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30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 00:09

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À qui veut bien s’en donner la peine, l’exploration du manger et du boire d’un pays – dans toutes ses acceptions –, le « dis-moi ce que tu manges, je dirai ce que tu es » de Brillat-Savarin, permet de mieux connaître ceux qui y vivent. En Corse, où la tradition dite gastronomique reste supplantée par la table paysanne, « au commencement, il y avait (sans doute) le lait et ses dérivés – brocciu, fromage et beurre... » Pour le touriste, hormis l’omniprésent brocciu, c’est la charcuterie, la châtaigne : avec la bière Pietra, et chaque jour qui passe le vin... qui symbolisent la particularité corse. Plus grand monde ne se souvient – en dehors des vieux – qu’u capone, les merles, « qui dans leur chair savoureuse, ont pris toutes les saveurs du maquis – les cédrats et les arbouses. » Curnonsky et Austin de Croze fut un plat de choix pour les Corses. « Les Corses, chiches de leur poudre, ne s’attachent qu’à prendre ou à chasser les seuls merles, qui sont en effet très estimés et d’un manger exquis. » Fernand Dupuy (1776).

 

La Corse, pays de contrastes violents, reste marquée par le « village », communauté repliée sur elle-même, âpre et peu souriante. Dans son Histoire de l’Isle Corse, au milieu du XVIIIe,  Goury de Champgrand, dresse de la communauté paysanne un tableau peu amène : « Dans les campagnes, les maris ne mangent point avec leurs femmes ni leurs enfants ; ils dînent et soupent seuls à table avec un morceau de viande ou de lard, quelques légumes et du pain blanc lorsqu’ils sont en état d’en avoir ; la femme mange sur la porte de la maison ou en vaquant à ses fonctions ordinaires, du pain d’orge, de millet ou de châtaignes avec un morceau de fromage ou quelques oignons, gousse d’ail ou ciboules : il est rare de voir une femme de la campagne à table ni même assise quand elle prend ses repas. »

 

« Dans toute la France, il y a un proverbe qui dit « Faute de grives, on mange des merles » ; la Corse seule, après avoir lutté inutilement pour sa nationalité politique, a lutté avec plus de bonheur pour sa nationalité culinaire, et parmi nos départements, il est le seul qui continue à dire « quand on n’a pas de merles, on mange des grives ». C’est que les merles de Corse ont une saveur toute particulière qu’ils doivent aux baies de genévrier, de lierre, de myrte, de nerprun, aux graines de gui, aux fruits de l’alisier, de l’églantier.

Aussi la Corse ne se contente-t-elle pas de manger ses merles, elle en envoie à pleines terrines dans toutes les parties du monde ; il suffit pour les conserver de verser dans un vase de grès du saindoux fondu et de jeter dans ce saindoux des merles plumés dont ont a enlevé les gésiers ; le saindoux se prend sur eux, les enveloppe d’une couche de grasse que l’air essaie inutilement de percer, et qui les conserve pendant des années.

M. le cardinal Fesch donnait de fort bons dîners dont les merles de Corse faisaient le principal attrait gastronomiques.

Il est bon de tirer de cette graisse autant de merles qu’on en veut manger, de les passer à l’eau chaude pour leur enlever leur enduit huileux, après quoi on les assaisonne comme les ortolans, comme les becfigues, et enfin comme tous les petits pieds. Quant aux merles frais, ils subissent tous les modes de cuisson qui s’appliquent aux grives. »

 

Ainsi écrivait Alexandre Dumas père, au soir de sa vie, dans son Dictionnaire de cuisine publié en 1872, puis en 1882, et réédité en 1998. Toute ma science est tirée de l’excellent livre de Paul Silvani « Cuisine corse d’antan » chez Albania. Lire ses pages sur les merlaghi est pur délice. Si vous aimez la Corse achetez-le. Vous saurez tout, entre autres, tout sur l’azimu di meruli, littéralement la bouillabaisse de merles, et sur l’histoire des fameuses terrines truffées de Louis Guidon cuisinier-pâtissier rue Napoléon à Ajaccio qui la présentera, au milieu de 47 autres produits corses, à l’Exposition Universelle de Paris de 1855.

 

Il s’agissait d’une chasse au lacet qui déjà, entre les deux guerres, était de nature à émouvoir les bonnes âmes et elle fut interdite « sans pour autant empêcher l’activité des cappiaghjoli (les chasseurs de merles), des aubergistes et des fabricants de terrines. » C’est le Parlement européen qui en 1976 et 77 en interdit le commerce et, en 1985, la fabrication de terrines et de pâtés. Ainsi va la vie des hommes et des becfigues : les touristes se contenteront du pâté de sansonnet, autorisé lui, en laissant accroire qu’il fut aussi bon que celui de merle alors que le sansonnet n’est que le vulgaire étourneau.

 

Reste là-dessus à boire, soit pour oublier le temps des merlaghi, soit pour tout simplement accompagner le spuntinu – le casse-croûte – mais pour cela il vous faudra attendre ma prochaine chronique Ci voli in Corsica où je vous parlerai du vin Corse... à bientôt sur mes lignes...

 

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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 07:28

Mon cher Léon,

 

Je ne te ferai pas le coup de « j’aurai ta peau Léon » même si le lieu où je prélasse mon corps de rêve, qui te fait tant fantasmer, me le permettrait.

 

Mais puisque ton courroux m’y oblige je me vois dans l’obligation de révéler à la France entière et à la Wallonie réunie que nous nous sommes confrontés idéologiquement lors de ton séjour chez l’ami Boireau. Nos désaccords politiques sont profonds sur la notion de marche arrière qui te tient lieu de sésame ouvre-toi. Bien sûr, nous nous sommes retrouvés en plein accord lorsqu’il s’est agit de descendre les belles quilles de Denis. Ceci écrit, je te rappelle aussi que pour te faire plaisir nous avons demandé à Nicolas Hulot de rapatrier en hélicoptère dare-dare Michel Rocard, dit la Science économique mais pas un poil politique. Avec lui, je te le concède, ce fut grandiose. Pour sûr aussi que le grand Cantona qui passait par là, en un chalutier aménagé en loft, t’a fait le coup des sardines, et que nous t’avons refusé le fait que tu veuilles tester la capacité « buvatoire » d’Eva Joly.

Là, par bonheur, c’est Denis qui a fait barrage.

 

Bref, mon Léon adoré, moi qui pensais que mon couplet sur les gnomes de ta Caisse de Crédit Agricole de pétaouchnoc la rivière te mettrait bien aise, je me suis planté. Dieu que tu es susceptible pour un flamand. Et dire que j’ai invité rien que pour toi, pour la fête des vendanges ton ARNO préféré. C’est presque donner de la confiture à un cochon mon Léon si tu me permets cette triviale expression.

