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13 août 2011 6 13 /08 /août /2011 07:00

 

Le désarroi, tel fut le sentiment qui s’abattit sur beaucoup d’intervenants de la place de Bordeaux suite à la réception entre les deux rives. « Mais où voulait-elle en venir cette diablesse sans jupon ? Le savait-elle au moins, grinçaient les plus obtus. Les plus aigus, eux, attendaient stoïquement la prochaine livraison de Marie. Voldemort, lui, plaçait ses pions. Surtout ne rien laisser paraître, tisser tel une araigne sa toile, attendre que l’imprudente s’y englue. Rendons tout de même à la vérité que les idées de Marie firent leur chemin dans les esprits les plus éclairés et, fort discrètement, sur les deux rives, des petits groupes en discutèrent, sans pour autant dévoiler la sympathie que cette Marie de Saint-Drézéry leur inspirait. Les seuls grands absents du débat furent, comme à l’accoutumée, ceux que par facilité nous désigneront sous le vocable « journalistes du vin ». Ils étaient tous en vacances. Seuls quelques bloggeurs par l’odeur du buzz alléchés se fendirent de posts : Lalau toujours prompt à dégainer en pleine nuit, à 3 heures 15 très précisément, lorsque la dépêche Reuters tomba sur son télescripteur de poche posé sur sa table de nuit ; Antonin le basque bondissant fut plus vindicateur que jamais même si cette Marie venait impunément piétiner ses plates-bandes ; dans les 5 du Vin Michel WS quittant pour un temps la môme Carignan donna  un sacré coup de chapeau à celle qu’il surnomma la reine du Petit Verdot ; Hervé Bizeul toujours à l’affut des idées neuves invita Marie à venir chez lui partager le pain et le sel, et la Petite Sibérie aussi. Et pendant ce temps-là Marie arpentait ses vignes. S’imprégnait. Posait des questions. Noircissait son petit calepin de notes. Paul de Candolle, lui, préparait la seconde phase de la blitzkrieg avec le think tank « Sans Interdit » où, un drôle d’escogriffe bien connu des services officiels, tenait lieu dans la plus grande discrétion bien sûr, d’éminence grise. Juillet touchait à sa fin et un matin, en suçotant sa paille, Marie face à Lénine qui s’étirait et à Tintin au Congo qui sifflotait la Paimpolaise, pensa « Ils sont tous à Ferret, je vais me payer le luxe de les tirer de leur farniente » et se saisissant de son Iphone elle balança un SMS à Paul de Candolle : « feu vert pour l’opération « un peu de vent dans les branches de sassafras » Avant qu’elle ne rengaine son téléphone Marie fut hélé par la cuisinière marocaine « Mademoiselle, y’a encore le monsieur Leclerc des magasins qui voudrait vous causer... 

- Encore lui ce casse-couilles...

- Qu’est-ce je lui réponds au monsieur casse-couilles ?

- Rien Aziza je vais le prendre l’appel de ce gros malin dans le salon. « Tel est pris qui croyait prendre » je vais le ferrer...

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13 août 2011 6 13 /08 /août /2011 00:09

P_-Bettencourt.jpgAppliquée aux Bettencourt, Liliane et sa fille, la citation des Nourritures terrestre d’André Gide « Familles, je vous hais ! Foyers clos ; portes refermées ; possessions jalouses du bonheur.» est un pied-de-nez de l’Histoire qu’aurait apprécié à sa juste valeur provocatrice Pierre Bettencourt, le frère d’André le mari de Liliane. Il l'avait fait imprimer sur un billet de 20 francs, ce qui provoqua l’ire de la Banque de France calmée par le bras long du Ministre Bettencourt. Mais sous ce patronyme se cache le trouble Eugène Schuller, le père de Liliane sa fille unique, financeur de la sinistre Cagoule d’Eugène Deloncle, l’inventeur de l’Oréal. Nous sommes ici face à l’ambigüité française en un temps que nous ne voulons plus connaître. bettencourt-009 1189110267

Pierre Bettencourt (1917-2006), je l’ai découvert au cours d’une soirée, chez un ami, dans le secret de sa bibliothèque emplie de trésors bibliophiles. Pendant que d’autres, les forçats de la plume, faisaient semblant de ne pas s’emmerder dans les dîners au château, pour ce faire ils comptaient les convives, dépiautaient les menus et s’extasiaient face aux vins servis, moi vautré dans un canapé je touchais, que dis-je j’effleurais, je caressais, je dénudais des livres rares aux saveurs excitantes, je les dégustais sans hâte, je m’extasiais. Vous pensez bien que je n’avais aucune compassion pour les petits marquis qui, en bout de table, se croient importants alors qu’ils confinent à l’insignifiance. Moi je suis un privilégié de la plume qui surfe sur ses insignifiances, les revendique même, mais qui se fait un grand plaisir de pisser au long de la raie des coqs de basse-cour. Suis-je vulgaire ? Je ne sais mais je suis et je reste aux côtés de ceux qui ne suivent pas les chemins ordinaires. Je leur réserve mon admiration. La réussite ne se situe pas toujours dans les soi-disant hauteurs de fortune mais se niche plus souvent dans le talent pur. Merci a toi P... toi qui, en plus, me dit que je fais parti de la famille. Avec de tels enfants j'en suis heureux et flatté. 

