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21 juillet 2012 6 21 /07 /juillet /2012 14:00

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Le poids des mots du titre d’une chronique sur la Toile, pour un vieux taulier blanchi sous le harnois qui se décarcasse chaque jour que Dieu fait – grand bien lui fasse, personne ne lui demande rien à ce type – est extraordinaire.


Si vous surfez sur l’actualité, si vous choisissez des titres à la Libé sur des sujets qui hérissent la blogosphère dans tous les sens des poils, c’est bingo ! Vous ramassez une cotriade de lecteurs, c’est la ruée, les compteurs s’affolent, les statistiques s’envolent. C’est la loi du surf à partir de mots-clés. Mais, il y a un gros mais, l’effet dure le temps que dure une surchauffe. C’est un feu de paille. Vite, trouver un nouveau  sujet brulant dans l’actualité et jeter les bons mots sur la Toile. C’est facile, c’est vite fait et, comme un shoot, ça vous envoie en l’air à tout coup.


En revanche, le sujet plus travaillé, qui sans forcément être de fond aborde des questions qui ne trainent pas dans toutes rubriques ou qui ne sont pas issues d’un communiqué de presse ou d’une visite guidée par une boîte de communication, va à sa publication être à la peine. Seuls, les curieux, ceux qui cherchent dans la lecture une source d’informations, prennent la peine d’ouvrir votre chronique. Je le dis tout net : ce ne sont pas mes meilleures chroniques qui font le buzz – si tant est qu’il y en eu de bonnes – mais je ne regrette jamais de les avoir mises en ligne. Pourquoi ?


Tout simplement parce que ce sont celles qui ont la plus longue durée de vie. Elles apportent, lorsqu’elles se sont installées, ou que le sujet par hasard s’immisce dans l’actualité, un flux régulier de lecteurs. Ainsi, des chroniques très anciennes vivent ou revivent. L’effet viral du Net joue à plein et je suis toujours surpris lorsqu’un commentaire émerge du diable vauvert. Exemple : une chronique du 9/04/2009 Signé Augustin Florent « négociant de nulle part »: avec Carrefour je ringardise…


En recherchant "la cave d'Augustin Florent" je suis tombé sur votre article qui m'a bien plu, même s'il date. Je n'ai pas l'habitude de faire mes courses dans la grande distribution, je suis adepte des marchés de producteurs. J'ignorais que "la cave d'Augustin Florent" était une marque crée par Carrefour.


Si je faisais cette recherche, c'est qu'à l'occasion de mes récentes vacances, je me suis dépanné d'une bouteille de vin d'Appellation Ventoux contrôlée 2011 dans une petite épicerie avec l'étiquette "la cave d'Augustin Florent", bouteille numérotée. Le vin était bouchonné et je voulais faire part de mon désagrément. Eh bien je comprends mieux à présent si c'est préparé pour Carrefour.


Je me suis promis de ne plus acheter d'Augustin Florent, mais encore plus à présent que je sais qui se cache derrière.


Mais alors vous allez m’objecter qu’en me laissant aller à pondre des chroniques sur des sujets chauds ou de pure actualité je cède donc à la facilité, à l’ivresse de l’audience et que je suis atteint du syndrome ebuzzing cher à l’un de mes collègues de la Toile.


Ma stratégie est tout autre. Depuis toujours je me suis fixé comme objectif : l’extension du domaine du vin et, ce n’est pas en s’adressant, comme le font la quasi-totalité des blogueurs de vin, à ceux qui en consomment déjà, que l’on fait œuvre utile. J’ai donc bien sûr choisi de centrer mes chroniques sur tout ce qui touche au Vin mais je ne m’en tiens pas à cette seule porte d’entrée. J’ouvre autant que je peux les portes et les fenêtres pour que ceux qui ne sont pas des nôtres soient tentés de venir y partager le pain et le sel, avec un verre de vin bien sûr. Ainsi des nouveaux lecteurs passent, certains ne reviendront sans doute jamais, mais une partie s’attarde, revient et s’abonne.


Simplement, pour terminer cette chronique de fin de semaine, permettez-moi de regretter que beaucoup de gens soient aussi chauvin, si peu curieux de tout ce qui  se passe autour d’eux, et là je ne fais pas référence à la jupe de Duflot, mais par exemple à ma chronique d’hier sur le hôchô japonais. Je suis frappé par le fait que les Français ne s’intéressent que de très loin aux traditions des pays qui nous achètent du vin. Très forts pour débiter leur boniment sur nos terroirs, leurs notes de  dégustation ou je ne sais quelle info usée jusqu’à la corde, mais totalement imperméable à tout ce qui touche à l’Histoire et à la vie de ceux qui se passionnent pour nos vins. Vendre du vin certes mais faire preuve d’empathie à l’égard de ceux qui l’achète me semble la moindre des politesses. Et Dieu sait que nos amis japonais y sont sensibles à la politesse.


 Je profite de cette chronique pour faire la courte-échelle aux deux régionaux de l’étape : qui apportent de leurs mains larges et généreuses un soutien massif à la révolte des soutifs de Banyuls : DANIEL A RAISON ET RÈDE A TORT :link 

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21 juillet 2012 6 21 /07 /juillet /2012 00:09

Le syndicat de Tavel annonce la couleur : 1ier rosé de France, le Roi des Rosé… « Dans l’univers du vin, il y a le blanc, le rouge, le rosé… et le Tavel » D’accord, je prends bonne note, on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même mais dans ce cas il ne reste plus qu’à tenir son rang et nos belles ombrelles que sont nos AOC sont parfois bien larges, pour être lapidaire sous le couvert de la typicité, d’un vague air de famille, on fait plus dans le prix Cognacq-Jay que dans le cousu main. Tavel, avec l’irruption des folles du rosé, plus pâles les unes que les autres, branchées, speedées, qui apparaissait comme une dame chic un peu effarouchée par ces gueuses, se crispait, s’installait dans une forme de retrait hautain. Sans vouloir être mauvaise langue force était de constater que face aux petits culs bien frais, faciles, frétillants, aguichants, où même certains n’hésitaient pas à y jeter des glaçons, nos Tavel paraissaient un peu lourds, franchement plon-plon, à cent lieues de la tendance.

 

Ainsi va la vie d’une appellation, des hauts, des bas ou des coups de mou, face à l’impérialisme dominateur des Côtes de Provence rosé et de tous les petits derniers qui se mettent à faire du rosé, à le faire savoir, pensez-donc même les seigneurs de Bordeaux condescendent à s’y mettre, le Tavel affirme sa singularité. C’est un bon parti et je ne suis pas en mesure de jauger si ce parti-pris très compréhensible est ainsi perçu par le consommateur. En effet, pour se différencier encore faut-il afficher des différences qui dépassent le simple affichage des communicants.

 

Pour palier mes insuffisances je suis allé chercher dans la poussière deux guides que l’on m’a offert je ne sais plus dans quelle condition : Hachette 2009 et Gault et Millau 2011. D’abord pour le pékin de base la bonne question basique est : c’est où Tavel ? Avec Google Maps c’est simple à trouver : dans le Gard ! Fort bien mais le Gard est, comme chacun sait, ou ne sait pas, écartelé entre le Languedoc et la vallée du Rhône. Donc, comme moi je sais que le président d’Inter Rhône est de Tavel j’en déduis que Tavel est classé Rhône comme les Côtes du Rhône Gardoises. Facile, comme vous pouvez le constater.


