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11 juin 2010 5 11 /06 /juin /2010 00:09

Pourquoi des mots assemblés en des phrases qui, avec plus ou moins de bonheur, se parent d’une ironie légère, d’impertinence, de facilité, sont-ils reçus, par certains, en l’occurrence : un, comme des outrages me valant une cinglante réponse alignant comme des saucisses des mots relevant de la volonté de me renvoyer à ma face cachée, le côté obscur de la Force ? Écrire, comme je le fis vendredi dernier à propos de ma non-présence au 1ier Symposium du Grenache « Pourquoi n’y suis-je pas allé me direz-vous ? La réponse est simple : qu’irait faire un mécréant de mon espèce en ce Conclave de hautes huiles ? S’emmerder ! Oui, j’avoue mon incorrection totale : je préfère le samedi et le dimanche, surtout maintenant que le soleil est de retour, la compagnie de gentes damoiselles papillonnant autour de beaux verres emplis du nectar du cépage susdit. Bien évidemment, j’ai le plus grand respect pour les messes chantées avec surplis amidonnés mais que pourrais-je extraire des minutes de ce Symposium qui puisse vous passionner ? À mon avis rien car je n’y comprendrais goutte. » relevait-il de l’outrage aux organisateurs ou aux participants ?

Je laisse, à chacun sur cet « Espace de liberté » le soin de se forger une opinion et non de prendre parti pour ou contre, de délivrer une sentence. Pour ma part, je trouve que je ne faisais qu’exprimer non une opinion sur le fond du Symposium, ni sur son utilité, sa pertinence, mais mon peu de goût personnel d’aller consacrer du temps à ce type de manifestation. Nulle volonté de nuire de ma part, simple expression de ma manière d’être qui, je le concède, ne peut que déplaire à certains. Oui, je le confesse, je ne suis pas 100% vin, ma vie n’est pas dédiée qu’au vin. J’y consacre beaucoup de temps et comme je l’ai déjà dit et écrit : je mène une double vie. Que de « grands vignerons et de grands journalistes anglo-saxons mais aussi de toute l'Europe ou des pays émergeants...» le fassent, y trouvent leur miel, je n’ai strictement rien à redire. Bien au contraire je trouve ça bien puisque l’objectif en était de promouvoir un cépage pour qu’il ne soit pas kidnappé par « les Rhône rangers ou les hospices du Rhône en Californie »

Qu’on me traitât de tous les noms ne me dérange pas, je n’ai pas l’épiderme fragile mais ce que je ne peux admettre c’est le procédé « stalinien » qui consiste à faire accroire que ma bêtise crasse m’avait conduit à écrire « si c'est en anglais, j'y vais pas » Jamais au grand jamais je n’ai proféré une telle insanité. Qu’écrivais-je ? « Que dans les actes du commerce la langue véhicule fut l’anglais je l’admets mais là, dans une concélébration en terre Avignonnaise, j’aurais apprécié que le programme fusse au moins rédigé dans notre belle langue » Point c’est tout mais c’était trop car « on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre ». J’en conviens. Pour mieux préciser ma nébuleuse pensée je commets lundi un papier où j’écris « La langue des colloques : pour moi celle qui doit être utilisée est celle dans laquelle les intervenants conceptualisent le mieux, rien n’est plus désagréable que d’entendre un sabir mal maîtrisé, du baragouinage besogneux ou pire la lecture d’un papier avec un accent à faire frémir le plus bienveillant des bienveillants. Je suis profondément admiratif à l’égard de certains de nos amis étrangers qui pratiquent un français de haute tenue. Chapeau bas ! Pour le questionnement même jurisprudence, ça évite bien des incompréhensions et l’utilisation de faux-amis. ». Je n’ai donc, à aucun moment, plaidé pour l’usage exclusif du français. Alors, pour moi tout ça relève de l’incapacité à assumer une lecture approximative et surtout à la volonté de se poser en victime d’un gougnafier sans foi, ni loi et bien sûr sans éthique professionnelle.

Je suis toujours prêt à reconnaître mes torts, mes outrances, et même tout à fait disposé à présenter des excuses si j’ai froissé les organisateurs mais, en juriste que je suis, je demande le parallélisme des formes. En effet, lorsque je suis accusé de  « manipulation de l'information en citant un bout de texte sorti du contexte » à propos de l’introduction en français de Michel Bettane alors que j’ai cité celle-ci dans son intégralité, dans le contexte : c’est-à-dire tel qu’elle était présentée sur le site, je trouve que ce type de procédé date d’une autre époque.

Pour terminer cette chronique, sans me justifier, car je n’ai pas à le faire, lorsque j’écris « que je suis un homme qui aime les femmes », que j’adore leur compagnie c’est pour plein de raisons qui n’ont rien à voir ni avec leurs petites culottes, ni leur côté de soi-disant « ravissante idiote » (je faisais bien sûr allusion à ma pomme lorsque j’écrivais lundi « C’est très agréable d’être idiot en référence à une « Ravissante idiote » bien sûr). S’ériger en défenseur du QI des femmes afin de les préserver de mes désirs de prédateur me fait sourire. Nous conversons de tout, nous papotons sur tout et rien, nous rions pour des riens, nous buvons aussi, et je dois avouer qu’elles présentent un énorme avantage sur la gente masculine : rares sont celles qui se prennent au sérieux et elles n’envoient pas dire ce qu’elles ont envie de dire. C’est bon pour tout : l’ego, les chevilles, la susceptibilité...

Mes mots n’ont rien d’assassins ou de meurtriers, je les assume, et je permet de dire à ceux qui s’offusquent de la vivacité du débat, qui se disent navrés, que, même si je préfère les échanges à fleuret moucheté, un échange au ton vif vaut toujours mieux que pas d’échange du tout. Reste à ne pas puiser ses arguments dans une lecture fantasmée. La rancune : connais pas ! Pour preuve reportez-vous à la colonne de droite de ce blog, consultez les LIENS, le premier et vous pourrez ainsi constater que je joins le geste à la parole... À la bonne vôtre : « le bon vin m’endort, l’amour me réveille encore... »

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10 juin 2010 4 10 /06 /juin /2010 00:02

Avec moi le hasard fait toujours bien les choses, il est mon allié le plus sûr. Grâce à lui certains sujets de chroniques viennent à moi sans effort. Ainsi celle-ci qui va vous permettre de découvrir un nouveau concept de la découverte du vin : « Wine by one ». C’était donc un samedi, celui du salon de la RVF, je pédalais en douceur pour rejoindre la Madeleine lorsque passant rue des Capucines dans le 1ier arrondissement mon regard s’accrochait au mot : Wine affiché sur une façade. Vous me connaissez, je suis un adepte forcené du « travaillez plus pour gagner plus » alors, très pavlovien : wine-chronique je pile. J’ôte mes pinces à vélo car le lieu est chicos à l’image du quartier. J’entre. Je me présente au père du concept « Wine by one » Stéphane Girard, jeune homme disert, convaincant, qui me présente avec précision sa nouvelle enseigne. Ça me plaît mais vu mon état de fatigue post-salon je lui promets de revenir en reportage.

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Au retour, chemin faisant je me disais : « mon garçon, es-tu le mieux placé pour apprécier cette nouveauté ? » et à chaque tour de pédalier l’évidence s’installait : la réponse était assurément non. Cependant résoudre mon équation à une inconnue semblait à la portée de mes neurones fatigués puisque je venais de croiser ma solution au salon : Isabelle. Lui donner l’appellation de solution frise l’inélégance mais comme la demoiselle n’a pas peur des mots je ne vais pas tourner autour du pot. Elle a dit oui sans l’ombre d’une hésitation. Rendez-vous pris pour le mardi à l’heure du déjeuner.

 

Comme les jeunes filles d’aujourd’hui un rien habille Isabelle mais, ne vous y trompez pas, et ne lui coller pas, vous les messieurs qui tenez le haut du pavé dans notre petit monde du vin, l’étiquette facile de beau papillon. Elle écoute, pose des questions, prend des notes, des photos, des vidéos et Stéphane Girard avec sa précision habituelle de jeune homme formé dans une Buiseness School américaine, expose la genèse de son projet et plaide avec conviction sa stratégie de l’océan bleu « Blue océan ».Stéphane est passé par l'INSEAD. Moi je suis aux anges car je n’ai strictement rien à faire car Isabelle est au front, rien ne lui échappe. Nous dégustons. Nous picorons une ardoise de fromages-jambon et nous décidons de nous retrouver pour un débriefing la semaine suivante.

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 -         Alors Isabelle, vous en pensez-quoi de Wine by One

-         Du bien, beaucoup de bien, c’est un concept innovant et convaincant...

-         Fort bien Isabelle mais en quoi Wine by One est-il un concept innovant ? N’est-ce pas un produit hybride : un peu caviste, un peu bar à vin, un peu club de dégustation?