 

Pendant que les Allemands occupait la France avec la complicité du Maréchal, Pierre Bettencourt, dans la maison familiale de Saint-Maurice-d'Ételan (Seine-Inférieure) , elle-même occupée par les militaires, « inventa une occupation irréductible: l'édition, sur sa propre presse à bras. Le culte de l'acte esthétique, l'amour du métier, la recherche de la beauté qui se niche dans le moindre détail » Cette résistance ne le quittera plus. « Après des études secondaires au Havre et en Savoie, Pierre Bettencourt suit au Collège de France le cours de poétique de Paul Valéry. En 1948, il offre ainsi, dans la quasi-clandestinité de son art des catacombes, un texte d'Antonin Artaud l'année même de la mort du poète: Le Théâtre de Séraphin. Cette diatribe inspirée, rédigée à Mexico en 1936, recèle la force des mages maudits: «Cela veut dire qu'il y a de nouveau magie de vivre; que l'air du souterrain qui est ivre, comme une armée reflue de ma bouche fermée à mes narines grandes ouvertes, dans un terrible bruit guerrier.»

 

Pierre Bettencourt le passeur « devait mettre ainsi entre quelques mains choisies d'autres poètes essentiels, comme Henri Michaux et Francis Ponge. Il devait surtout, après avoir publié Plukifeklair Mouinkonnivoua de Jean Dubuffet, devenir l'ami de cet artiste, qui lui adressera, de 1949 à 1985, des lettres tordantes » Pierre Bettencourt, le chaînon manquant 20 juillet 2010 | Par Antoine Perraud sur Médiapart.

 

Pour vous, rien que pour vous, quelques photos prises à la volée, mais pas volées, rien que pour le plaisir de se glisser dans les lignes de ce Bettencourt là, loin de la petite frappe suceuse de vieille héritière, loin des ressauts mère-fille, loin des requins de la basse-finance, tout près de cet artisan qui voyageait en solitaire, défiant l’esprit du temps, hors tout, sauf la beauté et l’inutilité du geste.

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12 août 2011 5 12 /08 /août /2011 07:00

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Sur la vidéo Marie, micro-cravate, entourée de ses chefs de culture se promenait dans ses vignes. Elle ne s’embarrassa pas de circonvolutions elle alla droit au but.  Si Marie s’était contentée d’annoncer une simple baisse, même forte, de ses prix, la place de Bordeaux ne se serrait pas autant émue. La mécanique qu’elle venait d’enclencher était beaucoup plus subtile car la conjonction de son retrait des primeurs, de son refus des allocations au négoce et de la programmation d’une forte baisse modulée, suivant un savant calcul qu’elle détaillait, et étalée sur trois années, plaçait les propriétaires haussiers en porte-à-faux. Pour les courtiers la messe semblait dite, Marie avait annoncé la couleur « Pourquoi m’encombrerais-je d’un entremetteur pour fixer mes prix ? Moi la tendance je m’en balance tout comme ce que mijotent mes concurrents. Je connais mes prix de revient et l’important pour moi est de pouvoir financer mes investissements, qu’ils soient physiques ou commerciaux. Me goinfrer et faire du surprofit ne m’intéresse pas. » Ce froid langage glaça d’horreur ceux qui espéraient voir en Marie une Cigale dispendieuse. D’ailleurs, avec son ton gouailleur, elle avait signifié qu’elle ne partait pas au combat sans d’importantes réserves de munitions. « Je succède à cinq fourmis, des vrais, des âpres au gain, des qui vivaient chichement sur des matelas bourrés d’or. Moi, jusqu’ici, sans faire grand-chose de mes dix doigts, je vivais de trois fois rien qui était déjà beaucoup. Comme vous l’ai dit je sais et j’adore compter alors, ne comptez donc pas sûr moi ni pour dilapider le capital qui vient de me tomber dessus, ni gonfler un bas de laine comme une grosse reine. Nous allons faire du vin, des vins, et nous allons les vendre au plus prêt de ceux qui peuvent ou qui veulent les consommer. Sans doute allez-vous me trouver prétentieuse mais me contenter de jouer à la châtelaine, très peu pour moi ! Bien sûr, mon expérience commerciale est mince : vendre de la charcuterie au Monoprix de la rue de Rennes doit vous paraître à la portée de n’importe quelle grande idiote de mon acabit. Franchement, sans vouloir vous vexer, croyez-vous vraiment que vendre certains de vos GCC à des prix astronomiques est une tâche qui requiert des compétences particulières ?  Vu l’emballement actuel ce n’est pas du commerce qui se fait ici mais plutôt du nursing pour nouveaux riches. Bien sûr tout le monde n’est pas logé à la même enseigne et, sans être vraiment à la peine, beaucoup de mes chers confrères ne pètent pas dans la soie. Donc c’est clair ne comptez pas sur moi pour participer à cette version financière de la Grande Bouffe de Ferreri. Ceci dit, qui trop embrasse mal étreint, que les maisons de négoce se rassurent je ne souhaite pas les mettre hors-jeu. Simplement il leur faudra me persuader que le service qu’elles m’apportent justifie le passage de nos vins en bouteilles par eux pour être distribués dans certains pays. Même si vous me prenez pour une nase, je sais cela. Que je sache nous ne sommes à la Bourse des Grains de Chicago ou sur le marché spot du Brent mais rien qu’à Bordeaux. Moi j’aime les contacts directs, la vie quoi. Pas des jeux d’écritures ou des ordres donnés au téléphone. Enfin si j’ai choisi  de m’exprimer par ce moyen un peu déshumanisé c’est pour que vous puissiez m’écouter tranquillement chez vous hors d’une assemblée où, sans vouloir vous offenser, il facile à certains d’emporter l’adhésion. Sachez que j’ai pour principe de dire ce je fais et de faire ce que je dis, alors si ce que je dis vous déplaît ma porte est grande ouverte...

