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6 août 2009 4 06 /08 /août /2009 00:02

Pour faire dans le culturel chic, genre Côté Sud, j’eus pu reprendre la célèbre constatation de Georges Duhamel : « Là où l’olivier renonce, finit la Méditerranée » et vous tartiner – mot propre au beurre et non à l’huile – la nième version de l’histoire de l’huile d’olive en commençant par les tablettes contemporaines à Nabuchodonosor pour terminer sur la pub de Puget avec un Fernandel plus marseillais que nature vantant une huile d’olive extra vierge pure made in Spain (normal cette marque appartient aux producteurs français de tournesol et de colza)

 Je suis trop flemmard pour mener un aussi lourd projet. J’ai aussi très mauvais esprit. Alors j’ai préférer vous proposer une tranche d’histoire contée dans le livre de  Maguelonne Toussaint-Samat, « Histoire Naturelle&Morale de la Nourriture ». Elle est pleine de saveurs anciennes qui pourraient se révéler aussi contemporaines pour d’autres produits en provenance d’autres régions…

 

« Les livres de cuisine anglais de la fin du Moyen Âge à celle de la Renaissance spécifiaient rarement et expressément que l’huile employée dans les recettes se devait être d’olive. Est-ce parce que cela tombait sous le sens ? Ou parce qu’on n’osait dire la nature de l’huile courante ? À Londres, à Paris ou à Bruges, on risquait souvent de trouver des mixtures qui n’avaient de vierge que le nom et auraient dû être précisées de « friture » puisque l’exigeait dorénavant la réglementation. Ces huiles, de grignons (tourteaux d’olives rincés) ou de pavot, ainsi rebaptisées justifiaient bien le dicton anglais du temps de la Guerre de Cent Ans : »As brown as oil. »

L’huile de grignons employée sur les bords de la Tamise venait tout droit du Languedoc dans des outres de peaux de chèvre bien propres à l’empuantir davantage. Un voyageur anglais, Thomas Platter, prétend avoir appris à Montpellier (et encore sous Henri IV !) que cette huile de troisième pression était destiné à l’exportation. Les naturels du cru se réservaient la première qualité pour leur usage personnel. Ce qui lui fit bien plaisir, mais nous laisse quelque responsabilité sur la direction prise par l’art culinaire anglais.

Quant aux commerçants des Flandres, de l’Alsace-Lorraine ou de Bourgogne, ils étaient bien assez grands pour trafiquer eux-mêmes l’huile de pavot ou de lin locale avec de l’huile térébenthine avant d’y apposer l’étiquette « huile d’olive ». On comprend que les Septentrionaux n’aient rêvé que de faire glisser leur pitance de carême avec une huile incolore, insipide et bon marché. Leurs espoirs seront enfin comblés au XXe siècle ».

 

Le mot de la fin est donné à Jean Giono « Dans les villes, on n’est pour rien habitué à l’excellence. Tout y est médiocre et la meilleure huile est celle qu’on appelle fort justement « sans goût »…


QUESTION N°24
 : X

 

-         X comme XO, que cachent ces initiales ?

-         X comme classé X, dans l’une mes chroniques les plus consultée il est question des « Enfers » que cachent-ils au grand public ?

-         X comme Xérès, quel est la couleur du Fino ?

 

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5 août 2009 3 05 /08 /août /2009 00:07

Comme le dit fort justement Carole Bouquet « La seule chose dont j’ai envie de prendre soin, c’est de mon cerveau, en continuant d’entretenir ma curiosité. » Butiner, lire, se gaver du miel des mots, laisser les idées bousculer le ronron du quotidien, cultiver ses envies, faire partager ses coups de cœur, voici chers amis bons vivants, chers lecteurs assidus, et toutes celles et tout ceux qui passez là par hasard, ce que ce petit espace de liberté ambitionne de vous apporter. À ma manière je fais attention à vous, je m’efforce de prendre soin de vous qui, pour beaucoup d’entre vous, penchés sur le quotidien, soumis à sa tyrannie, n’êtes guère soucieux de vous.

 

La lecture des histoires contées par Andrea Camilleri me plonge toujours dans un profond ravissement. Il me transporte. De concert avec lui j’entre dans ses histoires, je les vis dans un état de jubilation intense. En effet, comme l’écrit de lui Giovanni Capesci : « Même s’il relate un fait réel, l’écrivain quitte l’habit gris du chroniqueur pour endosser le costume bariolé du conteur, lequel s’exprime souvent dans cette langue typique de Camilleri qui est un mélange d’italien et de dialecte sicilien »

 

Ce matin je vous offre une belle tranche de sa dernière parution « Le pasteur et ses ouailles » chez Fayard où sa verve et son art de conteur atteignent des sommets. La quatrième de couverture donne pitch de l’histoire « En juillet 1945, dans une Sicile en ébullition, l’évêque d’Agrigente se soucie plus des paysans en lutte contre les grands propriétaires terriens que des élans mystiques des religieuses du couvent de Palma. Jusqu’à l’attentat qui mets ses jours en danger. Dix jeunes religieuses vont alors prononcer un vœu inouï pour sauver la vie de leur bon pasteur. Dix vies contre une… Comble piété ou geste insensé ? »

 

« On a beau être en juillet, les soirées à la Quisquina, à mille mètres d’altitude, sont d’une fraîcheur qui vous raspéguille. Cet air léger et vif qui embaume le pin vous ouvre la poitrine et vous change les idées.

L’évêque et le Graceffa s’asseyent sans rien dire sur les rochers. C’est qu’après une marche en forêt, même courte, le père Graceffa a bien besoin de se ravicoler.


Ils ne sont pas là depuis une minute qu’un coup de fusil tiré à quelques mètres éclate avec un bruit à vous faire partir les oreilles, amplifié par la tranquillité absolue du lieu. L’évêque sent le projectile siffler au-dessus de sa tête. Il se lève d’un bond, ébaffé, regarde à la ronde, ne comprend pas ce qui arrive.


