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23 octobre 2009 5 23 /10 /octobre /2009 00:05

Le vin fait couler beaucoup d'encre et de salive ces derniers jours : tout le monde se rue sur le dernier sujet qui fait peur : le dérèglement climatique même que la frétillante Isabelle Giordano avait organisé un débat sur son Service Public à partir d'un article d'un certain Claude-Marie Vadrot sur le sujet dans Politis.  Le titre de l'émission valait déjà son pesant de cacahuètes : AOC : un label qui ne veut plus rien dire ? Faudra expliquer à la dame que l'AOC n'est pas un label de qualité. Bref, Denis Saverot a du ramer sec pour faire entendre des arguments intelligents. Notre ami Jacques Dupont Merveilleux du Vignoble, absent car en voyage, avait lui exécuté Vadrot par mail " rien qu'un tissu de conneries ". N'ayant pas lu la prose du sus-dit car je croyais Politis définitivement coulé en dépit de la nième souscription de soutien, je ne ferais présentement aucun commentaire mais l'audition de ses propos m'ont laissé songeur : amalgames, approximations, tout un laïus de sauveur de la viticulture française menacée, références constantes à ses copains vignerons pour justifier son pathos. Bref, ça avait le goût de bouchon de vieux con qui s'autoproclame expert de pinard comme y dit. Bref, puisque la séduisante Isabelle Giordano fait dans l'AOC discrédité moi ce matin je la prends à contre-pied et je la déclasse en IGP : facile Berthomeau !  

En effet ce matin je vais vous parler polar, d'un polar qui a deux ans tout juste et qui a connu un grand succès d’audience. Lors de sa sortie ses 3 auteurs Richard et Eric le Boloc’h et Yann Marchesseau confiaient au journal Sud-Ouest : « Bientôt Saint-Emilion sera plus connue pour ses crimes que pour ses crus ». Un autre média girondin s’enflammait « les auteurs inventent le thriller œnologique. » N’étant ni un spécialiste de l’éreintement, ni un adapte de l’encensoir, en parler avec le recul du temps m’est plus facile.

En effet, ce bouquin est sympathique, précis et très bien documenté « nous avons rencontré 21 médecins, des kinés, des prêtres, des notaires dans le coin et des viticulteurs pour comprendre la fabrication du vin. On a refait le chemin des meurtres » précisent les auteurs, j’ajouterais trop bien documenté pour les descriptions des lieux et des sites : comme une impression de plaquettes de syndicat d’initiative. La mise en place est besogneuse mais ensuite, lorsque les cadavres s’accumulent, le polar prend son rythme et le scénario bien ficelé capte l’attention : c’est clair j’avais envie d’aller au terme. Mais Dieu que le présent de l’indicatif est plat ! Mais Dieu que le verbe être et avoir sont transparents ! Mais, à tout pécheur miséricorde, nos trois auteurs sont des hommes de l’image pas encore des écrivains.

Alors me dire-vous, pourquoi chroniquer sur eux ? 3 raisons essentielles :

- la première : j’ai acheté le livre donc je l’ai lu et lu jusqu’à la dernière ligne même si je zappais sur la fabrication des cierges ou sur des descriptions du genre « Nadya avance un peu plus dans la nef, attirée par quatre peintures circulaires sur fond bleu turquoise. Un écriteau indique qu’il s’agit d’une fresque du XIIIe siècle représentant le martyre de Ste Catherine. Sur la gauche, dans la saillie, une Vierge étirée semble pointer du doigt les quatre médaillons. ». De plus comme la seconde moitié est bien plus efficace que la première l’impression finale est bonne. C’est comme si nos trois lascars se bonifiaient en écrivant.

- la seconde est plus complexe à exprimer, en effet, dans la mesure où nos jeunes pousses lisent peu ou pas du tout, si par bonheur le succès de ce polar est en partie dû à un lectorat jeune c’est tout bénéfice pour l’amour des livres. Que les trois auteurs me pardonnent, leur modeste cru, qui n’a d’ailleurs pas la prétention d’être un GCC, est un bon produit technologique. Un produit d’initiation pour néo-lecteur, comme le sont pour vins dit technologiques. Le succès des vins rosés en atteste. En poussant le bouchon un peu plus loin j’écrirais à propos d’AOC que c’est un excellent livre sans IG, un honnête vin de cépage. Un livre d’hommes d’images proches de la culture de la Toile. Mon propos n’a donc rien de condescendant, bien au contraire il reconnaît que nos goûts d’initiés, de gens qui se disent cultivés, doivent, sans pour autant jeter par-dessus bord notre culture, s’ouvrir à une forme de simplicité. Le polar qui a gagné ces dernières années ses lettres de noblesse me semble être un bon terrain d’initiation.

- la dernière je la trouve (voir la phrase en rouge dans l’avant-dernier paragraphe du commentaire) dans un commentaire trouvé sur le Net « J’ai acheté ce polar uniquement pour le plaisir futile d’avoir une dédicace d’un des auteurs, présent dans le Carrefour ou je faisais mes courses. Bon, j’aime aussi les polars, les français particulièrement, mais sans ça je n’aurai probablement pas acheté ce livre.

J’ai pu donc discuter avec Yann Marchesseau, un monsieur très sympa et avec qui j’ai échangé quelques avis sur le polar français,.

Bref, qu’en est-il de cet AOC ?

J’en suis fort désolé mais je suis très mitigé.

Le côté narratif est plutôt bon, notamment ce qui tourne autour du vin. Mais les dialogues, très présents, sont plus laborieux. J’ai l’impression que les auteurs ont voulu faire réalistes, les phrases fusent comme dans une vraie discussion, mais j’ai trouvé ça assez artificiel justement. A force de vouloir faire vrai ils sont arrivés à quelque chose qui sonne faux.
Les personnages des flics sont assez creux, surtout celui du capitaine Cuche, absolument pas crédible dans son emploi des termes anglais dans sa discussion, genre all right pour dire d’accord. Ça me fait penser à Tintin en Amérique

Les autres personnages sont des stéréotypes de notables d’une petite ville de province : le député forcément arrogant et avec le bras long, le couple de pharmaciens, la maire, l’aristo du coin…

L’intrigue en elle-même, le meurtrier, son mobile, tout ça est plutôt bon, sans être renversant, mais ce n’est pas non plus le but recherché. Au final, ça se lit sans déplaisir malgré ses défauts, mais aussi sans surprise.

Reste que ça permet de découvrir le monde du vin, et ça c’est toujours intéressant.

Par contre, j’ai trouvé que tel quel ce roman ferai une bonne série policière en deux épisodes sur France 2. Limite le scénario pourrait-être le livre lui-même. Bien filmé, bien joué (en enlevant les tics de langage du flic), ça pourrait être bien sympa. »

 

Normal nos trois larrons, conseillés par François des Ligneris, étaient entourés de bons conseils sur l’univers de la vigne et du vin de Saint-Emilion

 

Au final, je ne jouerai pas au verre à moitié vide ou à moitié plein mais je vous recommande d’aller sur leur site www.aoc-leroman.com pour découvrir leurs « teasers » sur leur premier livre dont je viens de vous parler et leur nouveau, écrit à 4 mains cette fois-ci, les frères le Boloc’h, « Le sang des Immortels » Pour ce faire une fois sur le site cliquer sur films.

