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18 août 2011 4 18 /08 /août /2011 07:00

À Beychac-et-Caillau les échos de ses déclarations du jour avaient largement déblayé le terrain pour Marie, qui, sans être en terrain conquis se retrouvait face à une assistance assez bien disposée à son égard. De plus, fine mouche, elle s’était fait accompagnée par David Cobbold qui avait reçu en début d’année, au pavillon Ledoyen, le « Prix de la presse » accordé aux journalistes de la presse du Vin, pour le soutien qu'ils procurent à la filière par leur travail, des mains de Bernard Farges président du Syndicat Bordeaux&Bordeaux Supérieur. David, elle l’avait rencontré au Juvéniles et ils avaient sympathisés autour d’un Beaujolais de Chermette. Sitôt que Bernard Farges l’eut présenté, Marie embraya sur un vibrant hommage à Louis Marinier le précurseur. Face à une salle ébahie par le culot de cette gamine ébouriffée elle indiquait que c’était son pote Michel Rocard qui lui avait fait la confidence un soir qu’il s’épanchait sur les deux merveilleuses années qu’il avait passé au 78 rue de Varenne grâce à cette vieille fripouille de Mitterrand. Le public était sous le charme. C’est le moment que choisit Marie pour aborder de nouveau le sujet de son vin d’assemblage estampillé Vin de France. Il y eut un grand blanc. Sans se démonter Marie cita le Plan « Bordeaux demain » : tous ces vins qui ne trouvaient plus leur place sur le marché sauf à des prix de casse, pourquoi ne pas réfléchir à leur donner une autre destination ? « Mais attention, mesdames messieurs, pour adhérer à mon projet ce sont des vins voulus et non des vins subis qu’il me faut ! » Et de citer René Renou, puis un rapporteur tombé en désuétude et reconverti en pisseur de copie électronique. « Moi je ne ferai plus de second vin. Certes j’en ai les moyens, mais vous pourquoi ne feriez-vous pas un choix similaire pour une partie de votre vignoble ? Je sais ce ne sera plus du Bordeaux mais avec le temps, des volumes conséquents, du sérieux, de l’obstination vous pourriez sucer la roue de ma première cuvée que j’ai baptisé, avec une certaine malice Noah, et bâtir une belle marque de vin d’entrée de gamme, avec cépage et millésime. Je vous invite à venir avec moi après la vendange chez mes amis d’Embres&Castelmaure. Je puis vous assurer que le Président Patrick Hoÿm de Marien vous y accueillera avec sa courtoisie d’aristocrate terrien. Au fond de la salle des courtiers tapotaient nerveusement des sms pour leurs mandataires « le hérisson est en train de gagner la partie. L’état d’urgence doit-être proclamé, le plan déclenché... » Marie, en bonne politique, plaçait son dernier coup gagnant en soulignant que ceux qui avaient jeté au caniveau les droits de plantation serait bien avisé de s’acheter une épuisette pour aller les récupérer. Les pompiers pyromanes ne sont pas ma tasse de thé ajoutait-elle avec perfidie. La salle lui réservait une standing-ovation... Marie réclamait à boire.

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18 août 2011 4 18 /08 /août /2011 00:09

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« Un peu de douceur dans notre monde de brutes » écrivions-nous dans Cap 2010. Nous avons été entendus en Australie puisque une dépêche AFP nous informe que le groupe de hard rock australien AC/DC va lancer toute une gamme de vins aux noms inspirés de ses tubes les plus célèbres. Sur le même sujet, et au même niveau de notoriété, je vous signale qu’ABC Australie et la BBC au Royaume-Uni préparent un documentaire prime time d'une heure  sur « l'histoire de l'industrie du vin australien - y compris l'attitude de l'Europe envers ces vins du nouveau monde. Ce documentaire se veut à la fois amusant et animé, une histoire divertissante sur l'industrie mondiale du vin. C’est une histoire sociale du vin en quelque sorte, qui examinera en profondeur la façon dont un petit groupe de chefs d'entreprises à la tête de vignobles australiens a voulu conquérir le monde et a du coup changé non seulement la façon dont le vin est fait et mais également commercialisé dorénavant. Comme vous en doutez, à la recherche de « grands participants » les producteurs ont sollicité « Monsieur Rapport ».


Trêve d’une autosatisfaction outrancière qui va encore me valoir l’ire de qui vous savez, revenons à l’avant-garde du progrès en portant à votre connaissance que « Pour faciliter la vie des éleveurs, la société Médria a lancé le Velphone, qui informe du début de la mise bas. Une heure avant l'arrivée du veau, il prévient la base par SMS. » Positionné sur la vache environ trois semaines avant la date prévue de la naissance, le Velphone mesure et transmet en permanence la température de l'animal par voie radio. Une fois éjecté par la poche des eaux, soit une heure avant l'arrivée du veau, il prévient la base par l'envoi d'un SMS à l'éleveur. Luc Debraclkeire, à Moliens, en Picardie a équipé sa ferme du système. « Ce nouveau procédé a changé ma vie. Maintenant, ce sont les vaches qui m'envoient en quelque sorte un SMS pour me prévenir de l'arrivée de leur veau », précise-t-il en souriant. Coût de l'appareil 3600€ + 29€ par mois maintenance et abonnement téléphonique + un peu de consommable (désinfectant) La société Medria, qui commercialise ce produit, a été lauréate du concours national d'aide à la création d'entreprises innovantes en 2003 puis en 2005 et elle bénéfice du soutien du ministère délégué à la Recherche et à l'Enseignement.

