Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
16 mai 2021 7 16 /05 /mai /2021 06:00

 

Le confinement m'a poussé à aller explorer les derniers vendeurs de DVD d'occasion de la place de Paris. J'y ai fait une petite razzia et j'ai déniché des pépites dont ce film : « Que Dios nos perdone »de Rodrigo Sorogoyen. 

 

Que Dios nos perdone [Blu-Ray]: Amazon.fr: Antonio de la Torre, Roberto  Álamo, Javier Pereira, Luis Zahera, Raúl Prieto, María Ballesteros, Rodrigo  Sorogoyen, Antonio de la Torre, Roberto Álamo: DVD & Blu-ray

 

Après le classique La 317e section, Arte proposera Que Dios nos perdone, un film espagnol très réussi sorti au cinéma durant l'été 2017. Notez qu'il est également disponible en replay sur le site de la chaîne. 

 

Couston de Télérama aime, normal  il est gore, Sotinel  du Monde exècre, ça ne m'étonne pas, un peu pincé du c...

Críticas de cine: 'Que Dios nos perdone', un asesino anda suelto por el  Madrid más castizo

Télérama

AbonnéCritique parJérémie Couston

 

Après avoir longtemps et volontairement dissimulé l’Histoire sous le formalisme, les films policiers n’hésitent plus à inscrire l’enquête criminelle dans le contexte politique et social du pays où elle se déroule. En situant son polar en 2011, dans un Madrid étouffé par la canicule et envahi par les fidèles de Benoît XVI et les manifestants du mouvement des Indignés, le cinéaste permet à sa fiction de se confronter au réel. Pendant que la jeunesse catholique communie dans l’allégresse et que la gauche espagnole se réinvente collectivement à la Puerta del Sol, deux policiers enquêtent sur une série de viols suivis de meurtres. L’opposition entre le sacré et le profane, entre la pureté et la corruption, vient contaminer les policiers eux-mêmes, en proie à des pulsions de violence qui les rapprochent de l’homme qu’ils traquent. Le flic bègue, d’un tempérament calme à côté de son collègue au sang chaud, devient ainsi, en présence de la femme de ménage qu’il convoite, un prédateur sexuel malgré lui. Dans cette ville grouillante de touristes et de militants qui cohabitent dans une relative indifférence, le tueur en série à la gueule d’ange vient rappeler que le mal peut s’immiscer partout. Après La Isla mínima (d’Alberto Rodríguez), qui mêlait déjà les codes du polar à la politique contemporaine, ce thriller vient confirmer l’excellente santé du cinéma de genre espagnol.

 
Que Dios nos perdone  : serial killer de série

L’interminable film noir madrilène de Rodrigo Sorogoyen exécute le programme habituel du genre.

Par 

Publié le 09 août 2017 à 07h18 - Mis à jour le 09 août 2017
Raul Prieto et Antonio de la Torre dans le film espagnol de Rodrigo Sorogoyen, « Que Dios nos perdone ».

L’avis du « Monde » – on peut éviter

Pour passer les Pyrénées aujourd’hui, il semble bien qu’un film espagnol doive emporter dans ses soutes une cargaison de cadavres (sauf s’il est piloté par Pedro Almodovar). Que Dios nos perdone ne fait pas exception à cette récente régulation européenne, qui propose une collection de corps de vieilles femmes, assassinées dans des conditions atroces. Cette série de meurtres suppose l’existence d’un meurtrier en série qui lui-même appelle l’apparition de policiers lancés à sa poursuite. Et comme nous vivons dans l’ère après J.-E. (James Ellroy), ces policiers seront tourmentés par des démons qui valent presque ceux qui poussent le serial killer à hâter la fin de ses victimes.

La formule a fait ses preuves et Rodrigo Sorogoyen l’applique consciencieusement, n’épargnant rien au spectateur des autopsies des victimes ni des détails de leurs tristes fins. Quand aux tribulations de la paire d’enquêteurs madrilènes – une brute épaisse et machiste (Roberto Alamo) et un bègue au bord de la schizophrénie (Antonio de la Torre) –, sa composition respecte la vulgate contemporaine du roman noir qui veut que les policiers portent et commettent tous les péchés du monde pour en préserver le commun des mortels.

Nauséabond et ennuyeux

Tout ceci a déjà été exécuté avec plus de brio, plus de sadisme, plus de voyeurisme, parfois par des cinéastes qui se souciaient d’autre chose que de secouer le spectateur. On dirait que cette fois, le réalisateur se soucie surtout de ne pas sortir des rangs de l’ultraviolence en remplissant un hypothétique contrat qui le lierait à un spectateur amateur du spectacle de la chair morte et de la déréliction des fonctionnaires de police. Ce qui donne un film à la fois nauséabond, ennuyeux et, à plus de deux heures, interminable. 

Partager cet article
Repost0
15 mai 2021 6 15 /05 /mai /2021 08:00

Présentation de Marie au Temple — Wikipédia

Pour maman j'étais l'expression la plus aboutie de ce qu'une mère pouvait rêver. Ses amies lui disaient « Madeleine comme vous en avez de la chance, votre Louis a tout pour lui... » Ce statut d'enfant doué, à qui l'on donnait le bon dieu sans confession, j'en avais joué tout au long de ma prime jeunesse pour préserver mon petit jardin d'intérieur mais aujourd'hui, introduire entre maman et moi, une femme aimée, celle avec qui je voulais partager mes jours et mes nuits, n'était pas chose simple. Jusqu'à ce jour, même si mon goût pour le butinage devait lui causer quelques frayeurs, un accident était si vite arrivé en ces temps obscurs, ma chère maman s'accommodait fort bien de ne voir aucune fille s'installer dans mon cœur d'artichaut. Lors de ma dernière visite je m'étais bien gardé de préparer le terrain. Maman n'avait rien perçu, les mères aimantes sont aussi aveugles que les maris trompés, ou les épouses d'ailleurs. Pas un mot sur Marie, je m'en voulais de ce manque de courage et, chaque matin qui se levait, je me disais que j'allais lui écrire une belle lettre et, chaque soir, en me glissant au plus près du corps de Marie, la mauvaise conscience s'installait. Comment le lui dire ? Lui dire tout simplement.

