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21 décembre 2010 2 21 /12 /décembre /2010 08:00

Madame la débiteuse de subventions *,

 

À la télé y’en a que plus que pour la Chine et dans le supermarché au chef lieu de canton c’est la bérézina même qu’un de ces quatre matins même nos petits pois seront Made in China. Mais comme nous l’a fait remarquer notre Achille Gauche, qui malgré son patronyme, n’a jamais porté les cocos dans son cœur, c’est sans doute une chance pour nos coopés puisqu’ils sont passés, plus vite que nous des anciens aux nouveaux francs, du Petit Livre Rouge au Vin Rouge. Ça fait du monde tout ça un peu comme à l’heureux temps du degré-hecto et du litre six étoiles où nos nectars voyageaient en gros pinardiers. Faut faire du vrac pour les chinois nous a dit un courtier bien informé puisqu’il revenait d’un marché chez les hollandais qu’ont toujours été des as du commerce.

 

Le problème c’est que Pékin ou Shangai ne sont pas la porte à côté. Ça coûte d’y aller. Bercy au moins c’était Paris. Maintenant Bercy c’est là que sont nos sous et même si il n’en reste plus beaucoup dans le Trésor nous, si on ne veut pas prendre le bouillon, y nous faut du picaillon pour écouler nos litrons d’appellation. Au conseil d’administration de La Moderne le jeune Gaburon a dit « ça c’est de l’exportation pays tiers... ça va pas être coton de décrocher des subventions... ». Bon, même si on n’avait pas tout compris, on a fait comme si on s’en fichait du tiers comme du quart et on a écouté les vieux nous dire que de leur temps y’avait des subventions pour des trucs bien plus cons... Même que le père Chalopin n’en finissait pas de raconter des histoires sur la Garantie de Bonne Fin payé par le Marché Commun. C’est en l’écoutant raconter ses histoires de beurre dans les épinards qu’on s’est dit que l’oseille y devait encore en avoir pour notre pinard dans les tiroirs-caisses de Bruxelles.

 

Y aller à Bruxelles ? Pas sûr que nos femmes, un peu échaudées par une ancienne montée à Paris rue de Rivoli qui s’était finie au Casino de Paris, vont marcher dans la combine. On était un peu dans le coaltar lorsque notre ancien instituteur, qu’est toujours de bon conseil, nous a dit « demandons conseil à Jean-Baptiste... comme il est dans la Finance il va nous aiguiller vers le bon guichet... » Partout ailleurs qu’ici tout le monde aurait dit oui mais chez nous, dès qu’on parle d’un gars du pays qui vit à Paris, ça chauffe le bourrichon de quelques-uns. Notre Jean-Baptiste, bien sûr l’est Polytechnicien, mais l’a aussi des idées modernes sur le vin et y se pourrait bien qu’un de ces quatre matins y fasse un putsch dans nos caves, embauche un bon directeur et nous fasse changer nos habitudes. Après le quart d’heure des gueulards et autres ramenards on s’est tous dit qu’un conseil ça ne mange pas de pain et qu’après tout notre Jean-Baptiste pouvait aider à nous sortir de ce mauvais pas.

 

Sitôt dit, sitôt fait, nous lui avons expédié un e-mail (qui a dit qu’on n’était pas moderne !) et notre Jean-Baptiste nous a vite envoyé un petit livre, qu’était pas rouge, mais violet, édité chez Féret « Financements et subventions pour les entreprises viticoles » Camilla Engel&Olivier Antoine pour 12,90€. On s’est vite plongé dans sa lecture et, à la page 34 nous avons trouvé notre bonheur :

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4- Subventions européennes

 

4.1 Aide à la promotion aux pays tiers

 

Là les auteurs ont un peu douché notre enthousiasme car ils ont écrit « Temps : 5 jours – Difficulté très compliqué » Mais bon on ne s’est pas laissé abattre par la remarque on s’est jeté à l’eau.

 

Bénéficiaires : Les entreprises viticoles privées ayant des moyens humains suffisants et les produits adaptés aux marchés visés en qualités et quantités, mais également les caves coopératives et les unions ainsi que les syndicats viticoles.

 

C’est notre ancien instituteur qu’a mis du rouge sur ce qui paraissait un peu laïus. Mais bon, vu d’ici on entrait dans les clous.

 

Financements : Une subvention maximale du FEAGA (Fonds Européen Agricole de Garantie) de 50% des dépenses pour chaque année d’exécution du programme (dans la limite de trois)

Par principe, cette aide exclut toute autre subvention publique pour un même projet. Le paiement se fait soit :

- pour tout/partie par avance sous réserve de la constitution d’une caution bancaire égale à 120% de l’avance ;

- par acompte semestriel sur présentation de factures acquittées, complétées par une possibilité d’avance de 30% de la subvention (avec constitution d’une caution bancaire)

 

Là disons, pour faire court, que ça va faire augmenter la note de notre expert-comptable et de notre banquier agricole.

 

Modalités d’intervention : Toute demande d’aide doit être accompagnée d’une analyse stratégique et marketing du projet sur une période maximum de trois ans.

Sont compris comme outil de promotion :

- la participation à des manifestations, salons, foires ;

- études de marché ;

- campagnes publicitaires ;

- frais généraux et frais financiers ;

- frais de déplacements, de séjours et de restauration ;

- frais de matériels et d’équipements (échantillons, informatiques, publications).

 

Pour être recevable, la proposition de programme doit être accompagnée d’un budget prévisionnel pour assurer le suivi et le contrôle de sa réalisation.

Une sélection de l’opportunité du projet est réalisé en fonction de :

- l’adéquation entre les moyens humains et financiers envisagés et les actions proposées ;

- l’adéquation entre les actions envisagés et les marchés ciblés ;

- la qualité et la pertinence des actions proposées et le budget prévisionnel engagé ;

- le bon rapport coût/efficacité du programme.

 

Là on s’est dit qu’on était pas sorti de l’auberge vu que déjà notre Jean-Baptiste, qu’est un bon petit gars, nous avait dit que le petit livre bleu n’était qu’un extrait sec par rapport au tonnage de papier qu’il allait nous falloir manier. Va falloir nous aider madame la débiteuse de subventions sinon ce n’est pas demain la veille qu’à Pékin y vont licher nos excellents vins de Losse-en-Gelaisse.

 

Pour sûr qu’on n’est pas des as de la stratégie et du marketing comme les gars d’Embres&Castelmaure mais la bonne volonté ne nous manque pas. Peut-être que ça ne suffit pas mais bon pourquoi nous n’aurions pas, comme nos collègues, nous aussi du revenant bon. Notre idée ce serait de retaper le car Citroën d’Anatole pour refaire la Croisière Jaune mais ce serait cette fois-ci Losse-en-Gelaisse-Pékin. Comme ça on parlerait de nous à la télé et dans le village y’aurait pas de jaloux vu qu’on pourrait en emmener un beau paquet.

 

Comme nous allons utiliser pour l’envoi de cette missive le canal habituel : le blog du petit rapporteur Berthomeau, il nous venu à l’idée que tous nos collègues qui sont connectés à son petit espace de liberté pourrait peut-être nous donner leur sentiment sur tout ce tremblement.

 

Avec les salutations de 2 Présidents unis face à l’adversité d’un Monde qui nous fait vraiment tourner en bourrique.

