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23 avril 2009 4 23 /04 /avril /2009 00:09

Lorsque je suis arrivé, au 232 rue de Rivoli, en 1978, à l’Office des Vins de Table, qui venait de prendre la succession de l’Institut des Vins de Consommation Courante, sous le gouvernement Chirac, suite aux évènements tragiques de Montredon, assez étrangement, la division qui s’occupait des AOC au FORMA (Fonds d’Intervention et de Régularisation des Marchés Agricoles) y fut transférée. Le directeur de l’INAO de l’époque, Pierre Marquet, un IGGREF plan-plan, et son président bordelais Pierre Perromat, y virent le début d’une OPA sur le vieil Institut. En effet, le nouveau directeur de l’Office, Pierre Murret-Labarthe, dit PML, un sémillant et provocateur énarque, né à Cauderan, en provenance du cabinet de Christian Bonnet Ministre de l’Agriculture, ne cachait pas son ambition d’unifier la gestion du secteur vin. Il s’illustrera quelques années plus tard en préconisant dans un rapport retentissant la suppression de la chaptalisation. Bref, tout ça pour vous dire que cette petite cellule était composée en tout et pour tout d’Armand Collomb, directeur-adjoint du nouvel Office, natif d’Eguilles (Coteaux d’Aix) et de Michel Pons né à Gaillac. Le nouveau directeur prenait un malin plaisir à chambrer les deux intéressés, le premier surtout, sur le caractère anecdotique de ces deux vignobles.

 

Tout ça pour vous dire que le Vendéen que j’étais à découvert à cette occasion l’existence du vignoble de Gaillac. Comme je suis depuis toujours un adepte des gîtes ruraux je suis allé à cette époque en vacances à Cahuzac sur-Vère chez un vigneron et ses deux fils célibataires, Monsieur Savy à la Pierre Plantée qui produisait que du vin de table. À cette époque, chez Nicolas le caviste, l’un des vins les plus aimé des Parisiens était un vin de pays des Cotes-du-Tarn. De vin de Gaillac, point. J’ai beaucoup aimé ce pays : Castelnau-de-Montmirail, Cordes, Albi… splendide ! Bien des années plus tard, alors que j’habitais le 13ième arrondissement, nous avons exporté dans ce beau département, dans la circonscription de Carmaux, le député Paul Quilès avec lequel je m’étais frité assez souvent (il n’aimait pas les rocardiens cet homme, d’ailleurs je me suis toujours demandé qui il aimait). Depuis ces temps reculés ma culture du vin a progressé et, lorsque j’étais dans les oléagineux, le président Jean-Claude Sabin (prononcer Sabing), qui était aussi vigneron, me fit découvrir son vin de Gaillac de la cave de Tecou à la Maison du Tarn, où d’ailleurs j’avais recroisé un Paul Quilès tout sourire.

 

Alors lorsque Virginie Maignien de Causse Marines, à Montreuil, me remettait l’invitation « Tremblement à Paris le 6 avril » organisé par « Terres de Gaillac » www.terresdegaillac.fr , au Mauzac, 7 rue Abbé de l’Épée dans le 5ième, j’ai dit d’autant plus vite dit banco que sur les 9 domaines représentés, 3 ou du moins les vignerons et vigneronnes sont adhérents de l’Amicale des Bons Vivants. Ils ne sont pas les seuls à Gaillac, j’ai aussi Gus qui a de bons yeux et des commentaires percutants, et ça me fait chaud au cœur. Donc, le jour-dit, comme il faisait enfin beau, je sortais mon vélo vers les 18 h 30 – ça fait très chef de gare – et, sur pignon moyen, direction l’église Saint Jacques Haut le Pas qu’est à deux pas du Mauzac. Les gars de Gaillac sont sympas il z’ont fait leur p’tite dégustation tout près d’la maison. Quand j’arrive y’a d’l’animation devant les « saintes tables », des petits paquets de humeurs et de cracheurs. Je dois vous avouer que l’exercice de dégustation, en face à face, avec le vigneron ou la vigneronne dans un si petit espace, cerné par des es-spécialistes, ne me place pas dans de bonnes dispositions. Par quel vin commencer ? Quelle couleur ? Puis une fois lancé quelle attitude adopter face à celui ou celle qui a fait le vin ? Silence, commentaire ou questionnement ? Pas facile pour moi qui aime prendre mon temps, qui ne suis qu’un chroniqueur, pas un acheteur potentiel, un gus qui adore bavasser, je me sens très vite encombrant. En plus, étant donné l’abondance je sature vite.

 

Au Mauzac,admiratif, j’ai observé Michel Dovaz déguster. Concentré, imperméable au brouhaha, une sorte de sphinx qui cacherait ses émotions sous des sourcils méphistophéliques, il déguste avec systématisme, prend des notes et ignore les groupes de plastronneurs. En effet, ceux-ci sont la plaie de ce genre de manifestations. Les habitués occupent la place, bloquent les accès aux « saintes tables », lourds, pesants, ils déplacent énormément de vent, se prennent pour des incontournables alors qu’ils ne sont que « cons ».  Dovaz lui officie, tel un grand-prêtre, nul besoin pour lui des regards approbateurs. Pour avoir fréquenté d’autres cercles que celui du vin, les courses de chevaux par exemple, j’ai toujours noté que le taux de décibels de certains était inversement proportionnel à leur notoriété. Vous aurez donc compris que je suis gêné aux entournures, partagé entre diverses attitudes à adopter. Être en représentation ça me connaît, j’ai par le passé beaucoup donné à ce genre de théâtre mais maintenant je n’ai plus aucun goût pour les oripeaux d’éminence grise. Comprenez-moi bien, le nombre d’étiquettes que l’on m’a collé dans le dos, qui me font ressembler à une malle de globe-trotter, m'incite plutôt au franc-parler qu'au politiquement correct.

 

La conversation, dont j'ai été le témoin, entre un dégustateur-mitraillette, arborant au revers de sa veste les attributs de sa fonction, et le sage mais taquin Alain Rotier www.domainerotier.com qui s’étonnait de la rapidité de sa gâchette et de sa froide et silencieuse détermination, m’a renforcé dans mon souci de ne pas endosser le costume, trop grand pour moi, de dégustateur. Cet homme, volubile par ailleurs, défends, avec une certaine pertinence, la position du dégustateur Robocop : « je fais le blot, tel une tondeuse à gazon, sans affect ni empathie, parce que je suis payé pour ça. ». Sans vouloir faire de la philosophie de comptoir je ne vois pas l’intérêt de se rendre à ce genre de manifestation, par ailleurs ludique, pour rejouer « massacre à la tronçonneuse ». Mieux vaut pour ça convoquer les bouteilles at home et officier dans le silence glacé d’une salle blanche. Comme vous le savez, du moins ceux qui me lisent depuis l’origine, je suis un homme qui aime, d’abord les femmes certes, mais surtout la pâte humaine avant celle de comprendre les vins. C'est ainsi, avant d’écrire, de chroniquer sur ses vins, j’ai l’absolu besoin de converser, de découvrir, d’apprécier l’homme qui les fait. Je suis un lent. Je prends le temps et, au Mauzac, en cette belle soirée, j’ai un peu dégusté mais j’ai surtout discuté, surtout lorsque la fête a commencé.

