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29 juillet 2009 3 29 /07 /juillet /2009 00:01

« Il y a, comme cela, des époques étonnantes dans notre histoire. Des époques majeures, véritables concentrations de forces sous l’effet desquelles s’opèrent dans un creuset des transformations radicales de nos cadres de vie, de nos manières de penser. Brusquement, tout est remis en question, matériellement et spirituellement, car des évènements capitaux, dont on ne mesurera les conséquences synchronisées qu’avec du recul, donnent une poussée à nos civilisations à bout de souffle. Alors, le vaisseau à bord duquel est embarquée l’humanité change de vitesse et de cap. Ces concours de circonstances scandent curieusement l’histoire, depuis qu’elle est connue, et que l’on peut attester de ses cycles, de demi-millénaire en demi-millénaire. Il n’est que de consulter une chronologie pour en être émerveillé. »

 

Dans sa magistrale somme : « Histoire Naturelle&Morale de la Nourriture », dont est tiré la citation ci-dessus, Maguelonne Toussaint-Samat, montre comment les préoccupations alimentaires « point si futiles que cela, puisque derrière l’aliment marche le monde. » s’insèrent dans ces grands mouvements de l’Histoire. Comment les gens du Néolithique, en un lent et pénible travail, vont domestiquer plantes et bétail pour qu’ »à la satisfaction physique de la faim assouvie. » s’ajoute « le plaisir intellectuel de la gourmandise, point encore – et heureusement ! – dénoncée comme un péché mortel. » C’est l’irruption du goût, du moins d’un meilleur goût. « Ce n’est déjà plus une nourriture sauvage, appréhendée au hasard des besoins, mais une alimentation pensée et organisée en fonction de ces besoins. » Transformer les produits bruts, les cuisiner, naissance de la gastronomie qui est à la fois « savoir-faire et savoir apprécier. »

 

Cet art culinaire « commence à se faire jour en Grèce ; c’est, de génération en génération, l’élaboration de produits simples et savoureux, les premiers produits alimentaires manufacturés : le pain, l’huile et le vin. » Nous y voilà, chers amis adeptes du Bien Vivre, comme l’écrit magistralement Maguelonne Toussaint-Samat : « Au pain et au vin, « ces deux colonnes de la consommation dans la civilisation occidentale », comme le dit encore Jean-François Revel (Festins en paroles, Pauvert, Paris 1979), s’ajoute l’huile qui en est la lumière. La révélation de cette trinité, fondamentale pour la santé des gens et la prospérité des Etats, est attribuée à des divinités bienveillantes et pacifiques qui ne sont pas les plus redoutées mais restent en tout cas les plus chéries : Déméter, Dionysos et Athéna. »

 

Et de conclure « Et comment ne pas bien parler, lorsqu’on a commencé sa journée, à la façon des Grecs du Ve siècle av. J.-C. : en trempant du pain dans du vin (acratodzomai, d’acratos : pur comme du vin), exceptionnellement pris ainsi pour les petits déjeuners tout comme il l’est pour les libations propitiatoires, la meilleure prière qui soit avant tout repas. Pourquoi le vin au petit déjeuner, dit pour cela acratos, doit-il être pur ? Parce qu’en lui consistent les prémices de la journée dont rien ne dit qu’elle ne sera pas, à un titre ou à un autre, la plus importante de notre vie. En tout cas, elle devrait être profitable comme le pain, stimulante comme le vin, douce comme l’huile.

« Qu’est-ce que l’abondance ? Un mot et rien de plus, le nécessaire suffit au sage », dit un Grec, Euripide.

Qu’y a-t-il de plus nécessaire que le pain, l’huile et le vin ? »

 

Si, après une telle lecture, tous ceux qui ne sont pas encore membres de l’Amicale du Bien Vivre dites Amicale des Bons Vivants, profitant du temps des vacances n’adhèrent pas, je suis prêt à rendre mon tablier…

 

A suivre…

 

« Histoire Naturelle&Morale de la Nourriture » Prix d’Histoire de la Société des Gens de Lettres, de Maguelonne Toussaint-Samat, historienne, journaliste et écrivain, petite-fille et arrière-petite-fille des fondateurs du Petit Marseillais, Jean-Baptiste Samat et Toussaint Samat, est publié chez Bordas novembre 1987 (on le trouve en vente sur le Net)

QUESTION N°19 : S

 

-         S comme Sideways, quelle est la vraie vedette de ce road-movie américain ?

-         S comme Smith Michel, dans la chronique qu’il a écrit pour Vin&Cie quel est le cépage qui y tient la vedette ?

-         S comme Sulfites, depuis quelle date la mention « contient des sulfites » ou «contains sulfites » est-elle obligatoire ?

 

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28 juillet 2009 2 28 /07 /juillet /2009 00:03

 

« Le cèleri rémoulade était dégueulasse, et ma femme vraiment trop mauvaise cuisinière, je n’en pouvais plus, j’ai tiré. Elle est tombée, net, sans crier, ses yeux se sont juste un peu écarquillés, du genre qu’est-ce qui t’arrive ? Elle avait l’habitude de mes blagues, j’étais d’un naturel taquin, mais, assez vite, elle a compris que je ne plaisantais pas, et sa tête a lâché sur le côté. Cette fois, elle avait tout oublié, fini !

J’ai bu une gorgée de rouge maison, du 95, une de mes meilleures années. Il était vif, avec une pointe de brioche dans le nez. J’étais content. Bien sûr, ma femme encombrait un peu la cuisine, mais elle ne bronchait pas, et elle n’avait pas tergiversé longtemps, une chance, j’aimais les choses sans bavures.

