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21 avril 2020 2 21 /04 /avril /2020 12:00

 

akg-images - Colbert et Mazarin

Dieu qu’il est agréable d’avoir des lecteurs fidèles, Jean-Pierre Glorieux est de ceux-là depuis les premiers temps de cet espace de liberté. Je lui ai même consacré une chronique :

 

29 décembre 2012

Exclusivité du Taulier : Champagne Glorieux Père et Fils + un bonus « Champagne ! - Histoire inattendue » de Serge et Claudine Wolikow ICI 

 

« Mon grand-père arracha ses vignes après la guerre 14:18 pour faire de la luzerne et de la betterave sucrière ; 1945, mon père au retour des stalags décida de replanter les parcelles mais, pour retrouver une attestation valide d’activité vinicole, cela prit des années. Après moult recherches, une facture fut extirpée des archives Philipponnat à Mareuil/Aÿ (il vendait le raisin à cette belle Maison) Edgar Pisani signa en 1962 l’autorisation de replanter on trouva à St Pierre d’Albigny des pépiniéristes sympas (les Brunet devenus amis) en 68 premières vraies vendanges. Les Chardonnay sont magnifiques livrés à Bouzy (coop) qui n’aime pas le blanc de blancs  nous (mes frères et moi vendons sous la marque Champagne Glorieux Père et Fils » ICI

 

Glorieux Père & Fils Champagne Grand Cru Rosé Extra Brut N.V. ...

 

Jean-Pierre Glorieux est, dit-il, réfugié en Normandie et de temps en temps il m’écrit.

 

Nous avons, lui et moi dans notre ligne de mire, un autre réfugié de la verte Normandie, dans l’Eure 1ière circonscription plus précisément, un certain Bruno Le Maire, normalien et énarque.

 

Bruno Le Maire, député de l’Eure

 

Thierry Solère dit de lui «Bruno c’est un Chirac jeune, peut-être en moins excité, mais il finira président de la République».

 

Lors de l’inauguration du Salon de l’Agriculture « Bertrand Landrieu détourne la conversation, vante mon action comme ministre de l’Agriculture. Jacques Chirac hoche la tête « Alors ça c’est vrai ! Tu es un excellent ministre de l’Agriculture ! Tout le monde le dit ! » Il ajoute : « Et je m’y connais. »

Le 18 février 2011 page 153 Jours de Pouvoir Bruno Le Maire.

 

Le 78 rue de Varenne est une bonne école ministérielle, on y touche à tout de la vie d’une population, les agriculteurs, on négocie la PAC à Bruxelles, on joue un rôle international, on est au centre des difficiles relations entre la GD et les IAA, on est responsable de la sécurité alimentaire, de la santé et du bien-être animal, on doit participer aux arbitrages sur les questions environnementales, gérer la forêt… etc.

 

Je l’ai côtoyé lors de ma mission de médiateur laitier dans le Sud-Ouest, sa conseillère technique, mon interlocutrice du cabinet était Véronique Solère. L’homme a de l’ambition, sans beaucoup de limites, des talents multiformes et une belle plume.

 

Lorsqu’il était rue de Varenne, Bruno Le Maire rêvait de Bercy, Sarkozy le lui avait promis mais le petit Baroin lui coupa l’herbe sous le pied, il en garda une vive amertume.

 

Humour - Le Maire part en campagne - 24 Février 2016 - Les ...

 

Et puis, profitant du « En Même Temps » de Macron, le grand dégagement, il débarque enfin à Bercy et là bien sûr il rêve à nouveau de la rue de Varenne mais pas au même numéro.

 

Deux premiers Ministres ont fait un séjour rue de Varenne, Jacques Chirac et Michel Rocard

 

Et là en ce temps de confinement, l’attentif Jean-Pierre Glorieux ne manque pas de m’expédier ceci :

 

Bonjour Jacques

Rural comme vous savez je ne fréquente point les salons parisiens ,manifestement désertés présentement.

Le sieur Beytout, fin observateur de  notre microcosme n'a pas besoin d'un détective privé  « on le sait tous ......qu'il veut la place ! » l'agrégé de Lettres ...

Vous l'aviez naguère affublé du qualificatif peu amène de "Cobra"

Bien sûr qu'il attend le départ du maire du Havre pour sauter dans le fauteuil encore tiède ...

 

Bruno Le Maire: la montée en puissance

 

Bruno Le Maire: la montée en puissance

Ludovic Vigogne Ludovic Vigogne  17 avril 2020

 

Le ministre de l’Economie est incontournable sur le front de la crise provoquée par le Covid-19. Devenu un poids lourd du quinquennat, certains le voient déjà à Matignon, alors qu’Emmanuel Macron réfléchit à la suite

 

Le ministre des Finances défend à partir de vendredi, avec Gérald Darmanin (Budget), dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale puis au Sénat, un projet de loi de finances rectificative pour 2020, entérinant une prévision de croissance de - 8%, un déficit public de 9%, une dette de 115%... Chaque jour à l’agenda de Bruno Le Maire figurent deux réunions de crise : l’une avec les filières de l’alimentation et de la distribution, l’autre avec les représentants patronaux et bancaires.

 

Au sein de l’exécutif, Bruno Le Maire possède une singularité : avec Jean-Yves Le Drian, il est le seul à avoir connu, avant 2017, une expérience gouvernementale. L’ex-secrétaire d’Etat aux Affaires européennes puis ministre de l’Agriculture du gouvernement Fillon en a tiré une leçon : en période de crise, il ne faut pas finasser. Lors du krach financier de 2008, il a entendu Nicolas Sarkozy promettre aux épargnants qu’il « n’accepterait pas qu’ils perdent un seul euro ».

 

Aujourd’hui, face à la « pire crise économique depuis 1929 », comme – le premier – il l’a dit, le ministre de l’Economie et des Finances ne fait donc, à son tour, pas dans la dentelle. Aux salariés mis en chômage partiel, il certifie : « Aucun ne perdra un centime ». Au monde économique, il garantit : « Nous allons assumer plus de dette pour sauver plus d’entreprises, que cela soit un petit restaurant de la Nièvre ou une grande entreprise industrielle comme Air France. » Face au collapse, Bruno Le Maire veut d’abord rassurer, conscient depuis longtemps qu’une grande partie de la société, entre radicalisation et indifférence, n’apporte plus grand crédit à la parole publique.

 

Qu’importe le vertige des chiffres ! A partir de vendredi, avec Gérald Darmanin,...>>

 

Colbert et Mazarin

 

Et puis, cerise sur le gâteau une vidéo du regretté Claude Rich dans la pièce Le Diable Rouge d'Antoine RAULT

 

 

 

Le rideau rouge se lève sur un décor prestigieux qui restitue immédiatement l’ambiance opulente des palais du XVIIe siècle. On est saisi par le raffinement d’un plafond en marbre de Carrare dont la géométrie rappelle les façades des églises florentines de la Renaissance italienne, enserré dans un miroir géant qui permet par son jeu de lumière, de voir sur la scène en bas, les personnages s’animer.

 

Un homme couché gémit dans un coin et Colbert s’approche de lui pour l’aider à sa toilette. Le ministre tourne la tête, tant l’odeur qu’il dégage est fétide : Mazarin, le grand Cardinal, va mourir et il le sait.

 

La pièce « Le Diable rouge » traite de ce moment ultime où l’homme de pouvoir veut mettre un terme à la Guerre de Trente ans en mariant Louis XIV à l’infante d’Espagne…

 

Mais le jeune roi vient de tomber éperdument amoureux de la nièce du Cardinal, Marie Mancini qu’il veut épouser. Mazarin voit tout son travail politique remis en cause…

 

L’affrontement est grandiose et l’on assiste à la montée en puissance du jeune souverain qui défie son parrain, veut acquérir son indépendance en choisissant une alliance sentimentale plutôt que politique. La fougue, l’orgueil montant du jeune monarque s’effritent contre l’habileté politique de son parrain : « Je dissimule, je biaise, j’adoucis », avait-il coutume de dire, ce qui lui permettait de ne jamais rien céder.

 

Il était si ambigu, si affable, si délicieusement sournois, qu’on n’en finissait plus de s’interroger sur cette personnalité. Claude Rich, qui est entré tout entier dans la peau du personnage, dit qu’il affichait une profonde sincérité de l’instant, quitte à paraître tout à fait sincère l’instant d’après, avec un interlocuteur qui développait une pensée contraire. Cruel avec sa famille, notamment avec sa nièce Marie Mancini qui, à la fin de son idylle avec Louis XIV, fut renvoyée à Rome sans ménagement, il fut aussi d’une fidélité indéfectible au Roi.

 

C’est Richelieu qui, séduit par son intelligence, introduisit ce roturier italien à la Cour de France. Il sut plaire à la Reine Anne d’Autriche qui fit de lui, en même temps que son Premier Ministre, le précepteur de son fils…

La suite ICI 

 

C’est officiel, notre ministre de l’Économie est nul en économie ! ICI

 

En 47 petites secondes le ministre de l’Économie nous prouve sans équivoque qu’il est triplement nul en économie.

C’est officiel, notre ministre de l’Économie est nul en économie !
Bruno Le Maire 2011 by UMP Photos(CC BY-NC-ND 2.0)

En 47 petites secondes le ministre de l’Économie nous prouve sans équivoque qu’il est triplement nul en économie.

L’image contient peut-être : 2 personnes, personnes assises et intérieur

11 mai 1968 : tu fais la révolution 11 mai 2020 : tu apprends que tu es une «personne âgée» et que tu dois rester à la maison
 

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Coronavirus : Emmanuel Macron "ne souhaite pas de discrimination" des personnes âgées dans le déconfinement, mais "en appellera à la responsabilité individuelle" ICI 

L'Elysée explique que le chef de l'Etat a souhaité faire cette mise au point en voyant "monter le débat sur la situation de nos aînés".

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21 avril 2020 2 21 /04 /avril /2020 06:00

Jean-François Collin

Je vais vous la faire à la Jean-François, sans fioritures, lorsque le porte-flingue de Louis Mermaz me le présenta pour occuper le poste de conseiller technique aux affaires internationales, il avait tout pour me déplaire, pensez-donc être cornaqué par le prototype même du haut-fonctionnaire arriviste, le moi je veux être placé en numéro 1 sur l’organigramme du cabinet, le conseiller auprès du Ministre, maire de l’Isle d’Abeau, ça me défrisait. Autre cerise sur le gâteau, JFC ne portait pas certains rocardiens dans son cœur, ceux qui viraient au libéralisme à tout crin, tel J.P Huchon, là j’avoue que je ne lui donnais pas tout à fait tort mais je me disais où se situe-t-il sur la grille de lecture des socialos ?

 

Bref, passé ce moment de suspicion légitime, JFC se révéla un collaborateur de haut vol, son mentor se vautra lamentablement avant de retourner sa veste pour des raisons que je n’ai pas à expliquer ici, et il gagna la confiance de Louis Mermaz, et ce n’était pas une tâche aisée croyez-moi, il le driva patiemment lors de la première réforme de la PAC qui déplaisait tant à Raymond Lacombe que notre Ministre appréciait tant.

 

Puis la roue tourna, alors qu’il coulait des jours heureux à Bonn, j’eus la bonne idée de le recommander à Louis le Pensec nommé Ministre de l’Agriculture dans le gouvernement Jospin, puis lorsque celui-ci parti pantoufler au Sénat il rejoignit Dominique Voynet à l'Environnement pour diriger son cabinet et se faire envahir par les chasseurs…

 

Voilà le Jean-François était tendance VERTS.

 

Nommé Ministre conseiller pour les Affaires Economiques à l'ambassade de France à Moscou, je le présentais ainsi :

 

Jean-François Collin, même si sa modestie doit en souffrir, fait partie pour moi de ces hommes qui font honneur au Service Public. En ces temps où il est de bon ton de décrier les fonctionnaires, de les assimiler à des "quasi-parasites", de penser que réformer la machine de l'Etat se réduit à leur pure décrue, il m'est agréable de donner la parole à ce que, faute d'une autre appellation à ma disposition, on nomme généralement un grand serviteur de l'Etat.  L'homme a un petit côté austère, c'est sa réserve naturelle, mais il  est de ceux avec qui il est très agréable de travailler, précis, pertinent et, suprême qualité dans les palais de la République, Jean-François n'a pas l'échine souple : au service de l'Etat certes mais pas un poil serviteur.

 

18 avril 2008

Trois Questions à JF. Collin en direct de Moscou ICI 

 

Ensuite, JFC, fit un tour du côté de la mairie de Paris, puis au Ministère de la Culture sous Filippetti avant de gagner la Cour des Comptes présidée par un ex-mermazien défroqué nommé par Sarko : Didier Migaud.

 

Ça lui va comme un gant.

 

Il nous arrive de déjeuner ensemble chez Giovanni Passerini.

 

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Lundi matin à 10 h j’ai reçu de lui ceci…

 

 

Changer le monde après la crise. Oui, mais comment ?

 

Les appels à changer le monde d’après fleurissent. Mais comment allons-nous faire pour passer des déclarations à leur réalisation ?

 

1) Retrouver notre souveraineté économique

 

Du Président de la République au citoyen ordinaire, nous avons brutalement découvert à quel point nous étions dépendants de l’extérieur, incapables d’assurer par nous-mêmes notre existence.

 

Certains n’y verront qu’un accident de parcours et continueront à défendre que les avantages de la division mondiale du travail et de la spécialisation de chaque pays dans ce qu’il sait le mieux faire sont les conditions d’une amélioration globale du niveau de vie de l’humanité. 

 

Mais il sera tout de même difficile de justifier après cette crise notre incapacité à fabriquer des respirateurs, des réactifs permettant de tester les malades, du gel hydro alcoolique ou du paracétamol.

Cette dépendance a eu de graves conséquences sanitaires. Ses conséquences économiques sont aussi considérables, le confinement étant la seule solution dont nous étions capables, faute de moyens, et avec lui l’arrêt de l’essentiel de l’activité.

 

Et il faut enfin dire à quel point le commerce mondial est un désastre environnemental ; qu’il ne peut se développer qu’accompagné par des grands mouvements d’hommes ; ceux qui se concentrent dans des conditions déplorables dans les cités « des ateliers du monde », ceux qui organisent ces échanges et transportent les marchandises.

 

Cette division mondiale du travail pousse à la déforestation massive au Brésil et ailleurs pour cultiver le soja que consommeront les animaux des pays développés dans des ateliers de production intensifs, hier encore présentés comme la meilleure solution économique.

 

La destruction de l’environnement favorise le développement de nouvelles maladies et le mouvement des hommes leur propagation.

 

Ce constat semble, en ce moment, largement partagé. Mais comment passer du constat à la reconquête de notre souveraineté économique ?