-         Non Jacques c’est un tout, un 3 en 1, qui présente un attrait immédiat, quasi instinctif, l’espace est ouvert, on s’y sent libre, il excite la curiosité...

-         Des filles !

-         Ne faites pas diversion. Pourquoi vous êtes-vous arrêté ?

-         Le mot Wine m’a hameçonné...

-         Bonne pioche ! C’est un quartier d’affaires, de grands hôtels, de magasins, la situation de Wine by One est idéale et son nom incite le plus grand nombre à y entrer, y compris les très nombreux étrangers.

-         Et vous Isabelle quand vous avez découvert le lieu : votre impression ?

-         Étonnée par le design pas du tout dans les codes traditionnels des lieux où l’on propose du vin. Impression renforcée par la découverte du mur des armoires à vin. C'est beau et froid comme les satellites, un peu statique, on a envie de réveiller tout ça d'un bon coup de blush, d'illuminer le lieu pour lui apporter vie et gaité! Le rendre chaleureux et encore plus convivial !

-         Trop Nespresso Isabelle ?

-         Pas exactement, je crois que Stéphane Girard doit aller au-delà de son buiseness model qui est bon, intelligemment pensé, mûri, pour le dépasser, l’enrichir car le lieu dispose d’atouts extraordinaires...

-         D’accord Isabelle je suis en total accord avec vous mais, avant d’aller plus avant, pourriez-vous prendre mes lecteurs par la main pour les guider dans l’univers de Wine by One...

-         Je peux Jacques. Tout commence pour moi par l’idée géniale de la carte à puces d’adhérent de Wine by One, la Wine Card noire et chic, ça donne une touche happy few : le « j’en suis » qui fidélise. Elle est le sésame des belles machines, ces armoires où les 100 références de vin de toutes les couleurs, classées en blancs vifs, ronds, rosés, rouges fruités, ronds intenses, pour finir par les liquoreux. Pour l’instant les effervescents n’y sont pas. Ils sont proposés de manière traditionnelle. Donc, une fois la carte acquise (2€) et chargée du crédit désiré, le petit jeu du choix commence. C’est ludique. Seul(e) ou accompagné(e), verre de dégustation à la main (Chef&Sommelier) face aux drôles de machines l’amateur dispose sur chaque armoire d’un Wine Pad : écran tactile permettant de consulter la fiche technique de chaque vin proposé, les notes de dégustations des pros, les recommandations...

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-         La carte, le verre, l’écran tactile, n’est-ce pas trop postmoderne pour nos chers amateurs de vin ?

-         Honnêtement non, on pige très vite, les indications de volumes de dégustation : 3cl/Impression, 6cl/Tentation et 12cl/Sensation, permettent à tout un chacun de se faire son petit programme de dégustation.

-         Et ils choisissent quelle dose nos dégustateurs Wine Card ?

-         À 70% Tentation ­6cl.

-         Intéressant !Genou 7965Genou-7966.JPG

-         Oui, c’est pour moi l’atout majeur de Wine by One que de désinhiber le dégustateur amateur face à un choix très large et une gamme de prix complète, de lui permettre de se faire sa propre expérience du vin, d’y revenir pour plein de raisons comme celle de faire découvrir le lieu à ses amis ou à sa petite amie. Ici chacun peut faire son petit cinéma sans se sentir épié ou jugé par le caviste qui sait lui...

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 -         À propos de caviste tous les vins proposés à la dégustation sont achetables ?

-         Oui bien sûr, les bouteilles sont disponibles sous les belles armoires italiennes...

-         Vous savez tout vous ! Dites-nous comment Stéphane Girard est passé à l’acte...

-         D’abord c’est un Bordelais diplômé de l'Ecole du Vin du CIVB. Petit tour dans une Busseness School américaine à Wharton, pour un MBA,  où il anime un club de dégustation de vins : 80 nationalités différentes, des pros et des néophytes comme ce chinois incrédule face à un verre de vin blanc. Cours d’entreprenariat donc cas pratique : ses petits camarades lui disent pourquoi ne pas présenter un business plan sur un lieu de dégustation. Oui mais c’est se placer dans un univers concurrentiel saturé : l’océan rouge alors Stéphane s’appuie sur une stratégie « Blue Océan » pour se créer son espace de marché. Sa conviction profonde c’est qu’il lui fallait éviter le « One Person/One location c’est-à-dire un lieu qui n’existe que par la personnalité de son créateur...

-         Ok, excellente analyse belle stratégie, mais ces belles armoires design qui nous entourent n’ont pas été créées rien que pour coller au beau projet de Stéphane...

-         Bien sûr, elles sont d’origine italienne et il les a découvertes en 2004 à San-Franscisco. Je passe sur les détails. Moi, pour vous faire sourire, je leur trouve un petit côté machines à traire les vaches, version maison de poupée. Ce sont elles qui vont lui permettre avec une architecture d’intérieur pensée par les concepteurs des boutiques Nespresso d’ouvrir à la mi-mars 2010 ce Wine by One du 9 rue des Capucines.

-         Nous y sommes. Parlons chiffres : la dose de 3cl en moyenne, le prix moyen des bouteilles en dégustation et celui du verre en moyenne.

-         Le 3cl va de 1 à 30€. La bouteille 20/25€ et le verre moyen 6/7 €. Ça permet de découvrir, de se faire plaisir sur une belle gamme de choix...

-         Elle évolue cette gamme ?

-         Oui c’est un assortiment dynamique : 10/12 références ont changé depuis l’ouverture.

-         Vous nous avez décrit 2 des fonctions de Wine by One : la dégustation avec la Wine Card et l’achat éventuel de bouteilles. Quand est-il de l’aspect club de dégustation ?

-         Un corner très sympa doté d’un grand écran permet l’accueil de vignerons. C’est prévu pour les mardis. Des cours de dégustation en français et en anglais sont aussi possibles et, cerise sur le gâteau, Wine by One est en partenariat avec le « Nez du vin »

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-         D’accord Isabelle mais comme vous êtes une petite cachottière vous avez gardé le meilleur pour la fin.

-         Oui Jacques, j’adore l’espace lounge avec son grand miroir, ses magasines sur table basse, sa Wi Fi en libre accès. Moi ça me donne envie de me lover dans un canapé avec un verre à la main, y lire, surfer sur le Net ou papoter avec une amie...

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-        Grignoter ?

-         Oui, mais l’offre actuelle « planche fromages/charcuterie, excellente, est un peu light pour le déjeuner. Je pense qu’il faut jouer sur les accords avec le vin. Enrichir la carte.

-         Certes mais la clientèle semble être celle de l’After Work donc des gens qui viennent d’abord pour le vin...

-         L’un n’exclue pas l’autre. La fermeture de Wine by One à 22 heures est un réel plus mais, dans la tranche du déjeuner, il me semblerait intéressant de drainer une tranche de clients différents sans pour autant tomber dans de la pure restauration.

-         Sans en arriver à une conclusion définitive car Wine by One est une jeune pousse en pleine croissance dites-nous Isabelle son plus et ce que vous voudriez voir évoluer ?

-         Wine by One passé le moment de surprise de la découverte, car lorsqu’on y rentre sans savoir on se demande où l’on a atterri, avec sa Wine Card et son Wine Pad est très ludique : on s’amuse à choisir ses vins, insérer sa carte, presser... déguster. Ça désacralise le vin. Ça le rend accessible. On se sent moins bête grâce aux fiches techniques. Pour moi c’est le lieu parfait pour les amateurs qui veulent aller plus loin. Le conseil : une petite touche de féminité pour animer l’ensemble très « haut de gamme », un peu guindé luxe, lui donner un peu de la chaleur communicative du vin. L’animer.

-         Merci Isabelle d’avoir accepté de venir sur mes lignes pour ce voyage au pays de l’Océan Bleu...

 

Suite du reportage photos en Wine News N°74 (en haut à droite du blog)

 

Isabelle est ESSEC marketing. Elle travaille à l’extension du domaine du Vin dans une agence parisienne. Au risque d’encore déplaire aux bonnets de nuit qui me reprochent ma légèreté, je persiste à croire que pour observer les nouvelles tendances de la distribution du vin et apprécier leur impact s’adresser à ceux et celles qui feront son avenir vaut mieux que d’entendre le docte point de vue des maîtres. Pour autant je ne tombe pas dans le jeunisme mais je m’essaie à sortir le milieu du vin de sa culture du rétroviseur et du « qu’est-ce qu’on est bien entre nous ». De même j'estime que l’exportation de nos vins, le développement de leur image commence aussi à Paris qui reste encore l’une des destinations les plus prisées des touristes du monde entier et draine beaucoup d'hommes d'affaires. Je suis très surpris lorsque je constate que dans les Grands Hôtels parisiens rien, ou presque, n’est fait pour séduire, en dehors de la table bien sûr, ceux qui voudraient découvrir nos vins soit en allant in situ soit en visitant les belles caves parisiennes.