Dans le Hachette je galère pour enfin trouver coincé entre le Lirac et les Costières de Nîmes, le Tavel. Je lis 933 ha et 38 933 hl. J’y apprends que Tavel est considéré par beaucoup comme le meilleur rosé de France et que c’est la seule appellation rhodanienne à ne produire que du rosé. 16 domaines, 1 coup de cœur pour le domaine Lafond Roc-Epine, je n’y connais que le domaine de la Mordorée mais je n’ai jamais dégusté leur Tavel et bien sûr le Prieuré de Montezargues dont je cause dans mon titre. Aucune trace de la cave coop de Tavel, on peut être président sans pour autant faire des vins qui séduisent les faiseurs de guide. Je file alors dans le Gault et Millau plus récent. Même souk pour trouver Tavel qui là est coincé par l’alphabétique entre Saint-Péray et Vacqueyras. 7 domaines sélectionnés avec 2 quatre étoiles : la Mordorée et Pélaquié avec des 14,5/20, mais aussi le château d’Aquéria qui n’a que trois étoiles mais 16/20 pour un rosé qualifié de sec : les voies des guides me seront toujours impénétrables. Toujours pas de cave coopé mais bon je ne vais rechanter le même couplet. Du côté des prix pas beaucoup d’évolution entre le Hachette 2009 et le Gault et Millau 2011 ça se situe dans la fourchette des 8 à 12 € donc abordable par le pékin moyen supérieur.


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Je fais donc ma contrition sans acte ni pénitence mais ça faisait un sacré bail que je n’avais pas mis le nez au-dessus d’un verre de Tavel. L’autre jour, passant mes vieux abatis du côté de l’Annexe Richard à l’invitation de Corinne Richard, sous la houlette de la très experte Myriam Huet, ayant une petite soif : il faisait à peu près beau ce jour-là, mon regard est tombé sur une bouteille de rosé au frais et j’y lis sur l’étiquette : Prieuré de Montézargues ! Je me dis  dans ma petite Ford intérieure assoiffée, « voilà un bien beau nom… » C’est mon côté élevé par les frères dans la Vendée profonde sans doute. Alors je me sers ! Belle couleur vineuse, tout le contraire des pâlichons à la mode, un nez de fruits murs assez intense : rare chez les rosés me dis-je ! En bouche de la fraîcheur, de la vivacité, ce même fruit et alors que fais-je ?  Et bien je me désaltère. C’est vraiment une belle gourmandise. Un vin, un vrai vin de caractère. Là, j’approche mon museau au plus près de l’étiquette et je découvre que c’est un Tavel. Bien sûr mon approche va me valoir le courroux de mes confères experts mais je plaide non coupable : c’est ma soif qui m’a fait aller vers ce vin et n’est-ce pas là le seul geste qui compte pour ceux qui le font ? Pour étancher sa soif, que fait-on ? On s’assied à la terrasse d’un café par exemple, on consulte la carte et on hèle le tavernier « un Tavel Prieuré de Montézargues 2011 ». Voilà, c’est ce que j’ai fait et, en plus, j’ai réalisé une dégustation à l’aveugle comme on dit dans le jargon. C’en était une ! Nullement désinvolte mais, disons-le tout net, nature.


Avant de prendre congé j’ai fait part à Corinne Richard de l’excellence de ce Tavel dont, circonstances aggravantes pour le prétendu connaisseur que certains prétendent que je suis, j’ignorais qu’il était depuis 2003 la propriété de la famille Richard (un détail que le guide Hachette 2009 ne mentionnait pas d’ailleurs). Bref, le millésime 2011 est issu d’un assemblage 55% Grenaches (rouge et blanc), 30% Cinsault, 13% Clairette et 2% de cépages divers (Syrah, Mourvèdre, Carignan, Bourboulenc). C’est 12€ le flacon et vous ne les regretterai pas.

viewermontezargues.pngEnfin, pour les férus d’histoire le prieuré de Montézargues, une belle bâtisse, est issu de l’abbaye de Grammont, à laquelle Guillaume II et Rostang II de Sabran donnèrent, en 1199, le moulin, l’eau qui lui est nécessaire et les bois indépendants. Les moines qui s’installent alors au Prieuré de Montézargues obtinrent un droit de pêche sur l’Etang de Pujaut (asséché depuis). Le Pape Innocent III, écrivit à l’Abbé de Gramont pour lui enjoindre de recevoir en grâce cette nouvelle communauté. Ce à quoi il consentit. En 1295, ne demeuraient que trois religieux.

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20 juillet 2012 5 20 /07 /juillet /2012 00:09

Les bancs de l’hémicycle du Palais Bourbon je connais. Entre juin 1981 et juin 1983 j’ai passé des heures à veiller au grain pour le compte du Président. Bien sûr, ces messieurs majoritaires, dès que les caméras tournent ils viennent en foule, s’agitent, interpellent, tentent le bon mot au bon endroit, font les paons, le tout à l’attention de la ménagère de plus de 60 ans et de papy Mougeot qui ne manqueraient pour rien au monde les questions au gouvernement du mercredi après-midi sur France3. L’un des meilleurs de mon temps était Robert-André Vivien député-maire de Saint-Mandé célèbre pour ses traits d'esprit, mots d'humour, et calembours (parfois scabreux) et lapsus à l'Assemblée nationale dont le célèbre « Enfin Monsieur le Ministre, durcissez votre sexe, heu pardon, votre texte » à l'occasion d'un débat parlementaire sur la classification des films X en 1975. En 1988 où il laissa sa place à Patrick Beaudouin qu’il ne faut pas confondre avec notre copain Patrick  Baudouin (un e vous manque et la face du monde en est changée.


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Donc ça ne vole souvent pas très haut mais ces messieurs ont souvent fort bien déjeuné chez Françoise ou ailleurs et il faut bien qu’ils distillent leur carburant alors ils sont chauds bouillant. Les plus placides, comme Raymond Barre, sombre en dépit du bordel, dans des siestes postprandiales, mais la majorité est dans les starting-blocks. On récapitule. Cécile Duflot a monopolisé l'actualité de ces dernières 24 heures non parce qu'elle planche sur l'encadrement des loyers qui vampirisent nos salaires ? Pas du tout, tout bêtement parce qu'elle s’est présentée à l'Assemblée nationale vêtue d’une robe-chemise qui lui arrivait juste en dessous des coudes et des genoux. Bronca des mâles et même de quelques gonzesses ! L’artillerie lourde : Balkany, Myard, les meilleurs quoi !


Quand Balkany fait de l'humour en expliquant que Cécile Duflot avait mis cette robe pour ne pas qu'on l'écoute, et que lui, il n'avait fait que l'admirer, c'est juste du Balkany. Comme lorsqu'il explique qu'il partirait bien en vacances avec Aurélie Fillipetti car « c'est la plus jolie » c’est du lourd.


Franchement, la robe de Cécile Duflot n’avait pas de quoi fouetter le sang d’un chat ni mettre en branle un DSK !  Même pas du vaudeville, rien que des égrillards !


Alors pourquoi mettre mon grain de sel, le bromure suffirait, sur cette histoire ?

