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21 mars 2006 2 21 /03 /mars /2006 00:00

1976 : la grande sécheresse, et me voici dans une soupente de la rue Barbet de Jouy, en compagnie d'un jeune et sémillant garçon frais émoulu de l'ENSAE, ce cher Claude qui, lui, savait faire fonctionner un ordinateur : un Wang, chargé par notre directeur de faire des propositions au cabinet pour indemniser les agriculteurs. Un grand moment je vous assure. Deux petits contractuels face aux zingénieurs du Gref et aux politiques, ça valait le déplacement. Mon premier souvenir de la salle à manger de l'hôtel du Ministre où se tenait les réunions. Peut-être qu'un jour je vous raconterai ces jours de canicule...

 

Ensuite, le directeur me demandait de plancher sur une importante question : faut-il, face à la surproduction, instituer des quotas pour le lait et pour le vin.

 

Ma réponse : oui pour le lait, non pour le vin, le rapport a jauni et il fallut attendre 1983 et Michel Rocard Ministre de l'Agriculture pour que la PAC instaure des quotas laitiers. Pour le vin je vous raconterai les  accords de Dublin. Je commençais à m'ennuyer. En 1978, pendant mes week end je suis "monsieur vin du Loir et Cher"et si vous ne me croyez pas demandez au président Coutoux. Ce premier contact de terrain m'amène à postuler à l'Office National des Vins de Table où je deviens le SG. Je découvre les grands chefs : A.Verdale, M.Couret, R.Chandou et ceux qui sont encore là, PML le directeur, bordelais de Caudéran,  qui écrit un rapport sur la chaptalisation, je gratte les PV des conseils : entre opéra bouffe et grand guignol. A cette époque avec Boulet de l'INRA nous lançons la première et grande étude sur la consommation dans l'indifférence générale. J'apprends dans mon petit coin.

  

1981, les chars russes n'arrivent pas jusqu'à la Place de la Concorde ce qui me permet, déjà à vélo, de traverser la Seine pour me rendre au début du mois de juin jusqu'à l'hôtel de Lassay, résidence du Président de l'Assemblée Nationale, puisque je viens d'être nommé Conseiller Technique au cabinet du Président pour suivre la Commission de la Production et des Echanges. La buvette, les séances de nuit, les maccarons, Guy Carcasonne, Philippe Valla, Frédéric Saint Geours, la cave de l'hôtel de Lassay, la salle Colbert, ça chahute dur dans l'hémicycle. Je cotoie les élus, les grands patrons : G.Besse, J.Gandois... des syndicalistes : Krasucky, Maire. Je continue de faire ma petite pelotte...

 

A suivre...

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20 mars 2006 1 20 /03 /mars /2006 00:00

En évoquant dans mon CV mes années rue Barbet de Jouy - la rue de Romy Schneider - l'annexe du 78 rue de Varenne là où se trouve le saint des saints : l'hôtel de Villeroy où loge le Ministre et son cabinet, je me suis souvenu de ma découverte du "Pied de Fouet ", un petit resto : 15 à 16 couverts, rue de Babylone. Le petit provincial que j'étais y trouva le meilleur de Paris.

 

Campons le décor : c'est minuscule, bas de plafond, une cuisine de 4 ou 5 m2 avec le chef et Hamid le plongeur algérien, au bar Martial le patron, placide, souriant, belge, aux commandes Andrée son épouse, petite bonne femme, poitevine, qui régente le client : pas de réservation, on ne fume pas, on prend son café au bar, on se déplace si ça arrange la patronne pour placer son monde. Tout le monde obtempère dans la bonne humeur et certains étrangers en redemandent. La cuisine est familiale, abondante, de qualité et l'addition est légère. On fait la queue sur le trottoir.

 

Dans la galerie de portraits : Jean-Marie Rouart aujourd'hui académicien, normal le PDF fut le restaurant de Gide, des diplomates des ambassades voisines, la fine fleur des Ministères, les gens du quartier avec mention particulière pour la Glue le serrurier gay et le Fiancé un vieux monsieur digne qui y déjeune tous les jours... On se parle. On se fait enguirlander par Andrée. Avec Anne-Cécile et sa mère nous y venions tous les samedis, nous avions nos ronds de serviette, aucun privilège sauf qu'Anne-Cécile aidait Andrée à servir à table et que ma tasse de café m'était portée à table. Le pudding diplomate dont je raffole fut baptisé pudding Berthomeau, entre nous c'est quand même plus chic que rapport.

