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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 16:00

Sur Face de Bouc ça me bise de partout et c’est bon. C’est le bon côté du changement de millésime. Ici c’est pépère, pas d’effusions, même pas la promesse de faire péter le bouchon on reste sur son quant à soi. Je ne vais pas me plaindre mais la chronique de ce matin recélait de belles surprises que certains n’ont pas forcément pris la peine de découvrir en se disant le Taulier y fait que nous bassiner avec ses histoires. C’en était une et elle valait comme d’autres le détour.


Lorsqu’on est né, comme moi, dans un pays de chemins creux bordés de buissons hauts et épais qui menaient à de gras pâtis de glaise profonde, cette Vendée crottée, pays de ventre à choux, les arpents de vigne, cultivés comme des jardins potagers, n’étaient que des pourvoyeurs d’une horrible piquette très nature, alors que le rituel des battages était une vraie et belle fête, la vendange et le pressage du raisin se déroulaient dans une grande indifférence. Nous n’étions pas un pays de vin. Alors, le texte de Ramuz qui suit me plaît bien car, le vin du pépé Louis, j’aimais l’entendre chanter dans la cave pleine de toile d’araignée.

photoB10.jpg

« Tous les bruits repartent. La petite fille chante ; dans la cuisine, on met la table. Une bande d’enfants court sur le pavé.


Et puis on a entendu aussi le bruit de serrures des caves, car il n’y a pas ici que ce qui est sur la terre, il n’y a pas ici que ce qu’on voit, c’est seulement une moitié de ce qui existe qui se montre, la place fait défaut en largeur, non en profondeur ; et ils ont creusé, ayant des maisons qui sont enfoncées dans le sol, comme les dents de la mâchoire, ou comme l’arbre dont la partie apparente n’est rien encore, parce qu’il y a la racine, la base, le fondement, les en-dessous, l’explication, la raison d’être.


Et tout bouge là-haut, et au-dessus de nos têtes est une espèce de vie – seulement, ici, sous terre, écoutez !


Quand ça recommence là-haut, et tout recommence là-haut, les semelles à clous raclent le pavé, on parle, on rit, on appelle, on crie – lissez-les rire, laissez-les crier, laissez-les parler.


-          Écoutez ! a dit celui-ci en levant le doigt dans la cave, puis il pose la main à plat contre un des ovales.


Il pose la main contre le mur : »sentez-vous »,


Alors il y a un bruit qui s’élève, que d’abord on n’entendait pas tellement il est sourd, d’en-dessous, intérieur, profond ; il a grandi, il a recouvert peu à peu les autres bruits.


Ils auraient beau chanter et crier plus fort encore là-haut sur la terre ; ils ne comptent plus, ils sont sur la terre et ici on est sous la terre.


C’est quand le vin rebouge dans les tonneaux, et sous les douves tout repart en même temps que la sève repart, parce que le vin se souvient, il n’est pas encore complètement coupé de sa mère.


Ils ont fait grincer les serrures des caves, ils s’appellent les uns les autres, ils se sont invités. Ils s’alignent sous la terre de chaque côté de la longueur, contre les tonneaux eux-mêmes alignés et ne laissant entre eux que juste assez de place qu’il faut pour ces deux rangées d’hommes se faisant vis-à-vis.


Le soleil de là-haut éclaire le dehors : le nôtre nous éclaire en dedans. Celui-là les corps, celui-ci les cœurs. Celui-là se couche, le nôtre se lève.


Ils ont dit à Besson : « venez ! » Besson est venu avec eux et prend sa place dans une des rangées, pendant que celui qui remplit le verre est à un bout, et le verre va, revient, repart, tourne en rond. Ils regardent dedans, de haut en bas, ou ils regardent à travers contre la flamme de la bougie, et le vin bouge là pour une chose qu’il a à vous donner. »

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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 00:09

« Je suis né en siège, les pieds devant, expression d'ordinaire appliquée à ceux qui quittent la vie alors que moi j'y entrais, le cul en l'air, violacé et suffocant, façon toboggan. Position qui allait marquer durablement ma façon d'aborder la vie que je vis. Me laisser glisser sur la pente de mes inclinaisons les plus fortes. Ma génitrice, si elle aussi s'était laissé aller à suivre ce chemin, aurait dû me prénommer Désiré. Ce fut Benoît, et ce fut ma première exécration. Je hais ce prénom. Bon fils j'ai toujours tenu ma mère dans l'ignorance de cette exécration. Avec moi c'est toujours ainsi, je garde tout à l'intérieur, avec soin. Soigneux et précis pour l'important, je ne suis pas pour autant rigide. Foutoir et bazar sont les fonds de commerce de mon quotidien plein d'histoires insignifiantes.


De ces petits riens mal rangés, en général, je n'en fais rien, sauf pour rêver. Ils sont la trame de mes rêves. Je brode. Depuis mes origines je rêvasse. Mon prénom abhorré, exécration native, c'est mon rêve fondateur, celui par qui tout a commencé. Enfiler des cotriades de rêves, au long de mes jours et de mes nuits, est extatique. Ça m'aide à vivre. Au commencement donc fut l'annonce de mon fichu prénom. Il m'est tombé dessus dans les minutes qui ont suivi mon expulsion. Déjà choqué par la position originale de ma venue je ne m'y attendais pas. Comprenez-moi, tout était allé si vite. Depuis deux cent soixante-cinq jours, à couvert dans la tiédeur de ma bulle amniotique, je baignais dans le ravissement. Alors que je filais des heures heureuses, brutalement, sans préavis ni explication, on me fichait dehors. Ça augurait mal de la civilité du monde où l'on me précipitait.


Pourtant, la détestation de ce prénom, tombé sur ma tronche de fraîchement né, ne trouve pas son origine dans la brutalité de mon expulsion. En effet, sitôt bouté hors de mon paradis, j'étais prêt à faire contre mauvaise fortune bon cœur. Après tout, ce monde nouveau que j'abordais du bout de mes petits doigts de pied, pouvait lui aussi recéler des charmes identiques à ceux que je venais de connaître ; toutes ces douces heures passées à croître en paix. Mon amertume vient d'ailleurs. Nu, pitoyable et démuni je voyais le jour. Ebloui, en apnée, sans papier en transit, il me fallait du temps pour asseoir ma nouvelle position. Mes concepteurs n'en tinrent aucun compte. Avec une désinvolture frôlant l'arrogance, par-dessus ma petite tête gluante, ils s'arrogèrent le droit de me prénommer. Me consulter s'imposait. D'ailleurs, ils eussent pu le faire au temps béni de ma réclusion.  

 

Lorsque Marthe Regnault, la sage-femme aux mains larges comme des battoirs de lavandière, recueillit, après l'ultime poussée de ma mère, les cinquante-deux centimètres visqueux de mon corps, j'étais à la limite de la cyanose. Par bonheur j'échappais aux fers. Pendu, à bout de bras, par les pieds, je l'entendais proclamer de sa voix de stentor « c'est un garçon ! ». Imaginez-vous la scène. Comprenez mon courroux. D'un coup d'un seul, après un périple dangereux et besogneux, on me faisait passer d'une position de coq en pâte à celle, ridicule et humiliante, de vermisseau gluant exposé à l'air libre tel une vulgaire saucisse. Intolérable ! Révolté je couinais comme un goret pour le plus grand plaisir de cette femme qui n'avait rien de sage. Ce cri primal me valait de me retrouver dans une position plus conforme à mon statut de nouveau-né. On me lavait. Par petites touches je virais au rose bonbon. On m'emmaillotait. Je souriais aux anges bien calé dans la corbeille des bras de ma Madeleine de mère.


« Ce petit salopiaud a du caractère. Il sait ce qu'il veut et, croyez-moi Madeleine, avec un tel sourire ce sera un grand séducteur, un ravageur des cœurs... » Non mais, de quoi je me mêle l'accoucheuse, ce n'est pas ton rayon, garde tes lieux communs pour les lectrices de « Nous Deux ». J'étais vénère. Sous mon sourire ravageur je fis ma première colère rentrée ; une colère fondatrice bien-sûr. « Qu'étais-ce donc ce monde d'apparence ? Mon minois de bébé rose ne préjugeait en rien de mes actes futurs. Etais-je programmé ? Je repoussais avec force ce déterminisme de pacotille... » Chemin faisant je m'apercevais que je me trouvais bien à l'intérieur de moi-même. Ce sentiment m'avait déjà habité lorsque, sitôt les eaux libérées, dans la tourmente de mon périple, si long et si court, à chaque contraction j'avais hâte de retrouver la volupté de mes profondeurs. Ma conviction était faite : c'était le seul lieu où je puiserais la force pour affronter ce monde où, au petit matin, on venait de me jeter.