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* le petit livre bleu donne le nom et le prénom, titre et qualité, direction de rattachement et les coordonnées précises de la dame

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21 décembre 2010 2 21 /12 /décembre /2010 00:09

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Comme le RP Maurice Lelong, o.p. auteur d’un petit opus jubilatoire « célébration de l’andouille » chez Robert Morel éditeur Le Jas du Revest-Saint Martin,HauteProvence, 

http://www.presences.online.fr/sitemorel/robertmorel.html 

je tiens pour certain « que la consonance des mots recèle d’étranges vertus. A, e, i, o, u, « voyelles, je dirai quelque jour vos naissances latentes... » Il est remarquable que toutes les voyelles du fameux sonnet de sonnet de Rimbaud sont mobilisées par le nom d’Andouille. A, o, u, i, e... L’oxygène qu’elles lui apportent donne à ce mot son ouverture, sa robustesse et sa santé. »

 

Faire l’andouille dit-on de celui qui fait l’imbécile pour amuser la galerie. Les expressions espèce d’andouille ou pauvre andouille relèvent de la même dérision. L’auteur de raconter cette histoire d’une innocente drôlerie de Monseigneur L... qui avait fait un apprentissage de quatre ans dans une paroisse de Seine-et-Oise : Houilles avant d’accéder à la prélature : « il n’avait donc fallu, à Monseigneur, pour parvenir à la plénitude du sacerdoce, moins de quatre ans d’Houilles. ». Et de s’interroger sur les vertus hilarantes de la rime en ouille. « Qui dira d’où vient que cette syllabe terminale chatouille l’oreille de façon si plaisante et dilate irrésistiblement la rate ? » Après avoir énuméré les mots : citrouille, nouille, bredouille, trouille...etc. qui « s’épanouissent dans ce phénomène replet, bonasse, familier et réjouissant » et qui « ont la vertu de dérider les hommes » le RP Maurice Lelong souligne que « notre andouille paraît détenir tant de puissance humoristique qu’elle est à la tête de cette joyeuse compagnie. On la soupçonnerait même d’agir à travers ses émules par voie d’osmose, comme si la vis comica des mots en « ouille » procédait de l’Andouille... »

 

Mais laissons de côté les andouilles pour revenir à l’Andouille, « à savoir : l’Andouille digne de ce nom... » qui « est exclusivement composée de porc. Andouille pur porc est un pléonasme : Autant dire du fromage au lait. Cette chose va sans dire, mais dit Talleyrand, elle va encore mieux en le disant. La peur de la tautologie ne doit pas nous empêcher de répéter la règle d’or rabelaisienne : Andouilles sont de pourceau extraictes. Et comme j’ai commis une chronique très hard où l’andouille est vantée « La cuisine érotique de tante Thyne enseignée aux jeunes filles » http://www.berthomeau.com/article-26880558.html pour me faire pardonner du RP Maurice Lelong je cite « la réponse donnée à la mère de Max Favalelli par le fils d’un charcutier à qui elle demandait ce qu’était un secret : « C’est ce qu’on met dans les andouillettes, Madame »

 

Enfin, selon la tradition bien établie ici, un extrait de la « célébration de l’andouille » qui, pour bien vous inciter à lire ce délicieux opus, décrit une andouille qui n’est pas de l’Andouille.

 

Recette des andouilles et cervelats de Carême du sieur Ligier dans la 10 e édition de la Nouvelle Maison rustique 1772.

 

« Prenez chair d’anguille, de tanche, de carpe et de brochet : hachez toutes ces chairs ensemble avec persil et ciboulettes, assaisonnez-les de poivre, sel, clou, muscade ; joignez-y du basilic, graisse d’anguille et beurre frais, ce qu’il en faut : pilez ensuite les ossements de carpe, de brochet, d’anguille et de tanche dans un mortier, vous y ajouter du vin rouge, ce qu’il en faut ; passez-le à l’étamine et en arrosez votre hachis, duquel vous emplirez les peaux d’anguilles ; étant emplies, ficelez-les de la longueur que vous voudrez par les deux bouts ; ensuite faites les mariner vingt-quatre heures dans du sel et de la lie de bon vin ; les ayant retirées mettez-les autant à la grosse fumée de votre cheminée, ou tel temps que vous voudrez, pourvu que sel et les épices ne soient point épargnés ; et lorsque vous en aurez besoin vous les ferez cuire dans du vin blanc avec de fines herbes, dans deux tiers d’eau et un tiers de lie : on les sert froides pour entremets »

 

Et le RP Maurice Lelong d’ajouter : « A quelques variantes près – le vin était blanc, les champignons étaient de la partie – c’était déjà la recette préconisée à l’aurore du siècle » Bon, si ça vous dit d’exercer vos talents d’accordeur de mets et de vin lancez-vous avec ces succulentes andouilles de poisson...

 

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« On ne peut parler des auteurs de Robert Morel sans évoquer le révérend Père Lelong, de l'ordre des Dominicains.

 

Les deux hommes se rencontrent peu après la Libération. Le Père Lelong est prédicateur sur les antennes de l'ORTF, Robert Morel est jeune journaliste à Témoignage Chrétien.

 

Son admiration pour ce prêtre extrêmement cultivé l'accompagnera tout au long de sa vie. Plus que des amis, ce sont des complices. Le père Lelong est présent à tous les moments de la maison d'édition, les bons et les mauvais ! Il appartient au cercle familial au point de disposer à l'année d'une chambre dans une partie du Jas du Revest Saint Martin. Il vit sa vie de prêtre dans la maison d'édition ; chaque repas, il bénit le pain devant l'assemblée des convives. Africaniste réputé, spécialiste des cultures orientales, doté d'un humour puissant, il captive l'auditoire, « toute conversation devenait une création », confie Marie, fille de l'éditeur.

 

Il aime les enfants de Robert Morel qui se souviennent de ce gros monsieur dont les mains tremblaient, qui se promenait sur les chemins en soutane, le bréviaire à la main. A leur égard, il est généreux, si généreux qu'un jour au retour d'un voyage en Sardaigne, il ramène deux petits ânes qui ont été transportés par avion, puis en voiture avant d'arriver au pays de Forcalquier ! »

 

Extrait du « Robert Morel » de Marcel Garrigou, éditions Arts et Formes". Article de Chantal Vieuille, page 120-121

 

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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 00:09

David Cobbold, mon « bulleur » d’aujourd’hui, est un d’abord pour moi un ami dont j’aime le parler clair, net, sans fioritures. C’est aussi un lecteur assidu de mes chroniques. Je sais, vous allez me dire qu’il est un peu anglais sur les bords mais comme il vit à Paris, plus exactement dans la petite ceinture comme on dit, du côté d’Issy, nous l’absolvons sans recours à une quelconque contrition.  Arpenteur discret des sentiers de la dégustation David fait le métier avec professionnalisme, sans concessions www.eccevino.com alors il s’imposait pour entrer dans mes Bulles ses bulles aimées. Son choix s’est porté, n’en déplaise à notre Charlier, sur des champagnes dégusté au salon Brittle, là où j’ai croisé notre ami Pauchon. http://www.berthomeau.com/article-le-champagne-explique-au-grand-pauchon-de-france-inter-le-vin-rouge-de-champagne-ne-vaudra-jamais-le-bon-bourgogne-62445621.html 

 

Bien évidemment ce matin les bulles de David ne seront pas des Bulles du Pape, mais en attendant une dégustation par lui des Bulles du Kent agréées par sa très Gracieuse Majesté et bénie par l’archevêque de Canterbury je dois confesser que je goûte le charme des femmes assises bien plus que le vin... et c’est David Cobbold qui en est la cause... http://www.berthomeau.com/article-je-goute-le-charme-des-femmes-assises-bien-plus-que-le-vin-et-c-est-david-cobbold-qui-en-est-la-cause--40638363.html  Enfin, pour clore ma glose afin de remercier mon hôte je lui offre la vision d’un objet-culte de la fière Angleterre.