 

C'est au Pied de Fouet que j'ai bu les premiers Gamay de Touraine de Marionnet. Ah le poulet au vinaigre d'Andrée, ses gateaux et surtout son coeur immense : on la voyait partir avec un plat garni pour une vieille dame impotente ou une personne malade et, quand elle revenait, nos sourires nous valaient  un " alors on prend racine... " qui nous comblait d'aise. Des beaux jours, de la chaleur humaine, tout le monde traité à la même enseigne, une belle image de la France qui valait au Pied de Fouet d'être connu dans le monde entier.

  

Andrée et Martial ont pris leur retraite. Le Pied de Fouet existe toujours, les successeurs sont sympathiques, si vous passez rue de Babylone, juste derrière le mur d'enceinte de l'hôtel de Matignon, vous pouvez aller vous y restaurer, il y reste encore un léger parfum d'humanité. 

 

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17 mars 2006 5 17 /03 /mars /2006 09:43

à l'attention de ceux qui me lisent sans savoir d'où je sors...

 

Je suis né le 12 juillet 1948 à la Mothe-Achard un gros bourg du bocage vendéen, le bas tout proche de la mer. Mon grand-père paternel était éleveur de grands boeufs blancs charollais, le maternel marchand de tissu et épicier. Mon père était entrepreneur de travaux agricoles et ma mère couturière. Petit dernier arrivé bien après un grand-frère, né en 39, et une grande soeur, née en 42 ,nous vivions en cohabitation avec mes grands-parents paternels. Je suis allé à l'école maternelle sous la férule douce des petites soeurs de Mormaison, puis pour le primaire chez les frères du bienheureux Louis Grignon de Montfort ensuite j'ai migré à 500 mètres de la maison à l'école d'agriculture ND de la forêt jusqu'à mon premier bac, enfin j'ai fait ma philo à l'Instution Amiral Merveilleux du Vignaux des Sables d'Olonne.

 

En 1965, j'ai émigré très loin à la ville, à Nantes à la Faculté de Droit sur les conseils du bon abbé Blanchet qui, à l'instar de son neveu Michel Albert, voulait faire de moi un énarque. Je n'ai pas fait l'ENA mais mai 68, désolé ! J'étais un étudiant salarié puisque je professais à l'école d'agriculture de la Roche s/Yon. Une thèse de 3ième Cycle sous la direction d'Yves Prats, le frère de Bruno de Cos d'Estournel, sur les interventions de l'Etat sur la filière porc. Je dois vous avouer que ça les défrisaient un peu les universitaires de se colleter au monde réel mais moi j'avais envie de garder un pied dans mes origines.

  

Deux années de VSNA à Contantine, de 74 à 75, maître-assistant à l'Université Aïn El Bey construite par Oscar Niemeyer, la dictature de Boumedienne, le fiasco des conseillers français du régime, déjà la montée des islamistes, une grande vitalité surtout chez les jeunes femmes, un grand gachis de potentialités et de richesses. Balades dans les Aurès, Gardhia et le grand sud dans ma petite R4. Retour au pays en 1975, recherche d'emploi, embauche comme contractuel par un jeune et sémillant Inspecteur des Finances, Bernard Auberger, à la Direction de la Production, des Marchés et des Echanges Extérieurs du Ministère de l'Agriculture. Petit salaire : 3000 F mais une première expérience du terrain en liaison directe avec ceux qui bâtissaient le Marché Commun.

 

En effet, Christian Bonnet étant Ministre de l'Agriculture, le cabinet  m'envoya ausculter la Bretagne avicole profonde. Pendant plus de 6 mois je sillonnai les 4 départements : accouveurs, éleveurs, industriels de l'aliment intégrateurs les Guyomard, Sanders&Co, les marchands de poulets, de dindes et autres volatiles les Doux, Tilly&Co, les marchands d'oeufs... etc J'observais, ayant déjà une bonne connaissance via ma thèse sur le cochon, la montée en puissance d'une Bretagne industrieuse, dure, productiviste mais avait-elle d'autres choix, je pondais des notes et pressentais que la machine à faire du poulet export, congelé, gorgé de flotte, expédié dans les pays du Golfe à grand coup de restitution était une machine infernale. Enfin, je constatais que nos petites bestioles consommaient du soja et des PSC importés alors que nos céréales étaient bradées vers l'Empire Soviétique avec le soutien des restitutions. La machine européenne commençait de s'emballer mais en France personne n'osait se risquer à critiquer une mécanique qui rapportait gros au Trésor...  