 

Sommes-nous conscients de notre niveau de dépendance aux importations ?

 

Plusieurs personnes ont essayé de vivre quelques mois en n’achetant que des produits français et ont rendu compte de leur expérience dans des documentaires télévisés et des articles de presse. Le résultat dépassait largement les rêves les plus fous de la frugalité heureuse. Leur vie devenait parfaitement impossible et ils ne parvenaient pas à se procurer les biens essentiels à la vie.

 

La situation de notre commerce extérieur est catastrophique. Nous sommes déficitaires dans presque tous les secteurs. L’énergie, bien sûr, mais aussi dans la plupart des secteurs industriels et même pour les échanges agroalimentaires, qui furent longtemps un fleuron français. Seul le secteur des vins et spiritueux et celui des produits laitiers restent excédentaires. Nous importons massivement les fruits et légumes que nous mangeons, la viande, et les produits transformés.

 

Nous sommes tous favorables à la transition énergétique, mais celle-ci est pour le moment fondée sur l’importation massive de panneaux solaires chinois, de terres rares indispensables au fonctionnement des éoliennes et des outils électroniques qui permettent le fonctionnement des « réseaux intelligents » qui permettent de mieux gérer la consommation d’énergie.

 

Le bilan est le même dans la plupart des secteurs

 

Passer d’une telle situation de dépendance à une plus grande autonomie demandera du temps, des investissements et des politiques économiques et commerciales favorables.

 

Une période de transition difficile et douloureuse.

 

Notre dépendance au reste du monde a deux visages:

 

  • nous en dépendons par ce que nous lui achetons et que nous sommes plus capables de faire.

 

  • nous en dépendons par ce que nous lui vendons et que nous ne pourrons plus vendre si le monde de demain est celui de la fragmentation économique, accompagnée inévitablement de la fermeture de certains marchés pour nos ventes d’avions, de matériel de transport ou de production d’énergie, de vin ou de fromages… A terme, la reconquête du marché intérieur ouvrira d’autres débouchés, mais la longueur du terme n’est pas indifférente et beaucoup d’entreprises peuvent périr pendant la transition avec la misère supplémentaire qui peut  en résulter.

 

Identifier les secteurs dans lesquels nous voulons restaurer notre souveraineté

 

Qui sera chargé de le faire ? Une commission gouvernementale, le Parlement, le Conseil économique, social et environnemental, les régions ; les communes, les dirigeants des entreprises, les syndicats, les chercheurs, les citoyens par reférendum ?

 

Sans doute un peu tous ceux-là, sous des formes qu’il faudra déterminer.

 

Dire jusqu’à quel point nous souhaitons redevenir souverains.

 

Prenons l’exemple de la santé. Nous devons être capables de produire dans des délais rapides les équipements de base qui nous manquent aujourd’hui (masques, réactifs pour les tests, respirateurs, paracétamol, antibiotiques). Mais la recherche médicale progresse grâce à la coopération entre chercheurs du monde entier. Il n’existe pas encore de vaccin ou de traitement du covid-19, mais le séquençage génétique du virus a été partagé par les équipes chinoises peu de temps après le début de l’épidémie, permettant aux équipes du monde entier de travailler à la recherche d’une solution.

 

Il faudra donc trouver un chemin permettant de restaurer notre souveraineté tout en maintenant un cadre de coopération scientifique et économique avec le reste du monde.

 

Quelle politique de reconquête de notre souveraineté économique ?

 

Une fois que nous aurons défini les secteurs dans lesquels nous voulons être souverains et le degré d’indépendance que nous souhaitons, il faudra mettre en place les moyens d’y parvenir.

 

C’est à la fois simple et compliqué. Plusieurs raisons expliquent notre situation.

 

Nous avons un problème de compétitivité : nos produits, souvent de moyenne gamme, ne sont pas assez sophistiqués pour le marché des produits de qualité (le marché automobile est un bon exemple qui peine à remonter la pente malgré une amélioration de la qualité des voitures françaises), et sont trop chers par rapport à la concurrence des pays à bas prix pour le reste.

 

Comme on ne transforme pas une telle situation en quelques mois, et qu’aucun plan de relance, même massif et même financé par des euro bonds ne réglera ce problème, il faudra protéger notre marché intérieur, notamment par des tarifs douaniers sur certains produits sensibles et subventionner certains secteurs industriels pour les remettre à niveau.

 

Ce n’est pas possible dans le cadre du marché unique européen et du droit de la concurrence actuel.

 

Il faudra donc renégocier le pacte européen. Le refonder comme un pacte entre Nations souhaitant coopérer de façon approfondie, en respectant les différences de niveau de développement des pays participant à ce pacte et en leur laissant les marges de manœuvre nécessaires à une convergence progressive de leurs économies.

 

La France doit pour cela accepter l’idée qu’elle ne fait plus jeu égal avec l’Allemagne dans une Europe économiquement unifiée sous la coupe de ce binôme. Elle doit utiliser ce qui lui reste d’influence, avec d’autres pays européens, pour renégocier les conditions de sa participation à une construction européenne plus réaliste, dont la marche ne sera plus dictée par les seules exigences d’une monnaie unique qui impose l’alignement sur le pays le plus performant économiquement, au prix de la disparition des activités non rentables dans les pays moins performants et d’un ajustement par la libre circulation des travailleurs qui iraient se localiser là où existe l’activité. 

 

Tout cela est évidemment très compliqué et peut paraître irréaliste. Mais si l’on considère que ce n’est pas possible, qu’il n’y a pas de majorité en Europe pour cela et qu’il n’y en aura jamais, il ne faut pas faire semblant de croire que nous pourrons retrouver notre souveraineté économique même dans les seuls secteurs mentionnés par le Président de la République dans son allocution du 16 mars dernier. 

 

2)  Revoir les hiérarchies sociales

 

En plus d’un problème de compétitivité, nous avons un problème de mentalité collective. A force de dire qu’il était bon de laisser les pays en développement faire le travail de production tandis que nous devions nous spécialiser dans les tâches de conception et les nouvelles technologies, nous avons perdu sur tous les tableaux. Nous ne produisons plus grand chose et nous ne sommes pas non plus un pays remarqué pour ses capacités d’innovations « disruptives » comme on dit aujourd’hui.

 

Nous avons surtout développé une large bureaucratie publique et privée, la multiplication des « bullshit jobs » si bien décrits par David Graeber, qui produisent surtout des réunions et des « power point ».

 

Pourquoi un médecin ou un ingénieur gagnent-ils beaucoup moins qu’un énarque ou une personne ayant suivi une école de commerce, sauf si le médecin abandonne la médecine pour aller travailler dans un groupe pharmaceutique ou si l’ingénieur s’oriente vers des carrières de « manager » et abandonne la production ? D’où sort cette conception selon laquelle la production mérite moins d’être rémunérée que les tâches bureaucratiques ou financières ?

 

Pourquoi une infirmière, un enseignant, un éboueur… sont-ils moins rémunérés qu’un consultant, un administrateur territorial ou un député ?

 

Cette question était déjà posée par Saint-Simon en 1819, qui comparait les dégâts respectifs causés par la disparition de ceux qui produisent et de ceux qui administrent et dirigent. Nous avons vu pendant la crise quels étaient les emplois indispensables et ceux qui l’étaient moins. Nous devrions en déduire une révision profonde de la hiérarchie des salaires. Comme les ressources ne sont pas infinies, il faudra pour financer la hausse des salaires des professions les moins bien payées, qui sont aussi les plus nombreuses, prendre à celles qui sont mieux servies aujourd’hui. Comment parvenir à ce résultat sans crise violente, sans affrontements entre les couches sociales ? Comment passer des applaudissements aux fenêtres à la redistribution sociale ?

 

Il faudrait que les partis et les syndicats sortent des déclarations générales et fassent des propositions de méthode, présentent des objectifs, proposent un calendrier.

 

3) Consommer moins, économiser les ressources

 

La crise nous aurait appris la sagesse en nous maintenant à la maison et en nous obligeant à réfléchir à ce qui était vraiment important.

Prenons cette idée comme point de départ.

 

Mais un mode de consommation ne se modifie pas en un tour de main, à la suite d’une révélation.

 

Nous avons redécouvert que les services publics étaient essentiels. Parlant de la santé, le président de la république a même dit que son financement n’était pas une charge pour le pays. Enfin et tant mieux !

 

Alors abandonnons ce discours, qui est une idéologie, sur « les prélèvements obligatoires » qui mêlent impôt sur le revenu, TVA, cotisations sociales destinées à financer la santé et la retraite, taxes affectées au développement de tel secteur économique.

 

Abandonnons cet objectif fixé par le Président de la République au début de son mandat de ramener à moins de 50% du PIB la part des « prélèvements obligatoires ».

 

Que l’éducation soit financée par l’impôt ou par des frais de scolarité exorbitants, la dépense n’en est pas moins obligatoire pour les familles, mais dans un cas elle financée de façon solidaire, dans l’autre seuls les riches peuvent permettre à leurs enfants d’étudier.

 

Que la santé soit financée par des cotisations sociales ou par le malade qui paie directement des frais de santé considérables aux médecins et aux hôpitaux, la dépense n’en est pas moins obligatoire (on n’est pas malade par plaisir), mais dans un cas le financement des dépenses de santé est mutualisé, les bien portants permettent aux malades, riches ou pauvre de se soigner, dans l’autre les riches peuvent payer leurs soins, les pauvres non.

 

L’objectif du discours tenu depuis quarante ans en faveur de la réduction des prélèvements obligatoires, est d’en finir avec ce qui existait de solidarité entre les humains, quelle que soit leur situation de fortune. Ce discours est né de la sécession des riches dans les années mille neuf cent quatre-vingt. Il est temps de dire qu’il doit être abandonné.

 

Pour qu’il y ait des services publics, il faut qu’il y ait des ressources publiques, donc des impôts, donc du partage. Il faut que les premiers de cordée reprennent leur place au-milieu des citoyens.

 

Il faut aussi que le service public reprenne sa place dans la cité en rendant des comptes sur son efficacité.

 

Quant à notre consommation de biens, elle évoluera sous différentes impulsions.

 

La prise de conscience est nécessaire, elle n’est pas suffisante.

 

Nous devrons accepter de payer plus cher des biens relocalisés et d’en consommer moins.

 

Mais ce que les économistes appellent le « signal prix » a ses limites. Les SUV ont beau être plus chers qu’une voiture ordinaire et supporter une taxe d’immatriculation de plusieurs milliers d’euros, ils se vendent de mieux en mieux en raison des effets de mode, de différenciation sociale, de la publicité… Pourquoi ne pas interdire la fabrication de voitures dépassant une certaine consommation et une certaine vitesse ? Le monde sera moins fun mais il faut savoir ce que nous voulons.

 

Changer de mode de consommation sera un renoncement. Il faut en définir les modalités. Qui décidera de ce à quoi nous devons renoncer et comment ?

 

Il ne peut pas y avoir de politique sérieuse de modification des comportements de consommation sans une politique économique d’égalisation des conditions.

 

Les plus riches sont ceux qui émettent le plus de gaz à effet de serre et consomment le plus. Réduire de 10% la consommation de tous quand certains consomment 1000 et d’autres 10 et polluent à proportion, n’est pas une méthode acceptable.

 

La redistribution sociale est la condition de la modification profonde des modes de consommation, ce par quoi il faut commencer. A défaut, il y aura d’autres crises « des gilets jaunes », d’autres mouvements de ceux qui n’ont déjà pas grand-chose et auxquels on demande de renoncer tandis que ceux qui ont tout…

 

4) La démocratie

 

Ce qui est devant nous est considérable : redéfinir notre façon de produire, de consommer, réévaluer la hiérarchie sociale et ce qui la fonde, refonder notre relation aux autres pays européens et au reste du monde.

 

A l’évidence, notre mode de gouvernement hyper-centralisé et si peu démocratique ne permettra pas d’organiser une telle transformation.

 

La comparaison entre les résultats de l’Allemagne et de la France dans la gestion de cette crise, sans parler des résultats dans les autres domaines est cruelle.

 

Dé-présidentialiser la France, redonner du pouvoir à un parlement mieux élu, représentant mieux le pays et qui ne soit plus une chambre d’enregistrement des décisions de l’exécutif, est une nécessité.

 

Il faut décentraliser les décisions. La centralisation de la gestion du système de santé français a montré son inefficacité.

 

Les citoyens doivent être responsabilisés et incités à aller au-delà de la protestation. C’est une belle tâche politique que d’imaginer une démarche collective qui permette aux citoyens de réfléchir à ce qu’ils veulent, de confronter leurs aspirations, d’en voir les contradictions et les conditions de réalisation. Bruno Latour a fait une proposition intéressante de démarche pour définir ce que nous voulons. D’autres peuvent être faites. L’essentiel est de mettre les citoyens en mouvement lorsqu’ils sortiront du déconfinement pour qu’ils transforment en actes ce qui n’est aujourd’hui que déclaration de bonne intention.

 

Jean-François Collin

20 avril 2020

Jean-François Collin ICI

Conseiller maître à la Cour des comptes [Secrétaire de l'Iddri]

Agriculture : la pandémie ravive le débat sur l’autonomie alimentaire de la France
Agriculture : la pandémie ravive le débat sur l’autonomie alimentaire de la France ICI
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20 avril 2020 1 20 /04 /avril /2020 12:00

 

Le 19 février 2020 je titrais :

 

En cette période de coronavirus soyez Ponce-Pilate : lavez-vous les mains ! L’histoire de la découverte du hongrois Ignace Philippe Semmelweis a été brillamment racontée dans la thèse de médecine de Louis-Ferdinand Céline en 1924 ICI  

 

André Dussollier, à Lille en 2009

 

  • "Semmelweis" de LouisFerdinand Céline, choisi et lu par André Dussollier

 

Face au coronavirus, on assiste aux débats médicaux les plus virulents. Je n’ai pu m’empêcher de penser à l’histoire du docteur Semmelweis, ce médecin hongrois qui en 1846 s’attaqua aux causes de la fièvre puerpérale qui touchait les femmes après leur accouchement et provoquait leur mort dans des proportions considérables.    

               

Louis-Ferdinand Céline, alors âgé de trente ans, fit de l’histoire de ce médecin le sujet de sa thèse, qu’il soutint devant la Faculté de médecine en 1924. A presque deux siècles de distance, il est surprenant de voir jusqu’où l’histoire peut se répéter, quand la science médicale est confrontée aux intuitions des uns et au nécessaire contrôle du corps médical tout entier.  La science tâtonne, s’interroge, cherche, avance et malgré les âpres combats qui opposent les médecins entre eux, finira avec le temps, par vaincre la maladie pour le bien de l’humanité. C’est l’histoire de ce médecin hongrois né en 1818 à Budapest d’un père épicier et d’une mère infatigable, tôt mariée, qui mit au monde huit enfants, que Louis-Ferdinand Céline raconte à travers ces pages que j’ai choisi de lire pour France Culture.