 

Dans nos conversations, parlant de mon pays crotté, de mon enfance de sauvageon, de mes ballades dominicales dans les métairies, avec mon père, pour voir ses clients si peu pressés de lui régler son dû, je ne cessais de dire à Marie « Tu vas lui plaire, il va t'adorer... » ce qui me valait en retour de ma douce et tendre un beau sourire ponctué d'un regard rieur qui me titillait. Moi je traduisais « Et ta maman, elle, elle va me détester. Je suis une voleuse, la rivale absolue, celle par qui le cordon invisible se rompt... » Jamais elle n'allait au-delà, Marie attendait. À la veille du 15 août je revins de Port-Joinville avec deux allers-retours pour le continent. « Je vais te présenter à maman Marie... » Son regard se voilait d'un léger nuage et, pour faire diversion, elle voltait pour que sa jupette tournoie « Je vais tout faire pour lui plaire mon amour… » Achille, lui aussi, esquissait une gigue pataude. Jean, de derrière son journal ouvert, en bon célibataire inoxydable commentait « Vous allez monter la première marche qui va vous mener à la salle à manger des petits bourgeois... »

 

Une petite heure de traversée et pourtant nous quittions l'île d'Yeu tous les deux accoudés au bastingage comme de grands voyageurs rompant les amarres avec leur vie d'avant. Jean, égal à lui-même, la veille au soir, nous avait sorti le grand jeu. Tournée des grands ducs chez nos plus gros clients puis dîner chez Van Strappen un antiquaire, très blonde oxygénée, avec solitaire au petit doigt. Tout au Krug millésimé pour une conversation très langue de pute. Marie, halée pain d'épices, mangeait des boudoirs de Reims rose qu'elle trempait dans le champagne aux fines bulles. Barbaresco, le grand noir, homme à tout faire de Van Strappen, flambait des langoustes au Richard Hennessy en un rituel sauvage : sur un billot de bois d'un coup précis de hachoir de boucher il les tranchait en deux, vivantes, sans s'émouvoir de leurs violents et désespérés coups de queue ; puis les grillaient sur de la braise vive : les chairs exhalaient leur puissant parfum de roche iodée. La flambée, haute et incandescente, illuminait la terrasse et Jean, ludion, n'en finissait pas de lever sa coupe en marmonnant « Le problème avec la champagne c'est que ça pétille, les bulles mes amis sont des traîtresses, elles amusent la galerie, vous font des ronds de jambes, vous aguichent et pfutt, disparaissent... »

Partager cet article
Repost0
15 mai 2021 6 15 /05 /mai /2021 06:00

Angela Raubal en compagnie d’Adolf Hitler, lors d’un week-end en Bavière, en 1929. Rue des Archives/©Suddeutsche Zeitung/Leemage

Avec pour modèle évident La Trilogie berlinoise de l’Écossais Philip Kerr, Fabiano Massimi, bibliothécaire italien, marie avec talent le roman policier et le roman historique.

 

Le roman s’ouvre à Munich, le 19 septembre  1931. En pleine OktoberFest, la fête de la bière, dans un immeuble du très chic quartier de Bogenhausen, le cadavre d’une jeune femme vient d’être découvert, un pistolet Walther PPK à ses côtés. À première vue, tout porte à croire qu’elle s’en serait servie pour se tirer une balle dans la poitrine. Et pour corroborer cette version des faits, la chambre à coucher dans laquelle son corps a été retrouvé était fermée à clé de l’intérieur. Il s’agit d’Angela Raubal, 23 ans. Les enquêteurs, sous pression de leur hiérarchie, concluent à un suicide. Pourtant, des témoins assurent que son visage était abîmé, qu'ils y ont vu des traces de coups. Et qu’elle venait de se disputer avec son oncle, un certain Adolf Hitler. Les deux, dit-on, entretenait même une relation secrète. Voilà la trame du premier roman de l'Italien Fabiano Massimi, L'ange de Munich.

 

L'Ange de Munich - broché - Fabiano Massimi - Achat Livre ou ebook | fnac

 

Avec un Hitler sur la sellette, c’est à se demander pourquoi à peu près personne n’a entendu parler de cette affaire avant que l’Italien Fabiano Massimi n’en tire le roman policier L’ange de Munich.

 

« Moi aussi je ne la connaissais pas, explique Fabiano Massimi. Jusqu’en juillet 2018, cet été-là, il lit Munich de Robert Harris, un roman historique qui se penche sur les jours qui ont précédé les accords de Munich et qui, à un moment, mentionne l’existence de Geli et de sa chambre, conservée comme un mausolée. Ce moment, a changé sa vie. Il a toujours voulu écrire, mais il y a déjà tellement de bons livres qu’il se disait : « Pourquoi en écrire un de plus ? ». Grâce à Geli il a trouvé une raison valable d’écrire. « J’ai voulu raconter son histoire pour qu’elle ne soit pas oubliée, pour que Geli ne soit plus complètement effacée de l’Histoire. »

 

Fabiano Massimi (Italie) : bibliographie - Polars Pourpres

 

Dans la « vraie vie », Fabiano Massimi est bibliothécaire. Ce qui veut dire qu’il est capable de trouver à peu près tout ce qu’il veut dans les livres. « En quelques mois, j’ai ainsi pu récolter énormément d’informations sur Geli, faire des liens et établir une chronologie, précise-t-il. À l’heure actuelle, j’ai probablement plus de livres sur Geli que n’importe qui au monde ! Ça a été très dur pour mon épouse, car durant tout ce temps, ce n’était que Geli ci, Geli ça. J’étais complètement obsédé par elle ! Geli était une femme fascinante, et elle le savait. D’ailleurs, de son vivant, beaucoup de gens l’enviaient. Mais à cause de l’amour ambigu que son oncle Adolf lui portait, elle vivait dans une cage dorée et avait compris que jamais il ne la laisserait partir avec un autre. »

 

Entre fiction et réalité

 

En gros, presque tout ce qu’on peut lire dans L’ange de Munich est vrai. « Si on se fie aux documents, beaucoup de choses bizarres se sont produites après la mort de Geli, poursuit Fabiano Massimi. Il n’y a pas eu d’autopsie, sa dépouille a été envoyée à Vienne sans motif valable, toutes les photos prises par les enquêteurs ont brûlé dans un incendie... C’est comme si on avait cherché à la faire disparaître une deuxième fois. »

 

Si l’ouvrage s’appuie sur des faits (en plus d’être sa nièce, Geli était sa maîtresse, et Hitler avait un penchant pour des pratiques plutôt perverses), on peine à démêler le vrai du faux du récit.

 

Où s’arrête la fiction ?

 

Où commence la vérité ?

 

En réalité, la vérité du qui et du pourquoi a toujours été camouflée. Fabiano Massimi propose donc sa version, comprend-on dans sa (trop courte) note finale, un post-scriptum justificatif qu’on aurait souhaité plus explicatif, pour conclure une si vertigineuse et accrocheuse lecture.

 

Il en résulte un polar palpitant qui, en plus de rendre enfin justice à Geli, nous en apprend beaucoup sur le futur Führer.

 

Pour tenter de faire la lumière sur cette affaire, le commissaire Siegfried Sauer et son adjoint Helmut Forster ont rapidement été mandatés. Tous deux de la police criminelle de Munich, ils ont réellement existé et réellement enquêté sur la mort de Geli. Grâce à Fabiano Massimi, on pourra ainsi les voir à l’œuvre... et voir aussi à quel point l’époque était aux mensonges et aux faux-semblants.

 

 

Pour ce palpitant thriller historique campé en pleine ascension du fascisme, Fabiano Massimi reconstitue minutieusement le puzzle à l’aide de morceaux glanés patiemment au cours de ses recherches et d’éléments hypothétiques.

 

Si l’époque dépeinte donne déjà froid dans le dos, Massimi introduit dans le récit d’incontournables personnages historiques qui y ajoutent une dimension anxiogène, parmi lesquels Hitler, avec son « regard aussi dur et translucide que du diamant », ainsi que Himmler et son « sourire plus faux qu’un billet de trois marks ».