 

En ce moment je concocte sur la plage des « propositions indécentes » qui vont courir sous le manteau et, si tu es sage comme une image, c’est-à-dire si tu continues à bien décoconner sur le blog du taulier, je te les refilerai. Je profite aussi de cette missive pour signaler au sieur Bernard Pueyo, directeur d’Embres&Castelmaure, qu’il ferait bien de lire les fax que lui envoie la citoyenne Sylvie Cadio, dites ici mémé Cad, pour acquérir du jaja de la merveilleuse coopé du bout du monde.

 

Comme je ne suis pas chienne, surtout depuis que ma ménagerie c’est enrichie de Ribouldingue mon corniaud – je trouve que par certain côté il est un peu cabotin comme toi, il frétille beaucoup de la queue dès qu’il est ravi – je vais te faire cadeau de deux clichés qui te raviront mon Léon.

 

Allez, vendanges bien sous ton beau cagnard oriental, porte toujours aussi haut l’étendard de la révolution prolétarienne revisitée à l’aune du petit vigneron indépendant artisan commerçant. C’est si rafraichissant pour une néo-châtelaine comme moi qui ne fait rien de ses dix doigts.

Je t’adore !

Si tu n’existais pas il faudrait t’inventer mon beau Léon. Pour que ton pote le forgeron de Dana ne me fasse pas comme toi un coup de boulgour, je l’embrasse sous son chapeau de baroudeur grand-reporter des vins de France.

 

Bons baisers à toi mon Léon et comme disait mon père en sifflant son GCC « encore un que les boches n’auront pas ! » Comme tu vois j’suis vulgaire mais je crois que c’est comme ça que tu m’aimes.

 

Marie de Saint-Drézéry marquise de Bombon L1020179.JPGL1020190.JPG

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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 00:06

 

 

 

Ça décoiffe ! Ce n’est ni de la langue de bois ni de la langue de pute, à ce train là, pour sûr que B&D seront obligés d’en faire leur femme de l’année. Je ne vous présente pas Marie, elle est le fruit de mes entrailles, mais je rappelle à ceux qui ont négligé de se plonger dans sa merveilleuse histoire à cheval sur juillet et août qu’ils peuvent toujours se rattraper en allant lire link. La chute brutale de la saga de cette nouvelle héroïne des temps modernes qui n’était pas une fin en soi mais un baisser de rideau de circonstance a laissé certains lecteurs sur leur faim et, j’en suis conscient, a privé le monde du vin de ce qui peu se faire de mieux en matière de décoconnage profond. Alors, la maison ne repasse pas les plats, elle remet sur le métier l’ouvrage et, au fil de la vie de vigneronne de Marie de Saint-Drézéry, vous serez informés en direct live comme on dit dans les médias « maudernes »

 

1ière Question :

Alors Marie : trois petits tours et puis s’en vont, après avoir, si vous me permettez l’expression, flanqué un souk à nul autre pareil sur la place de Bordeaux, vous disparaissez sans laisser d’adresse. Est-ce bien raisonnable pour une vigneronne responsable ? Ne craignez vous pas de décevoir jusqu’à vos plus chauds supporters : les mauvaises langues rapportent que votre amie la baronne G était un chouia vénère ? Dites-nous où vous en êtes Marie ?

 

Réponse de Marie de Saint Drézéry :

(Rire) J’en suis au même stade qu’une petite fille de Français moyen, comme le chantait cette grosse bécasse de Sheila, de retour de vacances. Sans vouloir offusquer plus encore mes chers collègues des GCC, franchement notre contribution aux derniers jours de nos raisins – vous ne trouvez pas ça beau : les derniers jours... ça a un petit côté Pompéi de voir tomber le raisin – voisine la minceur du papier à cigarette, non ! Comme me l’a dit un de mes charmants voisins : pendant que nous sommes à Ferret, nos gens font le travail... Vous êtes-vous inquiété de ce qu’ils faisaient pendant mon absence ? Je comprends parfaitement que les médias se préoccupassent des vacances de mon ami Alain – j’adore son côté ice-cream – qui a fort à faire aux Affaires Etrangères ou de notre gueule d’amour de Bercy qui doit quitter les délices de la Creuse pour se pencher sur le chevet des marchés, mais de moi qui ne suis qu’une vendeuse de Monop reconvertie en châtelaine de GCC à succursales multiples, vous n’allez pas me dire que le choix de la couleur de mon vernis à ongles est une info qui va changer la face du monde. Permettez-moi de vous mettre les points sur les I : vous feriez mieux d’aller poser vos questions idiotes aux dirigeants du Crédit Agricole. Voilà des gars, y’a pas beaucoup de nénettes dans le Conseil, des paysans hors-sol qui, sous houlette de brillants managers : des gars montés avec retraite chapeau des Caisses Régionales, sont allés faire des petites emplettes en Grèce, Emporki Bank et un petit milliard d’euros de pertes, z’ont aussi prêtés à tire larigot au panier percé de l’Etat hellène, alors qu’ici c’est : « circulez, y’a rien à voir, nous manquons de visibilité dans les perspectives de développement de la filière viticole... » Je rêve ! Personne ne moufte, comme dans beaucoup d’ODG d’ailleurs, tu payes ta cotise puis tu fermes ta gueule ! Entre nous, que je sois à me faire dorer sur tranche outre-mer ou que je fusse à m’échiner sur le front ramollo des seigneurs de la place, qu’est-ce-que ça aurait changé ?

 

2ième Question :

Vous baissez donc les bras, Marie ? Vous refusez de vous impliquer dans les rouages mis en place par la réforme de l’INAO et par ce fait même vous désertez le terrain que vous avez, ces derniers temps, grandement occupé. Ne trouvez-vous pas qu’après avoir fait naître de réels espoirs vous vous deviez de continuer ? Les résistances sont elles si fortes pour que vous fassiez une reddition en rase campagne ? Détrompez-nous Marie !

 

Réponse de Marie de Saint Drézéry :

« Le pape combien de divisions ? » ironisait le bon petit père Joseph. Moi je ne suis pas en guerre, je sème. Comme le dit un vieil adage « il est difficile de faire boire un âne qui n’a pas soif... » À propos d’âne, vous ne connaissez pas la dernière ? Je suis sûre que le côté Voici de l’info va vous ravir. Voldemort, ayant eu vent de mon retour sur mes terres, vient de me faire porter un présent de bienvenue dans l’univers impitoyable des GCC. Voilà un homme qui sait ce que manœuvrer veut dire. Un stratège quoi, un admirateur de Clausewitz, pas un adepte de la ligne Maginot ou de la charge des cuirassiers à Reichshoffen. Bon sang ne saurait mentir, lui, il manœuvre dans la finesse, l’ombre, la main de fer dans un gant de velours. Bref, je prenais mon petit déjeuner au dehors en compagnie de Tintin au Congo et de Lénine, lorsque Paul tout dégoulinant de son jogging matinal s’est pointé en agitant au-dessus de sa tête aux cheveux peroxydés un petit paquet. « Voldemort, Voldemort... » criait-il. En effet, le papier enveloppant le petit paquet était frappé aux célèbres armes de Voldemort.  Toute excitée, moins cependant que Paul qui sautait autour de moi, tel un cabri en rut, avec beaucoup de soin, je libérai un petit livre « Le folklore vivant » cahier n°1 Paul Delarue éditions Elzévir 1946. Un signet aux armes de Voldemort marquait une page. J’ouvris et je lus :

« Juste après le déluge le plant de vigne s'étirait sans cesse, épuisant sa sève à nourrir des gourmands, sans bénéfice pour l'homme. Lorsque l'âne, en descendant de l'arche, pénétra dans l'enclos de Noé, il se précipita sur les tendres rejets pour les brouter avant que de se faire chasser par le gardien du lieu.