Libéré du dernier lien, pomponné, prenant goût à l'air que je respirais, je me laissais glisser dans la paix de mon petit jardin d'intérieur. Moment voluptueux, moment que choisit ma mère pour confier au clan des femmes qui s'affairait « ce sera Benoît... » Coup violent et inattendu au plexus solaire. Je réprimais un cri de stupéfaction en engouffrant mon pouce dans ma bouche. Déjà quelle maîtrise ! Quel sang-froid ! Ma succion élégante stupéfiait le clan des femmes. Elles s'esbaudissaient. Je retrouvais le suc de ma bulle. Réfléchissais. Analysais froidement la situation. « Par quelle prescience ma mère avait-elle su anticiper sur mon moi profond ? » Ce Benoît était raccord avec le capital de duplicité que je découvrais en moi. Formidable intuition de Madeleine que d'accoler ce prénom à mon image de chair. Sur la photo Ferlicot, à nouveau nu comme un ver sur un coussin de soie, j'arborais mon sourire de bébé Cadum qui allait si bien avec le secret de mes profondeurs. »

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Le 10 novembre 2006 ainsi commençait mon petit roman en ligne du dimanche… que certains lisent depuis l’origine et que d’autres découvrent sans trop bien comprendre si c’est du lard ou du cochon…


Ma sainte mère voulait prénommer son petit dernier, de sexe masculin, Benoît… pour la bonne et simple raison que ce saint patron était fêté le 11 juillet jour elle entra dans les douleurs de l’enfantement. Mon frère aîné, parrain désigné, s’y opposa. Il décréta : ce sera Jacques le majeur le patron de notre paroisse de la Mothe-Achard !


Ainsi je fus prénommé : Jacques, Alain, Gabriel, Arsène pour faire plaisir à mon parrain mon frère Alain, ma marraine qui se prénommait Gabrielle dit Gaby (déjà Bashung) et mon père Arsène. Par bonheur celui de ma génitrice : Berthe ne disposait pas de masculin.


Bref, comme signe un commentateur PP, lorsque je me lançais pour de rire dans l’aventure d’une écriture à chaud, au fil des semaines, je choisissais Benoît pour mieux me vautrer dans la liberté d’un « auteur » qui créé sa propre vérité. Qu’importe où se trouve la frontière entre mon imagination et la réalité, et j’adore lorsque ma copine la baronne me chauffe les oreilles à propos des lèvres de Roselyne. Elle me dit tu… mais non ce n’est pas moi… c’est lui… c’est Benoît… Ce n’est même pas mon double car je n’ai pas de double étant unique – ça c’est pour exciter Bref, Bof et Bionnet – …


Pour en revenir un petit instant à la vérité historique : la sage-femme qui m’a mis au monde, au Bourg-Pailler, se dénommait bien Marthe Regnault, elle fut par la suite maire de mon pays, mais je ne suis pas né en siège. Alors, c’est ainsi lorsque je me glisse dans la peau de Benoît, qui n’est pas moi, je prends toute liberté avec la vérité… si tant est qu’il n’y en ait qu’une, la nôtre, qui n’est pas forcément celle des autres… Le seul qui ne ment pas, qui ne la travesti pas, c’est l’auteur… ses personnages lui appartiennent et d’eux il sait tout puisqu’il est eux. Donc moi c’est moi, lui c’est lui : allez bon anniversaire Benoît ! Voilà, c’est dit et pour ceux qui débarque ici, sur cet espace de liberté, lorsque l’autre jour j’ai demandé dans mon MOI PRÉSIDENTlink que le 12 juillet devienne un jour férié ce n’était bien sûr pas pour célébrer ma naissance mais, bien sûr, pour marquer d’une pierre blanche, une victoire, celle de 1998, au Stade de France…

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11 juillet 2012 3 11 /07 /juillet /2012 16:00

Qui pourrait douter, qu’étant donné mes attaches anciennes avec Banyuls, sitôt alerté par un expert en indignation en tout genre, je reste indifférent à la révolte des soutifs initiée par Barbara Frenz, Banyulencque d’adoption pour « soutenir » pour exprimer son opposition à la privatisation et à l’extension du port en étendant des dizaines de soutien-gorge d’un côté à l’autre de la rue Napoléon de Banyuls.


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Je le fais, sans aucune restriction, en hommage à mon ami Michel Jomain (Un dernier mot pour Michel Jomain, homme du vin, 100% rocardien …), récemment disparu, qui fut en son temps candidat malheureux aux élections municipales de Banyuls-sur-Mer contre le bétonneur du port le maire Jean Rède. Bien évidemment les promoteurs du projet vont me rétorquer : de quoi je me mêle, ça n’a rien à voir avec la cause vigneronne, ça ne touche en rien à l’avenir et à la santé de nos enfants si chers à mes amis parisiens. Certes, mais je suis allergique aux bétonneurs de tous poils et de toutes conditions : ce ne sont que des érecteurs de laideur, des goinfres insatiables, des destructeurs sans foi ni loi. Quand le mal est fait il est irréparable : les générations futures supporteront nos inconséquences et nos faiblesses coupables. Oui mais ce n’est qu’un port de plaisance me rétorqueront les partisans du projet qui aligneront tout le profit tiré par le commerce et l’artisanat local du flux des plaisanciers. Permettez-moi d’en douter vu l’état du marché. Et puis je déteste les potentats locaux qui se comportent comme des baronnets à qui tout est permis, même les conneries.


Reste aussi la beauté du geste de Barbara Frenz  et le ridicule achevé du maire se présentant en personne, accompagné de trois policiers municipaux, au domicile de celle-ci. L’homme est prude « tous ces soutien-gorge donnent une mauvaise image de Banyuls et peuvent choquer les enfants »  mais égrillard puisqu’il a ajouté, dans son interview à la radio que « ces femmes feraient mieux de manifester en se promenant les seins à l’air ». Vieux saligaud et comme le note un local à propos de la vidéo ci-dessous « le spectacle d’un Jean Rède assis sur sa borne, balançant nonchalamment sa canne et son pieds au milieu d’un désastre en communication qui fait rigoler les passants, est quand même très précieux pour les générations futures. »


Bien évidemment je soutiens et j’en appelle à mes compères locaux Léon et l’ami Michel forgeron de Dana pour se joindre à moi dans ce juste combat.  Nous pourrions, tels de preux chevaliers, brandir des étendards ornés de ces parures que nous avons toujours aimé extirper des appâts qu’elles étaient censées soutenir.


Haut les cœurs !

 

Mort aux cons !

soutien-gorge.png

 

El Punt d'Avui en a fait un article en Catalan sous la plume d'Aleix Renyé Ci-dessous la traduction de cet article intitulé "La revolte dels sostens a Banyuls de la Marenda"

 

LA RÉVOLTE DES SOUTIEN-GORGE A BANYULS S/MER


A Banyuls-sur-Mer on n’a pas le temps de s’ennuyer. Le maire Jean Rède s’occupe de l’animation, il est en train de révolutionner le village avec son projet d’agrandissement du port. Un projet mégalomane qui détruirait la moitié de la baie et ouvrirait les porte à l’urbanisation touristique, selon les accusations de ses détracteurs conduits par l’ancien maire et icône sardaniste Roger Rull.


Autre forme d’opposition municipale ou simplement envie de faire une performance artistique, quoiqu’il en soit une Banyulencque d’adoption, Barbara, a décidé de suspendre un nombre conséquent de soutien-gorge dans son quartier. Des soutiens-gorge de toutes les couleurs et de toutes sortes, avec ou sans fanfreluches, qui ont fini par incommoder certains voisins. En particulier un conseiller municipal inconditionnel soutien du maire Jean Rède Tothom (comme l’avait baptisé un mystérieux rédacteur de la revue satirique El Fiçó aujourd’hui disparu) qui a obtenu que le maire envoie la police municipale avec mission de faire disparaître ce spectacle « indécent » (il serait intéressant de savoir sur quelle base légale s’appuie la police pour retirer la lingerie étendue si aucune ordonnance ne l’interdit). Il n’est pas difficile d’imaginer que plus qu’un acte d’opposition, ce qui incommodait le plus ce vieux banyulenc de souche, bien-pensant et bien de droite, c’est l’humour, la légèreté et « l’indécence » de cette « étrangère » qui leur fait monter la moutarde au nez avec l’intimité d’une pièce de lingerie chargée d’érotisme. Eux qui sûrement reluquent sans en avoir l’air les nichons et les fesses de cette « étrangère », quand ils vont chaque jour s’asseoir sur les bancs devant la plage pour regarder sa poitrine et ses cuisses, se sont ainsi trouvés confrontés à leur misère intime. Et cà, ça fait bien plus mal que quelques débats et oppositions politiques.


