiers frimas des envies de " vin chaud " me prennent, pas le matin bien sûr, mais le soir venu avant de rentrer at home ou en sortant du ciné. Mais le  bon "vin chaud " est un produit rare sur la place de Paris. En effet, la préparation du " vin chaud " nécessite beaucoup de soins. Tout d'abord il faut choisir le vin ad hoc, rond et soyeux, le porter à température avec douceur, adjoindre les ingrédients : sucre roux, canelle, zeste d'orange en des proportions harmonieuses. Et puis il faut le servir dans un verre épais, genre mazagran.

Bon, si vous ne me voyez pas venir c'est que vous n'êtes pas bien réveillé : à quand une opération nationale " le vin chaud des frimas " dans les cafés, à l'instar de la bière de Mars, opération déclinée régionalement, avec set de verre, verrerie au logo de l'opération, petit dépliant etc... Oui mais ça coûte des sous me rétorquera-t-on. Cien bur mais sans vouloir être mauvaise langue, des sous y'en a, mais on préfère les affiches dans le métro ça fait plaisir aux communicants. On va me dire que c'est ringard. Non si l'opération est menée avec des codes "nouveau produit " et un zeste d'humour... Dernier point les ligues de vertu n'apprécieront pas. Qui puis-je ?   

 

Partager cet article
Repost0
14 novembre 2005 1 14 /11 /novembre /2005 00:00

Un de mes lecteurs m'écrit - c'est un courrier postal - car un article d'Eric Conan, "Histoires de crus " dans l'Express des 3-9 novembre, page 96, l'a fait bondir. En introduction EC reprend une citation de Raymond Dumay " Il n'est pas étonnant que les éditeurs d'essais accueillent les débats autour du vin : création culturelle, " seul grand produit inutile de la planète " selon la belle définition de Raymond Dumay..." 

En ce moment je suis plongé dans "L'empire Gréco-Romain" de Paul Veyne et "L'histoire de l'Italie" de Pierre Milza, et la trilogie : blé, huile d'olive, vin est omniprésente comme richesses de la production et des échanges. Au travers du temps, vin médicament, vin aliment des classes laborieuses, vin expression des élites, vin partie prenante du régime alimentaire méditerranéen, vin en passe de devenir le meilleur vecteur de la mondialisation... Oui, le vin est utile cher lecteur, à la seule condition de lui laisser vivre sa vie sans le confiner dans un mausolée culturel

Mais le vin est aussi merveilleusement inutile que le fard des femmes, leurs ongles carminés ou leurs cheveux teints ( ces messieurs y viennent aussi ) et pourtant les historiens nous disent que dans leurs cavernes les femmes se maquillaient. Que serait un monde avec des femmes blêmes! Alors vive le vin ludique, qui ne sert à rien, si ce n'est à rire, à refaire le monde, à rêver, celui de nos fêtes, celui des jours heureux, mais aussi des jours un peu plus pâlichons. Qu'importe ! Cessons  de  nous excuser auprès de ceux qui veulent notre bonheur, cachés derrière leurs statistiques, ceux qui nous disent " abstient toi ", ceux qui bordent nos vies...

Le vin, ce jus fermenté du raisin, ne créé ni l'angoisse, ni le stress, ni l'extrême solitude de beaucoup de nos concitoyens alors cessons ces combats à la française, bloc contre bloc, qui ne mènent à rien d'efficace mais qui entretiennent les ultras des deux bords...

Partager cet article
Repost0
12 novembre 2005 6 12 /11 /novembre /2005 00:00

Chronique mise en ligne le 26 mai 2005

Cher ami vigneron,

Je propose, comme au bon vieux temps, de tendre sur la place du village la toile et, pendant ce temps-là, une camionnette munie d'un haut-parleur annoncera la séance du soir : " au coucher du soleil, chacun est prié d'apporter son pliant..."

Le film projeté est " Sideways " Provocation ! Un film américain, et qui plus est " yzozy kozé du vin ", faut pas pousser trop loin le bouchon pti père ! C'est encore une idée de parigot... Mais non c'est une histoire d'enterrement de vie de garçon. Allez un pti effort, amène zita femme, le papy, les garçons et les filles...

Après la projection, j'en prends le pari, j'en suis sûr et certain, tout le monde va être bien surpris, content même, et que si dans la glacière sur laquelle t'étais assis tazune bouteille au frais, c'est avec plaisir que tu trinqueras  à la santé de ces américains qui parlent si bien du vin...

PS : le film n'est plus en salle mais comme la fin d'année arrive vous pouvez mettre le DVD de "Sideways" sur la liste que vous adresserez au père Noël...

Note de l'éditeur : de temps à autre le chroniqueur se laisse aller à l'écriture SMS " toutemézexkuz "

Partager cet article
Repost0
11 novembre 2005 5 11 /11 /novembre /2005 00:00

Il fait un temps de 11 novembre. En passant place de la Concorde à vélo, sur les Champs Elysées indemnes d'autos, un régiment défilait. J'ai eu une pensée pour Louis Berthomeau mon grand-père, 3 années derégiment puis 4 dans les tranchées, un sacré bout de vie donné au pays ; une pensée aussi pour ma tante Valentine, soeur de ma mémé Marie, veuve de cette guerre, de noir vétu jusqu'à la fin de sa vie... Je suis le seul Berthomeau à ne pas avoir porté l'uniforme et les armes : mon père fut blessé en 40, mon frère Alain passa plus de 2 ans sur un piton de la sinistre " ligne Morice " à la frontière tunisienne, moi j'ai été coopérant à l'Université de Constantine...

Alors ce matin, face à mon écran, en veine de confidences, sachez que c'est à Louis d'abord que je dois le goût de la belle ouvrage, du sillon bien droit, même si c'était pour planter des foutus choux. Quand je menais Nénette la jument en longues brides et que lui tenait les manchons de la charrue, j'avais le sentiment de peser sur la marche du monde. C'est, ensuite à Arsène, mon père, que je dois le goût de la chose publique, du bien public, lui qui demandait le silence pour les informations à la radio, qui rentrant de ses longues journées de moisson se plongeait dans les pages politiques de " La Résistance de l'Ouest ", lui qui m'emmenait aux réunions publiques à la justice de paix : les indépendants et paysans de Boux de Casson et les instituteurs SFIO laïcards et les rouges...  Je n'ai jamais été aussi fier de ma vie que ce lundi matin où il fut le seul et le mieux élu de la liste de l'ancien maire Antoine de la Bassetière, 33 ans maire, propriétaire de toutes les métairies du pays, donc unique client de mon père  pour son entreprise de battages... 

Enfant de la paix j'aime ce foutu pays, j'aime le parler vrai, alors dans cet espace de liberté consacré au divin nectar ( j'ai été enfant de choeur) je me sens enfant du monde, d'un monde ouvert, certes toujours dangeureux, mais qu'il faut investir avec nos valeurs, sans crainte ni arrogance, à l'écoute, disponible et surtout avec le souci de ce que nous allons transmettre à nos enfants et petits enfants (j'suis papy)

 

Partager cet article
Repost0

  • : Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • : Espace d'échanges sur le monde de la vigne et du vin
  • Contact

www.berthomeau.com

 

Vin & Co ...  en bonne compagnie et en toute Liberté pour l'extension du domaine du vin ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

Articles Récents