 

Pour deux raisons :


-         La première : je suis très chiffon et je me suis enquis d’où venait cette robe L'info du jour vient de Dom B., chroniqueuse sur Le Plus « Décidément, Cécile Duflot n'a pas de bol avec ses tenues vestimentaires, ou bien elle est en jeans et suscite alors les réactions indignées pour son "laisser-aller", ou bien elle tente les fleurs d'une robe d'été (soldée, 66 euros, 97% coton, 3% élasthanne et lavable en machine) et là, ce sont les réactions sexistes qui pleuvent. »


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-         La seconde c’est que je souhaite réhabiliter l’expression « ça volait au ras des pâquerettes » injustement rabaissée au niveau de ces minables gougnafiers. Tout de même planer au ras des pâquerettes ça n’a rien à voir avec patauger dans le caniveau. Pour prouver mes dire je vous propose de visionner la vidéo de la chanson de Souchon « Au ras des pâquerettes »


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20 juillet 2012 5 20 /07 /juillet /2012 00:09

Nos amis japonais sont entrés dans le cercle restreint des vrais amateurs de vin et comptent parmi les plus connaisseurs de notre cuisine, de notre gastronomie. Le moins que nous puissions faire c’est de nous intéresser, nous aussi, à leur tradition culinaire mais en abordant l’art culinaire au Japon, non pas au travers d’un livre de recettes de cuisine japonaise, mais en parcourant l’histoire du boire et du manger dans l’ancien Empire du Soleil Levant, se révèle un exercice qui permet de mieux comprendre comment nos vins y ont pu s’implanter et s’y faire apprécier. Naomichi Ishige avec son excellent livre, une bible, L’art culinaire au Japon chez Lucie éditions 26€ répond parfaitement à cette quête.


Ce matin j’ai donc décidé de chroniquer sur l’instrument qui, pour nous occidentaux, nous fascine le plus dans la cuisine japonaise : le hôchô, le couteau de cuisine japonais qui est l’équivalent du sabre du samouraï.


Le katana, le sabre symbole de la caste des samouraïs, est un point central du film Kill Bill de Quentin Tarantino, film culte en 2 épisodes, et plus particulièrement de sa première partie durant laquelle la fabrication du sabre de la mariée par Hattori Hanzo est mise en valeur. Le katana (刀?) est donc un sabre, arme blanche courbe à un seul tranchant, de plus de 60 cm. Il est porté glissé dans la ceinture, tranchant dirigé vers le haut (vers le bas si le porteur est un cavalier).


« Les lames des sabres japonais sont depuis longtemps renommés pour être les plus tranchantes du monde. Avant  que les frontières du Japon ne se ferment au XVIIe siècle, les sabres étaient la marchandise la plus exportée en Chine et dans l’Asie du Sud-Est. Les sabres japonais sont forgés selon une méthode bien particulière avant d’être battus avec le plus grand soin. L’acier à base de sable de fer est fondu dans une forge spécialement prévue à cet effet. La fabrication industrielle des couteaux de cuisine suit le même processus. À l’époque, sabres et hôchô étaient fabriqués par le même forgeron.

 

Les lames des couteaux de cuisine occidentaux sont entièrement en acier. Les lames en acier sont effectivement tranchantes mais elles sont trop dures pour couper dans la chair fraîche ou pour faire des tranches très fines. Pour la cuisine japonaise, il faut non seulement que la lame du couteau soit tranchante mais qu’elle soit aussi assez souple pour offrir une bonne sensation de coupe. Pour répondre à ces exigence, la lame du hôchô est recouverte d’une légère couche de fer, tout comme l’était le sabre japonais. Ainsi, ces couteaux permettent de faire un travail beaucoup plus précis et plus délicat.


Le hôchô japonais traditionnel est une lame à simple tranchant. La forme triangulaire du hôchô permet d’obtenir des tranches lisses et régulières. C’est cette lame qui permet de couper la chair tendre du sashimi avec autant de précision et des tranches de radis daikon plus fines que du papier. »

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Autrefois les cuisiniers étaient appelés des hôchô-shi : les « maîtres du couteau » et lorsqu’ils quittaient l’établissement ils emportaient leur hôchô avec eux car il était leur propriété. Le hôchô portait la marque de fabrique du forgeron. « Pour un apprenti cuisinier, recevoir le couteau de son instructeur est le plus grand honneur qu’il lui est donné. » L’art de manipuler le hôchô remonte à la période de Heian (794-1192) « À cette époque, les hôtes des banquets exécutaient des démonstrations de leur talents pour le divertissement de leurs invités. Debout devant une planche à découper, un hôchô dans la main droite et de longues baguettes appelées mana-bashi dans la main gauche, l’hôte coupait un poisson et préparait le namasu, l’ancêtre du sashimi. Les baguettes mana-bashi étaient uniquement utilisées pour que le cuisinier puisse couper le poisson ou la volaille en tranches sans toucher la chair avec ses doigts mais elle n’étaient jamais utilisées pour manger. Elles ont perduré jusqu’à l’époque d’Edo dans les grands restaurants mais à partir du XIXe siècle, l’usage de cet ustensile a disparu progressivement. »


« Il n’y a vraisemblablement aucun autre pays qui ait  une telle gamme de couteaux de cuisine. Les cuisiniers japonais utilisent des hôchô de différentes formes et de différentes appellations pour la coupe des sashimi, des anguilles, des pastèques, des légumes, des nouilles etc. Cette grande variété date du XVIIIe siècle, époque à laquelle se sont développés les restaurants et, avec eux, les ustensiles de cuisine et tout particulièrement le couteau.


À la maison 3 couteaux suffisent : le nakiri-bôchô, le deba-bôchô et le sashimi-bôchô (voir planche ci-dessous.)


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« Un hôchô manufacturé suivant les traditions avec du sable de fer est un ustensile très cher aujourd’hui et qui demande un entretien méticuleux. Il faut travailler régulièrement le tranchant de la lame avec une pierre à aiguiser. »


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19 juillet 2012 4 19 /07 /juillet /2012 16:00

La photo est explicite.

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Tout ça pour vous dire après 2 vagues jours de soleil sur Paris où j’ai tenté de me guérir d’une toux tenace en enfourchant de nouveau hier mon vélo. Vous ne pouvez pas savoir tout ce qu’on peut voir depuis son vélo. Dans le désordre : ce trompe-l’œil en sortant du cabinet de mon médecin qui vous vaut ce cliché pris à la volée du haut de mon fier destrier ; ensuite au sommet du Boulevard Saint Michel, à Port Royal, ai croisé Hervé Gaymard en costard gris perle cravate, au bord d’un brave vélo de bourgeois avec panier incorporé, sans doute pour faire les courses de la famille, je ne l’ai pas photographié mais j’ai repensé à la réception du groupe stratégique Cap 2010 dans la salle à manger du 78 rue de Varenne flanqué de Marion la carnassière : un enterrement de première classe par un Ministre plein de bonnes intentions mais guère courageux pour affronter les vents contraires ; autre cliché cette fois-ci raté faute d’avoir eu le temps de dégainer mon instrument : au carrefour Raspail-Montparnasse, un coupé décapoté d’où émergeait le feuillage exubérant d’un cep de vigne en pot (l’étiquette flottait au vent) flanqué d’un tonneau flambant neuf. Le pépère au volant, très bobo non révisé mais amorti, m’avait tout l’air d’un de ces marchands de jaja tendance.