Terre de gens têtus qui ont modelé en œuvre d’art les versants de l’Albère marine pour y faire naître leur vin, de femmes solidement campées à l’humeur indomptable – aux corps généreux et sensuels sculptés par Maillol -, le caractère particulier des banyulencs déteint au final sur ceux qui décident d’y vivre.  Josep Pla dans un de ses livres qui, si la mémoire ne me fait pas défaut, s’intitulait « Contrebande », évoquait le caractère particulier des habitants de Banyuls dans un compte-rendu de son voyage, au début du XXe siècle, à bord de la barque « Mistral » quand il aidait son ami Heron Baldiri à charger des marchandises de contrebande "françaises". Les personnages vont de Cadaqués à Salses, et s’arrêtent dans les parages de la côte comme Banyuls, Port-Vendres ou Collioure. Pla affirme que les habitants de deux villages de la côte se distinguaient pour avoir des caractères rebelles, fous, agressifs et difficiles (écris de mémoire, Pla devait utiliser d’autres adjectifs ) à cause de leur isolement, il s’agit de Banyuls et Cadaqués. Quand Pla avait écrit son livre, l’accès terrestre de ces villages était long et difficile, les habitants les prenaient rarement et sortaient par la mer, pour pêcher ou faire de la contrebande. Un siècle plus tard les moyens de communications se sont améliorés mais Banyuls continue d’avoir ce truc, ce je-ne-sais-quoi, qui donne des personnages géniaux et ineffables. En bien ou en mal. Un caractère, une élégance et une beauté qui contamine irrémédiablement ceux qui s’aventurent à y vivre et à fréquenter les banyulencs et les banyulenques.   


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11 juillet 2012 3 11 /07 /juillet /2012 00:09

herbicides-regions-france.jpgBeaucoup de données sur la qualité des eaux sont accessibles tant par le grand public que par les professionnels sur des sites publics tels ceux des Directions Régionales de l’Environnement. Certaines font l’objet d’analyses plus fines par des organismes professionnels qui ne sont pas connues par les pékins lambda que nous sommes. Bien évidemment il s’agit d’une littérature qui n’est pas à la portée du premier lecteur venu mais pour les infos accessibles, lorsque Monsieur et madame tout le monde, lisent par exemple sur le site d’une Direction Régionale de l’environnement que « les eaux souterraines de… sont largement contaminées par les pesticides. Pas moins de 55 molécules différentes sont été retrouvées en 2010. 60% des quantifications sont dues aux triazines et à leurs métabolites de dégradation ? Les molécules autorisées représentent 12% des quantifications ; il s’agit principalement d’herbicides. 29 molécules autorisées sont identifiées au cours de cette campagne de prélèvement (janvier à décembre 2010). Quatre herbicides, le métazachlore, la bentazone, les urées substituées (isoproturob et chloroluron) et 3 fongicides, le diméthomorphe, le manèbe et le mancozèbe (fongicides à large spectre ayant notamment des homologations en vigne et grandes cultures) doivent faire l’objet d’une attention particulière). »


« La majorité des contaminations est due à des molécules interdites à ce jour et représente donc des pollutions historiques : 4/5 dans les eaux souterraines et plus de la moitié dans les eaux superficielles. Les phénomènes d’accumulation dans les sols et dans les nappes phréatiques, ainsi que le renouvellement des eaux qui peut être très lent, expliquent cette persistance des contaminants. Les fongicides comme le diméthomorphe et le tébuconazole, et les herbicides comme le glyphosate et l’aminotriazole, sont des molécules toujours autorisées qui génèrent depuis plusieurs années des pollutions récurrentes en eaux superficielles et souterraines. Elles doivent donc constituer la piste d’action prioritaire pour la préservation du milieu, car les contaminations d’aujourd’hui seront probablement encore présentes durant plusieurs années si elles se comportent comme les molécules responsables des contaminations historiques. »


Pesticides ou Produits phytosanitaires ou produits phyto-pharmaceutiques : produits (issus de l'industrie chimique ou d'origine naturelle) destinés à combattre, maîtriser ou détruire les maladies, ravageurs ou végétaux indésirables. Ils sont composés d’au moins d'une substance active (ou molécule) et d'adjuvants pour améliorer leur formulation. Leurs utilisations concernent l’agriculture, l'entretien des voies de communication et des espaces urbanisés et les particuliers.


Molécules herbicides (et produits de dégradation) : terbuthylazine déséthyl et terbutyhlazine, hydroxyterbuthylazine, AMPA et glyphosate, diuron et DCPMU, aminotriazole, simazine, oryzalin, norflurazon et desméthylnorflurazon, terbuméton et déséthylterbuméton, monuron, 2-6 dichlorobenzamide, simazine…


Molécules fongicides (et produits de dégradation) : oxadixyl, tébuconazole, spiroxamine, pyriméthanil, fludioxonil, diméthomorphe, métalaxyl…


Molécules insecticides (et produits de dégradation) : pas dans les plus fréquemment retrouvées.


Métabolite : molécule résultant de la dégradation d’une substance active (ex : l’AMPA est le métabolite du glyphosate).


Contamination : présence d’au minimum une molécule dans un prélèvement, à une dose qu'il est possible de déterminer.


Quantification : détermination de la concentration d’une molécule dans un prélèvement. Le terme quantification indique donc la présence d’une contamination.


Pesticides totaux : somme des quantifications des différentes molécules dans un prélèvement.


Fréquence de quantification : nombre de prélèvements contaminés ramené au nombre total de prélèvements pour une substance donnée.


Molécule interdite : on entend par molécules interdites les molécules interdites à la date de prélèvement, mais également les molécules interdites depuis, partant du principe que l’identification des molécules interdites permet de dégager des pistes d’actions éventuelles sur les molécules autorisées. Par voie de conséquence, les métabolites ou produits de dégradation des molécules interdites rejoignent également le pool de molécules interdites.


Pour vous et moi, les urbains, c’est l’équivalent du mandarin et nous n’y comprenons goutte. Et pourtant c’est accessible à n’importe qui : il suffit de taper sur Google Direction Régionale de l’Environnement suivi du nom d’une région viticole qualité des eaux superficielles et souterraines et le tour est joué. Ensuite il suffit de cliquer sur un département et toutes les données sont accessibles. Mon but ici n’est pas de stigmatiser ou de montrer du doigt qui que ce soit mais de faire remarquer que si l’on souhaite éviter deux phénomènes : faire peur en agitant des constatations absconses ou provoquer de la méfiance injustifiée, il me semblerait bon que les autorités responsables aillent au-delà de cette littérature compréhensible que par les seuls spécialistes. Toutes ces données sont collectées par des agences publiques financées par de l’argent public. Un minimum de pédagogie me semble souhaitable pour que les citoyens que nous sommes puissent, s’ils le souhaitent, s’informer et se forger une opinion sans être soumis aux interprétations de l’une ou l’autre des parties prenantes de ce problème de la contamination des eaux superficielles et souterraines par les pesticides.


Afin de ne pas me faire accuser de mettre en avant une région viticole par rapport à une autre je ne publierai aucun lien précis vous permettant d’accéder à un site plutôt qu’à un autre mais comme je suis bon prince je suis prêt à tenir la main aux novices qui voudraient aller au-delà de mon petit papier. Vous verrez c’est plein de petits crobars colorés, d’une chiée de noms à  coucher dehors, c’est précis et même si, comme moi, vous ne comprenez pas vraiment tout je pense que ça vaut vraiment le coup d’aller y faire un tour.

 

Ceci écrit, mon initiative d’une conférence citoyenne sur ce sujet link , à part quelques bonnes âmes, est tombée dans l’habituelle indifférence du Net. À mon avis, le flou arrange tout le monde, y compris ceux qui de disent les plus ardents défenseurs de l’environnement : surtout ne touchez pas à mon fonds de commerce, sinon qu’est-ce que je vais devenir si je ne peux plus taper à bras raccourcis sur le camp d’en face.

 

Pour plus de précisions sur la carte illustrative allez sur link Vin Québec

 

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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 16:00

Je profite du bruit fait autour de la colline de l’Hermitage sur notre petite blogosphère – en m’excusant auprès de ceux qui sont importunés par cette intolérable agitation – pour avoir une pensée pour les premiers congepés, de leur ruée sur les routes nationales avec leur petite auto du genre 4CV ou sur leurs petites motos Terrot ? L’irruption du populo, même sur les rives de la grande bleue, cette Côte d’Azur paradis des privilégiés, ça devrait émouvoir nos chers bobos tendance Besancenot. C’est le syndrome Poutou. Fiers d’être ultra-minoritaires, la pointe la plus avancée de la classe ouvrière mais sans le jaja qui tache, ni la tente Trigano, il ne faut pas pousser trop loin les élans ça pourrait tacher la moquette de l’appartement.