C’était huit heures du soir, fin novembre, il faisait nuit depuis longtemps, j’ai jeté le céleri rémoulade à la poubelle, ma femme n’avait jamais su faire une mayonnaise acceptable, j’aurais du réagir bien plus tôt, mais on est tous pareils, on laisse traîner les choses. Pour ma femme, j’avais tardé par flemme, par faiblesse. Arrangeant, j’avais appris à compenser, j’allais souvent au restaurant et il m’arrivait même de me mettre aux fourneaux. Le comble.

Je me suis servi un kir, avec de la vraie crème de cassis, que je vais spécialement acheter à Dijon chaque année à un producteur, autant dire que c’est de la vraie, pas du sirop, un kilo de fruits, un litre d’alcool à quatre-vingt-dix degrés, un kilo de sucre pour la macération litre d’eau pour faire cuire à peine deux minutes, mais on ne la sent pas la flotte. Cet élixir particulièrement couillu, moins sucré que la recette de base, ne pouvait une seconde être confondu avec de la confiture, non. De la diva emportée par l’alcool dans un grand orchestre symphonique, le gars qui faisait ça était un artiste, pas comme ma femme… »

 

Sale temps en ce moment, dans les romans noirs, pour les femmes légitimes : l’autre jour Emmanuel Pons ici même annonçait sans façon, comme si c’était naturel : « Je viens de tuer ma femme » et aujourd’hui v’là t’y pas que Chantal Pelletier http://chantalpelletier.free.fr s’y met elle aussi, pour les besoins de « Tirez sur le caviste » comme vous venez de le constater dans l’extrait qui précède.

 

Ce petit bouquin 19x12,5, 93 pages, 10 euros – j’adore les beaux petits bouquins que je glisse dans mon sac Pan Am – très chic : jaquette cartonnée noire tranchée au flanc de violet est le N° 11 de la collection Suite Noire dirigée par Jean-Bernard Pouy aux éditions la branche, je l’ai acheté pour le plaisir lors d’une razzia nocturne.

 

Rentré at home, en feuilletant le supplément télé de l’Obs. (Je suis abonné au NO depuis une éternité je ne sais même pas comment faire pour arrêter) voilà que je tombe sur un article sur la série « Suite Noire » huit polars décapants : c’est le programme d’été de France 2. Je cite Hubert Prolongeau : « Chaque film disposera d’un budget de 1,5 million d’euros dont 935 000 euros de France 2 et 165 000 euros d’Arte, second diffuseur. Résultat des films audacieux, personnels, passionnants. Au petit jeu des préférences, on mettra en tête « Tirez sur le caviste », d’Emmanuelle Bercot, duo tendu et audacieux qui intègre les règles du genre tout en laissant intact un passionnant univers d’auteur. »

 

C’est t’y pas beau ça ! Quel tarin le gars, le Bob Parker du polar, le faiseur de tendance de l’été, n’en jetez plus j’ai les chevilles qui enflent ! Bref, comme l’écrit le gars de l’Obs. « Regardez « Suite Noire ». Non seulement vous y prendrez un plaisir extrême mais vous voterez pour la diversité, l’invention et l’audace. Il y a pire ! » Si vous êtes allergiques aux écrans plats faites comme moi consommez sans modération « Tirez sur la caviste » de Chantal Pelletier en buvant un Kir ou un blanc limé… Je viens de m'apercevoir que F2 a programmé  « Tirez sur la caviste» le 12 juillet à 22H 50 : normal c'était comme vous le savez tous le jour de mon anniversaire (merci à tous ceux qui m'ont envoyé un petit message) donc si vous voulez voir ce film il ne vous reste plus, comme moi, à attendre sa programmation sur Arte. C'est plus chic, non !


QUESTION N°18
 : R

 

-         R comme René Renou, quelle était le nom de l’appellation chère au cœur de l’ancien président du Comité National Vins&Eaux-de-vie de l’INAO ?

-         R comme Rosé, en quelle année l’OIV a-t-elle acté l’assemblage blanc rouge pour produire du rosé comme une pratique œnologique reconnue et autorisée ?

-         R comme Retour des Indes, aux dires de Féret, dans son dictionnaire-manuel de 1896, il s'agissait… Il s’agissait de quoi pour un vin de Bordeaux ?

 

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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 00:04

Dans sa préface à « Vignes&Vignerons de Vendée », Henri Gault regrette que l’auteur n’est pas fait « la part assez belle au ragoûtant. Abusivement dénommé négrette par les Toulousains qui s’en enorgueillissent dans leur Frontonnais, ce cépage indigène au nom délicieusement ridicule fait un vin sombre et puissant qui, en vieillissant, évolue à la manière d’une sorte de porto sans mutage et sans sucre. »

 

Cet ouvrage, publié en 1992, je l’ai découvert aux Puces de St Ouen chez un spécialiste des objets du vin. Glane habituelle de chineur, ouvrage assez récent et sans grande originalité sauf qu’il consacre un long passage au frère Henri Bécot mon maître vigneron de l’école d’Agriculture ND de la Forêt à la Mothe-Achard. Je lui ai consacré une  chronique le 22 décembre 2005, si vous avez du temps lisez-là link 

 

Avant de vous le proposer, pour situer ce que représentait la viticulture en Vendée lorsque j’y usais mes fonds de culotte sur les bancs de l’école, quelques chiffres :

 

 Nombres de déclarants :

-         1950-1959 = 59 160 (sur un total de 1 498 600) 2ième rang après l’Hérault

-         1960-1960 = 49 194 (sur un total de 1 265 20) 2ième rang après l’Hérault

 

Superficie en Ha et en Hl :

-         1950-1959 = 17 853 ha (sur un total de 1 161 000) et 766 164 hl (sur un total de 61 500 000 hl) 14ième rang