 

Car ce fut une belle fête que celle des vignerons de « Terres de Gaillac » et de leurs complices les chefs d’AGITarn. J’en suis resté baba. Que du bon : des saveurs exaltées, du goût en bouchées raffinées, la quintessence d’une cuisine de terroir revisitée… Foin des éternels canapés ou des verrines chichiteuses, les plateaux pris d’assaut recelaient des pépites, des trésors de la terre et de la mer. Même que mon dégustateur Robocop s’en pourléchait les babines. « Agitateurs de goût, d’innovations et de tendances » ont-ils écrit sur leur petite plaquette, tout pour me plaire surtout que la réalité est à la hauteur de la promesse. Ça donne envie de boire ! Je retrouve mes marques : toutes ces petites merveilles appellent le vin compagnon des saveurs. Quitter enfin la position du dégustateur, laisser de côté le seau de vidange, n’être point assez sot au point de ne point faire le saut de la communion sous les deux espèces. Tout mécréant que je suis je ne blasphème pas : je profite de la vie pour visiter des contrées que d’autres n’atteindront jamais. C’est un privilège que je n’abandonnerai jamais. Il est intérieur, ne lèse ni ne blesse personne, c’est mon choix, ma part de risque assumé, la vraie vie quoi…    

 

Bravo les pèlerins de « Terres de Gaillac », tout en faisant découvrir vos vins, vous œuvrez pour la bonne cause avec talent. Bien des détenteurs de CVO devraient venir prendre des leçons de savoir-faire auprès de vous. Votre réception au Mauzac, car ce fut au sens premier du terme une réception, simple et pleine d’attentions, aurait mérité les faveurs d’un cercle plus large que celui d’aficionados. Les défricheurs de notoriété que vous êtes méritent que l’on amplifie leurs efforts. Je le fais ce matin sur mon petit espace de liberté : avis aux amateurs pour la session future. Venez en nombre vous ne serez pas déçu du voyage. Et les vins que vous avez dégusté dégustateur futile en causerez-vous ? Bien sûr que oui mais pas aujourd’hui où je me contenterai de quelques clichés pris au cœur de la nuit du Mauzac. Vous vous doutez bien que j’ai salué Michel Issaly, c’est un habitué de Vin&Cie, voir notre entretien du 7 avril 2008 http://www.berthomeau.com/article-18419419.html et c’est surtout, dans le monde des dirigeants professionnels, un homme de passion et de fidélité à ses convictions qui ne m’a jamais « manqué ». J’ai aussi profité de l’occasion pour pénétrer dans le monde merveilleux de Patrice Lescaret et de ses 7/sous riz et pour mieux connaître Alain Rotier. J’aurais pu aussi parfaire ma culture sur tous les cépages Gaillacois : l’Ondec blanc, le Mauzac vert, le Mauzac roux, le Loin de l’œil, le Mauzac gris et rose, le Braucol ou Fer Servadou, le Duras, le Côt à queue rouge, le Mauzac noir, le Verdanel, auprès de Bernard Plageoles mais celui-ci avait manifestement mieux à faire que d’éclairer la faible lanterne d’un ignorant.

 
Comme dirait l’autre : à la revoyure ! Après une si belle fête, outre cette chronique amuse-bouche, je reviendrai en terres tarnaises, sur le terrain comme aiment à le dire nos élus nationaux lorsqu’on leur reproche leur absentéisme (ayant passé 3 années de ma vie à l’Assemblée Nationale je dois vous confesser qu’un député qui fait bien son boulot de législateur, ce pour quoi les électeurs l’ont élu, plutôt que de gouter avec les clubs du 3ième âge de sa circonscription, me paraît plus estimable) pour prendre le temps de trouver le bon angle pour écrire des chroniques gaillacoises à la hauteur de la jeune notoriété de ses vins.

Les 4 chefs d’AGITarn qui nous ont régalé  : Gilles Salvan www.lafalaiserestaurant.com , Patrice Gelbart www.axbergesducerou , Simon Scott www.les-saveurs-tarn.com , Marcel Meyer lalouviere81@orange.fr  

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22 avril 2009 3 22 /04 /avril /2009 00:06

Comme vous le montre la photo il a enlevé le haut, et même le bas, mais il a gardé son chapeau. Je devrais écrire son calot, un banal calot en papier vert délavé estampillé DAURÉ  APÉRITIF NATUREL. Presqu’une relique, pensez-vous donc elle ne porte aucun message de modération, ni même de logo femme enceinte et elle pouvait même se retrouver plantée sur la tête d’un mouflet ou d'une mouflette qui accompagnait son père pour voir les coureurs – les forçats de la route disait-on – dans l’ascension du Tourmalet. Pire encore, Bahamontès portait les couleurs de Margnat : wine of Marseille, Anquetil celles de Saint Raphaël, et Charly Gaul celles de Carpano un apéro italo. Autres temps, autres mœurs, j’en conviens mais, tout de même, faut pas pousser le bouchon trop loin, c’est-à-dire nous interdire de nous exposer aux yeux du bon peuple.

 

Le garçon sur les photos, pour être politiquement correct, a revêtu le bleu de chauffe du travailleur, passé autour du cou un foulard à pois à la Jean Gabin de la « Bête Humaine » mis à sa boutonnière la coccinelle d’honneur mais il a gardé son chapeau...

À tous ceux qui me demandent, ça sert à quoi ton Amicale, je réponds par une proposition indécente : par exemple à organiser une marche silencieuse dans les rues de Paris, ou d'ailleurs, un samedi après-midi, tous coiffés d’un banal calot de papier…

Rappel amical  du Secrétaire perpétuel de l'ABV aux membres qui ont reçu le N°2 du Petit Journal de l'Amicale et mon appel à adresses : une des règles d'or du bien vivre, de la courtoisie, consiste à répondre au courrier. Merci à tous ceux qui ont pris cette peine  grâce à eux notre réseau s'étend...
Et qu’est-ce qu’il y aurait d'écrit sur ce calot ?
 


À vous de jouer
Amis de l’Amicale, ainsi que tous ceux qui n’ont pas encore pris le temps de nous rejoindre, proposez un truc marrant, percutant, pour l’inscrire sur nos calots… comme par exemple :

" dans la flotte il y a un truc que tu ne retrouves pas dans le St Emilion..."
Pierre Desproges


mais c'est un peu long. Faut que ça pète ! Le concours de vent est ouvert, même à Perico Legasse...

Chiche ou pas chiche, à vous de voir mes amis lecteurs, le parti d'en rire, d'en boire, mais toujours celui du bien vivre…

Pour passer à l'acte l'adhésion à la seule Amicale du Bien Vivre, celle des Bons Vivants, s'impose. Nous sommes prêt à vous accueillir...


