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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 00:03

Et pourtant bien avant de vous noyer ici même sous la pluie fine de mes mots, le déluge diront certains, Dieu sait que j’ai commis – normal pour un Grand Commis de l’État : j’adore cette appellation car je ne me souviens plus quand je me suis gagé pour le compte de ce gars-là – des brouettés de « gros mots » sur Bordeaux. Pas la ville aux Chartrons délaissés mais ses environs pleins de châteaux où, comme vous le savez, il est de bon ton de ne pas mélanger les torchons avec les serviettes. S’il y avait eu une place de Grève en lieu et place de celle des Quinconces les maîtres du « troupeau » de l’époque m’y auraient bien vu exposé publiquement à la vindicte populaire. Mais, si puis dire, la roue a vite tournée et je fus l’invité de tous les plateaux, colloques, assemblées générales, numéros spéciaux (1), de la ville de Bordeaux en grands travaux. J’eus pu en tirer une légitime satisfaction, peser sur la tête repentante de certains, me payer la tronche d’autres, non je continuais mon petit bonhomme de chemin. L’essentiel était ailleurs et les analyses, même jugées pertinentes, ne font pas forcément une bonne politique si les intéressés eux-mêmes ne s’en emparent pas.

 

Bref, aux premiers temps de cet Espace de Liberté je me penchais souvent sur les écrouelles du Géant Malade comme le montrent ces deux chroniques « Mes biens chers frères » link  et « Victime du système » link Si vous ne souhaitez pas lire ces 2 chroniques je vous signale que la première avait trait à un document de réflexion d'un groupe de travail réuni autour du cardinal Ricard  Archevêque de Bordeaux Evêque de Bazas : «  La crise viticole n'est pas une fatalité ». Il était daté du 5 mai 2006 et la seconde était un extrait du témoignage de Jean-Luc D recueilli par Catherine Mousnier dans le Paysan Vigneron revue régionale viti-vinicole des Charentes et du Bordelais  N° de janvier 2007 consacré à la Crise des vins de Bordeaux : Une prise de conscience collective.  Le temps passant bien sûr je m'en retournai à Vinexpo que je fréquentais en y allant à vélo, je me pointais  même dans les châteaux pour le faire le beau en primeurs, même qu'on m'invitait à l'AG d'une ODG. Le maire de Bordeaux répondait à mes 3 Questions alors que Bordeaux fêtait le vin link 

 

Comme je ne vais pas vous infliger l'énumération de toutes mes chroniques bordelaises j'en reviens à l'objet de celle-ci : pourquoi ne ratiocinai-je plus sur les heurs et les bonheurs de notre vignoble amiral (au sens du vaisseau) ? Il faut que je vous avoue qu'une fois que je me fusse posé la question et que je l'eusse couchée en titre, aucune bonne ou mauvaise raison de cette abstinence ne vint exciter mes neurones fatigués. Tout irait-il dans le meilleur des mondes à Bordeaux ? Ce serait faire injure à ceux des vignerons qui sont dans la difficulté que de répondre oui. Cependant, à propos de monde à Bordeaux, sans vouloir ironiser, y'en a bien au minimum trois qui se côtoient sans toujours vivre ensemble. Pour me dédouaner je pourrais écrire, l'air pincé, que plus personne ne m'invite à gloser, à délivrer mes oracles éclairés. Trop facile, et de plus inexact car si j'en avais le temps je pourrais aller éclairer la lanterne d'un Président. Alors, pourquoi diable cette disette ? Avant de répondre je dois confesser l'inavouable : je voulais un jour placer dans un titre de chronique le verbe ratiociner, couper les cheveux en 4, et ce fut l'occasion lorsque l'idée me vint de m'interroger sur mon abstinence bordelaise. Comme je déteste les ratiocineurs c'était une façon pour moi de pratiquer l'auto flagellation.

 

Certains ironiserons que si je ne coupe pas les cheveux en quatre en revanche je délaie un tantinet la sauce pour masquer le vide sidéral de cette chronique. Détrompez-vous, même si ce ne fut pas une position réfléchie, volontaire, mon abstention est le fait d'un besoin de prendre de recul, de la distance, d'observer. En effet, le 19 juillet 2010, lors de sa dernière AG, a présenté un plan nommé « Bordeaux demain » pour redresser la situation économique de la filière. En effet, je cite « La filière vitivinicole bordelaise a souffert ces dernières années d’une baisse des prix en grande distribution – y compris sur des marchés comme les Pays-Bas ou l’Allemagne – et d’une baisse des ventes en restauration. Ses parts de marché ont reculé en France et à l’exportation. La « marque » Bordeaux elle-même « s’abîme ». De nombreux opérateurs sont en situation précaire. Parmi les raisons évoqués l'«impasse » des modèles « de production et de vinification », des problèmes de transmission d’exploitations, des produits qui ne sont pas en phase avec les attentes des consommateurs et des soutiens bancaires incertains. Pour autant les professionnels croient « aux opportunités du marché actuel et a dressé un plan pour permettre à la filière, d’ici 5 à 8 ans, de « réaliser un chiffre d’affaires de 4,6 milliards d’euros et commercialiser 6,3 millions d’hl », en développant ses ventes notamment en Chine, États-Unis et Royaume-Uni. » en resserrant la gamme autour de trois segments et en supprimant les vins dont les « niveaux de qualité » ne sont pas « cohérents avec l’image de la marque ». Et de conclure « qu'à moyen-long terme, le volume des vins basiques bordelais devra reculer. »

 

Ce plan est très complet. Je l'ai lu et analysé. J'ai eu le projet d'écrire sur le sujet et puis je me suis ravisé. Quelle légitimé aurais-je à venir mettre mon grain de sel dans un processus bien calibré, bien formaté par des hauts spécialistes jugés bien plus aptes que moi à déterminer la stratégie et à conduire la manœuvre ? Aucune ! Comme je sais parfois être sage j'ai gentiment rangé mes petits outils dans leur mallette pour me consacrer à d'autres occupations. Voilà, vous avez la réponse à une question que vous ne vous posiez même pas mais que je me devais de me poser car Bordeaux reste Bordeaux et la maison Berthomeau, qui ne rechigne jamais devant le boulot, va se réveiller un de ces quatre et faire un retour en force, sans passer en force, au pays des châteaux... Si d'ici là quelques bordelais ou bordelaises veulent venir s'exprimer sur mon petit espace de liberté ils seront les bienvenus. Bonne journée à vous tous.

