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14 septembre 2009 1 14 /09 /septembre /2009 00:01

 

C'est le temps des vendanges et si je voulais me la péter grave je causerais riche dans le style : le raisin ayant atteint sa maturité phénolique... étant mûr et sain... et patati et patatin...  Mais comme je ne suis qu'un pisse-copie je vous offre ce matin quelques oeuvres (désolé pour hier d'avoir encombré votre messagerie avec 3 avis, ce n'était qu'une petite folie de mon hébergeur et non ma volonté que vous lisiez ma prose du dimanche. La veille l'adresse de la chronique n'était pas valide, dans ce cas il faut cliquer sur www.berthomeau.com pour avoir accès à mes écrits) :

1- Une gouache d'André Derain pour la plaquette "Le génie du Vin" * des établissements Nicolas en 1972.

 

Chanaan, Terre de la Promesse.
Vendange de miracle,
Grappe géante que deux hommes
Peuvent à peine suffire
à porter au pressoir.
Telle sans doute que celles
dont l’image emplissait les yeux
des compagnons desséchés de Moïse
dans leur voyage à travers la longue soif.

Texte de Thierry Maulnier de l'Académie Française

* 300 exemplaires de cette édition numérotés de 1 à 300, ont été réservés aux acquéreurs des prestigieuses bouteilles offertes au Comité pour la Sauvegarde de Venise par les établissements Nicolas à l'occasion du Cent cinquantenaire de leur fondation.

Mécène en ce temps là Nicolas...


2° Un dessin original de Ronald Searle publié dans Something in the Cellar :

 3° Une petite photo prise dans une brocante :

4° Une photo de Janine Niepce dans les Vendanges texte de Bernard Clavel chez hoëbeke

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13 septembre 2009 7 13 /09 /septembre /2009 08:15

« Verba volent, scripta manent… » la parole de l’archange contre celle du président Pompe ne pesait pas lourd alors que ses propres écrits l’accablaient : comment pouvait-il nier sa démarche à l’ambassade des USA, sa lettre au Premier Secrétaire du PCUS, le bonnasse  Khrouchtchev avec sa godasse de l'ONU, alors que nous le tenions par la peau des couilles car, bien évidemment, nous avions laissé filtrer auprès de certains journalistes que nous avions les preuves de ce que le Président avançait. Entre services secrets alliés ou même adversaires, se donner un coup de main en de telles circonstances relevait de la pure solidarité et de l’espérance d’un retour le moment opportun. Nos collègues du SDEC nous avaient donc fourni le matériel ad hoc. D’ailleurs, dans son livre « L’Etat piégé » notre homme se contente de contester la véracité du lien entre sa nouvelle démarche à propos de la mort de Kennedy, sur tout le reste il observe un silence total. En effet, le 21 septembre, à sa sortie de chez le juge Galmiche saisi de l’affaire, flanqué de Me Floriot son défenseur, Alain Fernbach de Radio-Luxembourg lui tend son micro « Le chef de l’Etat, au début de sa conférence de presse vient de dire que vous aviez prévu l’assassinat du président Kennedy en 1963. Est-ce vrai ? Est-il exact aussi que vous ayez demandé une autorisation de port d’armes ? » Sa mise au point, le lendemain au Georges V, devant une cinquantaine de journalistes ne convainquit personne, sauf lui.

Nous avions réussi notre coup, l’archange même s’il secoua très fort les haubans de la République Pompidolienne venait de recevoir la première banderille qui, ajouter à d’autres, le ferait se dégonfler. J’anticipe mais ma participation, plus qu’active, à l’élaboration du contenu de la contre-attaque présidentielle me valut une aura toute particulière dans le marigot des officines. Sans vouloir rouler des mécaniques j’étais devenu pour eux « l’homme du Président », celui qui avait su se montrer bien plus machiavélique que ce pauvre dénonciateur qui cachait ses messages sous des arbres, dans la forêt de Fontainebleau pour le premier. Il n’était pas de taille ce boy-scout qui se prenait pour un génie de la finance, nous allions le bouffer tout cru. Cependant, je dois à la vérité que cette « célébrité » me précipitera, quelques années plus tard, dans une fuite peu glorieuse. J’anticipe encore mais, en ce mois de septembre 1972, en chaussant des bottes, trop grandes pour ma petite personne, je m’engageais sur une terra incognita : celle des grands prédateurs du monde économique et financier où j’allais vivre des moments rares tout en me mettant en permanence en danger. Chloé, de retour pour un temps de son escapade transalpine, me prévint : « tu es trop seul, trop coupé de tout ce monde interlope, ton équipe est sympathique mais sans envergure, alors prend garde à toi, au premier faux-pas au mieux ils te casseront, au pire ils te tueront… » J’avais ri. Elle m’avait dit « je tiens à toi ». J’avais répondu « moi aussi je tiens à moi… » Elle me rétorqua« je n’en suis pas si sûr… »

Le premier appeau que je mis entre les blanches mains de l’Archange fut le rapport de l’Ingénieur Général de la Construction Leguern sur la catastrophe de Tignes-Val d’Isère due à des avalanches ayant détruit des immeubles et fait de nombreuses victimes. Pour que ce cher homme soit persuadé que ce dossier lui tombait dessus par le plus heureux des hasards nous avions chiadé la mise en scène : une chemise bien jaunie astucieusement glissée dans une pile de dossiers sur le bureau d’une des secrétaires du service du courrier parlementaire. L’archange fouineur adorait fureter, à l’heure du déjeuner, ce lieu était pour lui une mine recelant une extraordinaire diversité de cas bien gratinés. Dès qu’il eut les 50 feuillets du rapport Leguern entre les mains, nous sentîmes comme une lueur d’euphorie s’inscrire sur son visage de clerc de notaire bouffeur de salade. Mon choix était judicieux car les pièces accumulées par le haut-fonctionnaire étaient accablantes : ainsi sous la référence 1 G 70 22 du 10 novembre 1970 était mentionné que « 1044 logements, 704 lits, 514 chambres d’hôtel et 41 constructions à usages divers » avaient été autorisés dans les zones exposées à des risques d’avalanche. Tout ça ne datait pas d’hier : les permis de construire, avec avis favorable ou pas d’avis du maire, dans des zones dangereuses s’accumulaient, ainsi que quelques victimes par ci par là. Pas de quoi émouvoir les bétonneurs des neiges mais vraiment tout ce qu’il fallait pour mettre notre archange dans un état de lévitation proche de l’extase. Le « pigeon » était vraiment ferré restait à entretenir son appétit pour les affaires qui puaient.

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12 septembre 2009 6 12 /09 /septembre /2009 00:10

Pour moi les vacances se terminent mais pour garder leur goût rien ne vaut une petite tranche d'humour leste et, comme Andréa Camilleri est grand expert en la matière ce matin, dans le cadre de mon feuilleton coquin de l’été, je vous en offre une très savoureuse découpée dans l’opus « Privé de Titre » publié en livre de poche n°31330.

 

« Il descend, ce grand galavard, oui ou merde ? » se demande Nino Impallomèni qui ne tient plus en place.


Fils de maître Calogero Impallomèni, un ténor du barreau, et de la marquise Angiolina Tesauro, Nino est d’une famille de haut fessier : c’est un jeune homme de bientôt vingt ans, grand et mince comme un bâton de rogations. Il fait son droit à l’Université de Palerme.


Pour l’heure il a collé son oreille gauche contre la porte d’entrée de son appartement, guettant le moment où il entendra les pas de monsieur Burruano, descendant l’escalier de l’étage supérieur. À huit heures pétantes, chaque soir que le bon Dieu faisait, monsieur Calogero Burruano sortait de chez lui en tacquant si fort la porte de l’immeuble que les vitres tremblaient jusqu’au troisième étage, et il allait jouer aux cartes au club « Foi et Progrès » dont il ne ressortait pas avant minuit, laissant seule à la maison son épouse Adelina, une fenotte d’à peine quarante ans.


Madame Adelina s’était installée trois mois auparavant dans cet appartement du troisième et dernier étage avec son mari, et il ne lui avait guère fallu de temps pour tomber le nez sur Nino, tout frais «émoulu de ses études palermitaines, et comprendre alors sans qu’on le lui explique longtemps, la façon d’utiliser ces soirées que son mari passait à son club.


Nino Impallomèni et mame Adelina Pircoco, épouse Burruano, s’étaient accordés au premier regard, sans avoir rien besoin de dire.


