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6 janvier 2007 6 06 /01 /janvier /2007 00:08
Pour ceux qui débarquent sur ce blog ou ceux qui ont perdu le film de ce petit roman écrit au fil des week-end, s'ils veulent retrouver la chronologie il leur faut se reporter dans les archives au mois d'octobre puis rechercher la chronique du samedi 7 octobre : ne m'appelez pas Benoît. Ensuite, par saut de puces, week-end après week-end, remonter jusqu'à celle d'aujourd'hui. Bonne lecture aux courageux...

Flore conquise - la mère de Marie se prénommait Flore - il ne me restait plus qu'à affronter le grand homme. La paralysie générale, faute de transports en commun et d'essence pour les autos, me rassurait. Je pensais que le projet de Marie s'enliserait dans les sables de la grève générale. C'était sans compter sur sa tendre pugnacité. Sitôt congé pris de la vaporeuse et envahissante Flore, dans l'ascenseur la mâtine me sussurait, très bonbon anglais, " pour monter à Paris tu pourrais emprunter la 2 CV de ta copine Pervenche ? "
- C'est ça petit coeur et pour l'essence je fore illico Cour des 50 otages...
- Pas besoin mon Benoît, tu demandes des bons au Comité de grève...
- Et je dis quoi aux mecs du Comité ? Que c'est pour aller faire une virée à Paris pour demander la main de ma douce Marie à son père. Pas très porteur en ce moment les bonnes manières bourgeoises très chère...
- Tu leur dis que c'est pour une ambulance...
- D'où tu la sors ton ambulance fantôme ?
- Des Urgences mon amour, avec tous les tampons que tu veux. Je crois qu'ils adorent les tampons tes camarades du Comité...
- Tu ferais ça !
- Bien sûr mon Benoît, ce n'est pas trahir la cause du peuple. Tout juste un petit mensonge de rien du tout...
- Ma présentation à ton cher père ne peut pas attendre ?
- Non !
- Et pourquoi non ?
- Parce que c'est drôle...
- Pouce Marie ! Fais-moi un dessin, je me paume dans ta logique de fille.
- Pourtant c'est simple joli coeur. Imagine-nous sur les routes désertes, filant vers Paris, capote ouverte, cheveux au vent. Non, toi seulement. Moi, je mettrai un foulard noué derrière le cou. Très Jan Seberg. Aux carrefours nous passerons sous les regards étonnés des pandores. Bonjour, bonjour les hirondelles... Nous serons les rois du monde. Nous mangerons des sandwiches en buvant un petit rosé glacé. Nous entrerons dans Paris par la porte d'Orléans. J'y tiens. Puis nous descendrons les Champs-Elysées en seconde. Je prendrai des photos. Oui, pendant que j'y pense, il faudra que j'achète des berlingots pour papa. Il adore ça. Surtout ceux à l'anis. La Concorde, trois petits tours, et on débarque avenue de Breteuil chez le père. Rien que du pur bonheur !
- Dis comme ça ma douce je capitule. Reddition sans condition...

 

Ce qui fut dit fut fait. Marie était ainsi, un gros grain de folie dans un petit coeur simple. Nous débarquâmes donc, en fin de matinée chez le grand homme. C'est lui qui nous ouvrit, blouse bise ample, saroual bleu et sandales de moine. Chaleur et effusions, l'homme portait beau, un peu cabotin, la même coquetterie dans l'oeil que ma Marie - c'est l'inverse bien sûr - et surtout, une voix chaude, charmeuse et envoutante. Sous la verrière de son atelier, blanche du soleil au zénith, nous fîmes le tour de ses toiles récentes. Il s'était tu. J'estimai le moment venu d'avouer mon inculture crasse. Sa main se posa sur mon épaule, protectrice " avec Marie vous faites la paire mon garçon. Chirurgienne ! Un métier de mains habiles fait par des imbéciles prétentieux. Qui puis-je ? C'est de famille. Rien que des clones en blouses blanches ! Pour eux je suis le raté. Un millionnaire par la grâce des galeristes américains, l'horreur pour ces Vichyssois refoulés ! Ha, le Maréchal il allait les protéger tous ces bons juifs, bien français... Des pleutres, de la volaille rallié sur le tard au grand coq à képi. Et ils sont allés le rechecher pour défendre l'Algérie française. Bernés ! Mais on leur sert de l'indépendance nationale alors ils baissent leur froc. Ils se croyaient bien au chaud et vous déboulez, tels des enragés. Panique dans le Triangle d'or, tous des futurs émigrés..." Le tout ponctué d'un grand rire tonitruant et de rasades de Bourbon. Par bonheur, grâce à Marie, je carburais au Krug. L'homme pouvait se permettre de railler le héros du 18 juin, résistant de la première heure, à dix-huit ans, un héros ordinaire, compagnon de route des communistes un temps malgré le pacte germano-soviétique et les vilénies de Staline en Espagne, il rompra avec eux bien avant Budapest. Marie m'avait tout raconté sur le chemin de Paris.