André Dussollier 

Didier Pittet, médecin-chef au service prévention et contrôle aux hôpitaux universitaires de Genève, en Suisse. © OLIVIER MAIRE/BELGAIMAGE

Didier Pittet, discret sauveur du monde ICI 

 

Ce médecin suisse, aujourd'hui sexagénaire, est à l'origine de la généralisation du gel hydroalcoolique. En faisant don de la formule à l'OMS, il a empêché la privatisation de ce produit essentiel dans la lutte contre le coronavirus.

 

C'est un soldat, sinon inconnu, du moins peu connu. En revanche, il est identifié. Et dans la lutte contre le coronavirus, il est invisiblement omniprésent. Didier Pittet, 63 ans, est un épidémiologiste et infectiologue, aujourd'hui médecin-chef du service de prévention et contrôle aux hôpitaux universitaires de Genève. C'est à lui que l'on doit la mise au point du gel hydroalcoolique, le produit aujourd'hui le plus connu au monde. Rebobinons. En 1995, Didier Pittet découvre dans son institution les ravages des maladies nosocomiales, causées par les soignants eux-mêmes, transporteurs involontaires de virus et de bactéries. L'étude qu'il mène sur le sujet au sein de son hôpital le conduit à cette conclusion : " Les mains qui sauvent sont celles qui tuent. " Dès lors, avec William Griffiths, un pharmacien attaché à la même structure hospitalière et qui avait déjà travaillé à la formulation de la solution hydroalcoolique des années auparavant, il invente le gel hydroalcoolique.

 

Ce gel permet de diviser par deux le taux d'infection en milieu hospitalier.

 

De l'alcool, un agent antibactérien, de l'eau oxygénée, de la glycérine, de l'eau, voilà pour l'essentiel. Rien n'empêche d'y ajouter un agent moussant, un parfum agréable, voire un colorant. En quinze à trente secondes, ce gel extermine les bactéries, virus et champignons qui voyagent incognito sur nos mains alors qu'un lavage avec eau et savon dure au moins deux minutes. En milieu hospitalier, le personnel soignant pourrait devoir se laver les mains jusqu'à 22 fois par heure, soit durant 44 minutes : intenable. Hypoallergénique, ce gel peut s'employer sans eau et s'emporter partout. Il sèche en outre presque instantanément, ce qui représente un gain de temps considérable pour ses utilisateurs professionnels. L'étude menée par Didier Pittet, prouvant que le gel hydroalcoolique permet de diviser par deux le taux d'infection dans le milieu hospitalier, est publiée en 2000 dans la prestigieuse revue britannique The Lancet. En 2005, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) fait appel à lui pour lancer le programme Clean Hands Save Your Life (des mains propres sauvent votre vie) auquel adhèrent des milliers d'hôpitaux dans le monde.

 

De quoi assurer la fortune du génial inventeur ? Que nenni. Ce dernier décide, en 2006 - après avoir découvert combien son produit se vendait cher - de rendre la formule gratuite. Il publie la formule et le protocole sur le site de l'OMS, lui faisant don du brevet, au grand dam des laboratoires pharmaceutiques. " Nous avons simplifié la formule et nous l'avons adaptée pour que, localement, on puisse utiliser l'alcool de canne à sucre ", par exemple, détaille-t-il dans sa biographie intitulée Le Geste qui sauve (1). Et en Russie, certains ont entrepris de boire le gel, contraignant ses concepteurs à y ajouter un vomitif...

 

Selon les estimations de l'OMS, les campagnes incitant au lavage régulier des mains, couplées à l'invention du gel hydroalcoolique, sauvent entre cinq et huit millions de vies par an.

 

(1) Le Geste qui sauve, par Thierry Crouzet, éd. L'Age d'homme, puis Thierry Crouzet et le Fonds Clean Hands Save Lives. Ce livre, publié sous licence creative commons, est disponible sur tcrouzet.com.

Aucune description de photo disponible.

 

 

Coronavirus. Faire du gel hydroalcoolique avec du vin ? Une idée pour « sauver la filière » viticole

 

C’est un des multiples secteurs touchés par la crise du coronavirus. Avec la fermeture des salons, l’annulation des évènements et les mesures de distanciation sociale, nombreux sont les viticulteurs à souffrir aujourd’hui économiquement. Pour pallier les difficultés qu’ils rencontrent, l’eurodéputé socialiste Eric Andrieu a demandé l’activation « urgente » du mécanisme de distillation de crise. Objectif : se servir de l’alcool issu de la distillation pour fabriquer du gel hydroalcoolique.

Au nom du péril que le coronavirus ferait peser sur la filière vin, l’eurodéputé socialiste Eric Andrieu a demandé à la Commission européenne l’activation urgente du mécanisme de distillation de crise pour aider les viticulteurs à écouler leur production.

 

Pour l’eurodéputé audois, élu du Grand Sud-Ouest, l’alcool résultant de cette distillation pourrait servir pour la fabrication de gel hydroalcoolique.

 

« Les petits producteurs risquent de disparaître »

 

Même si cet alcool est un peu plus cher que celui produit avec la betterave, il y a aujourd’hui une telle demande pour le gel hydroalcoolique, que tout le monde serait gagnant, a-t-il affirmé.

 

La commission européenne a les outils juridiques et financiers pour intervenir sur le marché en temps de crise. Si elle ne le fait pas aujourd’hui, les petits producteurs risquent de disparaître, a-t-il plaidé.

 

Il estime le stock de vin français qui pourrait être distillé avant la fin de l’été à près de trois millions d’hectolitres, et à quelque 10 millions d’hectolitres en Europe, en tenant compte de l’Espagne et l’Italie notamment.

 

Il y a urgence. La distillation -processus consistant à séparer le fruit de l’alcool pour créer de l’éthanol doit se faire avant juillet, car si les producteurs n’ont pas libéré de volume à l’heure des récoltes, soit ils ne vendangeront pas, soit ils videront les cuves dans les caniveaux, met-il en garde. La solution est soutenue selon lui par l’ensemble du secteur viticole français et européen.

 

Un impact colossal

 

Cette proposition est indispensable à une sortie de crise, fait écho le président de la Fédération des vignerons indépendants de l’Aude, Alexandre They, invoquant un impact colossal de l’épidémie sur la filière viticole.

 

On sort déjà d’une année 2019 très compliquée avec notamment la taxe imposée par le président américain Donald Trump sur les importations de vins français, espagnols et allemands en représailles aux subventions européennes à Airbus, affirme-t-il.

 

Les producteurs indépendants sont les premiers touchés parce que notre clientèle c’est en grande partie les particuliers à qui on vend dans des salons -tous annulés, les hôtels et restaurants, et les cavistes, très durement impactés par le confinement, ajoute-t-il.

 

Pour amortir a minima le manque à gagner des producteurs, Eric Andrieu a proposé aux États concernés et à l’Europe de prendre en charge le coût de distillation à hauteur de 80 centimes par litre : 45 et 35 centimes respectivement. Nous sommes dans l’attente d’une réponse au niveau européen, a-t-il indiqué.

Dix énigmes scientifiques à résoudre au sujet du Covid-19

 

Le public peine à accepter les changements et contradictions dans les discours et recommandations portant sur le Covid-19. La raison en est pourtant simple: les questions les plus fondamentales sur le coronavirus et la maladie sont en grande partie irrésolues.

Sylvie Logean, Marie Maurisse, Etienne Meyer-Vacherand et Fabien Goubet

Publié mercredi 15 avril 2020

Avec 51 000 articles scientifiques à son sujet recensés dans la base de données CORD-19, le Covid-19 fait l’objet d’un foisonnement de recherches. Un corpus d’autant plus impressionnant qu’il y a quatre ou cinq mois, le SARS-CoV-2, nom du virus responsable de l’épidémie, était absolument inconnu au bataillon. Des millions de scientifiques ont foncé vers ce terrain inexploré, séquençant le génome du virus, étudiant ses mécanismes d’action, fabriquant des vaccins, analysant cette nouvelle maladie. Pourtant, malgré cette ruée, la plupart des grandes questions demeurent aujourd’hui en grande partie irrésolues, ce qui explique notamment les apparentes contradictions sur certaines recommandations. Comme on le voit ici, les principales énigmes du Covid-19 sont aussi les questions les plus fondamentales que pose cette maladie.

 

1. On ne sait pas comment a commencé l’épidémie

 

Nul besoin de chercher bien loin pour trouver la première énigme du coronavirus: il suffit de commencer par le commencement. Les scientifiques ne savent pas exactement d’où vient le SARS-CoV-2. Des analyses de son génome suggèrent qu’il aurait émergé à partir de coronavirus de chauves-souris chinoises via des recombinaisons génétiques, comme cela a déjà été observé pour d’autres coronavirus. Ce qui est encore moins certain, c’est la manière dont le coronavirus a franchi la barrière inter-espèces, c’est-à-dire comment il est arrivé chez l’humain. A-t-il «sauté» de la chauve-souris à l’homme? Ou bien y a-t-il eu un ou plusieurs hôtes intermédiaires? Un temps favorisée, l’hypothèse du pangolin, suspecté d’avoir joué un tel rôle, tend à être abandonnée. Il reste que la connaissance de l’origine du virus est cruciale pour éviter sa réapparition, par exemple en surveillant mieux les animaux hôtes.

 

2. On ne sait pas comment se transmet le coronavirus

 

C’est la question à 2000 milliards de dollars, soit le montant du plan de relance américain. Comment le coronavirus se transmet-il aussi facilement, avec plus de 1,7 million de cas cliniquement confirmés? Il est certain que les gouttelettes crachées lors de la toux, des éternuements ou des postillons sont vectrices du virus. Mais des zones d’ombre demeurent sur la transmission éventuelle par les fomites – le nom des surfaces contaminées –, les excréments et surtout les aérosols, ces nuages de gouttelettes parfaitement invisibles. De récentes études suggèrent que celles-ci pourraient bien être infectieuses, autrement dit que le virus se transmet par l’air, ce qui a conduit les Etats-Unis à recommander le port du masque en public. Si toutes ces voies d’entrée existent, elles ne sont toutefois pas égales, c’est pourquoi plus de recherches sont nécessaires afin de mieux comprendre la transmission virale et d’adapter les recommandations.

 

3. On ne connaît pas encore précisément la mortalité/le doute sur la mortalité

 

La sévérité exacte du Covid-19 reste à préciser, notamment parce que plusieurs calculs de la mortalité cohabitent. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) établissait le 28 mars la létalité (nombre de morts divisé par nombre de cas confirmés) à 4,6%. Un chiffre sans doute bien moindre si l’on considère aussi les cas non confirmés (parce qu’asymptomatiques ou non déclarés). Finalement, l’excès de mortalité, soit le surplus du nombre de morts survenus au premier trimestre 2020 par rapport aux années précédentes, est également utilisé pour jauger la sévérité d’une maladie, en prenant en compte l’impact de l’épidémie de manière systémique. Les premiers chiffres commencent à tomber: ainsi l’Italie du Nord compte chaque jour presque le double de décès par rapport à la moyenne. La mortalité exacte du Covid-19 ne sera connue qu’une fois l’épidémie terminée.

 

4. On ne sait pas pourquoi certains cas sont si graves quand d’autres sont anodins/le mystère de la sévérité des cas

 

La variabilité des cas observés a de quoi déstabiliser plus d’un médecin. Depuis le début de l’épidémie, on sait que l’âge avancé et l’existence de pathologies chroniques peuvent être des éléments aggravants. Mais comment expliquer la sévérité de certains cas, y compris chez les personnes jeunes et en apparente bonne santé? Cela reste un mystère et les scientifiques en sont au stade des hypothèses. Parmi celles-ci, l'«orage de cytokines», un phénomène d’hyper-inflammation du système immunitaire engendrée par le virus chez certains patients. Cette libération massive de molécules impliquées dans le contrôle de l’immunité pourrait entraîner des effets délétères comme une baisse massive de la pression artérielle, des œdèmes pulmonaires, ou des détresses respiratoires aiguës, pouvant conduire jusqu’au décès.

 

5. On ne sait pas quel médicament donner

 

«A ce jour, il n’existe aucun traitement contre les infections dues aux coronavirus. Les possibilités thérapeutiques se limitent à traiter les symptômes.» Sur son site, l’Office fédéral de la santé publique ne peut pas se montrer plus clair. Dans l’attente de molécules efficaces, les médecins ont à leur disposition quelques médicaments qu’ils administrent au cas par cas, en fonction du profil des malades et des stocks à disposition: des antiviraux comme le kaletra (association de ritonavir-lopinavir) et le remdesivir; un antimalarique comme l’hydroxychloroquine, ainsi que des antibiotiques parfois utilisés pour combattre les infections associées. Leurs effets sont loin d’être les mêmes pour tous les patients. C’est pourquoi l’OMS vient de lancer un vaste essai clinique nommé «Solidarity», afin d’évaluer l’efficacité de ces médicaments dits «compassionnels». En Suisse, c’est le Centre hospitalier universitaire vaudois qui le coordonne.

 

6. On ne sait pas combien de temps dure l’immunité

 

C’est l’une des grandes inconnues liées à l’épidémie de Covid-19. Une fois remis de la maladie, sommes-nous bien immunisés, et, si oui, pour combien de temps? Face à des données encore lacunaires, les scientifiques s’appuient principalement sur des études ayant été conduites durant les premières épidémies de SRAS et de MERS, mais aussi sur des travaux plus récents. Une étude chinoise conduite sur des macaques infectés par le SARS-CoV-2 a ainsi démontré que les singes produisaient des anticorps neutralisants leur permettant de résister à une nouvelle infection, des résultats venant accréditer la thèse d’une immunité acquise. Reste à savoir pour combien de temps. Et là encore, impossible d’avoir d’estimations à ce stade, faute de recul. Il est par ailleurs difficile de tirer des liens avec les précédentes épidémies, la réponse immunitaire pouvant non seulement être très variable d’un virus à l’autre de la famille des coronavirus, mais aussi entre les individus.

 

7. On ne sait pas le rôle joué par les enfants. Une certitude: les enfants sont, dans leur immense majorité, nettement moins gravement touchés par le Covid-19 que leurs aînés. En Suisse, près de 800 cas confirmés de Covid-19 sur environ 26 000 concernaient ainsi des individus entre 0 et 19 ans. Par contre, les scientifiques émettent encore de sérieux doutes quant au rôle exact qu’ils pourraient jouer dans la propagation de la maladie, un point sur lequel ces derniers n’ont donc toujours pas trouvé de consensus, mais ayant néanmoins légitimé la fermeture des écoles dans de nombreux pays. Cette question cruciale est d’autant plus sensible que la contagiosité des personnes asymptomatiques a désormais été soulevée par de nombreuses études. En tant que porteurs sains, les enfants pourraient-ils être des super-propagateurs de la pathologie? Les données actuelles ne permettent de tirer aucune conclusion définitive.