Wine by One justement innove, ouvre de nouvelles pistes en ce sens. C’est bon pour le vin. C’est bon pour ceux qui le font. C’est bon pour ceux qui en vivent. Le regard porté par Isabelle, très positif, professionnel, auquel je joins celui d’un senior, qui partage à 100% la pertinence des remarques et leur caractère dynamique, c’est notre contribution pour que ceux qui sont dans leurs vignes, dans des avions pour aller vendre leur vin ou derrière un comptoir d’un salon, se disent que dans notre pays l’initiative, l’innovation, la volonté de bâtir est intacte. Nous souhaitons des vents favorables à Stéphane Girard et à son Wine by one sur l’Océan Bleu. Entre nous ce garçon aurait pu se contenter de couler des jours paisibles dans une boîte de consulting, alors...ça vaut plus que des encouragements chers amis...

 

Pour plus de détails aller sur le site : www.winebyone.com

Bouteille la moins chère : 10,50 euros Alamos Chardonnay Mendoza

Bouteille la plus chère : 455 euros Mouton Rothschild 1999

20 références de vins étrangers sur 100 : Californie, Australie, Chili, Argentine, Italie, Espagne, Allemagne, Autriche, Hongrie, Afrique du Sud.

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9 juin 2010 3 09 /06 /juin /2010 00:09

Dans le style « je ne veux voir qu’une seule tête », et « nous sommes tous égaux face à la vie que l’on vit » se fixer comme objectif une bonne moyenne bien compacte obtenue par un diviseur qui ne veut rien dire c’est jeter de la poudre aux yeux pour mieux masquer son impuissance. En l’occurrence ici il s’agit des objectifs nutritionnels prioritaires définit par le PNNS 1et2 concernant la consommation d’alcool par les français.

 

Je cite « Diminuer la consommation annuelle d’alcool à moins de 20 g par jour (PNNS1), de 20% par habitant afin de passer en dessous de 8,5 l/an/habitant (PNNS2) »

« Repère boissons : ne pas dépasser par jours 2 verres de vin de 10cl pour les femmes et 3 verres pour les hommes. »

 

Tout ça est beau et rassurant comme l’objectif d’un Plan mais est-ce avec de tels indicateurs globaux que l’on fait progresser le niveau de la santé de nos concitoyens. En effet, le vieil adage : « qui trop embrasse mal étreint » garde en la matière toute sa pertinence.

 

La stratégie est un art militaire. Lorsque l’état-major dresse un plan de bataille il doit tenir compte des forces en présence, les siennes et celles d’en face, de la nature du terrain, de la météo, de la logistique, du moral des troupes... avant de définir une stratégie. Celle-ci se situe, avec de multiples variantes, entre 2 types de choix : défendre ou attaquer. En clair, et de façon un peu sommaire, soit concentrer ses forces sur ses points faibles pour ne pas reculer, soit tout miser sur ses points forts pour progresser.

 

Dans le domaine de la Santé Publique il semble que l’état-major de la Direction Générale de la Santé, flanquée d’une myriade de représentants de l’Administration et des Etablissements publics de l’Etat (51 membres) ait élaboré « un programme ambitieux » mais que « la gouvernance et l’organisation ne sont pas à la hauteur des enjeux ». En clair, tout ce beau monde bichonne sur le papier un beau PNNS mais pour sa mise en oeuvre plus personne, ou presque, est en capacité d’appliquer et de contrôler ce qui se passe sur le terrain.

 

Mais qu’est-ce donc ce PNNS ?

 

Pour faire dans l’ironie facile je répondrai qu’en France nous n’avons pas de pétrole mais nous avons le Plan National Nutrition Santé 1 et 2 : que le monde entier nous envie*, fils adultérin du Gosplan et d’une belle part de la matière grise des beaux esprits qui ont si bien appréhendés et gérés la pandémie H1N1, forme fort indigeste du Gloubiboulga cher à Casimir, dont le petit peuple avachi devant son téléviseur, ingurgitant force de pizzas et de sodas, ne retient que le gimmick « manger, bouger... » inscrit sur le bandeau déroulant qui défile lorsque des bienfaiteurs de notre santé, tels Coca Cola et Mac Do font de la pub à la télé.

 

Plus sérieusement (accrochez-vous car c’est du sabir administratif pur sucre) :

 

« Le PNNS  est un programme de santé publique qui propose une politique nutritionnelle à travers le double prisme de la tradition culinaire française d’une alimentation qui rime avec plaisir et patrimoine gastronomique, et la santé et du bien-être au regard des risques de survenue de certaines maladies, comme certains cancers, le diabète et l’obésité compte tenu des déséquilibres nutritionnels, liés à la fois à des excès dans l’alimentation et à un environnement marqué par une augmentation des comportement sédentaires et au manque d’activité physique.

Le PNNS s’inscrit dans un système de représentation qui va de la sphère privée à la sphère publique, mettant en jeu l’histoire individuelle et le mode de vie de chacun, avec une très grande diversité des comportements alimentaires observés dans un contexte où les valeurs culturelles, l’environnement économique et social pèsent sur les politiques publiques.  

Si le PNNS, au terme de ses deux programmes, s’appuie sur un consensus sur la définition des repères nutritionnels, dont il a permis de diffuser les références, il lui a été difficile de définir avec succès une politique nutritionnelle généraliste, qui tienne compte par ailleurs des différentes populations cibles en fonction de leur âge (les jeunes et les personnes âgées), ou de leur niveau socio-économique (les populations en situation de pauvreté ou de précarité).

Les différentes parties prenantes que sont les acteurs institutionnels, administrations, collectivités territoriales, les acteurs économiques (producteurs du monde agricole, IAA, restauration collective) ou les partenaires associatifs et aussi les sociologues et chercheurs, souscrivent dans l’ensemble au constat que la nutrition s’impose comme un enjeu de santé publique, mais restent partagés sur la part qui revient à chaque déterminant. Pour certains, la régulation des comportements alimentaires collectifs doit être privilégiée, alors que pour d’autres la responsabilité de chacun dans son mode de vie est primordiale. Chacun s’accorde néanmoins à reconnaître des facteurs d’environnement que sont la politique d’aménagement urbain comme la politique de transport, les équipements sportifs, mais aussi l’organisation de la restauration scolaire, la qualité nutritionnelle des aliments, ou leur prix. »

Herculéen !

 

Ça donne, accrochez vos ceintures, pour le PNNS1 de janvier 2001 :

-         9 objectifs nutritionnels prioritaires

-         9 objectifs spécifiques qui ont une approche populationnelle

-         des principes généraux (le choix alimentaire individuel est un acte libre, le PNNS prend en compte la triple dimension biologique, symbolique et sociale de l’acte alimentaire...)

-         6 axes stratégiques.

 

Le PNNS 2 de 2006-2010 lui :

-         conserve les 9 objectifs nutritionnels prioritaires

-         élargit à 10 les objectifs spécifiques

-         énonce 10 principes généraux (dont le bannissement de toute stigmatisation des personnes)

-         comprend 4 plans d’action.

 

Je sens que vous frisez l’indigestion et que vous filez tout droit vers une surcharge pondérale mais désolé je dois aller au bout du bout.

 

D’abord pour vous informer des moyens financiers mis en œuvre : « L’essentiel des crédits publics (environ 15 millions d’€ par an) mis à disposition de ce programme sont de fait attribués à l’INPES (environ 10 millions d’€ par an) en charge des actions de communication visant à faire connaître et à décliner les principaux repères nutritionnels ainsi que les bonnes pratiques alimentaires tant vers le grand public, que les filières professionnelles, que du monde socio-éducatif et de la santé. »

 

En langage simple : l’essentiel des crédits passe dans la Com !

 

A noter « que l’INPES reconnaît en outre que le risque de confusion entre le message sanitaire et le produit promu, un problème soulevé par l’UFC Que Choisir avant la mise en place des bandeaux. En effet, cette association avait montré dès 2006 qu’après la visualisation d’un spot télévisé pour les céréales riches en sucres avec le bandeau d’information « Pour votre santé, évitez de manger trop gras, trop sucré, trop salé » 68 % des adultes sondés pensaient que le fabriquant vantait l’équilibre nutritionnel de son produit. »

 

Attention, je n’écris pas que tout est bon à jeter dans les « bonnes intentions » des promoteurs des PNNSS 1 et 2, je me contente de souligner comme le font les auditeurs de l’IGAS et du CGAER – mes citations sont extraites de leur rapport d’avril 2010 – qu’ « il est regrettable qu’à la lecture du programme ne transparaisse aucune tentative, sinon de hiérarchisation, du moins de définition d’un ordre de priorité, ou à minima de mise en valeur, de certaines problématiques par rapport à d’autres »

 

Pour prouver mon esprit éminemment constructif je vais poser une question de fond aux concepteurs du PNNS et faire une suggestion d’action ultra-prioritaire.