-         1960-1960 = 14 734 ha (sur un total de 1 375 000) et 564 411 hl (sur un total de 73 700 000 hl) 25ième rang

 

 

 

«  Bécot, dans l’immédiat après-guerre 1945, fit avancer l’idée d’un vin de qualité primant sur le vin de petite façon, donc de quantité. On l’a dit apôtre des hybrides. Des bons hybrides, oui ; mais des grands cépages aussi. Quand il me conviait à la découverte d’une cave, c’était avant tout pour apprécier tel sauvignon, tel groslot, tel traminer (eh ! oui) ; je ne me souviens pas qu’il m’ait « débauché » pour quelque seibel, ravaz ou orberlin, même s’il ne les dédaignait pas. Ce professeur de géographie et d’histoire, né au pays de Vallet, mais originaire de Bazoges-en-Pareds, fidèle à ses racines paysannes, n’avait cure d’économie vinicole. Ce qui le préoccupait, c’était le bonheur du vigneron occasionnel, dont le labeur céréalier ou le soin asservissant des bêtes méritait la récompense du fier plaisir de la vendange. Il condamnait fermement les étranges fidélités qui l’attachaient, ce paysan, aux plants américains et prêchait pour qu’on les remplaçât par les meilleurs hybrides français couronnés à la foire annuelle de Chantonnay où son inusable soutane et son rabat bleu flottaient au vent de son enthousiasme comme l’emblème de la vigne vendéenne. Aurait-il applaudi au classement des Fiefs en VDQS ? Je le pense ; mais son action ne se plaçait pas sur le terrain des labels nobles ; elle se situait dans la quotidienneté du laboureur dont la profession principale n’était pas de faire du vin.


Avant de quitter, provisoirement, car il est inoubliable, le bon frère Bécot, une anecdote de plus. Peu de temps avant son retour d’Angleterre * – où l’avaient exilé, pour le bien de son corps malade, ses supérieurs – donc peu de temps avant sa mort survenue au début des années 70, Bécot, de retour d’un pèlerinage à Rome, me rapporta que le pape Jean XXIII, attentif aux vendanges du Vatican où les vignes sont petites mais fort bien travaillées, s’était émerveillé de l’une d’elles, celle de 1969, si j’en crois mes souvenirs. Jean XXIII se serait alors empressé, sans rire, de recommander à son entourage de veiller que ce vin ne fût servi aux prêtres de passage : « Pensez-donc, ils le voudraient comme vin d’autel…et du coup ils seraient capables de dire la messe trois ou quatre fois par jour ! » Et, Bécot, à l’image de son pape, avec la gravité feinte qui lui était habituelle, d’ajouter : « Mais moi, je ne suis qu’un pauvre frère et je ne dis pas la messe, alors… », et ses yeux riaient. »

 

Jean Huguet

 

Comme vous le constatez, chers amis Bons Vivants, j’ai été à bonne école avec de bons maîtres…


* Henri Bécot exilé à Londres pour le contraindre au régime sec m'a raconté que dans les brumes d'Outre-Manche il avait fait la connaissance d'un lord qui s'épuisait à faire pousser quelques pieds de vigne et qu'aà tous les deux ils avaient récolté cette année-là quelques hectolitre..."

 

 

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26 juillet 2009 7 26 /07 /juillet /2009 00:02

 

Si vous souhaitez lire l'épisode en écoutant Astor Piazzolla interpréter la Cumparsita cliquez sur la flèche du petit poste de radio.

Sous les lambris de ce qui fut, lorsque l’hôtel de Roquelaure fut affecté sous la Monarchie de Juillet au Conseil d’Etat, la salle des séances créée pour l’occasion en 1832 par l’architecte Pierre-François-Léonard Fontaine, j’ai découvert, dans des conditions d’audition minimale, celui dont le nom de nos jours évoque à lui tout seul le tango argentin : Astor Piazzolla. La belle Angélique possédait tous ses enregistrements. Assis à mes côtés sur une bergère Louis XV elle me gava comme une oie de cette musique envoutante. Ce fut radical. Tous les petits nœuds qui m’enserraient se déliaient sous l’impact des accords vertigineux du bandonéon de Piazzolla. Envouté, chamanisé, ma tête « de Blanc qui croît détenir le pouvoir de commander au mouvement en s’opposant à lui, au lieu d’aller avec lui, de se fondre en lui, d’abord, et d’obéir ensuite à ce que décide le corps », comme l’écrivit Gheerbrant bien plus tard, abdiquait. Possédé par la musique, lorsque, sans même prendre la peine de le lui demander, je pris la taille d’Angélique pour l’entraîner sur la piste de danse, mes pieds effleurèrent à peine le parquet, tout mon corps faisait corps avec le sien, je traçais des diagonales, muscles tendus, regard perdu, en une liberté nouvelle proche de celle que je connaissais dans les jeux de l’amour. Lové dans cette musique du diable j’enchaînais, sans la moindre césure, des mouvements d’une sensualité torride, à la fois charnelle et éthérée, proche de l’extase. Le retour sur terre, à l’instant où le saphir dérapait sur la plage lisse, proche de la petite mort, me laissait pantelant. Angélique glissait sa main sous ma chemise mouillée de sueur avant de murmurer « vous m’avez bouleversé… »