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12 août 2011 5 12 /08 /août /2011 00:09

En août tout ferme même les coiffeurs. J’ai donc du pédaler jusqu’à une impasse adjacente à la rue Marbeuf pour qu’on me fit ma coupe Corse. En avance je baguenaudais, en attendant l’heure, sur les Champs Elysée qui sont un vaste déambulatoire pour grappes de touristes. Alors je m’suis dit en passant devant le Monoprix « qu’est-ce qui offrent (façon de parler bien sûr) à tous ces assoiffés adeptes du snacking ? » Je plonge dans les entrailles du Monop pour jeter un œil sur le rayon vins. C’est étroit donc le mur à vin est bien tassé mais dès qu’on vire à gauche on tombe sur une flopée de petites boutanches. Bravo M’sieur Rovire et sa petite bande vous vous adaptez à la demande du quartier qui, touristes ou petites mains, mange sur le pouce. Donc j’en ai choisi 3, des toutes petites quilles, j’suis passé à la caisse et ça m’a fait 5,30€. Z’allez me dire qu’avec ça je n’allais pas zigzaguer sur le chemin du retour ou alors le nectar ne devait pas être de grande qualité. Détrompez-vous, car d’abord chez Monop la qualité est toujours top –j’suis le genre cireur de pompes – et puis attendez la suite de mon histoire.

 

Je ressors à l’air libre. Il flotte ! Je traverse les Champs au niveau de la rue Marbeuf et j’me mets à l’abri  dans un Franprix flambant neuf. En facing d’entrée un présentoir snaking plein de petites boîtes pour japonaises pressées. Puis, tout à côté, l’offre liquide avec plein de petites boutanches. En vitrine quelques tables et, cerise sur le gâteau, une jeune hôtesse fort jolie. Byzance donc, sauf que nos petits pourvoyeurs de boissons de Franprix ne proposent pas une seule petite quille de vin. Quand j’écris pas une, ce n’est vraiment pas une. Même pas dans le rayon vins du magasin. Carton rouge donc à Franprix ! Feuille de match pliée : Monoprix gagne sans faire un pli. Mais m’objecterez-vous : avant de faire mordre la poussière à ce pauvre Franprix qu’était-ce donc ces 3 petites quilles que proposait Monoprix. J’y arrive, mais attention je signale que mon choix est de pure opportunité (peu de place dans mon célèbre sac Pan Am) il n’est pas représentatif de la large gamme de petites bouteilles proposées par Monop. Sans vouloir faire la honte à Franprix : il n’en proposait aucune. photoChanze.jpg

Mon choix : les 3 couleurs en 187 ML capsulées à vis et pourvus d’une contre-étiquette.

- La Veille Ferme Ventoux 2010 1,40€ rouge 13,5% bouteille style PET munie d’un QR code

- O natura Vin de Pays d’Oc Syrah 2010 AB 12,5% rosé 1,60€ bouteille style PET

- Gio Gérard Bertrand Vin de pays d’Oc 2010 13% Grenache blanc 2,30€ bouteille verre.

 

Présentation : classique pour la Veille Ferme, plus branchée pour Gio de Gérard Bertrand, O natura sans grande originalité. Deux remarques : le texte de la contre-étiquette de Gio très traditionnel me semble en décalage avec le côté d’jeun du produit ; pour le vin Bio rosé et son conditionnement et le texte de sa contre-étiquette ne l’identifie guère comme un vin AB. Vous me direz : qui lit les contre-étiquettes, surtout sur de si petits contenants ? Je n’en sais rien mais puisque les vendeurs grattent du texte je préfèrerais qu’ils se creusent un peu plus que le bateau de chez bateau ou alors le recours au Code QR me semble la bonne méthode. Nos bouffeurs de snaking ils ont tous des Iphone ou autre. (la vielle ferme en a un d'ailleurs).

 

Pour le contenant, j’ai dégusté, voici mes commentaires dans l’ordre de la dégustation :

photoChanze1.jpg photoChanze3.jpgphotoChanze2

Gio : belle couleur paille, nez floral, attaque agréable, belle fraîcheur, un peu court en finale. 13/20 bien adapté à une consommation du type japonaises speedées ou vendeurs de Virgin

O natura : nez inexistant, belle couleur vineuse, plat, sec, court, 9/20 très décevant, y’a beaucoup mieux sur le marché les gars de Monop.

Vieille Ferme : belle couleur rouge profond, nez chaleureux, belle attaque douce, soyeuse et une longueur qui donne envie de se resservir 15/20 beau rapport qualité/prix c’est le moins cher des trois.