 

8. On ne sait pas grand-chose sur la mutation du SARS-CoV-2

 

Processus naturels et aléatoires, les mutations génétiques constituent une donnée importante pour l’élaboration d’un vaccin: les virus échappent d’autant plus facilement aux vaccins que leur génome est fréquemment modifié au fil des mutations. Les modalités précises de mutation du SARS-CoV-2 sont un terrain qui demande à être exploré, ce que font des plateformes de surveillance en ligne telles que NextStrain. Mais une chose est sûre: son génome mute relativement lentement. Son taux de mutation estimé à moins de 25 mutations par an serait moitié moindre que celui du virus de l’influenza responsable de la grippe. De quoi envisager un vaccin unique.

 

9. On ne sait pas si les animaux domestiques sont contagieux

 

La situation pour nos compagnons est confuse. Chats, chiens et même un tigre: plusieurs animaux ont été testés positifs au SARS-CoV-2, sans qu’aucune transmission d’un animal de compagnie vers un humain n’ait toutefois été constatée. Une étude a mis en évidence une reproduction virale chez certains d’entre eux (chats, furets), tandis qu’une autre, menée sur des animaux de compagnie dont les maîtres étaient malades, n’a pu observer un quelconque développement d’anticorps contre le coronavirus. Les animaux pourraient transmettre le virus via leur pelage, au même titre qu’une poignée de porte contaminée. Tant que le mécanisme de pénétration du coronavirus dans les cellules reste à éclaircir, une contagion reste de l’ordre du possible même si la rareté des cas d’animaux infectés rapportés permet d’estimer qu’une transmission vers l’humain reste improbable.

 

10. On ne sait pas quand et comment ça va se finir

 

Plusieurs variables détermineront le déroulement futur de l’épidémie de Covid-19. D’abord, la possibilité d’un vaccin pour espérer circonscrire, voire éradiquer le virus. Près de 70 candidats sont à l’étude, selon un rapport de l’OMS. Parmi eux, trois seulement sont en phase d’évaluation clinique et testés sur des humains, et aucun ne sera disponible avant au moins une année. Dans l’attente, la recherche se penche aussi sur la piste des traitements qui pourraient sauver des vies. Des antiviraux tels que l’Avigan ou des antipaludiques comme l’hydroxychloroquine sont en cours d’essais cliniques. Et si rien n’aboutit? Le coronavirus poursuivra son chemin puis pourrait disparaître, faute de personnes à infecter. Avant de resurgir de manière régulière, ou plus erratiquement, à l’image de la grippe A de type H1N1. En posant une dernière question: combien de morts d’ici là?

 

 

 

Ces rapports qui prédisaient la pandémie

 

De l’Europe à l’Amérique du Nord, tous les Etats développés mènent depuis des décennies des simulations pour se préparer au risque d’une pandémie. Pourtant, les avertissements des experts sont restés lettre morte

Marc Allgöwer

Publié lundi 13 avril 2020

 

Nous sommes le 18 septembre 2001. A New York, les débris des tours jumelles fument encore. A Washington, le Pentagone est éventré. Le monde vient d’entrer dans l’ère de la guerre contre le terrorisme. Mais ce jour-là, le vice-président, Dick Cheney, prend conscience d’une autre menace en découvrant les conclusions d’un exercice conduit quelques mois plus tôt. La simulation, nommée «Dark Winter», décrit une attaque biologique au moyen du virus de la variole. Lorsque la présentation se termine, le vice-président lâche: «C’est terrifiant.»

 

Les conclusions de «Dark Winter» comportent des ressemblances troublantes avec la pandémie de Covid-19. «Vingt ans après cette simulation, les responsables civils et militaires que j’ai consultés témoignent encore de son impact énorme», explique Mark Perry au Temps. Dans une enquête publiée par Foreign Policy, ce spécialiste des questions de défense détaille les parallèles. Un foyer de variole à Oklahoma City s’étend à l’ensemble du pays. Les responsables politiques fédéraux, régionaux et locaux, peu familiers de la gestion de crise sanitaire et privés d’informations fiables, se contredisent. Les mesures de confinement, mal définies, tardent à avoir un impact. Le système de santé, mal préparé, fait face à un afflux de patients alors que les tests de dépistage manquent et que les rumeurs enflent sur de prétendus remèdes miracle. Des émeutes forcent la Garde nationale à intervenir. «Nous aurions été bien plus à l’aise avec l’explosion d’une bombe», conclut l’un des participants à l’issue de l’exercice.

 

Le plan de George W. Bush

 

Le cas des Etats-Unis, désormais considérés par l’OMS comme le nouveau foyer de la pandémie, illustre les défis gigantesques que la diffusion rapide d’un virus mortel pose jusque dans les pays les plus développés. Ce n’est pourtant pas faute de s’être préparé. Dès 2005, George W. Bush demande à son administration d’échafauder un plan. «Une pandémie est comme un incendie de forêt, explique le président, qui vient de lire un ouvrage sur la grippe espagnole de 1918. Si elle est endiguée tôt, les dégâts sont limités. Sinon, elle devient un brasier que nous ne pouvons plus contrôler.» L’effort sera soutenu durant les trois années suivantes: mise en place d’un système d’alerte précoce, financement accru de la recherche sur les vaccins et constitution de stocks de masques et de respirateurs.

 

Mais la sensibilité au risque pandémique suit un mouvement de balancier. Acculée à des coupes budgétaires par la crise financière de 2008, l’administration Obama dissout le bureau de sécurité sanitaire globale, avant d'être confrontée dès 2009 à l’épidémie de H1N1. Cette expérience, associée à celle de l’épidémie d’Ebola en 2014-2015, fournit à l’administration Trump un plan de route qu’elle choisira à son tour d’ignorer, démantelant l’unité de réponse pandémique mise en place au sein du Conseil de sécurité nationale par Barack Obama.

 

Event 201, le scénario du coronavirus

 

La conduite de simulations ne s’est, en revanche, jamais interrompue. De 2001 à 2019, les autorités américaines mènent quatre autres exercices. Le plus récent, Event 201, remonte au mois d’octobre dernier et postule l’apparition d’un coronavirus qui, quittant son foyer au Brésil, tue 65 millions de personnes dans le monde. «L’objectif était de préparer les responsables politiques et les milieux d’affaires à minimiser l’impact économique d’une pandémie qui enrayerait la croissance et la confiance des consommateurs, souligne Mark Perry. Toutes ces simulations ont fonctionné: elles nous ont montré ce qui se produirait si nous ne prenions pas des décisions fortes et rapides. Ironiquement, elles décrivent aussi les raisons de notre échec actuel.» Pour l’expert, l’écueil principal tient aux tensions entre les différents échelons gouvernementaux. «Les Etats-Unis ne peuvent faire face à une menace nationale en permettant à leurs 50 Etats de déterminer leur propre réponse sanitaire.»

 

 

Il n’y a pas qu’à Washington que de tels exercices sont organisés. Tous les Etats développés le font. En témoignent les livres blancs successifs du Ministère français de la défense – le risque de pandémie y est évoqué dès 2008 – ou l’exercice mené en 2014 en Suisse par le Réseau national de sécurité. Pourtant, les pays d’Europe et d’Amérique du Nord ont été, à des degrés divers, pris de court par l’apparition de la pandémie. «Le problème de ce type de crise, c’est que, à la différence d’un événement comme celui du 11 septembre 2001 – une attaque dont la nature et la temporalité étaient bien circonscrites –, il y a aujourd’hui énormément d’inconnues dans l’équation de la pandémie, explique Bruno Tertrais, directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique. C’est une crise à mèche lente, et c’est pourquoi je suis un peu plus indulgent avec les gouvernements occidentaux, notamment européens, que ne l’est l’opinion publique.»

 

«Le monde n’est pas prêt»

Aucun responsable politique de la planète ne pouvait toutefois ignorer la menace pandémique. Chacun avait accès au dernier rapport du Global Preparedness Monitoring Board de l’OMS. Il évoque «la menace très réelle d’un pathogène respiratoire hautement mortel et se diffusant très rapidement qui pourrait tuer 50 à 80 millions de personnes et détruire 5% de l’économie mondiale». «Le monde n’est pas prêt», concluaient les experts. C’était en septembre dernier.

 

Polémique aux Etats-Unis

 

Donald Trump a-t-il trop tardé à réagir? C'est ce qu'a affirmé le New York Times dimanche. Selon le quotidien, les experts avaient averti la Maison-Blanche dès le début de l'année du danger posé par l'épidémie alors en cours en Chine. Anthony Fauci, l'immunologiste à la tête de l’Institut national des allergies et maladies infectieuses, a admis que des restrictions prises plus tôt auraient permis de limiter le nombre de victimes. «Mais à l'époque, il y avait beaucoup de réticences à tout fermer», a-t-il dit, évoquant une «décision compliquée».

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20 avril 2020 1 20 /04 /avril /2020 06:00
 
FRANÇOIS MITTERRAND, SALVADOR ALLENDE, GASTON DEFERRE ET CLAUDE ESTIER AU PALAIS DE LA MONEDA, À SANTIAGO AU CHILI, LE 19 NOVEMBRE 1971.(DR/IFM)

Nous sommes dans la France du président Pompe, qui dénonçait « les odeurs d’égouts » de l’affaire Aranda. Pierre Viansson-Ponté écrivait dans le Monde « Il fonce tête baissée, le sourcil en bataille, l’œil allumé, le ton caustique, féroce et déterminé. L’opposition, la majorité, la presse, l’ancien Premier Ministre, les parlementaires, chacun reçoit son paquet. Adieu les prudences et les platitudes apaisantes d’un président épanoui et sécurisant. Il ronronnait et voici qu’à nouveau il griffe et il fait mal. »

 

Ma licence en Droit bouclée j’entame ma thèse sous la direction intriguée, vu le sujet, du doyen de l’époque à la Fac de Nantes, Yves Prats ICI (frère de Bruno, alors propriétaire de Cos d’Estournel et Petit Village) dont j’ai appris récemment le décès le 13/02/2020 à l'âge de 80 ans, si je l’avais su je me serais rendu le 26/02/2020 à 10:30 à l’Église Saint-Sulpice pour lui rendre un dernier hommage. Nous étions devenus amis, mon parcours peu orthodoxe lui plaisait beaucoup.

 

Le taulier puise dans ses souvenirs nantais : la Bretagne des Doux ...

 

J’étais en sursis, pardon je bénéficiais d’un sursis pour effectuer mon service militaire, et comme je n’avais pas envie de me retrouver dans une caserne je me renseignais, lors de mes passages à Paris pour ma thèse, sur les conditions à remplir pour le faire en tant que VSNA.

 

CHILE. 11 de septiembre, Allende, la Unidad Popular, la memoria ...

 

Le 4 septembre 1970 Salvador Allende, candidat de l'Unité populaire (regroupant le Mouvement de la gauche révolutionnaire et le Parti communiste), est élu président de la République du Chili, est le premier « marxiste » latino-américain élu démocratiquement. Il ne doit cependant son élection à la présidence, avec un peu plus du tiers des suffrages, qu'à la division de ses adversaires.

 

Golpe Militar | SURreal.Politics

 

À la tête d'une coalition hétéroclite qui va des radicaux centristes à l'extrême-gauche révolutionnaire et violente, le MIR,  il voit se dresser en face de lui une droite qui va des milieux d’affaires jusqu’à la moyenne bourgeoisie en passant par une fraction des classes populaires victimes des pénuries « mouvement des casseroles ».

 

Il y a 40 ans au Chili, l'AUTRE 11 Septembre... - Servir le Peuple

 

Vu de Paris, la gauche, l’officielle de Mitterrand et du PC, la 68 hard gauchiste, a les yeux de Chimène pour Allende.

 

Bourlinguant du côté du PSU j’en suis, alors pourquoi ne pas être VSNA au Chili d’ Allende ?

 

En théorie c’est possible sauf que je suis lesté de 2 handicaps rédhibitoires : je ne parle pas espagnol et j’ai CV qui sent le soufre.

 

J’insiste, on ne me dit pas non, je remplis le dossier, mais au bout du bout ce sera l’Algérie pourvue du plus gros bataillon de coopérants.

 

11 septembre 1973 : Chili : putsch de Pinochet

 

11 Septembre 1973 - Coup d'état au Chili - - Action communiste

11 de septiembre de 1973: Estos eran los 34 chilenos más buscados ...

Chili : pourquoi la "voie pacifique vers le socialisme" de ...

Moi je viens d’arriver à Constantine avec ma petite famille et mon boxer Ulysse, si ça avait été Santiago-du-Chili…

 

De retour à Paris en septembre 1975, les exilés chiliens jouaient déjà de la flute de pan dans les couloirs du métro.

 

L’expérience chilienne m’a toujours intéressée dans le sens où, même si ça déplaît à la vision de l’extrême-gauche, elle est emblématique des illusions d’un passage démocratique non-violent d’une économie capitaliste à une économie de type étatiste, un nouveau Cuba.

 

3 juin 2008

« Drôles de Dames » Las Niñas de Santa Cruz Chile, elles décoiffent… ICI 

 

 

Par la suite, je me suis aussi intéressé au Chili pour son irruption dans les échanges mondiaux du vin, tout d’abord, lors de ma mission dans VDN dans les PO où j’eux des discussions passionnées et passionnantes avec Bernard Dauré qui avait investi dans le vignoble chilien avec son ami de La Martiniquaise, qui avait racheté l’entreprise Dauré. Et puis, lorsque je commis mon fichu rapport en rentrant de Vinexpo.

 

 

Mercredi 20 juin 2001 : de retour d’une journée entière passée à arpenter les allées de Vinexpo…

 

L’Australie, la Nouvelle-Zélande, les USA, le Chili, l’Argentine, l’Afrique du Sud, la déferlante des vins du Nouveau Monde va-t-elle naufrager la viticulture du Vieux Continent.

 

À Vinexpo, à en croire certains, la France vinicole, sûre d’elle et dominatrice, en serait la première victime. Déjà, sur le marché anglais, face à la coalition des pays du Nouveau Monde conduite par les australiens, sa part de marché s’effrite inexorablement.

 

Et puis j’ai lu Le Monde du bout du monde de Luis SEPÚLVEDA El Mundo del fin del mundo traduit par : François Maspero.