 

Moi qui ai mauvais esprit j’imagine que l’on pourrait aussi équiper nos braves laitières d’un IPhone leur permettant en attendant « les eaux » d’écouter les morceaux culte d’AC/DC ce qui aurait peut-être pour effet de changer leur lait en vin. Bref, on n’arrête plus le progrès ! Sauf que peut-être les défenseurs des animaux vont demander une étude sur l’innocuité de cette engeance et que ceux qui ne veulent plus voir de vaches dans nos prés pour cause de pets carboniques vont protester car l’écoute d’AC/DC risquerait  d’amplifier les rots de nos bovidés.

 

Agence France-Presse

 

Le groupe de hard rock australien AC/DC, l'un des plus grands succès de l'univers rock depuis près de quarante ans, va lancer toute une gamme de vins aux noms inspirés de ses tubes les plus célèbres, a-t-on appris mardi.

Le groupe s'est associé avec l'établissement vinicole australien Warburn Estate.

Seront proposés aux fans de hard-rock amateurs de vins, et aux autres, du cabernet sauvignon «Highway to Hell» («autoroute vers l'enfer») ou du sauvignon blanc «Hells Bells» («les cloches des enfers»).

«Pour nous, il n'y avait pas de doute sur la nécessité de rendre disponible sur tout le territoire (ces bouteilles), afin que personne ne soit laissé de côté», a déclaré Steve Donohue, directeur général des achats chez Woolworths Liquor Group, dont les magasins proposeront ces boissons.

«C'est un phénomène mondial et une première sur le marché» du vin, a-t-il assuré.

Voici un lien sur le vin AC DC, bonne lecture :

link

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17 août 2011 3 17 /08 /août /2011 07:00

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Ces messieurs du négoce s’était fendus d’un vin d’honneur et, pendant que Paul de Candolle, très froufroutant, distribuait le contrat de confiance Saint-Drézéry, suivi d'un Luchini rayonnant qui, petit à petit, se voyait cerné par une grappe d’admirateurs qui le suppliait de leur faire Bardamu. Ce qu’il fit, avec une certaine discrétion, pendant que Marie s’entretenait avec un monsieur Pierre tout ragaillardi qui, avec son petit sourire aux lèvres, lui confiait « même si je ne partage pas toutes vos idées mademoiselle ce que je puis vous assurer c’est que vous possédez, bien plus que la grande majorité de cette assemblée, le sens du commerce. Croyez-moi, puisque vous dites savoir compter, et je vous crois, vous irez loin... » Cet aparté fut l’objet de toutes les suppositions car nul, même en tendant l’oreille, n’avait pu saisir des bribes de leur conversation car Luchini avait légèrement haussé le ton  « Moi je m'étais trouvé pour la pratique un petit appartement au bord de la zone d'où j'apercevais bien les glacis et l'ouvrier toujours qui est dessus, à regarder rien, avec son bras dans un gros coton blanc, blessé du travail, qui sait plus quoi faire et quoi penser et qui n'a pas assez pour aller boire et se remplir la conscience. Molly avait eu bien raison, je commençais à la comprendre. Les études ça vous change, ça fait l'orgueil d'un homme. Il faut bien passer par là pour entrer dans le fond de la vie. Avant on tourne autour seulement. On se prend pour un affranchi mais on bute dans des riens... » Le déjeuner avec le Président du CIVB et son bureau fut d’un chiant et d’un convenu absolus car le Fabrice s’était esbigné pour aller rendre visite à Alain Juppé qui voulait qu’il soit du prochain « Bordeaux fête le vin ». Marie, un peu vénère, entreprit Roland Feredj, l’inamovible directeur du CIVB, sur son allergie à l’égard des ronds-points avant d’abréger les agapes pour, dit-elle, aller s’acheter quelques bouquins chez Mollat qu’est à deux pas. De retour pour quinze heures, remontée comme une pendule, elle disséqua devant une Assemblée générale stupéfaite le plan « Bordeaux demain » avec la précision d’un chirurgien, mettant le doigt là où ça faisait mal, affirmant qu’être en retard d’une guerre n’a jamais amené à la victoire, que seul le passage à l’acte permettrait à l’ensemble du vignoble de mieux vivre. Foin des égoïsmes, des faux-semblants, des larmes de crocodiles, du laxisme, de l’opposition stérile négoce-propriété, il fallait faire des choix clairs, arrêter de vouloir tout faire, d’emmerder les Languedociens, et de conclure que son contrat de confiance Saint-Drézéry pouvait constituer une base intéressante pour un véritable partenariat entre les vignerons, leurs coopératives et un négoce qui ne vendrait pas que du vin. Dans le fond de la salle Paul de Candole était en lévitation, atteignant un quasi-extase alors qu’à grandes enjambées Fabrice Luchini rejoignait l’estrade pour déclarer devant le public médusé « La Fontaine est supérieur à Baudelaire parce que ce n'est pas la forme mais l'éblouissement. Baudelaire, c'est le génie de la forme, une ciselure qu'on peut simplement suivre. Mais je crois qu'il faut se méfier du génie de la forme. La Fontaine, on peut l'aborder sans cette méfiance. Sans aucune méfiance « Il est bon de parler mais meilleur de se taire, mais tous deux sont mauvais, alors qu'ils sont outrés. Nul animal n'avait affaire dans les lieux que l'ours habitait, si bien que tout ours qu'il était, il vint à s'ennuyer de cette triste vie. » Vous rendez-vous compte ? Si bien que tout ours... » D'ailleurs, on ne doit pas dire le s de "ours" : « Si bien que tout our qu'il était, il vint à s'ennuyer de cette triste vie. Il est bon de parler, meilleur de se taire, mais tous deux sont mauvais, alors qu'ils sont outrés. Nul animal n'avait affaire dans les lieux que l'our habitait. » A chaque fois il nous en envoie une ! Il y a tout Raymond Devos, en une phrase. Voilà : d'un côté, on a Baudelaire qui est un génie de la forme, de l'autre, on a La Fontaine qui est un génie tout court. » Le public debout l’ovationnait.