à suivre...

 

bon week...  

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16 mars 2006 4 16 /03 /mars /2006 09:58

C'est en noir sur fond blanc, minimaliste, c'est la nouvelle tendance de l'étiquette des vignerons stars (voir ma chronique elles montrent leur cul ) très prisée par les chroniqueurs gastronomiques. Je découvre la bouteille sur papier glacé et je cite " Faites-le goûter à l'aveugle, et vous aurez droit à tout : merlot, cabernet-franc, carignan, pinot noir, gamay voire grenache ! Mais la bonne réponse est 100% cot, le fameux cépage de la région de Cahors (qu'on appelle aussi "malbec" ou "auxerrois") Détail non négligeable cette bouteille a vu le jour...dans la Sarthe ! Les Japonnais se l'arrachent et on les comprend : maturité, concenctration, équilibre et gourmandise en font un "petit" vin de table qui en vaut bien des grands...

Pour ces dames, il se la pète un max l'es-spécialiste, sous la rubrique " bruits de casseroles" sic il étale sa science des cépages mais il ne nous dit pas si lui a détecté du premier coup ce cot à l'aveugle, en plus ya le détail qui tue : la Sarthe, ses rillettes, ses 24 heures du Mans, son Jasnières et son "petit" vin de table à 10,50 euros la boutanche de 75cl dont raffole les Japonais qui se battent du côté du lieu-dit Le Briseau à Marçon pour, par 4x4 entier japonais bien sûr, nous priver de ce nectar. Kicékadi kon savait pas exporter.... Vive le wine table à 1400 euros l'hectolitre, à ce tarif  ça éviterait à certains dans le Sud de troquer leur costard parisien pour la canadienne et les pataugas pour envoyer le rouge au caniveau...

Cote d'alerte vous avez dit cote d'alerte...

 

 

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15 mars 2006 3 15 /03 /mars /2006 09:50

Ce matin je suis un peu vénère. Je suis tombé - pas de mon vélo - mais sur une tribune libre dans Sud-Ouest du 6 mars : "La bataille du vin" où un bel esprit, banquier d'affaires, délivre diagnostic et posologie pour tirer notre viticulture de l'ornière. Mais comme c'est un Bordelais - ce cher François-Xavier Bordeaux que je croisais dans les couloirs du Palais Bourbon au temps où il cajolait les parlementaires pour le compte du regretté Pierre Bérégovoy alors que moi je me farcissais, au nom d'un Ministère toujours en quête de trois sous pour panser les plaies des agriculteurs, deux beaux esprits tous deux issus de l'Inspection des Finances : Hervé Hannoun et François Villeroy de Galhau (1) - il reste scotché au tonneau. (1) La gauche de gouvernement en quelque sorte, celle qui donne des boutons et que l'on cache comme un sein qu'on ne saurait voir.

Bref, cher FX, votre point de vue est bordelo-bordelais, il faut sortir le périscope au-dessus du niveau de l'estuaire. Je ne dis pas que vos remarques soient dénuées d'intérêt mais elles sont un peu réductrices. Ecrire que les trois coups qui ont transformé radicalement l'économie de la viticulture en 10 ans sont : la Parkérisation, les usines à vin du Nouveau Monde et la baisse de la consommation sur les marchés matures, c'est un peu short. Prenez un peu de hauteur et consultez quelques opus sur le sujet si vous souhaitez aller au-delà des barrières de Bordeaux.

Quand à la vision exprimée à la suite du diagnostic : Réunifier, Responsabiliser, Simplifier, elle est, elle aussi, surtout sur le premier point, strictement locale, et même si il y a quelques suggestions interressantes, restreindre sa vision à l'allégement des procédures d'agrément et réduire la simplification au dépoussiérage, certes utile, de la sur-administration de notre viticulture, ne fait pas un plan stratégique pour notre viticulture.