Le scénario se renouvela plusieurs fois au cours de l'hiver et au grand étonnement du vigneron, les ceps attaqués par l'animal poussèrent au printemps avec beaucoup plus de vigueur et se couvrirent de raisins à la différence de ceux qui avaient été épargnés par les dents de l'animal.

Voilà comment les hommes, instruits par l'exemple de l'âne, furent amenés à tailler la vigne. »

 

Très fort, non ! Mais ce n’était là que l’amuse-bouche car, à peine Paul m’informait-il que le petit paquet venait de lui être remis, avec promesse de me le donner en mains propres, par l’homme à tout faire de Voldemort qui l’attendait devant la grille de ce qui se dit être un château – bien informé notre cher collègue –, nous voyions arriver dans la cour un van tiré par une Land Rover version renard du désert. En sortait le fils de l’homme à tout faire de Voldemort. Charmant jeune homme d’ailleurs, discret et poli, qui ouvrait le pan incliné du van pour en faire descendre, avec un soin aussi grand que le tri du Merlot en gants blancs chez lui, dressé sur ses petites pattes d'allumettes, un charmant ânon.

Croyez-moi si vous voulez mais j’ai craqué ! Après avoir claqué deux bises sur les joues glabres du jeune homme bien comme il faut j’ai déclaré : « Nous l’appellerons Porcinet... »  anon.jpg

3ième Question :

Sans vouloir vous chercher des poux dans la tête chère Marie vous avez l’art et la manière de noyer le poisson avec votre histoire de petit cochon, pardon d’ânon. Vôtre mémorialiste, qui ne veut plus bosser gratis, nous a appâtés avec toute une batterie de questions (voir chronique ) et comprenez ses lecteurs : ce sont les réponses qui les intéressent ! Comment pensez-vous communiquer à l’avenir ? Allez-vous laisser tout un peuple de vignerons, qui a cru, en vous sur sa faim ? Ne dit-on pas que même BHL et Philippe Sollers, l’enfant du pays, et même l’ersatz de Mitterrand avec sa tête de congre, vous ont fait des avances ?

 

Réponse de Marie de Saint Drézéry :

Ne dites pas de gros mots : communiquer, et pourquoi ne pas montrer mon cul pendant que vous y êtes. Comme je vous l’ai déjà dit : j’ai semé, reste à voir comment ça lève : monsieur Rapport me dit qu’à Bordeaux la germination oscille entre deux à cinq ans, alors soyez patients. En attendant, j’ai adhéré à Sève en espérant que, comme la Belle au Bois Dormant, ils trouvent leur Prince Charmant. Je les adore les Jean-Michel, les Patrick, les Marc et consorts mais bon en dehors de faire des AG sympa chez le Pape de Châteauneuf faudrait qu’ils profitent du printemps prochain, les mois de mai sont toujours propices aux élans dans notre beau pays, pour titiller ceux qui veulent devenir Président (pas le frometon bien sûr). Je sais, le lien au terroir c’est pas bien bandant mais ça vaut mieux que la sainte alliance contre les droits de plantation qui, comme d’hab est un beau piège à cons. En attendant le grand soir moi je me contenterai, ici, d’emmerder le monde avec deux ou trois bricoles du style Pomerol sur Dallas avec ses belles histoires de terroir à bourrins et de chais à roulettes. Et puis, rassurez-vous, si j’ai des choses à dire je n’enverrai personne les dire à ma place. Puisque vous aimez les scoops : sachez que je serai présente au marathon du Médoc le 10 septembre. Pas pour courir j’manque de souffle mais il se peut que mon Paul s’y aligne s’il met la pédale douce sur les Mojito et ses folles nuits. Mon hébergeur, le chroniqueur fou, envisage d’y tenir une session exceptionnelle de l’ABV pour fêter l’exemption de taxe du vin dans le plan du gouvernement. C’est beau comme une échéance cette affaire ! Comme vous le voyez je suis d’attaque : j’attends. Pour finir sur une belle histoire je vais vous narrer la dernière qui vient de me tomber dessus. Comme vous ne le savez peut-être pas les ânes n’aiment pas être seuls, ils aiment vivre avec un compagnon. Mes deux zèbres : Lénine et Tintin au Congo sont trop indépendants pour faire fonction de compagnons pour mon petit Porcinet. Mais comme j’ai le cul bordé de nouilles l’après-midi même de l'arrivée de Porcinet j’ai trouvé au bord de la Barbanne un charmant petit chiot ayant survécu à la noyade voulue par une main barbare. Il était beau comme un corniaud. J’ai appelé le grand Eric pour lui trouver un nom. Sans hésiter il m’a répondu de sa voix de stentor « Ribouldingue » et quand je lui ai demandé pourquoi il m’a rétorqué « va savoir, ça peut toujours servir... » Quand aux avances de col ouverte, mèche de douille et rongeur d'ongles, je ne suis sensible qu'aux avances sur recettes : pas de sentiments dans le buiseness, merde !

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28 août 2011 7 28 /08 /août /2011 00:09

Je suis né à la Mothe-Achard en Vendée. Combien de fois ai-je du décliner sur des paperasses inutiles cette origine géographique, je ne sais. Certains lecteurs rencontrés me parlent de l’évocation fréquente de mes racines dans mes chroniques. Certes j’ai raciné pendant mes vertes années dans la glaise du bas-bocage mais depuis je vis ailleurs sans me sentir déraciné. La Vendée c’est le premier bout de ma vie, mon élevage de sauvageon, mes premières expériences, tout ce à quoi je me réfère lorsque j’évoque mes origines. Pour autant je ne tire d’elles aucun sentiment identitaire. Toute l’idéologie récupératrice autour du conflit entre les Vendéens et la République me hérisse le poil. Pire ceux qui me qualifient de Chouan. Comme le rappelle Louis Chaigne « il est superflu de rappeler que les Vendéens ne sauraient être confondus avec les Chouans. Le Chouannerie est essentiellement bretonne et normande. » Quand à la Vendée contemporaine elle ne se réduit pas au Puy-du-Fou et je n’en dirai pas plus ici.

