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24 août 2006 4 24 /08 /août /2006 09:58

Aider, rendre service, donner un coup de main à son voisin, le ciment de la vie sociale. Au temps des battages à la Mothe-Achard, avec la "vaneuse" de mon père nous faisions le tour des métairies selon un rituel immuable : la première servie de l'année n clôturait la tournée de l'année n+1. Le cycle s'inversait. Sur le chantier des battages la main d'oeuvre tournait aussi, échange de service, pas de monnaie, à charge de nourrir, bien nourrir, et d'abreuver la troupe : vive le noa sur le gerbier et le pailler !

Les temps modernes ont vu fleurir un produit hybride : l'aide publique. Je ne m'aventurerai pas sur le terrain du social me cantonnant à l'économie. Comme dirait le bon sens populaire ça part d'un bon sentiment : aider les jeunes à s'installer, le vieux à partir, les exportateurs à exporter, les boeufs à paître dans les prés, le vin à s'enrichir mais couche après couche ça se sédimente, seuls les spécialistes s'y retrouvent et les experts parlent d'effets pervers, d'effets d'aubaine, d'effets de seuils ; les exclus de favoritisme ; les contribuables de gabegie ; j'en passe et des meilleures... La liste est longue : les soutiens à l'agriculture 303 pages INRA éditions 2004.

Le plus beau cas d'aides perverses ce sont les restitutions à l'exportation dans le domaine des céréales. Au temps où la production, dopée par des prix artificiels, croissait sans limite elles ont fait accroire aux céréaliers français qu'ils étaient de vrais exportateurs, alors qu'ils se contentaient d'approvisionner à bon compte des monopoles publics et collatéralement de contribuer à finir de tuer les productions vivrières locales. Quand il a fallu revenir à la raison le régime des aides compensatoires à pris le relais et là c'est un roman qu'il faudrait écrire. 

Bref, moins y'en a mieux ça va mais comme toutes les addictions il est difficile de sevrer le patient brutalement et, dans certaines situations difficiles, c'est le seul et dernier recours. Deux exemples : le rachat des quotas laitiers aux éleveurs âgés à permis qu'ils partent avec une retraite plus décente et la collecte a été restructurée ; après les accords de Dublin les primes d'arrachages ont permis aux viticulteurs restants de rénover leur vignoble : mon ami Pierre Mirc m'a toujours dit que Limoux n'aurait pu prendre le virage qu'il a pris sans cet apport financier.

Un dernier point à souligner : le secteur du vin dans l'Union émarge très faiblement au budget communautaire et la réforme de Fisher Bohl va nous mettre face à nos responsabilités nationales. Enfin, pire que les aides publiques sont les services soi-disant offerts par des organismes prélevant sur la masse la manne qui finance ces soi-disant services... Là je mets les pieds dans une grande écuelle et je me méfie des éclaboussures.

Ce billet est dédié à un fidèle lecteur et pugnace commentateur : S.Courrau. Les autres prenez de la graine :  à vos claviers et souris ! Vous pouvez même m'adresser des messages qui ne paraîtront pas sur le blog mais me seront destiné sur ma messagerie : il vous suffit de clicquer tout en bas du blog sur contact

    

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23 août 2006 3 23 /08 /août /2006 08:00

Août 2001, nous avions décidé de suivre le sentier Stevenson dans les Cévennes, de le faire bien sûr avec un âne pour compagnon, en l'occurence comme pour Robert-Louis une ânesse prénommée non pas Modestine mais Sarriette. Je venais de remettre mon rapport au Ministre et ... c'est une autre histoire. Ce matin je vous offre un extrait du Journal de route en Cévennes de R.L.Stevenson.

 

Vendredi 4 octobre Adieu Modestine !

 

Examinée le matin du 4 octobre, Modestine fut déclarée inapte à voyager. Il lui fallait au moins deux mois de repos, d'après le palefrenier(...) je résolus de vendre mon amie et de partir par la diligence cet après-midi là (...) Notre marche de la veille, avec le témoignage du charretier qui nous avait suivis dans la montée de Saint-Pierre, fit une bonne réputation sur les aptitudes de mon ânesse. Des acheteurs éventuels furent au courant d'une occasion sans pareille. avant dix heures, j'avais une offre de vingt-cinq francs ; et avant midi, après une rude discussion, je la vendis avec la selle et tout le reste pour trente-cinq francs (...)