Enfin, puisque FX dans une belle envolée fait référence aux futures échéances de 2007 et qu'il en appelle à la modernisation de la filière, très respectueusement je le prie de noter que Bordeaux, en dépit de sa notoriété et de son poids économique, n'est pas la France du vin et que si les professionnels doivent faire leur part de chemin pour la réforme, les responsables publics se doivent aussi d'ouvrir un peu plus les écoutilles pour prendre la mesure de la grande mutation que doit affronter notre secteur.

Comme je suppose, cher FX, que vous n'avez pas la chance de surfer sur mon blog, je confie le soin à mes lecteurs bordelais de vous transmettre mon « poulet » pour que vous puissiez enrichir votre réflexion stratégique... A plus.

 

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14 mars 2006 2 14 /03 /mars /2006 08:58

Si je me laissais aller à faire de l'humour à deux balles je vous confierais que pour moi la première acception de Girondins fut footballistique : au temps du FC Nantes de ma jeunesse, au jeu accadémique et chatoyant, les porteurs du maillot bleu à chevron blanc, à l'image de Couecou, c'était le football frustre, défensif, sans génie. Mais je ne le ferai pas car ce serait prendre des libertés avec la vérité. Mon goût pour l'histoire, et mes origines vendéennes : pays où la République eut bien du mal à faire son trou, m'ont bien sûr confrontés au débat entre les Girondins et les Jacobins.

Tout d'abord, la Gironde n'est qu'un département, et pour ma part je ne suis pas départementaliste, c'est un échelon de trop dans notre univers administratif, trop étroit, trop porteur de nos querelles de clocher. Pour autant je ne suis pas jacobin, même si notre pays de Gaulois à besoin par moment d'avoir des guides fermes pour lui éviter de verser dans ses fondrières favorites. Alors, et j'espère que vous me voyez venir, appliqué à la gestion de notre beau vignoble national, mon analyse m'amène à un constat et une question.

Nos vignobles sont structurellement régionalisés, concurrents mais irresponsables quand aux conséquences induites par des choix pris soit disant au plan national alors que bien souvent ils n'ont été que la résultante de compromis boiteux, passés au plan national, entre responsables professionnels régionaux, c'est le constat.

La question est double et simple, elle pose les deux termes d'une alternative : grands bassins viticoles autonomes et concurrents ou les mêmes entités jouant leurs spécificités et leurs complémentarités via un pilotage national ?

Au risque de vous décevoir je ne vais pas ce matin répondre à la question, choisir, mais vous laisser la parole, pour que mon espace de liberté joue son rôle de carrefour de débats, et que chacun puisse aller au bout de ses analyses car bien évidemment choisir entre les deux branches de l'alternative c'est prendre parti, c'est assumer les conséquences économiques et sociales de ses préconisations. A vos claviers chers lecteurs, parfois impatients, ce qui se conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément...

Note : les guides sont ici les lanières de cuir attachées au mors d'un cheval...

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13 mars 2006 1 13 /03 /mars /2006 10:14

Au début des années 60 l'irruption du transistor dans ma vie de petit vendéen me donna envie de sortir des limites étroites de ce qui jusqu'ici était mon monde. La  petite boîte recouverte de skai, mobile, sans fil, me permettait l'écoute de la radio le soir dans mon lit. Du Masque et la Plume, haut lieu des joutes intellectuelles des JL Bory et G.Charensol sur le cinéma, le dimanche soir, à l'écoute de Radio Pékin, avec le phrasé impeccable de speakers thuriféraires de Mao et de son petit livre rouge, je me sentais partie prenante des fureurs du monde. Rappelez-vous, pour ceux qui étaient en âge, le rôle joué par les radios dites périphériques, Europe n°1 tout particulièrement, comme caisse de résonnance dans la France profonde des évènements de 1968.

Mobilité et quasi disparition des contraintes de lieu et de temps, le podcasting me semble en être le plus bel exemple. Qu'est-ce donc ? C'est la contraction des mots iPod (le baladeur d'Apple) et broadcasting (diffusion) pour désigner la possibilité de télécharger gratuitement sur ordinateur des contenus audio diffusés sur le Web que l'on peut transférer ensuite sur son MP3. Autrement dit, vous pouvez aujourd'hui composer votre grille de programme idéale parmi toutes les radios et écouter votre sélection où bon vous semble à l'heure que vous voulez.

