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24 janvier 2006 2 24 /01 /janvier /2006 00:00

Dans les tribunes des stades, lorsque les visiteurs sont à la peine, les supporteurs entonnent sans pitié : " mais ils sont où ? " C'est une version édulcorée des jeux du cirque et mon propos de ce matin ne joue pas dans ce registre, pourtant très en vogue par les temps qui courrent, il se contente de faire appel à la mémoire des responsables de la coopération vinicole française en leur demandant de relire un texte d'août 2001 à propos du pilotage de la ressource vinicole...

" Il faut multiplier ces adhérences entre deux mondes qui se sont longtemps opposés afin de multiplier les partenariats, les alliances, pour un pilotage fin du vignoble par les metteurs en marché. Pour la coopération ce n'est pas vendre son âme au diable, c'est au contraire se positionner en partenaire, en partenaire qui tient le vignoble, le fait évoluer et surtout fait évoluer les troupes, la base. A tout prendre il me semble plus responsable de s'engager dans cette voie que de continuer à laisser les caves dans leur isolement faire du vin pour attendre ensuite le passage du courtier. La base a bon dos en période de crise si on ne lui donne aucune visibilité à moyen terme, si on n'a pas le courage d'aller lui expliquer les évolutions des marchés, les nouvelles attentes des consommateurs français ou étrangers, elle raisonne au niveau de son caveau et elle est justifiée à réclamer des aides pour faire tourner la boutique.

En rester là est sans issue, ce travail de fond d'explication, de méthode, de persuasion, patient, au raz des pâquerettes, est le seul qui puisse faire avancer les choses. Encore faut-il qu'il soit accepté et porté par les dirigeants professionnels et relayé par des actes concrets des pouvoirs publics... "

La vigne est une plante pérenne, 4 ans et 4 mois ce n'est presque rien dans la vie d'un vignoble mais beaucoup pour un temps de réaction face à la nouvelle donne des marchés en croissance, arracher des vignes est la résultante de ce refus de choisir... 

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23 janvier 2006 1 23 /01 /janvier /2006 10:34

Né dans un pays de ventre à choux, les choux à vaches, et de piètres vignes, la première fois que j'ai découvert sur l'étiquette d'une bouteille d'un vin venu de Bourgogne acheté par mon père à un représentant qui me semblait pas très catholique (c'en était mais ça n'en portait pas le nom) la mention de négociant-éleveur, j'en fut surpris. On élevait donc le vin mais seuls les négociants le mentionnaient, les vignerons non. Fort bien me dis-je il existait donc des vins légitimes et des vins adoptés. Par la suite j'ai pu mesurer le poids de ces mots dans la perception du vin chez nos concitoyens.

Pourtant ce matin, le mot élevage me fait penser à ceux qui sans modération proclament que le salut de notre viticulture se situe dans les niches. Sans ironiser à outrance, c'est pas très vaste une niche, on y loge pas beaucoup de bouteilles, alors faut-il après les vins de garage parler des vins de chenil. Attention aux vins perdus sans collier, aux abandonnés sur les aires d'autoroute, à tous ceux à qui on a fait miroiter des lendemains heureux alors que nul n'a songé à leur construire un avenir...

Face à la mutation que nous sommes en train de vivre si l'on souhaite se mettre en situation d'élaborer une stratégie que l'on veut gagnante il faut situer son point d'observation du terrain ni trop haut, ni trop près. Sinon : trop haut les gratte-ciels semblent être des niches ; trop près les niches semblent être de beaux espaces.

 

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23 janvier 2006 1 23 /01 /janvier /2006 00:06

Désolé pour cette publication intempestive d'une vieille chronique ce sont les mystères des petites machines qui n'en font qu'à leur tête... ou alors c'est Bruno qui avait envie de revenir sur mon espace  de liberté...