 

Encore une chose à noter. Le phylloxera a ravagé les vignobles dans le pays, et au petit matin, sous les châtaigniers près de la rivière, j'aperçus un groupe d'hommes travaillant à un pressoir de cidre. comme je ne compris pas tout de suite ce qu'ils faisaient, je demandai à l'un d'eux de m'expliquer : " On fait du cidre " dit-il, " oui, c'est comme ça. Comme dans le nord ! ". La voix vibrait, sarcastique : le pays allait au diable.

 

Ce ne fut pas avant d'être installé à côté du cocher, et de rouler dans une vallée rocheuse, entre oliviers nains, que je me rendis compte de mon deuil. j'avais perdu Modestine. Jusqu'à ce moment-là, je croyais que je la détestais ; mais maintenant qu'elle était partie, " Oh ! quelle différence pour moi "

 

Pendant douze journées, nous avons été d'intimes compagnons : nous avions parcouru plus de cent-vingt milles, franchi mainte crête vénérable et trottiné de nos six jambes par mainte route de traverse rocheuse et bourbeuse. Passé le premier jour, bien qu'offensé parfois, et distant d'allure, j'étais resté patient ; et quant à elle, la pauvre, elle en était arrivée à me considérer comme un dieu. Elle aimait manger dans ma main. Elle était patiente, élégante de forme, couleur d'une souris idéale, et petite inimitablement. Ses défauts étaient ceux de sa race et de son sexe ; ses vertus lui étaient propres. Adieu, et si c'est pour toujours...

 

Le père Adam avait pleuré quand il me l'avait vendue ; après l'avoir vendue à mon tour, je fus tenté par son exemple ; et me trouvant seul avec un cocher de diligence et quatre ou cinq jeunes gens d'agréable compagnie, je n'hésitai plus à céder à mon émotion."

 

 Croyez-moi depuis mon compagnonage de huit jours avec ma Sarriette j'ai pour les ânes une tendresse et un respect bien plus grand que pour beaucoup d'humains...

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22 août 2006 2 22 /08 /août /2006 08:57

Notre jeune pousse de club, ce "Sans Interdit" toujours sous serre, nous avons pour ambition d'en faire un advocacy tank à part entière. J'entends déjà les ricanements et les réflexions peu amènes de ceux qui trouvent que je suis un agité du bocal et que j'ai le chou trop large mais, comme je m'en tamponne le coquillard, vu leur efficacité au cm2, je persiste et je signe. Kes céke ça un advocacy tank ?

Une des quatre variétés principales de think tanks qui sont comme chacun sait des " laboratoires à idées ", des " creusets de la pensée ", un nouveau concept venu du monde anglo-américain que la langue et le monde politique français ont du mal à intégrer. Les advocacy tank ont un objet plus restreint, ils sont au service d'une cause précise, ils produisent des idées et des recommendations qui se conforment à un socle de valeurs communes et un axe d'argumentation précis. Leur but est intéressé : gagner la bataille des idées. Pour "Sans Interdit" cette définition lui va comme un gant.

Mais, comme nous sommes au pays des sceptiques et du non d'abord, comme le souligne Pascal Lamy le DG de l'OMC "La notion de "think tank" suscite pourtant encore une certaine méfiance en France. On l'associe à cet autre concept sulfureux venu d'outre-Atlantique : le " lobbying ", officiellement banni du vocabulaire institutionnel hexagonal. Pourtant, plus personne ne croit en France que nos élus politiques, armés d'une administration omnisciente, sont en mesure de déterminer l'intérêt général in abstracto, et que celui-ci ne serait aux Etats-Unis que le résultat de la compétition entre intérêts égoïstes. Cette opposition est simpliste..."

