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20 janvier 2006 5 20 /01 /janvier /2006 12:48

La maison familiale, une ancienne auberge relais de chevaux, bordait la nationale sur laquelle les estivants gagnaient les plages du littoral. A la fraîche, assis sur des chaises, nous comptions les voitures des congepés, que des françaises, et en compagnie du gendre d'Alida la laveuse, un ramenard mécano à Bondy, on ne disait pas encore neuf cube, les commentaires allaient bon train sur les parigots, surtout sur ceux d'adoption : le fils ou la fille de montés à Paris et qui parlaient pointus. A l'époque les grosses voitures, les Versailles, la Frégate ou les DS ne me fascinaient pas, je les trouvaient vulgaires, prétentieuses, très quincaille mon grand amour c'était la deudeuche gris perle, une décapotable dans laquelle on prenait le temps de contempler le paysage.

Mon père en acquit une, à son volant j'ai appris à conduire sur les petits chemins vicinaux. Ma première voiture fut une 2CV, celle du curé, elle était verte, modernisée, mais j'ai toujours un petit pincement au coeur quand je parle d'elle. Alors, vous comprendrez que lorsque sur mon grand vélo je voisine avec les 2CV décapotée de " 4 roues sous 1 parapluie " je suis sous le charme.

Qu'est-ce donc que www.4roues-sous-1parapluie.com ? Une petite entreprise qui vous propose le charme d'une balade originale au coeur de Paris. " Installés dans votre 2CV, vous serez conduit par votre chauffeur (avec casquette en tweed) qui répondra à toutes vos attentes : pauses photos, idées de restaurant, de spectacles etc..."

Les touristes étrangers adorent. Et si certains d'entre-vous envisageaient un petit partenariat avec eux : une ptite bouteille dans du papier journal avec un pti mot sympa jsui à peu près sûr que ça ferait un joli pti sujet sur une chaîne de télé américaine ou japonaise, et comme les nôtres sont suiveuses on parlerait du vin dans la lucarne sans l'autorisation des puritains...   

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19 janvier 2006 4 19 /01 /janvier /2006 10:02

Le vin c'est 2,7% des aides de la nouvelle PAC, l'un des plus petit budget, moins que le sucre 2,9% et l'huile d'olive 5,2% ; les poids lourds étant bien sûr les grandes cultures 37,8% et la viande bovine 18,2%...

Et pourtant, les têtes pensantes de Berlaymont veulent fourer dans le même sac, à dessein je n'écris pas le même tonneau, les aides de l'OCM vin. On découple, on horizontalise, on ne veut voir qu'une seule tête, on rêve d'un grand dossier unique avec plein de cases à remplir, d'un ordinateur big brother, des brigades de contrôleurs chassant la fraude, de contrôleurs des contrôleurs auditant les procédures, de beaux tableaux de statistiques et la viticulture rejoint le peloton des commodités qui sillonnent le monde sur des vraquiers battant pavillon de complaisance ou des porte-containers aussi longs que des portes-avions...

Pendant 5 ans j'ai géré les aides de la première OCM réformée après les accords de Blair House, celle des oléagineux, alors je sais de quoi je cause. Le découplage est une méthode comme une autre pour faire fondre le système des aides aux produits, pour déconnecter le soutien des prix, mais pour le vin qui est un produit fini, même si le commerce des mouts existe, je ne vois pas de raison valable, sauf de l'envoyer au casse-pipe à l'OMC, de le faire entrer dans le grand tiroir de l'aide unique à l'exploitation.

Voilà un beau sujet de débat pour la filière, le groupe de travail du Copa-Cogeca a pris une position claire, fondée, alors on bosse dessus chers lecteurs ? A vos cahiers ou à vos souris, bon courage... 

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18 janvier 2006 3 18 /01 /janvier /2006 09:11

Ne me dites pas : et pour moi ce sera un Calva... Même si c'est pour me faire plaisir, je n'aime pas ça car ça sonne la condescendence avec une petite pointe de mépris : du genre ça sent la bouse des vaches normandes et la rincette du pépé dans la tasse de café. Bien sûr je n'ai rien contre la rincette et le trou normand mais entre nous ce n'est pas avec de telles images qu'on se fait une petite place dans l'univers impitoyable des spiritueux. Alors dites moi : et si prenions un Calvados !