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19 décembre 2010 7 19 /12 /décembre /2010 02:09

Appelons un chat un chat, pour la grande majorité des partis de l’UP le pacte de respect de la Constitution Chilienne équivalait à un chiffon de papier destiné à rallier le vote des démocrates-chrétiens de Frei lors de la désignation d’Allende par le Parlement chilien. Celui-ci n’avait obtenu que 36,30% des suffrages. Dans une interview accordé au « guérillero » Régis Debray, publiée dans le Nouvel Observateur, Allende le confirme, la signature du pacte de respect de la constitution n’était qu’une concession tactique afin d’accéder au pouvoir. « Nous savons tous, que la signature du pacte, était une pure stratégie pour gagner le temps en faveur de l’organisation, le déploiement et la coordination d’une formation militaire des différentes composantes de la coalition de l’unité populaire » Dans sa convention de Chillán en 1967 le Parti socialiste, qui se définit comme une organisation marxiste-léniniste, pose la prise du pouvoir comme objectif stratégique à atteindre par cette génération, pour instaurer un état révolutionnaire qui libèrerait le Chili de la dépendance et du retard économique et culturel, et entamer la construction du socialisme. Pour lui la violence révolutionnaire est inévitable et légitime. « Elle est le résultat nécessaire du caractère violent et répressif de l’État-classe. Elle constitue l’unique chemin qui mène à la prise du pouvoir politique et économique et à sa défense. Les formes pacifiques ou légales de lutte ne conduisent pas en elles-mêmes au pouvoir. Le parti socialiste les considère comme des instruments limités d’action, intégrés au processus politique qui nous emmène à la lutte armée. Il est possible pour le gouvernement de détruire les bases du système capitaliste de production. En créant et en élargissant l’aire de « propriété sociale » aux dépens des entreprises capitalistes et de la bourgeoisie monopolistique, nous pourrons leur quitter le pouvoir économique. L’État bourgeois au Chili ne peut servir de base au socialisme, il est nécessaire de le détruire. Pour construire le socialisme, les travailleurs chiliens doivent dominer la classe moyenne pour s’emparer du pouvoir total et exproprier graduellement tout le capital privé. C’est ce qui s’appelle la dictature du prolétariat. »

 

Même si ce ne sont que des mots de révolutionnaires en costume cravate ou d’adeptes de la minorité éclairée pointe avancée de la classe ouvrière : « Dominer la classe moyenne, détruire les bases du système capitaliste, instaurer la propriété sociale, exproprier graduellement tout capital privé, s’emparer du pouvoir total... » ça peu se traduire en langage populaire « on va vous la mettre jusqu’au plus profond, pour l’instant on veut bien vous accorder un peu de vaseline mais présentez vos culs sans rechigner et surtout nous n’admettrons aucune protestation... » Que la classe dirigeante chilienne soit vent debout face au pouvoir d’Allende n’avait rien d’étonnant mais là où les théoriciens se sont plantés c’est qu’ils ont amené l’économie chilienne, qui n’était, comme dans la plupart des pays d’Amérique du Sud, qu’une économie basée sur un système de grandes propriétés agraires, et de mines exportatrices, avec tout ce que ça comporte d’inégalité sociale, de clientélisme, de corruptions, générant une situation politique explosive et de violence urbaine. La bureaucratie de l’UP, comme dans toutes les démocraties populaires,  a été le premier fossoyeur du régime Allende. L’addition d’une planification stupide, d’une politique monétaire laxiste, d’une réforme agraire bordélique, conjugués à des nationalisations non maîtrisées, surtout dans le secteur vital de l’exportation de matières premières, ont fini par déséquilibrer profondément l’économie chilienne. Les dépenses publiques explosent pour atteindre plus de la moitié du PIB en 1973, la production agricole s’effondre, les importations triplent pendant que les exportations stagnent, la balance commerciale d’excédentaire  à l’arrivée d’Allende devient déficitaire de 300 millions de dollars en 1973. L’inflation chauffe à des taux à 3 chiffres.  Carlos Matus, Ministre de l’économie du gouvernement Allende, déclarait au magazine Der Spiegel, « Si l’on considère la situation sur la base des critères économiques conventionnels, nous nous trouvons, en effet, en crise... Mais ce qui est une crise pour les uns est pour nous une solution »

 

Ceci écrit, il n’empêche que les Etats-Unis voyaient d’un mauvais œil l’instauration, après Cuba, d’un gouvernement marxiste-léniniste au Chili. C’est une réalité qui s’est traduite par la demande de Richard Nixon à la CIA et à Henry Kissinger d’étrangler économiquement le Chili jusqu’à l’étouffement total afin de précipiter la chute du régime Allende. La CIA a donc financé deux grèves de camionneurs contre le gouvernement d’Allende et a joué un rôle actif dans la préparation du putsch de Pinochet. Du pain béni que ce chaos pour les stratèges de la CIA ; un vrai billard que cette situation catastrophique pour convaincre les réticents dans la caste militaire en leur faisant miroiter les bénéfices d’une économie libérée où ils n’auraient qu’a empocher les dividendes en tenant les rennes du pouvoir civil ; un jeu d’enfants que de brosser dans le sens du poil la classe moyenne excédée par les pénuries, le rationnement, les contrôles bureaucratiques tatillons, l’arbitraires des groupuscules.  On ne gouverne pas avec de bonnes intentions, des discours, le quotidien est d’un terre-à-terre abominable et il rattrape toujours les apprentis-révolutionnaires. Tout cela je le vivais chaque jour depuis mon arrivée à Santiago, sans flagornerie je savais que tout cela allait finir dans le sang. Alors, le pacte que nous passâmes la belle Eva et moi ne constituait qu’une simple péripétie dans mon no future. Chloé mise hors circuit j’appréciais encore plus ma vie de chien crevé au fil de l’eau et ce soir-là, après qu’Eva eut regagné son Ambassade, au bar de l’hôtel je croisais un autre spécimen de mon espèce en pleine débine, un certain Luc le Belge.  

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19 décembre 2010 7 19 /12 /décembre /2010 00:09

Les hymnes nationaux, et le notre très guerrier en particulier, joués en prélude aux compétitions sportives ou pour saluer l’obtention de médailles, ne sont pas vraiment ma tasse de thé car ça sent à plein nez le chauvinisme, l’exaltation de sentiments qui n’ont rien à voir avec la compétition, le « on va gagner » des supporters braillards, comme un ersatz de ceux qu’on envoyait à la guerre en chantant. Pour autant je ne me sens pas un mauvais français, un gars qui n’aimerait pas son pays, mes aïeux ont suffisamment versé  de sang en des guerres qui n’étaient pas forcément les leurs pour que je puisse prendre mes distances avec les signes extérieurs de la République. Pour autant, j’adore les chants de nos voisins anglais car ils me semblent vraiment exprimer le moi profond d’un peuple.