Dans le quart d’heure qui suivit leur rencontre (le temps strictement nécessaire à Nino pour laver la bête), le jeunot grimpait l’escalier vers le troisième étage. Il s’apprêtait à chapoter à la porte quand il s’aperçut qu’elle était entrouverte. Il entra et la referma derrière lui. L’appartement était plongé dans l’obscurité, sauf une lumière provenant de la dernière porte à droite dans le couloir. Il s’y dirigea prudemment. Dans la chambre conjugale, la dame était déjà à plat de lit, le drap pudiquement remonté jusqu’aux yeux.


« Tâche voir de pas me faire mal, je suis une petite nature. »


Au cours des deux heures qui suivirent, Nino Impallomèni acquit la conviction que la petite nature, dans le cas présent, c’était plutôt lui. Quand, à la troisième reprise, mama Adelina lui avait tendrement demandé à l’oreille s’il pouvait remettre l’ouvrage sur le métier, Nino avait sauté du lit en déclarant avoir oublié un rendez-vous important.


Ce soir du 24 avril, monsieur Burruano se décida enfin à descendre l’escalier pour aller voir ailleurs s’il y était. Il était huit heures dix et Nino devait retrouver Titazio et Lillino au plus tard à huit heures et quart. Tant pis, ils attendraient. En deux temps trois mouvements, Nino se retrouva dans la chambre de mama Adelina, se défubla de sa veste en un tournemain, déboutonna son pantalon qu’il envoya valser d’un coup de pied. Le pantalon atterrit contre le mur, avec un bruit métallique, en partie étouffé par le tissu.


« Qu’as-tu donc dans ta poche ? s’enquit la dame.


-         Mon révolver » répondit le jeune homme en entrant dans le lit avec ses chaussures. ET il ajouta : « Ce soir, j’ai un quart d’heure tout compris.


-         Et moi, mes affaires, stipula la dame, pivoine.


-         Il y a un remède à tout » rebriqua Nino.


Il l’étendit sur le ventre, posa sa main sur sa bouche pour empêcher que l’immanquable quinchée ne s’entende de la rue, et de l’autre baissa sa petite culotte doublée d’un linge.


« Ah ! » laconisa la dame quand elle sentit l’effraction.


Elle n’avait pas crié, et son ah ! disait plus la satisfaction que la douleur. »

 

À lire absolument cette histoire du « seul et unique martyr fasciste de toute la Sicile » qui se déroule juste avant l’avènement du fascisme. Un vrai bijou plein de verve, d’humour, de pertinence sur l’éternelle manipulation de la vérité par les régimes autoritaires.

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11 septembre 2009 5 11 /09 /septembre /2009 00:02

« Qui n’en a pas goûté ne connaît pas l’île » affirme Émile Bergerat dans son livre Souvenirs d’un enfant de Paris 1887. Le brocciu ou encore broccio est une « friandise » qui se consomme tout au long de son vieillissement. Frais, il se prête à toutes les fantaisies, nature ou agrémenté de sucre, d’eau-de-vie, de fruit ou de confiture sur une belle tranche de pain. Avec l’âge, il s’affermit et son goût s’affirme, et alors le brocciu s’allie avec tous les moments du repas, chaud, froid, frit : entrées, légumes, pâtes, poissons, viandes, œufs et, bien sûr, desserts.

 

Art venu du fond des âges, l’élaboration du brocciu par les bergers, tour de main précis et délicat, relève d’une forme de magie où, avec le même corps de règles, chaque produit est unique. . Indifféremment confectionné à partir de lait de chèvre ou de brebis, le brocciu se trouve sur les marchés lors de la période de lactation des chèvres et des brebis (de septembre à juillet). Son goût évolue en fonction des conditions d’alimentation des animaux. Pour les puristes, le brocciu confectionné avec du lactosérum de chèvre et de lait de brebis est le meilleur.

 

Dans Bergers Corses, Georges Ravis Gordiani, décrit avec la précision de l’ethnologue la confection du brocciu par les bergers du Niolu.

 

« Il reste à faire le brocciu avec le petit-lait recueilli soit avant la mise en fattoghje (fromage de chèvre), soit à la suite de l’égouttage des fromages. On fait chauffer ce petit-lait dans un chaudron de cuivre étamé – paghjolu – ; le feu est ici la grande affaire. Il y faut un bois sec, non résineux (hêtre, chêne, aulne), en aucun cas le pin qui donnerait une flemme trop vive et ferait « attacher » le brocciu au fond du chaudron. Quand le petit-lait atteint la température de 30° environ, le berger avec un ballet de bruyère, enlève la scurza, sorte de dépôt qui se forme au fond du paghjolu. Quand le petit-lait atteint une chaleur suffisante (environ 60°), que le berger apprécie à la main, on y jette le lait entier (u purriciu) qu’on a réservé à cet usage, et un peu de sel, et on règle le feu de telle manière que les flammes ne touchent plus le fond du chaudron. À cette phase de l’opération, la réussite dépend de la surveillance constante du feu et du mélange que le berger tourne lentement avec un bâton pour assurer la fusion du lait entier et du petit-lait. C’est à partir de ce mélange que se fait la coagulation de la caséine du purriciu qui monte à la surface en emprisonnant toutes les matières grasses résiduelles du petit-lait. Elle forme alors une sorte de masse blanchâtre et tendre. On dit que le brocciu vene (vient). Quand, quelques instants plus tard, il s’ouvre laissant voir le jaune du petit lait, il faut enlever sans tarder le chaudron du feu. On doit alors « essuyer » (asciuvà) la surface du brocciu, lui enlever son écume et les impuretés (cendres, poussières) que la proximité du feu y a fait voler. Le berger le fait délicatement, avec une cuillère, jusqu’à ce que la masse du brocciu, à la fois compacte et souple, soit parfaitement blanche. Alors seulement il le ramasse avec une écumoire en fer (a paletta) et le dépose délicatement dans des moules en jonc. Comme le fromage, il redouble (appicia) les brocci. Au Niolu, un brocciu pèse rarement moins de 2,5 kg. »

 

Bien sûr le problème du brocciu c’est qu’il est bien difficile de s’en procurer hors de l’Île de Beauté mais, si vous avez un bon fromager, ce n’est pas totalement mission impossible de lui demander d’en « importer » du Niolu. Bref, la recette qui suit est pour moi un de ces plaisirs d’été dont je souhaite vous faire profiter. Elle est simple ( la cuisine au brocciu Marie-Claire Biancarelli édtions Albiana www.albiana.fr ) Des tomates mûres, de l’ail, du basilic, des spaghettis n°7 et bien sûr du brocciu.

 

Dans un saladier vous découpez vos tomates en cubes, vous y ajoutez l’ail coupé en lamelles et le basilic cisaillé grossièrement. Versez sur la préparation de l’huile d’olive. Mélangez et laissez reposer.

 

Dans un plat creux coupez le brocciu en cubes moyens.

 

Pour les spaghettis : cuisson al dente puis égouttage et arrosage à l’eau froide.

 

Ajoutez-les au mélange tomates-ail-basilic-huile d’olive.

 

Versez le tout dans le plat creux et opérez le mélange avec le brocciu.


 

Du côté liquide, pour accompagner vos spaghettis je vous recommande un Clos Capitoro rosé 2008. C’est un AOC Ajaccio doublement décoré : 2 médailles d’or en 2009 au Concours Général Agricole et au Concours de Mâcon. Belle bouteille ventrue. Rose intense. Vin vif et joyeux qui s’avère un merveilleux compagnon des spaghettis au brocciu. 7 euros 50 chez Sagone Primeurs. www.clos-capitoro.com

 

 

Bon appétit ! Je ne résiste pas au plaisir d’accompagner ma recette d’un pan sur le bec à l’attention de Jean-Guy Poletti directeur de la rédaction de Corsica qui « allume » le CIVC (interprofession des vins corses) pour son bulletin de victoire à propos de l’affaire dites du rosé pur et fait sienne la déclaration de François Alfonsi qui parle de « bal des faux-culs », pour lui signaler qu’en matière d’information approximative, dont il accuse les professionels, son hebdomadaire, comme bien d’autres, est très performant. dans ce domaine. En effet, nulle trace dans Corsica de l’info soulignant que le fameux coupage rouge-blanc n’était qu’une extension aux vins sans Indication Géographique d’un droit dont disposent toutes les AOC, celles de Corse comprises. Que seuls les seigneurs de Champagne en profitassent est une autre histoire... dont je vous ai abreuvé lire Astérix chez les Provençaux du chef Koupepamonrosé http://www.berthomeau.com/article-33621172.html  ...
 