J’en reviens au propos de mon titre. En effet, la Toile où je sévis privilégie le flux, l’instantané, un post chasse l’autre, Face de Bouc, miroir d’isolés en manque, charrie des bribes de sociabilité, tout passe et s’oublie. Sauf que, dans ce méli-mélo où des têtes d’œuf traquent à prix d’or vos goûts, vos façons d’être, pour mieux vous hameçonner afin que vous alliez dépenser vos picaillons chez les annonceurs. Faut bien vivre, non ! Déposer sur la Toile une chronique en un lieu fréquenté régulièrement, assez bien référencé par l’hydre Google, c’est pour un vigneron ou une vigneronne perdu(e), façon de parler, dans ses vignes, pratiquer un marketing viral qui ne coûte rien.


Alors, souvenez-vous de ma proposition « Le taulier qui n’est pas mou du genou fait une proposition indécente aux vignerons : venez faire de la réclame gratis sur Vin&Cie ! » link  Deux vigneronnes sont venues. Leurs chroniques ont connu une belle audience de départ et elles vont rester bien au chaud chez Berthomeau et vivre leur vie sur la Toile. D’autres m’ont fait part de leur désir de venir mais je sens qu’ils ont un peu de peine à se lancer dans l’aventure de l’écriture. Comme le dit le héros de Miller’s Crossing, le film des frères Coen, Bernie Bernbaum alias John Turturro  à Tom Regan l’extraordinaire à Gabriel Byrne afin de l’émouvoir « laisse parler ton cœur… »

 

Ne soyez pas timides, vous êtes les bienvenus, sans façon, laissez parler votre cœur, racontez-nous simplement ce qui vous anime, ce qu’est votre vie. Parlez-nous de ce vin que vous faites. Emballez-moi quelques photos où vous êtes en osmose avec lui. Postez chez le Taulier : berthomeau@gmail.com et le tour est joué.

 

À bientôt donc sur vos lignes en mon espace de liberté…Tout le monde est invité : les garnds comme les petits...


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19 juillet 2012 4 19 /07 /juillet /2012 00:09

Dans le petit commerce le chaland ne s’attrape pas comme chez les Leclerc avec des prix rase-mottes pour des produits que tu trouves chez n’importe qui et qui sont fabriqués n’importe où sous des marques dites de distributeur.

 

Aux docks  d’Abyssinie et du Calvados Réunis nous ne mangeons pas de ce pain-là, nous ne tondons pas la laine sur le dos de nos fournisseurs, nous sommes au service d’une clientèle exigeante à la recherche du produit introuvable ou presque.

 

1-      Les produits Le Paulmier : www.le-paulmier.com


Benoît  Simottel, le jeune fondateur de cette maison, formé par des gens du vin, a choisi la pomme et en hommage au maître (voir  4) perpétue la promotion des variétés léguées par ses aïeux en faisant vivre la diversité végétale en greffant des « Bon Père », des « Rambeau », des « Solage du Gouet », des « Rouge Mulot » et des « Groin d’âne »


Le Cidre du Bocage aux baies d’églantier et Le Poiré du Bocage aux baies d’aubépine ont été dégusté par le Taulier chez Corinne Richard à l’Annexe link où ils sont en vente.


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La Pommée Aigre Douce obtenue par une chauffe lente du moût de pomme frais sorti du pressoir est un condiment de haute expression et a été trouvé à la Grande Epicerie du BM

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2-      Les produits ICI : www.lepicerie-locavore.fr


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C’est une jeune fabrique de produits d’épicerie biologiques et locavores, implantée à Bagnolet (93). La gamme de produits  comprend plusieurs variétés de pâtes classiques ou originales,  des légumineuses, et des mélanges de farines à pain. La proximité avec nos fournisseurs  de la région Île-de-France assure la qualité et la traçabilité de nos produits.

 

Les fournisseurs :


Né en ville, à Versailles, Mathieu CHEVALIER ne rêve que de nature. À quatre ans, il découvre la ferme de sa grand-mère paternelle en Côte d’Or et en tombe amoureux. Il se souvient encore partir avec son père sur un vieux tracteur pour faucher les prés et chercher du cassis.

Par la suite, il accompagnera son père chez un ami d’enfance de ce dernier, lui aussi agriculteur.  Dorénavant, les vacances scolaires riment avec nature et il n’a qu’une hâte, c’est d’y retourner.  Son impatience grandit à mesure que les grandes vacances approchent. Sitôt la dernière sonnerie  du dernier cours retentit-elle, qu’il prend la clé des champs. Pas question de passer une nuit de plus en ville ! Plus tard, Mathieu fait des études agricoles à Valence, et tâche de ne pas négliger la composante écologique du métier d’agriculteur. Il travaille quelques années à l’INRA et, en 2011, il achète une exploitation à Villenauxe-la-Petite (Seine-et-Marne) avec l’aide de l’association Terre de Liens et du réseau Amap – Île-de-France. Ses 63 hectares de terre ne sont travaillés qu’en agriculture biologique.

 

Les MATIGNON sont meuniers depuis quatre générations. La dynastie trouve son origine au XIXe siècle, avec la chute mortelle d’un petit paysan, Etienne MATIGNON. Veuf, il laisse derrière lui un fils de 7 ans, Luc-Etienne, dit Luce. L’orphelin est adopté par sa tante et le mari de celle-ci, meunier dans l’Yonne. C’est là que Luce apprend le métier, et fonde une famille. Ses 4 fils achèteront tous des moulins, dont celui du Château-Landon, occupé par son fils René. Jacques lui succédera et en l’an 2000, c’est au tour de Gilles, fils de Jacques, de reprendre le flambeau… et le moulin. Gilles engage alors celui-ci dans une démarche poussée d’approvisionnement local : aujourd’hui le blé tendre est récolté dans un cercle de 30 kilomètres autour du moulin, voire seulement 10 kilomètres pour la production biologique !

Notre blé dur fait un chemin de 67 kilomètres pour arriver du céréalier au moulin.

 

3-      Le produit de substitution pour grande fortune tondue par les socialistes du PNR : le Grand Batavus de chez Hermès dit le hollandais de luxe link 3600 euros


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4 -      Traité du vin et du sidre (De vino et pomaco). Julien Le Paulmier de Grantemesnil, né en 1520, à Agneaux, près de Saint-Lô et mort en décembre 1588 à Caen, est un médecin français. Traduit en français par Jacques de Cahaignes. Réimprimé avec une introduction par Émile Travers. Rouen et Caen, H. Lestringant et P. Massif, 1896

 

« Persuadé, dit E. Haag, qu’« il était guéri par l’usage du cidre de palpitations du cœur qui lui étaient restées à la suite des journées de la Saint-Barthélemy où il avait vu périr plusieurs de ses amis et où il avait couru lui-même de grands dangers, il écrivit un traité sur le cidre pour préconiser cette boisson, que selon lui, on devait préférer au vin »1. Après diverses considérations historiques et médicales, il s’attarde dans ce traité sur les différents vins de l’époque en donnant leurs vertus : les vins de l’Île-de-France, vins de Château-Thierry, vins d’Orléans, vins de Bordeaux, vins de Montmartre et vins d’Argenteuil, vins de Bourgogne et vins d’Anjou. »

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5 -      Clint Eastwood par Gorillaz

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18 juillet 2012 3 18 /07 /juillet /2012 16:00

Quand je portais  des culottes courtes, donc en un temps que les jeunes ne peuvent pas connaître, j’allais consulter l’arrivée du Tour de France chez le marchand de journaux les résultats de l’étape qu’il affichait dans sa vitrine. Ça me faisait rêver le Tour de France : les géants de la route, et vu mon profil longiligne je me voyais dans la peau de mon grimpeur préféré Charly Gaul. Et puis tout a dérapé, la caravane du Tour ressembla de plus en plus à un hôpital ambulant avec des charlatans, des seringues, des poches de sang et les coureurs, roulant à des vitesses folles, volant dans les cols, jamais pompés mais super-gonflés, tombaient de leur piédestal pour se retrouver dans le caniveau. J’ai donc abandonné et je suis monté dans la voiture-balai.