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11 août 2011 4 11 /08 /août /2011 07:00

cle-usb-tour-eiffel-1goPour une surprise ce fut en effet une grosse surprise, oui ! En effet, dans l’enveloppe les propriétaires découvrirent une simple clé USB Eiffel Tower posée sur une belle feuille de vigne en papier aluminium accompagnée d’un petit post-in « Belle et douce nuit à tous » Des oh de désappointement fusèrent, un « ah, la petite garce » jaillit d’une bouche d’ordinaire plus amène, des rires nerveux secouèrent des poitrines formatées à la retenue, une dame plus que pompette se mit à valser seule sur les accords du « Beau Danube bleu. Le grand Eric, profitant d’un blanc, plaça d’une voix de stentor un aphorisme qui jeta plus encore le trouble dans l’assistance « Quand on ne sait pas, on a peur.» Les plus inquiets, sans vouloir l’avouer, étaient ceux qui ne savaient pas utiliser une clé USB. Attendre le lendemain matin que leur fidèle et dévouée collaboratrice, celle qui sait si bien tout faire, introduise cette foutue puce dans le ventre de l’ordinateur, équivalait au supplice de Tantale. Réveiller le petit dernier en pleine nuit pour lui demander de faire la manip équivalait à une capitulation sans condition lourde de conséquences pour l’avenir. Bref, la lenteur exaspérante de la barquasse provoquait des prises de bec entre époux. Dans le bateau pour Blaye dont le temps de traversée était plus court Voldemort se contentait de glisser la clé dans la poche de son veston en pensant qu’il venait de trouver un adversaire à sa mesure et qu’il lui fallait vraiment tout mettre en œuvre pour contourner l’obstacle, l’affronter de face, comme allaient le faire tous ces boutefeux, relevait de la charge de la brigade légère. François des Ligneris proposait à la cantonade de venir terminer cette belle soirée à l’Envers du Décor et qu’il se ferait un plaisir de projeter le contenu de la clé USB sur un bel écran plat. Hormis ses habituels affidés, dont je tairais le nom de peur de les compromettre, les autres s’engouffrèrent dans leurs puissantes autos pour foncer jusqu’à leurs châteaux. Ensuite, comme lors de la nuit de la Saint-Sylvestre, le réseau sans fil fut chauffé à blanc, les appels se croisaient, se buttaient aux boîtes vocales, les sms volaient, rebondissaient. Les plus modernes lancèrent même sous des pseudos des philippiques sur Twitter pour tenter de discréditer Marie de Saint-Drézéry. Au petit matin une dépêche de Reuters tombait  « L’Ouragan sur les Primeurs se prénomme Marie » 

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11 août 2011 4 11 /08 /août /2011 00:09

Le camarade non-syndiqué Lalau s’est payé la tronche de la pub radio des Ormes de Cambras (si vous souhaitez écouter allez sur link et cliquez sur le petit poste de radio) dès juin ce qui lui a valu de se faire remonter les bretelles par l’éminent professeur Norbert Olszak qui adore les marques tous les matins en se rasant et qui ne lit plus mes conneries car il me trouve malpoli. Moi je suis un lent alors je prends mon temps et c’est en plein mois d’août que je me décide. Vu le temps qu’il fait sur PARIS entendre des cigales à la radio ça fait du bien au moral même si la musique qui accompagne le baratin bilingue me semble plus provençale que languedocienne. Bref, moi j’ai un faible pour la marque Cambras car elle évoque pour moi le souvenir de mes premiers pas dans l’univers des vins de table.

 

Avant ce retour en arrière, je signale à Hervé que les fils de pub et leurs commanditaires adorent faire passer des vessies pour des lanternes. Pour preuve : l’association de l’huile d’olive Puget avec notre Fernandel national et provençal. Génial ce détournement s’exclament les créatifs sauf qu’il n’y a pas une goutte d’huile d’olive provençale dans les bouteilles de Puget. C’est un assemblage, par ailleurs de qualité, d’huiles d’olive le plus fréquemment espagnoles. Le plus plaisant dans cette histoire c’est que Puget a été vendu par Unilever à Lesieur qui est maintenant la propriété de Sofiprotéol lui-même entre les mains des producteurs français de graines oléagineuses. Je sens qu’Hervé va rire jaune alors je n’irai pas plus loin dans mes révélations capitalistiques car on pourrait me faire les gros yeux. Les affaires sont les affaires et nos chers producteurs d’huile d’olive provençaux n’ont même pas été capables de se doter d’une IGP Provence. Ils n’ont qu’à s’en prendre qu’à eux-mêmes.

 

Je reviens à Cambras qui, avant de tomber dans le giron de Pierre Castel, était l’une des marques sœur de la grande marque de vin de table Julien Damoy propriété de la maison de négoce parisienne, embouteillage à Thiais, dont le PDG était Emmanuel-Jean Dugas. Celui-ci, fine moustache, lunettes d’écailles, costume bien coupé, représentait le négoce, au temps de la défunte CNVS, dans des instances nationales où je le croisais. Courtois, c’était l’image même de ce qu’avait été la puissance du négoce de place de Paris. Les marques ont une histoire et ce qui me chagrine c’est que les gens dit de marketing sont incapables de la raconter, de la revisiter. Ils n’apprennent pas ça dans leurs écoles et sur le site de Cambras www.cambras.fr les textes sont d’une pauvreté confondante : « Depuis 1975, Cambras est reconnu des amateurs pour ses vins ronds et fruités. Fidèle à cet engagement Cambras à néanmoins toujours su évoluer avec son temps à travers ses habillages et ses communications. »