 

Le romancier se plaît aussi à épaissir le mystère et le climat de paranoïa à l’aide de scènes oniriques, d’apparitions de sosie et de personnages aux contours flous, de secrets honteux que l’on menace de déterrer et de laconiques messages que l’on retrouve près de cadavres… Détentrice de la vérité, la défunte Angela hante le lecteur autant que les personnages.

 

Sources : ICI 

 

Partager cet article
Repost0
14 mai 2021 5 14 /05 /mai /2021 08:00

Quand les Soviétiques sont arrivés à l'écrasement du Printemps de Prague,  1968 ⋆ Photos historiques rares - Et l'histoire derrière eux ...

Quand nous discutions, surtout lorsqu'elle se passionnait, Marie jouait en permanence avec le troisième bouton de ses corsages ; j'adorais ce geste léger, instinctif. Voulait-elle le défaire ou vérifiait-elle qu'il fût bien en place ? Balancement ou équilibre, je fixais le jeu de son pouce et de son index avec volupté. Parfois, dans le feu de la conversation, la barrière du troisième bouton tombait, les pans du corsage s'entrouvraient, découvrant la naissance de la gorge de ses seins.  Je la désirais alors, avec une force brutale que je refrénais. Souvent je me levais pour lui caresser la nuque. Sentir au bout de mes doigts le grain si fin de sa peau m'apaisait. Transfuser de sa chaleur adoucissait le tranchant de mon sexe de silex. Marie attrapait ma main. Je la laissais me guider. Elle me disait, «Louis, m'aimeras-tu quand je serai vieille et que mes seins seront plus que des outres pendantes, que mon visage sera celui d’une petite pomme ridée ? » En enveloppant dans le creux de mes mains ses seins je lui répondais « Nous ne serons jamais vieux ma belle car nous vieillirons ensemble... »

 

Maman m’avait élevé dans la  diabolisation de la chair, le plaisir érigé en péché et maintenant, après ce mois de mai de tous les excès, nous étions étiquetés comme les enfants de la libération sexuelle, et Dieu sait que nous allions traîner ce boulet dans les temps futurs, il nous restait encore des traces de notre éducation rigide. Nous n'abordions que rarement ce sujet, notre harmonie suffisait, le mot fidélité s'ancrait naturellement dans notre manière d'être. Pour ma part, libertin repenti, j'appréciais l'intensité de notre vie à deux. Marie comblait tous mes vides. Elle me protégeait de mes démons. Je n'imaginais rien d'autre que la vie avec elle. Sur cette miette d'île, je travaillais, elle peignait, nous lisions dans notre lit jusqu'à des heures avancées, je m'appuyais sur elle, Marie me déliait, Marie me bordait, Marie m'aimait, je l'admirais, elle me haussait, je l'adorais, avec Achille nous arpentions la côte sauvage en nous disant que nous aurions vite des enfants. 

 

A partir du 18 août, les 200 000 soldats et les 5000 chars du Pacte de Varsovie allaient étouffer les premiers bourgeons du printemps de Prague. L'opération Danube réprimait brutalement dans le sang le peuple de Prague qui n'avait que ses mains et son courage à opposer aux tankistes soviétiques, qui, sur les photos, semblaient tout étonnés de ne pas être accueillis par des jeunes filles aux bras chargés de fleurs. Ils sont jeunes eux aussi mais les préséniles du Kremlin n'ont que faire du sang neuf, ils préfèrent l'épandre dans les caniveaux de Prague. Marie et moi nous pleurions. Nous pleurions de rage en écoutant le silence assourdissant des dirigeants communistes français. Fort des voix populaires, ces couards, insensibles aux cris de liberté, ces merdes suffisantes, ces intellectuels émasculés, vont jouer la comédie de la protestation officielle. Ils deviendront le parti de Georges Marchais, tout un symbole du dévoiement d'hommes et de femmes confinés dans leur bunker de la place du Colonel Fabien. Ils sont morts, jamais plus ils ne pourront parler en notre nom.

Partager cet article
Repost0
14 mai 2021 5 14 /05 /mai /2021 06:00

 

Sur Twitter, Vincent Pousson @VincentPousson

Le 25 avril,

Sulfate comme un malade l’interview de Me Morain par Ophélie Neiman dans le Monde :

Au moins, quand @lemonde  sert la soupe au baveux des khmers #woke du rouge, de nouveaux horizons s’ouvrent aux neurosciences.

« Le vin nature donne du plaisir! Au-delà de l’étiquette. Et si on n’aime pas, ce n’est pas grave. Quand on sert un grand vin, à l’inverse, on est déjà complètement conditionné. On goûte avec son cerveau. »

Eh, banane, en général, quand on ne goûte pas avec son cerveau, c’est qu’on le fait comme un pied !

Je vous offre gracieusement cette interview sans faire de commentaires ni sur le contenu, ni sur la mitraille de Pousson qui, entre nous soit dit, ne se prend pas pour de la petite bière de dégustateur, un côté Bettane du pauvre.

Ceci écrit je n’en pense pas moins, car « Le silence est un état d'esprit qui devrait faire plus de bruit. »

« Manier le silence est plus difficile que de manier la parole. »

Georges Clemenceau

Quoi de plus complet que le silence ?

Honoré de Balzac

« Le silence n'a jamais trahi personne. »

Rivarol

Comprenne qui pourra, voudra, seuls ceux qui me connaissent perceront peut-être le secret de ma petite Ford d’intérieur…

 

« Le jour où on aura à l’Elysée quelqu’un qui achète du vin nature, il y aura une vraie volonté politique de mettre le sujet sur la table de l’Europe »

Par Ophélie Neiman

ENTRETIEN : Pénaliste réputé, Éric Morain, 50 ans, a participé à la création du Syndicat de défense des vins naturels, qui garantit un vin issu de raisins bio vendangés à la main, et vinifié sans intrant ni technique d’œnologie corrective.

 

Eclectique, très actif sur Twitter, Éric Morain a notamment fait libérer Michel Cardon, l’un des plus vieux détenus de France, défendu l’une des accusatrices de Tariq Ramadan pour violences sexuelles et s’apprête à défendre le trésorier de la campagne de l’élection présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012 au procès Bygmalion.

 

Ce bon vivant et gourmand est surtout connu dans le milieu viticole pour défendre des vignerons adeptes du mouvement nature. Il anime d’ailleurs une chronique dans l’émission de France inter du dimanche « On va déguster » et, signe de reconnaissance, en janvier 2021, il a été nommé « personnalité de l’année » par le magazine La Revue du vin de France.

 

Comment est né votre amour pour les vins nature ?

 

C’était il y a plus de quinze ans, lors d’un festival Omnivore, spécialisé dans la gastronomie. Jusque-là, j’étais un buveur d’étiquettes et un consommateur de restaurants étoilés. A l’époque, le poids des guides était très fort, on avait peu accès aux nouveaux mouvements culinaires. Et là, j’ai découvert un tout autre univers gastronomique. Avec un public très jeune, des cuisiniers que je ne connaissais pas à part le Catalan Ferran Adrià. Je me souviens d’un déjeuner sur des ballots de paille avec des assiettes incroyables. Il n’y avait pas de snobisme dans mon intérêt.