 

Ma question : « à plusieurs reprises il est souligné que l’alimentation tient une place originale et centrale dans la culture de notre pays. Le formidable patrimoine gastronomique et culturel dans ce domaine, la place particulière des terroirs dans nos références identitaires, la richesse et la diversité de notre offre alimentaire, la puissance de l’agro-industrie nationale, les enjeux économiques qui y sont liés constituent un alliage particulier et fort dont aucune politique publique ne saurait faire abstraction. »

Fort bien, même si le lien que vous faite entre notre patrimoine gastronomique et la puissance de notre industrie agro-alimentaire ne clarifie pas l’approche de la question que je vous pose : ne pensez-vous pas que, comme le soutiennent des scientifiques, « Le Bien Vivre à la française le meilleur remède contre le développement de l'obésité » ? http://www.berthomeau.com/article-30650904.html

 

Ma suggestion d’action ultra-prioritaire : En partant du constat que certains secteurs de notre agriculture souffrent, plus particulièrement : les fruits et légumes, viande bovine et ovine, une partie du secteur laitier et que parallèlement le secteur de la restauration collective, plus particulièrement les cantines scolaires et les restaurants universitaires, se trouvent confronté au dilemme entre le prix et la qualité nutritionnelle et gustative des produits offerts, la mise en place, comme aux USA, d’un système préférentiel d’achats de ces produits pour les gérants de ces structures, permettrait tout à la fois de soutenir le prix de ces produits, et donc de rémunérer plus justement les producteurs, tout en apportant à nos enfants et à nos jeunes une alimentation plus saine et plus équilibrée à un prix abordable par le plus grand nombre.

Ma proposition n’a rien d’irréaliste et que les grisouilloux de la sacro-sainte « concurrence » de Paris ou de Bruxelles ne viennent pas me chanter leur chanson sinon je sors ma sulfateuse.

Fort bien me direz-vous, et la dose prescrite, vous l’avez zappée ! C’est vrai mais vous aurez la suite au prochain numéro car là il faut que je pose mon stylo...

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8 juin 2010 2 08 /06 /juin /2010 00:06

« Ce qui fait la richesse de notre langue. Ces papilles qui vivent comme des filles de pape dans un palais bordé d’ivoire, sont liées à notre cerveau qui fabrique la gourmandise et la gastronomie. Le vocabulaire gastronomique et alimentaire est d’une grande richesse comparé à la pauvreté relative des capteurs du goût, nettement inférieurs en nombre à ceux de la vue ou de l’odorat [...] La gastronomie occupe une place primordiale dans la vie humaine. Ne passe-t-on pas à table deux ou trois fois par jour, trois cent soixante-cinq jours de l’année, pendant toute une vie ? Serions-nous capables de faire l’amour trois fois par jour toute l’année et toute une vie ? »   Genou-7946.JPG

Claude Gudin, auteur de ces lignes, extraites d’ « Une histoire Naturelle des Sens » (voir chronique « Et si le 6ième sens était celui de l’humour » http://www.berthomeau.com/article-et-si-le-6ieme-sens-etait-celui-de-l-humour-mm-les-degustateurs-de-vin-devorez-une-histoire-naturelle-des-sens-49426553.html )démontre que l’on peut être savant et léger et que les culs pincés, dont je tairais le nom, seraient bien inspirés de mettre un soupçon de légèreté dans leur sérieux par trop pesant. Je lui redonne la parole afin d’assurer la transition « Il peut paraître surprenant que le goût, avec si peu de terminaisons nerveuses, ait pu conquérir un si grand champ sémantique de la perception des saveurs, des préférences et des aversions alimentaires étendu au désir en général (« avoir du goût pour »), aux inclinaisons alimentaires et amoureuses, aux préférences et aux jugements esthétiques. L’agueusie (absence de goût) est moins invalidante que la cécité et la surdité, et pourtant ce sens est d’une importance capitale, peut-être à cause de la fréquence de sa mise en jeu. Il y a dans le système nerveux central des liens étroits entre la gustation et le système de régulation de l’humeur (par l’intermédiaire du système ventral hypothalamo-limbique). Ainsi, le goût est un sans fortement imprégné d’affectivité et d’émotion. Un sens qui a force de loi et qui débouche sur une réponse affective, comportementale, d’acceptation ou de refus. On peut presque dire que le jugement gustatif annonce le jugement moral. »

 

Beau sujet de symposium ne trouvez-vous pas ? Mais tel n’est pas mon propos du jour, je reviendrai sur ce sujet dans une prochaine chronique à propos d’un groupe de vrais amateurs qui, autour d’Anne-Claude Leflaive, se sont efforcés de « désapprendre la dégustation ». Comme vous vous en doutez mon passage par la langue organe n’avait d’autre but que d’en venir à la langue, le langage véhicule de l’échange entre les hommes. Pour organiser des symposiums ou tout autre rassemblement d’humains pour débattre, échanger, manger et boire repose sur l’exigence minimale de s’appuyer sur un socle de compréhension commun : soit la langue « majoritaire », soit les langues des invités accompagnées de traduction simultanée. Avant d’en venir à la fonctionnalité du langage et surtout à son utilité, une citation d’Alain Rey dans le Dictionnaire Culturel de la langue française « LE ROBERT » : « Le discours philosophique séculaire n’a cessé de jouer sur les ambigüités et les contradictions de ce concept, le « langage » voué à se mordre la queue puisqu’on ne peut le « définir » qu’en employant ses propres pouvoirs. Le langage, faculté, aptitude, virtualité, est inobservable, ce qui le rend apte aux mythes et aux théologies ; il ne peut être appréhendé qu’à travers d’autres notions, de plus en plus perceptibles. La première est celle de « langue », que certains idiomes distinguent du « langage », d’autres non (anglais language), et que beaucoup affublent du nom de l’organe charnu et mobile qui se trouve dans la bouche (l’anglais lui-même a mother tongue, « langue maternelle »). Mais « la langue » est encore une abstraction, construite à partir d’un flux qu’on peut appeler discours soit vocal (parole, palabra, parola, speech), soit graphique (écriture, writing...)

Pour en revenir, sans noms d’oiseaux ou outrances langagières, à la langue officielle du symposium sur le Grenache, je vais faire dans l’extrême simplicité en distinguant 3 usages de la langue où chacun pourra retrouver ses petits sans jouer les donneurs de leçons. 

1-     La langue à usage commercial : c’est forcément celle du client. Simplement je fais remarquer à HB (pas Human Bomber mais Hervé Bizeul) que lors d’une grande présentation de vins américains à l’ambassade des USA à Paris où les braves producteurs californiens et d'autres régions viticoles étasuniennes affichaient en anglais désirer un importateur freenchie et ne présentaient que des documents de présentation de leur gamme qu'en anglais. Je me réjouis donc comme HB que nos exportateurs parlassent, non la langue de Shakespeare, mais tout bêtement l’anglais lorsqu’ils s'en vont vendre leur vin dans des contrées lointaines où cette langue est pratiquée ou sert de langue véhicule.

2-    La langue des États : c’est la langue officielle et l'on imagine mal notre flamboyant de Villepin prononçant son discours à l’ONU en anglais sous prétexte qu’il se trouvait aux USA (certes dans une enclave internationale). Plus prosaïquement, dans les négociations européennes (j’ai pratiqué au temps de Miss Tatcher) chaque représentant utilise son idiome national et les traductions sont simultanées. Les documents officiels sont traduits par des juristes-linguistes dans toutes les langues de l’UE. J’ai écrit dans la chronique qui a attiré l’ire de HB « Je suis profondément européen, ce que ne sont pas la majorité de nos amis anglais – c’est leur droit – le Traité de Rome est un acte majeur que trop de baragouineurs semblent bien facilement passer par pertes et profits. Résultat : alors que la langue française est une langue officielle les grisouilloux de la Commission ne se donnent même plus la peine de publier leurs torchons en français. Ça me fâche. Je suis pour la stricte égalité de traitement. » Je persiste et je signe. Nos amis québécois dans un océan anglophone font exister leur langue, la nôtre. Deux anecdotes rapides : j’ai eu un Ministre : Michel Rocard pratiquant un anglais impeccable qui s’auto-traduisait, très commode ; ensuite j’ai beaucoup discuté avec mes homologues anglais, où qu’ils fussent:à Londres à Bruxelles, à Paris  ils étaient toujours monolingues : la leur. Depuis je me rattrappe face aux monologues qui ne font aucun effort.