« Couchez-vous ! » lui crie le père Graceffa.


Perruzzo ébauche le geste, mes ses agresseurs ne lui en laisse pas le temps. Ils tirent à nouveau et, cette fois, le touchent : l’évêque a l’impression d’être blessé à quatre endroits. En réalité, deux coups l’atteignent et font des dégâts : l’un lui perfore un poumon et l’autre lui dessampille l’avant-bras gauche. Il s’agit de projectiles règlementaires de fusil modèle 91, l’arme des soldats italiens depuis la Grande Guerre.


Un silence absolu retombe.


L’évêque a soixante-sept ans et ses blessures sont mortelles. Mais, fils de paysan, c’est un homme robuste et croisé d’épaules.


Il parvient à se relever et, s’appuyant « sur le faible bras » du père Graceffa, qui avant, trampalait déjà sur ses jambes, maintenant, ébravagé par la peur et l’émotion, tient tout juste debout.


Au bout de quelques pas, Peruzzo sent ses forces le quitter, il pense que le moment de mourir est venu.


Dans l’après-midi, il s’est confessé auprès d’un père passionniste venu lui rendre visite. Mais il veut se confesser encore, maintenant. Les deux hommes s’appuient contre un arbre pour ne pas s’acasser par terre, et le père Graceffa le confesse.


Puis ils reprennent leur chemin de croix.


Bien vite toutefois, Perruzo conçoit un scrupule : a-t-il bien tout confessé, son âme est-elle bien lavée, nette comme torchette, ou la situation l’a-t-elle porté à oublier quelque chose ? À tout hasard, il se confesse une deuxième fois, tout en panchant son sang comme une fontaine.


Juste devant la porte de l’ermitage, il s’aplate face contre terre sans plus pouvoir se relever. Le père Graceffa, tout en dare, s’agenouille à ses côtés. La voix lui manque, le pauvre, pour appeler à l’aide les personnes qui sont à l’intérieur et qui n’ont rien entendu.


« Allez me chercher le Saint-Sacrement », dit Perruzo avec le peu de souffle qui lui reste.


Il n’a peut-être pas réussi à prononcer ces paroles, il a cru les dire alors qu’il les pensait seulement.


En effet, le père Graceffa entre dans l’ermitage, non pour prendre le Saint-Sacrement, mais pour dépêcher le cuisinier-homme à tout faire au village, chercher de l’aide.


À demi-inconscient, l’évêque prie pour lui et pour ses « enfants d’Agrigente » bien-aimés.


Un quart d’heure passe, et Peruzzo se sent un poil rapapillotté. On saura après qu’une espèce de pneumothorax s’était formé dans son poumon, sinon il aurait défunté d’hémorragie.


En s’aidant de son seul bras droit, car le gauche pendigole, brisé par la balle, il se relève et, en s’aidant du mur arrive jusqu’à sa chambre où il s’abouse sur le lit. Le père Graceffa le cherche, le trouve et s’évertue à tamponner ses blessures. Mais c’est à perd-temps, alors il s’agenouille à côté du lit et prie à mi-voix.


À neuf heures et quart, c’est-à-dire une heure et demie après l’agression, les carabiniers arrivent avec deux médecins de Santo Stefano « pour les premiers soins ». Ils sont rejoints à trois heures par un médecin d’Agrigente, le docteur Sciascia, et par une ambulance. Sauf que le véhicule doit rester à trois kilomètres de là, car la route n’est plus carrossable, ce n’est guère qu’un sentier, une draille.


Le médecin d’Agrigente et ceux de Santo Stefano s’accordent à déclarer le blessé intransportable si on ne l’opère pas d’abord. Il est de toute façon trop faible.


Heureusement, les carabiniers se sont mis en quête du professeur Raimondo Borsellino. En téléphonant à leurs différents postes, ils l’ont déniché dans un hameau de la province d’Agrigente, lui ont expliqué la situation et le professeur a répondu qu’il arriverait dès que possible.


En effet, à quatre heures du matin il débarque à la Quisquina. »

QUESTION N°22 : V

 

-         V comme Veuve Clicquot, quels étaient les prénoms et le nom de jeune fille de la plus célèbre veuve du Champagne ?

-         V comme Viognier, dans quelle AOC rouge ce cépage est-il autorisé ?

-         V comme Vin, quelle est la définition du Vin par l’OIV ?

 

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4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 16:13

Chers vous quatre,


Suite à mes élucubrations de ce jour je m’attendais à une volée de bois vert, peut-être viendra-t-elle d’un quelconque redresseur de tort à la française du genre de ceux qui écrivent au Ministre pour avoir une médaille, mais peu me chaut car l’épice de cet espace de liberté c’est de pouvoir causer de tout et de rien, et surtout de nos petites faiblesses, sans trop se prendre le chou.

 

Si je prends la plume en plein après-midi, alors qu’à Paris le ciel se souvient soudain que nous sommes au mois d’août et que je viens de prendre une petite suée sur mon vélo en revenant d’une réunion au Ministère sur la crise du lait – je vous expliquerai dans une prochaine chronique – c’est que je souhaite répondre à chaud à Jean-Baptiste et à Michel Smith.

 

Pour Jean-Baptiste, l’Arpège de Passard n’est pas en face du 78 rue de Varenne mais sur le même trottoir au 84, à l’angle de la rue de Bourgogne. J’ai écrit une chronique «Je veux qu’on parle de la carotte comme du Chardonnay…» Alain Passard de l’Arpège http://www.berthomeau.com/article-26027688.html sur notre histoire commune car, même si nous étions voisins, et que je pouvais me rendre pédestrement chez lui, je n’y tenais pas table ouverte.