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Je préfère évoquer ici les mots de mon enfance, ils ne manquent pas de pittoresque et de réalisme :

Brenuser : prendre plaisir à des petits riens ;

Faire zire et un zirous : être répugnant par sa saleté ;

Faire do symétries : faire des manières ;

Garocher : lancer une pierre ;

Écimoiser : enlever les toiles d’araignée ;

Petouner : murmurer en étant mécontent ;

Bredasser : bavarder ;

Subler : siffler ;

Égrafigner : égratigner ;

Écrapoutir : écraser ;

Un plat rimé : un plat brûlé ;

Rabater : faire du bruit avec un bâton ;

Buffer : souffler

Une tralée : une file de gens ;

Une rabinée : une demi-journée de travail...

 

Ce qui donne en deux phrases « Y’avait une tralée de bonnes femmes à la sortie d’la messe qui brenusaient en petounant et en bredassant sur la Léonie qui faisait do symétries alors que son bouhomme n’était qu’un grand zirou qui passe son temps à subler, à rabater dans les bouéssons, à écrapoutir do limaces toute la rabinée. La Léonie f’rait mieux d’écimoiser sa souillarde et d’faire d’la mogette pas rimée... »

 

Pour mettre une touche post-moderne à ce billet je vous offre l’œuvre impérissable MC Circulaire le chantre du rap rural vendéen évoqué par Emmanuel Giraud à propos de San-Erasmo. C’est lourd comme une plâtrée de mogettes rimées mais bon s’il y a des amateurs moi ça ne m’émeut pas.

 

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28 août 2011 7 28 /08 /août /2011 00:09

Hormis la création avec nos capitaux réunis de la Compagnie France-Andine avec un objet social aussi large qu’imprécis, l’idée de génie de Francesca fut de sortir de dessous sa mantille une idée de génie : l’Opus Dei. Ce mouvement créé en 1928 par le Escriva de Balaguer dans ses constitutions secrètes rédigées en 1950, l’article 191 précisait : « Que les membres numéraires et surnuméraires sachent bien qu’ils devront toujours observer un silence prudent quant aux noms des autres associés ; et qu’ils ne devront jamais révéler à quiconque qu’ils appartiennent eux-mêmes à l’Opus Dei. » Grâce à cette vieille maison nous allions pouvoir établir des liens avec d’autres mouvances tels Comunione e Liberazione, organisation italienne née dans les années 70 ; les Focolari, mouvement lancé en 1943 à Trente ; le Néocatéchuménat, fondé à Madrid en 1964 ; les Légionnaires du Christ, groupe ultrasecret constitué au Mexique dans les années 40. Tout ce petit monde jouissait d’appuis dans tous les échelons de la hiérarchie de l’Eglise Catholique et tout particulièrement dans les hauts prélats ultra-conservateurs de la Curie Romaine. Une véritable « mafia blanche » en connexion avec les milieux d’affaires où les banques blanchisseuses d’argent sale occupaient une place de choix. L’Opus pratique le secret, utilise des prête-noms et des sociétés écrans, sous prétexte d’« humilité collective » et d’« efficacité apostolique » ! Du pain béni pour nous immiscer dans les rouages des comploteurs transalpins pratiquant la « stratégie de la tension » afin d’empêcher Aldo Mauro et Berlinguer de conclure leur fameux « compromis historique » En France, le prince Poniatowski, l’âme damnée du déplumé de Chamalières, et quelques plus petites pointures politiques, étaient étiquetés membres ou sympathisants de l’« Œuvre de Dieu » mais, sans contestation, dont l’un des personnages les plus importants était le Professeur Jérôme Lejeune le futur fondateur du mouvement anti-avortement « Laissez-les vivre ». La revue catholique de gauche Golias écrira bien plus tard que« la fille et le gendre du professeur Lejeune sont à l’Opus Dei » Clara et Hervé Gaymard.

 

La « pieuse union » réunissait officiellement des laïcs au nom du principe de la sanctification de la vie quotidienne, alors que ce sont les prêtres qui détenaient le vrai pouvoir et occupaient tous les postes de commandement, était devenue, en 1947, le premier « institut séculier » de l’Eglise. Très clairement, sous la houlette de son fondateur, petit-bourgeois, ambitieux, coléreux et vaniteux, dont le charisme personnel subjuguait ses proches, le mouvement fut bien plus qu’un mouvement d’action catholique. Escriva de Balaguer, qui vécut la guerre civile espagnole comme une lutte sans merci entre catholiques et communistes, en qui il voyait l’incarnation du mal, le mouvement a des visées politiques. Tout comme Pie XII, il minimisa l’horreur du nazisme, et même la gravité de l’holocauste, y voyant un rempart « providentiel » contre le communisme. Dans le mouvement des Républicains Indépendants, beaucoup de hiérarques, au premier rang desquels ce cher Raymond Marcellin Ministre de l’Intérieur du Président Pompe, sur la base de ce combat contre la vermine rouge avaient été des pétainistes engagés, non pour la vieille baderne, mais pour la croisade contre les Soviets. Pour le père Escriva de Balaguer le christianisme avait été sauvé du communisme par la prise de pouvoir du général Franco avec l’appui du chancelier Hitler « Hitler contre les juifs, Hitler contre les slaves, c’était Hitler contre le communisme. ». Tout naturellement l’Opus s’engage dans le franquisme et lorsque Franco, pour sortir de la crise économique de 1956, cherche des experts économiques il s’entoure progressivement de ministres appartenant à l’Opus. De même, lorsqu’il songe à rétablir la monarchie, en la personne de Don Juan de Bourbon, pour lui succéder, l’Opus Dei mise sur son fils, Juan Carlos, qui est entre les mains d’un précepteur de l’Œuvre, Anael Lopez Amo. Résultat en 1969, Franco proclame Juan Carlos héritier de la Couronne. Quelques mois plus tard, le triomphe de l’Opus est complet : sur 19 ministres du neuvième gouvernement du général Franco, 12 sont membres de l’Opus Dei. Le tournant politique de l’Œuvre était  engagé.

 

Très vite j’allais découvrir, qu’alors qu’Escriva vitupérait contre une Église en pleine décomposition, ses amis mettaient patiemment et secrètement en place le réseau financier qui allait permettre à l’Œuvre de jongler avec des millions de dollars. La plus importante de ces institutions était la fondation Limmat qui venait d’être créée à Zurich en 1972. Elle était liée à des banques ou fondations en Espagne la Fundacion General Mediterranea, en Allemagne la Fondation Rhin-Danube et l’Institut Lidenthal, en Amérique latine la Fundacion General Latinoamericana au Venezuela. Bref, tout en soulignant auprès de ma douce Francesca que je n’avais pas le profil type d’un laïc ordinaire de l’Opus soumis à des « quasi-vœux » de pauvreté, chasteté et obéissance, je me réjouissais vraiment de plonger dans ce lac d’eau bénite empli de gros poissons.  Au-dessus du berceau de notre Compagnie France-Andine une fée supplémentaire, ma chère Marie-Charlotte de Tanguy du Coët, apportait en prime son réseau vendéen qui me permettrait de passer les barrières de l’Opus avec une plus grande facilité. Mon « nouveau clan de femmes » s’avérait d’une rare efficacité et je me trouvais bien aise de m’appuyer sur une aussi douce engeance. Afin de pouvoir pénétrer en douceur le réseau financier occulte de l’Opus nous créâmes une myriade de fonds d’investissement dans ce que l’on nomme maintenant les paradis fiscaux : San Marin, Lichtenstein, Luxembourg, Monaco, Jersey… et nous leur donnâmes des noms de saints : Jean Chrysostome, François d’Assises, Paul de Tarse, Jacques de Compostelle. La place bancaire parisienne, privée comme publique, nous fit un très bon accueil aussi discret qu’efficace. La multiplication des fonds présentait en outre l’énorme avantage de pouvoir proposer à un paquet d’hommes de paille, le plus souvent des anciens de l’administration fiscale ou de l’équipement, d’occuper des fonctions de mandataires sociaux où leurs carnets d’adresses et leur connaissance des failles du système permettaient de déverrouiller beaucoup de situations complexes