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22 octobre 2009 4 22 /10 /octobre /2009 00:06

Ce matin je relève un réel défi : vous présenter mon invité, Jean-Michel Laporte, alors que lui et moi n’avons fait que nous croiser et converser. Mais, comme nous avons en commun, d’aimer le rugby – lui l’a pratiqué pendant 15 ans – de ne pas fuir les défis mais les relever et d’avoir choisi le vin, lui comme vigneron, moi comme écrivaillon, par passion alors que nous ne sommes pas issus du milieu, je me sens plus à l’aise pour accomplir ma tâche. Il n’a que 34 ans, l’avenir est devant lui mais avec déjà une belle expérience lui l’Ingénieur formé à la belle École d’Agriculture de Purpan à Toulouse – pendant mes années ors de la République je trouvais toujours du temps pour nos grandes écoles publiques ou privées – puisqu’avant d’arriver au château La Conseillante il a passé 4 ans au château Pey La Tour vignobles Dourthe, du CVBG cher à l’ami Jean-Michel Chadronnier.

Lorsqu’il cite Winston Churchill : « En matière de vin, je suis un amateur facile, je me contente toujours du meilleur » je goûte l’humour So british du vieux lion conservateur et me pare sans complexe de cette superbe appellation. Oui, je me sens un amateur facile. L’homme est aussi d’un contact facile, simple et solide, carrure rugby, direct, courageux aussi comme en témoigne sa position de bon sens sur la question des chais de Pomerol. Reconnu de ses pairs Jean-Michel Laporte a, depuis son arrivée en 2004 au château La Conseillante www.laconseillante.fr , mis en pratique son approche vigneronne. Ainsi confiait-il à l’ami César Compadre de Sud-Ouest « Tout commence à la vigne, où nous avons identifié 18 parcelles aux profils distincts (sols, cépages, âge des vignes, maturité…). Les raisins récoltés sont vinifiés dans 11 cuves, mais nous projetons la construction d'un nouveau chai avec 22 cuves » Projet différé par la crise mais l’objectif reste bien de vinifier séparément toutes les parcelles de la Conseillante. Perfectionniste, alors qu’auparavant les vins qui n’entraient pas dans l’assemblage de la Conseillante était vendu en vrac, depuis 2007, avec la naissance de Duo le 2d vin du château, l’exigence est encore plus grande. N’étant pas classé dans le cénacle des longs nez et des becs fins qui savent traduire en commentaires experts leur dégustation je ne m’aventurerai pas à vous donner les miens sur les vins du château La Conseillante. Je confie donc ce soin à mon ami Jacques Dupont Merveilleux du Vignoble qui a écrit un jour : «  Quand La Conseillante exprime bien son terroir, c'est fabuleux ! Un bouquet frais, balsamique, violette et cèdre, très racé, une bouche élégante, fruit mûr, un corps plein, délicat, une assise crémeuse de tanins ronds, une finale fraîche, mentholée avec des notes confites. » Merci Jean-Michel Laporte d’être venu sur mes lignes...(ce matin j'ai beaucoup fait dans les amis, j'en ai...

 

Votre vertu préférée : la justice


Vos qualités préférées chez l'homme : la franchise, l’honnêteté


Vos qualités préférées chez la femme : la douceur, la beauté


Votre occupation favorite : passer du temps avec mes amis


Votre caractéristique maîtresse : mon relationnel


Votre idée du bonheur : un lagon paradisiaque avec mes proches


Votre idée du malheur : la mort de mes êtres chers


Vos couleurs et votre fleur préférées : le bleu et l’orchidée


Si vous n'étiez pas vous-même, qui voudriez-vous être ? : mon grand-père paternel


Où aimeriez-vous vivre ? : au pays de Cocagne

 
Vos auteurs préférés en prose : Emile Zola, Harlan Coben


Vos poètes préférés : Baudelaire, Ronsard


Vos peintres et compositeurs préférés : les impressionnistes : Monet, Manet, Renoir


Vos héros préférés dans la vie réelle : Nelson Mandela et mon grand-père paternel


Vos héroïnes préférées dans la vie réelle : ma compagne, infirmière en maison de retraite


Vos héros préférés dans la fiction : Astérix et l’homme invisible

Vos héroïnes préférées dans la fiction : Lara Croft


Votre mets et votre boisson : Une bonne côte de bœuf, accompagnée d’un Conseillante 2006, ou d’un Vega Sicilia Unico 1990


Vos prénoms préférés : Valentin, le prénom de mon fils


Votre bête noire : mon handicap au golf !


Quels personnages historiques méprisez-vous ? : Joseph Goebbels


Quel est votre état d'esprit présent ? : Concentré : nous tenons un grand millésime, il faut transformer l’essai


Pour quelle faute avez-vous le plus d'indulgence ? : La faute d’orthographe…

Votre devise préférée : nunc est bibendum

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21 octobre 2009 3 21 /10 /octobre /2009 00:00

Dans un temps « que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître » lorsque nous négociions, Henri Nallet étant Ministre, les AOP-IGP, j’adorais titiller les petits grisouilloux de Bairlaymont* (ne pas confondre avec les petits gris dit lumas) ou les Paganini des panels de feu le GATT avec le concept d’Appellation d’Origine Contrôlée. Ça les mettait en transes. Imaginez leur désarroi : une zone délimitée pouvant aller jusqu’à la parcelle, des rendements plafonnés, des cépages déterminés, des trucs et des machins décidés par les intéressés eux-mêmes, trouvant force de loi par des signatures ministérielles. L’abomination de la désolation pour ces gnomes shootés au dogme de la concurrence pure (normal les substances prohibées sont radicales qu’à l’état pur) dont l’exécration pour la main de l’Etat pouvait s’assimiler à celle de l’évêque de Rome pour les condoms. Normal la main invisible est plus discrète pour pécher en solitaire. « Ententes ! Rareté artificielle ! Prix gonflés ! » bramaient-ils. Goguenard je leur offrais une coupe de Champagne, quintessence d’une gestion bien cadenassée d’un Grand Vignoble. Bref, je jouissais.


Depuis, par la grâce de nos errements dans les « grands lacs de vin », nous nous sommes placés entre leurs mains faute d’avoir balayé à temps devant nos portes, d’avoir eu le souci que sous les grandes ombrelles des AOC les promesses des décrets soient tenues. Certains crient « au feu ! » J’ai très envie de leur répondre « Qui l’a mis ? » Comme d’ordinaire je digresse avant d’en venir à un double monopole : celui du Gringet et celui de Dominique Belluard sur le Gringet. www.domainebelluard.fr/  


-         Qu’est-ce que c’est le Gringet ?


-         Bonne question, en dehors de ceux qui lisent le blog d’Olif, et ils sont nombreux, qui connaît le Gringet : pas grand monde. En effet, il ne faut pas confondre les Gringets « cépages de mâturité tardive typiques de la région savoyarde qui peuplent les 2/3 du vignoble : Roussette d’Ayze ou Mondeuse blanche, la Grosse Roussette ou Marsanne, et le Bon blanc ou Fendant vert... » avec le Gringet...


-         Aux faits Berthomeau, aux faits !