Le Calvados j'en préside l'interprofession depuis 5 ans et si ce matin je consacre ma chronique à cette belle eau-de-vie d'appellation c'est que j'ai le sentiment du devoir accompli. La maison est en ordre et, grand bonheur, après de longs palabres, mes chers professionnels se sont mis d'accord pour que l'un d'entre eux se présente à ma succession. C'était mon souhait. Il a fallu du temps, mais comme aimait le dire un président de la République : il faut laisser le temps au temps...

Si je tiens tant à ce que l'on nomme par son nom le Calvados c'est parce que depuis qu'il a quitté le zinc des comptoirs il se cherche un second souffle et, même si ce n'est pas facile tous les jours, le produit a un bel avenir, surtout à l'exportation qui représente déjà la moitié des ventes. Alors permettez-moi amis du vin de vous conseillez de ne pas opposer alcool fort et vin, car ce sont les usages que l'on fait du produit qui peuvent conduire à l'addiction. 

Pour terminer je souhaite dire aux élus, plus particulièrement à ceux des régions, que s'ils souhaitent voir fleurir de beaux pommiers haute tige - c'est aussi vrai pour la vigne - il faut mobiliser tous les moyens disponibles pour ouvrir, conforter, développer nos marchés à l'export en s'appuyant sur des entreprises locomotives. Nos artisans, bien ancré dans leur terroir, proches de leurs clients, porteurs de notoriété occupent prioritairement le marché de proximité. Une vision trop agricole, de rente foncière, conduit au repli sur soi et très vite au déclin. La synergie entre producteurs fermiers, artisanaux et entreprises en capacité d'aller conquérir des marchés lointains est la carte de maîtresse que nous devons jouer ensemble... 

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17 janvier 2006 2 17 /01 /janvier /2006 09:52

Dans les discours déversés par les grands explicateurs - ceux qui n'ont rien vu venir ou rien voulu voir venir - vers une base de plus en plus désemparée et sceptique, il est encore très populaire et fédérateur de s'en prendre aux barbares du Nouveau Monde qui eux n'ont aucune règle, aucune contrainte, et qui font ce qu'ils veulent, sous entendu n'importe quoi...

Que ces pays affichent un goût prononcé pour la libre concurrence, ce n'est pas nouveau : au temps de l'Uruguay Round je les ai fréquenté, ils formaient le groupre de Cairns, et je peux vous chanter paroles et musique. Cependant faire croire aux viticulteurs qu'ils ne se dotent d'aucune règle et que tout irait mieux si nous passions par pertes et profits l'ensemble de notre système ou si dans un repli frileux nous refusions toute évolution, nous prépare des lendemains encore plus difficiles.

A la première page de mon rapport de 2001 je soulignais que nous avions manqué de rigueur et qu'une part de nos vins ne correspondaient plus à l'attente du nouveau marché qu'ouvrait nos concurrents. Ceux-ci, même si ça défrise notre orgueil national, ont su sur la base de règles précises adapter leur ressource raisin aux vins qu'ils voulaient vendre à des consommateurs aculturés : buveurs de bière aux RU par exemple.

" Eux ils font ce qu'ils disent... " soulignait l'un des membres de " Sans Interdit " lors de notre réunion du 12, et nous que faisons-nous ? Nous discourons !  

 

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16 janvier 2006 1 16 /01 /janvier /2006 10:26

" Pendant cent ans, et jusqu'aux années 1950, les paysans vendéens sont ainsi partis s'installer dans les plaines du Sud-Ouest (...) La migration des Vendéens s'effectue par familles entières, via des agents, "marchands de biens", le plus souvent par cousinage ou par voisinage(...) Le mouvement concerne au moins 60 000 personnes jusqu'aux années 50-60, mais il est condamné sévèrement par les élites vendéennes, qui le voient comme une véritable désertion(...)