Pour adhérer à l'Amicale des Bons Vivants consultez le N°48 à la rubrique PAGES (en haut et à droite du blog)

RENSEIGNEMENTS
auprès de Jacques Berthomeau
www.berthomeau.com et jberthomeau@hotmail.com

Secrétaire Perpétuel de l’ABV 06 80 17 78 25

BULLETIN D'ADHESIONà L'ABV

J’adhère à l’Amicale des Bons Vivants :

-        Nom, prénom :

-        Adresse e-mail :

-        Raison sociale, adresse et téléphone 

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21 avril 2009 2 21 /04 /avril /2009 00:07

En 2004, Marc Lathuillière rentre en France après un séjour de 14 mois en Corée du Sud. Il éprouve un choc : « je me suis rendu compte à quel point notre pays était enraciné dans son patrimoine et sa culture » Il décide de photographier les « icônes »  françaises en leur cachant le visage derrière le même masque pour renforcer  « l'image caricaturale et distanciée de la France traditionnelle » dit-il. Projet artistique interressant, dérangeant, de parti pris, donc contestable «  je voulais insister, souligne Marc Lathuillière, sur notre histoire actuelle, celle d'un pays à la fois fort beau, divers et riche culturellement, mais inquiétant dans son conservatisme face au monde qui l'entoure. "


CARTE POSTALE N° 1 : «
Le pain est, avec le vin, le cliché alimentaire le plus persistant. Chez les Ceroni, boulangerie rurale, ce n'est pas la baguette trop parisienne, qui est mise en avant, mais un pain de campagne surdimensionné et qui se vend en tronçon. »

 

LE PAIN DE CAMPAGNE
Véronique Ceroni / boulangerie Ceroni / Cunhalt (Puy-de-Dôme)

CARTE POSTALE N°2 : « C'est avec timidité, et après beaucoup d'hésitations que j'ai abordé un dimanche matin Colette Sibilia, l'une des "mères" lyonnaises les plus connues. Sa réponse : un grand sourire, un rendez-vous pour le mardi et une mise en scène très baroque charcutier" dont je n'aurais pas osé rêver.»

LA CHARCUTERIE LYONNAISE
Colette sibilia/ charcutière : Halles Bocuse / Lyon

CARTE POSTALE N°3 « Dernière foire aux bestiaux de la saison à Brion, dans les estives infinies du Cézalier. Le foirail est vide - aucune bête à vendre - mais des rencontres se font autour d'un marchand de vin. ce partage du "canon de rouge exprime une convivialité campagnarde à la quelle les français aiment à se référer»

LE " CANON "
Gabriel Besse Ouvrier retraité / Foire de Brion / Compains 5 Puy-de-Dôme)

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20 avril 2009 1 20 /04 /avril /2009 00:09

Dans un passé récent dans le monde des bulles – celles du Pape n’entrant pas dans le champ de mes investigations pour plaire à notre reine Margot –  hors le Champagne point de salut ni de statut, les bulles roturières qui, pendant un temps osèrent afficher méthode champenoise avant d’être excommuniée, végétaient dans la basse roture des mousseux, des roteux du type Gabin prolétaire, mauvais garçon, ou grand bourgeois. Pendant des décennies les comtes de Champagne régnèrent sans partage. De nos jours, même si la crise immobilière les touche, ils continuent d’occuper les étages élevés mais, dans les antichambres, de jeunes ambitieux plutôt bien bâtis, vifs et généreux, parfois insolents, ferraillent, montrent de belles qualités, se parent, tels les nobles d’Empire, des signes extérieurs de l’aristocratie comme les Crémants ou se moquent de leur basse extraction tels le Cerdon ou pire des cidres venus de nos cousins de la Belle Province du Québec. Sans tomber dans la facilité je puis écrire que l’effervescence règne dans le monde des bulles, les Sparkling, ça fait plus tendance, avec leurs rapières, titillent les basques des nobles champenois du dernier cercle, ceux de la frontière. La hiérarchie tient toujours le choc mais est-ce que dans un combat à la loyale, disons sans les attributs extérieurs de leur rang officiel, beaucoup d’entre eux resteraient sur le carreau terrassés par d’arrogants jouvenceaux ou des hobereaux ancestraux ? La réponse ne fait aucun doute mais, comme la France et ses Français, même s’ils s’en défendent, continuent de qualifier de régaliennes les fonctions essentielles de son Etat et de n’aimer rien tant qu’un Président Monarque, bousculer l’ordre établi n’est pas une mince affaire.

 

Convoquer en terrain neutre l’ensemble des challengers aurait relevé d’une forme moderne du Concours Général Agricole. Je n’en ai pas les moyens. Alors, comme je suis d’un tempérament à révérer le hasard, pour cette dégustation avec mes jeunes et fines lames, les bulles roturières qui se retrouvèrent sur la paillasse provenaient de mes errances de chroniqueur cycliste parisien et d’apports de dernières minutes en provenance des 3 garçons de la bande : Erwan, Yannick et Matthieu. Donc aucune logique, aucun tri, une forme d’aléa dont il pouvait sortir le meilleur comme le pire. Comme à l’accoutumée Flore nous accueillait avec son attention souriante et, bien sûr, Margot arrivait la dernière en un imper vert, pomme. Notre Michel-Laurent, le grand sage de la bande, nous priva de ses forts utiles lumières, nous l’espérons pour le prochain round et le saluons.

En clair, face à nous, 9 flacons sortis des glaces, soumis à la sagacité de mes 5 bretteurs. L’ordre de passage, loin de celui que j’avais imaginé, fut l’œuvre des garçons et plus particulièrement de Yannick et je dois reconnaître que, grâce à eux, mon exercice désordonné a pu se transformer en un combat loyal. J’emploie à dessein le mot combat car, dans un premier temps, comme dans les guerres du type Barry Lindon avec tambours, fifres et étendards, les premiers assauts sont confus, incertains, humains et les états-majors juchés sur les collines surplombant le champ de bataille ont bien du mal, en dépit de leurs lorgnettes, à déterminer vers qui va pencher le sort des armes et donner la victoire à l’un ou l’autre camp.

 

Tout ça pour vous dire que, le chroniqueur fainéant que je suis, se dispensera de vous décrire par le menu le sort des 9 : 2 Crémants, 2 méthodes ancestrales, 1 mousseux, 1 méthode traditionnelle, 2 cidres et 1 Champagne. D’abord, les deux premiers fauchés par la mitraille  : un cidre traditionnel, très croute de Camembert, et un Cerdon, très Monaco bière-grenadine, en provenance de chez Lavinia qui semblaient avoir passé l’arme à gauche avant même de combattre. Pour l’honneur du Cerdon en général je demande au jury que nous puissions lui consacrer une séance de rattrapage. Vinrent ensuite dans le désordre 2 protagonistes au destin plus contrasté car si au nez ils ont fait l’unanimité : fleurs d’amandier pour le premier et cannelle et abricots secs pour le second, en bouche ils ont clivé le groupe : d’un côté les garçons plutôt enclin à leurs reconnaître de belles qualités pour MA Sphères méthode traditionnelle blanc de blancs 100% Maccabeu et pour le Crémant du Jura Indigène de Stéphane Tissot, de l’autre Flore et Margot rebutées par leur côté mec costaud. S’est ensuivi une discussion fort intéressante sur le sujet de la masculinité où je me suis un peu pris les pieds dans le tapis avec une histoire oiseuse de Boyard sabrant le Champagne. Puis, avouons-le, une réelle déception pour un Préambulles acheté à Montreuil, plus discipliné que d’ordinaire, mais qui ne semblait pas au mieux de sa forme (je confirme, je l’ai aussi goûté et pas reconnu) sans doute est-ce le lot des produits artisanaux très artisanaux mais comme pour le Cerdon j’ai décrété que nous y reviendrions.