 

(1) Extrait du N° Spécial Sud-Ouest Aquitaine Eco : Vins d’Aquitaine des Trésors à défendre d’octobre 2003 où j’occupais une belle surface dans le Gotha du tonneau des châteaux de Bordeaux  et en plus j’avais droit à l’Appellation que j’adore « Haut Fonctionnaire »

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22 février 2011 2 22 /02 /février /2011 07:00

Comme au rugby, le britannique ne renonce jamais. Passé le rush de la meute j'entrainai ma chère anglaise à un truc qui m'a toujours plié de rire : un cocktail sur un stand d'une grande institution (je ne donne pas de nom car je me ferais encore des amis). Moi j'adore ! Tout d'abord il faut montrer patte blanche pour pénétrer dans l'enclos - bien que moi, comme je suis connu comme le loup blanc, on me laisse entrer les mains dans les poches - enclos où, bien sûr, se pressent les happy few qui gravitent comme des planètes autour des hautes personnalités présentes. Presque toujours les mêmes (là ce n'est pas la peine que je donne des noms vous pouvez le faire tout seul) qui se bourrent de canapés et de petits fours, picolent du champagne ou du whisky (boissons syndicales) et, bien sûr, échangent de hautes pensées sur le devenir de notre planète ou, parfois, du lumbago qu'ils ont récolté après leur partie de tennis ou pire de golf. Je suis très mauvaise langue. Ce qui me plaît par dessus tout c'est que le chaland, celui qui traîne ses guêtres et des kilos de prospectus, qui cherche la dégustation gratuite, qu'en a plein les bottes, qui va mâchonner un mauvais sandwich en buvant de la bière dans un gobelet en plastic, au lieu de regarder le jeune veau, tout juste né, de Flambeuse la belle Normande aux yeux tendres, y zieute tout ce beau monde qui se fait des ronds de jambes. Parfois, je sens dans son regard comme des envies de... 

 

Revenons à Mary. Mon pince-fesses semble lui plaire. Elle écoute aux portes si je puis m'exprimer ainsi. Je sens que je vais en prendre pour mon grade. Tiens cette année, certains qui m'ignoraient l'année dernière me saluent. Bizarre vous avez dit bizarre... Moi je bois un hypocrite : du jus d'orange au champagne. Fendant la galaxie de plusieurs directeurs mon anglaise fond sur ma pauvre petite personne. « Vous les Français vous adorez jeter l'argent du contribuable par les fenêtres... » me susurre-t-elle perfidement. J'ai beau lui dire que des fenêtres y'en a guère Porte de Versailles, elle ne goûte pas mon humour qui n'a rien de britannique. Pourtant, l'air de rien, je lui porte une attaque à laquelle elle ne s'attendait pas. « Voyez-vous, chère amie, c'est moi, si je peux m'exprimer ainsi sans vous paraître un peu outrecuidant, qui ai privatisé le Salon de l'Agriculture... » puis l'estocade « et en plus ce sont des anglais qui ont failli l'acheter... » Là, la pauvre, telle une carpe du bassin du Château de Windsor, arrondit sa bouche, manquant d'air. Je me venge d'Azincourt, lui expliquant que le CENECA (un zinzin public dirigé par un fonctionnaire) perdant de l'argent à pleins tuyaux, nous les spécialistes des poches percées, les adorateurs des déficits,  avions sans coup férir mis fin à la gabegie. Le tonneau des Danaïdes s'était trouvé un fond, pas de pension, mais un fond tout de même.

 

La donzelle sonnée avait trouvé son maître. Elle se vengeait en razziant les éclairs au chocolat. Moi, faux-derche de lui dire  « et si nous allions faire un tour sur le stand de votre beau pays... » Déjà déconfite par ma perfidie de mercanti, elle sombrait dans la mélancolie. Et savez-vous ce qu'elle m'a dit quand on s'est retrouvé là-bas : « en tant qu'anglaise, je suis rouge de confusion devant l'échantillon de nos produits. On les dirait tout droit sortis du placard de ma grand-mère dans le seul but de confirmer le cliché selon lequel la Grande-Bretagne est une contrée barbare située loin au-delà des limites du monde culinaire connu... » Bien sûr, j'ai fondu face à une telle détresse et pour me faire pardonner ma méchanceté je l'ai emmené sur le stand du CIV (Centre Interprofessionnel des Viandes) et nous nous sommes offerts - pour être franc c'est eux qui nous l'ont offert - une entrecôte à la bordelaise avec une bonne Folle Noire de chez Mourat - le ragoûtant -  des coteaux de Mareuil. Après, comme on était un peu flapi, sous les arbres de l'Office des Forêts on s'est endormi pour une petite mariénée...

 

Rude journée pour la reine ! Au salon de l'agriculture la chaussure est l'outil essentiel pour tenir le coup. De ce côté-là mon anglaise est lourdement ferrée, le genre Méphisto en croute de cuir délavé. Sur le flanc de la descente, la Mary est une redoutable : elle écluse et distille en temps réel. Moi je suis plus douillet sur le liquide mais imbattable sur le solide. Après notre petite sieste nous déambulons dans les travées, sans but précis, au gré de nos envies. C'est ainsi que nous nous sommes retrouvés dans le hall de l'Odyssée Végétale qui se veut le pendant du hall des bestiaux. En ce moment on se dirait au Salon de l'auto car les gars des céréales, du sucre, et bien sûr du colza y ne pensent plus qu'à la carburation. Roulez à l'huile de friture ! De mon temps les plaisantins foutaient du sucre dans le réservoir des gars qui pouvaient pas piffer et maintenant c'est tout ce qu'il y a de plus officiel, ça s'appelle le bioéthanol. Un de ces jours, y se pourrait que nous roulions au Bordeaux. Quand j'ose dire ça à mon anglaise elle me prend vraiment pour un fêlé. Merlot 33 aussi, c'est ainsi.

 

Juste après que j'eus prononcé ces fortes paroles nous sommes tombés sur une très bonne amie. Quand elle m'a vu avec mon anglaise elle l'avait un peu mauvaise car je lui dis toujours que le Salon ce n’est pas dans mes amours. Bon fallait que je trouve une dérivation : le terroir bien sûr ! On était à quelques encablures de l'huile d'olive. Mal m'en prit, voilà t'y pas que ma très chère amie se lance dans une diatribe où elle dit à Mary que tout cela est du freli frela car elle quand elle va à Carrefour : elle négative. Dans les caddies la plupart achètent du prix et que, comme le dit le Professeur je ne sais plus qui, l'ami de Michel H, les enfants obèses se recrutent dans les couches les plus défavorisées. Que c'est bien beau de se gargariser avec la qualité, l'authenticité, le terroir, mais qu'il faudrait quand même se préoccuper de ce que bouffent vraiment les gens. Arrêter de se raconter des histoires. Retrouver le lien avec la nourriture. Cesser d'interdire des trucs en disant qu'ils font mourir. Voir comment vivent les gens. Que, oui, l'ami de Michel H c'est le professeur Arnaud Basdevant. Moi, courageux comme un mec en présence de deux femmes qui discutent, je me suis discrètement esbigné, les laissant en plan, trouvant que ma journée au Salon était terminée. Je suis rentré en métro : la ligne 12.