 

Mais comme toutes les migrations, les malentendus et les frustations sont légion. Contrairement aux motivations et fantasmes qui portent l'exode habituel vers les villes, ces paysans-là ne veulent pas changer de métier, ni se débarasser de leurs valeurs familiales, religieuses et politiques : ils veulent améliorer leurs conditions de vie(...) Arrivés dans des sociétés marquées par l'échec (vide démographique, grandes incendies des Landes entre 1937 et 1950, inadaptation au nouvel état d'esprit urbain) ils sont les étrangers qui prennent la place des enfants partis et, de surcroît, ils apportent de nouvelles façons de travailler la terre, des convictions religieuses et des moeurs familiales différentes(...)

 

Tout est chargé de connotations menaçantes : ayant en général de nombreux enfants, les Vendéens remplissent dans certains cantons des classes entières, à côté des enfants uniques des populations autochtones. Ils acceptent d'entrer dans des fermes en mauvais état, dans lesquelles ils introduisent des pratiques importantes comme l'enfouissement des engrais verts, la culture des choux fourragers(...) En outre ils s'associent des coopératives de vente et d'achats qui créent de nouveaux réseaux(...)

 

Les Vendéens suscitent au moins l'ironie et jusqu'au dégoût. De la même façon, la réunion, tous les dimanches, des fermiers autour de l'église du bourg, d'abord, au café ensuite, choque, car la population locale qui boit du vin tous les jours, ne comprend pas que ces buveurs d'eau toute la semaine se mettent à l'alcool et au vin à cette occasion(...) "

 

Extraits d'un article " les Vendéens de la Garonne " de JC Martin professeur à la Sorbonne publié dans Histoire&Patrimoine dans un dossier Les derniers Paysans ? Une identité contestée. Une formidable puissance menacée.

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13 janvier 2006 5 13 /01 /janvier /2006 09:46

Au temps des bancs de l'école primaire je revenais déjeuner à la maison avec un camarade de classe, René Raymondeau, qui lui habitait une métairie : la Célinière, à plusieurs kilomètres du bourg. Mon frère et ma soeur sont nés à la Célinière, ferme dont mon grand-père avait été le métayer du vicomte de la Lézardière. Dans mon bocage confit dans la religion le vendredi était maigre et, les vendredi d'hiver au déjeuner le menu c'était : galettes de blé noir.


Le blé noir, le sarrazin, lorsqu'on le battait on se serait cru plongé dans le pôt au noir : la balle collait aux narines et s'infiltrait sous les vêtements. Les vendredi donc, mémé Marie, aux fourneaux, face à sa galetière entamait son marathon. Elle cuisait ses galettes au beurre de pot, un beurre salé conservé dans des pots de grès, dont la pointe d'aigreur donnait aux galettes un goût incomparable.


Nous en mangions 6 ou 7 nature sauf la dernière que nous enduisions de raisiné. Le raisiné, mémé Marie le faisait à l'époque des vendanges, avec du moût de raisin dans une grande bassine de cuivre. A mon avis c'était la meilleure utilisation du produit des vignes du grand-père complantées en hybrides à numéro ou aux noms exotiques : otello, noa, clinton.


La recette du raisiné est simple, il faut faire réduire de moitié deux litres de moût de raisin. Il importe de laisser sur le feu jusqu'à complète extinction du jus : le raisiné exige une forte patiente cuisson et dieu sait que mémé Marie c'était la patience en personne. Dernier détail pour ceux qui veillent jalousement sur notre santé : cette confiture ne demande aucun apport extérieur de sucre.


Encore un nouveau produit mes amis, à vos fourneaux, tout de suite pour ceux qui ont des vignes dans le Nouveau Monde, et de la patience pour les autres, moi je suis comme ma mémé Marie je suis patient. 