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27 août 2011 6 27 /08 /août /2011 00:09

Ma chronique d’hier était écrite lorsqu’Henry-Pierre m’a envoyé son recueil de Nouvelles accompagné d’un mot pas tapé machine comme me l’écrivait madame Chadozeau. link 

 

Henry-Pierre Troussicot, bien que né à Saint-Georges-de-Poitindoux, c’est un gars de la Mothe-Achard, un grand pour moi, par la taille et par l’âge, on ne s’est donc pas beaucoup connus. Ses frères, Gervais et Jack, même s’ils allaient à la laïque, furent mes copains, Gervais surtout avec Dominique Remaud l’aîné du boulanger P’tit  Louis. Nous nous sommes retrouvés par l’entremise de ce foutu blog et, de temps à autre, lorsque j’évoque le pays Henry-Pierre fait un commentaire. Mais le bougre n’a pas qu’une corde à son arc, certes il écrit et j’ai publié l’une de ses nouvelles link mais surtout il peint depuis plus de 40 ans : huile, aquarelle et gravure et il va exposer ses œuvres au Musée de la Roche s/Yon de novembre 2011 à janvier 2012. Un critique a écrit de lui « Troussicot peint ce que depuis toujours il a appris à voir ; choses insignifiantes qui se montrent à qui sait regarder… mais fuyant toujours le pittoresque exhibitionniste ou le lyrique bucolique. C’est le conquérant de l’ancien monde que l’on croit mort et inhabité, dans lequel ce qui ne change pas est oublié, ce qui demeure est dépassé et ce qui nous entoure est invisible… » FT. Vous pouvez aller voir sur un espace « gravures » voir ses estampes à l'eau-forte  http://www.alittlemarket.com/boutique/achpt

photo-Vendee.jpgJ’en reviens à l’écriture et vous proposer deux extraits ( vous aurez l’intégrale lorsque les nouvelles trouveront un éditeur) de la nouvelle d’Henry-Pierre « Fermage à Grambois » car elle rejoint ma chronique d’hier. Bonne lecture !

 

« Les terres sont bonnes sur ce plateau, au-dessus des méandres de la petite rivière de la Rochette.

Les 38 hectares de la métairie de Grambois sont entièrement sur ces terres, sauf quelques landes, à flanc du coteau, dans la partie la plus à l’ouest, en face de la Commanderie. Les genêts y sont nombreux, en buissons touffus et d’avril à juin, tout ce discret territoire est illuminé par l’or de leur floraison. C’est là qu’on y coupe de grandes ramées pour confectionner les balais de « peune » pour la souillarde ou les écuries. En septembre ou octobre, ceux « qui connaissent » y ramassent les coulemelles à larges ombrelles. Ce sont pour les gens de chez nous, qui les baptisent potirons, le nec plus ultra du champignon. Il faut dire que l’appétit de ces champignons pour le beurre ajoute, à leur suave parfum d’herbe et de bois, le bon goût de friture.

Ce sont, à tout casser, quatre hectares de cette friche où l’on fait paître le troupeau de moutons.

Le reste de la ferme se partage à peu près par tiers, en pâturages gras pour les vaches laitières et bestiaux d’engraissement, en terres cultivables de denrées pour les « pensions » pour l’hiver, choux, betteraves fourragères, colza, etc. la dernière partie est réservée aux céréales, blé, avoine et un peu de sarrasin. Ces affectations ne sont, bien sûr, pas immuables, le père Rigaudeau maintient le principe d’assolement qui lui vient des générations passées et qui lui convient parfaitement dans les faits et dans l’esprit.

Dans les années 20, on ne parle peut-être pas de « polyculture-élevage » et pourtant, on y est à plein et on s’en porte bien.

J’allais oublier les 40 ares de vignes produisant le vin de l’année ; du Gaillard rouge, un vin assez précoce d’une bonne tenue que les voisins apprécient, à ce qui se dit…

A vol d’oiseau, la mer est à moins de 10Kms de ce côté de a commune. Le vent de noroît qui ne trouve aucun obstacle sur son passage vous amène, par temps agité, toutes les senteurs marines de l’Atlantique. Les embruns iodés de Sauveterre ou de la Gachère ou les violents effluves de goémon des rochers de la corniche de Sin. Par temps chaud, ce sont des émanations de térébenthine qui se propagent depuis les pins et cupréssus de la forêt d’Olonne.

La proximité de l’océan fait que les gens d’ici sont ouverts aux autres et, en même temps d’une forte indépendance. Aux beaux  jours d’avril, entre labours de printemps et gros travaux de fenaisons et moissons, il arrive de voir la jument attelée au char à banc conduire la famille sur les grèves de la Sauzaie, à la pêche aux berniques, aux bigorneaux et aux balleraisses, ce qui peut se reproduire avant les vendanges, si à l’été de la St Michel a la bonne idée de perdurer.

Ces escapades sont un rare privilège, bénéfices utilitaires, certes, mais également, divertissement de grand air qui, sans le savoir, ne peut qu’ouvrir l’esprit et peut-être l’imagination vers d’autres horizons.

Horizons inconnus, à des populations aux regards limités, à longueur d’année, aux haies de leurs arpents.

                                                 ****************************

 

Malgré son handicap, Léon Rigaudeau exploite en métayage la ferme de Grambois, à la suite  de son père qui la tenait  de son propre père et, comme ça, depuis combien de générations ?

 

(…) Contrairement à l’ensemble des amenages de la commune de St Hilaire des Landes, possessions des aristocrates ruraux, de « monsieur de… », « Grambois est la propriété de monsieur Leroy, autant dire un roturier, malgré une assez conséquente fortune, qui demeure à Longeville, à plus de cinquante kilomètres de là. Léon Rigaudeau n’a jamais appelé monsieur Leroy « not’maître » ni accroché des Monsieur le marquis ou Madame la comtesse à son patronyme. C’est une forme de dignité qui lui  est accordée. Dans la commune, comme presque partout alentour, toutes les « exploitations », sans exception, grandes ou petites, sont sous le régime du métayage.