 

Le Monde du bout du monde - Editions Métailié

 

Un garçon de seize ans lit Moby Dick et part chasser la baleine. Un baleinier industriel japonais fait un étrange naufrage à l’extrême sud de la Patagonie. Un journaliste chilien exilé à Hambourg mène l’enquête et ce retour sur les lieux de son adolescence lui fait rencontrer des personnages simples et hors du commun, tous amoureux de l’Antarctique et de ses paysages sauvages. Il nous entraîne derrière l’inoubliable capitaine Nilssen, fils d’un marin danois et d’une Indienne Ona, parmi les récifs du Cap Horn, sur une mer hantée par les légendes des pirates et des Indiens disparus, vers des baleines redevenues mythiques.

 

« Le Monde du bout du monde a les vertus des coquillages de nacre que l’on colle à son oreille : la musique de ses phrases nous révèle le bruit sans âge de la mer. »

Michèle Gazier, Télérama

 

« Je me souviens particulièrement de l'un d'entre eux. Un homme très grand et corpulent, chevelure rebelle et barbe blanche, qui après avoir été péon d'estancia, châtreur de moutons, contremaître, puis marin sur le bateau-école Baquenado et enfin baleinier, a fait une pause dans ses courses sur les mers australes pour devenir le plus grand écrivain du Chili. Il s'appelle Francisco Coloane, il doit avoir quatre-vingts ans et, chaque fois qu'un ami lui rend visite, il l'emmène naviguer sur les canaux et les mers du Bout du Monde...

 

Ma fille Anne-Cécile m’a offert Le vieux qui lisait des romans d'amour, son premier roman traduit en français qui fut un des succès de librairie.

 

Amazon.fr - Le vieux qui lisait des romans d'amour - Sepulveda ...

 

Enfin, lorsque je me lançai dans l’aventure de mon blog, je décidai de mettre en ligne un roman du dimanche, mon héros se rendit au Chili : CHAP 8 s’intitulait de la FAR à l’UP en passant par les BR.

 

FAR = Fraction Armée Rouge RFA

 

UP =Union Populaire Allende Chili

 

BR = Brigades Rouges des années de plomb Italie

 

Voir des extraits en fin de chronique.

 

Mes articles sur Luis Sepulveda - Vie de La Brochure

Biographie de Luis Sepúlveda ICI 

 

11 Septembre...1973 - frico-racing-passion moto

 

CHAP 8 : de la FAR à l’UP en passant par les BR, Allende avait informé Claude Estier qu’«il fallait absolument que Mitterrand vienne au Chili»

 

En novembre 1970, Salvador Allende avait informé Claude Estier, l’un des fidèles parmi les fidèles du Florentin qu’« il fallait absolument que François Mitterrand vienne au Chili». Ce voyage revêtait, nous faisait-il remarquer avec gourmandise, la plus haute importance : François Mitterrand n’était pas uniquement un socialiste, il était le leader du parti socialiste français depuis le Congrès d’Epinay où, en s’alliant à la fois aux cryptocommunistes du Cérès de Chevènement et aux bastions traditionnels de l’ex-SFIO drivés par Gaston Deferre, il avait mis la barre à gauche toute. En tant que tel, se rendre au Chili serait une preuve de la volonté française d’instaurer une solidarité socialiste internationale avec le Chili. Ce choix était d’autant plus judicieux dans la mesure où l’Unité Populaire chilienne venait à peine de fêter sa première année au gouvernement et que son action était considérée comme exemplaire par la gauche française. Le nouveau leader du parti socialiste français pourrait ainsi être aux côtés de l’homme qui incarnait cette expérience insolite, la « Révolution dans la légalité ». Salvador Allende incarnait cette idée neuve du socialisme que François Mitterrand souhaitait mettre en place en France en parvenant à la signature d’un programme commun de gouvernement avec le parti communiste.

 

Amérique latine, le paradis perdu de la gauche française

 

CHAP 8 : « Le Chili est une synthèse intéressante et originale. Il s’agit de démontrer aux Français que cette voie est possible » déclare Mitterrand

 

Lorsqu’en novembre 71 François Mitterrand posait le pied sur le tarmac de l’aéroport Arturo Merino Benitez  de Santiago, flanqué de Gaston Deferre et de Claude Estier, j’étais aux premières loges pour jauger l’accueil des autorités et de la presse de l’Allende Français. Le tout nouveau premier secrétaire du PS, qui n’avait pas encore limé ses canines, un peu empâté, ressemblait à un cheval de retour fourbu, entre deux âges, alors que le vieux Deferre, qui passait son temps à mitrailler tout ce qui bougeait avec un petit Instamatic Kodak, paraissait primesautier et coquin.  Dès ses premières déclarations Mitterrand ne cachera pas l’objectif de son voyage : « Le Chili, dira-t-il, est une synthèse intéressante et originale. En France, pays industriel avancé dans la zone d’influence occidentale, il est peu probable que puisse se développer une action violente sans qu’elle soit réprimée par les forces de la grande bourgeoisie. Le mouvement populaire peut, en revanche, légitimement penser l’emporter par la voir légale : grâce au suffrage universel et aux pressions des travailleurs dans les secteurs en crise. Il s’agit de démontrer aux Français que cette voie est possible. La preuve ? Le Chili est en train de l’apporter ». Danièle la militante, la gardienne de l’orthodoxie, l’épouse délaissée mais non résignée, ne faisait pas partie du voyage et elle ne put ainsi serrer la main d’une ses futures idoles : Fidel Castro.

 

En effet, le 10 novembre l’emblème de la Révolution cubaine débarque lui aussi à Santiago pour témoigner de la gratitude de son peuple qui « n’oubliera jamais que la première mesure décrétée par le nouveau président a été le total rétablissement des relations diplomatiques entre les deux pays, défiant le pouvoir de l’impérialisme qui avait imposé aux gouvernements d’Amérique latine, à l’exception du Mexique, la rupture des relations avec Cuba, et elle n’oubliera pas non plus son courageux geste d’aller chercher et accompagner les trois Cubains et les deux Boliviens survivants de la guérilla du Che, en sa condition de président du Sénat du Chili». En réponse, le bon docteur Allende déclare «La présence de Fidel et les magistraux enseignements de ses discours ont affermi la foi révolutionnaire des peuples latino-américains». Le mythe Allende se construisait et Danièle Mitterrand, grande gardienne des libertés, saura toujours préserver le Cuba du Leader Maximo de son champ d’indignation. La grande caisse de compensation entre les dictateurs permettra de vilipender l’ignoble Pinochet au regard fourbe caché derrière ses lunettes noires  en invoquant les mânes d’Allende « La lutte des peuples ouvrira inexorablement les grandes allées qui conduisent au futur. L’histoire de Salvador Allende brillera alors comme un soleil infini».

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19 avril 2020 7 19 /04 /avril /2020 12:00

 

 

C’était au temps où je travaillais boulevard Victor Hugo à la SIDO, je passais beaucoup de temps dans les musées à l’heure du déjeuner et le MAM (ne pas confondre avec l’imposture au féminin Michèle Alliot-Marie) de Paris, Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris sise à quelques encablures, 11. avenue du Président-Wilson. Les musées ne manquaient pas dans ce 16ième des nouveaux riches, tendance Deauville, (Dapper, Guimet…)

 

Du 20 Octobre au 20 Janvier 2008 le MAM proposait pour la première fois en France une monographie complète de l’oeuvre d’Helena Sofia Schjerfbeck (1862-1946)

 

Je m’y rendis flanqué d’une amie peintre à ses riches heures et là je fus subjugué, touché au cœur, en symbiose, j’y restai des heures et j’y retournai. Helene Schjerfbeck est pour moi l'un des plus grands peintres du début du 20ièmesiècle.

 

 

Enfant prodige, elle complète sa formation académique à Paris, dans les rares ateliers libres ouverts aux femmes. Son naturalisme allié à une grande virtuosité technique lui vaut d’être rapidement reconnue. Au cours de cette période elle voyage, en Bretagne, en Angleterre, en Russie, en Italie. À l'extrême fin du XIXe siècle, dans une Finlande luttant pour l'indépendance, son refus du romantisme national, la marginalise. De santé fragile depuis son enfance elle s’éloigne d'Helsinki, s’isole, élabore une écriture picturale épurée, réaliste, ascétique : elle peint « son entourage, les ouvrières de l'usine locale ou plus tard les infirmières du sanatorium, des paysages et des natures mortes intimes qui sont comme autant de méditations faisant échos aux autoportraits où à la fin de sa vie elle traque les progrès de l'âge, de la maladie et de la mort s'approchant ». Femme étrange, étrange destin, une vie entièrement dédiée à la peinture dans la solitude et le plus grand dénuement.

 

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Helene Schjerfbeck - 48 œuvres d'art - peinture

Helene Schjerfbeck par Hélène Mulot ICI 

 

Helene Schjerfbeck est surtout connue pour ses autoportraits, une quarantaine, en près de soixante-dix ans, parmi les trois cents œuvres qu’elle a peintes accompagnant, sans jamais en être vraiment partie prenante, l’émergence du modernisme.

 

Dès son premier portrait elle donne le ton : pas de corps entier, juste des bustes. Elle suggère, mais interdit au spectateur tout regard sur son corps meurtri. Un sentiment de silence et de solitude se fait sentir devant ses portraits qui sont comme figés. La suite des portraits nous permet de l’accompagner à travers le temps. Ses traits deviennent plus sombres, moins précis, les yeux se fondent jusqu’à laisser place à deux orbites vides. La couleur aussi se fait rare comme dans ce portrait où on ne voit plus qu’une seule tache rouge. L’artiste peint son visage et semble scruter toute trace de maladie et de vieillissement comme pour domestiquer la mort en la regardant (les portraits sont toujours de face). Ces portraits en deviennent presque effrayants. Elle nous donne à voir une accélération du temps : sur les deux dernières années de sa vie elle peindra plus de vingt autoportraits.

 

L’art finlandais se dévoile au MAM ICI 

 

Cette nouvelle déception amoureuse, et le contexte difficile de la guerre, décident Helene à fuir la Finlande (1944) pour s’installer dans un hôtel thermal près de Stockholm (Saltsjöbaden) où elle peint surtout des natures mortes et des autoportraits. Elle traque sur son visage le signe de la maladie et de la mort. Une salle de l’exposition est spécialement dédiée à ces dernières peintures. Son style devient très épuré, le crâne s’efface progressivement pour ne laisser place qu’aux tracés de ses yeux enfoncés, son nez et sa bouche. Sa représentation des natures mortes fait écho à cette autoanalyse du vieillissement.

F I N S K A: Helene Schjerfbeck, tišina koja govori 1921 ... RFI - Hélène Schjerfbeck par elle-même Helene Schjerfbeck | Taiteilija, Maalaukset, Piirrokset

 
 
Around the world, people are posing as famous portraits with toilet paper, bedsheets, drawn-on unibrows, and did we mention toilet paper? ICI
 
 
 
Francesco De Grazia recrée le «Garçon avec une corbeille de fruits» du Caravage.
 

Francesco De Grazia, un guitariste classique de 25 ans originaire de Sicile, a déclaré que presque tous les concerts et événements artistiques qu'il attendait avec impatience ont été annulés, lui laissant suffisamment de temps pour s'habiller comme un tableau du Caravage. "La seule possibilité est d'utiliser les outils offerts par le web en attendant que ce cauchemar passe", a-t-il expliqué. "J'espère avoir réussi à faire rire quelqu'un."

 

Ami Herrick, 12 ans, comme «Autoportrait de Frida Kahlo dédié au Dr Eloesser».

Ami Herrick, 12 ans, comme «Autoportrait de Frida Kahlo dédié au Dr Eloesser».

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19 avril 2020 7 19 /04 /avril /2020 06:00

DeNiro Al Pacino 7 Robert de Niro et Al Pacino ont été photographiés sur le tournage de «The Irishman» * abaca

Le confinement a du bon, je peux revoir des films avec des acteurs de la dimension d’Al Pacino et de Robert de Niro, ainsi j’ai pu voir successivement Heat et « Sea of love » sur la chaîne TCM.

 

J’ai croisé Robert de Niro XIIIe Festival d'Avoriaz dont il présidait le jury en 1985. Bien que peu friand des films d’horreur j’y étais allé pour faire plaisir à ma fille et sa copine fondue de cinéma. Il y avait que du beau monde dans le TGV spécial : « Assis dans le train : Claude CHABROL fumant la pipe, Gérard JUGNOT lisant le journal, Richard ANCONINA souriant, Dominique LAVANANT assise derrière lui, Guy BEART fumant une cigarette en écrivant. Dominique LAVANANT et Gérard JUGNOT discutent avec deux invités dans un couloir du train. » ICI

 

  1985 Grand Prix James CAMERON | Paul winfield, James cameron ...

 

Un détail idiot, le cinéma donne une image fausse de la taille des acteurs, de Niro affiche 1,74 m mais je crois qu’il triche un peu, Pacino lui fait officiellement 1,70m  sous la toise.

Sur les images du tournage d’Irishman, on aperçoit les deux acteurs devant un fond vert. Robert de Niro porte un costume bleu marine et des chaussures à (très) hautes plateformes. En effet, l’acteur de 74 ans doit dépasser à l’écran son partenaire de jeu, car son personnage mesurait 1,93 mètre. Al Pacino porte donc des chaussures plates, avec un trench-coat gris.

 

Peu importe, leur talent est immense et j’avoue que souvent je prends l’un pour l’autre. Et pourtant, aussi surprenant que cela puisse paraître tant leur duo semble gravé dans la mémoire collective, les deux New-Yorkais n’ont que 4 œuvres cinématographiques en commun : Le Parrain, 2ème partie, dans lequel ils n’apparaissaient même pas côte-à-côte à l’écran en 1975, le fameux Heat, qui les voyait donc vraiment partager l’affiche pour la première fois en 1996, La Loi et l’ordre, sorti en 2008 et dernièrement 2019 The Irishman.

 

J’ai d’abord vu Heat qui les rassemble, puis Sea of love avec le seul Al Pacino mais l’explosive Ellen Barkin, et l’irremplaçable John Goodman.

 

En français Sea of love c’est Mélodie pour un meurtre, le titre US est liée à un 45-tours qui tourne sur un tourne-disque, un vinyle de « Sea of love » de Phil Phillips enregistré en 1959.