 

  

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5 janvier 2007 5 05 /01 /janvier /2007 00:02

C'est l'histoire de jeunes gus, des JC, se revendiquant d'un groupuscule les JA, une histoire narrée par JB, tout ça sous le couvert de l'anonymat bien sûr, c'est une tradition locale qui permet de mieux coller au terrain déjà occupé par les VC du CAV. Donc des JC qui sont des JV des JA en voie de devenir des VC, s'en sont allés au petit matin sur une plate-forme de la GD, casser de la boutanche, épandre dans le caniveau du vin acheté 3 sous et revendus un peu plus cher qu'une bouteille d'eau. Des courageux ces petits gars, se lever si tôt pour se taper ce sale boulot c'est pas commun de nos jours où y'a que des ramiers dans les cités qui veulent plus rien branler. Pas feignants nos JC des JA sont aussi allés renverser des zotos de la DDA. Normal tout ça, rien que des naufrageurs du vin ces épiciers, ces gratteurs de papier, tout juste bons à être vilipendés.

Morale de l'histoire = un jour face aux majors du pétrole, des tout petits genre Standard Oil, British Petroleum, Shell, Total... qui faisaient que se foutrent de leurs gueules, les pays producteurs de pétrole ont créé l'OPEP. La suite vous la connaissez. Alors, un petit conseil aux JC en voie de devenir des VC, au lieu d'aller ouvrir des vannes de cuves de négociants ou casser de la boutanche de distributeurs, pour vous calmer les nerfs, vous feriez mieux de vous occuper de vos coopératives qui, pour le vin dont il s'agit, produisent au moins 80% de l'approvisionnement ; organiser un marché spot ; concentrer l'offre ; être des acteurs du marché... Bien sûr, là je parle anglais, je suis un libéral forcené, pas fréquentable ce JB. De plus, je comprends, moins de coopé, ça ferait moins de présidents, donc ça limiterait vos chances, petits JV, de faire carrière mais peut-être que ça vous éviterait de devenir des VC.

Je sais vous allez encore me dire que j'écris des trucs pour initiés. Comme je suis bon prince, pensez à Jacques Brel qui chantait que les bourgeois, plus ça devient vieux plus ça devient C... et que la connerie n'est pas le privilège de la Vieillesse ça touche sans distinction toutes les tranches d'âge, donc aussi ceux qui se disent Jeune. Pour l'autre V c'est facile sur un blog de Vin. Ceci écrit, ce qui me navre, c'est que ces JC, en passe de devenir des VC, confortent celles et ceux - des étranges petites bêtes qu'on nomme consommateurs - qui se disent, qu'après tout, arracher de la vigne dans des coins où les JC croissent comme du chiendent, c'est pas bien grave. Quand aux grands méchants loups - le genre Pernod-Ricard - qui pourraient vendre du vin français dans le vaste monde, ce n'est même pas la peine de tenter de les convaincre : le spectacle des JC s'ajoutant à celui des VC leur suffit... 

Note de l'auteur : le pourcentage de C... est constant dans toutes les catégories de la population.

  

     

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4 janvier 2007 4 04 /01 /janvier /2007 00:06

Moi c'est l'un de mes petits plaisirs mais...