 

Les deux mots-clés sont lâchés : l’habillage et la communication. Il ne s’agit pas de la robe du vin mais celle de l’étiquette et pas d’histoire mais de communication.  Damoy-4.jpg

Et l’histoire c’est cela « Jean-Baptiste Julien Damoy est un épicier français (31 janvier 1844, Irreville - 8 mars 1941, Bégadan). Établi à Paris dès la Belle Époque, il étendit son activité de commerce de vins et d'épicerie générale à toute la France : « Julien Damoy » fut l'enseigne de nombreuses succursales et supérettes, jusque vers 1970. Son « Granvillons », "grand vin Damoy" au goût de framboise, eut ses heures de gloire jusque dans les années 1960. Il était propriétaire de vignobles en Médoc (Château La Tour de By à Bégadan), en Beaujolais à Romanèche-Thorins (Château du Moulin à vent), ainsi qu'à Gevrey-Chambertin. »

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Alors Cambras, qui a toujours été à ma connaissance un vin de table, avec sa bouteille bordelaise et son étiquette aux codes aussi très bordelais, s’adressait aux consommateurs réguliers de VCC devenus Vin de Table qui souhaitaient poser sur leur table un flacon plus élégant, plus classieux, plus représentatif de l’image qu’ils souhaitaient se donner et donner aux autres, que le bon vieux litron 6 étoiles de Granvillons ou même de « Julien Damoy » qui avait son litre personnalisé. Je ne sais ce qu’est devenue cette clientèle. Elle a fondue bien sûr comme le montre les panels. Beaucoup se sont tournés vers les petits châteaux de Bordeaux. Je ne sais qui sont ces fidèles. Les gens du marketing Castel doivent le savoir. Moi je suis un peu perdu. En effet, ce qui me frappe dans cette marque c’est que je ne sais plus vraiment où elle habite car, avec l’irruption des cigales du Pays d’Oc, la référence bordelaise, qui faisait son charme, n’existe plus même si l’article de Télérama (cf link ) dit que les Bordelais sont jaloux des vins de pays d’Oc. Moi je croyais que la gamme des Vins d’Oc qui avaient l’accent c’étaient ceux de la marque la Roche-Mazet (certes commercialisée par la SVF).

 

Et puis, les Ormes de Cambras, ça fait très deuxième vin à la bordelaise et guère vins de cépages de South of France. Moi, dans l’esprit de Cap 2010 j’aurais bien vu la marque Cambras tout court érigée en marque phare : un Vin de France top du top embouteillé à Bordeaux et non pas à la Chapelle-Heulin (44) par Chatelier frères (sic) et les Ormes de Cambras en déclinaisons de cépages : après tout le Cabernet-Sauvignon, le Merlot ça sonne un peu Bordeaux, non, et pourquoi pas pour le blanc et le rosé aller sourcer dans le grand bassin Sud-Ouest ce qui permettrait bien des innovations. Mais comme je ne suis qu’un écrivaillon je sais qu’on va me rétorquer que premièrement la maison Castel sait ce qu’elle fait et pourquoi elle le fait, et que secondement le consommateur se tamponne comme de sa première chemise de mes explications à la con. Pas si sûr, et je fais le pari que le marché domestique du vin en France se porterait mieux si de vraies marques jouaient d’autres cartes que celles qu’elles jouent en ne faisant que ripoliner des étiquettes fourre-tout. Cambras pour moi c’était une jolie petite marque de vin de tous les jours pas un rouleau compresseur pour la GD, ce qu’elle ne sera jamais d’ailleurs. Le consommateur est déjà tellement déboussolé face au rayon vins de la GD qui croule sous les références je trouve dommage cet émiettement. Faire bien des petits vins accessibles au plus grand nombre c’est un vrai enjeu pour l’avenir de la consommation du vin dans notre pays. Les consommateurs sont ce qu’ils sont mais ils peuvent évoluer si on leur présente des arguments accessibles et compréhensibles. Les toiser, leur dire qu’ils sont des cons parce qu’ils achètent leur vin en GD, et en Bag-in-Box de surcroît, ne fait guère avancer les choses. La France du vin se complaît dans ses croyances et ses chapelles et elle recule. Bravo les artistes de tous les bords !

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10 août 2011 3 10 /08 /août /2011 07:00