En ces temps d’aucuns chantèrent la Nationale 7, la Route bleue historiquement la plus longue et l'une des plus mythiques routes nationales françaises avec 1004 km à son apogée. Jusqu'en 2006, elle a relié Paris à Menton via la Vallée de la Loire, l'Ouest de la Bourgogne, le Nord-Est de l'Auvergne, Lyon, la Vallée du Rhône, le Massif de l'Esterel et la Côte-d'Azur. Contrairement à une idée très répandue, elle ne desservait ni Saint-Étienne, ni Marseille. A sa création, en 1824, elle est définie comme étant la route de Paris à Antibes et en Italie, par Nice. Elle succède alors à la route impériale 8. Suite à la réforme de 2005, la RN7 a été démantelée et il n'en reste alors que cinq sections le long de son ancien parcours.


Donc en cet après-midi pluvieux, rien que pour faire fulminer le Vindicateur, au lieu de pester contre le mauvais temps, j’ai décidé de laisser la plume à un grand et énorme râleur. Un vrai chieur, la mesure-étalon de ce qui se faisait de mieux dans la grosse mauvaise foi. Comme aiment à le dire certains plumitifs du Net un maître dans l’art de pousser un coup de gueule. Et, Dieu sait qu’il en avait une sacré gueule.


« Eh bien, ça y est ! La période la plus bête de l’année vient de commencer. Cette période dits « des vacances », du grec vaos, aller, et du latin, cançus, repos. Aller au repos. Il semble que les citadins n’aient plus que cette idée en tête, dès qu’arrivent les premiers jours de juillet. Les pauvres gens ! Ils ne savent pas, bien sûr, que cette prétendue détente que l’on trouve sur les plages, au milieu des étendues d’herbe ou au pied des montagnes, n’est qu’un mythe, un mythe qu’il est nécessaire de détruire.


LE SOLEIL EST UNE COCHONNERIE !


Oui, je le dis tout net, le soleil est une cochonnerie. Il est bon de le souligner, car depuis quelques années, par un étonnant mécanisme mental, l’homme du XXe siècle a associé ce gros astre stupide à une notion de beau temps, et semble dès lors n’être plus gouverné, dans ses désirs et dans ses actes, que par le baromètre. Dans les méandres boursouflés de son cerveau, l’humain a remplacé le cartésianisme et la morale chrétienne par une grenouille subjective qui monte et qui descend de l’échelle de son subconscient et dirige son psychisme selon les fluctuations de la température extérieure.


Le citoyen n’est plus qu’un torse huilé, qui demande dans ses prières : »Donnez-nous aujourd’hui notre bronzage quotidien. » Quand il élève la voix, ce n’est plus pour réclamer un gouvernement stable et une balance des comptes équilibrée, mais pour réclamer du soleil.


Il faut en rendre responsable le régime démocratique, l’action des syndicats et le développement du camping qui permettent à toutes les classes sociales d’accéder, en scooter, en des lieux où ils ne pouvaient s’aventurer autrefois qu’en yacht ou en smoking.


Jadis, l’ouvrier ne pouvait pas profiter du soleil, la preuve : il ‘est jamais question de soleil dans les romans d’Emile Zola, qui a si bien décrit le peuple. Et le peuple d’il y a cinquante ans se fichait pas mal de bronzer. Il était malheureux certes. Il avait faim, il avait froid, il était malade et mourrait jeune, mais il n’était pas psychiquement traumatisé.


Qui a névrosé le monde d’aujourd’hui ?

 

POURQUOI ÇA FAIT DU MAL ?


Il est vrai que le soleil dans certains cas, réchauffe de vieux membres, chasse de vilaines sciatiques et dessèche de sournois bacilles.

 

Mais  ce ne sont là que d’infimes compensations en regard du danger permanent que le soleil fait courir à l’individu. Danger uniquement psychologique, évidemment. Car après être resté quatre semaines sans rien faire, dans une quiétude douillette, loin du bruit de sa machine-outil, loin de son supérieur hiérarchique, en un mot loin des symboles de son labeur, le travailleur relâche son autodéfense cervicale. Il laisse aller à la dérive et s’endort dans un doux farniente. Il est comme l’enfant dans la mère, il a chaud, il est bien ! Or, l’homme est déiste. C’est la base de sa complexité. Inconsciemment, il s’invente un dieu pour concrétiser la douceur de ses vacances. Ce dieu, c’est le soleil, et le mal est fait.

 

Le soleil ne représentera désormais dans les ramifications mentales de l’homme que ce qui est bon, et le reste ne sera que fange, boue et vomissure.

 

En septembre, lorsqu’il reprendra son travail, l’homme ne sera plus qu’une larve hébétée ressassant sans cesse des souvenirs. Il sortira de sa poche de lamentables photos montrant sa bedaine étalée, et gloussera en les faisant circuler : « Là, c’est moi… au soleil d’Arcachon… »

 

Dans l’exercice de son travail même, il sera troublé. Perdu dans un rêve, il sourira béatement devant sa machine, retrouvant au fond de sa rétine les images éblouissantes de ce soleil qui l’aura saoulé pendant trente jours, tandis que sa main sera doucement broyée par l’engrenage ou que sa phalange s’écrasera sous le marteau.

 

Il ne sera plus qu’un grand corps bronzé vidé de sa conscience. À cause d’un petit mois de vacances, il aura gâché sa vie, sa carrière, son avenir. Il ne sera jamais plus ni bon époux, ni bon père, ni bon citoyen.

 

Voilà ce qu’aura fait de lui le soleil.

 

Nous n’avons qu’un seul conseil à vous donner : ne jouez pas avec votre santé morale. NE PARTEZ PAS EN VACANCES, ou, si vous ne pouvez pas résister, choisissez un endroit où le soleil ne se montre jamais. Allez à Deauville. »

 

Ce magnifique texte engagé est de qui chers lecteurs ?

 

Afin que vous ne preniez pas de fausses pistes il n’est ni l’œuvre d’Henri Guaino, ni de Michel Onfray, mais d’un râleur disparu.

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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 00:09

 

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« Le pesto est vraiment un plat original de la cuisine ligure, on pourrait même dire que c’est notre plat national. Il est composé d’ingrédients qui poussent ici, chez nous, et qui ne coûtait rien autrefois ; un plat de pauvres. Le nom de pesto provient de pestare, écraser, car autrefois on pilait les ingrédients dans un mortier en marbre… » ainsi s’exprime Larissa Bertonasco dans joli petit livre de recettes de sa grand-mère : La nonna La Cucina La vita. « Toute la Ligurie, écrit-elle embaume des senteurs de mon enfance. Mes souvenir sont mêlés à l’odeur de la mer et du bois, du romarin et de la sauge, de la naphtaline aussi, et de l’alcool rectifié. » Pour ceux qui ignorent la géographie, la Ligurie forme un arc de cercle autour du golfe de Gênes partie de la mer Ligure. C’est l’une des plus petites régions d’Italie par les Alpes et l'Apennin très ouverte sur la mer et largement montagneuse. Elle touche la France à l’ouest et La ville portuaire de Gênes, située au centre, domine démographiquement la région, avec plus de 600 000 habitants sur le 1,6 million du total.


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Le pesto alla genovese lorsqu’il est fait dans les règles de l’art, avec les bons ingrédients, atteint le sublime car lorsqu’on déguste un pesto, l’odorat est si bien sollicité que les aliments qu’il accompagne s’en trouvent exaltés, sublimés et que, l’espace d’un instant, on peut atteindre une forme d’extase culinaire, gagner le royaume des cieux en fermant les yeux. Bien évidemment votre Taulier préféré confectionne lui-même son pesto, le plus difficile étant de trouver le basilic ad hoc qui, s’il n’est pas de Ligurie, doit ne pas avoir un arrière-goût mentholé comme beaucoup de variétés. Le mieux est de le cultiver en achetant des plants chez un marchand spécialisé en plantes aromatiques de variétés anciennes (dans les foires aux plantes) Le basilic en pot que l’on trouve chez les marchands de légumes est un basilic bodybuildé. La bonne variété est l’Ocimum basilicum « Grand Vert » ou Ocimum basilicum var. Genovese.


Le véritable pesto alla genovese c’est :


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100g de feuilles de Basilic de Ligurie, pour les puristes de la localité Prà (le pesto doit contenir au moins ¼ de son poids en feuilles de basilic.

50 g de Parmeggiano-Reggiano râpé

50 g de peccorino sarde râpé

30 g de pignons de pin

1 grosse gousse d’ail

1 pincée de gros sel

De l’huile d’olive vierge extra de Ligurie ou d’Italie

 

Le seul ustensile accepté : un mortier en marbre avec pilon en bois de balsa.