 

Je ne saurai dire pour qu’elles raisons, sans doute pratiques, dans le courant de l’année 1930, le propriétaire de Grambois propose à Léon Rigaudeau de passer de métayage à fermage. Avec cette forme de contrat, le paysan n’aurait plus à partager toute sa production de céréales, animale, beurre, œufs, volaille, exploitation de bois, etc. par moitié, une pour le propriétaire, l’autre pour lui, très ouvent sous l’œil soupçonneux d’un régisseur tatillon… Désormais, le fermage allait permettre de récolter les fruits de son travail, d’œuvrer pour soi près avoir payé la location fixée, une fois pour toute, par bail signé et enregistré. »

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26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 07:00

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Encore et toujours ce matin : le choc d’une photo. Oui, nos amis d’Embres&Castelmaure plongeant dans la discothèque de leur grand président P.H de M en ont extrait un vinyle des années 80 : Va-Va-Voom affichant la sculpturale Jane Mansfield entourée de bombes sexuelles de l’époque dont bien sûr Marilyn Monroe. La conception de la jaquette est de Don Brown et c’est enregistré chez Rhino records en 1985. Qu’ajouter à cet énorme coup de pub d’E&C, bien dans l’esprit de VPO, si ce n’est que leur prochain slogan pourrait-être « certains l’aiment chaud ! » en hommage au youkoulélé de la divine Marilyn dans le film de Billy Wilder avec deux autres monstres sacrés mâles : Tony Curtis et Jack Lemmon. Comme dirait l’autre y’a pas photo : entre les gars d’Embres&Castelmaure et moi  y’a un lien : lequel chers lecteurs ?

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26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 00:09

Ne jamais plier le genou, ne jamais baisser la tête ni courber l’échine... entre génuflexion et résignation des paysans de mon pays « crotté » (1) j’ai forgé ma fierté, j’ai bâti ma colonne vertébrale, j’ai fondé mes engagements. Je sais d’où je viens, et je n’en tire aucun droit ou excuses à mes contradictions, mais je sais surtout où je n’irai jamais. Cette photo, ce texte sont pour moi une marque indélébile de ce bonjour « notre maître » que j’entendais dans la bouche de gamins de mon âge lorsque j’accompagnais mon père pendant les batteries.

photoMaître

(1) « Tu parles des bocains, c’est quand ils quittent l’école qu’ils sont le plus amusants et le plus sympathiques l’hiver car les chemins si boueux du bocage exigent qu’ils soient guêtrés comme les hommes et cela en fait de vrais chats bottés nom sous lequel on les désigne. Et à ce sujet je vais te parler d’une chose que j’ai vue : quand les paysans vont avec leurs charrettes à bœufs cherché des fagots ils ont coutume d’y aller avec plusieurs charrettes de sorte que ça fait un défilé de charrettes pleines de fagots. Et bien pour un de ces défilés-là que j’ai vu, la première charrette était conduite par un homme et la suivante avait comme conduction un de ces chats botté en question et il était si petit que pour sûr qu’il n’en existait pas de plus de petit guêtré comme leur père et stupéfaction, le conducteur de la charrette suivante était un enfant encore plus jeune et plus petit et qui était vraisemblablement le frère de l’autre par conséquent d’au moins 10 ou 12 mois de moins et guêtré pareillement lui aussi, preuve qu’il avait quitté l’école. D’en voir un seul c’est déjà amusant mais une paire c’est bien autre chose. »

 

Lettre de Gaston Chaissac à Jean Dubuffet août 1947 in Hippobosque au bocage Gallimard

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25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 00:09

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En sport individuel, aux échecs, dans les sports collectifs, pour les compétitions officielles, le classement est l’enjeu, pas le seul bien sûr, qui motive les participants et ce quel que soit le niveau où ils pratiquent : il suffit d’assister à un match quelconque de Troisième division départementale pour s’en convaincre. En France, avec notre système dit de Grandes Ecoles, le rang d’entrée et celui de sortie conditionne souvent l’accès au plus hauts postes. Les hebdomadaires classent les hôpitaux, les villes, les lycées, les universités…

 

Cependant, depuis 2003, le classement le plus tendance est le très attendu classement de Shanghai des universités. En  2011 ce sont toujours les universités américaines qui tiennent, encore le haut du panier. La France parvient à classer trois de ses établissements dans le top 100. Comme tous les ans, ce classement établi par des chercheurs de l'université Jiao-Tong de Shanghai,  est très critiqué En cause : les indicateurs de sélection. Ceux-ci privilégient la recherche et non l'enseignement. Cela favorise donc largement les universités anglo-saxonnes. Et cette année encore, peu de surprises. Les Etats-Unis s'arrogent 17 des vingt premières places. L'université d'Harvard reste numéro 1 devant Sandford, le MIT (Massachusetts Institute of Technology) et Berkeley. Les universités britanniques de Cambridge, Oxford et Londres s'affichent aussi dans le top 10. Les critères privilégient aussi les établissements de grande taille. Les sciences dures y sont aussi mieux considérées que les sciences humaines. Du coup, certaines caractéristiques françaises ne sont pas favorables au bon classement des Français, par exemple, la multiplication de petits établissements. Cette année, l'université Paris XI est la première française au 40e rang devant l'université Pierre-et-Marie-Curie, l'Ecole normale supérieure, elle, est à la 69e place.

 

Dans les médias audiovisuels, surtout la télévision, l’audimat qui mesure l’audience, donc la part de marché d’une émission, conditionne le barème des prix de la seconde de publicité selon les heures de passage : le fameux prime-time par exemple. Alors, lorsque sur le Net apparaissent les blogs puis les réseaux sociaux : Facebook, Twitter et plein de petits nouveaux : les annonceurs et les publicitaires par l’odeur alléchée se ruent sur ces nouvelles fenêtres. Le big problème pour eux : comment mesurer l’impact de ces nouveaux arrivants auprès des internautes. Simple me dira-t-on il suffit de quantifier le flux : le nombre de clics, de pages lues.

 

D’où l’agitation soudaine de beaucoup de blogueurs autour du classement de Wikio. Pour ceux qui l’ignoreraient mon hébergeur Over blog a fusionné cette année avec Wikio. Normal, tout ce petit monde vit sur les flux que nous générons. Alors pour éclairer, orienter, allécher les annonceurs il faut savoir où se nichent les « influenceurs » et surtout sur quels sujets ils exercent cette fichue influence. Tout ça peut-il se mesure dans un simple algorithme ? La réponse est bien évidemment non car Il n'y a pas une façon singulière et définitive pour calculer «l'influence», mais il y a certaines mesures qui peuvent être utilisées pour aider à appréhender l'influence.