 

Le panorama s’étant éclairci, le temps est venu de l’Ovni de notre dégustation, un cidre léger rosé mousseux, du Québécois Michel Jodoin produit selon la méthode champenoise à partir de pomme à chair rouge Geneva, vieilli sur ses lies pendant 15 mois » 7% alc. /vol, acheté à la Cave des Martyrs, au 39 de la rue, 17 euros 50. (Voir chronique http://www.berthomeau.com/article-29176955.html) Avis unanime sur le packaging bien réussi.  Nez de pomme cuite acidulée, de merise, élégant, complexe. Robe, très belle, cuivrée, pelure d’oignon, brillante. En bouche : coulant, sapide, il désoiffe, presque minéral. Pendant que je confie à l’assemblée comment je fais ma compote de pommes, tous s’accordent à dire qu’à l’aveugle il n’est pas sûr qu’il serait identifié comme un cidre. À servir avec une langouste ou un homard : le débat s’engage entre Erwan, Margot et moi-même. Ce soir nous sommes dissipés heureusement que Yannick et Matthieu tiennent un peu la maison, en parlant du sucre résiduel, des levures indigènes…. Flore à l’oreille me fait une confidence sur le Chardonnay que je ne vous apporterai pas. N’allez surtout pas croire que je vais tout vous dire. Margot  ponctue l’opus après une tirade sur le Stilton cheese, par « c’est une superbe découverte ! » Un peu chérot l’effervescent du Québec mais come il vient de loin et qu’on les aime bien nos cousins de la Belle Province nous passons non sans avoir un peu discuté de la hiérarchie des prix qui bride les meilleurs.

Excellente transition pour présenter les 2 produits qui ont recueilli une belle et enthousiaste unanimité et qui situent bien le caractère iconoclaste de notre dégustation. Le premier que j’ai trouvé à la coopérative, Sieur d’Arques de Limoux, le « vin du propriétaire » http://www.berthomeau.com/article-24464063.html  C’est une Blanquette « méthode ancestrale », 6,5% naturels fruité qui a bluffé mes dégustateurs. Un nez de crème brulée, toasté, des aromes de miel ; une bouche explosive où les arômes compotés se confirment, où le sucré n’a rien de sirupeux grâce à une belle mâche qui laisse un sentiment de fraîcheur. C’est une réelle découverte. Margot, toujours radicale, en veut 2 caisses. J’espère que du côté de Limoux bonne note sera prise et que ce produit ancestral, très nouveau, très fun, peuplera un de ces jours les nuits parisiennes avec un petit lifting de l’étiquette tout en conservant sa fermeture système limonade. Le second est le Champagne Les Rachais 2002 de Raymond Boulard http://www.berthomeau.com/article-18520151.html qui lui aussi a vraiment séduit ma jeune assemblée avec son nez de tarte au citron meringuée, le côté beurré du Chardonnay. Ils l’ont trouvé en bouche sauvage en diable, opulent, de la profondeur, de la longueur en bouche, étonnant, droit. Un vrai coup de cœur ! Je bois du petit lait, si je puis m’exprimer ainsi car il commençait à faire faim, car ces 2 là sont pour moi deux beaux exemples, aux deux extrémités de l’échelle, de ce qu’il faut mettre en avant pour renouveler l’univers un peu compassé des bulles nobles ou roturières.

Reste à finir par le produit qui a ouvert le bal du mercredi soir : le Crémant du Jura la Cuvée Reine Jeanne 12°5  100% Chardonnay apporté par Yannick, un pur Desprogien, précis et discret. Nous étions tous très frais, moi surtout. Nez de frangipane Erwan dégaine toujours très vite, brioche chaude, coing pour Margot qui adore les coings de son jardin de Ludes. Les aromes évoluent, en bouche on retrouve le nez. Excellente fraîcheur, sympa, léger, dosé à 5,5. Un excellent rapport qualité/prix, 6,9 euros dans les Monoprix.


Nous terminons notre soirée par la dégustation de 2 cidres de glace : celui d’Erwan Pinnacle 2002 aux aromes de champignons des bois, poêlée de girolles fraîches, de nonettes de voilée (sic)  et celui de Jodoin apporté par mes soins. Sympa, cher et un peu lassant en bouche. Avant que nous pliions bagage je pointe mes notes auprès de me 5 acolytes pour ne pas trahir leur pensée. Photo de groupe avec bouteilles, remerciement à Flore pour sa bienveillante et aimable attention. Nous envisageons la suite de nos dégustations et nous allons prendre l’air frais du boulevard Haussmann. Bonne nuit les petits… papy Jacques vous adore…

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19 avril 2009 7 19 /04 /avril /2009 00:02

Raymond rayonnait. Ginette Douard, veuve bien en chair, vingt-cinq ans chez Hermès, avait rendu les armes sans aucune résistance, même avec un brin d’empressement puisqu’elle lui avait fixé rendez-vous, pour le soir même, au bar du Ritz. « Et ta sœur… » lui répliquais-je. Il s’en tamponnait le coquillard le pépère, cette remise en selle, aussi imprévue que rapide, l’emplissait d’une verte sève : « T’en fais mon beau, je m'en charge. Avec l’Yvette je sais y faire. J'opère et je te la confie. T’as tous les atouts en mains laisse-là venir, elle te tombera dans les bras comme un fruit mûr. » Je haussais les épaules car j’avais mieux à faire que de le contredire. Avant d’aller rendre une petite visite à mon ami Gustave en ses appartements princiers je proposai à Raymond d’aller casser une petite graine chez Laurent pour fêter sa nouvelle conquête. Le vieux coq se recoiffait avec un petit peigne en corne. Il avait rajeuni de dix ans mon Raymond. « Tant que l’on continue de faire l’amour, c’est comme si on trompait l’organisme et que par conséquent on n’a pas le droit de vieillir. » J’ai lu ça récemment et ça colle bien à la soudaine renaissance de mon vieux compagnon. De nouveau chez Laurent le voiturier fut aux petits oignons pour nous.

Laurent c’est du classique de chez classique, sans grande inventivité, mais de la cuisine à l’ancienne et une cave au meilleur de sa forme. Je laissai à Raymond le choix du solide : Vol au vent financier, rognons flambés, Paris-Brest, afin de le détourner de ses amours bourguignonnes du côté du liquide : Château Carbonnieux blanc 1961 et un Château Latour 1948. Face au sommelier, qui se la pétait un peu, il se contenta d’afficher un mépris ostensible mais muet. Pour le dérider je le branchai sur sa nouvelle fiancée en le complimentant sur sa capacité à séduire des femmes de cette classe. « Te fous pas de ma gueule, va falloir que je sois à la hauteur car ça fait un bail que je n’ai pas exercé… » grommelait-t-il tout en regardant le maître d’hôtel démuseler un Krug. Je poussai mon avantage « C’est pour fêter ton grand retour dans le cœur des femmes mon Raymond ! » Il rendait les armes « Petite fripouille tu sais y faire pour me faire goûter ton vin de châtelain mais, crois-moi, y va falloir qu’ils soient à la hauteur pour que j’en dise du bien… » Je me contentais de sourire en levant ma coupe : « à tes amours bourreau des cœurs ! Cette Ginette je sens qu’elle va te manger dans la main. Elle est folle de toi… » Raymond fermait les yeux pour s’imprégner du cristal du Champagne. Sans les rouvrir il me lançait sur un ton de reproche « Pourquoi t’as demandé à cette putain de culotte de peau de d’Espéruche de venir cueillir avec nous cette enflure de Gustave ? » Je ricanai « Parce qu’il va le prendre par les couilles et lui foutre la trouille de sa vie. Le sale boulot c’est pour les salauds de son espèce. »