 

 

Désolé je n'ai pas pu m'en empêcher : repasser les plats c'est un peu la tradition du Salon de l'Agriculture, non vous ne trouvez pas. Ces 4 chroniques dont je n'ai pas touché une ligne sauf à corriger les fautes d'orthographe (1-2-3-4) sur le Salon de l'Agriculture 2007, avaient trouvé leur origine dans la lecture d'un article du Daily Telegraph : Un anglais les pieds dans le terroir, sont à la fois le fruit de mes souvenirs de tout ces jours passés au Salon, inaugurations comprises, Ministre et Président compris, et, bien sûr aussi, un peu de mon imagination. J'espère ne pas vous avoir trop insupporté avec mes digressions mais, comme je suis persuadé que l'on peut traiter des questions importantes avec un peu de légèreté, je l'ai fait pour que les choses avancent, pour qu'on cesse de se payer de mots, surtout en ce temps où l'inflation des mots est de mise. Le bien manger, le bien vivre à la française, est un héritage qu'il ne faut pas se faire confisquer ni par les intégristes du terroir, ni par les faiseurs de nourriture hygiénique à soi disant deux balles... Quel beau challenge que de proposer au plus grand nombre des produits de qualité à un prix accessible pour leur porte-monnaie !

 

(1)  Aux culs des vaches avec une anglaise

(2)  Quelle est la profondeur des terroirs de France ?

(3)   La vengeance est un plat qui se mange froid

(4)   Avec Carrefour je négative

 

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22 février 2011 2 22 /02 /février /2011 00:09

Les gars de chez moi, quand y montaient à Paris pour le Salon c'était pour deux raisons avouables : voir les bêtes et le matériel et deux, qui ne l'étaient pas : se prendre quelques mufflées carabinées dans le couloir de la mort (l'actuel hall des provinces) et aller trainer du côté de Pigalle. Je ne veux pas être mauvaise langue mais, comme leur moyen de transport exclusif dans Paris était le métro, beaucoup d'entre eux, en dehors du quartier de la Porte de Versailles et des lieux de perdition, ne connaissaient rien des splendeurs de notre capitale, exception faite peut-être de l'Eiffel Tower. Ces temps sont révolus, la machine agricole a émigré à Villepinte et notre Salon de l'Agriculture attire, plutôt que les agriculteurs, les urbains, les enfants des écoles et les étrangers. Alors j'ai décidé, ce matin, de vous narrer la visite d'une anglaise au SIA (le sigle est déjà la preuve qu'on est en présence d'une grande vitrine plutôt que d'un salon professionnel).

 

Pourquoi une anglaise ? Parce que celle-ci, par commodité je la prénommerai Mary, m'a écrit « Il est des moments où l'on ne peut s'empêcher d'aimer les Français. Comme samedi dernier, jour d'ouverture à Paris du Salon International de l'Agriculture... » Venant d'une ressortissante de la perfide Albion ça mérite réflexion. Pour elle c'est la France profonde* qui débarque à Paris. Les Français ont les pieds dans le terroir*. Et d'ajouter rien de tel qu'une visite au Salon pour comprendre tout ce qui sépare culturellement les Britanniques et les Français. Bigre ! Et pour enfoncer le clou : même si ses enfants étaient fourbus lors de leur première visite, le lendemain il la suppliait d'y retourner. «  Rendez-vous compte : même les enfants adorent y aller ! » s'extasie-telle... Alors pourquoi bouder ce plaisir, au front, quand faut y aller faut y aller...

 

* en français dans le texte  

 

L'épicentre du Salon c'est bien évidemment le grand Ring de présentation des animaux. Des bêtes bichonnées comme des top-modèles, des taureaux Limousins couillus, des Pies rouges pimpantes, des Parthenaises rosissantes, des Blondes d'Aquitaine aguichantes, des gorets de Bayeux noir et blanc, des biquettes poitevines : de bien belles grisettes, des brebis de Lacaune, celles qui font, sans que José y prête la main, du Roquefort alter, des béliers Southdown altiers, j'en passe bien évidemment : la France est un pays Jacobin assis sur de belles provinces qu'il glorifie lorsqu'elles montent à Paris. C'est ce que je dis à mon anglaise pour faire l'intéressant. Mais elle me dit qu'elle a un petit creux. On va donc se faire un petit mâchon : rillettes, grattons, saucisson à l'ail, andouille de Vire, y manque que de la fressure, sur de bonnes tartines de pain embeurrées d'Echiré (qui ne vaut pas bien sûr le beurre salé de mémé Marie) arrosées d'un p’tit coup blanc (je ne dis pas lequel pour ne vexer personne) Comme je suis un gars qu'a des relations on est allé, ma nénette du Surrey et ma pomme, poser nos fesses sur le stand d'une organisation. Eux, les gars des z’organisations agricoles, y distribuent que du papier mai y z’ont des salons pour VIP. Donc on s'est vautré sur des canapés et, tout casse-croûtant on s'est mis à bavasser...

 

Pour faire couler la miette, mon anglaise et moi, en plus du P’tit Chablis de nos amis de la Chablisienne, nous nous enfilions un grand café puis un pousse-café : une rincette au Calva (pardon dans ce cas-là c'est la bonne orthographe). Bien sûr ça donnait des couleurs à ma pâlotte du Surrey qui, dans cette douce euphorie, trouvait le moyen de penser que l'heure était venue de me balancer quelques vacheries. Y sont comme ça les britishs, peuvent pas s'en empêcher. Je pourrais ironiser sur les vaches anglaises et leur goût pour les farines mal chauffées mais ce serait de mauvais goût. Bref, voilà t'y pas que la Mary, tout en sauçant son sucre dans le jus de pomme du pays d'Auge, me dit «  vous les Français vous êtes drôles. Les citadins et leurs enfants viennent s'extasier devant les animaux au Salon une fois par an. En dehors de ce moment de rêve, à les entendre ceux qui les élèvent polluent leurs belles rivières, ceux qui font du blé en font tellement qu'ils cultivent plus les primes de l'Europe que des céréales, que de toute façon les paysans ne sont jamais contents, trop chaud, trop froid, trop mouillé, trop sec, qu'ils barrent les routes à tout bout de champ, que les viticulteurs jettent à tous propos leur vin au caniveau... Tout ça n'est pas très cartésien monsieur je sais tout... » Comme je suis de bonne humeur je ne lui en tiens pas rigueur. Je pourrais évoquer les primes européennes de sa Très Gracieuse Majesté pour ses petites propriétés mais je suis fair-play. De plus je n'ai pas envie de discuter. Alors je la prends par le bras et d'un bon pas nous partons nous immerger dans la profondeur des terroirs de France.