 

Mais comme le souligne le site américain Darwin à propos de deux outils de mesure anglo-saxon, Klout et Peerindex, en prenant comme référence la notation ou classement du vin par Robert Parker. « Bien que cela soit plus objectif qu’avec Parker, le motif sous-jacent est le même : la quantification de tout. » et de citer Adam Gopnik qui dans le New Yorker du 6 Septembre 2004 disait: « (Parker) a si bien réussi parce qu’il était un apôtre d’un empirisme américain radical – une insistance que faits et chiffres peuvent expliquer ce qui se passe véritablement, même si c’est à l’encontre de toutes les traditions reçues… La question n’est pas tant de savoir si les nombres sont corrects mais plutôt de savoir s’il est correct de quantifier. »

 

Dans son article de l’Atlantic, Is Google Making Us Stupid?, («Est-ce que Google nous rend stupide? »), Nick Carr cite Eric Schmidt, le CEO de Google, qui affirme que c’est une «entreprise construite sur la science de la mesure » et qu’elle s’applique à «systématiser tout ce qu’elle fait ». Carr ajoute que Google fait pour le travail mental, ce que Frederick Taylor a fait pour le travail manuel. Et l’auteur ajoute : et ce que Robert Parker a fait pour le vin. Nick poursuit : « dans le monde de Google, le monde que nous pénétrons lorsque nous sommes en ligne, il y a peu de place pour la contemplation et son caractère flou. L’ambiguïté n’est pas une porte ouverte sur la découverte mais plutôt un bug à réparer. »

 

A Darwin, nous avons une perspective opposée à celle de Google ou de Klout. Nous considérons le Web trop massif pour être compris, et le raisonnement humain trop complexe et individuel pour être programmé. Plutôt que de s’inspirer des analyses de temps et mouvements de Frederick Taylor, et d’essayer de comprendre et contrôler l’univers du contenu Web, Darwin s’inspire du travail d’Edward Norton Lorenz sur la Théorie du Chaos en mathématiques et météorologie. Darwin ne tente pas d’imposer un ordre sur le contenu du Web, il laisse le contenu s’organiser naturellement.

A leur avis, un peu d’ambiguïté et de complexité ne font pas de mal. Il y a toujours un gap entre la complexité pour laquelle on est influencé où l’on suit une opinion majoritaire et un score, de la même façon que je peux aimer un vin pour des raisons, des occasions, ou des accords gourmands variés

 

Le New York Times cite Jeremiah Owyang, un analyste  respecté qui travaille pour Altimeter Group. « Il est dangereux d’utiliser un nombre unique pour évaluer l’influence des gens ». Il note que Klout  « n’offre pas d’analyse de sentiment. » - ajoute le Times, « et donc, un utilisateur qui génère beaucoup de bruit peut obtenir une note élevée même si les autres le trouvent négatif. En plus, une métrique unique peut être trompeuse: une personne qui a peu d’expérience avec Twitter peut se retrouver avec une très forte note si elle poste une vidéo qui devient virale. »

 

Pour en revenir à notre Wikio national, que je connaissais bien avant qu’il échauffât les esprits des petits nouveaux qui s’ébattent dans la cour, c’est un bon commercial :

 

-         Depuis qu’il a initié son classement j’ai reçu des petits messages m’informant de l’excellence de mon classement et donc que je devrais faire une petite chronique pour m’en réjouir.

 

-         Bien sûr je me suis abstenu, ce que d’autres petits camarades on fait tout heureux de se

voir propulser vers les hauteurs du classement.

 

-         Je fus donc 6ième et puis je plongeai vers la 10, 12ième place mais que m’importait je n’accueille pas de publicité sur mon blog et ma soi-disant influence n’est pas ma motivation principale.

 

-         Et puis pour moi Wikio entra dans le monde des oubliettes jusqu’à ces derniers jours où mon Administration me signala, comme on dit dans le jargon, une reprise de mon nom.

 

-         Je me propulse sur le site Wikio et qu’y lis-je : jeudi 4 août 2011 Le Wikio des blogs Vin, l’inexorable glissade

 

« Aaargh. Bon Vivant, mon blog, passe de la huitième place à la dixième place. Dans le TopTen encore, mais de peu. Au sommet du classement, solidement verrouillé par les BL Boys et Delmas, on applaudit le retour de Miss Glou-Glou sur le podium. La place du con pour Berthomeau (je m’en serais contenté). Le blog d’iDealWine, d’une stabilité déconcertante. Celui d’Olif qui progresse d’une place (on ne peut faire confiance à personne). Eva Robineau me passe sous le nez, c’est mon côté galant homme, sûrement.

Pour y comprendre quelque chose, j’ai demandé aux responsables de Wikio de s’exprimer sur la procédure de classement via une interview à publier sur ce blog. Pas encore de réponse. Affaire à suivre »

 

Je constate alors,link qu’en effet,     je suis passé au mois de juillet de la 12ième à la 4ième :

 

 la place du con

comme le souligne l’élégantissime de Rouyn. Sans doute l’effet de mon dédain bien plus que de la pertinence de mes écrits. J’ai beaucoup ri du côté « rendez-moi des comptes de Nicolas de Rouyn ». Pas la peine de s’émouvoir, galant homme, tout ça ce sont des petites carottes que Wikio agite plus ou moins loin du museau des ânes – comme chacun le sait j’adore les ânes – pour qu’ils tirent la carriole afin que celle-ci, pleine de promesses, séduisent les annonceurs. Le piège est si grossier que j’eusse cru qu’un homme aussi bien né que vous Nicolas puisse y tomber.  Laissez tomber Wikio, n’attendez pas de lui une quelconque réponse sur sa procédure de classement, sachez que nous ne sommes pour lui que des « chiures de mouche » sur la toile et que seule notre agrégation l’intéresse. L’influence, les femmes et les hommes d’influence, ceux qui manipulent le monde, franchement nous ne boxons pas dans cette catégorie. Amusons-nous, ne nous prenons pas le chou, et pour tout dire à tout prendre cher Nicolas je préfère est à la place du con plutôt qu’à la place du mort…

 

Dernière minute : Le nouvel algorithme de Google plombe la visibilité de Wikio.fr

Déployé depuis le 12 août en France, le nouvel algorithme de recherche de Google, Panda, commence à faire ses premières victimes. Visant à mettre en avant les sites diffusant du contenu de haute qualité, cette mise à jour a fait perdre de la visibilité à de nombreux agrégateurs de contenu.

 

Le portail d'informations Wikio.fr a ainsi vu sa visibilité plonger de 74%, selon des données publiées par le cabinet Searchmetrics. Interrogé par Les Echos, Frédéric Montagnon, directeur marketing de Wikio Group, évalue la perte de trafic à 30%.

 

Panda a aussi fortement affecté la visibilité de sites référençant des bons de réduction de distributeurs, ou des comparateurs de prix en ligne, comme Leguide.com (-35%). Plus surprenant, certains sites de presse, pourtant censés être favorisés par cette mise à jour, ont aussi vu leur visibilité diminuer. C'est notamment le cas de L'Express.fr, (-17,7%) et du Parisien.fr (-10,9%).