3-    La langue des colloques : pour moi celle qui doit être utilisée est celle dans laquelle les intervenants conceptualisent le mieux, rien n’est plus désagréable que d’entendre un sabir mal maîtrisé, du baragouinage besogneux ou pire la lecture d’un papier avec un accent à faire frémir le plus bienveillant des bienveillants. Je suis profondément admiratif à l’égard de certains de nos amis étrangers qui pratiquent un français de haute tenue. Chapeau bas ! Pour le questionnement même jurisprudence, ça évite bien des incompréhensions et l’utilisation de faux-amis. Dans le cas d'espèce je rappelle que mon seul souhait était que le programme soit rédigé dans les deux langues. Le reste, c'est-à-dire les élucubrations de HB sur mon refus de venir pour cause d'anglais obligatoire tiennent à sa mauvaise humeur que je ne me sois pas déplacé pour recueillir ses augustes paroles. Je plaisante bien sûr !  IMG00133.jpg

Reste l’after Work, là c’est la convivialité qui prime et chacun se débrouille avec son bagage. Pour ma part, comme je suis incorrigible j’adore me voir flanquer d’une adorable traductrice qui remédie, comme dirait le souriant HB, à ma bêtise crasse. C’est très agréable d’être idiot en référence à une « Ravissante idiote » bien sûr. Sans conclure, je me permets tout de même de conseiller au pourfendeur de mes modestes et parfois trop ironiques écrits de les lire d’abord, de tenter de les comprendre ensuite avant d’enfourcher des haridelles fourbues qui ne mènent nulle part. 

 

Hier matin mon hébergeur Overblog n'a pas envoyé le message habituel pour vous prévenir de la mise en ligne de ma chronique. Certains de vous s'en sont émus je les remercie de leur fidélité. Si cela se renouvelle à l'avenir il vous suffit d'aller sur www.berthomeau.com et vous pourrez ainsi lire mon impérissable prose. Désolé que vous ayiez ensuite reçu dans la journée 2 messages puis une newsletter vous prévenant de l'incident déjà réglé je ne suis qu'un petit locataire et suis à la merci du bon vouloir de mon hébergeur.  

 

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7 juin 2010 1 07 /06 /juin /2010 00:09

Suite au torchon xénophobe publié par l’histrion de notre rédaction « Vont-ils canoniser en anglais le Grenache à Avignon le dimanche 7 juin ? » http://www.berthomeau.com/article-vont-ils-canoniser-en-anglais-le-grenache-a-avignon-le-dimanche-7-juin-51582338.html  , Hervé Bizeul, vigneron nous pris d’insérer :   Genou-3896.JPG

« Bravo, cher Jacques

Tu réussis en seul billet à exprimer tout ce qu'il y a de plus désagréable et d'énervant dans le Français : la haine instinctive de l'autre, la peur de ce que l'on ne connait pas, la critique d'un évênement auquel on a pas participé et l'appologie de l'appriori, le refus du partage de la connaissance, le choix du plaisir et de l'oisiveté au lieu du travail, la moquerie de la religion et des valeurs, la tentative de détruire l'innitiative privée et locale, le refus de l'internationalisation de notre monde, la manipulation de l'information en citant un bout de texte sortie du contexte, la bêtise crasse de celui qui dit "si c'est en anglais, j'y vais pas" (alors qu'il y avait traduction simultané pour tous et que parler la langue de ceux qu'on reçoit me semble la plus basique des courtoisies), vraiment, tu fais fort et tu te montres sous un jour, comment dire, étrange...

Sache que la conclusion, c'est que les producteurs de Grenache sont désormais un peu plus bienveilants les uns envers les autres, tout simplement parce qu'ils se connaissent un peu mieux et se sentent plus confrères que concurrents désormais.

Mais la bienveillance, hein...

P.S. : toi, on a effectivement pas remarqué ton absence. Mais ta "french attitude" d'un autre age, elle nous a pas manqué. »

 

Le comité d’éthique de « Vin&Cie » face à la gravité de la situation : 

 

-   Prie la Reine d’Angleterre, qui ne nous a pas déclaré la guerre depuis des lustres, d’agréer nos plus plates excuses en tant que souveraine constitutionnelle et chef de l’Eglise anglicane ;

-   Prie sa Sainteté le Pape Benoît XVI, qui est déjà bien à la peine, de ne pas excommunier notre rédacteur baptisé et confirmé au sein de l’Eglise apostolique et romaine ;

-    Prie tous ceux et celle qu’il aurait pu offenser par sa haine de l’autre, son apologie de l’à priori, son refus du partage de la connaissance, sa basse tentative de briser et détruire l’initiative privée et locale, son allergie à l’internationalisation du monde et son goût de la manipulation, de bien vouloir lui pardonner car il est atteint d’un mal incurable : la bêtise crasse. 

-    Prie Nadine de Rothschild et tous les rédacteurs de manuels de « savoir-vivre » à la française de passer outre à ses remarques stupides sur l’usage de la langue anglaise. En effet, comme chacun sait, nos amis anglais lorsqu’ils nous invitent dans leur belle île adoptent notre idiome gaulois ;  

-    Prie Michel Bettane d’être indulgent face à la citation intégrale de son texte par notre rédacteur et d’excuser celui-ci d'en avoir ri. Comme disait ce cher Desproges « on peut rire de tout mais pas avec n’importe qui ». Cette remarque s’adressant bien évidemment au plaignant : le sieur Bizeul ;  

-   Prie les producteurs de Grenache du monde entier de comprendre que si le sieur Berthomeau ne s’est pas présenté au symposium c’est primo parce qu’il s’estimait au-dessous du niveau minimal requis, deuxio parce que son goût immodéré pour la compagnie de jeunes écervelées buvant du rosé le mettait dans l'obligation de sécher ; 

-   Prie l’organisatrice du « Chêne Bleu », que l'ami Michel Chapoutier lui avait présenté lors de Vinisud, de faire preuve de beaucoup de philosophie et de mansuétude : ce garçon est plus bête que méchant. De plus lorsqu'il dit s'ennuyer ou plus si on l'accompagne dans sa grossièreté, n'engage que lui et n'a pas pour conséquence de qualifier les exposés du même qualificatif ; 

-   En compensation du préjudice subi par le sieur Bizeul propose de lui décerner le Grand Prix de l’Humour Anglais ;  

-   Comprend parfaitement les participants du Symposium de ne pas s’être aperçu de l’absence de ce représentant de la « France croupie » exécré et exécrable, et bien évidemment comprend plus encore qu’il ne leur ait pas manqué « un seul être vous manque et tout est dépeuplé ;  

-   Indique que les commentaires publiés sur cette chronique sont de la stricte responsabilité de leurs auteurs ; 

-   Remercie François le Débonnaire de son attitude de « médiateur » dans ce conflit qui ne va pas bouleverser la planète vin ; 

-   Comprends aussi totalement le sieur Bizeul de ne pas s’inscrire comme sponsor du Grand Concours de l’été que notre rédacteur indigne de la France du Bien Vivre et du Savoir-vivre ose encore proposer à ses lecteurs...

Sans vouloir dédouaner ce mécréant, nous signalons qu’il fut qualifié par la « France croupie » d’anti-français pour avoir osé répondre en 2001, en faisant un parallèle osé avec la situation de notre viticulture, à la question « pourquoi avons-nous pris une raclée à Azincourt ? » par « ce sont nos certitudes et notre suffisance qui nous ont vaincu, bien plus que les archers anglais. »

- Signale aussi que ce gougniafié n'a fait aucune contre-publicité incitant à ne pas se rendre au symposium puisqu'il a publié sa chronique le matin de l'ouverture et que, vu le crédit dont il dispose, selon le sieur Bizeul, il eut, s'il avait agi de la sorte, purement et simplement pissé dans un violon ; 

 - S'interroge : devions-nous le censurer au nom de l'Entente Cordiale, du Concordat, de l'amitié entre les peuples, de la défense des cépages ?

- Nous attendons vos suggestions, critiques, noms d'oiseaux, costumes bien coupés... et par avance nous vous en remercions.

 

Notes en bas de page : 

 

·    l’utilisation de Achtung pour Attention dans le titre tient aussi du principe de précaution afin de préserver l’amitié franco-allemande ;  

·        « La France Moisie »® étant une AOP Philippe Sollers elle est pourvue des signes légaux.

·        Le rédacteur cloué au pilori par le sieur Bizeul a exercé son droit de réponse en vis-à-vis du commentaire de celui-ci

 

 

   

 

 

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6 juin 2010 7 06 /06 /juin /2010 02:09

L’adresse de Sacha se révéla être celle d’un temple luthérien où un pasteur acétique flanqué d’une servante sans grâce nous accueillirent avec une économie de paroles qui cadrait bien avec le climat pesant de la capitale de la RDA. En dire le moins possible ici participait à l’instinct de survie : personne ne comptait sur personne, les liens sociaux se résumaient à une forme très accomplie d’ignorance mutuelle doublée d’un état d’indifférence profond sur le malheur des autres. Ils sortaient, comme leurs frères de l’Ouest, vaincus, cabossés, affamés, asservis, mais eux se retrouvaient parqués, retenus prisonniers par un parti qui se disait frère du grand vainqueur soviétique. Plus de repères, la grande machine à laver les cerveaux opérait pour que l’Histoire officielle essore le passé de la vieille Allemagne et serve de moule au soi-disant Homme Nouveau Socialiste. Je supposais que nos hôtes, sans être des opposants, ni même des résistants, devaient rendre des services à Sacha en échange d’une liberté d’action relative pour l’exercice de leur culte. Ils nos installèrent sur des lits de camp dans une soupente au-dessus de la salle paroissiale de réunion. Jeanne semblait totalement absente, elle me suivait sans piper mot.