 

Bon, comme je ne veux vexer personne, je ne peux citer tout ce qu'on s'est enfilé, mais je puis vous assurer que nous les avons tous fait les terroirs de France, DOM-TOM compris. On a commencé par des huîtres de Bouzigues avec un coup de Picpoul de Pinet, puis on s'est tapé de la Poutargue. Puis on s'est dit qu'on allait faire dans le fromage : Boulette d'Avesnes, Fourme d'Ambert, Banon, Gaperon, Langres, Beaufort, Livarot, Niolo, Osso-Iraty, Epoisses, j'en passe... avec de la fougasse et les liquides locaux qui vont avec. Et puis, j'ai du céder au désir de femme et nous sommes allés nous taper un Chabichou avec un blanc du Haut-Poitou, cuvée La Surprenante. Très drôle ! Pour compenser je l'ai emmené boire un Pacherenc-de-Vic-Bilh en lui disant que c'était bon contre le bégaiement. Puis comme j'avais un petit creux on est allé se taper un aligot - qui comme vous le savez est fait avec du Laguiole frais - arrosé d'un Marcillac acidulé. Après ça, elle avait envie de sucré alors on s'en est allé chez les Bretons pour savourer un Kouign-amann - qui comme vous le savez n'est que du beurre salé et du sucre - avec une bolée de Cidre de Cornouailles de Christian Toullec qu'a eu une médaille d'or au Concours Général de 2004. C'est alors que je me suis dit qu'il fallait que j'aille revoir ma Normandie. On n'a pas fait de chiqué : un tarrasson de Teurgoule avec un cidre du Père Jules. A ce moment là Mary m'a dit  « où allons-nous aller déjeuner ? »

 

Je n'ai pas eu le temps de lui répondre, une vague, un raz-de-marée, un tsunami a failli nous emporter. C'était le cortège de l'homme qui depuis longtemps savait parler à l'oreille des animaux. Les paysans avaient le coeur gros, leur grand Jacquot allait tirer le rideau. C'est alors que mon petit doigt m'a dit « mon garçon, fait attention, pas de panique, elle va te brancher sur la politique... » Le coquin ne s'était pas trompé, alors qu'on venait tout juste d'échouer du côté de la Martinique et qu'on sirotait un rhum agricole, mon emmerdeuse patentée du Surrey a attaqué. « Mais qu'est-ce qu'ils viennent chercher là ? » Bêtement j'ai répondu « des voix... » Ça ne la satisfaisait pas elle m'a rétorqué « que nous les Français on adorait se défiler... » Bon, j'ai fait le dos rond, évité d'évoquer Mers-El-Kébir ou d'autres mauvais souvenirs et, pour faire diversion je lui ai dit, d'un air un peu niais, « cette année vous savez on peut à nouveau admirer les poulets... » D'accord, avec une sortie comme ça, je n'ai pas fait progresser d'un pas l'Entente Cordiale mais, comme je suis un besogneux, tout en nous tirant des profondeurs de nos terroirs je me suis dit que j'allais m'en tirer en lui racontant une histoire.

 

à suivre de suite sur une chronique qui va se mettre en ligne...

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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 00:09

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Pour les 100% vin, le vin c’est tout à la fin et c’est le fin du fin... Patience !

 

Au gré de ses découvertes Fleur vous proposera, ici, un panier empli, si je puis m’exprimer ainsi, d’une trilogie : un pays, un produit, un producteur avec en plus, rien que pour vous, un beau petit flacon qui va avec. Fleur Godart elle a les pieds dans sa campagne, la tête dans les étoiles et elle court dans la ville capitale pour que les saveurs de nos terroirs arrivent jusque sur nos tables. Bienvenue donc à une nouvelle plume sur cet espace de liberté. Fleur et moi nous nous sommes rencontrés à la dégustation Hugel en novembre dernier et nous y avons beaucoup parlé de papa Godart qui fait du beau poulet fermier en Périgord – pour la petite histoire je me suis aperçu bien plus tard que j’avais acheté et apprécié du poulet de la ferme avicole « Des Grands Champs » d’Etienne Godart – et des produits qui ont gardé l’empreinte de la main de ceux qui les font. C’est cela l’authenticité ! Puis le temps a passé. Moi j’avais ma petite idée derrière la tête : confier une rubrique à Fleur pour qu’elle vous fasse profiter de ses découvertes, de ses bonnes adresses, qu’elle vous infuse sa joie de vivre, qu’elle participe avec sa passion des bons produits de terroir à l’extension du bien-vivre qui m’est si cher. C’est aujourd’hui chose faite, deux fois par mois Fleur dénichera pour vous dans les replis de nos beaux pays, des produits chouchoutés, bichonnés, des produits que vous pourrez vous procurer et que vous apprécierez. Et puis, cerise sur le gâteau, Fleur glissera à chaque fois une bouteille dans son panier : et oui il faudra vous y faire les mecs elles savent tout faire les jeunes filles d’aujourd’hui même goûter le vin !  

(Fleur Godart écrit une chronique sur le vin dans Gmag un nouveau magazine bimestriel diffusé en kiosque et par abonnement www.gmag.fr )L1000445

 

Tomtomtomates

 

« Des tomates ? Je n’en mange plus, elles n’ont plus de goût ! » s’exclamait à regret ma voisine Martine, croisée au retour d’un marché.

 

Curieuse du contenu de mon panier, je lui montrais, triomphante, une prise de guerre étonnante : non, pas de ces tomates technicolor, cultivées en hydroponie, sous lampe et sur du coton imbibé d’engrais (il en existe même une version bio, ce qui prouve bien une fois de plus que bio n’est pas toujours synonyme de bon !)…

Mais de curieux petits sachets,  renfermant la plus jolie cure de soleil qu’il nous soit donné de goûter à paris en hiver.

Pour tout label, un nom qui sonne comme un sourire : Marc Peyrey. www.marc-perey.com  

 

Né à Marmande, Marc n’a eu de cesse de vouloir faire redécouvrir le fruit qui à rendu célèbre cette  belle région du sud-ouest. Il cultive ses tomates avec amour, en pleine terre, et une fois gorgées de soleil, il en réserve une partie pour en faire ses fameux «pétales de tomates», séchés ou confits, dans un four traditionnel, utilisé d’ordinaire pour la transformation des prunes d’Ente en pruneaux d’Agen.

 

Et là, Martine de renchérir : « mais c’est toujours trop salé ces choses là ! »

 

Ici encore, c’est une histoire de bon sens.

Une tomate fraîche de médiocre qualité donnera une tomate séchée qu’il faudra «maquiller», donc saler à outrance pour masquer son absence de saveur.

Mais à l’inverse, un fruit mûr, charnu,  naturellement  généreux  ne pourra donner qu’un concentré de gourmandise, que l’on se contentera  de relever  avec subtilité selon les recettes.

Sans colorant, conservateur ni sucre ajouté, oui madame ! »  L1000408.JPG

Et puis, pour vous j’ai aussi glissé dans mon panier d’osier une petite bouteille de Matthieu Barret qui est un vigneron qui porte bien son nom, audacieux, passionné, drôle... rock n'roll (un mot qu'il aime bien).

Matthieu produit de très belles syrah à Cornas, étonnantes de fraîcheur et de minéralité, mais ici c'est sur un petit blanc de son négoce (comme son domaine, certifié bio) qui résonne avec nos tomates: « Blanc Bedos » 2006, assemblage de roussane et marsanne.