 

« Sea of Love, superbe chanson de sperme et de sang, structure passionnément ce thriller sexuel, le scandant au rythme des parties de cul entre la torride Ellen Barkin (la plus belle militante juive de l'Actor's Studio) et le poignant Al Pacino. Obscur chef-d'oeuvre doo wop de Phil Phillips et des Twilights (…)Dans le film minimal et sensuel d'Harold Becker (1989), les harmonies sucrées de Sea of Love imprègnent l'intrigue policière, elles la mouillent d'amour. Le film se nourrit en retour de ses inflexions avides, de ses refrains sentimentaux, de sa mièvrerie datée. »

 

J’ai un faible pour ce film d’Harold Becker sorti en 1989, très bien ficelé : «  Faux polar et vrai drame, où un flic loser perd les pédales face à une Ellen Barkin torride comme jamais. Amour triste et enquête glauque. »

 

« Pacino névrotique, un Goodman en second rôle imbattable, Barkin vampirique, balisé mais diablement efficace. »

 

Télérama aime beaucoup :

 

Un 45-tours tourne, un homme nu gémit dans un simulacre de plaisir, puis tombe, une balle dans la nuque. Un autre mourra, au son du même slow. Frank Keller, le superflic qui a de la bouteille et y noie régulièrement sa déprime, sait combien New York est dur pour les célibataires. Les victimes avaient recours aux petites annonces roses. Frank en passe une, persuadé qu’une tueuse se venge des hommes qui ont la braguette à la place du cœur. Parmi les femmes qui lui répondent, il y a la sensuelle et secrète Helen. Sera-t-elle l’instrument de sa mort ou l’amour de sa vie ?

 

Classique, ce polar n’en est pas moins troublant, à la manière des grands films noirs d’antan. Sous l’intrigue criminelle, au crescendo parfait, Harold Becker filme le désir, la sueur, l’attraction irrésistible des corps pour défier la mort. Son flic usé depuis longtemps par les maux et les mensonges du monde renaît sous les draps au risque de se perdre. Face à Ellen Barkin, incendiaire, Pacino est un parangon de masculinité, entre lassitude et ardeur, devoir et démission, sexe et cœur. Diplômé du Pratt Institute, prestigieuse école de design et d’architecture, Harold Becker sait vraiment filmer un New York urbain et nocturne qui cristallise les soli­tudes et attise le désir.

 

Je revoie toujours ce film avec le même plaisir, les mocassins de Pacino, Frank Keller offerts par Ellen, Helen, marchande de chaussures chics, la scène du supermarché avec Ellen Barkin nue sous son imper mastic, Goodman, Sherman,, en liquette dans l’appartement de Pacino alors qu’il vient de tromper sa femme, la scène finale, comme on dit je marche comme si c’était la première fois.

Heat : Affiche

Heat

1995 Etats-Unis Réalisé par Michael Mann 2h50 avec Al Pacino, Robert De Niro, Val Kilmer

 

Thriller

 

Télérama aime passionnément TTT

 

Critique par Jacques Morice

 

Il y a un avant et un après Heat, en termes d’usage à l’écran des armes à feu, à tel point que le film, très documenté, aurait à son tour inspiré de nombreux braqueurs. Parmi les séquences d’anthologie : le hold-up qui tourne à la vraie fusillade en plein jour (le déluge de balles est transperçant), au milieu d’une artère de Los Angeles.

 

Al Pacino, flic tenace, affronte Robert De Niro, à la tête d’un gang de braqueurs surarmés, technophiles, encore indépendants. Les deux monstres sacrés se cherchent, s’épient, se confondent aussi — ce thème du double et des rôles inversés parcourt tout le cinéma de Michael Mann. Un monde de « professionnels » obsédés par la maîtrise, dont les masques tombent grâce aux femmes, décidées, essentielles, bien qu’au second plan. C’est elles qui ­assurent la dimension lyrique. À la fois ­solide, fluide et gazeux (on dirait de la science physique appliquée au thriller), minéral et glacé, Heat a le goût amer d’un cinéma non plus peuplé de héros triomphants, mais de fantômes armés à la poursuite d’eux-mêmes.

“Heat”, de Michael Mann : retour sur un polar monumental ICI
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18 avril 2020 6 18 /04 /avril /2020 12:00

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Avant de répondre à cette mystérieuse question, laissez-moi vous entraîner dans l’univers des enfants, pas que mais eux en priorité car pour nous les vieux rien n’est plus important que de garder un regard d’enfant.

 

De quoi s’agit-il ?

 

Suite à la fermeture temporaire de l’exposition Liberté d’impression, le Musée des beaux-arts du Locle (MBAL) et Le Temps lançaient il y a trois semaines, à l’instigation du dessinateur Patrick Chappatte, un grand concours de caricatures. Ouvert à tous et divisé en deux catégories (enfants jusqu’à 13 ans, adultes et adolescents), il a rencontré un vif succès. ICI 

Enfants – 1er prix

Leny Schneeberger, 8 ans, Court

Quand le virus prend forme quasi humaine, entre le monstre et le clown maléfique. Mêlant dessin et collage, cette œuvre dynamique symbolise parfaitement la difficulté que peuvent avoir les enfants à appréhender cet ennemi microscopique et invisible qu’est le coronavirus.

Enfants – 3e prix

Jules Reinhard, 12 ans, Lausanne

 

Graphiquement simple, ce dessin file une métaphore plus complexe: ces clous qu’il faut enfoncer à défaut de pouvoir les enlever sont à la fois le virus qui doit être combattu et les souffrances tant sociales qu’économiques qui l’accompagnent.

Mention spéciale

Léon Muller, 6 ans, Carouge

Quand une ambulance écrase le coronavirus… Un dessin émouvant qui montre comment les enfants perçoivent les professionnels de la santé vus comme les héros du combat contre le Covid-19.

XILE téléphone rouge fixe Retro: Amazon.fr: Fournitures de bureau

Le confinement aide à faire remonter en mémoire les souvenirs.

 

Que s’est-il donc passé la nuit du 4 avril 1985 ?

 

En ce temps-là y’avions point de smartphone, le Minitel en était tout juste à ses débuts, le fixe loué par les PTT n’était pas posé sur la table de nuit. Il était aux alentours de 2 heures du matin lorsque la sonnerie retentit. J’ai le sommeil lourd mais je l’entends. Je me lève en me disant qu’un appel en pleine nuit est rarement porteur de bonnes nouvelles. Je décroche, c’est Bernard Vial, le directeur de cabinet au bout du fil qui m’annonce « Michel vient de démissionner… »

 

Ce n’est pas une surprise, le sujet était à l’ordre du jour à l’hôtel de Villeroy au 78 rue de Varenne, mais faire ça en pleine nuit, y’a que lui pour faire ça ainsi.

 

Dans sa biographie, Pierre-Emmanuel Guigo, même s’il se prend les pieds dans le tapis des Riboud, faut dire qu’ils sont trois connus Antoine le PDG de BSN-Gervais Danone, Jean PDG de Schlumberger, et Marc le photographe, en nous racontant que « C’est au beau milieu de la nuit, à 23 h 55, en rentrant de dîner chez le patron de BSN, Alain Riboud, que le maire de Conflans se décide à démissionner du gouvernement. » En fait, il dînait avec sa gracieuse et impérieuse épouse : Michèle (prononcer Michêleu) chez Marc Riboud le célèbre photographe.

 

Bref, Rocard appelle l’Élysée et tombe sur le permanencier, Jean Glavany chef de cabinet du Président (ironie de l’histoire celui-ci sera le Ministre de l’Agriculture de Jospin lorsque Louis le Pensec ira pantoufler au Sénat)

 

Je vous passe les détails, mais réveiller Tonton en pleine nuit ce n’est pas une mince affaire. Glavany contacte Christian Sauter, SG adjoint. Celui-ci temporise mais Rocard n’en démord pas il veut parler au Président avant d’annoncer sa décision de démissionner. Sauter réveille Fabius, le jeune Premier Ministre, qui choisit de réveiller le Président. « François Mitterrand paraît impassible et ne cherche pas à retenir Michel Rocard, même si la discussion a été tout à fait « charmante » selon les mots de Michel Rocard. »

 

« Dans la foulée, il lui écrit une lettre manuscrite très courte justifiant à peine sa prise de décision. »

 

 

« La légende veut que ce soit Michèle qui ait contacté l’AFP pour la dépêche. Le journaliste, éberlué, croit d’abord à un canular et demande à parler au ministre, ce qu’il obtient finalement. La dépêche sera donc émise à 2 h 27 du matin, le 4 avril. »

 

Le lendemain matin je monte sur mon vélo et je gagne le 78 rue de Varenne où règne l’effervescence des grands jours. Je gare discrètement mon destrier et je me rends d’un pas léger jusqu’au bas des marches. Là, les photographes me mitraillent. Pourquoi diable me direz-vous tirer le portrait d’un inconnu ? Tout bêtement parce que le nouveau Ministre est Henri Nallet, conseiller agricole de Tonton, dit le Sphinx, et que tout deux arborions une moustache. Je ne vous raconte pas d’histoires, nous en avions bien ri.

 

 

4 avril 1985 : entre principes et choix tactique, quand Michel Rocard démissionnait du ministère de l'Agriculture

 

Le 4 avril a marqué le 25ème anniversaire de la démission de Michel Rocard du ministère de l'Agriculture : il peut paraître étrange de "célébrer" une démission d'un ministère qui, au surplus, lui tenait très à cœur. Ce choix fût controversé et les circonstances d'une démission annoncée nuitamment ont nourri la controverse : ses adversaires ont mis en avant des raisons de politique partisane et, même pour certains de ses partisans, les arguments de principe invoqués étaient fragilisés par le fait que le Parti socialiste avait, de longue date, inscrit le mode de scrutin proportionnel dans son programme. Pourtant, dès le 23 mars, devant le comité directeur du PS, Michel Rocard avait pris radicalement position contre la proportionnelle départementale intégrale, qualifiée de "solution défaitiste". Aussi, près d'un quart de siècle après, il n'est pas inutile de revenir sur ce choix lourd de conséquences pour tenter d'en comprendre les raisons. Nous publions, pour y contribuer, l'analyse de Gérard Grunberg, et mettons en ligne (liens ci-dessous) son intervention devant le comité directeur et l'article du Monde (6 avril 1985) dans lequel il donnait ses explications.

 

Bandeau du bulletin de l'association MichelRocard.org

 

La démission du ministère de l'Agriculture : l'analyse de Gérard Grunberg

 

Quand s’ouvre l’année 1985, la situation du pouvoir socialiste est très préoccupante. L’année précédente, le départ de Pierre Mauroy de Matignon, les élections européennes qui ont vu l’opposition UDF-RPR obtenir deux fois plus de sièges que le PS, la mobilisation pour la défense de l’enseignement privé qui a provoqué l’abandon du projet du « grand service public unifié et laïque de l'éducation nationale », ont marqué une césure dans le septennat de François Mitterrand. A une année des élections législatives de 1986, les perspectives sont très sombres pour les socialistes alors que la cote du président de la République (IFOP) est à son plus bas niveau avec à peine plus de 30%. Dans cette conjoncture politique, la situation personnelle de Michel Rocard n’est guère meilleure. Membre du gouvernement mais sans véritable pouvoir d’influence, il est entraîné par le courant descendant. Alors qu’il envisage de se présenter à l’élection présidentielle de 1988, sa cote d’avenir SOFRES recule. Face au risque de banalisation politique qui est réel il lui faut donc retrouver une marge d’action d’une manière ou d’une autre.

 

C’est alors que surgit la question du mode de scrutin législatif dans le débat politique. François Mitterrand, face à la forte probabilité d’une défaite socialiste aux élections législatives de l’année suivante, risque fort, avec le mode de scrutin en vigueur, majoritaire à deux tours, de voir une majorité absolue UDF-RPR s’installer à l’Assemblée nationale. Dans ce cas, pour la première fois sous la Cinquième République, un président de la République se retrouverait avec une majorité parlementaire hostile. Pourrait-il alors demeurer à son poste ? François Mitterrand, qui est bien décidé à rester à l’Elysée, estime qu’il lui faut tenter d’empêcher une telle majorité de se former. Or le mode de scrutin majoritaire la rend presque inévitable. Le seul moyen de limiter au maximum cette future majorité est selon lui de remplacer ce mode de scrutin actuel par un mode de scrutin proportionnel ; ce changement permettrait la formation d’un groupe parlementaire du Front national, crédité d’environ 10% des suffrages, au détriment de l’opposition principale. Il fait donc part à ses ministres de son intention de procéder à ce changement.

 

Dans une période politique différente, une telle décision n’aurait pas créé de grands débats au sein du parti socialiste dans la mesure où ce parti est depuis l’origine partisan du scrutin proportionnel. Mais cette fois-ci, la forte dimension tactique du projet du président ne peut que heurter nombre de socialistes qui voient d’abord dans la manœuvre moins l’intention de limiter la victoire de l’opposition principale que l’opportunité donnée à l’extrême-droite de disposer d’une représentation parlementaire notable, alors que le Front national demeure aux yeux de la gauche et au-delà un parti hors consensus républicain.

 

Michel Rocard, opposé à cette modification du mode de scrutin, annonce sa démission du gouvernement par une dépêche AFP le 4 avril 1985 à 2 h 27 du matin. Le lendemain matin, il développe dans une lettre manuscrite adressée au président de la République les raisons de sa démission. Il écrit notamment : « Comme je l'ai dit au conseil des ministres d'hier matin, la décision prise concernant le mode de scrutin suscite de ma part des désaccords profonds, en raison des conséquences sur l'équilibre de nos institutions et sur les conditions de mobilisation de notre propre parti, ainsi que de la place qu'elle risque de donner à l'extrême droite. »

 

Ainsi, outre l’espace parlementaire concédé au FN, Michel Rocard donne deux autres raisons. L’une concerne le fonctionnement des institutions. Il est vrai que le mode de scrutin majoritaire est depuis l’origine le mode de scrutin de la Ve République et qu’il a contribué au premier chef à la constitution de majorités parlementaires, au point que les socialistes eux-mêmes, après 1981, s’y sont ralliés, au moins dans les faits. Ce mode de scrutin a ainsi permis aux présidents de la République, en 1962, 1968 et 1981, de disposer de majorités absolues. L’introduction de la proportionnelle aurait certainement des effets à terme sur le fonctionnement du système politique, qu’on les juge bons ou mauvais. Quant au parti socialiste, il est vrai que l’intention de donner au FN une assise parlementaire ne peut contribuer à le mobiliser !

 

Le coup tactique de François Mitterrand échoua, certes de très peu. La coalition UDF/RPR obtint 286 sièges soit deux de plus que la majorité absolue. Le PS obtint 212 sièges et le FN et le PCF chacun 35 sièges. François Mitterrand nomma premier ministre le chef de la nouvelle majorité, Jacques Chirac, entamant la première cohabitation avec son accord. La nouvelle majorité de droite devait rétablir le scrutin majoritaire, mais cela ne suffit pas à assurer à Michel Rocard, que François Mitterrand avait nommé premier ministre après sa réélection en 1988, avant de dissoudre l’Assemblée, une majorité absolue à l’Assemblée nationale. Il est vrai que le Président avait lui-même cru devoir mettre en garde les électeurs sur le fait qu’il n’était peut-être pas souhaitable qu’un même parti dispose de tous les pouvoirs… Michel Rocard devra donc expérimenter l’art de gouverner sans majorité absolue, ce qui n’est pas l’exercice dont il se tirera le plus mal.