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12 janvier 2006 4 12 /01 /janvier /2006 09:37

Ils sont symboliquement vingt ;

ils sont les membres fondateurs ; ils seront les garants de l'esprit du club : le "sans interdit " s'applique à nos réflexions, explorer tous les espaces disponibles, créatifs, innovateurs, dérangeant mais aussi passerelle entre les hommes, les régions et l'ensemble de nos vins, tous nos vins, sans exclusive, sans esprit de chapelle, pour rebondir, agir, redonner de l'élan à notre secteur d'activité ;

ils sont là à titre personnel, d'autres les rejoindront avec le même état d'esprit, la même envie, la même ouverture d'esprit ;

ils s'exposent, ils s'impliquent, hors du champ syndical, par-delà  leurs différences, avec le respect et l'écoute des opinions des autres, ici et dans le monde.

Rassemblés pour agir nous ferons en sorte d'être entendu, compris, l'enjeu est de taille car notre viticulture affronte, mal préparée, une lourde et douloureuse mutation.

Nous nous adresserons prioritairement à nos consommateurs, ceux d'aujourd'hui, ceux de demain, ici et partout où l'amour du vin se développe.

Nos problèmes internes n'intéressent que nous, à nous de les poser, de les analyser et de les résoudre.

Sans interdit, à sa place, fera aussi entendre sa petite musique.

 

Enfin, dans l'esprit club prévaudra l'amitié, la convivialité, une certaine forme d'élégance et de rectitude morale.

 

Je vous les présente : Miren de Lorgeril tout d'abord, domaine de Pennautier dans l'Aude ; et puis par ordre alphabétique : Jean-Marie Chadronnier CVBG Bordeaux, Jacques Damitio viticulteur à Sauvian dans l'Hérault, André Dubosc des producteurs de Plaimont dans le Gers, Laurent Dulau Vinidea un jeune entrepreneur innovateur du Sud-Ouest, Joseph Helfrich Les Grands Chais de France représenté par Bruno Kessler, Denis Merlaut groupe Taillan représenté par Pierre Mauger, Pierre Mirc Sieur d'Arques à Limoux, Olivier Nasles Aix-oenologie, Christophe Navarre Moët-Hennessy représenté par Yves.Benard, Michel-Laurent Pinat délégué général de l'AFED, Jean-Louis Piton viticulteur dans le Luberon, Jean-Guillaume Prats domaines Reybier à Bordeaux, Pierre Pringuet Pernod-Ricard représenté par Armand Hennon, Jérôme Quiot Vignobles Jérôme Quiot à Châteauneuf  du Pape, Eric Rosaz directeur des Vignerons Indépendants, Denis Roume des Vignerons Ardéchois, Jean-Paul Saubesty de Baron Philippe France Distribution, Jean-Louis Vallet Johannes Boubée groupe Carrefour et votre serviteur;

Des vignerons, des coopérateurs, des négociants, des domaines, des distributeurs et quelques technocrates dont moi bien sûr...

 

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11 janvier 2006 3 11 /01 /janvier /2006 00:00

Rôties grillées mojettes tièdes

Poule au riz

Pommes cuites

Trancher du pain de quatre, faire des rôties, tartiner de beurre salé pour les nordistes, oindre d'huile d'olive pour les sudistes. Les mojettes mijotées avec une gousse d'ail et un bouquet garni doivent bien liées et étendues tièdes sur la tartine.

La poule grasse à l'eau froide salée avec ses légumes, tout sauf des patates, n'oubliez pas les clous de girofle dans l'oignon. Cuire le riz rond dans le bouillon gras. En fin de cuisson ajouter la crème fraîche.

Evider les pommes, des reinettes grises, dans le cylindre verser de la cassonade, mettre le plat au four après avoir arrosé les fruits de Calvados.

Pour le liquide pour me faire pardonner je vous offre une cuvée Jacques 2002 un pinot noir de Thierry Michon www.domaine-saint-nicolas.com comme ça quand j'irai voir ma mère à la Mothe-Achard je pourrai faire un pti tour du côté de Brem...