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10 septembre 2009 4 10 /09 /septembre /2009 00:09

 

De nos jours chahutés, où les chapelles se toisent, où les anathèmes tombent drus, où les noms d’oiseaux volent bas, chez les œnophiles éclairés, en société, dans les étages élevés ou au ras des pâquerettes, dans les beaux quartiers mais aussi au fin fond des bistrots branchés ou de quartier, à propos des guides divers et variés, des spécial Vins, pour tout et rien, il est de bon ton d’avoir du terroir plein la bouche.


Terroir, mot intraduisible en une autre langue que notre belle langue le français, qui permet aux éminents commentateurs d’aller y puiser de la minéralité ou d’affirmer qu’il est le jardin de Gethsémani où la vigne doit entreprendre son chemin de croix, souffrir, saigner pour aller à l’essentiel ou encore d’abreuver les malheureux consommateurs, en général ignares, de termes géologiques barbares sur les contre-étiquettes.


Bref, le terroir c’est tendance. Nous lui devons le respect dû aux Anciens. Le vénérer. Le chérir. L’aduler. N’en tirer que la quintessence en laissant aux Nouveaux Barbares le soin de complanter leurs vignes dans une terre vile, assoiffée, livrée à des hordes de va-nu-pieds, pour en faire pisser des flots colorés. Le terroir c’est notre côté black béret revisité par les nouveaux adeptes du naturel chers au cœur de Michel Bettane. C’est la plus belle illustration du concept français d’exception culturelle, fil d’Ariane d’un Mitterrand à l’autre. C’est le retour en grâce des vers de terre de mon grand-père, de Nénette sa jument, de la décavaillonneuse... Le Terroir c’est l’enracinement profond en ces temps de mondialisation.

Ne voyez pas dans mes propos matinaux une once d’ironie mais plutôt une volonté d’apporter un soupçon de rationnel dans le lyrisme ambiant. En effet, le terroir c’est l’origine, le lieu de résidence permanent de la vigne qui a des papiers puisque c’est une AOC ou une AOP, à la rigueur une IGP même si ça contrace le Professeur. Alors, comme des esprits mal embouchés ont imposé à nos belles AOC, que le monde nous envie, une dégustation une fois le vin fait, avec l’idée d’y trouver de la typicité locale, je trouve qu’il serait plus logique d’imposer, avant toute chose, une dégustation du terroir.


Là vous vous dites, mezzo voce, que je detrancane (que je n’ai pas toute ma tête) Détrompez-vous, je suis plus sérieux qu’un Pape et je vais vous en faire la démonstration.

  

Mon projet, n'ayons pas peur des mots, révolutionnaire, que je vais soumettre à « Sans Interdit » http://www.berthomeau.com/article-1582091.html  le Think tank, que le monde entier nous envie, qui roupillait un peu ces derniers temps mais qui va reprendre le collier à la rentrée, repose sur les travaux empiriques de Gnazio Manisco, l’un des plus grands spécialistes du Terroir du Grand Sud. Sans plus attendre je vous livre le fond de sa pensée aussi profonde qu’un terroir de Grand Cru Classé.

 

« Or la terre était bonne, Gnazio l’avait goûtée, toise par toise, avec sa fiasque de vin. Il se baissait à chaque pas, prenait entre pouce et index une pincée de terre qu’il posait sur sa langue et dégustait. Il fallait qu’elle ne soit ni trop amère ni trop salée, ni trop douce ni trop aigre, ni trop sèche ni trop humide.

« La saveur des terres bonnes et fines / est celle des natures féminines », avait-il entendu dire au bonhomme Japico, du temps où il était ouvrier agricole. Ensuite, il se rinçait la bouche d’une gorgée de vin, avançait d’un pas et se baissait pour en prendre une nouvelle pincée. »

 

La méthode est donc d’une simplicité biblique. Reste à former les dégustateurs de terroir. Ce ne devrait pas être plus malaisé qu’actuellement de formater ceux dont de beaux esprits nous disent qu’ils sont capables de déceler d’un seul coup de langue, les yeux fermés, la typicité d’un Pouilly Fuissé. Mes amis du CAC de l’INAO devraient trouver là du grain à moudre.  Certains n’objecteront que le terroir de référence de Gnazio Manisco, du côté de Vigàta, en Sicile, même si l’on y produit du vin et de l’huile d’olive, ne peut être un modèle pour l’inégalable TERROIR de la France du vin. Je serais tout prêt à en convenir le jour où les défenseurs de la typicité m’auront démontré la pertinence de leur bouzin. D’autres, les « naturistes » vont m’accuser de mettre en danger la santé des dégustateurs en leur faisant laper des trucs pas très chrétiens épandus sur le dit terroir. Là, comme je suis un coquin, je me dis que ce serait peut-être un bon moyen pour revenir à des pratiques un peu plus respectueuses du dit Terroir.


Bon, j’arrête de décoconner mais avouez, chers lecteurs, que ce serait un beau et magnifique spectacle que de voir, en plein cagnard, sur les coteaux, des experts des commissions de l’INAO se baisser pour prendre une pincée de terroir, de le goûter, de prendre des notes sur un petit carnet prévu à cet effet par l’ODG, puis s’envoyer une gorgée de vin pour de rincer le palais. 


D’ailleurs, comme je suis malicieux, il serait peut-être judicieux de coupler les 2 dégustations. À mon avis les résultats de la première en seraient sûrement améliorés. Le seul souci, afin d’éviter de tomber en fin de journée sous les foudres de la maréchaussée, serait de ramener en autocar à leur hôtel nos dégustateurs de terroir. Un truc que les ODG devraient pouvoir facilement organiser, ça occuperait le directeur.


Enfin, imaginez combien de sommes, d’articles, de guides pourraient être écrits sur les dégustations comparatives entre les différents terroirs ; de Pomerol et de Lalande-de-Pomerol par exemple.


L'idée est lancée à tous les vents. Que deviendra-t-elle ? Je ne sais. Peut-être me vaudra-t-elle d'entrer dans l'Histoire de nos beaux terroirs au même titre que Capus ? Où, ironie à la française, face au dédain de mes pairs les barbares du Nouveau Monde vont se précipiter sur elle pour nous refaire le coup du jugement de Paris. Bref, j'attends avec impatience l'interview de la RVF, la reconnaissance éternelle des vignerons de Sève, une note en bas de page dans le prochain livre du Professeur, un article pour moi tout seul dans le Spécial Vins 2010 du POINT, une place de PQ au Comité National Vins&Eaux-de-vie de l'INAO, Q...
La Gloire enfin !

à bientôt sur mes lignes... 


Vocabulaire sicilien puisé dans le dernier bijou d’Andrea Camilleri : Marruza Musumeci chez Fayard dont je vous causerai un de ces 4 et, bien sûr, Gnazio Manisco en est le principal protagoniste.

Detrancaner : ne plus avoir toute sa tête

Contracer : contrarier

Décoconner : déconner

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9 septembre 2009 3 09 /09 /septembre /2009 13:36

 Tchoo, qui est un fin connaisseur du microcosme bordelais, à raison, les prix canons des Bordeaux proposés par la GD en ces foires aux vins « d’automne » ne sont pas forcément synonymes de « daube » mais reflètent plutôt l’état de désarroi de la viticulture girondine qui est en train de découvrir, à l’instar du Grand Sud, les « collectifs ». Désolé Emmanuel, je ne vais pas monter en ligne pour les viticulteurs qui s’organisent du côté de Castillon-la-Bataille http://francois.caussin.free.fr/cdvia/ , non que je me désintéressasse de leur sort mais parce que, comme je l’ai expliqué hier, je ne suis plus preneur de ces combats où je n’ai que des coups à prendre. D’ailleurs, où étaient-ils au temps où je montais en première ligne ? S’ils veulent s’exprimer, expliquer le pourquoi de leur action, ma porte est ouverte.