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17 août 2011 3 17 /08 /août /2011 00:09

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Je suis frappé par l’incapacité de certains à faire le lien entre que le slogan « boire moins mais boire mieux » qui explicitement a été utilisé par certains tenants de l’AOC ou par les défenseurs de la Santé Publique et la baisse régulière depuis plus de trente ans de la consommation de vin per capita. Ils continuent de s’insurger contre leur cible favorite la loi Évin. Que celle-ci soit un frein à une bonne communication sur le vin je suis le premier à le reconnaître mais elle n’est pas le puissant frein à la consommation que certains mettent en avant puisque les spiritueux, qui sont soumis aux mêmes règles que le vin, ont continué sous son empire à développer leur consommation. Souligner qu’ils ont de gros moyens financiers marque aussi l’une des limites de la puissance de persuasion du monde du vin. Bref, même si je suis de ceux qui militent, et depuis longtemps, pour que le vin puisse avoir accès aux médias télévisuels pour exprimer sa différence j’affirme sans détour que même si cette ouverture se faisait elle n’aurait qu’un faible impact à moyen terme sur la consommation car les freins principaux à celle-ci se situent ailleurs.

 

Un autre argument utilisé par les petits génies d’une consommation tendance : « Rendre le vin « plus sexy » et « moins chiant » pour séduire les jeunes Français et leur redonner la culture du vin procède de la même incapacité d’analyse. Affirmer comme le sémillant Oliver Magny  que « Le vin français va devenir comme l'Eglise catholique, il n'y aura plus aucun jeune qui sera intéressé » procède du bon mot qui séduit les dirigeants professionnels mais ne correspond en rien à la réalité : les jeunes ne se détournent pas du vin parce qu’il serait chiant mais parce que sa culture n’est plus transmise par la courroie la plus efficace : la famille ou l’environnement social. De plus, et ça rejoint ma remarque initiale : Olivier Magny, qui plaide pour sa chapelle branchouille qui ne sert que des vins chers, n’est pas le meilleur avocat du développement de la consommation par tête du vin : boire cher se heurte à la limite du porte-monnaie de chacun. Seule la loi des grands nombres peut permettre au vin de retrouver des volumes en valeur absolue qui permettent de garder une viticulture nombreuse sur le territoire. Quand il affirme que pour « rendre le vin « plus sexy », désormais il ne faut pas hésiter à recourir au marketing voire au happening, une technique qu'il a mise en oeuvre en organisant une dégustation, dans les airs, de 3 grands crus pour les passagers d'un vol Paris-Barcelone, en 2009 » je préfère m’abstenir de commentaires sur l’inanité de tels arguments. Quant à profiter de « l'effet d'entraînement des séries américaines, type Sex in the City ou Cougar Town, où l'on voit régulièrement les personnages déguster un verre de vin » pour contourner la loi Evin je ne vois pas ce que la culture du vin à la française y gagnerait. Le Net offre des possibilités bien plus intelligentes que celle-ci. Enfin, toujours se lamenter que les « les Chinois et les Américains ont plus soif de terroir que nous » est une posture bien française qui est toujours de se refuser à une analyse de la réalité pour s’en tenir aux antiennes éculées. Appréhender les Français tels qu’ils sont en 2011 ne nuirait pas à la crédibilité et à l’efficacité des analyses et des préconisations mais notre filière à les penseurs qu’elle mérite.

 

Le journal le Monde du 14 juillet reprenant une dépêche de L’AFP fait écho à une étude de chercheurs qui « estiment que la baisse de la consommation de vin en France va s'accentuer. Leur étude souligne en effet que boire du vin est devenu « exceptionnel » pour les 18-30 ans, et qu'en conséquence cette génération sera donc moins consommatrice à l'avenir. » Ils ont répertorié 3 strates générationnelles :

- la « génération héritage » les plus de 65 ans ;

- la « génération X » entre 30 et 40 ans

- la « génération Y »  entre 18 et 30 ans

 

Au travers d’entretiens ils font apparaître, sans grande surprise, des représentations du vin et de sa consommation qui diffèrent selon la génération. Ils notent des « cassures importantes » entre les trois générations étudiées et que « chaque génération a son vin emblématique ». Là aussi rien de très nouveau dans le fait que ce soit le vin de table pour les plus anciens, les vins d’AOC pour les 30-40 ans, et les vins de cépage pour les plus jeunes. Leur constat que « si les trois générations s'accordent sur le caractère convivial de la consommation de vin, la fréquence diffère, en revanche, selon les âges » n’apporte lui aussi pas grand-chose à notre connaissance. On sait depuis fort longtemps qu’elle est régulière, voire quotidienne, pour la génération héritage, qui la pratique en famille et entre amis ; qu’elle est occasionnelle et surtout festive pour la génération X ; qu’elle devient « exceptionnelle » pour la génération Y. Dans ce dégradé ce sont les raisons invoqués par les plus jeunes qui sont intéressantes : ils redoutent les dégâts sur la santé et considèrent le vin comme un produit de luxe.