 

Alors lorsque les Sex Pistols s’emparent du mythique God Save the Queen (Never Mind the Bollocks, Here's the Sex Pistols, 1977) juste au moment du vingt-cinquième anniversaire du règne d'Elisabeth II, ils commettent un sacrilège, d’autant plus qu’en qualifiant le régime de Fasciste à peine 25 ans après la bataille d’Angleterre ils ne font pas dans la dentelle. La chanson fut un succès mais elle n’en fut pas moins censurée par la BBC.

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Qui n’a pas connu Michel Droit dans sa vie d’homme a raté le plus beau spécimen de sinistre cireur de pompes, un monument de la France des toiles d’araignée et du rance. Alors lorsque le Michel aux gros sourcils et aux costards de croque-morts  emboite le pas aux militaires pour rédiger une violente diatribe contre « l’odieuse chienlit […] une profanation pure et simple de ce que nous avons de plus sacré. » à propos de « aux armes etcétéra » moi j’atteins l’extase. Son texte paraît le 1er juin 1979 dans le Figaro Magazine : « Quand je vois apparaître Serge Gainsbourg je me sens devenir écologiste. Comprenez par là que je me trouve aussitôt en état de défense contre une sorte de pollution ambiante qui me semble émaner spontanément de sa personne et de son œuvre, comme de certains tuyaux d’échappement… » En fait c’est lui qui pète et qui pue en reprochant à Gainsbourg d’ouvrir la porte à un regain d’antisémitisme, en déformant la version originale de La Marseillaise.

 

Beaucoup de bruit pour rien sauf que l’album devient disque de platine en quelques mois et que Gainsbarre dégaine « On n’a pas le con d’être droit dans Le Matin-Dimanche : « Peut-être Droit, journaliste, homme de lettres, de cinq dirons-nous, […] croisé de guerre 39-45 et croix de la Légion d’honneur dite étoile des braves, apprécierait-il que je mette à nouveau celle de David que l’on me somma d’arborer en juin 1942 noir sur jaune et ainsi, après avoir été relégué dans mon ghetto par la milice, devrais-je y retourner, poussé cette fois par un ancien néo-combattant ? »

 

Jane Birkin a aussi réagi en écrivant à Michel Droit.

 

«Le 4 janvier 1980, alors que Serge Gainsbourg doit se produire à Strasbourg, la salle de concert est investie par des militaires parachutistes, qui désapprouvent la version de la Marseillaise chantée par Gainsbourg et distribuent des tracts. La situation est tendue, et Gainsbourg fait le choix de se présenter seul sur le devant de la scène. Il entonne a cappella le premier couplet de La Marseillaise dans sa version originale, un poing levé, et les paras se mettent tous au garde à vous pour l’hymne national. Il termine en leur adressant un bras d'honneur avant de se retirer» . Aux armes et cætera devient le premier disque d’or de sa carrière. Gainsbourg déclarera à propos de cette chanson : « Je suis un insoumis qui a redonné à La Marseillaise son sens initial. » Quelques années plus tard, il achètera le manuscrit original de La Marseillaise de Rouget de Lisle à la salle des ventes de Versailles, pour la somme de 135 000 francs de l’époque (soit environ 14 000 euros).

 

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18 décembre 2010 6 18 /12 /décembre /2010 00:09

Le Salers, vieux fromage d’Auvergne, garde encore plus que d’autres ses racines en respectant dans sa fabrication la saisonnalité : il ne peut être fabriqué que du 15 avril au 15 novembre lorsque les vaches sont dans les prés. Plus qu’une tradition, la montée des vaches en estive, c’est-à-dire en haute altitude où l’air et la qualité de l’herbe sont meilleurs influe sur la spécificité de ce fromage. Autrefois les éleveurs organisaient leur vie autour du troupeau et de la fabrication du fromage, ils s’installaient dans des burons aux toits de lauzes. De nos jours l’estive existe toujours, quelques burons perdurent encore, mais la plupart des producteurs s’organisent pour rompre l’isolement. L’altitude est un élément important pour la période de fabrication : plus elle est haute plus la date de fabrication sera repoussée car plus l’herbe tarde à pousser. En conséquence, pour beaucoup de producteurs la période de production est bien plus restreinte.

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La traite des vaches est unique et spécifique, car la présence du veau est indispensable pour récolter le lait. C’est en effet le veau qui amorce la traite. Après avoir absorbé les premiers jets, il est attaché à la patte avant gauche de sa mère et le vacher peut entreprendre la traite de 3 trayons. En effet, le dernier trayon n’est pas trait pour satisfaire les besoins de croissance indispensable du jeune. Le veau est ensuite libéré et réalise l’égouttage de la mamelle. Cette technique spécifique rend la composition du lait différente, la flore buccale du veau humectant les trayons qui lors de la traite dépose dans le lait une flore spécifique. Avec un rapport matière grasse/matière protéique voisin de 1,2 qui se traduit par des qualités fromagères exceptionnelles pour la fabrication du Salers.

 

Tradition que l’on retrouve loin du Cantal, chez les Touaregs nigérians : Edmond Bernus écrit « Avec la tombée de la nuit commence la traite. De jeunes garçons se chargent de celle des chèvres et des brebis, alors que les hommes adultes s’occupent des vaches et des chamelles. L’homme s’approche de la vache le bol de traite à la main (akabar) ; il a pris soin auparavant de détacher le veau, et il le laisse s’approcher et téter goulument, le temps de lier les pattes arrière de la vache. Puis il chasse le veau, et l’attache par le cou à la patte de sa mère. Il s’accroupit alors pour la traite, le bol calé entre les genoux. La montée de lait, amorcée par le veau, se poursuit normalement. La vache n’est pas entièrement traite, et on laisse le veau revenir à sa mère. Libéré il vient enfin téter ce que les hommes lui abandonnent. » Précision de mon ami Pierre, maire de Valette, arrondissement de Riom-ès-Montagne dans la Cantal évidemment : « chez les Peuls le veau est attaché à la patte droite de sa mère » ce qui est attesté par Marguerite Dupire « le jeune veau est attaché par le cou à la patte antérieure droite de sa mère. Cette position naturelle donne à la vache l’impression que le veau continue à la téter. »

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Toutes les races de vache sont autorisées pour faire du Salers, cependant une dizaine de producteurs le fabriquent avec la race salers et ont droit à la mention « Tradition Salers ». La zone de fabrication se restreint à 137 communes du Cantal, 24 du Puy de Dôme, 5 de l’Aveyron et 1 de Corrèze. Elle recouvre des sols riches en acide phosphorique, potasse et magnésie donne une flore originale composée de réglisse, de gentiane, anémone et encore arnica qui lors de la mise à l’herbe donne au lait un goût incomparable. Sitôt trait le lait arrive directement dans la gerle de bois de châtaignier (rendue obligatoire en 2000) où a lieu la première étape de fabrication. Le Salers est donc fabriqué immédiatement après la traite, soit deux fois par jour.