Et pourtant, tous les ans, la Grande Boucle reste le spectacle le plus populaire en Europe, de partout des gens viennent en camping-car se ranger le long des routes, les montées des cols se font entre une foule d’excités, peinturlurés, agitant des drapeaux, courant comme des dératés. Loin de moi de mépriser cette fête populaire mais elle s’apparente vraiment aux jeux du cirque et je n’aime pas que les nouveaux gladiateurs soient instrumentalisés pour amuser la galerie. La marchandisation, chère aux altermondialistes, est ici poussé jusqu’à un stade ultime. Pauvres coureurs ! Sans doute suis-je un vieux con mais lorsque j’entendais notre précédent Président chanter les louanges de Lance Armstrong je me disais que vraiment son monde n’était pas le mien. Gagner quels qu’en fussent les moyens.


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Le mien en est resté à Walko. Qui était donc Walko ? Voilà l’histoire :


Au départ de Reims du Tour 1956, les Grands : Coppi, Kübler, Koblet, Louison Bobet et Jean Robic sont absents, les cracks de l’après-guerre passaient la main. « Nous entrions dans une autre époque où les « extrasportifs », comme on dit, sont en train de prendre un pouvoir économique qui bouleversera l’organisation du Tour quelques années plus tard. »


Le Tour se fait par équipes régionales françaises et bien sûr des équipes nationales. Ainsi l’équipe de l’Ouest : maillot blanc, double bande rouge, le Nord-Est-Centre : maillot violet, double bande blanche, le Sud-Est : maillot bleu azur, double bande or, le Sud-Ouest : maillot havane double bande verte ; l’Ile de France : maillot rouge double bande bleue. La grande innovation de ce tour 1956 : «3000 maillots en laine et rhovyl ont été fabriqués et on apprend que les coureurs disposeront d’un maillot par jour au lieu d’un tous les deux jours. »


En ce temps-là le classement par équipe se nommait le « Martini » et le futur vainqueur courait pour « Geminiani Saint Raphaël » Les coureurs les plus connus : Darrigade le sprinter, De Bruyne le belge, le fantasque Roger Hassenforder recordman des victoires d’étapes, Charly Gaul l’ange de la montagne et excellent sur le contre la montre qu’il gagne sur le circuit des Essarts, Frederico Bahamontès l’aigle de Tolède. Et pourtant sur la route d’Angers « Honneur aux régionaux » c’est l’italien Fantini qui gagne au sprint mais d’est Walko qui endosse le maillot jaune. Robert Chapatte est enthousiaste « Le Tour appartient à l’espèce d’homme de Walko. Des homes qui piaffent dans le peloton, impatients de s’en dépêtrer. Des hommes qui transforment le cyclisme routier. »  Mais Walko est modeste « Je suis un grimpeur moyen, très moyen. Je peux vous prédire ce que sera mon retard en sortant des Alpes : 45 mn. »


Je ne vais pas vous conter par le menu chaque étape mais, même s’il a perdu le maillot jaune, la cote de Walko montait. Leducq déclare « jamais, les autres années, il ne se serait permis d’être aussi souvent aux côtés des grimpeurs après avoir tant travaillé avant la montagne. » Walko s’accroche à la roue de Gaul dans les cols des Alpes. Celui-ci termine seul à Grenoble mais gâchera ses chances au général plus tard avec des soucis intestinaux (il est fragile le luxembourgeois). Walko reprend le maillot jaune « il s’est battu comme un lion et a fait preuve d’un courage extraordinaire. Il est animé du moral maillot jaune qui peut transformer radicalement un coureur ; » déclare Charles Pélissier.


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Tour ouvert. Tour du renouveau remporté par un régional qui était tout juste cité parmi les outsiders. Le public aime la réussite des petits. Roger Walkowiack, énergique et volontaire, est sympathique, avenant et gentil. Il s’est révélé à lui-même en vainquant sa réserve naturelle. André Leducq le salue « Il faudrait être pointilleux pour lui trouver un défaut. Il a conduit sa course en vieux renard qu’il n’est pas. Le plus bel éloge qu’on puisse lui adresser est d’avoir découragé ses adversaires par sa solidité et son invulnérabilité dès qu’il eut le maillot jaune sur ses épaules. » Bien sûr il a gagné le Tour sans avoir inscrit son nom au palmarès d’une étape mais que voulez-vous moi j’en suis resté pour le vélo à Walko  car c’était un coureur normal pas un transgénique bodybuildée…

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18 juillet 2012 3 18 /07 /juillet /2012 00:09

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Cher Ministre, plus simplement cher Stéphane,


Nous n’étions pas très nombreux à accepter que nos noms figurassent en 2007 au bas de « Parce que le monde change, Il est vital de repenser le projet de l’agriculture » link  le manifeste du groupe Saint-Germain (1), élaboré par un groupe de réflexion que tu avais réuni autour de toi, un petit peu plus que les doigts d’une main. Les autres craignaient sans doute les mauvaises manières du pouvoir en place, comme je les comprends mieux vaut être prudent ça préserve l’avenir.


Ce rappel n’est pas là pour me pousser du col, pour me faire plus courageux que je ne le suis, mais je n’ai jamais été adepte des ronds de jambes dans les antichambres ministérielles et je ne les encombre guère, comme tu as pu le constater, depuis ton arrivée. Au temps de mon placard, ces deux longues années, j’ai ressenti toute la chaleur de la solidarité de ceux qui savent refaire le monde en chambre mais qui préfèrent s’en tenir à un devoir de réserve assez frileux et surtout conservatoire. La gestion d’une carrière administrative est un art subtil qui exige de faire le dos rond par gros temps et de cingler toute voile dehors par vent portant.


Mon accroche je l’ai choisie simplement pour t’inciter à m’écouter, comme tu le faisais lors de nos réunions du Bd Saint-Germain où je tentais de faire entendre la petite musique du vin dans le concert des grandes cultures si chères aux experts en géopolitique. La vocation exportatrice de l’agriculture française c’est depuis des décennies les vins et le Cognac. Au 78, je le sais, tu es bien entouré de conseillers en tout genre dont je me garderais bien de mettre en doute les compétences puisque, d’une certaine manière, de façon assez lointaine, j’en suis un. Mais, comme l’a encore répété François Hollande, notre nouveau Président, ce 14 juillet, pour garder le contact avec les réalités dites du terrain, des vrais gens, il important de ne pas se laisser enfermer dans les palais officiels et de ne s’en tenir qu’à la nécessaire technicité des dossiers de ton Administration.