-         Doucement, y’a pas le feu au lac ! Je donne la parole à Dominique Belluard : « Il y a deux ans, un microbiologiste suisse a réalisé un séquençage ADN du Gringet. Il est arrivé à la conclusion que celui-ci n’était ni un Traminer, ni un Savagnin.  Selon lui, il s’agirait plutôt d’un dérivé de l’Altesse. Voilà où l’on en est aujourd’hui, je n’en sais toujours pas plus ! » Le Dr José Vouillamoz, Université de Neuchâtel, Pôle de Recherche National « Survie des Plantes, le microbiologiste suisse dont il s’agit, ajoute : «  Il n’est d’ailleurs identique à aucun autre cépage de ma banque de données (2000 cépages du monde entier), c’est donc un cépage unique. »


-         D’accord c’est une antiquité mais pourquoi crier au monopole ?


-         Je cite toujours Dominique Belluard : « Il en subsiste 22 Ha, j’en cultive 12. Je suis le plus gros domaine, on tombe ensuite à 3 Ha, 1,5 Ha, 1 Ha…ensuite, ce sont de petits vignerons amateurs qui bossent sur des parcelles de quelques centaines de mètre carré, pour le fun. »


-         Oui mais rien n’empêche de l’implanter ailleurs pour faire un vin de cépage Gringet...


-         Bien sûr en ce bas monde mondialisé tout est possible mais rappelons tout de même que le Gringet, cépage endémique de la Savoie présent avant l’arrivée des Romains, n’est cultivé que dans le vignoble d’Ayse, l’un des 22 crus savoyards, et nulle part ailleurs. En plus, il est avec ses collègues savoyards : Jacquère, Mondeuse, Altesse, Persan interdit de séjour jusqu'en 2013 sur les étiquettes de ces bâtards de vins sans IG.
 

-         Pourquoi la Savoie ?

 

- Mon petit doigt qu'a traîné au 78 rue de Varenne ne te le dira pas...

 

- Donc, comme de coutume Berthomeau tu t’es fait mousser...

 

-         Vous ne sauriez si bien dire car l’idée de cette chronique m’est venue après m’être shooté au Brut Zéro 2005 de D&P Belluard, méthode traditionnelle AOC Savoie Ayse www.ochato.com C’est l’Everest ! pardon le terroir du Mont Blanc. De quoi convertir une secte entière de prohibitionnistes patentés. D’abord la bouteille est blonde, belle et pure, d’une beauté glaciale qui vous met le feu. Ensuite, si je puis m’exprimer ainsi, c’est une bouche fraîche pleine de promesses. Reste le corps enfin, découverte, caresses, montée du désir, explosion du plaisir. Le 7ième Ciel et, à peine remis de l’extase, l’absolue, l’impérative nécessité de s’offrir une nouvelle escalade...



 

 

-         Eh bien Berthomeau ce matin tu ne fais pas dans la pure minéralité, les fragrances de glycine ou les pointes d’épices, c’est du torride...


-         Oui, c’est sans doute l’un des effets sur moi du réchauffement climatique. Je plaisante, en revanche j’adore croquer les glaces et m’offrir des douches chaudes. Je déteste le tiède. Le plaisir, quelle qu’en soit l’origine, c’est sortir de soi, se laisser emporter, ne plus rien maîtriser, le bord du gouffre, la petite mort...


-         Tout le contraire de la modération...


-         Oui, j’ai déjà commis une chronique sur le sujet Au risque de choquer : modération et tolérance ne sont guère mes tasses de thé … j'suis tendance bon vivant et accueillant... http://www.berthomeau.com/article-29416108.html


-         C’est de la provocation ?

-         Non, j’adore les cuves ovoïdes du domaine Belluard...

-         Qu’est-ce cette nouvelle pirouette ?

-         Allez donc voir le blog d’Olif  http://www.leblogdolif.com/archive/2007/01/29/ayze-281-283-rue-du-gringet.html

   

-         Mais encore ?


-         Rien si ce n’est que je vais faire expédier une caisse de Brut Zéro à Mariann Fisher Böhl notre commissaire européenne pour l’Agriculture qu’est sur le départ pour son pot d’adieu en espérant que le rougissant Jean-Luc Demarty, ci-devant Directeur de l’Agriculture, se débloquera en se souvenant du temps où, dirigiste en diable, il nous sommait d’abaisser le calibre de la pomme de terre pour faire baisser les prix afin d’améliorer le fameux indice des prix. Je le rassure après 2 coupes de ce détonnant nectar le coq ne chantera pas 3 fois s’il met un peu d’eau dans son vin à propos de la régulation du marché du lait.


-         Je n’y comprends goutte à vos histoires à tiroir...


-         Normal, la Savoie c’est aussi le pays du fromage, alors un morceau de Tomme des Bauges sur un quignon pain le matin c’est tout de même mieux qu’un « faux emmenthal » fabriqué avec de la poudre de lait et de l’huile palme que t’achètes à 2 balles chez un « casseur de prix »


-         Tu retombes toujours sur tes pattes Berthomeau c’est lassant...


-         Oui c’est l’effet pulse du Brut Zéro, à bientôt sur mes lignes...

 

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20 octobre 2009 2 20 /10 /octobre /2009 00:02

Considérant qu’en dépit du réchauffement continu et inquiétant du climat sur notre planète Terre nous assistons parallèlement à un grave et tout aussi préoccupant refroidissement des relations entre les hommes ;


Considérant
que pousser des hommes à bout pour qu’ils fourguent un maximum de « petits insectes noirs » dans lesquels des gugusses et des nanas, une fois sur deux, se contentent d’articuler « t’es où ? » est représentatif de l’état de nos sociétés humaines ;

 

Considérant que les syndicats agricoles ne semblent pas porter Jean-Louis Borloo dans leurs cœurs ;

 

Considérant que Claude Allègre ne sera jamais admis à l’ABV ;

 

Considérant que le réchauffement climatique pousse, dit-on, nos cépages vers des degrés extrêmes ;

Considérant qu’il est patent que se promener nus dans les vignes est contraire au message des autorités de Santé Publique qui préconisent « Malgré la canicule : sortez couverts » ;

 

Considérant que le Pape Benoît XVI réprouve aussi ardemment les deux attitudes ;

 

Considérant l’échec patent de l’appel du Secrétaire-Perpétuel à plébisciter la révélation intégrale de sa nudité (voir chronique : cliquez sur http://www.berthomeau.com/article-chaud-devant-nus-dans-les-vignes-quand-le-cul-se-substitue-au-qi-c-est-qu-ya-le-feu-au-lac-37346528.html ) ;

 

Considérant qu’il est urgent d’agir ;

 

Vus nos statuts qui n’existent pas,

 

Décidons, nous, Présidium * de l’Amicale du Bien Vivre, dites des Bons Vivants :

 

de suivre l’exemple, de notre vénéré Secrétaire Perpétuel autoproclamé et de son aide de camp, de revêtir une chaude tenue campagnarde (photo du haut tendance hobereau avec chapeau, photo du bas tendance koulak avec chapka)  conforme à la grandeur et à l’excellence de nos terroirs viticoles ;

 

de bénéficier des hauts degrés de nos vins pour nous concocter de savoureux Vins Chauds pour réchauffer nos corps, égailler nos cœurs, alléger nos âmes et si possible rire de bons coups.

 

























Le bol ci-dessus ne contient que la valeur d'une bouteille de 75 Cl.

 Pour ampliation et publication dans les meilleures gazettes :

 

Le Secrétaire Perpétuel de l’A.B.V

 

Jacques Berthomeau

  

* cet organe collégial est, comme vous vous en doutez, totalement bidon, mais même s’il se réunissait cela ne changerait rien à la gouvernance de l’ABV qui est totalement soumise aux élucubrations et aux lubies de votre serviteur.