Le Carbonnieux bluffa le Raymond. Il ne pipa mot, ce qui valait de sa part approbation, et il fit un sort à la bouteille avec la complicité du sommelier qui avait enfin choisi de se faire discret. Quand vint le temps du Latour 48, l’année de ma naissance, un ange passa et un silence religieux s’installait, conventuel, proche de la grâce divine. Raymond d’un signe discret hélait le chef de rang. « Des rognons avec ce nectar des dieux, j’ai bien dit des dieux, pas divin, je suis agnostique, ça relève de la faute inexcusable. Si ça ne vous dérange pas trop vous ramenez vos petites assiettes en cuisine et vous demandez poliment au chef de mettre le frichti dans du papier sulfurisé pour que je l’emporte à la maison pour mon dîner. D’accord ! La chose faites vous lui dites de lancer une poularde de Bresse aux morilles pour mon jeune ami et ma pomme. Ce putain de Pauillac, bon d’accord ne me regardez pas comme ça vous deux, ce château Latour ne supporterait pas les abats. Puisqu’on m’oblige à lécher le cul des grands j’exige que du Grand ! » De mémoire de personnel de Laurent, jamais au grand jamais, une telle demande n’avait été formulée. Elle fut exécutée avec une diligence souriante sans aucun signe extérieur de mépris. Raymond, dans l’entre-temps, me révéla une science des Grands Crus Classés de Bordeaux qui me laissait pantois. Je n’eus nul besoin de l’interroger sur l’origine de sa science. « Alexandrine avait une cave sublime… » lâchait-il en affichant l’air extatique du mâle comblé par les délices de la chair.

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18 avril 2009 6 18 /04 /avril /2009 00:03

 

      -         Vous êtes le vrai Parisien, vous ?

-         Tout à fait. Mère turque et père polonais. Enfance dans la Drôme puis la Mayenne. À huit ans je débarque au coin de la rue de Sèvres, au-dessus de la station Croix-Rouge qui est toujours fermée. Le métro fait trembler l’immeuble.

 

 

 

C’est signé Raphaël Sorin dans Parisiennes aux éditions Le Temps Qu’il Fait en 1992. Normal qu’on qualifiât Sorin de « vrai parisien » alors que, comme beaucoup d’entre nous, il ne l’est que d’adoption, car c’est une figure de l’intelligentsia parisienne rive gauche, celle de l’édition. On peut le croiser au bar « Le Sélect » boulevard Montparnasse lui le découvreur de Michel Houellebecq.

 

 

Dans le langage « provincialement correct » se voir qualifier « de vrai Parisien » équivaut à une forme moderne de l’infamie, une marque au fer rouge indélébile. J’exagère, à peine. Certains me diront : vous l’avez bien cherché «  les Parisiens » avec vos BHL, Sollers, Glucksmann, Beigbeder and co, tous ces intellos piliers du Flore ou de la Closerie des Lilas, tous ces ex-soixante-huitards boboïsés, ces fils de pub et de la télé… J’en passe et des meilleurs… Les PPDA, Ségala, Ferrari, Arthur, Ardisson … Nous voilà tous enfournés dans le même sac avec eux, comme les paysans dans le sac de patates de Marx&Engels. Un peut court ne croyez-vous pas ?

 

 

Que Paris, ville capitale, symbole d’une concentration de tous les pouvoirs : politique, économique, intellectuel, artistique… apparaisse comme la vitrine de nos plus beaux défauts nationaux n’a rien d’étonnant. Cependant, dites-vous bien que Paris intra muros c’est tout petit, c’est peu peuplé, c’est presque devenu un vaste musée pour touristes, c’est une ville de vitrines de luxe, c’est une ville presque vidée de ses couches populaires, c’est la ville qui s’est fait damer le pion par Londres pour l’organisation des JO, c’est une ville que les entreprises quittent, c’est une ville avec de beaux restes qui s’endort. Et pourtant j’y  vis depuis plus de 30 ans – j’y suis arrivé en 1975 au retour de mon service national comme coopérant à Constantine – et je n’ai nulle envie d’en partir. Pourquoi ? Tout bêtement parce que Paris est le cœur de la plus grande agglomération de l’Union Européenne. Parce que forte de ses plus de 11 millions d’habitants, de son attractivité, de sa concentration de matière grise (recherche et innovation), de sa vitalité démographique, de sa situation géographique, de ses infrastructures ferroviaires et aéroportuaires, de sa proximité avec l’ensemble du pays : 3 heures de TGV ou 1 heure d’avion, le Grand Paris est une chance pour notre pays.

 

 

 

Tout ça pour vous dire que le « parisianisme » n’est plus l’apanage des Parisiens, car l’omniprésence de la télé dans les foyers de notre belle France fait que : « nous sommes tous des parisiens ! » Alors bouffer du parisien n’est d’autant plus de saison que l’Internet va encore amplifier le phénomène d’homogénéisation des comportements. Pour se différencier les uns des autres il ne reste plus aux Français qu’à se mobiliser pour de grandes causes régionales : la défense des numéros de département sur les plaques d’immatriculation par exemple. J’ai beaucoup de défaut mais je ne suis pas chauvin. Je ne fais pas comme « l’agité du bocage » de la captation du double cœur vendéen et de notre « histoire ». Comme tout un chacun je suis né quelque part, en Vendée en l’occurrence, j’y ai vécu dix-huit ans, ma jeunesse, je m’y suis construit, j’en suis parti car j’ai fait ma vie professionnelle ailleurs, à Paris, et je ne vois pas au nom de quoi ce rattachement géographique m’aurait fait oublier d’où je viens. En effet, ce n’est pas parce que l’on plante sa tente quelque part que l’on s’assimile, que l’on perd son identité. Nous ne sommes racinés nulle part n’en déplaise aux chantres d’un certain ruralisme très « seule la terre ne ment pas » et pour ma part je ne me suis jamais senti exilé à Paris. J’y vis.


 

Mon métier, si tant est que j’en ai exercé un, m’a amené à ne m’intéresser surtout à la France profonde. Dans les débuts de ce blog je me suis parfois laisser aller, c’est la loi du genre, à écrire quelques chroniques sur des bouts de ma vie. Je donne aux plus courageux d’entre vous les références de quelques-unes :


CV sans photo 17/03/2006

Encore un bout de ma vie 21/03/2006

Le bras droit du Ministre 24/03/2006

Mes vertes années 26/06/2006

Ce matin j'enlève le haut 09/08/2006

La SIDO 10/08/2006

Les "cost killer" de Bercy 11/08/2006

C'était au temps où Michel Rocard s'éclatait au 78 rue de Varenne 05/04/2008

 

 

J’avoue, sans fausse honte ni fausse modestie, que j’ai eu « la chance » de choisir mon devenir, que j’ai fait ce que j’avais envie de faire, sans vraiment de fils à la patte, sans le viatique d’une grande école ou d’un grand corps de l’État, sans le secours d’une grosse machine politique : je n’ai jamais fait partie d’une quelconque instance dirigeante, avec simplement la confiance de quelques hommes que j’ai croisé dans ma vie : je fonctionne au feeling, avec seulement l’envie de faire, avec l’absolu besoin de me colleter au réel, avec sans aucun doute l’orgueil de penser que j’étais en capacité d’occuper les postes que l’on m’a confié. À chaque fois que l’on m’a sollicité : en juin 81, en mai 83, en juin 88, en octobre 90, j’ai toujours cru en ma bonne étoile. Les jours de doute, et ils sont nombreux dans ce type de cambouis, comme les jours où l’on sent ses chevilles enfler ou sa tête ne plus passer les portes, ça arrive aussi, je me suis toujours souvenu d’où je venais. Ainsi on peut descendre des étages élevés sans regret, tourner la page sans acrimonie et se retrouver à passer des nuits loin de Paris dans des chambres d’hôtels dont les tarifs sont à la hauteur de la maigreur des frais de mission de la République.