En quoi ce nouveau nomadisme intéresserait-il le monde du vin ? Tout bêtement pour anticiper sur la connaissance de l'évolution des modes de vie de ceux qui pourraient-être de futurs consommateurs, ici et ailleurs, trouver les mots, les canaux qui permettent de s'adresser à eux hors du sabir prétentieux des spécialistes, loin du seul recours à l'histoire et à la culture, sans tomber dans le jeunisme se mettre à la portée de ces surfeurs de la toile, paganinis des nouvelles technologies. Un beau défi pour nous tous, un grand chantier pour "Sans Interdit", un peu d'air frais dans les coursives des enceintes dirigeantes de notre viticulture...

 

   

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10 mars 2006 5 10 /03 /mars /2006 09:48

Sommes-nous un vieux pays perclus de maux, vivant sur ses bijoux de famille, frileux dans ses charentaises, incapable d'affronter les turbulences du monde, rouscailleur et donneur de leçon, cachant sous sa superbe son inexorable déclin ?

Moi, à l'école Ste Marie, on me classait sur mes résultats ( ah! qu'elle était belle la croix sur le revers de ma blouse grise...). Alors écoutons Elie Cohen " Si l'on juge les résultats français sur les 10 dernières années, les chiffres sont les suivants. En prenant l'indice 100 comme référence pour 1995, on trouve pour 2005 que les USA sont à 140, le Royaume-Uni à 130, la France à 125, tandis que l'Allemagne, l'Italie et le Japon sont à 115. Sous ce registre, le résultat français n'est pas déshonorant..." En clair, nous ne sommes pas le cancre près du radiateur, le nullache, mais il n'empêche que nous faisons la tronche et que nos petits copains nous trouvent plutôt pénibles.

Dans notre beau secteur du vin, nous exportons nos problèmes, nous donnons l'image aux contrastes violents du grand paquebot de Bordeaux, où les prix des grands crus vont flamber alors que dans les coursives et la soute certains sont au bord de la mutinerie et que dans l'Hérault les cagoulés refond le film et certains ressortent 1907 des livres d'histoire. Nous piétinons, nous bavassons, nous tournons en rond, nous nous terrons derrière des murailles de papier... Quel spectacle ! A Barcelone, on m'a demandé pourquoi ? Parce que nous nous refusons à choisir, à prendre les décisions qui redonneraient à ceux qui déjà affrontent le grand large la capacité de regagner des parts de marché.

Comme le dit justement Elie Cohen " A l'heure de la mondialisation, la croissance dépend plus que jamais du génie propre de chaque nation à s'organiser efficacement. C'est sans doute la raison pour laquelle la recherche de modèles originaux (comme au Danemark) n'a jamais été aussi vive, ni aussi vaine."   

A " Sans Interdit " nous allons mettre à contribution notre génie national  pour que nous assumions notre position de grand pays du vin, montrer sans arrogance qu'on n'est pas des nullaches chers lecteurs...

Note de l'éditeur : la définition de nullache n'étant pas convenable nous ne l'éditerons pas. Demandez à vos enfants... Hier pour les abonnés ma chronique " an EU wine Tsar " ne leur a pas été signalée par le message traditionnel.

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9 mars 2006 4 09 /03 /mars /2006 15:17

Hier à Barcelone, au salon Vinorum Intervin, dans son intervention sur " A quel niveau le Old World peut-il jouer et apprendre du Nouveau Monde ? " Tim Atkin appelait de ses voeux l'intervention d'un Tsar du Vin dans l'Union Européenne (d'où mon titre : an EU wine Tsar) pour déverrouiller notre système et à une question de la salle : de quelle nationalité devrait être ce Tsar, il répondait sans ambage, tout sauf un représentant des pays producteurs, et pourquoi pas un anglais puisque ce pays représente à la fois la plus belle progression de la consommation et l'exemple de la nouvelle consommation...