Vous pouvez lire ou relire une vieille et courte chronique du 15 novembre 2005 Nouveau Produit : le vin chaud http://www.berthomeau.com/article-1205998.html

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19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 00:03

 

Oui   chers lecteurs, tout arrive à qui sait attendre, Périco Légasse et moi, pour une fois, nous nous  accordons, et de belle manière, sur les vins et plus particulièrement le grand blanc de « mourredon ». Le mont-rond sur le plateau qui surplombe Châteauneuf-du-Pape, c’est le château Mont-Redon où Jean Abeille et Didier Fabre œuvrent pour nous proposer une palette de vins que je qualifierais de vins de gentlemen, d’une élégance sobre, sans être austères, dépourvus d’afféterie, précis et raffinés, loin de l’ostentation propre à l’air du temps, étonnamment modernes, « gorgés de fruit et de fraîcheur » comme le note Périco pour le blanc 2007, alors qu’ils ne sacrifient en rien aux modes. En effet, les hommes de Mont-Redon font, ce qui peut paraître une évidence alors que ce n’en est pas une, à chaque millésime, le vin du Château Mont-Redon pour chacune de leurs appellations (Chateauneuf-du-Pape, Lirac, Côtes de Provence, Côtes-du-rhône) : une cuvée par couleur. Choix courageux, assumé, face à « l’impérialisme » de ce cher Bob Parker qui n’aime rien tant que les cuvées « dé à coudre ».  

                                    
Sans vouloir taquiner mon éminent et très médiatique « confrère » je crois que je l’ai précédé dans mon amour pour le Châteauneuf blanc du Château-Mont-Redon. Je m’explique. Un beau matin de fin de siècle, adoubé par une missive ministérielle, j’ai débarqué au volant de la petite auto de la DDAF du Vaucluse, à Dallas, pardon dans le charmant village de Châteauneuf-du-Pape « gouverné » d’une poigne de fer par un maire au nom prédestiné, pour tenter d’y ramener la paix. Le terrain était miné : un POS très orienté, une déviation bizarre, des scuds entre les 2 syndicats, des histoires autour de la bouteille écussonnée, j’en passe pour ne pas vous lasser. Plein de gens importants, dont une Garde des Sceaux qui lorgnait sur la cité des Papes, il fallait que je fasse gaffe. Alors, qu’ai-je  fait pour ne pas me retrouver à faire la manche sur les trottoirs du festival d’Avignon ? J’ai d’abord écrit une missive à chacun des vignerons pour leur proposer de me rencontrer pour tailler une bavette ; puis je me suis enfermé dans les locaux de l’INAO d’Avignon pour me plonger dans les archives de l’appellation chère au BARON PIERRE LE ROY DE BOISEAUMARIE. Ensuite ce fut une histoire pleine de surprises et de rebondissements mais c’est dans ce contexte « agité » que je suis allé rencontrer Jean Abeille au Château Mont-Redon.


La fonction de médiateur public a des exigences particulières où il faut, bien sûr,  ne pas prendre parti pour ou contre l’une des parties tout en préconisant un compromis le plus proche possible de l’intérêt général. Pour ce faire il est nécessaire de s’appuyer sur des hommes droits qui avancent et tenter d’éviter les hommes courbes qui se défilent. Sans conteste, dès notre premier contact, je rangeais Jean Abeille dans la première catégorie. L’homme a des angles, des convictions, mais surtout une ligne de conduite lisible : celle d’un vigneron toujours en recherche, précis, perfectionniste qui ne se paye pas de mots. Que n’avais-je entendu comme « horreurs » sur le terroir urgoniens, le 3ième de Châteauneuf après les fameux galets roulés du haut et les sables du bas, et, avec lui, je découvrais un vignoble planté sur des urgoniens respectueux de son environnement, mené avec intelligence, qui donnait naissance, à mon humble avis, à l’un des très grand Châteauneuf-du-Pape blanc.


Pour autant Jean Abeille ne tire pas la couverture à lui, l’œuvre est commune avec Didier Fabre que je connais moins bien – c’est pour cela que ma plume reste discrète à son propos – et il a donné beaucoup de son temps au collectif de l’appellation avec Jérôme Quiot, Alain Jaume et le regretté Paul Avril. De plus, et c’est important dans les entreprises familiales, la transmission générationnelle est sur les rails avec Pierre Fabre qui est le jeune vinificateur et éleveur des différents domaines, Yann Abeille qui, après 2 années passées en Australie et Nouvelle-Zélande, s’occupe de la partie culture et parc matériel. Pendant ce temps-là Christine Fabre travaille à Paris pour O.Bertrand distribution, Jérôme Abeille circule dans les USA en tant que VIE pour le compte de 4 caves et Patrick Abeille se forme à l’INSEC de Bordeaux.


À tous ceux, financiers de hedges funds et rentiers des fonds de pension, qui n’ont à la bouche que le fameux concept de création de valeur alors qu’ils passent leur temps à la détruire je dis venez donc salir vos escarpins dans ces petits morceaux de France où des hommes entreprenant en créant, eux, de la valeur, la fixent au sol, générant de l’emploi et de l’activité réelle se traduisant dans les chiffres de notre balance commerciale. À tous ceux aussi qui, crise aidant, trouvent commode de ne voir que ce qu’ils ont envie de voir en rêvant d’un monde englouti, j’écris que le dynamisme de nos territoires ruraux passe aussi par des « modèles » Château Mont-Redon.

Et oui 170 ha d’un seul tenant dont 100 en vignes sur les trois terroirs de Châteauneuf : 60 dans la partie haute des galets roulés avec ses cépages puissants qui donnent au vin sa charpente, 20 dans les sables dont les cépages syrah, cinsault, mourvèdre confèrent au vin ses saveurs de fruits rouges et 20 sur les urgoniens ces cailloux calcaires qui, avec un cocktail de 40% de grenache, 20% de Clairette, 20% de Bourboulenc, 10% de Roussane et 10% de Picpoul, offrent à Périco et à votre serviteur leur grand blanc. Avec une telle diversité, une telle palette de terroirs, des volumes significatifs, chaque millésime du Château Mont-Redon peut toucher bien plus qu’un petit cercle d’initiés fortunés. Beaucoup d’amateurs peuvent ainsi inscrire sur leurs tablettes de superbes vins de Châteauneuf  sans pour autant casser leurs tirelires. Cet aspect des choses, trop souvent négligé par les faiseurs de guide, de l’accessibilité par le plus grand nombre aux grands vins, est capital pour l’avenir du vin dans notre pays.


Mais Mont-Redon ne s’est pas fait en un jour. Lorsqu’Henri Plantin hérite en 1923, de 2,5 ha de vignes en 12 parcelles sur une zone boisée qu’il va défricher avec des treuils à vapeur achetés aux stocks américains pour être le premier à y planter des vignes, rien n’est évident. Travail de pionnier, cette ténacité et cette clairvoyance que l’on retrouve encore dans le travail de Jean Abeille et de Didier Fabre est comme une empreinte génétique marquant l’esprit Château Mont-Redon. Dans un temps où beaucoup se préoccupent, à juste raison, des questions d’environnement je suis admiratif du travail d’horloger mené sur ce beau terroir. Précision, réflexion, souci des grands équilibres, la démarche est pensée et se traduit par exemple dans le traitement des effluents : domestiques (le château reçoit 25 000 visiteurs par an), de cave, des phytosanitaires, totalement autonome. Remarquable ! À voir par tous ceux qui se contentent de blablater. Un détail, qui n’en est pas un, sur l’absolue nécessité de protéger la santé des travailleurs de la vigne, à Mont-Redon c’est une réalité vérifiable dans les procédures mises en place pour éviter le contact. De même les bâtiments HQE (haute qualité environnementale, tout est recyclable) témoignent de ce souci du durable. Je sais que certains vont m’accuser d’une forme d’hagiographie mais si le monde de la vigne et du vin désire, face aux attaques dont il fait l’objet, au lieu de brailler, apporter du concret en réponse, seules des démarches comme celles-ci sont en capacité de convaincre.