 

 

La chute de cette chronique , affreusement autocentrée, parisienne en diable, vous la trouverez dans Confession indécente d'un buveur cycliste du 10/04/2008…



Note du rédacteur : sur la photo de Mohror Raphaël Sorin, Robert Doisneau et Robert Giraud au restaurant des Ministères, rue du Bac en 1983.
" La Commission Pléniaire de Protection de la Santé Publique de France (CPPSPF) a obtenu, en référé, du Tribunal d'Instance de Paris, que les verres et la bouteille de vin soient, à l'aide de Photoshop, supprimés du cliché. Seule la cigarette de Raphaël Sorin a échappé à la censure car le préposé à la surveillance de la Toile de la CPPSPF ne l'avait pas décelée lors du pré-visionnage des blogs traitant du vin (nouvelle loi de protection de la Santé Publique) "

 

 

 

Texte de pure fiction faisant référence au bidouillage, suppression de sa Boyard, de la photo de Sartre figurant sur l'affiche et le catalogue de la commémoration, organisée à la BNF, du centenaire de sa naissance. Lire ou relire ma chronique : Transgression absolue : la Boyard papier maïs dosée à 2,95 mg de nico link 

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17 avril 2009 5 17 /04 /avril /2009 08:57

(AFP) — La régie publicitaire de la RATP, Métrobus, a supprimé sur une campagne d'affichage pour une exposition parisienne consacrée à Jacques Tati la pipe du cinéaste, et l'a remplacée par un moulin à vent en vertu de la loi Evin contre le tabac, provoquant un début de polémique.

Sur la photo originale, le réalisateur de "Mon oncle" circule sur un Solex, une pipe à la bouche, un enfant assis sur un siège arrière.

"La loi c'est la loi", explique la RATP, en référence à la loi Evin de 1991 qui proscrit la publicité pour le tabac tout en regrettant de ne pas avoir été consultée par Métrobus avant cette modification et de "découvrir la polémique".

Dans un communiqué, Métrobus affirme s'être bornée à une application scrupuleuse de la loi en vigueur et conformément à une "jurisprudence constante".

Roselyne Bachelot est quant à elle opposée à cette transformation du cliché qui sert de support à la campagne pour une exposition à la Cinémathèque française. "Ah non, moi, je ne suis pas pour enlever la pipe à Jacques Tati!", a répondu jeudi à des journalistes la ministre de la Santé.

Gérard Audureau, président de l'Association "Droits des non-fumeurs", est partagé. "Je ne peux pas condamner sans pour autant cautionner" cette retouche, explique-t-il.

Selon lui, la "prudence" de Métrobus se comprend par "la valeur publicitaire qui est attachée au nombre d'affiches et au lieu de diffusion", mais en même temps il estime que l'on doit prendre en compte le "point de vue historique" pour ne pas bannir l'objet du délit.

Les déclarations de la ministre et de M. Audureau "réjouissent" Métrobus qui y "entrevoit la possibilité d’un assouplissement de la loi Evin".

En 2005, un débat similaire avait eu lieu après que la Bibliothèque nationale de France eut jugé bon de supprimer le mégot que tenait dans la main le philosophe Jean-Paul Sartre sur une photo utilisée pour la couverture du catalogue de l'exposition. »

NOTE DU REDACTEUR  2 poids 2 mesures, en vertu des règles en vigueur du Code de la Route, Tati aurait du troquer son chapeau pour un casque et l’enfant sur le tender devrait disparaître ou être remplacé par une peluche. Si on suit les prohibitionnistes : cette affiche est une « incitation à  transgresser » la loi, tout particulièrement auprès des jeunes. Voilà où nous en sommes arrivés, à un degré de stupidité, de connerie absolue. Grâce aux prohibitionnistes, comme aux plus beaux jours de Staline et de Mao, on veut réécrire l’Histoire en manipulant les images. À quand la censure à la Télé des films où les acteurs boivent et fument ?

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17 avril 2009 5 17 /04 /avril /2009 00:06

Viniflhor a publié dans le N°160 de VINIFLHOR-INFOS – février 2009 – une étude intitulée « Pratiques culturales sur vignes et pratiques œnologiques : connaissance et opinions des Français. Les tableaux qui suivent portant sur l’image que les Français se font du vin en sont extraits, à méditer...

Le premier tableau regroupe l’évolution des habitudes de consommation  entre 98 et 2008 :
-         Augmentation de ceux qui déclarent ne jamais consommer de vin 26% contre 23%.
-         Baisse des consommateurs quotidiens 15% contre 23%.
-         Stabilité des consommateurs hebdomadaires (1 à 2 fois par semaine) 22% contre 23%.
-         Augmentation de la proportion des consommateurs moins fréquents : 37% contre 31%
Note du rédacteur de la note : ces résultats sont différents de ceux recueillis par l’enquête quinquennale Viniflhor UM2, particulièrement pour les non consommateurs et les consommateurs rares.
Le second tableau concerne exclusivement les consommateurs de vins. Deux évolutions sensibles sont à souligner :
-         Baisse de la fréquence pour la consommation au restaurant : 81% contre 86%.
-         Progression de la consommation à l’apéritif de 36% à 51%.

 Les tableaux qui suivent regroupent une série de 12 questions concernant l'image des vins. Les personnes sondées doivent donner une note sur 10. "Culturellement, pour le Français, une note inférieure à la moyenne est une mauvaise note et une note supérieurs à 8/10 est une très bonne note"


En 2008 comme en 1998, le vin a une belle image. Les notes restent très proches à dix ans d'intervalle. De façon très nette et très homogène dans la population le vin est identifié au patrimoine et au terroir. Légèrement moins bien noté mais toujours très haut, la tradition et le savoir-faire des hommes rencontrent moins la confiance des non consommateurs. Les affirmations concernant le contrôle législatif du produit, l'importance de l'étiquette, mais aussi le caractère industrialisé, évolutif ou sophistiqué de la fabrication obtiennent des notes plus moyennes.

La perception du vin comme un produit "entièrement naturel" est plus mitigée particulièrement par les non consommateurs (5,6/10). Enfin, l'item " le vin est un produit dont la fabrication depuis la culture de la vigne jusqu'à la mise en bouteille est une activité polluante " n'a pas de succès avec une note de 4,1/10. Cependant, c'est la note qui augmente le plus : elle n'était que de 2,8/10 en 1998.
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16 avril 2009 4 16 /04 /avril /2009 09:33

 

Jusqu’à ces derniers jours j’avais des doutes sur la réponse à cette question que je pose en titre mais, depuis la lecture, hier, de la Chronique Vie moderne « Musique et alcool à l'UMP Lycées » de Sandrine Blanchard courriel : blanchard@lemonde.fr ils sont définitivement levés.


Gérard Blanchard

étant, je le rappelle aux ignorants, l’inoubliable interprète de la chanson culte : « Elle voulait revoir sa Normandie »

www.youtube.com/watch?v=S8sjPl20UF4 et du destroy « Rock Amadour » www.youtube.com/watch?v=PzsbvDQ7VnE .