Ce matin, si l'espace qui m'est imparti ici me le permettait, je vous l'aurais révélé en rébus mais...


Comme les oui mais mènent là où vous savez je vais me contenter d'un petit jeu de pistes...

 

Indice 1 : quelle est la belle province* qui produit une crème fraîche d'AOC ?


Indice 2 : quelle est la belle province* qui produit une eau-de-vie d'AOC originale ?


Indice 3 : quelle est la belle province* dont l'un des ports est ou était le comptoir importateur de café

 

Crème fraîche d'Isigny + Calvados + Café = ?

 

 

Irish Coffee ? No !

 

Normandy Coffee...

 

Copie ? No !

 

Deux  ingrédients sont des produits originaux non reproductibles ailleurs qu'en Normandie, donc c'est déposable...

 

English why ?

 

Pour plein de bonnes raisons : Guillaume le conquérant, la stupidité des politiques qui ont coupé la Normandie* en 2, le Y permet de déposer la recette...

 

Objection : ça existe déjà !

 

Ma réponse : qui le sait et qui en boit ?

 

Moi, bien sûr, mais, chers amis normands, pour le papy-boom en charentaises  qu'aime les douceurs, au lieu de créer des cocktails aux noms bizarres, faites-nous le coup du Normandy Coffee... Bonne Année à tous et à toutes sous les pommiers et les poiriers bientôt en fleurs... 

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3 janvier 2007 3 03 /01 /janvier /2007 00:04

Allier origine et espace de liberté, en voilà une belle intention en ce début d'année, c'est beau comme un voeu pieu et c'est voté à l'unanimité par l'assemblée générale du syndicat. Pour faire encore plus joli, les décideurs, yzont donné de jolis petits noms à leur segmentation autoproclamée : Collection, Style et Séduction, ça sent le chiffon - sous ma plume de mec qu'aime les fanfreluches c'est plutôt un compliment - ça a comme un petit air de Cap 2010 mais avec encore une forte dose de centralisme démocratique. N'en m'en veuillez pas de souligner aussi que ça vient un peu tard pour " réagir, profiter de la réforme de l'OCM et nous réorganiser pour faire face à un nouveau défi ". Tient donc, y'aurait donc bien un nouveau défi et ce "potentiel de 6 à 8 Mhl de cépages qui arrive" c'est, sans doute, aussi une découverte récente ?

Moi je n'ai rien contre les belles assemblées générales, bien huilées, avec des discours bien rodés ou prévisibles "le vin de pays de France qui serait un déversoir pour les excédents de volumes d'autres régions de France" ou "le combat main dans la main pour le partage de la valeur ajoutée" avec le négoce et les centrales d'achat ou l'accord à 80% avec le grand méchant loup BK à l'exception de l'assemblage des vins de pays déjà agréés (du bon + du très bon, c'est bien connu, ça fait du mauvais) et bien sûr, pour faire sérieux, un petit coup d'Ernest Young - à ne pas confondre avec Michael - pour souligner que dans l'affaire, telle qu'elle est menée, tout le monde y perd (cf ma chronique : destruction de valeur).

Trois questions simples :

- Collection, fille putative de Grand Oc, et l'appellation régionale Languedoc nous, les cons de conso, on s'y retrouve comment dans le linéaire commun régional South of France ?
- Le partenariat c'est quoi au juste ? Un truc dont on cause sur les estrades quand ça va mal ou un vrai projet " industriel " gagnant-gagnant, type Champagne, entre des partenaires économiques représentatifs du secteur...
- Pourquoi des vins " sans défaut, fruités, peu alcooleux, agréés par lot, pouvant recourir à toutes les pratiques oenologiques reconnues " et "capables de concurrencer les vins espagnols" sont-ils inassemblables par des "entrepreneurs du vin " avec des vins produits dans les mêmes conditions dans d'autres zones de vins de pays ? Une question de typicité, peut-être ?

Merci à ceux d'entre vous qui s'inquiètent dans leurs commentaires de mon activité professionnelle. A l'occasion je vous taillerai - j'ai pas écrit torcherai - une petite chronique sur cet important sujet.