Au temps de ma mission Rivesaltes, l’AFED, par l’entremise de son délégué général, ne me facilitait guère la tâche, nous pataugions dans un inextricable contentieux communautaire qu’il avait provoqué. Bref, vous me connaissez, j’étais très remonté. Et puis, il y eut mon rapport qui « trouva grâce » auprès des chefs de cette organisation qui se positionnait sur un créneau « libéral » et je fus auditionné rue d’Anjou en présence des grands chefs : Joseph, Jean-Louis et le jovial André Lacheteau président de l’AFED.  Bruno Kessler, jeune homme fringant et souriant, développait la doctrine de l’AFED avec une conviction communicative et un savoir-faire reconnu. Il énervait un peu les caciques, y compris ceux de l’AFED, mais fort de la dynamique des Grands Chais de France, tous reconnaissaient que ses idées, dérangeantes et en rupture avec l’inertie ambiante, marquaient une réelle rupture dans le métier de négociant. Nos rapports toujours emprunts d’un respect mutuel se sont toujours placés sur le terrain de la franchise décapante et du débat privilégiant l’intelligence.

Oenologue diplômé de la Faculté de Reims en 1986, Bruno Kessler a commencé sa carrière en Californie, chez Piper Sonoma, avant de s'installer comme vigneron dans son Anjou natale au château de Cheman. Il retourne vers le négoce chez Louis Eschenauer où il découvre Bordeaux et ses grands crus, puis plus tard chez Lacheteau/Vinival où il développe déjà des caves de vinifications. En 1994, il participe, en tant que directeur des achats et de l’œnologie, à la métamorphose de Grands Chais de France, entreprise qui devient championne de l'exportation dans 160 pays, il met en place le sourcing de la première marque de vin français JP CHENET. À partir de juin 2009 sa carrière va prendre une nouvelle orientation : « Bruno se met à son compte. » Président de l’AFED, vice-président de l’AGEV, membre de Vinifhlor, Bruno Kessler met aussi la main à la lourde pâte du débat interprofessionnel en défendant une «  libéralisation encadrée de la réglementation viticole  et une œnologie moderne adaptée à l'élaboration et au sourcing  des vins de marque d'aujourd'hui et de demain »

 

Question N°1 : Supposons que je sois un jeune bachelier passionné par le vin. Je cherche ma voie Sur le site du CIDJ je lis « L’œnologue, grâce à ses connaissances scientifiques et techniques, accompagne et supervise l’élaboration des vins et des produits dérivés du raisin. Sa principale activité concerne la vinification. Il conseille les viticulteurs dans le choix des cépages et la plantation des vignes. Il surveille les fermentations en cave, le traitement des vins et leur conditionnement. Il effectue des analyses et procède à des recherches technologiques visant à l’amélioration des cépages. L’œnologue peut également être chargé de la distillation ou fabrication des alcools à partir des marcs de raisins. Enfin, connaisseur et expert en dégustation, il participe à la commercialisation des vins en France et à l’étranger. En raison de la concurrence rencontrée désormais par la production française de vin sur le marché mondial, l’œnologue remplit une fonction stratégique pour le maintien ou l’amélioration de la qualité des produits de la viticulture française. »

Présenteriez-vous ainsi votre métier à une jeune pousse Bruno Kessler ?

Réponse de Bruno Kessler : J’ignorais qu’une pareille définition exista encore au CIDJ !!! Il ya tellement à dire sur cette vision trop académique…

Tout d’abord en vérité   l’œnologue travaille surtout chez des négociants ou pour des négociants  !!!  Il est avant tout au quotidien un homme de production qui doit répondre efficacement à des demandes de plus en plus complexes de la distribution mondiale et de ses clients.

Notre métier est en profonde mutation, la formation d’œnologue nécessiterait d’être remise à jour pour répondre aux besoins de l’industrie vinicole…Une commission essaye de s’y appliquer mais avec un pas de sénateur… L’œnologue ne doit pas se laisser enfermer dans son diplôme car le vrai « métier » c’est l’expertise et pas seulement en dégustation… l’expertise la vraie c’est trouver des réponses à une problématique générale, comment maintenir la croissance durable de la consommation des produits issus du raisin, dans le Monde.