 

Gérard GRUNBERG

 

 

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18 avril 2020 6 18 /04 /avril /2020 06:00

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Face à la crise sanitaire que nous subissons, vu l’état de déliquescence des partis politiques, la Constitution de la Ve République, en passe de devenir la plus résistante à l’usure du temps (62 ans contre 69 pour la IIIe), en dépit des critiques, semble l’outil le plus adapté.

 

C’était l’avis de mon ami Guy Carcassonne dont Christiane Taubira, garde des Sceaux lors de son décès en juin 2013 disait : « Grand professeur de droit public, il était devenu une figure incontournable du débat public et constitutionnel contemporain. Défenseur acharné de la Constitution, doué d'un sens critique de nos institutions rare et fécond, il avait érigé sa science de la Constitution en un art de l'interprétation rigoureuse et intuitive. Attaché à son activité de professeur qu'il a toujours souhaité exercer parallèlement aux responsabilités importantes dont il a été investi, il a formé plusieurs générations d'étudiants, leur transmettant sans relâche les bases immuables d'un État de droit juste et exigeant. »

 

Il est l’auteur du PETIT DICTIONNAIRE DE DROIT CONSTITUTIONNEL

 

PETIT DICTIONNAIRE DE DROIT CONSTITUTIONNEL

 

La France connaît, avec les institutions de la Ve République, une démocratie stable depuis six décennies – fait rarissime dans notre histoire. Chacun doit connaître notre Constitution, pour comprendre comment le pouvoir est attribué et exercé, pour se saisir des droits et libertés que chacun peut désormais invoquer.

 

Loin des idées reçues, ce livre commente notre texte fondamental, article par article, avec un mélange exceptionnel de rigueur et d'humour, de précision et d'esprit critique. Ainsi est-il devenu la bible des étudiants, des journalistes, des élus et, de plus en plus, des citoyens.

 

Guy Carcassonne a écrit ses onze premières éditions. Marc Guillaume a ensuite pris le relais pour faire vivre cette œuvre fondamentale.

 

Il serait «vain et même indigne, d'affecter de gouverner, dès lors que les partis ont recouvré leurs moyens et repris leurs jeux d'antan» de Gaulle

 

Le père de la Constitution de la Ve République, Michel Debré a traduit dans celle-ci l’exécration de Charles de Gaulle pour ce qu’il qualifiait avec mépris de régime des partis. Devant ses ministres réunis le dimanche 20 janvier 1946, il expliquait qu'il serait « vain et même indigne, d'affecter de gouverner, dès lors que les partis ont recouvré leurs moyens et repris leurs jeux d'antan ».

 

Il s'agit, dans son esprit, de bien choisir entre un gouvernement qui gouverne et une assemblée omnipotente, ne faisant que déléguer à un gouvernement pour accomplir ses volontés.

 

Dans ses Mémoires de guerre (Le Salut), de Gaulle s’expliquait : « J'entrai, serrai les mains et, sans que personne s'assit, prononçai ces quelques paroles : « Le régime des partis a reparu. Je le réprouve. Mais, à moins d'établir par la force une dictature dont je ne veux pas et qui, sans doute, tournerait mal, je n'ai pas les moyens d'empêcher cette expérience. Il me faut donc me retirer. Aujourd'hui même, j'adresserai au Président de l'Assemblée nationale une lettre lui faisant connaître la démission du Gouvernement. Je remercie bien sincèrement chacun de vous du concours qu'il m'a prêté et je vous prie de rester à vos postes pour assurer l'expédition des affaires jusqu'à vos successeurs soient désignés. »

 

Dans une chronique à propos du 49-3 et des ordonnances je posais la question : À quand le retour des apparentements que le gouvernement de la Troisième Force avait fait voter dans une loi électorale de mai 1951 qui instaure les apparentements. La Troisième force fut une coalition politique française sous la quatrième qui rassemblait les socialistes de la SFIO, le MRP et les radicaux plus quelques petits partis centristes. Cette loi prévoyait que, dans un scrutin proportionnel, deux listes distinctes pouvaient annoncer qu'elles s'apparentaient. Dans ce cas, elles additionnaient le nombre de voix qu'elles ont obtenues. Si à elles deux elles obtenaient la majorité absolue des suffrages, elles recevaient tous les sièges au sein d'une circonscription. Ce système favorisait les partis de la Troisième Force qui pouvaient s'apparenter, alors que les gaullistes ou les communistes ne pouvaient pas le faire. Le triomphe du régime des partis !

 

Trêve de politicaillerie la parole est à notre titulaire d’un D.U. Expert en Œuvres d’Art - Panthéon/Assas/Paris II

 

Fondation Giacometti - Picasso‑Giacometti

 

PICASSO ET GIACOMETTI – octobre 2016 – PARIS

                                               «  En revenant de l’exposition » Chanson populaire

 

Thomas MANN a écrit un petit ouvrage intitulé « GOETHE et TOLSTOÏ » indiquant d’emblée que c’est bien de cela qu’il entendait parler, que ce n’était pas une erreur et qu’il n’avait que faire de rajouter à la liste des études sur Goethe et Schiller ou Tolstoï et Dostoïevski, aussi bonnes pussent-t-elle être, son avis sur ce type de comparaison.

 

Les apparentements sont des sujets délicats, pleins de risques et qui, souvent manquent leur coup.

 

Celui de « Picasso et Giacometti » est de ceux-là.

 

Expo : Picasso et Giacometti au Musée Picasso | A Nous Paris

 

L’exposition qui se tient actuellement au Musée PICASSO n’est faite que d’une juxtaposition d’œuvres . On a beau chercher, aucune filiation ne saute aux yeux. Les apparentements avancés, sont fragiles et souvent fabriqués pour le besoin du raisonnement.

 

Ces deux artistes ont traité le même sujet : la belle affaire ! Il faudrait alors rechercher s’il existe une parenté entre tous les artistes d’une même époque et qui auraient ou suivi les cours de l’un d’entre eux ou été l’élève d’un autre et, par ce qu’ils auraient traité le même sujet mériterait une étude comparative eu même une exposition/confrontation.

 

Si le but recherché semble échouer, l’exposition donne cependant à revoir des œuvres de Giacometti dans leur simple présence, dépourvu de tout l’appareil muséographique qui aujourd’hui, passage obligé hélas, pollue la perception des œuvres comme si le visiteur était incapable de recevoir, à sa manière et avec sa sensibilité les qualités des œuvres que sa curiosité l’a amené à venir voir. A persévérer dans cet assistanat on va créer des handicapés de la sensibilité qui seront comme une poule devant un rasoir mécanique incapable de toute réaction.

 

Les œuvres de PICASSO, pour leur part, ne sont pas parmi les meilleures. On pourra cependant trouver satisfaction à contempler des œuvres de jeunesse rarement exposées. Elles illustrent cette phrase rabâchée mais qui n’est pas qu’une boutade : «  enfant je peignait comme VELASQUEZ et j’ai mis 60 ans à peindre comme un enfant. Les portraits  de famille et/ou auto portait réalisés entre l’âge de 15 et 20 ans et présentés ici illustre cette affirmation. Dans la même salle se trouvent également des peintures de GIACOMETTI, même sujet, même précocité qui permet un rapprochement mais constitue un élément par trop mince pour justifier l’exposition.

 

La salle ou sont rassemblées les sculptures animalières des 2 artistes montrera combien est différentes l’œuvre de GIACOMETTI .Il introduit le mouvement dans ses sculptures alors que celles de PICASSO sont statiques, figées comme un monument.

 

Certes il peut  être intéressant de rechercher ce que GIACOMETTI doit à PICASSO, lui qui semble s’en défendre Mais cela vaut-il une exposition ?

 

Cette exposition semble trouver son public, vraisemblablement plus  en raison du nom de PICASSO tant ce diable d’homme constitue un mystère qui n’est pas prêt de se lever, que du nom de GIACOMETTI et/ou de la problématique que voudrait épuiser l’exposition.

 

On pourra préférer une visite au musée BOURDELLE. On apprendra que GIACOMETTI fréquenta  son atelier. Cependant, tout au long de sa vie, il minora l’influence de ce maître alors que là, justement, les apparentements crient le contraire. 

On pourra également rapprocher des sculptures de BOURDELLE avec des peintures de PICASSO telle «  Deux femmes courant sur la plage » (La Course) 1922 dont la proximité est saisissante comme quelques autres peinture de la « Période Rose » Mais laissons aux historiens de la peinture démêler les fils qui relient ces trois artistes cela peut donner un« Arbre généalogique » plus instructif et intéressant qu’un apparentement quelque peu gratuit.

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17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 12:00

Christophe Bevilacqua : « Au volant, dans les rues, c’est la guerre ! » A4a65510 Christophe Bevilacqua - Forum Officiel

Été 65, l’été de mon bac, en pleine vague yéyé, au sommet du hit-parade de Salut les copains, 2 slows de plage, même thème, la mort d’un amour « que l’arrangeur Jacques Denjean dramatise de chœurs féminins et de cordes lacrymales. » Aline de Christophe et Capri c’est fini d’Hervé Vilard.

 

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Du pur sucre de canne langoureux pour emballer dans les bals, je me la joue, joue contre joue, jeune gandin crâneur, bêcheur, mocassins, pantalon gris perle et blazer bleu marine cousus par maman, baratin, « un jour je serai Ministre », à celle qui sera ma future femme quelques années plus tard, oui… oui… Pax j’osais déjà tout, dans la ligne de mire fac de Droit, l’ENA, sur les sentiers de la gloire, quoi…

 

Éclipse !  Et puis, il y eu les Mots bleus qu’ « admirateurs fidèles, le journal Libération et Alain Bashung, qui s’est approprié Les Mots bleus avec superbe en 1992, encensent un génie incompris. Ce sera bientôt la doxa s’agissant de Christophe. »

 

Alain Bashung nous quittait le 14 mars 2009

 

Christophe « que Daniel Bevilacqua – son vrai nom – évoquait à la troisième personne du singulier, est mort, jeudi 16 avril, des suites « d’un emphysème », maladie pulmonaire, a indiqué à l’Agence France-Presse Véronique Bevilacqua, son épouse, dans la nuit de jeudi à vendredi. L’artiste avait été hospitalisé et admis en réanimation le 26 mars dans un hôpital parisien*, avant d’être transféré à Brest. « Christophe est parti. Malgré le dévouement sans faille des équipes soignantes, ses forces l’ont abandonné », écrivent dans un communiqué son épouse et sa fille Lucie. Il était âgé de 74 ans. »

 

*Cochin, dans le service de pneumologie où j’ai séjourné.

 

« Il vivait la nuit. Il souffrait d’un emphysème depuis longtemps. Jeudi 26 mars, quand il s’est réveillé dans l’après-midi, il avait du mal à respirer. Les pompiers l’ont emmené à Cochin. Puis il a été transféré à Brest où il s’est éteint jeudi 16 avril au soir, sa fille Lucie à ses côtés. Le chanteur des Paradis perdus avait 74 ans. C’était un ami de plus de trente ans. »

François Armanet dans l’Obs.

 

Un souvenir : un dîner à la maison avec Christophe et Sagan, même passion du jeu et des voitures, elle était venue en R5 et lui en taxi, on lui avait retiré son permis depuis longtemps. Ce soir-là, elle nous avait raconté sa visite en mai 68 dans le théâtre de l’Odéon occupé, interpellée par un chevelu muni d’un mégaphone :

 

- Est-ce que tu es venue avec ta Ferrari camarade Sagan ?

 

- Erreur, camarade, c’est une Maserati.

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Ce même jeudi 16 avril 2020, sa maison d’édition Aún Creemos en los Sueños annonçait, que l’écrivain chilien Luis SEPÚLVEDA est décédé du coronavirus, après sept semaines d’hospitalisation à l’hôpital universitaire central des Asturies à Oviedo. Auteur engagé, fut condamné à quitter son Chili natal sous la dictature de Pinochet.

 

J’ai entamé l’écriture d’une chronique que je publierai dans quelques jours…

Bravo Patrice Romedenne. Sur @franceinfo canal 27, durant l'émission #restezalamaison, LA Covid-19 est citée au féminin alors qu'une majorité de médias a abdiqué devant le masculin.

 

  • Pourquoi les ouragans ou cyclones ont-ils des noms de femmes ?

 

Ça a longtemps été le cas. Mais depuis la fin des années 80, les services spécialisés alternent prénoms masculins et féminins.

 

Il fut en effet un temps où catastrophe naturelle rimait souvent avec prénoms féminins.

 

Il a fallu attendre 1998 pour que l’Université de Berlin se saisisse de cette question. «Le débat a été porté pour savoir si c’était de la discrimination de donner aux dépressions, et donc au mauvais temps, des noms féminins. Là où les anticyclones, qui apportent du beau temps, avaient des noms masculins», peut-on lire sur leur site.

 

Depuis que les activités humaines, notamment les transports, sont influencées, voire perturbées par les catastrophes naturelles, notamment vers la fin du XVIIIème et début du XIXème siècle avec le développement des transports par voie maritime pour le commerce et la guerre, on a ressenti le besoin de distinguer chaque cyclone tropical, sans confusion possible.

 

Jusqu'au début du XXème siècle, les ouragans qui frappaient les îles espagnoles des Caraïbes étaient nommés selon le saint patron du jour. Ainsi, à Porto Rico par exemple, on perpétue les souvenirs malheureux de " Santa Ana " le 26 juillet 1825, de " San Felipe " le 13 septembre 1876, et puis à nouveau du terrible second " San Felipe " de 1928. C’est celui-là même qui venait de dévaster la Guadeloupe la veille, le 12 septembre 1928, y faisant au moins 1200 victimes, et où on s'en souvient comme étant le " Grand Cyclone " de 1928.

 

C’est aussi vers la fin du XIXème siècle, qu’un météorologiste australien de renommée, Clement WRAGGE, décida de nommer les cyclones de sa région du nom de certaines personnalités politiques qui n'avaient pas l'heur de lui plaire ; légende amusante ou exacte vérité, on ne sait vraiment. C'est d’ailleurs là, dans l’ouest de l’Australie, que le terme de " willy-willy ", était alors attribué à certains phénomènes tourbillonnaires, avant que Wragge ne fournisse des prénoms ou noms. En fait le terme de « willy-willy » fut ensuite plutôt réservé aux tornades ou tourbillons terrestres de l’ouest australien ...

 

En tous cas, c'est toujours à cette époque que les marins de la flotte américaine, qui sont les véritables initiateurs de l'emploi de ces prénoms pour les phénomènes naturels, et notamment les cyclones, ont imaginé d’officialiser l'utilisation de l'alphabet phonétique pour les repérer. Cet alphabet était alors celui employé dans les services de transmission avec notamment : A comme ABLE, B comme BAKER, C comme CHARLIE, etc. ...

