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12 octobre 2006 4 12 /10 /octobre /2006 00:05

Les revues papier glacé de gastronomie nous placent sous perfusion sur l'art et la manière d'accorder mets et vins. Comme vous vous en doutez : j'adore ! Moi qui n'est jamais confié le soin à quinconque de choisir mes chemises, de les repasser et de les accorder avec mes vestes, ça me met en joie. Ceci étant écrit, comme je suis sur une position ultra-minoritaire, et que je dois tenir compte des désidératas des clients, ce matin je mets un mouchoir sur mon élitisme hautain et je vais dans le sens du vent en commettant une chronique : que boire avec une platée de choux ?

Car, entre autres appellations désobligeantes subies dans ma jeunesse de vendéen du bas-bocage : péquenot, bouseux, plouc... la plus infâmante, la plus vile était bien " ventre à choux " car je détestais la soupe choux qui, visuellement, s'apparentait pour moi à un jus proche de celui de la mare aux canards, et qui gustativement, tenait de la décoction du rebouteux du coin. Nos choux c'étaient des choux à vaches, des choux fourragers hauts sur tige que nous allions couper avec le pépé Louis. Nous mangions les feuilles du coeur. Cette proximité avec nos ruminantes aux yeux tendres : les Normandes laitières plus que les Parthenaises laboureuses, nous assimilait à des quasi-sauvages tout juste bons à défier la République pour le compte du maître et du curé. Bien sûr, je résistais et, avec la complicité de mémé Marie, j'étais dispensé de la soupe aux choux.


Maintenant j'adore les choux, le problème c'est que sur nos étals parigots c'est une denrée rare. On trouve toute sorte de choux, pommés, fleurs ou italien, mais le mien pas souvent. Lorsque j'en trouve je fais une razzia. Tout l'art de la cuisson du choux est dans le blanchiment. Faut être patient ou patiente, se colleter un grand faitout et passer les feuilles dans au moins 3 ou 4 rincées d'eau bouillante. Après faut embeurrer le choux. C'est pas aussi simple que ça paraît. D'abord faut un bon beurre salé, comme sur les pâtes faut jeter les feuilles sitôt sorties de l'eau bouillante sur la noix de beurre qu'est saisie et qui exhale ses aromes et sa pointe de sel


Et avec ça qu'est-ce qu'on ? Pas le choix un vin rouge de Mareuil de J.Mourat père et fils www.mourat.com allez sur le site et là, faites votre choix, moi j'adore la cuvée Folle Noire qu'est le nom sortable d'un cépage ancien : le ragoûtant. Pour le millésime voyez avec le propriétaire car moi comme vous le savez je n'ai pas ma carte de dégustateur agréé par la RVF et consorts. Chers lecteurs, cépa écrit guide sur mon front de chroniqueur " ventre à choux ".

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11 octobre 2006 3 11 /10 /octobre /2006 00:05

Je sais bien que ce n'est plus la dénomination linguistiquement correcte, maintenant on se rend au " restaurant d'entreprise " géré par monsieur Bellon. L'anecdote que je vais vous conter a eu pour cadre le restaurant d'entreprise de la Maison de l'Agriculture de Toulouse. C'était en 2002. J'effectuais mon tour de France post rapport. Invité par les vins du Sud-Ouest je délivre mon prèche qui décoiffe. Ici, c'est pénard, le public est positif et la matinée se déroule dans une ambiance studieuse et chaleureuse. L'heure du déjeuner arrive. Nous montons au restaurant où une grande table a été dressée pour nous. Nous composons notre repas en libre-service mais le vin est apporté par mes hôtes. Les bouchons font leur petit claquement caractéristique. C'est du bon. Tout le monde est content.