Le tango, je le découvris ce matin-là, est un merveilleux exhausseur d’une sensualité pure. L’imbrication de nos corps, bassins quasi-soudés, le frôlement de nos cuisses, le choc permanent de nos poitrines, me galvanisaient sans me mettre en érection. Je dominais ma partenaire ; elle s’abandonnait à moi ; le tango est machiste ; la danse érotise les corps, les esthétise, sans les faire basculer dans la bestialité de l’accouplement. Même si ça peut vous surprendre, Angélique et moi en sommes restés à ce stade suprême de l’érotisme. Repus, nous montions prendre douche commune. Je la caressais. Elle me caressait. Nous nous installions dans mon lit de repos et nous bavardions. Son père étant argentin elle savait tout sur Piazzolla. Je l’écoutais me raconter les années parisiennes de celui-ci lorsque boursier il entre dans la classe de Nadia Boulanger. Cette découvreuse de pépites : Quincy Jones, Lalo Schifrin, Léonard Berstein, va l’aider à se transcender, à se débarrasser de sa frustration de « tanguero » qui rêve d’être Bartók ou Stravinsky. Être soi-même, revisiter ses origines, utiliser l’inépuisable vivier de l’art populaire pour créer une musique contemporaine, Astor Piazzolla avait trouvé sa voie. Moi aussi je venais de trouver la mienne. Jamais je ne serais un grand écrivain mais j’allais écrire. Angélique, elle, avec qui je dînais une fois par semaine, trouva vite sa voie : elle devint l’attachée parlementaire d’un vieux sénateur influent de la majorité avant de fonder quelques années plus tard un cabinet de relations publiques.

Mon talent de « nègre », discret et efficace, m’ouvrit toutes les portes. Les barons me sollicitaient. J’engrangeais les commandes, les triaient, les hiérarchisaient, les satisfaisaient avec parcimonie. Ce qui est rare est cher. Ma vie, divisée en tranches égales, l’écriture, un peu de sommeil, le marigot politique, l’ébullition des groupuscules gauchistes, devint monacale. J’en avais exclu les femmes, sauf Chloé lorsqu’elle venait s’oxygéner à Paris. Je m’inquiétais d’elle car l’Italie se radicalisait. Elle riait en me disant que je m’embourgeoisais. Un soir, je la demandai en mariage. Elle pâlit, « je suis italienne mon beau légionnaire… » J’ironisai « ça c’est un scoop ! » Chloé me serra fort le poignet « je crois que tu ne comprends pas ce qu’est une épouse italienne, fusse-t-elle libérée, révolutionnaire. C’est une place forte dont on ne s’échappe pas ! Tu aimes trop les grands espaces pour finir tes jours en tête à tête avec une mama cernée de mômes… » J’eus beau protester que c’était mon rêve de vivre dans une grande maison de la campagne toscane avec plein d’enfants d’elle, que je torcherais, Chloé resta inflexible. Elle savait bien que ce que je disais était vrai et c’était cela qui lui faisait peur. Persuadé que le temps jouait en ma faveur je me gardais bien de le lui dire me contentant d’un laconique « je t’aurai » auquel elle n’opposait aucune résistance. Tout baignait jusqu’au jour où j’ai croisé dans les couloirs de l’hôtel de Roquelaure un petit homme chauve et discret, l’Archange Gabriel, autrement dit Gabriel Aranda, un conseiller influent dans le cabinet de mon Ministre.

 

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25 juillet 2009 6 25 /07 /juillet /2009 00:09

Dans la dernière ligne droite précédant le 25 juillet, jour de la St Jacques, j’aurais du être serein puisque je tenais l’objet de ma chronique : le St Jacques cuvée de Compostelle, Château Côte Montpezat 2002, un Côtes de Castillon d’excellente facture www.cote-montpezat.com   acheté à mon Monop 7 euros 80. Ce choix remontait à une très agréable dégustation, le samedi précédant Vinexpo, où j’avais tout à la fois apprécié les millésimes 2007 et le 2008, trouvé le propriétaire Dominique Bessineau plein d’humour et de détachement, et sympathisé avec le directeur du domaine Jean-François Lalle.

 

Tout s’emboîtait donc parfaitement. Pour moi les chemins de Compostelle commençaient au pied de l’église St Jacques Haut le Pas, point de ralliement des pèlerins venus du nord de la France et de l'Europe, avant d’emprunter la Via Turonensis qui passe par Orléans puis emprunte le Val de Loire jusqu’à Tours – lieu de pèlerinage de saint Martin, évangélisateur de la Gaule du IVème siècle – avant de piquer vers le sud en traversant le Berry, le Poitou, la Saintonge jusqu’au port de Blaye pour traverser la Gironde, la péninsule médocaine, les Landes, le Béarn, le Pays Basque : Saint-Jean-Pied-de-Port : 791,4 km. Un parcours très pépère de papy-boomer plein de vigueur mais qui admet son âge donc, mais c’est alors que je m’aperçus que mon projet se heurtait aux fantaisies de la géographie.

 

En effet, pour coller à la légende qui raconte que ceux « qui écoutent attentivement le puits du Château Côte Montpezat, peuvent entendre les pèlerins de Saint Jacques de Compostelle qui, traversant ces terres venaient s’y abreuver… » j’aurais du emprunter la via Lemonvicensis qui part de Vézelay. Là mon script eut été raccord avec l’histoire et la géographie et j’aurais même pu imaginer de tourner quelques plans de l’ancien relais de poste du XVIIe qui atteste de cette étape sur l’un des chemins du pèlerinage. Et c’est là que tout a dérapé !
Que mon fol esprit libertin a repris le dessus en pensant à la fraîcheur de la paille et la tiédeur du foin des haltes nocturnes sur mes chemins d'adolescent marcheur dans ma Vendée bardée de lieux de pélerinage.
 Et c’est donc là que la fiction a vraiment rejoins la réalité en la personne d’un mécréant, « né dans la riante campagne entre Aubervilliers et la Courneuve », un certain Étienne Liebig – ça me rappelle qu’au temps de l’usine Maggi le Blanc Mesnil sentait le bouillon Kub – agnostique type, libertaire, très porté sur le sexe et totalement iconoclaste, a commis l’irréparable avec son « Comment draguer la catholique sur les chemins de Compostelle » éditions La Musardine www.lamusardine.com.