J’ai encore tant de chose à écrire sur le surgreffage, dans la partie Côtes du Rhône, des vieux ceps de Carignan avec de la Counoise afin de s’adapter aux nouvelles conditions climatiques ; sur les nouvelles tables de tri visioniques expérimentées cette année ; sur l’avenir du secteur qui préoccupe Jean Abeille et Didier Fabre... mais il est temps de conclure. Je vais le faire en évoquant le père de Jean Abeille qui a quitté sa confortable fonction d’Inspecteur Général des Eaux et des Forêts pour l’aventure du Château Mont-Redon car, dans un temps où la transmission héréditaire de charges publiques revient au goût du jour, il me semble qu’il est important de distinguer ceux qui se contentent d’hériter et ceux qui créent. Mon cœur tout autant que ma raison penchent pour ces derniers ; pour les autres je me dis dans ma petite Ford intérieure qu'à 23 ans j’étais Docteur en Droit Public et... j’ai construit ma vie...  



                                                                                                 

 


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18 octobre 2009 7 18 /10 /octobre /2009 00:05

 

Les courants étaient portants, nous nous posâmes à Campo del Oro, débaptisé au profit du grand homme d’Ajaccio, avec un quart d’heure d’avance. Pendant le vol Jasmine s’était assoupie, la tête posée sur mes genoux, et le rythme régulier de sa respiration m’avait empli d’une grande paix intérieure. Le ciel était pur et l’air d’une tendre douceur. En tongs et chapeau de paille d’Italie Raphaël nous attendait dans le hall. La Méhari, même si elle peinait dans les lacets, nous porta en douceur jusqu’à notre maison de Tiuccia. Le déjeuner était prêt car Raphaël avait recruté une jeune marocaine pour tenir notre intérieur. Je retrouvais sitôt mes marques. Jasmine ouvrait une bouteille de rosé du Clos d’Alzeto pendant qu’Aïcha taillait, sans se soucier de la proximité impure du « ralouf », des tranches de saucisson corse. À l’aéroport, Raphaël avait acheté la presse parisienne. Moi qui ne lisais jamais le Figaro, en le feuilletant négligemment, je tombai coup sur coup sur deux infos qui me mirent en joie. La première concernait le projet cher à notre Président et à son porte-flingue à l’égo plus large que la porte d’Aix : Christian Blanc, le Grand Paris. J’adore les petits meurtres entre anciens amis : Blanc et Huchon sont de ceux-là, Michel Rocard fut leur étoile. Je passe sur les détails mais, à propos d’un transfert à la hussarde des actifs du Syndicat des Transports Parisiens, dont il est le président, le tout rond Huchon, criait au hold-up en concluant : « On revient au temps de Pompidou et de l’affaire Aranda, la République sert maintenant les affaires privées... »

« Tu as un sens aigu d’être au bon endroit au bon moment. Tu devrais te reconvertir soit en stratège, soit en gourou... » me conseillait un Raphaël qui, tout en me charriant, appréciait tout particulièrement la plastique pulpeuse de notre Aïcha qui elle aussi ne restait d’ailleurs pas insensible à son empressement à la seconder dans ses tâches ménagères. Jasmine absorbait un cocktail de fruits mixé à quatre mains par les deux larrons. Mon « Ah ! Ben merde alors ! C’est vraiment le jour d’Aranda concentra tous les regards sur moi. Le titre de l’article pétait pour moi comme une claque sur la gueule du minus habens réfugié en Suisse « Comment les services secrets anglais ont recruté Mussolini » Quand je pense que du temps de Pompidou notre Archange, avec son bouquin délirant, « La Stratégie soviétique dévoilée »  soutenait que « Mussolini, le « Duce » ne fut même en 1940 qu’un « agent communiste » ! au service « d’un vaste plan machiavélique conçu à Moscou » pour mettre la main sur le monde. Là, dans le Figaro, Peter Martland, un historien de Cambridge, qui s'est plongé dans le passé d'agent jusque là mal connu du Duce, écrivait « qu’en 1917, le MI5 a payé pendant un an le futur dictateur, alors jeune journaliste, pour faire campagne en faveur du maintien de l'Italie aux côtés des alliés pendant la Première Guerre mondiale » Raphaël rengaina derechef ses railleries pour me décerner l’Oscar du meilleur dénicheur de scoops. Nous descendîmes sans coup férir la bouteille de Clos d’Alzeto.

Jasmine qui n’avait pas pipé mot pendant nos congratulations vint se poser sur mes genoux. « Si tu veux bien écouter mon avis, à propos de ce que tu m’as confié ce matin, garde ton secret bien enfoui. N’écris rien tant que ta plume s’y refusera. Tel que je te connais je suis persuadée qu’un jour tu délieras ce nœud sans aucune espèce de difficulté. Quand j’étais petite j’adorais embrouiller les écheveaux de laine de ma grand-mère comme si c’étaient des spaghettis juste cuits, mous et fluides, pour mieux les démêler avec la patience d’une araignée tissant sa toile. »  Je lui caressais la nuque en soupirant « il faut que tu saches ma belle que tout homme à un prix, pour Benito c’était 100 £ de l’époque par semaine, soit 4 misérables millions d’anciens francs, et tout ça, sans doute, pour entretenir ses maîtresses... Le cul tient les hommes par les couilles et ceux qui écrivent l’Histoire avec un grand H sont bien dépourvus face à la toute puissance des femmes... » Aïcha qui dressait la table me contemplait en écarquillant ses grands yeux noirs. Me prenait-elle pour un démon ou pensait-elle à tout le parti qu’elle pourrait tirer de ces paroles pour mener ce grand nigaud de Raphaël par le bout du nez ? Je me crus obligé, pour la rassurer, d’ajouter « c’est un juste retour des choses, les femmes utilisent au mieux les armes dont elles disposent... » Jasmine me tambourinait la poitrine en protestant « tu te trompes il est aussi des femmes qui aiment pour aimer tout simplement... »    

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17 octobre 2009 6 17 /10 /octobre /2009 00:00

L’horreur des meurtrissures des incendies de forêt : tout un massif sur les flancs de la route qui mène à Péri, paysage calciné, arbres pétrifiés... puis, de nouveau, lors d’un voyage vers les dentelles de Bavella, sitôt Petreto-Bicchisano, sur la route du col de Tega, sur des kilomètres un paysage d’apocalypse sous le soleil naissant. Ça sent la cendre. Ça sent la mort. Des blocs de fougères vert tendre, ça et là, accrochés aux flancs carbonisés, affichent la vie.