Je vous invite à l’écouter avant de déguster le « poulet » de
Sandrine qui, comme les jeunes de l’UMP, est une « rebelle » mais une « rebelle » dans le plus pur style journaliste du Monde, version ex-coureur cycliste, putassier, paix au mannes de Hubert Beuve-Méry, c’est-à-dire qu’elle glose sur un truc « à la con de jeunes branleurs» où elle n’est pas allée et, bien sûr, elle verse dans une forme soft postmoderne de « tous pourris » lorsqu’elle écrit : « 
Finalement, ce genre d'initiative donne le sourire. Tous les lycéens se ressemblent. Qu'ils soient de gauche ou de droite, difficile de les attirer avec de la limonade. Et puis la politique n'est plus à une contradiction près. » Moi je veux bien, je ne suis pas en charge de défendre les politiques, mais vous, qui tendez si complaisamment votre micro à certains et pas à d’autres, assumez-vous les contradictions de votre boutique ?
 
Mais la question de fond est la suivante, celle que se pose les gens d’en bas, ces « ploucs » de vignerons, vigneronnes, gens qui tiennent le territoire, acteurs d’une économie bien réelle, non délocalisable, que l’on chante sous la plume de Ribaud dans le Monde, mais à qui l’on ne donne jamais la parole dans le Monde pour qu’ils s’expliquent sur un dossier citoyen celui des politiques de Santé Publique. Non ils sont tous mis dans le même grand sac infamant des « responsables de la filière alcool » du Professeur Président Dominique Maraninchi et stigmatisé par votre titre,  partisan et t scientifiquement infondé car respirer à Paris est aussi cancérigène, « Le vin est un alcool, donc cancérigène ». L’amalgame est un vil procédé de type totalitaire – le PC nous a ainsi terrorisé, nous les sociaux-traîtres, pendant des années – et votre chronique relève, dans la forme, du même procédé. Pourquoi diable devrions-nous assumer les « bêtises » de lycéens, fussent-ils UMP, et en quoi ce procédé stupide entacherait-il notre cause ? Je ne vois pas le rapport. Certes je suis un « impur » puisque j’ai travaillé avec des politiques, dont Michel Rocard qui fut le 1ier Ministre d’un Ministre de la Santé dénommé Claude Evin qui, entre nous soit dit, tient des propos beaucoup plus « objectifs » que ceux de madame Blanchard. Pourquoi sommes-nous interdits de séjour dans les colonnes du Monde ?
 
Etant abonné au Monde je me permets de reproduire la prose de Sandrine Blanchard ci-dessous. Avant ou après cette lecture vous pourrez aller faire un petit tour chez Hervé Lalau http://hlalau.skynetblogs.be/post/6897177/alcool--cancer-femme-actuelle-fait-la-part-de  pour y lire qu’à propos d’ Alcool & cancer : Femme Actuelle fait la part des choses et que « Contrairement à Sciences & Avenir, pour qui les élucubrations de l'Institut National du Cancer (INCa) sont les nouvelles tables de la Loi, nos consœurs de Femme Actuelle, qui consacrent un article à la polémique Alcool & Cancer, ont pris le temps de s'informer. » et le commentaire d’un de ses lecteurs  qui note que : "Femme Actuelle" est en effet et de très loin le magazine féminin le plus lu en France, avec une moyenne de 800 000 exemplaires vendus (à comparer aux 100 000 de "Elle"). Et en plus le score du débat est sans aucune ambigüité: 4 NON contre 1 OUI.
 
Enfin, l'argument de David Khayat est lui-aussi sans appel et doit être largement repris: "Une fois l'ensemble des résultats analysés (ceux de la fameuse étude américaine sur laquelle se fonde le rapport de l'INCa), on estime que le risque serait multiplié par 1,02%, un chiffre trop faible scientifiquement pour être fiable".
 
Pauvre Sandrine Blanchard il va falloir qu’elle retourne revoir sa Normandie avec son double l’inénarrable Gérard. Mais, ce dont je suis sûr, c’est qu’elle n’adhérera pas à l’Amicale des Bons Vivants et, vous, allez-vous restez bien tranquillement dans vos chaumières à en prendre « plein la gueule pour pas un rond » ? Ayez le geste simple qui sauve : un clic après avoir lu notre Profession de Foi en rubrique PAGES N° 48 (en haut à droite du Blog)
 
 

Chronique Vie moderne

Musique et alcool à l'UMP Lycées

 

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Les jeunes de l'UMP sont des rebelles. Même s'ils sont lycéens, ils peuvent boire de l'alcool avec la bénédiction... de leur parti. Peu importe que l'Assemblée nationale ait adopté le 18 mars l'interdiction de vente d'alcool aux moins de 18 ans et la prohibition des open bars. Peu importe que Roselyne Bachelot, ministre de la santé, ait déclaré : " Pas d'alcool pour les mineurs, c'est clair, c'est simple. " Vendredi 27 mars, on oubliait tout. Ce jour-là, " Toute l'équipe de l'UMP Lycées " invitait ses ouailles et leurs amis (à partir de 16 ans) à " une soirée exceptionnelle " à Paris. Attention, " tenue correcte exigée ". Au programme : " des surprises, de nombreuses personnalités politiques ", des cotillons, de la musique avec DJ et... de l'alcool.

Mieux : le slogan aurait pu être " Buvez jeunes gens, buvez, et adhérez ! " Ainsi, avec la carte de l'UMP, l'entrée de la fête était à 20 euros avec " trois consommations alcoolisées " ; si le jeune adhérait sur place, le prix était identique, mais le nombre de boissons alcoolisées tombait à deux, et s'il n'adhérait pas, il payait toujours 20 euros mais n'avait droit qu'à un verre gratuit. Et le site Internet de l'UMP Lycées de préciser : " Pour toute adhésion, une conso offerte ". Bref, plus les lycéens sont proches du parti, et plus ils peuvent boire pour oublier la loi Bachelot !

Je ne suis pas allée à la fête. C'est un confrère du journal (merci Franck !) qui m'a soufflé l'annonce de cette " soirée spéciale " diffusée sur le Web. Les réactions des internautes sont un vrai bonheur : " On va bien mobiliser là-dessus, je pense qu'on sera très nombreux et que ce sera une super soirée ", prédit " les jeunes pop'" de la 13e circonscription. " Je vais chercher ma carte demain ", s'emballe Popol. " Et pour ceux qui n'habitent pas la région parisienne, à quand ce même type de soirée, pourquoi ne pas faire un truc du genre l'UMP Lycées tour ? ", propose Polo. C'est vrai ça, pourquoi pas un UMP Lycées tour sponsorisé par un alcoolier avec Roselyne Bachelot en guest-star ! Pas la peine de faire des affiches pour annoncer la tournée, puisque la publicité pour l'alcool sur Internet a été autorisée par l'Assemblée au détour d'un amendement soutenu par le gouvernement.

Finalement, ce genre d'initiative donne le sourire. Tous les lycéens se ressemblent. Qu'ils soient de gauche ou de droite, difficile de les attirer avec de la limonade. Et puis la politique n'est plus à une contradiction près. A neuf jours d'intervalle, de grands discours sur les dégâts de l'alcool chez les jeunes puis une invitation à boire faite aux lycéens à condition qu'ils adhèrent au parti qui vote l'interdiction des boissons alcoolisées aux moins de 18 ans. Après tout, la loi n'est pas définitivement votée. Elle sera examinée par le Sénat à partir du 11 mai. Et si les sénateurs concoctaient un amendement autorisant la distribution d'alcool lors des soirées lycéennes à condition qu'on y parle politique ?