 Le coté passionnant du  métier c’est de comprendre la demande des clients de la traduire en raisins et en process de vinification ou en assemblage de cuvées pour mettre en place un « sourcing » adapté aux gouts et aux budgets des consommateurs. Cette capacité demande de  plus en plus une réelle sensibilité créatrice, une vision qui permet d’assurer le succès commercial de grandes entreprises …   la compétence technico commerciale  est le cœur du métier de « sourceur ».

Le  métier de l’œnologue  de demain sera de concevoir des produits adaptés aux besoins des marchés en partant des raisins et de participer à la mise en place de filières durables.

C’est cette expertise en « sourcing » moderne et innovant que je trouve passionnante et que je vente aux jeunes pousses… tout comme le chef fait ses courses, l’œnologue choisit ses raisins et les « cuisines » selon les gouts et les moyens des consommateurs.

Pour moi le vin est divers, c’est ce qui fait son universalité et ce qui  fait naitre la passion.

Question N°2 : « Monsieur Seignelet, qui avait assis Bertrand face à lui, donnait à mi voix des leçons d’œnologie, récitait des châteaux, des climats, des millésimes, émettait des jugements, prononçait du vocabulaire : puis il voulut enseigner à son fils aîné le rite grave de la dégustation. » Tony Duvert « L’île Atlantique » éditions de Minuit 2005. Dans le fameux manga « Les Gouttes de Dieu » «  Le héros est présenté comme œnologue alors que manifestement c’est plutôt un œnophile doué et cultivé.

Quel est votre sentiment sur ce glissement sémantique Bruno Kessler?

Réponse de Bruno Kessler : Bon je l’avoue ça m’agace toujours … Je le confesse c’est un problème d’égo sans doute … Mais c’est grâce à cette confusion entre le métier de la dégustation et celui de l’expertise de l’œnologue définit ci-dessus que l’on est sorti du cliché blouse blanche et laboratoire…  Ainsi j’ai le plaisir d’avoir des nouvelles de mes amis  le samedi  pour savoir quelle divine bouteille leur procurera du plaisir avec tel met préparé avec passion. 

Par contre je regrette que l’expertise technico « dégustative » ne soit pas plus souvent utilisée par nos grands clients … Un vin peut être bon mais encore faudrait il s’assurer qu’il le restera dans le temps … la nécessaire connaissance intime du vin s’imposerait alors compte tenu des enjeux financiers… confier les choix à une simple dégustation aussi précise et détaillée soit elle ne suffit pas pour apporter les garanties de l’expertise d’un œnologue… Aux œnologues de trouver les moyens de se « stariser » un peu plus !!!

 Les anglo-saxons ont mis en place des concours valorisants les compétences de leurs winemakers … à quand le concours du meilleur œnologue de l’année…

Question N°3 : Moi qui ne suis qu’un pur amateur aussi bien pour le vin, que pour la musique ou la peinture je place ma confiance non dans les critiques mais plutôt dans ma perception au travers de l’œuvre du génie du compositeur ou du peintre. Pour le vin l’affaire est plus complexe entre l’origine, le terroir, le vigneron, le vinificateur, le concepteur du vin, l’exécution est à plusieurs mains. La mise en avant de l’œnologue, une certaine starification, correspondant par ailleurs avec l’esprit du temps, à une forme de marketing du vin, ne risque-t-elle pas de nous priver d’une forme de référence objective, celle de l’homme de l’art, nous aidant à mieux comprendre l’esprit d’un vin ?