 

Pour Michel Smith, la réponse est : oui bien sûr, le dossier fruits et légumes est passé entre mes mains :

-         de 1983 à 86 en tant que Conseiller Technique fruits&légumes, vin où nous avons négocié l’élargissement du « Marché Commun » à l’Espagne et au Portugal ;

-         de 1990 à 92 en tant que Directeur du cabinet.

 

J’ai donc géré des crises car, pour les fruits surtout, les légumes avec les serres sont moins sensibles aux aléas climatiques, la maîtrise de la météo n’est pas encore du ressort ni des politiques ni des professionnels, les consommateurs sont d’’étranges petites bêtes et la Grande Distribution sans états d’âme.

 

La rapidité de l’intervention sur le marché est primordiale : avec 100 à l’instant T il est possible d’éviter une crise ou d’en atténuer ses effets, alors qu’avec 100 000 à l’instant T+1 on jette de l’argent par les fenêtres sans la queue d’un résultat sur le marché. Pendant de nombreuses années nous avons su gérer les crises, en étant parfois border line avec la réglementation européenne – avec nos instruments spécifiques sans gaspillage de fonds publics (tout était cofinancé avec de l’argent des professionnels eux-mêmes) mais le credo de la concurrence pure et dure de la Commission Européenne a mis notre système en porte-à-faux d’où la partie de bras de fer actuelle sur « les aides indues ». Cette même Commission n’a pas le même allant sur les distorsions de concurrences liées aux systèmes de protection sociale. Même si les filets de sécurité provoquaient des effets pervers, des effets d’aubaine, la dérégulation totale des marchés de produits frais va coûter plus cher à la collectivité en termes financiers et sociaux. Nous pourrons en reparler autour d’un verre un de ces jours.

 

Dernière chose, cher Michel Smith, dans le Roussillon cher à ton cœur, où les producteurs de fruits et légumes sont aujourd’hui en première ligne, il faut que tu saches que les viticulteurs ayant bénéficié du Plan Rivesaltes vont se retrouver dans la même situation que leurs collègues. Je n’y suis pour rien le Plan Rivesaltes étant antérieur a ma venue en tant que médiateur dans ton beau département.

 

Bien à vous 4 et merci pour votre fidélité.

 

Amitiés.

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4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 00:07

 

En cette nuit du 4 août j’avoue tout : oui dans mes fonctions « ministérielles » me faire conduire fut toujours pour moi un vrai bonheur.

Tout d’abord, parce que j’ai horreur de conduire, surtout en ville. Ensuite, parce que je pouvais ainsi dormir pendant mes déplacements : une fonction réparatrice importante dans ce métier fort stressant (voyez le nouveau Ministre en plein mois d'août qui se retrouve avec la patate chaude de la demande de remboursement des aides versées indument aux producteurs de fruits et légumes) ; je pouvais lire mes dossiers, la presse ou un roman ; je pouvais regarder tout à loisir les jolies femmes de Paris ; je pouvais admirer le paysage lorsque nous sortions de Paris ; je pouvais aller en coup de vent voir une expo à l’heure du déjeuner ; je pouvais apprécier les vins du déjeuner ou des dîners officiels ; je pouvais radio-téléphoner (pas de cellulaire encore)…

Pas très écolo tout ça me direz-vous.
Privilégié !
Oui, je l’avoue, mais comme j’ai du « supporter », en tant que représentant d'un Ministère totalement inféodé aux pollueurs productivistes, deux Ministres de l’Environnement assez typés : l’évanescent Brice Lalonde puis la très aimable Ségolène Royal, j’ai des excuses.
Plus sérieusement je n’ai jamais pu convaincre la corporation des chauffeurs du 78 rue de Varenne, le mien plus particulièrement, d’accepter que nous troquions la R25 V6 Turbo héritée d'Henri Nallet pour une Clio Exécutive. « Vous n’y pensez pas monsieur le directeur on aurait l’air de quoi… »
À Paris je montais à l’avant : meilleure visibilité pour lécher les vitrines et admirer tout ce qui est admirable. Jamais de chauffeur le soir : trop cher en heures supplémentaires et surtout, vous voyez ce que je veux dire ou alors faut-il que je fasse un dessin avec des yeux et des oreilles… Détail important mon véhicule était doté d’une plaque minéralogique banalisée et non de l’infamant numéro administratif se terminant par 75D qui risquait à tout moment de vous valoir des regards ironiques ou assassins du citoyen. 
J'implore sans aucun remord le pardon du citoyen contribuable que vous êtes et j'avoue que si c'était à refaire je le referais. 
Un détail d'importance jamais de gyrophare ni de deux tons, pas le genre de la maison.
Faute avouée étant, je l'espère, à demie pardonnée, sachez que maintenant mes chauffeurs attitrés sont ceux des bus de la RATP des lignes 68 et 39 qui me trimballent dans Paris lorsque la pluie m’empêche de chevaucher mon fier destrier.

Pour conclure, j’ai découvert dans le numéro 16 /17 de la revue « Médium » un texte de Régis Debray « Pauvres riches » qui m’a ravi. Je vous offre l’extrait sur son goût prononcé pour la voiture avec chauffeur.