 

Lui est sur la bonne voie lorsqu’il « débarque du TER Paris-Vézelay de 9 heures du matin, chargé en tout et pour tout d’un sac à dos acheté la veille au Vieux Campeur… ». Faire succomber à la tentation de la chair des femmes catholiques ferventes, tel est son diabolique projet. Pas très original, c’est le rêve de tout libertin qui se respecte. En concluant son prologue, Liebig déclare « ami lectrice, ami lecteur, bienvenue sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle ! J’y raconte l’irracontable, et Dieu me damne si j’ai menti ! » Tout est dit, ou presque, Dieu que la chair serait triste si la fiction ne la pimentait pas des fantasmes d’un narrateur, par construction, fieffé menteur.

 Même s’il est jubilatoire, provocateur en diable, reprenant la formule des affiches placardées par le curé de ma paroisse sur les tambours de l’église à propos de certains magazines, je dirais que cet opus n’est pas à mettre entre toutes les mains. Je le déconseille donc fortement à mes bonnes amies catholiques car, en bon expert que je suis de leurs âmes, je sais que les mots les choquent bien plus que la chose. Là, elles seraient servies, si elles me permettent de m’exprimer ainsi. De plus les appendices de l’opus : où draguer la catholique ailleurs que sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle ? Le petit lexique des termes usuels utilisés par les amateurs de femmes catholiques et le chant : « le cul de la cheftaine » relèvent de la tradition française « gastro-couillarde » qui joint dans un même territoire les deux extrémités de l’axe gauche-droite : du beauf de Cabu au prolo de Wolinski qui rêve de se faire une bourge. Pas tout à fait mon genre de beauté mais comme je patine sur un espace de liberté ce n’est pas aujourd’hui que je vais inaugurer la censure : le lirons ceux, où celles, qui le voudront ! Moi, étant à la fois très professionnel et un mécréant notoire, je l’ai lu bien sûr…

 

Que le Liebig en question, qui semble exploiter un bon filon puisqu’auparavant il a commis : « Comment draguer la militante dans les réunions politiques », ne vienne pas me dire que je suis bégueule. J’aime les femmes, c’est tout, sans distinction de… religion et je n'apprécie guère de les voir transformer en proies surtout quand le prédateur conte ses exploits à la manière d'un Tartarin, à peine révisé, très Chasse-Pêche-Nature,  " je vais à Vézelay draguer la catholique comme on va chasser la sitelle torchepot dans les marécages du Bas-Rhin ou le castor dans le Nivernais : avec ma bite et mon couteau. En franc-tireur."
Pour finir sur un sourire, sachez qu'en surfant sur la Toile j'ai découvert une rubrique du Who's who, l'annuaire à la couverture rouge, qui publie chaque jour une page : l'anniversaire de... et, pour le 12 juillet, mon sang s'est glacé lorque j'ai constaté que je voisinais avec l'exilé de l'Île de Ré, un certain Lionel Jospin...

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24 juillet 2009 5 24 /07 /juillet /2009 00:03

Le français, notre belle langue, que le Monde nous envie, surtout nos amis anglais, au même titre que nos beaux vins, lorsqu’elle s’encanaille, argot, verlan, sabir du neuf trois, langue du populo, s’aère, prend l’air de la rue, et permet à un petit bloggeur comme moi de « déboguer ». Des expressions comme « avoir bu l’eau des nouilles » ou « avoir les bonbons qui collent au papier » sont les dignes héritières d’un Boudard, d’un Audiard, d’un Dard, d’un Lebreton, d’un Simonin ou d’un Coluche. Je n’en use qu’avec parcimonie même si mes doigts sur le clavier de ma bécane à puces me démangent souvent. Je me réfrène mais de temps en temps je me laisse aller à être très bord-cadre.

Ainsi, l’autre dimanche, après avoir lu les profonds écrits de l’expert de la JV, et m’être dit « je m’en beurre les noisettes », voilà t’y pas que je me mets à déboguer  grave et c’est la pauvre daube qui en a pris pour son grade. Sauf que, depuis plus d’un siècle, ce nom a quitté les fourneaux pour désigner aussi de la camelote et que, depuis quelques années, il traîne aussi dans les cités pour stigmatiser des substances illicites, coupées, donc de très mauvaise qualité.

Mais comme pendant l’été la France se couvre de Culture, avec un grand C, par exemple à Losse-en-Gelaisse y font un radio-crochet, je me suis plongé dans le Grand Robert, j’aurais préféré les bains de mer à Paris-plage mais, vu le temps d’automne qui règne sur notre belle capitale, que tout le monde nous envie, surtout les anglais, je me suis dit qu’il me fallait réhabiliter la daube qui, sommes toute est un plat de saison. Qui plus est, ça me donne l’occasion de faire plaisir au professeur  Jean-Robert Pitte qui veut que notre daube soit classée par l’Unesco au patrimoine de l’Humanité.

 

Daube : du chevalier au souper

 

« La cuisine catalane connut un vif succès dans l’Italie du XVIe siècle et influença plus particulièrement l’Italie du Sud. Les premières attestations de daube, en français, proviennent au XVIe siècle des Pays-Bas espagnols. On trouve, dès 1571, à la dobe dans un Menu d’un souper de noces lillois, puis, en 1599, en adobbe, sous la plume du Flamand Marnix de Sainte-Aldegonde, et en 1604, en adobe dans l’Ouverture de cuisine du cuisinier des princes-évêques de Liège, Lancelot de Casteau. En 1640, le dictionnaire italien-français d’Oudin glose dobba « sorte de viande, peut estre ce que nous disons, à la dobe ou daube. » C’est à Paris que le bœuf en daube est devenu l’un des plats les plus populaires.