 

Pour la première fois, je faisais un repas qui sortait des conventions. Et le soir, le vigneron Nicolas Reau, un gros nounours à casquette, s’est assis à côté de moi avec une quille de sa cuvée « Enfant terrible » qu’il m’a servie dans un verre en Pyrex. J’ai immédiatement trouvé ça formidable, avec un goût inconnu. Ça m’a bousculé. C’est comme ça que tout a commencé. Quelques années après, il a donné mon nom à Olivier Cousin, un vigneron qui avait des soucis avec l’appellation anjou. J’ai alors signé mon entrée dans le vin naturel par le volet juridique.

 

Que s’est-il passé ?

 

Olivier Cousin a débarqué au cabinet avec un magnum de vin et m’a expliqué sa situation. Je suis tombé des nues. Comment peut-on à ce point empoisonner la vie d’un vigneron qui ne cause de tort à personne et qui travaille bien ? On cherchait à l’éloigner de son appellation. Il était cité par le procureur de la République d’Angers pour avoir écrit « AOC, Anjou Olivier Cousin » alors que son vin ne relevait pas de l’AOC, appellation d’origine contrôlée, anjou. On lui a reproché ce jeu de mots. Par ailleurs, il avait imprimé le millésime sur le bouchon : hors AOC, on n’a pas le droit de le mentionner. Mais cette interdiction n’est liée qu’à l’étiquette.

 

Franchement, qui trompe qui ? S’il y a bien un élément important pour le consommateur en termes d’information, c’est de savoir si le vin a 20 ans ou 2 ans. Nous avons obtenu une dispense de peine, mais j’avais compris qu’il y avait là un problème plus profond.

 

En quoi le fait que des producteurs de vins nature comme Olivier Cousin ou Alexandre Bain [dont le domaine est basé sur l’aire d’appellation pouilly-fumé] ne puissent pas revendiquer leur AOC vous pose problème ?

 

Dans AOC, il faut se battre sur le O, origine. On est les rois du C, du contrôle. Mais si ce vin vient d’une aire déterminée, il doit bénéficier de son appellation. Peu importe le cépage, la hauteur de l’herbe dans les vignes, il a le droit de dire son origine. C’est terrible d’en être privé. On voit des vignerons stars, qui sont adorés, exclus de l’appellation dont leurs parcelles relèvent, parce que, par exemple, lors de dégustations par la commission organoleptique, les juges considèrent que le vin n’est pas typique. Ces derniers sont perdus car le goût ne ressemble pas à ce qu’ils connaissent. Mais en quoi est-ce un problème, tant que le raisin vient de là et que les clients et sommeliers s’arrachent leurs bouteilles ?

 

Mais quel préjudice subit un vigneron qui ne peut revendiquer une appellation d’origine contrôlée ?

 

Quand on est en dehors, on devient une sorte de pauvre avec des mots confisqués, interdits : vos raisins proviennent à 100 % d’Anjou ? Vous n’avez pas le droit de le dire. Vous habitez dans un château, vous avez un clos ? Vous n’avez pas le droit de l’afficher sur votre étiquette ! Ce système met en avant une certaine aristocratie du vin face à la plèbe, qui est en réalité pour beaucoup des baronnies de copains. On reproche aux vignerons que je défends de tromper le consommateur mais je rappelle que dans un « vin de France » (hors AOC), il peut y avoir jusqu’à 49 % de vin de l’Union européenne.

 

« Le vent de l’histoire, aujourd’hui, c’est une vigne plus propre et un chai débarrassé au plus possible de poudres de perlimpinpin. »

 

Alors à nouveau, qui trompe qui ? Beaucoup de vignerons ont quitté une appellation ou se sont installés hors appellation, cela doit interroger. Ça ne veut pas dire qu’il faut jeter l’AOC avec le moût du raisin, mais cette remise en cause se fait difficilement. Car chacune est gérée localement. Dans l’appellation pouilly-fumé, sur quarante domaines, deux seulement sont en bio, un troisième en conversion. Donc le poids d’une appellation comme celle-ci repose sur ceux qui ne sont pas en bio et qui ne veulent pas en entendre parler.

 

Pourtant, il est possible de se réformer. Par exemple patrimonio, en Corse, est la première appellation qui a inscrit dans son cahier des charges l’interdiction totale des pesticides il y a deux ans. Le vent de l’histoire, aujourd’hui, c’est une vigne plus propre et un chai débarrassé au plus possible de poudres de perlimpinpin. Le but doit être de tendre vers un mieux.

 

Vous êtes devenu l’avocat référent pour ce type de vignerons. Vous intervenez dans une centaine de conflits judiciaires. Pourquoi une telle nécessité ?

 

J’ai découvert que les organismes de défense et de gestion (ODG), les syndicats viticoles, l’INAO [Institut national de l’origine et de la qualité] se comportent en juges, en réalité plutôt en procureurs, mais sans donner à leurs interlocuteurs les règles fondamentales d’une procédure. Forts de leur puissance publique, ils imposent leur volonté. Les vignerons transigent beaucoup trop sur leurs droits.

 

« Ces vignerons dérangent. Certains continuent à acheter des pesticides mais à ne pas les mettre dans leurs vignes, car s’ils n’en achètent pas, ça se sait et ils sont mis au ban. »

 

Ils pensent que les autorités ont forcément raison. Je suis là pour leur dire qu’ils peuvent ne pas être d’accord, qu’un cabinet d’affaires international peut les défendre. Ce sont des gens entiers, dévoués à leur terre, qui font juste leur métier, il faut leur ficher la paix. Mon travail d’avocat a été de me plonger dans les cahiers des charges, qui sont des mille-feuilles de règles formant le droit qu’on applique aux vignerons.

 

Mais, dans la très grande majorité, ce type d’affaire démarre par de la dénonciation. Car ces vignerons dérangent. Ce sont souvent de grandes gueules, ils ont du succès et ça se voit, ils ont droit à leur portrait dans les journaux. Ils sont sur les tables de restaurants dont on parle. J’ai défendu des vignerons, et j’en connais d’autres, qui continuent à acheter des pesticides, à ne pas les mettre dans leurs vignes et à les revendre nuitamment en Allemagne. Car s’ils n’en achètent pas, ça se sait, et ils sont mis au ban. Parce que le vendeur ira dire aux voisins qu’il n’a pas vu Machin cette année. Et ça remonte aux oreilles des instances de l’appellation. C’est une réalité et ça n’est pas arrivé qu’une fois.

 

Vous avez participé, en juillet 2019, à la création du Syndicat de défense des vins nature’l. Pourquoi était-il nécessaire de se syndiquer ?

 

Il existait déjà plusieurs associations mais on voulait taper au plus haut niveau en trouvant une voie politique médiane, afin de contourner la réglementation européenne qui interdit d’accoler « nature » au mot « vin ». Et qui, en conséquence, ne permet pas de réglementer le vin nature. Nous sommes allés au ministère de l’agriculture, à l’INAO, et on a trouvé un compromis : « vin méthode nature ». C’est un label né en février 2020, officiellement validé par les services des fraudes, avec une charte en douze points. En résumé, elle garantit un vin issu de raisins bio vendangés à la main, et vinifié sans intrants ni technique d’œnologie corrective. Le label a été ralenti par la pandémie mais on rassemble plus d’une centaine de vignerons, 400 cuvées en tout. C’est un premier pas.