On va m'objecter que pour vendre du vin ya pas besoin de gagner la bataille des idées... Erreur tragique qui nous confine dans une stratégie de ligne Maginot : nous défendre, ratiociner sur tout et rien pour céder sur tout au bout du bout. " Dans le monde moderne, qui est un monde du savoir, les Britanniques savent s'approprier la pensée, jouer avec brio de la stratégie de l'information. Cette capacité à utiliser la recherche et le monde universitaire pour étayer leurs thèses, les français ne l'ont pas assez." C'est de Pervenche Bérès - la filleule de Jean Pinchon, députée européenne socialiste, peu soupçonnable d'avoir un faible pour ce type de structure -  elle ajoute " Ce qui m'agace c'est que parfois les Français ont raison mais ils ne savent pas vendre leurs idées."

Nous avons, même si leur modestie doit en souffrir, les meilleurs experts européens du vin : Françoise Brugière, Patrick Aigrain et sans doute dans leur coin quelques autres à l'INRA ou dans nos Ecoles. Je l'ai constaté il y a deux ans lors d'un colloque organisé par la Commission européenne : ils dominaient le sujet de la tête et des épaules. Que faisons-nous pour mobiliser cette matière grise, mettre en réseau nos pôles d'excellence : est-il donc impossible de connecter Bordeaux à Montpellier et à Dijon ? Chacun dans son coin et les cochons seront bien gardés et nos amis anglais les mieux placés...

Bref, à " sans Interdit " nous assumerons notre statut d'advocacy tank pour sortir le vin de nos débats gaulois, faire comprendre aux décideurs que c'est le seul produit agricole à vocation exportatrice, à potentiel de développement, capable de conjuguer tradition et modernité à condition de ne pas le confiner dans une vision étriquée et défensive.

Je vous conseille de lire  Les Think Tanks cerveaux de la guerre des idées de Stephen Boucher et Martine Royo éditions le Félin...

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21 août 2006 1 21 /08 /août /2006 09:35

Août s'enlise dans le crachin et la grisaille alors je fais la grasse matinée et ce samedi après-midi j'ouvre mes boîtes d'archives et je trie : les invitations, les photos, les coupures de presses, les cartes tricolores, les menus... Je suis un conservateur. Aucune nostalgie, rien que des traces du temps passé, la remontée en surface de souvenirs et, bien sûr, l'occasion d'alimenter ma chronique : pire que le sparadrap de Tryphon dans Tintin et Milou ce Berthomeau...

Chaque Ministre est flanqué d'une secrétaire particulière chargée notamment de gérer son agenda. Françoise, l'une d'entre elles, débarquait souvent dans mon bureau pour me demander à propos d'une invitation ou d'une intervention : on fait quoi ? J'aurais été un excellent chambellan chargé des menus plaisirs à la Cour du Roi. Ce jour-là il s'agissait d'une invitation  de la baronne Philippine de Rothschild au dîner Opus One le 11 octobre 1988.

Excuser le Ministre. Nous étions hors délais, alors le téléphone et je me fais diplomate. En pure perte, je me vois enjoindre de venir en lieu et place du Ministre. Une dernière parade : je me déclare allergique au costume de pingouin pour me voir répondre : venez en caleçon si ça vous chante mais venez... On ne résiste pas à Philippine de Rothschild. J'y suis allé, dans l'Airbus spécial très people parisien, en costume cravate et j'ai craqué.

Oui j'ai craqué face au gâteau de nouilles Mérilda une pure merveille pour moi qui suis capable de faire des folies pour un plat de pâtes au beurre. Mon seul vice (rires) même que lors de mes premières épousailles on m'offrit un carton de nouilles Rivoire et Carret (ha Robert pourquoi avoir abandonné Rivoire et Carret). J'en salive en écrivant. Pour l'histoire, avec un h un peu plus majuscule, ce dîner illustra pour moi l'irruption du Nouveau Monde dans l'univers " ça ne se fait pas cher ami " de Bordeaux et de ses environs : mes voisins et voisines de table s'en étouffaient presque en voyant ces yankees volubiles aller et venir sur l'estrade.