 

Réponse de Bruno Kessler : Le gout du vin est bien plus subjectif que celui de l’art. Le gout est par essence subjectif. La perception du vin à travers une image starisée ou pas contribue à cette subjectivité qui sublime nos sensations et nous apporte plus de plaisir …

La valorisation de certains vins ET de leurs clients est de plus en plus liée à des critères marketés…

On peut le regretter mais c’est aussi ce qui attire tant et a permis la révolution de la consommation que nous vivons. Le vin produit de luxe starisé c’est quand même un phénomène récent. Je comprends que cela fascine ou énerve, en tout cas c’est grâce au développement des «F1 du vin » que la qualité moyenne des vins ne cesse  de monter avec tous les bénéfices que peuvent en tirer tous les consommateurs et les producteurs… 

 Le plaisir du vin doit certes être instinctif et amené à la portée de tous … Mon frère Mathieu  qui est un esthète Nietzschéen s’investit depuis des années pour que « l’art » soit à la portée de tous, je crois aussi à la démocratisation du plaisir bachique…Mais ce plaisir est aussi lié au rêve et, les vins starisés en sont les ambassadeurs…

Et puis c’est aussi pourquoi j’adore les dégustations à l’aveugle… il faut demeurer humble et simple devant  les bouteilles…

 

 

 

 

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20 janvier 2006 5 20 /01 /janvier /2006 12:48

La maison familiale, une ancienne auberge relais de chevaux, bordait la nationale sur laquelle les estivants gagnaient les plages du littoral. A la fraîche, assis sur des chaises, nous comptions les voitures des congepés, que des françaises, et en compagnie du gendre d'Alida la laveuse, un ramenard mécano à Bondy, on ne disait pas encore neuf cube, les commentaires allaient bon train sur les parigots, surtout sur ceux d'adoption : le fils ou la fille de montés à Paris et qui parlaient pointus. A l'époque les grosses voitures, les Versailles, la Frégate ou les DS ne me fascinaient pas, je les trouvaient vulgaires, prétentieuses, très quincaille mon grand amour c'était la deudeuche gris perle, une décapotable dans laquelle on prenait le temps de contempler le paysage.

Mon père en acquit une, à son volant j'ai appris à conduire sur les petits chemins vicinaux. Ma première voiture fut une 2CV, celle du curé, elle était verte, modernisée, mais j'ai toujours un petit pincement au coeur quand je parle d'elle. Alors, vous comprendrez que lorsque sur mon grand vélo je voisine avec les 2CV décapotée de " 4 roues sous 1 parapluie " je suis sous le charme.

Qu'est-ce donc que www.4roues-sous-1parapluie.com ? Une petite entreprise qui vous propose le charme d'une balade originale au coeur de Paris. " Installés dans votre 2CV, vous serez conduit par votre chauffeur (avec casquette en tweed) qui répondra à toutes vos attentes : pauses photos, idées de restaurant, de spectacles etc..."

Les touristes étrangers adorent. Et si certains d'entre-vous envisageaient un petit partenariat avec eux : une ptite bouteille dans du papier journal avec un pti mot sympa jsui à peu près sûr que ça ferait un joli pti sujet sur une chaîne de télé américaine ou japonaise, et comme les nôtres sont suiveuses on parlerait du vin dans la lucarne sans l'autorisation des puritains...   

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19 janvier 2006 4 19 /01 /janvier /2006 10:02

Le vin c'est 2,7% des aides de la nouvelle PAC, l'un des plus petit budget, moins que le sucre 2,9% et l'huile d'olive 5,2% ; les poids lourds étant bien sûr les grandes cultures 37,8% et la viande bovine 18,2%...

Et pourtant, les têtes pensantes de Berlaymont veulent fourer dans le même sac, à dessein je n'écris pas le même tonneau, les aides de l'OCM vin. On découple, on horizontalise, on ne veut voir qu'une seule tête, on rêve d'un grand dossier unique avec plein de cases à remplir, d'un ordinateur big brother, des brigades de contrôleurs chassant la fraude, de contrôleurs des contrôleurs auditant les procédures, de beaux tableaux de statistiques et la viticulture rejoint le peloton des commodités qui sillonnent le monde sur des vraquiers battant pavillon de complaisance ou des porte-containers aussi longs que des portes-avions...