Gras, généreux, de jolis fruits blancs tout en fraîcheur, quelques notes d'infusions, et une belle acidité qui claque en fin de bouche amortie d'une douce amertume pour l'assise. Environ 8,50€ en cave. »

 

Fleur Godart

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20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 02:00

Nous étions à la veille de Noël et notre ambassadeur, sa plate et prolifique épouse, sa marmaille devaient regagner le château familial niché dans ce bocage, où j’avais vécu ma jeunesse, le haut celui de la vaillante Vendée militaire, pour y fêter la naissance du fils de Dieu.  Armand Ramulaud, mon « ami » le capitaine de réserve, préposé aux basses besognes, fut requis par Charles-Enguerrand pour transformer la belle Francesca en une soubrette mapuche qui veillerait sur les six filles de la sainte famille lors de son retour sur la terre de ses ancêtres. Faire des entourloupes à des collègues culotte de peau ne plaisait qu’à moitié au capitaine mais l’influence prussienne sur l’état-major chilien, pas de l’oie, rigidité du col, contrebalançait son penchant corporatiste. En bougonnant il m’avouait même qu’avec mes conneries je mettais un peu de piment dans son quotidien plonplon : « l’action y’a que ça de vrai, je commençais à m’empâter mais j’espère que vous n’allez pas continuer à embobiner ce demeuré d’ambassadeur car ça pourrait mal finir pour lui... » Je le rassurai en lui confiant, sous le sceau du secret, que je n’allais pas faire de vieux os dans ce pays qui craquait de partout. Ramulaud se surpassa et je pus ainsi contacter à Paris le père de Marie pour qu’il accueille et recueille ma protégée. Le grand homme (1) accepta sans même poser de questions.

 

Le matin de leur départ je recevais à la villa une lettre en provenance de Milan. Chloé enfin ! Dans ma hâte, en déchirant le volet de l’enveloppe, je m’entaillais l’index droit et une grosse bulle de sang gouttait sur le parquet. Chloé et moi ne nous étions jamais écrit, je découvrais son écriture ample et bien formée. Tout en emmaillotant mon doigt dans un mouchoir je déposais le feuillet sur la grande table de la salle à manger couverte de poussière. Le courrier était daté du premier décembre, les postes italiennes et chiliennes conjuguées battaient des records de lenteur.

 

Mon beau légionnaire,

 

Tel que je te connais tu m’as depuis longtemps classée dans la rubrique, chère aux flics, des affaires sans suite. Ne te fâche pas mon grand, tu me manques c’est tout. Mon retour en Italie, comme tu le sais, je le dois à cette garce d’Harriman qui te voulait pour elle seule. Même pas, ces trous du cul de Yankees en m’exportant dans mon Milan natal, avec leur élégance habituelle, me proposait un marché d’une grande simplicité : taupe dans la mouvance gauchiste contre ton retour une fois ton petit boulot accompli. Bien évidemment j’ai accepté mais comme le sac de nœuds des extrêmes ici les dépasse, surtout le grouillement des militants de l’extrême-gauche qui se fond dans la militance ouvrière de la Fiat, de Pirelli ou de la Sit-Siemens ; alors que du côté de l’extrême-droite ils sont plus à l’aise car ils ont des connections à tous les niveaux des services spéciaux, de l’armée et de l’Etat.

 

Moi-même j’ai du mal tellement ça part dans tous les sens. Je ne t’ai pas écrit plus tôt de crainte que mon courrier soit intercepté par nos amis communs. Si aujourd’hui je prends ce risque c’est qu’ici tout se radicalise. Les partisans de la lutte armée prennent le pas sur les politiques, les marxistes-léninistes pur et dur ne rêvent que d’en découdre. Ils accusent le PCI et la CGIL de mollesse, de compromission, à l’égard de la Cofindustria et de la DC. À côté d’eux nos petits frelons de la Gauche Prolétarienne ne sont que des enfants de chœur émasculés. En plus ici les filles tiennent le haut du pavé et sont des pousses-au-crime.

 

Je t’en prie, viens vite me rejoindre !

 

Je vis chez Giangiacomo Feltrinelli dont les parents, une des plus riches familles italiennes, le père surtout Carlo Feltrinelli, marquis de Gargnano, président d’Edison et de Legnami Feltrinelli, l’entreprise qui a le quasi-monopole du commerce du bois avec l’Union soviétique, était un grand ami du père de ma mère. Il est mort en 1935. Giangiacomo son fils est un illuminé gentil. Après la guerre il a adhéré au PCI et en 1954 il a été l'un des fondateurs des éditions Feltrinelli Editore qui ont publié une cinquantaine grands best-seller internationaux : le Docteur Jivago de Boris Pasternak, ce qui n’a pas été du goût de l’appareil du PCI, et Le Guépard de Giuseppe Tomasi di Lampedusa.

200px-Feltrinelli_Pasternak.jpgEn 1964 il s’est rendu à Cuba, a rencontré Fidel Castro avec qui il s’est lié d’une grande amitié. En 1967 il est parti en Bolivie où il a rencontré Régis Debray qui vivait dans la clandestinité. Les services américains l’ont arrêté. C’est lui Giangiacomo Feltrinelli qui est entré en possession de « Guerrillero heroico », la célèbre photo du Che prise par Alberto Korda. C’est en 69, que la vie de Giangiacomo Feltrinelli a basculé suite au massacre de la Piazza Fontana à Milan, alors il a fondé Gruppi di Anzione Partigiana, qui est, à ma connaissance le premier groupe armé de la Péninsule, pour s’opposer au risque de coup d’Etat fasciste alimenté par la stratégie de la tension de l’extrême-droite et d’une partie de la DC. Je ne peux t’en écrire plus car si mon courrier tombait en de mauvaises mains je mettrais en péril ceux que je citerais. Tu comprendras aussi aisément que je prends un risque majeur en t’écrivant. Ici on ne lésine pas sur le sang versé.  260px-Heroico1.jpg

Milan est moche, brumeux, froid. J’en ai marre de toute cette misère intellectuelle et morale. Partons pendant qu’il en est encore temps. Retournons à Paris. Arrêtons nos conneries. Je veux faire l’amour avec toi. Dépêche-toi je t’en prie.

 

Je t’embrasse

 

Chloé

 

PS. Inutile de me répondre c’est toi que je veux, pas tes mots.

 

(1) – Insert explicatif pour les nouveaux arrivants : qui est le père de Marie (épisode du 06/01/2007)

 

« Pourtant c'est simple, joli coeur. Imagine-nous sur les routes désertes, filant vers Paris, capote ouverte, cheveux au vent. Non, toi seulement. Moi, je mettrai un foulard noué derrière le cou. Très Jean Seberg. Aux carrefours nous passerons sous les regards étonnés des pandores. Bonjour, bonjour les hirondelles... Nous serons les rois du monde. Nous mangerons des sandwiches en buvant un petit rosé glacé. Nous entrerons dans Paris par la porte d'Orléans. J'y tiens. Puis nous descendrons les Champs-Elysées en seconde. Je prendrai des photos. Oui, pendant que j'y pense, il faudra que j'achète des berlingots pour papa. Il adore ça. Surtout ceux à l'anis. La Concorde, trois petits tours, et nous débarquons avenue de Breteuil chez le père. Rien que du pur bonheur !

- Dis comme ça ma douce je capitule. Reddition sans condition...