 

Très clairement le travail de sape des hygiénistes, mené depuis des années, produit ses effets mais pour autant l’argument santé et forme dépasse largement les seuls effets des campagnes de Santé Publique. Une part importante de nos jeunes concitoyens y est très sensible même si dans le même temps une autre s’adonne à une alcoolisation brutale de type binge-drinking. Et c’est là qu’une approche strictement générationnelle n’est pas pertinente car, selon les catégories socioprofessionnelles, les niveaux de revenus, l’implantation géographique l’approche du vin dans la nouvelle génération est très contrastée : quoi de commun entre l’appétence pour la connaissance du vin de groupes de plus en plus importants de jeunes et le pochtronage collectif des fins de semaine ? Pas grand-chose, alors les chercheurs feraient bien d’affiner leurs outils d’analyses plutôt que de se contenter de faire de simples projections du type : « la diminution du nombre de consommateurs pour chacune des nouvelles générations laisse à penser que la baisse de la consommation globale de vin en France en volume va se poursuivre sous l'influence des « générations X et Y ». En effet, la part de consommateurs réguliers est passée de 51 % en 1980 à 17 % aujourd'hui et s'établira autour de 13 % en 2015. La part des non-consommateurs absolus de vin est quant à elle passée de 19 % en 1980 à 38 % en 2010 pour s'établir à 43 % en 2015. »

 

Ce qu’ils écrivent n’est pas faux mais ils ne prennent pas en compte trois éléments importants :

- ils ont « oublié » volontairement ou non la catégorie des 50-65 ans qui étant donné l’allongement moyen de la durée de vie vont avoir des comportements de consommation à l’identique plus longtemps.

- la progression possible de la consommation per capita dans la génération médiane liée à l’effet consolidation de son niveau de vie (l’accès au travail étant de plus en plus tardif la catégorie des 30-40 ans née dans les années de crise accède bien plus tard que la précédente à une consolidation de leurs revenus) ;

- la modification du comportement de la nouvelle génération face au vin liée à un phénomène que l’on rencontre dans les pays néo-consommateurs où le vin est un marqueur social important. Les Français, et leurs jeunes plus encore, ont une forte capacité à développer des discours contradictoires avec leurs actes : Mac Do se porte très bien chez nous malgré un discours dominant très négatif.

 

Bref, ce que je souhaite faire passer comme analyse ce matin c’est qu’au-delà des tendances – les chiffres de l’étude évoquée résultent d’études dites qualitatives (entretiens) et d’extrapolation – le monde du vin Français ferait bien de sortir de ses vieilles lunes pour aborder l’univers de la consommation tel qu’il est pour développer des discours audibles par la nouvelle génération. Comme je l’ai souvent écrit le vin est sorti de son ghetto mais entre le discours purement élitiste ou ne s’adressant qu’aux amateurs et celui des hygiénistes qui jouent sur les peurs et la religion de la forme, il nous faut savoir développer, au travers des nouveaux médias ouverts par le Net des contenus qui intéressent les nouvelles générations. C’est un travail de fond, difficile, patient et opiniâtre qui portera ses fruits à moyen terme et sera un bras de levier puissant pour l’extension du domaine du vin qui permet de conjuguer une consommation per capita responsable et l’augmentation du nombre des consommateurs.

 

Tout le reste n’est que faux-semblants, discours de comices agricoles, articulet de lois sans effet. Depuis des années nous persévérons dans l’erreur pour le plus grand bénéfice de nos adversaires. Je le regrette mais sans une traduction claire, pour l’opinion publique, de ce que nous sommes et de ce que nous proposons, nous resterons minoritaires ce qui signifie pour les politiques, qu’en dehors de draguer des voix circonstancielles, nous ne pesons pas suffisament. Attention je ne pose pas en juge de la sincérité de certains combats, tel celui que mène Jean Clavel, mais je pense que même s’ils aboutissent à des décisions concrètes – ce dont je doute – elles ne suffiront pas à inverser certaines tendances lourdes. Nécessaires donc mais pas suffisants ces combats... Quand aux gloses sur l'iniquité de la loi Evin, elles font plaisir à leurs auteurs mais comme la grande majorité de nos concitoyens électeurs ignorent ce qu'est la loi Evin nos élus, majoritairement urbains, penchent du côté des défenseurs de la Santé Publique. Je le regrette mais ce que je regrette encore plus encore c'est que la bonne méthode suivie par Vin&Société ne soit pas amplifiée par tous ceux qui font des moulinets. Arrêtons d'agiter des chiffons rouges qui ne servent que nos adversaires ! Nous sommes minoritaires, et Dieu sait que je sais ce que c'est d'être minoritaire, nous devons inverser la tendance par un travail lent et patient.