Donc, comme le montre le bandeau ci-dessous, la course au moins cher du moins cher est ouverte : un Bordeaux 2007 Château Roulière du Closet à 2,20 euros accompagné dans le peloton d’un Bordeaux 2005 Château Portillon, médaille de bronze au concours général de Paris 2006, à 2,90 euros ; d’un Bordeaux 2006 Château de Reguignon, médaille d’or au concours de Bordeaux 2007  à 3,50 euros ; d’un Bordeaux 2008 château Joumes-Fillon à 3,80 euros ; d’un Bordeaux 2005, château Tour Chapoux, médaille d’or au concours de Bordeaux 2007, à 4,70 euros. Vive les petits châteaux ! Et dire que le Mouton-Cadet chalute entre 7 et 10 euros (le Professeur face à un tel crime au bon goût est dans tous ses états).


Bref, avant d’aller tirer des bords en compagnie des barracudas et des sars – qui ne dînent pas à l’huile, désolé ! – je me devais de vous livrer cette chaude actualité accompagnée, non d’une bouteille « gratuite » - j'adore ce concept qui permet d'afficher un prix de la bouteille qui n'est pas le bon, mais les français ne doivent plus savoir faire des divisions -, mais d’un petit cadeau de Cabu. J'ai un faible pour Jean-Louis Borloo, sans aucun doute le seul Ministre de la Ve République qui aurait endossé avec bonheur le costume de Ministre des Vignerons...

 

À bientôt sur mes lignes...

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9 septembre 2009 3 09 /09 /septembre /2009 00:06

 

Avant d'entamer cette chronique je vous dois une explication sur mon "exil". Ce n'est ni une démission - je ne suis guère chevènementiste - ni un faux-départ pour que le choeur de mes amis me retienne, non ce  n'est qu'un retrait de tout ce qui rime avec ce qui a fait mes riches heures de ces dix dernières années. Pour tout vous avouer j'en ai un peu marre que certains me disent face à la situation actuelle que j'avais raison et plus encore, ça me gonfle que quelques fausses gloires ramènent leur science sur cette même situation alors qu'elles sont, depuis toujours, en dehors de la plaque.
Je continue donc mes chroniques mais je ne m'échaufferai plus les sangs sur les débats redondants des spécialistes du sur-place ou de l'adoration des vieilles lunes.
Ce blog est né de ma placardisation liée à ma liberté de pensée. Je garde celle-ci pleine et entière mais je l'exercerai à bon escient sans me précipiter tête baissée dans les combats perdus d'avance. Je le regrette un peu mais qui puis-je ? Plus grand chose, alors ce n'est pas de la résignation mais du réalisme. Allez, passons aux choses sérieuses...


Pour les grands amateurs, les lecteurs du POINT par exemple, foire aux vins rime avec GCC de Bordeaux « dont les prix s’étaient affolés depuis le millésime 2005, chutent. Gentiment pour certains : essentiellement ceux qui n’avaient pas trop augmenté. Brutalement chez d’autres : ceux dont le prix ne correspondaient pas vraiment à la réalité du marché dans la durée... ». Permettez-moi un commentaire : Dieu qu’il est facile de se référer à la réalité du marché à postériori. Donc tout pour Bordeaux dans la GD et, comme le fait remarquer avec pertinence Jacques Dupont « pour les crus et les cuvées rares du Rhône, de Bourgogne, de Loire ou du Languedoc, passez chez votre caviste. » ou à Monoprix
http://www.berthomeau.com/article-35644400.html

Pour moi, qui prend un malin plaisir à ne rien faire comme tout le monde, je délaisse ce matin les offres du « génial » inventeur des foires aux vins (dixit Leclerc soi-même), du Mammouth endormi et autres grandes surfaces pour me replier sur les modestes magasins SPAR et leur logo gentiment désuet : son petit sapin roi des forêts. Oui je sais, les analystes patentés de la GD vont m’objecter que le réseau SPAR  « avec 16 000 points de vente dans 30 pays sur les 5 continents, SPAR est le leader mondial du commerce de proximité. Premier réseau de franchise français d'alimentation générale de proximité. » et qu’il est en France adossé au Groupe Casino (pour l’intendance voir www.spar.fr )

D’accord mais leur slogan « Faites le plein chez votre voisin » va comme un gant à la notion de « foire aux vins » et, cerise sur le gâteau, c’est en Corse que la branche supermarché y est la plus fournie. En plus, je l’avoue sans fausse honte, leur offre amène de l’eau à mon moulin sur la réalité du marché du vin de monsieur&madame tout le monde dans notre belle patrie du vin que le Monde nous envie. Ça vole bas au ras de l’euro. C’est vraiment du rase moquette loin des folies bordelaises même si elles dévissent. Mais nos grands commentateurs de foires aux vins ne s'intéressent guère au panier de la ménagère.

 

Ici sur les 23 Bordeaux (sur 67 vins présentés) :

-          5 sont dans la fourchette : 2,5/3,5 euros

-          4 sont dans la fourchette : 3,5/4,5 euros

-          4 sont dans la fourchette : 4,5/6,50 euros

-          4 sont dans la fourchette : 6,50/9,50 euros

-          7 sont à plus de 9,90 euros

1 coup de cœur au ras du prix d’appel : 2,95 pour un Bordeaux rouge 2007 château Tour de Baillou

1 coup de cœur à 6,95 euros pour un St Emilion Château Petit Sicard 2007

1 coup de cœur à 9,80 euros pour un St Estèphe Château Laffitte-Carcasset 2006

A noter que l’offre Bordeaux couvre tout  le spectre des prix de cette mini foire aux vins de 2,50 euros pour un Bordeaux 2007 château Perreau à un St Julien 2007 à 12,50 euros.

Du côté des blancs : l’Entre-deux-Mers 2007 château Bellevue  Chollet est à 3,10 euros et 2  liquoreux : 1 Ste Croix-du-Mont château Le Pin Sacriste 2007 à 5,95 euros et un Sauternes château Grand Mayne 2004 à 8,50 euros.

Toutes les offres Bordeaux sont des châteaux le slogan du CIVB est donc pertinent...


Du côté de la LOIRE les 8 vins proposés sont au-dessous de 4,50 euros

2 coups de cœur : 1 Saumur-Champigny 2007 Domaine des Closiers à 4,25 euros et 1 Muscadt Sèvre&Maine sur lie L’Aubinière à 3,50 euros.

1Rosé d’Anjou 2008 Domaine des Trahan à 2,95 euros et 1 Cabernet d’Anjou 2008 Tonnerre des Vignes 3,25 euros.

 

Bourgogne-Beaujolais 11 vins (dont 3 blancs) se situe dans l’axe médian de l’offre 4,50/7,50 euros.

Sauf pour le coup de cœur en rouge 1 beaujolais-Villages château de Lacarelle 2007 à 3,90 euros

En blanc, le coup de cœur 1 Chablis Lucienne Michel Tasteviné 2007 à 7,50 euros

Outre le coup de cœur le beaujolais est aussi représenté par 1 Morgon Les Charmes 2007 médaille d’or au concours de Macon à 5,30 euros

1 Bourgogne Blanc 2007 est étiqueté Chardonnay (ça ne va pas faire plaisir au Professeur) Vignoble Eypert 4,95 euros.

 

La Vallée du Rhône avec ses 11 vins est très présente sous la barre des 4,50 euros : 6 vins, puis elle couvre ensuite la plage 5,50 à 8,50 euros et décroche la timbale du vin le plus cher de l’offre : 13,95 euros pour un Chateauneuf-du-Pape 2005 Les Closiers.

1 coup de cœur Côtes du Rhône 2007 Domaine La Couquihado à 3,25 euros

1 coup de cœur Gigondas 2006 château la Bégude 6,90 euros

1 Côtes du Rhône 2008 prix d’appel à 2,50 euros Le Bois du Roy

1 Tavel 2008 Le Petit Péché à 5,60 euros.   

 

Provence Corse la portion congrue 3 vins mais avec un beau prix (au sens producteur j’entends) sauf pour le Côtes de Provence

1 coup de cœur Bandol rouge Domaine du Colombier 2006 à 7,50 euros

1 Côtes de Provence rosé 2008 Domaine de Pontfract à 3,60 euros

1 Porto-Vecchio Domaine de Torracia 2007 AB à 7,50 euros

 

Languedoc-Roussillon : la bérézina 2 vins

1 Corbières 2007 Château Les Ollieux à un prix canon 2,90 euros

1 Picpoul de Pinet 2008 Domaine Félines à 3,20 euros

 

Le Sud-Ouest : au bas du bas : 5 vins dont 4 dans la fourchette 2,50/3,50 euros

1 coup de cœur Cahors Rigal 2006 à 2,95 euros

1 Jurançon blanc doux Le Bon Roy Henry 2006 6,50 euros

 

L’Alsace : au-dessous du niveau de la mer 4 vins dont 3 tournent autour de 3,10 euros et 3,80 euros.