«  Le seul attribut du richard qui peut donner des aigreurs au Parisien surveillé et canalisé, recru de PV et d’embouteillages, c’est la voiture avec chauffeur. Le dernier luxe, la rente qui me fait rêver. Parce qu’elle pare aux contredanses, autorise le travail continu sans rupture de charge et permet d’aller le soir voir des pièces d’avant-garde, au fond de ces ténébreuses et labyrinthiques banlieues qui découragent d’avance le cycliste que je suis. Rien que pour s’éviter la sinistrose des temps morts, gaspillés dans les couloirs de la station Montparnasse ou Châtelet, sans lecture ni téléphonage possible – je comprends qu’on puisse faire des bassesses dans les antichambres élyséennes. Quand j’entends qu’un ami a été nommé président de ceci ou directeur de cela (les bons emplois à la disposition du gouvernement permettent de rejoindre les milliardaires sur la question stratégique du véhicule confortable, gratuit et toujours à portée de voix), mon premier mouvement, noble, est de compassion, aussitôt tempéré par un second, moins reluisant : « Le salaud, avec ses deux chauffeurs attitrés (35 heures obligent) et ses vitres fumées, il va gagner deux ou trois heures par jour sur le bipède ordinaire (distorsion de concurrence), plus dans les 1000 euros par mois (tickets de stationnement et contraventions en moins). Injuste. Odieux. Pourquoi pas moi ? ». Il faut bien un exutoire au moche. De loin en loin. Ça purge les vilains sentiments. Par le bas »

  

-         W comme Walden, à quel auteur américain Hervé Bizeul a-t-il emprunté ce nom ?

-         W comme Wagon-citerne, dans quel charmant port ai-je réceptionné des vins de table de South of France en Wagon-citerne ?

-         W comme Wagner, le Vaisseau Fantôme (Der Fliegende Holländer) est répertorié dans l’ouvrage Opéra&Wine sous la rubrique Wines of the Netherlands, quel est l’auteur de cet ouvrage ? (chronique en janvier 2009)

 

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 00:08

Ce matin c’est une belle histoire, comme en notre beau pays gaulois le bon peuple les aime, où un petit teigneux et belliqueux, un Astérix qu’aurait l’accent, flanqué d’un Obélix au physique de Raimu, à la tête du dernier carré d’irréductibles provençaux flanque des clics et des baffes aux hordes de Vandales, Goths, Wisigoths et autres Goths – pas le professeur – buveurs de breuvages de graines ou de patates qui, sous la contrainte de textes abscons ou con tout court, voulaient leur imposer des pratiques infâmes : coupage, mélange, dénaturant l’authenticité de leur boisson traditionnelle de couleur rose qui, comme chacun le sait, n’en est pas une mais un mélange de blanc et de rouge.

Face au danger, en dépit des manœuvres d’obscurs scribes « traîtres » de Lutèce planqués dans leurs soupentes, sous sa grande ombrelle, le chef des mutins Koupepamonrosé, sonnait la levée en masse. Le barde Assurancetoutonrosé, le doyen Ageconderosé, le chef Abraracourcitonrosé et tous les Touchepamonrosé, pour une fois unis, ce qui est à noter, entonnaient au son des tambourinaires, la complainte de la pureté. Toujours à Lutèce la corporation des « goûteurs patentés » de la RVF et d’ailleurs : le professeurpittepamonrosé, l’antoinegerbellepamonrosé, avaient beau protester que cet « affreux » mélange, qui n’était pas du vin de vidange, était une pratique reconnue par toutes les grands prêtres de l’OIV, et que les seigneurs de Champagne l’élevaient au rang d’un art, rien n’y faisaient nos Touchepamonrosé tenaient mordicus à leur saignée.

 

Le vent de la révolte enflait et parvenait jusqu’aux grandes oreilles des bavassous de Lutèce qui n’aiment rien tant que de faire pleurer Margot et que de rouler dans les caniveaux tous les affreux Goths, Wisigoths et autres Goths menaçants les braves ressortissants de l’Empire de Charlemagne (comme c’est une histoire à dormir debout je m’assois sur la chronologie historique). Y’en avait plus que pour eux, les Touchepamonrosé, dans les estaminets, sur les estrades de l’agité du bocage qu’avait ressorti sa faucille et ses sabots, même qu’Arlettechabomonrosé, toujours aussi pointue et pisse-vinaigre, en a fait tout un fromage sur le plateau où les fauves étaient lâchés, le Perricodetouchepamonrosé s’époumonait, y’a pas à moufter c’était sûr la patrie était en danger. Pas de discussion, la grande ombrelle des rosés n’abritaient que du bon, j’en ai même rencontré dans le bas des rayons des « supermarchés de Provence » chers à feu Gilbert Bécaud.

Et pendant ce temps-là, entre la chef des barbares du Nord Lafisherbolldurosécoupé et les manches de lustrines Courtelinedurosécoupé ça papotait sec : si tu m’donne ça je te refile ça en échange de ça contre ça. Donc, patatras, au lendemain du scrutin, plus de rosé coupé. Les bavassous de Lutèce triomphaient : notre beau pays de Gaulois n’étaient pas mort… car il gueule encore… comme le chantaient dans le car les gars de chez moi quand ils rentraient après une victoire contre les « ennemis héréditaires » du patelin d’à côté.  En un bel élan, le chef Touchepamonrosé était hissé sur le pavois. Le coq gaulois, dressé sur ses ergots dégoisait des bordées de Cocoricos. Bravo !
 

Tout est bien qui finit bien sauf que si, sous une autre ombrelle, des gueux, jusqu’ici regroupés sous l’appellation « de pays » qui vont maintenant indiquer leur provenance géographique – c’était déjà le cas mais on ne le disait pas comme ça – et de ce fait quitter la déshonorante qualification de table qui leur interdisait de mélanger du blanc à du rouge pour faire du rosé comme l’autorisait la loi aux VQPRD. Et si un bougon quelconque des cépages revendiquait ce droit pour ses ouailles, en disant : « moi j’ai agréé des blancs et des rouges en mon sein, donc s’ils sont à la hauteur mettre quelques gouttes d’un bon rouge de cépage dans un bon blanc de cépage ça devrait nous pisser un bon rosé, qu’adviendrait-il ?

Une belle bataille gaulo-gauloises ?

Et ce n’est pas une vue de mon esprit tordu car le nouveau règlement qui va entrer en vigueur le 1ier août « stipule
entre autres que le coupage de vins rouge et blanc sans indication géographique pour faire du vin rosé n’est pas permis… » donc les IGP, qui étaient privé de ce droit, l’acquièrent.