 

Les institutionnels, en fait, n’attendaient que cela. Ils savaient qu’il y avait un problème dans la notion floue de vin nature, mais ils ne savaient pas comment le gérer. Le fait qu’on soit arrivé en qualité de syndicat agricole offrait un début de solution. Ce n’est pas la panacée mais il y a un chemin possible. Des verrous se sont débloqués. On a parlé à des gens haut placés qui adoraient le vin nature.

 

Le jour où on aura à l’Elysée ou à Matignon quelqu’un qui achète du vin nature, il y aura une vraie volonté politique pour mettre le sujet sur la table de l’Europe. Il faut néanmoins mesurer le pas de géant que ce vin a accompli. En 2012, quand la réglementation sur le vin bio est sortie, les instances n’avaient pas la moindre idée de ce qu’était un vin nature.

 

Un autre de vos combats porte sur l’étiquetage avec la composition des vins. Avez-vous bon espoir que cela aboutisse ?

 

Ce n’est pas un espoir. Cela va arriver, d’ici à 2024 ou 2026, même si l’Union européenne a d’autres chats à fouetter en ce moment. Le moyen trouvé est un QR Code sur l’étiquette, cela me convient. Car actuellement on est privé de cette information.

 

« Il n’y a pas que du raisin dans la plupart des bouteilles de vin. Et les consommateurs ne le savent pas. »

 

Ce combat, en l’absence de lobby des vins naturels dans l’Union européenne, est porté par le lobby de lutte contre l’obésité, afin d’obtenir le degré de sucre. C’est quand même le seul produit alimentaire qui ne le mentionne pas.

 

On sait au milligramme près ce qu’il y a dans des croquettes pour chats mais là on ne sait rien, car le vin n’est pas considéré comme un produit alimentaire. C’est important car il n’y a pas que du raisin dans la plupart des bouteilles de vin. Et les consommateurs ne le savent pas. Encore une fois, qui trompe qui ?

 

Aujourd’hui, que buvez-vous ?

 

J’ai redécouvert les vins blancs. Je faisais partie de ceux qui n’en buvaient jamais, avec l’argument connu du mal de tête, et j’avais toujours cette espèce de goût métallique, agressif en bouche. Et là, j’ai découvert une palette aromatique sans commune mesure. Des rosés nature aussi, des vins corses, de Provence, de Loire… et puis je n’oublie pas les beaujolais, le champagne… c’est dur de choisir ! Là je bois un chenin merveilleux, signé Olivier Lejeune, du domaine Clos des Plantes, dont les vignes sont voisines de celles du grand vigneron Richard Leroy. J’ai goûté son premier millésime en 2018 et je l’ai rencontré au salon des Greniers Saint-Jean à Angers.

 

Qu’est-ce qui vous plaît tant, dans ce type de vins ?

 

Le vin nature donne du plaisir ! Au-delà de l’étiquette. Et si on n’aime pas, ce n’est pas grave. Quand on sert un grand vin, à l’inverse, on est déjà complètement conditionné. On goûte avec son cerveau. Attention, j’aime retrouver des vins plus classiques, qui vont me procurer une émotion affective, mais ce n’est pas la même chose. Pour faire découvrir le vin nature autour de moi, j’y vais par étapes. Le truc qui marche à tous les coups, c’est le tavel rosé d’Eric Pfifferling (Domaine l’Anglore), ça a même marché avec ma belle-mère. Tout le monde aime. Le problème, c’est qu’on ne peut pas en boire tous les jours, il n’y en a pas assez !

 

Faut-il parler de vins naturels ou de vins nature ?

 

Ce débat n’a aucune importance. C’est comme pâté croûte ou pâté en croûte, il faut dépasser cette futilité.

 

Ophélie Neiman

Partager cet article
Repost0
13 mai 2021 4 13 /05 /mai /2021 08:00

Dangerous Liaisons | Michelle pfeiffer, Liebschaften, Schöne fotos

Avant l'irruption de Marie dans ma vie j'adorais me glisser dans la peau du libertin. Dans ces temps où le péché de chair pour les filles gardait un goût de fruit défendu, conduire hors du sentier balisé l'innocente victime, la séduire, l'amener dans ses filets, procurait des émotions fortes. Faire œuvre de séduction pour un libertin c'est suivre un plan déterminé, avoir un projet. Tout est dans l'avant, la traque, l'attente, la jouissance suprême de voir la caille innocente s'engager sur le chemin de l'abandon. Le libertinage est cérébral, on y manipule le cœur humain, on y est patient, calculateur. Se contrôler, ne pas céder à la passion, éviter l'écueil de l'amour forment l'armature froide du projet libertin. Dans ce jeu cruel, où la victime devient très vite consentante, l'important pour le libertin est de ne pas être conduit à son insu là où il n'a pas prévu d'être. Toute la jouissance vient de ce contrôle sur ses actes, ses sentiments, ses pensées et d'exercer sur l'autre un empire total. Comme dans un jeu d'échecs il faut toujours prévoir le coup d'après. Mais une fois l'acte accompli l'angoisse du vide vous saisit. On n'est plus qu'un animal à sang froid.

 

Comme dans les Liaisons Dangereuses j'avais levée, en mon pays, ma Mme de Tourvel. Femme mariée, aux yeux de biche effarouchés à peine masqués par sa voilette légère de pieuse se rendant à la messe du matin. Jeune, très jeune prisonnière de la couche d'un barbon ventru et moustachu, au portefeuille épais, pour moi ces messes matinales ne pouvaient être que le change donné à sa sèche et impérieuse belle-mère. Il me fallait donc me placer sur son chemin avec une régularité qui attiserait sa curiosité. Ce que je fis sans jamais lui adresser autre chose que des regards appuyés. Après avoir baissé les yeux puis sourit, je pressentis qu'une révolution s'opérait. Elle devait, avant son départ du domicile conjugal, ruser, se donner des frayeurs extrêmes. Restait pour elle à franchir une nouvelle étape : me donner le premier signe de sa soumission. Le printemps à cette vertu que les matins y sont souvent tendres. Ce matin-là, sa trajectoire ordinaire s'incurva et la belle, d'un pas vif, gagnait la place des tilleuls. Dans ma ligne de mire, elle posait le pied sur un banc de pierre dévoilant une jambe galbée d'un bas de soie. Imperméable à sa volupté j'exigeais d'elle plus encore. Ce qu'elle fit. Sous un imperméable mastic, perché sur des hauts talons, elle me présenta avec des yeux implorants son corps harnaché de dessous blanc. Nos amours dans les prés hauts de Bibrou furent catastrophiques, elle attendait, soumise, ma jouissance, alors que c'était la sienne dont je voulais.

 

Marie m'ôta ce carcan de froideur. Moi, le silencieux, le garçon qui tient tout sous contrôle, je me laissais aller à lui confier mes peurs et mes faiblesses. Cet abandon je le devais à l'absolue certitude, que le temps m'aurait démenti, que jamais Marie ne retournerait ces armes contre moi. Nous étions si différents, nos origines étaient aux antipodes, mais notre nous s'érigeait sans question, avec naturel. Elle me donnait la chance de m'aimer moi-même, de me départir de mes hautes murailles. Jamais nous ne faisions de projets. Nous vivions. À chaque moment, seuls ou ensemble, nous inventions notre vie. Tout ce que je te confie semble idyllique, une reconstruction du passé idéalisée, alors que nous eûmes des orages, des divergences mais ce ne furent que des scories dont nous avions besoin de nous débarrasser. J'abordais notre vie à deux avec dans ma besace de jeune homme rien de ce qui encombre les gens de mon âge : tous ces désirs refoulés qui le jour où la flamme décline resurgissent à la surface.   