1 coup de cœur Riesling Edouard Leiber 2008 à 3,80 euros

1 Gewurztraminer 2008 Clos Sainte Odile à 5,25 euros

 

Voilà une image de l’offre française : rien que des AOC... Que faire Professeur ? Des vins de cépages !

34 vins à moins de 4,50 euros

15 vins entre 4,50 et 6,50 euros

10 vins entre 6,50 et 8,50 euros

8 tournants autour de 10 à 14 euros.

à propos de "foires aux vins" et de "Spécial Vins", celui de l'Express dans sa pochette-surprise en cellophane à 9,90 euros, prix de marchand de chaussures, un peu chéros ne trouvez-vous pas ? A ce prix-là le Barbier de l'Express pourrait nous offrir une boutanche de la foire aux vins de SPAR... Désolé ! Moi je n'ai pas acheté, trop cher !



à demain sur mes lignes... 

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8 septembre 2009 2 08 /09 /septembre /2009 00:09

Chers compatriotes,

 

Ma décision est prise : je pars !

Je quitte sans regret notre mère patrie qui, comme le Monde entier le sait, est la « patrie du vin ».

Je suis donc dorénavant un « exilé ».

Rassurez-vous je ne serai point un exilé fiscal car je continuerai de résider dans mon 9ième étage du 14ième arrondissement de Paris. Mon départ s’apparentera donc à une forme originale d’extraterritorialité : j’ai fait mon deuil des dix dernières années passées à seriner les mêmes âneries – sous ma plume d’amoureux des ânes c’est un péché d’orgueil – et je laisse aux esprits brillants, notre belle patrie du vin en porte de nombreux, le soin de vous abreuver de leurs hautes pensées sur l’avenir de notre secteur d’activité.

À l’âge de 10 ans, un matin devant mon bol de chocolat Poulain, j’ai déclaré à ma mère, qui rêvait que je sois curé, « maman je veux être journaliste ». La sainte femme m’a répondu « ce n’est pas un métier... » ; à 18 ans, en dansant un slow dans un bal de campagne, j’ai déclaré, toujours modeste, à celle qui allait devenir ma 1ière épouse, et qui s’inquiétait de mon avenir, « je serai Ministre » ; à 21 ans, avant d’entamer ma thèse de Doctorat, avec Yves Prats, le doyen de la Fac frère de Bruno, je lui faisais part de mon envie de devenir Professeur de Droit, sa réponse, fort pertinente, « vous allez vous ennuyer... » a fixé mon destin professionnel.

Maman avait tort, c’est d’être Ministre qui n’est pas un métier. Quand à être journaliste, à ma façon, avec Vin&Cie je suis revenu à mes premières amours. Pour ce qui est d’être professeur, avec un grand P, je l’ai fait 3 ans durant comme Professeur associé, à mi-temps, de l’Université de Nantes, et je me dis que si j’avais embrassé cette brillante sinécure, pour tromper l’ennui, j’aurais eu tout le temps d’écrire des livres.

Digressions pour aller à l’essentiel : pourquoi pars-je ?

Naturellement, sans regret, j’étais mûr et, avant d’être blet, couper le cordon s’imposait. Depuis quelques temps, comme je suis tombé tout petit dans la marmite de la chose publique, l’état de la maison rose m’attristait. Quel piteux spectacle ! Mais, philosophe, je me disais qu’il valait mieux en rire qu’en pleurer. Et puis, boum bada boum, la « Bécassine du Poitou-Charentes » a encore frappé. J’étais vert. Étrange état pour un type qui se dit mûr me direz-vous. En apparence oui mais très vite le coup de grâce est venu de là où je ne l’attendais point. D’un coup de POINT dans le plexus solaire qui m’a couvert le front d’une sainte colère. J’étais rouge. Et puis, je me suis rasséréné. À quoi bon ferrailler contre les bastilles, les chapelles, les fonds de commerce, les poses en tout genre. Sois un papy-boomer apaisé me suis-je dit.

Qu’avais-je lu ?

Je cite  « si on avait autorisé le mélange blanc-rouge, sans doute que nombre de producteurs de vrai rosé de Provence auraient du cesser leur activité et vendre en terrain à bâtir leur vignoble, contribuant ainsi au bétonnage systématique de la région. »

Royal ce texte, beau à l’image de ce on venu de nulle part, forme moderne de la main invisible, manipulatrice, semant sur son passage de la désolation et du béton. Presque du Perico ou du Chiquelin, j’en étais tout « affané ». J’en avais la « gargagnole nouée » et je me retenais de « chougner comme un veau. »

D’accord me direz-vous, pourquoi s’alarmer de ce brossage appuyé dans le sens du poil des organisations professionnelles, vous en avez vu d’autres « camarade », en pire. J’en conviens et ça ne justifiait pas que je me retirasse sous ma tente. C’est la suite qui m’a totalement escagassé.
Là, en lisant, je me suis dit mon gars replie tes gaules t’es vraiment pas à la hauteur. Tu barbotes petitement dans le quotidien. Tu patauges grave dans la réalité. Tu n’as pas encore compris que dans la « patrie du vin » pour donner le Cap vaut mieux, soit avoir du nez, soit être un ponte de l’Université. Comme je n'ai pas le bel appendice de l’un, ni la qualité de l’autre et que je n’ai même pas été capable d’être Ministre – c’est tout dire – je me suis dit à moi-même, à l’image de l’affreux Jojo à sa Liliane en 1977, du côté de Sainte-Lucie-de-Moriani, sur la Plaine Orientale, « Jacques fais les valises... ».

Qu’avais-je donc lu qui me mît dans un tel état ?

Rien de transcendant mais simplement le quotidien de ce que j’entends depuis 10 ans dans la bouche des adeptes des postures gauloises.

 

Question : « [...] les remèdes récemment proposés allaient dans l’autre sens (pour le poseur de question depuis la nuit des temps la puissance publique a toujours cherché à améliorer la qualité), « vin passe-partout » normalisé, industrialisé. La réussite du vin en France est majoritairement celle des artisans et des PME, est-ce que cela dérange ? »

 

Réponse : « La qualité de tous les vins de France de tous les vins de France et du monde s’est incontestablement améliorée grâce aux progrès de la viticulture et de l’œnologie, mais l’existence de nouveaux marchés encore assez peu connaisseurs et en forte croissance a entraîné le développement de vins technologiques sans défaut majeur, mais sans grâce. Certains négociants français ou étrangers mettent en vente des vins d’origine qui, du fait des assemblages multiples, sont dépourvus de complexité et, ce qui est le comble, d’ «originalité». Je ne comprends pas l’intérêt de la nouvelle appellation « vin de pays vignobles de France ». Laissons cela aux pays où, la terre et la main d’œuvre ne coûte rien, où l’irrigation est autorisée. Il y a de plus en plus d’amateurs éclairés dans le monde. Ceux-ci ne se satisfont pas des vins de cépage passe-partout. Ils veulent des vins nuancés, qui les conduisent à l’émotion. Efforçons-nous de les satisfaire, selon nos traditions toujours renouvelées. La segmentation du marché est bien plus rentable que la recherche des économies d’échelle. »

 

J’adore le « laissons cela aux pays... » ça sonne comme un ne nous commettons pas nous, Français, à l’élaboration de ces breuvages pour « non connaisseurs », les « pouffes » de Birmingham ex-buveuses de bière ou les jeunes accros de Coca virant au rosé light par exemple. Notre génie, qui seul sait faire dans la nuance, qui seul est capable de procurer de l’émotion aux amateurs éclairés, ne peut s’abaisser à de telles pratiques réservées aux Barbares qui font pisser la vigne à grand coup de flotte en bottant le cul à ceux qui la cultivent en guise de salaire. Qu’est-ce qu’on en a à péter de tous ces ignares aux palais grossiers ? Rien ! Mais là je m’échauffe pour rien. La messe est dite. Je m’occupe de mes vaches.