 

Sacha se pointait comme un chat, selon ses bonnes habitudes, au beau milieu de la nuit alors que nous dormions après avoir ingurgité un dîner composé de pommes de terre à l’eau et de harengs saurs arrosés d’une bière immonde. Jeanne dormait à poings fermés. Assis sur le bord de ma couchette, Sacha m’informait qu’il allait nous exfiltrer d’ici sous le couvert d’une troupe de jeunes comédiens anglais que le British Council qui, après avoir entamé sa tournée par Berlin-Est, partait le surlendemain pour le Festival International du Théâtre de Prague. La chance nous souriait, le régisseur et son assistante venaient de contracter la coqueluche. Nous prendrions leurs places nombre pour nombre. J’informai Sacha de nos nouvelles identités, n’allaient-elles pas poser problème au sein de ce groupe de jeunes rosbifs. Sacha haussa les épaules : « ils n’auront pas d’autre choix que de gober mon histoire. D’ailleurs, ils sont tellement cons que je suis persuadé qu’ils vont trouver ça terriblement excitant d’accueillir deux bronzés. Surtout que ta compagne me semble pourvue de tout ce qu’il faut pour exciter leur libido de boutonneux. » Je m’inquiétai des visas. « Entre pays frères c’est relax, et d’autant plus que vous êtes officiellement des protégés de Boumediene... » me rétorquait un Sacha plus intéressé par la contemplation du corps de Jeanne endormie que par mes inquiétudes. D’un ton désinvolte il ajoutait « le plus difficile pour vous sera de sortir de la nasse des pays du Pacte de Varsovie. Là il vous faudra jouer serré... »

 

Le car dans lequel nous embarquâmes, un British Leyland, avait des allures de bus psychédélique avec sur ses flancs des fleurs peintes cernant des décalcomanies de portraits de Marx, Gandhi, Castro, des Beatles et bizarrement de la Reine d’Angleterre et son porte-bagages couvert d’une bâche bleue arborant la colombe de la paix. Nous gagnâmes, Jeanne et moi, les places du fond qui nous étaient réservées. Les saluts furent joviaux mais nous dûmes nous habituer à nos nouveaux prénoms : Mohammed et Sonia. Le voyage se passa sans incident et nous nous retrouvâmes à la tombée de la nuit dans un hôtel pour congrès, en lisière de la ville, genre monstruosité de verre et d’acier à la sauce soviétique. Après un dîner, où je ne saurais dire ce que nous avons ingurgité, dans une salle à manger sinistre, nous descendîmes dans le bar de l’hôtel au sous-sol où les colonnes de pierre et les fresques se voulaient représentatives de la grandeur des Habsbourg. C’était totalement grotesque. Quelques grosses pouffiasses buvaient du Coca-Cola à la paille en jetant des regards autour d’elles pour repérer d’éventuels festivaliers étrangers égarés qu’elles pourraient ferrer et, peut-être, attirer dans leur lit. Depuis notre arrivée nous étions flanqués de trois accompagnateurs officiels. Sacha m’avait prévenu « c’est l’usage, tu fais comme si tu ne le remarques pas. Votre chambre sera fouillée. Ne jouez jamais au plus malin. Souriez sans arrogance ça les rassurera... » Très vite j’avais compris qu’en fonction de l’ordre hiérarchique le lourdaud Conrad, amateur de Pilsner, s’accrochait à mes basques ; que le grand Horst, avec ses faux airs d’intellectuel, pistait Jeanne ; et que, la très revêche Frau Doktor Bahr de l’ambassade d’Allemagne de l’Est à Prague surveillait tout le monde. Une folle gaieté régnait à notre table où seul Horst tentait d’animer un semblant de conversation avec Jeanne qui jouait à merveille l’effarouchée du sérail. Moi je ne cessais de penser à nos retrouvailles dans notre chambre au lit très étroit.

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6 juin 2010 7 06 /06 /juin /2010 00:09

« Sous le soleil exactement... » il cognait enfin comme un Vulcain frustré ce diable de fils adultérin de Zeus. Quoi de plus fortifiant que la montée du soleil au zénith, réécriture du mythe égyptien du cycle du jour, le combat Rê chaque nuit contre « les forces du chaos », celle du rampant le serpent Apophis, pour le soleil réapparaisse, tiré de la gangue de la nuit. Triomphe du monde d’en haut, de la lumière sans qui la photosynthèse n’existerait pas. Poussée de vie, de vert, la vigne sur les coteaux d’Issy-les-Moulineaux s’éclatait, et moi après un bon repas à la Guinguette du Chemin des Vignes en compagnie d’Yves Legrand sous ma chemise de coton mercerisé je suais en cherchant les meilleurs angles pour mon petit vigneron bien pâlichon.

Le pauvre, toute une vie passée debout, certes au milieu de plantes vertes, au 9ième étage d’un immeuble sis boulevard St Jacques, il s’ennuie parfois de cette réclusion. Bien sûr, il ne se plains jamais vu que dans sa jeunesse éternelle il trônait au beau milieu de ses petits camarades dans une vitrine des Grands Boulevards. Imaginez sa frustration de voir défiler tout au long des jours que Dieu fait plein de belles filles court vêtue, rieuses, enjôleuses, sans jamais pouvoir sauter le pas pour les inviter au cinéma. Vous me connaissez, je suis bon prince, je m’étais donc promis, dès que la vigne retrouverait ses couleurs vert tendre, de lui offrir une expédition au Chemin des Vignes dans la commune du fumeur de Havane. Mais le soleil niaisait, la chape des nuages nous enserrait dans le gris et mai filait dans l’ennui. Et puis, juin venu, me fiant aux météorologues, je prenais rendez-vous ce mercredi pour le repas de midi avec l’ami Yves.

Le jeunot allait donc se payer une belle séance photo dans les vignes des coteaux d’Issy-les-Moulineaux. Je le vêtais en vigneron du dimanche, le plaçais sur la banquette arrière de ma petite auto, fallait voir le regard ébahi de mes voisins dans le parking de l’immeuble : « barjot ce Berthomeau... », Cap sur la Petite Ceinture. Déjeuner dehors sous les charmilles, de bons plats, de bons vins, une conversation qui roule : que du bonheur ! Le temps était venu de me glisser dans la peau de Robert Doisneau. La lumière était belle. Tout en haut du coteau, à espace régulier, passait ce drôle de métro baptisé RER : express régional qui en général se paye des pannes, des grèves et qui pue. Je grimpe. Je le place. Sous son impavidité de façade le jeune vigneron s’anime. Il existe. Le voilà.

Si vous n’êtes pas au conclave du Grenache, et si vous avez une minute à perdre, guidez mon choix du futur bandeau qui orne le frontispice de mon blog en désignant le cliché qui a votre préférence.(de 1 à 11)

Genou-7865_1.JPGGenou-7868_1.JPG1-2

Genou-7866_1.JPG    3-4Genou-7880.JPGGenou-7885.JPG5-6

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                                                                       10

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5 juin 2010 6 05 /06 /juin /2010 00:09

Le poulet du dimanche il faut en causer le samedi car il faut aller l'acheter. Bien sûr dans l’imaginaire des Français la poule au pot, du paillard et populaire Henri IV, occupe une place de choix mais c’est plutôt un plat d’hiver. Lorsque les beaux jours reviennent – ils sont à la peine cette année – et que les pommes de terre nouvelles se pointent un vrai bon poulet lourd élevé à l’ancienne, rôti doucement à la broche, se révèle un beau plat du dimanche.


C’est bien beau Berthomeau mais le vrai poulet de ferme, picorant dans l’aire, libre comme l’air, c’est de l’histoire ancienne m’objecterez-vous ? J’en conviens aisément même si ce genre de volatile se dégotte encore dans des basses-cours comme celle des Macaire à Selles (c’était au temps de ma présidence du Calvados, j’y avais une petite maison sous les pommiers).