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2 janvier 2007 2 02 /01 /janvier /2007 01:00

L'Erythrée qui sait où c'est ? La corne de l'Afrique, la télé en a causé la semaine passée : l'Ethiopie, la Somalie, une histoire de tribunal islamique, bref encore un truc entre affamés en guenilles armés par on ne sait qui... L'Erythrée est au nord de l'Ethiopie, à la frontière soudanaise. Ce matin, au lendemain de libations, je voudrais vous parler des hautes terres de l'Erythrée, là où il ne pleut quasiment pas une grande part de l'année, où il fait plus de 30° à l'ombre, et où pourtant il faut trouver de l'eau. La quête de l'eau c'est le quotidien des femmes dans ce pays encore meurtri après ses guerres contre l'Ethiopie. Un documentaire diffusé sur Arte, le 23 décembre " Erythrée, l'âne de la dernière chance" conte l'histoire de Lemlem, habitante d'un petit village niché à 2300 mètres d'altitude.

Lemlem a perdu son mari à la guerre et doit désormais nourrir seule ses dix enfants. Elle compte parmi les plus pauvres des 200 âmes qui vivent là. Chaque jour, elle descend à pied jusqu'à la source d'eau, deux heures de marche pour aller, trois pour remonter écrasée par la charge de vingt litres d'eau. Elle n'a pas les moyens de s'acheter un âne pour porter le bidon. C'est l'Union des Femmes Erythréennes qui va lui offrir un âne de bât, acheté 130 euros au marché aux bestiaux, à 60 km de là. Et la vie de Lemlem va changer. La bête est chérie. Elle vit devant la maison où elle reçoit chaque jour sa ration : les restes de farine.

A ce propos, je vous invite à lire en cliquant sur ce lien www.wfp.org/eb/docs/2005/wfp050974~2.pdf un projet de la FAO concernant le Programme Alimentaire Mondial pour l'Erythrée. Bien sûr, c'est un peu lourd, ça risque de rester sur nos estomacs repus après nos libations mais, puisque nous sommes en période de voeux, 130 euros, tout juste le prix unitaire d'un menu de réveillon de la Saint Sylvestre, pour un âne, peut-être que nous pourrions - je ne sais pas comment, mais ça doit être de l'ordre du possible - nous les gens de la convivialité, créer un lien avec l'Union des femmes érythréennes et... Ne vous privez pas du plaisir de me répondre, chers lecteurs assidus, et encore BONNE ANNEE !

Pour ceux qui aiment la tendresse : je vous conseille d'écouter ou de réécouter l'une des plus belles chansons de Pierre Perret : LILI (la Somali).

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1 janvier 2007 1 01 /01 /janvier /2007 00:00

bonne année bonne année bonne année bonne année bonne année bonne année bonne année bonne année bonne année bonne année bonne année bonne année bonne année bonne année bonne année bonne année bonne année bonne année bonne année bonne année bonne année bonne année 2007 à vous et à ceux qui vous sont chers bonne santé bonne santé bonne santé bonne santé bonne santé bonne santé bonne santé bonne santé bonne santé bonne santé bonne santé bonne santé bonne santé santé bonne santé bonne santé bonne santé bonne santé bonne santé bonne santé prospérité prospérité prospérité  prospérité prospérité prospérité prospérité prospérité prospérité prospérité prospérité prospérité prospérité prospérité prospérité prospérité  prospérité prospérité prospérité prospérité prospérité prospérité prospérité prospérité prospérité prospérité convivialité convivialité convivialité convivialité convivialité convivialité convivialité convivivialité convivialité convivialité convivialité convivialité convivialité convivialité convivialité convialité convivialité convivialité convivivialité convivialité convivialité convivialité amitié amitié amitié amitié amitié amitié amitié amitié amitié amitié amitié amitié amitié aamitié amitié amitié amitié amitié amitié amitié amitié amitié amitié amitié amitié paix aux gens de bonne volonté paix aux gens de bonne volonté paix aux gens de bonne volonté paix aux gens de bonne volonté paix aux gens de bonne volonté paix aux gens de bonne volonté paix aux gens de bonne volonté paix aux gens de bonne volonté paix aux gens de bonne volonté paix aux gens de bonne volonté paix aux gens de bonne volonté ...