 

Cependant, avant de boucler mes valises, je me suis permis d’écrire 4 lettres que j’ai jetées, dans une bouteille bien sûr, à la mer :

-          la première, commune à Joseph Helfrich&Pierre Castel  qui, en substance, les exhorte à faire cesser le scandale de leurs assemblages « indignes » : « puisque maintenant la Marianne Fisher Böhl, vient de vous accorder le droit d’accoler le millésime et le cépage aux vins sans Indication Géographique – ce qu’une bande de « fossoyeurs » du vin à la française avaient proposé de réserver aux vins des Vignobles de France – j’espère que, pour faire plaisir au Professeur, vous allez emplir, votre JP Chenet pour l’un, et votre La Roche-Mazet pour l’autre, de vins venus d’ailleurs que de notre Grand Sud. Délocalisons ces breuvages sans qualité que diable ! 

-          la seconde à Dominique Granier, Président de la Safer Languedoc-Roussillon, viticulteur dans le Gard : « Cher Dominique,  dis-moi, pour faire plaisir au Professeur combien d’hectares va-t-il falloir arracher ? Puis, une fois l’opération faites, combien vaudra l’ex-terre viticole devenue de la friche ? Enfin, comme tu es Gardois, les bornes de la Compagnie du Bas-Rhône pourraient-elles aussi servir à faire de l’irrigation raisonnée des vignes sans Indication Géographique ?

-          la troisième à celles et ceux qui, comme moi, s’interrogent sur l’opportunité d’abandonner, pour le grand pays généraliste du vin que nous sommes et que nous avons toujours été, « à ces pays lointains qui... », ces vins dit technologiques, alors que nous sommes au cœur du plus grand marché de consommation ? Même si le petisme nous va bien au teint pourquoi diable la maison Pernod-Ricard ne sourcerait-elle pas des vins dans notre beau pays du vin ?

-          la quatrième à Louis Gallois, président d’EADS, à propos de la célèbre antienne entonnée aussi par le Professeur sur l’équivalent  de 130 Airbus pour l’export de nos vins et spiritueux. En effet, puisque, hormis les GCC de Bordeaux et la fine fleur de Bourgogne, de Châteauneuf et autres bijoux, le gros du solde positif depuis 25 ans est le fait du Cognac, du Champagne (des PME telles que LVMH, Pernod-Ricard, Rémy-Cointreau...), merci de me dire combien de Tonnes de raisins/hectare sont nécessaire dans ces prestigieuses appellations pour « élaborer » un Airbus A320 ? De plus, comme vous êtes Polytechnicien, vous seriez gentil de m’indiquer s’il y a plus d’emplois dans une bouteille de JP Chenet que dans une bouteille de GCC ? Enfin, si ce n’est pas trop abuser de votre tête bien faite de mathématicien, pourriez-vous expliquer une bonne fois à ceux qui confondent vente de bouteilles avec exportation de millions de cols, ce qu’est la loi des grands nombres et ses conséquences sur l’activité économique d’un secteur ?

 Voilà, tout est dit.

Ma philosophie reste celle de mes origines à l’image du frère Henri Bécot, mon professeur d’histoire et de viticulture qui se préoccupait bien plus du bonheur des vignerons occasionnels qu’étaient les laboureurs vendéens que des mondanités du vin http://www.berthomeau.com/article-34022380.html

Pour le présent, je m’en tiens à ce que dit mieux que moi François de Ligneris : «Sur la carte routière du vin, il y aura des autoroutes et des départementales. Pourvu que je puisse toujours rouler sur les chemins de traverse, les autoroutes ne me dérangent absolument pas.» http://www.berthomeau.com/article-34516165.html.   

Fini le temps où je dégainais sans sommation mon Uzzi pour arroser illico tous ceux qui brocardaient Cap 2010. Dorénavant, depuis mon exil doré, en compagnie de mes vaches, de mes cochons, de mes couvées, je laisserai la main à tous ceux qui, semblables à ces sportifs en salle fainsant du jogging sur des tapis roulants en devisant avec leurs voisins des sujets de l’air du temps, nous confortent dans notre goût immodéré pour le sur-place.

Au temps où je tenais la plume d’Henri Nallet, je luis avais fait dire, suite aux accords de Dublin, dans une interview au Midi-Libre : « je ne serai pas le syndic de faillite de la viticulture méridionale... » ça avait un très beau titre, de belles reprises dans les médias et, cerise sur le gâteau, l’Histoire lui a donné raison. Je forme des vœux pour que les promoteurs d’une « viticulture chic » digne de notre génie français relèvent le même défi.

Cependant je préviens que si les susdits, en se référant à ma vision d’une viticulture diversifiée, et non une fantasmée, me versent dans la catégorie des stipendiés du « vin industriel » alors je tire à vue, sans sommation, avec des mots assassins bien sûr. Mes 1400 chroniques au compteur, la barre des 400 000 visiteurs passée vendredi dernier, tous les combats que je mène sur mon petit espace de liberté devraient, du moins je l’espère, les inciter à ne pas en arriver à une telle extrémité. Que je me lançasse des fleurs afin de m’éviter que l’on me couvrît d’opprobre est de bonne guerre, si tant est qu’il existât des guerres bonnes. Les nôtres, qu’elles fussent en dentelles ou en sabots, sont stériles : « de quoi vivrons-nous demain si nous laissons filer les métiers les plus humbles ? » Allez-donc, cher confrère et cher collègue, faire un tour du côté d’Embres&Castelmaure, c’est tout au bout d’une départementale dans le fin fond des Corbières... Pour sûr que vous aurez « la chance de boire du bon vin »

Bon, il est temps que je mette un POINT final à ma missive. Pour ceux d’entre vous qui souhaiteraient mettre des visages sur mes propos alambiqués je leur conseille de se rendre à la page 134 du POINT Spécial Vins.  

En conclusion, permettez-moi de vous livrer la chute de l’histoire du pou et de Noé, que conte Andréa Camilleri dans l’un de ses derniers bijoux. « Et savez-vous, braves gens, pourquoi Dieu le Père avait oublié d’avertir les poux ? Parce que les poux, c’est comme les peineux, même Dieu oublie qu’ils existent. » Ceci écrit, le couple de poux l’avait appris quand même et se retrouva sur la tête de Noé... Que voulez-vous, c’est ainsi, les peineux ça s’accroche partout, reste plus que la Marie Rose pour s’en débarrasser, mais je ne vais repasser les plats sur le feuilleton du rosé...

Au fait, certains vont me faire remarquer : « qu’est-ce que ça change que je me sois exilé ? » Tout, et rien, ce doit-être sans aucun doute le syndrome insulaire, comme le besoin de faire la nique aux juges aux élégances qui, du haut de leur Olympe, ignorent les métiers de viticulteurs et de négociants dans leur énumération des métiers d’avenir... Ce sont pourtant les deux extrémités de la chaîne... Les premiers sont forts nombreux, les seconds exportent des Airbus A320...

Bien à vous.

Un exilé en peau de lapin.

 

PS. Je signale que j’ai beaucoup d’amitié pour l’un et une réelle admiration pour l’érudition et l’éclectisme de l’autre, pour preuve j’achète ses livres, mais « sans la liberté de blâmer il n’y a pas d’éloge flatteur... »



 

Pour ceux que ça intéresse en Wine News N°61 Yves mon« marchand de vins » n’est pas en cale sèche, il entend vous faire accéder à la suite de votre approvisionnement en carburant. Nous continuons sur les ROUGES de ses coups de cœurs de la Foire aux Vins de Monoprix. Comme ça va sans dire mais c’est mieux en le disant la maison Monoprix ne me fait aucune réduction quand je passe à la caisse rue Daviel. Je suis un client, indépendant...

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7 septembre 2009 1 07 /09 /septembre /2009 00:04


Chez moi, à la Mothe-Achard, où la foire mensuelle aux bestiaux attirait des acheteurs qui venaient de fort loin, un dicton affirmait « ça durera autant que les foires de Mothe »... les wagons à bestiaux partant de la gare de la Mothe-Achard vers La Villette... tout ça c’est fini et la Halle de la Villette, œuvre grandiose du au génie de nos ingénieurs du GR, accueille maintenant des expositions sur les bestiaux...

Mon imaginaire a donc été nourri de ce commerce au cul des vaches, âpre, sans concession, la loi de l’offre et de la demande pure et dure, le déséquilibre parfait entre une poignée d’acheteurs bien informés de l’état du marché et la myriade d’éleveurs jamais sortis de leur métairie. Bref, le marchand de vaches, le maquignon, jouissait d’une réputation sulfureuse mais il faisait parti du paysage.