Pendant 5 ans j'ai géré les aides de la première OCM réformée après les accords de Blair House, celle des oléagineux, alors je sais de quoi je cause. Le découplage est une méthode comme une autre pour faire fondre le système des aides aux produits, pour déconnecter le soutien des prix, mais pour le vin qui est un produit fini, même si le commerce des mouts existe, je ne vois pas de raison valable, sauf de l'envoyer au casse-pipe à l'OMC, de le faire entrer dans le grand tiroir de l'aide unique à l'exploitation.

Voilà un beau sujet de débat pour la filière, le groupe de travail du Copa-Cogeca a pris une position claire, fondée, alors on bosse dessus chers lecteurs ? A vos cahiers ou à vos souris, bon courage... 

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18 janvier 2006 3 18 /01 /janvier /2006 09:11

Ne me dites pas : et pour moi ce sera un Calva... Même si c'est pour me faire plaisir, je n'aime pas ça car ça sonne la condescendence avec une petite pointe de mépris : du genre ça sent la bouse des vaches normandes et la rincette du pépé dans la tasse de café. Bien sûr je n'ai rien contre la rincette et le trou normand mais entre nous ce n'est pas avec de telles images qu'on se fait une petite place dans l'univers impitoyable des spiritueux. Alors dites moi : et si prenions un Calvados !

Le Calvados j'en préside l'interprofession depuis 5 ans et si ce matin je consacre ma chronique à cette belle eau-de-vie d'appellation c'est que j'ai le sentiment du devoir accompli. La maison est en ordre et, grand bonheur, après de longs palabres, mes chers professionnels se sont mis d'accord pour que l'un d'entre eux se présente à ma succession. C'était mon souhait. Il a fallu du temps, mais comme aimait le dire un président de la République : il faut laisser le temps au temps...

Si je tiens tant à ce que l'on nomme par son nom le Calvados c'est parce que depuis qu'il a quitté le zinc des comptoirs il se cherche un second souffle et, même si ce n'est pas facile tous les jours, le produit a un bel avenir, surtout à l'exportation qui représente déjà la moitié des ventes. Alors permettez-moi amis du vin de vous conseillez de ne pas opposer alcool fort et vin, car ce sont les usages que l'on fait du produit qui peuvent conduire à l'addiction. 

Pour terminer je souhaite dire aux élus, plus particulièrement à ceux des régions, que s'ils souhaitent voir fleurir de beaux pommiers haute tige - c'est aussi vrai pour la vigne - il faut mobiliser tous les moyens disponibles pour ouvrir, conforter, développer nos marchés à l'export en s'appuyant sur des entreprises locomotives. Nos artisans, bien ancré dans leur terroir, proches de leurs clients, porteurs de notoriété occupent prioritairement le marché de proximité. Une vision trop agricole, de rente foncière, conduit au repli sur soi et très vite au déclin. La synergie entre producteurs fermiers, artisanaux et entreprises en capacité d'aller conquérir des marchés lointains est la carte de maîtresse que nous devons jouer ensemble... 

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17 janvier 2006 2 17 /01 /janvier /2006 09:52

Dans les discours déversés par les grands explicateurs - ceux qui n'ont rien vu venir ou rien voulu voir venir - vers une base de plus en plus désemparée et sceptique, il est encore très populaire et fédérateur de s'en prendre aux barbares du Nouveau Monde qui eux n'ont aucune règle, aucune contrainte, et qui font ce qu'ils veulent, sous entendu n'importe quoi...

Que ces pays affichent un goût prononcé pour la libre concurrence, ce n'est pas nouveau : au temps de l'Uruguay Round je les ai fréquenté, ils formaient le groupre de Cairns, et je peux vous chanter paroles et musique. Cependant faire croire aux viticulteurs qu'ils ne se dotent d'aucune règle et que tout irait mieux si nous passions par pertes et profits l'ensemble de notre système ou si dans un repli frileux nous refusions toute évolution, nous prépare des lendemains encore plus difficiles.