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« Pour préparer le pesto, selon des sources ligures faisant autorité, il est recommandé de rincer délicatement le basilic dans l’eau froide puis le laisser sécher naturellement. Avant de commencer, il est conseillé de placer tous les ingrédients et les ustensiles à température ambiante, de râper le fromage, et de tout tenir à portée de main afin d’éviter une interruption intempestive qui pourrait entraîner l’oxydation des ingrédients et nuire à la saveur du pesto.


Un mouvement rotatif doux et continu du pilon dans le mortier est le meilleur moyen de libérer toutes les huiles essentielles contenues dans les veinules des feuilles de basilic. Commencer par le basilic, l’ail et le sel jusqu’à l’obtention d’un jus vert et brillant. Ajouter les pignons de pin, le fromage et l’huile pour finir. »


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Dans la déferlante de la mondialisation les petites résistances régionales sont autant  de petits cailloux dans les grosses godasses des multinationales qui n’aiment rien tant que d’annexer les spécialités pour inonder le marché de soi-disant spécialités régionales. Garder de la valeur sur les territoires en leur accordant pour leurs produits de terroir des AOP voire même des IGP me semble une première digue de résistance mais ça ne suffit pas. À nous consommateurs de faire les bons choix entre l’original et la copie. Le basilic de Ligurie est maintenant une AOP, le parmesan de Reggio Emilia très vieux, du le pecorino sarde et de l’huile d’olive extra vierge « Riviera ligure » sont aussi des AOP. L’olivier est sans aucun doute l’un des éléments caractéristiques du paysage de la Ligurie. Présent sur le territoire déjà depuis l’an 3000 avant J.C, sa culture s’est étendue à partir de 1700 sur les pentes des collines et des montagnes de la région grâce au système de la culture en gradins. En 1997, l’huile d’olive extra vierge « Riviera Ligure »- qui réunit sous une ancienne dénomination la production d’huile des trois zones géographiques : « Riviera des Fleurs», « Riviera à l’ouest de Savone », « Riviera Est» - obtient la reconnaissance européenne d’Appellation d’origine protégée (AOP). Une caractéristique de l’huile ligure est sa saveur fruitée avec une sensation intense de sucré ou une légère sensation d’amère et de piquant.


Mais en Italie comme en France la politique est un sport national et lorsqu’en juillet 2001, Gênes accueillit le sommet du G8 avec les deux stars George Bush et Tony Blair, la ville se mit en 4 pour présenter ses spécialités gastronomiques. « Les 16 chefs étoilés par le Michelin que compte la Ligurie furent mis à contribution. Réunis en équipes de 4, ils reçurent pour mission de concocter deux déjeuners et deux dîners pour les personnalités présentes au sommet. Un mois avant le début de la rencontre, les menus furent envoyés pour approbation au ministère des Affaires Etrangères. Deux plats furent rayés de la liste. Le premier parce qu’il contenait du lapin. Or on pensait que les Britanniques et les Américains du Nord considéraient le lapin comme un animal domestique. Mais le plus surprenant, le deuxième plat qui se vit refuser l’aval des conseillers diplomatiques fut justement celui dont les Génois sont le plus fiers et non sans raison. Ce pesto alla genovese fut remplacé sur le menu par une simple sauce au basilic. La différence cruciale entre ces deux préparations était l’ail. »


Le responsable : Berlusconi, qui développe une aversion connue pour l’oignon et l’ail eu égard à ses activités buccales avec des jeunes femmes tarifées…


Le G8 fut des plus violents. Et c’est là que Beppe Grillo entre en scène « Après le G8, Gênes ne sera plus jamais la même. Le nom de pesto alla Genovese a pris un tout autre sens désormais… »


Mais qui donc est ce Grillo – ne pas confondre avec un griot comme Mory Kante – « Beppe Grillo, personnage pugnace, est peut-être le Génoise vivant le plus célèbre. Or si cet homme est connu dans le monde entier, c’est en tant qu’Italien. Mis au ban pendant des années d’une télévision frileuse et conformiste, l’amuseur barbu tourne inlassablement dans les théâtres et tient l’un des blogs les plus lus au monde www.beppegrillo.it . Le magazine américain Time lui a décerné le titre de héros européen de l’année 2005 en disant de lui qu’il « appartient à l’espèce rare de clowns qui fait bien son travail. »


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Une autre affaire agita le marigot génois lorsque le chef du gouvernement régional de Ligurie, Sandro Biasotti, demanda de boycotter les produits de la multinationale Nestlé qui, comme chacun ne le sait peut-être pas est la maison-mère de Barilla. La raison était que ce gros groupe alimentaire italien, célèbre pour sa boîte bleue, avait breveté les appellations de « Pesto » et de « Sanremo » auprès de l’UE pour deux espèces de basilic.


Beppe Grillo profita de l’occasion pour de nouveau mettre les pieds dans le plat des trofie al pesto alla genovese « depuis des années, le basilic que ces gens prétendent cultiver dans nos serres est importé du Vietnam. Le basilic provient du Vietnam et l’ail de Chine. La bataille est déjà perdue. Or je veux du basilic importé du Vietnam parce qu’il procure un revenu aux paysans pauvres qui vivent dans cette région du monde. Voilà ce qu’est la mondialisation. Nous ne pouvons pas réfléchir à l’échelle de la planète et agir à l’échelon local par l’édification de barrières protectionnistes… Je serais ravi que les allemands se mettent à fabriquer du parmesan ? Et je parie qu’il serait meilleur que le nôtre… »


Provocateur et agitateur d'idées, il a animé une journée populaire en Italie, le « V-Day » pour Vaffanculo-Day (va te faire enculer) en 2007. Grillo était mûr pour faire vraiment de la politique puisque depuis 2009 et grâce au succès croissant de son blog, il prend une place politique de plus en plus importante en Italie. Il est leader du mouvement 5 étoiles. Reuters remarque que le dernier sondage de CWG  donne le Five Star à plus de 20%,  seconde formation politique italienne derrière le parti Démocrate de centre gauche qui serait à 24%.

 

Les élections sont au printemps prochain. « Beppe Grillo est très populaire chez les jeunes, il faut dire que le chômage des jeunes en Italie est à 35%. Bien que sans programme politique proprement dit son message est très articulé avec une véritable cohérence cachée. Ce qui nous fait dire qu’il y a des gens qui travaillent derrière. Derrière le populiste Grillo ; il semble y a voir une élite plus cultivée, , spécialiste de la communication, des technologies nouvelles, et des medias sociaux. Il se pourrait bien qu’il y ait derrière Grillo des gens beaucoup plus structurés intellectuellement, avec des analyses solides et modernes ou modernisées …

 

L’Italie a une longue histoire de mouvements anti politiques et il est évident que la situation présente est très favorable à la propagation de rassemblements  de ce type. Il suffit de voir dans un autre registre ce qui se passe en Allemagne avec les Pirate’s Party. Attention en Allemagne, les thèmes ne sont pas comparables à ceux du Five Star. » note BRUNO BERTEZ le lundi 2 Juillet 2012 sur son blog.


Le week-end du 6 mai 2012, il n’y avait pas seulement en Grèce ou en France que l’on votait. En Italie, plus de sept millions d’électeurs étaient appelés aux urnes pour les élections municipales partielles. Ce rendez-vous politique était le premier, six mois après l’étrange mise en place du gouvernement technique de Mario Monti.

 

Le scrutin, malgré la faible participation des Italiens (à hauteur de 67 % en recul par rapport aux précédentes années), a pourtant eu son grand gagnant : le « Mouvement 5 étoiles » du comique Beppe Grillo.

 

Le Mouvement 5 étoiles n’est pas facile à cerner. « Son organisation non pyramidale, la diversité de ses partisans, sa revendication d’une politique saine en font un modèle mouvant, hors cadre ». La presse le taxe d’antipolitique. Les Grillini préfèrent répondre eux, qu’ils sont antipartis. Ils refusent d’ailleurs d’être taxés de parti et préfèrent être appelés « association libre de citoyens ». Nombreux sont les spécialistes politiques à les critiquer, s’inquiétant des discours de Beppe Grillo, souvent baptisé de populiste. Pourtant les résultats du scrutin ont fait réviser leur jugement à certains.

 

Le mouvement refuse de considérer la politique comme une profession et d’être financé par des fonds publics, une autre pierre jetée aux partis italiens, notamment la Ligue du Nord qui détournait l’argent du parti au profit de la famille Bossi et autres pontes. Mais aussi au refus des formations traditionnelles de réformer le financement des partis. Le premier maire du Mouvement 5 étoiles a ainsi été élu en Vénétie, région de l’Italie connue pour son penchant pour la Lega. Roberto Castiglion, la trentaine, marié deux enfants, avait rencontré Beppe Grillo seulement le 28 avril dernier. Sa ville, Sarego, abrite une fraction du parlement padanien, du nom de l’Etat fictif d’Umberto Bossi. Coût de sa campagne ? 300 euros. Pour cet ingénieur chez Enel, il n’aurait tout simplement pas pu en être autrement. »


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Quel est le programme de vos listes ? (extraits de rue 89)


Il s’appelle le programme des « cinq étoiles », parce que nous voulons cinq choses :


1-       Que l’eau soit publique, comme à Paris avec Delanoë. En Italie, la gauche veut privatiser l’eau en la donnant à Veolia.