Mais les foires de Mothe c’était aussi « les marchands de vin » qui participaient, avant, pendant et après, au cérémonial de la vente : le tope là précédant la poignée de gros biftons tirés d’un portefeuille aussi ventru qu’un beauf de Cabu. Bien sûr il y avait les bistrots officiels, avec pignon sur rue, où les marchands de bestiaux se rencognaient les jours où ils voulaient faire mariner le péquenot, mais sur toutes les voies menant au foirail une multitude de « marchands de vin » qui régalaient moyennant finances les gosiers asséchés ou déjà bien imbibés. Les archives locales en dénombraient de 70 à 80 pour un patelin d’un millier d’habitants...

Bref, même si vu mes origines ma crédibilité auprès des « sanitairement correct » atteint plus encore les abimes, vous comprenez maintenant pourquoi pour passer au crible cette nouvelle engeance que sont les foires aux vins j’ai demandé l’avis d’Yves le « marchand de vin ». Ce garçon, observateur engagé certes ( il achète du vin en bouteille pour que d’autres le boivent dans des verres – au goulot ça ne se fait plus beaucoup –) mais bien meilleur jaugeur qu’un gougnafier dans mon genre pour vous guider dans la profonde forêt de Sherwood de la foire aux vins d’un parisien qui fait des virées dans son Monoprix près de chez lui.  

Comme les foires aux vins sont « atrocement » bordelaises Yves le marchand de vins commence par le Grand Sud et c’est du ROUGE !

 

1 - LANGUEDOC H&B ISSU DE L’AGRICULTURE BIOLOGIQUE 2007 5,90 €

Hecht & Bannier, le petit duo qui monte qui monte… Deux amoureux du vin qui ont tout compris de ce fabuleux eldorado que reste le Languedoc Roussillon. Le modernisme de l’étiquette est le juste reflet du vin, net, précis, « classe ». Déjà une bouteille étonnamment accessible en soi, qui a d’ailleurs dignement arrosé le mariage d’un très bon ami, ce qui vaut tous les Jurys.

 

2- COTEAUX DU LANGUEDOC LES CHEMINS DE CARABOTE 2005 8,90 €

Journaliste de formation, Jean-Yves Chaperon est vigneron par vocation et ne laisse rien au hasard dans la création de ce petit domaine situé sur le terroir d’Aniane, un nom qui parlera aux amateurs… Toutefois, si le monsieur est aussi précis que discret, son vin, dès le premier millésime, se fait remarquer et parle fort comme un sudiste, avec une palette d’épices complexe qui nous met le nez dans le souk…

 

3 - SAINT CHINIAN DOMAINE RIMBERT LE MAS AU SCHISTE 2006 8,90 €

Jean-Marie Rimbert est un sacré personnage, et son terroir de Berlou compte parmi les plus beaux du Languedoc. On retrouve évidemment du caractère truculent du vigneron et de la beauté sauvage de ces paysages dans la bouteille : méditerranéen en diable, relevé, épicé et frais, on suce le caillou et on en redemande !

 

4 - COLLIOURE DOMAINE MADELOC CUVEE SERAL 2006 12,90 €

Il faut se figurer une vue imprenable sur les Pyrénées et la Méditerranée avec des coteaux vertigineux d’une roche brillante où s’accrochent vaillamment des ceps tortueux… Le tout avec les senteurs du maquis, les saveurs de la cuisine catalanes. Une alchimie de caractère, de fraîcheur et de générosité.

 

5 - COTES DU ROUSSILLON VILLAGES CLOT DE L’OUM SAINT BART VIEILLES VIGNES 2006 14,90 €

Le Clot de l’Oum c’est encore une belle histoire, un couple passionné et attachant amoureux du vin, sur un terroir exceptionnel, dont le premier vin, « La Compagnie des Papillons », est déjà un joli vin amplement débattu sur la blogosphère notamment. Par rapport à la Compagnie, on monte d’un cran avec cette cuvée basée sur les très vieux Carignan de la Chapelle Saint Barthélemy, perchée sur une colline de gneiss à 600 mètres d’altitude. Tendu, puissant, minéral : ce vin a du souffle et une longue vie devant lui.

 

6 - BANDOL 2007 CHATEAU VANNIERES 18,90 €

Presque toujours sur le podium de cette appellation, le Château Vannières n’a pas manqué le rendez-vous du grand millésime (car si 2007 est compliqué chez les bordelais et les bourguignons, il navigue entre l’excellent et le grandiose dans le Sud !). D’où les parfums d’épices, d’eucalyptus, de fruits noirs confits… Normal qu’il sente aussi la poudre à canon (et le jus de viande ?) : c’est explosif. A dégoupiller dans 10 ans, pas moins.

 

Ensuite notre Yves marchand de vin qu'a pas sa langue dans sa poche remonte la vallée du Rhône toujours en ROUGE

 

7 - COTES DU RHONE DOMAINE DU GRAND CLOS 2008 2,90 €

Superbe fruit, encore du bel ouvrage de Dauvergne & Ranvier, un rapport qualité prix toujours aussi imparable, et quelle leçon pour tous les contempteurs du millésime 2008 en vallée du Rhône !

 

8 - VISAN LE DEVES OLIVIER CUILLERAS LA GUINTAUDRY 2007 4,90 €

Olive, thym, laurier, de la fraîcheur dans son côté méditerranéen, mais ça renarde un peu aussi, une forme de violence provoquée par la « réduction » : pour ceux qui n’ont pas peur de la bête et savent la dompter carafe à la main.

 

9 - COTES DU RHONE DOMAINE DES CARABINIERS 2007 5,50 €

Ça envoie du lourd !!! Profondeur, fougue, arômes de fruits noirs avec des accents sauvages, un caractère hors normes, à servir sur les mets relevés, plats en sauce, ou à garder quelques années. Un courageux vigneron Bio, Christian Leperchois, suivi par le duo œnophile / œnologue  Dauvergne & Ranvier, et voilà le travail !

 

10 - CAIRANNE PERRIN PEYRE BLANCHE 2007 8,50 €

Typiquement gourmand, un ravissement pour les gourmets ! Encore une réussite de l’exemplaire famille Perrin. L’archétype de ce que les Côtes du Rhône de ce secteur peuvent donner de mieux en générosité de fruit, en finesse et en souplesse. Un défi à la modération !

 

11- GIGONDAS DAUVERGNE ET RANVIER VIN RARE 2007 10,90 €

Dans cette AOC, va falloir se lever tôt pour trouver un meilleur rapport prix plaisir ! On n’en attendait pas moins de ce duo à vrai dire, qui maîtrise d’autant mieux le Gigondas avec des approvisionnements sur les terroirs les plus frais de l’appellation, ce qui permet cette netteté de fruit sur une structure tannique imposante, avec une pointe de minéralité.

 

12 - CROZES HERMITAGE DOMAINE DES ENTREFAUX 2007 11,90 €

Très Syrah, bonbon à la violette, vif, avec de l’allonge, sapide, pour les amoureux du vin qui aiment soigner leur soif avec du rouge, et aussi pour ceux qui ont moins soif, vu que la bestiole tient l’aération d’une manière étonnante (testé sur plus d’une semaine avec succès !)

 

13 - VACQUEYRAS MONTIRIUS LES GARRIGUES 2007 12,40 €

A ce niveau là (régularité de la cuvée, unanimité dithyrambique de tous ceux qui l’ont dégusté, descente accélérée du gourmand, et rayonnement humain des vignerons) ce n’est plus un coup de cœur, c’est l’amour fou !

 

14 - COTES DU RHONE COUDOULET DE BEAUCASTEL 2003 13,50 €

Le petit frère du cru le plus fameux de Châteauneuf-du-Pape tient son rang et se confirme en 2003 comme une des meilleures affaires de toute la vallée du Rhône. Que de parfums, de puissance et de délicatesse mêlés… La famille Perrin avait bien fait d’en mettre quelques bouteilles de côté !

 

Puis notre Yves, Y comme Yvresse, continue sa remontée par le Beaujolais et la Bourgogne ROUGE toujours :

 

15 - GEORGES DUBOEUF :

MORGON SELECTION 2007 5,70 €

MOULIN A VENT LE CLOS DES MARECHAUX 2005 8,90 €

Papy fait de la résistance ? A l’instar du Beaujolais qu’il connaît mieux que personne et qui lui doit tellement, Georges Duboeuf a une image parfois très loin de sa vérité, lui qui est un sincère passionné, et qui continue à mettre son talent finalement encore méconnu au service du terroir. La preuve par ces deux cuvées : le Morgon facile, éclatant de fruits frais (cerise, prune), à la gouleyance joyeuse ; tout contre le Moulin à Vent puissant, presque animal, tendu, tannique, aux notes de moka et de cade, qui pinote avec virilité.