 

Mais de manière moins officielle, quoique très répandue, les " marines " ont rapidement pris l'habitude de personnaliser les dépressions ou tempêtes qu'ils rencontraient par d'autres noms ou prénoms. Si elles faisaient peu de dégâts et que le vaisseau et son équipage s'en sortaient bien, on lui attribuait rapidement le prénom de la " girl friend " (petite amie) de l'un, de l'épouse de l'autre. Bref, un amalgame s'établissait entre l'être cher qui manquait, l'envie d'y penser tendrement, et la perturbation météorologique que l'on rencontrait sur sa route, pour peu que cette dernière se montrât finalement douce et compatissante. Si la mer était démontée, les hommes malades, certains angoissés, le premier prénom féminin peu sympathique permettait alors de les baptiser ...

 

Ainsi l'usage des prénoms, le plus souvent féminins car donnés par des sociétés exclusivement composés d'hommes, les marins, a commencé à se généraliser dans les milieux des transmissions militaires de certains pays, là où la fréquentation des mers tropicales faisait parfois subir le passage de phénomènes cycloniques. Le principe de base était simple : donner aux cyclones tropicaux des noms courts et familiers, faciles à mémoriser, afin de pouvoir communiquer plus facilement avec des millions de personnes menacées et d'éviter toute confusion provenant de la présence d'autres phénomènes, parfois d'autres cyclones, dans la zone. Et cette pratique fut bientôt couramment utilisée dans tout l'hémisphère occidental.

 

La suite ICI

 

Pourquoi les ouragans les plus puissants ont-ils des noms de femmes ICI  ? 

 

J’ai toujours eu un faible pour les seconds rôles 4 juillet 2006 Les seconds rôles ICI

 

Le comédien Maurice Barrier solide second rôle au cinéma Molière du meilleur second rôle en 1998, installé à Montréal, dans le sud de l'Yonne, est décédé des suites du coronavirus. ICI 

 

Le comédien Maurice Barrier est mort du Covid-19

 

Sur les traces du pangolin et des chauves-souris, les chercheurs tentent d'identifier l'origine du Sars-CoV-2.

 

La scène est presque familière tant elle a été évoquée. Marché humide de Huanan, dans la ville de Wuhan, province du Hubei, Chine. L'un de ces endroits à ciel ouvert où dans les allées vendeurs et acheteurs côtoient poissons, oiseaux, chauves-souris, pangolins, tortues, civettes. Certains sont morts ; la plupart vivants, bientôt dépecés sur place. Si ce n'est pas ici qu'est née l'épidémie, les chercheurs y situent le point de départ de la propagation du virus. "La structure a rapidement été démantelée, rapporte Jean-François Guégan, directeur de recherche à l'Institut de recherche pour le développement (IRD). Cela complique la recherche de la source du coronavirus."

 

Dans leur quête pour déterminer l'origine du Sars-CoV-2, étape essentielle pour éviter sa résurgence, les scientifiques ont acquis une certitude : tout est parti d'un animal. Ce n'est pas une surprise, 75% des maladies émergentes apparues depuis le début du XXe siècle sont des zoonoses, des maladies transmises par les bêtes. "Pour déterminer lesquelles, il faut mener une véritable enquête de police, raconte Serge Morand, chercheur au CNRS-Cirad. Mais remonter la piste prendra du temps."

 

Depuis le début de l'épidémie, plusieurs scénarios ont été élaborés. Tous débutent avec les chauves-souris. "Les chiroptères abritent une trentaine de coronavirus, explique l'écologue de la santé. Leurs diverses espèces existent depuis des millions d'années, soit le temps de cohabiter avec une multitude de maladies!" Excellents réservoirs de virus, elles les hébergent sans développer les symptômes.

 

Des scénarios dans les laboratoires du monde entier

 

Les recherches ont permis d'établir que le génome d'un coronavirus isolé à partir d'une chauve-souris originaire de la province du Yunnan présentait 96% d'identité avec celui du virus humain. Les séquences du gène étant différentes, la piste d'une transmission directe du petit mammifère à l'homme est explorée mais pas privilégiée. Les scientifiques travaillent également sur l'hypothèse d'un hôte intermédiaire. C'est ici qu'a surgi le pangolin, un animal qui possède le statut peu enviable de mammifère le plus braconné de la planète, chassé pour sa chair et ses écailles.

 

Plusieurs études ont établi que l'insectivore était le seul autre mammifère, avec la chauve-souris, signalé comme infecté par un coronavirus apparenté au Sars-Cov-2. Là aussi, des scénarios s'écrivent dans les laboratoires du monde entier. Parfois, les rôles sont même distribués. Les chauves-souris porteuses du virus se nourrissent du nectar des fleurs et fruits des bégoniacées ; ce faisant elles déglutissent et, réflexe primaire chez cet animal, urinent. Le fruit souillé tombe à terre, attirant les fourmis dont les pangolins raffolent.

 

Ce que l'on sait est que le virus circulant en population humaine est une recombinaison à partir de deux coronavirus

 

Voilà une hypothèse séduisante. Mais, dans une dernière étude parue dans la revue Nature le 26 mars, les chercheurs estiment que le génome du coronavirus isolé chez le pangolin est similaire seulement entre 85,5 et 92,4% à celui du Sars-Cov-2. Si l'animal a joué un rôle dans l'écologie du virus, on ignore s'il l'a transmis à l'homme. "Ce que l'on sait est que le virus circulant en population humaine est une recombinaison à partir de deux coronavirus, explique Jean-François Guégan, celui d'une chauve-souris et celui d'un pangolin." Et de poursuivre : "Est-ce que l'un et l'autre ont été des réservoirs et l'ont transmis à d'autres animaux? Est-ce que l'un est réservoir et l'autre, hôte intermédiaire? Il est trop tôt pour le dire."

 

D'autres chercheurs suivent d'ailleurs la piste de la civette, un mammifère à mi-chemin entre la panthère et le blaireau, déjà soupçonné d'avoir joué les hôtes intermédiaires entre la chauve-souris et l'homme dans l'épidémie de Sras en 2003. "Il faudrait aussi regarder du côté des cochons, estime Serge Morand. Il y a eu une alerte en 2017 quand un coronavirus de chauve-souris avait émergé sur des porcs dans des élevages en Chine."

 

Exploitations intensives, destructions des forêts

 

Les scientifiques s'accordent à dire que l'hôte intermédiaire est à rechercher chez un animal sauvage prélevé en masse dans son milieu d'origine ou dans un élevage. "C'est en effet la proximité entre les activités humaines et la faune sauvage qui créent les conditions de naissance d'une épidémie", explique Aleksandar Rankovic, chercheur à l'Iddri. Privés de leurs habitats naturels et de source de nourriture – 13 millions d'hectares de forêts disparaissent chaque année –, les animaux sauvages s'aventurent aux abords des villes, et notamment des exploitations animales. Quand ils ne sont pas directement chassés et transportés sur des milliers de kilomètres. "C'est l'homme lui-même qui organise ces rencontres", juge Jean-François Guégan, relatant ces longs trajets en camion lors desquels pangolins, chauves-souris et autres se retrouvent dans des cages souillées d'urine et d'excréments. "Le parfait carrefour pour constituer le lit de maladies infectieuses."

 

Les exploitations intensives, elles, hébergent des animaux dont le peu de diversité génétique en fait de parfaits candidats à l'épidémie. Les pandémies grippales de 2005 et 2009 sont d'ailleurs nées dans des élevages de porcs et de volailles en haute concentration. "Dans le monde, la demande pour la viande, le lait et les œufs explose, explique Aleksandar Rankovic. Cela forme un véritable rouleau compresseur sur les écosystèmes."

 

"Aujourd'hui, 75% de nos terres sont transformées pour l'agriculture et les activités humaines, abonde Hélène Soubelet, directrice de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité. Notre modèle de développement met en danger la santé humaine, animale et environnementale." C'est pourquoi, juge Serge Morand, il est "nécessaire de comprendre les mécanismes écologiques de l'émergence du virus". Faute de quoi, "ce ne sera pas la dernière des catastrophes, alerte Jean-François Guégan, car nous avons réveillé des cycles qui dormaient."

 

«Je n'avais jamais vécu de plan blanc [dispositif de crise d'un hôpital, ndlr] et j'ai été fière de voir comment notre équipe a affronté la crise. J'ai moi-même beaucoup appris en voyant comment on peut gérer une crise comme celle-là en matière de santé publique. L'hôpital, notre service, tout le monde a réagi très vite», confie encore la docteure Mounayar. Ici, une infirmière du service d'infectiologie qui participe avec elle au bon déroulement du dispositif. 

 

Face au Covid-19, le service infectiologie du CHU de Grenoble

 

Depuis le début de l'épidémie de Covid-19, les infectiologues sont en première ligne. En France, ces médecins spécialistes des maladies infectieuses sont généralement plutôt confrontés à des cas d'importation de virus tropicaux, comme Zika, ou à des épidémies mortelles mais plus étalées dans le temps, comme le VIH. L'arrivée en une immense vague du SRAS-CoV-2 depuis quelques semaines sur le territoire français les a placés au centre de la guerre sanitaire contre un coronavirus qui remet en cause tous les modèles épidémiologiques.

 

Le service d'infectiologie du CHU de Grenoble, qui constatait une stabilisation du nombre de malades hospitalisées sur une semaine au 8 avril, nous a ouvert ses portes ce jour-là.

 

«D'habitude, les maladies infectieuses c'est un service qui représente une toute petite partie du CHU de Grenoble. Mais cette fois, c'est tout l'hôpital qui nous suit et nous écoute», explique la docteure Patricia Pavese, responsable du service.

 

Le CHU de Grenoble n'a pas été submergé par la vague de malades du coronavirus comme les hôpitaux du Grand Est ou de l'Île-de-France. «À Grenoble, on arrive toujours en retard par rapport au reste de la France pour les épidémies de grippe. Nous n'avons pas la même densité de population qu'à Paris et nous avons une population avec beaucoup d'étudiantes qui est moins vulnérable que dans certaines régions. On a donc eu le temps de voir ce qui se faisait dans les hôpitaux du Grand Est pour se préparer. On a aussi pu équiper toutes nos soignantes avec des masques, ce qui fait qu'on a eu très peu de malades dans nos équipes», témoigne la docteure Patricia Pavese, responsable du service infectiologie. Au 8 avril, 118 personnes étaient hospitalisées au CHU de Grenoble dont 42 en réanimation ou soins critiques. La suite ICI 

 

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17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 06:00

SACereales (2)

San-Antonio chez les gones 51e opus de Frédéric Dard

 

SANLAVILLE ET SAN ANTONIO, UNE VIEILLE HISTOIRE EN BEAUJOLAIS

 

Un roman qui sent bon le bouchon lyonnais, non seulement parce qu'on y boit du beaujolpif en général, et du Juliénas en particulier (et en quantité pour Béru), mais aussi par des détails de vocabulaire typiquement lyonnais : on parle d'un « pot » de Beaujolais (46 cl), « d'équevilles » (ordures) de « porte d'allée » (porche)… San-Antonio ne disait-il pas que le groupe sanguin de l’ineffable Bérurier était « Juliénas sans O »

 

« À l’évidence, le Mastard s’est soigné au beaujolais-villages, tendance juliénas grand cru.

 

Je suis con et vaincu par son bon foie !

 

Ma belle Pomme rougeoie sous les effets conjugués de la gloire et du juliénas. Il sourit finement par-dessus sa moustache en poils de cul mal torché. D modestise à faux, l’œil mi-clos, la lippe avantageuse.

 

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Si les grands crus sont célébrés, du pommard à la tâche de Richebourg, du petrus au cheval blanc, du vosne-romanée au château haut-brion, les belles bouteilles de nos régions sont souvent à l'honneur, du pouilly fumé au meursault, du condrieu au saint-amour", une place d'honneur étant réservée au julienas et au muscadet particulièrement appréciés de Béru et Pinuche !

San-Antonio chez les gones, Michaël Sanlaville (scénario et dessin), d’après l’univers créé par Frédéric Dard. Éditions Casterman, 96 pages, 16 euros. ICI

 

Resté fidèle aux personnages récurrents imaginés par Frédéric Dard (on pense à l’inspecteur Bérurier jamais très loin d’une bonne bouteille de Beaujolais, il s’est aussi laissé aller pour notre plus grand plaisir.

Ainsi, impossible de ne pas sourire en voyant apparaître un antipathique et arrogant inspecteur d’académie ressemblant à s’y méprendre à Éric Zemmour et finalement contraint de détaler devant la fureur légendaire de Bérurier. Assez jouissif, il faut bien l’avouer. Comme cette scène où notre bellâtre aux faux-airs d’Alain Delon fait connaissance avec ce propriétaire d’un bar de nuit, accro au sexe, sous les traits de Dominique Strauss-Kahn. Ou encore ce moment où un pharmacien, librement inspiré de Gérard Depardieu, propose à San-Antonio un petit coup de Juliénas pour faire passer ses cachets d’aspirine ! Des clins d’œil qui fonctionnent bien dans cet album qui joue pleinement la carte du divertissement et de l’humour franchouillard. On se croirait, par moments, dans les Tontons flingueurs ou dans Nestor Burma de Tardi.

 

 

Le Juliénas se voulait le plus Parisien des crus, médicament quotidien de l’inspecteur Bérurier qui n’hésite pas à le partager avec son boss, le commissaire San Antonio, depuis des décennies, le également de carburant aux journalistes du Canard Enchaîné dans leur quête sans relâche à exhumer tous les scandales de la République.

 

 

Les vignerons de Juliénas organisent, chaque printemps, des chapitres de leur confrérie parisienne de Saint-Juliénas-des-Prés qui intronise chaque année douze nouveaux moines devant autant de pieds de gamay parisien plantés devant l’église de Saint-Germain des Prés.

 

 

J’avoue humblement n’en avoir jamais entendu causer avant de lire l’article du Le Rouge&leBlanc sur le cru Juliénas, et que ce brave Juliénas « qui se fait rare sur les cartes parisiennes » va devoir cravacher pour remonter la pente.
 

Béru et les licheurs du Canard ce sont des références de boomers, la génération émergente des vignerons de vin nu qui pue est plus porteuse que les dames et messieurs d'un certain âge en robes et bannières.

 

Yves Camdeborde intronisé à la Saint-Juliénas des Prés de 2007.

 

Yves Camdeborde intronisé à la Saint-Juliénas des Prés de 2007.

 

Pour preuve : Le Domaine de Botheland de Laurence et Rémi Dufaitre

 

 

 

 

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