2-      Le recours aux énergies alternatives, géothermiques par exemple.

3-      Le tri sélectif, réutiliser les choses, comme cette bouteille de Badoit qu’il suffirait de nettoyer avant qu’elle resserve.

4-      Le wifi libre et gratuit, la « citoyenneté digitale », le droit à la connaissance pour tout le monde. Les services peuvent être payants, mais avant tout, il faut que la connexion soit gratuite.

5-         La mobilité, les transports électriques, le télétravail, le covoiturage.

« Mon idée, c’est de renverser la politique pour la recréer »

 

Que répondez-vous à ceux qui vous disent qu’il est facile de critiquer, et moins facile d’agir ?

 

J’ai critiqué, notamment avec les deux « V Day ». Maintenant, j’agis, je mobilise les gens, pour bloquer l’énergie nucléaire par exemple. Nous organisons une grande mobilisation le 8 mai pour l’arrêt du nucléaire et pour que l’eau reste publique. Nous avons déjà une quarantaine de conseillers municipaux à Bologne, Trévise, Ancône... C’est ça qui fait peur au pouvoir.

En mars, pour les régionales, nous présentons des « listes cinq étoiles » dans sept des seize régions italiennes. Mon idée, c’est de renverser la politique pour la recréer.

 

En France, il y a très peu d’humoristes engagés comme vous. Connaissez-vous des humoristes français ?

 

[Long silence] Carla [Bruni-Sarkozy, ndlr] ? Non, je dis ça parce qu’elle a repris une chanson du chanteur Gino Paoli, et que sa reprise était tellement meilleure que l’original que Paoli a fait une dépression. Elle est sympathique. Je ne la connais pas, mais elle me plaît beaucoup.

 

Vous connaissiez Coluche ?

 

Oui, j’ai fait un film avec lui, de Dino Risi, « Le Fou de guerre ». Le film est allé à Cannes l’année de la mort de Coluche. Un homme extraordinaire.

 

Vous êtes un peu comme lui, à la fois humoriste et engagé ?

 

Oui, mais la différence est que Coluche était fou. Fou dans le bon sens du terme.


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Pour finir ce tour de Ligurie on compte jusqu’à huit vins AOC produits le long de l’arc ligure. De l’Ouest à l’Est de la Ligurie on rencontre : le Dolceacqua Rossese, un vin rouge au goût parfumé et corsé et au parfum intense. L’Ormeasco di Pornassio, un rouge au goût persistant, au parfum de cerise mûre, de mûre et de violette. Excellent aussi comme vin liquoreux. Le Riviera Ligure di Ponente, dénomination qui regroupe les Pigato, Vermentino, Rossese produits par les cépages de cette zone géographique. Le Valpolcevera et le très particulier Valpolcevera Coronata, un vin blanc à l’arrière-goût sulfureux apprécié par Stendhal qui le mentionna dans son œuvre « Voyage en Italie ». Le golfe du Tigullio, qui réunit vins blancs liquoreux et muscats ; les vins rouges et blancs des Collines de Levanto et Colli di Luni, enfin le Cinque Terre et Cinque Terre Sciacchetrà un vin passito, sucré et liquoreux particulièrement rare et raffiné.

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9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 16:00

Chère Ophélie,


Tu as écrit sur le site de Bon Vivant  à propos de l’antenne TNT : « En fait si : les petits vieux qui n'ont plus la télé depuis le passage au numérique attendent peut-être cette antenne TNT. Mais visiblement, personne n'y pense. »


Merci pour les petits vieux auxquels tu es bien la seule à penser. Quelle horreur les priver de télé, mais est-ce vraiment là le sujet puisque le secteur est parfaitement couvert par TDF et que ces braves petits vieux n’ont rien demandé ni à toi, ni à l’opérateur qui ne cherche qu’à mettre un peu plus de beurre dans ses épinards.


À propos de petits vieux, chère Ophélie, j’estime à juste raison que je suis plus membre que toi de cette corporation au bénéfice de l’âge Que ton bon cœur te fasse voler à notre secours j’en suis bien aise mais j’y vois tout de même une forme de commisération qui me navre un peu. Laisse-nous à nos petits soucis de futurs locataires de maison de retraite, tant que nous avons toute notre tête nous estimons être capables de nous défendre tous seuls. Tu sais nous votons aussi dans nos pays et, nous y sommes souvent majoritaires, ça s’appelle la démocratie représentative. Et puis, il est bon que les associations aient leur mot à dire sur ce genre de sujet.


Mais est-ce vraiment un sujet Ophélie puisque tu confies  à Nicolas en privé : (mais comme c’est sur le site je te cite)


- c'est une pollution visuelle mais ni chimique ni sanitaire, aucune destruction de vigne ne semble être menacée. Alors cette indignation outrée me semble légèrement surdimensionnée.


- C'est moche pour ceux qui la voient, certes. Mais qui la voit en dehors de Chapoutier et Jaboulet ? Ce n'est pas une accusation mais une vraie question, depuis quelle distance la verrait-on? Combien de touristes verraient leurs photos gâchées?


- Quelles sont les autres alternatives pour pouvoir équiper les foyers français concernés ?


Je veux bien hurler au scandale mais enfin cette antenne semble avoir une utilité que tous ici préfèrent ignorer : mieux vaut de belles vignes qu'avoir une télé. C'est un argument recevable pour nous autres, amateurs de bons vins. Pour ceux qui n'en boivent pas, c'est moins sûr.


Si je t’ai bien compris tant qu’on n’empoisonne pas la population tout est possible : la laideur n’empêche pas de vivre, de respirer, de faire l’amour. Oui, c’est un vrai grand bonheur que les lignes électriques qu’on aurait pu enfouir, les centres commerciaux à l’entrée des villes et des villages, les châteaux d’eau immondes, allons Ophélie vient faire un stage auprès des grands ingénieurs de nos grandes administrations et tu perdras sans aucun doute une belle part de tes illusions. Nous ne vivons pas que de pain, du moins je l’espère !


Quant à la dimension de nos réactions elle est à l’échelle de nos petits moyens et, même avec l’alliance du grand capital : Chapoutier et Jaboulet, nous ne sommes que des chiures de mouche sur la Toile face à des gens qui ont de l’entregent.


Tu n’as pas examiné le fond du dossier Ophélie : il ne s’agit pas d’un équipement structurant mais de la bonne concurrence simple et parfaite. Si l’un des 2 opérateurs dans un moment se casse la gueule ou si l’un mange l’autre je te fiche mon billet qu’il n’y aura alors besoin que d’une seule antenne. Alors, je veux bien admettre que notre combat est dérisoire, mais le tient Ophélie où se situe-t-il ?


Jamais il ne faut disqualifier les  gens d'en face avec l’argument selon lequel nous ferions fi de l’utilité de cette antenne. Sache Ophélie que je n’ai jamais signé de pétition contre un équipement sous prétexte que ça dérangeait mes petites pantoufles alors de grâce merci de ne pas t’arroger le monopole de la défense de l’intérêt général alors que dans le cas présent il s’agit d’un intérêt tout ce qu’il y a de particulier.


Voici Ophélie, le futur petit vieux que je suis, qui grignotera dans peu de temps sur son fauteuil des petits gâteaux secs en regardant la TNT te remercie de t’être soucié de son confort. Cependant, permet moi, en toute amitié, de te conseiller de ne pas enfourcher un mauvais cheval, laisse-nous ce soin pendant que cela nous est encore possible…


Avec toute mon amitié de vieux cheval de retour.

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Le Taulier qui aime les beaux paysages de la Corse indemnes des bubons des promoteurs immobiliers.

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9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 00:09

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Quand je lis ce que j’ai lu via N de Rouyn, comme lui, je me sens une âme corse. C’est simple comme un furoncle qu’on fait suppurer pour l’éradiquer de la sente du beau cou d’une femme aimée. Face à des crétins qui ne respectent rien, constructeurs comme donneurs d’autorisation dans le même sac, les vieilles méthodes de ma mémé restent d’une redoutable efficacité. Comme c’est pour une antenne de la TNT le remède est approprié à la maladie, tenez-le vous pour dit les héritiers de bétonneurs. Tout ça pour que des crétins se gavent de télé Haute-Définition comme le faisait finement remarquer Patrick le Lay  « Le métier de TF1 est  d’aider Coca-Cola à vendre son produit » « Pour qu’un message publicitaire soit perçu il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est à dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. »


Bien sûr, ces grands courageux font leur coup en douce avec la complicité  des autorités locales et annoncent leur forfait par une petite pancarte  où était inscrit qu’ils allaient construire une antenne TNT de 18 mètres de haut. Je passe sur les détails administratifs où, c’est le moins que l’on puisse dire, la maire de Crozes et les fonctionnaires de la DDT ne se sont pas couverts de gloire. Je signale au passage que ce nouveau sigle barbare : Direction Départementale des Territoires est né de la mise dans le même panier des fonctionnaires de l’équipement et de l’agriculture. Alors, camarades du Génie Rural auriez-vous baissé votre pantalon face à vos petits camarades qui aiment tant tout goudronner et bétonner ?