Les minoritaires, les petites associations de défense de ceci ou de cela sont jugées rue de Varenne, à juste raison parfois, « chiantes », accrochées tels des morpions à leurs dossiers, et elles troublent le jeu de la concertation que l’on avait même baptisée cogestion en des temps que tu as connus. Pour avoir négocié et fait publier, au temps d’Henri Nallet, le décret sur la reconnaissance de la pluralité syndicale, je peux en témoigner ce n’est pas un chemin constellé de pétales de rose. Dans le puissant concert des OPA et de leurs diverticules professionnels aussi  divers que nombreux il n’est pas facile de faire entendre des petites musiques qui n’ont pas forcément à voir avec de purs combats d’arrière-garde.


En son temps, avec un membre du CGAER, ancien de la Protection des Végétaux, le Ministère, l’actuelle DGPAAT, nous avait missionné, à propos de la pomme de terre, sur l’épineuse question du « privilège de l’agriculteur ». Les semences de ferme qui font l'objet d'une dérogation. En effet, les agriculteurs ont le droit d'utiliser sur leur propre exploitation, sans l'autorisation de l'obtenteur, à des fins de reproduction ou de multiplication, le produit de la récolte qu'ils ont obtenu par la mise en culture d'une variété protégée, en contrepartie du versement d'une indemnité aux titulaires des certificats d'obtention végétale dont ils utilisent les variétés. Nous avions proposé un compromis acceptable qui fut balayé d’un revers de mains par le GNIS et certains groupements de producteurs du Nord de la France. L’ambiance était plus à circulez, y’a rien à voir, qu’à une recherche de solutions qui permettraient de faire la juste part des choses.


Dans l’affaire qui m’amène à t’écrire, via mon espace de liberté, celle de l’association KOKOPELLI, il est clair que les semenciers, comme certains services de notre grande maison, ne verseraient guère de larmes, ou de crocodiles, si elle se voyait précipitée dans les ténèbres extérieures par des décisions de justice, en l’occurrence la dernière celle de la Cour de Justice Européenne. Loin de moi de te demander de contester cette décision mais plusieurs points m’interrogent ou me chagrinent sur la question des semences de variétés anciennes.


Je ne vais pas te les asséner car tu as d’autres chats à fouetter. Mais tout de même deux points devraient t’interpeler :


-          l'interdiction du commerce des semences de variétés anciennes peut-il se justifier par le seul objectif d'une « productivité agricole accrue » ?

-          la législation permet-elle d'éviter « la mise en terre de semences potentiellement nuisibles » ?


Franchement, dans une Union à forte tonalité libérale, encore adepte d’une concurrence pure et parfaite, pourquoi interdire à des jardiniers du dimanche, des locavores, à toute forme d’urbain privilégiant le goût d’une tomate ancienne sur la productivité, d’avoir accès à ces  semences de variétés anciennes. C’est une forme de protectionnisme qui cache honteusement son nom. L’important pour les semenciers c’est de ne pas être concurrencé sur le marché juteux des jardineries. De plus affirmer que ces malheureuses semences sont potentiellement nuisibles c’est dépasser les limites admissibles. De mon temps, dans notre jargon post-soixante-huitard nous qualifions ce type de comportement d’impérialiste. Leur diktat sur l’origine de notre alimentation devient intolérable. Il ne s’agit en rien d’un combat de bobos privilégiés mais d’un vrai enjeu de compétitivité pour un pays comme le nôtre. Oui, nous avons un avantage comparatif sur ces produits qui ne sont pas que des produits de niche. Ce dédain me rappelle celui dans lequel on tenait, il y a quelques années, au 78 rue de Varenne les produits bios. Résultat, nous sommes incapables de répondre à la demande intérieure. Toujours en retard d’une guerre nous ratons avec un brio certain les innovations alimentaires qui apportent de la valeur aux producteurs.


Si nous nous en tenons qu’à une agriculture et un élevage de pur minerai, de commodités, nous n’avons rien compris au mode de fonctionnement des marchés en croissance grands générateurs d’une classe moyenne à la recherche de la différenciation alimentaire. Pour moi, le dossier des semences des variétés anciennes est emblématique de notre incapacité à mener de front des politiques efficaces menant notre agriculture, notre élevage, et nos industries agro-alimentaires, vers des impasses du type Doux ou même à terme Bigard. J’ai trop prêché dans le désert dans le secteur du vin pour que nous nous mettions en capacité de valoriser notre position de pays généraliste par une segmentation de la ressource pour aller au-delà de ce prêchi-prêcha. Tout lasse cher Stéphane et ce ne sont pas les objurgations ministérielles, lorsque le mal est fait, qui changeront quoi que ce soit. Nous cultivons un goût immodéré pour l’immobilisme.


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Je reviens à ma demande initiale, si tes services ou tes conseillers prennent la peine de consulter les CONCLUSIONS DE L’AVOCAT GÉNÉRAL Mme Juliane Kokott présentées le 19 janvier 2012 dans l’Affaire C‑59/11 Association Kokopelli contre Graines Baumaux SAS [demande de décision préjudicielle formée par la cour d’appel de Nancy (France)] (2) link  j’y ai glané quelques points intéressants et plein de bon sens mais celui-ci me semble la chose au monde la moins bien partagée dans l’impitoyable monde de ceux qui veulent tout tenir sous leur contrôle.


Je sais pertinemment quels sont les enjeux économiques et stratégiques mais de grâce laissez aux citoyens des espaces de liberté pour qu’ils puissent respirer. C’est aussi ça le changement : que ceux qui nous gouvernent tirent parti des infimes marges de manœuvre qui leur restent pour desserrer l’étreinte des grands groupes qui ne tolèrent pas que d’autres modèles subsistent auprès du leur niveleur et massificateur.


Voilà cher Ministre, cher Stéphane, les humeurs d’un vieux briscard du groupe Saint-Germain. Je ne sais si elles remonteront jusqu’à toi car il n’est pas certain que mon espace de liberté entre dans la revue de presse du 78 rue de Varenne. Mes amis du domaine de la Bellivière dans la Sarthe que je t’avais chaudement recommandé dans une chronique, Christine et Eric Nicolas, m’ont informé que leurs vins d’excellence étaient servis à ta table. J’en suis ravi et pour eux et pour toi.


Bonne continuation et bon courage.

 

Avec mes amitiés et mon excellent souvenir


Jacques Berthomeau

 

(1)    Le Groupe Saint-Germain tire son nom du boulevard parisien où il se réunit régulièrement. Un clin d’œil également à l’histoire du monde coopératif et syndical agricole français : c’est en effet sous cette même dénomination que furent désignés les syndicats agricoles de gauche, dont Gambetta a créé les prémices à la fin du XIXe siècle, avec la Société Nationale d’Encouragement à l’Agriculture, sise boulevard Saint-Germain.