Bref, tango, tango, et comme l’aurait dit monsieur de La Palice : le vrai danger pour le rosé fait avec des raisins rouges c’est que les gars qui font du rouge qui se vend mal se mettent à faire du rosé qui se vend bien.

Le prochain épisode : Astérix chez les Langues d’Oc verra Ordralfabét’Oc le poissonnier se prendre le bec avec Ielosubmarine sa moitié qui préfère le Picpoul de Pinet au rosé bien connu : le Cytelet…  

  

 

 

 

 

 

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2 août 2009 7 02 /08 /août /2009 00:02

Nul ne se souciait de moi, d’ailleurs beaucoup de membres du cabinet ignoraient jusqu’à mon existence puisque je ne participais à aucune réunion de cabinet et, à fortiori, à tout ce qui touchait à la vie de celui-ci. Je n’existais pas. Mon nom n’était porté sur aucun organigramme. Le standard ne détenait aucun numéro de poste à mon nom. Comme je travaillais essentiellement la nuit les occasions de me croiser dans les antichambres, les lieux de travail et de réception étaient très rares. Hormis la Secrétaire-Particulière, mon chaperon de Bourson – mais il était rarement à son bureau – le directeur de cabinet, qui répondait au nom un peu comique de Chapon, un Ingénieur des Ponts très Grands Corps de l’Etat, et de temps à autre le Ministre lui-même lorsque ma prose lui avait valu des compliments, je ne fréquentais pas le petit monde très gris des conseillers techniques et des hauts-fonctionnaires. Homme de l’ombre, je profitais à plein de l’avantage que me conférait ma position de nègre pour voir sans être vu et surtout d’accéder à tous les bureaux, la nuit bien évidemment, pour feuilleter les dossiers les plus chauds. Vous ne pouvez pas imaginer comme c’était simple et facile. Comme je ne pouvais pas être au four et au moulin, par l’entremise de ce cher de Bourson, l’ami Raymond avait repris du service dans la cohorte des huissiers et cette vieille culotte de peau de d’Espéruche se pavanait aux côtés du Ministre en tant qu’officier de sécurité. Deux positions stratégiques dans la collecte des renseignements et des rumeurs du petit monde qui gravitait autour du Ministre.

Dans un Ministère comme celui de l’Equipement et du Logement où seule une petite poignée de hauts-fonctionnaires détiennent les codes permettant de pénétrer dans l’imposant arsenal juridique des ZAC, des COS, des DUP et autres machines infernales, la proximité politique avec le Ministre et son entourage ne suffit pas pour décrocher la manne des grands travaux et des grands chantiers, des HLM, il est nécessaire d’entrer dans une forme de connivence avec eux. Officiellement, pour garantir l’égalité des entreprises face aux appels d’offre, le code des marchés publics déploie des digues, présumées solides et sans la moindre fissure. Les fissures se sont les hommes. La Haute-Fonction Publique française est difficilement achetable mais elle a l’échine souple et un sens aigu de ses intérêts collectifs, alors tout doit être mis en œuvre pour la contourner, pour qu’elle ferme les yeux en se pinçant les narines. Le Ministre et ses conseillers influents jouent donc un rôle déterminant dans la sape des dispositifs jugés sans faille. Comme ce sont des politiques, émanations d’une majorité parlementaire qui, par la grâce du scrutin d’arrondissement, se transforme facilement en porte-paroles de ses électeurs, surtout ceux dont le portefeuille peut-être sollicité pour financer les campagnes électorales, la proximité est naturelle. Les pompes à finances, les bureaux d’études liés aux partis politiques, les enveloppes ou valises de billets, émanant de marchés publics et, quelques années plus tard, des autorisations d’implantation de grandes surfaces par les commissions d’urbanisme commercial nées de la loi Royer, vont alimenter les grosses machines électorales des petits comme des grands politiques.

Les interventions pleuvaient comme à Gravelotte et la litanie des « monsieur le Ministre et cher ami » déferlait sur le bureau du cabinet chargé de dispatcher les courriers parlementaires sur les membres du cabinet compétents qui, eux-mêmes sous-traiteront la réponse technique aux services du Ministère. Toute une terminologie d’accompagnement de ces courriers permettait, en principe, de les hiérarchiser en fonction surtout de la qualité et de l’influence du demandeur. Tout ça pour vous dire qu’il me suffisait de pister dès la source : le bureau du cabinet, les gros poissons, pour détenir de la dynamite en barre. L’Administration, la petite, la besogneuse, possédait deux qualités inestimables pour le chasseur que j’étais : elle est lente, donc les dossiers stationnaient longtemps dans le même lieu, et elle ignore la mise sous clé de ses dossiers : ils étaient soigneusement empilés sur les bureaux de jour comme de nuit. Toute la fange tombait donc, sans grand effort de ma part, dans mon escarcelle. Mes deux acolytes me fournissaient eux de précieuses indications qui enrichissaient mon précieux butin : Raymond me transmettait les noms des solliciteurs qui défilaient chez le Ministre, d’Espéruche notait les appréciations du Ministre sur les dossiers sensibles.

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1 août 2009 6 01 /08 /août /2009 00:00

Les établissements Nicolas, en 1927, ont publié sous la plume de Louis Forest : l'Art de Boire illustré par les dessins de Charles Martin.

Le préambule prend la forme d'une exorde :

Un proverbe enseigne :

« Quand le Vin est tiré, il faut le boire  »


Cette maxime est lamentable.
Elle n'est point due à l'inspiration d'un cerveau fin guidant une pensée fine, par l'intermédiaire d'une fine bouche.