 

Enfin, je signale à certains approximatifs qu'Edonys attaque une décision  du CSA et non la loi Evin à propos de laquelle, puisque nous allons entrer dans une période électorale je dis Chiche ! proposez à chacun  des candidats un texte en forme qui modifie la loi Evin sans rompre le principe constitutionnel d'égalité. Je suis preneur d'autre chose que des rodomontades. Si je fais le compte  de mes chroniques sur le sujet depuis que mon blog existe : une bonne dizaine je n'ai pas de leçon à recevoir de quiconque et surtout pas de qui vous savez. Se taper sur le ventre entre nous c'est bien agréable mais allez donc, comme je l'ai fait aux AG de l'ANPAA, dans les associations de lutte contre le Cancer ou tout bêtement à la rencontre de parents confrontés à l'alcoolisme violent de leur progéniture : notre discours passe difficilement mais il n'empêche qu'il faut le tenir et le tenir encore. Merci à madame Tarby et je souhaite à l'ami JM Peyronnet bonne chance pour que sa chaîne thématique Edonys voit enfin le jour...

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16 août 2011 2 16 /08 /août /2011 07:00

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Leur arrivée, bras-dessus, bras-dessous, elle et Fabrice, lui en polo rouge, toujours dans sa phase Murray, clamait que « l’aristocratie des châteaux de Bordeaux constituait le dernier rempart face au totalitarisme. » et, elle, souriante, tout de blanc vêtue, ne passa pas inaperçue dans la petite salle qu’avait réservé le syndicat des négociants de la place de Bordeaux. Ils étaient tous là, même le patriarche Pierre venu avec son jet de Genève, le challenger Joseph en provenance de Petersbach par Easy Jet, et bien sûr le ban et l’arrière-ban des négociants au sein duquel s’étaient glissés quelques courtiers ulcérés d’être boudés par cette pétroleuse. Luchini pour détendre l’atmosphère se proposa de lire du Paul Valéry. Ce qu’il fit « Ce qui nous force à mentir est fréquemment le sentiment que nous avons de l'impossibilité chez les autres qu'ils comprennent entièrement notre action. Ils n'arriveront jamais à en concevoir la nécessité, qui à nous-mêmes s'impose sans s'éclaircir. Je te dirai ce que tu peux comprendre. Tu ne peux comprendre le vrai, je ne puis même essayer de te l'expliquer. Je te dirai donc le faux. C'est là le mensonge de celui qui désespère de l'esprit d'autrui, et qui lui ment, parce que le faux est plus simple que le vrai. Même le mensonge le plus compliqué est plus simple que le vrai. » Puis il se rassit sagement aux côtés de Marie en déclarant « Ça lève, là, quand même, la langue... ». L’assistance applaudit même si l’aridité de Valéry les avait un peu surpris. Marie se leva, micro-cravate fixé au col de son corsage, et avec aisance, tout d’abord remercia son cher Fabrice pour la pertinence de sa lecture introductive puis bien évidemment les participants, les citant un à un par ordre d’importance sans en oublier aucun, même les courtiers resquilleurs. Elle souligna qu’elle tenait à donner la Primeur au négoce de la place de sa nouvelle approche du marché. Applaudissements polis. Son exposé sur le « Contrat de confiance Saint-Drézéry » fut d’une grande limpidité, il se fondait sur une philosophie d’une grande simplicité : si vous souhaitez achetez mes vins pour les revendre il vous faudra vous conformer à des obligations simples : absence de spéculation, qualité du service rendu aux clients, concurrence loyale, fidélité et capacité à  lier des relations durables avec des importateurs... Tout manquement à ces conditions contractuelles vaudrait, selon la gravité, un carton jaune ou rouge, soit une exclusion temporaire ou définitive. Bien évidemment Marie tiendrait compte de l’antériorité, elle ne souhaitait pas mettre ses partenaires négociants en difficulté mais consolider sur de nouvelles bases les relations commerciales. Afin que la confiance règne, que le suivi soit facile, toutes les bouteilles du prochain millésime seraient munies d’une puce et l’étiquette d’un QR code permettant au client d’accéder à la fiche d’identité du vin. L’assistance était bouche bée. Marie termina son exposé en indiquant aux négociants que son contrat duo avec des châteaux partenaires leur était aussi ouvert. « En ramenant mes prix à des niveaux conformes à une saine économie de marché je dégage ainsi des moyens pour que nos acheteurs puissent s’intéresser à des vins de moindre renommée mais de belle qualité. Ainsi je participe à l’Extension du domaine du Vin » conclut-elle sous des applaudissements nourris.

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16 août 2011 2 16 /08 /août /2011 00:08

Il est de bon ton dans notre milieu du vin de railler le fait que notre Président ait consommé, dit-on – je n’étais pas présent à Châteauneuf-du-Pape – du jus de cerise lors de sa rencontre avec des professionnels du vin. Mais c’est son droit le plus strict. Au risque de passer pour un provocateur je trouve qu’il a fait preuve de courage en ne se soumettant pas à un geste pour simplement faire plaisir à ses interlocuteurs.

 

Pour autant,  cette abstinence, le disqualifierait-il en l’empêchant de porter sur nos problèmes un jugement serein ?