Sandrine Blanchard

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16 avril 2009 4 16 /04 /avril /2009 00:02

Ma ballade ensoleillée au pays des Grands Crus Classés de Bordeaux, pour les primeurs 2008, a fait dire à certains de vous « qu’est-il allé faire ce Berthomeau au pays des châteaux ? » Sous entendu tout ce tam-tam autour des primeurs n’intéresse qu’une poignée d’happy few, d’initiés, les gens des étages élevés – ceux dont l’étoile a singulièrement faibli ces derniers temps – c’est du cinéma. Et alors moi j’adore le cinéma et, dans les salles obscures comme dans notre beau pays du vin, je ne me refuse rien. Je suis éclectique, curieux et paradoxal. Bordeaux m’intéresse, à tous les étages. Vous étiez prévenus d’ailleurs : « Pour ne rien vous cacher, au-delà de la pure découverte du millésime 2008, sonder les « reins et les cœurs » de tous les protagonistes de cette « fameuse place de Bordeaux » afin de savoir si une stratégie de la raison va s’élaborer et surtout se concrétiser, entre dans mes desseins… » Bref, même si l’establishment bordelais vous donne de l’urticaire, prêter de l’attention au jeu des différents acteurs fait partie du champ d’investigation du chroniqueur que je suis. « Intéresse-toi à tout sinon tu ne t’intéresseras à rien… » me disait le frère Gabriel mon professeur de français.

Interroger François Lévêque, président des courtiers de la place de Bordeaux, entrait donc dans le champ de mon intérêt pour tout ce qui touche à l’étrange alchimie de la notoriété. Bordeaux tient une place éminente dans l’image du vin français à l’étranger et le retour des grands crus classés dans l’économie réelle me semblerait être un signe important donné aux vrais amateurs de vin. De plus, une image moins contrastée, plus unifiée de la galaxie du vin, ne peut qu’améliorer la perception qu’en ont les Français, leurs dirigeants surtout. Si nous voulons gagner à notre cause, sur les sujets qui fâchent, l’opinion publique il est de la première importance d’apparaître comme un secteur à la fois stratégique et surtout porteur de valeurs communes. Donc, ayant croisé François Lévêque au Château Haut Smith Lafitte j’ai pu donner corps à mon projet.

Chez les Lévêque on est courtier depuis 4 générations. François l’est, lui, depuis 1983. Assermenté en 1994 il va développer le secteur des Grands Crus jusqu’à y réaliser 80% de son chiffre d’affaires. C’est donc un homme d’influence, écouté de la propriété et reconnu par ses pairs puisqu’il est président régional des courtiers en vins et vice-président national depuis 2004. Enfin, François Lévêque est copropriétaire du Château Chantegrive dans les Graves. Je le remercie d’avoir bien voulu répondre à mes questions.


1ière Question
 : L’origine de votre métier se perd dans la nuit des temps puisqu’il en est question en Bordelais avec le grand commerce des vins de Gascogne vers l’Angleterre. Les « couretiers » sont alors chargés de prospecter les campagnes, d’approvisionner les marchands et de faciliter les transactions. Nous sommes à la fin de la première décennie du XXIe siècle, dans un monde numérique, dématérialisé, où les transactions peuvent se nouer sans intermédiaire, alors François Lévêque à quoi ça sert un courtier en vins ? Quel est son rôle ? Son influence ?

 

 

Réponse de François Lévêque : En effet, les Courtiers en vins existent depuis le 12 Mars 1321, leur fonction d’intermédiaire du commerce se justifie par la prospection et la connaissance parfaite d’une région viticole en vue de procurer au négoce de Place le type de produits qu’il recherche. Bordeaux est une des plus importante et prestigieuse place de Courtage en France. C’est ici même qu’en 1855 le Duc de Morny sous l’égide de la Chambre de Commerce nous a missionné pour établir le fameux classement des grands vins de Bordeaux qui reste toujours d’actualité. Aujourd’hui le rôle du Courtier en vins consiste à rapprocher le vendeur (le viticulteur) de l’acheteur (le négociant), de constater l’accord entre les parties et à leur notifier. Au-delà de cette mission, le courtier est le garant moral de la bonne fin de toutes les opérations où il intervient. Son rôle est de renseigner au mieux de ses connaissances, Acheteurs et Vendeurs et de faire en sorte qu’aucun litige entre eux ne se manifeste.

Aujourd’hui plus que jamais, dans un monde « chahuté » notre métier trouve toute sa pertinence. La meilleure preuve c’est qu’en 2008, 85% des transactions enregistrées au CIVB (Comité Interprofessionnel des Vins de Bordeaux) sont réalisées par notre intermédiaire. Ce pourcentage montant à 98 % pour les grands vins

 

 

2ième Question : Dès le XVIe siècle, nommé par le maire et les jurats de la ville, votre profession était protégée par un statut particulier celui de « courtier gourmet piqueur de vins ». En droite ligne de cette grande tradition de goûteur, François Lévêque, vous venez de déguster les vins du millésime 2008, quel est votre appréciatiation ? Comment situez vous ce millésime ?

 

Réponse de François Lévêque : Après cette semaine de dégustations nous avons un avis plus précis sur la qualité du millésime 2008.Je pense que le millésime se situe comme un bon voire un très bon millésime, il y a cependant une certaine hétérogénéité d’une propriété à l’autre. Il conviendra donc d’être attentif au jugement des dégustateurs professionnels.2008 pourrait être un subtil mariage des millésimes 2001 et 2006.


3ième Question
 : Il y a quelques temps, Jean-François Moueix, répondait à la question : « Peut-on imaginer qu'au printemps il n'y ait pas de ventes en primeur ? » par un laconique : « On ne peut l'exclure » et concluait son analyse par un sombre pronostic : « Si le négoce n'achète plus, adieu la place de Bordeaux, ses négociants et ses courtiers. » L’enjeu de la fixation de l’échelle des prix du présent millésime est donc capital. François Lévêque, vous qui vous situez à la jonction entre la propriété et le négoce, et qui êtes un fin connaisseur des hommes, qu’est-ce qui peut déjouer ce pronostic ? Qui doit donner le la pour redonner confiance aux opérateurs – à leurs banquiers surtout – et déclencher le mouvement des achats ?

 

Réponse de François Lévêque : Nous sommes à un moment clé à la veille de cette campagne primeur. Depuis l’exceptionnel millésime 2005, vendu très cher, les millésimes 2006 et 2007 ont été vendus dans la plupart des cas au-dessus de leur valeur. Encouragé en cela par un mouvement spéculatif sur les plus grandes étiquettes du vignoble Bordelais. Le contexte économique mondial nous oblige à des réajustements nécessaires. Les grands vins de Bordeaux sont et doivent restés des produits de consommation accessibles aux vrais amateurs. Les Bordelais sont des gens pragmatiques et je reste optimiste pour l’avenir.

Note du rédacteur : dans le journal Le Monde du 11 avril sous le titre "Après des années de spéculation, le prix des grands crus classés va baisser" la correspondante à Bordeaux de ce "grand journal de référence" Claudia Courtois - un peu fâchée avec les chiffres : 43,6 millions d'Hl de production à Bordeaux en 2008 - cite François Lévêque : " Soit on fait une campagne primeur à un prix acceptable pour de vrais amateurs qui von faire une bonne affaire au bon prix, soit la propriété garde sa récolte".

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