Partager cet article
Repost0
13 mai 2021 4 13 /05 /mai /2021 06:00

Le hameau de la reine | Château de Versailles

Audrey Bourolleau, je l’ai croisé lorsqu’elle officiait à Vin&Société, nous avons même déjeuné aux Climats, elle a dépoussiéré et dynamisé cette structure de lobbying. Puis en 2016, elle s’est mise En Marche aux côtés du sémillant Macron, le château conquit, Audrey Bourolleau se glissa dans la peau d’une éminence grise, devint la conseillère agricole du nouveau président. Cette fonction, au temps de Tonton, a propulsé, le sphinx Nallet, au 78 rue de Varenne, la nuit où ce cher Rocard, qui n’en ratait pas une pour déplaire à Mitterrand, démissionna. Avec le florentin de Jarnac, si tu voulais rester dans ses petits papiers il fallait chausser ses bottes pour aller dans le terroir profond conquérir une circonscription.

 

Nallet, ex-jaciste, plume de Debatisse à la FNSEA, penseur de la gauche paysanne à l’INRA du passage Tenaille, repaire de gauchistes guidés par Michel Gervais, ne présentait guère le profil du jeune loup du PS. En première intention il jeta son dévolu sur une circonscription de la Manche, Thérèse son épouse, qui adorait les biscuits*, était native de ce département. Les parachutés, dans la Manche comme ailleurs, les caciques n’aiment pas. Recalé, Pierre Joxe qui, étrangement pilotait au PS le projet agricole, propulsa Nallet dans l’Yonne, à Tonnerre. Par la grâce d’une proportionnelle mijotée par Tonton et Charasse, Henri fut élu. En 1988, Tonton repique au truc, Henri Nallet retrouve, Rocard 1er Ministre, le 78, moi aussi. En 1990, il profite de l’exfiltration du gouvernement de l’insuportable Arpaillange, pour gagner la place Vendôme, Garde des Sceaux.

 

« Si j’avais su, j’aurais pas venu » la phrase culte du petit Gibus, dans la Guerre des Boutons, s’applique à la suite de la carrière politique d’Henri Nallet. En avril 1991 éclate l'affaire Urba, relative au financement occulte du Parti socialiste français. Le juge d'instruction Thierry Jean-Pierre perquisitionne au siège d'Urba à Paris. Henri Nallet, Garde des Sceaux, mais aussi ancien trésorier de la campagne de François Mitterrand, dénonce l'action du juge comme « une équipée sauvage » et fait dessaisir le magistrat. Tonton, gentiment, profite de l’expulsion d’Edith Cresson pour exfiltrer Henri Nallet du gouvernement Bérégovoy.

 

Après cette date, Henri Nallet se consacre alors principalement à sa carrière politique locale. Il conserve ses mandats de maire de Tonnerre, où il a été élu en 1989, et de conseiller général de l’Yonne (canton de Tonnerre), qu’il détient depuis 1988. En décembre 1992, il est nommé conseiller d'État. Tonton est bon. Il est à nouveau élu à l’Assemblée nationale en 1997 jusqu’en 1999. La suite est connue.

 

Bref, au temps de Tonton, le conseiller agricole du Président pesait lourd, tel ne fut pas le cas d’Audrey Bourolleau au château. La politique agricole de Macron est d’une fadeur et d’un convenu remarquable, alignement total sur la FNSEA. La valse des Ministres fut aussi la marque de fabrique de ce presque terminé quinquennat, y’en a pas un pour racheter l’autre. Sans être désagréable, le bilan d’Audrey Bourolleau se rapproche de zéro. Les chefs du vin me contrediront car pour eux elle fut une digue efficace les protégeant des affreux défenseurs de la loi Evin. Je ne le conteste pas mais ça ne fait pas une politique novatrice.

 

Enfin, le temps est révolu où les éminences grises chaussaient les bottes des élus de terrain, aujourd’hui l’heure est de passer de la start-up Nation à la start-up tout court par la grâce du ruissellement des premiers de cordée.

 

À quarante ans, elle a décidé de changer de vie. Audrey Bourolleau, ancienne conseillère du président Emmanuel Macron, chausse des bottes d’agricultrice pour créer, avec le milliardaire Xavier Niel, un vaste campus près de Paris destiné à former les « entrepreneurs agricoles de demain ».

 

Une formation pour adultes

 

À la fin de 2019, elle annonce son projet de fonder une nouvelle école d’agriculture qui a pris depuis le nom de Hectar. L’achat du domaine a coûté 19 millions d’euros et les travaux cinq millions de plus. L’objectif affiché du projet Hectar est de « sensibiliser ou former deux mille personnes par an » aux métiers de la sphère agricole. Le programme phare de l’école sera tourné vers la formation d’adultes désireux de se reconvertir dans l’agriculture. D’une durée de six mois, « gratuite pour l’apprenant », elle sera dispensée par des agriculteurs et des formateurs professionnels.

 

« Nous sommes confrontés à un défi de génération très conséquent. En France, 160 000 fermes sont à reprendre d’ici à trois ans. Il faut former la prochaine génération », souligne Audrey Bourolleau. Pour les nouveaux entrants qui ne seront pas « dans un schéma de transmission familiale, la marche va être très haute ». « Il faut leur donner des modèles qui tournent économiquement, soient socialement justes et durables. Ce que nous voulons leur donner, c’est vraiment une posture de chef d’entreprise agricole », explique-t-elle.

 

Face aux défis climatiques, l’école entend mettre l’accent sur les techniques de préservation des sols agricoles. Hectar proposera aussi des formations sur le salariat agricole, en manque de bras.

 

Certains vont m’objecter qu’il est facile d’ironiser sur des porteurs de projets « innovants ». Tel n’est pas mon cas, qui vivra verra, l’exemple du Pôle universitaire Léonard-de-Vinci dit « Fac Pasqua » n’est guère probant. Ce qui m’interroge dans ces belles et bonnes intentions, c’est qu’au temps du château Audrey Bourolleau ne se soit pas colletée à dépoussiérer et redynamiser, comme le dirait les biodynamistes, l’enseignement agricole du Ministère de l’Agriculture bien encroûté.