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Ensuite c’est l’emprésurage puis le décaillage : le caillé est découpé manuellement à l’aide de la fréniale (ustensile en métal qui ressemble à une grande fourchette), pour le « casser » en gros grains et le déposer dans le presse tome où il va subir des pressages progressifs. Comme en Auvergne rien ne se perd, le petit-lait sera utilisé: pour nettoyer la gerle (jamais de détergent!). Toutes ce manipulations sont manuelles : on découpe la tome en bloc et on la retourne autant de fois que nécessaire. La tome pressée est ensuite laissée plusieurs heures pour qu’elle mature. Elle est ensuite broyée et salée dans la masse. Le mélange se fait par brassage successifs. La tome ainsi salée est laissée au repos pendant au minimum 3 heures. On procède ensuite au moulage : la tome est tassée manuellement dans un moule spécifique (2 renflements en haut et en bas) tapissé d’une fine toile de lin qui sert de drain. On pose la plaque rouge qui signe l’authenticité du Salers. Ensuite le moule est placé sous le « pesadou » pour être pressé crescendo pendant 48 heures.

 

Reste la phase ultime : l’affinage qui est une étape décisive pour l’élaboration du Salers. Le fromage est entreposé pendant 3 mois minimum dans une cave fraîche, entre 6 et 12°C, avec une hygrométrie généralement supérieure à 95%. Le maître-affineur va retourner et frotter ses fromages à l’aide d’une toile afin de faire évoluer la croûte du Salers vers une couleur ivoire et une épaisseur de plus en plus importante. Bien évidemment plus l’affinage sera long, plus la croûte sera épaisse et plus le fromage aura du caractère.

 

Le Salers est toujours un fromage au lait cru toujours fabriqué à la ferme car le lait est toujours produit et transformé sur l'exploitation. À chaque producteur correspond un Salers possédant son identité propre et son goût. C’est donc un fromage rare 1 470 tonnes par an, 88 éleveur-fromagers-producteurs fermiers, 3 700 vaches laitières, 8 500 000 litres de lait transformés par an, 400 litres de lait pour 1 fourme d'environ 45 kg et de 38 à 48 cm de diamètre, 11 affineurs. Je le conseille à tout le monde bien sur mai surtout en priorité à tous nos fameux grands gastronomes http://www.berthomeau.com/article-le-maire-de-losse-en-gelaisse-aux-soi-disant-gastronomes-patentes-au-portefeuille-etoffe-62181586.html, qui ne sont plus en culotte courte, mais toujours grands préservateurs de paysans, ça vaut en général : à la ferme 12 à 14 € le kg, dans une fromagerie parisienne de 28 à 30 €.

 

Le Salers qui, j’insiste, est un fermier de chez fermier, se consomme soit jeune pour les petites natures, entre-deux pour les connaisseurs : 9 mois est souvent l’optimum ou vieux pour les baroudeurs adeptes des sensations fortes. Comme les saveurs les plus caractéristiques se concentrent sous la croute prière de ne pas l’enlever mais de la gratter pour enlever la pellicule puis de l’essuyer avec un linge fin. Pour sa conservation soit dans un cellier à 6 ou 7°, soit dans le bac à légumes du réfrigérateur enveloppé dans le papier alimentaire du fromager entouré de papier journal pour le préserver du froid.

 

Dernier acte : le vin qui va avec le Salers. À ce stade, prétextant la fatigue, j’eus pu jouer les Ponce Pilate, me laver les mains et vous demander de faire ce boulot à ma place. Que nenni, ce matin j’ai décidé de faire dans la provocation : vous proposer un rouge, un gamay de cave coopérative : celle de Saint-Verny dans le Puy de Dôme. J’entends déjà les cris d’orfraies des esthètes, des buveurs exclusifs de vins de propriété, j’en passe et des moins bons pour vous dire que je m’en bats l’œil. En effet, lors d’une dégustation de mon Grand Jury : Véraison Gamay 2009 IGP Puy de Dôme a obtenu tous les suffrages, une note de 15,5/20, nez poivré, bois frais un poil réglissé, violette, en bouche vif, joyeux, fluide, un bel équilibre qui l’apparente à un beau Beaujolais-Villages.   img196.jpg


Le Salers fromage AOC
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17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 08:00

 produit Hubert de Claminger

Je descendis à Glacière glacé. Tout au long de la ligne 6, en venant de Nation, Carrefour affichait sa différence avec son champagne Hubert de Claminger à 9,60€. Récidiviste en diable le champion – souvenir, souvenir... – des gamelles vertigineuses dans le CAC40. Déjà l’an dernier à la même époque le Monde notait que les hypermarchés proposaient des bouteilles à moins de 10 euros comme produits d’appel. « Carrefour affiche aussi dans le métro des publicités pour écouler un stock de 450 000 champagnes Hubert de Claminger à 8,90€ » 70 centimes d’euros en un an les têtes d’œufs tiennent le dessous du panier.

 

Attention, le champagne Hubert de Claminger n’est pas le dernier de la classe puisque Bernard Burtschy dans ses choix lui attribuait 2 étoiles, soit bon, mais il était affiché à 11,90€ et dans un test à l’aveugle de Libération Champagne en 2009 il était considéré par un jury comme « pas mal, sans être pour autant un grand champagne. » Alors vous allez me dire que Carrefour est le grand bienfaiteur du consommateur puisqu’il lui apporte pour les fêtes un champagne de bon rapport qualité/prix. Vu de la coupe le raisonnement se tient mais n’est-ce pas là voir pas plus loin que le bout de son nez ? Où se trouve la valeur dans ce bradage ? Nulle part, tout le monde y perd, y compris le consommateur.

 

Je m’explique sur ce dernier point qui va sûrement me valoir du Dr Charlier une ordonnance carabinée. Mais étant un grand défenseur des bulles roturières je peux me permettre de défier ce rude jouteur. En effet, le champagne est la quintessence du produit statutaire, les acheteurs comme les consommateurs achètent et consomment d’abord l’étiquette, pour se valoriser aux yeux de ceux qui les entourent. Alors, imaginer 3 secondes l’effet produit sur la compagnie, votre beau-père par exemple qui se pique d’être un connaisseur, alors qu’il ne fait pas la différence entre un Pinot Noir et un Pineau des Charentes, lorsqu’au dessert sur la bûche glacée vous servez un Hubert de Claminger. C’est l’abomination de la désolation car votre belle-mère, jamais en reste d’une vacherie, placera une réflexion du genre « chéri rappelle-toi c’est celui qu’on a vu dans le métro en rentrant de Bobino... » Patatras, vous vous êtes fait une réputation effroyable même si les bulles à moins de 10 euros valaient peut-être celles avec plus de zéros.

 

La morale de cette histoire, si tant est que l’on puisse en ces domaines manier la morale, c’est qu’en toute chose il faut raison garder et qu’entre « la folie des grandeurs » des années folles de la « Premiumisation » à tout va et la bérézina des prix de déstockage qui casse l’image du champagne la ligne de crête ne serait-elle pas que le positionnement des prix corresponde à une réalité et non aux pitreries des petits marquis du marketing.