Par malheur ya cet emmerdeur de Berthomeau qui ramène sa science. Keski dit ce ramenar : " les amis, comme vous le constatez, la clientèle est plutôt jeune, la nourriture est honnête mais il manque quelquechose sur notre plateau... " Silence. Le chieur professionnel, heureux de son effet, poursuit " oui, nous n'avons pas posé sur notre plateau le carafon de rouge proposé à la clientèle. Et si nous le goûtions ? " Caramba ! Un nuage tchernobylien passe au-dessus des têtes. On pressent la cata et c'est la cata. Mauvais de chez mauvais le jaja en carafon vu que déjà il a du y être mis au petit matin et qu'il n'a pas supporté ce traitement. Bref, on attrappe pas les mouches avec du vinaigre.

Tous nos grands lamenteurs, y compris ceux qui veulent se déguiser en séducteurs de jeunes urbains désinvestis, ce que je comprends car dans le lot les filles sont plutôt jolies, se sont-ils inquiétés des ravages produits par ces petits carafons, moche de chez moche, sur l'image et la consommation du vin ? Ont-ils entrepris une action pour redresser la barre ? Non, les affiches terroir leurs suffisent. Ce sont-ils posés la question de l'impact négatif de la consommation de ce carafon par le dernier carré des irréductibles de la cantoche ? En effet, pour leurs collégues s'ils en sont réduit à boire une telle vacherie c'est que ce sont des pochtrons. Pas très vendeur tout ça coco !

Ben oui, c'est pas très sexy les resto d'entreprises mais ç'a draine du monde tous les midis. Je ne dis pas que si c'est meilleur ils en boiront. Mais, à l'occasion, parce qu'une copine fête une promo ou un mec son dernier moufflet, s'ils ont envie de s'offrir un petit verre, comme ça, pour égayer le repas, sans pour autant sombrer dans une belle sieste post-prandiale quand ils regagnent le turbin, ils seront satisfaits et un client satisfait est un client qui revient. Bon je sais que je dis que des conneries qui énervent les présidents à vie qui amusent la galerie mais qui n'ont jamais sévi dans les rayons d'un Shoppi... 

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10 octobre 2006 2 10 /10 /octobre /2006 00:05

" Fondamentalement, un ministère se compose du ministre et de ses services. Le cabinet n'est nullement un protagoniste à part entière, ayant en propre sa légitimité, sa compétence et sa fonction. Il n'a que celles que lui octroie le type de relations entre ministre et administrations. Tantôt le premier est assez sensiblement assujetti aux secondes, et les conseillers sont les interprètes plus ou moins fidèles des directions, davantage que les courroies de transmission de la volonté gouvernementale. Tantôt ils impriment effectivement la logique politique, mais alors ils parlent et agissent au nom et pour le compte de leur "patron". Car la fonction de ministre, en fait, n'est jamais individuelle. Il n'est de ministre que collectif : " le titulaire du poste+son cabinet ".

 

Qu'on ne s'y trompe pas : une telle affirmation ne signifie nullement que les membres du Gouvernement seraient des personnes sous influence aux mains d'une équipe qui les manipulerait. Plus prosaïquement, une part considérable du temps qu'un ministre consacre à son activité est dévorée par des fonctions tenant de la représentation, réduisant ainsi à la portion congrue - ou plutôt incongrue - les moments disponibles pour le travail de fond. Aussi, et parce que l'adoubement présidentiel ne suffit pas à conférer l'omniscience, le ministre se démultiplie en autant de parties que son cabinet compte de membres.