 

Pour moi la réponse est bien sûr non.

 

Quand à se pencher sur le pourquoi, les raisons de son choix j’estime que c’est une pure inquisition qui n’a rien à voir avec la sacro-sainte transparence.

 

Que notre Président se retrouve dans la catégorie majoritaire des non consommateurs absolus de vin qui est passée de 19% en 1980 à 38% à 2010 et que l’on prévoit à 42% en 2015 devrait nous amener à sortir de nos analyses à courte vue (chronique de demain )


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Dans ma jeunesse Pierre Mendès-France, baptisé Mendès-lolo pour sa distribution de lait dans les écoles, s’est aliéné le vote de ceux qui lui reprochait sa croisade contre les bouilleurs de cru et a été vilipendé dans les campagnes. Pour autant, était-ce un mauvais dirigeant politique ? Il était l’élu d’un département normand où l’on ne suçait pas que de la glace et son combat était respectable.

 

Notre Président ne peut être taxé d’être anti-vin car il n’en boit pas. L’important pour nous tous c’est que lui-même et ceux qui se présenteront à la magistrature suprême comprennent ce nous sommes vraiment et ne se laissent pas seulement influencer par le lobby des hygiénistes. Nous sommes le fruit d’une Histoire, le vin n’est plus la boisson nationale, à nous de convaincre nos décideurs de la place nouvelle qu’il occupe dans nos sociétés urbaines déshumanisées. Gardons-nous de nous faire plaisir avec des facilités de plume ou de langage.


La colère est souvent bien mauvaise conseillère. Moi le premier il m’arrive de m’y laisser prendre. Mon ami David Cobbold me le faisait remarquer il y a quelques jours lorsque j’ironisais sur le nom d’un de mes détracteurs favoris. Il avait raison et je vais plus encore être attentif à garder au débat une certaine forme de tenue. Que nous fussions irrités, fâchés, exaspérés par la mauvaise foi de certains de nos adversaires, par la réceptivité des médias à leur argumentaire, je le comprends aisément mais pour autant gardons-nous de céder à la facilité, à l’emphase, aux arguments qui nous font tant plaisir mais qui desservent notre belle cause.


Comme nul ne peut me taxer d’être un thuriféraire de notre Président j’ajoute à cette chronique en défense que l’intérêt général n’a jamais été, et ne sera jamais l’addition des intérêts particuliers, mais la capacité que nous aurons à demander à nos hommes politiques d’énoncer des choix clairs qui nous permettrons de choisir en toute connaissance de cause et non à entendre des promesses, dont beaucoup ne seront jamais tenues. Comme je n’ai pas la vocation, ni l’envie d’ailleurs, d’énoncer ces choix pour notre secteur du vin je forme des vœux pour que ceux qui en ont la charge représentative le fassent. C’est le moins qu’on puisse espérer d’eux…

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15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 07:00

9782253082972Le matin de l’opération « un peu de vent dans les branches de sassafras » Marie se leva de bonne heure - écrire de bonheur conviendrait aussi - pour marcher dans ses vignes. Elle jetait sur elles un autre regard que celui du premier jour et elle déclamait du Onfray face à elles « Les pierres qui font les vins sont roturières pour la plupart. Mais toutes sont mêmement chargées de magnétisme : brûlées par le soleil, fendues et fondues par la foudre, polies par les sacs et ressacs, lustrée par l’entropie des vents violents et brefs ou doux et longs, elles eurent pour destin moins les palais et les chefs princiers que les ornières des champs, les fondrières des chemins. On ne les vit pas serties sur un chaton à la main d’une belle, ni pendues autour du cou d’une courtisane, scintillantes de tous leurs feux, en représentation et habits d’apparats, mais révélées à la lumière par le soc d’une charrue, mélangées à la terre et offertes à l’œil par l’acier tranchant d’une araire, ou tout simplement irradiant dans la main de l’homme de l’art qui l’aura extraite de la glèbe qu’il travaille quotidiennement. » Onfray, qu’elle avait croisé dans un truc organisé par « les folles de Télérama du VIe arrondissement » au marché St Germain, Marie le trouvait un peu casse-couilles pour un hédoniste avec une forte tendance à beaucoup aimer le son de sa voix, mais pour autant dans son livre Les formes du temps, théorie du Sauternes certains passages la trouaient. Sur son épaule Tintin au Congo s’égosillait « Onfray n’est pas gai » pendant que Lénine se goinfrait de Merlot jusqu’à en avoir les babines rougies tel un vampire des Carpathes. Paul de Candolle la rejoignit après avoir laissé dans la chaintre son nouveau scooter rose fluo.

- Prête ?

- Oui j’adore le sprint long.