 

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17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 00:09

 

Baudouin

 

Au lendemain de la publication de ce fichu rapport, que l’on s’ingénia par la suite à affubler de mon nom, alors que l’establishment du vin me trouvait quelque peu impertinent avec mon « Sous les grandes ombrelles que sont nos appellations d’origine contrôlée, surtout sous celles qui jouissent de la plus grande notoriété, s’abritent des vins moyens voire indignes de l’appellation » un « groupuscule » baptisé « Vignerons dans nos appellations » estimait lui que je mettais le doigt là où ça faisait mal. Intrigué par un tel soutien je reçus ses animateurs dans mon petit bureau du 232 rue de Rivoli puis je convainquis, non sans difficultés, René Renou de les recevoir un samedi matin à Angers... Bref, le début d’une belle aventure humaine, avec ce qu’il faut de débats, de convictions partagées, de divergences tactiques aussi, mais surtout de liens d’amitiés qui ne se sont jamais distendus.

 

Le chemin parcouru par ceux qui allaient fonder l’association Sève est pavé de toutes les ornières propres à toutes les démarches minoritaires de vignerons à forte personnalité. Le sens du collectif n’est pas leur tasse de thé. Et pourtant, l'une des chevilles ouvrières de ce groupe Patrick Baudouin mon vigneron amoureux... de son coin de Loire... où il est né... de ses cieux, de ses pierres, de ses coteaux, de ses petits chênes... de ses vignes... en avait à revendre. Trop peut-être et je me souviens d’un article de Véronique Maurus dans le journal le Monde du 21 mars 2005  sur les francs-tireurs de la Vigne où notre René Renou, qualifié de puissant président de l’INAO par la journaliste, soupirait « Patrick, c’est le José Bové de la viticulture. Sur le fond, il a raison mais il n’est pas reconnu par son milieu, pas considéré comme un vigneron à part entière »  


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Se voir qualifier de « porte-parole d’une nouvelle génération de viticulteurs plus soucieux d’éthique que leurs aînés, en rupture avec les pratiques et le conservatisme des syndicats traditionnels », lui le voisin de Pierre Aguilas, n’était pas le meilleur sésame pour être accueilli dans les débats feutrés de l’INAO. Depuis ce portrait, qui a plus de 5 ans, beaucoup d’eau est passé sous les Ponts-de-Cé, René a eu la mauvaise idée de nous quitter, et ce cher Patrick, sans se renier, sans amodier ses convictions profondes, a su petit à petit se débarrasser des scories de son histoire personnelle, apprendre à plus aller vers l’essentiel. Sans faire de jeu de mots à la con y’a pas de mal avoir du fonds quand on est un vigneron de Chaudefonds-sur-Layon. Plus sérieusement, en laissant son côté le poil à gratter qui irrite certains mais moi me va bien, Patrick Baudouin c’est un vrai vigneron qui fait de bons vins que j’ai récemment dégusté et qui mouille le maillot pour les faire apprécier et les vendre.

 

Ce que j’aime bien chez Patrick Baudouin, et je ne vois pas pourquoi je me priverais de l’écrire, c’est qu’il ne mouille pas seulement le maillot rien que pour lui, pour sa crèmerie, il est toujours partant pour donner un coup de mains à ceux de ses collègues en butte avec les tracasseries des adorateurs de l’air de famille des vins d’une même AOC par exemple. Contrairement à certains ou certaines que je croise dans beaucoup de manifestations parisiennes, quand il va au charbon avec l’association Sève c’est pour le collectif pas pour vendre un bouquin sur les vins de ceci ou de cela, un guide des vins de truc ou de machin, et pas pour défendre exclusivement un membre agréé de sa chapelle, de son clan. Je sais que ça énerve les adeptes des camps retranchés où il faut montrer patte blanche avant d’entrer, où il est fortement recommandé de ne pas fréquenter X ou Y, de n’écrire que pour chanter les louanges des vins estampillés purs et durs.

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Patrick écrivait sur son blog en août 2009 « Tout professionnel et amateur de vins devrait avoir lu ROGER DION, ce grand géographe français, auteur du livre de référence « Histoire de la vigne et du vin en France, des origines au XIXème siècle » et de « Paysages de la vigne » (Payot). Mais Roger Dion est dérangeant. Il remet en cause de fait les situations de rente. Pour Roger Dion, aucun grand terroir n’existe de droit divin et pour l’éternité, ce sont des conditions historiques, géographiques, commerciales, qui les ont révélés, qui peuvent les remettre en cause, comme cela est arrivé à certains ; et il ouvre des possibles pour des terroirs considérés aujourd’hui comme mineurs, ou même non reconnus à ce jour : pas de grand terroir sans grand travail. » Il a participé, fin janvier 2009, à l’Institut de Géographie, à un colloque en hommage à Roger Dion organisé par le Professeur Jean Robert Pitte où il a fait une ma communication : « Roger Dion, de Joseph Capus à René Renou » qui est une contribution à la réflexion pour la définition européenne du lien au terroir, qui devrait à l’avenir caractériser les AOP, et les différencier des IGP... Les actes de ce colloque sont publiés aux éditions du CNRS sous le titre « Le bon vin entre terroir, savoir-faire et savoir-boire : Actualité de la pensée de Roger Dion ».

 

Mais revenons, non pas à l’essentiel, qui est sans contestation la pensée de Roger Dion, mais aux vins de notre ludion de Chaudefonds-sur-Layon que j’ai dégusté un samedi soir chez un caviste du côté du boulevard Beaumarchais. Tout d’abord notre Patrick il met ses idées et ses convictions en musique en distinguant clairement ses vins de fruits, des vins de copains qui se laissent boire et ses vins de terroirs qui « peuvent vous parler de leur lieu de naissance dans votre verre » www.patrick-baudouin-layon.com

 

Pour les vins de fruits j’ai dégusté l’Anjou blanc 2009  100% Chenin et l’Anjou rouge 2009 80% Grolleau et 20% Cabernet Franc. Très top pour se licher des verres avec ce qui va avec au petit déjeuner. 

 

Pour les vins de terroir j’ai dégusté :

  

- Le Cornillard 2007 Anjou Blanc 100% Chenin vignes de 50 à 80 ans sur un coteaux pierreux de Chaudefonds-sur-Layon, plein sud, schistes très anciens. Vin de belle droiture, sec, très belle expression du Chenin avec ce qu'il faut de puissance sans pour autour vous bousculer

 

- Effusion 2005 Anjou Blanc 100% Chenin de 20 ans assemblage de 2 parcelles distantes de 5Km, en coteaux, Ardenay et St Aubin, vif, structuré, un vin d'initiation à l'expression du terroir et absolu compagnon du bar au beurre blanc nantais de L'Abélia à Nantes, le restaurant de l'autre Berthomeau, Vincent  http://www.restaurantlabelia.com/

 

- Les Bruandières 2004 Coteaux du Layon cette cuvée est récoltée sur ce coteau plein sud surplombant le Layon et est issue de la dernière trie, en novembre. Elle associe baies dorées en légère surmaturité et baies botrytisées confites. Du beau Baudouin, du vin d'amour qui dure toujours... 

 

Un reportage sympathique sur Patrick http://www.francechef.tv/vigneron-patrick_baudouin.html  

 

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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 00:02

La connerie permet des variations plus amples, plus variées que la bêtise, la sottise, l’idiotie, l’imbécillité ou la stupidité elle offre une plus large palette : c’est un foutu con, un sale con, un mauvais con, un petit con, un grand con, un pauvre con, un misérable ou un lamentable con ... Que sais-je encore même si dans le langage usuel dire ou faire des conneries, des bêtises, des âneries, des idioties ou des sottises semble équivalent.