Vive la concurrence mes frères car cette horrible érection n’a pas pour but d’améliorer le réseau de télé mais tout bêtement de concurrencer celle déjà existante de TDF. « Comme l’assure Itastim, l’un des trois grands opérateurs dans la construction d’antenne TNT, il ne souffrirait d’aucune contestation. Les travaux doivent même démarrer à l’automne, l‘implantation ne durant qu’une semaine. Alors ce pylône (dans le jargon une station de télédiffusion), à quoi va-t-il servir ? : « Ce projet est destiné à constituer une infrastructure de diffusion concurrente à celle de TDF (qui a déjà son émetteur sur l’Hermitage, N.D.L.R.). La concurrence est ouverte depuis 2002 dans la télédiffusion. Ce pylône permettra notamment de recevoir les six nouvelles chaînes Haute définition qui arrivent avant la fin décembre. » Pour l’esthétique du coteau de l’Hermitage, ou de la Chapelle, il assène : « Les gens veulent de la technologie, mais pas que le TGV passe à côté d’eux… ». Il poursuit : « Nous ne sommes pas pour une forêt de pylônes, mais l’État veut au moins deux pylônes pour que la concurrence joue à plein. » Et les opérateurs ne se font pas de cadeaux. Chapelle ou pas à proximité. »

 

Vous en faites pas les gars d’Itastim nous aussi on ne vous fera pas de cadeaux. Vous vous prenez pour qui dans vos bureaux climatisés ? Vous vous croyiez autorisés à aller déféquer en toute impunité sur ce qu’il y a encore de beau dans notre vieux pays. La technologie à d’autres, tout le monde sait que c’est la facilité et le moindre coût qui priment. Il y a toujours des solutions alternatives à tout projet. Un recours devant le tribunal administratif va être déposé par les vignerons me dit-on. Ce n’est là que la première bataille d’un long combat, croyez-le on ne vous lâchera pas et nous ferons tout pour vous faire avaler votre morgue. Au fait : que font les bonzes de l’INAO ? Ils digèrent après le banquet du Comité National les braves pépères. Michel Chapoutier va falloir les réveiller ! Pour ma part comptez sur moi pour aller tirer les sonnettes du 78 rue de Varenne et plus si besoin est. Simplement, je connais les emballements sans suite de Face de Bouc et autres blogueurs, va falloir nous mobiliser sec face à ces petits cons et ne pas relâcher notre emprise.

 

Moi je n’ai pas le temps de jouer les rassembleurs mais je suggère que N. de Rouyn, qui nous a transmis l’info, joue le rôle de coordinateur de la résistance sur la Toile. Pour l’heure nous éviterons aussi bien le canal habituel que le canal historique mais nous sommes prêts à la aller fouler de nos richelieu bien cirées les pentes de la montagne sacrée de l’Hermitage…

 

Comme de bien entendu je ne prends pas la peine de faire mes civilités à ceux qui n’en ont rien à péter de défigurer la France.

 

Lire la chronique de N.de R ICI link

 

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8 juillet 2012 7 08 /07 /juillet /2012 07:00

Depuis quelques jours j’ai un nouveau QG : le café de la place du Palais Bourbon tout au bout de la rue de Bourgogne. Je m’y rends à tout bout de champ, dès qu’une lichette de soleil se pointe, comme la terrasse est bien exposée j’y lézarde en sirotant du café. La faune des députés et du petit monde qui tourne autour c’est un peu renouvelée, rajeunie, mais reste toujours les vieux crabes et surtout les blondasses, pouffiasses qui adorent le pantalon de cuir et la quincaillerie d’or jaune. La grande nouveauté aussi c’est le suréquipement en Smartphones et autres tablettes : les faux ongles carminés, autres prothèses des pétasses, tapotent avec une frénésie inégalée : elles tweetent dans l’espoir d’accrocher la lumière de la notoriété. Du côté des barbons, plus conservateurs, la permanente avec régécolor pelure d’oignon  reste très bien portée. Je me régale, sauf que mercredi dernier après-midi, Philippe Martin, le connétable du Gers m’a adressé un grand bonjour, m’aurait-il vraiment reconnu ou n’était-ce qu’un salut préventif lancé en direction d’une tête nouvelle qui pourrait être pour ce cher ambitieux, ex-chef de cabinet de Charasse, ex-préfet du Gers, qui enrage un peu de voir autour du PNR toute cette palanquée de jeunes et de jeunettes devenue Ministre. J’ai arboré un grand sourire qui a fait à Jasmine, pour une fois en ma compagnie : « c’est qui ce vieux minet ? »


Toute cette agitation, outre qu’elle me replonge dans la politique comme un vieux poisson rouge retrouvant son aquarium, me redonne envie d’écrire. Je prends des notes, à nouveau. Reste que la plus belle apparition de la semaine fut l’irruption de la Roselyne Bachelot dans ma nouvelle tanière.  Svelte, la démarche chaloupée, moulée dans un pantalon bleu marine, maquillage ultrasophistiqué, bouche pulpeuse de poisson nommé Wanda apte à une succion efficace et prolongée, sûre de son effet, l’ex Paganini de la vaccination H5N1, sans était allé se réfugier dans la fraîcheur de la salle pour siroter un lait fraise. Quand je suis descendu pisser j’ai balancé lui demander de m’accompagner vu le regard qu’elle m’a jeté au passage. Ça sentait le besoin de rattrapage. 20 kg de moins ça doit laisser quelques traces me suis-je dit et je n’ai pas sorti le moindre sourire en réponse à la goulue. Quand j’ai osé dire ça  à la Jasmine j’ai eu droit à un « fais-ça et je lui arrache ses prothèses mammaires…. » Je me suis donc contenté de lire Voici chez ma coiffeuse. Lors d’un check-up à l’Hôpital Européen George Pompidou, un éminent professeur l’a mise en garde : « Vous êtes à la croisée des chemins », lui a-t-il confié. « Les politiques ont des modes de vie toxiques. On enchaîne parfois deux à trois petits déjeuners de travail », explique-t-elle à l’hebdomadaire. Et pas facile dans de telles conditions de se contenter d’un thé vert sans sucre et de dire non aux viennoiseries qui vous font de l’œil sur la table. Pareil au cours des réceptions ou des dîners en ville. « On ne nous sert pas deux dés de jambon et de l’eau claire », assure la ministre. Alors Roselyne a décidé de se reprendre en main : « J’ai changé complètement mon mode de vie. Je ne suis aucun des régimes qui font actuellement la une des magazines. J’ai simplement réduit les portions et j’évite le sucre et le gras. Et surtout, je mange de tout, sinon il n’y a pas de vie sociale possible et vous vivez dans la frustration. Je bois beaucoup d’eau et de thé vert et je fais deux à trois fois par semaine des exercices de gym et de stretching avec une coach formidable »


C’est ça la Roselyne, comme le PNR t’as maigri sans le moindre effort, t’as fondu comme neige au soleil. T’as du en baver cocotte et c’est sans doute pour ça que ton pote Guaino, l’homme-plume du nain à talonnettes, qui se prend pour un génie des carpettes, à propos de ton livre assassin, lorsqu’on lui a demandé ce qu’il ferait s’il se réincarnait en Roselyne Bachelot, a lâché un scud de la dernière vulgarité machiste : »je me suicide ! » Que d’amour entre vous, et dire que vous raillez les socialistes avec leur roi du pédalo : Flamby. C’était plus goûteux ! Mais le meilleur restait à venir : l’annonce de la répudiation de DSK par Anne Sinclair. Viré le gros qui louche ! Le Nouvel-Obs., qui adore le cul n’y va pas à la louche, brûlants ses idoles d’hier : »En revanche, pour DSK et Anne Sinclair, c’est moins évident : il y a un je-ne-sais-quoi de salissant dans cette histoire. Et autant il est facile de conserver une illusion de dignité quand on joue les voyeurs en se régalant des détails sordides d’un divorce de stars, autant l’étalage un peu crado des dessous d’une affaire impliquant les mots "agression sexuelle" et "proxénétisme" peut donner l’impression de se salir les mains si on suit ça de trop près.