Ce qui fut dit fut fait. Marie était ainsi, un gros grain de folie dans un petit coeur simple. Nous débarquâmes donc, en fin de matinée chez le grand homme. C'est lui qui nous ouvrit, blouse bise ample, saroual bleu et sandales de moine. Chaleur et effusions, l'homme portait beau, un peu cabotin, la même coquetterie dans l'oeil que ma Marie - c'est l'inverse bien sûr - et surtout, une voix chaude, charmeuse et envoutante. Sous la verrière de son atelier, blanche du soleil au zénith, nous fîmes le tour de ses toiles récentes. Il s'était tu. J'estimai le moment venu d'avouer mon inculture crasse. Sa main se posa sur mon épaule, protectrice, « avec Marie vous faites la paire mon garçon. Chirurgien ! Un métier de mains habiles fait par des imbéciles prétentieux. Qui puis-je ? C'est de famille. Rien que des clones en blouses blanches ! Pour eux je suis le raté. Un millionnaire par la grâce des galeristes américains, l'horreur pour ces Vichyssois refoulés ! Ha, le Maréchal il allait les protéger tous ces bons juifs, bien français... Des pleutres, de la volaille ralliée sur le tard au grand coq à képi. Et ils sont allés le rechercher pour défendre l'Algérie française. Bernés les ganaches ! Mais dès qu’on leur sert de l'indépendance nationale alors ils baissent à nouveau leur froc. Ils se croyaient bien au chaud et voilà que vous déboulez, tels des enragés. Panique dans le Triangle d'or, tous des futurs émigrés... » Le tout ponctué d'un grand rire tonitruant et de rasades de Bourbon. Par bonheur, grâce à Marie, je carburais au Krug. L'homme pouvait se permettre de railler le héros du 18 juin, résistant de la première heure, à dix-huit ans, un héros ordinaire, compagnon de route des communistes un temps malgré le pacte germano-soviétique et les vilénies de Staline en Espagne, il rompra avec eux bien avant Budapest. Marie m'avait tout raconté sur le chemin de Paris. »

Lire aussi pour Marie http://www.berthomeau.com/article-5753291.html

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20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 00:09

Pour les Scorpions groupe allemand de Heavy Metal fondé en 1965 à Hanovre, en Allemagne, l’heure de la retraite a sonné. « Le guitariste et fondateur du groupe, Rudolf Shenker, a déclaré au magazine Bild que d’ici deux ans le groupe prendra sa retraite. « Oui, nous arrêtons, a annoncé le fondateur et guitariste du groupe. Nous ne voulons pas que cela devienne indigne », car « un jour, le corps ne fournit plus ce que l’on veut. On devrait s’en aller avant que cela ne se produise. » Ils entament donc une tournée mondiale, 200 concerts, dont un le 23 novembre à Paris-Bercy (LYON : Halle Tony Garnier le 14/11/2011, TOULON : Zénith le 16/11/2011, TOULOUSE : Zénith le 17/11/2011, BORDEAUX : Patinoire Meriadeck le 19/11/2011, MONTPELLIER : Arena Grande Salle le 20/11/2011, TOURS : Parc des Expositions le 22/11/2011, ROUEN : Zénith le 25/11/2011).

 

Pour les politiques, se retirer à temps de la scène semble du domaine de l’impossible. Le maintenant célèbre slogan « Dégage ! » devrait pourtant leur sonner aux oreilles avant qu’ils ne deviennent indignes. Le mérite de Robert Hue, bon stalinien à la barbe fleurie, c’est d’avoir su se retirer avec dignité. Il m’est sympathique le Bob, sans doute parce que c’est un bon vivant et, que voulez-vous, un gus qui a été fan de John Lennon ne saurait être jeté dans les sombres poubelles de l’Histoire d’un communisme dévoyé par un « bilan globalement positif » des pays frères.

42-17679972.jpgBien sûr il est encore sénateur, le Bob barbu de Montigny-lès-Cormeilles mais il est aussi discret que son petit MUP (Mouvement unitaire progressiste) et comme dans sa jeunesse il s’illustra sous le nom de Willy Balton dans le groupe de rock «les Rapaces» je vous offre une interview de lui trouvé sur le Net

Hue_Robert_alias_Willy_Balton_et_Les_Rapaces-copie-1.jpg 

Dans votre jeunesse, vous aviez votre propre groupe de rock, « Les Rapaces ». A l’époque, comment avez-vous vécu l’arrivée des Beatles ?

 

Je suis d’une génération qui est venue au rock 'n' roll avant l’arrivée des Beatles, avec Gene Vincent ou Elvis Presley. J’ai connu l’arrivée des Beatles et des groupes de Liverpool lorsque nous les recevions chaque semaine au Golf-Drouot à Paris. J’ai même eu l’immense honneur et le plaisir d’être à l’Olympia au moment où les Beatles sont passés pour la première fois en vedette américaine. A l’époque, ils étaient en train de devenir les immenses vedettes qu’ils sont devenus ensuite.

 

Avez-vous eu l’occasion de discuter avec John Lennon ?

 

Non. Mais j’ai eu un bref échange avec Ringo Starr. J’ai toujours cette image en tête de Ringo montant dans les loges, sur des sortes de comptoir pour prendre en photo la meute de journalistes alors présents devant lui.

 

Qu’est-ce que les Beatles ont apporté au rock 'n' roll ?

 

Des gens qui chantent en commun du rock, des mélodies différentes, une moins grande brutalité ou radicalité dans la musique, quelque chose de très porteur et en rupture positive avec les débuts du rock. 

 

Qu’avez-vous ressenti à l’annonce de sa mort le 8 décembre 1980 ?

 

Sa mort a été un coup terrible, ça m’a terriblement ému. Pour moi, c’est celui qui s’est révélé une fois que le groupe a mis un terme à ses activités. Il s’est révélé comme un homme d’engagement qui a marqué notre histoire. Lorsque j’étais encore maire de Montigny-lès-Cormeilles, j’ai même inauguré une rue John-Lennon.

 

Quelle image de John Lennon retenez-vous?

 

C’est justement cette volonté très forte qu’il a exprimée et encore portée par une promesse d’un monde meilleur et de paix. Dans les moments d’angoisse, des hommes qui s’affichent avec une telle personnalité sont à nouveau portés. Ce n’est pas le hasard.

 

Une partie de l’apport musical de John Lennon à ce groupe mythique ne peut pas s’apprécier en dehors d’un engagement extérieur profond. C’est un homme qui a mûri sa démarche, qui a su vivre avec son siècle.

 

Dans la discographie des Beatles ou de John Lennon, quel titre recueille vos faveurs ?

 

Je vais être très classique mais « Imagine » est probablement le titre qui m’a le plus marqué. Je ne suis pas quelqu’un qui va être en permanence à écouter les Beatles mais quand je les écoute, j’ai la même émotion que la première fois.

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19 février 2011 6 19 /02 /février /2011 09:43

J’ai découvert les « vignes fiscales » en me posant à Perpignan lors de ma mission de médiateur. Je me disais que fait la police ? Et puis depuis m’a-t-on juré tout ça est réglé par les liasses de papier des cahiers des charges des ODG. La nationalité du raisin c’est le droit du sol mais il n’a pas le droit de voyager même avec son passeport dument délivré, tamponné par les autorités du cru. Et pourtant que découvris-je hier en consultant la lettre des VIF rapportant les débats du conseil spécialisé vin, le mercredi 16 février à FranceAgrimer : y’a des raisins à roulettes qui circulent sans papiers.