C’est en catalan, dans la Blaquerna de Raymond Lulle, qu’apparaît pour la première fois le verbe adobar avec le sens de « préparer un aliment » ; il s’agit d’une extension au domaine culinaire de la « préparation » du chevalier : cet adoubement consistait en un coup de plat d’épée (francique dubban « frapper »)

En Catalogne et en Espagne, adob a désigné la marinade, et le mot s’est répandu en Italie au XVIe siècle : dobba, viande marinée apparaît en italien au milieu au milieu du siècle, et y demeure jusqu’au XVIIIe avant de devenir un régionalisme sicilien. On estime généralement que c’est l’Italie, plutôt que directement depuis l’Espagne, que le mot est passé en français. Sa trajectoire, depuis le domaine germanique du nord de l’Europe, au sens général de « préparation », avec son emploi dans la chevalerie, manifeste la circulation imprévisible des mots culturels. »

Marie-Josée Brochard Dictionnaire culturel en langue française Le Robert

 

Maintenant tout sur la daube ! Non, tout sur la marinade qui transmute le gîte, la macreuse ou le paleron en daube. Passons sur le bouquet garni : thym, sauge, laurier pour dire que les oignons doux, rouge de préférence, seront piqués de clous de girofle et que les gousses d’ail seront meilleures si elles ont marinées dans de l’huile d’olive. Reste l’essentiel : le vin.

Il doit être corsé, plantureux, solide pour attendrir la viande.

Alors, puisque c’est lui qui m’a donné l’idée de cette chronique, va pour un CAHORS comme le préconise Alexis Mazza dans son commentaire. À charge pour lui, puisqu’il est le régional de l’étape, de nous guider dans le choix du producteur.

Un point reste en suspend : doit-on ajouter un peu vinaigre de vin vieux à la marinade ? Pour moi c’est oui, car ça excite la daube, et je conseille un Vinaigre de Banyuls.

Enfin, point important la cocotte qui, pour les bobos rétro, doit être une cocotte en terre cuite à ouverture étroite, du genre de celle dans laquelle mémé Marie faisait cuire les mojettes, munie d'un couvercle creux dans lequel on verse régulièrement de l'eau pour réduire la chaleur du couvercle et restreindre ainsi l'évaporation du bouillon de cuisson ; pour les modernes une bonne cocotte Le Creuset en fonte fera l’affaire ; pour Patrick bien sûr, en bon gars de l'Anjou, ce sera une « Pothine ».

Bon appétit à tous !

QUESTION N°16 : P

 

-         P comme Perico Légasse, quel métier exerçait-il avant de  chroniquer dans Marianne ?

-         P comme Pennautier, le château des Lorgeril près de Carcassonne, quel roi de France y a séjourné ?

-         P comme Patrimonio, quel est le cépage phare des vins rouges de cette appellation ?

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23 juillet 2009 4 23 /07 /juillet /2009 00:04

 

Les amoureux des choses de la nature, ceux qui aiment savoir, connaître, expliquer ont leur Bible : le de Candolle « Origine des Plantes cultivées ». Plus modeste, mais charmant, le petit livre cosigné par Jean-Marie Pelt, Marcel Mazoyer, Théodore Monod et Jacques Girardon « La plus belle histoire des plantes » Collection Points au Seuil, peut facilement se glisser dans une poche pour faire office, sans jouer les savants, de référence pour nos chères petites blondes, ou brunes, ou rousses, qui n’ont pas eu, comme beaucoup d’entre-nous, la chance de vivre au contact avec ces drôles de choses, comme les tomates, qui poussent maintenant en des lieux clos, sur des substrats. Pour eux, l’origine des légumes c’est le rayon du supermarché  ou pire encore les sachets de surgelés. Bref, ce matin, focus sur le poireau pour sa proximité avec la vigne et le ruban cher à ceux qui vont et viennent du côté du 78 rue de Varenne. Et puis, comment ne pas s'extasier sur le nom de certaines variétés les plus cultivées : Gros court d'été, Bleu de Solaize, Monstrueux d'Elbeuf, Monstrueux de Carentan, Jaune gros du Poitou, Long de mézières, Gros long d'été, Malabar du nord...


« Quant au poireau, son origine n'est pas claire. Il appartient au genre Alium, qui comprend, bien sûr, l'ail, mais aussi l'échalotte, l'oignon, la ciboulette. Il semble que le poireau soit une adventice de la vigne. Ce serait sa forme sauvage que l'on appelle poireau de vigne, et qui résiste à tous le traitements.» 
 

« D’après la monographie très soignée de J.Gay, le Porreau, conformément aux soupçons d’anciens auteurs, ne serait qu’une variété de l’Allium Ampeloprasum de Linné, si commun en Orient et dans la région de la Mer Méditerranée, spécialement en Algérie, lequel, dans l’Europe centrale, se naturalise quelquefois dans les vignes et autour d’anciennes cultures […]

La forme du Porrum cultivé n’a pas été trouvé sauvage. On la cite seulement dans des localités suspectes, comme les vignes, les jardins, etc. Ledebour indique, pour l’Allium Ampeloprasum, les confins de la Crimée et les provinces au midi du Caucase. »

 

* adventice = la mauvaise herbe de nos grands-pères qui colonise un territoire par accident.


QUESTION N°15
 : O

 

-         O comme Orsenna Erik, dans son livre sur l’eau notre académicien part avec quelques larrons en dégustation dans un prestigieux domaine, lequel ?

-         O comme Oxygène, quel est le réalisateur qui a popularisé la formule « oxygénez, oxygéner… » ?

-         O comme ODG, comme OI, que signifient ces initiales chères au cœur de l’INAO, Q ?