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31 décembre 2006 7 31 /12 /décembre /2006 00:02

De fringant jeune mâle énamouré je passai à chiffe molle éberluée pointant grossièrement du doigt ce nom célèbre - en ce temps reculé on n'utilisait pas le qualificatif people - en balbutiant " c'est lui..." Ma Marie acidulée se gondolait gentiment " mais oui, mon Benoît, c'est lui... C'est un monument qu'il te faudra affronter par la face nord dimanche. Pour la minute contente-toi de maman. Elle c'est tout simple. Tu l'écoutes, elle adore ça..." Je bardai ce qui me restait d'énergie pour carillonner. Madame mère nous ouvrit dans un froufroutement vaporeux. Elle tenait du cygne et de l'échassier. Marie lui claquait une bise sur le front avant de me présenter d'un "c'est Benoît" si familier que j'eus du mal à me saisir de la main fine et blanche qu'on me tendait. Gauchement je l'agitais. On m'invitait, sourire narquois accroché à des lèvres discrètement peintes, regard mi-ironique, mi-étonné sous de longs cils, à m'asseoir sur un canapé blanc et long comme un chemin de halage. Je m'y sentais perdu. Marie s'était éclipsée. " Vous n'avez pas les cheveux longs..." me disait le flamand rose en se posant sur l'accoudoir d'un fauteuil en vis à vis. En un ultime effort je me tins droit et plantai mon regard dans ses yeux tilleul afin de ne pas m'attarder sur ses jambes croisées qui saillaient entre les pans du déshabillé.

A ce constat qui semblait la combler d'aise j'opposai un sourire béat. Vite il fallait que je me ressaisisse face à cette entreprise de séduction. J'optai pour la contre-attaque. Me levai. Elle réprimait un léger étonnement en posant ses mains sur le haut de ses cuisses découvertes. Sans me soucier de ce qui montait en elle, d'un pas décidé, j'allais me planter à la verticale de sa pause provocante. Elle frissonnait et se cabrait, ce qui avait pour effet de dénouer la fine cordelette enserrant sa taille. J'affichais mon sourire le plus carnassier. Elle tentait de reprendre contenance mais la soie glissait sur l'arche de ses hanches. A l'à pic de sa chevelure permanentée je me courbai en tendant ma main. Sa maigre poitrine palpitait. Je me saisis de sa main et j'y déposai du bout des lèvres un bref baiser. Puis, tel un officier au garde à vous, gants beurre frais, planté face à elle demi-nue, je lui fis cette étrange déclaration " madame si Marie n'existait pas je vous aurais fait l'amour sur le champ. Vous êtes belle et désirable. Je vous prie de bien vouloir ne pas m'en tenir rigueur..."

Pure invention de ma part que ce tableau vaudevillesque railleront les sceptiques. Ne leur en déplaise il en fut ainsi et je soupçonne fort ma tendre Marie d'en être l'auteur. Pour m'éprouver ? Non, je ne le crois pas. Plutôt pour solder de vieilles histoires mère-fille. Ma déclaration emplit le regard tilleul d'une fine brume dont je profitai pour l'aider à se remettre sur pied. Elle n'opposa aucune résistance. D'une main lègère je remis de l'ordre dans sa lègère vêture en laissant, un bref instant, mes doigts effleurer la peau blanc de lait de son ventre tendu. Je crus qu'elle allait défaillir. Ses doigts enserrèrent mon poignet. D'une voix incertaine elle me dit, sans relâcher sa pression " vous êtes un gentlemen. Je vous sais gré de votre franchise et de votre délicate attention. Marie nous a tant rabattu les oreilles de vos qualités Benoît que je n'ai pu résister à les mettre à l'épreuve. Mensonge de femme sur le déclin, cher enfant, je vous voulais tout simplement..." Nous nous sommes assis, côte à côte et, comme Marie me l'avais conseillé, j'ai écouté sa mère parler. Me parler d'elle, bien sûr. Quand ma frippone nous a rejoint, son petit sourire mutin, en disait plus long qu'un long discours.           