Je vous joins le menu frappé du profil de Philippe de Rothchild et de Robert Mondavi, le logo d'Opus One :

Dîner mardi 11 octobre 1988

Homard au safran

Grenadins de veau à la Girondine

Gateau de nouilles Mérilda

Fromage

Glace au rhum sauce chocolat

Robert Mondavi Chardonnay 1985

Opus One 1985 1984 1981

Château Rayne Vigneau 1943 

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18 août 2006 5 18 /08 /août /2006 09:50

Le secret fut bien vite partagé, telle une trainée de poudre l'histoire de Paillard le grippe-sou proposant au conclave d'allonger du blé pour faire tomber le petit Pochon dans le stupre et la fornication fit, en un rien de temps, le tour de South of France avant de sauter le Rhône par les Portes de la Méditerranée pour s'épandre jusqu'aux Jardins de la France et autres contrées dûment répertoriées dans le grand registre des appellations non contrôlées. On se gondolait dans les vignes. On se gaussait dans les caveaux. Certains mêmes envisageaient de créer une cuvée pour fêter l'évènement. Il y avait péril en la demeure, la dérision étant un poison mortel le Préfet de Région convoqua un quarteron de conspirateurs. Il leur passa un savon, les menaça de les faire convoquer à Matignon pour leur asséner en conclusion un avertissement qui les laissa sans voix : " ne touchez pas à Pochon ! Du moins pour l'heure, vu le bazar ambiant un bon leurre intelligent vaut mieux qu'une brassée de présidents... "

Ils s'en retournèrent la queue basse. Que faire ? Attendre ou, toute honte bue, allez faire allégeance au fringant élu ? Le silence de celui-ci ajoutait une touche supplémentaire au climat délétère. Pour faire bon poids, le contrôleur d'Etat, dans une missive bien torchée, leur signifiait que, même s'il n'était pas juge de l'opportunité des dépenses, les CVO ne pouvait être affectée à ce type de joyeusetés et qu'en conséquence s'ils persistaient dans leur décision il se verrait dans l'obligation d'en référer au ministre du budget. Les colonnes du temple déjà minées commençaient à s'ébranler et le Pochon restait toujours muet.

Les mois passaient. Et puis, dans la semaine du 15 août, un vendredi, Léon convoquait les journalistes au musée du vin, rue des Eaux dans le seizième. Entouré de Lucienne et de la petite Fougère face à un public clairsemé il lu la déclaration suivante : " Nous sommes las. En conséquence de quoi, ma tendre et charmante Lucienne, ici présente à ma droite,  a décidé de passer les Pyrénées pour profiter de l'espace de liberté ouvert par nos voisins Ibères. Je lui souhaite pleine réussite. Pour ce qui est de mademoiselle Fougère, jeune et légère, sur mon flanc gauche, les perspectives présidentielles lui donnent des ailes, elle ira donc voleter près de celle qui semble descendue du ciel. Bon vent ma belle. Et moi, pour paraphraser un président qui, au temps héroïque des vins de table eut le courage d'être devant ses troupes, afin de ne pas se désolidariser de ses pairs tout en marquant sa désapprobation face à leur politique de la chaise vide déclarait : mesdames, messieurs, je pars, mais je ne pars pas..." Le petit Pochon se leva et d'un petit geste du bras les salua.

C'est presque la fin. Si un jour le coeur m'en dit j'écrirai un épilogue à cette historiette...

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17 août 2006 4 17 /08 /août /2006 09:44

Rassurez-vous chers lecteurs, en dépit d'une météo en perdition, je ne tombe pas ce matin dans l'acronyme scato mais tout bêtement, en pédalant sur mon grand vélo, en passant à la verticale de la rue de Varenne, je me suis souvenu du temps où je nommais des PQ au Comité National de l'INAO (à l'époque y'en avait qu'un celui des vins et eaux-de-vie). Le PQ, personnalité qualifiée, est une espèce rare, un individu d'expérience, celui ou celle qui par son apport peut insufler à la réflexion et aux débats de ce cénacle convenu un petit souffle d'air frais. Bref, je n'irai pas au-delà de ce simple souvenir car ma plume se laisserait aller à des phrases assassines et je ne suis pas d'humeur, ni à verser dans l'assassinat, ni à tirer sur les ambulances. 

Imaginez-vous quand même, un bref instant, la tronche de certains si, par l'effet d'un égarement soudain, on me nommait PQ au Comité National Vins et Eaux-de-vie... Comme je vous l'ai déjà confié je suis d'humeur badine ce matin vu qu'en traversant la place de la Concorde je me suis pris un rayon de soleil en pleine poire et, qu'après tout, on peut toujours rêver et rigoler : déjà couvert d'honneurs, confère le who's who, ça ne ferait qu'ajouter une ligne de plus à mon curriculum vitae.