 

La question essentielle n'est donc pas de savoir comment l'équipe se situe entre le ministre et ses services - elle est le ministre collectif - mais porte sur la manière dont les membres du Gouvernement utilisent les moyens que leur offre cette démultiplication. En exigent-ils des informations, des conseils, des décisions ? Veulent-ils accaparer ou déléguer ? Toutes les combinaisons, avec tous les dosages, sont possibles entre ces divers éléments. "

 

Ce texte est un extrait d'un article " Typologie des cabinets " publié dans la revue Pouvoirs en 1986 par Guy Carcassonne. Guy et moi nous nous sommes rencontrés à la buvette de l'Assemblée Nationale en juin 1981, lui étant conseiller du président du groupe rose et moi conseiller du Président de l'AN. Nous étions fous, non du chocolat Lanvin, mais des maccarons de la buvette. Par la suite, en 1983, nous nous sommes retrouvés voisins dans la galerie Sully, lui conseillant le Ministre sur les questions d"enseignement agricole (loi Rocard sur l'enseignement privé agricole votée à l'unanimité) moi pataugeant déjà dans le marigot viticole (accords de Dublin). Guy est un ami, un expert : agrégé de droit constitutionnel, il chronique dans le Point, c'est un type original, sapé décalé, doté d'un humour corrosif, et la typologie qu'il donne des cabinets ministériels : 1. Les copains, 2. Les enfants, 3. Les valets, 4. Les lieutenants est un régal. Je vous la livrerai, par paquet, dans des chroniques futures.    

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9 octobre 2006 1 09 /10 /octobre /2006 00:18

" Cette vigne avait un âge dont nul ne se souvenait. Chaque année, depuis qu'il avait conscience des choses, Driot avait taillé la vigne, biné la vigne, cueilli le raisin de la vigne, bu le vin de la vigne. Et elle mourait. Chaque fois que, sur le pivot d'une racine, il donnait le coup de grâce, qui tranchait la vie définitivement, il éprouvait une peine; chaque fois que, par la chevelure depuis deux ans inculte, il empoignait ce bois inutile et le jetait sur le tas que formaient les autres souches arrachées, il haussait les épaules, de dépit et de rage. Mortes les veines cachées par où montait pour tous la joie du vin nouveau ! Mortes les branches mères que le poids des grappes inclinait, dont le pampre ruisselait à terre et traînait comme une robe d'or ! Jamais plus la fleur de la vigne, avec ses étoiles pâles et ses gouttes de miel, n'attirerait les moucherons d'été, et ne répandrait dans la campagne et jusqu'à la Fromentière son parfum de réséda ! Jamais les enfants de la métairie, ceux qui viendraient, ne passeraient la main par les trous de la haie pour saisir les grappes du bord ! Jamais plus les femmes n'emporteraient les hottées de vendange ! Le vin, d'ici longtemps serait plus rare à la ferme, et ne serait plus de "chez nous". Quelque chose de familial, une richesse héréditaire et sacrée périssait avec la vigne, servante ancienne et fidèle des Lumineau.

Ils avaient, l'un et l'autre, le sentiment si profond de cette perte, que le père ne put s'empêcher de dire, à la nuit tombante, en relevant une dernière fois sa pioche pour la mettre sur son épaule : " Vilain métier, Driot, que nous avons fait aujourd'hui ! ".

Cependant, il y avait une grande différence entre la tristesse du père et celle de l'enfant. Toussaint Lumineau, en arrachant la vigne, pensait déjà au jour où il l'a replanterait ; il avait vu, dans sa muette et lente méditation, son successeur à la Fromentière cueillant aussi la vendange et buvant le muscadet de son clos renouvelé. Il possédait cet amour fort et éprouvé qui renaît en espoirs à chaque coup du malheur. Chez André, l'espérance ne parlait pas de même, parce que l'amour avait faibli.

" Extrait de la " Terre qui meurt " de René Bazin, chapitre IX dont j'ai repris le titre pour ma chronique. Le roman a pour cadre le Marais Vendéen , " territoire qui s'étend de Saint-Gilles à l'île de Bouin " La Vendée viticole de l'entre deux guerres, en superficie, se classait au 10ième rang des départements viticoles.  