Dans la longue chenille qui regagnait l’embarcadère les conversations allaient bon train. Beaucoup se gaussaient « C’est une folle furieuse. Les occasions de se réjouir sont si rares ma chère. Vraiment, il y a fort longtemps que je ne m’étais autant amusé... Nous faire boire du vin de France et du Vin de Pays de l’Hérault, il fallait l’oser, non... J’avoue que le de Moor très frizzante m’a ravi et le Champagne de Boulard est franchement un petit bijou. » Les « ma chère » jugeaient que l’ébouriffée savait recevoir, service impeccable, mets simples mais raffinés, et puis tout de même ce vin de pays de l’Hérault très ligérien formait un couple ravissant avec le Coucou de Rennes. Un peu en retrait, la petite poignée de ceux qui s’estimaient les maîtres du beau troupeau devisaient avec sérieux. « Ils ne pouvaient continuer de subir les diktats de cette grande sauterelle sans réagir l’heure était venue de lui clouer le bec et de reprendre la main. Voldemort – tel était son surnom hors de ses oreilles –, lui, restait silencieux. Son atavisme familial lui dictait la circonspection : avant de faire de Marie une ennemie jurée mieux valait tenter de se concilier avec cette astucieuse. Bien évidemment il se garda bien d’exprimer son sentiment profond à ses très chers collègues, bien au contraire sur sa face lisse et compassée il laissa transparaître des signes d’approbation courroucée. L’héritière et l’héritier de qui vous savez ne savaient pas sur quel pied danser d’autant plus qu’ils s’étaient fait chier toute la soirée en se disant que Marie de Saint-Drézéry avait une chance inouïe de ne pas avoir à subir la tutelle de ses ascendants. La chenille se scinda en deux : la Rive Gauche et la Rive Droite. Sur le pont de chacun des « petits navires » se tenaient quelques membres du club du troisième âge de Saint-Emilion pour la rive droite et de Listrac pour la gauche que Marie avait conviés à la réception. Discrets, nul ne les avaient remarqués, ils avaient beaucoup apprécié de côtoyer autant de beau linge et jouèrent à merveille leur rôle de distributeurs de la « pochette surprise » Celle-ci, cachetée à la cire, était logée dans de belles enveloppes en papier recyclé violet et il fut demandé aux récipiendaires de ne l’ouvrir qu’au signal donné par le capitaine : un coup de corne de brume. Les disciplinés majoritaires surveillant du coin de l’œil les impatients nul ne se risqua à enfreindre la consigne. Les bateaux appareillèrent avec la lenteur de limaces. Des haut-parleurs diffusaient en sourdine le « Beau Danube bleu », l’ambiance était joyeuse et rieuse, même que certains se laissèrent aller à quelques grivoiseries jusqu’au moment où le grand Éric actionna sa trompe suivi en écho par celle de François.

 

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10 août 2011 3 10 /08 /août /2011 00:09

Je ne suis guère adepte du possessif mais dans le cas présents je me lance dans le grand plaisir que m’ont fait deux de mes lecteurs assidus et de se rencontrer, et de nous narrer ces instants. Quel beau pied de nez à tous ceux qui ne voient dans l’Internet qu’une Toile sans âme, peuplée de gens qui ne vivent que dans la virtualité. En fait, comme dans la vraie vie, se dire bonjour, se parler, échanger, décoconner, discuter de choses sérieuses ou de l’air du temps en cassant une petite graine et faisant couler la miette avec le liquide ad hoc reste à notre portée. Prendre le temps de vivre, prendre son temps pour mieux vivre ensemble, c’est ça, au-delà des éternels discours en défense, qui donne à la civilisation du vin sa suprématie sur la religion de l’instantanéité, des plaisirs expédiés, du bonheur médicalisé. Petit sillon tracé par Luc et Denis amis lecteurs, rien ne vous empêche, comme j’ai incité Denis à le faire, de poster des commentaires, de suivre le fil, de nouer des dialogues, d’apprendre à se connaître. Suite à ma chronique sur les vendeurs de Tour Eiffel à la sauvette aux Tuileries, le sieur Charlier m’a proposé que nous vendions de concert des Manneken-Pis en ce lieu. J’ai une bien meilleure idée : que je sache ce ludion est vigneron alors nous pourrions, nous parigots tête de veau, après que le vin du nouveau millésime soit fait, organiser sa montée chez nous pour que son vin soit enfin accessible aux assoiffés de la capitale. Merci à vous deux, en espérant que vous ferez des émules.

« L’espace de liberté de Jacques Berthomeau a parmi ses buts avoués de favoriser la convivialité dans ce monde de brutes ainsi que l’expansion du domaine du vin.

Comme je partage pleinement ces deux objectifs j’ai commencé à lire ce blog, et son style précis mais décontracté m’a accroché au point d’en faire une lecture aussi quotidienne que matinale (hors périodes saturées par mon boulot). 

Impressionné par la qualité  des chroniques du taulier comme par le professionnalisme des commentateurs, je n’osais pas y mettre mon grain de sel. Qui suis-je, moi, simple amateur de vin, pour m’immiscer dans les dialogues de tous ces journalistes, cavistes, aubergistes, sommeliers et vignerons, orchestrés par un Contrôleur Général des Offices Agricoles ? 

Premier passage du virtuel au réel : je rencontre Jacques Berthomeau himself à une dégustation. Aussi charmant à l’oral qu’à l’écrit, il sait se mettre à mon niveau d’amateur peu éclairé et insiste pour que je me lance à poster des commentaires sur son blog. Si, si, paraît que ça lui ferait plaisir de savoir ce que pensent ses lecteurs…alors bon, je me lance et j’y vais de mes petits mots. Du coup on me répond, et un dialogue s’installe avec le principal commentateur du blog : Luc Charlier. Le gars m’intéresse : vaste érudition, grandes idées, mais aussi des trucs simplets. Bref, il m’amuse et m’instruit. Par exemple il a réussi à faire bouger les lignes de mon esprit obtus sur un sujet comme les OGMs. Et sa croyance en un collectivisme désuet me fait bien rire.

Comme j’ai la chance d’avoir hérité  de la maison du Grand-père face à l’Atlantique j’invite ce Flamand-vigneron du Roussillon à une partie de pêche, et il accepte ! 