Un gourmet eût écrit :

«  Quand le Vin est tiré, il faut savoir le boire !  »


Et de définir : Le buveur civilisé

Cette distinction est tout un programme d'humanité supérieure. Elle révèle une puissante différence de classe entre le buveur banal qui ingurgite, engloutit, lampe, et l'homme de goût qui déguste avec tendresse quelque chef d'oeuvre de la nature vineuse, en échangeant, avec des amateurs dignes de cette confiance, les estimations, les comparaisons qui, surexcitant les forces nerveuses des papilles, représentent un acte de jugement !

Voilà une belle illustration de la « lutte des classes  », l'acte fondateur de l'opposition entre les amateurs et le vulgum pécus, opposition qui perdure sous d'autres formes, l'enfermement du bien boire dans un cérémoniel réservé aux initiés,  un acte simple du bien vivre érigé en jugement. Il n'empêche que les illustrations - fort représentatives du bourgeois amateur de vin - sont de belles factures.

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31 juillet 2009 5 31 /07 /juillet /2009 00:02

Pour le premier épisode du feuilleton coquin de l'été, c'est comme à la Télé une reprise d'une chronique juillet 2006 : le Mot et la Chose de Gabriel-Charles de Lattaignant qui comme cadet d'une famille aristocratique, bien qu'il fût complètement dépourvu de vocation,fut destiné à l'état ecclésiastique. Il sortit du séminaire abbé reçu dans les meilleures maisons, il s'encanaillait aussi dans les cabarets, finissant souvent la soirée sous la table en entonnant un de ses couplets grivois ! « J'allume mon génie au soleil et je l'éteins dans la boue ». Vers la quarantaine, il fut tout près de se marier avec une jeune fille de seize ans. Mais le projet avorta et Lattaignant se résigna au sacerdoce : il obtint un titre de chanoine de Reims en 1743  et fut ordonné prêtre deux ans plus tard. À Reims , il fut en grande faveur auprès de l'archevêque, Mgr de Rohan-Guéméné , qui le prit pour secrétaire.




Madame, quel est votre mot

Et sur le mot et sur la chose ?

On vous a dit souvent le mot,

On vous a souvent fait la chose.

Ainsi, de la chose et du mot

Pouvez-vous dire quelque chose.

Et je gagerai que le mot

Vous plaît beaucoup moins que la chose !

Pour moi, voici quel est mon mot

Et sur le mot et sur la chose.

J'avouerai que j'aime le mot,

J'avouerai que j'aime la chose.

Mais, c'est la chose avec le mot

Et c'est le mot avec la chose ;

Autrement, la chose et le mot

À mes yeux seraient peu de chose.

Je crois même, en faveur du mot,

Pouvoir ajouter quelque chose,

Une chose qui donne au mot

Tout l'avantage sur la chose :

C'est qu'on peut dire encor le mot

Alors qu'on ne peut plus la chose...

Et, si peu que vaille le mot,

Enfin, c'est toujours quelque chose !

De là, je conclus que le mot

Doit être mis avant la chose,

Que l'on doit n'ajouter un mot

Qu'autant que l'on peut quelque chose

Et que, pour le temps où le mot

Viendra seul, hélas, sans la chose,

Il faut se réserver le mot

Pour se consoler de la chose !

Pour vous, je crois qu'avec le mot

Vous voyez toujours autre chose :

Vous dites si gaiement le mot,

Vous méritez si bien la chose,

Que, pour vous, la chose et le mot

Doivent être la même chose...

Et, vous n'avez pas dit le mot,

Qu'on est déjà prêt à la chose.

Mais, quand je vous dis que le mot

Vaut pour moi bien plus que la chose

Vous devez me croire, à ce mot,

Bien peu connaisseur en la chose !

Eh bien, voici mon dernier mot

Et sur le mot et sur la chose :

Madame, passez-moi le mot...

Et je vous passerai la chose !

 

Madame, quel est votre mot

Et sur le mot et sur la chose ?

On vous a dit souvent le mot,

On vous a souvent fait la chose.

Ainsi, de la chose et du mot

Pouvez-vous dire quelque chose.

Et je gagerai que le mot

Vous plaît beaucoup moins que la chose !

Pour moi, voici quel est mon mot

Et sur le mot et sur la chose.

J'avouerai que j'aime le mot,

J'avouerai que j'aime la chose.

Mais, c'est la chose avec le mot

Et c'est le mot avec la chose ;

Autrement, la chose et le mot

À mes yeux seraient peu de chose.

Je crois même, en faveur du mot,

Pouvoir ajouter quelque chose,

Une chose qui donne au mot

Tout l'avantage sur la chose :

C'est qu'on peut dire encor le mot

Alors qu'on ne peut plus la chose...

Et, si peu que vaille le mot,

Enfin, c'est toujours quelque chose !

De là, je conclus que le mot

Doit être mis avant la chose,

Que l'on doit n'ajouter un mot

Qu'autant que l'on peut quelque chose

Et que, pour le temps où le mot

Viendra seul, hélas, sans la chose,

Il faut se réserver le mot

Pour se consoler de la chose !

Pour vous, je crois qu'avec le mot

Vous voyez toujours autre chose :

Vous dites si gaiement le mot,

Vous méritez si bien la chose,

Que, pour vous, la chose et le mot

Doivent être la même chose...

Et, vous n'avez pas dit le mot,

Qu'on est déjà prêt à la chose.

Mais, quand je vous dis que le mot

Vaut pour moi bien plus que la chose

Vous devez me croire, à ce mot,

Bien peu connaisseur en la chose !

Eh bien, voici mon dernier mot

Et sur le mot et sur la chose :

Madame, passez-moi le mot...

Et je vous passerai la chose !

 
QUESTION N°21 : U

 

-         U comme Ugni blanc, à Cognac où ce cépage règne en maître il est aussi désigné sous un autre nom, lequel ?

-         U comme Uchau, dans quelle région de France est-ce autrefois une mesure de capacité pour les liquides, principalement le vin ?

-         U comme URSS, quel était dans l’ancien empire des Soviets la principale République productrice de vin ?