 

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8 octobre 2006 7 08 /10 /octobre /2006 00:05

Me doter du prénom du saint ermite de Subiaco ne constitue pas en soi une agression et ma part de mauvaise foi dans cette affaire est épaisse. En ces années 60, qui se vautraient encore dans l'ignorance, le sexe du locataire de la matrice restait ignoré jusqu'à son expulsion. Me proposer un prénom tenait donc de la gageure. Eussent-ils essayé qu'ils se seraient heurtés au mur de mon insouciance. Je coulais les jours heureux d'un foetus anonyme, ignare ; des jours que je croyais éternels. Tel un coq en pâte je me contentais de prospérer. Certes je devinais à certains signes : ballottements, palpations, auscultations et autres effleurements plus étranges, l'existence d'un monde extérieur plus agité que ma paisible bulle. Inconscient, sûr d'une position définitive, j'étais injoignable.

A l'extérieur, personne ne se doutait que le ventre dodu de Madeleine, ma future mère, abritait un lascar peu enclin à abandonner son statut d'occupant provisoire. Le village jasait. Comment donc la Madeleine, passée la quarantaine, pouvait-elle s'être laissée engrosser ? Tomber enceinte à cet âge, en ces temps obscurs, dans ce lieu comprimé, choquait le sens commun. Remettre sur le métier l'ouvrage, pour des presque vieux, relevait de l'obcénité. Alors une telle incongruité poussait aux ragots la fine fleur des grenouilles de bénitier qui n'étaient pas encore une espèce protégée. Dès l'annonce faite à Madeleine, par le docteur Martin, de son nouvel état, elles persiflèrent " vous n'allez pas me faire croire que c'était voulu. Ces deux-là font la chose, dieu me pardonne de le dire, rien que pour leur plaisir. Cette Madeleine, qui se dit si pieuse, cache bien son jeu. C'est du feu qu'elle a aux fesses cette sainte nitouche. Pour exciter son Philippe elle sait y faire..."

" Des petites culottes en dentelles la diablesse... des dessous en soie... rouge... Prête à tout jvous dis... Non..on ! Bien sûr que si... Elle s'contente pas d'honorer son devoir conjugal la bougresse... Z'en êtes sûre ? Certaine ! Même qui font ça quand ça leur chante. Eulalie les a vu dans la pâtis de la touche, à genoux la Madeleine, elle y allait de bon coeur... Non ! cé pas dieu possible... Bé si, et pire encore, y s'contentaient pas que de ça... Ne me dites pas tout de même qu'ils... Ben sûr que si... les jupes relevées la Madeleine et l'autre grand satyre, ses pantalons affalés aux chevilles, boutait pire qu'un étalon... Vous croyez que l'avait choisi le bon endroit ? Y'en sais fichtre rien mais ô m'étonnerait pas que l'aille s'y fourrer... Pour sûr qu'à confesse, la Madeleine, doit avoir une belle tartinée à avouer à notre curé. Entre nous soit dit elle récolte ce qu'elle a mérité la gourgandine. Et pis, grosse à son âge, éva nous faire un benêt..."

  

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7 octobre 2006 6 07 /10 /octobre /2006 00:05

Voici la suite de la "résistible ascension du petit Pochon". Elle va vous surprendre mais c'est ainsi, je vous avais prévenu. Bonne lecture et si mes " épluchures de vie " vous plaisent dites le à vos amis pour qu'ils viennent faire un petit tour sur " Vin&Cie " l'espace de liberté... Bonne lecture et bonne fin de semaine.  Votre chroniqueur parfois déjanté.

Je suis né en siège, les pieds devant, expression d'ordinaire appliquée à ceux qui quittent la vie alors que moi j'y entrais, le cul en l'air, violacé et suffocant, façon toboggan. Position qui allait marquer durablement ma façon d'aborder la vie que je vis. Me laisser glisser sur la pente de mes inclinaisons les plus fortes. Ma génitrice, si elle aussi s'était laisser aller à suivre ce chemin, aurait du me prénommer Désiré. Ce fut Benoît, et ce fut ma première exécration. Je hais ce prénom. Bon fils j'ai toujours tenu ma mère dans l'ignorance de cette exécration. Avec moi c'est toujours ainsi, je garde tout à l'intérieur, avec soin. Soigneux et précis pour l'important, je ne suis pas pour autant rigide. Foutoir et bazar sont les fonds de commerce de mon quotidien plein d'histoires insignifiantes.