 

L’hippodrome de Zonza, niché au cœur de la Corse, le temps de mon vieil ami Jacques Geliot et le lancement de la 1ière Journée Nationale du Cheval, qui fêtait ses 20 ans cette année le 20 septembre  www.journeeducheval.ffe.com, mais qui se souvient des pionniers qui l’ont lancé ? Personne !    


En descendant sur la côte orientale, près de l’étang d’Urbino, le domaine de Pinia, souvenirs...
Rapport N°1077 fait au nom de la Commission d’enquête de l’Assemblée Nationale sur l’utilisation des Fonds Publics et la Gestion des Services Publics en Corse présidée par Jean Glavany « L’affaire du domaine de Pinia à Ghisonaccia dans la plaine orientale l’illustre parfaitement (les liens entre certains milieux nationalistes et les institutions en charge de l’agriculture en Corse.)  «Ce domaine, exploité d’abord par des agriculteurs rapatriés, a été occupé en 1979 par un groupe d’éleveurs corses. Le domaine a alors été racheté par une filiale du Crédit agricole, la Segespar, qui l’a d’abord donné à bail à la SAFER. Devant l’impossibilité de l’allotir, celle-ci suspend le bail. En 1985, la Segespar le donne à bail à la SCA Di a Pieve di castellu, fondée par des militants nationalistes et dont le gérant est M. Mathieu Filidori. Cette société a bénéficié d’importants crédits de la caisse régionale du Crédit agricole, de subventions publiques ainsi que des « mesures Balladur » et Juppé. Comme l’indique le rapport de l’Inspection générale des finances, la société «  exerce une activité assez réduite compte tenu de la taille du domaine de Pinia qui lui est donné à bail (880 hectares). En revanche, (elle) est au cœur d’un écheveau de sociétés regroupant les mêmes associés, qui exercent des activités diverses (restauration, chasses, gestion immobilière en association avec un groupe italien (…) ».
C'est ce même Mathieu Filidori qui à la Préfecture, derrière ses petites lunettes cerclées de métal, me lançait des regards méprisants, en me traitant de représentant du pouvoir colonial.


Lu, entre autres, le livre d’Ariane Chemin, « Fleurs et couronnes » chez Stock. Six enterrements, de Georges Marchais, le 20 novembre 1997, à Rafaël Kuderski, un SDF débarqué de Pologne à Paris, inhumé le 15 janvier 2008, en passant par Gérard Brach, Maurice Kriegel-Valrimont, Alain Robbe-Grillet et Robert Feliciaggi enterré le 13 mars 2006.

 

« On s’embrasse devant l’église Saint-Pancrace. On se salue dans l’air piquant de Pila-Canale, en attendant le convoi qui monte d’Ajaccio. Au pied des micocouliers, on ressuscite le mort, le temps d’un baiser. « Robert lui aussi embrassait toujours tout le monde. 

[...] Robert n’était pas un voyou comme certains sur son île, pas non plus un parrain comme le furent un ou deux de ses amis. C’était un « homme à services » - un omu a manu -, comme on dit. Faire un geste pour un « petit parent » en quête de subventions, payer de sa poche un ancien footballeur professionnel pour devenir le président du Gazélec d’Ajaccio et même donner un coup de pouce pour que la Bible soit traduite en Corse...

[...] Dans quelques minutes, l’évêque d’Ajaccio va bien résumer les choses : «  Ici, ce n’est pas un rassemblement de gens parfaits. Mais que Dieu nous pardonne nos péchés. » Et chacun avait profité de cette absolution collective pour se signer avec empressement.

[...] Pour « Robert », on est « monté » au village bien avant l’heure des obsèques, sachant que les places seraient rares. Les voitures se serrent les unes contre les autres le long de la route, garées dans le sens du départ : précaution de montagnards ou de monte-en-l’air, indispensable sur la route du Taravo.

[...] Tout ce que le département compte de notabilités s’est habillé pour l’occasion. Les commerces sont « fermés pour cause d’enterrement », et mêmes les agences bancaires observent le deuil. Les Ajacciennes ont sorti la fourrure et les belles pièces de chez Lily B., grande amie du disparu, dont la boutique, avenue du Premier-Consul, au-dessus de la place des Palmiers, est un must de la cité impériale. Devant le tabernacle de bois sculpté, elles affichent au village leurs cheveux brillants, leurs ongles vermillon et leurs parfums musqués.

Pantalons à pinces et manteaux d’alpaga, jeans repassés et parkas mi-saison, les hommes se tiennent dehors, comme au temps des maquignonnages, sans jamais franchir la porte de l’église : en Corse, le passage des âmes appartient aux femmes, de la naissance à la mort.

[...] On a tout de suite « su », pour le « pauvre Robert ». Dans la nuit, les téléphones ont sonné. « Anu tombu Robert ! » « Ils ont tué Robert ! » Le lendemain matin, tous ont vérifié dans Corse-Matin, le quotidien de l’île, qu’ « u tintu Robert » était bien mort. Chacun a échafaudé une hypothèse, mais l’a gardée pour l’oreille de son voisin. La Corse affiche plus volontiers sa dignité qu’elle ne manifeste son indignation. L’île ne connaît pas les marches blanches : devant la mala morte – la mort soudaine et violente -, elle préfère cultiver le noir et la pudeur, le sentiment du sort et sa couleur. »

 

6 belles chroniques, à lire absolument ; un seul reproche à Ariane Chemin, ou à son éditeur, page 88, lors du déjeuner offert, fin 1982, par JP Elkabbach à Georges Marchais chez le Divillec, la cantine du François de Jarnac, comment peut-on laisser passer une telle coquille « Pour le vin, il n’avait pas hésité : un Latache. C’était la bouteille la plus chère. »

« La Tâche balaie de haut en bas toute la zone des grands crus, sur une superficie totale de 6 ha. La Tâche et la Romanée-Conti rivalise de complexité, mais se sont des complexités différentes. A son fruit, La Tâche allie de manière caractéristique des senteurs plus végétales, des souvenirs de tendres labiées, de foin fraîchement coupé, de feuille de thé, de salades sauvages, la fumée de bois fruitiers, les feuilles en décomposition... La Tâche est élégance et vigueur. La Tâche, sous la fréquente dureté des tannins, la passion brûle, maîtrisée par une élégance de cour ».

Mon ami Gérard Muteaud à du travail à faire au sein du Nouvel Obs. ?

à suivre... 

 

 

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16 octobre 2009 5 16 /10 /octobre /2009 00:07

 

Dans le prolongement de ma chronique « Faut-il sauver le soldat Bio ? » http://www.berthomeau.com/article-34775411.html , je vous propose trois rubriques tirées du livre de 3 journalistes : Christophe Labbé et Olivia Recasens du Point et Jean-Luc Porquet du Canard Enchaîné « Vive la Malbouffe » chez hoëbeke. Dans cet opus, assez bien documenté, le vin, qui ouvre le bal, n’est pas trop mal loti, les 4 chroniques qui lui sont consacrés ne cassent pas 3 pattes à un canard. Pour le reste c’est assez « goûteux » et moi qui ne suis pas adepte de la bouffe toute prête pour micro-ondes ou autre surimi ou pizza Hunt j’ai pu y faire des découvertes pleines d’enseignements.