 

C’est pour mieux explorer les pistes et les conditions concrètes de nouvelles ambitions pour la Politique Agricole Commune (PAC) que s’est constitué le Groupe Saint-Germain, autour de Stéphane Le Foll, député européen (PSE), membre de la commission agriculture du Parlement européen. Ce groupe de réflexion multidisciplinaire rassemble une quinzaine d’universitaires, de chercheurs, d’experts, publics et de responsables professionnels, figurant parmi les meilleurs connaisseurs du monde agricole et rural français et international. Ont participé notamment à ces travaux: Gilles Allaire, économiste, Jacques Berthomeau, spécialiste de la viticulture, Vincent Chatelier, économiste, Jean-Claude Flamant, agronome, Bertrand Hervieu, sociologue, Jean-Luc Mayaud, historien, Jean Viard, sociologue… Ces échanges réguliers ont pour objectif d’éclairer les enjeux, les dynamiques et les tensions qui traversent nos territoires ruraux afin de contribuer à revisiter le projet de l’agriculture et de la ruralité, de ses territoires, ses fonctions, ses hommes et ses femmes. En clair, une redéfinition des politiques agricoles en France et en Europe. Avec pour but d’intégrer les données économiques, sociales et environnementales afin de proposer une vision partagée par le plus grand nombre, capable d’offrir aux agriculteurs un revenu, une reconnaissance et une légitimité dans la société. À la veille du « bilan de santé » de la PAC en 2008, et de sa révision de 2013, ce document souhaite donner à comprendre les enjeux de l’agriculture européenne, tels qu’ils sont perçus depuis la France. Il a pour objectif d’inciter à la réflexion et à l’ouverture d’un débat sur l’avenir de cette politique communautaire.

 

(2)    les CONCLUSIONS DE L’AVOCAT GÉNÉRAL (citations)

Tout d’abord le problème me semblait bien posé :

« La diminution constante du nombre des variétés cultivées dans le cadre de l’agriculture européenne est un phénomène bien connu. Beaucoup de variétés traditionnelles disparaissent ou ne sont encore conservées que dans des banques de semences pour les générations futures. Quelques variétés, dont apparemment les différents individus sont de surcroît très semblables, dominent en revanche dans les champs.

De ce fait, la diversité biologique ou biodiversité est en nette régression dans l’agriculture. Il n’est pas exclu que l’on manque à l’avenir de variétés susceptibles, par exemple, de mieux s’adapter au changement climatique ou à de nouvelles maladies que les variétés actuellement prédominantes. Dès à présent, le choix du consommateur final est déjà restreint en ce qui concerne les produits agricoles ;

On pourrait penser que ce processus est en premier lieu animé par les intérêts économiques des agriculteurs qui utilisent, autant que possible, les variétés à rendement supérieur.

Le présent cas d’espèce montre cependant que la limitation de la biodiversité dans l’agriculture européenne procède à tout le moins également de dispositions du droit de l’Union. En effet, les semences de la plupart des espèces de plantes agricoles ne peuvent être commercialisées que si la variété en question est officiellement admise. Cette admission suppose que la variété soit distincte, stable ou suffisamment homogène. En partie également, il faut que soit en outre établie la capacité de rendement – une «valeur culturale ou d’utilisation satisfaisante» – de la variété. Or, pour bon nombre de «variétés anciennes», ces preuves ne peuvent pas être apportées. La question se pose dès lors de savoir si cette restriction aux échanges de semences est justifiée.

Et puis  des remarques pertinentes sur la nécessité :

73.      À première vue, on pourrait douter de la nécessité de l’interdiction de commercialiser des semences de variétés non admises. En effet, les objectifs visés peuvent dans une large mesure être atteints grâce à des obligations d’étiquetage moins contraignantes (31). Si le consommateur des semences sait que la variété ne répond pas aux exigences du catalogue des variétés, il peut renoncer à les acheter ou à les utiliser. Par conséquent, cela éviterait les pertes de productivité tout en assurant la protection des consommateurs.

74.      Une large réalisation des objectifs ne suffit cependant pas à exclure la nécessité. Une mesure est d’ores et déjà nécessaire au cas où le moyen moins contraignant est moins efficace. Or, tel est le cas en l’espèce.

75.      En effet, des obligations d’étiquetage et d’avertissement ne garantiraient pas de la même manière que les consommateurs n’obtiennent que des semences qui remplissent les conditions d’admission. Il ne serait pas à exclure que les consommateurs se trompent quand même sur la qualité des semences ou utilisent pour d’autres raisons tenant, par exemple, au prix, à des annonces publicitaires ou encore à leur conviction des semences qui ne satisfont pas aux conditions d’admission. Le point de savoir si la réalisation – légèrement – plus poussée d’objectifs législatifs grâce à l’interdiction en cause suffit à justifier celle-ci n’est pas une question concernant la nécessité, mais doit s’apprécier dans le cadre de la mise en balance des inconvénients avec les objectifs.

76.      Toutefois, pour assurer la libre circulation des semences au sein du marché intérieur, il n’est pas nécessaire que l’admission des variétés soit assortie d’une interdiction de commercialiser des variétés non admises (32). À supposer même que la protection de l’agriculture contre des semences de variétés non admises puisse justifier des restrictions nationales aux échanges (33), l’Union ne devrait pas poser une interdiction. Au contraire, l’article 16, paragraphe 1, de la directive relative aux légumes suffirait pour garantir la libre circulation au sein de l’Union des variétés qui répondent aux conditions d’admission.

77.      Les règles d’admission ne sont pas non plus nécessaires pour protéger le consommateur final contre les denrées alimentaires issues des variétés de semences. Cet objectif est déjà assuré par la législation alimentaire, tel le règlement (CE) n° 178/2002 (34), qui contient des dispositions nettement plus précises à cet effet.

Cette mesure touche cependant également aux intérêts des opérateurs économiques et des consommateurs pour lesquels une forte productivité et des produits standard ne constituent pas la première préoccupation. Par ailleurs, l’intérêt général à la diversité génétique de variétés agricoles est également concerné.

82.      Les opérateurs économiques dont l’intérêt n’est pas dicté en priorité par la productivité sont considérablement entravés par le système existant. Les producteurs et négociants semenciers, les agriculteurs, mais également les utilisateurs de produits agricoles ne peuvent pas utiliser des variétés qui présentent d’autres qualités que les variétés admises. Ainsi, même lorsqu’une variété non admise a une saveur différente de celle des variétés admises ou fournit un meilleur rendement dans certaines conditions de culture, elle ne peut pas être commercialisée. Les efforts tendant à perfectionner des variétés non admises en vue d’obtenir des variétés qui satisfassent aux conditions d’admission sont également rendus plus ardus.

83.      Parallèlement, le choix des consommateurs est limité. Ils n’ont ni accès aux denrées alimentaires ou aux autres produits issus de variétés qui ne satisfont pas aux critères d’admission, ni la possibilité de cultiver eux-mêmes ces variétés, par exemple dans leur propre jardin…

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17 juillet 2012 2 17 /07 /juillet /2012 00:09

« Ils sont venus, ils seront tous là, y’aura même Antonino Iommi-Amunategui, le fils maudit, qu'est venu d’au-dessus de Bercy… pour leur Eva…» chantait le chœur de ses admirateurs… En leur sein, comme vous vous en doutez, votre Taulier. Lui sait que, pour Eva, il n'est pas nécessaire de trouver un prétexte pour ouvrir une bonne bouteille. Passer un bon moment entre amis suffit pour elle « à déclencher le dégoupillage de bonnes quilles. » Faire péter le bouchon quoi !