" On n'insistera jamais assez sur le fait que la science expérimentale a progressé grâce au travail d'hommes fabuleusement médiocres, et même plus que médiocres... Car autrefois les hommes pouvaient se partager, simplement, en savants et en ignorants, certains plus ou moins savants et plus ou moins ignorants. Le spécialiste n'est pas un savant, car il ignore complètement tout ce qui n'entre pas dans sa spécialité ; mais il n'est pas non plus un ignorant, car c'est un homme de science qui connaît très bien sa petite portion d'univers. C'est un savant-ignorant."

Cette phrase cruelle d'Ortega Y Gasset tirée de " La révolte des masses " 1930 Stock me rassure d'autant plus qu'en économie on ne fait pas d'expériences, on s'arrange avec le ciel et puis on voit ce que ça donne... Bonne et belle journée. Pour la page 123 alors où en êtes-vous ?

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16 août 2006 3 16 /08 /août /2006 09:46

Lundi 14 août, un temps de Toussaint, je sors mon imperméable et je pars en chine : direction les Puces de StOuen, le désert, presque tout est clos, même la France du bric et du broc a déserté, les rares badauds sont des étrangers qui s'en étonnent. Déjeuner d'une andouillette avec un ballon de rosé puis, même si le soleil pointe le bout de son nez je ne résiste pas au plaisir d'investir la plus belle caverne d'Ali Baba de vieux livres de Paris. On y joue une ouverture de Wagner : Rienzi...

Ma moisson me plaît. Deux petits paragraphes pour ce matin, pour ceux qui rentrent et pour ceux qui triment. C'est extrait de la prose de Gabriel Milési, un journaliste économique qui officiait sur France Inter, un môssieu bien informé donc, du genre je cotoie le pouvoir économique et financier, un bon colpoteur d'anecdotes du monde des affaires, j'adore...

"Sous Valéry Giscard d'Estaing, raconte Alain Chevalier(1), alors président de Moêt-Hennessy, n'importe quel attaché de cabinet de seizième ou de dix-septième rang était considéré comme supérieur à un chef d'entreprise et lui faisait faire antichambre. On tenait les patrons à distance, comme des gens compromettants, on multipliait les mesures vexatoires. Ciombien de fois me suis-je entendu dire par un camarade de promotion : " Mon pauvre ami, vous êtes dans le pinard..." ? "

Alain Chevallier, énarque, haut-fonctionnaire donc, homme de cabinet, directeur au Ministère de l'Industrie qui, après avoir pantouflé chez Sacilor, est celui qui a fusionné MH avec Louis Vuitton, un expert des allées du pouvoir de l'époque donc. A l'étage au-dessous, lorsque je suis entré à la SVF beaucoup de mes collègues ont trouvé que ce n'était pas très convenable. Les temps ont un peu changé, même si la césure existe encore entre ceux qui vendent du luxe : champagnes et grands crus et la piétaille qui se contente de fourguer des boutanches plus modestes.

Après réflexion, je garde le second paragraphe pour ma gouverne personnelle, c'est page 123, une belle carte de visite, celle d'un homme qui " tient le monde du vin " (sic), après tout les petits curieux que vous êtes n'ont qu'à faire comme moi, chiner pour trouver le bouquin de Milési au titre raccoleur " Les Nouvelles 200 familles " les dynasties de l'argent, du pouvoir financier et économique publié chez Belfond en 1990. Bon courage ! Au téléphone peut-être je vous mettrai sur la piste...

 

 

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15 août 2006 2 15 /08 /août /2006 10:59

Pour ceux qui débarquent dans mon espace de liberté je rappelle que l'histoire de la résistible ascension du petit Pochon est une pure fiction commencée le 22 mai. Pour prendre l'histoire par le bon bout rendez vous sur la page du 22 mai. Ensuite les épisodes sont datés des 23,24,25,26 mai ; puis des 2,5,7 et 9 juin ; puis des 10,14,17,20,24,26,28 et 29 juillet ; enfin en août le 4... Bonne lecture ! 