Deuxième heurt avec le réel : c’est l’escapade que Jacques a rapportée dans son billet du 20 juillet dernier link Moi qui adore rencontrer des vignerons, en voilà un bien particulier à mettre dans ma collection. Et comme je partage l’idée que plus il y a de liens entre les gens qui veulent du bien au monde du vin mieux ça marche, j’ai mis ledit vigneron en présence de quelques amateurs férus de Bourgognes et d’une viticultrice biodynamiste de Bourgueil (Catherine Breton). L’entreprise était risquée puisque Luc, en bon révolutionnaire, n’aime pas les valeurs établies comme les GCC de Bordeaux ou les crus de Bourgogne. De plus son matérialisme l’empêche d’adhérer à la poésie naturelle du biodynamisme.

Mais Luc était venu avec des arguments imparables : les œuvres quasi-complètes de son Domaine de la Coume-Majou. Donc tout s’est très bien passé. 

En bon disciple de Berthomeau je vais continuer à créer du lien et raffermir ceux dont on vient de parler. Pour continuer sur mon histoire de liens virtuels qui se concrétisent dans le réel : je prévois une visite dans le Roussillon, je vais organiser une dégustation des vins de la Coume-Majou pour le groupe d’oenophiles que j’anime, et nous lui adresserons probablement une commande. Bref, du concret, du solide.  

 

Dégustation des 5 & 6 juillet 2011. Luc, Denis, Catherine et quelques amis à l’Ile d’Yeu.

Sans compter les BIBs de Muscadet !

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9 août 2011 2 09 /08 /août /2011 07:00

photoaligotee.jpgDès qu’elle descendit de l’estrade Marie fut très entourée. Ce fut le bal des faux-culs. Tous pensaient « elle est givrée ! » et les plus lèche-bottes s’exclamaient :

« Quel panache ! »

« Vous apprenez vite ! »

« Vous allez faire des adeptes ! »

« Quelle classe, bravo ! »

« Excellente prestation, mes félicitations ! »

Les plus âpres se taisaient en se félicitant que dans quelques temps de beaux arpents de vignes seraient à l’encan. Les plus futés la scrutaient sans aménité car il sentait que cette grande duduche, qu’ils avaient sous-estimée, n’était pas allé jusqu’au bout de sa logique et qu’elle leur préparait un coup de Jarnac. La dame permanentée d’un de ces messieurs se permit de faire remarquer au cercle des sceptiques qu’ils n’avaient pas tout à faire tort de se montrer circonspect car, pointant son index sur le carton d’invitation elle lut « la pochette-surprise sur le bateau du retour » Le menu était affiché, les tables numérotées et chaque convive avait reçu un carton sur lequel il était porté.

 

MENU : Patchwork de tomates anciennes à la mozzarella di Buffala de Caserte

                Coucou de Rennes méli-mélo de vieilles patates

                Fromages : Boulette d’Avesnes, Maroilles et Salers

                Dessert : feuilleté de fraises des bois

VINS : À Ligoter tirage de printemps 2010 Vin de France O de Moor 

             Vin de Pays de l’Hérault 2010 Catherine Bernard

              Champagne Les Rachais  brut nature Francis Boulard       

 

Vous décrire le placement aux tables des uns et des autres serait fastidieux et sans intérêt mais Paul de Candolle, à l’instar de ce qui s’était fait pour l’inauguration du chai de Cheval Blanc, avait formé les tables en fonction de la hiérarchie des GCC. Simplement, pour mettre un peu de piment, chacune de ces tables étaient présidées par les amis de la Marie : le grand Éric à la table number one, François des Ligneris à la 2, la baronne G à la 3, Patrick Hoÿm de Marien à la 4, Patrick Baudouin à la 5, Marc Parcé à la 6, Catherine Bernard à la 7, Luc Charlier à la 8... et ainsi de suite. La grande surprise de la soirée fut que Marie n’était à aucune table car, micro à la main, elle assurait l’ambiance en allant de table en table. Lorsqu’à l’approche du dessert Catherine Ringer et ses musiciens montèrent sur l’estrade l’ambiance était chaude bouillante et même que certains, d’ordinaire coincés de chez coincés, oubliant les menaces à venir se laissèrent aller à frapper dans leurs mains et quelques couples improbables se formèrent pour danser des rocks endiablés. La bienséance m’interdit de les mentionner.          

 

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9 août 2011 2 09 /08 /août /2011 00:09

imagesmeteo.jpgCet été la météo pourrie qui, à l’instar des indices boursiers en pleine débine, obsède bien évidemment les congepés mais surtout ceux qui voient leur chiffre d’affaires suivre la courbe du moral des adorateurs du Dieu soleil. Nous sommes passés d’une angoissante sécheresse frappant une grande part de l’agriculture française à une climatologie peu favorable aux vacanciers. Pendant très longtemps seuls les paysans scrutaient le ciel pour prédire le temps qu’il ferait d’où une flopée de dictons ponctuant le calendrier des saints (les fameux Saints de glace par exemple) : « S’il pleut à la Chandelouse, L’hiver s’en va comme une bouse. » De nos jours les bulletins météo font parti intégrante de l’offre télévisuelle, ils sont mis en scène sur le fameux fond bleu avec une forme de starisation des présentatrices et présentateurs. Des projections sur le temps à venir pour la semaine avec même un indice de confiance viennent compléter cette information qui peut, à priori, apparaître comme futile pour des urbains qui passent pour la plupart leur sainte journée enfermés dans des bureaux. Bien évidemment pour les fameux week-ends boostés par les RTT le temps qu’il fera est un élément influençant leur choix.