 

La connerie me semble bien trop large, bien trop extensible, si vulgaire quelle tombe souvent dans la facilité.

 

La bêtise, elle, relève de l’abus de langage : les bêtes ne sont pas bêtes, elles ne sont que des bêtes qui ignorent la méchanceté. Les âneries n’existent pas, elles ne sont que l’expression du mépris des humains pour nos amis les ânes.

 

L’idiotie a une forte connotation psychiatrique qui rend son maniement délicat dans nos sociétés où les précautions de langage sont de mise : les aveugles sont devenus des non-voyants et les sourds des mals-entendant.

 

La sottise, comme l’imbécilité, ou la stupidité me paraissent mieux approcher une certaine précision, une plus grande pertinence, depuis la nuit des temps : « Innombrable est le peuple des sots... » Ecclésiaste, I, 15 et « C’est en effet, une famille  innombrable, celle des imbéciles... » Simonide cité par Platon, Protagoras, 346c. « Immense est la foule des imbéciles. » Saint Augustin Contre les Académiciens, I, 1-2.    images jerphagnon

Dans un petit opus « La... sottise ? (vingt-huit siècles qu’on en parle) » chez Albin Michel 9€ le professeur Lucien Jerphagnon, historien de la philosophie, disciple de Vladimir Jankélévitch, proche de Paul Veyne, professeur de Michel Onfray durant ses études de philosophie dont Jean d'Ormesson dit que c’est « un savant qui sait unir un style rapide et séduisant à l'érudition la plus rigoureuse », lui trouvant « une simplicité familière, souvent mêlée de drôlerie, avec une précision sans faille» mène l’enquête. Il se pose des questions tout en reconnaissant ses limites « Ne souffle pas plus haut que tu n’as l’esprit » :

 

- Les sots sont-ils si nombreux ?

 

- Au fait, qu’est-ce au juste qu’un sot ?

 

- Mais alors, que penser, que faire ?

 

Exercice périlleux  car « consacrer un livre à la sottise expose de toute évidence l’auteur à quelques sarcasmes universitaires » fait remarquer notre professeur émérite qui ne manque pas d’humour en rappelant le mot de Talleyrand à propos du mépris de Fouché disait vouer à la nature humaine : « C’est qu’il se sera beaucoup observé... »

 

Avant de procéder aux quelques citations d’usage je profite de l’occasion pour dédier ce livre à notre sot d’eau préféré : j’ai nommé Hervé Chabalier qui nous a pourri la vie pendant des mois en occupant, grâce à la complicité de la gente médiatique, les écrans en nous vendant la complainte d’un « condamné à la sobriété pour le restant de ses jours » (1)

 

Machiavel

 

« Mais il faut savoir qu’il y a parmi les princes comme parmi les autres hommes trois sortes de cerveaux. Les uns imaginent par eux-mêmes ; les seconds, peu propres à inventer, saisissent avec sagacité ce qui leur est montré par d’autres, et les troisièmes ne conçoivent rien, ni par eux-mêmes ni par les raisonnements d’autrui. Les premiers sont des génies supérieurs ; les seconds d’excellents esprits ; les troisièmes sont comme s’ils n’existaient point. »

 

Le Prince, XXII

 

Balzac

 

« Ce gentilhomme était un de ces petits esprits, doucement établi entre l’inoffensive nullité qui comprend encore et la fière stupidité qui ne veut ni rien accepter, ni rien rendre.

 

Les Illusions perdues

 

François Mauriac

 

 « En démocratie, un homme supérieur devrait s’astreindre à donner l’illusion qu’il ne dépasse pas le niveau. Ais il est plus facile aux médiocres d’avoir l’air profond qu’aux grands esprits de faire la bête. »

 

Bloc-notes 24 mai 1955

 

  « Le pouvoir en France, qu’il soit monarchique ou populaire, a toujours eu le goût des médiocres. L’intelligence y fut toujours redoutée. »

 

Bloc-notes, septembre 1955

 

Jacqueline de Romilly, Alexandre Grandazzi

 

« Oui, je me rappelle une très bonne étudiante que j’avais à la Sorbonne et qui me déclara, tout de go, peu après Mai 68 : « Oh ! non, la culture je n’en veux plus, car je pense à ceux qui ne l’ont pas ! »

 

Une certaine idée de la Grèce, Entretiens

 

Synésios de Cyrène

 

« Le monstre multiforme qu’est l’opinion... »

 

Dion, XIV, 3

 

Baudelaire

 

« Les dictateurs sont les domestiques du peuple, - rien de plus -, un foutu rôle d’ailleurs, - et la gloire est le résultat de l’adaptation d’un esprit avec la sottise nationale. »

 

Mon cœur mis à nu

 

Alain

 

« Les sottises elles-mêmes forment une part de l’opinion, qui est considérable »

 

Propos

 

Pline le Jeune

 

« Une longue préface pour excuser ou recommander des idioties est le comble de la bêtise. »

 

Lettres, IV, 14

 

Molière

 

« Trissotin :

 

J’ai cru jusques ici que c’était l’ignorance

 

Qui faisait les grands sots, et non pas la science.

 

Clitandre :

 

Vous avez cru fort mal, et je vous suis garant

 

Qu’un sot savant est plus sot qu’un sot ignorant. »

 

Le Femmes Savantes, IV,3

 

Boileau

 

« Un sot trouve toujours un plus sot qui l’admire. »

 

L’art Poétique, I

 

Écrit apocryphe chrétien

 

« Il n’y a rien de plus grave que de croire qu’on sait ce qu’on ignore, et de défendre pour vrai ce qui est faux. »

 

Siracide

 

« Qu’y a-t-il de plus lourd que le plomb ? Une seule réponse : l’imbécile.»

 

XXII, 14

 

Démétrios le Cynique, cité par Sénèque

 

« Qu’ils parlent ou qu’ils pètent, cela se vaut. »

 

Des bienfaits, VII, 11

 

Flaubert

 

« Rien n’est humiliant comme de voir les sots réussir dans les entreprises où l’on échoue. »

 

L’Éducation sentimentale

 

Pierre Dac

 

« À quoi servirait l’intelligence si l’imbécillité n’existait pas ? »

 

Arrière-pensées

 

Pour compléter votre culture sur la Sottise lisez « La... sottise ? (vingt-huit siècles qu’on en parle) » chez Albin Michel 9€ Lucien Jerphagnon

 

  http://www.franceculture.com/emission-l-essai-du-jour-la-sottise-vingt-huit-siecles-de-betise-par-lucien-jerphagnon-albin-michel-

 

(1) « Le sot d’eau » de Patrick Besson dans le Point

 