Que le petit Léon, fort du soutien de son père le gros Pochon, dans la foulée de son élection surprise, rafla sans coup férir la mise sur d'autres théâtres d'opération : passe encore, c'était le jeu normal des présidents gigognes ; l'occupation des espaces vacants permet de tuer dans l'oeuf les vélléités de petits caïmans. Qu'il se refusât de profiter, à tombeau ouvert, des douceurs afférentes à ses nouvelles fonctions, certes irritait, mais en faire état c'eut été mettre la puce à l'oreille des cotisants. Alors ils se turent jusqu'au moment où le petit Pochon dépassa les bornes - et comme chacun sait lorsque les bornes sont dépassées ya plus de limites - en proclamant dans les assemblées générales de la foultitude d'organismes oeuvrant pour le bien des viticulteurs qu'il fallait créer une maison commune, s'épauler, dépenser moins pour les murs, faire levier pour vendre, bref en finir avec les parlottes stériles et passer à l'action. La St Barthélémy des présidents, l'hécatombe, une saignée dans le grand tonneau, l'irruption d'un nouveau monde...

La patrie était en danger, en rêve certains voyaient leur tête tomber : insupportable ! Intolérable ! Une seule solution : l'éradication de l'empêcheur de tourner en rond. On convoquait un conclave au château des Burgraves. Alors ils sont venus. Ils sont tous là les petits et les grands chefs, leurs porte-flingues et leurs porte-serviettes, unis dans le courroux, désarmés mais remontés, soucieux de refiler la patate chaude au voisin de la table ronde. Adeptes des discours écrits par d'autres leur désarroi montait au fil des envolées des vieux routiers et du je parle pour ne rien dire des jeunes écervelés. A l'heure du déjeuner on frisait le bide complet et l'on sentait bien dans la majorité de l'assemblée qu'une minorité silencieuse préparait son ralliement au nouveau guide : Léon Pochon.

 A l'attaque du plat de résistance, le grand Paillard, en bout de table, se levait. Au centre, les 4 ou 5 éléphants plaisantaient. Il fallut l'intervention du consultant d'Ernest&Badaboum - en charge de l'animation du conclave - pour que l'harpagon des cépages puisse délivrer son message. Lui qui d'ordinaire était fielleux se fit mielleux, enrobant le petit Pochon de compliments " il touche juste et l'attaquer de front accroîtrait sa popularité... " pour mieux décocher sa flèche fatale " son point faible ce sont les femmes. Sa bite le perdra..." Il y eut des rires gras. Paillard, dopé, en termina " mettons-lui une catin entre les jambes ! Payons-nous un privé et nous le ferons chanter..." Effet garanti, comme des parrains à qui on aurait soumis un contrat sur la tête d'un renégat ils se levèrent pour faire une standing-ovation à un Paillard ragaillardi.

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14 août 2006 1 14 /08 /août /2006 08:14

C'est l'un de mes films cultes avec Redford l'homme qui parle si bien aux chevaux que les filles en sont folles et Faye Dunaway, un bloc de glace, la quintescence de la femme fatale, l'Anapurna du désir... Sorti en 1975, je l'ai vu à Montparnasse et, hormis mes fantasmes, " les 3 jours du Condor " de Sidney Pollack a renforcé en moi l'instinct de fouineur, le goût de l'imprévu, comme l'écrivait si bien Paul Guimard " l'ironie du sort".

Le pitch du film " Joseph Turner, romancier sans succès, est chercheur dans une société littéraire, qui est en fait un sombre rouage d'une sous-section de la CIA. Turner et ses collégues décryptent et analysent des romans d'espionnage afin d'y puiser des idées ou encore d'y trouver des traces de fuites. Il met à jour un réseau clandestin. Dès lors, la machine infernale se met en marche. Alors qu'il est sorti chercher le déjeuner, deux tueurs liquident tous ses collègues. Sous le nom de Condor il enquête... "

Dans l'une de mes chroniques post-vacances je vous ai fait part de mes lectures : Douglas Kennedy, James Ellroy et j'estime, même si ça peu paraître farfelu, que c'est un moyen très intéressant pour décrypter les modes de vie, comprendre, anticiper sur les attentes de ces êtres bizarres qui en viennent à consommer notre produit. Au lieu de gaver nos futurs marqueteurs ou vendeurs d'ouvrages savants, leur mettre entre les mains de la littérature US, hispanique ou nordique, exciterait leurs neurones mercantiles et surtout leur ferait comprendre que les autres, habitants du monde mondialisé, ne pensent pas forcément français avec de la paille dans les sabots.