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30 décembre 2006 6 30 /12 /décembre /2006 00:02

Marie, ici, dans ce récit, restera Marie tout court. Il ne s'agit pas de ma part d'un choix mais d'une nécessité. Ainsi, je la garde et la préserve elle qui, tout au long de ce premier jour, ne fut que Marie. La révélation de son nom attendit le lendemain. Marie était ainsi, insoucieuse d'elle. Pour autant elle ne m'envahissait pas. Nous nous découvrions sans nous embarasser du fatras des apparences, par petites touches. Pour la première fois de ma vie j'agissais sans calcul. Imprégné de sa spontanéité je ne connaissais plus la peur de ne pas être à la hauteur. Il n'y avait ni barre, ni compétition, nul besoin de jouer, d'endosser mon rôle. Tout me semblait simple avec elle, et ça l'était. Alors ce fut Marie jusqu'au lendemain. La révélation de son nom, ce fut au sens propre une révélation, vaut la peine d'être contée car c'est la quintescence de ma Marie qui ne semait ni ne moissonnait.

Donc, le lendemain de notre premier jour, sous la douche, Marie me savonnait le dos. Je fermais les yeux sous le jet dru et je l'entendais me dire " dimanche nous irons voir mon père..." J'ouvrais les yeux avant de lui répondre un " oui bien sûr " comme si ça allait de soi. J'ajoutais d'ailleurs un " ça va de soi " qui la faisait rire. D'ordinaire, avec une autre, comme je suis un monsieur j'ai toujours le dernier mot, je me serais lancé dans une explication oiseuse. Là, sans réfléchir, je lui balançai très pince sans rire dégoulinant " et ta mère dans tout ça, elle compte pour du beurre..." en pensant sitôt que c'était peut-être une bourde " et si la maman de ma Marie était... " Mais non " la maman de ma Marie n'était pas " car ma Marie m'aspergeait en se moquant de moi " ne t'inquiète pas de maman mon canard. Elle, tu vas la voir dans une petite heure. C'est pour ça que je te récure. Maman est une obsédée de la propreté..."

   

La situation matrimoniale des parents de Marie était simple et originale. Toujours mari et femme, ils vivaient séparés : elle à Nantes, officiellement seule, en fait occupant la position de maîtresse du plus riche notaire de la ville : Me Chaigne ; lui à Paris, seul avec quelques éphèbes par ci par là. Entre Nantes et Paris leurs cinq enfants allaient et venaient. Marie m'exposa tout ça, au bas de l'immeuble de sa mère, en attachant l'antivol de son scooter. D'un air entendu, tout en lui caressant les cheveux, je ponctuais chacune de ses phrases par de légers " hum, hum..." qui traduisaient bien mon état d'absolue lévitation ce qui, en traduction libre signifiait " cause toujours ma belle. Tu pourrais m'annoncer que tu es la fille adultérine de Pompidou ou la bâtarde de Couve de Murville que ça ne me ferait ni chaud ni froid. Sur mon petit nuage je m'en tamponnerais la coquillette..." Nous prîmes l'ascenseur. Marie était resplendissante. Je le lui dis. Elle fit le groom. M'ouvrit la porte grillagée et d'un geste ample m'indiqua la porte sur le palier. La plaque de cuivre, au-dessus de la sonnette, me sauta aux yeux. Je découvris le patronyme familial. Le choc fut rude. 

Si vous n'avez rien à faire dimanche matin vous pouvez écouter, de 9h à 10h, la rediffusion de l'émission de France Inter " Interception " au titre prometteur " les crus sont-ils cuits ? " www.radiofrance.fr/franceinter/em/interception/

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29 décembre 2006 5 29 /12 /décembre /2006 00:03

En général les costumes pour obéir c'est pas des costumes pour travailler.