 

JM. Pelt&Co

Pour le de Candolle :
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22 juillet 2009 3 22 /07 /juillet /2009 00:08

C'est la suite d'hier. Bonne lecture ! Bientôt ma chronique sur le nouveau chai du Château Cos d'Estournel...

 

 

 

QUESTION N°14 : N

-         N comme Noah, en quelle année ce cépage hybride a-t-il été prohibé en France ?

-         N comme Négrette, ce cépage noir des vins de Fronton, est désigné en Vendée sous un nom étrange, lequel ?

-         N comme Nabuchodonosor, combien de litres dans cette bouteille ?

 

 

 

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21 juillet 2009 2 21 /07 /juillet /2009 00:06

Pendant Vinexpo je suis allé visiter le nouveau chais de Cos d'Estournel créé par l'architecte Jean-Michel Wilmotte pour lui consacrer une chronique avec des petites photos. En préparant celle-ci je suis tombé sur une communication de mon ami Bruno Prats, l'ancien propriétaire du Château, pour le 20e anniversaire de l'Union Suisse des oenologues, datée du 24 novembre 2007 et intitulée " 30 ans d'évolution à Bordeaux". Pertinente et sans fard sa lecture m'est apparue fort intéressante et je vous propose donc de la lire en 2 épisodes. Pendant les vacances point trop n'en faut.

à suivre demain...


QUESTION N°13 : M

 

-         M comme Manga, quel est le titre du Manga japonais à la gloire du vin ?

-         M comme Marsannay en quelle année cette appellation situées aux portes de Dijon et appartenant au prestigieux vignoble de la Côte de Nuits a-t-elle été  promue au rang d’Appellation communale ?

-         M comme Mastroquet, que désigne ce mot au XIXe ?

 


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20 juillet 2009 1 20 /07 /juillet /2009 00:01

Je bats ma coulpe : c’est ma faute, c’est ma très grande faute. En 2001 je n’ai rien compris au film : notre recul, puis nos revers outre-Channel, ne sont du qu’à l’existence de margoulins sur le marché du vin.

C’est ce qu’écrit, suite à la lettre des 25 plus gros importateurs et distributeurs anglais au Ministre, un éminent expert de la JV : « Les déboires de la France du vin tiennent principalement aux limites non-marchandes franchies par des opérateurs peu scrupuleux. Ce n’est pas Bordeaux, Bourgogne, Côtes-du-rhône et les centaines autres appellations qui posent problème ; c’est le contenu de la bouteille quand il n’est pas digne de l’appellation revendiquée. »

De la daube dans nos belles bouteilles, ça je l’avais aussi écrit, mais là où je me suis totalement planté c’est que cette daube, si je lis bien l’éminent expert de la JV, n’est produite par personne dans nos belles et grandes appellations : non-lieu pour toutes ! Les coupables sont ailleurs. Où ? Selon l’acte d’accusation, qui reste dans une généralité très générale, ils sont des frères de lait de tous les margoulins de la finance «aux pratiques douteuses et immorales.» Y’aurait donc des marchands français peu scrupuleux qui auraient franchis des «limites non-marchandes» qui nous ont mis dans le pétrin ? Sans vouloir vexer l’éminent expert de la JV c’est clair comme du jus de boudin.

Pourtant notre éminent expert de la JV, qui est aussi un fin connaisseur des marchands de la perfide Albion, leur passe un savon dans le genre les clients ont toujours tort : « on pourrait sourire de cette initiative venant des champions de la promo trois bouteilles pour le prix de deux; aujourd’hui, ils se mordent les doigts d’avoir instauré, et de ne plus maîtriser, le comportement de consommateurs conditionnés à n’acheter qu’au rabais. Il serait également méchant, de ne voir dans cette démarche, qu’une certaine forme de contrition de la part de ceux, qui hier encore, engrangeaient avec boulimie les contributions promotionnelles des régions françaises, aujourd’hui en partie taries »

En plus c’est un fin limier du marigot français : « A moins que cette opération, surtout médiatique, ne soit téléguidée par quelques partenaires ayant intérêt au changement de stratégie; par exemple quelques grands groupes, qui font du chiffre accrochés à une politique prix-produit qui ne leur permet plus d’accompagner leurs ventes, ou à Sopexa, qui rêverait de gros budgets bien ficelés, comme il en existait naguère. »

Mais,  « foin de tout cela, ne nous égarons pas ! Revenons à l’essentiel, au fond du message » déclare, grand seigneur, notre expert après avoir tartiné deux paragraphes de vacheries pour ensuite balayer d’un revers de plume le bla-bla des rosbifs au Ministre : « Il est vrai qu’avec nos particularismes et nos particularités, nos arsenaux de structures, nos pléthores de produits et nos rivalités gauloises, nous constituons un attelage pour le moins atypique. Mais, ne nous méprenons pas ! » Deux lignes et demi point c’est tout : normal, les français ont toujours raison comme aiment à le souligner nos amis anglais.

Ce qui suit, j’en suis persuadé, va les ravir plus encore :

 

Nous sommes les meilleurs : « Contrairement à ce que pensent, ou laissent à penser beaucoup d’observateurs, la France continue d’occuper une place à part dans l’inconscient collectif des consommateurs de la plupart des pays, Royaume-Uni compris. C’est le fruit, d’une histoire, de vins d’exceptions, de tradition, de terroirs, de culture, de tourisme, en fait d’une richesse globale qui crée une alchimie complexe qui fonctionne parfaitement. En marketing produit, les vins français sont seuls à combler les derniers niveaux de satisfaction de la pyramide de Maslow. »

Et y cause riche notre expert de la JV : la pyramide de Maslow ça en jette un max !