A la première page de mon rapport de 2001 je soulignais que nous avions manqué de rigueur et qu'une part de nos vins ne correspondaient plus à l'attente du nouveau marché qu'ouvrait nos concurrents. Ceux-ci, même si ça défrise notre orgueil national, ont su sur la base de règles précises adapter leur ressource raisin aux vins qu'ils voulaient vendre à des consommateurs aculturés : buveurs de bière aux RU par exemple.

" Eux ils font ce qu'ils disent... " soulignait l'un des membres de " Sans Interdit " lors de notre réunion du 12, et nous que faisons-nous ? Nous discourons !  

 

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16 janvier 2006 1 16 /01 /janvier /2006 10:26

" Pendant cent ans, et jusqu'aux années 1950, les paysans vendéens sont ainsi partis s'installer dans les plaines du Sud-Ouest (...) La migration des Vendéens s'effectue par familles entières, via des agents, "marchands de biens", le plus souvent par cousinage ou par voisinage(...) Le mouvement concerne au moins 60 000 personnes jusqu'aux années 50-60, mais il est condamné sévèrement par les élites vendéennes, qui le voient comme une véritable désertion(...)

 

Mais comme toutes les migrations, les malentendus et les frustations sont légion. Contrairement aux motivations et fantasmes qui portent l'exode habituel vers les villes, ces paysans-là ne veulent pas changer de métier, ni se débarasser de leurs valeurs familiales, religieuses et politiques : ils veulent améliorer leurs conditions de vie(...) Arrivés dans des sociétés marquées par l'échec (vide démographique, grandes incendies des Landes entre 1937 et 1950, inadaptation au nouvel état d'esprit urbain) ils sont les étrangers qui prennent la place des enfants partis et, de surcroît, ils apportent de nouvelles façons de travailler la terre, des convictions religieuses et des moeurs familiales différentes(...)

 

Tout est chargé de connotations menaçantes : ayant en général de nombreux enfants, les Vendéens remplissent dans certains cantons des classes entières, à côté des enfants uniques des populations autochtones. Ils acceptent d'entrer dans des fermes en mauvais état, dans lesquelles ils introduisent des pratiques importantes comme l'enfouissement des engrais verts, la culture des choux fourragers(...) En outre ils s'associent des coopératives de vente et d'achats qui créent de nouveaux réseaux(...)

 

Les Vendéens suscitent au moins l'ironie et jusqu'au dégoût. De la même façon, la réunion, tous les dimanches, des fermiers autour de l'église du bourg, d'abord, au café ensuite, choque, car la population locale qui boit du vin tous les jours, ne comprend pas que ces buveurs d'eau toute la semaine se mettent à l'alcool et au vin à cette occasion(...) "

 

Extraits d'un article " les Vendéens de la Garonne " de JC Martin professeur à la Sorbonne publié dans Histoire&Patrimoine dans un dossier Les derniers Paysans ? Une identité contestée. Une formidable puissance menacée.

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13 janvier 2006 5 13 /01 /janvier /2006 09:46

Au temps des bancs de l'école primaire je revenais déjeuner à la maison avec un camarade de classe, René Raymondeau, qui lui habitait une métairie : la Célinière, à plusieurs kilomètres du bourg. Mon frère et ma soeur sont nés à la Célinière, ferme dont mon grand-père avait été le métayer du vicomte de la Lézardière. Dans mon bocage confit dans la religion le vendredi était maigre et, les vendredi d'hiver au déjeuner le menu c'était : galettes de blé noir.


Le blé noir, le sarrazin, lorsqu'on le battait on se serait cru plongé dans le pôt au noir : la balle collait aux narines et s'infiltrait sous les vêtements. Les vendredi donc, mémé Marie, aux fourneaux, face à sa galetière entamait son marathon. Elle cuisait ses galettes au beurre de pot, un beurre salé conservé dans des pots de grès, dont la pointe d'aigreur donnait aux galettes un goût incomparable.