Panturle dans Regain de Giono

De grandes jeunes filles attendent que les malles soient enregistrées. Elles sont belles. Je les examine en me demandant si, habillées en ouvrières, elles seraient aussi belles.

Emmanuel Bove dans Mes Amis

Une vamp : c'est une femme qui met un homme d'abord dans son lit, puis dans le pétrin.

citation anonyme
Je me souviens que Benny Hill était doublé par Roger Carel
Patrice Delbourg
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28 décembre 2006 4 28 /12 /décembre /2006 00:03

Aujourd'hui nous fêtons les Saints Innocents, l'occasion pour moi de rectifier une erreur historique commise dans ma chronique de Noël : ce n'est pas Ponce-Pilate qui avait décrété le recensement mais Hérode, celui même qui ordonna le massacre des enfants de moins de 2 ans, provocant la fuite de la sainte famille en Egypte. Rassurez-vous, je ne me suis pas reconverti en chroniqueur des Evangiles, simplement, soucieux de paix, de concorde, d'harmonie, imitant en cela Bruno Kessler, si concensuel lors de " Service Public " je ne reviendrai pas sur l'émission d'hier. D'ailleurs, l'ami Pascal Frissant, qui parle avec tant de lyrisme du vin, un produit qui fait sens, a même convenu que BK des GCDF faisait bien son métier. Jouez hautbois, résonnez musettes... En fait, si j'ai bien compris, les naufrageurs de notre divin nectar, désignés à la vindicte vigneronne, n'étant que d'anonymes et insaisissables  " personnes morales " : l'Europe, les Ministères de l'Agriculture et de la Santé et, bien sûr, la Grande Distribution, je suis rassuré : notre beau et grand navire " vignobles de France " ne risque pas de sombrer dans un océan de vinasse formaté, marketé et boisé zavecdékopo... Ouf !

La crise continue, comme dirait Agreste, et je devrais rester sérieux face aux graves difficultés de notre viticulture. J'en conviens. Mais, convenez, vous aussi, que j'ai des circonstances atténuantes si je me laisse aller à raconter des petites histoires insignifiantes. Celle du jour : " moi sur la photo près du Ministre " est de ce tonneau. De quoi s'agit-il ? Pas de moi, bien sûr ! Mais, des grands chefs recevant le Ministre en déplacement, visitant une cave coop ou un vigneron indépendant. Dieu que ça fait de belles photos ! Contempler leur air ravi, leur contentement béat, ce côté je me pousse du col au plus près de celui qui me reçoit dans son grand bureau de Paris, est un grand moment de plaisir. Dans ma vie antérieure, j'ai pu de visu observer les savantes manoeuvres de certains pour se trouver, à tout moment, dans le cadre des photographes ou de la caméra. Des pro que j'vous dit... Je les imagine feuilletant leur press-book devant leurs mandants émerveillés par autant d'entregent.

Pour finir sur ce sujet je vais vous conter une histoire vraie sur ce thème. L'homme était brave. Il montait à Paris souvent mais jamais ne voyait le Ministre comme ses collègues de son département mieux loti que lui. Le brave homme s'en désespérait. Un jour, au téléphone l'un des grands présidents de son département me dit sur un ton limite couroucé " Tartemol a vu le Ministre... " Même pas une question, une affirmation, le sus-dit tolèrait mal cet empiètement sur son territoire. Etant le gardien de l'agenda de mon Ministre, je réponds : " Non, Louis n'a pas vu Tartemol..." A l'autre bout du fil le soupir est empli d'aise. Intrigué je demande quand même " quand dit-il l'avoir vu ? " La réponse fuse " Mercredi dernier, le matin..." Une fois la conversation terminée je jette un oeil sur le calendrier qui m'indique que ce mercredi-là était le 11 novembre. L'énigme était élucidée. Au matin de ce 11 novembre, avant de partir au Conseil des Ministres, Louis avait déposé une gerbe devant la stèle des fonctionnaires du Ministère morts au champ d'honneur en 14-18. Ensuite il avait serré des mains. Notre homme en était. Il n'avait pas menti : il avait vu le Ministre...   

   

 

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