Le programme tenait en effet d’un 1500 mètres : à 10 heures rencontre avec le Syndicat des Négociants, à midi déjeuner avec le Président et le Bureau du CIVB, à 15 heures intervention devant l’AG du CIVB, le soir enfin, à Beychac-et-Caillau dîner-débat avec le syndicat des Bordeaux et Bordeaux Sup. Powerpoint or not Powerpoint ? Marie avait très vite tranché : elle ne voulait pas être enserrée dans un carcan pour pouvoir s’adapter aux réactions du public. Sa seule concession fut l’élaboration un dossier papier qui serait distribué en temps et en heure aux participants. Sur la page de garde du dossier une simple étiquette, genre pot de confiture, collée avec, calligraphié à l’encre violette, ce titre : « Le contrat de confiance Saint-Drézéry » et tout en bas une citation de Henri Bergson « J’ai toujours voulu que l’avenir ne soit plus ce qui va arriver mais ce que nous allons faire. » que lui avait soufflé son pote Luchini qui d’ailleurs serait de la partie aujourd’hui

 

 

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15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 00:09

En ce jour de l’Assomption de la Vierge Marie oser évoquer un lit à propos de Berlusconi relève de la faute grave, du péché mortel et frise l’excommunication. Et pourtant, à l’aide de mon si pratique et parfois casse-gueule esprit d’escalier, j’en suis arrivé à cette question qui me paraît pas forcément idiote.

 

Démonstration en 3 points :

 

1-     Le constat de l’existence d’une alliance objective entre notre « gros » vigneron bordelais désolé (a) et notre petit vigneron du sud révolté (b) pour célébrer une Italie paradis du petit commerce :

 

(a)   « Je suis en train de boire un petit san giovese gouleyant à souhait, qui coule et roule sous mon palais, frais, fruité, et qui me coûte 5€ le quart de litre au meilleur restau de Parme, juste derrière le tribunal d'appel. (En passant, parce que nous avons la digression en commun, mon cher Jacques et moi, ca fait 5 jours de parenthèse italienne enchantée, que je bois des vins a prix totalement normaux, dans tous les restaus du coin, du plus petit au plus grand, amis restaurateurs français, prenez en de la graine !) »

 

(b)  Un de mes excellents potes – un libéral pourtant, vivant au GDL – se rend en Italie presque tous les mois, au volant de sa grosse BMW de société. C’est un homme intelligent et cultivé, fou de Jazz, de musique baroque $d’opéra aussi, hélas$, des arts plastiques et ... de bon vin. Sa femme et lui me font baver par leurs récits des vignerons à qui ils rendent visite, les bouteilles qu’ils rapportent, les fromages et les charcuteries qu’ils me font goûter. Et ils me disent la même chose que toi : pas le moindre hameau sans une petite trattoria sympa où on mange les pâtes de la mamma, avec l’huile du moulin local et la bottiglia sur table à un coefficient de 1,5 ! Forza Azzuri ! »

 

2-    La ressortie, au Champo, de Vedo Nudo du grand Dino Risi, film en 7 illustrations comiques, daté du début des années de plomb 1969,  avec un époustouflant Nino Manfredi, qui comme l’écrit Jacques Siclier « suggère que ces personnages atteints d’anomalies sont conditionnés par un grand monstre : la société italienne elle-même » Je suis allé le voir à midi dimanche pour la modique somme de 5 euros. Grandissime !

photoRisi.jpg

3-    Le constat que Sylvio Berlusconi est à ce jour le président du Conseil ayant la plus grande longévité de la République.

img309.jpg 

 

À votre avis ai-je tort ou raison d’évoquer un lien entre maintien du commerce de proximité en Italie et longévité politique de Sylvio Berlusconi ?

 

Étant comme le vigneron désolé et le vigneron révolté un grand amoureux de l’Italie je ne puis être taxé d’engager un mauvais procès mais La Ligue du Nord et l’Alliance Nationale (héritière du MSI néo-fasciste) les alliés d’Il Cavaliere ne sont pas une invention de mon esprit...

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14 août 2011 7 14 /08 /août /2011 02:00

Francesca s’affairait autour de nous avec grâce pendant que le grand homme monologuait en brassant beaucoup d’air et, avec son air cabotin, se tournant vers elle, les bras grands ouverts, d’abord il s’extasiait « Quel immense bonheur que le ciel m’est envoyé cette belle et douce enfant qui égaie mes jours... » ; puis il me prenait à témoin « Crois-moi sans elle je suis certain que j’en serais réduit à parler tout seul face au vide de ma vie... » ; enfin il l’appelait « Viens t’asseoir sur les genoux de ta vieille tante ma belle Francesca... » Celle-ci soupirait et s’exécutait. Le vieil homme lui caressait les cheveux en se laissant aller à un soudain accès de sincérité « Vois-tu Francesca, je n’ai été père qu’une seule fois, par accident, par paresse et lâcheté. Ce fut Marie. Trop occupé que j’étais à la contemplation de moi-même je l’ai laissé pousser loin de moi auprès de sa mère. C’était une fille comme toi, sincère et droite. Il a fallu que ce soit cet énergumène qui me fasse découvrir que je tenais à elle comme à la prunelle de mes yeux. Deux jeunes fous amoureux qui débarquent dans le fracas de mai. Quelques beaux jours, lumineux, pleins de l’espoir d’une jeunesse à nouveau ardente et solidaire. Eux deux ils étaient une île sur laquelle une vieille tapette prétentieuse comme moi retrouvait la lumière. Tu sais Francesca pour une peintre capter la lumière est essentiel. J’avoue que je me voyais déjà avec une nuée de petits enfants entre les jambes. Le vieil égoïste allait enfin sortir de son isolement hautain laisser parler son vieux cœur sec. Et puis ce fut ce que ce fut, bien plus qu’une déchirure, le sentiment d’être passé à côté de ma Marie, d’avoir gaspillé le seul trésor de ma vie. Restait lui, brisé en mille morceaux. Perdurer me dit-il, crever à petit feu pour ne plus jamais connaître le bonheur. Oublier, jamais ! Je ne sais Francesca s’il t’a raconté sa vie depuis que Marie nous a joué ce sale tour mais aujourd’hui ce petit con pourrait dire : j’arrête. Je reprends le cours de ma vie. Il est mon légataire universel alors qu’attend-il ? Francesca somme-le de t’épouser ! » Le grand homme éclatait de rire comme s’il s’en voulait soudain d’avoir entrouvert sa cuirasse.