 

Les gagnants sont les sites de vidéos en ligne et les réseaux sociaux. Youtube.com a gagné 53% de visibilité, Dailymotion.com 43,6%, Twitter.com 25,5% et Facebook.com 10,1%. A noter aussi, le gain de service-public.fr (+17,4%) et de laposte.fr (+11,1%).

 

 

 

 

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24 août 2011 3 24 /08 /août /2011 00:09

photo PB C

Il ne s’arrêtera donc jamais d’écrire! Oui mes très chers frères, mes très chères sœurs, ma plume ne prends pas de vacances elle est un peu comme un matou qui dort : toujours prête à sauter sur une proie toutes griffes dehors. Je plaisante bien sûr mais dès le premier alors qu’Air France dit voler pour le compte d’Air Corsica, décolle pile à l’heure dan un ciel d’azur, survole Clermont-Ferrand avant de piquer sur Nice pour rejoindre la Méditerranée. Nous abordons la piste de l’aéroport Napoléon Bonaparte en léchant la côte, j’ai l’impression que l’aile gauche frôle les crêtes, c’est comme je caressais les flancs de cette Corse sauvage. Au cours de notre vol agrémenté du célèbre Nescafé et de la viennoiserie réfrigérée, j’ai eu le temps de feuilleter les trois journaux glanés au moment de l’embarquement : Le Monde, Libération et les Echos. Nous sommes en août alors les rédachef font du remplissage et, comme les vendanges sont cette année en avance, tout le monde tartine sur les perspectives de récolte.

 

Ribaut dans le Monde, d’une plume un peu tendance, verse dans le naturel et la biodynamie en alignant, sans grande recherche, quelques vignerons stars : Matthieu Barret domaine du Coulet, Eloi Dürrbachss domaine Trévallon, Daniel Schlafaer domaine Lauzières,  et le Château Dalméran qui lui n’est point dans le vent ce qui lui vaut quand même de faire le titre de la chronique : « un air de Toscane en terroir rhodanien ». Impératif sans doute ce titre puisqu’hormis Baret qui est à Cornas les trois autres domaines sont vraiment provençaux (AOC des Baux pour deux d’entre eux) même si le Rhône est voisin ; sans doute est-ce pour attirer le chaland du côté de Dalméran qui fait dans ce que l’on désigne maintenant sous le nom d’oenotourisme ? Le tout est illustré par un charmant Desclozeaux, ça fait un peu dépliant publicitaire de bon aloi. Dure loi de la presse qui cherche elle aussi des chalands. La chronique, bien évidemment s’ouvrait sur le marronnier des vendanges « Dans la vallée du Rhône, on pensait que les vendanges seraient précoces. En mars et avril, lorsque les bourgeons commencent à se développer, la vigne se réveille ; des rameaux et des feuilles apparaissent : c’est le débourrement. Cette année, une période de forte chaleur a fait croire à une récolte prématurée. Puis le temps s’est rafraîchi, et le processus s’est ralenti. Régulièrement, le mistral est venu assurer le bon état sanitaire du vignoble. »

 

Stéphanie Lacaze dans Libération, elle, met le cap sur Bordeaux – normal ça doit faire plaisir au boss, le sémillant Edouard de Rothschild – pour aller quérir les remarques, par ailleurs forts pertinentes – de deux propriétaires de GCC : Eric Perrin du château Carbonnieux et Tristan Kressmann du château la Tour-Martillac. Le premier souligne que « C’est la troisième fois, en 1997 et 2003, que nous vendangeons aussi tôt, juste après le quinze août. Mais auparavant, cela n’était pas arrivé depuis la fin du XIXe siècle. Le second évoque la canicule de 2003, et avec son honnêteté bien connue précise qu’on « n’a pas fait du grand vin » alors que cette année « le cycle de la végétation a été précoce dès le printemps, mais il s’est ensuite déroulé normalement. » Vendanges précoces et matinales : il ne faut vendanger que le matin sinon « les raisins entrent dans les chais à la température à laquelle on les ramasse. S’ils sont à 30°, on fait de la tisane, ce n’est pas possible » explique Tristan Kressmann. Dérèglement climatique oblige, Bordeaux s’adapte. Bref, article bien fabriqué même si la propension des journalistes parisiens à ne se faire que des haut-parleurs me fait parfois douter de leur capacité de trier entre le discours convenu et la réalité des faits.

 

Les Echos, fait lui dans le classique tour des vignobles, et ne peut s’empêcher de qualifier le millésime de prometteur en soulignant qu’il se présente « sous les meilleurs auspices » Dominique Charton, correspondant à Reims, avec le sens de l’équilibre qui sied à l’Interprofession Champenoise, sollicite les deux patrons de la maison : Pascal Ferrat président du puissant SGV et co-président du CIVC et Ghislain de Montgolfier président de l’Union des Maisons de Champagne et autre co-président du CIVC. Le premier précise que « C’est la vendange la plus précoce de l’histoire de la Champagne... » et le second de surenchérir « Il y a trois semaines, on voyait la vendange encore plus précoce. Mais le raisin a évolué de manière atypique. La nature nous surprend toujours. » Mais en Champagne c’est le kg de raisins à l’ha qui passionne le microcosme : dès mi-juillet l’accord sur les rendements a monté la toise : « 12500 kg/ha contre 10500 kg/ha en 2010 avec une réserve individuelle plafonnée à 8000 kg à l’ha. Le lecteur des Echos étant, bien évidemment, tellement féru de la réglementation champenoise qu’il n’est pas nécessaire de lui expliquer en quoi consiste la dite réserve. Ce qui est important ce sont les 345 à 350 millions de bouteilles produites « cela va redonner du volume au marché après deux années moyennes » dixit Pascal Ferrat et Ghislain de Montgolfier messianique souligne lui « une foi retrouvée dans l’avenir. » même s’il reste prudent sur les prévisions de croissance pour les deux prochaines années. Ainsi va la Champagne qui brûle des cierges à la cathédrale de Reims pour que les droits de plantations soient de nouveau des remparts infranchissables face à la barbarie des libéraux de la Commission européenne. Amen !

 

Au bar PMU d’Ajaccio qui jouxte le marché, quelques beaux spécimens de retraités corses, qui ont passé toute leur vie sur le continent, reconnaissant en moi un vieux renard de leur espèce, engagent la conversation. C’est alors que je me suis dit : la Corse est le pays de la défiance sfida, ici on ne parle qu’à mots couverts à focu spitu, ou règne le sans le dire mutu, j’allais moi qui ne suit que de passage donner comme titre à mes chroniques insulaires le titre de ci voli : en passant. Voici la première écrite face à la mer. Bonnes vendanges à ceux qui vendangent et merci à tous de laisser le temps faire son œuvre avant d’encenser le millésime. Du côté de nos amis de la presse faudrait quand même un peu enrichir le genre des vendanges et aller un peu dans les vignes pour enquêter au plus près du terrain pour appâter les lecteurs.

 

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