Donc pour l’urbain moyen il ne reste plus qu’à se replier soit sur les marchés forains, soit chez un bon volailler pour tenter d’acheter un poulet « à l’ancienne » avec le risque de se faire fourguer une bestiole rebaptisée de ferme avec tous ses attributs : cou, tête et pattes (poulet effilé) comme seuls marqueurs de son origine. Le bon et seul critère c’est le POIDS, en effet un poulet lourd d’au moins 2,8 kg a de forte chance d’avoir pris le temps de se faire une belle carcasse et de se couvrir d’une chair bien ferme. Pour ma part, quand je veux dénicher un poulet difficile à trouver ailleurs : une Géline à pattes noires, une Coucou de Rennes par exemple je file vers le rayon volailles de la Grande Epicerie du Bon Marché qui est très bien achalandé. Ce n’est pas donné mais rapporté au plaisir dans l’assiette « Le Poulet du Dimanche » de 2,815 kg que j’ai acheté pour 6 bons mangeurs ça fait du 4 euros la part.


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« Le Poulet du Dimanche » est une marque de Vallégrain www.vallegrain.com qui dans le Perche, Coudray au Perche 28330, fait surtout dans le cochon mais aussi dans la volaille. Abattu entre 16 à 19 semaines il est né et élevé dans le Perche, dispose d’un parcours extérieur, mange une alimentation fabriquée à la ferme : 100% d’origine végétale, sans antibiotique ni facteur de croissance. Dès la 4ième semaine d’engraissement son alimentation à 75% minimum est composée de céréales entières. Pour la cuisson : four à 180° et au moins 2 heures.


Genou-7839.JPGGenou-7841.JPG

 

 

Comme accompagnement j’ai choisi la Pomme de Terre Nouvelle de l’Ile de Ré : une AOC avec une production de 3 500 tonnes, 35 producteurs. La délimitation de l’aire d'appellation : seules les pommes de terre récoltées sur les parcelles ou parties de parcelle des cantons d'Ars-en-Ré et Saint-Martin-en-Ré, peuvent prétendre à l'appellation « Pomme de Terre de Primeur de l'Ile de Ré ». Sur les 900 hectares de l’aire délimitée d’appellation, 300 ha sont disponibles, et 150 sont réellement travaillés, pour permettre la rotation des cultures. Un cahier des charges précis et rigoureux pour encadrer la culture et la récolte des pommes de terre : choix des variétés, préparation des plants, densité de semis, conduite culturale raisonnée, rendement à l'hectare (de 19 à 25 tonnes/ha, soit un rendement 50% moins élevé que celui des pommes de terre de conservation), taux de matière sèche et calibre des pommes de terre, conditionnement à l'intérieur de l'aire d'appellation.


Saisie dans sa peau au beurre salé la patate nouvelle de l’Ile de Ré est presqu’aussi bonne que la Bonnotte de Noirmoutier (voir ma chronique « Mesclun de l’Océan aux Bonnottes de Noirmoutier confites et le vin qui va avec… » http://www.berthomeau.com/article-31458784.html mais je suis un peu chauvin. Je viens, pour mon déjeuner, de me régaler de la cuisse et de l’avant-cuisse de mon « Poulet du Dimanche » avec ses petites rhétaises nouvelles : absolument grand, un vrai délice, chair onctueuse, peau craquante, alliance de la ponte iodée des patates sur fond de beurre salé avec le muscle ferme du poulet baladeur. Pour un billet de 5 euros la portion ça reste un plaisir du dimanche abordable. Et si vous avez un chien, lui aussi se régalera des beaux os du volatile du Perche (ça le changera de ses croquettes aseptisées Duquesne-Purina).


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Pour le service du vin bouché je confie mes intérêts au dénommé Michel Smith un es-dégustateur de haut vol, qui s’est aventuré dans ma Vendée natale sans mon bon de sortie. Il a beaucoup à se faire pardonner le bougre : oser me traiter de Chouan, écrire que les vins de Vendée font figures de « bibines à touristes », qu’ils font tristes mines avec pour principal défaut la dureté mise trop facilement sur le compte de la « typicité ». Typicité, il a osé écrire typicité (lire chroniques : « C’est typique »  http://www.berthomeau.com/article-1930747.html « I’m the nightmare: Me  Gilbert Collard en charge du dossier typicité des vins d'AOC ? »  http://www.berthomeau.com/article-27189213.html « Paroles simples d'une vigneronne bourguignonne sur la typicité... »http://www.berthomeau.com/article-20762234.html ). Mais, en bon Vendéen que je suis, comme je sais confesser mes lacunes, je lui cède avec plaisir la souris. Vous pouvez suivre ses choix c’est un gars qu’a de la bouteille et qui goûte les joies de la Nouvelle Star.


 

-Domaine du Lux En Roc, Jean-Pierre Richard (Tél. 02 51 90 56 84), à Brem-sur-Mer. Superbe blanc de chenin et Grolleau 2009 à 5,50 €, harmonieux et long.

 

-Domaine Aloha, Samuel Mégnan (Tél. 06 31 29 55 05), à Vairé. Joli rouge «Belharra»2007 à 80 % cabernet sauvignon, le reste en pinot noir.

 

-Domaine La Rose St-Martin, Denis Roux www.larosestmartin.fr ) à Brem-sur-Mer. Rouge 2009 « L’Estran », très sur le fruit (7 €) et à boire frais.

 

-Domaine La Borderie, Laure Paupion (Tél. 06 08 48 06 93), à Brétignolles-sur-Mer. Chouette rosé 2009 « Pierre Rouge » (6,90 €) poivré et très expressif en bouche.

 

-Domaine Saint-Nicolas, Thierry et Antoine Michon www.domainesaintnicolas.com , à Brem-sur-Mer. Intense, complexe, fin et minéral rouge 2007 « Le Poiré », entièrement basé sur de vieilles vignes de négrette (21 €), mais aussi un « Reflets » rouge 2009 pour les grillades entre copains (9,50 €, pinot noir à 50 %, gamay et cabernet franc

 

Merci Michel, moi qui suis un grand flemmard j'affirme qu'on n'est jamais aussi bien servi que par les autres surtout quand l'autre est un ami... 

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4 juin 2010 5 04 /06 /juin /2010 00:09

Ils sont venus, ils sont tous là, des contrées les plus reculées de notre monde globalisé : « Australia, Austria, Brazil, China, Croatia, Egypt, Hong Kong, India, Ireland, Israel, Italy, France, Germany, Japan, Korea, Luxembourg, Norway, South Africa, Spain, Switzerland, United States, United Kingdom. » Dès demain 6 juin 200 Pères de l’Eglise, des moines, des chanoines, des nonnes, de mères supérieures, des frères convers, des évêques, des monsignores, des pasteurs de l’Eglise anglican (beaucoup) des garçons et des filles tendant vers des âges qui, sans être canoniques, n’en restent pas moins assez peu représentatifs des générations d’avenir, assemblés, au domaine de la Verrière, au Crestet,  en un chapitre baptisé : 1ier Symposium du Grenache.

 

Que du beau linge, pensez-donc même François le Débonnaire, avec sa barbe fleurie, quittant ses Rives bordelaises bénies, y posera ses malles de la Compagnie des Indes, pour concélébrer avec le Pape français du Vin, Michel Bettane, et Steven Spurrier, flanqués de la Grande Prêtresse anglaise Jancis Robinson, et une foultitude de noms connus : Michel Chapoutier, le couple Bourguignon, Hervé Bizeul, Philippe Faure-Brac, Vincent Avril, Pierre Perrin, Bernard Burtschy, la cérémonie de la béatification du Grenache. À dessein je ne vous cite que les patronymes des têtes françaises. Je m’en expliquerai un peu plus tard.

 

Afin qu’il n’y ai aucune ambigüité dans mes propos, je vous signale de suite que j’ai été invité nominativement, relancé à 3 reprises, pour aller poser mes « célèbres fesses » au Symposium afin que je puisse, de ma plume vive et insolente, vous narrez les actes de bravoure oratoires et gustatives des Pères de l’Eglise du Grenache. Pourquoi n’y suis-je pas allé me direz-vous ? La réponse est simple : qu’irait faire un mécréant de mon espèce en ce Conclave de hautes huiles ? S’emmerder ! Oui, j’avoue mon incorrection totale : je préfère le samedi et le dimanche, surtout maintenant que le soleil est de retour, la compagnie de gentes damoiselles papillonnant autour de beaux verres emplis du nectar du cépage susdit. Bien évidemment, j’ai le plus grand respect pour les messes chantées avec surplis amidonnés mais que pourrais-je extraire des minutes de ce Symposium qui puisse vous passionner ? À mon avis rien car je n’y comprendrais goutte.