Sinclair et DSK, dans la catégorie "saga people de l'été", font donc figure d'outsiders à la traîne.


Pourtant, on aurait tort de sous-estimer le potentiel explosif du duo. Certes, ce ne sont pas des perdreaux de l’année et on ne peut pas dire que tomber (par hasard bien sûr, toujours par hasard) sur une photo de DSK dans un magazine people, ça vende vraiment du rêve. Difficile, en outre, de broder sur le thème du « séducteur », devenu invendable sauf pour quelques irréductibles, et impossible d’embrayer sur une hypothétique romance avec une poule quelconque. Il faut voir les choses en face : sur le marché du sexe consentant et non tarifé, DSK est grillé.


Anne Sinclair, en revanche, se défend plutôt bien, surtout depuis qu’elle s’est débarrassée de son encombrante étiquette sacrificielle. Prendre la direction du Huffington Post l’a joliment remise en selle et lui a permis de rappeler, pile au bon moment, qu’avant d’être le symbole de l’épouse dévouée, elle était aussi journaliste. Ok, vu comme ça, ce n’est pas super vendeur, mais c’est une base solide.


Mais au-delà même des protagonistes, c’est le contexte qui confère au couple DSK-Sinclair une véritable étoffe de héros people. Oui, malgré le fauteuil roulant de papy Strauss-Kahn, et malgré la discrétion d’Anne Sinclair depuis leur séparation, l’autopsie de ce mariage a largement de quoi rivaliser avec les pleurnicheries des Paradepp ou les règlements de compte des TomKat.


Et Christophe Carron, rédac chef adjoint du magazine Voici, nous le confirme : « Un homme malade de ses perversions sexuelles et une femme amoureuse, longtemps victime du syndrome de Stockholm » fournissent les ingrédients idéaux pour un bon feuilleton people, explique-t-il. Il précise d’ailleurs que chez « Voici », DSK-Sinclair, ça « marche toujours très fort ».


Jasmine me lit à haute voix la chute « Oui, dans cet univers de botox et de mariages à la dérive, la meilleure soupe du people se fait encore dans les vieux pots. Il n’y a donc plus qu’à prier pour que le couple DSK-Sinclair soit soluble dans la presse à scandales. On y croit : ils ont été beaux, elle est toujours riche, il est publiquement détruit, elle est populaire et, avec un peu de bol, elle le déteste. Si l'été tient ses promesses, c'est sur les décombres de ce mariage-là que danseront les tabloïds. Croisons les doigts, vautours que nous sommes. » et sur la terrasse du café du Palais Bourbon les pouffes en mules retenaient leur souffle.

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8 juillet 2012 7 08 /07 /juillet /2012 00:09

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Tout d’abord je tiens à signaler que dans le coût prohibitif  de mon voyage j’ai oublié un pass tram pour la journée.


Je suis prêt à vous rembourser m’sieur Poncet, au prorata de vos cotisations, la ponction indue de mon transport à Bordeaux fête le vin.


Toutefois, sauf à ce que vous me démontriez le contraire, à  propos de ces fameuses CVO, à chaque fois que j’achète une bouteille de Bordeaux – car moi j’paye ce que je goûte – dans le prix y doit bien y en avoir une lichette, personne ne m’en fait cadeau.


J’ai accepté de me rendre à Bordeaux, en prenant un jour de congés – car ce n’est pas mon boulot – à la condition de faire ce que bon me semblait dans Bordeaux fête le vin et de ne pas être trimballé dans les châteaux.


À ce propos où c’est que c’est que vous avez vu ou lu que je passais mon temps à cirer les pompes des châtelains, à me vautrer dans le lit des châtelaines, à m’empiffrer à leur table et à ne me siffler que des GCC. Là, je crois que vous prenez vos désirs pour des réalités. Depuis des lustres je n’ai jamais mis les pieds sur les terres des GCC. La dernière fois que j’ai séjourné dans le vignoble, à Saint-Émilion, une soirée, j’ai dîné à l’Envers du décor avec des vignerons pratiquant la biodynamie – nul n’est parfait – dont le président du CAVB (ceux qui refusent de payer la CVO). En ce moment je n’ai pas le temps de me balader dans le vignoble, ni à Bordeaux, ni ailleurs d’ailleurs.


D’ailleurs, m’sieur Poncet si vous souhaitez qu’on parle de vous sur mon espace de liberté : faites-le vous-même, l’adage dit qu’on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même. link


Sauf votre respect, m’sieur Poncet, auquel je joins un autre ronchon, le sieur Guy Salmona, je vous trouve un peu hautain vis-à-vis de vos confrères qui fournissent le liquide des litrons dont j’ai fait l’emplette chez Franprix à Paris. Je ne pense pas que ce soit des gros viticulteurs plein aux as, non ? Y font du vin de Bordeaux que je sache et ils le vendent sous cette appellation.


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Bien évidemment, pendant tout l’après-midi passé sur le site de Bordeaux fête le vin, je me suis mis dans la peau du gars qui déguste : donc j’ai dégusté. Même que j’ai passé un long moment à bavasser sur le stand des vignerons d’Aquitaine : Duras, Madiran, Coteaux du Bhrulhois, Irouleguy… avec des vignerons et des vigneronnes. Bref, j’ai fait le taf et je vous signale, messieurs les jamais contents, que je n’ai pas stationné aux deux plus grands stands de Bordeaux fête le vin dont les vins ont fait l’objet de ma dégustation parisienne. J’ai photographié Alain Juppé. J’ai salué le Préfet. J’ai bavassé avec le Directeur de la Chambre de Commerce avec qui j’ai travaillé au temps où il usait ses fonds de culotte rue de Varenne. Je suis allé à la dégustation de l’École de dégustation pour une démonstration accord mets-vins (c’était dans mon contrat avec le CIVB). J’ai dîné à la Table de Pessac-Léognan : les vins étaient choisis par le CIVB. Ma fin de soirée je l’ai passée dans un bar à vins du Centre-Ville, où j’ai payé les quilles bues, pour faire la fête car sur les quais je m’emmerdais ferme.Bx-Fete-064.JPG

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Une fois de retour j’ai écrit 3 gros paragraphes sur Bordeaux fête le vin. Peut-être que vous avez omis de les lire et je pense que vous ne pouvez pas dire qu’ils soient de commande. Ensuite, avec mon esprit mal tourné je me suis dit que puisqu’à Bordeaux fête le Vin les mieux représentés sur le site étaient le groupe Castel avec ses 3 marques de Bordeaux : Blaissac, Marquis de Lestac et Malesan et Philippe de Rothschild avec Mouton Cadet je me devais de les déguster. Normal, non ! C’est pro et j’ai payé de mes deniers. Je ne vois pas en quoi je suis répréhensible, sauf à penser que ces Bordeaux ne devraient pas être sur le marché. Donc m’sieur Poncet franchement je dois vous avouer, sauf votre respect, vous faites un peu « chier » avec votre couplet « Dans les autres régions de production vous le faites bien, chez nous il semblerait qu'il n'y ait que les Grands qui vous intéressent, je sais que je rabâche mais peut-être un jour finirez-vous pas venir déguster chez nous, petits viticulteurs…Nous savons aussi recevoir vous savez, d'ailleurs nous le faisons toute l’année. »


Faut que vous sachiez, m’sieur Poncet, que je n’ai aucun plan, je vais, je viens, sans rime ni raison et si j’ai accepté ce voyage du CIVB c’est qu’en un temps que les jeunes ne peuvent pas connaître j’ai été un bon bouc-émissaire pour une poignée de ses dirigeants. Donc, la petite poignée d’euros ponctionnés sur vos cotisations prenait pour moi valeur de « pretium doloris » mais rassurez-vous je ne reviendrai pas au bassinet (d’ailleurs, pas sûr qu’on va à nouveau m’inviter).


Quant à savoir si nos chemins un jour se croiseront, je ne sais. Sachez que si j’écris ici ce n’est que pur plaisir. Alors, patience et longueur de temps mais, m’sieur Poncet, je suis tout, sauf un dégustateur, ce que j’aime c’est bavasser autour d’un verre en cassant une petite graine pour pouvoir raconter ensuite des histoires.


Je rentre de Bourgogne, nous avons fini la journée d’hier par une paulée m’sieur Poncet. C’était fort sympathique et y’avait des petits vignerons du Val de Loire de mes amis. Le partage c’est l’esprit de la paulée. Franchement j’aime mieux ça que les dîners chez la comtesse où, sans vouloir offenser les GCC je me fais royalement chier, alors de grâce, m’sieur Poncet épargnez-moi vos récriminations moi je suis toujours prêt à aimer si on est aimable.

Bien à vous


Un Taulier enrhumé et qui en a marre de prendre des saucées du ciel

 

PS. Merci à Egmont Labadie pour ses commentaires de dégustateur.


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