 

Et de revenir sur la connerie de la Gauche Prolétarienne, de l’imbécillité congénitale d’Alain Geismar qui lors de son procès, poing levé, boudiné dans sa chemise écarlate, vilipendait « l’impérialisme américain » avant de faire l’éloge de la Chine de Mao « où les ouvriers depuis plus de vingt-ans on chassé les patrons et dirigent eux-mêmes les usines. » Même ce couard de Sartre n’est pas apparu au procès. Ce monsieur ne veut témoigner que devant les ouvriers de Billancourt. Calembredaines que tout ça, le 27 octobre place Bir-Hakeim, sur son tonneau il s’époumonera devant une poignée d’intellos rameutés par Godard et Maurice Clavel. Pure provocation, la CGT a raison, les gauchistes font le jeu de Marcellin tout heureux de les agiter comme des épouvantails à bourgeois apeurés. Même un type comme Foucault écrit n’importe quoi avec son mélange soi-disant détonant des voyous du lumpenprolétariat et des travailleurs. Oser écrire dans Esprit ce qu’il écrit a de quoi désespérer Billancourt. « Ce dont le capitalisme a peur depuis 1789, 1848, 1871, c’est de la sédition, de l’émeute : les gars qui descendent dans la rue avec leurs couteaux, leurs fusils, qui sont près à l’action directe et violente... » C’est stupide : les émeutiers ça se réprime avec les armes, par le sang. Cette religion de la violence est la plus parfaite expression de l’irresponsabilité de ces petits bourgeois qui écrivent bien au chaud dans leur appartement. La violence armée n’est légitime que face à l’oppression d’un dictateur, d’une armée occupante, Foucault est un pleutre minable lorsqu’il ose déclarer « quand on apprend à ne pas aimer la violence, à ne pas vouloir la vengeance, à préférer à la lutte, on vous apprend quoi ? On vous apprend  à préférer à la lutte sociale, la justice bourgeoise... » Si on lui volait son portefeuille le sieur Foucault irait sûrement sans rougir porter plainte au commissariat !

 

En entendant le grand homme la sommer de m’épouser Francesca était allé se pelotonner à l’extrémité du canapé d’où elle avait suivi sa péroraison d’un air perplexe. Les subtilités de l’extrême-gauche française lui apparaissaient sans doute tout aussi absconses que celle du MIR chilien. Alors que le grand homme reprenait son souffle elle revenait à ce qui en fait la préoccupait vraiment : « Ce que vous me demandez, cher père – elle l’appelait père – est impossible. Je suis mariée..

- À une ordure galonnée...

- Oui mais marié devant Dieu mon père !

- Allons Francesca Dieu s’en fout de votre lien. Vous pouvez le rompre à votre guise ! Et puis, vous êtes ici sous une nouvelle identité donc...

- Non père je ne puis m’engager sans avoir réglé mes comptes avec lui...

- Avec Dieu ?

- Non avec Juan Manuel mon mari...

- Et comment allez-vous régler vos comptes Francesca ?

- Je ne sais pas père mais pour l’instant je n’ai nulle envie d’encombrer la vie de qui que ce soit. Je vais essayer de vivre la mienne au mieux. Vous me comprenez j’en suis sûr...

Désarçonné, le grand homme changeait de pied.

- Et ce grand couillon, lui, part en Italie... Vous voulez ma mort mes enfants...

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14 août 2011 7 14 /08 /août /2011 00:09

  

Une fois n’est pas coutume mais ce dimanche, au lieu de vous faire de mes amours musicales comme d’ordinaire, je vais fort brièvement vous narrer mon allergie au crooner à la française.  Je n’aime pas le sirop, le mielleux, la ritournelle à l’eau de rose même si certains crooners américains Sinatra, Dean Martin, Marvin Gaye, Nat King Cole, Bing Crosby, à petite dose et dans un contexte favorable, je consomme. Du côté français, sur mon échelle de Richter de l’allergie :

- au niveau 9 : Jean Sablon et François Deguelt par bonheur oubliés dans le grenier et pleins de toile d’araignée ;

- au niveau 5 : Henri Salvador supportable sans réel plaisir.

- au niveau 3 : Yves Montand et Guy Marchand acceptable pour la part d’humour et d’autodérision qu’ils mettent dans leur interprétation. De beaux textes aussi... mais je m’ennuie vite...

 

Dans la nouvelle génération je ne sais si cette espèce existe encore. Enfin, merci de ne pas classer Joe Dassin dans cette catégorie. Je vais lui consacrer une chronique prochainement. J’ai choisi à dessein les vidéos les moins caricaturales et je vous conseille celle de Guy Marchand car elle contient le geste qui sauve.

 

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