De ces petits riens mal rangés, en général, je n'en fais rien, sauf pour rêver. Ils sont la trame de mes rêves. Je brode. Depuis mes origines je rêvasse. Mon prénom abhorré, exécration native, c'est mon rêve fondateur, celui par qui tout a commencé. Enfiler des cotriades de rêves, au long de mes jours et de mes nuits, est extatique. Ca m'aide à vivre. Au commencement donc fut l'annonce de mon fichu prénom. Il m'est tombé dessus dans les minutes qui ont suivi mon expulsion. Déjà choqué par la position originale de ma venue je ne m'y attendais pas. Comprenez-moi, tout était allé si vite. Depuis deux cent soixante cinq jours, à couvert dans la tiédeur de ma bulle amniotique, je baignais dans le ravissement. Alors que je filais des heures heureuses, brutalement, sans préavis ni explication, on me fichait dehors. Ca augurait mal de la civilité du monde où l'on me précipitait.

 

Pourtant, la détestation de ce prénom, tombé sur ma tronche de fraîchement né, ne trouve pas son origine dans la brutalité de mon expulsion. En effet, sitôt bouté hors de mon paradis, j'étais prêt à faire contre mauvaise fortune bon coeur. Après tout, ce monde nouveau que j'abordais du bout de mes petits doigts de pied, pouvait lui aussi recéler des charmes identiques à ceux que je venais de connaître ; toutes ces douces heures passées à croître en paix. Mon amertume vient d'ailleurs. Nu, pitoyable et démuni je voyais le jour. Ebloui, en apnée, sans papier en transit, il me fallait du temps pour asseoir ma nouvelle position. Mes concepteurs n'en tinrent aucun compte. Avec une désinvolture frôlant l'arrogance, par dessus ma petite tête gluante, ils s'arrogèrent le droit de me prénommer. Me consulter s'imposait. D'ailleurs, ils eussent pu le faire au temps béni de ma réclusion.   

 

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6 octobre 2006 5 06 /10 /octobre /2006 00:05

Philémon Bossis, en écho à mon propre questionnement, dans les commentaires de ma chronique " dictionnaire des idées reçues " m'interpelle " c'est quoi, monsieur, un vin industriel ? " Je pourrais m'en tirer en répondant que si j'ai posé la question à monsieur Gerbelle c'est que je ne connaisssais pas la réponse. Mais, comme je suis un bon garçon et que je respecte mes lecteurs, je vais tenter d'éclairer le sujet pour Philémon.

Tout d'abord, c'est du vin selon la définition traditionnelle, donc le produit de la fermentation naturelle de jus de raisins frais. Pour industriel, reportons-nous au Robert qui nous réponds : qui à rapport à l'industrie. L'industrie c'est, au sens large, la transformation de matières premières en produits fabriqués, impliquant la centralisation des moyens de production, la rationalisation et l'utilisation du niveau technique le plus avancé de la mécanisation à l'automatisation. En France, la fabrication du vin, même dans les plus grands outils coopératifs, n'est pas le fait d'unité industrielle, de véritables wineries.

Pour autant, et c'est là où l'affaire se complique, l'utilisation du niveau technique le plus avancé, dans les vignes, comme dans les chais, est le fait, aussi bien des châteaux les plus prestigieux que de producteurs vins plus modestes. Comme dans le pain (cf mes chroniques sur la chaîne de boulangerie Paul des 2 et 3 novembre 2005) on peut à partir d'une matière première noble produire un produit de haute qualité en adoptant un process hyper rationalisé. Ainsi, à Laguiole, André Valadier, à partir d'un lait de vache Aubrac respectant des fondamentaux alimentaires, produit dans sa coopérative Jeune Montagne, sur la base d'un process industriel, un fromage AOC de haute valeur. Inversement, un process artisanal n'est pas forcément la garantie d'un produit final de qualité.