Nous en mangions 6 ou 7 nature sauf la dernière que nous enduisions de raisiné. Le raisiné, mémé Marie le faisait à l'époque des vendanges, avec du moût de raisin dans une grande bassine de cuivre. A mon avis c'était la meilleure utilisation du produit des vignes du grand-père complantées en hybrides à numéro ou aux noms exotiques : otello, noa, clinton.


La recette du raisiné est simple, il faut faire réduire de moitié deux litres de moût de raisin. Il importe de laisser sur le feu jusqu'à complète extinction du jus : le raisiné exige une forte patiente cuisson et dieu sait que mémé Marie c'était la patience en personne. Dernier détail pour ceux qui veillent jalousement sur notre santé : cette confiture ne demande aucun apport extérieur de sucre.


Encore un nouveau produit mes amis, à vos fourneaux, tout de suite pour ceux qui ont des vignes dans le Nouveau Monde, et de la patience pour les autres, moi je suis comme ma mémé Marie je suis patient. 

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12 janvier 2006 4 12 /01 /janvier /2006 09:37

Ils sont symboliquement vingt ;

ils sont les membres fondateurs ; ils seront les garants de l'esprit du club : le "sans interdit " s'applique à nos réflexions, explorer tous les espaces disponibles, créatifs, innovateurs, dérangeant mais aussi passerelle entre les hommes, les régions et l'ensemble de nos vins, tous nos vins, sans exclusive, sans esprit de chapelle, pour rebondir, agir, redonner de l'élan à notre secteur d'activité ;

ils sont là à titre personnel, d'autres les rejoindront avec le même état d'esprit, la même envie, la même ouverture d'esprit ;

ils s'exposent, ils s'impliquent, hors du champ syndical, par-delà  leurs différences, avec le respect et l'écoute des opinions des autres, ici et dans le monde.

Rassemblés pour agir nous ferons en sorte d'être entendu, compris, l'enjeu est de taille car notre viticulture affronte, mal préparée, une lourde et douloureuse mutation.

Nous nous adresserons prioritairement à nos consommateurs, ceux d'aujourd'hui, ceux de demain, ici et partout où l'amour du vin se développe.

Nos problèmes internes n'intéressent que nous, à nous de les poser, de les analyser et de les résoudre.

Sans interdit, à sa place, fera aussi entendre sa petite musique.

 

Enfin, dans l'esprit club prévaudra l'amitié, la convivialité, une certaine forme d'élégance et de rectitude morale.

 

Je vous les présente : Miren de Lorgeril tout d'abord, domaine de Pennautier dans l'Aude ; et puis par ordre alphabétique : Jean-Marie Chadronnier CVBG Bordeaux, Jacques Damitio viticulteur à Sauvian dans l'Hérault, André Dubosc des producteurs de Plaimont dans le Gers, Laurent Dulau Vinidea un jeune entrepreneur innovateur du Sud-Ouest, Joseph Helfrich Les Grands Chais de France représenté par Bruno Kessler, Denis Merlaut groupe Taillan représenté par Pierre Mauger, Pierre Mirc Sieur d'Arques à Limoux, Olivier Nasles Aix-oenologie, Christophe Navarre Moët-Hennessy représenté par Yves.Benard, Michel-Laurent Pinat délégué général de l'AFED, Jean-Louis Piton viticulteur dans le Luberon, Jean-Guillaume Prats domaines Reybier à Bordeaux, Pierre Pringuet Pernod-Ricard représenté par Armand Hennon, Jérôme Quiot Vignobles Jérôme Quiot à Châteauneuf  du Pape, Eric Rosaz directeur des Vignerons Indépendants, Denis Roume des Vignerons Ardéchois, Jean-Paul Saubesty de Baron Philippe France Distribution, Jean-Louis Vallet Johannes Boubée groupe Carrefour et votre serviteur;

Des vignerons, des coopérateurs, des négociants, des domaines, des distributeurs et quelques technocrates dont moi bien sûr...

 

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