 

Reste qu’il n’est nul besoin de sortir de Polytechnique pour faire le constat que la météo influe sur la consommation. Plus il fait chaud plus il fait soif et bien évidemment lorsqu’il fait froid une bonne soupe est la bienvenue. Mais le bon sens ne suffit plus à notre monde de grandes machines à distribuer. Il faut sonder, non les reins et les cœurs, mais les réactions des pousseurs de caddies aux fantaisies de la pluie ou aux lubies du soleil. « Vague de froid sur la moitié de la France entre le 3 et le 10 janvier 2010 : plus de 24 % d'augmentation des ventes de potages. Semaine chaude du 16 au 22 août 2009: plus de 20 % de croissance des ventes de bières! La météo fait la pluie et le beau temps pour les achats. En effet, plus de 30 % de la consommation alimentaire serait «météo-sensible». Des variations qui intéressent au plus haut point les fabricants, les enseignes de grandes et moyennes surfaces et les sites marchands » Comment éviter les ruptures en magasin ou l’accumulation coûteuse de stocks ? C’est à cette question que Metnext, filiale de Météo France et Nielsen, spécialiste de la mesure de consommation en grande surface, prétendent répondre. Plus étonnant encore, une étude réalisée par Médiamétrie et Climpact a démontré l’existence d’un lien entre la météo et l’audience de la télévision : lorsque les conditions météo changent, le temps passé devant la télévision peut varier jusqu’à 45 minutes ! »

 

« Nielsen recense l’ensemble des données de ventes en hypermarchés et supermarchés sur plusieurs années et les agrège par catégories de produits et par région. De leur côté, les experts de Metnext corrèlent les ventes par région avec les observations météorologiques et les moyennes saisonnières pour déterminer un modèle d’impact météo par catégorie et par région. Les deux entreprises se sont ainsi unies pour offrir aux professionnels 300 indices Meteoeco sur 30 catégories de produits de grande consommation distribués en France. « Les indices meteoeco répondent à une vraie attente car plus de 30% de la consommation alimentaire est météo-sensible », explique Frédéric Bardoux, président de Matnext. Avec des observations, le modèle fournit les indices Meteoeco de suivi. Et avec des prévisions météorologiques, le modèle fournit des indices Meteoeco prévisionnels. Les horizons de prévisions sont aujourd’hui d’une semaine, deux semaines et quatre semaines. 300 indices sont ainsi désormais disponibles sur le site www.weatherindices.com/Nielsen . »

 

Mais à quoi ça sert d'étudier ça ? me direz-vous ?

- à écrire une chronique !

- à justifier la vente de services aux têtes d’œufs de la GD...

- « Nous travaillons avec beaucoup d'entreprises dans la distribution et la production », explique notre consultant. Pour un producteur d'eau par exemple, il est très important de pouvoir anticiper la demande afin de gérer ses stocks. Pour un distributeur dans l'agro-alimentaire, c'est plus ou moins la même problématique. " Nous faisons aussi des analyses du passé censées permettre mieux appréhender le futur, explique Tristan d'Orgeval. Par exemple nous allons travailler avec un distributeur pour évaluer son chiffre d'affaires hors effet météo. Cela lui permet de budgéter l'année qui arrive sans ces effets climats qui jouent largement sur les ventes ».

 

Et le vin dans tout ça ?

 

Pas ou peu d’éléments sur le sujet mais il me semble que la surabondance de l’offre de Rosé va peut-être se heurter à une certaine chute de la fréquentation des terrasses ou à la baisse de la fréquence des barbecues. Simple hypothèse qui ne signifie pas pour autant une baisse de la consommation en valeur absolue car un effet report sur le rouge par exemple, lié à des repas pris à l’intérieur ou au restaurant en attendant le beau temps, pourra jouer. Peu importe me direz-vous puisque le vin est en rayon alors qu’est-ce que ça change toutes ces élucubrations ? Pas grand-chose j’en conviens mais à plus long terme avec ce que nous constatons sur un réel dérèglement climatique ne serait-il pas sage de ne pas céder aux purs emballements liés à des prévisions fondées sur la prolongation de tendances historiques ? Mais le plus important me semble pour le vin niché ailleurs : dans le moral de nos consommateurs et là la météo joue un rôle capital : son inadéquation aux désirs joue un rôle dépresseur. Le vin n’étant plus vraiment une boisson mais un produit de confort psychologique – rien que pour faire chier les prohibitionnistes – nous devons face à la déprime mettre en avant ses vertus thérapeutiques – deuxième couche – et surfer sur la météo. D’ailleurs, pourquoi ne pas demander à ceux qui vont solliciter nos suffrages pour la Présidence de faire sponsoriser Météo France par les Vins de France ! Honnêtement mon cher Clavel ce serait à mon sens bien plus payant que n’importe quel articulet intégré dans le Code Rural. Je décoconne à peine ! Dernier point, c’est avéré, lorsque la plage est inaccessible le touriste pointe son nez dans l’arrière-pays avec la marmaille, alors peuple des petits vignerons hameçonnez-les pour qu’ils viennent dépenser leur picaillon dans vos petits caveaux. Vive le carton de 6 !

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