Mais, cher Philémon, nos vaillants pourfendeurs des vins, qu'ils disent industriels, utilisent à dessein ce qualificatif au sens du XIXième siècle " qui agit avec ruse et malhonnêté " en sous entendant produit en quantité industrielle, donc des vins uniformes, formatés, reproductibles à l'infini comme nos petites voitures : des vins Twingo avec des étiquettes flashies pour séduire le gogo. Car nous en France il nous faut produire que des Rosengard, du fait main, pièce unique et tout le tintouin. Ha, si les choses étaient aussi simples ça se saurait et ce n'est pas sur la base d'une approche volontairement réductrice, qui jette l'opprobe sur tout ce qui ne correspond pas aux canons de quelques juges aux élégances autoproclamés que nous apporterons aux consommateurs une information digne de notre produit.

Quand cesserons-nous d'opposer des modèles fantasmatiques ? Notre France du vin est, pour une part, vigneronne et c'est bien ainsi. Mais au nom de quel dogme devrions-nous priver l'autre partie de notre viticulture du droit de vivre sur des bases diférentes, correspondant à une demande solvable de grands pays découvrant le vin. J'ai écrit vivre, pas survivre Philémon, ce qui signifie que cette forme de viticulture puisse, en termes de compétitivité, s'adapter. L'espace de liberté c'est le desserement de la contrainte mais ce n'est pas pour autant le n'importe quoi. Quand accepterons-nous d'arrêter de nous envoyer à la figure des slogans ineptes ou d'inciter des viticulteurs à aller badigeonner sur les caves " non à Cap 2010 " alors qu'ils ne l'ont jamais lu. Les donneurs d'ordre ont la mémoire courte, comme leurs idées d'ailleurs. 

Chers lecteurs, je vous recommande la lecture du commentaire d'Antoine Gerbelle sur la chronique : dictionnaire des idées reçues. C'est long mais "brillamment" argumenté. J'adore, je suis ravi. A propos à la question : qui lit la RVF ? la réponse cher monsieur Gerbelle : moi. Une petite précision : je ne chasse pas avec l'homme de la GD, car 1 je chasse pas, et 2 ce n'est pas mon ami. Désolé mais ce type d'insinuation relève des procédés d'une certaine presse. Pas vous, pas ça monsieur Gerbelle... A la prochaine pour déguster un bon petit vin pas cher...
  

  

 

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5 octobre 2006 4 05 /10 /octobre /2006 00:06

Une agence de notation est une entreprise ou une institution chargée de la notation des entreprises selon certains critères définis par une règlementation ou par les acteurs de marché. Les plus anciennes et les plus connues sont les agences de notation financière. Ces dernières années on a vu apparaître, dans le domaine du développement durable, des agences notant les entreprises selon des critères sociaux et environnementaux. La plus connue, du fait de la notoriété de sa créatrice Nicole Notat, est Vigeo (bonjour Catherine, j'espère que vous allez bien...)

Ma proposition matinale est de soumettre à la notation, par une agence indépendante, nos fabricants de guides ou autres classifieurs patentés sur la base :

- de la transparence et de la non discrimination dans l'accès à l'échantillon soumis à leur jugement ;

- de la certification d'une dégustation totalement anonyme.

Ainsi, l'acheteur pourrait être rassuré sur l'impartialité et sur le professionnalisme des experts qui le conseillent. De plus, une telle notation permettrait aux vignerons ou coopératives ou négociants de soumettre leurs vins à des gens déontologiquement irréprochables. Enfin, une telle procédure permettrait, peut-être, de donner à nos éminents faiseurs ou défaiseurs de notoriété, une audience internationale qui, pour l'heure, leur fait cruellement défaut. On peut exécrer monsieur Parker, mais pour lui, c'est le cas.