Au temps de la parution de " Cap 2010 " pour mieux comprendre un de mes interlocuteurs importants j'ai pris la peine d'acheter et de lire "S'il suffisait d'aimer" un roman publié chez Fayard dont l'auteur sur la première de couverture déclarait pour tout identifiant son prénom : Clara. Eclairant mon cher Watson ! Comme ce début de mois d'août est un peu grisouné vous avez le choix entre les 3 jours du Condor et S'il suffisait d'aimer... Je ramasse les copies en fin de semaine. Bonne assomption de la Vierge chers lecteurs.   

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11 août 2006 5 11 /08 /août /2006 08:10

Pour en finir avec mon histoire de la SIDO, je me dois d'ajouter au tableau des menus plaisirs que le PDG avait une voiture de fonction, un chauffeur et des frais de représentation. Bref, administrateur de SOFIPROTEOL, ardent défenseur de l'huile d'olive, de la culture du lin et du chanvre, sous l'oeil rieur de JC Sabin et le sourire moqueur de Georges Robin je présidais, débonnaire mais soucieux du service à mes clients.

Je sais que ce n'est pas bien de dire clients, dans l'Administration on dit usagers mais moi quand j'entends ce mot je pense, pour avoir subi comme tout un chacun les affres du guichet, à usagé comme un machin dont tout le monde se fout. Mon souci de regroupement n'avait pas comme seule motivation de faire plaisir aux éminents conseillers de la Cour de la rue Cambon mais partait d'un constat simple : l'Office des Céréales et nous la SIDO avions, avec la réforme de la PAC, les mêmes clients, conséquence de l'assolement dans les grandes cultures. Mes actionnaires n'étaient pas très chaud, la perspective d'aller se dissoudre dans le monument de bureaucratie post-soviétique qu'est l'ONIC leur faisait craindre le pire. Je les convainquis. Je suis très convainquant vous savez.

L'ONIC et la SIDO distribuions une quinzaine de milliards d'aides directes (en francs à l'époque), un beau paquet de fric et bien sûr nous étions dotés chacun d'un Agent Comptable nommé par les tenants de la rigueur de Bercy. Toujours dans un souci d'économies et d'efficacité l'unification de nos Agences Comptables s'imposait. C'est à ce stade que l'histoire prend tout son piment car, à la Direction de la Comptabilité Publique, on décréta que pour compter ce tas d'or il ne fallait rien moins qu'un TPG (Trésorier Payeur Général). Fort bien : va pour un TPG qui, pour ceux qui ne le savent pas, fait partie du cercle d'or des fonctionnaires les mieux payés de notre pays.

Par la suite, discrètement, on me précisa que cet éminent fonctionnaire ne pouvait, sans déchoir, entrer en fonction sans qu'on nommât à son côté un fondé de pouvoir. En l'occurrence ce fut une femme charmante. Alors je fis mes comptes : le TPG + son fondé de pouvoir ça nous donnait une masse salariale très nettement supérieure à l'addition de ce nous coûtaient nos deux Agents Comptables. Nos " Coast Killer " de Bercy si intraitables pour le menu fretin oubliaient leurs calculettes : les postes de débouchés se faisant rares un maroquin de TPG supplémentaire c'est toujours bon à prendre.

Comme je le disais à Ginette Douard qui s'en offusquait : faites ce je dis mais ne faites pas ce que je fais. A signaler qu'aucun d'eux ne s'est soucié, de près ou de loin, du devenir du PDG qui, dans l'opération bien évidemment, se retrouvait le cul en l'air. Après tout, avec mon bras long et ma gueule enfarinée, je n'avais qu'à me démerder tout seul. C'est ce que j'ai fait. 

 

   

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