 

« Une information sur les contrôles réalisés par la DGDDI et la DGCCRF sur les vignes « éponges » a été portée à la connaissance des professionnels. Ces contrôles ont mis en exergue des transferts de vendanges que ce soit des AOP/IGP vers les sans IG ou des sans IG vers les AOP/IGP. La question de l’absence d’affectation parcellaire, de registres d’entrées des raisins et autres registres a été de nouveau soulevée ainsi que la limitation des rendements des vins sans IG. Le ministère, qui avait interrogé la Commission européenne, sur la possibilité de fixer un rendement maximal physiologique pour les sans IG à 350 Hl/ha, a obtenu une réponse favorable. Au regard des conséquences engendrées, il a été décidé de réunir rapidement un groupe de travail sur ces questions. »

 

Attention le sujet est national. Je ne vise pas l'appellation Maury bien évidemment mais dans la mesure où le voyage du raisins fut brocardé par Bernard Rouby dans sa réponse je raccroche ma remorque à ses propos.

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19 février 2011 6 19 /02 /février /2011 00:09

« Il n’y a qu’à Los Angeles qu’auraient pu éclore des écrivains comme Nat West, John Fante, Raymond Chandler et Charles Bukowski. » Tout, sauf des suceurs de glace, avec eux les mots, sous leur burin d’écrivains, débarrassés de leur gangue, vous éclatent à la gueule tel des diamants bruts, vous prennent à la gorge comme de l’alcool dur.

 

« Dominique Molise, j’ai dit envisage la situation avec lucidité. Tout se passe-t-il comme prévu ? Réfléchis soigneusement à ton évolution, jette un regard impartial sur ta vie. Où en es-tu Dom ? » cette phrase de John Fante je l’avais notée à l’encre bleue, aujourd’hui délavée, sur l’un de mes tout premier petits carnets. Un maître de l’écriture pour moi. Dan Fante, son fils, écrit non sans tendresse « Le cadeau que John Fante, mon père, m’a offert c’est son cœur pur d’écrivain. » De lui Ben Pleasants écrit « La dernière fois que j’ai vu Dan Fante, c’était à l’enterrement de son père. J’ai lu ses bouquins et je tiens à te dire : « John, ne t’en fais pas. Ton fils est un putain d’écrivain. Tu peux être fier de lui. Maintenant son nom lui appartient. » 

Joyce Fante, la veuve de John, dans l’Avant-propos De l’alcool dur et du génie  www.13enote.com traduit bien mes sentiments « Entre les mains pas si gentilles de Dan Fante, la poésie tient plus de la chirurgie ou de la salle de musculation que de la peinture ou de la musique. Fante coupe des tranches de vie et nous les met sous le nez. Souffrance et autodérision sont les outils de l’écrivain. Il ouvre son cœur avec la tendresse d’un marteau ou d’une paire de tenailles. »

 

Ça explose à chaque page et, bien sûr, la fragmentation laisse retomber beaucoup de gravats mais reste que, dans ce fracas, cette fureur, des pépites jaillissent et éclaboussent le coeur de leur lumière glaciaire. En voici une dont Luc, le bathyscaphe de mes abysses, appréciera toute la vénéneuse âpreté.

 

La première fois

que je t’ai vue

ma tête a tournoyé comme une assiette blanche

et

s’est écrasée

 

sur ta scandaleuse beauté

 

Tu avais

vingt-deux ans

tu auditionnais

tu avais les pages de ma pièce à la main

tu disais « d’accord » au metteur en scène, « comme vous voulez »

et moi assis – assommé – con comme un crayon

tout ce que je voulais, c’était t’arracher ta robe avec les dents

te lécher partout

vider mon compte en banque

quitter ma copine

perdre cinq kilos

t’embarquer pour un week-end à Rose Rita Beach et t’épouser

 

écrasé, extatique

déjà fou d’amour

 

bien avant que tu viennes vers moi et dises « salut, moi c’est Anna »

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18 février 2011 5 18 /02 /février /2011 00:09

À l’âge de bronze de mon Espace de Liberté, soit au tout début de 2007, alors que je cherchais ma voie et des sujets, je commis une chronique : « Supplique aux gascons... » link où j’apostrophais mes amis gascons à propos d’un Armagnac vanté sur un site marchand :

« Cette récolte 1994 est issue pour moitié du cépage baco particulièrement bon sur les sols sablonneux du Bas-Armagnac et du classique Ugni-blanc. Ce mariage des cépages les meilleurs nous donne un Armagnac certes encore fougueux par sa jeunesse mais déjà ample et persistant en bouche. Le bois du neuf de chez Berthomeau n'est pas encore fondu et donne ce côté noisette grillé qui n'est pas si éloigné d'un pur malt ou du rhum de qualité. »

 

« Éclairez-moi, qu'est-ce donc ce Berthomeau qui n'est pas encore fondu ? Jusqu'ici ce gus n'était connu que pour son goût de papier dont on fait les rapports, même si la pâte de celui-ci venait peut-être des forêts landaises. »Pouffe-3728.JPGBien évidemment je faisais l’âne pour avoir du foin car pour les tonneaux Berthomieu c’est beaucoup mieux que Berthomeau « L’heureuse alchimie du bois et du vin » www.tonnellerie-berthomieu.com Tonnellerie Berthomieu - Parc d’activités des Bertranges - rue des Merrains - 58400 LA CHARITE SUR LOIRE – France. Tout ça pour vous dire chers lecteurs que je vais entamer une série de chroniques qui vous entraineront tout au fond de la forêt française en chaussant les bottes du forestier « qui scrute le passé pour mieux préparer l’avenir » Nous le ferons en grande partie avec l’aide du livre* de Jean-Paul Lacroix, Ingénieur du Génie Rural des Eaux et des Forêts, IGREF dans le jargon du 78 rue de Varenne où, trop souvent, le dossier forestier est la cinquième roue du carrosse. (*Bois de Tonnellerie de la forêt à la vigne et au vin chez Gerfaut).

 

Pour ma part, au temps où j’occupais des bureaux à porte capitonnée avec huissier, fut instaurée l’appellation Ministère de l’Agriculture et de la forêt, les directeurs départementaux et régionaux de l’Agriculture se virent accoler le F. Du temps de Rocard la maison fut doté d’un Secrétaire d’Etat, René Souchon, qui s’occupait spécifiquement du dossier forestier avec pour Conseiller Technique, un charentais maritime Bons Bois – producteur de Cognac et de Pineau donc – Le grand Morin, Georges de son prénom, qui, hormis son érudition pharaonique, se trouvait être un des meilleurs connaisseurs de la forêt et de l’Industrie du bois. Comme en ce temps-là je tirais quelques volutes de fumée, le grand Morin, en bon paysan charentais qu’il était, venait me taxer pour sa consommation personnelle et en profitait, jamais avare de mots, pour me dégrossir sur le dossier bois et pâte à papier. Il faut dire qu’il y avait de gros dossiers du type la Chapelle d’Arblay. Bref, je pris alors conscience de l’importance de ce secteur mais, alors que le Grand Georges bichonnait son Cognac dans des tonneaux, jamais nous n’abordâmes le sujet. Et pourtant, avant d’être le corps du tonneau la douelle est merrain et celui est grume de bois de chêne, le chêne rouvre, le meilleur pour les merrains, et le chêne pédonculé plus prisé pour l’élevage du Cognac et de l’Armagnac.