Comme tout cela coûterait un peu d'argent, nos belles interprofessions de tout poils et de toute obédience pourraient régler la facture car il en va de la notoriété et du rayonnement dans le monde de nos vins. Bien évidemment, la notation des notateurs ne porterait que sur les procédures. Pour le reste on en resterait à la glorieuse incertitude de leur subjectivité. Qu'en pensez-vous chers lecteurs ?

à vos claviers...

 

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3 octobre 2006 2 03 /10 /octobre /2006 00:03

Au temps des foires aux vins, nos gens de médias bien moutonnier se doivent de parler du vin. A France Inter, radio de service public, sérieuse donc, Isabelle Giordiano et Yves Decaens s'y collent dans leur émission Service Public en posant une bien étrange question : un bon vin est-il forcément cher ?

Un bon vin c'est quoi ? Monsieur Gerbelle, qui vend du guide, le sien, y répond dans le titre de son opus " les meilleurs vins à petits prix " et les meilleurs pour lui sont les bons car les autres ne sont pas bons car ce sont des vins industriels. Cé quoi un vin industriel ? Un vin ki n'a pas droit de cité à la RVF ? A propos ki lit la RVF ? Cétyzin un vin de coopé ou un vin de négociant ou un truc kevouzête kapable de déceler à l'aveugle monsieur l'expert ? Je sais par avance que je ne recevrai aucune réponse à mes questions car elles dérangent votre fond de commerce. Moi je ne vends rien, je ne suis qu'un expert de service public, madame Giordano et monsieur Decaens, et je ne brasse pas les idées reçues qui plaisent tant au microcosme.

Le vin n'est pas indispensable à la vie, c'est un produit culturel donc... la messe est dites selon Antoine Gerbelle. Faux, archi-faux, le vin est un produit social, comme la mode, qui elle aussi n'est pas indispensable à la vie et pourtant ? Je peux me permettre, étant donné ma futilité d'amateur de fanfreluches, de demander à Isabelle Giordano si, pour elle, la notion de cherté à un sens pour un bout de jupe : " une bonne jupe est-elle forcément chère ? " Tati, Zara, H&M, Victoire, Paule Ka, Dior ou Lacroix ce n'est pas tout à fait le même tarif et pas la même clientèle car je signale à nos deux journalistes que les porte-monnaies dans ce pays n'ont pas tout à fait la même épaisseur. La notion de cherté est relative. Quand à juger de ce qui est bon ou mauvais, seul le j'aime ou j'aime pas est respectable. Tout le reste est l'apanage de la critique, et la critique française dans tous les domaines culturels exècre tout ce qui touche la masse.

Moi je suis partisan du tout est possible. Foin de tous ces conseilleurs qui nous prennent la tête avec leurs jugements de soi-disant experts. Tous ces empesés qui nous bassinent avec leur sabir de dégustateurs. Maintenant  pour aller faire pipi nous devrons sans doute consulter des guides avec classement, localisation et agrément. Chacun est libre de trouver son plaisir là où il a envie de le trouver. Jeter l'opprobe sur tout ce qui n'entre pas dans son petit cercle d'expert relève du mépris. Qu'il y ait dans ce pays des vins indignes je suis le premier à le dénoncer, à l'écrire dans un rapport officiel, mais, que diable, il n'y a pas que le modèle Thiérry Puzelat dans notre beau pays. Moi je respecte sa démarche mais pourquoi laisser entendre que ce qui se fait autrement est mercanti, daubesque et indigne de réjouir monsieur et madame tout le monde. C'est du gaucho-poujadisme facile qui donne bonne conscience aux élististes qui veulent se préoccuper du bien être bon petit peuple qui n'y connait rien.