 

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30 juillet 2009 4 30 /07 /juillet /2009 00:02

Rappelez-vous : « Le vin est un alcool, donc cancérigène » ça c’est un titre qui claque, qui pète, qui fout la trouille au bon peuple qui certes ne lit pas le Monde mais qui regarde le journal du 20h à la télé qui lui anone les vérités débitées par le vieux journal de « référence » qui paraît en début d’après-midi, et auquel je suis toujours abonné. Ça porte, ça ajoute une onde choc supplémentaire au Tam-tam médiatique orchestré par un haut-fonctionnaire de la République, le dénommé Houssin, Directeur Général de la Santé, une chercheuse de l’INRA qui s’occupe de carottes et de navets, et bien sûr celui qui, face au micro complaisamment tendu par la convaincue d’avance Sandrine Blanchard, le professeur Président de l’Institut National du Cancer Dominique Maraninchi. Ça  marque les esprits lorsque le propos émane de la bouche d’un ponte du cancer http://www.berthomeau.com/article-30304997.html . Le mal est fait. L’impact sur le grand public est sensible. C’était le but recherché : jeter l’opprobre, face aux points de vue contraires laisser planer la petite musique : y’a pas de fumée sans feu.

Par bonheur cette fois-ci nos grands communicateurs ont trouvé face à eux une résistance qui, pour la première fois depuis que je traîne mes guêtres dans ce secteur, a utilisé les bonnes armes : celles de la contestation motivée et étayée de la valeur scientifique des arguments avancés. Grâce soit rendue aux militants d’Honneur du Vin, au frais de leurs adhérents, qui ont coalisé les bonnes volontés et organisé la contre-attaque. J’espère que les grands argentiers des pompes à fric du secteur vont enfin comprendre qu’il leur faut distraire un chouïa de la manne commune pour pouvoir se payer les expertises et les moyens de vieille sur tous ces sujets sensibles. Bref, les brochures Préventions Nutrition&Préventions des cancers : des connaissances scientifiques aux recommandations destinées aux professionnels de Santé, sont parties au pilon et le « Haut Conseil de la Santé Publique » a été saisi par la Ministre de la Santé pour qu’ « à la lumière des résultats contenus dans ce rapport – celui de l’INCA – et d’éventuelles récentes publications sur le sujet […] de bien vouloir examiner s’il y a lieu ou pas, au vue d’une expertise du rapport, de modifier les recommandations sanitaires actuelles. »

La réponse datée du 1ier juillet est sans ambigüité : « C’est non »

Considérant

  1. que les données scientifiques objectivent un risque de cancer associé à la consommation d’alcool sans effet de seuil ;
  2. que les données analysées ne permettent pas d’estimer avec précision les risques attribuables aux consommations d’alcool à faible dose ;
  3. qu’une recommandation nutritionnelle destinée au grand public doit tenir compte de l’ensemble des effets et impacts potentiels et ne pas se baser sur une morbi-mortalité spécifique ;

Le Haut Conseil de la santé publique recommande de conserver le principe actuel de recommandations basées sur des repères de consommation ;

 

On ne peut être plus clair et cinglant. Pour le sieur Houssin c’est un camouflet. Certes pour mettre un peu de baume sur la claque le HCSP préconise :

-         d’engager un travail d’actualisation et d’harmonisation des repères de consommation, fondé sur des donnée factuelles, qui tiennent compte du risque attribuable aux faibles doses ;

-         d’effectuer pour cela un travail de synthèse des connaissances afin de préciser le risque attribuable aux faibles consommations d’alcool, et le cas échéant d’examiner la relation bénéfice/risque de la consommation d’alcool a faible dose ;

afin que puisse rapidement être proposée une recommandation basée sur des données objectives.

 

Sans vouloir être mauvaise langue, même ce baume n’est pas un satisfécit pour les tenants du « zéro verre », en effet lorsque le HCSP leur demande d’engager un travail d’actualisation et de synthèse cela sous-entend que celui-ci n’a pas été fait et que nos amis les prohibitionnistes nous ont vendu leurs désirs pour des réalités. Mais la lie de la coupe n’est pas encore toute bue pour eux. En effet,

 

Le Haut Conseil de la santé publique suggère en outre :

-         que soit harmonisés les différents messages de recommandations issu d’organismes différents dès lors que ces organismes sont publics ;

-         d’évaluer les résultats des politiques de prévention afin de pouvoir les faire évoluer si nécessaire.

 

Pour ceux qui l’ignorerait tous ces différents organismes publics sont sous la tutelle du Ministère de la Santé et que le haut-fonctionnaire qui l’exerce est le Directeur Général de la Santé le sieur Houssin lui-même impliqué dans le dérapage médiatique : ça frise le pompier pyromane chers amis. Enfin le petit couplet sur l’évaluation des politiques de prévention n’est pas innocent : il sonne comme un coup de règle sur les doigts de nos amis prohibitionnistes en leur rappelant que la communication ne constitue pas en elle-même une politique de prévention et surtout n’en détermine pas l’efficacité.

 

Reste notre Sandrine Blanchard qui « nous marque à la culotte » lorsqu’il s’agit de nous stigmatiser. Que fait-elle face à ce communiqué ? Elle noie le poisson dans un article filandreux  titrant, tout en bas de la page 16, coincé entre la rubrique cinéma et celle du sport : Alcool et Cancer : nouvelle controverse. Désolé, miss Blanchard, il ne s’agit pas d’une controverse qui est une discussion suivie autour d’une question mais d’une mise au point très claire qui remet les pendules à l’heure. En clair « le zéro verre » mis en avant par l’INCA ne s’appuie sur aucune donnée scientifique avérée et par ce fait même n’aurait jamais du être mis en avant. Ça ne souffre d’aucune discussion. C’est un mensonge. Reste que nous sommes au mois d’août et le bruit émis par le communiqué du Haut Conseil de la santé publique équivaut à celui d’une flute traversière alors que celui du « mensonge » de nos amis prohibitionnistes atteignait en décibels médiatiques l’équivalent d’un concert de U2 au stade de France. Bien évidemment, les bavassous des journaux télévisés se garderont bien d’en faire état et miss Blanchard n’aura pas l’honnêteté journalistique minimale de tendre son micro à une personnalité en désaccord avec le professeur Président de l’Institut National du Cancer Dominique Maraninchi. Deux poids, deux mesures, le sanitairement correct de beaucoup de journalistes spécialisés couvre même le « mensonge » de ceux dont la mission est de protéger la Santé Publique, alors comment voulez que nous, simples citoyens, leur accordions un minimum de crédit.