 

Mais ce n’est là que la première raison que j’ai d’ailleurs plus poliment indiquée pour décliner l’invitation. La seconde est plus culturelle, liée à la fois à mes origines papistes et à mes racines paysannes. Je m’explique. Tout d’abord, un seul lieu s’imposait pour une telle béatification : le Palais des Papes à Avignon. Bien sûr, le domaine de la Verrière doit être plus bucolique mais les symboles sont toujours plus frappants que le simple confort. Ensuite, comme vous le savez, je suis anglophile mais dans le cas présent, j’estime que le calice a un goût par trop britannique. L’Eglise anglicane est « hérétique », je plaisante bien sûr, et je trouve assez discourtois que sous le prétexte, justifié, que ce colloque est d’amplitude internationale, seule la langue anglaise y soit pratiquée. Cette révérence me gonfle. Cette absence de fierté m’irrite. Que dans les actes du commerce la langue véhicule fut l’anglais je l’admets mais là, dans une concélébration en terre Avignonnaise, j’aurais apprécié que le programme fusse au moins rédigé dans notre belle langue www.grenachesymposium.com . Je suis profondément européen, ce que ne sont pas la majorité de nos amis anglais – c’est leur droit – le Traité de Rome est un acte majeur que trop de baragouineurs semblent bien facilement passer par pertes et profits. Résultat : alors que la langue française est une langue officielle les grisouilloux de la Commission ne se donnent même plus la peine de publier leurs torchons en français. Ça me fâche. Je suis pour la stricte égalité de traitement.

 

Voilà, pour moi la messe est dite. D’ailleurs, pourquoi le colloque n’a-t-il pas adopté le « latin de cuisine » comme langue officielle, c’eut été plus classieux, non ! Bon Symposium aux chanoines et chanoinesses, et avant de vous laissez à vos travaux de canonisation je ne résiste pas au plaisir de vous offrir le seul morceau de bravoure écrit en français sur le programme de présentation du Symposium. Il est signé de notre Pape Michel Bettane. J’avoue, comme je suis espiègle, qu’il m’a fait beaucoup rire. Vive la libre-circulation des Hommes, des Idées et des Cépages : Libérez nos cépages !

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« Du temps où les cépages circulaient librement, sans être prisonniers de régions viticoles xénophobes, le grenache a su faire son chemin de Compostelle à l’envers et arriver au cœur de la Provence, où il s’est mis au service, de façon peut être encore plus spectaculaire que dans son Espagne natale, de terroirs parfaitement adaptés à lui.

 

Il est juste qu’en remerciement, la Provence accueille un symposium international  qui s’annonce passionnant sur le plus étonnant des cépages du sud de l’Europe et  d’autres vignobles de soleil de la planète. Je souhaite vivement qu’il contribue à montrer l’étonnante qualité et diversité de ses expressions, du rosé puissant de table aux vins rouges somptueux qu’il produit au cœur de l’Australie, de la Californie, dignes de se mesurer aux grands crus de Catalogne, du Rhône et des îles de Méditerranée, sans oublier les vins fortifiés si étonnants du Roussillon. »

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3 juin 2010 4 03 /06 /juin /2010 00:09

« Le rosé ne connaît pas la crise ! » proclame « Terre de Vins », c’est tout juste si le troupeau des suiveurs de tendance n’entonne pas en chœur : « La vie en rose » d’Edith Piaf. Décliné en rosé, gris, œil de perdrix, claret, blush, pelure d’oignon… de saignée, de macération, de soif... le vainqueur par KO des grisouilloux de la Commission prend des allures de starlettes sur la Croisette de Cannes. Afficher son rosé est du dernier chic : même que le très « prout, prout, ma chère... venez donc baver devant les clichés de mon intérieur in the Luberon » Côté Sud, se paye le luxe dans son numéro hors-série d’été de proclamer un rosé « pur jus de Grenache » de la DO Terra Alta : MÁS AMOR comme étant un des vins de l’été 2010.  

Je ne résiste pas au plaisir de vous livrer l’acte de naissance de ce MÁS AMOR « C’est un petit paysan des montagnes catalanes, né sur les balcons de l’Èbre, ce fleuve majestueux qui fend comme une orange la péninsule ibérique. MÁS AMOR est la rencontre d’un terroir et d’un désir : concilier, marier la vérité, la fraîcheur virgilienne de cette appellation d’altitude qu’est la DO Terra Alta à l’énergie, à la soif de liberté de Barcelone. » Bravo l’artiste, mais j’avoue que la plume de Ramón Sender avec son « Requiem pour un paysan espagnol » chez Attila  m’a elle vraiment émue.

 

Mais de l’autre côté des Pyrénées pour ne pas être en reste d'une enluminure, sous le titre très post-Libé : « Rosé n’est pas coupé » l’éditorialiste de Terre de Vins a la plume légère : « Les idées reçues reposent souvent sur une simplicité d’observation. Si nous savons tous que les garçons ne naissent pas dans les choux mais qu’ils y restent parfois, il est facile d’imaginer que le vin rosé consisterait en un mélange de vin rouge et de vin blanc. Certes, ce n'est pas absurde, en témoigne le succès des champagnes rosés ! Cependant, le rosé jouit d’une toute autre histoire, plus intime, plus passionnelle parfois, et s’il ne naît pas forcément dans les mains d’une femme, il s’élabore précisément selon une étreinte mesurée ou un contact plus ou moins prolongé. Le rosé serait alors un équilibre, une nuance de teinte et une harmonie de saveur, un trait d’union autour d’une table. Comme les hirondelles pour le printemps, il annonce l'été, le soleil, les terrasses, le bord de mer, les piques niques et les barbecues. Un avant-goût des vacances. »

 

Il faut oser ce pur style à l'eau de rose avec une touche empruntée à MP Lannelongue du Nouvel Obs, un coup de blush   les filles !

 

Et puis, puisque nous sommes à la veille du Mondial de Football sous la houlette des omniprésents B&D un match des rosés de Provence et du Languedoc-Roussillon, les plus grandes régions productrices de ce vin en France, est organisé. N’en jetez plus je suis au bord de l’Over-Rose.

 

Je sais, les ravis de la crèche vont protester « Jamais content ce Berthomeau ! » Inexact, j’estime que mon engagement ancien pour le rosé, longtemps tricard, ringard, me permet d’ajouter ma touche perso au tableau rose bonbon que nous livrent les gros consommateurs d’encarts publicitaires.

 

1ier Tableau : Le camping des Flots Bleus d’Arcachon, Franck Dubosc, alias Patrick Chirac, son Marcel « rose fluo », sa phrase culte « y’a plus de Benco », son maillot « moule-bite » ça fait 5 470 000 entrées en France, ce qui nous vaut un Camping 2. Respect ! Sans vouloir faire de parallèle osé c’est un peu ce qui arrive à notre star du moment le rosé.

 

2ième Tableau le Rosé vu par Peter Mayle le plus méridional des Anglais, bien connu du côté de Bonnieux, fait Chevalier de la Légion d’honneur en 2002, pour coopération et francophonie, dans son dernier roman « Château l’Arnaque » chez NiL.

Sam* servit le vin dont la robe, d’une couleur plus soutenue que celle des vins pâles qu’on aimait à L.A, était assortie au rose du saumon fumé des sandwiches. Il leva son verre au soleil, prit une gorgée et la garda un instant en bouche. Un vrai goût d’été. Après une matinée passée avec l’aristocratie du vin, cette boisson simple, humble, et cependant agréable, lui apporta un changement rafraîchissant. Pas de long pedigree, pas de millésime historique, pas de complications et pas d’étiquette affichant un prix extravagant. Aussi Sam ne s’étonnait plus que ce fut la boisson favorite en Provence. »

·        Sam, enquête pour le compte du Cie d’Assurances yankees sur le vol chez un richissime avocat californien de la plus belle collection de GCC bordelais. Il est à Marseille et il mange un sandwich sur la terrasse ensoleillée de la Samaritaine, de l’autre côté du Port.

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3ième Tableau : Blue Ocean Strategy ou la Stratégie de l’Océan Bleu

« Blue Ocean Strategy » est un livre de stratégie d’affaires publié en 2005 et écrit par Wan Chan Kim et Renée Mauborgne de l’INSEAD. La stratégie de l’Océan Bleu consiste à orienter son business vers un segment peu concurrentiel afin d’utiliser au mieux ses ressources et faire des marges plus importantes. Au lieu de foncer dans le tas, de se précipiter là où sont tous les autres concurrents, de se battre sur les mêmes segments, avec les mêmes armes : prix, qualité, etc…,  stratégie dite d’océan rouge; les auteurs du livre conseillent de se créer son propre espace vierge : l’océan bleu en innovant et en recherchant des critères totalement décalés par rapport à ceux existant.

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Rideau : avec le Vin Rosé la stratégie de l’Océan Bleu était celle qu’il nous fallait adopter il y a quelques années... maintenant nous sommes en plein dans une stratégie d’Océan Rouge. Trop tard aurait tonné Mac Arthur ! Ne voyez dans mes propos aucune malice quand j’évoque le Rouge qui est, comme chacun le sait, la seule couleur du raisin qui aille à l’authenticité de nos chers rosés, sauf en Champagne bien sûr !

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