 

 

ICIhttps://images.bfmtv.com/tutaCh9T-dTVm7sq_JY65mceDiM=/0x0:1280x720/images/Audrey-Bourolleau-Fondatrice-d-Hectar-l-ecole-agricole-gratuite-ce-sont-des-metiers-de-sens-qu-il-faut-rendre-remunerateurs-1021598.jpg

 ÉCOLE HECTAR

Audrey Bourolleau, de l’Élysée aux champs ICI

Partager cet article
Repost0
12 mai 2021 3 12 /05 /mai /2021 08:00

 

Le matin nous allions à vélo, par le sentier côtier, jusqu'à l'anse des Soux. Au soleil levant l'eau, d'une extrême transparence, semblait de pur cristal. Marie l'intrépide s'y plongeait sans la moindre hésitation et, de son crawl fluide et silencieux, elle filait vers le large. Moi je m'adossais à la pente sableuse pour lire. De temps à autre je relevais les yeux pour repérer le point blanc du bonnet de bain de ma naïade favorite. La montée du soleil m'emplissait d'une douce chaleur mais je ne pouvais réchauffer la pointe d'angoisse qui ne disparaîtrait que lorsque Marie serait de nouveau à portée de ma brasse minable. L'océan, avec ses airs paisibles, me déplaisait. Je connaissais sa nature profonde, charmeuse et hypocrite comme celle de tous les puissants. À la fin juillet, en un accès de rage soudain, de ses entrailles obscures, il avait enfanté une tempête féroce. Avec Marie, blottis dans la faille d'une falaise, à l'abri du vent et des embruns, pendant des heures, nous nous étions grisés de ses outrances. Dans le grand lit de la Ferme des Trois Moulins, ce soir-là, pour conjurer ma peur, j'avais pris Marie avec une forme de rage désespérée. Après, blottie dans mes bras, elle m'avait dit « Tu m'as baisé mon salaud, c'était vachement bon... »

 

Écrire que notre nous aurait survécu aux pires tempêtes comme à la mer d'huile du quotidien me semble dérisoire. J'en ai la certitude mais j'aurais préféré qu'il se disloquât sous nos faiblesses ou, pire, avec l'irruption d'un autre, plutôt que de le voir trancher ainsi sans appel. Même si ça emmerde tout ceux qui pataugent dans le foutre et le cul, l'amour heureux existe. Ne venez pas me faire chier avec des railleries sur l'eau de rose ou le sucre Candy et toute autre vacherie. Même maintenant que je suis au régime sec ma faculté de vous faire une tête au carré, de vous bourrer le pif, de vous foutre ma main sur la gueule, reste intacte. Marie et moi, dans la grande loterie des rencontres, étions l'exception qui aurions confirmé la règle de notre génération championne du divorce. À cet instant, alors que je m'échine à ne pas décrire par le menu nos 52 jours passés à vivre simplement ensemble, je sais que nous serions, trente ans après, les mêmes. La vie nous aurait sans doute cabossés mais les autres envieraient notre amour intact. Présomptueux me direz-vous ? Sans doute mais, je me connais, toute l'énergie que j'ai déployé à m'avilir, je l'aurais, avec encore plus de force et de pugnacité, tourné vers Marie. Quant à elle, n'y touchez pas, son coeur n'avait pas de limite et son ventre eut été fécond.

 

Le Printemps de Prague semblait résister aux grosses pattes de l'Ours soviétique. Notre PC national, toujours à l'extrême pointe de la collusion avec la nomenklatura du Kremlin, soutenait du bout des lèvres, les initiatives du parti frère. Grand progrès par rapport à l'insurrection de Budapest de 1956, où la chape de silence, la même que celle qui avait étouffé les cris de László Rajk et de ses compagnons d'infortune, exécutés à la suite des procès préfabriqués, en 1949. Le « socialisme à visage humain » d'Alexander Dubcek indisposait nos staliniens officiellement reconvertis. Marie espérait, Jean lui doutait de la capacité d'un parti unique à se réformer de l'intérieur, et moi j'avais la certitude que les gardiens du bloc ne pouvaient le laisser se fissurer. Mes talents culinaires explosaient. Moi, que ma très chère maman n'avait jamais laissé effleurer une queue de casserole, je me révélais un maître-queue inventif. Marie me charriait gentiment « Tu es l'homme parfait mon amour, où est la faille de l'armure ? » Et Jean de répondre « C'est qu'il n'a pas d'armure belle enfant... » Il avait raison, pour elle, je l’avais quittée.   

Partager cet article
Repost0
12 mai 2021 3 12 /05 /mai /2021 06:00

Mes funérailles à Berlin

Le Limier

Un Américain bien tranquille

Crimes contre l'humanité

The Dark Knight

Notre commentateur en chef, qui vient d’endosser la tunique de critique de cinéma, a de la constance, comme en témoigne ce commentaire sous une chronique du 1er décembre 2018

 

L’antre du Lapin Blanc mène à tout y compris à l’Ecole Normale supérieure de la rue d’Ulm, j’y étais hier au soir pour 1 colloque Sauvegarde de la biodiversité et démocratie : les enjeux d’une transformation et, à mon grand regret, je n’y ai pas croisé le fantôme d’ « Althusser à rien »

ICI

 

N'a-t-il pas de la gueule notre cher Taulier, le micro à la main ? Si, déjà souvent cité, Frédéric Schiffter observe et conclut que la beauté des femmes éclot à l'automne on peut rétorquer que l'homme n'est pas en reste. Regarder les gueules plus que grisonnantes des Peter O'Toole, Michael Caine, du regretté Jean Rochefort ou encore ce fou de Jean Pierre Marielle mais aussi Claude Rich. Ils ne s’y trompent pas les metteurs en scène qui, comme Patrice Leconte, les réunissent dans Les Grands Ducs ou continuent à leurs trouver des emplois. Faisons mentir Gabriel Garcia Marquez : « Nous sommes vieux. L'ennui c'est qu'au-dedans on ne le sent pas, mais qu'au dehors tout le monde le voit. » ( in Mémoires de mes putains tristes – 2004)

 

La classe vous dis-je !

 

Eulala mes chevilles !

 

Achat Mes funérailles à Berlin en DVD - AlloCiné

 

Aujourd’hui c’est « Mes funérailles à Berlin »

 

Pourquoi ? 

 

Parce que Michael Caine est au Panthéon de mes acteurs préférés. Comme on le verra par la suite, ce sont souvent les acteurs qui font l’accroche des films que j’aime. Le cinéma est un spectacle. Alors, intéressons nous à ceux qui « se donnent en spectacle. »

 

Quelle est l’histoire ?

 

Mes funérailles à Berlin - Film 1966 - TéléObs

 

à Berlin dans les années 1960. Le colonel Stok est, en tant qu’agent important des services soviétiques , responsable de la sécurité du mur de Berlin. Il fait savoir aux Britanniques qu’il veut passer à l'Ouest. Ces derniers sont méfiants. Ils envoient à Berlin l’agent Harry Palmer pour étudier la possibilité d'une opération d'exfiltration. Sur place Palmer ,qui ne croit pas un instant en la sincérité de Stok, va se trouver confronté à la duplicité de ce dernier et à une sombre histoire d’anciens nazis au sein même du service d’espionnage anglais auquel il appartient avec les services secrets israéliens.

 

Source.

 

Le film est tiré d’un roman de Len Deighton.

 

Mes funérailles à Berlin - Len Deighton - Babelio

 

Tout le monde connaît John Le Carré. Len Deighton pourrait être son petit frère. Même domaine d’inspiration : le monde de l’espionnage en général et les services secrets britanniques en particulier. Si Deighton est moins connu c’est qu’il est resté au niveau d’un excellent auteur de romans policiers et/ou d’espionnage alors que l’œuvre de Le Carré rejoint très vite le monde littéraire. Deighton est également l’auteur de « Ipcress, danger immédiat » et « Un cerveau d'un milliard de dollars » avec pour héros Harry Palmer toujours incarné par Michael Caine . Ils ont, cependant, été tournés par des metteurs en scène différents. Dans le dernier on retrouve le colonel Stok interprété par Oskar Homolka acteur autrichien suffisamment truculent pour être souligné.