 

   

 

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2 octobre 2006 1 02 /10 /octobre /2006 07:43

Connaissez-vous les déodatiens ?

La réponse était dans le dictionnaire de monsieur Champagne que le petit Jésus - chez nous c'est lui qui garnissait les sabots - m'avait apporté à Noël. C'était une grosse boîte en carton imitant un livre. A l'intérieur un système de fiches subdivisées en deux parties : les questions et les réponses. L'innovation tenait en son électrification par une pile Wonder. On introduisait une fiche, type de celle des standardistes, dans le plot d'une question et il fallait ensuite effleurer la cosse d'une réponse. Si c'était la bonne, en bas de la machine magique, un gros OUI rouge clignotait.

Tout ces souvenirs me sont revenus en arrivant à la gare de Saint-Dié-des-Vosges dans l'autorail brinquebalant du Conseil Régional car les déodatiens sont les habitants de cette charmante sous-préfecture. Et dire que quelques instants auparavant, dans le Teoz Paris-Strasbourg, j'avais corrigé une faute d'orthographe sur mon blog du jour en me connectant, depuis mon PDA - petite boîte de 12x8 - sur l'Internet. Cinquante ans entre ma merveilleuse boîte électrique et mon petit boitier qui sait tout faire : de la pile Wonder à la puce électronique via le GPRS, l'histoire galope. C'est le cas aussi des temps de trajet puisque l'arrivée du TGV va le diviser par eux entre Paris et St Dié : 2H20 au lieu de 4H40.

Revenons au Vin, puisque mon déplacement dans les Vosges était motivé par l'animation d'un café géo, dans le cadre du FIG, sur le thème de l'opposition entre le Vieux et l'Ancien Monde. Il fait soleil sur StDié. Après le déjeuner, je flâne, fais une moisson de livres, vais déguster en compagnie du doyen Pitte quelques vins du Nouveau Monde, me fais tirer le portrait pour une publication viti-vinicole et enfin je me prélasse à la terrasse du Globe. Détail piquant, le patron propose systématiquement à ses clients du Tarriquet, qui, comme vous le savez, est un vin typiquement local. Ensuite, changement de fripes : mon costar Kennedy bien sûr, et puis je vais dîner au " Grand Café " rue Thiers. Excellente cuisine : petits rougets puis souris confite d'agneau, mais vins quelconques : un verre de Chardonnay de Bourgogne fadasse (le cépage écrit en gros sur l'étiquette) et un verre d'un Côteaux-du-Languedoc sans grand relief.

C'est l'heure du café géo. Nous avons du public, plutôt jeune, divers, c'est plein. Les clients pourront déguster des vins chiliens. L'exercice consistant à aborder des sujets, assez sérieux, debout derrière un bar, n'est pas évident, et pourtant, en dépit d'un micro défaillant, le public est attentif et, petit à petit, la mayonnaise prend. Résumer le débat est impossible mais le principal enseignement à en tirer c'est qu'il a été souvent plus profond et plus passionnant que beaucoup de débats professionnels. Vers 23h15, la salle est toujours pleine, applaudissements, ça fait plaisir. Ensuite, par petits cercles, les conversations se poursuivent. Pour ma part, je finis ma soirée au Faugères, un très bon, en compagnie d'un professeur de lycée, d'un journaliste oenologue lecteur du blog et d'un vigneron de Juliénas. Le prof et le vigneron me ramènent en voiture à mon hôtel dans la forêt vosgienne vers 1 heure du matin. Par bonheur nous ne croisons pas les pandores déodatiens.

Merci à Raphaël Schirmer de m'avoir invité et d'avoir co-animé ce débat, et à Annie, la patronne du 1507, de son accueil. Je suis prêt à recommencer car c'est un bon moyen de nous sortir de notre petit cercle où nous radotons. Croyez-moi ça intéresse plus les jeunes urbains désinvestis que les cérémonies des confréries bacchiques...

 

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