 

QUESTION N°20 : T

 

-         T comme la montée de Tonnerre, 1ier cru du Chablis, quel Ministre de l’Agriculture a été maire de Tonnerre ?

-         T comme Toques&Clochers, en quelle année a eu lieu la première édition de cette belle manifestation des Vignerons de Sieur d’Arques ?

-         T comme vin de Table, sous quel nom désignait-on ces vins avant la nouvelle dénomination communautaire ?

 

 

 

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29 juillet 2009 3 29 /07 /juillet /2009 00:01

« Il y a, comme cela, des époques étonnantes dans notre histoire. Des époques majeures, véritables concentrations de forces sous l’effet desquelles s’opèrent dans un creuset des transformations radicales de nos cadres de vie, de nos manières de penser. Brusquement, tout est remis en question, matériellement et spirituellement, car des évènements capitaux, dont on ne mesurera les conséquences synchronisées qu’avec du recul, donnent une poussée à nos civilisations à bout de souffle. Alors, le vaisseau à bord duquel est embarquée l’humanité change de vitesse et de cap. Ces concours de circonstances scandent curieusement l’histoire, depuis qu’elle est connue, et que l’on peut attester de ses cycles, de demi-millénaire en demi-millénaire. Il n’est que de consulter une chronologie pour en être émerveillé. »

 

Dans sa magistrale somme : « Histoire Naturelle&Morale de la Nourriture », dont est tiré la citation ci-dessus, Maguelonne Toussaint-Samat, montre comment les préoccupations alimentaires « point si futiles que cela, puisque derrière l’aliment marche le monde. » s’insèrent dans ces grands mouvements de l’Histoire. Comment les gens du Néolithique, en un lent et pénible travail, vont domestiquer plantes et bétail pour qu’ »à la satisfaction physique de la faim assouvie. » s’ajoute « le plaisir intellectuel de la gourmandise, point encore – et heureusement ! – dénoncée comme un péché mortel. » C’est l’irruption du goût, du moins d’un meilleur goût. « Ce n’est déjà plus une nourriture sauvage, appréhendée au hasard des besoins, mais une alimentation pensée et organisée en fonction de ces besoins. » Transformer les produits bruts, les cuisiner, naissance de la gastronomie qui est à la fois « savoir-faire et savoir apprécier. »

 

Cet art culinaire « commence à se faire jour en Grèce ; c’est, de génération en génération, l’élaboration de produits simples et savoureux, les premiers produits alimentaires manufacturés : le pain, l’huile et le vin. » Nous y voilà, chers amis adeptes du Bien Vivre, comme l’écrit magistralement Maguelonne Toussaint-Samat : « Au pain et au vin, « ces deux colonnes de la consommation dans la civilisation occidentale », comme le dit encore Jean-François Revel (Festins en paroles, Pauvert, Paris 1979), s’ajoute l’huile qui en est la lumière. La révélation de cette trinité, fondamentale pour la santé des gens et la prospérité des Etats, est attribuée à des divinités bienveillantes et pacifiques qui ne sont pas les plus redoutées mais restent en tout cas les plus chéries : Déméter, Dionysos et Athéna. »

 

Et de conclure « Et comment ne pas bien parler, lorsqu’on a commencé sa journée, à la façon des Grecs du Ve siècle av. J.-C. : en trempant du pain dans du vin (acratodzomai, d’acratos : pur comme du vin), exceptionnellement pris ainsi pour les petits déjeuners tout comme il l’est pour les libations propitiatoires, la meilleure prière qui soit avant tout repas. Pourquoi le vin au petit déjeuner, dit pour cela acratos, doit-il être pur ? Parce qu’en lui consistent les prémices de la journée dont rien ne dit qu’elle ne sera pas, à un titre ou à un autre, la plus importante de notre vie. En tout cas, elle devrait être profitable comme le pain, stimulante comme le vin, douce comme l’huile.

« Qu’est-ce que l’abondance ? Un mot et rien de plus, le nécessaire suffit au sage », dit un Grec, Euripide.

Qu’y a-t-il de plus nécessaire que le pain, l’huile et le vin ? »

 

Si, après une telle lecture, tous ceux qui ne sont pas encore membres de l’Amicale du Bien Vivre dites Amicale des Bons Vivants, profitant du temps des vacances n’adhèrent pas, je suis prêt à rendre mon tablier…

 

A suivre…

 

« Histoire Naturelle&Morale de la Nourriture » Prix d’Histoire de la Société des Gens de Lettres, de Maguelonne Toussaint-Samat, historienne, journaliste et écrivain, petite-fille et arrière-petite-fille des fondateurs du Petit Marseillais, Jean-Baptiste Samat et Toussaint Samat, est publié chez Bordas novembre 1987 (on le trouve en vente sur le Net)

QUESTION N°19 : S

 

-         S comme Sideways, quelle est la vraie vedette de ce road-movie américain ?

-         S comme Smith Michel, dans la chronique qu’il a écrit pour Vin&Cie quel est le cépage qui y tient la vedette ?

-         S comme Sulfites, depuis quelle date la mention « contient des sulfites » ou «contains sulfites » est-elle obligatoire ?

 

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