1-    Le poulet fade c’est meilleur

« Il y a trente ans pour faire grossir le poulet d’un gramme, il fallait lui en verser cinq dans la gamelle, alors qu’aujourd’hui deux grammes de nourriture font l’affaire. Un carburant hyper-énergétique qui permet au volatile industriel d’atteindre son poids d’abattage en 40 jours contre 84 pour son cousin élevé en plein air. Du coup la viande pousse tellement vite qu’elle n’a pas le temps de maturer. Ce qui donne un poulet fade et dur à mâcher. Excellent pour les muscles maxillaires ! »

2-    Une viande plastique c’est bon

« Un jour, les ingénieurs agronomes* ont découvert que pour produire un gramme de gras, un cochon devait ingurgiter quatre fois plus d’aliments que pour produire un gramme de muscle. Au nom de la rentabilité donc, exit le gras et vive le muscle. Grâce à la sélection génétique, les élevages industriels se sont mis à fabriquer des animaux à « viande maigre » bâtis comme des athlètes. Le porc, par exemple, a gagné en quinze ans 9% de muscle et perdu dans le même temps onze millimètres de lard sur le dos.

Les ingénieurs ont juste oublié un paramètre : le goût de la viande. C’est en fait le gras constitué à 85% de lipides qui fixe les arômes et, ce faisant, donne la saveur à la viande. Comme les muscles contiennent 70% d’eau, le consommateur écope en prime d’une viande qui s’évapore dans la poêle ! Quand elle arrive dans l’assiette, la côtelette industrielle est plus dure à mâcher, et sa saveur persillée a pris un goût plastique. Ce qui est vachement moderne ! »

·       * disons plutôt les zootechniciens

3-    Le goût c’est dégoutant

« Malgré tout ce que l’on nous rabâche sur les vertus des fruits et des légumes, les Français en mangent de moins en moins. Et c’est encore plus vrai quand on n’a pas un radis : les plus pauvres en avalent trois fois moins que les riches. Est-ce uniquement une question de prix ? Dans un rapport pondu en 2007, l’INRA a fait son mea-culpa, reconnaissant en termes fleuris que « la qualité nutritionnelle  n’a été que rarement un critère de sélection direct, sauf pour contre-sélectionner des aspects défavorables » ou des « caractéristiques gustatives défavorables ». En clair, pendant des années, la quantité de vitamines et autres antioxydants a été le cadet des soucis de l’INRA. Idem pour le goût. Ses ingénieurs étaient sans doute trop occupés à mettre au point, pour l’agro-alimentaire et la grande distribution, des variétés tape-à-l’œil, à haut rendement, longue conservation, parfaitement calibrez, avec une peau bien épaisse pour résister aux chocs. Prenez la fraise des bois : son pouvoir antioxydant est trois fois plus élevé que celui de sa cousine industrielle. Et la pêche sauvage ? Elle a plus de polyphénols (une molécule anti-maladies cardio-vasculaires) que la pêche sélectionnée de nos supermarchés. Et que dire de la tomate ? Dans les années 1990, on l’a dotée d’un gène qui lui a permis d’allonger de trois semaines sa durée de vie après cueillette. Sauf que plus une tomate squatte les étals, plus sa vitamine C fiche le camp. Cerise sur le gâteau, ce gène « longue vie » dépouille la tomate de ses arômes et lui donne une chair farineuse. Tout l’inverse des petites tomates bannies des rayons pendant des années parce que leur cueillette coûte 2,5 fois plus cher en main d’œuvre. Sans compter qu’avec tout ça, la biodiversité en a pris un sacré coup. Alors qu’il existe en France plus de 300 variétés de tomates, le choix en grande surface tourne autour d’une dizaine de modèles standardisés. À l’INRA, on jure avoir fait marche arrière toute. Exemple : on trouve en rayon des tomates « cœur de bœuf », du nom d’une ancienne et goûteuse variété ; mais comme elles sont industrielles, elles sont presque aussi fades que les autres, ouf ! »

4-    Merci Pr Maraninchi de l’Inca

« Diminuer de 40% la quantité de pesticides vaporisés dans les champs et les vergers, c’est ce qu’on fait les Scandinaves. Et nous ? Avec 77 000 tonnes utilisées chaque année, la France est champion européen de la catégorie. Au Grenelle de l’environnement, un groupe de travail a planché sur la réduction des pesticides. D’un côté, la majorité des participants (une cinquantaine) souhaitait une diminution de 25 à 50% ; de l’autre, ceux qui pensaient qu’il suffisait de retirer les molécules les plus toxiques. Les « autres » en question étant le président du groupe, Dominique Maraninchi (par ailleurs, patron de l’Inca), les représentants du ministère de la santé et, comme c’est curieux, de l’industrie agrochimique. Bilan du Grenelle : plus question de diminuer les quantités utilisées. Décision est prise de se contenter de d’éliminer les pesticides les plus dangereux… »

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15 octobre 2009 4 15 /10 /octobre /2009 00:01


Dans mes souvenirs d’élève en blouse grise, doigts tachés d’encre violette, croix d’honneur au revers – c’était tout de même mieux qu’un abonnement pour les gradins de l’OM – le Puy de Dôme 1.465 m. n’était pas la vedette du Massif Central, en effet le big Puy c’était le Puy de Sancy 1886 m. le plus haut sommet de l’intérieur de la France. Au temps de la Fac de Droit nous charrions ceux d’entre-nous qui, ayant réussi le concours d’Inspecteur des Impôts – en ce temps-là l’Administration payait les études pour attirer les candidats – car ils allaient devoir rejoindre Clermont-Ferrand où le déplumé de Chamalières, le futur séducteur de Lady Di, avait relocalisé, lorsqu’il régnait sur les Finances rue de Rivoli, l’École Nationale des Impôts. C’était aussi les pneus Michelin de ma 1ière Deudeuche fille naturelle du très secret François Michelin. Plus tard encore, et j’implore l’absolution de Guy Salmona, au temps des ors de la République, ce patronyme départemental était synonyme du gros Charasse, maire de Puy Guillaume, ses bretelles, ses cigares, qu’aimait tant la chasse avec son copain Guy Ligier. Que voulez-vous, avec Chambord, Auberive, Rambouillet, petit et gros gibier, le Ministère de l’Agriculture et l’ONF avaient des charmes cachés pour les fines gâchettes.

 

Mais jamais au grand jamais je n’associais au Puy de Dôme une vision de vignes. Je connaissais bien sûr le St Pourçain dans l’Allier et le Marcillac dans l’Aveyron. Oubli impardonnable réparé le jour où une charmante stagiaire de la cave de St Verny – la seule cave coopérative créée à l’initiative du puissant groupe semencier Limagrain – sollicita mes « lumières » pour son mémoire de fin de stage. Depuis tout s’est accéléré : le site www.winetourismfrance.com en octobre propose sur son site un circuit de découverte en 4 étapes d’Aubières à Boudes du vignoble des Côtes d’Auvergne. J’y découvre qu’avant le phylloxéra et le mildiou c’était un riche vignoble de 45 000 ha, alors qu’aujourd’hui il n’en compte plus que 1500. Dès le départ, à Aubières qui jouxte Clermont-Ferrand, le musée de la vigne et du vin de Basse Auvergne vous instruira sur un vignoble du XIe siècle et où vous pourrez visiter le Quartier des Grandes de Caves, que des caves à vins : plus de 900, les plus anciennes datant du XVIIe siècle. Du côté de Montpeyroux, l’un des plus beaux villages de France, Philippe Gallon se dit « passeur de terroir ». Pour plus de détails un petit clic.