 

Réalisation

 

Affiches, posters et images de Mes funérailles à Berlin (1966)

 

« Mes funérailles à Berlin » est un film réalisé par Guy Hamilton. Il s’agit d’un bon faiseur, une valeur sur d’Hollywood. Il n’atteint, cependant, pas le niveau des grands metteurs en scène. Ses réalisations les plus marquantes sont des « James Bond » dont l’un des premiers : «Goldfinger » avec Sean Connery bien sur. Mais aussi, pour moi surtout, l’inénarrable Gert Froebe. Je me régale de ses tics d’acteur. Il donne toujours l’impression, avant de prendre la parole, de remonter son pantalon par un mouvement général des épaules coordonné avec ses épaules, ses hanches et son ventre, tout en se rengorgeant en arrière. En outre, bravo pour le choix du comédien assurant la version française des films où il apparaît. Cette digression en dit long sur l’importance ,pour moi, de Guy Hamilton. Quoique le réalisateur de « James Bond » ce n’est déjà pas si mal. On peut souligner l’éclectisme de Hamilton qui réussit aussi bien ses « James Bond » que « Mes funérailles » où Palmer est l’anti Bond

 

Michael Caine

 

Michael Caine : biographie de l'icône du cinéma britannique

 

Quel acteur ! 140 films à son actif et pas des moindres. Il a été choisi par les plus grands metteurs en scène. Je retiens surtout Alfie le dragueur, film anglais qui le confirmera parmi les acteurs avec lequel il va falloir compter et « La Loi du milieu » film sur lequel j’aurais l’occasion de revenir.

 

Le jeu du « myope de charme » est fascinant. Toujours sur le motif, il donne cependant l’impression d’être ailleurs, de ne pas y croire. D’être celui à qui on ne la fait pas. Hors les moments d’action, il affiche une nonchalance calculée, comme un chat qui ne dort que d’un œil. C’est peut être cette distance qu’il sait prendre par rapport à ses rôles qui lui permet ce jeu si personnel. Il serait du genre de ce nageur avec qui on parle au bord du bassin qui, un moment, enlève son peignoir et dit, il faut y aller. Une fois dans l’eau, on découvre un nageur hors pair. Il m’apparaît toujours plein d’humour, un humour discret mais toujours présent qui lui permet une désinvolture sans pareille.

 

A partir de quarante ans, on a la gueule qu'on mérite disait Degas. Regardez la séduction de Michael Caine aujourd’hui, fabuleux ! Je me souviens d’une rencontre hilarante entre ces deux « vieux » l’autre était Peter O’Toole. Quelle tronche ! Ils n’ont plus rien à prouver. Ils sont, tout simplement. C’est le sort des plus grands, regarder Sean Connery et chez nous Jean- Pierre Marielle ! Qu’elle séduction, quelle grâce, plus rien à voir avec ce qu’ils étaient jeunes et déjà bien lotis. Tout autre d’aspect mais quelle gueule ! C’est çà « un monstre sacré !»

 

Pax


Prochainement « Les Leçons de la vie »

L'Education de Rita

Cinéma
Michael Caine ou l'élégance du jeu ICI
Partager cet article
Repost0
11 mai 2021 2 11 /05 /mai /2021 08:00

Le Port de la Meule Tergnier - Restaurant (adresse, avis)

Les mots me manquent et pourtant ils se bousculent dans ma tête, me font mal. Écrire sur un temps heureux, un temps de grand bonheur simple, se replonger dans son passé pour en extraire, non pas des souvenirs éteints, mais des braises vives, est une vraie douleur. Depuis ce fichu jour, chaque moment, tous nos instants, nos débordements, nos rires et nos fous-rires, les riens, tout ce qui était nous dont je ne retiens que ce qui était, elle, ma belle, le grain de sa peau, son parfum, la soie de ses cheveux, le lac de ses yeux, mon envie d'elle, ma fièvre aussi, l'amour comme on dit, je les retiens tout au fond comme des biens précieux, enfouis, protégés de l'oubli. Pas un jour, pas une nuit, sans les avoir exhumés pour tenter de conjurer mon malheur, de revivre. Vain combat, jamais entamé, toujours perdu, mais seul moyen de perdurer, de traîner ma vie comme un boulet. Et pourtant ce fardeau n'était rien, aujourd'hui enchaîner des mots en des phrases heureuses me plombe. J'ai envie de gueuler pour qu'on vienne me sauver. Face au silence, à l'indifférence je me contente de pleurer sur ce qui n'est, après tout, pour les autres, rien qu'un tout petit malheur.

 

Ce vieux salaud d'Achille lui fit une fête d'enfer. Jean et moi arborions des salopettes Adolphe Laffont bleu marine flambant neuves. Nous les avions achetées à la Coop Maritime. Avant que le bateau n'accoste, nous nous étions fait chambrer copieusement « Y’a pas à dire ça rapporte plus de vendre du vermoulu aux parigots que d'aller aux casiers les gars... Faudra tout de même qu'on se cotise pour lui acheter des souliers au Jean. La sandale en plastique c'est bon pour aller aux berniques mais pas pour faire le gandin... » Imperturbables nous les laissions dire. Lorsque Marie apparut en haut de la passerelle de débarquement, Achille se faufila sitôt entre les jambes du flux descendant. Jean marmonna entre ses dents serrées sur son tuyau de pipe éteinte « La classe... du rare mon petit... » Il faut dire que tout de blanc vêtue, Marie prenait si bien la lumière de l'Ile d'Yeu, un blanc de bleu, pur, qu'elle semblait tout droit sortie d'une toile de maître peinte a tempera.

 

Nous ne nous sommes jamais embrassés comme ce jour-là. Les marins, bouche bée, nous protégeaient de leur silence. Je crois que nous étions beaux tout simplement. Jean décréta que c'était un jour à langouste. En dépit de mon froncement d'yeux, le redressement de notre trésorerie était encore fragile, grand seigneur il nous embarquait dans la C4 jusqu'au port de la Meule. Notre déjeuner fut somptueux de simplicité, palourdes, langouste grillée, bar de ligne en croûte de sel, bien arrosé d'un Muscadet, avec un Jean au sommet de son art. Marie était aux anges. Au dessert, ce grand escogriffe, tout en frottant ses éternelles allumettes qui n'allumaient jamais rien, demanda le silence. C'était cocasse puisque lui seul parlait. Tout d'abord, il commandait du champagne. Le patron confus avouait qu'il n'en avait point. Nous nous rabattîmes sur un Saumur à bulles. Il était tiède. Jean gazouillait « Mes amis, c'est ma décision, mon service en vieux Rouen, c'est mon cadeau pour votre mariage... » 

Partager cet article
Repost0

  • : Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • : Espace d'échanges sur le monde de la vigne et du vin
  • Contact

www.berthomeau.com

 

Vin & Co ...  en bonne compagnie et en toute Liberté pour l'extension du domaine du vin ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

Articles Récents