« Tout le monde critique Hervé Chabalier. Mais moi je le comprends. Je comprends les gens que tout le monde critique, car moi aussi tout le monde me critique. L’une des meilleures choses sur terre est le vin et Hervé n’a plus le droit d’en boire. Ce serait supportable pour lui si personne n’en buvait. Mais ce n’est pas le cas. Du coup, la vie d’Hervé est un enfer. Pour lui, une seule solution : nous empêcher de consommer du vin, afin que le fondateur de l’agence Capa et auteur de « le dernier pour la route, chronique d’un divorce avec l’alcool » (Laffont) ne nous voie plus en train de nous régaler alors que lui même se prive. Il a donc entrepris de mettre les Français à l’eau, comme lui. Dans ce but, il a rédigé un rapport qu’il a remis le jeudi 24 novembre au ministre de la Santé, Xavier Bertrand. C’est une invitation pressante à la prohibition. Chabalier raisonne en alcoolique car, comme il le dit lui-même, un ancien alcoolique n’est pas un non-alcoolique, c’est un alcoolique qui ne boit plus. Provisoirement. Pour Hervé, tout verre de vin est mauvais car il le mènerait à la bouteille, puis à la caisse, puis à la cave, puis au cercueil. Il ne lui viendrait pas à l’esprit que nous n’avons pas ce problème là avec l’alcool. Que lorsque nous buvons une slivovica le matin, nous sommes au thé le soir. Que le vin arrose nos meilleures déjeuners de copains mais que l’eau ruisselle sur nos adorable dîners familiaux. Qu’un scotch chasse notre mélancolie mais que c’est le jus de pomme qui nous désaltère. Qu’une première bière est amusante mais qu’une seconde est rasoir. L’abstinence à laquelle par exaspération, Hervé veut nous réduire est indispensable à sa survie, mais pas à la notre. S’il a eu la faiblesse de se laisser ligoter par l’alcool au point d’être aujourd’hui condamné à la sobriété pour le restant de ses jours, il n’y a aucune raison pour que nous, qui avons su conserver notre liberté face à la boisson, nous devions matin, midi et soir baigner notre bouche heureuse, notre langue délicate et notre palais sensible dans l’eau et uniquement dans l’eau.

 

Il a du pain sur la planche, Hervé. Mais les anciens alcooliques ont de l’énergie à revendre. Exemple : George Bush. C’est pour quand, alors, le bombardement de la Syrie ? Ce n’est pas qu’on s’ennuie, mais George était sur les chapeaux de roue et là, il y a comme un ralentissement dans ses expéditions guerrières. Une sorte de manque d’agressivité. Je me demande s’il ne se saurait pas remis à boire. A la place de Barbara, j’inspecterais avec attention le bureau ovale, au cas où le président des Etats-Unis y planquerait des bouteilles. Passons, Première tâche de Chabalier : caviarder sévèrement l’Evangile. Parce qu’à Cana Jésus, il ne multiplie pas les bouteilles de Badoit. Et le soir de son arrestation, qu’est-ce qu’il sert à ses disciples ? Pas du Fanta, que je sache. Buvez-en tous, car ceci est de la menthe à l’eau. C’est bon, la menthe à l’eau , mais ça n’a pas jamais eu la couleur du sang. Du sang du Christ.

 

Les gens qui boivent de l’eau vivent plus vieux que les gens qui boivent du vin, mais moi je ne veux pas vivre vieux dans un pays où les anciens alcooliques exigent que tout le monde boive de l’eau. Il y a un génie dans le vin et il est mauvais, comme tous les génies. Dans l’eau, il n’y a rien de mauvais, car il n’y a rien. » 

 

 

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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 00:09

Gamin ou gamine la première bulle goûtée, avec les yeux comme disaient nos mères pour tout ce qui était interdit, était celle d’une bande-dessinée : il y eut Boule&Bill, Sylvain&Sylvette, Fripounet&Marisette, Tintin&Milou, Buck Danny, Kit Carson, Michel Vaillant, Bibi Fricotin... et puis, l’âge aidant, les accros de la bulle se sont trouvés d’autres héros, d’autres auteurs (peu de femmes dans la BD mais une grande dessinatrice Annie Goetzinger qui, avec Pierre Christin, nous a donné une superbe BD La demoiselle de la Légion d’honneur) : Hugo Pratt, Tardi, Enki Bilal, Guido Crepax pour les canaillous avec sa Manara, Floch&Rivière, Régis Franc, Pétillon, Manu Larcenet... Bien évidemment, je ne puis terminer cette rapide évocation des bulles de papier sans évoquer la bulle kitch, celle des romans-photos de Nous Deux, pleine de sirop d’amour et de princes charmants en 404 décapotable épousant des soubrettes... et où le comble de l’érotisme se nichait dans la transparence d’une nuisette...

 

De la bulle de papier aux nôtres, effervescentes, il n’y a qu’un pas que bien évidemment je franchis allègrement en vous proposant tout au long de ce mois de décembre une série de chroniques finement intitulée : des bulles dans une Bulle où des tâteurs de bulles de haute volée vous feront part de leurs coups de cœurs. Comme je ne suis qu’un petit bricoleur de la Toile mes montages sont d’une rare indigence graphique mais, comme me le disait ma mémé Marie pour m’encourager, c’est l’intention qui compte.

 

Le premier à s’y coller c’est l’ami Jacques Dupont qui, comme chaque année, vient de sortir dans le Point son spécial Champagne n°1994 www.lepoint.fr . D’ordinaire je pratiquais la stratégie du Coucou, profitant sans vergogne de la rude besogne de Jacques dit Merveilleux du Vignoble. Cette année, en dehors de ses « amours » champenoises, rien que pour ma petite boutique sur la Toile il vous révèle un énorme coup de cœur.

 

Allez Jacques, à toi de buller le premier !

 

La bulle de Jacques est calligraphiée en plus gros caractères sous sa photo pour ceux qui n'y verrait goutte

 

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Il y a une bulle que je trouve exceptionnelle, c'est « Vive la Joie » de la cave de Bailly-Lapierre.

Je suis très admiratif du travail engagé depuis plusieurs années par le directeur José Martinez dans cette cave coop qui récupérait en somme tout ce que les vignerons ne voulaient pas et qui est devenue le fleuron du crémant de qualité en France. Approvisionnements sélectionnés de façon impitoyable, travail sur les dosages qu'aucune, je dis bien aucune grande maison de champagne n'a fait. Des années d'essais pour chaque cuvée. C'est de l'orfèvrerie en cave coopérative avec l'aide de James Darsonville, le discret oenologue que l'on retrouve chez quelques uns de nos vignerons favoris en Champagne. Ils viennent de lancer cette nouvelle cuvée après, comme d'habitude, mure réflexion.

Dans leurs caves immenses, anciennes carrières où (juste à coté) les allemands avaient installé une usine de fabrication d'avions de guerre (pour vous dire la taille de ces grottes) ils conservent des crémants depuis la création de la coopé en 72. La belle évolution de ces vins leur a donné l'idée d'élaborer avec des vins un peu anciens, élevés en cuves, mûrs, une cuvée de blanc et une de rosé à base de pinot et de chardonnay. Les deux sont excellentes mais j'ai eu un vrai coup de coeur pour le rosé, d'une élégance incomparable. Rien à voir avec les rosés cocotant la framboise de yaourt ou la fraise tagada. Un vin, en subtilité, étiré (tendu pour te faire plaisir), tout en finesse. www.bailly-lapierre.fr 

 

www.francis-boulard.com et  Champagne Emmanuel BROCHET 7 impasse Brochet

51500 VILLERS AUX NOEUDS tél : 03 26 06 99 68 fax : 03 26 06 99 68 http://www.lepoint.fr/vin/champagne-emmanuel-brochet-02-12-2010-1269968_46.php 

 

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