 

Reste le dernier épisode lié à mon passage dans les bas de Belleville du côté des jeunes pousses d’Ochato www.ochato.com où je découvre sur leurs étagères : L’arbre Blanc de Frédéric Gounan. C’est Olivier ou Sylvain, ma mémoire défaille, qui me parle de cet anticonformiste pur jus. L’homme fut le promoteur du projet de moto 100% française, la Voxan, dont il a conçu le châssis mais c’est un artisan lorsque l’affaire prend une taille industrielle il plaque la moto     pour relever un autre défi celui de faire du vin à Saint Sandoux, son village natal. Beau défi que de partir d’un vin de village pour se colleter avec l’élaboration d’un vin que je qualifierais de vin d’espace de liberté. En effet, Frédéric Gounan tourne d’emblée le dos à l’AOC Côtes d’Auvergne car celle-ci impose une culture mono cépage sur base de Gamay. Lui qui s’est formé aux métiers du vin en Bourgogne, le pays du pinot noir est revenu convaincu que « le pinot saura étonner en terre auvergnate. » comme l’écrivent sur leur blog les enthousiastes d’Ochato. Il a donc planté du pinot noir pour faire un vin de pays du Puy du Dôme sans Gamay. Original mon cher Watson ! Pour ma part, qui suis comme chacun sait un homme sage et conformiste, j’ai acquis une bouteille de la cuvée L’Arbre Blanc 2005 Vieilles Vignes, donc élaboré à base de Gamay pour la faire goûter à mon ami Pierre, un homme du Cantal qui aime le vin, sans lui dire le prix, les clichés ont la vie dure car un auvergnat reste un auvergnat...

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14 octobre 2009 3 14 /10 /octobre /2009 00:05

J’en conviens aisément l’expression « parle à mon cul ma tête est malade... » ne fait guère dans le raffinement mais je la trouve très appropriée à l’opération hyper médiatisée de Greenpeace des nus dans les vignes pour, dixit cette ONG, elle-même fort médiatique, sensibiliser avant le sommet de Copenhague sur le climat les décideurs du monde sur l’urgence qu’il y a d’agir concrètement. L’opération était assortie, dit-on sur un site qui fait du buiseness vert http://www.treehugger.com/ d’une lettre adressée, aux chefs d’Etat, notamment Barack Obama et Angela Merkel rédigée en ces termes : « Nous ne vous demandons pas de vous déshabiller à Copenhague, mais nous attendons de vous que vous signiez un accord juste, ambitieux et encadré pour préserver le futur de la planète ». J’adore ce notamment qui est encore une perfidie albionne vis-à-vis de notre Président.

Ceux qui me connaissent savent que je suis tout sauf un pudibond. Que des mecs et des nanas, vignerons ou non, posassent à poils dans des vignes en Bourgogne moi ça ne me choque pas, bien au contraire je trouve l'idée originale et fort plaisante. Que l’opération, par la grâce d’un photographe star Spencer Tunick, dont le nu en des lieux improbables est le fonds de commerce, nous donne à voir des photos bien léchées rien de plus normal dans nos sociétés où le cul fait vendre. La pub dénude, surtout les femmes, pour un oui ou pour un non. Les grands news magasines l’ont compris depuis fort longtemps en proposant des photos alléchantes de femmes dénudées à leurs lecteurs sur des sujets dit de société. Par exemple Sharon Stone très photo shopisée pour illustrer le nouveau printemps des femmes de 50 ans.  Tout le monde s’y met depuis que les gros bras du Stade Français se sont dépoilés sur un calendrier. Même les paysans  Le nu : la nouvelle arme de la minorité paysanne... http://www.berthomeau.com/article-12941425.html C’était en 2007 dans la patrie de la Bécassine du Poitou-Charentes. Dernière en date à se livrer à l’exercice la bien en chair Marianne James, ex-juré de la Nouvelle Star sur M6.


Donc le nu paye toujours. Ce qui m’effare ce n’est pas la prolifération du nu, son exploitation, mais  la ruée des grands médias sur l’opération
des nus dans les vignes. Normal me direz-vous elle était fabriquée pour cela. D’accord mais, pour autant, cette surexposition va-t-elle avoir une influence sur les décisions prises à Copenhague ? L’opinion publique soudain sensibilisée par cette vision de corps nus dans les vignes, effarée par le risque que les terroirs ne «survivent» pas au réchauffement, va-t-elle faire pression sur ses dirigeants ? La réponse est clairement non. Ce ne sont que des images, rien que des images, qui défilent sur les écrans, coincées entre un forcené qui dézingue quelques voisins et la météo. « Chic il fera encore beau demain pour notre week-end ! » Réchauffement climatique mon cul, ils vont prendre leur petite auto tous ensemble pour se ruer sur l’autoroute de l’Ouest ou pour aller chez Carrefour qui positive de nouveau. D’ailleurs, sans vouloir jouer les ramenards : quelle a été l’emprunte carbone des 730 pékins qui se sont déplacés dans les vignes ? J’espère qu’ils y sont venus à pied ou à vélo pour se dépoiler...

En définitive, le seul bénéfice important que je vois à cette opération c’est qu’elle va faire monter d’un cran l’ire de ce très gros con de Claude Allègre – y’a des jours où je me dis qu’il doit avoir décroché ses diplômes dans une pochette-surprise – Je lui suggère pour protester contre « cet imbécile de Hulot » dixit l’ex-copain de Jospin,  lui qui voulait dégraisser le Mammouth, de poser en homme des cavernes (fine allusion à la situation que les Verts nous préparent selon lui) en fin de journée sur la Place de la Concorde au beau milieu des bagnoles à la queue leu leu, en plus ça lui ferait du bien aux bronches de respirer le bon air de Paris. Toutefois, certains raccourcis simplistes telle cette question choc lue dans le Nouvel Obs : «faudra-t-il, par exemple, pour préserver la qualité des vins de Bourgogne, remplacer le Pinot noir précoce particulièrement sensible aux conditions climatiques, par la syrah, plus endurante, de la vallée du Rhône.» ne peuvent qu'apporter de l'eau à son moulin.

Je plaisante à peine puisque maintenant la forme prend toujours le dessus sur le fond. Il faut frapper les esprits par des images chocs me dit-on. Je doute que ce soit l’esprit que l’on frappe, les images sont là pour déclencher l’émotion, une forme d’empathie passagère vite chassée par une autre compassion qui ne se traduit que très rarement par le passage à l’acte citoyen. Dans le récent conflit du lait les animateurs du mouvement l’ont très bien compris en organisant sous l’œil fasciné des caméras des journées blanches : celle de la baie du Mont St Michel était un modèle du genre. Pour autant, le grand public a-t-il vraiment pris conscience des enjeux de la production laitière ? Je n’en suis pas certain, lire ou relire : « Mes voisins veulent voir des vaches dans le pré et des vignerons dans la vigne... » http://www.berthomeau.com/article-36874600.html

Pour terminer cette chronique sur une note d’humour je reprends ma casquette de Secrétaire-Perpétuel de l’Amicale du Bien Vivre, dites des Bons Vivants, pour vous poser une question angoissée : devrons-nous un jour nous résoudre à poser nus dans l’hémicycle de l’Assemblée Nationale pour que nos très chers élus prennent enfin conscience du caractère vital de notre combat contre le refroidissement des relations entre les hommes ? Comme de bien entendu je donne l'exemple et si vous me plébiscitez demain je montre le bas... 

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