Mais, même si on ne le dirait pas, nous sommes en juillet et, pour ceux qui ne le sauraient pas, c’est un mois constellé de grandes occasions où le parquet de nos maisons va ressembler à un tapis de bouchons.


photo Eva

Juillet, mois d’exception, mois d’occasions, le Taulier est allé demander à Eva pourquoi ?


Pour elle donc il y a les jours où l’on cherche un prétexte pour se licher une simple quille entre gonzesses ( c’est moi qui l’écrit) « et puis il y a des moments, des occasions, pour lesquels on a envie de boire quelque chose d'un peu plus exceptionnel. Un anniversaire pourquoi pas, mais aussi fêter un diplôme, arroser un nouveau départ, un nouveau job, avant de partir pour un long voyage, même marquer le coup de son anniversaire de mariage… Des occasions un peu uniques, qu'on a envie de marquer, qu'on a envie d'arroser avec de belles bouteilles. Simplement parce qu'on aime cette bouteille et qu'on attendait LE bon moment pour l'ouvrir, mais parfois c’est aussi, parce qu'on avait acheté cette belle bouteille exprès, pour l’occasion, et on attendait qu’elle arrive pour l'ouvrir.


Le Taulier a dit à Eva « je te vois venir sur tes escarpins rouges Eva, dis-moi ? »


« Je ne peux rien te cacher, après un passage en début d'année en Champagne, j’ai quelques belles munitions en cave. Mais doit-on forcément ouvrir du Champagne lors de grandes occasions? Bien sûr que non. Les bulles ont un côté festif, joyeux, exaltant, mais certaines bulles, crémants ou pétillants, remplacent tout aussi bien un champagne moyen pour sa fonction festive en donnant bien plus de plaisir en bouche. »


Le Taulier a renchéri « Oui, oui, mais Eva t’es pas allée en Champagne pour ramener des bons mousseux, mais des grands roteux ! »


« Oui deux champagnes dégustés récemment, le Mailly Grand Cru Brut Nature de Francis Boulard et la cuvée Prestige Extra-Brut, millésime 1999 de Tarlant , ont ceci de commun qu'ils sont tous deux de très grands vins avant d'être simplement des champagnes. Leurs bulles sont jolies mais on pourrait presque s'en passer. Ici on ne boit pas du Champagne pour boire des bulles. On boit ces champagnes parce que leur finesse au nez et en bouche, leur complexité, leur longueur, leurs séduisants arômes, l'intensité de ces arômes, le plaisir qu'ils procurent, le souvenir qu'ils laissent, en font de grands vins. Des vins admirables, des vins de garde, des vins de plaisir attentif, qui méritent un petit peu de concentration pour les apprécier pleinement… »


Le Taulier a gloussé « Que du bon chez des bons ! »


« T’as tout juste. Il se trouve en plus que ces deux champagnes sont produits par des vignerons passionnés, attentifs et respectueux de leur environnement. Et en plus très sympas, pour compléter le tableau. Alors, en attendant de les goûter si vous n'en avez pas encore en cave, allez donc faire un tour sur leurs sites respectifs. Vous pourrez découvrir ces vignerons (et vigneronnes!) en ayant un petit aperçu de leur travail, leurs convictions, leurs champagnes. Goûter leurs cuvées, oui. Les rencontrer, encore mieux. »


Et la coquine d’Eva d’ajouter, tout sourire, sans rosir, « Alors, c'est quand la prochaine grande occasion? »


Et c'est là que le Taulier a fait entonner par le chœur des admirateurs assemblés « Ils sont venus, ils seront tous là, y’aura même Antonino Iommi-Amunategui, le fils maudit, qu’est même venu d’au-dessus de Bercy… pour leur Eva…»


Pour ceux qui n’auraient pas tout saisi : nous sommes le 17 juillet une grande occasion pour Eva, mais même sous les pires tortures, je ne révélerai pas le millésime…

 

À vous de jouer et de deviner…

 

 

Francis Boulard, Grand Cru Mailly, Brut Nature.

http://www.francis-boulard.com 


photoBoulard.JPG 

Tarlant, cuvée Prestige Extra-Brut, millésime 1999

http://www.tarlant.com/fr

 

photoTarlant.JPG

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17 juillet 2012 2 17 /07 /juillet /2012 00:00

Désolé c'est parti avant l'heure. Dans la vie que l’on vit on n’est jamais si bien servi que par soi-même. J’adore les chiffres ronds et ce matin le cap du million de visiteurs uniques : un clic par jour qui vaut en moyenne 2,5 pages lues, vient d’être passé : 1.000.740. Pour le petit Taulier que je suis c’est surtout la marque de votre régularité et de votre fidélité sans faille. Chaque matin, et maintenant chaque après-midi, vous êtes là, et même si Face de Bouc a un peu asséché les commentaires, vous suivez. Bien sûr vous êtes un chouïa chauvin, il faut vous parler  du vin, mais petit à petit tout vient à qui sait attendre et beaucoup vienne sur d’autres terrains.

 Lucia3-9326.JPG

 

Mon objectif d’extension du domaine du vin, d’ouvrir grande les fenêtres, de nous sortir de notre on est si bien entre soit, à l’échelle de mon audience progresse gentiment : je touche des populations de plus en plus diverses en termes d’origine et de tranche d’âge. Bref, sans verser dans un contentement béat, je me dis que je n’ai pas eu complètement tort de m’accrocher, de ne pas céder au découragement, de prendre des options à contre-courant. La blogosphère du vin s’est élargie, et elle se développe encore, et c’est tant mieux. C’est une émulation, c’est la diversité, ce sont aussi de vrais amis qui ne pensent pas forcément comme moi. Des vignerons aussi, c’est si bon de pouvoir arriver à l’heure du déjeuner chez l’un d’eux, en l’occurrence ils étaient deux, de s’asseoir à table, d’échanger en toute simplicité et de sentir, comme on dit, la glace fondre. Que du bonheur, le sentiment d’être un peu de la famille, de mettre de la chair dans ce qui n’était auparavant qu’une relation épistolaire via le blog.


Pour faire plaisir à François Desperriers, le Bourgogne live qui ratisse la Toile comme un bon jardinier soucieux de ne pas perdre une miette de la diversité, je vais m’octroyer un ban bourguignon. J’adore son côté lalalilalère bon enfant et, comme les bourguignons le font à tout bout de champ, je devrais écrire à tout bout de chais, je ne vois pourquoi je m’en priverais. Mais, face à ce ban, disons gentillet, avec ses petites menottes agitées, je me dois d’opposer le triple ban vendéen, plus paysan et associé aux banquets de mariage.


 On m'avait toujours dit

Que ce chanteur n’savait rien dire

Mais je vois qu'à présent

On va lui faire un triple ban...

 

Ou :

 

Quand un chanteur (ou une chanteuse)

A bien chanté ohé, ohé

Toutes les femmes, tous les hommes doivent l'embrasser

Le dernier ou la dernière  chantera !

 

Et éclatait : un triple et un, et deux, et trois et un deux, trois, quatre, cinq, battu avec une belle intensité…

 

Jon Lord, claviériste du mythique groupe de rock britannique Deep Purple et coauteur de leur titre le plus célèbre « Smoke on the Water », est décédé à l'âge de 71 ans. Le musicien luttait contre un cancer du pancréas depuis le mois d'août dernier.


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