Bienvenue au Club " Sans interdit " cher Tim Atkin, homme du vin, amoureux du vin et Audois d'adoption, car au-delà de la formule provocatrice, il y a une réalité que nous ne pouvons nier : alors que la part de marché du vin progresse dans le Monde, nous les producteurs dit du Vieux Monde nous nous comportons frileusement en pensant que cette nouvelle consommation du vin est préjudiciable au développement de la consommation traditionnelle. Ce qui est faux ! Les seuls vins en danger sont les passagers clandestins de l'AOC, ceux qui aspirent à l'être ou qui les singent alors que leur avenir est ailleurs. Ils  plombent nos vignobles, encombrent les chais et effondrent les prix.

Les lignes Maginot sont faites pour être contournées, si nous souhaitons redonner toute sa puissance et son lustre à notre système d'Appellation d'Origine Contrôlée appuyons-le sur une base assainie par une gestion des produits industriels de la vigne (mouts, vins de base, jus de raisin, alcool de bouche...) en phase avec leurs marchés et sur une gestion par l'aval de la ressource vin de nos grands vignobles volumiques pour générer des marques mondiales en capacité de reprendre des parts de marché. Des TGV pas des mobylettes, même si j'adore les deux roues pour flaner dans nos beaux vignobles...

Cher Tim, Dieu que l'autocratie était belle au temps de la Cour de la Grande Catherine, on y parlait le français et on y célébrait l'esprit des Lumières alors qu'aujourd'hui dans les couloirs sans âme de notre Commission de l'UE on y cause en anglais et on y boit de l'eau en bouteille mais comme disait la charcutière de la Mothe-Achard, madame Morineau : le client à toujours raison ! A se voir pour poursuivre notre conversation...

 

  

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8 mars 2006 3 08 /03 /mars /2006 00:00

Chantait Boris Vian... Je reviens de Bordeaux où j'étais invité par la Fédération des Coopératives Vinicoles d'Aquitaine. Je remercie le Président et le Directeur de leur invitation, ça m'a permis de remettre, si vous me permettez l'expression, les pendules à l'heure car certains dans leurs commentaires de mes chroniques en viendraient à reprocher aux signataires de Cap 2010, via le nouveau club "Sans Interdit", l'inertie de ces dernières années : on nous attend, nous et nos propositions, vite, vite, le feu couve dans nos vignobles...


En termes médicaux : nous avons posé le diagnostic, nous avons écrit l'ordonnance mais nous n'avions pas le pouvoir de la mettre en oeuvre. Pour la suite je donne la parole à l'un des notres : Jean-Louis Vallet qui, dans l'Union Girondine des vins de Bordeaux de mars 2006 déclare à propos des objectifs du Club " Il ne s'agit absolument pas d'une démarche comparable. Nous ne voulons nullement nous engager dans une réédition de Cap 2010. A quoi bon d'ailleurs vouloir réunir à nouveau et entendre plusieurs centaines de présidents de syndicats viticoles et chercher à dégager entre eux un minimum de consensus dès lors que nous savons par avance que, faute de pilote d'une telle opération, on irait inoxerablement à l'échec ? (...) Ce que nous cherchons à mettre sur pieds c'est une espèce de Comité informel de réflexion stratégique..."


En clair nous n'irons pas patauger dans les bassines, ni courrir les estrades, nous n'allons pas occuper les colonnes des journaux avec des resucées de nos écrits, les ouvriers de la 25 ième heure s'en chargent. Ce que nous voulons c'est exercer un pouvoir d'influence au bon moment, au bon endroit. Alors un peu de patience chers abonnés, le temps est une variable qu'il faut maîtriser : même s'il y a urgence, une urgence qui n'est pas de notre fait, nous ne confondrons pas vitesse et précipitation. Nous ne sommes pas des sauveurs, des "hommes providentiels", mais un groupe qui, fort de sa diversité, à chaque fois que l'opportunité lui sera offerte, pèsera pour que les choix vitaux pour notre secteur soient faits.

Je pars à Barcelone discuter avec nos collègues espagnols : un réseau d'influence ça se tisse avec patience et ténacité, et, entre nous soit dit, ces dernières années je suis de ceux qui ont connu la solitude du coureur de fond. Alors faites-moi le crédit de croire que je suis déterminé à aller de nouveau vers l'essentiel et faites moi la grâce de ne pas me demander d'emprunter les chemins de traverse qu'adorent pratiquer beaucoup d'adeptes du yaka...

  

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