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10 janvier 2006 2 10 /01 /janvier /2006 09:56

Elles trônent dans le VIIème arrondissement de Paris, où l'on est plutôt kilt écossais, corsage à col cheminée, mocassins et sac Céline, voisinant avec les filles bien nées des châteaux, de domaines ou de clos, elle sont  de tous âges, ya même la Veuve Clicquot. Sur le bois vernis de la Grande Epicerie du Bon Marché ces coquines exhibent sans vergogne leur derrière tout juste couvert du minimum syndical, une lichette de papier, genre bikini, alors que sur leur côté face, couvertes jusque au col, elles ressemblent à Mireille Darc avec sa robe noire dans « le grand blond avec une chaussure noire » Elles sont de petite extraction mais elles affichent des tarifs respectables. Bien positionnées aurait dit monsieur rapport, hors la hiérarchie chère au CNAOCiens, des filles de rien qui séduisent le bourgeois, pourquoi pas !

 

Je les ai draguées et ce matin je vous livre le résultat de mon labeur.

 

- Mi-Chemin de la famille Vidal-Dumoulin Cabrerolles 34480 et à la verticale en tout petit vin de table de France 5,55 euros ;

 

- L'antidote domaine des terres promises  c'est un vin de pays de la Ste Baume à 6,50 euros mais il est foulé aux pieds en le rêvant avec nos coeurs...

 

- Marigny-Neuf Pinot Noir c'est un Haut Poitou un AOVDQS donc à 6,50 euros mais c'est un vin comtemporain avec message de santé publique en anglais pour les femmes enceintes ;

 

- La Rosine Syrah 2003 Michel et Stéphane Ogier c'est un vin de pays des Collines Rhodaniennes à 13,60 euros

 

- Les brunes 2001 Domaine des Creisses à Valros c'est un vin de pays d'Oc à 25 euros

 

 

Ce qui est transcrit en italique c'est ce qui est présenté aux acheteurs. Qui c’est qui a dit qu’on était enserré dans les rets d'une règlementation ubuesque ? Tout est permis en montrant sa petite culotte... Désolé je suis vulgaire !

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9 janvier 2006 1 09 /01 /janvier /2006 10:04

Au Chili on vendange et une femme est en passe d'accéder à la présidence de la République. Ici, on pélerine à Jarnac sous la pluie charentaise et une femme s'envole pour le Chili et dans les sondages. Hier, les hommes portaient le chapeau : palme du ridicule à Louis Mexandeau avec son galure provençal satiné, mention spéciale à Lolo pour son feutre très Bernard Blier dans les tontons flingueurs, par bonheur il y avait Mazarine et son châle : quelle allure mes amis !

  

L'allure des hommes, au sens des humains, c'est indéfinissable, voyez Cary Grant dans la mort aux trousses avec sa chemise immaculée et son impeccable costume gris perle tout au long de sa fuite, même après le champ de maïs, et Audrey Herburn habillée par Hubert de Givenchy, c'est inné. La simplicité, l'art de l'accessoire, l'appariement, font la différence. Que de futilité me direz-vous ! Non l'allure n'est pas un luxe, c'est une manière d'être en phase avec soi-même. Se vêtir c'est choisir sa seconde peau. Etre attentif aux évolutions de la manière de se revêtir c'est être en capacité d'anticiper sur les changements qui traversent nos sociétés surconsommatrices.

 

Ceux qui font le vin doivent en tenir compte, l'allure de nos flacons, sans forcément verser dans un jeunisme débridé, doit mieux sentir le temps, humer les grandes tendances, faire appel à de vrais créateurs, se frotter à eux, s'ouvrir à des mondes nouveaux. C'est bien plus que du marketing en bocal, c'est vivre avec son temps, avec ses valeurs bien sûr, mais aussi avec ce qu'il y a de meilleur dans la mondialisation. Afficher sa différence et non défendre derrière d'improbables lignes Maginot nos exceptions culturelles. Vendre nos vins, les chics, les canailles, les ramenards, les modestes, les teufeurs, les kifonriencomme lézotres, c'est diffuser notre manière de vivre, notre art de vivre et ce n'est pas en bougonnant, en tançant la terre entière que nous y arriveront. Comme les aristos dans la dèche et les créateurs sans un, ayons de l'allure !

 

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