 

Le monde entier nous envie : « C’est cet avantage, que les autres pays nous envient, et c’est ce que nous ne devons surtout pas casser par mimétisme ou esprit moutonnier. Il est faux de dire, que la pluralité de l’offre, la complexité de l’environnement soient un handicap pour les vins français. »

Alors pourquoi qu’on – j’adore le quoi qu’on – régresse depuis plusieurs années « au point qu’elle- la France bien sûr - n’occupe plus aujourd’hui, que le cinquième rang des pays fournisseurs derrière l’Australie, les USA, l’Italie et maintenant l’Afrique du Sud. » ?

 

C’est parce que nous souffrons d’un double handicap : un petit et un grand.

 

Nous français nous parlons mal l’anglais et les anglais parlent qu’anglais : « Le handicap, c’est un peu, notre incapacité à l’expliquer, »

Nous français sommes dotés de faiseurs de daube : « et beaucoup, les actions commerciales douteuses de certains opérateurs qui viennent brouiller les cartes et tromper le consommateur. »

 

Donc nous revenons au point de départ : la daube. De la daube surgie du néant qui se retrouve dans la bouteille. Bref, comme je suis un peu marri de mon plantage de 2001 je me suis dis, comme ce gars est une pointure, écoutons ce qu’il propose comme mixture pour guérir le malade.

 

Ordonnance :

 

tout est dans les bassines : « Il faut que les bassins démontrent leur utilité et assurent une logique de production terroirs avec une segmentation commerciale adaptée, calée sur une offre qualitative, positionnée en matière de prix. C’est sur la base de cet édifice, que la France pourra repartir à la conquête des marchés, avec des produits qui auront dans leur totalité retrouvé leur origine, leur spécificité, leur authenticité, leur typicité et leur originalité. »

 

tout est dans ce qui n’est pas écrit : « Face à ces propos certains proclameront, qu’il ne s’agit là que de mots, coupés des réalités commerciales. Certes, nous sommes là au niveau des généralités, mais nous reviendrons sur le sujet pour approfondir l’approche marketing avec ses différents niveaux de communication, nous reviendrons également sur la nécessité d’une communication générique pour expliquer la nouvelle communication des signes de qualité européens ; nous reviendrons sur la structuration des offres « bassin », à organiser au plan national, nous reviendrons enfin sur un marketing global capable de générer une communication hiérarchisée autour d’un espace central, tout en créant des espaces privilégiés pour tous les secteurs de l’offre. »

 

Je me suis dit, bon, si après un tel remède de cheval, très yaka, notre patient qui se traine depuis 10 ans n’est pas guéri, va falloir t’y coller gars. Réflexion faites, je me suis dit : et si tu proposais un bon vieux remède de bonne femme, ça ne mangerait pas de pain. Pour nous guérir de l’ultra libéralisme qui a sévi depuis des décennies dans le monde du vin français, surtout dans le Grand Sud, y’a rien de mieux pour rassurer qu’un truc qu’on connaît, un machin qu’a fait ses preuves, pas un emplâtre sur une jambe de bois, une belle mesure qui permettrait, comme l’appelle de ses vœux notre érecteur de la pyramide de Maslow, « de limiter les errements et d’initier une politique européenne à l’échelle du monde dans laquelle perdurera une viticulture à deux vitesses », donc c’est pour ça que j’ai ressorti des ténèbres extérieures où d’affreux eurocrates l’avaient plongé : la garantie de bonne fin pour tous les vins !

 

Pourquoi exhumer une telle antiquité me dire-vous ?

 

La chasse à la daube bien sûr !

 

En effet, au temps de sa splendeur la séquence était la suivante :

 

1° sitôt la récolte un petit coup de distillation préventive : exit la super daube !

2° souscription de contrats de stockage à court et long terme : au chaud pour quelques mois la daube !

3° en fin de campagne pour les vins stockés à long terme : distillation donc exit la daube aidée…

 

J’exagère un chouïa car il n’y avait pas que de la daube et même, sans être mauvaise langue, certains de ces vins valaient bien certains jouant dans la division supérieure.

Absurde !

 

Pas si sûr, puisque notre grand expert de la JV affirme « que c’est le contenu de la bouteille quand il n’est pas digne de l’appellation revendiquée » qui est la cause de tous nos maux l’alternative est simple :
soit on ne produit plus de la daube,
soit on détruit la daube produite…
En l’absence de choix et de décisions claires c’est le marché qui détruit la daube en la consommant et la daube détruit le marché qui choisi de consommer autre chose que les vins que le Monde nous envie…

 

Quand à l’envolée finale de notre grand expert de la JV « Nous avons changé de siècle ; l’avenir doit se bâtir sur des formules authentiques qui privilégient une culture raisonnée, un environnement durable dans toutes ses composantes, plutôt qu’une fuite en avant destructrice pour les hommes et leur planète. » elle me semble belle comme une couronne de fleurs artificielles «  à nos hectares et à nos ceps disparus » déposée sur une grande part de notre grand vignoble…

Signé : un rapporteur déchu, dégradé, humilié...


QUESTION N°12 : L

 

-         L comme Lacryma Christi, sur les flancs de quel volcan célèbre ce vin moelleux quoiqu’assez sec les vignes sont-elles cultivées ?

-          L comme Latour, la maison Louis Latour, le Grand Ardèche (chronique d’octobre 2008): avec quel président des Vignerons Ardéchois ce premier vin de cépage a-t-il été conçu et développé ?

-         L comme locavores (chronique mai 2008),   « les membres de cette tribu ont fait vœu de ne manger que des produits locaux. Adieu café, riz, chocolat et huile d’olive : tout ce ni pas été produit, préparé et emballé dans un rayon de 160 Km est interdit dans les assiettes… » pourquoi 160 km ?

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