 

Le chêne français donc, en provenance surtout des forêts domaniales, notamment celles du Centre, de la Bourgogne et de l’Est gérées par l’ONF aux noms qui sonnent tel des AOC aux oreilles de tous les spécialistes : Bertranges, Cîteaux, Darney, Tronçais, Jupilles, Bitche, Saint Palais... Combat titanesque du chêne français contre l’ogre américain mais, orgueil national sauf lorsqu’en 1999, le big tonnelier américain : Independant State Company (ISC) organisa un symposium à Saint Louis Missouri, et qu’un aréopage d’œnologues venus du monde entier, après une dégustation à l’aveugle, plaçait le chêne français en tête. Voilà donc resitué la démarche de mes futures chroniques : toujours au plus près du terroir, des hommes, des futaies, soit  une forme de promenade dans les plis de la France, loin du bruit, de la fureur, de l’agitation du paraître des évènements du vin.

 

À bientôt donc sur mes lignes...

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17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 00:09

 

esEntre Jean Pinchon, hobereau normand catholique, issu de l’Agro, nommé par la volonté de Rocard Ministre de l’Agriculture Président de l’INAO, et Jean-Baptiste Doumeng le petit gars de Noé pourvu de son Certificat d’études primaires, membre du PC, ami de Gorbatchev, le « milliardaire rouge », il existait une connivence profonde et sincère dont je puis témoigner. Hommes d’influence, de réseaux, leurs bureaux mitoyens de l’avenue de la Grande Armée, le premier chez Louis Dreyfus, le second chez lui à Interagra, un bon coup de fourchette, un sens du théâtre plus poussé chez Doumeng, un goût immodéré du discours, du verbe, mais surtout un attachement viscéral à leurs origines : normandes à Épaignes avec son troupeau de Charollaises pour Pinchon, Noé pour Jean-Baptiste qui lorsqu’il était à Moscou pour affaires bravait « les interminables attentes téléphoniques pour s’enquérir près de Denise (son épouse) de l’état du ciel à Noé, lui donner des conseils pour les travaux des champs, ou le signal des vendanges ». Ces deux forces de la nature, vrais poids lourds, grands habitués des antichambres ministérielles, amis des puissants de ce monde, bien plus que les poids plumes actuels, qui font du terroir un argument de marketing politique, eux avaient de la glaise aux bottes, tiraient de ce lien viscéral une réelle aura sans pour autant en jouer pour disqualifier leurs interlocuteurs aux Richelieu bien lustrée...

dsc00382.jpg Jean Pinchon (à g.) le 6 juin 2007, remettant les insignes de Commandeur de la Légion d'Honneur à Marcel Bruel le protégé de JB Doumeng

 

Aux éditions de l’Harmattan le livre posthume « Mémoires d’un paysan » de Jean Pinchon avec une préface d’Edgar Pisani vient d’être publié : j’en parlerai dans une prochaine chronique. De même pour Jean Doumeng je retracerai le parcours de ce personnage aux multiples facettes qui pouvait déjeuner avec Althusser, répondre à des interviewes dans Lui ou bombarder d’œufs le conseil d’administration du Crédit Agricole de son département. Affaires à suivre absolument, mais pour l’heure place aux deux Jean. Comme l’aurait dit mon père comme un poisson rouge barbotant dans l’eau bénite...

 

« Au cours de ces années soixante, Jean Pinchon, qui gravitait dans la haute finance et les cabinets ministériels, retrouva, chez des amis communs, le Satan paysan des lendemains de la Libération. Naquit entre eux une sympathie spontanée, qui alla s’approfondissant jusqu’à l’affection. Et leurs conversations évoluaient volontiers sur fond mystique, croire et prier.

« Ta foi ignore le pardon, accusait Pinchon.

- Je me pardonne moi-même, répliquait Doumeng.

- Il vous manque, à vous communistes, de ne pas savoir tomber à genoux, de mépriser l’humilité.

- Parce qu’elle se confond souvent avec l’humiliation. »

L’un évoquait la mort de sa mère, l’autre le décès de son père, et rien ne les opposaient en générosité ni en loyauté. Ils communiaient sur le poids et le prix de la parole donnée. Il lui arrivait d’affabuler, convient Pinchon, mais ça le stabilisait, et l’intelligence faisait tout passer.

Les unissait, surtout, dans les miasmes du parisianisme le même atavisme paysan : « Un cul de vache nous fait bander... »

L’Europe se mettait alors irrésistiblement en place, avec l’application, par le général de Gaulle, de ce Marché Commun contre lequel Jean (Doumeng) n’avait cessé de batailler. Il réagissait d’abord, et comme toujours, en paysan. Il voyait, dans la CEE, la condamnation à brève échéance des petites exploitations familiales, impuissantes, avec une compétition impitoyable, à contenir la pression des grandes concentrations de production. Il pressentait aussi la domination industrielle de l’Allemagne, et son inéluctable réunification. En fait, il combattait moins l’Europe en soi, que la façon dont elle se mettait en place, avec des abandons de souveraineté qui le chagrinaient. Son hostilité découlait d’un concept fondamental, le devoir patriotique du paysan, charnellement et sentimentalement jaloux de sa terre. Il croyait ainsi en l’efficacité des vastes échanges coopératifs, plutôt qu’aux vertus d’un marché unique destiné, selon lui, à favoriser le grand capitalisme international. Il n’abdiqua jamais en ce domaine, dénonçant, jusqu’à son dernier souffle, « les absurdités d’une politique agricole commune qui conduisait au gel des terres. ». Et il s’insurgeait au spectacle « de paysans de cinquante ans, en pleine force, préférant une rente de deux mille francs par hectare pour n’y rien produire au risque de perdre de l’argent en travaillant. » Il s’agissait, à ses yeux, d’une désertion impardonnable, et il jugeait scandaleux de voir l’Europe, aux possibilités de production exceptionnelles, limiter ses rendements quand le quart de l’humanité crevait plus ou moins de faim. Il s’indignait d’entendre parler d’excédents au lieu de disponibilités exportables. À ceux qui l’accusaient alors de prêcher pour ses intérêts sur le marché agro-alimentaire international, il rétorquait, avec une superbe qui se justifiait : « Sachez que ce qui est bon pour Doumeng, l’est aussi pour la France. » L’actuel malaise du monde paysan qui s’interroge de plus en plus sur sa survie donne sa pleine valeur à ce donquichottisme rural visionnaire – trop souvent ridiculisé par les passions partisanes (...) »

 

1992 « Jean-Baptiste Doumeng » Le grand absent chez Milan par René Mauries

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