 

16 - SANTENAY CLOS DU CHATEAU DE LA CREE 2005 13,50 €

Quelle chance d’avoir ce Clos, du niveau d’un premier cru, par un domaine aussi moderniste techniquement que classique dans ses bouteilles, dans un millésime aussi exceptionnel ! Boisé chic, matière fine et voluptueuse, un Pinot Noir dans toute sa sensualité !

 

17 - GEVREY CHAMBERTIN « Les Champs Rémy » LA CLOSERIE DES ALISIERS 2007 18,50 €

Y avait de quoi élever de beaux jus en 2007 ! Stéphane Brocard, jeune négociant éleveur issu du chablisien, sait  y faire en matière de pureté et de minéralité, jusque dans ce Pinot Noir d’école : à la fois fleuri, cerise et viandé, tout y est. Beaucoup d’élégance.

 

18 - LADOIX 1ER CRU LES CORVEES DOMAINE CHEVALIER 2005 23,90 €

Laissons la parole à un expert incontestable de la Bourgogne : « Robe pourpre noir, saveur de fruits bien mûrs, texture onctueuse, belle longueur, grand avenir, Ladoix exemplaire » (Michel Bettane)

 

19 - MOREY ST DENIS 1ER CRU CLOS DES ORMES  DOMAINE LIGNIER 2003 29 €

Dès la robe on sent que le vin a su garder de la jeunesse et ne fait pas partie des cuvées qui ont donné à  2003 en Bourgogne la réputation d’un millésime à forte mortalité infantile. Le nez emporte l’adhésion et fait effectivement preuve d’une ouverture assez précoce : un bouquet floral intense de Pinot fin. En bouche, la rose le dispute au pruneau, et on a du mal à le recracher. Vous au moins, vous n’aurez pas à vous donner cette peine.

 

20 - NUITS ST GEORGES 1ER CRU AUX PERDRIX DOMAINE DES PERDRIX 2000 29,90 €

Arômes évolués et évolutif de marc de café et de lard grillé, c’est à point, c’est prestigieux, et c’est outrageusement pas cher compte tenu de ces qualités : une aubaine pour les amateurs.

 

Arrivé au chiffre Vingt je dis à ce cher Yves mon marchand de vins et si, pour la minute, nous en restions-là pour que nos buveurs amateurs s’ils veulent continuer de se balader au long du fil paresseux de la Loire, descendre à Bordeaux et faire un petit détour dans le Sud-Ouest, va falloir nous le demander. Qui plus est, en prime, mon éminent « marchand de vins » vous fera bénéficier de sa science des BLANCS... Donc ça ne tient qu’à vous ; à vos claviers ; commentez ! Demandez ! Vous aurez tout ce vous voudrez : gratos, pas les vins, les mots...

 

A suivre peut-être...

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6 septembre 2009 7 06 /09 /septembre /2009 00:02

 

Pour la première fois depuis un bail je rédigeai une note blanche très précise et très détaillée sur l’opus de l’archange mais, bien évidemment, je la gardais par devers moi, plus précisément chez Raymond dans son cellier où il rangeait, à l’intérieur d’une fausse petite barrique, nos papiers compromettant. Ce type me donnait le sentiment d’avoir une soif éperdue de reconnaissance, il voulait être reconnu dans la cour des Grands. Il rosissait de plaisir d’avoir reçu une lettre du général de Gaulle qui trouvait, affirmait-il, sa thèse intéressante – le pauvre croyait sans doute que le chef de l’Etat avait pris le temps de lire son pensum, alors que le rédacteur du courrier en réponse s’était contenté des formules habituelles pour ce genre d’accusé de réception –, et il se gargarisait d'un petit mot d’André Malraux. Naïveté et orgueil enfantins d’un type gavé de lectures mal assimilées. Son handicap majeur, insurmontable, c’était le point de départ de son parcours : en France pour accéder à l’Olympe du pouvoir politique et économique mieux vaut sortir de Polytechnique que des cours du soir. Sa référence permanente à Machiavel et son admiration sans borne pour Talleyrand le prédisposait à voir des complots partout. D’ailleurs, lorsque l’affaire éclaterait, le président Pompe se permettrait lors de sa conférence de presse du 21 septembre 1972, en une longue digression, d’exploiter l’épisode des « menaces de mort » que l’archange aurait reçu suite à son livre. L’audition de ce morceau de choix d’un Pompidou au sommet de sa forme reste le meilleur moyen de saisir tout le suc de cet épisode rocambolesque http://www.ina.fr/economie-et-societe/justice-et-faits-divers/video/I00017002/pompidou-et-gabriel-aranda.fr.html

Discréditer d’abord son adversaire en évoquant d’un ton faussement patelin, en se tenant aux faits, sa visite à Matignon pour remettre sur le tapis sa thèse du grand complot soviétique en indiquant qu’il en avait informé l’ambassade des USA et que le président serait mis au courant et, cerise sur le gâteau, sa lettre à  Khrouchtchev portée à l’ambassade d’URSS, dans laquelle il demande une audience au 1ier Secrétaire du PCUS ce « convoquez-moi ! » pour « avoir la preuve de ses dires », afin d’éviter le scandale était un bijou de manœuvre de diversion. Comment prendre au sérieux ce Tintin au pays des Soviets ! Mais, plus la ficelle est grosse, plus il faut tirer dessus pour prouver quelle est solide : le madré de Montboudif évoqua le retour à la charge de l’illuminé à la suite de l’assassinat de John Kennedy car celui-ci serait la conséquence de la découverte de son secret… N’en jetez plus, la coupe est pleine. C’est alors que l’ancien pensionnaire de Normale Sup, en faisant référence à ses 11 années de cabinet auprès du Général, qualifie de « déshonorante » la manière de faire de ce paranoïaque : « soutirer des documents… se constituer des dossiers… les distiller dans des feuilles spécialisées… » Lui a observé les règles les plus élémentaires de la moralité. La chute du propos du Président est remarquable, toutes incisives dehors, le voilà qui pointe le doigt vers les feuilles spécialisées (Le Canard Enchaîné puis l’Aurore)  en déclarant avec mépris « j’ai perçu chez 2 ou 3 le vilain frémissement des narines qui sentent venir les boules puantes et qui se régalent à l’idée de renifler les odeurs d’égouts. » Un chef d’œuvre de désinformation.

Si je m’appesantis sur cet épisode c’est que je suis à l’origine de l’angle de contre-attaque du Président. Dès la parution, le 13 septembre 1972, des premières révélations de l’archange dans le Canard Enchaîné, j’avais immédiatement fait parvenir par le canal direct du Secrétaire-Général de la Présidence de la République – pour être plus précis par la blanche main de la mère de Chloé – ma note blanche accompagnée d’une offre de services. La réaction ne se fit pas attendre, je fus convoqué nuitamment au Palais. La garde rapprochée du Président Pompe, suspicieuse, m’interrogea sur l’origine de mon intérêt pour le livre de l’archange. Ma réponse les cloua au sol : la protection de mon Ministre – qui d’ailleurs ne l’était plus depuis le vidage de Chaban – et par contrecoup celle des intérêts de la majorité présidentielle. Seul Foccart restait suspicieux : « pourquoi n’avais-je pas transmis à ma hiérarchie cette note blanche ? » Je le regardai droit dans les yeux : « ce n’est pas à vous que je vais apprendre que nos services de renseignements sont des paniers percés et, tant que ce mythomane en restait là, il ne mettait pas en danger la République… » Le vieux renard ne me lâcha pas pour autant : « vous le soupçonniez d’être un type à cracher dans la soupe ? »  Je souris et d’un ton sarcastique je lui répondis « oui mais j’attendais qu’il se découvre pour le coincer » Ma réponse le fi sursauter. Il me toisa « vous vous êtes fait prendre de vitesse, cher monsieur… » Sans me démonter je rétorquai « Oui mais c’est la faute du remaniement qui a bouleversé mes plans… » Il s’étonna « au nom de qui dressez-vous des plans ? » Ma réponse relevait du quitte ou double « de celui qui m’a convoqué à cette charmante sauterie… » À ma grande surprise je venais d’emporter le morceau.

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